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DJ Weedim, Aketo & Sidi sid nous parlent de Petits Meurtres Entre Amis (vidéo)

Ma si, touyouls en compagnie dé TupakTV, yé souis allé voil ces yeunes qui font dé la musica
Pourquoi je parle comme ça, moi ?
Enfin bref, va là bas :

http://tupaktv.com/pmea/

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Shone

On a interviewé Shone avec TupakTV :

http://tupaktv.com/interview-shone/

Ça prépare un gros concert qui idéalement serait amené à n’être que le début d’une longue série de concerts
Ainsi qu’un projet/compilation mystérieux mais qui a l’air très enthousiasmant
Alors clique et va voir l’interview de ce rappeur qui a oublié d’être con et passif

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview – Vald (+ special guests qui passaient par là)

A un moment y’a Lino qui vient serrer des mains avant d’aller pisser, et à la fin y’a Tefa qui tape un peu l’incruste, mais on a rien dit parce que c’était chez lui.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 1

Interview : Genono (Captcha Mag) et Teobaldo (Le Blavog)
Photos : Mehdi MK ( TupakTV)
On a uni nos forces comme si on était possédé par l’esprit hip-hop.

Genono : Avant la promo autour de la sortie de NQNT, t’as fait très peu d’interviews. C’était par choix, ou parce que les intervieweurs avaient peur de te rencontrer ?

Vald : C’était un choix, jusqu’ici faire des interviews, ça n’avait pas vraiment d’intérêt. Quand tu sors uniquement des projets gratuits sur internet, t’as pas grand-chose à dire. Si c’est juste pour raconter ta vie, y’a aucun intérêt. Là on a quelque chose à défendre, donc on va parler un peu de nous.

Genono : Tes précédents projets, c’était histoire de faire monter un peu la sauce ?

Vald : Voila, l’idée était de se présenter un peu aux gens, parce que dire « je sais rapper », c’est bien beau, mais si t’as aucun projet …

Genono : Ce matin je lisais les commentaires sur le clip de Shoote un Ministre … J’ai l’impression que ton public de base ne s’y retrouve pas.

Vald : Mon public de base, c’est quoi ?

Genono : Globalement, les gens qui te suivent depuis le début. Je lis beaucoup de commentaires du type « c’est pas le Vald qu’on aime », on est à la limite du « Vald c’était mieux avant », alors que ta carrière a pas encore débuté. C’est un truc que t’as ressenti ?

Vald : C’est un peu comme le premier amour, quand tu le revois quelques années plus tard, bah … il a changé ! Moi je fais le son que j’aime, après, ils suivent ou pas, c’est pas grave. J’irai trouver d’autres gens pour m’écouter.

Genono : Sur les autres extraits, j’ai l’impression qu’il y a d’autres retours, et que ça correspond plus à ce que le public attendait.

Vald : C’est surtout au niveau des prods, je pense. Et puis, il y a une raison simple : sur mes anciens projets, je pouvais pas faire de dirty, parce que je savais pas mixer. Et comme c’est moi qui mixais mes projets, forcément … J’avais envie d’en faire, mais je ne savais pas le faire. Alors maintenant, j’arrive en studio, je me régale.

Genono : Jusqu’ici t’étais vraiment en mode « fait-maison » ?

Vald : Ah ouai, c’était artisanal mon frère ! Y’avait un fumet, t’entendais les portes claquer chez moi, t’entendais ma darone crier … il se passait quelque chose quoi ! Alors que maintenant c’est propre, c’est professionnel.

Genono : Je reviens sur Shoote un Ministre … Y’a pas eu trop de controverse au sujet de la quenelle devant l’assemblée. T’es pas déçu ?

Vald : Déçu, non … c’est logique, on fait pas de vues. C’est normal qu’il y ait pas de controverse.

Genono : Justement, ça aurait pu être le truc qui déclenche un peu la machine.

Vald : En tout cas, moi je l’ai pas fait pour ça. Je l’ai fait parce que ça me faisait rigoler. Après peut-être que de l’autre coté, les mecs étaient là à se dire « ouai, on va faire des vues avec ça » … j’en sais rien. Je pense que si on faisait un million de vues avec une quenelle, on en aurait entendu parler … Mais là, avec 100.000 vues, c’est de la rigolade.

Genono : Il se passe plein de choses dans tes clips, ça fourmille d’idées et de conneries. A quel point t’es impliqué là-dedans ?

Vald : Généralement, je rencontre le réalisateur, je propose des idées, et si on peut, on les met en place. Par exemple, pour Shoote un Ministre, j’avais des idées un peu farfelues, qui n’étaient pas réalisables avec le budget et le temps dont on disposait. Donc on s’est concerté, et c’est Tefa qui a eu l’idée : « et si on promenait un ministre mort sur un fauteuil roulant, c’est génial ! »

Mehdi (manager de Vald) : Enculé, c’est moi qui ai eu cette idée !

Vald : Ah c’était ton idée ? C’est vrai que j’ai tendance à considérer que c’est Tefa le génie, mais Mehdi a un meilleur vocabulaire.

Mehdi : Nan, il faut dire que tout vient de Vald !

Genono : Et donc tu disais qu’il y avait des idées que tu ne peux pas encore mettre en place, faute de budget ?

Vald : Ouai, comme les gamins. Ils ont des idées, ils ont envie de faire des films de fou, mais ils peuvent pas. J’en suis à ce stade. Bientôt, j’aurai le budget pour faire des clips hollywoodiens.

Genono : On espère, parce qu’il y a moyen de bien rigoler avec toi. Rien à voir, mais j’ai lu dans ton interview chez l’Abcdr que tu avais une culture rap très limitée. Elle s’est développée un peu, depuis ?

Vald : C’est vrai, j’ai vraiment une mauvaise culture. Disons que c’est une culture atrophiée. Mais je commence à faire des pompes et des tractions.

Genono : Ce manque de culture, tu vois plutôt ça comme un avantage, dans le sens où t’es pas formaté par ce que t’as écouté avant, ou plutôt comme un handicap ?

Vald : Je vois ça comme un fait, j’essaye de changer là-dessus, mais je sais pas si c’est un avantage ou un désavantage. Le bon coté, comme tu le dis, c’est que je fais les choses sans être influencé par ce qu’ont fait d’autres artistes avant moi. J’ai cru comprendre que ceux qui avaient écouté l’album de Lunatic à l’époque étaient traumatisés et voulaient absolument refaire du Lunatic. Moi je l’ai pas écouté, je sais pas ce qu’il se passe dans cet album ! Mais d’un autre coté, le fait de ne pas avoir de références n’est pas forcément un avantage. En fait, j’ai pas conscience de ce qui est bien ou mal, dans le rap.

Genono : Dans ce qui se fait aujourd’hui, t’écoutes quoi ?

Vald : J’aime beaucoup Young Thug, j’aime beaucoup Lil Wayne … j’ai une affection toute particulière pour Lil Wayne. Après, en français … j’ai du mal avec eux, parce que je comprends ce qu’ils disent. Mais par exemple, Kaaris, il me fascine ! Je le trouve trop marrant.

Genono : Mais musicalement, c’est des artistes qui t’inspirent ? Parce que ta musique ressemble pas à du Kaaris ou du Lil Wayne.

Vald : Je sais pas ce qui m’inspire. Si je dis que je m’inspire d’untel, ça veut dire que je vais essayer de faire la même musique que lui ?

Genono : Pas forcément, ça peut être dans le sens où tu vas juste te nourrir de ça, et en faire ta propre sauce. Ne serait-ce qu’au niveau des sonorités, tu peux avoir envie de tendre vers telle ou telle tendance.

Vald : Peut-être que je me nourris de ce que j’écoute sans trop m’en rendre compte, franchement j’en sais rien. J’ai du mal à comprendre le concept d’influence et d’inspiration. J’écoute des trucs … tu sais, des fois, quand j’écoute un morceau, j’ai envie de taper le rappeur. Peut-être que c’est de cette manière là que je m’inspire finalement, c’est une influence un peu malsaine. Je l’écoute, et j’ai juste envie de le mettre à l’amende, de le défoncer.

Genono : Ta connexion avec Rockin Squat sur L’undaground s’exprime chapitre 6, elle se fait comment ?

Vald : Qu’un rappeur avec des disques d’or et 20 ans de carrière m’appelle, j’ai trouvé ça beau. J’étais un rappeur de chambre, j’avais fait quelques mixtapes, mais personne me connaissait. Je sais même pas comment il m’a découvert … c’est une bonne personne, il m’a même invité à monter sur scène à la Cygale.

Lino, surgit de nulle part : Qu’est ce que c’est que ces interviews qui durent 70 heures ?

Vald : Laisse-nous bosser.

Lino : Je passe juste vous saluer avant d’aller pisser. C’est mieux avant qu’après, nan ?

S’en suivent quelques serrages de main, deux-trois vannes pas piquées des hannetons, puis Lino s’en va pisser et l’interview reprend son cours.

Genono : Tu fais beaucoup d’introspection dans tes textes. Est-ce que c’est un truc qui t’aide à te comprendre toi-même, à avancer, à la Soprano qui prend sa carrière pour une thérapie ?

Vald : Pas du tout. J’écris pas quand je suis triste. Si ça va pas, j’écris pas. Je me trouverais con de me trouver dans une situation alarmante et de me dire « oh putain, il faut que j’écrive un texte, il faut que j’explique ce qu’il m’arrive ! ». J’écris uniquement quand je suis content. Et j’ai même pas l’impression de faire de l’introspection, je trouve ça un peu surprenant.

Genono : Tu racontes quand même des trucs super personnels, même si c’est souvent fait avec humour.

Vald : Comme quand je parle de branlette ?

Teobaldo : Ca c’est intime plus que personnel.

Genono : Y’a des moments où tu te dis « ça c’est trop personnel, je vais le garder pour moi » ?

Vald : Ah oui, y’a beaucoup de choses que je dis pas, parce que je trouve que ça ne regarde que moi. Et puis surtout, ça n’apporte rien. Si ça apportait quelque chose de lâcher une phase très personnelle, en me disant que des gens vont se reconnaitre dans ce que je dis … Mais la plupart du temps, je parle pas de moi. C’est pour ça que ce coté introspection, je vois pas trop … Peut-être sur Journal Perso, ou des vieux morceaux ?

Genono : Même sur NQNT, y’a pas mal de phases super personnelles, même si c’est pas forcément à chaque fois le thème du morceau. C’est quelques phrases disséminées ci et là tout au long du projet, que je trouve très personnelles.

Vald : J’ai pas ce ressenti … mais pour revenir à ta première question, écrire ne m’aide pas du tout. Je ne règle rien avec la musique.

Teobaldo : Du coup, écrire ça t’apporte quoi ?

Vald : C‘est un sentiment d’accomplissement. Quand j’écris, j’ai l’impression que je fais quelque chose de ma vie … alors qu’en fait, nan. Je peux passer une nuit entière sur une seule phrase, en vrai je fais rien du tout, mais j’ai quand même l’impression d’avoir fait un truc. Quand je finis un morceau, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait quelque chose de concret, de pas être resté là à attendre que le temps passe, comme un branleur. Alors quand le morceau est validé au studio, j’en peux plus, je l’écoute vingt fois d’affilée, je me dis « ouaah, je suis louuurd », alors que pas du tout, je brasse pas un sou.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 2

Genono : Aujourd’hui t’es rappeur à plein-temps ?

Vald : Plus ou moins …

Genono : T’as prévu un plan B, au cas où ça ne marche pas comme prévu ?

Vald : Bah oui, justement, parce que je viens de me rendre compte de l’économie du rap et … c’est pas flamboyant (rires).

Genono : Y’a pas lontemps t’as publié sur les réseaux sociaux « 5 bonnes raisons de ne pas acheter NQNT » …

Mehdi (manager) : Une idée de génie !

Genono : T’annonces « aucun tube ne sera joué en radio ». Ils font pas trop la gueule chez Barclay ?

Vald : Nan, pas du tout. J’ai pas tellement de contacts avec eux en fait.

Genono : Ils t’ont juste commandé un album, façon « ponds ce que tu veux » ?

Vald : Voila, on leur a donné un album, on a dit « si vous aimez, vous prenez, vous donnez de l’argent, et vous distribuez ».

Genono : Et t’as eu des retours ?

Vald : Ils en sont très contents. Ils me trouvent très particulier, avec un univers … ça fait plaisir.

Genono : Parmi les 5 bonnes raisons, tu dis aussi « pas d’autotune dans le projet ». C’est un truc que t’aimes pas ?

Vald : Au contraire, c’est un truc que j’adore, mais que je contrôle pas encore.

Genono : Donc ça va venir ?

Vald : Ah ça, dès que je sais l’utiliser, vous allez en chier ! Prends garde à toi, Jul ! (rires) J’ai aucune censure là-dessus, dès que je sais le faire, c’est partit !

Genono : T’as l’air plutôt à l’aise sur scène, c’est un truc que tu travailles à l’avance, où t’y vas vraiment en mode freestyle ?

Vald : Ouai, jusqu’ici c’était très freestyle, mais le public est super réactif, sans trop que je sache pourquoi. Bien souvent, il est juste content de voir « son » artiste, donc il fait la fête même si tu pues la merde sur scène. Après, on a essayé de travailler un peu le truc, c’est plus cadré, un peu moins bordélique, même si y’aura toujours une part de bordel. A terme, je pense que ça va devenir très professionnel, l’idée c’est que ça devienne un vrai spectacle. Je pense qu’il nous faut juste des séances en studio pour développer ça … et les séances, faut les payer ! Mais là j’ai l’impression qu’on a trouvé un format qui fonctionne bien, ça fait 6 ou 7 dates que je sens qu’on a quelque chose de professionnel.

Genono : Ce coté trop carré, t’as pas peur que ça déplaise à un certain public, qui aime justement le Vald un peu à l’arrache ?

Vald : Ca peut être à l’arrache … mais carré en même temps. J’ai déjà fait des scènes vraiment à l’arrache, et c’était vraiment trop à l’arrache, tellement à l’arrache que le public n’y comprend plus rien. Donc oui, y’aura toujours une ambiance « fait-maison », un petit fumet, mais le temps est à la professionnalisation.

Genono : La piste 5 de NQNT s’appelle Sullyvan. En écoutant le morceau, j’ai l’impression que ce personnage est une sorte d’alter-égo démoniaque de Vald. J’ai bien compris le concept ?

Vald : Ouai, c’est à peu près ça. C’est partit d’une rime que j’ai fait dans un vieux morceau, avec le nom de Sullyvan, et j’ai développé un peu ça. Mais j’ai pas du tout le complexe du schizophrène, avec une partie sombre qui se dévoile sous un alias. Sur ce morceau, c’est vrai que la prod s’y prêtait bien, j’ai poussé un peu dans cette direction … mais en fait nan (rires). Ca m’a surtout permis de faire un égotrip un peu particulier, de parler de ce personnage comme d’une légende, un mythe.

Genono : C’est un truc qui peut revenir dans les prochains projets, ma suite des aventures de Sullyvan ?

Vald : Ouai, je vais le décliner, c’est certain. Et puis ça nous fait un super morceau pour entrer sur scène, c’est génial.

Genono : Piste 8 (« Horrible »), tu dis « suffit d’une vidéo de Soral pour que l’audimat du JT chute ». Tu penses quoi de ce mec ?

Vald : Je pense qu’il a une grande écoute. Je l’ai beaucoup écouté, maintenant j’ai décroché. Je prends plus rien à cœur, j’en ai plus rien à foutre de quoi que ce soit. Je sais qu’il a beaucoup d’audimat, et qu’il est plus proche de la réalité que les journaux télévisés. C’est moins déformé, et ça a plus d’impact. Lui aussi, il bosse à la maison, il est sur son canapé, il fait ses vidéos … Et je sais que si t’écoutes Soral, t’écoutes pas le JT. Ca n’a pas de sens, d’écouter les deux, ou en tout cas, de croire les deux.

Genono : Dans le même morceau, tu dis « personne m’a donné la foi, je suis lassé de croire en rien ». Quel est ton rapport à la religion ?

Vald : J’aimerais avoir la foi ! Mais je crois en rien, je suis pas dedans. Et j’aimerais bien, parce que je ressens une sérénité chez les gens pieux, c’est quelque chose que j’ai pas. Mais j’ai réussi à trouver la sérénité ailleurs, donc je m’en sors pas trop mal.

Genono : La foi, c’est donc quelque chose que tu recherches ? Ou tu te dis juste « si ça vient, ça vient » ..?

Vald : Voila, je me dis que si un jour je tombe dedans, ce sera super. Sinon, tant pis.

Teobaldo : C’est juste une question de sérénité, d’équilibre ?

Vald : C’est vraiment … un bien-être que je ressens chez les gens qui ont la foi. Mais ceux qui l’ont vraiment, pas les frères muz 2.0. Les vrais frères muz, ils ont sont apaisés, c’est magnifique.

Teobaldo : On sent que t’as développé une grosse réflexion là-dessus.

Vald : Ca me touche personnellement en fait, parce que mon frère est devenu musulman. Je trouve ça beau. Moi, j’arrive à vivre sans, mais si un jour ça vient … incha Allah !

Genono : Ensuite, piste 9, « Aulnay-sous-bois », qui est très critique envers la mentalité de quartier et l’apologie de la rue. Tu sentais le besoin de faire ce morceau ?

Vald : Ouai, c’était vraiment un besoin, parce que personne n’en voulait de ce morceau ! (rires) Je trouvais intéressant de proposer cette vision des choses, j’ai pas l’impression d’avoir déjà entendu un morceau comme celui-là … après j’ai une culture de merde, donc il a peut-être déjà été fait. Je trouvais ça marrant qu’un blanc qui vienne du 93 parle de la cité de cette manière.

Teobaldo : T’as pas peur de te mettre des gens à dos ?

Vald : Je connais personne, donc je peux me mettre personne à dos ! (rires) Après, je dis pas que la street c’est mal … mais revendiquer le fait d’être un mec de tiekar, ça pue la merde. Je vous chie dessus ! Attends, que je me fasse pas mal comprendre, c’est pas parce que t’habites dans un tiekar que je te chie dessus …

Genono : Si si, on va marquer ça. On va faire du buzz, on va titrer « Vald chie sur les mecs de tiekar ».

Vald : Nan, ce que je veux dire, c’est que je te chie dessus si t’es un mec de tiekar et que tu vis là-dessus. Et j’en connais plein, des mecs qui te disent « ouai, moi je suis un mec de quartier, je vais rien faire de ma vie, je vais rester en bas » …

Teobaldo : Pas de vacances pour les vrais gars.

Vald : T’as tout dit.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 3

Genono : T’as quel attente sur la sortie de NQNT ?

Vald : Par rapport aux ventes ? J’en ai aucune idée. J’aimerais bien impressionner les gens de maisons de disques, pour qu’ils me sortent en physique, ces fils de lâches.

Genono : Ah mais il sort pas du tout en physique ?

Vald : Nan, parce qu’ils ont pas confiance en nos chiffres, ces crevards ! Ca me fout un cafard de ouf. Mais j’ai confiance, j’ai l’impression que mon public est deter, qu’il croit en moi.

Teobaldo : Du coup tu vises pas un chiffre précis …

Vald : Nan, je vise juste de pouvoir vivre de ma musique. Tant que j’en vis, les chiffres m’intéressent pas.

Tefa (qui est là aussi, parce que c’est la fête du slip) : Ca dépend comment tu veux vivre.

Vald : Je veux juste vivre, poto ! Je veux partir de chez mes parents, je veux pouvoir payer un loyer et des factures.

Teobaldo : Du coup, tu penses que tout buzz est bon à prendre ?

Vald : Nan, y’a aussi des mauvais buzz. Y’a des buzz desquels tu te relèves pas, y’en a certains qui ne s’en sont jamais remis. Je vais pas citer de noms, on va pas leur faire de la mauvaise pub, mais tu les connais.

Genono : Question « à la Spleenter » : est-ce qu’en tant que rappeur blanc, tu pourrais raconter que tu te faisais racketer au collège, comme Orelsan ?

Vald : Le raconter ? Je sais pas … peut-être le dire en une phrase, mais un morceau complet dessus … c’est dur.

Genono : Bah il en a fait … je vais pas dire une carrière, mais presque.

Vald : Nan, je peux pas capitaliser sur le fait d’être une victime, ça m’intéresse pas. Je peux pas écouter un morceau dont le message serait « je suis une victime ». Meme sans le dire ouvertement, mais y’a des sons, les mecs font que se plaindre de la première à la dernière mesure. Frère, relève la tête, car un jour tout s’arrête.

Moment de flottement dans le studio, tant tout le monde est subjugué par la dernière phrase de Vald.

Teobaldo : C’est pour ça, l’humour ? Aborder des sujets sérieux différemment, que les gens se fassent pas chier …

Vald : Voila, et faut se détendre, le ridicule n’a jamais tué personne.

Genono : Les comparaisons avec Orelsan, c’est un truc qui doit te casser les couilles nan ?

Vald : Oui, forcément, mais si ça vous donne une porte d’entrée, prenez-la. C’est toujours mieux qu’on m’écoute en se disant « c’est un peu comme du Orelsan », plutôt qu’on m’écoute pas. Mais j’ai jamais fait du Orelsan, donc j’ai même pas l’impression de devoir m’en détacher. J’ai un phrasé particulier qu’il n’a pas, et il a un phrasé particulier que je n’ai pas.

Teobaldo : Donc t’as déjà écouté ce qu’il fait ?

Vald : Ah oui, bien sur. Tout ce qui se fait, depuis que j’ai commencé à rapper, j’écoute, je me mets à jour. Le rap, c’est une bataille, donc si je sais pas ce que les autres font, c’est chaud.

Genono : Tu pourrais t’autoproclamer Professeur Punchline comme Seth Gueko ?

Vald : Je fais pas de punchlines, moi. Je déteste le mot « punchline ». Déjà, je déteste les anglicismes. On a une langue tellement riche, tellement belle, utiliser des anglicismes c’est dommage. Et le terme « punchline » … c’est nul, complètement nul. Je fais pas de punchline, je fais du sentiment. J’ai l’impression de développer vraiment un ressenti, pas juste de faire de la phrase. C’est difficile de prendre une phase de mon texte, et de la sortir comme ça.

Genono : C’est aussi du à ton écriture qui est très dense, pas mal basée sur la technique avec des assonances, des multisyllabiques dans tous les sens, des mots qui s’entrechoquent. C’est quelque chose que tu recherches particulièrement ou c’est quelque chose qui te vient naturellement ?

Vald : Ca me vient naturellement, c’est de la performance, et c’est ce qui va me faire écouter ou non un rappeur. Si un rappeur rime mal, je l’écoute pas. Les rimes trop simples, ça m’énerve. Y’a plein de mots dans la langue française, sers-toi-en. Maintenant j’y fais peut-être un peu moins attention, mais j’ai longtemps eu l’impression que c’était une obligation. C’est une question un peu complexe, mais pour moi c’est un devoir. Si t’es rappeur et que tu rimes pas … c’est la misère, gros. Fais autre chose.

Genono : Si tu devais imaginer ta reconversion après le rap, ce serait quoi ? Je te verrais bien au cinéma.

Vald : Ouai, le cinéma ça me plairait bien. J’attends qu’on vienne me contacter, je fais des petits appels subliminaux avec mes vidéos, mais ça marche pas (rires). Et puis, j’ai l’impression que ça paye mieux. Sinon, j’aimerais bien me reconvertir dans la production, prendre des petits rappeurs, leur transmettre mon savoir, mon expérience, et les orienter. Mais il faut de l’oseille.

Mehdi (le manager) : Tefa peut t’expliquer comment ça fonctionne !

Tefa : Bah c’est comme la politique : faut être un enculé.

Vald : J’aime bien aussi le montage vidéo, même si j’ai un niveau de merde. Ca me passionne.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 4

Teobaldo : Le clip de Toutatis, déguisé en flic, qui a eu l’idée ?

Vald : C’est une idée à moi, que j’ai trouvé vraiment super, et j’ai forcé tout le monde à la faire. A la base, je voulais faire un vrai truc de bad cop, avec un keuf crapuleux, ripoux … et au final, on s’est retrouvé en îlotiers super ringards. Mais j’aime bien, c’est drôle, ça a un côté sketch, et puis ça nous fait 3 clips bien construits, qui sont très différents mais qui gardent quand même une certaine ligne directrice.

Teobaldo : J’ai l’impression que pour chaque clip tu vas un peu plus loin. Le prochain tu nous fais quoi, la guerre des étoiles ?

Vald : Le prochain … c’est une surprise. Il sera pas cher, mais drôle.

Teobaldo : Tu commences à monter, à avoir une petite notoriété, y’a forcément un moment où un mec va vouloir te clasher. Comment tu penses réagir ?

Vald : Ca dépend de la notoriété du bonhomme. S’il est en dessous de moi, j’en ai rien à foutre, parce qu’il va rien m’apporter, je vais juste lui donner du buzz. Par contre si c’est un mec qui est au-dessus, et qu’il m’attaque … je vais le ruiner, l’enculer comme un chien, je vais pas le lâcher. Je vais voir l’ouverture et … oh putain, je vais l’enculer.

Teobaldo : T’es prêt pour la guerre.

Vald : Attaquez-moi, je vous en supplie ! Mais faut souligner que ça reste de la musique, je peux clasher le mec et lui serrer la main en studio le lendemain. Après, pour qu’un mec avec plus de notoriété que moi m’attaque, faudrait qu’il soit vraiment con.

Teobaldo : Bah y’a des cons dans le rap français, c’est pas le problème.

Tefa : Nan, y’a pas de cons, c’est pas vrai. C’est qu’une rumeur (rires).

Teobaldo : Est-ce que tu serais prêt à faire de la taule pour gagner en street-crédibilité ?

Vald : Je résisterais pas en taule … faudrait que je tue un violeur pour être respecté là-bas. Mais sinon, je suis un petit blanc, t’as vu mon gabarit ? Je suis dans la merde. Je vais m’en prendre plein la gueule !

Genono : Et pas que la gueule …

Vald : Et pas que la gueule !

Mehdi : Du coup après, tu feras peut-être du rap de victime.

Teobaldo : Est-ce que tu penses pas que tu vendrais plus en faisant du rap de victime ?

Vald : Pas sûr. Ce qui marche, c’est la sincérité. Si on croit en ce que je fais, les gens vont se sentir impliqués. Si je deviens la copie d’une copie, ça va intéresser personne. Faut juste être sincère et spontané.

Genono : Niveau connexions, tu fais pas énormément de featurings, ou en tout cas pas avec des rappeurs très côtés. T’es comme Niro, t’aimes pas te mélanger ?

Vald : Pour faire des feats avec des gens côtés, faudrait que j’aime ce qu’ils font, faudrait que je les contacte, ça me met un peu dans une position bizarre, j’aime pas trop ça. Je préfère faire des feats avec des gens que je connais, que j’aime, et avec qui il n’y a pas de calcul. En fait, y’a personne qui m’attire.

Teobaldo : Le rap français t’intéresse vraiment pas ?

Vald : Ah si, y’a vraiment des artistes que je kiffe, que je survalide. Un mec comme Katana, je suis comme un fou dessus, je l’écoute, j’en peux plus. Y’a aussi un gars de la clique de Kaaris, il s’appelle Solo le Mythe, il est trop fort. Y’en a beaucoup, j’aime bien aussi Docteur Bérize … Hornet La Frappe, il tue sa mère !

Genono : Bah justement, ces gens-là, ça t’intéresse pas d’aller les chercher et de rapper avec eux ?

Vald : Ca peut m’intéresser, mais je sais pas spécialement comment m’y prendre … Et puis je pense qu’un feat, ça se fait en fin de projet. Mon prochain projet, quand il sera fini aux trois quarts, je me dirai peut-être « tiens, il me faut un feat » … J’y penserai à ce moment-là. Et puis, ça va me mettre dans une démarche où je serai obligé d’écrire, et je déteste être obligé d’écrire. Ca me frustre.

Teobaldo : Pourtant t’as l’air productif.

Vald : Je suis productif, mais je suis capricieux. Et si j’appelle quelqu’un, je vais être obligé d’écrire, sinon il va me dire « tu m’appelles pour rien, enculé ! ». J’ai jamais de morceau où j’écris un couplet et ensuite je me dis « tiens, untel sur le deuxième couplet, ça passerait bien ». Déjà, j’ai très peu de chutes de morceaux, et puis … je m’aime trop, je crois. A chaque fois je trouve que mon morceau vaut la peine que j’aille au bout tout seul.

Teobaldo : Y’a des gens que t’aimes bien mais avec qui tu penses que musicalement, ça ne fonctionnerait pas ?

Tefa : Swaggman ?

Vald : Nan, Swaggman ça tuerait sa mère, t’es fou ! Par exemple Maitre Gims, je trouve qu’il est super fort, mais je le vois pas faire un refrain et moi lâcher un couplet derrière. Mais j’aime beaucoup de gens hein, même si vous avez l’air de penser le contraire.

Genono : NQNT, tu comptes le défendre sur une tournée ?

Vald : Je sais pas ce qu’on appelle une tournée. En tout cas on a plein de dates, dans toute la France, plus de trente jusqu’à l’été prochain.

Genono : On peut donc appeler ça une tournée.

Vald : Ouai, mais je les connais mes dates, on va pas se mentir les frères. Y’a des salles de quelques centaines de personnes …

Mehdi : Bah on voulait faire la tournée des Zéniths, mais il a que 20000 fans sur Facebook, c’est chaud.

Vald : Après, je sais pas si on peut dire que je vais « défendre » l’EP pendant cette tournée, mais c’est clair que c’est un excellent prétexte pour monter sur scène.

Mehdi : En langage professionnel, ça s’appelle bien « faire une tournée » et « défendre un projet » (rires).

Vald : Ouai, mais j’ai pas l’impression de défendre quoi que ce soit. Quand je monte sur scène, les gens connaissent déjà les morceaux, je leur donne juste ce qu’ils veulent.

Teobaldo : Le fait d’être entouré, avec des gens qui s’occupent de la production, d’autres de la logistique … ça t’enlève un poids ?

Vald : Ca m’enlève un poids, mais d’un autre côté, je dois toujours leur courir après (rires). Maintenant, je délègue, c’est un autre type de poids, mais au final ça m’avance pas beaucoup.

Genono : Pour conclure, les prochains projets, tu bosses déjà dessus ?

Vald : Ouai, je suis en avance. Les morceaux que vous écoutez en ce moment, ça fait déjà un an que je me branle dessus. La suite arrive.

Genono : Bon, bah on a fait le tour.

Vald : Merci les frères, c’était cool, j’ai bien aimé cette interview. De toutes celles que j’ai fait, c’était la plus dynamique.

Tefa : T’oublieras pas de couper toutes les questions où il dit qu’il est antisémite, homophobe, et encarté au FN.

NQNT dans les bacs le 28 Octobre. Et le produit est très bon, alors faites pas les lâches et mettez un petit billet dessus (ndTeo : ceci est un message de Génono. Moi j’ai pas encore écouté le CD =/)

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The Black Desperado Rises #TBDR

Si on fait le bilan de la dernière saison rap Frinçais, on constate un étrange fait (en fait on en constate 30 000 mais comme d’hab).
Oxmo Puccino serait revenu dans le rap. Trés furtivement, telle une ombre. Pour beaucoup, ce n’est qu’une légende urbaine. Il n’y aurait aucune preuve que le Black desperado ait remis les gants. Mais pourtant, c’est une certitude pour d’autres, le Black Desperado serait de retour. Comment et pourquoi ? Le Blavog n’en sait foutre rien (mais alors vraiment, que dalle), mais vu que c’est l’occasion de faire une parodie stupide, on va quand même tout vous raconter.

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Devant un pavillon trés laid (c’est pas qu’il fasse délabré mais le goût en architecture est très douteux), Grodash des Hall frappe à la porte. Qui s’ouvre. Sur le pas de la porte, on retrouve Le Célèbre Bauza.
Grodash -Je suis venu voir Oxmo Puccino. COUSIN !
Bauza -Je suis désolé, monsieur Puccino ne prends pas de rendez vous imprévu. Même si c’est venant d’un type qui porte des lunettes de soleil en plein jour.
Grodash -Et ta non carrière totale, c’était prévu ça ?
(Alors là vous allez dire que c’est gratuit d’afficher ce pauvre Célèbre Bauza comme ça alors qu’il rappe même plus ou si peu. Mais je vous dirai que c’est pour que son blase ne tombe pas dans l’oubli, bande de petits ingrats)


–On retrouve Grodash assis sur un canapé très moche dans un salon imonde. Un gros type mal réveillé le rejoint alors dans la pièce.
Oxmo -Bonjour, jeune intrépide.
Grodash -Je suis venu pour le feat.
Oxmo -…
Grodash -J’ai besoin de toi. J’ai besoin du Black Desperado.
Oxmo -T’as de l’espoir.
Grodash -On s’est déjà rencontré. En 98. devant les locaux de Skyrock. On était venu avec des potes. Et c’est là que tu es apparu. Sortant de la radio avec un cigare au bec, un stylo plume avec une mine de cristle et un chapeau de mafieux. On a tellement kiffé ! Oxmo Puccino ? De Pucc Fiction ? De Opera Puccino ? On se faisait des films avec les potes ! Des films entre potes… C’est tout ce que c’était… Mais moi je savais que c’était possible. Alors je t’ai demandé un feat et tu m’as donné ta parole.
Oxmo -C’était il y a jadis et naguère, ça. Je fait de la variété, maintenant, moi, mon petit monsieur. Je ne suis plus rappeur… Ça fait des années…
Grodash -J’ai suivi ton parcours depuis ton tournant variet. On te regardait dans les émissions de merde, style Ruquier. Les potes, ils se foutaient bien de ta gueule, mon gros. Mais moi j’ai vu ton regard. Ce regard que je m’entraine à faire chez moi, devant mon miroir. Faire croire au mec qui t’interviewe qu’il te pose des bonnes questions. Mais au fond, tu étais vraiment saoulé. Car tu es un rappeur ! Un vrai rappeur ! Et comme tous les rappeurs, tu détestes les interviews que tu fais à la télé.
Oxmo -…
Grodash -Tu es le Black Desperado. Tu dois remettre ton masque. COUSIN.
Oxmo -…
Grodash -Trés bien. Je m’en vais.
Oxmo -Attends. Pourquoi as tu dis que tu me regardais au passé ? Tu ne me regardes plus à la télé, maintenant ?
Grodash -Tu devrais prendre un peu l’air, te rafraichir les idées et faire gaffe aux détails. Tu réaliserais que tu ne passes déjà presque plus du tout à la télé. Malgré toutes tes tentatives lamentables d’infiltrer durablement la scène Française.
(Grodash s’en va. Laissant Oxmo Puccino. Seul. Perplexe)

Oxmo -Black Bernardo ! Ici mon fidèle copain.
Bauza -Ça te reprend ces conneries ? Faut arrêter de m’appeler comme ça.
Oxmo -Est-ce que c’est vrai que j’ai pas fait tant de télé que ça pour la promo de Roi sans carrosse ?
Bauza -Qu’est-ce que j’en sais ? Y a rien eu de marquant, en tout cas. Mais comme j’en ai plus rien à foutre, j’ai pu rater quelque chose.
Oxmo -Et mes ventes ?
Bauza -C’est pas fantastique.
Oxmo -Impossible, j’ai gagné une victoire de la musique avec cet album.
Bauza -Une victoire de la musique urbaine, oui. Autrement dit, tout le monde s’en contre branle sur la table basse.
Oxmo -Ah bah merde, non. Je suis sensé être un poète qui restera dans les têtes. Et là tout le monde m’oublie ?
Bauza -Il te faut remettre le masque.
Oxmo -Non, je ne peux plus être le Black Desperado. Je dois rester ce poête élégant. C’est comme ça que je ferai de grosses ventes. Comme avant la crise.
Bauza -C’est le déni, ça.
Oxmo -Que nenni, c’est toi le déni.
Bauza -Et si je te disais que tes ventes t’avaient écrit un mot avant de partir ? Un mot dans lequel elles te disaient qu’elles ne reviendraient plus ? Et si je te disais que j’avais brûlé ce mot, pour ne pas te faire de peine…
Oxmo -Nooooon !!! Je vais avoir la réaction d’orgueil la plus constructive et intéressante qui soit : je vais bouder dans ma chamb… Mon repère secret.

Je vois... Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec...

Je vois… Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec…

Oxmo s’enferme alors dans sa cave où il joue avec des vieux posters de lui comme si c’était des figurines. La nostalgie plein son petit coeur.
C’est alors que, sorti de sous terre et en moto, apparait Ol Kainry avec un masque de Luchador sur la figure et une redingote de bucheron.
Oxmo -Ça c’est de l’entrée.
Ol kainry -Ne te demande pas qui je suis. ne te demande pas qui est ce nègre en selle, ce qui importe c’est notre but.
Oxmo -Tu es Ol Kainry… On te reconnait facilement. Mais qu’est-ce que c’est que ce masque ?
Ol Kainry -Un masque au max de la masquance.
Oxmo -Qu’est-ce qui se passe si je l’enlève ?
Ol Kainry -Ça ferait mal.
Oxmo -Comment ça se fait ?
Ol Kainry –J’ai des bails de cheveux coincés dans la zippette, derrière.
Oxmo -Aouch. ah ouais, t’es un gros dur, toi.
Ol Kainry -Pour quelqu’un comme toi, oui.
Oxmo -Et qu’est-ce qui te prend d’arriver en dévastant mon joli carelage saumon de chez point P, jeune vandal ?
Ol Kainry -J’ai appris que tu allais te remettre au bail de rap…
Oxmo -Oui, je l’avais promis à ce jeune qui n’en veut et qui a un nom de lessive. J’ai réussi à reculer l’échéance pendant 16ans mais là je crois qu’il commence à se rendre compte que je le prends pour un con.
Ol Kainry -Si le Black Desperado refait surface, alors il devra rapper pour moi, d’abord. Sur un morceau avec une tite-pe au refrain. Et ensuite tu auras ma permission pour poser sur l’album de Grodash.

Tu n'as pas ma permission de faire caca

Tu n’as pas ma permission de faire caca

Oxmo -Mais où est l’intérêt de me faire à nouveau rapper si c’est pour qu’une inconnue chante très mal au refrain ? Je peux le faire moi même.
Ol Kainry (Il met sa main sur l’épaule d’Oxmo)-Est-ce que tu te sens aux bails de commandes ?
Oxmo -On peut savoir ce que tu fais avec ta main bourrue, petit homme étrange et tout en muscles ?
Ol Kainry -Je te demandes si tu te sens au max de la maxance ?
Oxmo -Et bien…
Ol Kainry -FAUX !!!! C’est moi qui dit qui qui fait quoi et toi tu vas rapper sur mon album et y aura une meuf au refrain !
Oxmo -T’énerve pas. Moi, tu sais, au point où j’en suis, j’en ai plus rien à cirer de que dalle. Les albums dégueulasses plein de trucs sirupeux, j’en ai fait. C’était pour toi que je disais ça. Sur un album d’Ol Kainry, les gens veulent juste que ça rappe. C’est pas Facteur X 3 ou je ne sais quelle horreur.
Ol Kainry -« On demande juste que ça rappe ! Rappe ! Rappe ! Rappe ! » Hey mais c’est pas mal ça ! Ça ça ferait vraiment un bon refrain !
Oxmo -Tu vois !
Ol Kainry -Ce sera parfait pour mon album avec Dany Dan.
Oxmo -Mais pourquoi sur l’album avec Dany Dan ?
Ol Kainry -Parce qu’il faudra bien que je revienne pour ma fan base après les avoir déçu avec « Dyfrey ».
Oxmo -Non mais je veux dire pourquoi pas sur notre duo à nous ? Ce serait pas mal.
Ol Kainry -Je veux pas que ce soit pas mal.
Oxmo -Tu veux que ce soit mal, donc ?
Ol Kainry -Un mal nécessaire.
Oxmo -Mais dans quel but ?
Ol Kainry -L’embrasement arrive.
Oxmo -OK… Cinglé… Et c’est moi qui dit ça…

Ol Kainry -Comme ça je reviens avec des bails de morceaux single pour plaire au plus grand nombre.
Oxmo -Je ne doute pas que ta stratégie sera vraiment payante, mon bon ami, mon comparse, mon complice. Mais si tu veux faire un truc grand public, pourquoi ne pas faire un son acoustique avec des musiciens de jazz ?
Ol Kainry -Ah ! Le bail théâtral ? Les bails de la tromperie. Toujours très impressionnant pour les bougs qui connaissent que dalle au rap. Mais on s’y connait en rap, nous, n’est-ce pas mon boug Oxmo ? On a appris au sein de la rue !
Oxmo -Oh moi, tu sais, la rue…
Ol Kainry -Je sais, mon boug Oxmo. Tu as peut être adopté le rap. Moi, je suis né dans les bails de rap. Modelé par les bails de rap. Je n’ai écouté de la variété qu’une fois à l’âge adulte. Et pour moi ce n’est rien d’autre qu’assourdissant !
Oxmo -Bah alors pourquoi ramener des chanteuses à tour de bras ? C’est pas comme si tu connaissais Olivia Ruiz, en plus.
Ol Kainry -Pour embraser les ventes ! Ventes rises !
Oxmo -C’est pas gagné, vu ta façon d’envisager le chant dans un morceau rap.
Ol Kainry -Bail de point d’interrogation, là ?
Oxmo -Tu amènes tes parties chantées comme les mauvais singles d’il y a 10 ans, mais c’est fini Factor X, mon bon. En plus, ton public est très rap. Ça lui fera très plaisir de me revoir en mode MC, tu es bien cruel de gâcher leur joie, ainsi. Eux qui voulaient me révérer en toute quiétude.
Ol Kainry -C’est pour ça que je sors mon album avec Dany Dan dans la foulée.
Oxmo -Tu veux dire qu’il n’y aura pas de feats de merde dessus ?
Ol Kainry -Ah bah si, pourquoi ?
Oxmo -…

Comme Oxmo en avait marre de tous ces gens fous du 91, il retourne alors les chiffres de 91 et retourne ainsi dans le 19, de ce fait.
Un peu comme Batman qui retourne à Wayne Corp. Sauf que lui il retourne vers Danube et croise un autre rappeur du coin.

Oxmo -Il me faudrait de nouveaux gadgets.
Abis -Euh… Ouais… Pourquoi tu me dis ça à moi ?
Oxmo -Parce que je reprends les affaires. Donc je retourne dans mon fief. Un peu comme Bruce Wayne dans TDKR. T’as pas lu le début du billet ?
Abis -Mais c’est moi qui fait Morgan Freeman dans ta version ? Je suis plus jeune que toi…
Oxmo -Et t’es pas noir non plus, mais on fera avec.
Abis -La couleur c’est pas grave. Le sang est le même pour tous, appelle moi Rachid Sissoko. Mais en vrai c’est moi qui devrait faire Batman.
Oxmo -Comment ça ? Tes paroles sont houleuses, mon jeune ami.
Abis -Bah je suis l’homme du bâtiment, l’homme du bât. Bâtman ! Sous ma cape, je visser des gothiques.
Oxmo -Pas mal. Pas mal… t’es sûrement encore un mec qui va me demander un feat, je le vois venir.
Abis -En fait, je t’ai déjà demandé y a quelques années.
Oxmo -Alors ma réponse sera la même !
Abis -Alors ça tombe bien parce que t’avais dis oui. Par contre tu l’as jamais fait après…
Oxmo -Putain, faut que j’arrête de faire ça. Ça ressemble toujours à une bonne solution sur le coup mais après ça me revient dans la gueule.

Abis -Mais c’est cool que tu reviennes aux affaires. Comme ça tu peux poser sur mon album comme prévu à la base.
Oxmo -Il faut que je vérifie si tu mérites un feat avec moi.
Abis -Tu veux test ?
Oxmo -De fait, je vais te tester. Dis moi, mon petit bonhomme, comment comprends tu cette phase ; « Les gens ivres de bonheur rêvent de revolver » ?
Abis -J’sais pas. Les gens heureux, au fond d’eux dépriment et veulent se supprimer. Ou bien alors que les seuls heureux sont ceux adeptes des armes. Les vendeurs, les trafiquants ou plus simplement ceux qui aiment la guerre.
Oxmo -Tu as vu tout ça dans ma phrase ?
Abis -Oui, pourquoi pas. Tu pensais à quoi, toi ?
Oxmo -Euh… Oui… C’est exactement ce que je voulais dire et même bien plus encore.
Abis -C’est ça le 19ème : c’est la rue avec la plume.
Oxmo -C’est beau ce que tu dis.

Mmmmmmmmmmmmmmm !MMMMMMMMMMMM !MMMMMMMMMMMMM!
Roi sans carrosse sur le périph !!!

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Classé dans cinoche, complots, Parodie

Interview NKLM

En attendant la rentrée officielle du Blavog dans vos m*** (ce qui ne saurait tarder vous qu’Octobre pointe le bout de son zgueg)

Notre bon vieux Teobaldo est parti avec son sac à dos pour TupakTV, à la recherche de personnes aux compétences indéniables, et voici qu’il nous livre donc l’interview du collectif NiKLesMouths (NKLM), un groupe de beatmakers du 91 qui a déjà produit pour Zesau, Juicy P, Hype & Sazamyzy, Zekwe Ramos, Alkpote, Moon’A, Butter Bullet ainsi que tout un tas d’autres gens recommandables comme ça.
Vous allez voir dans cet interview que, comme ils le disent eux même « Les beatmakers ont autant de choses à dire que les rappeurs ».
Et le montage a été assuré par Mehdi Mohatou, le fils caché de Serge Moati.

http://tupaktv.com/interviewtupaktv-collectif-nklm-face-camera-video/

Donc allez-y, cliquez, ça vous fera pas mal au cul.
De toute façon, c’est une interview de moi, donc automatiquement je parle à des gens intéressants (Je serai pas allé là bas, sinon, réfléchis) et donc c’est bien.

et puis partagez aussi, il parait que c’est ça le hip hop, c’est le partage (moi j’aurais plutôt dit que ça s’appelle l’éducation mais à priori c’est ça aussi le hip hop)

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Interview : MC Jean Gab1 (tin tin tin)

Genono : Ton bouquin est présenté comme une « autofiction ». Quelle est la différence avec une autobiographie ?

Gab1 : On m’a conseillé de ne jamais dire que c’est autobiographique. J’ai compris cette subtilité quand j’écrivais ma 4e page. Il vaut mieux que ce soit auto-fictif, ou je ne sais quoi, plutôt que je dise « c’est autobiographique », parce qu’il y a ce qu’on appelle de nos jours la prescription. Et si c’est romancé, c’est romancé ! On m’a dit « est-ce que c’est la vérité ? », j’ai répondu « y’a prescription, c’est toi qui vois ! » (rires)

Je suis pas fou, y’a assez d’exemples comme ça. Les ricains l’ont fait avant moi, y’en a pas mal qui sont au trou à cause de leurs bouquins. Je suis pas trop con, je suis stupide, mais pas tant que ça.

Genono : T’as passé combien de temps à l’écrire ?

Gab1 : C’est le problème de l’écriture. Pour faire bien, je devrais te dire « j’y ai passé 19 ans ». Faux. Il était déjà mûrement réfléchi dans ma caboche pendant les 5 piges où j’étais en calèche à Berlin. Ensuite y’avait la musique, le cinéma, le bordel, donc un moment tu mets en suspens, un moment tu reprends, donc tu peux le chier en 2 mois, comme tu peux le chier en 6 ans. Ça dépend de toi, la richesse de ta javance, si t’en as. Si t’en as pas, tu vas galérer pendant un long moment.

Genono : T’as tout écrit tout seul, ou tu t’es fait aider ?

Gab1 : J’ai fait appel à plusieurs personnes. Déjà, je sais pas taper au clavier. J’avais pas les burnes, ou la gamberge adéquate, pour me dire comment j’allais mettre tout ça sur une nappe. 310 pages, tu comprends pas, le format, etc. Et avec le temps, puisque maintenant je connais beaucoup de gus qui sont dans les bouquins, Abd al Malik, que je connaissais déjà depuis 15 piges, avait fait le sien, et Rachid Bouker, avec qui j’ai fait de la boxe, m’ont expliqué un peu le délire. Et j’ai surtout pas voulu jacter comme Guy de Maupassant !

Au départ, t’as un langage qui est un peu trop soutenu, alors que c’est pas le tien. Je me reconnaissais pas dedans, et j’entravais pas grand-chose à tout ce baratin. Donc dis-moi comment tu fais, montre-moi, et moi je vais faire derrière. Y’a un moment, faut apprendre ! Moi le clavier, à part taper « Youporn » ou « All Best Fights », y’a pas de baratin pendant 6 heures.

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Genono : La 1ère version de « J’t’emmerde » durait 10 minutes. Tu citais qui dedans ?

Gab1 : Tout le monde ! Trop de monde.

Genono : Par exemple ?

Gab1 : Bah, ils existent plus maintenant. La moitié, je les ai poussés à la retraite, et y’en a d’autres, ils étaient dans un trou, et y’avait pas d’échelle. C’est aussi simple que ça !

Genono : Actuellement, tu travailles sur un nouveau bouquin ?

Gab1 : Ouais, je suis dans l’obligation d’en faire un 2e. C’est comme la chanson : t’en fais un, on te dit que c’est un coup de bol, donc faut que t’en fasses un deuxième. J’ai pas l’intention d’en faire 150, c’est comme la musique. 3, c’est bien. Je marche par 3. Pour l’instant j’ai fait 2 albums, d’ailleurs le 2e est en procès, j’ai gagné …

Genono : Il est en procès pour quoi ?

Gab1 : Spoliation, etc. Universal, j’ai pas l’intention de me faire niquer ! En 2010, il a fait qu’un mois dans les bacs ! Les Pascal Nègre et compagnie, vous êtes bien marrants avec Hadopi, mais si vous volez, vous, sans Hadopi, c’est encore meilleur ! Mon album il est chez Universal, c’est moi pose 16000 euros, mais j’ai pas vu mon blase ! Mais j’ai un avocat, ça a commencé en 2010, y’a eu le jugement en février 2013, et la délibération là (interview réalisée en mai 2013). Ils sont en appel, c’est pas mon problème. Sachez-le, c’est des voleurs. La France, c’est un pays de droits ! Et arrêtez de croire que je suis un cul-cul. Je suis né dans ce patelin !

Genono : Pour revenir à ton bouquin, ça va parler de quoi ?

Gab1 : Je vais pas te le dire, quand même ! Si je te le dis, y’a une galère !

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Genono : J’ai cru entendre dire que c’était sur la vie de tes anciens compagnons … ?

Gab1 : Quels compagnons ? Les seuls compagnons que j’ai, ils sont dans le Bosphore. Parce que j’ai été une sorte de troubadour ! Dans le livre, j’ai pas voulu rester dans le carcan « cité, on reste là » … ça, tu l’as tous les jours, donc j’ai pas besoin de te le mettre dans un bouquin. Et justement, dans le 2, je vais pas trop en dire, mais c’est pareil.

Genono : Y’a un 3e album aussi ?

Gab1 : 3e album, oui. Mais lui, il sera beaucoup plus difficile, parce qu’il me faut des gratteurs. Il me faut des rockeurs !

Genono : C’est un album rock ?

Gab1 :

Genono : Tu peux rien dire ?

Gab1 : J’te le dirai hors-antenne ! J’ai pas la science infuse dans le rap, pour moi, tu dis ce que tu veux, quand t’as envie de le dire. C’est une variété de musique. Et à l’intérieur, t’as encore des cloisons. Gangsta, conscient, inconscient, j’en sais rien … Tout est mélangé. Faut revenir à l’essence première du rap, c’est-à-dire : la musique. On est resté bloqués sur un seul côté de la musique, alors que quand tu prends les premiers trucs de peura … Cypress Hill, ou le 1er Beastie Boys, mais sans les boites à rythme, qui te font mal à la tête parce que c’est trop lent. Anthrax, qu’est ce qu’il y a eu encore … un ou deux morceaux de Limp Bizkit, qui étaient pas trop loin de ce qu’il y avait avant.

En concert, le rap, j’ai pas l’impression que ça bouge. T’es là, t’as l’impression que t’es dans une usine, c’est pas mon délire. C’est trop calme.

Genono : T’es pas vraiment amateur de rap à la base.

Gab1 : Je suis amateur de musique ! Le rap est arrivé, j’avais 17 ans !

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Genono : Alors pourquoi tu t’es lancé dans le rap ? Pourquoi pas autre chose, comme le rock ?

Gab1 : Ça coule de source : parce que j’ai déjà des exemples avant moi. FFF ! La France est un grand pays de racistes ! On leur a dit « votre groupe marchera mieux si y’a plus le bamboula à l’intérieur »… résultat, le bamboula il est plus là, votre groupe n’existe plus ! La France est un grand pays de racistes, et je suis français. J’irai pas chanter La Marseillaise, parce que c’est la plus grande connerie au monde. Nos racines profondes, c’est l’impérialisme. On est pas le berceau des droits de l’homme.

Genono : Après, t’as un projet de DVD ?

Gab1 : Street Workout !

Genono : Tu peux nous en dire plus ?

Gab1 : Nooooo ! On m’a toujours dit que je devais toujours faire plus que les autres, par rapport à mon âge, et par rapport au milieu de merde dans lequel je suis. Je ne jalouse personne, je dis juste : faites ! Donc je fais. Tu dois innover. Je suis arrivé dans ce bordel, j’ai innové. Et j’innoverai tout le temps ! C’est ça le truc : essayer de pas faire comme les autres.

Genono : Un film sur ta vie, ça pourrait se faire ?

Gab1 : Faudrait peut-être que les gus ils l’achètent ! Mais jusqu’à maintenant, je vois pas une adaptation de la vie d’un noir, faite par des blancs. Je te le redis, tu sais dans quel pays on est. Les gens adorent comment je jacte… mais si j’avais été blanc, ça aurait été mieux. C’est pour ça que je suis fatigué.

On te dit qu’il faut toujours dire que t’es fier d’être français. J’en ai rien à foutre. Je suis français, stop, basta. Ça vous emmerde que je jacte comme je jacte, mais je suis né ici, je suis pas né en cité ! Ma gouaille elle est de là ! « Tu jactes comme Audiard », ouais mais quand t’arrives au cinéma tu peux pas t’exprimer comme ça. Le langage qu’ils ont au cinéma, ils sont peu à le parler. C’est pour ça que leur baratin, ça m’a toujours fait rire.

Hooligan, j’en suis un aussi. PSG, j’y vais plus, c’est plus vraiment ça. Je ressens plus le « Paris » là-dedans. On est 1ers du championnat, meilleure attaque, meilleure défense, meilleur ceci-cela. Et hier j’entendais encore un mec dire « ouais mais on a trop de cartons jaunes ». Mais va te faire foutre toi et ton fair-play ! T’as qu’à faire du volley ! Et généralement, les mecs qui parlent de foot, c’est des gros lards, des mecs qui courent après leur fourchette ? Pierre Ménès, ce genre de couillon. Parler de foot, c’est pour les gens qui aiment le foot, qui le pratiquent. Si t’es un gros porc qui sait juste courir après ta fourchette, faut la fermer ta gueule, et faut la fermer comme il faut.

Aujourd’hui j’ai 46 piges, et je suis fatigué de cette hypocrisie ambiante … Je suis désolé, à chaque fois je vais à droite, à gauche, mais c’est comme le bouquin. On a un président qui nous a dit « on va tout changer ». Mais y’a que des voleurs ! Et moi, ils veulent me plumer, ils veulent me taxer comme un salopard. Mais taxez déjà tous ces connards qui ont 3 jobs cumulables ! Hollande, t’es mou du gland mon pote. Fais quelque chose, connard ! Non, pas connard … fais quelque chose, môssieur le Président. Et laissez Mélenchon dans son coin, il sert à rien.

Genono : T’as des retours sur le bouquin ?

Gab1 : Que du bon. Je suis étonné, sans être étonné. J’ai jamais été un mec qui cherche à savoir les chiffres, même dans la musique. Si t’arrives à prendre du gnongnon avec, et à vivre avec, youplaboum. Mais ça va pas plus loin. Les gens ont besoin de reconnaissance, mais moi depuis que j’ai 16 ans je suis connu. Tu vois ce que je veux dire ? J’en ai rien à foutre. Faut être ce que l’on est. On est des gens, point. Je fais le bouquin, tu l’achètes pas, il se passe quoi ? Rien. Je fais un album, les gens n’achètent pas l’album, il se passe quoi ? Rien. Faut savoir qui on est, d’où on sort, et comment ça marche. Je fais des autographes, des photos, tous les jours, depuis 2003. Je m’en plains pas, mais j’en ai rien à foutre. Ça fait partie du truc. C’est comme si tu me disais « va acheter un ticket ». Nan, je fraude. Tu sais pourquoi ? J’adore courir ! (rires) J’adore courir et sauter, c’est con mais c’est comme ça.

Genono : Parle nous du morceau avec Despo Rutti y’a quelques années.

Gab1 : Ça fait 5 piges. J’étais chez moi, on m’appelle, c’était Despo Rutti, avec Mac Tyer et la plus grande salope que la terre ait connu : mon ex-poto Maurice. Et donc, on me propose un featuring avec ce « newcomer », je dis ok, à condition que ce newcomer n’aille pas à droite, à gauche. Je fais pas de featurings parce que généralement, j’ai rien à dire aux mecs, et les mecs n’ont rien à me dire. Ils peuvent me raconter ce qu’ils veulent, je sais que les mecs n’ont absolument rien fait tous seuls. Vous êtes loin d’assumer vos vies ! Et je sais de quoi je parle.

Donc voila, on a fait le morceau, bagnoles, bolides, j’ai dit ok, je vais tout te faire en allemand. Je vais te faire la description d’une bagnole en allemand !

Genono : Pourquoi en allemand ?

Gab1 : Les bolides, c’est allemand ! C’est pas français, désolé. J’aime les BM, j’aime les Mercedes, et j’adore le métro ! (rires) J’ai été en Allemagne, donc les grosses caisses, je sais ce que c’est. Et un bolide, c’est sûrement pas une Peugeot, ou je ne sais quel truc de merde, Renault mes couilles.gab12

Spleenter : Mac Tyer, c’est ton cousin ?

Gab1 : Heu nan ! Son oncle, c’est mon homonyme, nous avons grandi ensemble, nous sortons du même bled. On a un langage en commun, une couleur en commun, un pays en commun, et des conneries en commun. On se connait depuis qu’on a 15 ans, et on a le même âge. Dans les Requins Vicieux, y’avait Grand Charles, c’était lui, et Petit Charles, c’était moi.

Spleenter : Et du coup, y’a pas de …

Gab1 (anticipant la question, tel un grand visionnaire) : Nan, y’a pas de … on est pas sur la même ligne conductrice ! Absolument pas, pas une cacahuète. Je suis un self-made-man. Je regarde tout ce bordel, les gens qui parlent, etc. Je serais dans ton quartier, je saurais qui tu es ! Je verrais qui tu es ! Et tu n’es pas ce que tu dis.

Spleenter : Y’a le clip Petit frère, petite sœur où t’étais en guest à la fin …

Gab1 : Ouais, justement. C’est par une déviation débile de l’autre espèce d’enfoiré numéro 1, que je qualifierais même de fils de pute, hein, j’en ai rien à foutre. Je le redis : venez, si vous avez que ça à faire. L’histoire elle est réglée.

Genono : Sur ton 2e album, t’as collaboré avec Zoxea …

Gab1 : J’ai fait un seul morceau avec Zoxea : Enfin. C’était la 1ère fois que j’allais en Afrique Noire, j’avais 40 piges. Donc voila, j’ai fait le morceau, par le biais de JP (Less du 9). Au départ, ça devait être juste un refrain, le refrain est sorti sur un autre bordel, et j’ai senti ça comme une petite carotte. Et j’ai regardé les gens et j’ai dit « si vous pensez que vous êtes super intelligents, bah y’en a un 2e les mecs ! ». Mais j’ai bien aimé le morceau. Y’avait 2 versions au départ, ça c’est la version qu’eux ont jugé fantastique. Je cherchais un mec avec un accent « cain-cain ». Pas ricain, « cain-cain ». Et j’étais loin de savoir que lui en avait un, et il l’a fait très très bien. C’est peut-être pas le morceau que je préfère dans l’album, mais c’est un morceau qui me tient vraiment à cœur.

La collaboration, elle était pas désignée, même pas en rêve. Zoxea, j’écoute pas ce qu’il fait, même pas une cacahuète, depuis la nuit des temps hein, ça a jamais été ma tasse de thé. Et c’est JP, que moi-même j’écoute pas alors que j’étais son producteur … ils peuvent te le dire hein, j’ai jamais écouté Less du 9, Casey, et compagnie. C’est juste des signatures, et c’était dans mon dos les signatures, parce que moi, jamais de la vie, c’est pas possible. Bref, pour en revenir à la chose, j’ai bien aimé le bordel, donc j’ai dit ok.

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Genono : Y’a des rappeurs que t’aimes bien, en vrai ?

Gab1 : T’as pas à aimer … t’apprécies, ou t’apprécies pas.

Genono : … que t’écoutes ?

Gab1 : Voila, les gens viennent toujours avec « aimer ». Bah j’vais dire, j’t’aime pas ! T’es pas ma gonzesse !

Genono (visiblement déterminé à obtenir au moins une réponse qui ne soit pas complètement à côté de la question) : … musicalement, y’en a qui te parlent ?

Gab1 : Musicalement, y’en a qui m’intéressent. Rappeurs français… très peu ! (rires) Rappeuses française…  néant ! Rappeurs français, y’en a quelques-uns, mais je ne donnerai pas de blases. Déjà, tous ceux qui font avancer le schmilblick. Y’en a pas des masses. Musicalement, y’en a qu’un ou deux qui font avancer la chose. Textuellement, dans le rap-game, per-sonne. Ils peuvent raconter ce qu’ils veulent, per-son-ne. Vous n’achetez que votre crédibilité dans la rue. Vous êtes tout ce que la rue n’est pas. Eux, ils te montrent tout l’inverse de la rue ! Rien à voir avec wam. Je suis un demi-sel, et je reste un demi-sel.

Pour moi, dans le rap, y’en a que 3. Et sur les 3 qui foutent la merde, y’en a qu’un. Les deux autres tu peux les mettre sur le côté. C’est que les sucettes du premier. Y’en a un, il est distinctement pourri, y’a pas de problème. (rires)

Spleenter : et les rappeurs plus jeunes que toi, dans le 19ème ? On t’avait retrouvé dans la tape Mon arrondissement favori.

Gab1 : Ouai, bah je suis du 19ème, donc forcément ! C’est un « conflit générationnel ». Vous en avez 25, j’en ai 46. Sauf que moi, je suis multi-générationnel, et j’en ai rien à foutre ! (rires) Nan, c’est le quartier, tout simplement. Le 18ème, 19ème , 20ème … c’est ce qu’il y a autour. Donc forcément, tu dis vas-y, on va donner un peu de peps au bordel.

Spleenter : Ça te dit quelque chose Joe Lucazz ?

Gab1 : Nan, comment tu dis ? Lucazzi ? Lucazzi, je connais, c’est un mec que je connais, qui s’est fait fumer. Du moins, il est pas mort, mais il marche avec un sac en plastique. Il a pris 2 balles dans le bidon. C’est le seul Lucazzi que je connaisse. Je connais pas ton pote. Lucazz … Peut-être Frank Lucas, je sais pas.

Genono : T’as déjà refusé des featurings ?

Gab1 : Généralement, je refuse. On a rien à se dire ! Pour dire quoi ? On a un calibre, on défouraille, etc ? Ça va aller. J’ai toujours eu la décence de ne jamais montrer un calibre dans une vidéo. Dans tout ce que je fais, tout ce que je dis, y’a toujours quelqu’un qui vient pomper derrière. Tu prends les 3 clashs, t’as une phrase à moi dans chacun des 3 clashs. C’est vérifiable toute la journée ! Depuis le début, vous parlez, le rap français parle, mais depuis le début, vous sucez qu’un mec : c’est wam. Aussi bien dans le physique que dans tout le reste. Dans la manière d’être, dans tout le reste, c’est que de la sucette, de A à Z. Le seul problème, c’est que je crache 3-4 fois dans la journée, donc y’en a pour tout le monde. Objectivement, regarde, avec du recul, et tu verras si je mens ou pas. Même en concert ! Tenir la feuille devant soi, c’est pas Oxmo, c’est pas Abd al Malik, c’est moi ! Parce que je ne connaissais pas mon texte ! (rires)

Je connais pas mes textes ! Je les écris, et basta. Et s’il vous plait, vive le playback ! Je pensais que c’était ça le rap, et je me suis fait niquer. Tu te retrouves et t’es là (il chantonne) « je suis seuuul au mooonde » (rires)

Déjà, je comprends pas pourquoi les gens sautent en l’air pour rien. Et surtout… pourquoi on doit chanter ? Dalida, elle chantait pas ! Cloclo, il chantait pas ! Mais je m’amuse toute la journée, et c’est l’important. Je suis un tailleur né, je taille. On m’a dit de faire un one-man show, c’est la dernière chose que je ferais, parce qu’il faut rire de tes conneries. Et je rigole pas de mes conneries ! Tant que t’arrives à trouver un point d’ancrage, et à faire à peu près ce que t’aimes, ça va aller.

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Genono : Une de tes 1ères apparitions, c’était sur Première Classe

Gab1 : Nan, c’est la 3e ! Avant ça y’a eu Liaisons Dangereuses, et j’en ai fait deux.

Genono : Première Classe, c’est eux qui t’ont invité ?

Gab1 : Je me suis invité. J’ai dit « si j’arrive à faire un ketru meilleur que le keumé qui est à l’intérieur, vous me mettez dedans. Si je pue la merde, et bah j’irai travailler, ou j’irai faire j’sais pas quoi ». Parait que t’es hardcore, bah mettez-le votre bordel de merde. Fais ce que tu fais d’habitude, qu’ils aillent tous se faire foutre. Et voilà, je l’ai fait. J’ai refusé le featuring avec R-O-H-2 fesses, parce qu’on a rien à se dire. T’es un mytho ! T’es un putain de mytho ! Mytho de chez mytho ! Et c’est prouvable toute la journée : t’es connu de la pharmacie ici, à la prochaine pharmacie. Y’aurait pas la musique, tu serais rien ! Et les mecs qui sont autour, c’est pareil. Rien à dire, rien à faire, que des mythos.

Spleenter : Ton entrée sur Liaisons Dangereuses, telle qu’elle est racontée dans le bouquin, c’est un gros quiproquo, parce qu’à la base tu venais pas pour ça …

Gab1 : Ouais, à la base j’étais là pour saucissonner Fred Chichin et Catherine Ringer. Je savais pas ce que j’allais faire du rap ! On m’appelait pour aller faire du rap … J’avais 31 piges ! Soyons sérieux, moi ? Cassez-vous de là ! J’avais un poto qui avait fait la même chose, il avait pris de l’oseille, avec une grande chanteuse française… Moi je m’invente pas des vies. Si t’as 500.000 euros dans la poche, je pense pas que tu vas les garder longtemps. Et tu peux aller au commissariat, rien à foutre : j’irai me rendre. Sans l’argent !

Spleenter : D’ailleurs Chichin avait fait une interview où il revenait sur sa seule expérience avec des rappeurs, il en gardait un mauvais souvenir, il disait que c’était des gens irrespectueux. Pourtant quand on lit ton bouquin, on a l’impression qu’ils s’étaient acclimatés.

Gab1 : Tout le monde s’acclimate, en fin de compte. Ça a duré 3-4 minutes, disons 10. Lui, il était pas au parfum, il était avec sa gratte, dans son coin, mais je sentais que c’était tendu. T’façon, moi j’étais tendu, j’avais mon fer, j’avais tout. Je les mettais dedans, et après commissariat ou pas, j’en avais rien à foutre. Ils viennent après, eux, ils viennent pas pendant. Donc tu peux faire ce que tu veux ! J’ai jamais eu peur de faire ce que je dois faire. La police elle est payée pour faire son job. Et même si elle doit venir après, elle fera son job, mais moi j’aurai fait le mien avant, j’en ai rien à secouer. Rest in peace, Fred Chichin.

Genono : Le clip de Ill Game, c’est un vrai clip ? Y’a un truc qui tourne, mais on voit pas ta tête dedans.

Gab1 : Ah ouais, c’est toujours oim ! Nan, j’ai envoyé mon petit frère, j’étais fatigué ce jour là.

Genono : Mais y’a un blanc aussi dans le clip, avec un masque.

Gab1 : Et bah dis toi bien un truc : c’est pas moi ! C’est mon petit frère ! Tu peux pas être à 2 endroits à la fois, donc y’a une partie du clip, c’est moi, et l’autre partie, c’est mon petit frère. Le fruit ne tombe jamais trop loin de l’arbre, c’est tout.

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Spleenter : Y’a un truc qui m’a étonné dans le bouquin, c’est que tu développes pas beaucoup ton expérience de danseur. On a l’impression que tu as volontairement mis de côté tout l’aspect hip-hop.

Gab1 : Hip-hop, et rap. Volontairement. Parce que dans le rap, on m’aurait attendu sur ce que j’ai fait sur untel, etc. Et dans la danse, c’est exactement la même chose. Parce que dans la danse, y’a eu un courant qui est arrivé à un moment, qui s’appelait la hype, où t’as tous les danseurs de NTM, etc, et j’étais beaucoup trop fort pour eux. Tu demandes à n’importe qui, à la Java, au Bobino, j’étais beaucoup trop fort pour eux. C’est ce qui fait que j’ai toujours eu ce petit décalage avec eux, et que j’avais pas besoin d’aller à New York pour danser. J’avais pas besoin d’être dans un crew spécifique, c’était plutôt eux qui venaient me recruter. DCM Posse, c’était ça. Mais c’est surtout que la danse, comme le rap, c’était qu’un passe-temps. Du moins, le rap, c’est un accident. La danse, c’était pas un accident, c’était un passe-temps, mais un passe-temps parmi d’autres. C’est ce que je redis bien à chaque fois.

Y’a un film qui s’appelle Beat Street. Y’en a un autre qui s’appelle Warriors. Faut juste regarder les mecs les moins nombreux : c’est exactement de cette manière là qu’on se définissait, et c’est de cette manière là que je me définis. Dans Beat Street, t’avais les Rock Steady et t’avais les autres. Les Rock Steady, c’était les rockeurs, c’était ceux qui foutaient la merde. Mais c’était ceux qui dansaient mieux que les autres ! Le petit con, renoi, avec ses potes, ils avaient pas le niveau des autres, même pas une cacahuète ! Pour moi c’est exactement ça. Y’a des mecs qui allaient à la boxe, moi j’y allais, mais j’allais à la danse aussi. J’en parlerai peut-être, si j’ai que ça à foutre, dans le 2e bouquin. J’en sais rien. Y’avait la dépouille, y’avait la danse, y’avait le sport. J’ai fait les 3 en même temps, plus la drogue, le 4e, qui est arrivé. C’est le temps qui est comme ça.

Genono : J’ai une question par rapport à Tonton Marcel …

Gab1 : (rires) Woooh ! Boum boum, en direct de la cuisine ! Il est tranquille, c’est un bon. C’est le seul média qui m’a permis de revenir à flot pour pouvoir faire mes trucs sans qu’on vienne me casser les berges. Il te fait chier, mais c’est pas grave. Je préfère avoir un mec comme lui, et encore, je lui ai dit, à un moment je vais t’allumer. Et bref, il a accepté ça, comme moi j’ai accepté, je lui ai dit « viens quand tu veux ». Viens quand tu veux, c’est open mic ! Tu vas me raconter toutes tes conneries, tu vas me poser toutes les questions que tu veux, et je vais y répondre, c’est pas grave. En quelque sorte, on pourrait être dans la même chose, sauf que toi t’es un peu con de temps en temps. Mais c’est un mec bien, c’est vraiment un mec bien. Peut-être qu’il se fait un peu trop hacker son truc, mais bon, c’est des choses qui arrivent.

Spleenter : Dans le bouquin, tu parles pas vraiment du moment où t’as pris le rap US dans la gueule… c’est plutôt un truc d’arrière-plan, que tu calcules pas trop ?

Gab1 : Ouais, Aznavour, Johnny Hallyday, c’est ce qui tourne à l’époque. On a pas de musique américaine ! La seule musique américaine qu’on a, c’est Sugarhill Gang… bon, le truc, au bout d’un moment, ça va. Ça faisait quand même 7 ans qu’il était sorti, y’en avait marre. Y’avait Grandmaster Flash, qui est arrivé, très bien, après, plus rien. Il a fallu qu’il y ait le plus grand mytho de tous les mythos, Bambaataa, pour avoir à peu près de la musique. Mais y’avait pas Radio 7, y’avait pas la 4 ! Y’avait pas la 5 non plus, parce que c’est les deux chaines qui étaient musicales. Donc nous on était dans un carcan qui s’appelle La France, tu bouffes du Europe 1, du RTL. Tu bouffes pas autre chose. T’avais les infos du rock une fois par mois, et encore, quand je dis rock, c’était James. Et une fois de temps en temps, t’avais Rockwell, ou Michael, et là on était heureux. C’est tout ce qu’il y avait d’US en France. Sinon c’était Petula Clark, l’autre idiote de Jane Birkin … Ça fait 50 ans que t’es en France, t’arrives toujours pas à parler français, faut arrêter de nous casser les couilles. L’intégration, ça commence déjà par ça. C’est pas seulement réservé aux peaux claires.

Voilà, donc c’est arrivé à petites doses, mais quand c’est arrivé, on a pris conscience que … Adamo c’était un beau couillon ! Adamo, Pierre Bachelet et compagnie, c’est ce que t’avais toute la journée à la radio. C’est que des fils-de ! Voilà le problème : tu grandis avec des mecs, et tu vas te taper leurs merdeux à la fin ! C’est pas une grande famille, c’est juste une bande d’escrocs, c’est tout. Et t’es pas aigri, c’est juste que tu te dis … t’es énervé, tu te dis « mais c’est quoi cette merde ? ». T’as des gens autour, avec du talent, et t’as des mecs sans talent qu’on voit 24h/24 à la téloche, et ça, ça te fait chier. Et c’est pour ça que j’ai plus de télé ! J’ai viré ma téloche ! Mettre la Une, voir Arthur faire ses conneries à la con, ça va. Ça me fait mal au crane. Les informations, c’est même pas des informations. On est partis au Mali, et alors ? On a besoin de manger, enfoiré ! La baguette artisanale, elle est à 1E50. C’est 10 baguettes en 1998 ! Tu comprends comment on est en train de se faire mettre ? C’est quelque chose de sévère. De là, tu te dis mais de quoi ils parlent, ces cul-culs la praline ? La seule chose qu’ils savent faire, c’est parler du mariage des 2 qui ont envie de se fourrer. Vive la France, pays de trous du cul. Je suis français : un vrai trou du cul, comme un vrai français. Je suis aussi raciste que tout français. Donc si toi t’es raciste là bas derrière, et bah moi aussi.

super-dupont

Spleenter : A propos, dans le bouquin on te sent très attaché à ta couleur, alors que c’était pas forcément évident jusqu’ici. Quand on te manque de respect à ce niveau là, on sent que c’est le truc qui te fait démarrer.

Gab1 : Ah ouais, ça me fait démarrer. Quand t’as poussé ici, t’as crapahuté ici … Je comprends pas que les « whites » soient partis faire un tour en Afrique pour évangéliser, et quand tu reviens dans la maison-mère, on t’appelle Mamadou ! Je m’appelle Charles ! (très agacé) C’est le truc qui me fout vraiment les glandes, tu vois . J’étais dans des petits patelins de merde où les mecs essayaient de m’éduquer alors qu’ils avaient jamais vu le métro, la télévision en couleur, ces petits pécores de merde. Je leur disais, moi je suis de la planète mars, et toi t’es vraiment loin derrière, arrête de me casser les burnes pendant 20 plombes. Toujours en train de te rappeler ta couleur, de te rappeler ci, de te rappeler ça. Je suis désolé, mais mes grands-parents ils ont plus souffert que les tiens dans cette putain de guerre ! Les tiens, pendant la guerre, ils ont fait quoi ? Absolument rien. Parce que moi, je suis pas français à la base. Je suis germanophone, camerounais. Nous, on est pas français à la base. Du tout. Sauf que les miens, il a fallu qu’ils se battent un coup contre la France, un coup pour la France.

Y’a un moment, ça fatigue, toutes ces histoires. T’es français que quand tu gagnes des sous, ou que tu fais gagner quelque chose. Mais quand la France te doit quelque chose, y’a rien. Je ne suis pas Jacques Chirac, je ne suis pas François Mitterrand, nous leur avons rendu des services, et pas l’inverse. C’est le citoyen français qui leur a rendu service, qui a fait qu’ils se sont enrichis sur notre cul, qui a fait que ce pays est dans la merde aujourd’hui. Quand t’es français, tu n’attends pas que ton pays fasse quelque chose pour toi, et tu n’attends pas de faire quelque chose pour ton pays. Pourtant, c’est ce que t’entends chez les politicards : « ce que vous devez faire pour la France ». Ah ouais ? Mais t’es complètement con ou quoi ? On a tellement fait pour la France. Pour notre pays. Mais qu’est ce que ce pays à fait pour moi ?

Amelie-Poulain-Le-Terminal-et-Les-11-commandements

Hé ouais, c’est le truc qui m’a toujours fait chier. Les mecs vont te juger par rapport à ta couleur ! Et c’est ce bled qui est comme ça. Quand t’es dans une grosse ville cosmopolite, tu penses qu’il y a du racisme, mais c’est faux. C’est quand tu vas dans les patelins, les hameaux, avec moins de 500 habitants, c’est là que tu comprends la vraie pensée du bled. Et la vraie pensée du bled, elle n’est pas multicolorée. Elle est plutôt ignorante, débile. La France c’est un vrai carrefour, et les mecs sont toujours en train de te parler de la race. Mais depuis quand y’a des français blonds aux yeux bleus ? Ils sont tous bruns, grosses oreilles, des choux. Généralement, ils ont aussi ta plantation, là-haut (il désigne l’épais monosourcil du Genono). C’est plein de conneries, ils auraient dû nous apprendre à vivre ensemble, ces enfoirés. Là, ils nous ont appris juste une chose, c’est nous détester les uns les autres. C’est tout ce qu’ils ont réussi à faire, en passant par l’autre enflure de merde de Charles De Gaulle. Si c’est ça votre héros national !

Imaginez-vous que les anglais et les allemands sont morts de rire ! Les américains pareil ! Et je les comprends. Votre héros national c’est un trouillard. Objectivement, je suis désolé, mais c’est un trouillard. Comment on les appelait pendant la Révolution ? Les sans-culottes ? Tout à fait ! Un problème, tu la baisses ! Sauf quand c’est les arcs et les flèches, là c’est plus facile de dire « nous allons vous pacifier ». Mais à ce que je sache, c’est tous ceux qui sont autour de vous qui vont ont pacifiés.

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !), MC Jean Gab'1

Rap Frinçais’s Finest


Tu le sais, la Frince c’est les Etats-Unis mais enlève au moins 10ans, et si tu savais pas, maintenant tu sais, préviens les autres.
On serait aux states, les grosses têtes d’affiche auraient déjà fait plusieurs connexions. Kaaris et Niro en sont à leurs 1ers pas dans leur carrière (enfin, pas vraiment, voire pas du tout, mais bon) et sont surtout parmi les rares élus à encore avoir du buzz même en période de clash. Mais c’est pas pour autant que tu les vois poser ensemble. Parce que c’est pas le pays de l’oncle Sam, ici.

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On retrouve Niro qui arpente une vieille casse dans le 93. Soudain, une structure genre Terror Dome dans Mad Max III sort du sol. Le jeune rappeur de la ZUP de Blois ne semble nullement surpris et frappe à ce qui semble être la porte d’entrée qui s’abaisse alors tel un pont levis. Un grand type en sort.
Kaaris -Salut.
Niro -Salam.
Kaaris -Bah ? Où est ton clebs ?
Niro -Quoi ? J’ai pas de chien, kheyou.
Kaaris -Tu viens pas pour les combats de chiens ?
Niro -T’organises des combats de chiens ?
Kaaris -Chacun ses hobbys. T’es là pourquoi toi ?
Niro -Je viens te demander si on peut faire un feat ensemble.
Kaaris –Tu rappes ? Bof, t’as un corps de lâche. Fais des pompes et des tractions.
Niro -Ouais, ouais, j’ai un corps de traître, si tu veux. Mais en rap je suis beaucoup trop lourd pour 70 kilos. Alors reste tranquille.
Kaaris -Non mais sans déconner, tu viens pas pour un combat de clébards, t’es sûr ?
Niro -Mais arrête avec ça.
Kaaris -Dommage, qu’est-ce que je vais manger, ce soir ?
Niro -Quoi ?
Kaaris -C’est une tradition, on mange le perdant. Wallaye je me mets bien, même si la viande c’est du chien.

-Hey on fait un feat ? -Non, va te faire foutre

-Hey on fait un feat ?
-Non, va te faire foutre

Niro -Tout ça c’est super, le monde est beau, je rappe bien, OK merci, mais sinon on le fait ce feat ou pas ?
Kaaris -Une connexion 93, 94 ? Ouais, c’est toujours sympa.
Niro -Je suis pas du 94.
Kaaris -T’es pas sur Street Lourd, toi ?
Niro -Si mais je viens de Blois, 41.
Kaaris -Qu’est-ce que c’est que ce département ? Personne sait où il se trouve en Frince, on dirait un numéro d’appel d’urgence.
Niro -Et t’as peur d’avoir à l’appeler si t’acceptes ce feat, c’est ça ?
Kaaris -Hé mais toi aussi reste tranquille.
Niro -C’est toi, reste tranquille. Je viole tout le monde, en feat, c’est mon taf.
Kaaris -C’est moi qui viole, ici. Et d’abord, pourquoi tu fais autant de feats ?
Niro -Je viens de te dire que c’était mon taf. T’es sourd en plus ? Faut arrêter la muscu.
Kaaris -Non mais de là à feater tout le monde, c’est autre chose.
Niro -J’ai un bracelet électronique depuis mon incarcération, l’Été dernier.
Kaaris – ah ouais, et faut que tu prouves que tu bosses dur par rapport au contrôle judiciaire
Niro – Ah non, c’est juste que mon bracelet explose si je ralentis ma cadence de featuring.
Kaaris -C’est balot ça. Moi, la juge veut me boucler juste parce que j’essaie de lui faire un enfant.
Niro -C’est balot, ça. Mais qu’est-ce que t’entends exactement par « essayer de lui faire un enfant » ?
Kaaris -C’était pas possible, parce qu’elle était déjà enceinte. Alors je la prenais en levrette pour faire attention au bébé.
Niro -Tu fais ça avec des femmes enceintes ?
Kaaris –Bah ça me fera un plan à 3.
Niro -Hey mais c’est une rime de Pimp C, ça.
Kaaris -Hmm Hmmm !
Niro -Et ça c’est un gimmick de Juicy J.
Kaaris -Tu veux faire l’intellectuel ?
Joke – en réalité pour la rime sur la femme enceinte ce serait plutôt une phase de Tyler, the creator.

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Niro – …
Kaaris – …
Joke – non parce que, vous voyez, Pimp C parle de se faire sucer par le bébé pendant qu’il baise une pute enceinte, alors que Tyler parle de plan à 3 quand il viole une femme enceinte, le ressort est le même mais ça se rapproche un peu plus de Kaaris.
Kaaris – tu veux quoi Steve Urkel ?
Joke – je suis Joke
Kaaris – c’est une blague ?

JEU DE MOT POURRI

Seth – hop hop hop, qui c’est qui vole mes rimes là
Kaaris – c’est quoi cette invasion ? Personne te vole de rime ici
Seth – j’ai entendu un jeu de mot pourri. C’est mon rayon ça normalement.
Niro – c’est pas plutôt les punchlines ?
Seth – on est en 2013 ma couillasse. Blague de cul, jeu de mot, sketch de Bigard, punchline, bruits de pet, c’est la même chose pour moi. La chatte à Mireille !
Kaaris – ah ouais quand même.
Seth – par contre j’aime pas trop les ptits gars de la relève là.
Niro – j’aime pas trop qu’on m’associe à eux
Seth – non mais toi t’es vieux, t’as la trentaine
Niro – ah non pas du tout, j’ai 25 ans
Kaaris – c’est ça ouais.
Seth – t’es un sacré blagueur ma bonne couille.
Niro – mais j’ai vraiment 25 ans. C’est à cause de la barbe
Joke – tu vas nous dire quoi après, que tu viens de province ?
Kaaris – ahahahhahahhaah elle est bonne celle-là. Mais prends pas trop la confiance passe-partout.
Seth – c’est tout à ton honneur de rester discret sur ton âge Niro, je comprends.
Niro – mais…
Kaaris – tu entretiens le mystère, c’est bien, ça va de pair avec les lunettes.
Seth – ça va de pair… des lunettes… PAIRE DE LUNETTES ! ZBLEX !!
Kaaris – on sait toujours pas ce que tu fous ici par contre.
Seth – j’aime bien les ambiances genre vieille casse abandonnée, motard tout ça. C’est plutôt Joke l’intrus ici, il à qu’à s’inscrire au Rap Contender comme toutes les baltringues.
Niro – t’aimes pas les RC ? Je trouve ça marrant
Seth – moi aussi, d’ailleurs j’aime bien Dinos et j’ai inscrit Infinit mon toc-toc !
Joke – c’est pas un peu contradictoire ?
Seth – arrête de me pourrir les esgourdes toi. En plus t’as fait un clip chelou avec la nonne là, c’est pas michto ça.

joke
Kaaris – c’est vrai que c’était assez choquant, d’ailleurs le public a pas trop kiffé
Joke – ça t’a choqué ? Mais y’a plein de meufs à poil dans tes clips et tu parles d’enculer des gens toutes les 4 mesures
Kaaris – ouais mais je suis noir, musclé et j’habite Sevran, c’est ça que les gens retiennent. Toi t’es petit et tu viens de Montpellier, on s’attend à te voir dans une vidéo de Rémi Gaillard, pas un clip avec des putes.
Joke – n’importe quoi, en plus je suis noir aussi hein
Kaaris – ça reste à prouver
Niro – ouais, t’as déconné kheyou
Joke – mais toi aussi t’étais dans le clip!
Niro – peut-être mais pas au moment de la scène de la nonne. Du coup je garde mon image de mec ghetto avec des valeurs aux yeux des bouff… des fans. T’as pas la gamberge poto.
Seth – Zdedededex !
Joke – les auditeurs c’est vraiment un tas de cons…
Kaaris – évidemment. Mais te plains pas trop, s’ils étaient pas cons ils se souviendraient de tes feats avec Tekilatex et Charly Greane, je sais pas si c’est tellement mieux.
Joke – en tout cas je suis content de voir que vous connaissez bien ma carrière
Kaaris – j’ai regardé sur wikipédé
Joke – tu veux dire wikipedia
Kaaris – non, je veux dire que j’ai envoyé un pédé regarder sur wikipedia.
Joke – …
Seth – PUNCHLINE
Niro – mais à force de persévérance, t’y arriveras, t’en fais pas, euh… Jack, c’est ça ?
Joke – pour la dernière fois, c’est Joke
Seth – et c’est pour ça que t’es petit !
Joke – hein ?
Seth – ouais, parce que joke c’est une blague et les blagues les plus courtes sont les meilleures. PROFESSEUR PUNCHLINE MA COUILLASSE.
Joke – oh putain…
Seth – viens avec moi je vais t’apprendre comment maîtriser l’art délicat de la punchline. T’as un slip de rechange sur toi ?
Joke – mais qu’est-ce que…
Seth (il le prend sur son dos) – j’espère que t’as rien contre les films de Frank Dubosc mon p’tit scriboulex
Joke – aidez-moi !
Kaaris – je me suis retenu de te fendre le crâne en deux, c’est déjà beaucoup.

Niro -Là on parle pour rien, c’est oui ou merde pour mon feat ?
Kaaris -Mais pourquoi tu tiens à me feater, qu’est-ce que j’ai à y gagner ?
Niro -C’est normal, kheyou. On est des têtes montantes de ce rap game à la con, on connecte ensemble, à la cainri, quoi. La nouvelle génération de rappeurs.
Kaaris -Ouais mais toi tu poses avec tout le monde et n’importe qui et ensuite tu craches sur tout le rap Frinçais sur les 3/4 de tes sons.
Niro -Ça c’est parce que je les baise tous. Après, tu te démerdes, tu te sors les doigts du cul pour pas te faire torcher sur le son, c’est tout. C’est pas mon problème si dans le rap c’est des bitches.
Kaaris -C’est bien gentil tout ça, mais je ne suis pas un petit nouveau, hein. J’ai commencé y a bien 10ans et j’ai même sorti un premier projet en 2007.
Niro -Oui mais personne n’est au courant, alors fais profil bas là dessus. Parce que les clips avec les marcels et les doo rag et tout ça là… Mmmmh. Bref. on s’comprend.
Kaaris -C’est moi qui fait Hmm Hmm ici ! C’est à moi les hmm hmm.
Niro – Mmmmh.
Kaaris -C’est petit ce que tu fais.
Niro -Tu te trouves des excuses. Et t’as raison de te chier dessus, enfoiré de zoulou.
Kaaris -T’as l’air bien sûr de me fister sur un son commun, je trouve que tu t’exprimes beaucoup chaque fois qu’on t’enlève ta tétine.
Niro -Et alors ? Tu vas faire quoi, le golgot ? Tu vas continuer de blablater ou me prouver que j’ai tort ?
Kaaris -Toi, t’as tout gagné, on demande une bonne prod à Therapy et que le moins pété encule l’autre ! Prends ma bite dans ton cul comme une visite amicale, Nireille.
Niro -OK, Barracuda. Mais faudra pas pleurer parce que je vais te la mettre dans ton kwaah, Clarice !
3010 – C’est marrant parce que Clarice c’est le nom de l’héroïne du Silence des agneaux, et Niro a déjà fait un clip où il est en Hannibal Lecter
Niro – pas du tout, c’était le père Fourra. Maintenant arrache ta mère de là et on fera semblant de pas se demander comment t’es venu au départ.
3010 – je cherche Joke en fait

C'est l'heure du duel

C’est l’heure du duel

Booba -Stop !
Sortant à son tour du Dôme, B2O fait son entrée (oui, il sort mais il rentre, ferme la).

Booba – quand je dis stop, c’est pour Niro et Kaaris. Toi par contre tu dégages.
3010 – mais vous êtes sûr que je peux pas…
Booba – c’est déjà un miracle que tu m’adresses la parole morray, t’en parleras à ta famille et ils seront impressionnés. J’suis meilleur que toi, va le dire à ta mère.
Niro -Salam.
Booba –Shalom, salam, salut, qui que tu sois.
Niro -Bah je suis Niro. Fenwick, tout ça.
Booba -Parfait. J’en ai rien à foutre. Dans ce milieu, tu n’est qu’une figurine. Kaaris, qu’est-ce que j’ai dit sur le fait de se mélanger.
Kaaris -Oh… Que c’est mal ? Click ?
Booba -VOILÀ ! Se mélanger c’est mal m’voyez !
Niro -Mais toi même tu dis dans tes interviews que t’as fait tes classes à l’ancienne, dans le rap, en rappant avec presque tout le monde.
Booba -Moi même je sais, merci. Mais je dis ça comme ça. Je dis souvent n’importe quoi en interview, de toute façon. Faut pas feater tout le monde, non plus. Par exemple j’ai jamais posé avec l’autre sale pointeur.
Niro -Bah si.
Booba -Non !

Deni
Kaaris -Je t’assure que là, il a raison l’avorton.
Booba -De quel côté tu es, toi ?
Kaaris -Je disais juste que…
Booba -Non !
Niro -Même Mala a featé La F..
Booba -NON ! NON ! C’est pas vrai ! Je l’ai jamais featé. Ou alors un tout petit peu et y a longtemps et à l’insu de mon plein gré.
Niro -Ouais c’est ça. Je vais quand même feater tout le monde de toute façon, c’est comme ça quand on débute.
Booba -T’es demeuré ou quoi ? Rappeur, quand tu débutes, c’est pour aller bronzer, prendre congé et baiser des putes.
Niro -T’es un marrant toi. Je fais du rap de pauvre, moi, hein. Si j’avais ton biff, elles me suceraient la bite dans tous les sens.
Kaaris –Le chibre est laiteux, enculé de mes 2.
Booba – tu as bien pris tes pilules aujourd’hui ?
Niro -Alors en attendant, je dois faire mon biz. Mmmmh Bref. Chacun son temps.
Kaaris -Hmm Hmm.
Booba -Bordel… Mais tu m’as pas dit que t’avais déjà taffé avec Niro ?
Kaaris -C’était pas le même et c’était y a plus de 10 piges.
Booba -Alors comme ça on vole les blases des gens ? J’aime ça.
Niro -Je savais pas qu’y avait un autre Niro quand je suis arrivé dans le rap.
Booba -Raconte pas ta vie non plus.
Kaaris -Surtout que Niro des 2Neg, tout le monde voit qui c’est. Les 2Bal 2Neg ils ont fait quelque chose dans ce rap.
Booba -Oui, alors t’emballes pas non plus, toi. Un seul assisté à la fois, merci.
Kaaris -Hmm hmm !
Niro -Mmmmh !
Booba -La vazacheuzeu vous êtes flizippanzants à foutre vos gimmicks pazartouzout. T’as j’veux dire ou t’as pas j’veux dire ? Izi.

couv-toc-aftoc-eh

Kaaris -Mais maintenant que t’en parles, on a quand même déjà posé ensemble.
Booba -En plus ? Mais pourquoi il nous emmerde, lui alors ?
Niro -Tu comptes le gros freestyle collectif Street Lourd ?
Kaaris -Ouais, ça date un peu mais on y était tous les 2 dessus.
Niro -Y avait tellement de monde sur ce son, ça compte pas vraiment.
Booba -Et c’est ça ton excuse pour ton feat avec le sale pointeur, aussi ?
Niro -T’es sec, comme mec, toi.
Booba -Tu trouves que je suis sec ? (paniqué, il sort son blackberry pour vite commander un pot de 40kg de protéïnes)
Niro -Non mais je veux dire, t’es froid comme mec.
Booba –Mon expression est directe, demande à Weedy.
Weedy -En attendant, y a jamais eu de connexion Express D – B2O, donc calme toi fiston.
Booba -Mais qu’est-ce que tu fous là, wesh ?
Weedy -C’est pas ici les combats de pits ?
Kaaris -Ah si, bien sûr ! T’as un candidat ? C’est comment son blase ? Je l’inscris dans le registre.
Weedy -C’est Kertra. Il remet enfin son titre en jeu.

Ou 2014.. ou 2015

Ou 2014.. ou 2015

À suivre, à c’qui parait.

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