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Cinéfilou – hors-série – MandElba

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Parce que bon, hein.

Autant se faire plaisir quand on peut.

donc ça va d’une comparaison Stringer/Mandela à une question golmon sur Pacific Rim, en passant par James Bond, Green Lantern et un super clash avec Morgan Freeman (non, pas du tout), sans oublier la « question qui tue » à la fin. Tout ça en moins de 10 minutes. That’s what she said.

et pour ceux qui se demanderaient, ça a bien eu lieu le 02/12, donc exactement 3 jours avant la mort de Nelson. Chacun en conclura ce qu’il en voudra.

lachédékom si vous kiffez le uc’ à Spleenter

et ça c’est pour les fans de The Wire :

ici

et là-bas

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Classé dans cinoche, hors-sujet, Interview (et ouais mon pote !), série

Pedobs

pedokitty
EDIT : on m’a fait remarquer à juste titre que certains passages n’apparaissaient plus dans l’article d’origine sur le site du Nouvel Obs, sans que ces petits filous précisent ce qu’ils ont viré, ni vu ni connu en espérant que ça passe. C’est là qu’interviennent les légendaires (roulements de tambour) captures d’écran de Maître Spleenter. Pour lire l’article en version originale full pedo party time, c’est donc ici :
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4 qui entre temps est devenu comme ça, quel dommage c’était le meilleur passage.
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6
(ça fait beaucoup de pages mais vous verrez que ça se lit très vite. Pour les plus flemmards :
AVANT
obs4
APRES
obs révisé
Il y a une longue tradition en France d’intellectuels et autres hommes de lettres qui, non contents de trouver normal qu’un adulte se farcisse des gamins tous les quatre matins, se sont fixés pour mission d’expliquer au reste du monde que tout cela est parfaitement sain, voire carrément romantique. Et que surtout on n’a pas le droit de les juger.

Dernièrement, un certain François Caviglioli (je connais pas toute l’œuvre de ce joyeux luron mais il a une tête de vainqueur)  s’est lâché dans le Nouvel Observateur (ici : http://tempsreel.nouvelobs.com/faits-divers/20130522.OBS0184/yasmine-12-ans-et-sa-prof-30-ans-recit-d-une-passion-interdite.html), et putain croyez-moi ça vaut le détour, donc voici pour vous une relecture toute personnelle de la chose, à la demande générale de toi tout seul.

Yasmine, 12 ans, et sa prof, 30 ans : récit d’une passion interdite

Un titre accrocheur et original, accompagné d’un dessin totalement hors-sujet, c’est prometteur

Une enseignante d’un collège de Lille entretenait une relation amoureuse avec une élève de 12 ans.

RT si

Sa liaison de deux ans avec sa professeur d’anglais, Mme Amadéo, a fait d’elle une star.

mouahahahahahahha allez les Chtis, en route pour la gloire.

Un garçon : « Si elle avait voulu faire la même chose avec moi, j’aurais pas dit non. »

lui c’est un bon, si si la jeunesse

Un autre, plus dessalé : « Amadéo est lesbienne, et alors ? Normal pour une prof de langue. »

PROFESSEUR PUNCHLINE

On en a vu d’autres à Louise-Michel, un établissement classé en zone d’éducation prioritaire. En juin 2010, un élève a frappé un de ses camarades au visage avec un couteau de cuisine.

couteau > pédo. dédicace au Collège fou fou fou au passage.

Didier Calonne, le principal : « C’est injuste. Nous avons peut-être connu des problèmes dans le passé, mais nous avons redressé la situation. La preuve, c’est que nous avons 75% de réussite au brevet. »

putain mais c’est un sketch c’est magnifique

[Ses collègues] disent le plus grand bien des qualités professionnelles de cette enseignante de 30 ans, aujourd’hui en perdition. « Elle avait une pédagogie innovante », dit l’un.

c’est vrai que c’est assez original, il marque un point.

pedvolution

« Elle aimait les élèves », ajoute étourdiment une autre qui se mord aussitôt les lèvres et rougit.

je pleure de rire

Le taux de chômage dépasse les 20%. La population est exaspérée par le camp rom installé cité du Broutet

logique de devenir pédo du coup, j’aimerais vous y voir vous aussi.

Le camp est devenu un hypermarché de la drogue, protégé par des guetteurs cagoulés de 11 ans, payés 80 euros par jour.

Putains de délinquants, ils pouvaient pas se faire pointer comme tout le monde, non, fallait qu’ils dealent à la place.

l’entrée du collège est située rue André-Gide, un parrainage topologique qui n’incite guère à l’orthodoxie sexuelle.

HOUSTON WE GOT A FDP

« Elle nous apprenait l’anglais par le rythme et la musique », dit une de ses anciennes élèves. Un beau jour, elle décide de perfectionner sa méthode : elle se met à danser.

Nicolas-Cage-Laugh

Mais quel était le message caché derrière les sept voiles de cette danse initiatique qui parlait sans doute d’autre chose que de verbes irréguliers, de postpositions et d’accent tonique ?

ça se confirme, le mec qui a écrit l’article est un champion certifié

Peut-être évoquait-elle des batailles perdues, des espoirs envolés, des désirs inassouvis.

je penche pour la 3e option Jean-Pierre

On ne saura jamais. Ce sont des secrets qui n’intéressent pas un tribunal.

Mais toi tu t’y intéresses car tu défends les vraies causes, t’es un peu un héros

on peut néanmoins reconstituer l’évolution qui l’a conduite de la tentation au passage à l’acte et au désastre.

sortez les pop corns et mettez une musique d’ambiance pour avoir une BO digne de ce qui va suivre. Personnellement j’ai fait mon choix.

Au début, c’est une danse pédagogique. Elle s’adresse à l’ensemble de ses classes. Mais bientôt, Mme Amadéo ne va plus danser que pour l’élève qu’elle a élue entre toutes. C’est une danse nuptiale.

FILM D’HORREUR. REINE ALIEN. LA MUTANTE 2. POISON IVY DANS BATMAN & ROBIN.

ivy

Elle est destinée à la jeune Yasmine qui ne le sait pas encore : elle a 12 ans.

c’est sympa de le préciser.

Mais elle regarde de tous ses yeux cette chorégraphie qui se fait de jour en jour plus sensuelle.

Putain la salope, quelque part c’est aussi de sa faute.

là je précise qu’on entre dans le paragraphe que le journaliste a élégamment appelé « les appels du désir ». ATTENTION LES YEUX.

Mme Amadéo envoie à Yasmine un premier texto où elle l’assure de son amitié. La jeune élève est d’abord stupéfaite.

comment elle a son phone putain ?

Elle n’a pas l’habitude de telles attentions. C’est une vraie gamine de Lille-Sud. Elle n’habite pas loin du Broutet et du camp des Roms.

les vilains Roms, le retour. Donc Habiter là <<<<<<< se faire minoucher à 12 piges, ça me paraît évident.

Son horizon, ce sont les vieilles bagnoles cabossées, les cabanons de fortune qui tombent en ruine, les poubelles éventrées.

ça se confirme, heureusement que madame Amadeo l’a sauvée de cet environnement hostile.

Elle appartient à une famille modeste aux traditions patriarcales. Elle doute d’elle-même.

et arabe, en plus. Je comprends mieux, c’était la chance de sa vie cette histoire en fait, autant pour moi.

Les SMS de Mme Amadéo lui apportent ce qu’elle n’a jamais connu, une confiance en elle, et la métamorphosent peu à peu.

Sex Intentions ma gueule.

Bientôt ils passent de l’amitié à l’affection. L’enseignante exaltée redécouvre les méandres et la géographie de la carte de Tendre.

celle là on va la refaire au ralenti parce qu’elle le mérite.

L’enseignante exaltée

redécouvre les méandres et la géographie

de la carte de Tendre.

W

T

F

homer crazy

Après l’affection, l’estime, l’inclination pour finir au bout de 2 ans par les appels du désir et tous les désordres de la passion.

cé bô.

britney

Yasmine se laisse aimer et désirer. Elle apprend l’algèbre des sentiments, les exigences et les égarements du corps.

Joli coup Francky, mais même en prenant en compte « l’algèbre des sentiments », quand on calcule son âge elle a toujours 12 ans. Mais tente ta chance au tribunal, ça devrait bien marcher à tous les coups.

Ce qui devait arriver arrive: un saphisme sans violence

c’était pas gagné mais il l’a placé, bravo. Pour les plus incultes on parle donc d’une trentenaire qui bouffe une chatte de 12 ans dans le plus grand des calmes.

wrong

mais aussi un amour condamné, une relation que les deux amantes savent maudite.

et ouais, le mariage pour tous concerne pas les pédos, zut alors. On a encore tant à apprendre.

leur ardeur et leur impatience sensuelle sont telles qu’elles ne craignent pas de se livrer à l’intérieur du collège

WAIT FOR IT …

à des étreintes furtives pimentées par le risque d’être surprises.

et ouais, y’avait de l’exhib, je me disais aussi que ça manquait. Donc en plus de tout le reste madame a eu la brillante idée de faire ça dans son propre collège, on a affaire à un prix nobel.

Leur liaison prend fin brutalement

oh merde, mais genre même pas de « on reste amis » ou quoi. dur.

la mère de Yasmine découvre les textos reçus par sa fille et leur contenu de plus en plus explicite.

heureusement que le daron était pas là, on aurait retrouvé des bouts de la prof aux 4 coins de la France.

Mme Amadéo est convoquée par les services de police, placée quarante-huit heures en garde à vue.

Keyzer Soze is coming

Elle ne cache rien de sa liaison avec sa jeune élève, comme si elle ne pouvait s’empêcher d’en être fière.

say it loud, I’m pedo and proud

Yasmine, elle, reste obstinément silencieuse.

la fierté ne va que dans un sens apparemment, c’est pas de chance putain

Pedobear11

L’enseignante est mise en examen pour atteinte sexuelle sur un mineur de moins de 15 ans par une personne ayant autorité

et l’amour bordel ?

C’est la formule officielle. La justice applique la loi.

toi tu regrettes que la justice ne soit pas plus romantique, je le vois bien.

On arrive au grand final, I bring to you « un magistrat de Lille », attention ça va très vite mais c’est magique.

« La justice sera peut-être clémente, dit un magistrat. Cette histoire est différente de la pédophilie masculine…

ABSENCE TOTALE DE LIEN ENTRE LES 2 PHRASES

…associée à la violence de la pénétration et qui accable les jeunes garçons abusés. »

je n’ai plus aucun commentaire dans l’immédiat, mais je crois bien que la dernière fois que j’ai entendu un adulte faire cette différence entre pédophilie masculine et féminine c’était dans South Park.

Ah, et soit le magistrat lillois ignore l’existence d’accessoires pour les lesbiennes, soit il pense vraiment que c’est plus doux, plus swag, plus soin de détourner des minots quand t’es une meuf. Ou c’est notre rédacteur de génie qui a savamment tronqué ses propos, va savoir mon con.

Et maintenant le bonus track de la mort qui tue : la « note aux lecteurs » du génie. Parce qu’au bout de quelques jours, sans doute qu’au Nouvel Obs y’a un type qui a dit « dis-donc François, tu t’es un peu laissé aller sur ce coup, ta vie sexuelle te regarde mais ajoute un truc pour nous dédouaner, la joue pas perso ».

C’est parti, fais moi rêver poto.

Chercher à éclairer ce qui s’est passé entre cette collégienne et cette enseignante,

apparemment le pari d’écrire le moins possible les mots « sexe » et « mineure » tient toujours.

tenter d’expliquer la nature d’une relation, même si la loi la réprime, n’est pas faire l’éloge de la pédophilie

ouf, tu me rassures Francky. Non parce qu’avec « les appels du désir », « la carte de Tendre » « l’algèbre des sentiments » et tout ça, on aurait pu croire qu’on parlait pas de se taper une go de 12 ans mais plutôt d’un coup de foudre façon Twilight (ouais parce que ça reste extrêmement mal écrit cette merde, faut pas déconner).

Ceux qui savent encore lire ne me font pas ce reproche.

« c’est çui qui dit qui est bande de cons » y’en a qui s’excusent d’avoir mal écrit, lui il te pardonne d’avoir mal lu, magnanime. Mais il supprimera quand même les phrases les plus litigieuses sans rien dire à personne, car assumer ses propos il laisse ça à d’autres visiblement.

Là je sais ce que l’on pourrait dire « c’est quand même plus sain d’avoir viré ce passage ». Sauf que non, l’article reste consternant, et c’est dommage parce qu’on pourrait presque croire que du coup, Francky n’a jamais écrit ces saloperies et que le Nouvel Obs n’a rien à se reprocher (sans parler du fait qu’il est probable que cette suppression découle simplement du conseil de leur baveux, « apologie d’atteinte sexuelle sur mineure de moins de 15 », c’est moyen comme plan promo). Et ça, c’est comme dans Inglourious Basterds quand le nazi dit je vais quitter l’armée, faut bien trouver un moyen de rappeler à tout le monde que ça reste une sombre merde, sinon c’est trop facile.

inglourious-basterds-inglorious-basterds-19-08-2009-21-08-2009-5-g

Fin de l’interlude.

Et là attention, on part pour le rappel de fin de spectacle, c’est plus fort que lui, prenez des photos ça va être mignon.

Dans ce quartier de Lille-Sud dont les habitants se plaignent d’être abandonnés

attends attends ! laisse moi finir : « on fait avec ce qu’on a », c’est ça ?

dans un collège où il est difficile d’accorder à chaque enfant l’attention qu’il mérite

merde, je retente : « c’est déjà pas mal de se faire minoucher par sa prof »

une jeune élève s’est sentie pour la première fois exister sous le regard d’une enseignante qui ne ressemblait pas aux autres

GÉNIE

slow-clap-o

La suite est l’affaire de la justice, mais je ne suis ni législateur, ni magistrat.

t’es pas non plus un journaliste, a priori.

Je laisse la loi à ceux qui ont pour redoutable mission de la dire et l’appliquer

« redoutable mission » ça fait peur quand même, reparle de pédophilie stp, c’était plus cool.

Ce qui m’intéresse, c’est la singularité irréductible de la personne, cet espace qui existera toujours entre la loi et la vie.

T’es mûr pour faire du slam le tordu

Il ne relève d’aucun tribunal, mais seulement de notre conscience et de notre compassion.

ET CE SERA SON DERNIER MOT

« La justice nique sa fille, le dernier juge que j’ai vu avait plus de vice que le pointeur de ma rue », bientôt les t-shirts.

Bref, je pense que nous avons tous appris une leçon de tolérance aujourd’hui avec cette histoire. Mais encore une fois, jamais 2 sans 3 :

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The Roots

Il repart alors que tout le monde l’acclame, il revient quand personne n’en veut : vous l’aurez compris, il était plus que temps d’accueillir une nouvelle intervention de notre collègue helvétique, j’ai nommé Big Paul Castellano*

Autrement dit les racines, ici je ne vous parlerai pas de Kunta Kinté ainsi que des nombreuses générations qui suivirent la naissance de cet enfant ordinaire né sous un ciel étoilé.

Non, nous parlerons du but de ce parcours semé d’embûches, d’Afrique aux Amériques, qui aura couté la vie à des millions d’êtres humains. La solution finale, le plan ultime de l’homme blanc, la volonté inébranlable du dépassement de ses propres limites afin de détrôner l’homme noir dans les deux seuls domaines où il se sent en supériorité. J’ai nommé le sport et la chanson (la danse étant pour les homosexuels et le blavog étant un site homophobe, nous n’en parlerons pas).

Même si certains artistes (Elvis Presley : chanteur) ou sportifs (Larry Bird : basketteur) qui, ne nous le cachons pas, ont du sang noir, arrivent à égaler voire surpasser les leaders du secteur, l’homme blanc n’a toujours pas trouvé de solution à ce problème majeur.

Je pourrais faire une liste des différents sous domaines dans lesquels nous excellons (en gros tous les autres) mais concentrons nous sur la chanson, plus particulièrement le rap. Depuis 1970 nous n’avons jamais eu de titre, malgré les nombreux efforts entrepris c’est le statu quo et pas Stat Quo le rappeur noir je te vois venir petit malin.

En voici les raisons principales.

A. LE VÉCU

Pour faire du rap, il faut tout d’abord avoir quelque chose à dire, que ce soit de simples cris ou des textes à rimes plus ou moins engagées sur un sujet plus ou moins précis.

Même si aujourd’hui cela ne veut plus rien dire et que l’on peut très bien travailler pour l’univers carcéral tout en étant un rappeur adulé par ses semblables (Rick Ross), un blanc sera toujours confronté à son vécu.

D’un autre côté, on vous avait averti que l’entertainment était dans l’âme de toute flicaille. La preuve, cette vidéo filmée en caméra cachée :

Un blanc ne peut atteindre le statut de noir que si son vécu est à 100% un désastre. À ce moment là, s’il se sent une veine artistique, deux choix se présentent à lui :

  • Devenir un punk ou un rockeur dégénéré, parler de sa tentative de suicide, de ses problèmes familiaux, de la mort de son animal de compagnie (parfois un hamster, souvent un chien, et toujours pour problèmes d’hygiène) et de son obsession pour la drogue.

  • Devenir rappeur et donc évoluer dans une insécurité totale qui le poussera à commettre de nombreuses erreurs fatales. Rappelons qu’il pourra aussi se droguer.

À partir de ce constat on peut facilement comprendre que le rap n’a jamais été envahi par nos jolies têtes blondes.

Toutefois, nous avons quelques réussites dont nous sommes évidemment très fiers :

R.A. The Rugged Man : un père victime de l’agent orange durant la guerre du Vietnam qui donnera naissance à un fils handicapé et aveugle ainsi qu’à une fille elle aussi handicapée, incapable de marcher ou de parler. Quand je vous disais qu’il fallait qu’un blanc soit définitivement cramé pour se tourner vers le rap, je ne vous avais pas menti.

Necro et Ill Bill ; une mère absente, un oncle défoncé au crack et une passion prononcée pour le hardcore. Necro a d’ailleurs réussi le but ultime de tout rappeur blanc hardcore, c’est-à-dire faire un album en duo avec Kool G Rap (ancien proxénète reconverti dans le rap qui séquestrait ses gagneuses dans son sous-sol pour des séances de fellations interminables).

En bonus, le clip White Slavery où toute la famille est rassemblée (l’oncle, les deux frangins et leur petite amie de l’époque) :

Eminem ; naître pauvre à Detroit dans une roulotte et décider de ne pas faire de la techno.

3rd Bass ; la combinaison entre l’esprit d’entertainment juif (MC Serch), le fait de donner le rôle du DJ au seul noir du groupe (DJ Richie Rich) et un spécialiste de la langue anglaise qui trouve la parade à l’incapacité blanche à la danse en utilisant une canne (Pete Nice). Bien que ce groupe ne réponde à aucun critère d’obtention du statut de rappeur noir, ils sont pour moi le seul groupe de rap à avoir pu passer outre leur couleur de peau à la façon du groupe de soul/funk écossais des années 70, Average White Band (AWB), capable de chanter comme les Isley Brothers.

B. LA RELATION AVEC LES HANDICAPÉS

L’artiste se doit d’avoir des relations intimes avec ses fans qui lui sont dévoués, mais cela peut rapidement mal tourner. En effet, les premiers fans du rappeur blanc seront forcément des personnes handicapées physiquement et mentalement. Ces fans des premiers instants lui seront fidèles à vie, ils seront de tous les concerts, suivant leur idole comme des apôtres.

Je vois rapidement vos têtes blondes exaspérées et déconcertées par ces affirmations calomnieuses, nous nous devons donc de pousser l’analyse jusqu’au bout en apportant des preuves écrites et vidéo-ludiques.

Année 1995

Akhenaton (France/Marseille) dans le morceau « Je Ne Suis Pas A Plaindre »

Le leader des rappeurs blancs en France rend hommage à ce public très spécial dans le troisième morceau de son album « Métèque et Mat ». Montrant une fois de plus qu’il ne serait pas là où il est en ce moment (c’est-à-dire pouvoir enfin faire le design du nouveau maillot de l’Olympique de Marseille) sans ses fidèles supporters qui ne sont heureusement plus là pour voir la déchéance morbide de leur artiste préféré.

Année 2010

Sinik (France/Paris) dans le clip « La Cité des Anges »

Nous nous devions de parler de Sinik qui a lui aussi rendu hommage aux enfants handicapés, bloqués dans les hôpitaux français lors de la sortie de son album. On y voit le jeune Fayçal, 8 ans, apparemment très mal en point, demander à sa mère et son père d’appeler Sinik afin de lui remonter le moral (on ne rit pas bordel de merde) mais aussi pour demander à l’artiste pourquoi ses potes l’ont poussé dans les escaliers après qu’il leur ait dit qu’il était son rappeur préféré.

Année 2011

Machine Gun Kelly (États-Unis/Cleveland) dans le live « I will never forget the power of our music »

La vidéo ci-dessous devrait normalement activer votre filtre parental sur youtube, vu la violence visuelle et le dégoût qui vous sera transmis durant ces trois longues minutes.

Vous y verrez une personne handicapée qui sous l’impulsion de MGK va pouvoir se libérer de sa chaise roulante, marcher quelques pas pour ensuite avoir sa première relation sexuelle avec des filles du public.

Je finirai ce chapitre avec les derniers mots d’amour que nous transmet MGK sur sa relation avec les handicapés « A CULT », « A MOVEMENT », « THIS IS FAMILY », « NO ONE CAN TAKE THIS FROM US ».

C. LE RESPECT DES ANCIENS

Quand tu commences à faire du rap tu peux avoir tes propres influences, que tu pourras ensuite faire partager à ton public, quand tu seras connu et quand on viendra t’interviewer. Encore mieux les gens le déduiront d’eux-mêmes quand ils t’écouteront rapper.

Le problème avec le rappeur blanc est qu’il pense que citer les « piliers », les « anciens » lui donnera une crédibilité au sein de ses pairs, or ce n’est pas le cas. On peut encore citer MGK qui dans son single Wild Boy s’applique comme un bon élève à name dropper frénétiquement missy elliott, diddy et the clipse, pendant que Waka Flocka se bornera à expliquer qu’il est bourré et que tu dois désormais l’appeler Goku tout en suçant ses dragon balls : deux mondes se croisent, et ne se comprennent pas.

Il ne suffit malheureusement pas de parler de Rakim à tout bout de champ pour pouvoir obtenir une quelconque crédibilité, contrairement à une personne comme Alpha 5-20 qui peut simplement citer tous les rappeurs qu’il écoute à la fin d’un de ses morceaux pour que l’on te demande gentiment de jeter ton cadeau de noël contenant la discographie de Mac Miller.

D. L’APPARÂT

Les rappeurs sont des entertainers, il y a les habits, les bijoux, les tatouages, les accessoires, il va falloir trouver un moyen de se démarquer.

Le rappeur blanc part avec 10km de retard car tout ce qu’il pourra porter le rendra systématiquement ridicule. Le premier réflexe est le tatouage, il lui permet de couvrir sa peau blanche de dessins de couleur noire. Là encore cela le fera ressembler automatiquement à un biker, mais vu que le rappeur blanc a déjà le crâne rasé depuis longtemps il ressemblera plus à un néo-nazi qui aurait passé des moments inoubliables dans les bras du premier Vern Schillinger venu.

D’un autre côté, ce moment béni lui permettra d’allier l’utile à l’agréable, c’est-à-dire qu’il pourra remplacer son tatouage dragon qu’il arbore depuis bien trop longtemps sur son bras avec en lettre elfique le nom de sa mère et sa sœur pour le remplacer par une feuille de cannabis.

La New Era est bien évidemment à proscrire, ainsi que toute réalisation de la marque Air Jordan. Il ne te reste donc plus de choix, il te faut porter un masque d’anonymous et te taire à jamais.

E. LES TERMES INTERDITS

Tout le monde ne part pas avec les mêmes chances dans la vie, mais le comble pour l’homme blanc est de ne pas pouvoir utiliser tous les mots de son dictionnaire.

Vous allez me dire, « je ne vois vraiment pas de quoi tu parles » et tu auras bien raison, mais sache que pour le jeune rappeur blanc c’est un calvaire quotidien. Il est très facile de s’emporter, on peut lui trouver de multiples excuses, mais une fois qu’il sera à l’aise, pensant que cela n’allait jamais lui arriver, c’est là qu’il commet la bourde du débutant : prononcer le « N word ».

Évidemment cela ne va pas l’empêcher de continuer comme Billy le Kid devant la chatte d’une squaw, mais il va devoir dire au revoir à la rime facile, aux hymnes de dégénéré et c’est inévitablement à ce moment là qu’il deviendra un rappeur « technique » ce qui l’enfoncera encore plus dans la médiocrité.

Dans le rap français, le jeune aryen a d’autre choix, il va pouvoir utiliser des mots que personne ne comprend. Pour cela il va devoir venir de Marseille, mais nous n’en parlerons pas dans ce blog pour des raisons de pudeur.

Il peut aussi venir de Grigny, mais entre nous le seul blanc qui habite sur place est une petite fille blonde de 8 ans que tu as déjà aperçue dans le clip de « Requiem pour un Keuf » et probablement le maire de la ville. Toutefois, si vous me trouvez un blanc qui habite là-bas et qui ne fait pas partie d’un groupe de rap ou d’une opération d’infiltration policière, vous pouvez lui dire qu’il a clairement raté sa vie.

F. LA NATIONALITE POUR ALIBI

Une petite moustache, une voix rauque, une casquette baissée très bas, jouant avec les jeux de lumière, oui tu as bien reconnu le rappeur blanc sud-américain.

La partie non-extrémiste de notre être aura tendance à accorder un passe droit à ce specimen, rare mais présent comme un albinos, mais soyons sérieux il ne trompe personne. Certains se débrouillent mieux que la plupart des blancs, mais je sais ce qui te gêne, tu penses à ce grand humaniste qui fait la tournée des favelas avec ses bibles et ses vaccins.

FINALITÉ

Nous n’allons pas terminer ce sujet sur un message de paix du genre « cet article a été écrit par une équipe multiculturelle de croyances et de confessions diverses », non, nous allons clore cet affreux chapitre de l’histoire par une vidéo à la fois tragique et consternante.

Elle montre un extrait du film « WhiteBoys », où le héros du film face à sa glace se voit déjà en superstar noire du rap. Notons par la même occasion le miroir : un sacré truc de blanc un peu comme De Niro dans Taxi Driver (non nous ne parlerons pas de toi vilain Crochon).

Dans ce même film une scène est criante de vérité. Ce même personnage va dans un ghetto et croise Slick Rick et ses 50kg de chaîne en or, de rappeur vêtu il lui fait un signe de tête « what’s up », Rick le regarde de haut en bas et lui sort simplement « morning’ officer ». Merci à tous de votre attention.

HORS CATÉGORIE

Le rappeur blanc qui est noir

il s’agit de cette infime poignée de rappeurs blancs à qui personne n’a jamais osé dire qu’ils l’étaient (blancs). Souvent parce qu’ils sont vraiment très moches mais toujours très sympas, et surtout parce que cette information ne changerait absolument rien à leur vie, le meilleur exemple étant Paul Wall, et d’autres types par là-bas au fond.

Le rappeur noir qui est blanc

On arrive ici sur une curiosité de la nature qu’il est toujours amusant d’observer. Le rappeur noir qui est blanc commence comme un rappeur noir classique, mais est happé par un vortex créé par l’homme blanc dans le seul but de se l’approprier, généralement parce qu’on le trouve légèrement moins con que les autres, ou plus rarement car il est le seul au milieu d’un groupe de blancs (s’il porte des lunettes et un sac à dos, je te cache pas que c’est un plus). Cela commence très souvent avec les médias, puis ça continue avec le public, et tôt ou tard il faut reconnaître l’abominable vérité. Face à ça, le rappeur aura deux choix très simples.

option 1 : se fondre dans le moule qu’on lui a préfabriqué, ce qui ne veut pas dire se mettre à agir comme un vrai rappeur blanc, oh que non. il perdrait instantanément toutes les faveurs de son nouveau public si singulier qui l’aime avant tout pour sa différence et ses chants primitifs. Au contraire, il faut qu’il mette le paquet sur le côté hey-regardez-je-suis-moins-pire-que-les-autres-et-en-plus-je-sais-lire-les-mecs. Mais tout en sachant connaître ses limites : il est préférable d’appeler son album « à chaque frère » plutôt que « négritude », trop agressif. Et qu’est-ce qu’on déteste ? Les noirs agressifs, bingo Mamadou tu auras un pin’s au goûter.

option 2 : refuser, s’acharner, sortir un album concept centré sur son bled, faire un flop, feater Yannick Noah, revenir avec un album de rap conchiant mais pas trop, regarder amélie poulain, arrêter le rap, tenter une carrière dans le rock, faire un flop, revenir dans le rap, et ENFIN se décider à retourner à l’option 1.

Les batailles de blancs

comme toute minorité souhaitant s’imposer dans un milieu hostile, les rappeurs blancs se retrouvent souvent comparés, mis en compétition, et fatalement opposés, tels ces femmes enceintes à poil qui font du free fight dans certains films pour adultes (on ne juge pas). Comme chacun le sait, les blancs ne sont pas une communauté solidaire, car les blancs ne sont pas une communauté tout court. Les réactions des rappeurs vont donc du comique au pathétique, on peut citer cette interview de Yelawolf où il s’en prend à MGK (l’anorexique porté sur la sexualité des handicapés, souvenez-vous on en parle plus haut) sans que PERSONNE ne sache exactement d’où lui vient cette haine. Nous on sait. Il a flairé un rival, il lui a reniflé le cul, il a gratté le sol avec ses griffes en grognant. C’est comme quand tu fous deux chats dans une poubelle et que tu leur pisses dessus : ils peuvent pas t’atteindre mais ils peuvent s’entretuer. Ajoutons que le système américain permet l’émergence d’une superstar blanche du rap une fois par génération et une fois seulement, le reste de la masse pouvant juste espérer un jour de feater avec le boss. Sauf que comme beaucoup ont pu le constater, c’est pas parce qu’Eminem t’a tapé dans la main trois fois que tu vas être autre chose qu’un simple freestyle d’un soir.

En France le phénomène reste marginal, et heureusement parce que c’est ridicule à chaque fois. Et quand on dit « à chaque fois », ça concerne uniquement Orelsan. Ce brave petit normand était à peine sorti de son trou (au sens propre, les Caennais le savent très bien) que déjà Fuzati (me demande pas qui c’est, putain) hurlait au pompage, Seth Gueko lançait des piques subliminales en interview, Charly Greane sortait une rime de petit filou sur un feat, Kennedy faisait pareil mais 1 an après, Al K-pote le traitait de petit vicieux adepte de concurrence déloyale, bref rien que de très normal. Le mot d’ordre général est clair : IL NOUS VOLE NOT’ TRAVAIL.

Les plus observateurs d’entre vous noteront que plusieurs membres de cette coalition anti aurélien ne sont absolument pas blancs. C’est normal, c’est la Frince, et chacun tente de s’intégrer selon ses moyens.

Depuis, Al K a semble-t-il oublié jusqu’à l’existence de cette interview, Charly Greane s’est subitement rappelé qu’il était arabe et Seth appelle désormais orel affectueusement son « scriboulex de l’espace » (ou un truc comme ça). Quant à Kennedy et Fuzati, je crois que j’ai déjà oublié ce qu’ils foutaient là au départ. Happy Ending.

Dans un souci d’équité, finissons tout de même sur une note positive qui mettra du baume au cœur de tous ceux que cet article a pu offenser :

*avec la participation amicale et désintéressée de Spleenter, mais de toute façon tu sauras jamais qui a écrit quoi, t’es bien feinté.

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Interview des 3 Kaira (complet)

suite et fin bande de bâtards.

 

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Fête de la zizic

Je me suis dit que ce serait bien de partager avec vous ma fête de la musique du 21 juin dernier. Pour ceux que ça intéresse, c’est juste en-dessous.

20h : On arrive à la block party de Noir Fluo, au skate park à côté de Bercy.

(par la suite je n’ai pas spécialement fait gaffe à l’heure tout au long de cette trépidante soirée, les horaires précis seront donc remplacés systématiquement par ça :

.

Merci de votre compréhension.)

. Peu de trucs à dire, y’a à peu près tous les Noir Fluo au complet, du son, et bientôt arrive le moment que tout le monde attendait depuis le début : le barbeuk de merguez. Par une sorte d’enchaînement de circonstances, à un moment les mecs qui s’occupaient du grill se barrent et je me retrouve à m’en charger et à servir les gens en en bouffant au passage parce que c’est quand même pour ça que je suis là (« c’est toi qui as fait le barbecue ? – non, moi je suis là pour les merguez et je dépanne le temps que les autres reviennent – ah pardon. On t’a déjà dit que tu ressembles au fils de Yannick Noah ? », etc).

. Test dit rapidement quand je lui parle d’un feat avec Joe Lucazz (je fais souvent ça quand je m’emmerde) que « ça va se faire ». Express fait le morceau Express est back en live, des badauds s’agglutinent au dessus du skate park pour profiter du spectacle, d’autres plus jeunes balancent des pétards.

. Vexé de n’avoir eu aucune merguez, Teo décide de rentrer chez lui comme un prince pour se sustenter, probablement avec des princes de LU et du magret de canard.

. Ça se confirme, Waslo est déjà parti et le morceau « ma Volvo » sera donc joué en live mais sans lui, au grand désespoir de Kicket.

. Je rejoins Daphné croisée par hasard, elle est avec Hifi, Cassidy, et Ill (c’est un peu leur manageuse et je dis « un peu » uniquement pour qu’on m’emmerde pas avec les détails et les appellations). 1er choc : Ill a des cheveux blancs, et n’est donc pas immortel. Cass a des grosses lunettes de soleil (détail crucial pour la suite).

. « Ill n’imite pas Dieudonné, c’est Dieudonné qui lui a tout piqué » Hifi

. Daphné explique à Hifi le concept du blavog, il a du mal à imaginer ce que ça peut donner concrètement alors je lui parle du billet assez vieux sur Time Bomb et Pit Baccardi, ce qui lui fait dire avec un demi-sourire : « mais c’est dangereux les trucs comme ça ».

. on va au Rex où y’a « une soirée de Dabaaz ». Hasard total, on croise Melopheelo devant l’entrée, qui du coup vient aussi avec ses potes.

. Devant le Rex, moment de flottement où personne dit trop rien. Pris d’une impulsion de crétin, je dis à Cassidy que c’était très sympa de s’être prêté pour de vrai au jeu de l’interview parce que du coup c’était la 1ère qu’on avait publiée sur le blavog. Sa réponse est édifiante :

mais tu m’as pas interviewé.
– …
– …
ah pardon je t’ai confondu avec Cassidy
pas de problème.

Cet instant sera mon grand moment de solitude de la soirée et me traumatisera durablement. Je ne sais pas vraiment si Cassidy je l’ai perdu de vue, ou s’il n’a simplement jamais été présent ce soir là.

. Une bande de gars reconnaît Ill et il reste avec eux 10 bonnes minutes. En revenant il m’explique (non pas spécialement que c’est à moi qu’il voulait parler, seulement y’avait que moi) être complètement las de ce genre de choses. Et là c’est vraiment un truc sans doute difficile à intégrer quand t’es un gros fan mais Ill sort ce qu’on appellera désormais « le théorème Lino ». C’est à dire qu’évidemment c’est super flatteur d’avoir tous ces gens qui viennent le féliciter, mais qu’en gros ils lui parlent d’une période de sa vie qui est révolue et qui date de plus de dix ans maintenant, du coup c’est gentil mais sur la longueur c’est limite déprimant. Je lui cite la phase de Lino « bors refais nous quelques gouttes » et il dit c’est exactement ça. Si vous aussi vous êtes rappeur, ne claquez pas vos thunes chez un psy, appelez-moi.

. Ill et Clément d’Animalsons font connaissance, Clément lui rappelle qu’il a travaillé sur l’album de Booba période 45, ce que Ill semble ignorer totalement. #rapfrinçais

. On me présente ensuite à Clément, ce qui donnera lieu au dialogue suivant
T’as produit pour Guizmo récemment, et ce qui m’étonne c’est…
c’est que je produise pour lui.

je réalise subitement que je porte
a) un sac à dos
b) un bonnet
Clément a donc logiquement dû me prendre pour une sorte d’immonde chieur extrémiste le-rap-c’était-mieux-lavande probablement révolté à l’idée qu’il produise pour Guizmo. Je lui explique que je suis simplement surpris qu’il travaille avec un jeune rappeur émergent. Pragmatique, Clément détaille un peu le processus : il a produit des sons qui dans ce cas précis passent en rotation radio, donc les royalties sont au rdv, donc tout va bien. Je lui demande s’il connaît le blavog, mais non. Je lui explique le concept, il éclate de rire et parle d’un délire de lui et Jim Profit (autre producteur) à l’époque de la rime de Booba sur Makelele : « on avait imaginé un casting avec des types qui se font mesurer la queue pour pouvoir entrer dans le 92i ». Vraisemblablement il parle du texte le mâle aimé de Olivier Catin. Curieux de savoir ce que devient l’autre moitié d’Animalson (Marc) je lui demande de ses nouvelles.
il fait ses affaires
en Jamaïque ?
c’est possible.
Voilà. Tels les deux milf guys de la saga American Pie, le duo de producteurs semble avoir appris à ses dépens que « l’amitié est une route à deux trottoirs » (non, ça ne veut pas dire grand-chose mais dans le dernier film c’est rigolo).

. Un type arrive, remarque qu’il y a quand même beaucoup de rappeurs au mètre carré, et décide de, roulements de tambour, faire une photo. Je m’écarte illico, mais Clément, qui était définitivement très gentil, ou très fatigué, me rappelle en disant « ah bah si, le blavog, sur la photo ». Je commence à me dire que finalement, cette soirée pourrait s’avérer plus intéressante que regarder un film tout seul chez moi.

. Dans un moment où apparemment personne n’avait rien d’intéressant à dire, Daphné explique à Ill le concept du blavog (il faut se rendre à l’évidence, elle explique tout ça bien mieux que moi, probablement qu’on la prendra en manageuse quand on sera riches et célèbres). Ill dit qu’il voit à peu près le principe et que ça lui rappelle une fausse interview des X-men qu’on lui avait fait lire à une époque. Bah oui, c’est ça, c’était nous l’interview. La moitié des X me regarde, choqué et calmé, puis fait à peu près le meilleur compliment qu’on puisse entendre quand on tient un blog de merde avec des faux dialogues entre rappeurs français dedans :
« mais… c’est spécial, parce que d’un côté c’est complètement abusé et d’un côté c’est un peu moi quand même. Du coup je comprenais pas, ça m’a surpris, parce que comme tout le monde je me considère comme quelqu’un d’unique, et là je vois un double imaginaire qui me ressemble un peu. Mes potes disaient que c’était bien, ça nous mettait en valeur moi et Cass, mais moi j’étais surtout très surpris, ça me ressemble pas mal alors que vous aviez aucun moyen de me connaître »
L’anecdote sur la réaction de Joe et Cross qui ont d’abord pensé qu’un de leur pote voire leur ingé son avait écrit le billet So Parano lui fait taper une barre, et s’ensuit un échange où j’explique d’où vient sa caricature à lui, que c’était aussi par rapport à son rap mais aussi ses fans, le côté « jay-z frinçais » (là faut savoir que ça le choque absolument pas) et le paradoxe avec le fait qu’il n’ait concrètement toujours rien sorti. Bref un bon moment, qui se conclura par un exercice de style pas piqué des hannetons :
mais si là tout de suite tu devais écrire un truc sur moi tu ferais quoi ?
Tout de suite ?! Ouais mais non, faut…
ah si ! C’est comme moi, les gens ils sont là  »fais un freestyle, fais un freestyle », à ton tour
ok (petit moment de silence et effort de concentration, mon ki augmente sans doute ostensiblement.) alors tu vois je ferais…
putain, déjà ?! Mais tu blagues pas toi !
En fait je te mettrais dans un truc où t’es au milieu de nouveaux rappeurs, tous ceux qu’on appelle « la relève », ils seraient tous là à dire ouais t’es une inspiration, sauf que toi tu les traiterais plus ou moins comme des merdes, et ce serait ça le gag
– …
– …
pas mal.

. Quelques temps plus tard, vaguement désœuvré, je décide de m’activer, ce qui chez moi consiste à rester bloqué devant une fille debout sur un siège en train de donner toute sa vie dans un bootyshake de bonne facture. Je ne suis pas seul, un type encore plus déterminé que moi a sorti son portable ou son appareil photo et la filme carrément. Une fois qu’il estime avoir filmé suffisamment il se tourne vers moi et on se check en riant : c’était Ekoué.
ça va finir dans un clip, ça !
Hahaha. J’ai écouté le dernier lp…
Il tue !!
ensuite j’essaie de glaner des infos sur leur projet de film, mais soit je n’entends pas ses réponses soit je ne les retiens pas (toujours pro).

. Une semaine plus tard (oui, je fais aussi des bonds dans le temps dans cet article, sortez les lunettes 3d) je découvre qu’Ekoué ne rigolait pas du tout : on peut voir cette jeune demoiselle se déhancher dans le clip Un soir comme un autre.

. Ekoué tombe par hasard sur Ill, les deux font les pitres comme des gamins en se reconnaissant et se pincent la joue en éclatant de rire (NO HOMO).

. Moment wtf : à la sortie, une meuf bien belle semble un peu paumée, et un peu désireuse de se faire voir aussi, bref elle sait pas trop où elle va, elle fait deux pas en avant, trois en arrière, manque de se casser la gueule et du coup s’accroche vite fait aux épaules de Ill (en train de parler) avant de partir en disant oups pardon, sans que PERSONNE ne remarque rien
J’étais le seul témoin mais les faits sont là : Ill avait séduit une femme en étant de dos.

. Melopheelo lui aussi se barre de là, mais il a #unevoiture et confirmera sa réputation de mec extracool en nous raccompagnant. Je sais plus bien où on était censé aller parce qu’on a remarqué 2 minutes après qu’on avait faim et Melo nous a gentiment déposé à côté d’une crêperie.

. Dans la crêperie, où y’avait Trace tv sur un écran derrière moi (détail de la plus haute importance). Ill fait éclater de rire les deux cuistots en sortant des blagues d’entrée de jeu.

. le côté baby-sitter (ou manager, dans le rap c’est un peu la même chose) de Daphné se met en marche, attention ça va très vite :

ce serait bien que tu taffes avec Clément
ouais je lui ai bien parlé… par contre j’ai pas pris son numéro
je l’ai pris.
Cool.
Et demain c’est séance photo pour Snatch.
ok.

#managementfrinçais

. ill évoque booba période Time Bomb et parle d’un long trajet dans le métro, avec l’ourson qui le raccompagne jusqu’à chez lui. Problème : Gilles Boulanger ne comprend que très peu de choses quand Elie Yaffa lui parle, il n’est pas habitué à son style d’argot et reste assez sidéré par son vocabulaire. Fin de l’anecdote.

. En revenant sur ses collègues de Time Bomb, Ill reconnaît évidemment le sens de la punchline de Booba et admet avoir eu une petite pression la première fois qu’il a écouté les Lunatic. Idem pour Oxmo qu’il décrit comme ayant vraiment une intelligence dans l’écriture et un sens de la formule de dingue.

. Ill confirme qu’en plus d’avoir des vues sur Lunatic, Kenzy est venu proposer aux X, à l’époque, de signer chez Secteur Ä, sauf que les 2 rappeurs venaient de quitter Time Bomb « donc c’était pas pour signer derrière avec un mec de notre âge, il allait pas devenir notre daron tu vois« . Là tu déduis qu’entre ça et Booba qui prend un RTT carcéral imprévu, Kenzy a dû légèrement maudire les ex-Time Bomb. Et se contenter de Pit Baccardi, mais ça, cela ne nous regarde pas.

. Parce qu’un peu d’humour ne fait jamais de mal, je lui demande également s’il connaît pas par hasard un groupe nommé 1995.
« c’est un groupe ? ça me dit rien, pour moi c’est une date. » Merci à tous.

. Lors d’un moment de silence où tout le monde mange (parce qu’il est impoli de parler la bouche pleine bande de malpropres), Ill lève la tête, regarde la télé et lâche : « je le trouve vraiment bizarre le rebeu de leur groupe, là. Il a une tête étrange quand même. » Je me retourne : c’était un clip de la Sexion d’Assaut et il parlait de Maska.

. Ensuite arrive un clip de Pitbull : « mais vous avez vu la vidéo où il cogne le mec qui le faisait chier dans le public ? Moi je pense que ce gars là, il est pas latino du tout. Il est d’Europe de l’Est. Tu vois les mercenaires sans âmes qui viennent de ce genre de pays, bah c’est ça. »

. Quand j’explique ce que je fais pour gagner ma vie, Ill a une définition qui lui vient immédiatement à l’esprit : « en fait ton métier c’est de réfléchir à la prochaine quenelle que tu vas glisser, et comment tu vas la glisser aux gens ». Une bonne définition du journalisme ma foi. La preuve, tu viens de lire un truc à peine mieux rédigé qu’un journal intime d’adolescente américaine qui vient d’avoir ses 1ers ragnagnas mais t’es content quand même.

y’a aussi eu un moment où ça parlait d’un concert en Suisse ou je ne sais où et j’ai pas pu résister à la question qui tue :  mais pourquoi pas Paris ? « parce que je dois m’entraîner avant de me produire à la maison, pour être sûr que ce soit bon« . Et il a pas menti, puisque le 4 juillet dernier y’a eu ça :

mais nous on y était pas, on matait American Pie 4.

THAT’S ALL FOLKS.

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Les origines du mal(entendu) 2

attention ce n’est pas la suite du 1 (de ça). Non non non. C’est juste une excuse pour un nouveau super montage crétin.

voilà, merci à tous et n’hésitez pas à revenir si vous avez des questions.

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l’œil de Madizm

En août dernier (décidément ça n’arrête pas les amis), nous avons eu le plaisir, la chance et la gentillesse de divertir un vieux d’interviewer Madizm, un producteur qu’on ne présente plus, notamment parce que c’est chiant. Mais bon en gros il a fait des sons pour NTM, puis pour l’écurie IV my people, puis pour plein d’autres mecs jusqu’à présent. Pour des raisons qu’on ne peut que qualifier de honteuses, cette interview est assez délicate à retranscrire, on va donc la transformer en une nouvelle rubrique (décidément ça n’arrête pas les amis), sobrement intitulée l’œil de Madizm. Parce que maçonnique musique, illuminatis, complot, juif, etc.

« non mais Dany Dan je l’adore, c’est même un pote, donc y’a pas de mal. J’ai déjà été DJ pour les sages poètes une fois, c’était un plaisir vraiment. Mais déjà à l’époque y’avait un truc. C’est que, tu vois, y’a ce que nous on appelait  »les rimes interdites ». Je pense pas qu’on dit encore ça maintenant (ahahah, sacré vieux). Mais en gros y’a certaines rimes, certaines associations de mots, qui sont tellement cramées, soit parce qu’elles sont évidentes soit parce qu’elles sont vraiment stupides, et c’est des trucs que forcément tu dois pas faire. Sinon tout le monde va se foutre de ta gueule. Genre par exemple un truc style goldorak/anorak, bah c’est typiquement ça. Plus personne ne parle d’anorak depuis je sais pas combien d’années. C’est un mot qui existe mais qui est même plus courant, ça date d’une époque mais maintenant tu vas dire autre chose même si ça désigne le même truc. Bah à une période on se disait qu’un seul mec pouvait oser faire cette rime, et ce genre de rimes en général d’ailleurs, et ce mec c’est Dany Dan. Y’a des rimes, tu les entends, au début t’y crois pas tellement c’est… personne peut les faire à part lui. Et pareil, comme il a ce côté vraiment hiphop mais à fond, à l’ancienne tu vois, bah ça passe. Lui il peut encore te parler de wack mc dans ses lyrics, personne trouve ça ringard. C’est comme le truc « l’enfoiré le plus dingue de la planète », surtout quand tu le connais vraiment, c’est juste du pur gimmick, mais personne pensera jamais à dire « hé, mais c’est pas vrai en fait, t’es tranquille comme garçon ». Vu qu’il a une façon de le dire que les autres ont pas… Parce que c’est Dany Dan. »

Effectivement, jusqu’à aujourd’hui, on constate une sorte d’immunité lyricale assez unique autour du pape de Boulogne.
L’exemple le plus récent est cette rime dans Zaggin avec Nakk et Nubi. On peut très clairement entendre Daniel Lakoué dire avec emphase : «  j’veux des ouh ! des ah ! des oh ! des han ! / car j’arrive lourd comme Hannibal sur son éléphant ». Et le pire c’est qu’il le gueule vraiment comme la punchline du millénaire le bougre. N’importe qui d’autre ferait ça, tout le monde serait consterné. Mais là ça passe. Et ça fait longtemps que ça dure, on se rappelle du fameux « Dan est vraiment frais, appelle-moi Hollywood Menthe » qui, dans la bouche d’un Lino par exemple, déclencherait perplexité et inquiétude alors qu’au sein du couplet de Dan ça te fera sourire avec bienveillance. Ça marche même avec la mémoire du public, qui a oublié du jour au lendemain le feat pas glorieux avec Willy Denzey et le refrain « beuaarrgh » qui va avec.

On ne parlera pas non plus de ses innombrables rimes cracras, qui ne lui ont jamais valu d’image de gros macho. Non, il gardera toujours ce côté gentleman rappeur. Et c’est, entre autres, pour ça qu’on l’aime #nohomo
Pourquoi ça marche pour lui et pas pour d’autres ? Parce que Dan a un petit quelque chose en plus, qu’on appelle le bagout. Pour donner un ordre d’idée aux plus jeunes d’entre vous, le bagout est au swag ce que le foie gras est au pâté en croûte.

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