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Le mercato du rap : Pourquoi que Kaaris il a été drafté depuis AZ vers Def Jam Frince

PUTES !

PUTES !

Quand t’écris vaguement sur des sites de rap, y a toujours des mecs qui sortent de nulle part pour te poser des questions dont tu connais évidemment pas la réponse. Du coup, on m’a beaucoup demandé Pourquoi Kaaris a signé sur Def Jam. Et bien j’en sais rien, donc je vais inventer. Tout d’abord on va déjà expliquer comment K A Double Rotor a signé sur AZ l’an dernier. C’est parti pour un petit voyage dans le temps.
Générique !

(Super ce générique) L’histoire se déroule pendant l’été 2013, dans les locaux d’une maison de disque tenue par un homme avec une tronche de lopette qui fait exprès d’être mal coiffé et mal rasé. Comme tous les patrons de label rap de Frince, pour une raison qui échappe au bon sens. Un jour, un grand barbu frappe à la porte.

Creuzard –Euh… Bonjour monsieur…Vous désirez ?
Kaaris –Julien Creuvard ?
Creuzard –Euh, non… C’est Creuzard, moi.
Kaaris –Et bien ne creuse plus. T’iras pas plus bas, de toute façon. (Il entre dans les locaux sans y être invité et se met à tapoter les parois du corridor)
Creuzard (Paniqué)–Mais qu’est-ce que vous voulez, à la fin ?
Kaaris –Vous avez des rappeurs incontinents dans vos murs.
Creuzard –De quoi ?
Kaaris –Vous avez des rappeurs incontinents dans vos murs. Des vieux MCs qui devraient mettre des couches.
Creuzard –Et en quoi ça vous regarde, je vous prie ?
Kaaris –Il serait temps qu’ils s’arrêtent. Ça fait trop longtemps qu’ils laissent traîner la crasse de leur raie. Y en a partout. C’est des geysers de merde, les mecs.
Creuzard –C’est élégant, bravo…
Kaaris –Ou c’est comme des Petits Poucets de la crotte, pour les plus constipés d’entre eux, si tu préfères.
Creuzard –Mais je ne préfère rien du tout… Et je réitère ma question, en quoi ça vous regarde ?
Kaaris –Bah c’est là que j’interviens. Je choppe ces chieurs et je leur enfonce mon bouchon de liège dans leur trou du cul !
Creuzard –Et bien c’est très gentil à vous, mais je doute que nous ayons besoin de vos services et…
Kaaris –Ah ouais ?! Et Kool Shen il était pas signé chez vous par exemple ?
Creuzard –Non, alors écoutez, monsieur Shen, Kool de son prénom, a effectivement sorti son deuxième album solo chez nous mais il est de nouveau à la retraite. Et cette fois ci c’est définitif.
Kaaris –La première fois aussi c’était définitif.
Creuzard –Oui mais entretemps il avait tout perdu au poker alors il s’est refait de la seule façon qu’il connaisse : soutirer de l’argent à des collégiens. C’est aussi simple que ça.
Kaaris –Et qui dit qu’il va pas encore perdre tout son argent d’une manière ou d’une autre et revenir en mode super authentique trop trop vrai de la mort ?
Creuzard –Je pense qu’à ce niveau-là, passez-moi l’expression, mais il faudrait être très con ou n’avoir aucun respect du tout pour son public pour refaire le même coup 2 fois de suite.
Kaaris –Justement… Et sinon ça en est où sa reconversion dans le cinéma ?
Creuzard –Et bien, je… Oh mon Dieu.

Kaaris aperçoit alors quelqu’un qui passe au bout du couloir et se met à hurler « Là ! Il y en a un !! » il se précipite alors en courant vers le bout du couloir, puis poursuit l’ombre qu’il a cru apercevoir tout en beuglant « J’te pète comme un bouchon de liège ! J’te pète comme un bouchon de liège !! »

Kery James –Calme toi, mon frère. Que signifie ton agitation. On n’est pas condamné à beugler.  Surtout en présence du grand Kery James, le dernier MC.
Kaaris –Le dernier MC à qui il faut que je foute un bouchon dans le cul.
Kery James –Par contre, fais gaffe, j’aime pas trop qu’on m’emmerde dans les couloirs. Dès qu’on m’emmerde dans un couloir ça part en couille. J’entends une réaction de mauvais garçon …
Kaaris –COMME DIDDY !
Kery James –Bon OK, ça suffit. Je suis un mec pour la paix mais là on va se cogner.
Kaaris –Stocma comme Borck Lesnar. Stoppe-moi.
Kery James -Pourquoi faut-il toujours que je croise des malandrins dans les couloirs, Seigneur ?
Kaaris –C’est éprouvant.
Kery James –Ça doit être pour ça, en effet. Dieu nous éprouve Autant dans la souffrance que dans…
Kaaris –Non. C’est toi qui es éprouvant.
Kery James –M’appelle pas éprouvant. Eprouvant. Je suis pas Rasta éprou… Attends nan, ça veut rien dire, ça. Qu’est-ce que tu racontes en fait ?
Kaaris –T’es éprouvant parce que tu mets trop de mots dans tes phrases.
Kery James –Voilà autre chose… C’est sûr que vous, la nouvelle génération de rappeurs, vous faites carrément des phrases sans mots, maintenant.
Kaaris –Oh Click ?
Kery James –Ouais voilà…
Kaaris –Kaaris ! Kaaris !
Kery James –Ouais mais le grand esprit Hip Hop il m’a dit que le rap c’est aussi de dire des trucs, quand même.
Kaaris –Je vais lui ressusciter le cul, au grand mouvement Hip Hop, moi. Il peut déjà préparer ses couches.
Kery James –C’est une louable attention. Mais t’es vraiment obligé de mettre les mots « cul », « bite » ou je ne sais quoi dans chacune de tes phrases ?
Kaaris –Oh Click ! Sevran Sevran !
Kery James –Ah bah oui… C’est soit ça, soit pas de phrases du tout, c’est vrai… Et c’est moi qui suis éprouvant, après ?
Kaaris –Ouais. Et ta carrière aussi, elle est éprouvante. Tu t’en vas, tu reviens. Tu rentres et tu sors comme dans la chatte d’une vieille pute.
Kery James –On dit un moulin d’habitude, mais passons. Une vieille pute, c’est une belle allégorie du rap Frinçais.
Kaaris –Allez gorilles ?
Kery -De toute façon, mon album « Denier MC » c’est mon dernier album. Donc ton histoire de bouchon, c’est toi qui peux te la carrer au cul.
Kaaris –C’est ton combientième dernier album ?
Kery James –Et bien… Euh… 6… Attends, nan 7… Je retiens 2, je déduis la bissectrice et… Oh et puis qu’est-ce que ça peut te foutre ?
Kaaris –Tu dilues ton bordel. Tu perds de ton impact. Alors que tous les macaques visés qui jactent doivent être pulvérisés par l’impact.
Kery James –Développe, qu’on voit si je te suis.
Kaaris –Par exemple, ton clip Post Rectum, il est bien en soi, pas de problème.


Kery James –C’est Post Scriptum.
Kaaris –De quoi ?
Kery James –C’est Post Scriptum, pas Post Rectum, le nom de l’outro sur mon dernier album.
Kaaris Ah… Bon… Du coup c’est moins bien que ce que je pensais. Mais ça change pas ce que je voulais dire.
Kery James –Alors exprime toi le jeune. T’en as visiblement gros sur la patate.
Kaaris –Ton clip il est bien, il est très joli. Mais combien de fois on t’a vu faire tes adieux ? On a bien tiré la larmichette 1 ou 2 fois y a plus de 10 ans, mais depuis on y croit plus du tout. Et ça c’est dans le meilleur des cas. Le plus souvent, on s’en bat complètement les couilles, depuis le temps.
Kery James –Je tiens à dire au revoir à mon public proprement et je t’emmerde si t’es pas content.
Kaaris –Mais bordel ! Tu n’as fait que ça de toute ta carrière solo ! Depuis 15 ans tu dis au revoir. Tu fais tes petits albums tout propres, bien nettoyés aux entournures, pour partir sur la meilleure image. Et OK, c’est cool. Mais pas tous les 2 ans, putain ! Et c’est pas comme si c’était radicalement différent musicalement à chaque fois.
Kery James –Je vais pas faire des albums entiers de trap, non plus. T’es malade, toi. Et c’est normal que je travaille bien mes albums. Imagine que je revienne vraiment plus cette fois-là.
Kaaris –Honnêtement, depuis le temps, j’arrive pas à imaginer un truc pareil…
Kery James –Ouais, mais au moins, si j’ai plus envie de revenir, je sais que je suis parti sur un vrai album de fin. Qui dit au revoir, en synthétisant bien tous les thèmes que j’ai toujours abordés, comme ça je suis sûr de rien avoir oublié avant de partir, d’éteindre la lumière, de fermer et porte et de verrouiller la chevillette et la bobinette. Bien polie est l’attitude.
Kaaris –C’est ça le problème. Peut-être que ça te soulage, toi et ta petite conscience mais du coup tu t’es jamais autorisé à vraiment te lâcher. Tout tes albums disent  « au revoir et à jamais ». Y en a pas un seul qui soit bien sauvage comme du temps de Ideal J et qui disent « bonjour » pour une fois.
Kery james –Comment ça ?
Kaaris –Un album qui dise « Salut, je suis Kery James et ici on rappe comme ça » et t’envoies le pâté ! Kalash est chargé ! Kalash est chargé ! Cuisine du ke-cra ! Cuisine du ke-cra !
Kery James –Je vois ce que tu veux dire, mais le ke-cra, non merci. Je ne crois plus en l’illicite.
Kaaris –Tu bouffes ce que je te prépare !
Kery James –T’énerves pas, gamin. Et si c’est bel et bien le dernier album que je lègue à la postérité ? Il faut bien qu’il soit parfait ou le plus proche, possible, non ? Y a quoi de mal à ça ?
Kaaris –Je pense que ça te bride. Cette envie de bien faire absolument, se dresse entre ta musique et ce que tu pourrais extérioriser réellement. Et que beaucoup d’auditeurs auraient eu besoin d’entendre un album plus spontané venant de Kery James. Et probablement que toi aussi tu en aurais eu besoin…
Kery James –Bah je ne sais pas trop quoi répondre à ça… Oui, peut-être qu’il y a une part de vrai dans ce que tu dis et que…
Kaaris –En plus tes grands retours c’est toujours le même morceau et ça fait toujours dans les 7 minutes à chaque fois.
Kery James –Je reconnais que c’est un peu long, mais ça passe.
Kaaris –Non. Ma bite c’est un peu long mais ça passe. Mais ce que tu fais c’est juste chiant à force.
Kery James –Bon allez, fous moi le camp. Sale jeune.
Kaaris –Hum Humm !
Kery James –Mais un jour on règlera ça, toi et moi.
Kaaris –Hum Humm ?
Kery James –Je te mettrai une pile à Street Fighter 2.
Kaaris –Impossible, poto. Je suis le meilleur joueur de la Terre avec Guile.
Kery James –Mais ouais… C’est ça… Street Fighter 2 c’est mon jeu !

On retrouve la K Double Napalm assis sur les marches d’une des cages d’escaliers des couloirs de la maison de disque AZ. Booba est à quelques marches au-dessus de lui. Kaaris roule un bédo. Et Julien Creuzard assiste à la scène, médusé, se protégeant derrière un extincteur même si on ne comprend pas bien de quoi il se protège.

Booba –Voilà, t’as bien suivi mon exemple, faut que tu les tacles à la gorge toutes ces antiquités comme NTM, Solaar, IAM et les autres dont je me suis même pas rabaissé à retenir les blases.
Kaaris –Je veux savoir ce que ça fait de prendre leur place.
Booba –Ouais, voilà. Izi.
Kaaris –Je m’entraîne à sourire devant ma glace.
Booba –Ça par contre, ça sert à rien. Je souris jamais moi, en télé. Je méprise tous ces gens. Izer
Kaaris –T’es en rotation, t’es claqué, faudra m’expliquer.
Booba –Ouais, c’est vrai que tous ces enfoirés sont en rotations alors que nous… Attends… Moi aussi je suis en rotation. Hey ! Tu parles pas de moi quand même, j’espère.
Kaaris –J’n’ai aucune peine, j’te nique ta race.
Booba –Mais… Mais… Mais c’est pas gentil du tout ça.
Kaaris –Dans les veines, je n’ai que de la glace.
Booba –C’est moi qui t’es fait ! Je t’ai sorti de mon trou, je t’ai chié, pratiquement. Tu parles mal, alors que t’es mon petit.
Kaaris –Je veux que toute affiliation décède. Je suis le petit à personne.
Booba –Ah ouais ! Tu devrais lécher mes chaussures tous les jours pour me remercier de même te parler. Comme Kennedy et d’autres en leur temps. Même si ça m’agace prodigieusement et que je finis par les tej comme des biatchs. Les suceurs de queues, plus ils m’aiment, plus je les déteste, ces fans mythomanes ! Mais ceux qui me sucent pas du tout, ceux-là c’est les pires ! T’as pas la reconnaissance du ventre !
Kaaris –Je t’ai déjà prévenu, je ne reconnais que le ventre que j’ai quitté. Toi, la seule chose dont tu vas accoucher à parler comme ça c’est de ta propre fin.
Booba –Ah ouais ?
Kaaris –Ouais. Toi aussi t’as trop longtemps laissé traîner la crasse de ta raie ! Bouchon de liège dans le cul !

Booba –Ça suffit ! Creuvard !
Creuzard –Euh… C’est à moi que vous vous adressez ?
Booba –Ouais ouais ! Vire moi ce sauvage. Fous le dehors. C’est un ordre.
Creuzard –Mais ce n’est pas vous qui donnez les ordres ici.
Booba –Je te fais les yeux de la mort (Il enlève ses lunettes de soleil)
Creuzard –Naaaaan. Je vous en prie ne me regardez plus comme ça, c’est d’accord, je vais le virer. Je vais le virer d’AZ.
Booba –T’as j’veux dire.
Creuzard –Mais je sais pas encore comment je vais faire ça…
Booba –Izi. Moi je me débarrasse sans arrêt des boulets. Tu le revends, tu fais ce que t’en veux.
Creuzard –Vous feriez comment ?
Booba –Moi, je vais partager d’autres gens qui font du son comme à Chicago sur mon twitter. Des parfaits inconnus. Y aura énormément de déchets, mais y en a bien un dans le lot qui fera l’affaire. Ensuite tous ses assistés d’auditeurs comprendront enfin que le style de Chicago c’est pas que l’apanage de Kaaris. D’ailleurs mes abrutis de fans retiendront que les meilleurs et parleront jamais du fait que j’ai partagé des dizaines de mecs sans intérêt.
Creuzard –Non mais je voulais dire, que feriez vous à ma place ?
Booba –Justement, j’y suis pas à ta place. J’ai qu’uuuune viiiiiiiiiie ; et à ta place j’aurais tout fait pour être à la mienne. C’est pour ça que j’ai qu’à tweetter des mecs pour qu’il fasse du buzz alors que toi tu dois diriger tout un label pour essayer de faire aussi bien. J’arrête les carrières pour de vrai alors je peux bien en lancer, tant que c’est pas Sultan. Izi blague.

En fin de compte, Julien Creuzard, ou plutôt Julien Creuvard comme il aime qu’on l’appelle, n’osera pas non plus dire à Kaaris qu’il est viré. Il le transfèrera donc vers une autre maison de disque : Def Jam Frince.

Kaaris –Salut.
Lacrim –Salam.  De Marseille à Panam. On vit dans la hram.
Kaaris –Sevran ! Sevran !
Lacrim –On t’monte en l’air ! On t’monte en l’air !
Kaaris –Enfin un endroit où on peut avoir de vraies conversation. Ça se fait rare comme les orangs outangs.
Lacrim –C’est bien vrai. Ici c’était pas aussi bien y a pas si longtemps. Beaucoup d’inconnus et de vieilles gloires.
AKH -…
Lacrim –Enfin, je voulais pas non plus vexer qui que ce soit… On a du pirater mon compte instagram.
Akh –De quoi ? Jy comprinds pas ton lingage de jeune. Oh.
Kaaris –Ça recommence…
AKH –Vous lis jeunes, vous savez mêmeuh plus poser un nom sur un ligumeuh. Peuchère.
Kaaris –Ouais, ouais, l’ancien, tu connais aussi bien le rap que ta poche urinaire, on a compris.
Lacrim –Attends, parce que moi je suis un mec de Marseille aussi maintenant, techniquement, alors je respecte quand même un peu cet homme livide.
Kaaris –oh mais j’ai du respect pour IAM même si musicalement c’est devenu de la merde et que Therapy les encule 10 fois.
AKH –Attentiong garçong. Ty joues lis badeuh boyeus mais ung jour, le calibre que ty portes à la ceinture va te tirer dans les noix, peuchère.
Kaaris –Ou te rafaler dans les dents de sagesse. On sait jamais avec ça.  Mais ce que je voulais dire c’est que malgré le fait que vous vous soyez toujours habillés comme des postiers avec IAM, je suis quand même heureux de voir un mec issu du rap en tant que directeur artistique dans un gros label.
AKH –Mais oh dis donc couillong, vé té la pitchoun alors. Jy suis pas DA di tout. Je suis signé en tant que rappeur itou !
Kaaris –Quoi ?
AKH –Jy vais sortir mon nouveleu aleubum « Jy suis en vieuh »
Lacrim –« Je suis un vieux » ?
Kaaris –Alors je vais devoir T’ENFONCER MON BOUCHON DE LIEGE DANS TON TROU DU CUL !
AKH –Hé mé nan enfin dis là oh !
Lacrim –Mais il t’insulte, là, papy. Réponds un vrai truc, là !
AKH -Mais moi j’y rieng contre son style do rap. C’y bieing que ça ce soit diversifié. Li rap Frinçais est infin commeuh li rap inglais. Il y a mis 10 ans, mais ça y est.
Kaaris -La faute à qui si il a mis 10 ans, la momie ? C’est qui les gardiens du temple qui faisait chier dés qu’on faisait pas des sonorités strictement New Yorkaises alors qu’il y a du rap différent partout aux states ?
AKH -Bah oui mais I luv NY, moi, couillong…
Lacrim -Mais réponds lui en vrai ! Il t’a dit « momie ». C’est pas un compliment. Même pour toi. Rentre lui dedans. On a quand même pas fait tout ce chemin pour se rendre compte que monsieur Akhenaton est en fait une femme ?
AKH –De quoi ?
Lacrim –Ah non, pardon. On a trop repiraté mon compte instagram, là. Je voulais pas dire ça en fait.
Kaaris -…
AKH -…
Lacrim (On ne comprend pas bien à qui il parle) –Hé ! Toi là ! Le hackeur. Va faire des sous plutôt que de hacker des comptes instagram. C’est mieux, t’as vu. Ahah. Trop Kikou lool.
AKH –Bong, écoutez les minots : À tous ceux qui m’appellent « inculé » ji voulais dire…
Kaaris –Je m’en bats les couilles, enculé. VASECTOMIE !

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Comme le Wu-Tang, IAM va vendre un seul exemplaire de son nouvel album

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Le groupe IAM a, dans le plus grand secret, enregistré un album conçu comme une oeuvre d’art, produit et vendu à un seul exemplaire. Valeur potentielle : plusieurs dizaines d’euros.

Jean-Michel Jarre avait tenté le coup en 1983 avec Musique pour supermarché, Sylvain Chauveau en avait fait la spécialité de son label Onement, mais c’est le Wu-Tang Clan qui a inspiré IAM en créant la surprise avec Once upon a time in shaolin. Quelques mois après la sortie de leur dernier album, le groupe annonce ainsi avoir parallèlement et dans le plus grand secret enregistré un autre disque, intitulé Il était une fois une moustache, qui ne sera lui produit et édité qu’à un seul et unique exemplaire.
Nous allons bientôt vendre un album comme aucun de ces crétins ne l’a fait avant”, explique AKH à Valeurs Actuelles. “Nous allons publier une oeuvre d’art comme personne avant nous, dans l’histoire de la musique moderne, ne l’a fait. Nous créons un collector-édition-deluxe-super-bonus-de-la-mort-qui-tue qui ne sera vendu qu’une fois. Ce sera comme posséder le godemiché de Cléopâtre, et croyez-moi ça vaut le coup”L’objet lui-même adopte effectivement la forme d’un véritable et luxueux trésor, emballage de Twix géant en papier doré qui comporte plusieurs surprises et raretés « dont des cheveux de Shurik’n, Akhenaton et Kheops » assure l’équipe.

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Entre une interprétation libre de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique de Walter Benjamin et la volonté, comme Radiohead, Prince ou Patrick Bosso qu’ils citent également, de concevoir un autre modèle pour l’industrie de la musique, AKH et Kephren, à l’initiative de Il était une fois une moustache, précisent leur pensée sans modestie sur le site officiel du projet. ”L’histoire démontre que les grands musiciens comme Sébastien Patoche, Mozart et René la taupe sont considérés avec la même estime que des artistes comme Picasso, Les Chevaliers du fiel et Jean-Paul Gaultier. Néanmoins, on ne donne pas aux créations contemporaines de musiciens comme AKH, Kanye West ou Dr. Dre la même valeur qu’à celles d’Andy Warhol, Damien Hirst ou Jean-Michel Basquiat. Perso je sais pas qui sont ces gens mais je trouvais ça classe de les citer dans la même phrase.
Mais derrière ce qui peut être pris comme une opération promo, se cache un ras-le-bol général ainsi qu’une réelle volonté de bousculer l’ordre établi :
« L’idée que la musique est un art culinaire est une chose que nous défendons depuis des années. Et pourtant elle ne reçoit pas le même traitement que la bouffe d’un point de vue financier, en particulier où, de nos jours, la musique a été dévaluée au point même qu’on la donne gratuitement. Et ça c’est révoltant. Mes fringues sur-mesure vont pas se payer toutes seules, faut quand même que le public le comprenne. Moi j’en suis réduit à signer chez Def Jam Frince, si ça se trouve ces enculés vont me forcer à faire un feat avec Joke, et je pourrais pas dire non, parce que comme disait le grand-père imaginaire de Shurik’n : dans ma famille ung frinc c’était ung frinc gagné dureuhment, alors si toi tu peux être payé à rieng branler, fonce » Un cri du cœur salutaire en ces périodes de trouble. « Soyons sérieux, ajoute Kheops, en 2014 le fan d’IAM lambda est un boulet comme on n’en fait plus. Il ne comprend pas le monde qui l’entoure et a du mal à se repérer au niveau de la musique d’aujourd’hui. Notre album Arts Martiens a cartonné, on s’est dit qu’on allait sortir un nouveau lp dans la foulée. Et évidemment ces abrutis finis à la pisse n’ont rien compris, ils ont été bien moins nombreux à acheter le dernier, juste parce qu’ils sont pas habitués à un rythme de sortie soutenu. Donc on s’est dit ok les segpas, on va s’adapter à vous. Des choses simples pour des gens simples. »

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Non pas double, ni triple mais bel et bien « double-décuple-album » (format jusqu’à ce jour inédit), Il était une fois une moustache a été enregistré par le groupe au complet sur une période de 60 ans et sera constitué de 361 morceaux, sur lesquels devraient notamment apparaître des collaborations avec El Matador ou L’Algérino ainsi que celle, plus étonnante, de joueurs de l’OM. L’idée de départ est venue de Kephren : « on va pas se mentir, même moi j’ai aucune idée de ce qu’est réellement ma fonction dans ce groupe depuis que je suis trop gros pour danser, confie l’intéressé. Alors quand j’ai vu le truc de RZA je me suis dit banco, vas-y mon con ça payera ta retraite« .
Mais s’il ne sera disponible nulle part ailleurs qu’en lui-même, et s’il constitue sans doute autant une tentative artistique qu’un gros coup financier, l’album ne sera pas pour autant inécoutable par le commun des mortels : avant son éventuelle cession à un riche collectionneur ou une institution fortunée (enthousiaste, Valeurs Actuelles compare déjà l’œuvre à un graffiti dans des toilettes publiques, n’hésitant pas à lui allouer d’emblée une valeur de plusieurs dizaines d’euros), le disque et son “contenant” dispendieux feront le tour du monde des bal musettes, kermesses ou goûters d’anniversaire, où les fans pourront payer pour en entendre la musique.
Cependant il faut faire vite : les offres alléchantes se multiplient, on parlerait dernièrement d’un auditeur richissime qui a fait grimper les enchères à 5 euros, « et je rajoute une boîte de granolas parce que je suis vraiment fan« . Il ne reste à présent qu’une soixantaine de jours pour que le kickstarter des fans moins fortunés dépasse cette somme. Autant dire que c’est pas gagné.

ce n'est pas sexuel

ce n’est pas sexuel

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Interview de Nakk

dans la joie et la bonne humeur

A l’occasion de la sortie de Super Nova, on a interviewé le mc préféré des forums rap en 2002 : Nakk Mendosa. Première impression : le bonhomme a l’air de clairement péter dans la soie, se paie un Sundae au caramel (qui avait l’air dégueulasse, preuve que les rappeurs français ont encore du chemin à faire pour être respectés dans ce pays), nous offre un ice-tea et un jus d’orange. Pour ne pas perdre la face Teobaldo a insisté pour lui laisser son stylo avant de partir. A un moment un type est venu nous interrompre pour nous demander le code de la porte des chiottes du Macdo, mais on l’a pas retranscrit par respect pour les lecteurs.

Teobaldo : Nakk, présentation ?

Nakk : Nakk Mendosa, rappeur solo depuis 1999, originaire de Bobigny. Supernova dans les bacs depuis le 18 mars.

T : tu précises même plus Soldafada ?

N : C’est mon 1er groupe, on a sorti un album en 1998, sur le label de Menelik. C’est là que j’ai fait mes premières armes … en gros, la première fois qu’on m’a entendu rapper, c’est grâce à Menelik !

T : Les 10 rappaient déjà à l’époque ?

N : Ouais, Lindis rappait depuis 89. Il avait 13 ans, il écrivait ses bouts de textes dans sa chambre, mais moi ça m’impressionnait, parce que c’était le seul mec que je connaissais qui rappait. A l’époque, c’était tabou !

T : T’as jamais voulu monter un groupe avec eux ?

N : Bah, j’étais déjà avec Soldafada. Mais ça aurait pu se faire, et qui sait, ça se fera peut-être, il n’est pas trop tard.

T : Lavokato a dit plusieurs fois qu’il arrêtait le rap …

N : C’est un menteur ! (rires) Il aime trop ça. Si on lui amène un projet bien pensé, qui tient la route, peut-être qu’il sera intéressé. Enfin, c’est à lui de voir !

T : On connait surtout le 93 pour ses rappeurs un peu hardcores… On a l’impression que Bobigny c’est plus doux.

N : Parce que tu connais Les 10 et moi, et qu’on n’est pas vraiment dans ce délire là, mais y’a plein de groupes un peu plus hardcores à Bobigny, c’est juste qu’ils ont pas émergé.

Spleenter : t’es le cousin de Mac Tyer… du coup t’es aussi le cousin de Gab’1 ?

N : Aucun lien de parenté.

S : Durant toutes ces années, aucun gros morceau MacTyer/Nakk, pourquoi ?

N : Comme quoi, la famille ça fait pas tout ! (rires) Faut trouver le morceau, le projet, etc. Mais on le fera je pense !

S : T’as beaucoup collaboré avec Monseigneur Mike. Comment s’est déroulée votre rencontre ?

N : Il habitait pas loin de chez moi à la base. Un jour, il m’a invité sur sa mixtape. C’est une époque où je rappais pas trop, on sortait beaucoup en boite. Dans le rap, c’est un des mecs avec qui je suis le plus proche humainement. On a pas juste une relation « collègues de rap ».
D’ailleurs, mon tout 1er feat avec lui, c’est un des premiers morceaux que mes fans m’ont reproché. Ça parlait de meufs, c’était un peu egotrip. Le mec parle de ça, je vais pas parler de prairie sur le même morceau !

S :  le clip Gangsta rap au champagne toujours de Mike, certains de tes fans ont pas du tout kiffé, comme les mecs qui se coupent les veines suite à la photo de Bieber qui bedav.

N : ah oui, c’était un sacrilège de ouf pour eux, c’était la fin de Nakk. « comment il peut faire ça nanana » (rires).

S : Invicibles remix, le clip : c’était obligé le côté solennel, avec le violoniste, le côté « regardez on sait écrire » ?

N : Ouais, ça faisait vraiment le truc « réunion de tous les lyricistes » … c’était pas voulu, mais je vois ce que tu veux dire. Après, le clip reste dans l’ambiance, on allait pas faire un clip avec une capuche et des lunettes.

T : J’aime beaucoup le morceau original, y’avait une poésie. Sur le remix, ok y’a de la technique, des messages, des noms, mais on perd cette poésie et ce côté planant.

N : Mais moi je voulais pas qu’ils fassent un truc calqué sur mon morceau. Je voulais que chacun arrive avec son univers. Pour moi ça reste un gros morceau. Dans 5, 6, 7 ans, on s’en souviendra comme d’un gros morceau.

S : Ça, c’est parce qu’il y a Mouloud.

N : (rires) On retrouve l’humour du Blavog ! Sérieusement, c’est un morceau qui m’a fait du bien, niveau image j’ai grimpé des échelons.

T : Dans « Invincibles Remix », les connexions se passent comment ?

N : Je connaissais surtout Dixon et Mokless. Red-K un peu, Youssoupha aussi, Lino pas du tout … C’était dur de tous les réunir ! C’est quelque chose que je referai plus.

S : En plus Jeff le nerf il posait plus trop à ce moment là ?

N : Bah c’est le premier qui m’a envoyé son couplet ! 2 ou 3 jours après que je lui ai envoyé l’instru. Et dix mois après, Lino m’a envoyé le dernier couplet ! Dix mois ! Mais ça valait le coup. En fait Lino, au-delà de tout ce qu’on peut dire sur lui,  son problème c’est qu’il est presque « trop » fort : ce qu’il fait, la qualité qu’il met dans ses textes, ça sert limite plus à rien pour l’auditeur d’aujourd’hui, il est noyé. Même moi, j’écoute Radio Bitume, parfois c’est « trop ».

S : Et pour Les 5 fantastiques, c’était galère aussi ?

N : Ça s’est fait direct ! Un truc de ouf, tout le monde en studio le même jour ! Par contre pour faire le clip avec les petits jeunes, c’est une galère : y’en a un qui veut plus trop voir l’autre, etc. Les anciens, tu leur dis un jour et BIM ils sont tous là. Mais c’est normal, c’est des premiers de la classe.

T : Tu dis « Le rap français me fait chier, j’aurais dû naître à Brooklyn ». Même aujourd’hui, ta préférence reste à New-York ?

N : J’aime beaucoup les rappeurs de Brooklyn. On me reproche souvent « tu bouges pas derrière le micro, c’est mou ! » … mais les Fabolous, les Jay-Z, ils bougent pas, on dirait qu’ils vont s’endormir ! T’as l’impression qu’ils rappent allongés ! J’aime ce côté nonchalant.

S : Dans une interview, tu disais que tu devais parfois te forcer à ne plus écouter de rap français pendant une période pour éviter le mimétisme…

N : Maintenant j’ai plus ce problème : j’en écoute plus ! (rires) Quand ça passe à la radio, j’écoute, mais fumer un album tout seul chez moi comme je le faisais avant, c’est terminé. J’y arrive plus ! Je trouve ça trop moyen. Même les mecs qui sont forts à la base, sortent des skeuds pas terribles. A part Despo … quand je l’écoute, je suis comme un enfant ! Il est à la limite entre la folie et le génie, c’est extraordinaire. Il est borderline !

T : Dans la nouvelle génération, y’a beaucoup de mecs qui reconnaissent ton taf, ce qui n’était peut-être pas le cas il y a 6-7 ans. Ça te motive ?

N : J’ai l’impression de mener une deuxième carrière. J’ai un vent de fraicheur, l’envie de rapper. On a reproché à des rappeurs de ne pas m’avoir invité sur leurs albums, mais c’était une période où je ne rappais même plus ! Tu vas pas m’inviter sur ton album si tu vois que je suis toute la journée chez moi, la main dans le caleçon, une bière à la main en train de mater le Bigdil. Si tu bouges, que tu sors des projets, les mecs t’entendent sur des morceaux … là, si ça leur plait, ils t’invitent ! Mais si tu fais rien, ils vont pas t’inviter !
Je me considère un peu comme un rappeur « du peuple », en opposition avec les rappeurs « du rap game ». Je suis pas bankable pour un rappeur ! Tu m’invites, je vais pas t’apporter grand-chose. J’ai pas le côté caillera qui va plaire à untel, je suis pas assez connu du grand public pour un autre … J’suis underground.

S : Pendant pas mal d’années, t’as pas mal gravité autour de Neochrome.

N : Neochrome, tu viens pour poser un couplet, tu te retrouves dans 5 morceaux différents ! Ils m’ont tenu en vie, c’est eux qui m’ont redonné envie. Des gens comme Seth ou Zekwe, je les connais via Neochrome. A une époque, ils voulaient même me signer.

T : D’ailleurs, Street Minimum a plus ou moins été annoncé chez eux.

N : Au niveau des contrats, c’est bizarroïde. Je m’y connais pas trop en juridique, mais je sais quand c’est bizarroïde. Et puis au niveau de l’image, ça allait pas. Ils essayaient de me convaincre, mais c’était pas cohérent. « Mais si, tu colles à l’image neochrome » (rires).
Les seuls contrats que j’ai signé, c’est avec Kaz par Kaz (Menelik) et avec BMG. C’est tout.

S –Et avec Casa One, c’était une coprod ?

N -C’était une mission d’intérim. On sort le projet après on voit. C’est grâce à Casa One que je me suis rendu compte que je pouvais le faire tout seul. Là, demain j’ai envie de clipper un titre, je le clippe ! J’ai pas à attendre l’aval de X ou Y.

S : Joe Lucazz tu l’as connu par Neochrome ?

N : Non, je le connais depuis Bombattak. Quand ils faisaient Joe & Cross. Joe Lucazz a un truc… plus fort que les punchlines. Un champ lexical super intéressant.  C’est un bon, Joe !

T : t’as pensé quoi de la chanson de la dernière coupe du m… (Shakira a fait une chanson  où elle gueule Zamina au refrain pour la coupe du monde 2010, et c’est aussi le titre d’un vieux morceau de Nakk)

N : (il coupe) ah je veux pas parler de ça (sourire). franchement ça m’a… viens on parle d’autre chose. Elle m’a volé ma vie cette meuf, alors qu’elle en a déjà une (rires).

S : Pourquoi le morceau Vacances avec Dany Dan a été sous-exploité ?

N : Il a pas été sous-exploité, mais carrément inexploité ! C’est le genre de morceau qui est bien quand t’es en major, mais en indé, ça sert à rien de les exploiter. T’as pas le réseau pour, il va pas passer en radio …

T : Y’a des mecs que t’aimerais feater ?

N : J’aimerais bien faire un remix avec des anciens : Akhenaton, Kery James, Oxmo …

T : Faudra faire le clip dans une maison de retraite du coup.

N : Mais moi aussi, je suis quand même un ancien, même si je fais beaucoup de feats avec la nouvelle génération.

T : T’as dit que t’avais beaucoup saigné Les Sages Po’ à une époque …

N : Surtout le 1er album en fait, après un peu moins. Moi c’est surtout AKH qui m’a vraiment marqué, au niveau de la construction de son rap.

S: ça ce sera coupé.

N: ah, t’aimes pas akhenaton ?

S: non je rigole. par contre je préfèrerais que tu dises que ton influence vient de Dany Dan.

N:  C’est Dany Dan qui m’a donné envie de rapper ! Ce mec, c’est un extra-terrestre. Après, y’a beaucoup de mecs très forts, mais tu vas pas forcément accrocher sur tout un projet. Tu retiens des couplets, mais pas l’album complet. Ils savent rapper, mais ils savent pas faire un bon morceau.

S : T’étais un grand amateur de Jay-Z. C’est toujours le cas ?

N : Déjà j’ai toujours plus été Nas que Jay-Z. Déjà, son côté businessman, même si je trouve ça bien pour lui, ça me fait pas du tout rêver. Il sait ce que les gens attendent, et il le fait proprement.

S : Qu’est ce que t’écoutes en ce moment, que ce soit français ou ricain ?

N : Drake, j’aime bien. Kendrick Lamar, Nas, Jay-Z, Lil Wayne, Rick Ross. Que ce soit nouveau ou ancien, j’écoute ce que je considère comme de la bonne musique. Rick Ross, pour moi, il fait de la bonne musique. En français, j’écoute presque plus rien. J’ai beaucoup écouté Socrate, les anciens albums de Booba. Mais sinon, j’écoute plus de rap français.

S : Pourquoi tu ferais pas un feat avec Casey ? (oui, cette question sort de nulle part)

N : Pourquoi pas, mais elle doit pas me trouver assez militant. Pourtant, on a fait beaucoup de scènes ensemble.

S : Niveau prods, t’es assez inclassable, c’est dur de t’identifier …

N : On me l’a dit y’a pas pas longtemps ! On m’a dit que c’était un défaut, que j’avais pas de couleur. Je prends les prods qui m’inspirent. Mélancolique, rythmée, hardcore … je prends ce qui m’inspire.

S : T’as posé sur des prods de Therapy. Vous vous êtes connus comment ?

N : On était au collège ensemble ! Sinon, jamais il me donne des prods ! C’est clair que maintenant c’est un peu « le beatmaker de Booba » pour les gens… Les autres rappeurs me demandent comment j’ai fait pour les obtenir, j’en profite pour me la raconter un peu, genre « Ah je sais pas, il a décelé chez moi quelque chose qu’il n’y a pas chez vous » (sourire)

T : Dans « Darksun », tu dis « Dans l’désert frère, il faut un touareg c’est tout ». Dans un autre morceau de l’album, « Puma », tu reprends quasiment la même phase : « J’traversais l’désert, j’étais pas en Touareg ». Tu veux t’acheter la voiture, c’est ça ?

N : (rires) Tu m’as cramé, c’est pas bien ! Faudra couper ça au montage ! Si t’écoutes bien, même dans Supernova, je reprends des trucs que j’ai déjà dit dans Darksun. Parce qu’au final, on raconte toujours un peu la même chose.

S : Depuis Darksun, j’ai l’impression que tu te lâches un peu plus en egotrip.

N : Ouais, j’me dis que maintenant j’ai un peu de bouteille, je peux me permettre ce genre de truc. Puis ce genre de phrases « vos punchlines, c’est mes ratures », ça va, c’est pas comme si c’était le premier venu qui sortait ça non plus.

S : Supernova, c’est un gros EP, ou un mini-album ?

N : C’est un EP ! C’est juste la continuité de Darksun. J’avais 7 ou 8 titres, je me suis lâché un peu, je suis allé jusqu’à 10. C’était juste un truc histoire de rester dans l’actu. Après y a des gens qui me disent « Mortel ton album » Je vais pas les contredire. C’est pas important, finalement. Ce qui est plus gênant c’est ceux qui voient les chiffres et me disent d’un air désolé « putain c’est dur », mais non, j’en ai mis 3000 en bacs, c’est normal que je tape pas 14 000 en première semaine. Après c’est vrai qu’ils peuvent pas savoir.

T : Le schéma : un morceau egotrip, un morceau un peu conscient comme premiers extraits, c’est pas un peu répétitif ?

N : Non pas vraiment, sur Darksun par exemple c’était pas le cas (Mad Max et Au calme). Pour Supernova, je voulais revenir avec un egotrip (Mendosalve), pas avec un morceau comme Devenir quelqu’un, même si c’est un bon morceau.

S : Surnakkurel, c’est fini ?

N : Nan, c’est juste que j’ai pas trouvé d’idée intéressante. Pour Darksun, j’en ai pas trouvé, pour Supernova non plus.

T : Le truc qui ferait chier ta fanbase, c’est que t’en fasses un avec Monseigneur Mike.

N : En plus, je voulais en faire un avec lui. je voulais l’inclure dans un clip

T : Mais Surnakkurel, c’est des trucs qui te sont arrivés à toi, à tes potes ?

N : Non, à personne ! Pour Surnakkurel 4, j’ai repris une histoire de Biggie. Il avait raconté le même genre de truc, avec un basketteur. Je l’ai adapté à ma sauce. J’aimerais bien en faire un nouveau pour mon album, mais faut que le truc soit original.

T : T’es tenté par l’autotune ?

N : J’en ai fait un peu, j’ai pas de problème avec ça.

T : Dans Darksun, d’où sortent les refrains de Zaggin et de Au calme ?

N : C’est mes beatmakers qui recherchent des voix cainris libres de droits. J’espère que personne ne va m’attaquer.

T : T’as remarqué que Sinik sur son dernier album, le reprend ?

N : Ça c’est parce que le beatmaker se croit en Jamaïque, il croit que tout le monde peut faire les mêmes refrains. Moi je m’en fous un peu, ça doit être pour Sinik que c’est plus compliqué, parce que même si je suis moins connu que lui, y’a des gens qui vont lui dire « Nakk il a fait le même refrain ».

T : Je pense qu’aujourd’hui, vous avez le même nombre d’auditeurs. Y’a plus grand monde qui écoute Sinik.

N : Tout à l’heure j’étais au téléphone avec Ol Kainry, on se disait qu’il y a des mecs qui ont moins la côte parce qu’ils ont sorti moins de bons morceaux, tout simplement. Les gens, si tu leur donnes pas des trucs pour les faire vibrer, ils lâchent. Sinik, même s’il a été beaucoup critiqué, il avait quand même une plume, il était fort.

T : dans « Jour férié » (Street Minimum) : « Fuite rime vite avec école, ils veulent aller en taule et faire un feat avec Akon ». Tu penses qu’il y a des mecs qui sont perdus à ce point dans le rap ?

N : Franchement, je pense que ça a traversé l’esprit de plein de mecs.

S : Une question de notre ami Big Paul Castellano : à quand un clip avec des meufs en string ?

N : C’est pas mon délire du tout, ce serait incohérent. Le seul cas où je pourrais le faire, ce serait pour un clip complètement décalé, un truc marrant.

T : Si t’avais vraiment les moyens, ton clip idéal ce serait quoi ?

N : Bah justement, un clip décalé. J’aimerais clipper « Ze Best », dans ce délire-là. Même un dessin-animé, ou je sais pas… c’est un morceau un peu bizarre, l’instru change, il faut un clip qui aille avec le concept. Pour l’instant j’ai Pourquoi et Dans ma zone qui vont être tournés..

S : Tu t’es fait connaitre aussi grâce à tes punchlines. Aujourd’hui, le terme n’est pas un peu galvaudé ?

N : Carrément ! T’as des mecs qui font juste une rime, ils appellent ça punchline ! J’en parlais avec Lino une fois, on comprenait plus. Certains textes, on sait pas trop, c’est des trucs que moi je garderais pas dans un texte. Du tout. Mais apparemment c’est des punchlines.

T : Rocé disait récemment « ce que vous appelez punchline, j’appelle ça écrire ».

N : Voilà !

S : L’évolution de ta carrière est atypique : pour caricaturer, t’as commencé dans un délire « musicalement commercial »

N : commercial, ouais…

S : avec le clip où t’as ton chapeau rigolo là.

N : ahah ok.

S : puis t’as eu une phase « rappeur technique » …

N : (il coupe, en riant) Ah, je mettais la dose à l’époque ! Quand je me réécoute, je me fatigue ! Je me prenais vraiment la tête !

S : donc c’est vraiment conscient d’avoir allégé depuis ?

N : Complètement. J’ai lu une interview de Jay-Z où il disait « les rappeurs sont tellement techniques qu’ils oublient de raconter des trucs »  c’est exactement ça ! Avant je cherchais la rime, et après seulement, ce que j’avais à dire. Maintenant, c’est le contraire : je cherche un truc à dire, et après, j’en fais des rimes.

S : Après Street Minimum, même si t’étais entre 2 trucs, la prédominance c’était le rap « conscient », et maintenant, t’entends carrément « Nakk c’est le poète du rap français » … tu te situes où par rapport à tout ça ?

N : Tout ce que je peux te dire, c’est que depuis ma première apparition jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours mis l’écriture en avant. Tu peux me critiquer sur tout ce que tu veux : les prods sont dégueulasses, le flow, le machin … mais pas sur l’écriture. C’est ça ma force. Quel que soit le thème, tu peux mettre une plume. Même sur de l’egotrip. Le côté poète … c’est parce que j’ai fait des morceaux comme « Devenir quelqu’un », en plus dans le clip je suis en cravate, ça rajoute encore plus dans le côté solennel, témoin de Jéhovah tout ça (sourire) Mais c’est pas quelque chose que je revendique.

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S : Des rappeurs se sont engouffrés dans ce côté « poète », parce que ça permet de s’ouvrir à un certain public. Toi, c’est compliqué : t’es pas assez street pour plaire à un public un peu dur, mais trop street pour t’ouvrir au grand public.

N : Je me suis déjà posé la question. Faudra que je le fasse, pour l’album, c’est évident. là je m’amuse mais c’est évident que je dois passer de l’autre côté à un moment. Mon but c’est pas que les cailleras m’écoutent dans leur voiture. Enfin, j’aime bien quand ça arrive, mais mon salut il est plus dans le grand public. Je peux être écouté par une caillera ou une meuf de 16ans, mais mon salut passe par le grand public, les trentenaires. Si demain je veux passer chez Ruquier ou Denisot, je suis obligé de passer de l’autre côté, à un moment. Bon après il y en a qui abusent de ce côté là. Mais sur mes derniers projets, je peux pas le faire de toute façon.

S : Rien ne t’empêche d’alterner les 2.

N -Voilà. c’est ce que je fais. Ce que j’essaie de faire en tout cas. Mais sur l’album, y aura beaucoup plus de « devenir quelqu’un » que du trap, forcément. Sinon je suis foutu, je suis le rappeur lambda.

T –Mais y en aura quand même un peu, des trucs plus patate ?

N -Oui, oui ! y en aura quand même un peu. Mais Supernova, c’est mon premier projet où c’est vraiment du kif kif. Enfin je pense. L’album sera vraiment orienté plus posé. Mais je vais pas le rendre chiant quand même !

S – niveau feat, Ladea et Spri Noir…

N – c’était les plus réactifs, tout simplement. Et puis évidemment j’aime bien leur travail.

S –Y a qui en producteur sur Supernova ?

N -Bah déjà y a Lazy T, c’est lui (il montre le gars qui vient d’arriver dans le macdo, ça c’est du timing). Diakar qui avait fait la prod de « Au calme ». y a Zekwe qui a fait « Mendosalve » Y a Twister qui fait « devenir quelqu’un ». Sonar a fait « Dans la zone » et « Ze best » et Track Invaders a fait « Pourquoi ». Ça c’était un morceau à Mike, on va le clipper, normalement.

S : Comment tu t’es retrouvé sur le cd ?

Lazy-T : en fait Super Nova est mon 1er vrai projet, et j’y suis allé au culot, j’ai balancé des beats via twitter, ça lui a plu et voilà. C’était vraiment un plaisir parce que Nakk c’est quelqu’un que j’écoute depuis longtemps. J’ai fait les prods de Windows et Espace.

N : il est gentil, il dit ça parce que je suis là. Il est très bon !

S : en plus vous êtes en train de signer des papiers, donc c’est déclaré votre truc.

N : il faut, il faut. On fait de la musique, faut être professionnel, c’est le minimum.

S : sur Le Syndrome du trom, à un moment tu dis « en plus, amuse toi à faire rimer Ourcq ». T’aurais pu dire que le type en face de toi « ressemble à Mickey Rourke », c’était pas si dur que ça.

N: ouais mais à l’époque, Mickey Rourke il avait pas la tête en mousse, la tête de ouf qu’il a maintenant. Donc j’y ai pas pensé. Et puis de toute façon je dis direct après sur la mesure suivante, « pour que », je commence par ça. Histoire de dire, vous inquiétez pas les mecs, en vrai je suis fort quand même !

S : T’as une relation un peu bizarre avec ta fan-base. T’avais carrément des fanatiques.

N : C’est vrai. Youssoupha m’a dit « j’ai lu des commentaires de tes fans, c’est carrément des hooligans, je te les envie pas ». J’ai l’impression que j’ai les fans les plus chauds du rap français. Je vais utiliser un mot un peu fort, mais ils m’ont presque sacralisé. Si je voulais jouer la sécurité, je ferais un projet avec que des « Devenir quelqu’un ». Je pourrais le faire ! Mais ça me plait pas de faire ça. J’ai d’autres trips, j’ai envie de faire d’autres trucs.

S : On a l’impression que pour des gens, ta meilleure période, c’est celle où on t’entendait juste sur des tapes, que tu sortais pas de projets, en gros quand tu parlais à 700 personnes quoi.

N : Plus t’es connu, plus on va te critiquer. Les mecs vont jusqu’à se voiler la face, jusqu’à me dire que des vieux morceaux à moi vraiment pas terribles sont meilleurs que ceux présents sur Darksun et Supernova… Ils veulent que je ressorte les trucs que je rappais il y a 15 piges, mais ça existe pas les mecs qui rappent pendant 15 ans de la même manière ! T’es obligé d’évoluer.

T : « C’que tu racontes c’est pas d’la merde, mais on s’en bat les reins  » (Invincible) et « L’avenir, je leur en parle. Ils me disent que je suis pas leur renpas. Leur seul rempart c’est rester en bas et faire de l’or en barre » (Au moment où j’parle)… T’as conscience que les jeunes écoutent pas les conseils.

N : Bien sûr ! C’est comme le cinéma : t’as des mecs qui en ont rien à foutre des films d’auteur, ils veulent juste se taper une barre devant un film comique, ou voir Bruce Willis péter la gueule à plein de monde. Bah la musique c’est pareil : t’as des gens qui en ont rien à faire de la morale, du message, ils veulent juste écouter le dernier La Fouine ou le dernier Booba. Même des meufs ! Y’a des meufs qui veulent écouter que des rappeurs violents.

T : même Morsay arrive à vendre.

N : en fait Morsay je l’ai rencontré en vrai à une session studio de C’est nous les reustas remix. Je savais même pas qu’il était sur le morceau. J’arrive, je le vois je me dis « tiens il doit être venu voir quelqu’un ». Après je le vois en cabine « ah ouais, il prend la confiance quand même, on bosse, là ». Et là il pose son intro, tout le monde le félicite, Youssoupha était là « ouais grand gesteur ! ». J’ai pas trop capté sur le coup. Y’avait Disiz aussi, il est passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel (rires). Ceci dit, Morsay il a beau parler comme il parle, t’inquiètes que lui et son équipe ils sont grave lucides et savent faire du business, complètement.

S –Ton rapport à la scène ? Vous semblez bien rodés avec Les 10.

N -Là, au Divan du monde, j’étais super super crevé mais c’est vraiment ça que je préfère. J’ai hâte d’avoir le temps de bien mettre ça en place, de faire de bons shows, parce que c’est ce qu’il y a de mieux en vrai : quand j’ai fait « Dans la zone » en live alors que personne l’avait encore écouté. L’impression, c’est là que tu peux l’avoir, les yeux des gens quand ils écoutent. Y’a que la scène où tu peux avoir la réaction directe. Quand y a une punch, là y a un mec il rigole, l’autre crie, etc.

S : pour revenir sur l’actu, est-ce que t’es jaloux du buzz de la basket du pote de Booba ?

N : (sourire) en fait ce clash au début c’est bien, on est tous friands de ça ; le truc c’est que là ça dure quand même depuis super longtemps, et personne en sortira indemne… enfin remarque, Booba a un bon marabout : je marchais l’autre jour, je tombe sur un kiosque à journaux, je le vois en couv’ de GQ. Je suis rentré chez moi (rires) qu’est-ce que tu veux faire ?

S : On te voit toujours souriant même quand on te pose des questions de merde. T’es vraiment sympa, ou c’est juste pour la promo ?

N : Je me dis surtout que c’est que de la musique ! Je vais pas faire le mec sérieux, tu peux te planter, c’est pas grave. Je vais pas faire le mec vénère ! Des fois on me pose des questions à l’ouest, j’arrondis les angles. J’ai fait une interview pour TéléSud, la journaliste comprenait pas du tout ce que je lui racontais parfois. J’aurais pu l’embrouiller « mais madame t’as pas compris euh », j’ai essayé d’aller dans son sens quand même. Même avec vous, je fais ça depuis le début les mecs. C’est juste que vous avez pas remarqué.

T : Demain soir (interview réalisée jeudi 21/03/13) tu vas faire la Nocturne de Skyrock. C’est la première fois ?

N : Ouais. L’an dernier, ils auraient pu le faire, avec Darksun ! Sur le coup, j’étais pas content. Le mec doit recevoir des messages sur Twitter genre « pourquoi Nakk a pas son Planète Rap ? » … au bout d’un moment il lâche une petite heure dans la Nocturne, histoire de donner quelque chose, et qu’on arrête de lui casser les couilles. Après c’est clair que si je signe en major, demain je fais un Planète Rap. Mais comme j’ai dit quand on m’a parlé de ça, je pourrais gagner au Loto aussi tant qu’on y est !

S : « Street Minimum », « Le monde est mon pays », « Darksun », « Supernova » : tu passes de la rue, à la planète entière, au soleil, à la supernova … le prochain titre, ce sera quoi ?

N : On me l’a fait remarquer récemment, c’était même pas fait exprès. Le prochain, je casse tout, je l’appelle « Cuillère en bois » !

S : Y’a un mec qui nous a filé un t-shirt « Nakk c’était mieux avant ». T’en penses quoi ?

N : Putain, sérieux ?! (il y croit vraiment)

S : Nan.

N : (rires) J’étais en train de me dire « oh le ouf ! ». Bien sûr qu’il y a des gens qui pensent que Nakk c’était mieux avant, mais en ce moment ça se passe relativement bien pour moi, j’ai pas à me plaindre. Et mieux ça va aller, plus y’aura de monde pour dire « Nakk c’était mieux avant ». C’est mathématique, c’est français. Et limite, plus j’entends ça, plus c’est bon signe. Si on me disait « Nakk c’est à l’ancienne, il a pas bougé d’un iota » … nan, ça m’irait pas. Nakk, ce sera mieux dans 6 mois ! Après je peux comprendre. Moi je préfère le Booba d’avant ! Ou y’a d’autres trucs que j’ai kiffé, et je suis plus dedans maintenant. Donc je comprends que ça puisse être pareil pour moi. Mais en même temps, je vais pas revenir en arrière pour leur faire plaisir. Je vais pas faire « Le syndrome du trom 2 », « la Tour 14 » ! Je suis un raciste du passé ! J’ai horreur du passé. Surtout dans la musique, quand tu commences à faire des Best-Of, c’est le début de la fin.

S : Sur Le monde est mon pays, y’a beaucoup de morceaux qui datent un peu, ça donne l’impression que t’as des références ringardes, mais en fait c’est juste que tu les as écrits bien avant ? Genre John Q

N : Bah John Q, c’est un film que j’ai découvert sur le tard, et j’ai trouvé l’histoire très intéressante. Mais je cite aussi des films plus anciens, genre Les Evadés, mais ça c’est différent, c’est un classique.

S : C’est quoi ton genre de film ?

N : Tu vas me dire que je suis un ouf, mais je kiffe les films d’auteur français. Les titres chelous genre « Ferme le frigo, il fait froid ». Dès que je vois ça, je coupe tout, je regarde le film jusqu’à la fin. Y’a toujours des dialogues qui m’inspirent de ouf ! Les films français, c’est vraiment mon truc. Après je suis pas fermé, récemment j’ai vu Django Unchained et c’était très bien.

S : … (il réalise qu’il ne pourra pas parler de Batman ou de Kick-Ass avec cet individu)

T : Ton fils est toujours fan de l’Undertaker ?

N : Nan, c’est fini le catch. Enfin lui, il est plus dedans en tout cas.

T: ah. (cette réponse déprime légèrement Teobaldo)

WARNING : NAKK VA VOUS SPOILER DES PASSAGES-CLÉS DE THE WIRE

T : tu dis que t’as « plus pleuré la mort de Stringer Bell que celle de ton couple »… parle nous un peu du personnage.

N : Ça m’a fait mal. C’est un petit bâtard, mais c’est un personnage extraordinaire. C’est comme Boyz in the hood, à chaque fois que je le regarde, j’espère qu’il ne va pas se prendre une balle à la fin. Et à chaque fois, je suis super triste, alors que je l’ai déjà vu dix fois ! Pour Stringer Bell, pareil. Je me doutais qu’il allait se faire canner, mais je me suis menti jusqu’au bout. C’est un méchant qui est dans l’intellect, un vicieux. Pour comparer, la mort de Prop Joe, j’étais moins triste. Celle de Boddie, un peu ouais. Il est mort en soldat ! Omar, j’étais super choqué. Pour Snoop, j’étais content, elle était soulante à vouloir buter tout le monde ! Cheese, j’étais content aussi. C’est un gag ce mec ! Elle m’a perturbé cette série, j’étais à fond dedans.

S : Le mot de la fin ?

N : Je te fais le truc classique : Supernova dans les bacs, allez soutenir, blablabla.

S : t’as pas mieux que ça ?

N : Si : les interviews aussi c’est mieux maintenant je trouve. Parce que moi, durant des années, on m’a sorti la question « mais alors c’est pas trop dur de pas avoir percé ? C’est dommage quand même, non ? », on me disait ça super gentiment en plus ! C’est comme si tu perds un billet qui s’envole et pendant toute la journée ton pote est là « merde c’est pas de chance hein ? Tu te rends compte, t’aurais pu t’acheter… » c’est bon c’est passé (rires).


et ouais, on s’est même retenus de lui poser la question « quand t’épelles ton blase t’es obligé de dire N.A caca ou c’est comment ? tu dis Na2k ? ». Pro jusqu’au bout sur ce coup là.
(pour rappel, si vous aussi vous désirez une interview, nos tarifs sont ici. Certes ce n’est pas donné, mais la qualité a un prix.)

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Un sapin, des cadeaux, de la neige et du couscous (2)


pour la première partie c’est là-bas derrière.
Le Foulala (et Aelpeacha) – MDR (à écouter rien que pour « c’est 1 pour ma cadillac, 2 pour mon cognac, 3,4 pour tous les acteurs qui ont joué dans le film Mars Attacks)
Roro – The Famous Issaguen Road
Starlito – Funeral & Court Dates
Mike Will Made It – Est. In 1989 2.5

si vous avez bien maté la dernière partie de l’interview des Kaira vous avez dû voir que ça se termine sur un truc en suspens assez incompréhensible. Était-ce un clash de Frank Gastambide contre Thomas N’Gijol ? non, c’était juste ça :

ça c’est un son de Niro quand il était encore tout jeune et Jeff Le Nerf quand il était encore écoutable

et maintenant des freefree qui datent (un peu)











il est à noter que j’aurais pu mettre également le long freestyle 361 records pour la nuit cut killer mais en le survolant un peu j’ai constaté que
1) ces champions ont ramené l’algérino ET soprano
2) akh hurle « le monde est une abscisse » à un moment
donc à la place ce sera le long freestyle de la Scred avec leurs amis Flynt & Zone Sensible où vous pourrez entendre Willy le barge (ou son pote) gueuler « je mérite ma gloire, pas comme ce fils de pute de Magloire » (ou un truc comme ça). Ça me semble plus instructif.

alors là attention grosse exclu, puisque vous pourrez voir à l’œil nu LES CHEVEUX D’AL K-POTE, qui commençait à développer son gimmick consistant à meubler les silences par des insultes pendant les freestyles. good times.

et comme on a appris récemment que selon Mac Kregor il n’y aura plus d’album du groupe Tandem, le blavog leur rend hommage à sa façon, en se remémorant ce moment inoubliable :

un joyeux Kwanza à tous et à toutes.

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Un sapin, des cadeaux, de la neige et du couscous (1)

JOE LUCAZZ – Rencontre avec JO€ : http://depositfiles.com/files/aycruioz9

pour lire (et entendre des bouts de) « l’interview » (guillemets de rigueur) qu’on avait faite du monsieur c’est là, puis et après . Bref Joe, il y a peu de chance que tu lises ça mais bon courage quand même.

Lalcko – les diamants sont éternels
Moms – dactylopathe
Sazamyzy – mix à l’ancienne (2000-2006)
Seno – Nouveau Jésus
Riff Raff – Hologram Panda
King Louie – Drilluminati
The Game – Sunday Service Compilation
Gucci Mane – Trap God

et ça c’est un court dessin animé spécial Noël par les mecs de Lil Hop, qui bossent depuis pour Trae, et si tu demandes qui c’est t’es une sacrée tache.

et maintenant, des freestyles qu’on a retrouvés, non pas qu’ils soient spécialement rares ou collectors, simplement personne d’autre les a cherchés. Sauf qu’en fait le temps de les foutre sur youtube on sera déjà le 26, donc ce sera pour la partie 2, en attendant vous aurez quand même ceux-là :






ensuite un court-métrage très rigolo avec à un moment un mec violé par son sapin de Noël (entre autres). Ca date pas d’hier mais si tu connais pas bah c’est que t’es un enculé.

et ça ça rappelle des souvenirs

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The Roots

Il repart alors que tout le monde l’acclame, il revient quand personne n’en veut : vous l’aurez compris, il était plus que temps d’accueillir une nouvelle intervention de notre collègue helvétique, j’ai nommé Big Paul Castellano*

Autrement dit les racines, ici je ne vous parlerai pas de Kunta Kinté ainsi que des nombreuses générations qui suivirent la naissance de cet enfant ordinaire né sous un ciel étoilé.

Non, nous parlerons du but de ce parcours semé d’embûches, d’Afrique aux Amériques, qui aura couté la vie à des millions d’êtres humains. La solution finale, le plan ultime de l’homme blanc, la volonté inébranlable du dépassement de ses propres limites afin de détrôner l’homme noir dans les deux seuls domaines où il se sent en supériorité. J’ai nommé le sport et la chanson (la danse étant pour les homosexuels et le blavog étant un site homophobe, nous n’en parlerons pas).

Même si certains artistes (Elvis Presley : chanteur) ou sportifs (Larry Bird : basketteur) qui, ne nous le cachons pas, ont du sang noir, arrivent à égaler voire surpasser les leaders du secteur, l’homme blanc n’a toujours pas trouvé de solution à ce problème majeur.

Je pourrais faire une liste des différents sous domaines dans lesquels nous excellons (en gros tous les autres) mais concentrons nous sur la chanson, plus particulièrement le rap. Depuis 1970 nous n’avons jamais eu de titre, malgré les nombreux efforts entrepris c’est le statu quo et pas Stat Quo le rappeur noir je te vois venir petit malin.

En voici les raisons principales.

A. LE VÉCU

Pour faire du rap, il faut tout d’abord avoir quelque chose à dire, que ce soit de simples cris ou des textes à rimes plus ou moins engagées sur un sujet plus ou moins précis.

Même si aujourd’hui cela ne veut plus rien dire et que l’on peut très bien travailler pour l’univers carcéral tout en étant un rappeur adulé par ses semblables (Rick Ross), un blanc sera toujours confronté à son vécu.

D’un autre côté, on vous avait averti que l’entertainment était dans l’âme de toute flicaille. La preuve, cette vidéo filmée en caméra cachée :

Un blanc ne peut atteindre le statut de noir que si son vécu est à 100% un désastre. À ce moment là, s’il se sent une veine artistique, deux choix se présentent à lui :

  • Devenir un punk ou un rockeur dégénéré, parler de sa tentative de suicide, de ses problèmes familiaux, de la mort de son animal de compagnie (parfois un hamster, souvent un chien, et toujours pour problèmes d’hygiène) et de son obsession pour la drogue.

  • Devenir rappeur et donc évoluer dans une insécurité totale qui le poussera à commettre de nombreuses erreurs fatales. Rappelons qu’il pourra aussi se droguer.

À partir de ce constat on peut facilement comprendre que le rap n’a jamais été envahi par nos jolies têtes blondes.

Toutefois, nous avons quelques réussites dont nous sommes évidemment très fiers :

R.A. The Rugged Man : un père victime de l’agent orange durant la guerre du Vietnam qui donnera naissance à un fils handicapé et aveugle ainsi qu’à une fille elle aussi handicapée, incapable de marcher ou de parler. Quand je vous disais qu’il fallait qu’un blanc soit définitivement cramé pour se tourner vers le rap, je ne vous avais pas menti.

Necro et Ill Bill ; une mère absente, un oncle défoncé au crack et une passion prononcée pour le hardcore. Necro a d’ailleurs réussi le but ultime de tout rappeur blanc hardcore, c’est-à-dire faire un album en duo avec Kool G Rap (ancien proxénète reconverti dans le rap qui séquestrait ses gagneuses dans son sous-sol pour des séances de fellations interminables).

En bonus, le clip White Slavery où toute la famille est rassemblée (l’oncle, les deux frangins et leur petite amie de l’époque) :

Eminem ; naître pauvre à Detroit dans une roulotte et décider de ne pas faire de la techno.

3rd Bass ; la combinaison entre l’esprit d’entertainment juif (MC Serch), le fait de donner le rôle du DJ au seul noir du groupe (DJ Richie Rich) et un spécialiste de la langue anglaise qui trouve la parade à l’incapacité blanche à la danse en utilisant une canne (Pete Nice). Bien que ce groupe ne réponde à aucun critère d’obtention du statut de rappeur noir, ils sont pour moi le seul groupe de rap à avoir pu passer outre leur couleur de peau à la façon du groupe de soul/funk écossais des années 70, Average White Band (AWB), capable de chanter comme les Isley Brothers.

B. LA RELATION AVEC LES HANDICAPÉS

L’artiste se doit d’avoir des relations intimes avec ses fans qui lui sont dévoués, mais cela peut rapidement mal tourner. En effet, les premiers fans du rappeur blanc seront forcément des personnes handicapées physiquement et mentalement. Ces fans des premiers instants lui seront fidèles à vie, ils seront de tous les concerts, suivant leur idole comme des apôtres.

Je vois rapidement vos têtes blondes exaspérées et déconcertées par ces affirmations calomnieuses, nous nous devons donc de pousser l’analyse jusqu’au bout en apportant des preuves écrites et vidéo-ludiques.

Année 1995

Akhenaton (France/Marseille) dans le morceau « Je Ne Suis Pas A Plaindre »

Le leader des rappeurs blancs en France rend hommage à ce public très spécial dans le troisième morceau de son album « Métèque et Mat ». Montrant une fois de plus qu’il ne serait pas là où il est en ce moment (c’est-à-dire pouvoir enfin faire le design du nouveau maillot de l’Olympique de Marseille) sans ses fidèles supporters qui ne sont heureusement plus là pour voir la déchéance morbide de leur artiste préféré.

Année 2010

Sinik (France/Paris) dans le clip « La Cité des Anges »

Nous nous devions de parler de Sinik qui a lui aussi rendu hommage aux enfants handicapés, bloqués dans les hôpitaux français lors de la sortie de son album. On y voit le jeune Fayçal, 8 ans, apparemment très mal en point, demander à sa mère et son père d’appeler Sinik afin de lui remonter le moral (on ne rit pas bordel de merde) mais aussi pour demander à l’artiste pourquoi ses potes l’ont poussé dans les escaliers après qu’il leur ait dit qu’il était son rappeur préféré.

Année 2011

Machine Gun Kelly (États-Unis/Cleveland) dans le live « I will never forget the power of our music »

La vidéo ci-dessous devrait normalement activer votre filtre parental sur youtube, vu la violence visuelle et le dégoût qui vous sera transmis durant ces trois longues minutes.

Vous y verrez une personne handicapée qui sous l’impulsion de MGK va pouvoir se libérer de sa chaise roulante, marcher quelques pas pour ensuite avoir sa première relation sexuelle avec des filles du public.

Je finirai ce chapitre avec les derniers mots d’amour que nous transmet MGK sur sa relation avec les handicapés « A CULT », « A MOVEMENT », « THIS IS FAMILY », « NO ONE CAN TAKE THIS FROM US ».

C. LE RESPECT DES ANCIENS

Quand tu commences à faire du rap tu peux avoir tes propres influences, que tu pourras ensuite faire partager à ton public, quand tu seras connu et quand on viendra t’interviewer. Encore mieux les gens le déduiront d’eux-mêmes quand ils t’écouteront rapper.

Le problème avec le rappeur blanc est qu’il pense que citer les « piliers », les « anciens » lui donnera une crédibilité au sein de ses pairs, or ce n’est pas le cas. On peut encore citer MGK qui dans son single Wild Boy s’applique comme un bon élève à name dropper frénétiquement missy elliott, diddy et the clipse, pendant que Waka Flocka se bornera à expliquer qu’il est bourré et que tu dois désormais l’appeler Goku tout en suçant ses dragon balls : deux mondes se croisent, et ne se comprennent pas.

Il ne suffit malheureusement pas de parler de Rakim à tout bout de champ pour pouvoir obtenir une quelconque crédibilité, contrairement à une personne comme Alpha 5-20 qui peut simplement citer tous les rappeurs qu’il écoute à la fin d’un de ses morceaux pour que l’on te demande gentiment de jeter ton cadeau de noël contenant la discographie de Mac Miller.

D. L’APPARÂT

Les rappeurs sont des entertainers, il y a les habits, les bijoux, les tatouages, les accessoires, il va falloir trouver un moyen de se démarquer.

Le rappeur blanc part avec 10km de retard car tout ce qu’il pourra porter le rendra systématiquement ridicule. Le premier réflexe est le tatouage, il lui permet de couvrir sa peau blanche de dessins de couleur noire. Là encore cela le fera ressembler automatiquement à un biker, mais vu que le rappeur blanc a déjà le crâne rasé depuis longtemps il ressemblera plus à un néo-nazi qui aurait passé des moments inoubliables dans les bras du premier Vern Schillinger venu.

D’un autre côté, ce moment béni lui permettra d’allier l’utile à l’agréable, c’est-à-dire qu’il pourra remplacer son tatouage dragon qu’il arbore depuis bien trop longtemps sur son bras avec en lettre elfique le nom de sa mère et sa sœur pour le remplacer par une feuille de cannabis.

La New Era est bien évidemment à proscrire, ainsi que toute réalisation de la marque Air Jordan. Il ne te reste donc plus de choix, il te faut porter un masque d’anonymous et te taire à jamais.

E. LES TERMES INTERDITS

Tout le monde ne part pas avec les mêmes chances dans la vie, mais le comble pour l’homme blanc est de ne pas pouvoir utiliser tous les mots de son dictionnaire.

Vous allez me dire, « je ne vois vraiment pas de quoi tu parles » et tu auras bien raison, mais sache que pour le jeune rappeur blanc c’est un calvaire quotidien. Il est très facile de s’emporter, on peut lui trouver de multiples excuses, mais une fois qu’il sera à l’aise, pensant que cela n’allait jamais lui arriver, c’est là qu’il commet la bourde du débutant : prononcer le « N word ».

Évidemment cela ne va pas l’empêcher de continuer comme Billy le Kid devant la chatte d’une squaw, mais il va devoir dire au revoir à la rime facile, aux hymnes de dégénéré et c’est inévitablement à ce moment là qu’il deviendra un rappeur « technique » ce qui l’enfoncera encore plus dans la médiocrité.

Dans le rap français, le jeune aryen a d’autre choix, il va pouvoir utiliser des mots que personne ne comprend. Pour cela il va devoir venir de Marseille, mais nous n’en parlerons pas dans ce blog pour des raisons de pudeur.

Il peut aussi venir de Grigny, mais entre nous le seul blanc qui habite sur place est une petite fille blonde de 8 ans que tu as déjà aperçue dans le clip de « Requiem pour un Keuf » et probablement le maire de la ville. Toutefois, si vous me trouvez un blanc qui habite là-bas et qui ne fait pas partie d’un groupe de rap ou d’une opération d’infiltration policière, vous pouvez lui dire qu’il a clairement raté sa vie.

F. LA NATIONALITE POUR ALIBI

Une petite moustache, une voix rauque, une casquette baissée très bas, jouant avec les jeux de lumière, oui tu as bien reconnu le rappeur blanc sud-américain.

La partie non-extrémiste de notre être aura tendance à accorder un passe droit à ce specimen, rare mais présent comme un albinos, mais soyons sérieux il ne trompe personne. Certains se débrouillent mieux que la plupart des blancs, mais je sais ce qui te gêne, tu penses à ce grand humaniste qui fait la tournée des favelas avec ses bibles et ses vaccins.

FINALITÉ

Nous n’allons pas terminer ce sujet sur un message de paix du genre « cet article a été écrit par une équipe multiculturelle de croyances et de confessions diverses », non, nous allons clore cet affreux chapitre de l’histoire par une vidéo à la fois tragique et consternante.

Elle montre un extrait du film « WhiteBoys », où le héros du film face à sa glace se voit déjà en superstar noire du rap. Notons par la même occasion le miroir : un sacré truc de blanc un peu comme De Niro dans Taxi Driver (non nous ne parlerons pas de toi vilain Crochon).

Dans ce même film une scène est criante de vérité. Ce même personnage va dans un ghetto et croise Slick Rick et ses 50kg de chaîne en or, de rappeur vêtu il lui fait un signe de tête « what’s up », Rick le regarde de haut en bas et lui sort simplement « morning’ officer ». Merci à tous de votre attention.

HORS CATÉGORIE

Le rappeur blanc qui est noir

il s’agit de cette infime poignée de rappeurs blancs à qui personne n’a jamais osé dire qu’ils l’étaient (blancs). Souvent parce qu’ils sont vraiment très moches mais toujours très sympas, et surtout parce que cette information ne changerait absolument rien à leur vie, le meilleur exemple étant Paul Wall, et d’autres types par là-bas au fond.

Le rappeur noir qui est blanc

On arrive ici sur une curiosité de la nature qu’il est toujours amusant d’observer. Le rappeur noir qui est blanc commence comme un rappeur noir classique, mais est happé par un vortex créé par l’homme blanc dans le seul but de se l’approprier, généralement parce qu’on le trouve légèrement moins con que les autres, ou plus rarement car il est le seul au milieu d’un groupe de blancs (s’il porte des lunettes et un sac à dos, je te cache pas que c’est un plus). Cela commence très souvent avec les médias, puis ça continue avec le public, et tôt ou tard il faut reconnaître l’abominable vérité. Face à ça, le rappeur aura deux choix très simples.

option 1 : se fondre dans le moule qu’on lui a préfabriqué, ce qui ne veut pas dire se mettre à agir comme un vrai rappeur blanc, oh que non. il perdrait instantanément toutes les faveurs de son nouveau public si singulier qui l’aime avant tout pour sa différence et ses chants primitifs. Au contraire, il faut qu’il mette le paquet sur le côté hey-regardez-je-suis-moins-pire-que-les-autres-et-en-plus-je-sais-lire-les-mecs. Mais tout en sachant connaître ses limites : il est préférable d’appeler son album « à chaque frère » plutôt que « négritude », trop agressif. Et qu’est-ce qu’on déteste ? Les noirs agressifs, bingo Mamadou tu auras un pin’s au goûter.

option 2 : refuser, s’acharner, sortir un album concept centré sur son bled, faire un flop, feater Yannick Noah, revenir avec un album de rap conchiant mais pas trop, regarder amélie poulain, arrêter le rap, tenter une carrière dans le rock, faire un flop, revenir dans le rap, et ENFIN se décider à retourner à l’option 1.

Les batailles de blancs

comme toute minorité souhaitant s’imposer dans un milieu hostile, les rappeurs blancs se retrouvent souvent comparés, mis en compétition, et fatalement opposés, tels ces femmes enceintes à poil qui font du free fight dans certains films pour adultes (on ne juge pas). Comme chacun le sait, les blancs ne sont pas une communauté solidaire, car les blancs ne sont pas une communauté tout court. Les réactions des rappeurs vont donc du comique au pathétique, on peut citer cette interview de Yelawolf où il s’en prend à MGK (l’anorexique porté sur la sexualité des handicapés, souvenez-vous on en parle plus haut) sans que PERSONNE ne sache exactement d’où lui vient cette haine. Nous on sait. Il a flairé un rival, il lui a reniflé le cul, il a gratté le sol avec ses griffes en grognant. C’est comme quand tu fous deux chats dans une poubelle et que tu leur pisses dessus : ils peuvent pas t’atteindre mais ils peuvent s’entretuer. Ajoutons que le système américain permet l’émergence d’une superstar blanche du rap une fois par génération et une fois seulement, le reste de la masse pouvant juste espérer un jour de feater avec le boss. Sauf que comme beaucoup ont pu le constater, c’est pas parce qu’Eminem t’a tapé dans la main trois fois que tu vas être autre chose qu’un simple freestyle d’un soir.

En France le phénomène reste marginal, et heureusement parce que c’est ridicule à chaque fois. Et quand on dit « à chaque fois », ça concerne uniquement Orelsan. Ce brave petit normand était à peine sorti de son trou (au sens propre, les Caennais le savent très bien) que déjà Fuzati (me demande pas qui c’est, putain) hurlait au pompage, Seth Gueko lançait des piques subliminales en interview, Charly Greane sortait une rime de petit filou sur un feat, Kennedy faisait pareil mais 1 an après, Al K-pote le traitait de petit vicieux adepte de concurrence déloyale, bref rien que de très normal. Le mot d’ordre général est clair : IL NOUS VOLE NOT’ TRAVAIL.

Les plus observateurs d’entre vous noteront que plusieurs membres de cette coalition anti aurélien ne sont absolument pas blancs. C’est normal, c’est la Frince, et chacun tente de s’intégrer selon ses moyens.

Depuis, Al K a semble-t-il oublié jusqu’à l’existence de cette interview, Charly Greane s’est subitement rappelé qu’il était arabe et Seth appelle désormais orel affectueusement son « scriboulex de l’espace » (ou un truc comme ça). Quant à Kennedy et Fuzati, je crois que j’ai déjà oublié ce qu’ils foutaient là au départ. Happy Ending.

Dans un souci d’équité, finissons tout de même sur une note positive qui mettra du baume au cœur de tous ceux que cet article a pu offenser :

*avec la participation amicale et désintéressée de Spleenter, mais de toute façon tu sauras jamais qui a écrit quoi, t’es bien feinté.

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Noir du slip 2

Nous retrouvons donc Youssoupha en studio pour la confection de son album.
Il y est conseillé par Oxmo Puccino et s’est aussi « offert » les conseils de Kery James et Akhenaton.

Kery -Faut me laisser partir, maintenant. Détache moi !
AKH – aideuh nous toi.
Oxmo -Vous êtes très bien attachés là. Ne nous forcez pas à vous mettre au mitard.
Kery – Vous avez un mitard ?
AKH -C’est quoi un mitard ?
Youssou -En fait c’est la salle de bain. On a dû y mettre Ekoué, il se tenait pas tranquille.
Kery -Vous avez mis Ekoué dans les chiottes ?
AKH -Ekoué est ici ??!! Le laissez pas sortir, siouplait. Je ferai tout ce que vous dites !
Ekoué -LAISSEZ MOI SORTIR !!!!
Oxmo -Ah ?! Il s’est réveillé…
Kery -Il a senti ta peur, à tous les coups.
AKH -Mais j’ai pas peur, putaing con !
Ekoue -IL EST LÀ !! AKHENATON EST LÀ !! ÇA SENT L’HUILE D’OLIVE ET LE POISSON !!! C’EST LUI !!!
AKH -Vous l’avez bieng attaché au moins ?
Ekoue -JE SUIS METEQUE  MAIS JE VIENS PAS D’ITALIE, ORDURE !
Kery -Il a l’air très remonté contre toi.
AKH –C’est ça mon frère
Kery -M’appelle pas frère, frère, je suis pas rastafrère !
AKH -Et moi je suis pas une ordure. Mais je suis attaché, je peux pas aller lui dire en face.
Kery -forcément…
Oxmo -Tu n’es point tellement mat, non plus.
Kery -Bah, Métèque et blanc comme un cul, ça devait pas être vendeur.
Oxmo -Et Métèque et moustachu, c’était déjà Nougaro.
AKH – Non, mais c’était une façon de dire que j’étais méditerranéen comme les arabes et tout.
Kery -C’est vrai que t’es un peu à l’origine de tous ces rappeurs blancs complexés qui compensent en parlant de la perte de leur prépuce à tout va.
Oxmo -Leur grand manitou.
Kery – leur père spirituel
Youssou – leur capichef
Oxmo – leur gourou
Kery – leur big boss
Youssou – leur grand Gana
AKH -C’est un fond de commerce comme un autre.
Kery -On ne t’en blâmera pas.
Oxmo -Oh que non.
Ekoue -MOI SI, SALE MERDEUX !

Youssou -Il a l’air un peu énervé, non ?
Oxmo -N’aie crainte, immonde individu, j’ai l’astuce de toutes pour se faire appeler ma puce.
Youssou -Quoi ?
Oxmo -Laisse, c’est une de ces merveilleuses citations de moi même qui te dépassent. Comme ma bite.
Youssou -Ah ok.
Oxmo -J’entends par là que je m’en vais calmer ce mufle à la virilité saillante en lui administrant un médicament bien senti.
Youssou -Euh… GESTE ?!!
Kery -Hey, le gogol ! Il va lui faire quoi en vrai ?
Youssou -Il va obliger Ekoué à regarder des clips de TTC.
Kery -Vous êtes des monstres !
AKH -C’est rude. Mêmeuh pour Equouwé de la Rumeureuh.
Oxmo -Et voilà. Ekoué est maintenant totalement choqué et calmé par la vue d’un documentaire où Teki Latex explique ce qu’est le rap.
Kery -Quel infâme gros tas visqueux et prétentieux…
Oxmo -Moi non plus je n’aime pas Teki latex mais modère ton langage.
Kery -Je parlais de toi
Oxmo -Je le savais ! Ceux qui t’ont dit le contraire t’ont menti et… Hey !! Mais c’est pas gentil.
Kery -Ah non mais je disais ça comme un compliment. T’es vraiment un gros connard fier de lui et hautain. J’aime ça.
Oxmo -Tu n’es pas mal non plus.
Kery -Tu m’étonnes. Je suis Kery James quand même ! Je donne le meilleur de moi même. Et je peux te dire que le meilleur de moi même, c’est vraiment pas de la merde !
Oxmo – c’est tellement dommage qu’on doive à chaque fois le rappeler à tout le monde
Kery – m’en parle pas, moi on me fait chier depuis des années avec des prétextes à la con : « kery t’avais renoncé aux instruments à corde et à vent pourquoi tu les réutilises » ; « kery tu dis tout le temps que faut s’unir mais tu bastonnes d’autres rappeurs » ; « kery tu refusais de faire hardcore en live à une époque et après t’as fait hardcore 2 » ; « kery ça fait 6 ans que tu fais le même morceau avec un titre différent » ;  « kery c’est quoi ce nouveau bouc à la craig david », etc.
Youssou – c’est vraiment des sales cons !
Kery – grave. sinon ils comprendraient bien que, comme tous les grands génies de ce monde, j’ai ma fragilité artistique, mes doutes, et mon autobiographie qui va bientôt paraître pour surfer sur le buzz de mon retour qui surfe lui-même sur l’actualité électorale.
Youssou – putain mais ça sur-geste à fond là ! wouhou !
Oxmo – je dois avouer que tu places la barre très haut dans l’exploitation de la branlette. Mais du coup niveau zic tu vas faire quoi ?
Kery – là tout de suite ? rien.
Oxmo – comment ça, rien ?
Kery – je vais juste faire un best-of en live. mais ce sera des concerts acoustiques où les gens seront assis, dans une salle de théâtre parisienne.
Oxmo – c’est légèrement pompé sur moi, ça.
Kery – bah…
Oxmo – non mais j’adore qu’on me pompe, rassure-toi.
Youssou – putain mais ça geeeeeeeeeeste ! gestitude de dingue !

Kery – et je vais faire quand même 2 ou 3 inédits, histoire de me payer des vacances cet été, j’ai prévu tout un planning. y’en a un où j’ai fait exprès de dire que la frince c’est caca, comme ça, polémique…
Youssou – …et débat en télé, ouais je connais, j’ai utilisé ça pour zemmour, ça m’a duré 2 ans, ça marche toujours ces trucs.
Kery – non, moi j’irai pas en télé. et j’expliquerai dans un communiqué que c’est parce que les présentateurs du PAF ne méritent pas d’adresser la parole à l’être supérieur que je suis, parce qu’après des années d’observation j’ai découvert que la télé frinçaise, c’est aussi caca que la politique frinçaise.
Youssou – j’y avais pas pensé
Oxmo – le buzz et l’argent du buzz, c’est finement joué.
AKH – je dois direuh que moi aussi je suis pas contreuh me chatouiller la nouilleuh, mais jamais à ce point là, je vous tireuh mon chapeau
Youssou – d’ailleurs en parlant de chapeau, ça doit te faire bizarre d’être en 2012 non ?
AKH – heing ? pourquoi ça ?
Youssou – bah, les prédictions mayas, tout ça. avec IAM vous étiez vachement portés sur les cultures aztèques non ?
AKH – non. moi c’était les pyramides et les pharaons d’égypte. ainsi que les jedis, les cowboys, les mafieux new yorkais des années 80 et à peu près tout ce qui nous permet de nous déguiser. on aime bien ça, les déguisements.
Youssou – alors je dois confondre avec shurikn
AKH – non plus, lui c’était les samouraïs, les ninjas, et les chevaliers du moyen-âge
Youssou – alors peut-être que c’était Fr…
AKH – STOP ! QU’EST-CE QUE J’AI DIT ?!
Youssou – pardon. Ox Pucc, mon super conseiller et interprète du grand Hip Hop. J’ai besoin de ta lumière.
Oxmo -Comme tout le monde.
Youssou -Je veux faire une super belle phase, comme toi.
Oxmo -Ah, tu veux dire emballer la plèbe aux capacités médiocres de par ma verve pour que tous m’acclament ?
Youssou -Ouais, les trucs classes où je comprends pas tout. Mais je fais semblant pour pas avoir l’air con.
Oxmo -C’est ça même ! Vous parlez d’or, ami jeune au visage dévasté par l’horreur.
Youssou -Ma phrase c’est un peu « j’ai tué ma vie d’adulte avant d’enterrer ma vie de garçon » mais en mieux, quoi…
Oxmo -Mmmm… Je vois… Je vois… Laisse moi d’abord envisager cette rime dans sa globalité… Mmmm… Oui c’est bon… Mmmm…. C’est bon !! L’esprit Hiphop est en moi ! l’esprit Hiphop me parle !!
AKH -Ah super ! Demande lui si il a aimé « I luv NY » avec Faf Larage ?
Oxmo -On a pas le temps pour ces conneries !
Youssou -Alors ? Ma phase, ça donnerait quoi ?
Oxmo -Mmm… « j’ai tué ma vie d’adulte avant d’enterrer ma vie de garçon » !!
Youssou -GESTE !!!
Kery -C’est la même phase, espèce de taré…
Oxmo -Oui, mais vu que c’est moi qui l’ai dite, c’est encore mieux. C’est l’effet Puccino, ça.
Youssou -Wow !!!
Oxmo -Tu vois, passé un certain stade, tu peux juste te permettre de dire tout et n’importe quoi.
Youssou -Sérieux ?
Oxmo -Mais oui. Y aura toujours des gros cons, quelque part, qui penseront que tu es un génie. Pourquoi auraient ils tort ?
Youssou -Je sais pas.
Oxmo -Ta gueule. Ils ont raison. Si on me trouve génial, c’est que je le suis ! Regarde moi droit dans les yeux et répète après moi : « Je suis génial. Je suis génial. »
Youssou -Je suis génial ! Je suis génial !!
Oxmo -« Mes pets sentent bon. Mes pets sentent bon ! »
Youssou -Mes pets sentent bon !! Mes pets sentent bon !!!!!!!
Oxmo -Voilà !!
Youssou -Je vais péter dans des fioles et ouvrir une parfumerie !!!
Oxmo -Oui, c’est ça l’idée. Mais ne te donne pas tant de mal : Sors juste un album.
Youssou -Mais ouais !

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