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DJ Weedim, Aketo & Sidi sid nous parlent de Petits Meurtres Entre Amis (vidéo)

Ma si, touyouls en compagnie dé TupakTV, yé souis allé voil ces yeunes qui font dé la musica
Pourquoi je parle comme ça, moi ?
Enfin bref, va là bas :

http://tupaktv.com/pmea/

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Shone

On a interviewé Shone avec TupakTV :

http://tupaktv.com/interview-shone/

Ça prépare un gros concert qui idéalement serait amené à n’être que le début d’une longue série de concerts
Ainsi qu’un projet/compilation mystérieux mais qui a l’air très enthousiasmant
Alors clique et va voir l’interview de ce rappeur qui a oublié d’être con et passif

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview – Vald (+ special guests qui passaient par là)

A un moment y’a Lino qui vient serrer des mains avant d’aller pisser, et à la fin y’a Tefa qui tape un peu l’incruste, mais on a rien dit parce que c’était chez lui.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 1

Interview : Genono (Captcha Mag) et Teobaldo (Le Blavog)
Photos : Mehdi MK ( TupakTV)
On a uni nos forces comme si on était possédé par l’esprit hip-hop.

Genono : Avant la promo autour de la sortie de NQNT, t’as fait très peu d’interviews. C’était par choix, ou parce que les intervieweurs avaient peur de te rencontrer ?

Vald : C’était un choix, jusqu’ici faire des interviews, ça n’avait pas vraiment d’intérêt. Quand tu sors uniquement des projets gratuits sur internet, t’as pas grand-chose à dire. Si c’est juste pour raconter ta vie, y’a aucun intérêt. Là on a quelque chose à défendre, donc on va parler un peu de nous.

Genono : Tes précédents projets, c’était histoire de faire monter un peu la sauce ?

Vald : Voila, l’idée était de se présenter un peu aux gens, parce que dire « je sais rapper », c’est bien beau, mais si t’as aucun projet …

Genono : Ce matin je lisais les commentaires sur le clip de Shoote un Ministre … J’ai l’impression que ton public de base ne s’y retrouve pas.

Vald : Mon public de base, c’est quoi ?

Genono : Globalement, les gens qui te suivent depuis le début. Je lis beaucoup de commentaires du type « c’est pas le Vald qu’on aime », on est à la limite du « Vald c’était mieux avant », alors que ta carrière a pas encore débuté. C’est un truc que t’as ressenti ?

Vald : C’est un peu comme le premier amour, quand tu le revois quelques années plus tard, bah … il a changé ! Moi je fais le son que j’aime, après, ils suivent ou pas, c’est pas grave. J’irai trouver d’autres gens pour m’écouter.

Genono : Sur les autres extraits, j’ai l’impression qu’il y a d’autres retours, et que ça correspond plus à ce que le public attendait.

Vald : C’est surtout au niveau des prods, je pense. Et puis, il y a une raison simple : sur mes anciens projets, je pouvais pas faire de dirty, parce que je savais pas mixer. Et comme c’est moi qui mixais mes projets, forcément … J’avais envie d’en faire, mais je ne savais pas le faire. Alors maintenant, j’arrive en studio, je me régale.

Genono : Jusqu’ici t’étais vraiment en mode « fait-maison » ?

Vald : Ah ouai, c’était artisanal mon frère ! Y’avait un fumet, t’entendais les portes claquer chez moi, t’entendais ma darone crier … il se passait quelque chose quoi ! Alors que maintenant c’est propre, c’est professionnel.

Genono : Je reviens sur Shoote un Ministre … Y’a pas eu trop de controverse au sujet de la quenelle devant l’assemblée. T’es pas déçu ?

Vald : Déçu, non … c’est logique, on fait pas de vues. C’est normal qu’il y ait pas de controverse.

Genono : Justement, ça aurait pu être le truc qui déclenche un peu la machine.

Vald : En tout cas, moi je l’ai pas fait pour ça. Je l’ai fait parce que ça me faisait rigoler. Après peut-être que de l’autre coté, les mecs étaient là à se dire « ouai, on va faire des vues avec ça » … j’en sais rien. Je pense que si on faisait un million de vues avec une quenelle, on en aurait entendu parler … Mais là, avec 100.000 vues, c’est de la rigolade.

Genono : Il se passe plein de choses dans tes clips, ça fourmille d’idées et de conneries. A quel point t’es impliqué là-dedans ?

Vald : Généralement, je rencontre le réalisateur, je propose des idées, et si on peut, on les met en place. Par exemple, pour Shoote un Ministre, j’avais des idées un peu farfelues, qui n’étaient pas réalisables avec le budget et le temps dont on disposait. Donc on s’est concerté, et c’est Tefa qui a eu l’idée : « et si on promenait un ministre mort sur un fauteuil roulant, c’est génial ! »

Mehdi (manager de Vald) : Enculé, c’est moi qui ai eu cette idée !

Vald : Ah c’était ton idée ? C’est vrai que j’ai tendance à considérer que c’est Tefa le génie, mais Mehdi a un meilleur vocabulaire.

Mehdi : Nan, il faut dire que tout vient de Vald !

Genono : Et donc tu disais qu’il y avait des idées que tu ne peux pas encore mettre en place, faute de budget ?

Vald : Ouai, comme les gamins. Ils ont des idées, ils ont envie de faire des films de fou, mais ils peuvent pas. J’en suis à ce stade. Bientôt, j’aurai le budget pour faire des clips hollywoodiens.

Genono : On espère, parce qu’il y a moyen de bien rigoler avec toi. Rien à voir, mais j’ai lu dans ton interview chez l’Abcdr que tu avais une culture rap très limitée. Elle s’est développée un peu, depuis ?

Vald : C’est vrai, j’ai vraiment une mauvaise culture. Disons que c’est une culture atrophiée. Mais je commence à faire des pompes et des tractions.

Genono : Ce manque de culture, tu vois plutôt ça comme un avantage, dans le sens où t’es pas formaté par ce que t’as écouté avant, ou plutôt comme un handicap ?

Vald : Je vois ça comme un fait, j’essaye de changer là-dessus, mais je sais pas si c’est un avantage ou un désavantage. Le bon coté, comme tu le dis, c’est que je fais les choses sans être influencé par ce qu’ont fait d’autres artistes avant moi. J’ai cru comprendre que ceux qui avaient écouté l’album de Lunatic à l’époque étaient traumatisés et voulaient absolument refaire du Lunatic. Moi je l’ai pas écouté, je sais pas ce qu’il se passe dans cet album ! Mais d’un autre coté, le fait de ne pas avoir de références n’est pas forcément un avantage. En fait, j’ai pas conscience de ce qui est bien ou mal, dans le rap.

Genono : Dans ce qui se fait aujourd’hui, t’écoutes quoi ?

Vald : J’aime beaucoup Young Thug, j’aime beaucoup Lil Wayne … j’ai une affection toute particulière pour Lil Wayne. Après, en français … j’ai du mal avec eux, parce que je comprends ce qu’ils disent. Mais par exemple, Kaaris, il me fascine ! Je le trouve trop marrant.

Genono : Mais musicalement, c’est des artistes qui t’inspirent ? Parce que ta musique ressemble pas à du Kaaris ou du Lil Wayne.

Vald : Je sais pas ce qui m’inspire. Si je dis que je m’inspire d’untel, ça veut dire que je vais essayer de faire la même musique que lui ?

Genono : Pas forcément, ça peut être dans le sens où tu vas juste te nourrir de ça, et en faire ta propre sauce. Ne serait-ce qu’au niveau des sonorités, tu peux avoir envie de tendre vers telle ou telle tendance.

Vald : Peut-être que je me nourris de ce que j’écoute sans trop m’en rendre compte, franchement j’en sais rien. J’ai du mal à comprendre le concept d’influence et d’inspiration. J’écoute des trucs … tu sais, des fois, quand j’écoute un morceau, j’ai envie de taper le rappeur. Peut-être que c’est de cette manière là que je m’inspire finalement, c’est une influence un peu malsaine. Je l’écoute, et j’ai juste envie de le mettre à l’amende, de le défoncer.

Genono : Ta connexion avec Rockin Squat sur L’undaground s’exprime chapitre 6, elle se fait comment ?

Vald : Qu’un rappeur avec des disques d’or et 20 ans de carrière m’appelle, j’ai trouvé ça beau. J’étais un rappeur de chambre, j’avais fait quelques mixtapes, mais personne me connaissait. Je sais même pas comment il m’a découvert … c’est une bonne personne, il m’a même invité à monter sur scène à la Cygale.

Lino, surgit de nulle part : Qu’est ce que c’est que ces interviews qui durent 70 heures ?

Vald : Laisse-nous bosser.

Lino : Je passe juste vous saluer avant d’aller pisser. C’est mieux avant qu’après, nan ?

S’en suivent quelques serrages de main, deux-trois vannes pas piquées des hannetons, puis Lino s’en va pisser et l’interview reprend son cours.

Genono : Tu fais beaucoup d’introspection dans tes textes. Est-ce que c’est un truc qui t’aide à te comprendre toi-même, à avancer, à la Soprano qui prend sa carrière pour une thérapie ?

Vald : Pas du tout. J’écris pas quand je suis triste. Si ça va pas, j’écris pas. Je me trouverais con de me trouver dans une situation alarmante et de me dire « oh putain, il faut que j’écrive un texte, il faut que j’explique ce qu’il m’arrive ! ». J’écris uniquement quand je suis content. Et j’ai même pas l’impression de faire de l’introspection, je trouve ça un peu surprenant.

Genono : Tu racontes quand même des trucs super personnels, même si c’est souvent fait avec humour.

Vald : Comme quand je parle de branlette ?

Teobaldo : Ca c’est intime plus que personnel.

Genono : Y’a des moments où tu te dis « ça c’est trop personnel, je vais le garder pour moi » ?

Vald : Ah oui, y’a beaucoup de choses que je dis pas, parce que je trouve que ça ne regarde que moi. Et puis surtout, ça n’apporte rien. Si ça apportait quelque chose de lâcher une phase très personnelle, en me disant que des gens vont se reconnaitre dans ce que je dis … Mais la plupart du temps, je parle pas de moi. C’est pour ça que ce coté introspection, je vois pas trop … Peut-être sur Journal Perso, ou des vieux morceaux ?

Genono : Même sur NQNT, y’a pas mal de phases super personnelles, même si c’est pas forcément à chaque fois le thème du morceau. C’est quelques phrases disséminées ci et là tout au long du projet, que je trouve très personnelles.

Vald : J’ai pas ce ressenti … mais pour revenir à ta première question, écrire ne m’aide pas du tout. Je ne règle rien avec la musique.

Teobaldo : Du coup, écrire ça t’apporte quoi ?

Vald : C‘est un sentiment d’accomplissement. Quand j’écris, j’ai l’impression que je fais quelque chose de ma vie … alors qu’en fait, nan. Je peux passer une nuit entière sur une seule phrase, en vrai je fais rien du tout, mais j’ai quand même l’impression d’avoir fait un truc. Quand je finis un morceau, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait quelque chose de concret, de pas être resté là à attendre que le temps passe, comme un branleur. Alors quand le morceau est validé au studio, j’en peux plus, je l’écoute vingt fois d’affilée, je me dis « ouaah, je suis louuurd », alors que pas du tout, je brasse pas un sou.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 2

Genono : Aujourd’hui t’es rappeur à plein-temps ?

Vald : Plus ou moins …

Genono : T’as prévu un plan B, au cas où ça ne marche pas comme prévu ?

Vald : Bah oui, justement, parce que je viens de me rendre compte de l’économie du rap et … c’est pas flamboyant (rires).

Genono : Y’a pas lontemps t’as publié sur les réseaux sociaux « 5 bonnes raisons de ne pas acheter NQNT » …

Mehdi (manager) : Une idée de génie !

Genono : T’annonces « aucun tube ne sera joué en radio ». Ils font pas trop la gueule chez Barclay ?

Vald : Nan, pas du tout. J’ai pas tellement de contacts avec eux en fait.

Genono : Ils t’ont juste commandé un album, façon « ponds ce que tu veux » ?

Vald : Voila, on leur a donné un album, on a dit « si vous aimez, vous prenez, vous donnez de l’argent, et vous distribuez ».

Genono : Et t’as eu des retours ?

Vald : Ils en sont très contents. Ils me trouvent très particulier, avec un univers … ça fait plaisir.

Genono : Parmi les 5 bonnes raisons, tu dis aussi « pas d’autotune dans le projet ». C’est un truc que t’aimes pas ?

Vald : Au contraire, c’est un truc que j’adore, mais que je contrôle pas encore.

Genono : Donc ça va venir ?

Vald : Ah ça, dès que je sais l’utiliser, vous allez en chier ! Prends garde à toi, Jul ! (rires) J’ai aucune censure là-dessus, dès que je sais le faire, c’est partit !

Genono : T’as l’air plutôt à l’aise sur scène, c’est un truc que tu travailles à l’avance, où t’y vas vraiment en mode freestyle ?

Vald : Ouai, jusqu’ici c’était très freestyle, mais le public est super réactif, sans trop que je sache pourquoi. Bien souvent, il est juste content de voir « son » artiste, donc il fait la fête même si tu pues la merde sur scène. Après, on a essayé de travailler un peu le truc, c’est plus cadré, un peu moins bordélique, même si y’aura toujours une part de bordel. A terme, je pense que ça va devenir très professionnel, l’idée c’est que ça devienne un vrai spectacle. Je pense qu’il nous faut juste des séances en studio pour développer ça … et les séances, faut les payer ! Mais là j’ai l’impression qu’on a trouvé un format qui fonctionne bien, ça fait 6 ou 7 dates que je sens qu’on a quelque chose de professionnel.

Genono : Ce coté trop carré, t’as pas peur que ça déplaise à un certain public, qui aime justement le Vald un peu à l’arrache ?

Vald : Ca peut être à l’arrache … mais carré en même temps. J’ai déjà fait des scènes vraiment à l’arrache, et c’était vraiment trop à l’arrache, tellement à l’arrache que le public n’y comprend plus rien. Donc oui, y’aura toujours une ambiance « fait-maison », un petit fumet, mais le temps est à la professionnalisation.

Genono : La piste 5 de NQNT s’appelle Sullyvan. En écoutant le morceau, j’ai l’impression que ce personnage est une sorte d’alter-égo démoniaque de Vald. J’ai bien compris le concept ?

Vald : Ouai, c’est à peu près ça. C’est partit d’une rime que j’ai fait dans un vieux morceau, avec le nom de Sullyvan, et j’ai développé un peu ça. Mais j’ai pas du tout le complexe du schizophrène, avec une partie sombre qui se dévoile sous un alias. Sur ce morceau, c’est vrai que la prod s’y prêtait bien, j’ai poussé un peu dans cette direction … mais en fait nan (rires). Ca m’a surtout permis de faire un égotrip un peu particulier, de parler de ce personnage comme d’une légende, un mythe.

Genono : C’est un truc qui peut revenir dans les prochains projets, ma suite des aventures de Sullyvan ?

Vald : Ouai, je vais le décliner, c’est certain. Et puis ça nous fait un super morceau pour entrer sur scène, c’est génial.

Genono : Piste 8 (« Horrible »), tu dis « suffit d’une vidéo de Soral pour que l’audimat du JT chute ». Tu penses quoi de ce mec ?

Vald : Je pense qu’il a une grande écoute. Je l’ai beaucoup écouté, maintenant j’ai décroché. Je prends plus rien à cœur, j’en ai plus rien à foutre de quoi que ce soit. Je sais qu’il a beaucoup d’audimat, et qu’il est plus proche de la réalité que les journaux télévisés. C’est moins déformé, et ça a plus d’impact. Lui aussi, il bosse à la maison, il est sur son canapé, il fait ses vidéos … Et je sais que si t’écoutes Soral, t’écoutes pas le JT. Ca n’a pas de sens, d’écouter les deux, ou en tout cas, de croire les deux.

Genono : Dans le même morceau, tu dis « personne m’a donné la foi, je suis lassé de croire en rien ». Quel est ton rapport à la religion ?

Vald : J’aimerais avoir la foi ! Mais je crois en rien, je suis pas dedans. Et j’aimerais bien, parce que je ressens une sérénité chez les gens pieux, c’est quelque chose que j’ai pas. Mais j’ai réussi à trouver la sérénité ailleurs, donc je m’en sors pas trop mal.

Genono : La foi, c’est donc quelque chose que tu recherches ? Ou tu te dis juste « si ça vient, ça vient » ..?

Vald : Voila, je me dis que si un jour je tombe dedans, ce sera super. Sinon, tant pis.

Teobaldo : C’est juste une question de sérénité, d’équilibre ?

Vald : C’est vraiment … un bien-être que je ressens chez les gens qui ont la foi. Mais ceux qui l’ont vraiment, pas les frères muz 2.0. Les vrais frères muz, ils ont sont apaisés, c’est magnifique.

Teobaldo : On sent que t’as développé une grosse réflexion là-dessus.

Vald : Ca me touche personnellement en fait, parce que mon frère est devenu musulman. Je trouve ça beau. Moi, j’arrive à vivre sans, mais si un jour ça vient … incha Allah !

Genono : Ensuite, piste 9, « Aulnay-sous-bois », qui est très critique envers la mentalité de quartier et l’apologie de la rue. Tu sentais le besoin de faire ce morceau ?

Vald : Ouai, c’était vraiment un besoin, parce que personne n’en voulait de ce morceau ! (rires) Je trouvais intéressant de proposer cette vision des choses, j’ai pas l’impression d’avoir déjà entendu un morceau comme celui-là … après j’ai une culture de merde, donc il a peut-être déjà été fait. Je trouvais ça marrant qu’un blanc qui vienne du 93 parle de la cité de cette manière.

Teobaldo : T’as pas peur de te mettre des gens à dos ?

Vald : Je connais personne, donc je peux me mettre personne à dos ! (rires) Après, je dis pas que la street c’est mal … mais revendiquer le fait d’être un mec de tiekar, ça pue la merde. Je vous chie dessus ! Attends, que je me fasse pas mal comprendre, c’est pas parce que t’habites dans un tiekar que je te chie dessus …

Genono : Si si, on va marquer ça. On va faire du buzz, on va titrer « Vald chie sur les mecs de tiekar ».

Vald : Nan, ce que je veux dire, c’est que je te chie dessus si t’es un mec de tiekar et que tu vis là-dessus. Et j’en connais plein, des mecs qui te disent « ouai, moi je suis un mec de quartier, je vais rien faire de ma vie, je vais rester en bas » …

Teobaldo : Pas de vacances pour les vrais gars.

Vald : T’as tout dit.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 3

Genono : T’as quel attente sur la sortie de NQNT ?

Vald : Par rapport aux ventes ? J’en ai aucune idée. J’aimerais bien impressionner les gens de maisons de disques, pour qu’ils me sortent en physique, ces fils de lâches.

Genono : Ah mais il sort pas du tout en physique ?

Vald : Nan, parce qu’ils ont pas confiance en nos chiffres, ces crevards ! Ca me fout un cafard de ouf. Mais j’ai confiance, j’ai l’impression que mon public est deter, qu’il croit en moi.

Teobaldo : Du coup tu vises pas un chiffre précis …

Vald : Nan, je vise juste de pouvoir vivre de ma musique. Tant que j’en vis, les chiffres m’intéressent pas.

Tefa (qui est là aussi, parce que c’est la fête du slip) : Ca dépend comment tu veux vivre.

Vald : Je veux juste vivre, poto ! Je veux partir de chez mes parents, je veux pouvoir payer un loyer et des factures.

Teobaldo : Du coup, tu penses que tout buzz est bon à prendre ?

Vald : Nan, y’a aussi des mauvais buzz. Y’a des buzz desquels tu te relèves pas, y’en a certains qui ne s’en sont jamais remis. Je vais pas citer de noms, on va pas leur faire de la mauvaise pub, mais tu les connais.

Genono : Question « à la Spleenter » : est-ce qu’en tant que rappeur blanc, tu pourrais raconter que tu te faisais racketer au collège, comme Orelsan ?

Vald : Le raconter ? Je sais pas … peut-être le dire en une phrase, mais un morceau complet dessus … c’est dur.

Genono : Bah il en a fait … je vais pas dire une carrière, mais presque.

Vald : Nan, je peux pas capitaliser sur le fait d’être une victime, ça m’intéresse pas. Je peux pas écouter un morceau dont le message serait « je suis une victime ». Meme sans le dire ouvertement, mais y’a des sons, les mecs font que se plaindre de la première à la dernière mesure. Frère, relève la tête, car un jour tout s’arrête.

Moment de flottement dans le studio, tant tout le monde est subjugué par la dernière phrase de Vald.

Teobaldo : C’est pour ça, l’humour ? Aborder des sujets sérieux différemment, que les gens se fassent pas chier …

Vald : Voila, et faut se détendre, le ridicule n’a jamais tué personne.

Genono : Les comparaisons avec Orelsan, c’est un truc qui doit te casser les couilles nan ?

Vald : Oui, forcément, mais si ça vous donne une porte d’entrée, prenez-la. C’est toujours mieux qu’on m’écoute en se disant « c’est un peu comme du Orelsan », plutôt qu’on m’écoute pas. Mais j’ai jamais fait du Orelsan, donc j’ai même pas l’impression de devoir m’en détacher. J’ai un phrasé particulier qu’il n’a pas, et il a un phrasé particulier que je n’ai pas.

Teobaldo : Donc t’as déjà écouté ce qu’il fait ?

Vald : Ah oui, bien sur. Tout ce qui se fait, depuis que j’ai commencé à rapper, j’écoute, je me mets à jour. Le rap, c’est une bataille, donc si je sais pas ce que les autres font, c’est chaud.

Genono : Tu pourrais t’autoproclamer Professeur Punchline comme Seth Gueko ?

Vald : Je fais pas de punchlines, moi. Je déteste le mot « punchline ». Déjà, je déteste les anglicismes. On a une langue tellement riche, tellement belle, utiliser des anglicismes c’est dommage. Et le terme « punchline » … c’est nul, complètement nul. Je fais pas de punchline, je fais du sentiment. J’ai l’impression de développer vraiment un ressenti, pas juste de faire de la phrase. C’est difficile de prendre une phase de mon texte, et de la sortir comme ça.

Genono : C’est aussi du à ton écriture qui est très dense, pas mal basée sur la technique avec des assonances, des multisyllabiques dans tous les sens, des mots qui s’entrechoquent. C’est quelque chose que tu recherches particulièrement ou c’est quelque chose qui te vient naturellement ?

Vald : Ca me vient naturellement, c’est de la performance, et c’est ce qui va me faire écouter ou non un rappeur. Si un rappeur rime mal, je l’écoute pas. Les rimes trop simples, ça m’énerve. Y’a plein de mots dans la langue française, sers-toi-en. Maintenant j’y fais peut-être un peu moins attention, mais j’ai longtemps eu l’impression que c’était une obligation. C’est une question un peu complexe, mais pour moi c’est un devoir. Si t’es rappeur et que tu rimes pas … c’est la misère, gros. Fais autre chose.

Genono : Si tu devais imaginer ta reconversion après le rap, ce serait quoi ? Je te verrais bien au cinéma.

Vald : Ouai, le cinéma ça me plairait bien. J’attends qu’on vienne me contacter, je fais des petits appels subliminaux avec mes vidéos, mais ça marche pas (rires). Et puis, j’ai l’impression que ça paye mieux. Sinon, j’aimerais bien me reconvertir dans la production, prendre des petits rappeurs, leur transmettre mon savoir, mon expérience, et les orienter. Mais il faut de l’oseille.

Mehdi (le manager) : Tefa peut t’expliquer comment ça fonctionne !

Tefa : Bah c’est comme la politique : faut être un enculé.

Vald : J’aime bien aussi le montage vidéo, même si j’ai un niveau de merde. Ca me passionne.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 4

Teobaldo : Le clip de Toutatis, déguisé en flic, qui a eu l’idée ?

Vald : C’est une idée à moi, que j’ai trouvé vraiment super, et j’ai forcé tout le monde à la faire. A la base, je voulais faire un vrai truc de bad cop, avec un keuf crapuleux, ripoux … et au final, on s’est retrouvé en îlotiers super ringards. Mais j’aime bien, c’est drôle, ça a un côté sketch, et puis ça nous fait 3 clips bien construits, qui sont très différents mais qui gardent quand même une certaine ligne directrice.

Teobaldo : J’ai l’impression que pour chaque clip tu vas un peu plus loin. Le prochain tu nous fais quoi, la guerre des étoiles ?

Vald : Le prochain … c’est une surprise. Il sera pas cher, mais drôle.

Teobaldo : Tu commences à monter, à avoir une petite notoriété, y’a forcément un moment où un mec va vouloir te clasher. Comment tu penses réagir ?

Vald : Ca dépend de la notoriété du bonhomme. S’il est en dessous de moi, j’en ai rien à foutre, parce qu’il va rien m’apporter, je vais juste lui donner du buzz. Par contre si c’est un mec qui est au-dessus, et qu’il m’attaque … je vais le ruiner, l’enculer comme un chien, je vais pas le lâcher. Je vais voir l’ouverture et … oh putain, je vais l’enculer.

Teobaldo : T’es prêt pour la guerre.

Vald : Attaquez-moi, je vous en supplie ! Mais faut souligner que ça reste de la musique, je peux clasher le mec et lui serrer la main en studio le lendemain. Après, pour qu’un mec avec plus de notoriété que moi m’attaque, faudrait qu’il soit vraiment con.

Teobaldo : Bah y’a des cons dans le rap français, c’est pas le problème.

Tefa : Nan, y’a pas de cons, c’est pas vrai. C’est qu’une rumeur (rires).

Teobaldo : Est-ce que tu serais prêt à faire de la taule pour gagner en street-crédibilité ?

Vald : Je résisterais pas en taule … faudrait que je tue un violeur pour être respecté là-bas. Mais sinon, je suis un petit blanc, t’as vu mon gabarit ? Je suis dans la merde. Je vais m’en prendre plein la gueule !

Genono : Et pas que la gueule …

Vald : Et pas que la gueule !

Mehdi : Du coup après, tu feras peut-être du rap de victime.

Teobaldo : Est-ce que tu penses pas que tu vendrais plus en faisant du rap de victime ?

Vald : Pas sûr. Ce qui marche, c’est la sincérité. Si on croit en ce que je fais, les gens vont se sentir impliqués. Si je deviens la copie d’une copie, ça va intéresser personne. Faut juste être sincère et spontané.

Genono : Niveau connexions, tu fais pas énormément de featurings, ou en tout cas pas avec des rappeurs très côtés. T’es comme Niro, t’aimes pas te mélanger ?

Vald : Pour faire des feats avec des gens côtés, faudrait que j’aime ce qu’ils font, faudrait que je les contacte, ça me met un peu dans une position bizarre, j’aime pas trop ça. Je préfère faire des feats avec des gens que je connais, que j’aime, et avec qui il n’y a pas de calcul. En fait, y’a personne qui m’attire.

Teobaldo : Le rap français t’intéresse vraiment pas ?

Vald : Ah si, y’a vraiment des artistes que je kiffe, que je survalide. Un mec comme Katana, je suis comme un fou dessus, je l’écoute, j’en peux plus. Y’a aussi un gars de la clique de Kaaris, il s’appelle Solo le Mythe, il est trop fort. Y’en a beaucoup, j’aime bien aussi Docteur Bérize … Hornet La Frappe, il tue sa mère !

Genono : Bah justement, ces gens-là, ça t’intéresse pas d’aller les chercher et de rapper avec eux ?

Vald : Ca peut m’intéresser, mais je sais pas spécialement comment m’y prendre … Et puis je pense qu’un feat, ça se fait en fin de projet. Mon prochain projet, quand il sera fini aux trois quarts, je me dirai peut-être « tiens, il me faut un feat » … J’y penserai à ce moment-là. Et puis, ça va me mettre dans une démarche où je serai obligé d’écrire, et je déteste être obligé d’écrire. Ca me frustre.

Teobaldo : Pourtant t’as l’air productif.

Vald : Je suis productif, mais je suis capricieux. Et si j’appelle quelqu’un, je vais être obligé d’écrire, sinon il va me dire « tu m’appelles pour rien, enculé ! ». J’ai jamais de morceau où j’écris un couplet et ensuite je me dis « tiens, untel sur le deuxième couplet, ça passerait bien ». Déjà, j’ai très peu de chutes de morceaux, et puis … je m’aime trop, je crois. A chaque fois je trouve que mon morceau vaut la peine que j’aille au bout tout seul.

Teobaldo : Y’a des gens que t’aimes bien mais avec qui tu penses que musicalement, ça ne fonctionnerait pas ?

Tefa : Swaggman ?

Vald : Nan, Swaggman ça tuerait sa mère, t’es fou ! Par exemple Maitre Gims, je trouve qu’il est super fort, mais je le vois pas faire un refrain et moi lâcher un couplet derrière. Mais j’aime beaucoup de gens hein, même si vous avez l’air de penser le contraire.

Genono : NQNT, tu comptes le défendre sur une tournée ?

Vald : Je sais pas ce qu’on appelle une tournée. En tout cas on a plein de dates, dans toute la France, plus de trente jusqu’à l’été prochain.

Genono : On peut donc appeler ça une tournée.

Vald : Ouai, mais je les connais mes dates, on va pas se mentir les frères. Y’a des salles de quelques centaines de personnes …

Mehdi : Bah on voulait faire la tournée des Zéniths, mais il a que 20000 fans sur Facebook, c’est chaud.

Vald : Après, je sais pas si on peut dire que je vais « défendre » l’EP pendant cette tournée, mais c’est clair que c’est un excellent prétexte pour monter sur scène.

Mehdi : En langage professionnel, ça s’appelle bien « faire une tournée » et « défendre un projet » (rires).

Vald : Ouai, mais j’ai pas l’impression de défendre quoi que ce soit. Quand je monte sur scène, les gens connaissent déjà les morceaux, je leur donne juste ce qu’ils veulent.

Teobaldo : Le fait d’être entouré, avec des gens qui s’occupent de la production, d’autres de la logistique … ça t’enlève un poids ?

Vald : Ca m’enlève un poids, mais d’un autre côté, je dois toujours leur courir après (rires). Maintenant, je délègue, c’est un autre type de poids, mais au final ça m’avance pas beaucoup.

Genono : Pour conclure, les prochains projets, tu bosses déjà dessus ?

Vald : Ouai, je suis en avance. Les morceaux que vous écoutez en ce moment, ça fait déjà un an que je me branle dessus. La suite arrive.

Genono : Bon, bah on a fait le tour.

Vald : Merci les frères, c’était cool, j’ai bien aimé cette interview. De toutes celles que j’ai fait, c’était la plus dynamique.

Tefa : T’oublieras pas de couper toutes les questions où il dit qu’il est antisémite, homophobe, et encarté au FN.

NQNT dans les bacs le 28 Octobre. Et le produit est très bon, alors faites pas les lâches et mettez un petit billet dessus (ndTeo : ceci est un message de Génono. Moi j’ai pas encore écouté le CD =/)

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The Black Desperado Rises #TBDR

Si on fait le bilan de la dernière saison rap Frinçais, on constate un étrange fait (en fait on en constate 30 000 mais comme d’hab).
Oxmo Puccino serait revenu dans le rap. Trés furtivement, telle une ombre. Pour beaucoup, ce n’est qu’une légende urbaine. Il n’y aurait aucune preuve que le Black desperado ait remis les gants. Mais pourtant, c’est une certitude pour d’autres, le Black Desperado serait de retour. Comment et pourquoi ? Le Blavog n’en sait foutre rien (mais alors vraiment, que dalle), mais vu que c’est l’occasion de faire une parodie stupide, on va quand même tout vous raconter.

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Devant un pavillon trés laid (c’est pas qu’il fasse délabré mais le goût en architecture est très douteux), Grodash des Hall frappe à la porte. Qui s’ouvre. Sur le pas de la porte, on retrouve Le Célèbre Bauza.
Grodash -Je suis venu voir Oxmo Puccino. COUSIN !
Bauza -Je suis désolé, monsieur Puccino ne prends pas de rendez vous imprévu. Même si c’est venant d’un type qui porte des lunettes de soleil en plein jour.
Grodash -Et ta non carrière totale, c’était prévu ça ?
(Alors là vous allez dire que c’est gratuit d’afficher ce pauvre Célèbre Bauza comme ça alors qu’il rappe même plus ou si peu. Mais je vous dirai que c’est pour que son blase ne tombe pas dans l’oubli, bande de petits ingrats)


–On retrouve Grodash assis sur un canapé très moche dans un salon imonde. Un gros type mal réveillé le rejoint alors dans la pièce.
Oxmo -Bonjour, jeune intrépide.
Grodash -Je suis venu pour le feat.
Oxmo -…
Grodash -J’ai besoin de toi. J’ai besoin du Black Desperado.
Oxmo -T’as de l’espoir.
Grodash -On s’est déjà rencontré. En 98. devant les locaux de Skyrock. On était venu avec des potes. Et c’est là que tu es apparu. Sortant de la radio avec un cigare au bec, un stylo plume avec une mine de cristle et un chapeau de mafieux. On a tellement kiffé ! Oxmo Puccino ? De Pucc Fiction ? De Opera Puccino ? On se faisait des films avec les potes ! Des films entre potes… C’est tout ce que c’était… Mais moi je savais que c’était possible. Alors je t’ai demandé un feat et tu m’as donné ta parole.
Oxmo -C’était il y a jadis et naguère, ça. Je fait de la variété, maintenant, moi, mon petit monsieur. Je ne suis plus rappeur… Ça fait des années…
Grodash -J’ai suivi ton parcours depuis ton tournant variet. On te regardait dans les émissions de merde, style Ruquier. Les potes, ils se foutaient bien de ta gueule, mon gros. Mais moi j’ai vu ton regard. Ce regard que je m’entraine à faire chez moi, devant mon miroir. Faire croire au mec qui t’interviewe qu’il te pose des bonnes questions. Mais au fond, tu étais vraiment saoulé. Car tu es un rappeur ! Un vrai rappeur ! Et comme tous les rappeurs, tu détestes les interviews que tu fais à la télé.
Oxmo -…
Grodash -Tu es le Black Desperado. Tu dois remettre ton masque. COUSIN.
Oxmo -…
Grodash -Trés bien. Je m’en vais.
Oxmo -Attends. Pourquoi as tu dis que tu me regardais au passé ? Tu ne me regardes plus à la télé, maintenant ?
Grodash -Tu devrais prendre un peu l’air, te rafraichir les idées et faire gaffe aux détails. Tu réaliserais que tu ne passes déjà presque plus du tout à la télé. Malgré toutes tes tentatives lamentables d’infiltrer durablement la scène Française.
(Grodash s’en va. Laissant Oxmo Puccino. Seul. Perplexe)

Oxmo -Black Bernardo ! Ici mon fidèle copain.
Bauza -Ça te reprend ces conneries ? Faut arrêter de m’appeler comme ça.
Oxmo -Est-ce que c’est vrai que j’ai pas fait tant de télé que ça pour la promo de Roi sans carrosse ?
Bauza -Qu’est-ce que j’en sais ? Y a rien eu de marquant, en tout cas. Mais comme j’en ai plus rien à foutre, j’ai pu rater quelque chose.
Oxmo -Et mes ventes ?
Bauza -C’est pas fantastique.
Oxmo -Impossible, j’ai gagné une victoire de la musique avec cet album.
Bauza -Une victoire de la musique urbaine, oui. Autrement dit, tout le monde s’en contre branle sur la table basse.
Oxmo -Ah bah merde, non. Je suis sensé être un poète qui restera dans les têtes. Et là tout le monde m’oublie ?
Bauza -Il te faut remettre le masque.
Oxmo -Non, je ne peux plus être le Black Desperado. Je dois rester ce poête élégant. C’est comme ça que je ferai de grosses ventes. Comme avant la crise.
Bauza -C’est le déni, ça.
Oxmo -Que nenni, c’est toi le déni.
Bauza -Et si je te disais que tes ventes t’avaient écrit un mot avant de partir ? Un mot dans lequel elles te disaient qu’elles ne reviendraient plus ? Et si je te disais que j’avais brûlé ce mot, pour ne pas te faire de peine…
Oxmo -Nooooon !!! Je vais avoir la réaction d’orgueil la plus constructive et intéressante qui soit : je vais bouder dans ma chamb… Mon repère secret.

Je vois... Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec...

Je vois… Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec…

Oxmo s’enferme alors dans sa cave où il joue avec des vieux posters de lui comme si c’était des figurines. La nostalgie plein son petit coeur.
C’est alors que, sorti de sous terre et en moto, apparait Ol Kainry avec un masque de Luchador sur la figure et une redingote de bucheron.
Oxmo -Ça c’est de l’entrée.
Ol kainry -Ne te demande pas qui je suis. ne te demande pas qui est ce nègre en selle, ce qui importe c’est notre but.
Oxmo -Tu es Ol Kainry… On te reconnait facilement. Mais qu’est-ce que c’est que ce masque ?
Ol Kainry -Un masque au max de la masquance.
Oxmo -Qu’est-ce qui se passe si je l’enlève ?
Ol Kainry -Ça ferait mal.
Oxmo -Comment ça se fait ?
Ol Kainry –J’ai des bails de cheveux coincés dans la zippette, derrière.
Oxmo -Aouch. ah ouais, t’es un gros dur, toi.
Ol Kainry -Pour quelqu’un comme toi, oui.
Oxmo -Et qu’est-ce qui te prend d’arriver en dévastant mon joli carelage saumon de chez point P, jeune vandal ?
Ol Kainry -J’ai appris que tu allais te remettre au bail de rap…
Oxmo -Oui, je l’avais promis à ce jeune qui n’en veut et qui a un nom de lessive. J’ai réussi à reculer l’échéance pendant 16ans mais là je crois qu’il commence à se rendre compte que je le prends pour un con.
Ol Kainry -Si le Black Desperado refait surface, alors il devra rapper pour moi, d’abord. Sur un morceau avec une tite-pe au refrain. Et ensuite tu auras ma permission pour poser sur l’album de Grodash.

Tu n'as pas ma permission de faire caca

Tu n’as pas ma permission de faire caca

Oxmo -Mais où est l’intérêt de me faire à nouveau rapper si c’est pour qu’une inconnue chante très mal au refrain ? Je peux le faire moi même.
Ol Kainry (Il met sa main sur l’épaule d’Oxmo)-Est-ce que tu te sens aux bails de commandes ?
Oxmo -On peut savoir ce que tu fais avec ta main bourrue, petit homme étrange et tout en muscles ?
Ol Kainry -Je te demandes si tu te sens au max de la maxance ?
Oxmo -Et bien…
Ol Kainry -FAUX !!!! C’est moi qui dit qui qui fait quoi et toi tu vas rapper sur mon album et y aura une meuf au refrain !
Oxmo -T’énerve pas. Moi, tu sais, au point où j’en suis, j’en ai plus rien à cirer de que dalle. Les albums dégueulasses plein de trucs sirupeux, j’en ai fait. C’était pour toi que je disais ça. Sur un album d’Ol Kainry, les gens veulent juste que ça rappe. C’est pas Facteur X 3 ou je ne sais quelle horreur.
Ol Kainry -« On demande juste que ça rappe ! Rappe ! Rappe ! Rappe ! » Hey mais c’est pas mal ça ! Ça ça ferait vraiment un bon refrain !
Oxmo -Tu vois !
Ol Kainry -Ce sera parfait pour mon album avec Dany Dan.
Oxmo -Mais pourquoi sur l’album avec Dany Dan ?
Ol Kainry -Parce qu’il faudra bien que je revienne pour ma fan base après les avoir déçu avec « Dyfrey ».
Oxmo -Non mais je veux dire pourquoi pas sur notre duo à nous ? Ce serait pas mal.
Ol Kainry -Je veux pas que ce soit pas mal.
Oxmo -Tu veux que ce soit mal, donc ?
Ol Kainry -Un mal nécessaire.
Oxmo -Mais dans quel but ?
Ol Kainry -L’embrasement arrive.
Oxmo -OK… Cinglé… Et c’est moi qui dit ça…

Ol Kainry -Comme ça je reviens avec des bails de morceaux single pour plaire au plus grand nombre.
Oxmo -Je ne doute pas que ta stratégie sera vraiment payante, mon bon ami, mon comparse, mon complice. Mais si tu veux faire un truc grand public, pourquoi ne pas faire un son acoustique avec des musiciens de jazz ?
Ol Kainry -Ah ! Le bail théâtral ? Les bails de la tromperie. Toujours très impressionnant pour les bougs qui connaissent que dalle au rap. Mais on s’y connait en rap, nous, n’est-ce pas mon boug Oxmo ? On a appris au sein de la rue !
Oxmo -Oh moi, tu sais, la rue…
Ol Kainry -Je sais, mon boug Oxmo. Tu as peut être adopté le rap. Moi, je suis né dans les bails de rap. Modelé par les bails de rap. Je n’ai écouté de la variété qu’une fois à l’âge adulte. Et pour moi ce n’est rien d’autre qu’assourdissant !
Oxmo -Bah alors pourquoi ramener des chanteuses à tour de bras ? C’est pas comme si tu connaissais Olivia Ruiz, en plus.
Ol Kainry -Pour embraser les ventes ! Ventes rises !
Oxmo -C’est pas gagné, vu ta façon d’envisager le chant dans un morceau rap.
Ol Kainry -Bail de point d’interrogation, là ?
Oxmo -Tu amènes tes parties chantées comme les mauvais singles d’il y a 10 ans, mais c’est fini Factor X, mon bon. En plus, ton public est très rap. Ça lui fera très plaisir de me revoir en mode MC, tu es bien cruel de gâcher leur joie, ainsi. Eux qui voulaient me révérer en toute quiétude.
Ol Kainry -C’est pour ça que je sors mon album avec Dany Dan dans la foulée.
Oxmo -Tu veux dire qu’il n’y aura pas de feats de merde dessus ?
Ol Kainry -Ah bah si, pourquoi ?
Oxmo -…

Comme Oxmo en avait marre de tous ces gens fous du 91, il retourne alors les chiffres de 91 et retourne ainsi dans le 19, de ce fait.
Un peu comme Batman qui retourne à Wayne Corp. Sauf que lui il retourne vers Danube et croise un autre rappeur du coin.

Oxmo -Il me faudrait de nouveaux gadgets.
Abis -Euh… Ouais… Pourquoi tu me dis ça à moi ?
Oxmo -Parce que je reprends les affaires. Donc je retourne dans mon fief. Un peu comme Bruce Wayne dans TDKR. T’as pas lu le début du billet ?
Abis -Mais c’est moi qui fait Morgan Freeman dans ta version ? Je suis plus jeune que toi…
Oxmo -Et t’es pas noir non plus, mais on fera avec.
Abis -La couleur c’est pas grave. Le sang est le même pour tous, appelle moi Rachid Sissoko. Mais en vrai c’est moi qui devrait faire Batman.
Oxmo -Comment ça ? Tes paroles sont houleuses, mon jeune ami.
Abis -Bah je suis l’homme du bâtiment, l’homme du bât. Bâtman ! Sous ma cape, je visser des gothiques.
Oxmo -Pas mal. Pas mal… t’es sûrement encore un mec qui va me demander un feat, je le vois venir.
Abis -En fait, je t’ai déjà demandé y a quelques années.
Oxmo -Alors ma réponse sera la même !
Abis -Alors ça tombe bien parce que t’avais dis oui. Par contre tu l’as jamais fait après…
Oxmo -Putain, faut que j’arrête de faire ça. Ça ressemble toujours à une bonne solution sur le coup mais après ça me revient dans la gueule.

Abis -Mais c’est cool que tu reviennes aux affaires. Comme ça tu peux poser sur mon album comme prévu à la base.
Oxmo -Il faut que je vérifie si tu mérites un feat avec moi.
Abis -Tu veux test ?
Oxmo -De fait, je vais te tester. Dis moi, mon petit bonhomme, comment comprends tu cette phase ; « Les gens ivres de bonheur rêvent de revolver » ?
Abis -J’sais pas. Les gens heureux, au fond d’eux dépriment et veulent se supprimer. Ou bien alors que les seuls heureux sont ceux adeptes des armes. Les vendeurs, les trafiquants ou plus simplement ceux qui aiment la guerre.
Oxmo -Tu as vu tout ça dans ma phrase ?
Abis -Oui, pourquoi pas. Tu pensais à quoi, toi ?
Oxmo -Euh… Oui… C’est exactement ce que je voulais dire et même bien plus encore.
Abis -C’est ça le 19ème : c’est la rue avec la plume.
Oxmo -C’est beau ce que tu dis.

Mmmmmmmmmmmmmmm !MMMMMMMMMMMM !MMMMMMMMMMMMM!
Roi sans carrosse sur le périph !!!

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Classé dans cinoche, complots, Parodie

Interview NKLM

En attendant la rentrée officielle du Blavog dans vos m*** (ce qui ne saurait tarder vous qu’Octobre pointe le bout de son zgueg)

Notre bon vieux Teobaldo est parti avec son sac à dos pour TupakTV, à la recherche de personnes aux compétences indéniables, et voici qu’il nous livre donc l’interview du collectif NiKLesMouths (NKLM), un groupe de beatmakers du 91 qui a déjà produit pour Zesau, Juicy P, Hype & Sazamyzy, Zekwe Ramos, Alkpote, Moon’A, Butter Bullet ainsi que tout un tas d’autres gens recommandables comme ça.
Vous allez voir dans cet interview que, comme ils le disent eux même « Les beatmakers ont autant de choses à dire que les rappeurs ».
Et le montage a été assuré par Mehdi Mohatou, le fils caché de Serge Moati.

http://tupaktv.com/interviewtupaktv-collectif-nklm-face-camera-video/

Donc allez-y, cliquez, ça vous fera pas mal au cul.
De toute façon, c’est une interview de moi, donc automatiquement je parle à des gens intéressants (Je serai pas allé là bas, sinon, réfléchis) et donc c’est bien.

et puis partagez aussi, il parait que c’est ça le hip hop, c’est le partage (moi j’aurais plutôt dit que ça s’appelle l’éducation mais à priori c’est ça aussi le hip hop)

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Cinéfilou – hors-série – MandElba

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Parce que bon, hein.

Autant se faire plaisir quand on peut.

donc ça va d’une comparaison Stringer/Mandela à une question golmon sur Pacific Rim, en passant par James Bond, Green Lantern et un super clash avec Morgan Freeman (non, pas du tout), sans oublier la « question qui tue » à la fin. Tout ça en moins de 10 minutes. That’s what she said.

et pour ceux qui se demanderaient, ça a bien eu lieu le 02/12, donc exactement 3 jours avant la mort de Nelson. Chacun en conclura ce qu’il en voudra.

lachédékom si vous kiffez le uc’ à Spleenter

et ça c’est pour les fans de The Wire :

ici

et là-bas

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Interview : Dosseh suite et fin

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La suite de ça, pour ceux qui ont pas bien suivi. Vers la fin ça parle de cheveux et de Jeopardy, on s’est pas foutu d’votre gueule.

Spleenter -Vous vous êtes trompés ?

Dosseh -Non. C’est juste que comme c’est un remix, on voulait pas remettre la même phrase. On voulait réactualiser le truc avec une phrase bien caillera et cette phase de Kery tombait à pique. En plus de ça, vu que Sofiane était et est encore sûrement très proche de l’équipe Kilomaître, on s’est dit direct que si on décidait de faire un clip, y avait moyen de ramener un Kery James dedans.

Teobaldo -Certains disent que t’es quand même très pro black. Ça fait un peu faire la grimace à des gens. T’en penses quoi de ça ?

D -(il n’a pas l’air au courant) Bah franchement, qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? Les gens qui pensent ça, bah qu’ils continuent de faire la grimace. Si ce genre de choses ça leur donne envie de faire la grimace, qu’ils fassent la grimace et qu’ils restent figés à vie. Après, ça me dérange pas. Tout est question de perception. Y a des gens, quand ils vont t’écouter, ils vont capter que ces phases là. Donc, eux, ils auront cette image à de moi. Moi après, ça me dérange pas, c’est pas un problème, c’est pas un truc qui est spécialement rabaissant. Je m’en bats les couilles.

T -Le truc, plus précisément, c’est que souvent, le reproche c’était que tu faisais plus de feats avec des renois qu’avec des rebeus, par exemple.

D -Déjà, d’une, on s’en fout.

S -En plus, plus t’avances dans le temps et plus c’est faux.

D -Et voilà, de deux, c’est même pas vrai.

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T -Vu que dernièrement t’as souvent posé avec Niro, avec Sofiane, avec Seth… Bon, Seth il est pas rebeu, mais il est pas noir, non plus, donc ça compte.

D -Voilà. Donc qu’est-ce que tu veux que je réponde à ça ? S’ils pensent ça, ça veut surtout dire qu’ils m’ont pas écouté. Ou pas vraiment. S’ils sont tombé sur un son comme… Je vois même pas quel son pourrait faire penser ça, en fait, là maintenant.

T -C’est plus des phases dispersées par ci, par là. C’est plutôt comme un mec comme Booba, il a un peu cette étiquette parce qu’il y fait 2, 3 références de temps en temps.

D -Ouais. Moi, je suis un renoi, donc c’est tout à fait normal que je parle des choses qui concernent les noirs. Ça me touche, c’est normal. Donc une phrase, là, une autre là. Ouais. Mais si y a des gens qui n’entendent que ça et ils se disent que je suis un pro black en grimaçant. Qu’ils grimacent. Grimacez.

T -t’as jamais featé de chinois, non plus.

D -Oui mais ça c’est à cause du Dalai Lama (Rires)

S -Quand tu fais des références comme ça, en plus, sur les renois, je dirais que t’es plus à l’Américaine.

D -C’est exactement ça. C’est simple, ce sont mes réelles influences. Je me bute à ça. Ça me plait. J’analyse. Les rappeurs comme Jay Z ou n’importe quel autre, ils ont tous en eux cette espèce de cause renoie. Mais sans forcément en faire des ceaumors « Ouais il faut faire ci ! il faut faire ça ! » Non. C’est un truc qu’est en eux, ça se ressent même sans qu’ils en parlent. Et moi c’est exactement ça, j’ai pas forcément la volonté d’en faire tout un ceaumor. Après, je peux en faire un, c’est pas ça le problème. Mais je tiens pas à être le mec relou qui va te saouler sur tout un album, black panther à vie. Mais je glisse quelques phases. Peut être que dans mon attitude, mon imagerie, ça se ressent.

S -Je trouve aussi que t’en joues un peu, mais à un autre niveau, quand tu dis des trucs comme « Bosse comme un noichi… »

D -« … Gère le bizness comme un juif. C’est comme ça que je conçois le métissage »

S -C’est ça. C’est le genre de phase qu’a rien de choquant quand tu l’entends en Anglais dans un son US, mais en Français personne ne dit ça. Enfin c’est plus rare, ça arrive seulement. Lentement. Ça te démarque un peu, c’est pour ça que je dis que t’en joues.

D -C’est bien possible.

T -Y a peut être aussi eu le passage sur « 1001 questions » quand tu parles un peu de Dieudonné. Même si c’est juste de la réfléxion. Voire même de l’introspection. Mais y a des gens qu’ont quand même mal pu le prendre.

D -C’est pour ça que j’ai rien à répondre à ce genre de personnes là. Parce que, quoi qu’il se passe, ce sera un dialogue de sourds si en entendant ça tu te dis « Lui, il pense du mal des autres » c’est que t’as rien compris. C’est que t’es con en fait. Mais vas-y, pas de souci. Et on m’a dit « Je parle pas aux cons, ça les instruit » OK. Alors je leur parle pas, pas de problème. C’est même pas un truc péjoratif, pour moi. Ouais, j’ai dit ça. Et alors ? C’est une bonne réponse, ça. Les gens qui te diront « Il est pro black » en faisant la grimace. Tu leur répondras « Et alors ? » (Rires)

S -Sans transition. C’est quoi les questions les plus connes qu’on t’a posé sur ton frère ?

T -Est-ce que ça te saoule ? Est-ce que tu trouves ça normal qu’on t’en parle ?

D -Non. C’est la vie. Je vais pas te dire que je kiffe. À force, je vois aucun intérêt à ce qu’on me pose des questions sur ça. Mais ça me dérange pas.

T -Quand on comprend bien, en plus, toi t’es sur Orléans et avant tu nous as dit que t’étais plutôt vers Meaux, à l’ancienne, et Pit il est du 19ème, donc vous avez même pas grandi ensemble ?

D -En fait, on est demis frères. On a le même daron mais pas la même daronne et moi j’ai grandi avec ma daronne. Mais c’est normal qu’on me pose des questions sur mon frère.

T -Quand t’étais plus neujeu et que lui il explosait vraiment, tes potes ils devaient te casser les couilles pour lui demander de vous prêter une limousine ou une merco pour aller en boite, non ?

D -Ah bah ouais. Un peu. Mais vu que j’ai grandi de mon côté, même mes potes, ils étaient pas à fond sur ça. Ils le savaient, normal, mais il s’en battaient les couilles. On vivait nos vies à nous.

S -Et dans le même genre. Est-ce que, quand t’as posé sur Autopsie puis l’album de Booba, c’était clair dans ta tête qu’on te poserait des questions là dessus pendant 3 ou 4 ans ?

D -Ouais, ouais. Je te dis, c’est pas des trucs qui me gênent. C’est le jeu. C’est comme si demain, je vais à Secret Story et qu’après je suis choqué si on me parle de télé réalité. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? C’est le jeu, mon frère.

S -Encore aujourd’hui, y a des interviews de toi avec Booba dans le titre…

D -Ça c’est juste pour faire de la vue. C’est pas un secret, ça attire les clics. Moi je m’en bats les couilles.

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T -Mais ça donne vraiment l’impression que pour trop d’acteurs du rap en France, le mec est vu comme une espèce de Rahel qui descend de son vaisseau une fois par an pour ses albums ou ses mixtapes Autopsies et qu’il embarque 3, 4 élus à chaque fois.

D -C’est ça.

T -Du coup, toi qui es monté dans le vaisseau spatial, elles sont comment les chiottes là haut ? T’as déjà vu des extraterrestres ?

D -Mais c’est exactement ça.

T -Tu trouves pas que ça peut être un problème, des médias qui fonctionnent comme ça ?

D -Un problème ? Non. Tout dépend comment tu te places. Comment tu voudrais que ce soit ? Comment tu veux que ce soit d’autre ? On fait du peura. Je vais te dire comment je vois le truc et quelle est ma philosophie : Si on me parle encore de ça après 3 piges, c’est que j’ai pas encore fait de bruit qui dépasse ça en 3 piges. Tu vois ? Donc c’est à moi de faire ce qu’il faut. Fin. Y a pas plus simple. Là je vais sortir mon bumal. J’espère qu’on le sortira dans les bonnes conditions marketings, j’espère que j’aurais le relai médiatique qu’il faudra et j’espère que les sons parleront aux gens de manière à ce que les gens écoutent Dosseh pour Dosseh, pour son univers, et pas par rapport au reste.

S -Et d’où t’est venue l’idée du freestyle Gangnam Trap Style ?

D -Le plus simplement possible. Un jour, ça devait passer à la télé, je l’ai entendu et j’ai appelé mon beatmaker Red Rum Music : « Hé gros, tente un délire. Prends la boucle de gangnam style et tu me fais ça en trap. » Aussi simple que ça.

T -Le délire trap, justement, ça t’as pris à quel moment ?

D -C’est seulement maintenant que je m’en rends compte. Mais pour moi c’est pas un virage du tout. Vu que je suis dedans depuis longtemps. Mais comme j’ai pas été trés présent ces derniers temps ça fait que j’ai pas préparé les gens à ça. Je m’en rends compte, là. Mais moi je me considère pas spécialement dans la trap. Je fais juste le son que j’aime. Il se trouve que mes derniers sons ont des sonorités trap mais je fais pas exprès. C’est ce que j’écoute. Donc j’ai choisi des instrus comme ça. Pour moi, y’a pas eu de revirement ou quoi que ce soit, je suis toujours dans le même délire.

S -C’était plutôt quoi tes influences à la base ?

D -J’ai toujours eu des influences très diverses. Là c’est un peu trap parce que c’est mon inspi du moment donc je le fais et j’essaye de le faire bien. Mais y a pas un truc en particulier qui m’a influencé. Ah mais, attends, si. Je suis un fou. Tupac c’était mon gars sûr. Tupac c’était Il Ducce. Lui, on peut dire qu’il m’a vraiment influencé. Après, le reste, j’ai toujours écouté plein de trucs aussi. Mon son c’est un mélange de plusieurs influences, je pourrais pas dire un truc en particulier. Ça peut partir de Nas, de Mobb Deep, de Jay Z. Tout ce que je kiffe, ça se mélange dans ma tête.

S -Et t’es plutôt du genre à donner des instructions trés précises à tes beatmakers ou tu te laisses surprendre ?

D -Ça dépend des sons. Je peux faire des commandes : je voudrais un son qui soit comme ça, que l’atmosphère soit comme ça. Et parfois on m’envoie des prods que je kiffe et je kicke. Y a pas de procédé précis. C’est au feeling.

T -Tu bosses avec qui, en prod, maintenant ?

D -Je bosse beaucoup avec Redrum Music qui a fait les prods de mes morceaux sur Karma et même sur Summer Crack 2, d’ailleurs.

S -Pendant toute une période, t’étais surtout avec Prodfather.

D -Ouais. Il est moins actif qu’avant mais il est toujours là. Toujours à ma gauche. Il est moins actif mais il aura sa place de choix sur mon album.

T -Qu’est-ce qui a fait qu’il est moins actif ? Ça l’a pas tenté de bosser avec d’autres mecs ?

D -Oui mais tu sais, c’est pas tout le monde qui est à fond dans le truc. Mais il est là. Y a pas eu de scission ou quoi entre nous. Lui c’est moi, moi c’est lui. Entre temps j’ai aussi rencontré Redrum Music, c’est un petit jeune de Belgique, il est très très très lourd et très complet. Quand je te dis qu’on a poussé la musicalité loin, j’espère que les gens pourront le percevoir à l’écoute de l’album.

mec qui décrit musique

S -Dans une interview plutôt récente, tu t’es comparé à Ace Hood à un moment. Mais t’avais écouté son album avant de faire cette comparaison ?

D -Non, non. Pourquoi ?

S -Bah je sais pas, il est pas très…

D -Ah ouais ? Mais quand j’ai parlé de lui, c’était pas au niveau rap. Si Ace Hood dit qu’il fait un film, que dedans y aura Meek Mill, 2 Chainz et je sais pas qui d’autre encore, et bien quoi qu’il arrive, les médias là bas, ils feront le taff. Ils vont pas faire la sourde oreille ou faire les mecs. Mais je sais qu’ici, c’est le jeu. Je suis pas choqué, je suis pas surpris. Mais quand même, c’est dommage. En vrai, c’est pas normal. Les médias hip hop en France, tu sais…

T -Ils ont pas l’air de jouer le jeu.

D -Si tu veux mon problème c’est même pas que dans les interviews en elles mêmes, on ne parle pas que du film, c’est même pas à ce niveau là. Comment t’expliquer. Hormis mon interview, de moi, qui suis à l’initiative du projet ; c’est une info qui mérite d’être relayée. Indépendamment du fait que moi, je te contacte, pour en parler. Ça sort assez de l’ordinaire pour être relayé. En plus, ça concerne pas que moi. C’est pas un film où tu me vois marcher tout seul et ça parle que de moi. Y a aussi toute une partie de la scène actuelle. Rien que Seth Gueko, Sofiane et Niro, ils ont aussi sortis des projets à cette période là. Rien que par rapport à ça, ça devrait avoir un certain retentissement médiatique. Et moi je trouve qu’ils ont pas joué le jeu. En tout cas, pas à fond. Mais comme je t’ai dit, je savais avant que ça se passerait comme ça. J’ai pas été étonné ou déçu. Mais avec le recul, quand t’y penses, tu peux pas t’empêcher de penser que c’est dommage. Que c’est pas normal.

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T -Maintenant que t’en parles, Cramé c’est celui qui a fait le plus de bruit, pour moi. Mais c’est sûrement aussi parce qu’il était distribué par Neochrome qui était le gros label rue de l’époque. Les médias en ont parlé, mais pour eux c’était « Le film de Néochrome » t’avais déjà l’impression qu’il s’en foutait du film en lui même, que les sites étaient juste là pour buzzer sur Neochrome et qu’ils avaient pas fait le taff. Vu qu’en vrai c’était surtout le projet de La Cellule, le groupe de Caen. Maintenant que t’en parles, ça me fait penser à ça et non, ce n’est pas une question. (Un intervieweur de légende)

S -Oui mais si Karma a pas la même promo c’est peut être aussi à cause de son côté plus sérieux. Dans Cramé tu pouvais extraire 2, 3 scènes et en faire des extraits en disant « Regardez, c’est drôle, quand même ». C’est voulu. Tu peux le faire aussi dans « La vengeance » même si là on sait pas si c’est voulu. Ça donne des trucs pseudo cultes en 2 clics. Alors que toi tu peux pas faire une promo virale de ce type avec Karma. Mais effectivement, j’ai pas trouvé que les médias étaient à fond sur la promo.

D -Oui. Mais je suis conscient aussi qu’il faut le bon attaché de presse. Le truc serait sorti chez AZ, ça aurait été différent. Ça c’est des trucs qu’on sait. On fait avec. Tranquille.

S -Tu prends la mesure du truc.

D -Voilà. Mais dans l’absolu, c’est pas normal du tout. C’est pour ça que je me suis comparé à Ace Hood. Parce qu’Ace Hood c’est pas une figure majeure. C’est un mec qui est là, un peu comme moi, il est en train de se faire. Bon, J’ai pas écouté son album, toi tu me dis que c’est vite fait. Dommage pour lui. Mais ça reste un mec qui est en train de se faire, il a ses petits trucs et tout, mais c’est pas encore LE mec. Et même lui, malgré cette position là, si demain il fait son film, bien sûr qu’ils vont en parler. C’est « un truc de fou ». Parce que bien sûr que c’est un truc qui mérite d’en parler. C’est pas tous les 4 matins qu’un rappeur fait un film. Surtout en France. Avec le marché qu’on a. Parce qu’aux Etats Unis, un Ace Hood, même avec un album moyen, rien qu’avec un titre comme Bugatti et rien qu’avec Hustle Hard, il a rentré du biff. Donc ces mecs sont plus dans la capacité à faire des petits street films, comme ça. C’est moins exceptionnel, on va dire.

S -Alors qu’en France, ça se compte sur les doigts d’une main.

D -Tu vois ce que je veux dire. À un moment donné, les mecs, faut quand même respecter un peu le travail des gens.

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S -Pour le buzz, tu peux toujours faire une demande de mariage sur trace TV, à Liza Monet.

D -Au pire ! Si y’a que ça à faire.

T -Liza Monet, faudrait tomber bien bas.

S -Mais y a plus de Nicki Minaj en France.

T -Bah prends Shay. T’es pas obligé d’aller dans le film d’horreur, direct. D’ailleurs, un défaut de Karma, il n’y a pas de vrai personnage féminin bien présent dans le film.

D -Hmm hmm. Ouais. Avec cette expérience, on a vu aussi ce qu’on avait fait, ce qu’on avait bien fait, ce qu’on avait pas fait. En gros, on a vu les trucs qui pouvaient être améliorés. Donc si demain je suis amené à faire Karma 2 ou un autre projet, à ce moment là on mettra de la feumeu dedans. (Il sursaute presque) Ah mais en plus, je suis un ouf ! À la base, y’avait. Parmi les histoires qui gravitaient autour qu’on a pas gardé, il y en avait. À la base, on devait me suivre sur une mini série. Donc j’ai mes soucis dans la street, mais j’ai aussi mes soucis conjugaux. Dans la série, y avait 4 épisodes, on avait le temps de développer ça bien. Après, dans le film, il a fallu couper. On a zappé clairement plusieurs côtés du truc.

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T -Tu penses que si y avait des rappeuses plus douées en France, t’aurais plus facilement pensé à intégrer un personnage féminin ?

D -Bien sûr. Forcément. Parce que le fait que t’aies ses sons en tête, ça fait que tu penses à la personne. Alors que là, y en a pas. T’aurais voulu qui ? Parce que je suis pas contre, ça aurait pu être kiffant.

T -Bah dit comme ça, y’a Casey.

S -Oui mais là, ça va pas être un personnage de femme fatale.

T -Ah bah non, mais j’ai jamais parlé de femme fatale en particulier, juste de rôle féminin.

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T -Et du coup, t’as un Karma 2 en tête ?

D -Pas du tout. On verra. Pourquoi pas.

T -Y a pas beaucoup de comédiens de profession dans Karma.

D -Y en a même aucun. Pas de vrai comédien. C’est ça le truc. Même parmi les gens qui sont là et qui ne sont pas rappeurs, c’est pas des comédiens de métier du tout. C’est des gens, on leur a dit « Hey viens, tu vas faire tel truc. Tel rôle » Par exemple, la meuf qui est avec Esco, à l’hôtel, c’est pas une comédienne du tout. C’est juste une meuf qui peut tenir le rôle qu’était écrit. On lui a dit « essaie » et ça c’est bien fait. C’est vraiment un truc en mode artisanal de ouf, tu vois ?

S -Et pourquoi ne pas avoir fait une BO plus longue ?

D -Tu sais, la BO n’était même pas prévue à la base. Ça s’est fait en mode deuspi, vers la fin. Vu qu’à la base les mecs sont des rappeurs, c’est bien d’avoir le support musical.

S -Sur VIP (Very Insolent Personality) de DJ Bellek t’avais repris Disco Bitch. C’est toi qui l’avais choisi ?

D -Il m’a proposé plusieurs trucs et j’ai pris celui là. En fait ce son là, c’est pas Disco Bitch à la base. À la base, c’est un mec qui a fait ça en Français et elle elle a fait comme les mecs de la dance hall, elle a repris le ridim.

S -Donc tu reprenais pas « c’est pour la petite bourgeoisie… »

D -Non, non. C’était un délire (sourire)

discobitch

S -Maintenant on va passer à un questionnaire spécial. D’abord y en a un sur les petits frères du rap. C’est des trucs qui se sont passés mais avec d’autres.

PETITS FRÈRES DU RAP :

S -Si ton frère était en clash avec un autre rappeur, pour prouver que t’es pas dans l’histoire, est-ce que tu mettrais, sur les réseaux sociaux, une photo de toi qui tient l’album de ton frère dans une main et de son ennemi dans l’autre ?

D -Qui a fait ça ?

Les 2 -C’est Canardo.

D -…

S -C’était avant le truc de la baston, quand même.

D -Je me vois pas faire ça.

S -Est-ce que tu penses que seuls les fils de pute insultent les mères ? (Rire général et décès de Teobaldo)

D -Euh… En tout cas, c’était rant-ma.

S -Est-ce que, dans ta folle jeunesse, t’essayais de faire le fou avec une bécane dans les clips de ton grand frère ?

D -Non.

T -C’était qui, ça ?

S -Je crois que c’était le petit frère de Tyer.

T -Bigou.

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S -Est-ce que t’es toujours persuadé que ton grand frère est le meilleur rappeur du monde ?

D -Ah, ah. Non. C’était qui ça ?

S -Personne en particulier.

T -Pour moi, c’est Ikbal, ça.

S -Non, ça peut être T-killa, mais lui il a un peu raison. Est-ce que t’as été tenté de t’associer avec ton frère pour un projet commun, ou juste bizness ?

D -Non, pas spécialement. C’est déjà arrivé qu’on évoque ça, dans la conversation. Mais c’est vraiment resté au stade de la discussion.

S -Et est-ce que t’as jamais osé lui dire que dans Time Bomb tu préférais X Men et Lunatic et que dans le Secteur Ä tu préférais Ärsenik ? (Rires) Parce que, quand on t’écoute, y a pas mal de références à des phases cultes de Lunatic, d’X Men ou de Lino et finalement, très très peu voire jamais à Pit.

D -Je calcule pas. C’est que c’est celles là qui m’ont le plus marqué. Mais j’ai saigné son premier album comme tout le monde.

S -Est-ce que c’est arrivé que ça te desserve d’être son petit frère ?

D -Desservi ? Non. Ou en tout cas, pas que je sache. Moi, personne est venu me voir en me disant ça… En même temps personne va venir me le dire. Pas que je sache. Mais ça a déjà dû arriver. Tout arrive.

S -Ensuite, j’ai un questionnaire spécial sur TI vu que t’avais dit quelque part que t’es le sosie Français non officiel de TI.

D – J’ai jamais dit ça.

T -Je pense bien. C’est sur le Blavog que tu l’as lu ça. C’est moi qui l’avais mis.

S -T’es sûr ?

T -Oui, c’était dans L’arrêt de buzz.

D -Ah oui. Je l’avais lu, ça.

S -Et bien ça ne change rien.

QUESTIONNAIRE SOSIE FRINÇAIS NON OFFICIEL DE T.I.

S -Comptes tu te faire arrêter avec un lance roquettes dans les mois qui viennent ?

D -(confiant) Ça va arriver. Dès que j’ai une descente de buzz, c’est parti.

S -Que penses tu de la carrière au cinéma de TI ? Que peu de gens connaissent mais qui est extrêmement mauvaise.

D -Je l’ai vu dans Takers. Et ça va. C’est la seule fois où je l’ai vu en tant qu’acteur.

S -T’as jamais vu son film ATL donc ?

D -Non, je l’ai pas vu.

S -C’est dommage parce que ma question d’après c’était « Pourquoi au lieu de Karma, t’as pas fait un film sur le skate ? »

T -Et est-ce que ta cousine c’est la sosie non officielle de Ciara ? (Rires)

D -Ils sont vraiment cousins ?

T -J’en sais rien mais ils ont le même nom de famille.

D -Moi, j’étais pas au courant. Même pour les noms de famille.

S -Est-ce que tu comptes sortir un album « Dosseh vs La Famine » ?

D -Et bien… Non.

bunk et la meuf consternés

S -Te considères tu comme le « king de la région Centre » ? Ou plus sérieusement, vu qu’il n’y a que toi et Niro qui ont percé pour le moment, est-ce qu’il y a une petite émulation entre vous ?

D -Ouais. Bah ouais, normal. Mais pas plus qu’avec Sofiane, par exemple. Y a pas une émulation spéciale de là bas. Niro il est fort donc y a une émulation, c’est ça le truc, pas la provenance.

S -Après j’ai un autre questionnaire mais c’est plus par rapport à des séries. Genre, est-ce que t’aimes bien The Wire ?

D -Ah ouais, mais je suis pas trop série, en fait. J’ai pas vraiment suivi.

S -Pour Sopranos, pareil ?

D -Pareil, je suis pas très série, donc bon.

T -Il parlait de Soprano, le rappeur. (Rires)

D -Non mais j’ai du mal à suivre une série. Y’a que Fouiny Story que je regarde. (Spleenter et Teobaldo mettent un petit temps à comprendre ce qu’ils viennent d’entendre puis éclatent de rire) Non, en vrai, je suis que films. J’ai du mal à me poser devant une série.

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(Ensuite, Spleenter essaie de lancer Dosseh sur tout un tas de films de super héros, mais c’est visiblement pas son terrain de prédilection)

S -Mais tu sais quand même qu’il va y avoir un Superman versus Batman ?

D -Ah non. Tu me l’apprends. Mais Batman il va forcément perdre.

T -Batman, il perd pas. C’est Batman. Même sans supers pouvoirs. C’est le plus malin.

S -Ouais, Batman c’est un petit enculé*. Il va se ramener avec une armure et de la kryptonite.

D -Non, j’étais pas au courant. Mais faut dire que je m’en fous, en fait. (Il dit ça l’air le plus diplomate et désolé qu’il peut)

S -Ah ouais, t’en as maté aucun. C’est pas du tout ton truc ? Même Batman ?

D -Si, j’ai bien aimé le dernier Batman. Le truc avec Bane, là.

T -Ah t’avais pas aimé celui avec le Joker ? Celui d’avant ?

D -Non mais ça, c’est des films, ça se regarde. C’est bien. Après je vais pas me le retéma, tu vois ?

T -Ah oui, je vois. (On sent Teobaldo qui essaie de se désolidariser du fanatisme de Spleenter, tel un fourbe petit espagnol albinos qu’il est) Mais celui là, en particulier, il m’avait marqué. Je trouve qu’il est au dessus. Au delà d’un bon film de super héros, c’est un bon film tout court.

D -Ah mais, de manière générale, je trouve que ces films sont archi bien réalisés. Ils sont bien. Y’a rien à dire dessus, mais c’est juste que c’est pas mon délire.

(Là encore il prend son ton le plus aimable, essayant de ne pas vexer ces gens étranges qui lui parlent)

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S -Bon… (l’amertume est totale) Quand on a interviewé Esco, on lui avait demandé sa définition de la punchline. Il déplorait le fait que le terme ait été vachement rabaissé. Et je me souviens aussi d’une interview de Niro où il ne comprenait même pas pourquoi on lui parlait de punchlines. Pour lui c’est un mot de travelo. Vu que tu connais les 2, où tu te situes dans ce truc ?

D -Je me situe entre les 2. Je vais t’expliquer pourquoi : parce qu’en effet, c’est dommage que le mot soit galvaudé. C’est devenu tout et n’importe quoi. Demain, un mec va faire une comparaison et tout le monde va dire que c’est une punchline. « Je suis frais comme une glace » « Ouais ! Punchline ! » Non. C’est une comparaison, point. Ça c’est une chose. De deux, quand Niro il dit que c’est un mot de travelo… (sourire) bon, c’est sa façon de voir les choses. J’ai vu l’interview où il dit ça. Je suis d’accord avec lui, justement, dans le sens où on dirait que les mecs veulent faire de la punchline juste pour de la punchline. Et en plus, en en faisant de mauvaises. En faisant des comparaisons. Des comparaisons ou des métaphores un peu foireuses aussi. Ce qui fait qu’au final, ça n’a plus d’intérêt. Parce que c’est que ça. Ça n’engage que moi, mais à mon sens en tout cas, c’est pas un truc obligatoire dans un texte de peura. Tu péras, tu racontes ce que t’as envie de raconter. Maintenant t’es pas obligé d’avoir une punchline à chaque mesure. Faire des phases de fou tout le temps, OK, mais parfois tu peux aussi parler normalement. Tu racontes ton truc. D’un point A à un point B. Et justement, ce qui met en valeur une punchline, c’est le fait qu’y en ait pas tout le temps. Si ton texte c’est que de la punchline de A à Z, ça tue le truc. À moins qu’elles soient toutes à un très bon niveau, mais c’est rare. C’est pour ça que j’étais d’accord avec Niro. Les mecs veulent trop faire que de la punchline, justement. Que de la punchline, que de la punchline. Ils veulent plus parler. Dire des vrais trucs. Des trucs qui vont parler aux gens, tout simplement. Ils veulent tous arriver en disant « Je rap comme un truc qui fait boum »… Ouais et sinon ?

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S -Et comment tu définirais ton style en tant que rappeur ?

D -C’est exactement ce que je t’ai dit tout à l’heure par rapport au sujet que j’aborde. J’ai du mal avec les cases. Si tu me demandes à moi comment je me définis, je suis incapable de te répondre. Parce que je sais pas quoi te dire. Pour moi, rappeur conscient ça veut rien dire, parce qu’y a pas de rappeur inconscient. Y a pas de cases où je me vois.

S -Quand tu te mets devant ta feuille, t’as pas ton petit schéma de rime ?

D -Non. Voilà. C’est à l’instinct. C’est par rapport à la prod ou peut être par rapport à ce que je vais raconter. Dans un morceau comme « 1001 questions » le but ce sera pas d’être technique. Ce sera de parler, de dire certaines choses. Dans un morceau comme « Igo » le but c’est d’avoir un gimmick. Chaque morceau a son utilité. Chaque morceau à son identité. le dénominateur commun de tout ça c’est que ça reste moi, la même voix, la même manière un peu énergique de péra, ça reste le même type d’écriture et ça reste mes références. mais comme tu dis j’ai pas de schéma d’écriture genre les 4 premières mesures sont comme ça, les 4 mesures après j’accélère, les 4 mesures d’encore après je fais un flow lent et je finis comme ça. Non. Je fais et c’est tout.

S -Et est-ce que t’as remarqué, qu’en fait, depuis que t’as le crane rasé, t’es devenu plus fort ?

D -Ahah ah ouais, tu trouves ?

S -C’est en me refaisant tous les clips que je me suis dit ça. Avant quand t’avais encore des petits veuchs sur la tête c’était bien mais c’est devenu sérieux quand t’as plus de cheveux.

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T -Moi, je trouvais aussi qu’au début, t’étais un peu trop scolaire dans ton débit. Quand t’as commencé à être plus « sale » ; ce qu’un puriste appelle être parfois pas dans les temps, ce que j’appellerais plutôt varier les temps. Perso, moi j’accroche mieux.

D -J’ai évolué, c’est comme tout. Comme t’as dit, c’était les débuts. C’est normal. Pour moi, c’est logique.

T -Et vu de l’extérieur, on a l’impression que tu te lâches plus et que tu t’amuses plus maintenant. Même niveau écriture sur certaines références.

D -C’est vrai. Mais c’est un truc auquel tu fais pas exprès. C’est naturel, tu grandis, tu vis ton truc, tu rencontres d’autres personnes, y a d’autres trips, d’autres références qui te viennent en tête.

T -Toi t’es du genre à écouter tes anciens projets avec du recul et te dire que là il manque ça, etc ?

D -Non. C’est rare que je réécoute mes anciens trucs. J’ai un petit peu du mal. J’ai pas besoin de réécouter pour me rendre compte de mes défauts. Je m’en rends compte déjà.

S -Et c’est ta marque les T-shirts « Niggers » ?

D -Non. C’est à des gens que je connais. Vous n’aurez pas de t-shirt gratuit.

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S – ton film sort chez Parabellum, t’es toujours en indé totale ?

D -Totalement, en indé totale. C’est sorti chez AZ/Musicast en fait.

T -Et pour Perestroika, du coup ?

D -Pour Perestroika, j’espère trouver un deal en édition. Un deal plus intéressant pour l’album.

T -Et si tu trouves pas, tu comptes tout faire en indé ?

D -Il faut, de toute façon. Le but c’est que non. J’espère que non. Normalement, t’aurais pas besoin de te poser ce style de question. Mais si jamais ça arrive. Ça arrive, c’est tout.

T -Je me demandais aussi, le son « Ricky » de Lalcko sur la BO de Karma, il a été enregistré quand ?

D -Là, pour Karma, justement. C’est un morceau récent. Avant de faire Ricky, ça faisait près de 2 piges qu’il avait pas fait de morceau. Et donc il a fait Ricky et là il a repris l’envie de faire des ceaumors. Donc pour tous ceux qui kiffent, il va reprendre du service bientôt, je pense.

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S -Quand tu parles du bled, il me semble que tu précises pas spécialement de pays, en général. C’est pour être plus universel ?

D -Quand je parle du bled, c’est l’Afrique de manière générale. je parle pas spécialement de mon bled à moi. Du Togo ou du Cameroun. Je parle du bled tout court. Parce que quand je vais parler d’un blème qui touche les renois, ça touche pas en particulier un Camerounais. Je vais parler d’un blème général. Pour un renoi Africain ou même Antillais. Donc quand je dis bled c’est pas forcément LE bled, le Cameroun, ma ville, Yaoundé. Non, c’est le bled d’une manière générale.

S -T’es plutôt amateur de Dieudonné, non ?

D -Oui, j’aime ces spectacles. Je les ai tous vus.

S -T’as pas essayé de l’avoir dans le film ? Vu qu’il était dans Cramé.

D -Bof, non.

S -Ça attire trop de problème ?

D -Même pas. De toute façon, le film je l’ai pas non plus sorti chez Sony pour avoir chaud de ça. Au contraire même. Ça aurait fait parler. Mais on a pas pensé à lui spécialement.

S -Un mot de la fin ?

D -Un mot de la fin pour les blavogueurs c’est qu’y a Karma qui est encore dans les bacs. Allez le pécho. L’album arrive.

S -Et dans cet album, t’as aussi casé des références comme Gandhi, Albert Camus, ou d’autres ?

D -Ah bah ouais. Bien sûr.

T -On pourra faire un jeopardy ou je sais plus comment ça s’appelle ce jeu où faudra retrouver les citations et de qui elles sont dans ton album.

D -À fond.

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S -tu penses quoi du Blavog ?

D -Moi, je suis tombé dessus par hasard. Ou alors, je crois qu’on m’avait envoyé un lien, par rapport à un truc que vous disiez sur moi. J’ai tapé des barres. L’intérêt du truc c’est l’humour décalé qu’il y a. Continuez à nous faire rire. Et franchement, les articles, ils sont bien tournés, c’est bien. Même le truc dont tu parlais « L’arrêt de buzz » c’est un truc con (rires). C’est un truc de con, mais tu rigoles. C’est marrant. C’est une manière différente d’amener des informations, c’est bien. Et en plus c’est pertinent dans l’analyse de la situation. J’aime bien le délire, il est poussé.

T -Cimer. Et cimer pour ton temps aussi.

D -Y’a pas de souci. Mais faut partir maintenant.

*Il faut quand même préciser qu’en sortant du studio, Batman attendait Spleenter pour lui casser la gueule et Teobaldo a alors fait un communiqué officiel disant que l’avis personnel de monsieur Ter, Spleen de son prénom, ne reflète pas l’opinion générale du Blavog et n’engage que lui.

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