Booscata’4 : les recalés

Demi-portion – les gars, y’a un type chelou qui vient d’arriver
Mister You – booska’taga !
BKP – mais c’est pas vrai…
Mister You – je viens vous filer mon son pour la booska’tape
BKP – comme c’est gentil. Seulement voilà, tu n’es PAS dessus. Ça sert à rien de revenir tous les jours putain.
Mister You – mais… je suis jeune… j’ai du buzz, alors pourquoi pas ?
BKP – ah mais oui, tu as du buzz, du succès, et tout. Mais tout le monde te déteste maintenant que ton album est sorti et a cartonné. Fallait rester en cavale et faire des mixtapes.
Fababy – Et pas s’afficher avec Colonel Reyel
Sultan -  ni se faire défoncer par deux meufs chez Laurent Ruquier
Abis – désolé frérot, avant t’étais cool, mais là c’est plus possible.
Mister You – et merde… j’ai plus qu’à racketter les 5 types devant le studio.
BKP – voilà. Attends ! 5 mecs, tu dis ? Mais alors ça ne peut être que…


1995 – salut les gens !
BKP – qu’est-ce que vous branlez ici ?
Nekfeu – on vient vous filer le titre pour votre tape comme on avait dit.
Sofiane – comment il a trop de cheveux lui
Abis – c’est vrai que niveau dégaines vous êtes durs, surtout tina arena et keufmachin
Alpha Wann – areno jaz et nekfeu ?
Abis – si tu veux
BKP – mais vous avez pas eu mon mail ? On a plus besoin de vous maintenant. On a la Sexion d’assaut.
Sneazzy – c’est de la triche, ils sont déjà triple platine eux, comment vous pouvez les mettre dans un truc censé présenter des gens qui ont pas encore bien percé ?
H magnum – c’est simple, techniquement c’est mon titre, et eux sont en feat. Malin, non ?
Alpha Wann – mais nous on pourrait vous apporter une autre couleur sur votre mixtape. Surtout que le public de la Sexion c’est des collégiens
H magnum – en même temps quand on voit la gueule du vôtre c’est pas glorieux non plus.
BKP – voilà, techniquement, vous êtes des rappeurs très corrects. C’est pas vraiment vous le problème, c’est plus vos fans
Nekfeu – bah ils ont quoi nos fans ?
Scylla – disons que ça fait toujours bizarre de voir des gens qui ont la moitié de ton âge et qui écoute du rap depuis une semaine t’expliquer que vous êtes les seuls qui ramènent le “vrai hiphop”
Abis – et ça donne envie de leur sauter sur les couilles à pieds joints
Alpha Wann – mais attendez, ça on y peut rien nous. vous devriez le savoir, tonton marcel
BKP – plus jamais tu m’appelles comme ça. JAMAIS. et si, quand même. Vous appelez votre EP « la source », vous posez que sur des instrus ambiance à l’ancienne…
Fonky Flav – ça c’est parce qu’on y est accrocs. Mais depuis un mois, on essaie de se sevrer, on met des patch.
Sneazzy – en plus on fait des efforts, regardez, moi j’ai posé avec la fouine sur une instru dirty
Fababy – c’est marrant, parce que sur un son avant tu disais « fuck le dirty » du coup tu passes un peu pour un con.

Nekfeu – et notre remix de The Motto ? Ah ! Vous voyez qu’on tente des trucs !
BKP – tu dois parler de ce truc où vous pompez littéralement les placements de Drake, Lil Wayne et Tyga sur plus de 3 minutes.
Alpha Wann – ouais non mais bon, nous
BKP – bah ? Tu finis pas ta phrase
Alpha Wann – j’ai oublié mon texte, ça m’arrive souvent
Sultan – en plus pendant tout le clip on voit Sneazzy tiser du champomy
Sneazzy – mais c’était pour le fun, ça
Sultan – je te rassure, on a tous beaucoup ri en te voyant.
Areno Jaz – vous pouvez quand même reconnaître qu’on ranime la flamme de l’esprit hiphop alors qu’elle s’était éteinte depuis longtemps
Amy – vous en avez pas marre de parler tout le temps du hiphop comme si c’était votre daron ?
Niro – surtout que l’esprit hiphop c’est comme le père Noël. Ça fait rêver mais à partir d’un certain âge faut passer à autre chose les mecs.
Fonky Flav – comme quoi ?
Leck – comme les meufs par exemple
Sneazzy – moi je peux pas, je me préserve pour le mariage, je l’ai dit plusieurs fois sur twitter
BKP – et les autres, c’est quoi votre excuse ?
Nekfeu – ah non, mais nous on a des meufs
Areno Jaz – plein !
BKP – bien sûr, bien sûr. Ça ne change rien au fait que vous ne pouvez pas être sur la booska’tape
Alpha Wann – et vous les autres, ça vous dirait pas de nous défendre un peu non ?
Ladea – on aimerait bien mais on voit pas bien qui vous êtes exactement
Nekfeu – vous voulez dire qu’aucun d’entre vous n’a saigné nos sons ?
Sofiane – Est-ce que j’ai la gueule d’un connard qui a grandi dans les Pyrénées ?

Kertra – excusez-moi. Je me permets d’intervenir ici parce que j’ai l’impression qu’on s’fout un peu de ma gueule.
Abis – oh !
Leck – Kertra !
Sneazzy – qui ça ?
Sadek – c’est normal que ça te dise rien, c’est le père spirituel de tous les rebeux hardcore dans le rap.
Sneazzy – je suis marocain
Sadek – haha ! T’es con.
BKP – mais qu’est-ce que tu fous là ? Parce que si c’est pour qu’on fasse la promo du prochain Express D, faut d’abord passer par la régie pub.
Kertra – la quoi ? De toute façon moi je suis là pour Sofiane
Sofiane – ah ?
Kertra – ouais. Ta rime là. Sur les connards des Pyrénées. Pourquoi tu dis ça ?
Sofiane – bah j’en sais rien, j’ai pas réfléchi 10 ans non plus, c’est une phase marrante alors j’ai pris un nom de région qui rimait et c’est tout.
Kertra – parce que moi je suis né à Pau, donc dans les Pyrénées.
Sofiane – mais non, t’es de Mantes, comme ton groupe
Still Fresh – tout le monde sait ça
Kertra – non, je suis né à Pau, et j’ai bougé dans le 78 quand j’avais 1 an. Regardez ma carte
(silence choqué de toute la salle)
Kertra – je vois pas ce qu’il y a de si incroyable
Spri Noir – bah t’es un provincial ! Comme Niro !
MOH –  et comme moi !
Abis – non, comme Niro seulement, faut pas abuser non plus.
Niro – vous voyez qu’on peut venir de province et être plus hardcore que les parisiens maintenant. On les entend moins vos grandes gueules là.
Kertra – en tout cas Sofiane, faut bien réfléchir quand tu dis des trucs comme ça. Moi quand je dis du mal des gens, je le pense vraiment. Quand je dis « celui qui dit qu’on vient de Paris je m’occupe de lui et de sa reumé » faut savoir que je me visualise en train de défoncer la vieille mère de cette personne. Toujours focus !
Sofiane – ok
Kertra – quand t’insultes des gens comme ça, n’oublie jamais l’homme. Allez salut les ptits gars.

Sneazzy – Les mecs vous allez pas le croire mais j’ai l’impression que mes couilles sont plus grosses !
Guizmo – mets ton froc à l’endroit, ça passera
Sneazzy – ah ouais ? Bah t’es viré mon pote !
Guizmo – hein ?
Alpha Wann – ça allait finir par se voir que t’étais pas des beaux quartiers, que t’étais pas un vrai. le real hiphop c’est fait par des petits bourgeois pour des petits bourgeois.
Sneazzy – surtout que Guizmo n’a jamais fait partie de 1995, mais juste de L’Entourage, même s’il était proche du S-crew
Ladea – dites, c’est une manie chez vous, les noms de groupes qui puent la merde ?
Nekfeu – …et nous nous sommes réunis à la pleine lune, nous avons invoqué l’esprit ancestral du hiphop et il nous a dit que Guizmo devait être exclu.
Fonky Flav – Guizmo, vous êtes le maillon faible
Alpha Wann – tu vas nous rendre ton insigne et ton mic.
Guizmo – sérieux ?
Nekfeu – Oui. On a voté à l’unanimité et de toute façon on a déjà fait un communiqué qu’on a diffusé massivement sur le net
Guizmo – ah. Bon bah dans ce cas, pas de souci. Du coup moi je vais devoir envoyer un clash dans vos mères.
Alpha Wann – Hein ? Mais c’est pas du jeu, ça ! Chez nous on ne se clash que par communiqué
Sneazzy – et on dit « big up à nos souteneurs » à la fin.
Guizmo – peut-être que comme ça vous allez arrêter de confondre communiqué et protège-slip. De toute façon vous deviez vous y attendre, j’ai même fait une vidéo où j’explique à quel point faut pas m’emmerder
Leck – elle est bizarre cette vidéo d’ailleurs
Guizmo – comment ça ?
Leck – bah t’es torse nu, t’as des nanas avec toi, de la tise et du shit, et une caméra. A priori y’avait plein de trucs sympas à faire. Mais non.
Guizmo – ah mais moi c’est juste qu’à un moment je me suis dit « hé, faut que mes détracteurs voient ça ! » alors je sors la caméra, bon les meufs étaient contentes, jusqu’à ce qu’elles comprennent que non, car moi j’ai le sens des priorités. Si je sors la cam’ c’est principalement pour insulter tous ces clampins qui me chient dans les bottes. Je vous baise !
Demi-portion – ah ouais, quand même…
Guizmo – en plus j’ai été très patient, j’ai même rien dit pour cette vidéo étrange, malsaine et dérangeante où Sneazzy se met à caresser la main d’Areno Jaz en pleine interview
Sneazz – je croyais qu’il voulait me passer le micro ! Vous faites chier à la fin !
Abis – ah, c’est donc pour ça que Jeez a des trucs si étranges autour de la bouche
Guizmo – ouais, tu comprendrais si tu voyais les couilles de Sneazzy.
MOH – j’aimerais bien voir ça
les autres – …
Guizmo – alors achète un microscope
Areno Jaz – gnagnagna ! Ça suffit, on vous emmerde et on rentre à notre maison.
Amy – mais tu vas être bien embêté pour tes textes, non ? Vu que t’arrêtais pas de balancer l’entourage par ci, ou carrément des cassded avec les noms des mc’s à tout bout de champ
Guizmo – c’est pas grave, je remplacerai des mots. Par exemple, dans « Normal », j’aurais qu’à dire «tu connais les bails, du rhum et des tasses, et Nekfeu a p’têtre niqué SA frangine »
Nekfeu – ah bah bravo, c’est fin.
Guizmo – la taille de ton sexe ne regarde que toi.

Nakk – salut, je viens faire mes emplettes pour mon prochain son, je cherche des petits jeunes qui n’en veulent. Pour un morceau qui s’appelle les 4 fantastiques. Hmm… je prends Niro, Sofiane et j’ai déjà Kevin Ramos.
Leck – cool, on pose quand ?
Nakk – hein ? Mais non, j’ai juste invité Niro, Sofiane et Zekwe Ramos. D’ailleurs tu vois bien : on est 4 au total, d’où le titre les 4 fantastiques
Sofiane – les 4 fantastiks c’est un groupe de blanc-mesnil
Nakk – c’est surtout des héros de comics
Leck – bah alors vous avez qu’à changer le titre et l’appeler les 5 fantastiques
Niro – c’est complètement con comme idée
Leck – trop tard ! J’ai déjà posé.
Nakk – déjà ?! Mais comment c’est humainement possible ?
BKP – personne ne sait comment il fait ça. Comment tu crois qu’il a eu 2 titres au lieu d’un seul sur la booska’tape ?
Nakk – ah ouais, vu comme ça…

Et, sur le chemin du retour vers le futur du passé du hiphop :

Sneazzy – hé les mecs, je me demandais… ce que j’ai fait avec ma main dans la vidéo là
Nekfeu – ouais ?
Sneazzy – C’est peut-être ça ce que les gens appellent « devenir un homme »
Nekfeu – heu… je sais pas, là
Sneazzy – Tu penses que je devrais m’acheter un test de grossesse ?
Nekfeu – Je pense que tu devrais d’abord faire un communiqué, c’est plus sûr.

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Booscata’ 3

Retour à Paris, et derniers conseils pour la promo

BKP – bon, maintenant que vous êtes tous là et que vous avez posé on va pouvoir bosser la promo, et notamment comment mettre en avant chacun, avec un style différent à chaque fois.
Ladea – perso je suis une lyriciste de haut niveau. La preuve, j’ai fait une apparition dans un clip de Nakk
BKP – ça ne veut rien dire, Sofiane aussi était dans ce clip
Sofiane – hé !
Ladea – ah oui tu marques un point
Demi-portion – moi ce serait plutôt rap à l’ancienne
Leck – moi j’ai une crête
BKP – …
MOH – moi c’est plus, au niveau du style, un peu…
BKP – et n’oubliez pas, donnez le meilleur de vous-mêmes, comme dans une compet’
Niro – vous voulez qu’on se tape ?
BKP – Hein ? Mais non. Je veux une compétition saine et positive entre vous
Guizmo – Ah, je vois. Vous voulez qu’on se clashe
BKP – non plus. Faut juste que tout le monde soit au top. Comme à la belle époque des grands freestyles, les time bomb, etc.
Sultan – c’est gentil de nous comparer à time bomb
BKP – personne n’a dit ça. Il va vous falloir des gimmicks qui accrochent l’auditeur aussi, histoire de pas se retrouver comme des cons entre deux couplets avec des moments de silence, ça fait pas pro
Guizmo – ça y’a pas de problème, on en a tous un
BKP – comme quoi par exemple ?
Ladea – Qui veut-qui veut !
BKP – Je ne comprends pas. Qui veut quoi ?
Ladea – Non mais c’est tout. Si c’était une question complète ça marcherait pas
BKP – ça marche déjà moyen. les autres c’est quoi ?
Fababy – baby! Baby !
Sadek – N-n-n-n-n-n-n-ium !
Leck -Yougo !
Sofiane – I need m…
BKP – te fatigue pas va, je crois que j’imagine la suite. Bon on va oublier les gimmicks pour le moment.
Leck – attends moi j’en ai un deuxième
BKP – et c’est ?
Leck -Youguette !
BKP – pardon ?
Leck – Parce que yougo, youguette !
les autres – …
Leck – c’est le féminin, quoi
les autres – …
Leck – et… heu… oui, non continuez, désolé.


Guizmo – Villeneuve-la-Garenne ! Les immeubles, la galère !
BKP – ça par contre c’est une rime, pas un gimmick
Guizmo – ça m’empêchera pas de le dire tout le temps !
BKP – si tu veux, si tu veux. Mais vous en avez pas des plus simples ? Qui rentrent dans la tête des gens ? Comme le tchtch de Lino ?
Lino – je pense que vous vous méprenez sur la fonction d’un gimmick, les jeunes.
Still Fresh – ah ! Y’a un fantôme dans le studio !
Spri noir – non, lui c’est Lino
Still Fresh – y’a le fantôme de Lino !
Spri noir – Laisse tomber.
BKP – mais qu’est-ce que tu fous là ?
Lino – je dormais dans le studio, dans la pièce à côté, et j’ai entendu votre concours de qui a le pire gimmick
Demi-portion – tu dormais au studio ? Tu prépares ton nouveau solo en bossant non-stop dis donc
Lino – non, c’est juste qu’hier soir j’étais bourré et j’ai perdu mes clés.
Demi-portion – forcément.
Lino – et je trouve que vous vous forcez trop pour vos gimmicks. Vous savez pourquoi je dis « tchtch » à la base ?
MOH – Pour faire genre « chut, chut, je vais parler » ?
Lino – toi tu dois être l’intello du groupe. J’ai trouvé ce gimmick juste pour pas imiter les cainris et dire « yo » toutes les 4 mesures. Et c’est tout. Vous devriez arrêter de vous prendre la tête et juste être naturels.
Leck – merci pour vos conseils monsieur… qui que vous soyez.
Lino – c’est ça. À la revoyure les jeunes.
Amy – So-so, pourquoi tu lui a pas dit que c’est ton rappeur préféré ?
Sofiane – mais tais-toi, merde ! Il pourrait encore t’entendre.
Amy – bah quoi ?
Sofiane – bah on est des rappeurs français. Ça ne se dit pas ce genre de choses, c’est obscène. Quand on apprécie un autre rappeur, on se contente de hocher la tete tout au fond de la salle dans ses concerts, discrètement. Et tu m’appelles plus jamais so-so, y’a que moi qui fais ça, et seulement sur mes morceaux.
Sultan – moi je vais faire un truc bonne ambiance, de toute façon c’était déjà le cas avec « Ce soir je ken »
Sadek – et des cainris ont répondu à ton clash
Sultan – mais c’était pas du tout un clash
Sadek – ça les empêche pas d’avoir répondu
Sultan – répondu à quoi ?
Fababy – t’as fait un son où tu dis que tu vas peut-être niquer, eux ils ont fait un son où ils disent qu’ils ont niqué, et y’a jessica alba et d’autres en guest. Et c’est pas des rappeurs, c’est des comiques
Sultan – j’me suis fait keeeeeeeeeeeeeen !

Niro, Unité 2 feu, RCP, Tige la rafale, Sidi Sid – Bandes de putains remix (ça n’a rien à voir avec le reste mais on aime bien ce son)

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Booscata’ 2

Demi-portion – salut
BKP – bonj… attends deux secondes. C’est quoi cet accent ? T’es sûr que tu fais partie des parisiens ?
Demi-portion – à la base je suis de Sète, mais je suis sur Paris en ce moment, je taffe avec Yonea.
Leck – c’est marrant, il vient de Sète, et il taffe avec Yonea.
Demi-portion – je vois pas bien ce qu’il y a de drôle
Leck – bah Sète, Sète… Gueko ! Avec Yonea, tout ça.
(silence consterné de toute la pièce)
Demi-portion – vous êtes tous comme ça en Île-de-France ?
BKP – non, rassure-toi. Où j’en étais ? Ah oui. Le truc c’est qu’il faut, en plus du reste, arriver à satisfaire un max de labels. Par exemple nous on aurait adoré avoir la Sexion, mais ça sert à rien, ils ont fait triple platine. Alors du coup on a pris H magnum, histoire de toujours avoir du Wati B
H magnum – vous m’avez aussi pris pour mon talent, non ?
BKP – Ton ?
H magnum – TALENT
BKP – je ne vois pas bien de quoi tu parles. Quant à Amy elle est là pour Foolek
Fababy – mais vous en avez pas besoin, vous filmez rohff souvent quand même
BKP – oui mais là c’est un problème au niveau de la base de données
Abis – la base de données ? C’est quel quartier ça ?
BKP – Non, c’est un truc du site. À chaque vidéo de rohff, y’a une avalanche d’attardés qui font 10 000 commentaires, une partie pour dire que c’est un enculé, une autre pour dire que c’est le meilleur, jusqu’à ce qu’un petit génie fasse une comparaison foireuse avec booba, et là c’est la porte ouverte à tout un troupeau de cinglés qui s’insultent pendant des jours. Ça prend trop de place ces conneries. Alors qu’avec Amy, c’est plus simple, étant donné que tout le monde s’en fout. Ne le prends pas mal surtout.
Amy – ça va, je suis une rappeuse, j’ai l’habitude*
Sofiane – c’est pas pour faire chier mais pourquoi y’a personne du label de Booba ?
BKP – parce qu’il n’y a personne sur le label de Booba, einstein. Il est le seul artiste. Bon, je vous laisse, je dois recruter les provinciaux.


Et évidemment il fait la connerie de laisser tout ce beau monde seul. Parce que les rappeurs, c’est comme les auvergnats, quand y’en a un, ça va, c’est quand y’en a plusieurs que les problèmes commencent (dédicace à brice de pute, un mec qui n’en est plus à une connerie près, en plus d’être roux)
Sofiane – moi je serai dans le registre arabe vénèr, comme si j’étais le nouveau Demon One un peu
Fababy – c’est pour ça que tu vas plus chez le dentiste ?
Sofiane – En attendant j’ai pas un alien qui essaie de sortir de mon crâne. Le prends pas mal, Niro
Niro – ça va, j’ai l’habitude
Still Fresh – et toi, gros ?
Sadek – m’appelle pas gros, petit
Still Fresh – je suis pas ton petit, bouboule
Sadek – ça suffit les attaques sur le physique ! C’est dégueulasse !
Spri noir – Non mais il disait gros comme une façon de parler
Sultan – c’est pas comme s’il t’avait dit que t’es le Tekilatex du 93
Fababy – ou qu’entre ce que tu transpires et ce que tu postillonnes à chaque freestyle, on tient la solution de la sécheresse en Afrique
Sadek – ouais, ouais. En attendant comme disait un grand rappeur français «le rap c’est le seul genre musical ou on en a rien à foutre de ta gueule : Biggie pesait plus de 100kg, il était laid comme pas possible, mais il tuait, donc on s’en foutait »
Niro – C’est pas con du tout, ça, c’est de qui ?
Sadek – Casey
Demi-portion – forcément

———A Marseille (ça va très vite, on a qu’à dire que BKP voyage en booska’tapulte)——–

Ladea – pourquoi je suis la seule à qui vous avez demandé une photo, une pièce d’identité et un prélèvement sanguin ?
BKP – parce que t’es une rappeuse consciente du Sud
Ladea – et alors ?
BKP – et alors on devait, avant toute chose, s’assurer que t’étais pas Keny Arkana.
Ladea – et pourquoi vous invitez pas mon pote Luciano ? Il est pas assez mis en avant et c’est un tueur.
BKP – oui mais non. Le principe c’est de faire croquer des petits, des tous jeunes
RedK – ahem !
BKP – … ou des quasi-trentenaires qui n’ont jamais percé, c’est vrai. Vous êtes qui, vous quatre ?
Les 4 – on est Révolution Urbaine !
BKP – Attendez, c’est le nom de votre groupe ? Ça sonne comme une association ou un parti politique de hippies. Et c’est quoi vos blases à chacun sinon ?
Makiavel – Zino, La Meche, lui c’est Briganter et moi c’est Makiavel
BKP – …
les autres – …
BKP – vous vous foutez d’ma gueule ? C’est quoi ces noms de merde ? On dirait des méchants de dessin animé japonais à chier
Makiavel – en fait, Makiavel vient de Machiavel, qui était…
BKP – JE SAIS QUI C’EST. C’est justement le problème. Mais passons, de toute façon vous êtes des rappeurs marseillais, c’est pas comme si vous étiez réputés pour vos blases de génie non plus. Par contre, vous pourrez pas tous monter sur Paris pour la promo à Sky.
Briganter – Oh ? Vous pouvez pas tous nous payer de billets de train ?
BKP – Pour faire court : non. Pour faire moins court : on ne paiera les billets de personne. C’est juste que vous allez pas tous venir.
Zino – Comment vous allez choisir qui vient ou pas ?
BKP – C’est très simple, tu vas voir. Ladea et MOH ! Vous venez. Les autres, vous restez sur place.
Les autres – Pourquoi ?
BKP – Ladea c’est le quota fille. Et MOH c’est… mmh… y’a pas trop de raison en fait, mais on allait pas prendre un groupe. Désolé.
RedK – comme par hasard
BKP – en même temps, vous êtes des rappeurs du sud de la France. Pour vous donner une proportion, vos chances dans le rap game sont les mêmes que celles d’un noir dans un film d’horreur des années 90.

*il est à noter que l’auteur de cet article n’a même pas pris la peine d’expliquer quand ni comment Amy se retrouve dans cette scène alors qu’elle n’était pas là avant, mais aucun lecteur ne l’a remarqué, c’est dire à quel point tout le monde s’en fout

Aretha Franklin – Respect

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Booscata’

C’est le projet censé racheter une crédibilité à un site qui s’est peu à peu détaché de sa base, et qui s’est donc très logiquement retrouvé à se faire insulter par une bonne partie du rap de rue frinçais, toujours prompt à jeter des parpaings sur un animal blessé. La Booska’tape a pour mission de réconcilier une frange du rap laissée pour compte ces derniers temps avec l’image du site qui se veut de plus en plus classe. Pour cela, la recette est simple : faire une tape avec des jeunes talents. Si ça marche pour Booba et La Fouine, y’a pas de raison que ça foire ici. Gros plan sur une première réunion des protagonistes, autour du responsable, un homme qu’on appellera BKP, histoire de pas se faire trop chier.
Quelque part dans un studio parisien,  Abis roule un perso, Still Fresh et Spri Noir feuillettent le livre The Wire pour les nuls, Guizmo est ivre mort, Leck se remet une couche de gel sur sa crête, etc, bref, chacun vaque à ses occupations habituelles.

BKP – je vous ai rassemblés ici pour le projet Booska’tape. Vous avez tous été sélectionnés pour y figurer. Pas parce que vous êtes les meilleurs. Pas parce qu’on vous aime bien. Mais parce que vous êtes tous sur le juste équilibre entre la street-créd et le besoin désespéré de buzz à tout prix.
Still Fresh – Ça veut dire que vous allez nous faire de la pub gratuite ?
BKP – tu dois être nouveau dans le rap toi. Plus sérieusement, poser sur la tape vous apportera un planète rap, et c’est déjà beaucoup par les temps qui courent.
Leck – on sera payé combien ?
BKP – aha ! T’es con.
Sofiane – I need money !
BKP – oui, non mais bon…
Sofiane – I need moneeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeey !
BKP – vous aurez tous droit à une vidéo en home page.
H Magnum – cool, on pourra présenter nos projets.
Sadek – ça c’est sympa parce que j’en ai un qui sort bientôt et…
BKP – hop hop hop ! Dans ces vidéos vous parlerez surtout de la booska’tape.
Sofiane – I NEED…
BKP – et vous ferez un freestyle, vous êtes des rappeurs, vous raffolez de ça. Hein qu’ils aiment les freestyles ? Par contre les quelques minutes où vous parlerez d’autre chose que de la booska’tape, ce sera décompté, et vous devrez les payer comme de l’espace pub ordinaire.
Niro – Non mais attendez là. Vous voulez qu’on paye pour une vidéo où on promotionne VOTRE projet ?
BKP – je promets de vous faire un prix d’ami.


Abis – bon ça suffit les conneries. On pose gratos, mais faut nous mettre bien après au niveau du site, un échange de bons procédés quoi, équitable.
BKP – bon. Mais surtout ne parlez de cette idée à aucun des Marseillais. Ils ne sont pas aussi bons en maths.
Sofiane – Parce qu’en plus y’aura des marseillais ?! (il crache par terre)
BKP – oui, tout est histoire de quotas pour satisfaire tout le monde, les parisiens, les provinciaux. On a même pris un belge, et on va pas s’mentir, on a jamais parlé de lui jusqu’ici, on l’écoutait pas avant, et on l’écoutera pas après. On a aussi le quota rappeuses avec…
Fababy – Parce qu’en plus y’aura des filles ?! (il crache plus fort que Sofiane)
Niro – et y’a moi aussi
BKP – t’es de province ?
Niro – bah oui, de Blois
Leck – ahaha, mais non arrête tes conneries yougo, t’es du 94 toi
Sofiane – mais ouais, il est même chez street lourd
Niro – putain je vous jure que non, j’habite la ZUP de Blois, regardez ma carte si vous me croyez pas.
(silence choqué de toute la salle)
Niro – je vois pas ce que ça a de si incroyable
H magnum – non mais c’est juste que…
Sadek – comment t’expliquer…
Abis – ce qu’ils essaient de te dire c’est que t’as pas une dégaine de plouc, pour un mec qui sort d’un trou paumé.
Niro – ah.
BKP – merci pour ton sens de la diplomatie, Abis
Abis – à vot’ service
Guizmo (il vient de se réveiller) – moi je sais déjà que je vais pouvoir placer une super rime multisyllabique : « Fif de booska-p kiffe le bukkake »
BKP – …
Guizmo – ça bute non ?
BKP – …
Abis – C’est génial !
BKP – Non, non, et non. Ça bute pas, c’est pas génial du tout, et pourquoi t’insultes le type qui te fait poser sur sa tape ?!
Guizmo – C’est pas ça le thème ? Insulter Booska-p ?
BKP – pour la dernière fois, c’est la booska’tape. La tape DE booska-p, pas CONTRE booska-p.
Guizmo – ah merde. Je vais devoir tout réécrire.
Spri Noir – Le fais pas bourré cette fois, ça aidera peut-être.
BKP – Si tu veux nous insulter faudra faire comme tout le monde, attendre la partie 2 du dvd la vérité sur le rap indé.
Guizmo – Cool !
Fababy – Attendez, ça vous gêne pas que des mc qui ont plus ou moins dit que vous étiez le skyrock du net posent sur votre projet ?
BKP – Non, tu peux parfaitement faire les deux, comme Sofiane ici présent
Sofiane – tout à fait. D’autant plus que I need money.
Sadek – c’est un peu hypocrite
BKP – c’est un peu le rap game, jeune homme.

C’est un peu la fin de cet épisode.

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Bonnes résolutions

On a retrouvé les bonnes résolutions que tous les rappeurs frinçais ont prises pour la nouvelle année. Par contre on a paumé les noms. Du coup, à vous de retrouver qui a écrit quoi. Et pour les feignasses, bah y’a qu’à sélectionner le texte caché tout en bas, vous faites pas chier.

1) Faire prendre à Lefa des puissants somnifères pendant toute la période de promo
faire prendre la même chose à Maska, pour toute la période d’enregistrement

2) prendre exemple sur la Sexion avec Maska pour savoir comment écarter Eff Gee lentement mais sûrement

3) réussir, au moins une fois, à retenir un couplet de clash par cœur et, soyons fous, remporter un battle

4) yeaaaaaaaah ! toucher les étoiles : haute résolution !

5) Tourner un clip sans grosses cylindrées, et sans porter de lunettes de soleil alors que c’est la nuit. Ou alors, plus simplement, on mettra plein de putes, c’est sympa aussi.

6) Revenir en force, faire un feat avec nicki minaj, signer 6 coups MC, revenir en force, et… comment ça je l’ai déjà dit ? Mets un god à ton father, zoulou !

7) miser sur la nicki minaj frinçaise (mais sans la signer, pas que ça à foutre non plus), et continuer de pomper des instrus cainris sorties y’a moins d’un an, vu qu’apparemment tout le monde s’en fout

8) faire un clip avec Pierre Woodman en guest

9) bien rigoler en pensant aux cons qui tenaient le compte à rebours pour la sortie de Detox

10) ne plus me laisser violenter par des vilaines chroniqueuses télé (en plus j’étais pas consentant)

11) ne pas appeler un album « noir désir » alors que personne n’en veut, quelle que soit la couleur en plus

12) ranger ma chambre

13) faire mon grand retour. Et ça sert à rien de me dire « tu le dis chaque année », sinon Nubi t’braque

14) dormir

15) réveiller Ill

16) admettre publiquement mon lien de parenté évident avec Cutty de The Wire et Rick Ross

17) être un peu plus diplomate dans mes lyrics, éviter les phases trop polémiques et… ahaha non je déconne, ma folie fait ma prestance.

18) Devenir le Nas français. C’est à dire, dans un premier temps, signer sur le label du type qui insultait très salement ma mère y’a quelques années. Tchiki en route vers la gloire !

19) Essayer, juste une fois, de ne pas faire fuir un artiste de mon label. ca va être dur mais j’y arriverai

20) mettre de côté mes fans de la première heure qui apparemment préfèrent l’époque où ils étaient à peine 38 à m’écouter sur des k7 qui sautent, et me concentrer sur le principal : faire les sons qui me plaisent.

21) Multiplier les interviews afin que l’expression « ça pue l’anus de bonobo » se perpétue à travers les âges

22) inviter DSK dans un clip, lui aussi a l’air de kiffer se pavaner en peignoir

23) sortir mon album en physique, ça commence à bien faire maintenant. Il faut respecter le respect.

24) revenir avec un dernier projet histoire de rappeler à tous ces ptits cons qui sont les boss qui ont apporté le rap de caille avec succès. Planquez vos pitbulls !

25) Stopper les feats qui forcent mes fans à appuyer sur la touche avance rapide, haaaaoooooo (pardon, c’est un tic)

26) sortir un solo alors que personne ne m’a rien demandé

27) faire une nouvelle sextape, ce sera toujours mieux qu’un nouvel album

28) sortir un nouveau solo avant mon frère, sinon c’est la honte putain

29) faire un album suicide collectif

30) arrêter de prétendre être en période de réflexion artistique alors que je télécharge du hentai toute la journée

31) je ne prends pas de bonnes résolutions, ce sont elles qui me choisissent

32) je n’adopte aucune résolution, je suis pas l’ONU

33) j’adopte personne, je suis pas ta mère, fils de pute

1) la sexion  Welcome to the wa 2

2) l’entourage

3) alpha wann Alpha Wann & Nekfeu vs Jam & Pdox

4) La Fouine (qui n’a pas bien compris l’exercice apparemment) C’est ça l’thème

5) hype et sazamyzy Attaque soviétique

6) Rohff J’vais t’faire une bosse

7) Booba Cruella

8) Al K-pote Hurlez

9) Dr Dre, un sacré maître quenellier

10) Mister You une agression sans précédent

11) Youssoupha

12) Nekfeu

13) Nubi nubi’s back

14) Ill

15) Cassidy je plaisante pas

16) Kaaris Houdini

17) Despo Apocalypto

18) Kamelancien Vécu

19) Zoxea Boulogne tristesse

20) Nakk Mad max

21) Escobar Macson Ici c’est paris et sa merveilleuse métaphore

22) Ol Kainry Soyons fous

23) Lalcko My time

24) Expression Direkt Qui

25) Nessbeal drapeau blanc

26) Calbo

27) Sniper

28) Lino

29) Hocus Pocus et Grand corps malade

30) Orelsan Ils sont cools

31) Oxmo Puccino

32) Ekoué

33) Casey une tête à la traîne  1 micro 2 platines freestyle anfalsh

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Classé dans joyeux noël bande de putains

Cinéfilou

A la demande générale de toi tout seul, voilà ce que je retiens. Ce n’est pas un top, c’est encore moins un bilan et surtout pas une analyse. Certains films sont là parce qu’ils le méritent, d’autres c’est l’inverse, et d’autres je les ai juste oubliés.

Warrior
Pour la prestation de Tom Hardy, essentiellement. Totalement bestial, avec une violence contenue qui peut péter à tout moment, et des fêlures sur la conscience qui le parasitent jour après jour. Après c’est un peu le même syndrome que The Fighter, c’est pas tant un film de sport de combat, c’est surtout un drame familial avec ça en toile de fond. Mais contrairement à The Fighter, ça n’empêchera nullement le film de devenir totalement sauvage sur les 45 minutes de fin, où le tournoi a finalement lieu. Alors là n’étant pas trop spécialiste du MMA je peux pas dire si la façon de filmer les combats est réaliste ou fantaisiste, mais ce qui est sûr c’est que la brutalité est transmise à l’écran. C’est pas de l’escrime, c’est je te fonce dessus et si tu lèves ta main tu dis au-revoir à ton épaule. Toutes les scènes de Hardy avec Nick Nolte (son père & entraîneur, ex alcoolique) sont évidemment tristes et belles, Joël Edgerton se fait d’ailleurs un peu éclipser, mais il ne démérite pas. Et y’a bien sûr le combat final, sur une musique appropriée.
Et l’habitude de Hardy pour clôturer ses combats est juste magique : il couche son adversaire en moins de 2 minutes, le met K.O en s’acharnant sur lui au sol, et fout un chassé dans la porte de la cage avant même que l’arbitre ait fini le décompte, en se barrant sans saluer le public. Un gimmick à l’image du mental du perso : il a pas le temps pour vos conneries. Cela présage du très très bon pour le prochain Batman où il incarnera le légendaire bad guy Bane.

Drive
C’est très rare que je kiffe un film juste pour son ambiance, et pourtant ça doit bien faire 5 ans que j’ai pas vu un seul long-métrage en étant sobre. Mais là, c’est vraiment ça. Y’a des plans magnifiques, des ralentis qui normalement me ferait atrocement chier mais qui m’ont scotché, bref, c’est l’anti fast & furious, et après tout pourquoi pas. C’est juste dommage que beaucoup d’attardés se soient pignolés dans la presse en disant « chef d’œuvre de l’année », parce que c’est pas le cas et ça a déçu pas mal de gens du coup. C’est juste un film noir très stylisé, avec des acteurs classes dedans. Concernant le principal, Ryan Gosling, bah pour un mec qui a si peu de répliques ça passe crème, t’as même l’impression de voir un film de Kitano à certains moments, sauf que la marche à pied fait place à la conduite.
Le petit bonus : si t’as vu le reportage « Caïds des cités, le nouveau visage du grand banditisme » tu pourras t’amuser à comparer la course-poursuite du voleur de voiture Renard avec la scène d’intro du film où le driver se retrouve exactement dans la même position (débouler juste en face d’une voiture de keufs et taper l’esquive avec brio)

Thor et Captain America
deux des pires films de super héros qu’il m’ait été donné de voir ces derniers temps. Le premier aligne des gags dignes de Godefroy de Montmirail (thor découvre le coca, thor se prend une seringue dans le cul, thor découvre le taser, thor se prend deux fois de suite un camion dans la gueule) avec pour grand méchant un type qui semble être élie semoun avec un casque cornu sur la tête. Le second a un passage de comédie musicale, et une fin tellement mal écrite qu’involontairement, on nous présente un héros qui sort de son hibernation en 2011 et qui est toujours puceau, puisque comme il le dit lui-même, avant sa transformation, les femmes ne lui parlaient pas, et après, bah il a pas le temps, c’est la guerre. Chapeau les mecs.

crazy stupid love
le « feel-good-movie » de l’année, comme on dit en Papouasie. Gosling qui joue les Hitch avec Steve Carell c’est très bien, le côté American Beauty version comédie légère passe crème, en gros c’est une famille totalement névrosée (père, mère, fils et baby-sitter compris), où tu sais jamais qui est le plus à l’ouest, mais filmé avec tendresse, sans cynisme. Très vaudeville à certains moments, avec en plus une petite surprise à la fin qui est amenée suffisamment discrètement pour que tu te dises « ah mais ouais bien vu putain ». Un film qui met de bonne humeur, c’est pas tous les jours que ça arrive.

tintin
alors je pourrais dire que Hergé est un génie avec un côté taquin en citant tintin au congo, mais on a tous passé l’âge et il est probable qu’il fut également antisémite, non pas que ça rattrape quoique ce soit, mais si ça a pas empêché Spielberg de kiffer sa race (no jeu de mot) en filmant ses fantasmes en motion capture, pourquoi pas. Je n’ai pas vu ce film et je n’ai pas vu avatar non plus, ça ne m’empêchera pas de penser que c’est indéniablement de la merde faite par et pour des gens qui confondent ciné et parc d’attraction. Barrez vous au futuroscope et laissez les grandes personnes bosser bande de cons.

hugo cabret
Scorsese qui fait un film pour enfants en 3d, ça laisse dubitatif. Sauf que c’est pas vraiment pour les gosses, c’est juste que les héros sont des enfants, nuance, et la 3d est, ô miracle, utilisée à bon escient pour embellir certaines scènes. Après si tu attends le Scorsese des Affranchis, Casino ou Taxi Driver et Raging Bull, il est clair que tu rendras ton déjeuner dès le premier quart d’heure. Mais quand le perso joué par Ben Kingsley se révèle être Georges Méliès, alias monsieur papa du ciné ou presque, on comprend où Martin a voulu nous emmener. C’est juste un cinéaste qui vieillit et qui nous dit voilà, à la base, ça c’est la raison pour laquelle j’ai voulu faire ce métier, pour faire rêver. Hugo qui a des étoiles dans les yeux devant Kingsley, c’est Scorsese lui-même. Bon en plus y’a Chloe Moretz, alias Hit-Girl de Kick-Ass, elle a un passe droit à vie ici (et dans les fantasmes malsains d’un pote à nous, mais c’est pas le sujet). Un film qui repose sur un principe simple, le cinéma, c’est aussi retrouver son âme de gosse attardé qui est ébloui par des trucs qui lui en mettent plein la vue. Si tu as perdu ton âme d’enfant, tu peux te bourrer la gueule et te droguer devant le film, ça marche aussi.
En tout cas c’est déjà bien mieux que son remake du mythe d’Oedipe à Atlantic City dans sa série de merde. Parce que jusqu’à preuve du contraire, Scorsese qui veut retrouver son mojo période mafieuse, ça fait dix ans que ça foire, et qu’il est contraint d’avoir les mêmes rapports avec DiCaprio que ceux de Tim Burton avec Johnny Depp. Même rôle, dans tous ses films, tout le temps. Ce n’est pas sale, mais presque.

super
comme son nom l’indique. le chef d’œuvre de l’année (oui, là j’ai le droit de le dire) qui n’est bien sûr jamais sorti en salle dans notre beau pays. Pour faire simple, c’est Kick-Ass version série Z, avec un cinglé qui croit que Dieu lui a dit de devenir un super-héros (joué par Rainn Wilson alias Dwight de The Office), et comme side-kick Ellen Page (Juno, Hard Candy) une petite foldingue vendeuse de comics qui s’avère être un danger public doublé d’une prédatrice sexuelle (probablement à l’origine de LA scène qui provoquera le refus du visa d’exploitation). Kevin Bacon fait son retour en méchant un peu roublard et sans honte (piquer la femme de quelqu’un et demander au mari de lui préparer des œufs brouillés, what else) et Liv Tyler joue la femme en détresse constamment sous drogue. C’est gore, crétin et évidemment hilarant.

Scream 4
C’était pas du tout gagné de revenir avec sa saga d’il y a dix ans (déjà…) pour le père Craven. Il a donc fait ce qu’il fallait pour pas se rater : reprendre la recette du tout premier (parce que les deux autres, c’était clairement du guano) et l’actualiser. On avait des tueurs qui se référençaient aux classiques de l’horreur ? Bah en 2011 ce sera les remakes et les tueurs qui se filment eux-mêmes, puisque c’est la mode. Et ça marche, c’est à la fois drôle et complètement con, mais assumé.

Super 8
Réussi sur la forme, mais qu’est-ce que c’est niais putain. Le côté remake inavoué d’E.T (sauf qu’au lieu de téléphoner maison il fait sa crise d’ado et casse des trucs quoi) est atroce, la fin est très J.J. Abrams, c’est à dire on t’explique rien et on étale des bons sentiments sur la moquette en priant pour que ça cache le trou noir monstrueux du scénario.

Paul
Ah bah là c’est déjà bien mieux, et l’extraterrestre est un petit rigolo doublé par Seth Rogen qui donne la réplique aux deux fous furieux Simon Pegg et Nick Frost (duo gagnant de de Shaun of the dead et Hot Fuzz). On aura donc de la bonne punchline, une apparition clin d’oeil de LA boss des films d’alien, et des seconds rôles joués uniquement par des membres de la comic mobb (appellation non homologuée regroupant les types du Frat Pack, du crew Appatow et du Saturday Night Live)

La planète des singes : les origines
Surprise intégrale. Un film qui suit la mode des prequels, et qui s’attaque à une saga ultra datée, et, soyons clair, assez ringarde. Moi quand j’étais petit et que j’ai vu le tout premier film, je m’attendais à ce qu’un type hurle à tout moment « OMO EST LA ET CRAPOTO BASTA ». Et pourtant, ce nouveau film réussit son pari. Non seulement c’est bon en soit, la performance capture est pour une fois utilisée à bon escient, mais en plus ça arrive à te caser des scènes d’émotions alors que ça reste un putain de singe de merde (« joué » en performance capture par Andy Serkis, qui entre ça, Gollum et King Kong, devient un expert du genre). La genèse réécrite du soulèvement des primates, avec César qui devient une sorte de Che Guevarra macaque totalement improbable (la scène où il stoppe un gardien qui veut le frapper en lui hurlant « noooooooooooo » est au top de ce mélange, poignant ou mongol, quitte ou double, pour moi c’est les deux), l’origine de la disparition de la race humaine, les clins d’œil nombreux mais assez subtils aux précédents films de la saga (le nom de césar, la cage où le nom Cordélia est inscrit, la réplique « ne me touche pas sale macaque » qui est la première que criait Charlton Heston, la navette spatiale dont on a plus de nouvelles, les colliers utilisés pour garder les singes en captivité qui sont les mêmes que ceux dont les singes se servent pour entraver les humains dans la saga…), tout ça contribue à la qualité du truc.

Fighter
Oscar du second rôle amplement mérité pour Christian Bale, juste parfait en camé totalement perdu qui aime son frère à sa drôle de façon. Sinon bah y’a eu Rocky, là y’a The Fighter, pas grand-chose à dire d’autres, Melissa Leo est très bien aussi en mère à la ramasse, et Amy Adams sort les griffes en petite amie combattive, assez inattendu pour ceux qui l’ont connu via la « comic mobb » (elle a fait ses premières armes dans Ricky Bobby et The Office). Le parcours du combattant du héros, d’abord loser du ring qui se hisse au plus haut niveau, fait plaisir à voir, d’autant que c’est une histoire vraie.
Le bonus : la toute dernière scène qui convoque les vrais frères qui ont inspiré le film, où tu t’aperçois que Bale et Wahlberg ont juste collé à la réalité. L’un est super exubérant, fait des blagues de merde, taquine tout le monde, tandis que l’autre, le champion, reste super réservé et timide, presque effacé. Sympa. Par contre y’a une suite dans les tuyaux, là j’attends de voir, le film se suffisait à lui-même, mais bon.

Bon à tirer vs Very bad trip 2
A ma gauche, le retour de l’ancienne école, les frères Farelly (Mary à tout prix, Dumb and dumber, etc), qui à part du renouveau côté acteurs, continuent d’appliquer leur recette de toujours. A ma droite, l’équipe du moment, qui elle se contente de pratiquer l’auto-remake (c’est exactement le premier film mais transporté à Bangkok) de manière totalement décomplexée.
Au final, deux films amusants, avec un bon rythme de chaque côté, et qui finissent par se rejoindre sur quelques aspects : les quadras lâchés dans la nature qui font des folies mais n’assument pas et veulent surtout rentrer à la maison, les gags cracra, les cuites qui font faire des conneries, la drogue… Le côté miroir est aussi accentué par l’itinéraire des héros : ceux de Very Bad voudraient se poser mais se foutent dans des emmerdes malgré eux/ceux de B.A.T font tout pour qu’il leur arrive des trucs de ouf mais n’y parviennent pas.
A noter que les séquences les plus trash n’apparaissent que dans le générique de fin de Very Bad Trip 2, tandis que chez les Farelly, elles sont bien là pendant le film (pet foireux, gros plan sur une bite, tout ça) et c’est un personnage secondaire qui anime la dernière séquence pré-générique avec son imagination débordante.

Balada triste
Parce que l’Espagne, parce que le cirque, parce que les clowns cinglés ça reste une valeur sûre depuis le Joker et Il est revenu.

The Murderer
La magie des films noirs coréens : aligner plusieurs dizaines de meurtres en gros plan, sans jamais utiliser d’armes à feu (le seul qui en use, c’est un keuf et il tire par accident sur son collègue, bravo à lui). Ça taffe au schlass, au marteau, à la hache, et même à l’os de gigot d’agneau (si si). Sauvagerie hors-norme et pourtant belle à l’écran. Sans oublier le cynisme ultime de la scène post-générique.

Jack et Julie
sans doute la pire bande-annonce que j’ai vue depuis 10 ans, facile

Une soirée d’enfer
Un film sur des jeunes, de la tise, de la drogue, du cul, et une soirée qui part en couilles. Vu et revu, mais c’est sympa de retrouver l’acteur de that’s 70′s show Topher Grace. D’autant que ça se passe dans les années 80, t’as vraiment l’impression que c’est le même personnage mais quelques années plus tard. C’est aussi la confirmation d’une chose : les années 80 ça craint un max. C’était tellement de la merde qu’en ce temps là, les gens les plus cools étaient des gothiques, c’est dire le niveau.

Sucker punch
Zack Snyder est très fort pour faire des trucs graphiquement impressionnants, et nul à chier pour à peu près tout le reste. Il nous l’a prouvé dans 300, où tous ses ajouts par rapport à la bd de base sont à chier, et il s’est attaqué à Watchmen, comics inadaptable qui a logiquement donné un film improbable et pour certains incompréhensible. Autant dire qu’écrire des scénarios à partir de rien, c’est pas pour Zack. Mais pourtant il tente ici l’expérience. Et c’est magique, il se rend absolument pas compte mais du coup, il se sert de références déjà existantes, il pille totalement des films, livres, bd (mangas et comics) et même jeux vidéos. Globalement, Snyder qui écrit le script de Sucker Punch, c’est un type qui rentre dans un restau, lit attentivement la carte, et commande à peu près tous les plats les plus chers. Puis il les mélange dans une grande assiette et décrète que ce plat final, et bien c’est lui qui l’a cuisiné. T’auras donc pelle-mêle des samouraïs designés façon Jin-Roh, des orques du seigneur des anneaux, un dragon, des cyborgs, des soldats nazis-zombies, le tout sur une trame vue et revue de rêve dans le rêve qui sans doute symbolise la réalité blablabla j’ai pas d’idée mais je fais semblant. Même la bo, c’est des reprises de sons style where is my mind et sweet dreams (c’est subtil hein) en version rallongée et encore plus pop. C’est une sorte de merde stratosphérique mais qui vaut le coup d’œil dans le sens où tu sais jamais jusqu’où ça va se permettre d’aller dans la connerie. La fin du film nous confirme que Snyder est un homme qui aime repousser les limites. J’imagine même pas ce qu’il est en train de faire pour le prochain Superman, parce que oui, c’est bien lui qui a hérité du projet.

Intouchables
Énième confirmation sur un état des lieux formidable : en France, les plus gros succès du box-office sont des téléfilms. Et pourtant je souhaite à celui-là de dépasser le score de Bienvenue chez les Chtis, sincèrement. Parce qu’un noir ex-taulard et un tétraplégique >>>>>>>>>>>>>>> n’importe quel projet de Dany Boon impliquant un usage répété de l’expression « biloute ». Cela n’empêche que les deux ont déjà des remakes prévus outre-atlantique, mais Intouchables a un petit bonus : la réaction outrée d’un critique américain qui trouve le film totalement raciste. Priceless. Intégration ratée vs communautarisme golmon : COMBAT D’INFIRMES

L’Irlandais
le ptit film british de fin d’année qui fait plaisir, comédie policière avec un perso décalé parfaitement incarné par Brendan Gleeson, secondé par Don Cheadle. Sans oublier Mark Strong qui reprend un peu son rôle dans Kick-Ass, l’accent italien en moins. En gros il passera tout le film à être consterné par à peu près tous ceux qui lui adressent la parole.

Black swan
dans la catégorie « on fait style que va y avoir des trucs de ouf dans une ambiance mystérieuse mais en fait non et tout le monde a deviné la fin dès le premier ¼ d’heure », Black Swan se pose là. C’est de la merde, il se passe rien, même la scène de minouchage entre Portman et Kunis ne vaut pas le coup, le gâchis de l’année.
Respect malgré tout à Aronofsky pour filmer un gugusse déguisé en cygne à taille humaine en train de taper dans les fesses de Mila Kunis. De la zoophilie de luxe que tout le monde prendra pour une métaphore onirique d’on ne sait trop quoi, bravo à tous.

Tree of life

parce que même moi je prendrai jamais assez de drogue pour apprécier ce genre de bouse contemplative intersidérale de 6 heures qui pète largement plus haut que son cul, surtout que Sean Penn explique lui-même ne rien entraver au résultat final.

X-men first class
Extrêmement décevant de la part du réal de Kick-Ass, d’autant que maintenant il est coincé sur cette nouvelle saga. Hormis les deux acteurs principaux excellents et l’apparition clin d’oeil de Wolverine,  on a droit à une sorte de Harry Potter à l’école des mutants avec des gags de merde et des amourettes gerbantes. Après, Mystique qui dit solennellement « mutant and proud » façon black and proud c’est sympa mais ça fait pas un film.

Ceux qui sont cool mais dont je vais pas parler, soit parce que je les ai pas vus, soit parce que je les ai vus mais que je m’en rappelle pas, soit parce que je veux juste pas en parler :

l’ange du mal : un cran en-dessous de l’excellent Romanzo Criminale, mais de bonne facture, comme on dit à la poste
Un jour : le quota romance
Restless : le film agréablement chelou
De bon matin : le drame frinçais sans pitié
The artist : parce que c’est vrai que faire du muet noir et blanc en 2011, fallait oser
We need to talk about kevin : huis-clos bien étouffant
Carnage : sacrés dialogues
Shame : Fassbender au top

Deux répliques géniales dans des films à chier

« Eat my shit », La Couleur des sentiments

Années 60, l’histoire d’une gentille blanche du sud des states qui aide des noires encore plus gentilles à s’émanciper gentiment. Ça aurait pu s’appeler la couleur des bons sentiments et avoir Zazie au générique de fin que ça changeait pas grand-chose. MAIS une scène rattrape presque toute la guimauve environnante. Au début du film, une domestique commet l’affront de pisser non pas dans le cabanon dehors (sous la tempête, ça c’est le petit bonus) mais dans les mêmes chiottes que sa maîtresse, blanche, raciste, cacaboudin. Celle-ci, maniaque de l’hygiène qui ne veut en aucun cas avoir de contact avec le peuple couleur Nesquik, s’empresse de la virer. Par la suite la domestique évoque une certaine vengeance de sa part, mais n’en dit pas plus. Et vers la toute fin, tu as ce génial flash-back : la renoi revient voir son ex-patronne, pour s’excuser de son attitude inqualifiable. En bonne cuisinière, elle sait comment l’amadouer, elle lui a donc amené un gâteau. Mais ça suffit pas pour l’autre, qui lui explique qu’elle fera en sorte que plus personne ne prenne la renoi à son service comme bonne, parce que vous comprenez, certaines limites, dépasser, il ne faut pas. Cela ne l’empêche pas de se goinfrer avec le gâteau. Entre deux bouchées elle relève la tête et dit « bon bah on a plus rien à se dire, vous connaissez le chemin, non ? » et l’autre la regarde dans les yeux fixement en disant si, j’ai un dernier truc à vous dire, je vous emmerde. Et chez les cainris, le verbe emmerder existe pas vraiment, l’équivalent est plus littéral, ça donne donc en vo : « Eat my shit ». Tout ça en regardant la bourge, puis le gâteau, avec des yeux joyeusement sadiques. Je te fais pas un dessin, mais t’as compris qu’on est pas chez Maïté ou Jean-Pierre Coffe. Le comble étant la daronne de la blanche qui entre deux éclats de rire lui fait « et en plus t’en as pris DEUX parts ».

et comme ça nous permet une merveilleuse transition toute en finesse, voici

« I cannot believe i’m here auditionning for a Quentin Tarantino’s film ! », The Human Centipede 2 : Full Sequence

Là c’est très important de contextualiser. La meuf qui dit cette réplique est en fait une des actrices du premier film Human Centipede, et elle est venue jusqu’à Londres parce qu’un débile mental obsédé par le film l’a attirée en lui faisant croire qu’elle venait passer le casting du prochain Tarantino. La conne a donc toute une tirade où elle fait sa star en pensant candidement qu’elle est en route pour la gloire. Une langue arrachée et un anus en confettis plus tard, elle comprend que ce sera un peu plus compliqué que ça. Bienvenue dans la grande famille du cinéma, princesse.

Quant au véritable et indétrônable grand gagnant de cette année cinéma 2011, cela restera bien évidemment, comme tout le monde pouvait s’en douter, roulements de tambour, tintintin :

The Dark Knight Rises

et ouais, il déboulera en salles seulement à l’été 2012 mais c’est comme ça. la bande-annonce, sortie pourtant tardivement, est déjà la plus vue de l’année, et, comme son prédécesseur, un prologue de 6 minutes a été diffusé dans certaines salles américaines. 6 minutes qui enterrent bien entendu l’intégralité des sorties ciné de 2011. Nous y reviendrons plus tard, parce que j’en ai marre d’écrire là. En attendant, matez de bons films, ou des mauvais, mais ne matez aucun Twilight. Jamais.

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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 3

Et sinon, juste histoire de bien faire chier, pourquoi t’as jamais fait de son sur les meufs ou l’amour ? Mais on en a fait un avec Cross, sur rap de banlieusard 2 ! Si, le morceau « ce genre de filles ». Bah non, c’est un truc où vous parlez d’armes et les meufs servent de métaphore filée. Non, on parle vraiment de meufs aussi, en même temps, on dit qu’on aime les femmes. Cross a quand même une rime où il dit qu’il a un gun long comme sa bite… Ouais, bon, on en parle à notre façon, quoi.
Joe appellera ensuite Cross (« tu te souviens du Blavog ? Les mecs qui se foutaient de ta le-gueu ? Je suis avec eux là ») et d’autres potes dont son manager et le fondateur d’E.T.A & 357 (on a oublié le nom mais il me semble que c’est Nabil, ça doit être sur un des audios, démerdez-vous) n’oubliant pas de sortir des blagues dont lui seul a le secret (« en fait, là on attend des gens pour vous péter la gueule »). D’ailleurs le billet sur So parano, les concernés en avaient pensé quoi ? Alors en fait nous on était sciés, d’une part c’était marrant mais le pire c’est que ça ressemblait vraiment à la réalité. Au début on pensait que c’était l’ingé son qui avait écrit ça, ou un pote à nous. Donc là on repense à ce qu’on a écrit et on se dit deux choses : les sessions d’enregistrement ont dû être folklo, et Ill est vraiment perché. Dès son arrivée Cross demandera d’ailleurs direct « alors moi je veux savoir un truc : qui vous a renseigné », et un autre nous dira à peu près la même chose. Mais pourquoi vous m’avez fait parler comme une loque ? Bah parce que c’est tout ce qu’on a trouvé, le flow de Cross étant le plus posé de tous, alors que les autres sont déjà bien lents, et l’ovni Monsieur Cross 2 nous a marqué. Concernant ce son, et « l’instru de clown » (rires) en fait, sans me justifier hein, mais mon idée c’était de jouer sur le décalage entre mon flow, ma voix et l’instru qui est vraiment inhabituelle, on s’attend pas du tout à m’entendre dessus. Détail troublant, sans sa voix, difficile de reconnaître Cross, qui a non seulement une casquette, mais aussi beaucoup de cheveux. Spleenter sera profondément choqué par cette vision, ce qui donnera lieu à l’échange suivant :
Spleenter – et sinon t’as des projets ?
Cross – dans le rap, bah pas vraiment
Spleenter – non mais pour tes cheveux, tu comptes faire quelque chose ?
Cross – (rires) ah mais je vais te dire un truc : j’ai fait le ratio entre la longueur de cheveux et la quantité de meufs que tu serres, et je dois dire que j’y ai grave gagné.
Toujours au niveau capillaire, parce que c’est un sujet primordial dans le rap, Joe y va de son petit conseil technique. Au début ma mère était contre les locks, y’avait pas moyen que j’en ai. Alors le truc c’est que j’ai dit que ce serait juste pour les vacances, pendant l’été, tu vois. Sauf qu’à la rentrée j’ai dit bon ben on a qu’à dire jusqu’à la Toussaint, ce genre de conneries. Et forcément ça poussait, et au bout d’un moment bah elle a lâché l’affaire. Mais là j’ai coupé un peu, c’est plus aussi long qu’avant. Ça c’est de l’interview qu’a des couilles au cul, ou je m’y connais pas.
Son pote/manager/producteur, avec qui Joe nous explique qu’il veut monter une structure en totale indé, décrit le personnage à sa façon : Joe il a une plume, y’a vraiment quelque chose à faire avec lui. Bon le truc c’est que lui, c’est le genre… si y’a un concert et en même temps, une soirée, il va aller à la soirée (sourire).

The Wire vs Les Sopranos (bonus track)

Joe – C’est super dur, je sais pas franchement.  C’est une bonne question parce que je crois même qu’aux États-Unis y’a eu un genre d’étude des meilleures séries et c’était ces 2 qui ressortaient. The Wire j’adore, y’a plein de persos géniaux, mais de l’autre côté y’a Tony… The Wire c’est constant dans la qualité, mais Les Sopranos c’est autre chose, sans que tu saches pourquoi, des fois t’as un épisode de fou, comme quand Christopher et Paulie se paument dans la neige en voulant enterrer un Russe, et qu’ils perdent tous leurs moyens. C’est super comique parce que c’est des mafieux classiques mais là tu les vois dans une situation qu’ils maîtrisent pas, ils ont les cheveux en bataille, ils crèvent la dalle, ils sont gelés, ils s’embrouillent parce qu’un des deux a bouffé un supplément sauce du mac do alors que c’était le seul truc qui leur restait pour grailler…

Spleenter – ça faisait très Fargo, c’est un épisode réalisé par Buscemi je crois.

Joe – Sinon en ce moment y’a Boardwalk Empire, je sais pas si vous suivez.

Spleenter – Ouais, mais si je passe 50 minutes devant un épisode des fois je me fais chier. Alors que si je lis des pages wikipedias mal documentées sur certains persos de la série, je passe une bonne soirée. C’est quand même un gros problème. A part Capone, tous les persos de mafieux sont nuls.

Teo – Surtout Luciano et Lansky, l’un est un attardé impuissant et l’autre a une dégaine d’écolier. Au train où ça va, quand Siegel va débarquer, ce sera un autiste avec un yoyo en bois qui fait des clins d’œil aux meufs dans la rue (et effectivement, entre temps la saison 2 a été diffusée, et un personnage plutôt jeune appelé « Beanie » se distingue en faisant des grimaces d’enfant de 5 ans aux autres gangsters durant ses courtes apparitions)

Joe – ouais mais tu vois, déjà la série elle est pas vraiment sur ces mecs là. C’est sur le perso de Buscemi, et aussi le jeune là, Darmody. Lui il est très bon. Après ça me dérange pas qu’il affiche salement Luciano, avec le moment où il se fait avoir par la meuf qu’il baise. Parce que en vrai, à cet âge là, bah Luciano c’était un ptit con. Nous on a l’image finale du gros gangster mais ça s’est pas fait en un jour. Pareil pour Lansky. Tu vois c’est comme dans Malcolm X de Spike Lee. S’il le montre pas dans sa période de ptit con, en train de (il imite la démarche ridicule que Malcolm X tape à un moment au début du film), bah tu vois pas son évolution et ça a moins d’impact. C’est la réalité.

Il explique ensuite que c’est pareil chez les mafieux, en calant des références précises, notamment Genovese qu’il connait par cœur, avant que le tout débouche sur une interprétation très personnelle du rôle de la mafia dans le débarquement en Sicile : « faut quand même se dire un truc : sans Luciano, tu parlerais sans doute allemand. faut pas l’oublier ça ». Quand à son amour des bonnes séries, il n’en démordra pas « je vais te dire : c’est mieux que le sexe ».

Lucazz du siècle

Une anecdote sur Diomay, c’est cadeau, le rappeur préféré de Teobaldo.
Y’a tout un tas de trucs qui posent problème et qui font qu’on se prend la tête pour rien. A un moment je me suis dit pourquoi pas poser avec Diomay, je le contacte, et il répond via le net « ouais là c’est chaud je suis sur mon album », que son manager veut pas qu’il s’éparpille ou je ne sais quoi. C’est quoi ça. Moi ça m’avait plié de rire, parce que franchement si t’es un rappeur et que tu penses comme ça… La définition d’un rappeur, c’est de rapper. Les trucs « oui mais là c’est pas la bonne période », c’est n’importe quoi. Surtout que bon, je veux pas l’enfoncer, mais ça reste Diomay hein. C’est pas une tête d’affiche ou quoi. Le pire c’est que si ça s’trouve il a pensé que je lui en voulais vu que j’ai pas relancé. Non, j’en ai juste rien à foutre.
Sinon, pelle-mêle, on retiendra le patron de bar qui salue Joe et se fout de la gueule de Delarue : « faut être balaise pour passer de 20g à 0 par semaine. T’as vu sa vidéo d’excuses là ? il a pas seulement baissé son froc, il a tendu son cul en demandant si c’était assez bien ». Joe nous parlera aussi vite fait de Kenny Kenz, un rappeur belge ou suisse (ça date, faites pas chier) qu’il compte produire « il est tout frais et surtout, il est vrai, il fait que décrire son quotidien, il sait de quoi il parle, y’a pas de cinéma. C’est bien aussi de mettre des jeunes en avant, c’est comme ça que la musique se renouvelle. En France on a un peu du mal, mais aux states tu vois même des Lil Wayne, qui sont pas des anciens, ils pensent déjà à la relève, avec Young Money, Drake, Nicki Minaj. Drake c’est pas trop mon truc, mais je comprends la démarche, et Wayne a vu juste, il a ramassé le pactole avec lui, pareil pour Nicki Minaj, même si moi je suis un ancien donc je préfèrerai toujours Lil Kim, mais c’est cool. C’est comme Cory Gunz, il a vu qu’il était dangereux, il l’a signé» Et Rick Ross (ça c’est d’la transition) ? J’apprécie bien. Après le problème que j’ai c’est que c’est glacial, c’est une machine le mec, c’est presque… c’est trop parfait des fois. Tu sais que t’auras l’instru classieuse ici, le feat avec tel rappeur là, le refrain de John Legend là-bas… faudrait que ça respire plus, mais sinon chapeau. Concernant Kenny Kenz, on n’était déjà pas emballés à l’époque, et ça n’a malheureusement pas changé après écoute de leur mixtape commune. Et si on avait un doute sur tous ces gens qui arrêtaient Joe dans la rue alors que c’est même pas son quartier, l’intéressé clarifiera les choses avec une simplicité lucide « bah quand on était encore dans le biz on mettait bien beaucoup de monde, faut pas chercher plus loin hein ». Le même détachement qui lui fera dire en nous quittant « vous faites comme vous le sentez, vous êtes libres pour le texte, je veux pas avoir mon mot à dire dessus, tant mieux si ça pique des fois même ».

Par la suite j’ai revu Joe une fois, où au détour d’une conversation il lâchera tranquillement « moi si j’avais eu l’occasion de faire ça, j’aurais foncé direct. C’est vraiment génial d’être critique de film, ou sinon critique littéraire, c’est vraiment bien ». Bref, un rappeur qui gagne à être connu sans être enfermé dans une case, même si c’est évidemment peine perdue, parce que le public est un con. Cela rejoint d’ailleurs une réflexion qu’il avait eu quand on lui avait fait remarquer qu’il avait un côté très à l’ancienne, vieux Paris dans ses références, qui rejoignait le côté bien écrit de ses lyrics. Renaud, Gainsbourg, Coluche, ouais, si je les cite c’est parce que je me reconnais, je les ai découvert tout jeune et j’aime toujours bien. Desproges aussi, j’adore, Audiard, pareil. Et Dieudonné (ouais on lâche pas l’affaire) ? Ouais… (il hésite, comme s’il attendait qu’un agent du Mossad sorte des chiottes en hurlant putain on en tient un) Ouais. Ouais, j’aime bien également, c’est très bien, il est fort. Puis, après une hésitation, cette dernière phrase qui, à mon sens, résume bien le personnage : En fait, je déteste la bêtise.

Joe Lucazz et Kenny Kenz – Espèce Chaîne Gang

Joe Lucazz – Rencontre avec Joe

Joe Lucazz – Rap de banlieusard 2

Joe Lucazz – des sons à droite à gauche, de ci de là, cahin caha (avec Nakk, Alpha 5.20, Monseigneur Mike, Zekwe Ramos et d’autres gentils garnements, le tracklist est mal écrit, mal taggé, et chaotique, mais tu vas pas faire chier non plus)

Joe & Cross feat Despo & Escobar Macson – Crack music et bijoux de famille

ce morceau n’existe nulle part à la base, mais c’est pas ça qui va nous arrêter. Une production Blavog, unique et historique comme un god dans la chambre d’une bonne sœur (ça c’est bien, parce que god, godemiché, mais god, Dieu : un jeu de mot très classe qui conclut une année qui l’a été tout autant).

Et une bonne année bande d’enculés

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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 2

Sorti du microcosme parisien, une connexion dénote un peu : le lien entre Joe et Le Rat Luciano.
En fait à une époque, des potes voulaient faire une tape où ils reprendraient des classiques du rap français. Ouais mais ça c’est Retour vers le futur et c’est le K.Ommando Toxik. Voilà, ils nous ont pris de court, du coup ça c’est jamais fait. Mais par la force des choses, c’est grâce à ça que j’ai rencontré le Rat Luciano, puisque parmi les reprises, y’avait la FF. Et là franchement on a accroché direct. Et le mec, alors que je suis un parisien qu’il connaît ni d’Adam ni d’Eve, je l’ai au phonetel “ouais t’as qu’à descendre à Marseille au quartier” et c’était pas une façon de parler, après il me traite comme un pote, et réciproquement quand il venait ici. Même quand chez lui c’était pas possible, parfois je dormais chez Don Choa… Tant que c’était pas chez Menzo, ce n’est pas sale. En fait le truc avec le rat, qui fait que de Marseille à Paris il est respecté, c’est pas seulement qu’il est fort, c’est qu’en plus, y’a aucune différence entre celui que t’as sur disque et celui que t’as en face de toi. Il est quartier pour de vrai. Autant, nous tous, même quand on colle à la réalité, on enjolive un peu… autant lui c’est vrai à la virgule près. Et tout le monde te le dira. Même Booba, un jour à une soirée, il me sort “le rat c’est le seul que je respecte dans ce rap game”. Moi à l’époque j’ai juste pensé  “attends que j’arrive, ptit enfoiré” (rires). Mais là j’ai vu que Luciano a fait un feat avec La Fouine On remarque une note très prononcée d’inquiétude dans sa voix, c’est la fin du monde tel qu’il l’a connu, et on le rassurera en lui disant que Luciano ne change apparemment pas de style dans l’extrait du morceau qui a filtré. « Et y’a Rohff aussi, il paraît qu’il a sorti un son qui s’appelle “C’est comment”, pareil, j’ai pas écouté, mais ça fait chier, c’est un truc que je voulais faire ça, parce que cette phrase je la dis tout le temps ! » Effectivement, une moitié du Blavog confirme, pour avoir passé une soirée en sa compagnie, le nombre incroyablement élevé de « c’est comment » l’ayant obligé à répondre « pépèrement » une bonne centaine de fois. Cependant chez Rohff la phrase est juste le titre de l’intro de La Cuenta. « Alors c’est cool, tant mieux ». Tout est bien qui finit bien.

INTERLUDE
Là tout de suite faut préciser un truc essentiel. Tout au long de la soirée, Joe s’arrêtera fréquemment pour saluer des gens, et inversement, qu’il soit posé à un bar où simplement en train de marcher en pleine rue. Sa moyenne étant d’un serrage de main et une bise sur la joue toutes les 9,27 minutes, on les passera sous silence la plupart du temps, mais pas là. Parce que Joe s’interrompt brusquement dès l’entrée d’un homme dans le bar, qui le salue chaleureusement.
Le type – salut ça va ? Tu deviens quoi ?
Joe – bah ça va Yann tranquille et toi
Yann – (à nous) enchanté, Yann, Yann Le Bras.
Après avoir échangé quelques amabilités, cette personne revient sur moi, puis sur Joe et fait « ah mais on se connaît, c’est avec lui que vous êtes venu la dernière fois » Hein ? Mais non, pas du tout. Faut aussi préciser qu’être pris pour quelqu’un d’autre est un super pouvoir de Spleenter, qui au cours de sa triste vie s’est vu attribuer une ressemblance avec Mohammed Ali, Yannick Noah, Joachim Noah, Michael Jackson période Jackson 5, Marcel Desailly et même Ronaldinho. « Ah, pardon. Bonne soirée ». Donc c’était le fameux Maître Le Bras, on l’applaudit bien fort, l’avocat le plus name-droppé dans le rap français depuis Perry Mason. Alors comme ça on a le même baveux que B2O, on se fait pas chier. « Ouais, mais ça veut pas dire grand-chose, d’ailleurs c’est même possible qu’il fasse certains trucs pour Booba gratos, vu comment l’autre le fait connaître à tout le monde. » On en apprend tous les jours.

So Parano
Moi à la base je suis plus New York qu’autre chose. C’est ça qui me parle. Mais pourtant sur So Parano notamment, la sélection d’instru allait de faces B de Lil Wayne à Young Buck en passant par Mike Jones et Terrace Martin. Ça en fait c’est dû à Work, c’est lui qui a fait la sélection de beats. De nous tous c’est lui qui se tient vraiment le plus au courant de ce qui se fait actuellement aux U.S. Moi, du moment que ça sonne bien, je suis pas fermé, je pose dessus, le changement c’est toujours sympa. Le délire So Parano en lui-même, bon déjà on est tous fans des Sopranos, et on parle de ce qu’on connaît, de notre vécu, avec le côté business de rue, tout ça. Entre lui qui donne son prénom et son nom, et Work qui dit « on kiffe tellement le rap qu’on se poucav nous-mêmes comme des golmons sur disque » où est la limite à pas franchir pour pas se griller bêtement ? Joe reste pragmatique. C’est une petite tape, personne l’écoutera, même nos proches qui vont l’écouter, avec les flows, les expressions, ils comprendront pas tout, donc ça va. Pas si parano que ça du coup… Tout le délire So Parano c’est surtout parce qu’à l’époque c’était à fond le biz de C. Chacun finissait de poser il checkait son portable, « bon je dois bouger voir un mec, je reviens ». C’était vraiment notre ambiance, et on enchaînait les couplets au milieu de tout ça. De toute façon, nous notre façon de penser c’est que tout ce qu’on fait on devra le payer tôt ou tard. Donc c’est aussi pour ça qu’on se permet d’aller un peu loin dans les paroles, on fait que raconter nos vies, pas la peine de nous faire la morale derrière parce qu’on vous a pas demandé de nous plaindre non plus. On fait que décrire notre quotidien.
Spleenter – Mais par exemple, ta mère écoute ta musique ?
Joe – Ouais
Spleenter – Et elle dit quoi ?
Joe – Elle dit « t’es un con », en général. Mais sinon elle sait que dans la vie je suis plus dans les bêtises, elle est contente pour moi maintenant. Mais sinon quand j’ai eu mes problèmes avec le 36, bah c’est ma sœur qui m’a présenté Le Bras par exemple, comme quoi.

Une famille de boss, on peut le dire.

Joe & Cross : Les Clipse frinçais ?
The Clipse avaient repoussé lors d’un entretien l’étiquette « cocaïne rap » en mettant en avant leurs talents de lyricistes, les métaphores, doubles sens, etc, la vente de drogues étant une thématique générale plus qu’un style. C’était aussi le cas de Joe sur disque (« Classe-moi parmi les lyricistes ») et aussi dans une interview pour rap mag où il citait Talib Kweli comme une de ses références.
« Ouais, je me rappelle. Kweli ça me plaît parce que c’est rue, mais l’écriture reste soignée. Sinon par rapport à nous, ça faisait dix ans qu’on parlait de coke et à l’époque on nous le reprochait beaucoup. Maintenant limite si t’en parles pas t’es hasbeen, alors moi j’ai décidé d’en parler moins qu’avant. Dans mon album y’aura quand même 2-3 sons dessus mais sinon je les  laisse, qu’ils s’amusent à jouer les Scarface entre eux… Nous on savait de quoi on parlait et pourquoi on le disait ». Le mec dit ça comme un plombier qui déplore la piètre qualité des pièces importées d’Europe de l’Est. L’amour du travail bien fait, ni plus ni moins. Pourtant, dans leurs premiers sons, Cross comme Joe décrivait l’univers du deal de manière plus vague, et surtout d’un point de vue extérieur, puis peu à peu il y a eu glissement vers un discours où ils s’assument vendeurs. « Bah justement c’est aussi parce que nous au début on avait une certaine retenue par rapport à ça, puis le temps passe, tu vois des gens qui n’ont jamais été dans ça qui se mettent à parler comme s’ils s’y connaissaient alors qu’on sait que non. Donc là on s’est dit autant y aller, les gens verront bien qu’on s’invente pas de vie. » D’où des phases comme « ils parlent tous de 0.9, 0.9, comme s’ils étaient des chimistes » ? C’est ça, c’est ridicule cette mode.  Pour en revenir aux Clipse, c’est sympa, j’aime bien leurs wordplays, mais dans le genre je préfère D-Block par exemple. » New-York jusqu’au bout décidément. Désolé les gars, on aura vraiment essayé, mais Malice et Pusha T n’auront pas les faveurs du bonhomme de neige.

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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 1

Teobaldo – et on a interviewé Joe Lucazz aussi dernièrement

Lalcko – il est très bon lui. C’est dommage qu’il rappe plus.

Teobaldo – mais il a pas arrêté…

Lalcko – ah bon ?

Cet échange hautement confidentiel entre ces deux individus, qui a eu lieu dans l’escalier de mon immeuble, est certes anecdotique mais résume assez bien la position particulière de Joe dans le rap français. Respecté, estimé de ses pairs, mais totalement à la ramasse niveau promo, et limite absent de l’inconscient collectif du public rap frinçais (ça si c’est pas d’la phase de branleur je sais pas ce que c’est).

2e anecdote, toujours plus haut, toujours plus fort : lors de l’enregistrement de GB Paris vol 1, il s’est passé un truc assez marrant à un moment. Joe pose son couplet, et là un petit silence se fait, les autres rappeurs présents l’écoutent réellement. Alors que l’ambiance du studio et le nombre de mc au mètre carré étaient pas du tout adaptés pour ça. Shone et Miko diront d’ailleurs « Joe on a son skeud à la maison », et au-delà du fait que ça sous-entende que ces deux personnes habitent ensemble, une telle unanimité est en général soit synonyme d’hypocrisie soit carrément exceptionnelle. On était ici dans le second cas, avec un consensus parfois flou mais sincère, qui revenait à mettre tout le monde d’accord sur un point : Joe, il écrit pas avec son derche.

Il y a maintenant une petite dizaine de mois, on a eu la chance de pouvoir échanger tout plein de mots avec ce rappeur qu’on aime beaucoup ici, mais dont personne ne parle. Jamais. Surtout toi là-bas. Parce qu’un papier difforme vaut tous les tops de merde du monde, voici le récit pas piqué des hannetons d’une sacrée soirée, en version audio pour ce qu’on a pu sauver et écrite pour tout le reste. Avec des propos rapportés mais aussi de l’itw directe, parce que c’est comme ça, c’est Noël, et comme disait cette meuf qui avait de l’herpès “y’en aura pour tout le monde”.

Lucazz Begins

« En fait à la base j’étais avec Cross dans un crew et à un moment on devait tous se choisir nos blases. Cross à l’époque s’appelait Lupino (?), inspiré de Arsène Lupin (!) et moi, Lucazzi c’était pour Luca Brazzi en fait. C’était un moment où je voulais rendre mon flow plus fluide alors j’essayais au maximum d’enlever certaines lettres qui te font buter sur la prononciation, c’est pour ça que Luca Brazzi est devenu Lucazzi. Dans Le Parrain, ce perso m’a choqué dès le début : tu vois un type répéter pendant une heure une simple phrase de félicitations pour Corleone, ensuite il disparaît et quand Corléone se fait shooter et qu’ils font la réunion de famille tout le monde dit « ah si Luca Brazzi était là, il règlerait tout ça en 2-2 ». Mais tu sais pas bien qui c’est à part que c’est le plus fidèle des capos de la famille. Après t’as la fin, où il réapparait et se fait caner salement. Bref j’étais intrigué. Donc j’ai lu tous les bouquins de Puzo et le perso y est beaucoup plus développé et il m’a bien plu. Donc aucun rapport avec Frank Lucas. « Ca va pas non ? Pas du tout, en plus c’est une balance lui ».

Cam’ron sur Marche avec nous

Alors cette connexion à la base on l’a eu par DJ Battle qui a mixé notre album et qui était beaucoup aux States à ce moment là. A un moment il nous contacte et nous fait voilà j’ai moyen de vous avoir Cam’ron, mais pour un petit truc, ce sera pas forcément un couplet ni rien. Nous on s’en foutait, tu nous passes Cam’ron sur notre skeud, bien sûr que c’est oui. Donc voilà l’histoire de cette intro.

Méthode de travail

Alors mes potes, j’écoute leur avis, mais en vrai, je m’en fous. C’est d’abord moi seul qui compte. Mais attention, je suis super exigeant avec moi-même. La plupart des sons que je fais, je me mets des notes en fait. La plupart du temps, si je me mets pas plus de 14, je sors pas le son. Et ça arrive souvent. Du coup c’est l’inverse, c’est mes potes qui me disent mais t’es fou, ça c’est bien. Mais faut que ça me plaise à moi d’abord. Niveau écriture, le truc que j’aime bien faire c’est instaurer une continuité dans mes couplets, au moins sur la forme, même si ça va parler de tout et de rien au final. Si je te fais une comparaison en début de couplet sur, on va dire, le poker, je vais me démerder pour que ça revienne par la suite, et si possible finir sur ça aussi, mais de manière variée à chaque fois. Que quand t’écoutes, ça semble un enchaînement logique, pas des phrases interchangeables à l’infini.

Joe et le rap français

Il évoque dans un premier temps ceux qui ont fait un bout de chemin avec lui, à commencer par Flynt. « si t’as une embrouille avec Flynt, t’as qu’à squatter les concerts de Mobb Deep, Infamous Mobb, tout ça, t’es sûr de le trouver. C’est vraiment son délire. C’est un mec en or, il est pas du tout comme moi. Flynt tu lui donnes rendez-vous à 15h, il est là à moins cinq, à 15h01 il t’envoie un texto et à 15h03 il t’appelle. » Évidemment, Joe aurait pu se contenter de dire « Flynt est blanc », mais il est comme ça, il a son sens de la formule bien à lui et il y tient. Quand il parle au naturel, il encule l’ensemble des slammeurs de ce pays. En parlant de ça, la seule fois où on a entendu un pic à des collègues, c’était pour Abd al Malik et Michael Youn nan ? « En fait j’aime pas les clash, je trouve ça bidon en France. Si j’ai un problème avec quelqu’un je vois franchement pas l’intérêt d’en faire un morceau. La phase sur Malik et Youn c’est pas un clash en vrai, c’est juste la vérité : l’un a vraiment zappé le rap pour du slam, et l’autre est un clown. C’est même pas une attaque. L’autre fois où je me suis retrouvé dans une histoire comme ça c’était avec Cen Safaraa, et alors là c’était n’importe quoi. Je pose sur un truc qui reprend la face B de Repose en paix au refrain. Avec Cross on se dit que c’est bien, je pensais même qu’on aurait pu appeler Booba pour qu’il dise quelques mots en intro. Je reviens au studio, et je vois les autres couplets. « Merde mais c’est un clash ça les mecs !? » (Joe dit vraiment ça comme le gars qui se réveille, qui voit la fille à côté de lui et qui fait “mais c’est une rousse, ça les mecs !?”), avec Kappacci qui s’est rajouté et tout. Et en plus ils voulaient le clipper. » Donc là ce qu’on retient c’est que si tu veux clasher quelqu’un mais qu’il te manque un couplet, t’appelles Kappacci, il insultera tout le monde sans rechigner. « Mais de toute façon, même les fois où les beefs ont dépassé le cadre de la musique, c’était déjà n’importe quoi. » Un exemple ? « Le truc de Gab’1 là. Avec Rohff et Kery qui le tapent ou je sais pas quoi. Et y’a sa vidéo le lendemain. Franchement si tu tombes sur un mec et que juste après il continue son délire en vidéo, c’est que déjà tu l’as pas assez tapé. En plus Gab’1 on le connaît c’est un mec du 19, on le voit rentrer en taxi de soirée, il est marrant. Mais sinon le délire c’est que maintenant même les têtes-têtes c’est fini. Normalement, si t’as un truc contre quelqu’un, et que tu le retrouves avec tes gars, c’est tes potes qui le règlent et qui sautent pour toi. C’est comme ça que les trucs se règlent, les histoires de duel de cour de récré, j’y crois pas. » En parlant du 19e, quid de ses petits camarades ? Les Ghett Dip, je les connais, on s’apprécie, leur délire Hausmann, c’est bien, c’est super classe mais le truc c’est que des fois ça va un peu loin. Quand Simsky fait sa rime « je suis juif, musulman, chrétien », bah non. T’es juste musulman. Ça sert à rien, tu vas pas rallier tout le monde juste parce que tu dis ça. C’est comme les délires Illuminatis. C’est la mode, les mecs foutent des signes et des trucs mystiques dans leurs sons et leurs clips, ils croient que ça va leur ramener un certain public. Mais ceux qui sont là-dedans, ça les intéresse pas un rappeur qui parle de ça. Y’a aussi des mecs qui se sont mis à parler de coke dans leurs morceaux parce que c’est devenu fashion. Les gens sont profondément stupides de croire que ça peut les booster. Joe n’est pas non plus très fan des théories du complot en tous genres. Non mais moi, les trucs sur le 11 septembre, les trucs secrets pour contrôler le monde… je suis réaliste. Pour moi c’est l’argent qui dirige absolument tout. Donc pas besoin de chercher très loin. Tu vois juste ceux qui profitent d’un truc et ceux qui y perdent et t’as tout compris. Pourquoi des gens se feraient chier à faire des manipulations de fou pour contrôler un truc alors qu’il suffit de l’acheter ? A part ça, il fréquentait pas mal Sinik et Kennedy durant une période non ? Bah Kennedy et Sinik c’était les petits de Diam’s. Bon Sinik je peux plus trop l’écouter mais Kennedy, lui son évolution est un gâchis. Il s’est racaillisé de fou, avec son accent et ses intonations qui lui vont pas du tout. Surtout qu’à la base c’est pas un ouf. En même temps Kennedy dès qu’il a posé sur Ouest Side il a cru qu’il faisait partie du 92i… C’est exactement ça. Tous ces mecs qui rappaient normal et qui se sont mis à prendre un flow caillera après Booba… (là, Joe imite l’accent caillera. C’est impossible à décrire, le mépris dégouline trop sur les syllabes déformées, on obtient le chaînon manquant entre le raclement de gorge et le gémissement) Mais c’est dommage c’est un petit qui aurait pu tout niquer… mais tous les petits qui peuvent tout niquer ils leur arrivent des trucs. Ce qui manque c’est un jeune qui a les dents longues et qui maque le game. J’ai cru que Sefyu pourrait le faire, mais il a pas les capacités. Certains morceaux je peux même pas les écouter. Son truc “s-s-s-s-s” là (molotov 4), c’est mort pour moi. Le truc des gimmicks c’est bien une fois, pas plus. Pourtant Joe lui aussi a fait un couplet comme ça, « Doom ». Ouais, un couplet sur un feat. Dans mon album solo aussi y’aura un morceau gimmick. Ça s’appellera Mimil. Parce que c’est vrai que je le dis tout le temps. D’ailleurs cette expression, ça vient d’où ? C’est un truc à l’ancienne ça. Moi je me rappelle que c’est à Rosny qu’on le dit beaucoup. Mimil’ c’est genre… tu vois les petits mecs des rues mais d’avant ? Les gavroches, les minots qu’ont même pas 15 piges mais qui ramassent les mégots des grands pour se les foutre dans la bouche, tu vois ce style là, très vieux Paris. Bah c’est ça Mimil’. Et chez nous c’est devenu une sorte de truc qu’on ajoute en fin de phrase, genre « allez arrête tes conneries, mimil… ». Retour au rap. « Ce qui est dommage aussi et qui explique que y’a pas de petits qui déclassent les grands, c’est que les grands quand ils montent ils ont des équipes de merde avec eux. Booba il est fort mais son équipe elle est dégueulasse. Et c’est loin d’être le seul. Du coup tu peux pas avoir de crew à l’américaine qui sont tous au top en même temps. Du côté du Blavog, on a un peu peur de l’évolution de Dosseh. « Je crois vraiment que Dosseh est moins con que les autres de son âge, et en plus il vient de province, il a pas été bousillé par le délire d’ici, il doit avoir plus de recul. »

Darys, Ill, Joe Lucazz – freestyle

La suite au prochain épisode, avec un invité surprise, du suspens et des effets spéciaux.

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HousnInception (intro)

Au sommet d’un building (ça c’est la classe), un homme est pensif. Il scrute un écran d’ordinateur. Après avoir parcouru certains comptes twitter et facebook, regardé certains clips et écouté certains sons, il pousse un long soupir. Puis il appuie sur un bouton d’interphone.

Le type – Suzanne, j’ai pris ma décision. appelez-moi l’équipe de choc.
Interphone – écoutez, pour la dernière fois, moi je suis le gardien du parking, et je n’ai aucune idée de quoi vous parlez.
Le type – ah merde. Autant pour moi.

Quelques heures après qu’il ait lui-même composé le numéro sur son téléphone (parce qu’on n’est jamais mieux servi que par sa main, ou ptêt parce que cet homme est profondément cinglé et que Suzanne n’a jamais existé), deux hommes, à l’allure patibulaire mais presque, entrent dans l’immense bureau. Parce que si t’es au sommet d’un building, c’est pour avoir un immense bureau, pas un studio de 25m2 avec des fientes de pigeons sur les rebords de fenêtre.

Le type – bonjour messieurs. Je vous ai fait venir parce qu’il y a une certaine affaire que je souhaite que vous preniez en main.
Kertra – faut tuer un pitbull ?
Le type – Hein ? Mais non.
Kertra – non parce que moi ça me pose pas de problème, simplement faut le dire maintenant quoi.
Weedy – nous prévenez pas à la dernière minute
Le type – Ecoutez, personne n’aura besoin de tuer qui que ce soit, encore moins un chien…
Kertra – un pitbull.
Le type – non mais de toute façon…
Kertra – Je m’attaquerai jamais à un caniche ou un chihuahua J’ai une réputation quand même.
Le type – Bref. J’ai besoin de vos services pour une mission très spéciale. Vous allez devoir implanter une idée dans le cerveau de quelqu’un. En vous infiltrant dedans ses rêves dedans sa tête.
Kertra – …
Weedy – …
Le type – Mais ne vous inquiétez pas, c’est un procédé qui est possible scientifiquement. En fait, on va injecter un produit à notre cible, puis on va vous injecter le même produit, et…
Kertra – ça a l’air laborieux et chiant. Vous avez qu’à dire que c’est de la magie ou une connerie du genre.
Le type – Ben… oui mais bon… la magie ça fait pas sérieux ni crédible
Weedy – on a dépassé ce stade depuis longtemps je pense. Surtout que vous avez un masque de Mickey sur la tronche.
Le type – C’est pour l’anonymat ça. Bon. Voici la cible. (il sort une photo)
Kertra – mais ?
Weedy – c’est ?


Le type – ça va, c’est Rohff, on va pas faire comme si y’avait du suspens non plus, c’est dans le titre de toute façon. Vous le connaissez bien, c’est un peu vous et vos potes qui lui avez mis le pied à l’étrier dans le rap, vous l’aimez bien et c’est réciproque, vous êtes donc les hommes de la situation.
Weedy – vous voulez qu’on lui fasse quoi ?
Le type – je veux que vous le fassiez redevenir comme avant.
Kertra – facile, ça. On lui pète sa dent et le tour est joué.
Le type – non, non, non. Je veux dire comme avant, comme il était avant. Avant d’accuser la météo quand son album vend pas, avant le feat avec Jena Lee, avant de clasher Booba tous les 4 matins sans jamais dire son nom, avant d’insulter la terre entière sur les réseaux sociaux. C’est le Rohff d’avant tout ça que je veux retrouver.
Weedy – ah ouais quand même.
Kertra – c’est vrai que c’est plus que tendu. Surtout si on fait face à des pitbulls surentraînés.
Le type – c’est pour ça que vous allez être aidés par un expert. D’ailleurs le voilà qui entre.
Orelsan – heu… salut les gens.
Weedy – c’est qui lui ?
Orelsan – en fait moi c’est orelsan. Vous m’avez pas reconnu sans doute parce que j’ai laissé pousser mes cheveux.
Kertra – et aussi parce qu’on sait pas qui t’es.
Weedy – en quoi il va nous aider dans la tête d’Housni ?
Le type – c’est un expert de tout ce qui est rêves et tout ça.
Orelsan – ah non pas du tout.
Le type – mais si. Les histoires de rêves imbriqués et de trucs complexes et cools c’est des trucs de geeks, et t’es le roi des geeks. En plus t’aimes les super héros, genre batman tout ça.
Orelsan – ouais mais je vois pas le rapport.
Le type – Batman a été réalisé par Christopher Nolan. Qui a aussi réalisé Inception.
Orelsan – …
Kertra – en fait vous avez juste appelé un type au hasard quoi.
Le type – possible, mais j’ai pas le temps d’en chercher un autre plus compétent, en plus j’ai déjà dépassé le budget.
Weedy – comment vous avez fait ? Parce que vous avez pas spécialement parlé de nous payer jusqu’ici.
Le type – Hé ho ! Vous avez vu où on est ? Le building ? La taille du bureau ? La fontaine à l’entrée ? C’est pas gratuit tout ça hein. Maintenant, partez, un hélico vous amènera à la cible.
Kertra – un hélico ? Mais rohff je sais où il crèche, c’est à deux rues d’ici.
Le type – écoutez, j’ai acheté un hélico juste pour l’occasion, alors faut quand même le rentabiliser un minimum.

Sur le chemin de chez Rohff. La Hous’House comme on dit dans le jargon.

Weedy – faudrait pas que ça nous prenne la journée non plus
Kertra – grave, on a notre dernier brako à préparer, j’espère que ce sera vite expédié cette histoire
Orelsan – ouais, j’ai pas envie de louper la rediff de Full metal alchemist.
Weedy – n’ouvre pas la bouche quand tu m’adresses la parole.
Kertra – moi je pense à un truc. Imagine que dans le rêve de Rohff où on va, à un moment, sans prévenir, tac ! On tombe sur un pitbull. Parce que le type a dit qu’on aurait pas à tuer de pit. Mais dans ce cas, est-ce qu’on doit…
Weedy – faut vraiment que t’arrêtes avec ça.
Orelsan – en tout cas il a bien changé Mickey Mouse, je trouve, surtout au niveau de la voix.
Kertra – …
Weedy – …

on the road again.

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