DJ Weedim, Aketo & Sidi sid nous parlent de Petits Meurtres Entre Amis (vidéo)

Ma si, touyouls en compagnie dé TupakTV, yé souis allé voil ces yeunes qui font dé la musica
Pourquoi je parle comme ça, moi ?
Enfin bref, va là bas :

http://tupaktv.com/pmea/

0 (1)

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

INTERVIEW ALKPOTE

Eh beh voilà (suceuse !)
Ça fait quelque temps qu’on a cet interview (C’était le jour du premier match des bleus à la coupe du monde en Juin dernier)
Mais comme personne n’a ne serait-ce qu’une seule petite once de professionnalisme au Blavog, ça n’arrive que maintenant.
(il serait bien temps d’euthanasier ce pauvre blog de merde une bonne fois pour toute, un de ces 4. Mais pas aujourd’hui)
À noter qu’un court extrait de cet entretien se trouve déjà sur Noisey mais des abrutis ont coupé des bouts de réponses pour des raisons qui nous échappent mais qui font surtout passer Alka pour un mec un peu intégriste, se privant ainsi de la complexité du personnage. C’est un peu con, mais bon, pourquoi pas…

En +, on a Singe Mongol aux dessins alors hein

alk 1

Illustration : Singe Mongol

Spleenter : Ca fait plusieurs fois qu’on nous dit que tu ne veux plus trop faire d’interview.. Pourquoi ?

Ca me saoule… plus d’interviews… bon c’est pas vraiment terminé regarde, je suis avec vous. Peut être que j’en ferai une, une dernière vidéo, à un moment donné. Enfin je sais pas encore, c’est flou.

Téobaldo : C’est tout l’aspect promo qui te fait chier, ou seulement les interviews ? Parce que je me souviens que tu as été un des premiers, à la sortie de L’Empereur, à inonder de vidéos, de freestyles , de trucs improvisés…

C’était marrant quand j’avais 23, 24 ans, mais là, maintenant que j’en ai 33, c’est moins marrant. J’ai d’autres préoccupations que d’aller me promener devant des journalistes, faire du spectacle devant une caméra, comme j’ai pu le faire auparavant. Disons que je veux êre efficace directement avec des morceaux, des clips. C’est pour ça, je fais des vidéos où je rappe, comme j’ai fait avec le freestyle Booska-p, j’essaie de rapper en fait. Ca ne m’intéresse plus trop de parler, je pense que je me suis assez exprimé. Puis si c’est pour faire comme tous les autres rappeurs… se plaindre… Ca ne m’intéresse pas.

Genono : Il n’y aura pas de série de vidéos comme « Les Marches de l’Empereur » ?

Non je ne pense pas. Il y aura peut être des freestyles vidéos où je rappe. Peut être une interview ou deux, filmées, pour l’Orgasmixtape 2 et pour La Dernière Valse. Mais les interviews comme ça à tous bouts de champs, ça ne m’intéresse plus. Les radios c’est pareil, j’y vais pour rapper, et plus pour parler.

Teobaldo : Quand t’as commencé le rap, c’est toi qui a démarché des rappeurs pour poser sur leurs projets..t’as jamais prétendu être « tombé » dans le rap par hasard.

Mais je le fais encore aujourd’hui ! Et à l’heure où je te parle il y a encore de l’amour. De l’amour du rap. Au début quand j’ai commencé, je savais pas qu’il y avait de l’argent, je faisais ça vraiment par amour. Je kiffais ça ! Après il y a eu une période où il y a eu des sous, après il n’y en a plus trop eu, et aujourd’hui je suis content comme ça. Je prends le peu qu’il y a, les miettes. Elles me suffisent, j’ai un travail, cet argent me suffit !

Teobaldo : Et quand t’étais jeune, qu’est ce qui t’a motivé à faire du rap ? Tes influences ?

Ce qui m’a fait kiffer le rap, je crois que c’est le Wu Tang, Yo Mtv Rap, une émission nocturne sur M6 aussi, je sais plus le nom, vers 1992, 1993.

image : Wild-Sketch

image : Wild-Sketch

Genono : Donc si je comprends bien là il va y avoir « L’Orgasmixtape 2 », « La Dernière Valse », et c’est terminé ?

C’est fini, exactement. Quand j’étais jeune je disais que je rapperai jusqu’à la fin de mes jours, mais après le côté rêveur part. On devient réaliste.

Spleenter : Tu réalises que quand tu vas arrêter, beaucoup de gens qui te calculaient pas vont dire « ah c’est dommage qu’il ait arrêté », un syndrome Alpha 5.20…

Ah ça c’est un bon exemple. Ce que je respecte c’est les mecs qui ont arrêté comme lui, comme Larsen, qui sont pas revenus. Ils ont trouvé la paix ailleurs, ils ont compris la vraie vie. T’as des mecs ils arrêtent, ils reviennent, eux je les respecte pas. Il ne faut pas faire ça. Revenir à 45 ans ? C’est bon, il faut passer à autre chose… le rap c’est pour les jeunes. Moi je suis trop vieux là, c’est l’heure de passer le relais. Je me sens complétement has been, dépassé par les évènements. J’ai fait du rap quand j’étais jeune, maintenant que je le suis moins, il faut passer à autre chose, s’avouer vaincu, relax Max. C’est cool.

Spleenter : Tu t’avoues vraiment vaincu ? Ou tu penses avoir atteint certains objectifs ?

Dans la vie de tous les jours, même dans une défaite je vois de la victoire. Je vois le bien partout. Il y en a, je te dis, c’est fini l’époque des rappeurs qui se plaignaient, je suis quand même content. C’est des souvenirs ! Des souvenirs pour moi, pour mes enfants, mes petits enfants si Dieu veut. Les pochettes de mes cd ce sont des souvenirs. C’est comme ça que je vois le truc.

Spleenter : J’ai l’impression que tu n’es pas trop concerts. Tu manques de plans ou ça te saoule aussi ?

Ouais en vérité j’ai pas trop de plans. Sinon je suis ouvert, tant que je touche un billet. C’est pareil pour les feat. Pendant longtemps je me suis permis de vivre du rap. Je travaillais pas, pendant très longtemps. Pour une apparition sur scène pendant vingt minutes je prenais 3500 euros, et même maintenant… c’est les tarifs. Après pour un feat je dis 1500 euros, mais je m’arrange avec le mec, s’il a un peu moins… je prends un peu moins. On s’arrange, sans soucis, mais je feat pas gratuitement.

Genono : La série de mixtapes « Bande de putains » mixée par Vincenzo, c’est un truc dans lequel tu es impliqué ?

Non, je n’ai rien à voir là dedans, je ne sais pas qui est ce mec. Je ne sais pas ce qu’il fait. Pourtant je fais encore des apparitions sur des tapes. A droite à gauche. Là j’apparais sur l’album d’Infinit, sur le projet de mon pote Idjil, sur des sons de Weedim, sur l’album de Seth, et sur encore d’autres trucs que j’ai pas en tête ! Il y a un projet commun, « Néo6 » avec Seth Gueko, Jason Voriz… en cours d’enregistrement. J’ai posé sur trois sons là pour le moment. C’est un truc pour mettre en avant les mecs du 06 et en même temps ceux de Néochrome, Joe Lucazz, 25G, SKP2JV…

Teobaldo : Et avec Joe Lucazz justement, il y a d’autre duos prévus ?

Ouais on en a un dans « L’Orgamixtape 2 », et il est encore plus lourd que le précédent. Deux fois plus lourd. On se connaît depuis très très longtemps, bien avant Néochrome ! Depuis l’époque des K7. On se croisait dans les studios souterrains, les caves, que dans des endroits comme ça. J’étais avec l’Unité 2 Feu, lui avec son groupe de l’époque, Buffalo Soldiers. Et on se croisait à chaque fois, mais on n’avait jamais collaboré ensemble jusqu’à ce que sortent les mixtapes Rap De Banlieusards. On se connaissait bien par contre.

Spleenter : Si t’es le nouveau Gainsbourg, comme tu l’as souvent écrit, c’est qui ta Whitney Houston ?

Rihanna. C’est elle la Whitney Houston du moment. Ce serait pas la mienne, mais je pense que c’est la Whitney Houston actuelle.

Genono : Et Gainsbourg, il penserait quoi d’Alkpote ?

Il en aurait rien à foutre de moi, ce batard raciste. Je pense qu’il serait sionniste. Gainzbeur c’était un délire. Qu’il aille se faire enculer. Je me suis inspiré de mauvaises personnes dans ma vie. C’est pas un bon exemple. A un moment donné j’étais dans ce délire là, de m’autodétruire. C’était une autodéstruction pour la création, se défoncer à mort pour pouvoir créer. Je me reconnaissais dans Gainsourg, mais aujourd’hui déjà je me défonce moins, et je l’emmerde. J’emmerde sa fille plutôt, vu que j’emmerde pas un mort.

Teobaldo : « C’est Alkpote, le nouveau Doc Gynéco », il fait partie de tes influences ?

J’aime bien son côté nonchalant, chanté… j’aime bien ce délire là, défoncé à mort

Spleenter : C’est quoi l’impact de la boisson et de la drogue sur ton écriture ?

Je dirais que c’était complétement nécessaire à la création. A un moment donné dans ma vie si j’avais pas de l’alcool et de la drogue à consommer, je n’arrivais pas à écrire. C’est une réalité, et je trouve que mes meilleurs textes, mes meilleurs morceaux, ont été créés sous drogue, sous alcool. C’est triste mais je me suis rendu compte de ça. Après « L’Empereur contre attaque » je l’ai fait plus ou moins à jeun. Je me suis aperçu que j’arrivais à écrire sans drogue. C’est psychologique tout ça. Mais j’avoue que pour écrire, fumer un gros pilon de la mort ça m’aide toujours. Mais bon, même sans, je peux le faire.

Teobaldo : Les sons de Memphis, ça t’avait bien parlé, c’est des sonorités influentes pour toi ?

Le meilleur survivant de ces trucs là c’est Juicy J ! Ouais c’est un délire que j’ai kiffé, leur musicalité, leurs ambiances, ils étaient défoncés à je sais pas quoi. Il y a un côté malsain, maléfique, Dj Paul il lui manque une main, il a un triple six de fou tatoué sur le dos, l’autre il a un os de pygmé dans le nez, c’est des monstres ! Crunchy Black tu pouvais rêver de lui la nuit, des têtes comme ça t’en vois pas à tous les coins de rue. Project Pat ! Franchement c’était une équipe incroyable. C’était comme le Wu Tang sauf qu’ils étaient tous forts ! Un autre délire. C’est comme ça que j’ai kiffé, je les voyais comme un autre Wu Tang, d’un autre coin.

Spleenter : Du coup si on fait l’historique de tes influences, au début c’était très New York…

(Il coupe) Staten Island, ouais. Et c’est toujours resté New york, jusqu’à aujourd’hui. Atlanta aussi, quand même. On peut pas éviter ça. Trop de mecs qui tuent à Atlanta. Peewee Longway, Young Scooter, il y a trop de vedettes là bas !

Spleenter : Et la trap c’est un truc qui te correspond plus au niveau de tes textes ?

Oh je sais pas ce qui me correspond le plus… J’peux rapper sur tout…Acappella, trap, westcoast, moi je m’en fous, tant que ça me plaît.

Teobaldo : Tes instrus tu les choisis comment , t’as des demandes particulières ou tu fais selon ce qu’on t’envoie?

Ca dépend, on m’en envoie pas mal, des fois je demande des trucs, c’est un peu tout ça.

Teobaldo : Pour « N’importe quoi » par exemple, ça s’est passé comment ?

C’était un truc que Zekwe Ramos m’avait passé. Il m’avait fait un dossier avec pas mal d’instrus et celle là trainait, j’avais utilisé presque tout le reste et j’ai pris celle ci pour l’Orgasmixtape. Je l’avais depuis longtemps l’instru. Après j’ai rappé dessus avec le flow qu’elle créait.

Genono : Pour les prochains projets tu vas t’entourer encore de Dj Weedim, Butter Bullets etc. ?

Exactement. Ces deux là principalement, et sûrement des ptits lulus à droite à gauche. Ils sont toujours les bienvenus, tant que c’est du bon son, tant que c’est du lourd. Je ne suis pas compliqué, je cherche même pas en fait. Ca arrive à moi, tant mieux, si ça n’arrive pas, j’en ai rien à foutre !
Je bosse avec Hits Alive aussi. J’ai plusieurs instrus à eux que j’ai pas encore utilisées. Sur l’Orgasmixtape je crois que j’en ai qu’une, « Egaré ». Je vais en utiliser d’autre pour L’Orgasmixtape 2.

Genono : Ce projet ce sera que des feats ?

Non. Il y en aura beaucoup mais pas que. C’est en cours de construction mais je peux déjà te dire qu’elle est deux fois meilleures que la première, alors qu’elle n’est même pas finie.

Teobaldo : Aujourd’hui il y a un truc qui marche bien c’est les phrases un peu gogoles, marrantes. Mais toi t’as toujours développé ça.

La Fouine a popularisé ça, mais on faisait ça bien avant. Qu’est ce que tu veux que je dise ? Quand tu m’en parles ça m’y fait penser. A l’époque on faisait ça anonymement, aujourd’hui tout le monde le fait. C’est comme ça, il n’y a rien qui nous appartient. Nous même on ne s’appartient pas…On appartient tous au Créateur, alors c’est pas des textes, des flow ou autres qui vont nous appartenir. J’en ai inspiré, plus d’un, plus de deux, beaucoup plus.

Teobaldo : Niveau technique, faire des rimes à plusieurs syllabes, c’est un truc qui te vient du 91 ?

J’ai appris récemment que ça s’appelait « multisyllabique ». C’était naturel chez moi. J’avoue qu’avant il y avait Nubi qui faisait ça. Il le faisait naturellement, moi aussi. A la base je rimais toujours avec des consonnes. « Boum / Bim / Bam », « Toc / Tuc / Tec ».. et après j’ai rimé en voyelle, un peu plus tard, « Bam / Chatte ».

Spleenter : Dans une très vieille interview, un mec te parlait du caractère marrant de ton nom « Alkpote »

(Il coupe) T’es marrant comme intervieweur toi, t’as une tête marrante ! Même toi avec tes cheveux d’argent (désignant Téobaldo) mais je vous ai déjà vus à Goom Radio.

Spleenter : Ouais (rires) Mais donc tu lui avais dit « non c’est pas de l’humour c’est juste que pour baiser les mc’s je me protège ». Avec le temps, t’as plus assumé le côté déconne de ta musique.

Ah oui je m’en souviens de celle à, je crois que c’était pour Rap1pulsif, ou Enmode.fr. Oui c’est sûr que dans la vie de tous les jours je suis pas Alkpote. Alkpote c’est du spectacle. Dès qu’il y a une caméra devant moi, un micro. Mais quand je suis en famille… Alkpote…

Genono : On dirait que des fois le personnage prend le dessus sur la musique.

C’est vrai. Je sais même pas si dans mon public certains sont pas là parce qu’ils aiment bien les insultes, le personnage, les mots clefs que j’envoie, plutôt que la technique qui se cache derrière. Les rappeurs le savent que je suis un technicien hors pair, que je sais rimer comme eux ne savent pas le faire. Je vais pas dire que je suis le meilleur non plus. En tout cas je rime mieux que la relève.
Et pas mal d’anciens. Et pas mal de ma génération.

Genono : Dans la « relève » certains te parlent un peu ?

Ouais j’aime bien, Sadek, L’Entourage, voilà. Infinit aussi. Sidisid, j’adhère totalement, je retrouve de moi en lui. Je kiffe beaucoup ce qu’il fait, je kiffe Sidisid. Franchement on aurait pu faire un groupe avec ce mec là. Un duo, un tandem flamboyant. Ca aurait été mieux qu’avec Katana.

Téobaldo : Ah carrément ?

J’ai plus points communs avec Sidisid que j’en ai avec Katana ! De ouf. Il n’y a pas photo. Les points communs qui nous unissaient avec Katana c’est qu’on était du même quartier, du même square, de la même école et qu’on était des amis d’enfance. Quand on a grandit, qu’on est devenu adolescent, ça a changé. On a fait deux cd’s de l’Unité 2 Feu. Aujourd’hui ça n’existe plus. C’est fini. C’est que des souvenirs. Pas de mauvais souvenirs. Mais des souvenirs quand même. Les deux morceaux sur Mazter Chef et celui sur Néochrome All Star c’est les derniers sons que t’entendras d’Unité 2 Feu. Les derniers vraiment, où on s’est retrouvé en studio.

Spleenter : Revenons au personnage Alkpote. Quand est ce que tu as eu le déclic de le créer ? C’est progressif ? A force on dirait presque que t’es un Gilles de La Tourette du rap.

Ouais ça s’est fait progressivement. Ce personnage c’est une part de moi aussi. J’ai des points commun avec lui. Il y a une part de vérité dans chaque blague, mais c’est exagéré sur plein de points. Moi je trouve que je m’améliore. Il y a des fans, j’entends souvent ils demandent pourquoi je rappe pas comme avant. Mais moi je trouve que je suis mille fois plus fort. J’écris mill fois plus vite, mes rimmes elles sont mille fois plus technique. J’estime que je m’améliore tout le temps. Demain peut être je vais fumer une bonne frappe qui va me faire encore progresser.

Spleenter : Tu rigoles quand t’écris ?

Ouais des fois j’écris une rime et je me fais rire moi même. Quand c’est ça c’est qu’elle est bonne ! Les rappeurs en général ils arrivent pas à me faire rire. Récemment il y a 6 Coups MC qui m’a fait rire là, l’enfoiré. Avec « Allez tous au bois 2 », il a réussi à me faire rire, il est fort Six coups, très fort. Ils y arrivent pas les nouveaux rappeurs, c’est ce que j’ai dit à ma femme.

Spleenter : Dans ta voix et ton interprétation t’as un truc très froid, déshumanisé, tu fais exprès ?

Non je crois que j’ai ça naturellement parce que même les meufs à l’époque elles me disaient ça. « Tu dis pas je t’aime, tu dis rien, t’en as rien à foutre ». J’ai ça en moi en fait, on me l’a beaucoup dit ça. Mais je pense pas être plus froid qu’un autre. Je suis normal en fait. J’peux paraître comme ça, froid, mais c’est pas le cas.

Spleenter : A une époque t’avais parler de faire des titres dansants, voir électro, c’était une connerie ?

J’ai fait, et j’ai jeté. J’ai tenté mille est un trucs. Mais dans La dernière valse il y a des morceaux qui risquent de vous surprendre ! Les instrus, la façon de poser, même moi mes morceaux me surprennent. Ils on rien à voir avec tout ce que j’ai fait ! C’est des sons déjà prêts, mixés et masterisés !

Spleenter : A un moment aussi tu parlais de faire des clips avec des guests, je pense à « Peep show » avec Salif, pourquoi ça ne s’est pas fait ?

C’est surtout à cause du manque de moyens. Si ça ne tenait qu’à moi je ferais des clips d’enfoiré ! Par exemple le clip « Dans le sas » de l’Orgasmixtape, nécessiterait un budget, ne serait ce que pour un sas, un sas de banque. Mais qui nous prêterait un sas de banque, nous autoriserait à tourner ? Lui d’un côté du sas, moi de l’autre, c’est tout con.

Spleenter : Concernant les références, le name dropping, ça balaie plein de truc dans ton rap, télé-réalité, dessins animés…

Ah ça y va ! Je m’inspire de tout ce que j’aime regarder. En ce moment il y a Madame est servie qui repasse sur je-ne-sais quelle chaine, et j’aime pas regarder ça. C’est trop nostalgique. Je regardais récemment Notre belle famille … ça me rappelle trop de souvenirs, je peux pas. Juste la façon dont ils sont habillés, avec les chemises rentrées dans le pantalon, le pantalon remonté jusqu’au nombril … J’essaye de vivre avec mon temps. Le passé, ça me fait mal au cœur. La nostalgie, ça me fait mal au cœur, je sais pas comment t’expliquer ça. C’est un truc que j’ai en moi. Il y a des morceaux, et pas forcément de rap, que je peux pas réécouter aujourd’hui. Si je les réécoute, ça va me rappeler une époque de ma vie, des ambiances que j’ai pas envie de revivre. C’est louche, ça va me rappeler des souvenirs, des moments où je marchais dans le froid. Je ne supporte pas la nostalgie.

alkminator

Image : Wild Sketch

Genono : T’as cité Dumb & Dumber comme un de tes films préférés, tu penses quoi de la suite, prévue pour bientôt ?

Je suis curieux, c’est toujours Jim Carrey et l’autre les acteurs ? Ouais ? Alors ça va être une tuerie.

Genono : Et Les Tortues Ninjas ?

J’ai vu une bande annonce, ça tue. Quand il s’éjecte sur la camionnette, ça tue. Et à la fin, quand il enlève son masque, que la meuf s’évanouit, c’est magnifique. Je suis pressé de le voir.

Spleenter : T’étais plutôt Tiny Toons ou Animaniacs ?

Franchement, les deux. Tiny Toons, c’était bien, Animaniacs aussi … les deux frères juifs, Warner Bros. Y’avait Minus et Cortex dans les Animaniacs, c’était bien.

Spleenter : DBZ ou Chevaliers du Zodiaque ?

Les deux, à mort. Mais si je dois choisir, Chevaliers du Zodiaque. Même si c’est trop … malsain. Les hermaphrodites, et tout … Je comprenais pas, à l’époque, pourquoi le Chevalier du Poisson c’était une femme, avec une voix d’homme. Y’a plein de trucs comme ça. Y’avait aussi un mec qui était « trop beau ». Ils disaient tous « il est trop beau, sa beauté va nous ensorceler, faut pas le regarder ». Mais y’a pas que les Chevaliers du Zodiaque, même Tristan, de Tristan et Matias … cheveux violets, longs … c’est suspect.

Spleenter : Quand tu vois des mecs comme La Fouine, Booba, Kaaris, sortir des phases très sales, que t’aurais pu sortir, est-ce que tu te dis que toi t’es arrivé trop tôt ? Ou alors t’es trop spé pour passer auprès des médias ?

Je ne dirais pas que je suis spé, c’est du rap que je fais. Il peut y avoir du rap doux, du rap dur, mais ça reste du rap. Je sais pas si j’étais là en avance … nan, je pense pas. Mais je pense que, comme on le disait tout à l’heure, quand je vais arrêter, on va dire «l’enfoiré, il était pas si mauvais, il va nous manquer, cette sale race ». « Merde, il a pas été assez exploité ce mec là, il a pas exploité tout son potentiel » (rires).

Spleenter : Tout le délire autour de « sucez », ça t’est venu comment ? Au début, c’était par-ci par-là, mais aujourd’hui on t’identifie vraiment comme « le gars qui dit « Sucez » à tous bouts de champ ».

C’est un mot-clef. J’ai toujours rappé comme je rappe, puis à un moment je me suis rendu compte que ça fonctionnait d’utiliser ces mots-clefs : pute, salope, bite, chatte, anus … ces mots-clefs ont fait tilt, alors je les ai introduits. Après, comme on disait tout à l’heure, peut-être que certains ont été plus attirés par ça, et n’ont pas vu la technique. D’autres ont vu qu’il y avait un technicien derrière, et au final, peu importe, du moment qu’ils ont été là. Mais aujourd’hui, je veux plus d’eux, je te jure que c’est vrai. Je trouve que j’égare les gens, ce que je fais c’est pas une bonne chose. Moi-même je suis égaré, et j’égare les gens avec moi. La meilleure chose, c’est de pas du tout écouter de rap. C’est mauvais.
Spleenter : Dans tes morceaux récents, j’ai l’impression que t’es plus orienté bouffe que sexe …

Je suis un fin gourmet. J’ai toujours été épicurien. A la base, mon album devait pas s’appeler La Dernière Valse, parce que pour moi c’était pas le dernier, je voulais l’appeler Epicurisme. J’ai toujours été épicurien, j’aime la bonne bouffe, j’aime la vie, j’aime profiter de la vie. J’aime toutes les joies que la vie peut t’offrir, même si c’est pas ça la vérité. C’est dur, de résister. Aujourd’hui, je résiste un peu plus aux tentations, mais ça n’a pas toujours été le cas.

Spleenter : L’Orgasmixtape c’est un peu un retour à la base, dans le sens où tu fais juste ce que tu veux, tu dis ce que tu veux, sans te prendre la tête ?

Ouais, je me suis dit que j’allais faire un truc vraiment dans l’esprit mixtape, avec des sons hardcores, en invitant plein de gens … alors que La Dernière Valse, c’est plus ouvert. Il n’y aura sûrement pas d’invités. Tiens, je peux vous donner le nom des invités de l’Orgasmixtape 2 si vous voulez : un duo avec Seth Gueko, un duo avec Nubi, un son avec Sadek et Sidisid … Joe Lucazz, comme je te l’ai dit tout à l’heure, Infinit, Selim du 94 … et puis des mecs d’Evry. J’ai invité mes amis, ceux que j’aime bien, ceux avec qui j’aime bien collaborer. C’est une sorte de jubilé. Ceux qui m’aiment bien, qui aiment mes mots-clefs, et qui aiment la technique, ils vont être servis. Ils vont même être super-servis.

Genono : Sur le remix de Mongoldorak, il parait qu’il devait y avoir Canardo. Où est-il passé ?
C’est pas plus mal, nan ?

Genono : Moi je suis un grand fan de Canardo, donc j’étais déçu (rires).

Chacun ses goûts … Pour être franc, je l’ai invité par l’intermédiaire de sa mannageuse, et il m’a snobé. Donc c’est pas plus mal.

Spleenter : Le story-telling de « Dans le sas », ultra-mongol, vous l’avez écrit comment ?

En studio, et Granit y est pour beaucoup. Il nous disait « faites comme ci, dites comme ça » … et en plus ça a pas duré longtemps. On avait déjà fait 2-3 morceaux dans la journée, et celui-là a dû prendre deux heures, pour l’écriture et l’enregistrement.

Spleenter : Le passage où tu dis « J’ai l’cœur qui palpite et la bite toute dure », et où Zekwe répond « Quoi, c’est quoi le rapport ? », c’est génial. C’est un truc qu’on aurait pu écrire dans nos dialogues à la con.

Ils tuent vos dialogues. La dernière, avec 1995, c’est lourd. Celle avec Shay aussi.

Genono : Du coup avec Alpha Wann et Nekfeu, ça s’est vraiment passé comme ça ?

(rires) Ca s’est pas passé comme ça mais … pas loin !

Spleenter : Y’a un truc assez bizarre avec ce morceau, c’est que toi tu parles d’exploser des diaphragmes et d’Aziz au pays des merguez, et Nekfeu arrive derrière et parle de la mort de son grand-père … Il était au courant que ton couplet c’était ça ?

Ouai, je l’ai fait devant lui. Le refrain, les couplets … on a tout fait ensemble.

alkpoto

Genono : Dans le clip de Chiens, c’est un uniforme nazi que tu portes ?

Ouais, c’est un uniforme à moi. C’est nazi, je suis habillé en Adolf Hitler, dans la forêt de Saint-Geneviève des Bois.

Genono : Tu vas collaborer à nouveau avec Kevin El-Amrani à l’avenir ?

Là, il veut bosser avec moi. Il me dit « viens, je te clippe tel morceau » … il est bon, je sais pas s’il se défonce, mais il est bon. J’ai fait pas mal de clips, y’a d’ailleurs celui de « N’importe quoi » qui devait sortir, avec le rappeur Vald qui jouait mon rôle. Mais j’ai pris la décision de ne plus sortir de clips. Au vu de mes vues, je sais m’avouer vaincu. Y’a des clips où je peine à dépasser les 50000 vues … à l’époque de Yonea chez Neochrome, je faisais le double en une seule journée. Bon, y’a bien un moment donné où je vais en balancer quand même, il va y avoir l’Orgasmixtape 2, je vais devoir balancer 2-3 trucs avant.

Genono : T’es un peu obligé, non ?

Ouais, mais ça fait pas de vues, c’est triste.

image : Wild-Sketch

image : Wild-Sketch

Spleenter : Un jour un mec m’a dit « j’aime beaucoup Alkpote, mais faut vraiment qu’il arrête de rapper en arabe, son accent est pourri ».

J’avoue, mon accent n’est pas parfait. Mon arabe n’est pas parfait, je le reconnais volontiers, mais je rappe pas tellement beaucoup en arabe.

Spleenter : T’as fait pas mal de morceaux avec des rappeurs tunisiens, ou d’origine tunisienne. Ca compte, pour toi, de représenter ?

Ouais, on peut dire que oui. J’ai toujours bien aimé Balti, Mokless, Haroun … C’est vrai, j’aime bien les rappeurs tunisiens. Kalash l’Afro, Selim du 94 … je les aime bien.

Teobaldo : T’as même rappé avec des allemandes …

Je suis ouvert, je suis prêt à collaborer une personne avec qui il manque un œil, un mec qui ne sait pas rapper, ou un enfant de 5 ans, ou même avec une vieille … c’est un travail, de faire des collaborations, et je peux travailler avec n’importe qui. Je suis un mercenaire de la rime, si t’as besoin de moi, je suis là pour toi.

Spleenter : Au niveau de ton discours, t’as toujours été plus ou moins dans la norme, et sur « L’Orgasmixtape », j’ai l’impression qu’il y a eu un ras-le-bol, notamment autour des médias et du sionisme.

Moi aussi, en réécoutant le projet en entier, j’ai remarqué ça. J’en suis arrivé à la conclusion que j’avais peut-être mûri, que j’avais pris de l’âge. Ca se ressent beaucoup, c’est vrai, mais c’est pas quelque chose que j’ai recherché. Je m’en suis rendu compte après coup.

Spleenter : Le morceau « Liberté d’expression », on a presque l’impression que tu l’as écrit juste après l’affaire Dieudonné.

Il y a eu de ça, aussi. Je suis à fond dans Dieudonné, je le soutiens à 300%. D’ailleurs j’ai bien aimé le morceau de Sadek à ce sujet. J’aime les mecs qui portent leurs couilles, qui assument leurs positions. Nous, les rappeurs, on doit prendre position, dire des choses. C’est bien de rigoler, mais c’est bien aussi de dire les choses, de dire que les sionistes sont des fils de putes.

Spleenter : Y’a aussi le name-dropping avec Fabius et Jack Lang dans Vomissure, ça m’a éclaté.

Ouais, c’est pas mal.

Genono : Tu cites également Alain Soral dans l’intro. C’est une influence pour toi ?

Alain Soral, je l’aime bien. C’est une influence. Ce que j’aime chez lui, ou chez Tariq Ramadan, c’est leur intelligence. C’est ça qui me charme, leur façon de s’exprimer, leur intelligence, leur répartie. J’aime bien les mecs qui savent s’exprimer.

Genono : T’as pas eu de retours de la LICRA suite à ce genre de morceaux ?

Nan, je suis un petit poisson. Je suis pas bien méchant . Ils vont aller voir les RG demander combien je gagne ? … Je vaux rien, pour eux.

Genono : Tu parlais déjà de Manuel Valls en 2009 dans tes interviews, et tu l’insultais déjà. T’es un visionnaire sur ce coup.

C’était le maire d’Evry à l’époque, et il a jamais été très cool avec les Pyramides. Il a jamais rien fait pour eux, contrairement à d’autres quartiers d’Evry, où il faisait implanter des maisons de quartiers, des MJC, etc. Nous, on a jamais rien eu. Mais j’ai vu une vidéo de lui à l’ancienne où il parlait de la Palestine, et j’étais choqué. Je me suis dit « il est pas si mauvais à la base ». Je me suis dit qu’à la base c’était un bon, et que l’argent et les sionistes l’ont charmé. Résultat, il a retourné sa veste, et maintenant il est de leur côté. Alors qu’à la base, il les aime pas, ces mecs là. Ils l’ont charmé, il s’est marié avec une sioniste …


Genono : Est-ce que tu pourrais te lancer en politique et faire une campagne avec le slogan « Sucez-moi avant la présidentielle » ?

Peut-être, mais avec un autre mot. Dans le même concept, mais sans le « sucez-moi », c’est peut-être un peu trop. Je trouverais une autre formule, moins choc. « L’orgasmixtape » à la base devait s’appeler » Re-sucez moi avant l’album », ou « Sucez moi encore ». Sur mon iphone j’ai tout une liste de noms de mixtapes.

alk 2

Illustration : Singe Mongol

Spleenter : C’est quoi les films qui t’ont marqué dernièrement ?

Chaud… j’en regarde trois par nuit. Des récents ? Robocop est pas mal, avec les poumons et tout là. La scène elle tue, quand il a pas de mains et tout. Du coup j’ai revu l’ancien. Il était sanglant de ouf ! J’ai apprécié ça. J’aime bien quand c’est sanglant Game Of Thrones. Ma famille est choqué parce que j’rigole que quand il y a du sang.

[S’en suit une séquence très violente où Alkpote décrit une scène de GoT et demande qu’on ne retranscrive pas ses propos spoilant la série, en expliquant qu’il supprime régulièrement des gens sur ses réseaux sociaux car ils lui pourrissent la vie avec leurs spoils]

Spleenter : T’écoutes quoi en ce moment ?

J’écoute de tout, tout le temps. J’écoute un peu moins de musique ces derniers temps parce que j’ai beaucoup de travail. Mais quand mon fils regarde les chaines musicales j’écoute. En rap, j’écoute de tout, beaucoup de sons d’Atlanta en ce moment, Future, Migos, les trucs que tous les cons écoutent. Je suis fan de Gucci, de 1017 Brick Squad. Je suis pas trop dansl e son de Chicago par contre.

Spleenter : Et Young Thug, tu vois qui c’est déjà physiquement ?

Ouais il ressemble un peu à Joe Lucazz. Mais c’est une sacré bébête, une sacré bestiole, asexuée, il représente bien les temps. Mais son rap, aussi, il est super fort.

Teobaldo : T’as encore des morceaux jamais sortis en stock ?

Quasiment aucun, j’ai vidé mes cartouches. Il me restait « Bande de putains remix », avec Niro, Sidisid, Tige la Rafale, que j’avais envoyé à l’époque mais qui n’était jamais sorti sur aucun support. Y’a encore un ou deux morceaux que je vais placer sur La Dernière Valse etL’Orgasmixtape 2, mais c’est tout. Pour le reste, ce sera que de l’exclu.

Genono : Il y avait pas un projet d’album Ténébreuse mafia ?

Oui, pas mal de mes projets ont avorté, et c’est peut être pas plus mal. Ténébreuse Mafia n’existe plus, c’est mon invention et c’est ma déstruction. C’est comme le label Ténébreuse musique, j’avais inventé ça pour mon groupe la ténébreuse unité 2 feu, juste avant qu’on signe chez Néochrome, pour Haine misère et crasse. Plusieurs personnes voulaient nous sortir, Nouvelle Donne, d’autres encore, mais rien ne s’est fait. A la fin comme il n’y avait personne on s’est dit qu’on allait mettre des sous nous mêmes. Jeunes et motivés ! Puis Yonea est arrivé il a u qu’on payait nous même nos séances studios, il a dit « arrêtez de payer, c’est bon je vais vous le sortir » mais en revanche la contrepartie était que je sorte directement après un solo. Il n’était pas interessé par Katana, il voulait qu’Alkpote. Il a sorti le groupe Unité 2 Feu pour me faire plaisir. Mais moi j’ai jamais eu dans ma tête l’envie de sortir unalbum d’Alkpote, pour moi, c’était Unité 2 feu. L’Empereur on m’a forcé un peu à le faire. Mais après je me suis pris au jeu.

Genono : T’as pas eu une période où tu voulais monter une association type Resto du cœur aussi ?

Ouais, à une époque j’avais tellement d’envies et de désirs… mais ça a été abandonné. Les idées c’est pas ce qui manque, mais les fonds … il faut des investisseurs.

Téobaldo : Si t’avais percé…

Pour percer j’aurais été avec des sionnistes. Les investisseurs je les aurais trouvés mais ça aurait été des sionnistes. Tu vois c’est pas plus mal de pas avoir percé. Je suis heureux de pas être dans ce milieu malsain. C’est très malsain le rap, plus malsain que les autres milieux, la drogue, le foot, le cinéma sont des milieux moins malsains ! Même la variet ‘ ! Pourtant il y a de la drogue un peu partout, dans la variet’ , mais le rap… de la trahison, des trucs spéciaux. Il y en a qui sont pas assez forts psychologiquement. Certains vont en asile, se font interner, camisoler, prennent des médocs. Il y en a qui abandonnent, qui reviennent, c’est dur le rap.

alkk

BONUS : LE SUPER QUIZZ DE SPLEENTER

La règle du jeu : Spleenter balance des lyrics un peu sales, et Alk doit deviner si elles sont de lui ou d’un autre rappeur.

Spleenter : « Dégage de mon lit salope si t’as tes règles »
Alkpote : Ca aurait pu être moi, mais non, j’ai jamais dit ça de ma vie.
Spleenter : C’est La Fouine.
Alkpote : Ca m’étonne pas.
Spleenter : « Les gouttes de sperme coulent sur ton nez, tu comprends qu’on va te surplomber »
Alkpote : (rires) C’est bien moi, je l’oublierai jamais de ma vie celle là.
Spleenter : « Tu fais le gangster, j’te laisse du sperme dans le zen »
Alkpote : Ouai, c’est moi, sur L’envahisseur.
Spleenter : Nan, c’est Salif, dans Peep Show.
Alkpote : J’ai confondu avec « tu fais tes emplettes en string panthère »
Spleenter : « On encule les pterodactyles »
Alkpote : C’est moi, dans C’est le retour de l’U2F . C’est à cause de mon fils il est fan des dinosaures, j’ai jamais vu ça !
Spleenter : « Elle est où ta tétête, que je m’égoutte la kekette »
Alkpote : J’ai rien à voir avec ces mots-là !
Spleenter : C’était Seth Gueko. « Un doigt de génie rectal en guise de tendresse ».
Alkpote : Connais pas.
Spleenter : Kaaris. « Je fais d’une pierre deux coups, et d’une capote deux trous »
Alkpote : Ca, c’est moi. Elle est fantastique.
Spleenter : « Mon membre se rallonge, même si je suis pas Piccolo »
Alkpote : C’est bien moi, avec la rappeuse allemande.
Spleenter : « C’est moi qui raque si t’as le boule à Shakira »
Alkpote : Nan, connais pas.
Spleenter : « Ma bite et ton cul s’emboitent »
Alkpote : Ah, ça c’est beau … c’est moi, et je l’ai utilisé deux fois : une avec Zesau, et une dans Neo Come Back.
Spleenter : « Je vais tellement t’enculer que quand tu bailleras on verra le jour »
Alkpote : Je connais pas, mais c’est sympa, j’aime bien.
Spleenter : C’est le père, dans Bernie, le film. « Suce nos bites, salope, lèche nos boules de bowling »
Alkpote : C’est Mister You.
Spleenter : « J’te fais mouiller avec un couteau rouillé »
Alkpote : C’est bien moi, sur Bande de Chiennasses.
Spleenter : « J’te prends en levrette, laisse-moi mettre le doigt »
Alkpote : C’est Booba, ça, nan ?
Spleenter : Ouais. « J’éjacule sur tes taches de rousseur »
Alkpote : C’est moi, Bande de Putains de Putes Remix.
Spleenter : « Suce mon réglisse, mes dragibus »
Alkpote : Double-brochette !
Spleenter : « C’est dans le parking qu’on finit le casting »
Alkpote : Connais pas.
Spleenter : C’est Koma. « Mets-toi à 4 pattes, que je brûle ta cellulite »
Alkpote : C’est pas moi, mais j’ai l’impression de connaître.
Spleenter : C’est Rohff. « Ouvre-la seulement pendant les douches de sperme »
Alkpote : C’est bien moi.
Spleenter : « Montre-moi ta shnek sur ta webcam »
Alkpote : C’est moi, dans Solitaire.
Spleenter : « J’te parle de sexe sans honte, j’aime la cyprine »
Alkpote : Gainzbeur !
Spleenter : « T’auras le droit que des regards très sombres, à des claques sur le boul, et à beaucoup de foutre »
Alkpote : Connais ap.
Spleenter : Dosseh. « Bitch dead dans les toilettes, bite grosse comme une canette »
Alkpote : … non
Spleenter : C’était Joke.
Alkpote : Joe Lucazz ?
Spleenter : Non, Joke.
Alkpote : Ah …
Spleenter : « Tu seras ma petite chienne et je serai ton gentil maitre »
Alkpote : Je connais pas.
Spleenter : Orelsan. « Si t’es un fin gourmet, tu vas sucer des longues queues »
Alkpote : C’est bien moi (rires)
Spleenter : « Mon soce s’éclate avec une étudiante à 4 pattes »
Alkpote : Non, pas moi.
Spleenter : C’était Express D. « Passe la vaseline pour qu’on aille plus loin »
Alkpote : Non, pas moi.
Spleenter : Melopheelo. « Suce ma bite jusqu’à vomir ton suc gastrique »
Alkpote : African G’z !
Spleenter : « Je suis qu’on obsédé mais ton mec c’est qu’un pauvre pédé »
Alkpote : Belle rime, mais elle est pas de moi. Obsédé/gros pédé, c’est bien.
Spleenter : C’était Sheryo. « Si t’es cheum, juste tu me branles »
Alkpote : Si t’es cheum, juste tu me branles … je réfléchis si j’ai jamais dit ça … nan, j’en ai pas le souvenir.
Spleenter : Bien joué, c’était 25G. « Ramène ta femme, on lui met son coup
Alkpote : C’est pas moi … mais tu me fais hésiter, comment tu me regardes.
Spleenter : « Frotti-frotta sur la piste, et pas de slip »
Alkpote : La compagnie créole ?
Spleenter : (rires) Nan, Ol Kainry. “J’aime pas les meufs plates qui sont plein de chichis”
Alkpote : Je sais pas.
Spleenter : Alpha 5.20. « Tu peux me sucer avec ton appareil dentaire »
Alkpote : C’est bien moi !
Spleenter : « Je passe par derrière, je m’en fous de l’odeur »
Alkpote : C’est moi aussi !
Spleenter : « Coiffe les poils de ta chatte »
Alkpote : Voltaire !
Spleenter : « T’as qu’à dresser la patte pour que je vienne te caresser la chatte »
Alkpote : « Ce n’est que moi »
Spleenter : « Ta pétasse de chiennasse, je lui casse les reins »
Alkpote : La plus belle des crasses.
Spleenter : « Belek à pas te manger un zizi de travelo »
Alkpote : C’est moi.
Spleenter : « Ouvre ta chatte ma pétasse »
Alkpote : C’est bien moi dans Frissonez, « neochrome, ouvre ta chatte ma pétasse… » C’est des mots-clefs, chatte, pétasse …
Spleenter : Bah voila, on a fini.
Alkpote : C’est tout ? Bah c’était sympa.

image : Wild-Sketch

image : Wild-Sketch

6 Commentaires

Classé dans Uncategorized

Interview de Shone

On a interviewé Shone avec TupakTV :

http://tupaktv.com/interview-shone/

Ça prépare un gros concert qui idéalement serait amené à n’être que le début d’une longue série de concerts
Ainsi qu’un projet/compilation mystérieux mais qui a l’air très enthousiasmant
Alors clique et va voir l’interview de ce rappeur qui a oublié d’être con et passif

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview – Vald (+ special guests qui passaient par là)

A un moment y’a Lino qui vient serrer des mains avant d’aller pisser, et à la fin y’a Tefa qui tape un peu l’incruste, mais on a rien dit parce que c’était chez lui.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 1

Interview : Genono (Captcha Mag) et Teobaldo (Le Blavog)
Photos : Mehdi MK ( TupakTV)
On a uni nos forces comme si on était possédé par l’esprit hip-hop.

Genono : Avant la promo autour de la sortie de NQNT, t’as fait très peu d’interviews. C’était par choix, ou parce que les intervieweurs avaient peur de te rencontrer ?

Vald : C’était un choix, jusqu’ici faire des interviews, ça n’avait pas vraiment d’intérêt. Quand tu sors uniquement des projets gratuits sur internet, t’as pas grand-chose à dire. Si c’est juste pour raconter ta vie, y’a aucun intérêt. Là on a quelque chose à défendre, donc on va parler un peu de nous.

Genono : Tes précédents projets, c’était histoire de faire monter un peu la sauce ?

Vald : Voila, l’idée était de se présenter un peu aux gens, parce que dire « je sais rapper », c’est bien beau, mais si t’as aucun projet …

Genono : Ce matin je lisais les commentaires sur le clip de Shoote un Ministre … J’ai l’impression que ton public de base ne s’y retrouve pas.

Vald : Mon public de base, c’est quoi ?

Genono : Globalement, les gens qui te suivent depuis le début. Je lis beaucoup de commentaires du type « c’est pas le Vald qu’on aime », on est à la limite du « Vald c’était mieux avant », alors que ta carrière a pas encore débuté. C’est un truc que t’as ressenti ?

Vald : C’est un peu comme le premier amour, quand tu le revois quelques années plus tard, bah … il a changé ! Moi je fais le son que j’aime, après, ils suivent ou pas, c’est pas grave. J’irai trouver d’autres gens pour m’écouter.

Genono : Sur les autres extraits, j’ai l’impression qu’il y a d’autres retours, et que ça correspond plus à ce que le public attendait.

Vald : C’est surtout au niveau des prods, je pense. Et puis, il y a une raison simple : sur mes anciens projets, je pouvais pas faire de dirty, parce que je savais pas mixer. Et comme c’est moi qui mixais mes projets, forcément … J’avais envie d’en faire, mais je ne savais pas le faire. Alors maintenant, j’arrive en studio, je me régale.

Genono : Jusqu’ici t’étais vraiment en mode « fait-maison » ?

Vald : Ah ouai, c’était artisanal mon frère ! Y’avait un fumet, t’entendais les portes claquer chez moi, t’entendais ma darone crier … il se passait quelque chose quoi ! Alors que maintenant c’est propre, c’est professionnel.

Genono : Je reviens sur Shoote un Ministre … Y’a pas eu trop de controverse au sujet de la quenelle devant l’assemblée. T’es pas déçu ?

Vald : Déçu, non … c’est logique, on fait pas de vues. C’est normal qu’il y ait pas de controverse.

Genono : Justement, ça aurait pu être le truc qui déclenche un peu la machine.

Vald : En tout cas, moi je l’ai pas fait pour ça. Je l’ai fait parce que ça me faisait rigoler. Après peut-être que de l’autre coté, les mecs étaient là à se dire « ouai, on va faire des vues avec ça » … j’en sais rien. Je pense que si on faisait un million de vues avec une quenelle, on en aurait entendu parler … Mais là, avec 100.000 vues, c’est de la rigolade.

Genono : Il se passe plein de choses dans tes clips, ça fourmille d’idées et de conneries. A quel point t’es impliqué là-dedans ?

Vald : Généralement, je rencontre le réalisateur, je propose des idées, et si on peut, on les met en place. Par exemple, pour Shoote un Ministre, j’avais des idées un peu farfelues, qui n’étaient pas réalisables avec le budget et le temps dont on disposait. Donc on s’est concerté, et c’est Tefa qui a eu l’idée : « et si on promenait un ministre mort sur un fauteuil roulant, c’est génial ! »

Mehdi (manager de Vald) : Enculé, c’est moi qui ai eu cette idée !

Vald : Ah c’était ton idée ? C’est vrai que j’ai tendance à considérer que c’est Tefa le génie, mais Mehdi a un meilleur vocabulaire.

Mehdi : Nan, il faut dire que tout vient de Vald !

Genono : Et donc tu disais qu’il y avait des idées que tu ne peux pas encore mettre en place, faute de budget ?

Vald : Ouai, comme les gamins. Ils ont des idées, ils ont envie de faire des films de fou, mais ils peuvent pas. J’en suis à ce stade. Bientôt, j’aurai le budget pour faire des clips hollywoodiens.

Genono : On espère, parce qu’il y a moyen de bien rigoler avec toi. Rien à voir, mais j’ai lu dans ton interview chez l’Abcdr que tu avais une culture rap très limitée. Elle s’est développée un peu, depuis ?

Vald : C’est vrai, j’ai vraiment une mauvaise culture. Disons que c’est une culture atrophiée. Mais je commence à faire des pompes et des tractions.

Genono : Ce manque de culture, tu vois plutôt ça comme un avantage, dans le sens où t’es pas formaté par ce que t’as écouté avant, ou plutôt comme un handicap ?

Vald : Je vois ça comme un fait, j’essaye de changer là-dessus, mais je sais pas si c’est un avantage ou un désavantage. Le bon coté, comme tu le dis, c’est que je fais les choses sans être influencé par ce qu’ont fait d’autres artistes avant moi. J’ai cru comprendre que ceux qui avaient écouté l’album de Lunatic à l’époque étaient traumatisés et voulaient absolument refaire du Lunatic. Moi je l’ai pas écouté, je sais pas ce qu’il se passe dans cet album ! Mais d’un autre coté, le fait de ne pas avoir de références n’est pas forcément un avantage. En fait, j’ai pas conscience de ce qui est bien ou mal, dans le rap.

Genono : Dans ce qui se fait aujourd’hui, t’écoutes quoi ?

Vald : J’aime beaucoup Young Thug, j’aime beaucoup Lil Wayne … j’ai une affection toute particulière pour Lil Wayne. Après, en français … j’ai du mal avec eux, parce que je comprends ce qu’ils disent. Mais par exemple, Kaaris, il me fascine ! Je le trouve trop marrant.

Genono : Mais musicalement, c’est des artistes qui t’inspirent ? Parce que ta musique ressemble pas à du Kaaris ou du Lil Wayne.

Vald : Je sais pas ce qui m’inspire. Si je dis que je m’inspire d’untel, ça veut dire que je vais essayer de faire la même musique que lui ?

Genono : Pas forcément, ça peut être dans le sens où tu vas juste te nourrir de ça, et en faire ta propre sauce. Ne serait-ce qu’au niveau des sonorités, tu peux avoir envie de tendre vers telle ou telle tendance.

Vald : Peut-être que je me nourris de ce que j’écoute sans trop m’en rendre compte, franchement j’en sais rien. J’ai du mal à comprendre le concept d’influence et d’inspiration. J’écoute des trucs … tu sais, des fois, quand j’écoute un morceau, j’ai envie de taper le rappeur. Peut-être que c’est de cette manière là que je m’inspire finalement, c’est une influence un peu malsaine. Je l’écoute, et j’ai juste envie de le mettre à l’amende, de le défoncer.

Genono : Ta connexion avec Rockin Squat sur L’undaground s’exprime chapitre 6, elle se fait comment ?

Vald : Qu’un rappeur avec des disques d’or et 20 ans de carrière m’appelle, j’ai trouvé ça beau. J’étais un rappeur de chambre, j’avais fait quelques mixtapes, mais personne me connaissait. Je sais même pas comment il m’a découvert … c’est une bonne personne, il m’a même invité à monter sur scène à la Cygale.

Lino, surgit de nulle part : Qu’est ce que c’est que ces interviews qui durent 70 heures ?

Vald : Laisse-nous bosser.

Lino : Je passe juste vous saluer avant d’aller pisser. C’est mieux avant qu’après, nan ?

S’en suivent quelques serrages de main, deux-trois vannes pas piquées des hannetons, puis Lino s’en va pisser et l’interview reprend son cours.

Genono : Tu fais beaucoup d’introspection dans tes textes. Est-ce que c’est un truc qui t’aide à te comprendre toi-même, à avancer, à la Soprano qui prend sa carrière pour une thérapie ?

Vald : Pas du tout. J’écris pas quand je suis triste. Si ça va pas, j’écris pas. Je me trouverais con de me trouver dans une situation alarmante et de me dire « oh putain, il faut que j’écrive un texte, il faut que j’explique ce qu’il m’arrive ! ». J’écris uniquement quand je suis content. Et j’ai même pas l’impression de faire de l’introspection, je trouve ça un peu surprenant.

Genono : Tu racontes quand même des trucs super personnels, même si c’est souvent fait avec humour.

Vald : Comme quand je parle de branlette ?

Teobaldo : Ca c’est intime plus que personnel.

Genono : Y’a des moments où tu te dis « ça c’est trop personnel, je vais le garder pour moi » ?

Vald : Ah oui, y’a beaucoup de choses que je dis pas, parce que je trouve que ça ne regarde que moi. Et puis surtout, ça n’apporte rien. Si ça apportait quelque chose de lâcher une phase très personnelle, en me disant que des gens vont se reconnaitre dans ce que je dis … Mais la plupart du temps, je parle pas de moi. C’est pour ça que ce coté introspection, je vois pas trop … Peut-être sur Journal Perso, ou des vieux morceaux ?

Genono : Même sur NQNT, y’a pas mal de phases super personnelles, même si c’est pas forcément à chaque fois le thème du morceau. C’est quelques phrases disséminées ci et là tout au long du projet, que je trouve très personnelles.

Vald : J’ai pas ce ressenti … mais pour revenir à ta première question, écrire ne m’aide pas du tout. Je ne règle rien avec la musique.

Teobaldo : Du coup, écrire ça t’apporte quoi ?

Vald : C‘est un sentiment d’accomplissement. Quand j’écris, j’ai l’impression que je fais quelque chose de ma vie … alors qu’en fait, nan. Je peux passer une nuit entière sur une seule phrase, en vrai je fais rien du tout, mais j’ai quand même l’impression d’avoir fait un truc. Quand je finis un morceau, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait quelque chose de concret, de pas être resté là à attendre que le temps passe, comme un branleur. Alors quand le morceau est validé au studio, j’en peux plus, je l’écoute vingt fois d’affilée, je me dis « ouaah, je suis louuurd », alors que pas du tout, je brasse pas un sou.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 2

Genono : Aujourd’hui t’es rappeur à plein-temps ?

Vald : Plus ou moins …

Genono : T’as prévu un plan B, au cas où ça ne marche pas comme prévu ?

Vald : Bah oui, justement, parce que je viens de me rendre compte de l’économie du rap et … c’est pas flamboyant (rires).

Genono : Y’a pas lontemps t’as publié sur les réseaux sociaux « 5 bonnes raisons de ne pas acheter NQNT » …

Mehdi (manager) : Une idée de génie !

Genono : T’annonces « aucun tube ne sera joué en radio ». Ils font pas trop la gueule chez Barclay ?

Vald : Nan, pas du tout. J’ai pas tellement de contacts avec eux en fait.

Genono : Ils t’ont juste commandé un album, façon « ponds ce que tu veux » ?

Vald : Voila, on leur a donné un album, on a dit « si vous aimez, vous prenez, vous donnez de l’argent, et vous distribuez ».

Genono : Et t’as eu des retours ?

Vald : Ils en sont très contents. Ils me trouvent très particulier, avec un univers … ça fait plaisir.

Genono : Parmi les 5 bonnes raisons, tu dis aussi « pas d’autotune dans le projet ». C’est un truc que t’aimes pas ?

Vald : Au contraire, c’est un truc que j’adore, mais que je contrôle pas encore.

Genono : Donc ça va venir ?

Vald : Ah ça, dès que je sais l’utiliser, vous allez en chier ! Prends garde à toi, Jul ! (rires) J’ai aucune censure là-dessus, dès que je sais le faire, c’est partit !

Genono : T’as l’air plutôt à l’aise sur scène, c’est un truc que tu travailles à l’avance, où t’y vas vraiment en mode freestyle ?

Vald : Ouai, jusqu’ici c’était très freestyle, mais le public est super réactif, sans trop que je sache pourquoi. Bien souvent, il est juste content de voir « son » artiste, donc il fait la fête même si tu pues la merde sur scène. Après, on a essayé de travailler un peu le truc, c’est plus cadré, un peu moins bordélique, même si y’aura toujours une part de bordel. A terme, je pense que ça va devenir très professionnel, l’idée c’est que ça devienne un vrai spectacle. Je pense qu’il nous faut juste des séances en studio pour développer ça … et les séances, faut les payer ! Mais là j’ai l’impression qu’on a trouvé un format qui fonctionne bien, ça fait 6 ou 7 dates que je sens qu’on a quelque chose de professionnel.

Genono : Ce coté trop carré, t’as pas peur que ça déplaise à un certain public, qui aime justement le Vald un peu à l’arrache ?

Vald : Ca peut être à l’arrache … mais carré en même temps. J’ai déjà fait des scènes vraiment à l’arrache, et c’était vraiment trop à l’arrache, tellement à l’arrache que le public n’y comprend plus rien. Donc oui, y’aura toujours une ambiance « fait-maison », un petit fumet, mais le temps est à la professionnalisation.

Genono : La piste 5 de NQNT s’appelle Sullyvan. En écoutant le morceau, j’ai l’impression que ce personnage est une sorte d’alter-égo démoniaque de Vald. J’ai bien compris le concept ?

Vald : Ouai, c’est à peu près ça. C’est partit d’une rime que j’ai fait dans un vieux morceau, avec le nom de Sullyvan, et j’ai développé un peu ça. Mais j’ai pas du tout le complexe du schizophrène, avec une partie sombre qui se dévoile sous un alias. Sur ce morceau, c’est vrai que la prod s’y prêtait bien, j’ai poussé un peu dans cette direction … mais en fait nan (rires). Ca m’a surtout permis de faire un égotrip un peu particulier, de parler de ce personnage comme d’une légende, un mythe.

Genono : C’est un truc qui peut revenir dans les prochains projets, ma suite des aventures de Sullyvan ?

Vald : Ouai, je vais le décliner, c’est certain. Et puis ça nous fait un super morceau pour entrer sur scène, c’est génial.

Genono : Piste 8 (« Horrible »), tu dis « suffit d’une vidéo de Soral pour que l’audimat du JT chute ». Tu penses quoi de ce mec ?

Vald : Je pense qu’il a une grande écoute. Je l’ai beaucoup écouté, maintenant j’ai décroché. Je prends plus rien à cœur, j’en ai plus rien à foutre de quoi que ce soit. Je sais qu’il a beaucoup d’audimat, et qu’il est plus proche de la réalité que les journaux télévisés. C’est moins déformé, et ça a plus d’impact. Lui aussi, il bosse à la maison, il est sur son canapé, il fait ses vidéos … Et je sais que si t’écoutes Soral, t’écoutes pas le JT. Ca n’a pas de sens, d’écouter les deux, ou en tout cas, de croire les deux.

Genono : Dans le même morceau, tu dis « personne m’a donné la foi, je suis lassé de croire en rien ». Quel est ton rapport à la religion ?

Vald : J’aimerais avoir la foi ! Mais je crois en rien, je suis pas dedans. Et j’aimerais bien, parce que je ressens une sérénité chez les gens pieux, c’est quelque chose que j’ai pas. Mais j’ai réussi à trouver la sérénité ailleurs, donc je m’en sors pas trop mal.

Genono : La foi, c’est donc quelque chose que tu recherches ? Ou tu te dis juste « si ça vient, ça vient » ..?

Vald : Voila, je me dis que si un jour je tombe dedans, ce sera super. Sinon, tant pis.

Teobaldo : C’est juste une question de sérénité, d’équilibre ?

Vald : C’est vraiment … un bien-être que je ressens chez les gens qui ont la foi. Mais ceux qui l’ont vraiment, pas les frères muz 2.0. Les vrais frères muz, ils ont sont apaisés, c’est magnifique.

Teobaldo : On sent que t’as développé une grosse réflexion là-dessus.

Vald : Ca me touche personnellement en fait, parce que mon frère est devenu musulman. Je trouve ça beau. Moi, j’arrive à vivre sans, mais si un jour ça vient … incha Allah !

Genono : Ensuite, piste 9, « Aulnay-sous-bois », qui est très critique envers la mentalité de quartier et l’apologie de la rue. Tu sentais le besoin de faire ce morceau ?

Vald : Ouai, c’était vraiment un besoin, parce que personne n’en voulait de ce morceau ! (rires) Je trouvais intéressant de proposer cette vision des choses, j’ai pas l’impression d’avoir déjà entendu un morceau comme celui-là … après j’ai une culture de merde, donc il a peut-être déjà été fait. Je trouvais ça marrant qu’un blanc qui vienne du 93 parle de la cité de cette manière.

Teobaldo : T’as pas peur de te mettre des gens à dos ?

Vald : Je connais personne, donc je peux me mettre personne à dos ! (rires) Après, je dis pas que la street c’est mal … mais revendiquer le fait d’être un mec de tiekar, ça pue la merde. Je vous chie dessus ! Attends, que je me fasse pas mal comprendre, c’est pas parce que t’habites dans un tiekar que je te chie dessus …

Genono : Si si, on va marquer ça. On va faire du buzz, on va titrer « Vald chie sur les mecs de tiekar ».

Vald : Nan, ce que je veux dire, c’est que je te chie dessus si t’es un mec de tiekar et que tu vis là-dessus. Et j’en connais plein, des mecs qui te disent « ouai, moi je suis un mec de quartier, je vais rien faire de ma vie, je vais rester en bas » …

Teobaldo : Pas de vacances pour les vrais gars.

Vald : T’as tout dit.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 3

Genono : T’as quel attente sur la sortie de NQNT ?

Vald : Par rapport aux ventes ? J’en ai aucune idée. J’aimerais bien impressionner les gens de maisons de disques, pour qu’ils me sortent en physique, ces fils de lâches.

Genono : Ah mais il sort pas du tout en physique ?

Vald : Nan, parce qu’ils ont pas confiance en nos chiffres, ces crevards ! Ca me fout un cafard de ouf. Mais j’ai confiance, j’ai l’impression que mon public est deter, qu’il croit en moi.

Teobaldo : Du coup tu vises pas un chiffre précis …

Vald : Nan, je vise juste de pouvoir vivre de ma musique. Tant que j’en vis, les chiffres m’intéressent pas.

Tefa (qui est là aussi, parce que c’est la fête du slip) : Ca dépend comment tu veux vivre.

Vald : Je veux juste vivre, poto ! Je veux partir de chez mes parents, je veux pouvoir payer un loyer et des factures.

Teobaldo : Du coup, tu penses que tout buzz est bon à prendre ?

Vald : Nan, y’a aussi des mauvais buzz. Y’a des buzz desquels tu te relèves pas, y’en a certains qui ne s’en sont jamais remis. Je vais pas citer de noms, on va pas leur faire de la mauvaise pub, mais tu les connais.

Genono : Question « à la Spleenter » : est-ce qu’en tant que rappeur blanc, tu pourrais raconter que tu te faisais racketer au collège, comme Orelsan ?

Vald : Le raconter ? Je sais pas … peut-être le dire en une phrase, mais un morceau complet dessus … c’est dur.

Genono : Bah il en a fait … je vais pas dire une carrière, mais presque.

Vald : Nan, je peux pas capitaliser sur le fait d’être une victime, ça m’intéresse pas. Je peux pas écouter un morceau dont le message serait « je suis une victime ». Meme sans le dire ouvertement, mais y’a des sons, les mecs font que se plaindre de la première à la dernière mesure. Frère, relève la tête, car un jour tout s’arrête.

Moment de flottement dans le studio, tant tout le monde est subjugué par la dernière phrase de Vald.

Teobaldo : C’est pour ça, l’humour ? Aborder des sujets sérieux différemment, que les gens se fassent pas chier …

Vald : Voila, et faut se détendre, le ridicule n’a jamais tué personne.

Genono : Les comparaisons avec Orelsan, c’est un truc qui doit te casser les couilles nan ?

Vald : Oui, forcément, mais si ça vous donne une porte d’entrée, prenez-la. C’est toujours mieux qu’on m’écoute en se disant « c’est un peu comme du Orelsan », plutôt qu’on m’écoute pas. Mais j’ai jamais fait du Orelsan, donc j’ai même pas l’impression de devoir m’en détacher. J’ai un phrasé particulier qu’il n’a pas, et il a un phrasé particulier que je n’ai pas.

Teobaldo : Donc t’as déjà écouté ce qu’il fait ?

Vald : Ah oui, bien sur. Tout ce qui se fait, depuis que j’ai commencé à rapper, j’écoute, je me mets à jour. Le rap, c’est une bataille, donc si je sais pas ce que les autres font, c’est chaud.

Genono : Tu pourrais t’autoproclamer Professeur Punchline comme Seth Gueko ?

Vald : Je fais pas de punchlines, moi. Je déteste le mot « punchline ». Déjà, je déteste les anglicismes. On a une langue tellement riche, tellement belle, utiliser des anglicismes c’est dommage. Et le terme « punchline » … c’est nul, complètement nul. Je fais pas de punchline, je fais du sentiment. J’ai l’impression de développer vraiment un ressenti, pas juste de faire de la phrase. C’est difficile de prendre une phase de mon texte, et de la sortir comme ça.

Genono : C’est aussi du à ton écriture qui est très dense, pas mal basée sur la technique avec des assonances, des multisyllabiques dans tous les sens, des mots qui s’entrechoquent. C’est quelque chose que tu recherches particulièrement ou c’est quelque chose qui te vient naturellement ?

Vald : Ca me vient naturellement, c’est de la performance, et c’est ce qui va me faire écouter ou non un rappeur. Si un rappeur rime mal, je l’écoute pas. Les rimes trop simples, ça m’énerve. Y’a plein de mots dans la langue française, sers-toi-en. Maintenant j’y fais peut-être un peu moins attention, mais j’ai longtemps eu l’impression que c’était une obligation. C’est une question un peu complexe, mais pour moi c’est un devoir. Si t’es rappeur et que tu rimes pas … c’est la misère, gros. Fais autre chose.

Genono : Si tu devais imaginer ta reconversion après le rap, ce serait quoi ? Je te verrais bien au cinéma.

Vald : Ouai, le cinéma ça me plairait bien. J’attends qu’on vienne me contacter, je fais des petits appels subliminaux avec mes vidéos, mais ça marche pas (rires). Et puis, j’ai l’impression que ça paye mieux. Sinon, j’aimerais bien me reconvertir dans la production, prendre des petits rappeurs, leur transmettre mon savoir, mon expérience, et les orienter. Mais il faut de l’oseille.

Mehdi (le manager) : Tefa peut t’expliquer comment ça fonctionne !

Tefa : Bah c’est comme la politique : faut être un enculé.

Vald : J’aime bien aussi le montage vidéo, même si j’ai un niveau de merde. Ca me passionne.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 4

Teobaldo : Le clip de Toutatis, déguisé en flic, qui a eu l’idée ?

Vald : C’est une idée à moi, que j’ai trouvé vraiment super, et j’ai forcé tout le monde à la faire. A la base, je voulais faire un vrai truc de bad cop, avec un keuf crapuleux, ripoux … et au final, on s’est retrouvé en îlotiers super ringards. Mais j’aime bien, c’est drôle, ça a un côté sketch, et puis ça nous fait 3 clips bien construits, qui sont très différents mais qui gardent quand même une certaine ligne directrice.

Teobaldo : J’ai l’impression que pour chaque clip tu vas un peu plus loin. Le prochain tu nous fais quoi, la guerre des étoiles ?

Vald : Le prochain … c’est une surprise. Il sera pas cher, mais drôle.

Teobaldo : Tu commences à monter, à avoir une petite notoriété, y’a forcément un moment où un mec va vouloir te clasher. Comment tu penses réagir ?

Vald : Ca dépend de la notoriété du bonhomme. S’il est en dessous de moi, j’en ai rien à foutre, parce qu’il va rien m’apporter, je vais juste lui donner du buzz. Par contre si c’est un mec qui est au-dessus, et qu’il m’attaque … je vais le ruiner, l’enculer comme un chien, je vais pas le lâcher. Je vais voir l’ouverture et … oh putain, je vais l’enculer.

Teobaldo : T’es prêt pour la guerre.

Vald : Attaquez-moi, je vous en supplie ! Mais faut souligner que ça reste de la musique, je peux clasher le mec et lui serrer la main en studio le lendemain. Après, pour qu’un mec avec plus de notoriété que moi m’attaque, faudrait qu’il soit vraiment con.

Teobaldo : Bah y’a des cons dans le rap français, c’est pas le problème.

Tefa : Nan, y’a pas de cons, c’est pas vrai. C’est qu’une rumeur (rires).

Teobaldo : Est-ce que tu serais prêt à faire de la taule pour gagner en street-crédibilité ?

Vald : Je résisterais pas en taule … faudrait que je tue un violeur pour être respecté là-bas. Mais sinon, je suis un petit blanc, t’as vu mon gabarit ? Je suis dans la merde. Je vais m’en prendre plein la gueule !

Genono : Et pas que la gueule …

Vald : Et pas que la gueule !

Mehdi : Du coup après, tu feras peut-être du rap de victime.

Teobaldo : Est-ce que tu penses pas que tu vendrais plus en faisant du rap de victime ?

Vald : Pas sûr. Ce qui marche, c’est la sincérité. Si on croit en ce que je fais, les gens vont se sentir impliqués. Si je deviens la copie d’une copie, ça va intéresser personne. Faut juste être sincère et spontané.

Genono : Niveau connexions, tu fais pas énormément de featurings, ou en tout cas pas avec des rappeurs très côtés. T’es comme Niro, t’aimes pas te mélanger ?

Vald : Pour faire des feats avec des gens côtés, faudrait que j’aime ce qu’ils font, faudrait que je les contacte, ça me met un peu dans une position bizarre, j’aime pas trop ça. Je préfère faire des feats avec des gens que je connais, que j’aime, et avec qui il n’y a pas de calcul. En fait, y’a personne qui m’attire.

Teobaldo : Le rap français t’intéresse vraiment pas ?

Vald : Ah si, y’a vraiment des artistes que je kiffe, que je survalide. Un mec comme Katana, je suis comme un fou dessus, je l’écoute, j’en peux plus. Y’a aussi un gars de la clique de Kaaris, il s’appelle Solo le Mythe, il est trop fort. Y’en a beaucoup, j’aime bien aussi Docteur Bérize … Hornet La Frappe, il tue sa mère !

Genono : Bah justement, ces gens-là, ça t’intéresse pas d’aller les chercher et de rapper avec eux ?

Vald : Ca peut m’intéresser, mais je sais pas spécialement comment m’y prendre … Et puis je pense qu’un feat, ça se fait en fin de projet. Mon prochain projet, quand il sera fini aux trois quarts, je me dirai peut-être « tiens, il me faut un feat » … J’y penserai à ce moment-là. Et puis, ça va me mettre dans une démarche où je serai obligé d’écrire, et je déteste être obligé d’écrire. Ca me frustre.

Teobaldo : Pourtant t’as l’air productif.

Vald : Je suis productif, mais je suis capricieux. Et si j’appelle quelqu’un, je vais être obligé d’écrire, sinon il va me dire « tu m’appelles pour rien, enculé ! ». J’ai jamais de morceau où j’écris un couplet et ensuite je me dis « tiens, untel sur le deuxième couplet, ça passerait bien ». Déjà, j’ai très peu de chutes de morceaux, et puis … je m’aime trop, je crois. A chaque fois je trouve que mon morceau vaut la peine que j’aille au bout tout seul.

Teobaldo : Y’a des gens que t’aimes bien mais avec qui tu penses que musicalement, ça ne fonctionnerait pas ?

Tefa : Swaggman ?

Vald : Nan, Swaggman ça tuerait sa mère, t’es fou ! Par exemple Maitre Gims, je trouve qu’il est super fort, mais je le vois pas faire un refrain et moi lâcher un couplet derrière. Mais j’aime beaucoup de gens hein, même si vous avez l’air de penser le contraire.

Genono : NQNT, tu comptes le défendre sur une tournée ?

Vald : Je sais pas ce qu’on appelle une tournée. En tout cas on a plein de dates, dans toute la France, plus de trente jusqu’à l’été prochain.

Genono : On peut donc appeler ça une tournée.

Vald : Ouai, mais je les connais mes dates, on va pas se mentir les frères. Y’a des salles de quelques centaines de personnes …

Mehdi : Bah on voulait faire la tournée des Zéniths, mais il a que 20000 fans sur Facebook, c’est chaud.

Vald : Après, je sais pas si on peut dire que je vais « défendre » l’EP pendant cette tournée, mais c’est clair que c’est un excellent prétexte pour monter sur scène.

Mehdi : En langage professionnel, ça s’appelle bien « faire une tournée » et « défendre un projet » (rires).

Vald : Ouai, mais j’ai pas l’impression de défendre quoi que ce soit. Quand je monte sur scène, les gens connaissent déjà les morceaux, je leur donne juste ce qu’ils veulent.

Teobaldo : Le fait d’être entouré, avec des gens qui s’occupent de la production, d’autres de la logistique … ça t’enlève un poids ?

Vald : Ca m’enlève un poids, mais d’un autre côté, je dois toujours leur courir après (rires). Maintenant, je délègue, c’est un autre type de poids, mais au final ça m’avance pas beaucoup.

Genono : Pour conclure, les prochains projets, tu bosses déjà dessus ?

Vald : Ouai, je suis en avance. Les morceaux que vous écoutez en ce moment, ça fait déjà un an que je me branle dessus. La suite arrive.

Genono : Bon, bah on a fait le tour.

Vald : Merci les frères, c’était cool, j’ai bien aimé cette interview. De toutes celles que j’ai fait, c’était la plus dynamique.

Tefa : T’oublieras pas de couper toutes les questions où il dit qu’il est antisémite, homophobe, et encarté au FN.

NQNT dans les bacs le 28 Octobre. Et le produit est très bon, alors faites pas les lâches et mettez un petit billet dessus (ndTeo : ceci est un message de Génono. Moi j’ai pas encore écouté le CD =/)

2 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

The Black Desperado Rises #TBDR

Si on fait le bilan de la dernière saison rap Frinçais, on constate un étrange fait (en fait on en constate 30 000 mais comme d’hab).
Oxmo Puccino serait revenu dans le rap. Trés furtivement, telle une ombre. Pour beaucoup, ce n’est qu’une légende urbaine. Il n’y aurait aucune preuve que le Black desperado ait remis les gants. Mais pourtant, c’est une certitude pour d’autres, le Black Desperado serait de retour. Comment et pourquoi ? Le Blavog n’en sait foutre rien (mais alors vraiment, que dalle), mais vu que c’est l’occasion de faire une parodie stupide, on va quand même tout vous raconter.

5051889389736-Batman-The-Dark-Knight-Returns-Partie-1-3
Devant un pavillon trés laid (c’est pas qu’il fasse délabré mais le goût en architecture est très douteux), Grodash des Hall frappe à la porte. Qui s’ouvre. Sur le pas de la porte, on retrouve Le Célèbre Bauza.
Grodash -Je suis venu voir Oxmo Puccino. COUSIN !
Bauza -Je suis désolé, monsieur Puccino ne prends pas de rendez vous imprévu. Même si c’est venant d’un type qui porte des lunettes de soleil en plein jour.
Grodash -Et ta non carrière totale, c’était prévu ça ?
(Alors là vous allez dire que c’est gratuit d’afficher ce pauvre Célèbre Bauza comme ça alors qu’il rappe même plus ou si peu. Mais je vous dirai que c’est pour que son blase ne tombe pas dans l’oubli, bande de petits ingrats)


–On retrouve Grodash assis sur un canapé très moche dans un salon imonde. Un gros type mal réveillé le rejoint alors dans la pièce.
Oxmo -Bonjour, jeune intrépide.
Grodash -Je suis venu pour le feat.
Oxmo -…
Grodash -J’ai besoin de toi. J’ai besoin du Black Desperado.
Oxmo -T’as de l’espoir.
Grodash -On s’est déjà rencontré. En 98. devant les locaux de Skyrock. On était venu avec des potes. Et c’est là que tu es apparu. Sortant de la radio avec un cigare au bec, un stylo plume avec une mine de cristle et un chapeau de mafieux. On a tellement kiffé ! Oxmo Puccino ? De Pucc Fiction ? De Opera Puccino ? On se faisait des films avec les potes ! Des films entre potes… C’est tout ce que c’était… Mais moi je savais que c’était possible. Alors je t’ai demandé un feat et tu m’as donné ta parole.
Oxmo -C’était il y a jadis et naguère, ça. Je fait de la variété, maintenant, moi, mon petit monsieur. Je ne suis plus rappeur… Ça fait des années…
Grodash -J’ai suivi ton parcours depuis ton tournant variet. On te regardait dans les émissions de merde, style Ruquier. Les potes, ils se foutaient bien de ta gueule, mon gros. Mais moi j’ai vu ton regard. Ce regard que je m’entraine à faire chez moi, devant mon miroir. Faire croire au mec qui t’interviewe qu’il te pose des bonnes questions. Mais au fond, tu étais vraiment saoulé. Car tu es un rappeur ! Un vrai rappeur ! Et comme tous les rappeurs, tu détestes les interviews que tu fais à la télé.
Oxmo -…
Grodash -Tu es le Black Desperado. Tu dois remettre ton masque. COUSIN.
Oxmo -…
Grodash -Trés bien. Je m’en vais.
Oxmo -Attends. Pourquoi as tu dis que tu me regardais au passé ? Tu ne me regardes plus à la télé, maintenant ?
Grodash -Tu devrais prendre un peu l’air, te rafraichir les idées et faire gaffe aux détails. Tu réaliserais que tu ne passes déjà presque plus du tout à la télé. Malgré toutes tes tentatives lamentables d’infiltrer durablement la scène Française.
(Grodash s’en va. Laissant Oxmo Puccino. Seul. Perplexe)

Oxmo -Black Bernardo ! Ici mon fidèle copain.
Bauza -Ça te reprend ces conneries ? Faut arrêter de m’appeler comme ça.
Oxmo -Est-ce que c’est vrai que j’ai pas fait tant de télé que ça pour la promo de Roi sans carrosse ?
Bauza -Qu’est-ce que j’en sais ? Y a rien eu de marquant, en tout cas. Mais comme j’en ai plus rien à foutre, j’ai pu rater quelque chose.
Oxmo -Et mes ventes ?
Bauza -C’est pas fantastique.
Oxmo -Impossible, j’ai gagné une victoire de la musique avec cet album.
Bauza -Une victoire de la musique urbaine, oui. Autrement dit, tout le monde s’en contre branle sur la table basse.
Oxmo -Ah bah merde, non. Je suis sensé être un poète qui restera dans les têtes. Et là tout le monde m’oublie ?
Bauza -Il te faut remettre le masque.
Oxmo -Non, je ne peux plus être le Black Desperado. Je dois rester ce poête élégant. C’est comme ça que je ferai de grosses ventes. Comme avant la crise.
Bauza -C’est le déni, ça.
Oxmo -Que nenni, c’est toi le déni.
Bauza -Et si je te disais que tes ventes t’avaient écrit un mot avant de partir ? Un mot dans lequel elles te disaient qu’elles ne reviendraient plus ? Et si je te disais que j’avais brûlé ce mot, pour ne pas te faire de peine…
Oxmo -Nooooon !!! Je vais avoir la réaction d’orgueil la plus constructive et intéressante qui soit : je vais bouder dans ma chamb… Mon repère secret.

Je vois... Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec...

Je vois… Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec…

Oxmo s’enferme alors dans sa cave où il joue avec des vieux posters de lui comme si c’était des figurines. La nostalgie plein son petit coeur.
C’est alors que, sorti de sous terre et en moto, apparait Ol Kainry avec un masque de Luchador sur la figure et une redingote de bucheron.
Oxmo -Ça c’est de l’entrée.
Ol kainry -Ne te demande pas qui je suis. ne te demande pas qui est ce nègre en selle, ce qui importe c’est notre but.
Oxmo -Tu es Ol Kainry… On te reconnait facilement. Mais qu’est-ce que c’est que ce masque ?
Ol Kainry -Un masque au max de la masquance.
Oxmo -Qu’est-ce qui se passe si je l’enlève ?
Ol Kainry -Ça ferait mal.
Oxmo -Comment ça se fait ?
Ol Kainry –J’ai des bails de cheveux coincés dans la zippette, derrière.
Oxmo -Aouch. ah ouais, t’es un gros dur, toi.
Ol Kainry -Pour quelqu’un comme toi, oui.
Oxmo -Et qu’est-ce qui te prend d’arriver en dévastant mon joli carelage saumon de chez point P, jeune vandal ?
Ol Kainry -J’ai appris que tu allais te remettre au bail de rap…
Oxmo -Oui, je l’avais promis à ce jeune qui n’en veut et qui a un nom de lessive. J’ai réussi à reculer l’échéance pendant 16ans mais là je crois qu’il commence à se rendre compte que je le prends pour un con.
Ol Kainry -Si le Black Desperado refait surface, alors il devra rapper pour moi, d’abord. Sur un morceau avec une tite-pe au refrain. Et ensuite tu auras ma permission pour poser sur l’album de Grodash.

Tu n'as pas ma permission de faire caca

Tu n’as pas ma permission de faire caca

Oxmo -Mais où est l’intérêt de me faire à nouveau rapper si c’est pour qu’une inconnue chante très mal au refrain ? Je peux le faire moi même.
Ol Kainry (Il met sa main sur l’épaule d’Oxmo)-Est-ce que tu te sens aux bails de commandes ?
Oxmo -On peut savoir ce que tu fais avec ta main bourrue, petit homme étrange et tout en muscles ?
Ol Kainry -Je te demandes si tu te sens au max de la maxance ?
Oxmo -Et bien…
Ol Kainry -FAUX !!!! C’est moi qui dit qui qui fait quoi et toi tu vas rapper sur mon album et y aura une meuf au refrain !
Oxmo -T’énerve pas. Moi, tu sais, au point où j’en suis, j’en ai plus rien à cirer de que dalle. Les albums dégueulasses plein de trucs sirupeux, j’en ai fait. C’était pour toi que je disais ça. Sur un album d’Ol Kainry, les gens veulent juste que ça rappe. C’est pas Facteur X 3 ou je ne sais quelle horreur.
Ol Kainry -« On demande juste que ça rappe ! Rappe ! Rappe ! Rappe ! » Hey mais c’est pas mal ça ! Ça ça ferait vraiment un bon refrain !
Oxmo -Tu vois !
Ol Kainry -Ce sera parfait pour mon album avec Dany Dan.
Oxmo -Mais pourquoi sur l’album avec Dany Dan ?
Ol Kainry -Parce qu’il faudra bien que je revienne pour ma fan base après les avoir déçu avec « Dyfrey ».
Oxmo -Non mais je veux dire pourquoi pas sur notre duo à nous ? Ce serait pas mal.
Ol Kainry -Je veux pas que ce soit pas mal.
Oxmo -Tu veux que ce soit mal, donc ?
Ol Kainry -Un mal nécessaire.
Oxmo -Mais dans quel but ?
Ol Kainry -L’embrasement arrive.
Oxmo -OK… Cinglé… Et c’est moi qui dit ça…

Ol Kainry -Comme ça je reviens avec des bails de morceaux single pour plaire au plus grand nombre.
Oxmo -Je ne doute pas que ta stratégie sera vraiment payante, mon bon ami, mon comparse, mon complice. Mais si tu veux faire un truc grand public, pourquoi ne pas faire un son acoustique avec des musiciens de jazz ?
Ol Kainry -Ah ! Le bail théâtral ? Les bails de la tromperie. Toujours très impressionnant pour les bougs qui connaissent que dalle au rap. Mais on s’y connait en rap, nous, n’est-ce pas mon boug Oxmo ? On a appris au sein de la rue !
Oxmo -Oh moi, tu sais, la rue…
Ol Kainry -Je sais, mon boug Oxmo. Tu as peut être adopté le rap. Moi, je suis né dans les bails de rap. Modelé par les bails de rap. Je n’ai écouté de la variété qu’une fois à l’âge adulte. Et pour moi ce n’est rien d’autre qu’assourdissant !
Oxmo -Bah alors pourquoi ramener des chanteuses à tour de bras ? C’est pas comme si tu connaissais Olivia Ruiz, en plus.
Ol Kainry -Pour embraser les ventes ! Ventes rises !
Oxmo -C’est pas gagné, vu ta façon d’envisager le chant dans un morceau rap.
Ol Kainry -Bail de point d’interrogation, là ?
Oxmo -Tu amènes tes parties chantées comme les mauvais singles d’il y a 10 ans, mais c’est fini Factor X, mon bon. En plus, ton public est très rap. Ça lui fera très plaisir de me revoir en mode MC, tu es bien cruel de gâcher leur joie, ainsi. Eux qui voulaient me révérer en toute quiétude.
Ol Kainry -C’est pour ça que je sors mon album avec Dany Dan dans la foulée.
Oxmo -Tu veux dire qu’il n’y aura pas de feats de merde dessus ?
Ol Kainry -Ah bah si, pourquoi ?
Oxmo -…

Comme Oxmo en avait marre de tous ces gens fous du 91, il retourne alors les chiffres de 91 et retourne ainsi dans le 19, de ce fait.
Un peu comme Batman qui retourne à Wayne Corp. Sauf que lui il retourne vers Danube et croise un autre rappeur du coin.

Oxmo -Il me faudrait de nouveaux gadgets.
Abis -Euh… Ouais… Pourquoi tu me dis ça à moi ?
Oxmo -Parce que je reprends les affaires. Donc je retourne dans mon fief. Un peu comme Bruce Wayne dans TDKR. T’as pas lu le début du billet ?
Abis -Mais c’est moi qui fait Morgan Freeman dans ta version ? Je suis plus jeune que toi…
Oxmo -Et t’es pas noir non plus, mais on fera avec.
Abis -La couleur c’est pas grave. Le sang est le même pour tous, appelle moi Rachid Sissoko. Mais en vrai c’est moi qui devrait faire Batman.
Oxmo -Comment ça ? Tes paroles sont houleuses, mon jeune ami.
Abis -Bah je suis l’homme du bâtiment, l’homme du bât. Bâtman ! Sous ma cape, je visser des gothiques.
Oxmo -Pas mal. Pas mal… t’es sûrement encore un mec qui va me demander un feat, je le vois venir.
Abis -En fait, je t’ai déjà demandé y a quelques années.
Oxmo -Alors ma réponse sera la même !
Abis -Alors ça tombe bien parce que t’avais dis oui. Par contre tu l’as jamais fait après…
Oxmo -Putain, faut que j’arrête de faire ça. Ça ressemble toujours à une bonne solution sur le coup mais après ça me revient dans la gueule.

Abis -Mais c’est cool que tu reviennes aux affaires. Comme ça tu peux poser sur mon album comme prévu à la base.
Oxmo -Il faut que je vérifie si tu mérites un feat avec moi.
Abis -Tu veux test ?
Oxmo -De fait, je vais te tester. Dis moi, mon petit bonhomme, comment comprends tu cette phase ; « Les gens ivres de bonheur rêvent de revolver » ?
Abis -J’sais pas. Les gens heureux, au fond d’eux dépriment et veulent se supprimer. Ou bien alors que les seuls heureux sont ceux adeptes des armes. Les vendeurs, les trafiquants ou plus simplement ceux qui aiment la guerre.
Oxmo -Tu as vu tout ça dans ma phrase ?
Abis -Oui, pourquoi pas. Tu pensais à quoi, toi ?
Oxmo -Euh… Oui… C’est exactement ce que je voulais dire et même bien plus encore.
Abis -C’est ça le 19ème : c’est la rue avec la plume.
Oxmo -C’est beau ce que tu dis.

Mmmmmmmmmmmmmmm !MMMMMMMMMMMM !MMMMMMMMMMMMM!
Roi sans carrosse sur le périph !!!

Poster un commentaire

Classé dans cinoche, complots, Parodie

Interview NKLM

En attendant la rentrée officielle du Blavog dans vos m*** (ce qui ne saurait tarder vous qu’Octobre pointe le bout de son zgueg)

Notre bon vieux Teobaldo est parti avec son sac à dos pour TupakTV, à la recherche de personnes aux compétences indéniables, et voici qu’il nous livre donc l’interview du collectif NiKLesMouths (NKLM), un groupe de beatmakers du 91 qui a déjà produit pour Zesau, Juicy P, Hype & Sazamyzy, Zekwe Ramos, Alkpote, Moon’A, Butter Bullet ainsi que tout un tas d’autres gens recommandables comme ça.
Vous allez voir dans cet interview que, comme ils le disent eux même « Les beatmakers ont autant de choses à dire que les rappeurs ».
Et le montage a été assuré par Mehdi Mohatou, le fils caché de Serge Moati.

http://tupaktv.com/interviewtupaktv-collectif-nklm-face-camera-video/

Donc allez-y, cliquez, ça vous fera pas mal au cul.
De toute façon, c’est une interview de moi, donc automatiquement je parle à des gens intéressants (Je serai pas allé là bas, sinon, réfléchis) et donc c’est bien.

et puis partagez aussi, il parait que c’est ça le hip hop, c’est le partage (moi j’aurais plutôt dit que ça s’appelle l’éducation mais à priori c’est ça aussi le hip hop)

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview Andy Serkis

Mercredi prochain c’est la sortie de La Planète des singes 2 : L’Affrontement.

Alors je me suis dit que ce serait sympa de vous foutre la vidéo de l’interview de l’acteur principal. Bon par contre c’est super court, râlez pas.

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)