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Le mercato du rap : Pourquoi que Kaaris il a été drafté depuis AZ vers Def Jam Frince

PUTES !

PUTES !

Quand t’écris vaguement sur des sites de rap, y a toujours des mecs qui sortent de nulle part pour te poser des questions dont tu connais évidemment pas la réponse. Du coup, on m’a beaucoup demandé Pourquoi Kaaris a signé sur Def Jam. Et bien j’en sais rien, donc je vais inventer. Tout d’abord on va déjà expliquer comment K A Double Rotor a signé sur AZ l’an dernier. C’est parti pour un petit voyage dans le temps.
Générique !

(Super ce générique) L’histoire se déroule pendant l’été 2013, dans les locaux d’une maison de disque tenue par un homme avec une tronche de lopette qui fait exprès d’être mal coiffé et mal rasé. Comme tous les patrons de label rap de Frince, pour une raison qui échappe au bon sens. Un jour, un grand barbu frappe à la porte.

Creuzard –Euh… Bonjour monsieur…Vous désirez ?
Kaaris –Julien Creuvard ?
Creuzard –Euh, non… C’est Creuzard, moi.
Kaaris –Et bien ne creuse plus. T’iras pas plus bas, de toute façon. (Il entre dans les locaux sans y être invité et se met à tapoter les parois du corridor)
Creuzard (Paniqué)–Mais qu’est-ce que vous voulez, à la fin ?
Kaaris –Vous avez des rappeurs incontinents dans vos murs.
Creuzard –De quoi ?
Kaaris –Vous avez des rappeurs incontinents dans vos murs. Des vieux MCs qui devraient mettre des couches.
Creuzard –Et en quoi ça vous regarde, je vous prie ?
Kaaris –Il serait temps qu’ils s’arrêtent. Ça fait trop longtemps qu’ils laissent traîner la crasse de leur raie. Y en a partout. C’est des geysers de merde, les mecs.
Creuzard –C’est élégant, bravo…
Kaaris –Ou c’est comme des Petits Poucets de la crotte, pour les plus constipés d’entre eux, si tu préfères.
Creuzard –Mais je ne préfère rien du tout… Et je réitère ma question, en quoi ça vous regarde ?
Kaaris –Bah c’est là que j’interviens. Je choppe ces chieurs et je leur enfonce mon bouchon de liège dans leur trou du cul !
Creuzard –Et bien c’est très gentil à vous, mais je doute que nous ayons besoin de vos services et…
Kaaris –Ah ouais ?! Et Kool Shen il était pas signé chez vous par exemple ?
Creuzard –Non, alors écoutez, monsieur Shen, Kool de son prénom, a effectivement sorti son deuxième album solo chez nous mais il est de nouveau à la retraite. Et cette fois ci c’est définitif.
Kaaris –La première fois aussi c’était définitif.
Creuzard –Oui mais entretemps il avait tout perdu au poker alors il s’est refait de la seule façon qu’il connaisse : soutirer de l’argent à des collégiens. C’est aussi simple que ça.
Kaaris –Et qui dit qu’il va pas encore perdre tout son argent d’une manière ou d’une autre et revenir en mode super authentique trop trop vrai de la mort ?
Creuzard –Je pense qu’à ce niveau-là, passez-moi l’expression, mais il faudrait être très con ou n’avoir aucun respect du tout pour son public pour refaire le même coup 2 fois de suite.
Kaaris –Justement… Et sinon ça en est où sa reconversion dans le cinéma ?
Creuzard –Et bien, je… Oh mon Dieu.

Kaaris aperçoit alors quelqu’un qui passe au bout du couloir et se met à hurler « Là ! Il y en a un !! » il se précipite alors en courant vers le bout du couloir, puis poursuit l’ombre qu’il a cru apercevoir tout en beuglant « J’te pète comme un bouchon de liège ! J’te pète comme un bouchon de liège !! »

Kery James –Calme toi, mon frère. Que signifie ton agitation. On n’est pas condamné à beugler.  Surtout en présence du grand Kery James, le dernier MC.
Kaaris –Le dernier MC à qui il faut que je foute un bouchon dans le cul.
Kery James –Par contre, fais gaffe, j’aime pas trop qu’on m’emmerde dans les couloirs. Dès qu’on m’emmerde dans un couloir ça part en couille. J’entends une réaction de mauvais garçon …
Kaaris –COMME DIDDY !
Kery James –Bon OK, ça suffit. Je suis un mec pour la paix mais là on va se cogner.
Kaaris –Stocma comme Borck Lesnar. Stoppe-moi.
Kery James -Pourquoi faut-il toujours que je croise des malandrins dans les couloirs, Seigneur ?
Kaaris –C’est éprouvant.
Kery James –Ça doit être pour ça, en effet. Dieu nous éprouve Autant dans la souffrance que dans…
Kaaris –Non. C’est toi qui es éprouvant.
Kery James –M’appelle pas éprouvant. Eprouvant. Je suis pas Rasta éprou… Attends nan, ça veut rien dire, ça. Qu’est-ce que tu racontes en fait ?
Kaaris –T’es éprouvant parce que tu mets trop de mots dans tes phrases.
Kery James –Voilà autre chose… C’est sûr que vous, la nouvelle génération de rappeurs, vous faites carrément des phrases sans mots, maintenant.
Kaaris –Oh Click ?
Kery James –Ouais voilà…
Kaaris –Kaaris ! Kaaris !
Kery James –Ouais mais le grand esprit Hip Hop il m’a dit que le rap c’est aussi de dire des trucs, quand même.
Kaaris –Je vais lui ressusciter le cul, au grand mouvement Hip Hop, moi. Il peut déjà préparer ses couches.
Kery James –C’est une louable attention. Mais t’es vraiment obligé de mettre les mots « cul », « bite » ou je ne sais quoi dans chacune de tes phrases ?
Kaaris –Oh Click ! Sevran Sevran !
Kery James –Ah bah oui… C’est soit ça, soit pas de phrases du tout, c’est vrai… Et c’est moi qui suis éprouvant, après ?
Kaaris –Ouais. Et ta carrière aussi, elle est éprouvante. Tu t’en vas, tu reviens. Tu rentres et tu sors comme dans la chatte d’une vieille pute.
Kery James –On dit un moulin d’habitude, mais passons. Une vieille pute, c’est une belle allégorie du rap Frinçais.
Kaaris –Allez gorilles ?
Kery -De toute façon, mon album « Denier MC » c’est mon dernier album. Donc ton histoire de bouchon, c’est toi qui peux te la carrer au cul.
Kaaris –C’est ton combientième dernier album ?
Kery James –Et bien… Euh… 6… Attends, nan 7… Je retiens 2, je déduis la bissectrice et… Oh et puis qu’est-ce que ça peut te foutre ?
Kaaris –Tu dilues ton bordel. Tu perds de ton impact. Alors que tous les macaques visés qui jactent doivent être pulvérisés par l’impact.
Kery James –Développe, qu’on voit si je te suis.
Kaaris –Par exemple, ton clip Post Rectum, il est bien en soi, pas de problème.


Kery James –C’est Post Scriptum.
Kaaris –De quoi ?
Kery James –C’est Post Scriptum, pas Post Rectum, le nom de l’outro sur mon dernier album.
Kaaris Ah… Bon… Du coup c’est moins bien que ce que je pensais. Mais ça change pas ce que je voulais dire.
Kery James –Alors exprime toi le jeune. T’en as visiblement gros sur la patate.
Kaaris –Ton clip il est bien, il est très joli. Mais combien de fois on t’a vu faire tes adieux ? On a bien tiré la larmichette 1 ou 2 fois y a plus de 10 ans, mais depuis on y croit plus du tout. Et ça c’est dans le meilleur des cas. Le plus souvent, on s’en bat complètement les couilles, depuis le temps.
Kery James –Je tiens à dire au revoir à mon public proprement et je t’emmerde si t’es pas content.
Kaaris –Mais bordel ! Tu n’as fait que ça de toute ta carrière solo ! Depuis 15 ans tu dis au revoir. Tu fais tes petits albums tout propres, bien nettoyés aux entournures, pour partir sur la meilleure image. Et OK, c’est cool. Mais pas tous les 2 ans, putain ! Et c’est pas comme si c’était radicalement différent musicalement à chaque fois.
Kery James –Je vais pas faire des albums entiers de trap, non plus. T’es malade, toi. Et c’est normal que je travaille bien mes albums. Imagine que je revienne vraiment plus cette fois-là.
Kaaris –Honnêtement, depuis le temps, j’arrive pas à imaginer un truc pareil…
Kery James –Ouais, mais au moins, si j’ai plus envie de revenir, je sais que je suis parti sur un vrai album de fin. Qui dit au revoir, en synthétisant bien tous les thèmes que j’ai toujours abordés, comme ça je suis sûr de rien avoir oublié avant de partir, d’éteindre la lumière, de fermer et porte et de verrouiller la chevillette et la bobinette. Bien polie est l’attitude.
Kaaris –C’est ça le problème. Peut-être que ça te soulage, toi et ta petite conscience mais du coup tu t’es jamais autorisé à vraiment te lâcher. Tout tes albums disent  « au revoir et à jamais ». Y en a pas un seul qui soit bien sauvage comme du temps de Ideal J et qui disent « bonjour » pour une fois.
Kery james –Comment ça ?
Kaaris –Un album qui dise « Salut, je suis Kery James et ici on rappe comme ça » et t’envoies le pâté ! Kalash est chargé ! Kalash est chargé ! Cuisine du ke-cra ! Cuisine du ke-cra !
Kery James –Je vois ce que tu veux dire, mais le ke-cra, non merci. Je ne crois plus en l’illicite.
Kaaris –Tu bouffes ce que je te prépare !
Kery James –T’énerves pas, gamin. Et si c’est bel et bien le dernier album que je lègue à la postérité ? Il faut bien qu’il soit parfait ou le plus proche, possible, non ? Y a quoi de mal à ça ?
Kaaris –Je pense que ça te bride. Cette envie de bien faire absolument, se dresse entre ta musique et ce que tu pourrais extérioriser réellement. Et que beaucoup d’auditeurs auraient eu besoin d’entendre un album plus spontané venant de Kery James. Et probablement que toi aussi tu en aurais eu besoin…
Kery James –Bah je ne sais pas trop quoi répondre à ça… Oui, peut-être qu’il y a une part de vrai dans ce que tu dis et que…
Kaaris –En plus tes grands retours c’est toujours le même morceau et ça fait toujours dans les 7 minutes à chaque fois.
Kery James –Je reconnais que c’est un peu long, mais ça passe.
Kaaris –Non. Ma bite c’est un peu long mais ça passe. Mais ce que tu fais c’est juste chiant à force.
Kery James –Bon allez, fous moi le camp. Sale jeune.
Kaaris –Hum Humm !
Kery James –Mais un jour on règlera ça, toi et moi.
Kaaris –Hum Humm ?
Kery James –Je te mettrai une pile à Street Fighter 2.
Kaaris –Impossible, poto. Je suis le meilleur joueur de la Terre avec Guile.
Kery James –Mais ouais… C’est ça… Street Fighter 2 c’est mon jeu !

On retrouve la K Double Napalm assis sur les marches d’une des cages d’escaliers des couloirs de la maison de disque AZ. Booba est à quelques marches au-dessus de lui. Kaaris roule un bédo. Et Julien Creuzard assiste à la scène, médusé, se protégeant derrière un extincteur même si on ne comprend pas bien de quoi il se protège.

Booba –Voilà, t’as bien suivi mon exemple, faut que tu les tacles à la gorge toutes ces antiquités comme NTM, Solaar, IAM et les autres dont je me suis même pas rabaissé à retenir les blases.
Kaaris –Je veux savoir ce que ça fait de prendre leur place.
Booba –Ouais, voilà. Izi.
Kaaris –Je m’entraîne à sourire devant ma glace.
Booba –Ça par contre, ça sert à rien. Je souris jamais moi, en télé. Je méprise tous ces gens. Izer
Kaaris –T’es en rotation, t’es claqué, faudra m’expliquer.
Booba –Ouais, c’est vrai que tous ces enfoirés sont en rotations alors que nous… Attends… Moi aussi je suis en rotation. Hey ! Tu parles pas de moi quand même, j’espère.
Kaaris –J’n’ai aucune peine, j’te nique ta race.
Booba –Mais… Mais… Mais c’est pas gentil du tout ça.
Kaaris –Dans les veines, je n’ai que de la glace.
Booba –C’est moi qui t’es fait ! Je t’ai sorti de mon trou, je t’ai chié, pratiquement. Tu parles mal, alors que t’es mon petit.
Kaaris –Je veux que toute affiliation décède. Je suis le petit à personne.
Booba –Ah ouais ! Tu devrais lécher mes chaussures tous les jours pour me remercier de même te parler. Comme Kennedy et d’autres en leur temps. Même si ça m’agace prodigieusement et que je finis par les tej comme des biatchs. Les suceurs de queues, plus ils m’aiment, plus je les déteste, ces fans mythomanes ! Mais ceux qui me sucent pas du tout, ceux-là c’est les pires ! T’as pas la reconnaissance du ventre !
Kaaris –Je t’ai déjà prévenu, je ne reconnais que le ventre que j’ai quitté. Toi, la seule chose dont tu vas accoucher à parler comme ça c’est de ta propre fin.
Booba –Ah ouais ?
Kaaris –Ouais. Toi aussi t’as trop longtemps laissé traîner la crasse de ta raie ! Bouchon de liège dans le cul !

Booba –Ça suffit ! Creuvard !
Creuzard –Euh… C’est à moi que vous vous adressez ?
Booba –Ouais ouais ! Vire moi ce sauvage. Fous le dehors. C’est un ordre.
Creuzard –Mais ce n’est pas vous qui donnez les ordres ici.
Booba –Je te fais les yeux de la mort (Il enlève ses lunettes de soleil)
Creuzard –Naaaaan. Je vous en prie ne me regardez plus comme ça, c’est d’accord, je vais le virer. Je vais le virer d’AZ.
Booba –T’as j’veux dire.
Creuzard –Mais je sais pas encore comment je vais faire ça…
Booba –Izi. Moi je me débarrasse sans arrêt des boulets. Tu le revends, tu fais ce que t’en veux.
Creuzard –Vous feriez comment ?
Booba –Moi, je vais partager d’autres gens qui font du son comme à Chicago sur mon twitter. Des parfaits inconnus. Y aura énormément de déchets, mais y en a bien un dans le lot qui fera l’affaire. Ensuite tous ses assistés d’auditeurs comprendront enfin que le style de Chicago c’est pas que l’apanage de Kaaris. D’ailleurs mes abrutis de fans retiendront que les meilleurs et parleront jamais du fait que j’ai partagé des dizaines de mecs sans intérêt.
Creuzard –Non mais je voulais dire, que feriez vous à ma place ?
Booba –Justement, j’y suis pas à ta place. J’ai qu’uuuune viiiiiiiiiie ; et à ta place j’aurais tout fait pour être à la mienne. C’est pour ça que j’ai qu’à tweetter des mecs pour qu’il fasse du buzz alors que toi tu dois diriger tout un label pour essayer de faire aussi bien. J’arrête les carrières pour de vrai alors je peux bien en lancer, tant que c’est pas Sultan. Izi blague.

En fin de compte, Julien Creuzard, ou plutôt Julien Creuvard comme il aime qu’on l’appelle, n’osera pas non plus dire à Kaaris qu’il est viré. Il le transfèrera donc vers une autre maison de disque : Def Jam Frince.

Kaaris –Salut.
Lacrim –Salam.  De Marseille à Panam. On vit dans la hram.
Kaaris –Sevran ! Sevran !
Lacrim –On t’monte en l’air ! On t’monte en l’air !
Kaaris –Enfin un endroit où on peut avoir de vraies conversation. Ça se fait rare comme les orangs outangs.
Lacrim –C’est bien vrai. Ici c’était pas aussi bien y a pas si longtemps. Beaucoup d’inconnus et de vieilles gloires.
AKH -…
Lacrim –Enfin, je voulais pas non plus vexer qui que ce soit… On a du pirater mon compte instagram.
Akh –De quoi ? Jy comprinds pas ton lingage de jeune. Oh.
Kaaris –Ça recommence…
AKH –Vous lis jeunes, vous savez mêmeuh plus poser un nom sur un ligumeuh. Peuchère.
Kaaris –Ouais, ouais, l’ancien, tu connais aussi bien le rap que ta poche urinaire, on a compris.
Lacrim –Attends, parce que moi je suis un mec de Marseille aussi maintenant, techniquement, alors je respecte quand même un peu cet homme livide.
Kaaris –oh mais j’ai du respect pour IAM même si musicalement c’est devenu de la merde et que Therapy les encule 10 fois.
AKH –Attentiong garçong. Ty joues lis badeuh boyeus mais ung jour, le calibre que ty portes à la ceinture va te tirer dans les noix, peuchère.
Kaaris –Ou te rafaler dans les dents de sagesse. On sait jamais avec ça.  Mais ce que je voulais dire c’est que malgré le fait que vous vous soyez toujours habillés comme des postiers avec IAM, je suis quand même heureux de voir un mec issu du rap en tant que directeur artistique dans un gros label.
AKH –Mais oh dis donc couillong, vé té la pitchoun alors. Jy suis pas DA di tout. Je suis signé en tant que rappeur itou !
Kaaris –Quoi ?
AKH –Jy vais sortir mon nouveleu aleubum « Jy suis en vieuh »
Lacrim –« Je suis un vieux » ?
Kaaris –Alors je vais devoir T’ENFONCER MON BOUCHON DE LIEGE DANS TON TROU DU CUL !
AKH –Hé mé nan enfin dis là oh !
Lacrim –Mais il t’insulte, là, papy. Réponds un vrai truc, là !
AKH -Mais moi j’y rieng contre son style do rap. C’y bieing que ça ce soit diversifié. Li rap Frinçais est infin commeuh li rap inglais. Il y a mis 10 ans, mais ça y est.
Kaaris -La faute à qui si il a mis 10 ans, la momie ? C’est qui les gardiens du temple qui faisait chier dés qu’on faisait pas des sonorités strictement New Yorkaises alors qu’il y a du rap différent partout aux states ?
AKH -Bah oui mais I luv NY, moi, couillong…
Lacrim -Mais réponds lui en vrai ! Il t’a dit « momie ». C’est pas un compliment. Même pour toi. Rentre lui dedans. On a quand même pas fait tout ce chemin pour se rendre compte que monsieur Akhenaton est en fait une femme ?
AKH –De quoi ?
Lacrim –Ah non, pardon. On a trop repiraté mon compte instagram, là. Je voulais pas dire ça en fait.
Kaaris -…
AKH -…
Lacrim (On ne comprend pas bien à qui il parle) –Hé ! Toi là ! Le hackeur. Va faire des sous plutôt que de hacker des comptes instagram. C’est mieux, t’as vu. Ahah. Trop Kikou lool.
AKH –Bong, écoutez les minots : À tous ceux qui m’appellent « inculé » ji voulais dire…
Kaaris –Je m’en bats les couilles, enculé. VASECTOMIE !

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Comme le Wu-Tang, IAM va vendre un seul exemplaire de son nouvel album

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Le groupe IAM a, dans le plus grand secret, enregistré un album conçu comme une oeuvre d’art, produit et vendu à un seul exemplaire. Valeur potentielle : plusieurs dizaines d’euros.

Jean-Michel Jarre avait tenté le coup en 1983 avec Musique pour supermarché, Sylvain Chauveau en avait fait la spécialité de son label Onement, mais c’est le Wu-Tang Clan qui a inspiré IAM en créant la surprise avec Once upon a time in shaolin. Quelques mois après la sortie de leur dernier album, le groupe annonce ainsi avoir parallèlement et dans le plus grand secret enregistré un autre disque, intitulé Il était une fois une moustache, qui ne sera lui produit et édité qu’à un seul et unique exemplaire.
Nous allons bientôt vendre un album comme aucun de ces crétins ne l’a fait avant”, explique AKH à Valeurs Actuelles. “Nous allons publier une oeuvre d’art comme personne avant nous, dans l’histoire de la musique moderne, ne l’a fait. Nous créons un collector-édition-deluxe-super-bonus-de-la-mort-qui-tue qui ne sera vendu qu’une fois. Ce sera comme posséder le godemiché de Cléopâtre, et croyez-moi ça vaut le coup”L’objet lui-même adopte effectivement la forme d’un véritable et luxueux trésor, emballage de Twix géant en papier doré qui comporte plusieurs surprises et raretés « dont des cheveux de Shurik’n, Akhenaton et Kheops » assure l’équipe.

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Entre une interprétation libre de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique de Walter Benjamin et la volonté, comme Radiohead, Prince ou Patrick Bosso qu’ils citent également, de concevoir un autre modèle pour l’industrie de la musique, AKH et Kephren, à l’initiative de Il était une fois une moustache, précisent leur pensée sans modestie sur le site officiel du projet. ”L’histoire démontre que les grands musiciens comme Sébastien Patoche, Mozart et René la taupe sont considérés avec la même estime que des artistes comme Picasso, Les Chevaliers du fiel et Jean-Paul Gaultier. Néanmoins, on ne donne pas aux créations contemporaines de musiciens comme AKH, Kanye West ou Dr. Dre la même valeur qu’à celles d’Andy Warhol, Damien Hirst ou Jean-Michel Basquiat. Perso je sais pas qui sont ces gens mais je trouvais ça classe de les citer dans la même phrase.
Mais derrière ce qui peut être pris comme une opération promo, se cache un ras-le-bol général ainsi qu’une réelle volonté de bousculer l’ordre établi :
« L’idée que la musique est un art culinaire est une chose que nous défendons depuis des années. Et pourtant elle ne reçoit pas le même traitement que la bouffe d’un point de vue financier, en particulier où, de nos jours, la musique a été dévaluée au point même qu’on la donne gratuitement. Et ça c’est révoltant. Mes fringues sur-mesure vont pas se payer toutes seules, faut quand même que le public le comprenne. Moi j’en suis réduit à signer chez Def Jam Frince, si ça se trouve ces enculés vont me forcer à faire un feat avec Joke, et je pourrais pas dire non, parce que comme disait le grand-père imaginaire de Shurik’n : dans ma famille ung frinc c’était ung frinc gagné dureuhment, alors si toi tu peux être payé à rieng branler, fonce » Un cri du cœur salutaire en ces périodes de trouble. « Soyons sérieux, ajoute Kheops, en 2014 le fan d’IAM lambda est un boulet comme on n’en fait plus. Il ne comprend pas le monde qui l’entoure et a du mal à se repérer au niveau de la musique d’aujourd’hui. Notre album Arts Martiens a cartonné, on s’est dit qu’on allait sortir un nouveau lp dans la foulée. Et évidemment ces abrutis finis à la pisse n’ont rien compris, ils ont été bien moins nombreux à acheter le dernier, juste parce qu’ils sont pas habitués à un rythme de sortie soutenu. Donc on s’est dit ok les segpas, on va s’adapter à vous. Des choses simples pour des gens simples. »

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Non pas double, ni triple mais bel et bien « double-décuple-album » (format jusqu’à ce jour inédit), Il était une fois une moustache a été enregistré par le groupe au complet sur une période de 60 ans et sera constitué de 361 morceaux, sur lesquels devraient notamment apparaître des collaborations avec El Matador ou L’Algérino ainsi que celle, plus étonnante, de joueurs de l’OM. L’idée de départ est venue de Kephren : « on va pas se mentir, même moi j’ai aucune idée de ce qu’est réellement ma fonction dans ce groupe depuis que je suis trop gros pour danser, confie l’intéressé. Alors quand j’ai vu le truc de RZA je me suis dit banco, vas-y mon con ça payera ta retraite« .
Mais s’il ne sera disponible nulle part ailleurs qu’en lui-même, et s’il constitue sans doute autant une tentative artistique qu’un gros coup financier, l’album ne sera pas pour autant inécoutable par le commun des mortels : avant son éventuelle cession à un riche collectionneur ou une institution fortunée (enthousiaste, Valeurs Actuelles compare déjà l’œuvre à un graffiti dans des toilettes publiques, n’hésitant pas à lui allouer d’emblée une valeur de plusieurs dizaines d’euros), le disque et son “contenant” dispendieux feront le tour du monde des bal musettes, kermesses ou goûters d’anniversaire, où les fans pourront payer pour en entendre la musique.
Cependant il faut faire vite : les offres alléchantes se multiplient, on parlerait dernièrement d’un auditeur richissime qui a fait grimper les enchères à 5 euros, « et je rajoute une boîte de granolas parce que je suis vraiment fan« . Il ne reste à présent qu’une soixantaine de jours pour que le kickstarter des fans moins fortunés dépasse cette somme. Autant dire que c’est pas gagné.

ce n'est pas sexuel

ce n’est pas sexuel

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FLYNT – Interview Rétrographie

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1. J’ai l’impression qu’il y a un petit côté « best-of » dans cette mixtape. Est-ce que c’est quelque chose de voulu ? Qu’est ce qui t’a motivé à sortir Retrographie ?

Oui c’est voulu puisqu’il n’y a pas de titres inédits crées pour l’occasion. Rétrographie c’est la contraction de Rétrospective et de Discographie, c’est une compilation de tracks et de couplets rares ou moins rares apparus à droite à gauche depuis 1998 et de quelques titres phares extraits de mes 2 albums. Un des points forts de Rétrographie c’est que tout est enchaîné et mixé comme si c’était un mix radio ou comme ce que l’on pouvait trouver en K7 il y a quelques années. Ce qui m’a poussé à sortir Rétrographie c’est l’envie de sortir un nouveau disque, de réunir des titres éparpillés sur un même support et d’avoir une actualité pour remettre un peu de lumière sur Itinéraire bis et pour aller chercher de nouvelles dates de concerts notamment. Après plus de 15 ans de rap et 2 albums il m’a semblé que c’était le bon moment pour le faire.

2. Tu as utilisé pas mal de scratchs en conclusion des morceaux. Ca se fait plus du tout en 2013, c’est pour donner une couleur « à l’ancienne » ? Pareil pour la cover, avec les polices d’écriture un peu old school ?

Je n’ai pas voulu donner de couleur à l’ancienne en particulier, c’est juste que mettre des titres bout-à-bout ne me semblait pas avoir grand intérêt. Là c’est un mix original et inédit, c’est vivant, il y a des versions des titres qu’on ne trouve nulle part ailleurs. C’est une véritable valeur ajoutée et c’est bien plus agréable à écouter comme ça.

3. Pourquoi avoir remixé « Haut la main » ou « 1 pour la plume » ? Je trouve ça intéressant, parce que c’étaient des morceaux très énergiques, qui du coup changent complètement de rythme et de couleur musicale.

Parce que ce sont les premiers extraits de mes albums. Ce sont les morceaux que j’avais choisi pour être des locomotives. 1 pour la plume pour annoncer J’éclaire ma ville et Haut la main pour lancer Itinéraire bis. C’était plus intéressant de proposer des versions nouvelles. J’ai toujours laissé la porte ouverte aux remixs en rendant disponibles certains acapellas. Il y a eu des dizaines de remix de 1 pour la plume par exemple car j’avais sorti le titre en maxi à l’époque. C’est assez difficile de réussir un remix, les deux remixs présents sur Rétrographie sont très réussis je trouve.

4. Y’a-t-il eu d’autres remixs que tu n’as finalement pas gardé dans le tracklisting final ?

Oui un paquet !

5. DJ Safe et Nodey ont fait un gros boulot de dépoussiérage de tes vieux sons. Tu leur as donné des indications ou tu les as laissé opérer seuls ? Pareil pour le choix de la tracklist, tu l’as fait seul, ou en collaboration avec tes DJ ?

C’est DJ Safe qui a tout dépoussiéré et enchaîné et c’est Reptile qui a fait les mises à niveau, on a fait plus ou moins la sélection ensemble avec Safe mais il avait carte blanche, il a fait sa sélection en fonction de la pertinence des enchaînements, de la musicalité et des thèmes abordés. Au fur et à mesure qu’il avançait il me demandait certains acapella, certains instrus… Ca a pris du temps pour tout boucler et pour qu’on soit content du résultat. Ca fait 1 an qu’on est dessus, bon on n’a pas bossé dessus tous les jours hein, on bossait à distance car il habite au Havre, c’est pas du tout évident à distance. DJ Blaiz’, mon DJ sur scène, nous a beaucoup aidé aussi, quant à Nodey il a fait l’intro uniquement, mais quelle intro ! Il y a beaucoup de couplets qui ont été laissé sur le côté parce que musicalement ou pour d’autres raisons ça ne rentrait pas dans l’ensemble. Il a fallu se séparer de certains couplets et c’était pas forcément facile de prendre ces décisions. C’est un travail collaboratif dans tous les cas.

tennis de table chine

6. Tu fais encore une fois appel à Nodey … Est-ce parce qu’en tant qu’asiatique, il est champion de ping-pong, une qualité non-négligeable dans le rap jeu en 2013 ?

On a fait une vidéo où on joue au ping-pong lui et moi, on voulait la sortir pour promotionner la mixtape mais il y a eu une autre vidéo sur le thème du ping-pong qui est sortie juste quand on allait la balancer donc on a dû changer nos plans.. Dégoûtés mais pas vaincus, on planche sur une vidéo où on nous voit jouer aux cartes là.

7. Un de tes fans m’a dit « quand tu as suivi Flynt depuis le début, cette mixtape n’a aucun intérêt ». Qu’est ce que tu peux lui répondre ?

D’abord je lui demanderais si il l’a écoutée… Et puis je le remercierai de me suivre depuis le début mais non, je ne suis pas d’accord avec lui et d’après les retours que j’ai eu d’auditeurs qui me suivent et qui ont écouté la mixtape, ils l’ont tous aimée parce que c’est bien réalisé, parce que tout est réuni sur un même support et parce que même ceux qui me suivent depuis des années ne connaissaient pas tous les couplets ou tous les titres. Je lui répondrais donc que je suis totalement en désaccord avec lui.

8. Tu as mis le live de J’éclaire ma ville. D’après ce que tu avais dit en interview, c’est un live qui t’avait particulièrement marqué, et on comprend que tu aies voulu qu’il apparaisse sur cette mixtape. Est-ce que tu n’as pas eu peur que la qualité sonore de l’enregistrement ne rebute certains ? Pourquoi ne pas avoir inséré plus de morceaux live ?

C’est un extrait du concert au New Morning à Paris en fait, enregistré en février 2012. Ce moment du concert était très fort. Toute la salle qui backe le couplet, et à la fin du couplet le public en transe se met spontanément à scander et à chanter « Ici c’est Paris, Paris c’est nous, Paris c’est nous… » tous en chœur. C’était beau. Là où je n’ai pas eu de chance c’est que l’enregistrement audio de ce concert a complétement foiré, inutilisable ! Du coup on a extrait le son caméra pour récupérer un bout un peu audible de ce concert. La qualité n’est pas top mais ça ne me dérange pas ça fait partie du truc, le son est crade et ça rend le moment encore plus authentique. A la base je voulais mettre beaucoup plus de passages de live mais l’enregistrement ayant foiré… J’ai mis ce passage à la fin parce que le live est important dans mon parcours et c’est un gros big up au public aussi. La plus belle récompense pour mes textes c’est d’aller sur scène, c’est ce que j’ai voulu signifier en mettant ce passage de live mythique à mes yeux pour conclure la mixtape.

9. Quels sont tes prochains projets ? Les retours (que j’estime positifs dans l’ensemble) sur Itinéraire Bis t’encouragent-ils à envisager un troisième album ?

Mes principaux projets sont des projets familiaux et professionnels actuellement. Côté musique, je dois écrire pour l’album de mon pote Nodey et pour la compilation de mon pote DJ Blaiz’ « Appelle moi MC 2 » notamment. J’ai un peu de mal à me remettre à écrire là. J’ai fait un track avec Lil Dap, PMD et AKH qui doit sortir sur la compilation du beatmaker Crown début février. Quant au 3ème album, j’ai hâte, ce que je vis avec Itinéraire bis depuis plus d’un an c’est génial. On a fait plus de 30 dates avec Blaiz’ et Nasme, on a joué au Bataclan, à l’Olympia, j’ai chanté au Zénith de Caen, on a fait des gros concerts à Lyon, à Brest, à Nantes, à Bruxelles, à Angers et j’en passe. Je récolte les fruits de mon travail, à mon niveau je profite de ce que la musique a de mieux à apporter alors forcément le 3ème album, j’en ai très envie. Itinéraire bis m’a fait beaucoup de bien, c’est pour moi le meilleur de mes 2 albums, j’espère faire encore mieux au prochain.

10. « C’est le rap de celui qui a dit non et va te faire enculer » est-ce que cette phase est celle qui résume le mieux ton style pour toi ? Et peux tu la développer ? Non à quoi ? Et qui doit se faire enculer ? Et pour quel motif ?

Non ce n’est pas la phrase qui résume le mieux mon style. Celle qui résume assez bien mon style c’est 1 pour la plume ex-aequo avec le gros son. Ce non, c’est le non au rap fast food et aux guignoleries du rap game, non à la soumission aux majors et au diktat de quelques radios, non à la réussite à tout prix. La phrase à laquelle tu fais référence je l’ai écrit il y a 5 ans pour un titre avec Le Rat Luciano et Gino qui n’est jamais sorti.

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11. Je pense aussi que « Moi je rap comme ce que j’aurais dit » te correspond bien. Tu penses que s’inventer un personnage est un piège trop fréquent dans le rap ?

Aujourd’hui je m’en tape de qui s’invente une vie ou non. Je pense quand même que c’est dangereux de s’inventer une vie dans le rap et de se créer un personnage que tu n’es pas réellement dans la vraie vie. Certains semblent prisonniers de leur image effectivement. Mais je vais te dire, même quand tu ne joues pas un personnage et que tu rappes qui tu es, tu peux te retrouver prisonnier de cette image aussi.

12. « Ma plume ferait du fric en faisant rimer là où j’habite avec ma bite » Tu n’as jamais été tenté de faire des mille et des cent avec ta musique ou bien tu y as renoncé avec le temps vu ton rap ?

Ca n’a jamais été ma motivation première. Et c’est vrai qu’avec le style de rap que j’ai, la gamberge que j’ai et la façon dont je suis organisé, c’est plus compliqué. Vu aussi les médias qu’on a en France et ce qui plaît au public et vu que je n’ai pas une major, un éditeur ou un label qui bosse derrière pour pousser mes titres au max… Par contre je n’ai aucun complexe à faire de l’argent avec mon rap, j’en fais et c’est bien normal, j’aimerais en faire plus même. Mes disques je les vends, mes concerts et mes t-shirts aussi donc il n’y a pas de renoncement, on bosse, on s’organise pour faire plaisir à ceux qui nous suivent et pour gagner de l’argent et ce par nos propres moyens. Il y a de l’argent pour tous dans la musique, il faut bosser et s’organiser comme partout. Il faut trouver son public c’est ça le plus important.

13. Sur ce projet, il y a des morceaux que tu aurais voulu mettre aussi mais que tu n’as pas mis pour certaines raisons ? si oui, lesquels ?

Je n’ai pas mis la majorité de mes premiers couplets apparus sur K7 à la fin des années 90 et début 2000, ça ne collait pas avec l’ensemble. Ca faisait pourtant partie du projet au départ, j’aurais voulu les mettre pour montrer l’évolution de mon rap et parce qu’ils font partie de ma discographie mais ils étaient compliqués à enchaîner avec les reste des tracks, du coup j’ai abandonné l’idée, ça fait une bonne vingtaine d’anciens couplets qui n’y figurent pas.

14. À l’inverse, y a-t-il des morceaux dont on reparle beaucoup dont toi tu n’es pas satisfait ?

Je ne suis pas fan de mon couplet sur le morceau Compte à rebours, que j’ai fait avec Ekoué, je ne l’ai jamais beaucoup aimé ce couplet, je le trouve plutôt faible. Sinon j’aime tous les couplets qui sont dans Rétrographie et dans mes albums.

15. Sur ce projet, on peut réentendre des vieux freestyles issus de mixtape (comme Splifflife, par exemple). C’est devenu plus rare de t’entendre sur ce genre d’exercice plus spontané (même si on t’a entendu sur Marche Arrière, dernièrement). Comment l’expliques tu ? Perfectionnisme ? Ou le fait qu’il y ait moins de mixtapes/ compilations de qualité qu’avant dans le rap ?

C’est une question de temps, on me propose beaucoup de projets et moi je suis le moins productif de France donc forcément ça coince. Pour le temps que je passe à faire du rap, je privilégie la création de mes albums, préparer mes concerts et faire des concerts. Tout ça ça prend du temps. Combien de mecs tu pourrais citer qui ont fait beaucoup de mixtapes et compilations et qui ne font presque jamais de concerts et qui n’ont pas d’albums ? Y en a plein. Moi si j’avais accepté tous les projets qu’on me proposait, j’aurais jamais sorti 2 albums. On parlait d’argent et de plaisir tout à l’heure, c’est avec un album que tu prends des sous et que tu te fais vraiment plaisir dans mon cas, pas sur les compilations ou les projets des autres à quelques exceptions près si tu poses sur l’album d’un mec qui vends des dizaines de milliers de disques. Pourtant je ne néglige pas les propositions qu’on me fait ni ceux qui me les font, c’est juste impossible de tout faire, c’est pas une question d’argent c’est une question de temps et de priorités. J’aimerais pouvoir croiser le mic avec d’autres MC’s plus souvent mais bon, j’ai déjà beaucoup de travail et c’est dur de m’en rajouter.

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16. Il y a 2 choses assez récurrentes qui s’opposent souvent dans tes textes tout en restant très cohérent : l’envie de voyager, de connaître une autre vie mais aussi le fait d’être très attaché à Paris et à ton contexte. Comment perçois-tu cette dualité ?

Voyager ça fait partie de ce que la vie offre de plus plaisant. Quand tu voyages tu te sens vivre. Et quand tu voyages ta ville te manque forcément, tes proches, ton train-train, ton quotidien. Pour moi ça ne s’oppose pas, ça se complète, j’ai besoin des 2 dans ma vie, les voyages et mes racines.

17. « Je ne suis pas bon qu’à pera, mais je suis là car je pense que le bon son manque dans mon pays, comme le Rat » ? le Rat Luciano est-il une de tes références ? As tu tout simplement des références en France ?

Oui le Rat et la FF, je les écoutais beaucoup quand j’étais plus jeune. Des références j’en ai beaucoup, mais pas toutes pour les mêmes raisons. Il y a des MC que je respecte pour leurs couplets, leur parcours et/ou leur vision, leur concept, et d’autres qui sont des références négatives. Ca dépend ce que tu entends par « références ». Dans un couplet je dis : « On m’demande quel est l’style que j’aime j’ai des références par centaine, dans l’authentique ou le clownesque, le rap faible ou le terrible, le réfléchi, l’immature, le mythomane, le crédible, celui qui pète le score ou pas plus haut qu’une naine, je puise dans toutes les disciplines de la culture urbaine… » Si ta question est de savoir qui j’aime bien écouter, je te répondrais spontanément Sidi O, Mac Tyer, Casey, Joe Lucazz, Orelsan, Nasme, Dino, C.Sen, Mapaula… Parmi les MC’s que j’ai découvert plus récemment j’aime bien S.Pri Noir et Volts Face. Bon j’en oublie, j’aime pas trop répondre à ce type de question parce que j’en oublie forcément.

18. Tu sembles beaucoup fonctionner à l’humain : tu collabores souvent avec les mêmes artistes qui reviennent (Nasme, Sidi Omar, etc…). Dernièrement on t’as entendu avec Orelsan. D’autres collaborations sont elles à prévoir ?

Oui mais à part le track avec AKH sur la compilation dont je parlais tout à l’heure parce qu’il va sortir et qu’il est enregistré, je préfère ne pas en parler parce que rien n’est fait encore sur les compilations de Blaiz’ et Nodey, on cherche toujours la direction du truc. A part ça je n’ai pas beaucoup d’autres projets à part attaquer un 3ème album puisque j’évite de m’engager dans des collaborations alors que je sais que je ne pourrai pas suivre par manque de temps.

19. « Sur mon album, moi j’aurais bien invité Nelson Mandela ? » Tu penses qu’il a un bon flow, Nelson ? Pourrait on dire qu’il fait du Dirty South Africa ? (ça c’est de la question)

Haha t’es con !

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20. « Si t’as pas de bons conseils, garde les, j’ai pas besoin d’eux. La raison est mon maître et je me domine du haut de mon mètre 82 » Beaucoup de gens t’ont donné de mauvais conseils dans ta carrière ? (C’était aussi pour le plaisir de ressortir cette phase que j’aime beaucoup)

J’me souviens pas des mauvais conseils. Et peut-être qu’on m’en a donné des bons que je n’ai pas suivi.

Super Bonus. La question raciste de Spleenter : Que penses tu du retour merdique d’Eminem ?

Eminem, je ne le suis plus depuis quelques années. J’ai lâché. Niveau instrus, je m’y retrouve pas aujourd’hui. On m’avait filé des places pour son concert au Stade de France et j’y suis allé. J’ai été plutôt déçu. Les concerts dans les stades je suis pas fan déjà mais j’ai trouvé qu’au-delà de sa performance qui reste celle d’un MC hors-norme, son filage, son intro, son rappel, sa sortie, certains choix… tout ça m’a laissé perplexe. Je n’ai ressenti ni magie, ni frisson. C’est pas bien c’que j’vais dire mais j’préférais son rap quand il se droguait et quand ça partait en couille dans sa vie.

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Un sapin, des cadeaux, de la neige et du couscous (2)


pour la première partie c’est là-bas derrière.
Le Foulala (et Aelpeacha) – MDR (à écouter rien que pour « c’est 1 pour ma cadillac, 2 pour mon cognac, 3,4 pour tous les acteurs qui ont joué dans le film Mars Attacks)
Roro – The Famous Issaguen Road
Starlito – Funeral & Court Dates
Mike Will Made It – Est. In 1989 2.5

si vous avez bien maté la dernière partie de l’interview des Kaira vous avez dû voir que ça se termine sur un truc en suspens assez incompréhensible. Était-ce un clash de Frank Gastambide contre Thomas N’Gijol ? non, c’était juste ça :

ça c’est un son de Niro quand il était encore tout jeune et Jeff Le Nerf quand il était encore écoutable

et maintenant des freefree qui datent (un peu)











il est à noter que j’aurais pu mettre également le long freestyle 361 records pour la nuit cut killer mais en le survolant un peu j’ai constaté que
1) ces champions ont ramené l’algérino ET soprano
2) akh hurle « le monde est une abscisse » à un moment
donc à la place ce sera le long freestyle de la Scred avec leurs amis Flynt & Zone Sensible où vous pourrez entendre Willy le barge (ou son pote) gueuler « je mérite ma gloire, pas comme ce fils de pute de Magloire » (ou un truc comme ça). Ça me semble plus instructif.

alors là attention grosse exclu, puisque vous pourrez voir à l’œil nu LES CHEVEUX D’AL K-POTE, qui commençait à développer son gimmick consistant à meubler les silences par des insultes pendant les freestyles. good times.

et comme on a appris récemment que selon Mac Kregor il n’y aura plus d’album du groupe Tandem, le blavog leur rend hommage à sa façon, en se remémorant ce moment inoubliable :

un joyeux Kwanza à tous et à toutes.

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Un sapin, des cadeaux, de la neige et du couscous (1)

JOE LUCAZZ – Rencontre avec JO€ : http://depositfiles.com/files/aycruioz9

pour lire (et entendre des bouts de) « l’interview » (guillemets de rigueur) qu’on avait faite du monsieur c’est là, puis et après . Bref Joe, il y a peu de chance que tu lises ça mais bon courage quand même.

Lalcko – les diamants sont éternels
Moms – dactylopathe
Sazamyzy – mix à l’ancienne (2000-2006)
Seno – Nouveau Jésus
Riff Raff – Hologram Panda
King Louie – Drilluminati
The Game – Sunday Service Compilation
Gucci Mane – Trap God

et ça c’est un court dessin animé spécial Noël par les mecs de Lil Hop, qui bossent depuis pour Trae, et si tu demandes qui c’est t’es une sacrée tache.

et maintenant, des freestyles qu’on a retrouvés, non pas qu’ils soient spécialement rares ou collectors, simplement personne d’autre les a cherchés. Sauf qu’en fait le temps de les foutre sur youtube on sera déjà le 26, donc ce sera pour la partie 2, en attendant vous aurez quand même ceux-là :






ensuite un court-métrage très rigolo avec à un moment un mec violé par son sapin de Noël (entre autres). Ca date pas d’hier mais si tu connais pas bah c’est que t’es un enculé.

et ça ça rappelle des souvenirs

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The Roots

Il repart alors que tout le monde l’acclame, il revient quand personne n’en veut : vous l’aurez compris, il était plus que temps d’accueillir une nouvelle intervention de notre collègue helvétique, j’ai nommé Big Paul Castellano*

Autrement dit les racines, ici je ne vous parlerai pas de Kunta Kinté ainsi que des nombreuses générations qui suivirent la naissance de cet enfant ordinaire né sous un ciel étoilé.

Non, nous parlerons du but de ce parcours semé d’embûches, d’Afrique aux Amériques, qui aura couté la vie à des millions d’êtres humains. La solution finale, le plan ultime de l’homme blanc, la volonté inébranlable du dépassement de ses propres limites afin de détrôner l’homme noir dans les deux seuls domaines où il se sent en supériorité. J’ai nommé le sport et la chanson (la danse étant pour les homosexuels et le blavog étant un site homophobe, nous n’en parlerons pas).

Même si certains artistes (Elvis Presley : chanteur) ou sportifs (Larry Bird : basketteur) qui, ne nous le cachons pas, ont du sang noir, arrivent à égaler voire surpasser les leaders du secteur, l’homme blanc n’a toujours pas trouvé de solution à ce problème majeur.

Je pourrais faire une liste des différents sous domaines dans lesquels nous excellons (en gros tous les autres) mais concentrons nous sur la chanson, plus particulièrement le rap. Depuis 1970 nous n’avons jamais eu de titre, malgré les nombreux efforts entrepris c’est le statu quo et pas Stat Quo le rappeur noir je te vois venir petit malin.

En voici les raisons principales.

A. LE VÉCU

Pour faire du rap, il faut tout d’abord avoir quelque chose à dire, que ce soit de simples cris ou des textes à rimes plus ou moins engagées sur un sujet plus ou moins précis.

Même si aujourd’hui cela ne veut plus rien dire et que l’on peut très bien travailler pour l’univers carcéral tout en étant un rappeur adulé par ses semblables (Rick Ross), un blanc sera toujours confronté à son vécu.

D’un autre côté, on vous avait averti que l’entertainment était dans l’âme de toute flicaille. La preuve, cette vidéo filmée en caméra cachée :

Un blanc ne peut atteindre le statut de noir que si son vécu est à 100% un désastre. À ce moment là, s’il se sent une veine artistique, deux choix se présentent à lui :

  • Devenir un punk ou un rockeur dégénéré, parler de sa tentative de suicide, de ses problèmes familiaux, de la mort de son animal de compagnie (parfois un hamster, souvent un chien, et toujours pour problèmes d’hygiène) et de son obsession pour la drogue.

  • Devenir rappeur et donc évoluer dans une insécurité totale qui le poussera à commettre de nombreuses erreurs fatales. Rappelons qu’il pourra aussi se droguer.

À partir de ce constat on peut facilement comprendre que le rap n’a jamais été envahi par nos jolies têtes blondes.

Toutefois, nous avons quelques réussites dont nous sommes évidemment très fiers :

R.A. The Rugged Man : un père victime de l’agent orange durant la guerre du Vietnam qui donnera naissance à un fils handicapé et aveugle ainsi qu’à une fille elle aussi handicapée, incapable de marcher ou de parler. Quand je vous disais qu’il fallait qu’un blanc soit définitivement cramé pour se tourner vers le rap, je ne vous avais pas menti.

Necro et Ill Bill ; une mère absente, un oncle défoncé au crack et une passion prononcée pour le hardcore. Necro a d’ailleurs réussi le but ultime de tout rappeur blanc hardcore, c’est-à-dire faire un album en duo avec Kool G Rap (ancien proxénète reconverti dans le rap qui séquestrait ses gagneuses dans son sous-sol pour des séances de fellations interminables).

En bonus, le clip White Slavery où toute la famille est rassemblée (l’oncle, les deux frangins et leur petite amie de l’époque) :

Eminem ; naître pauvre à Detroit dans une roulotte et décider de ne pas faire de la techno.

3rd Bass ; la combinaison entre l’esprit d’entertainment juif (MC Serch), le fait de donner le rôle du DJ au seul noir du groupe (DJ Richie Rich) et un spécialiste de la langue anglaise qui trouve la parade à l’incapacité blanche à la danse en utilisant une canne (Pete Nice). Bien que ce groupe ne réponde à aucun critère d’obtention du statut de rappeur noir, ils sont pour moi le seul groupe de rap à avoir pu passer outre leur couleur de peau à la façon du groupe de soul/funk écossais des années 70, Average White Band (AWB), capable de chanter comme les Isley Brothers.

B. LA RELATION AVEC LES HANDICAPÉS

L’artiste se doit d’avoir des relations intimes avec ses fans qui lui sont dévoués, mais cela peut rapidement mal tourner. En effet, les premiers fans du rappeur blanc seront forcément des personnes handicapées physiquement et mentalement. Ces fans des premiers instants lui seront fidèles à vie, ils seront de tous les concerts, suivant leur idole comme des apôtres.

Je vois rapidement vos têtes blondes exaspérées et déconcertées par ces affirmations calomnieuses, nous nous devons donc de pousser l’analyse jusqu’au bout en apportant des preuves écrites et vidéo-ludiques.

Année 1995

Akhenaton (France/Marseille) dans le morceau « Je Ne Suis Pas A Plaindre »

Le leader des rappeurs blancs en France rend hommage à ce public très spécial dans le troisième morceau de son album « Métèque et Mat ». Montrant une fois de plus qu’il ne serait pas là où il est en ce moment (c’est-à-dire pouvoir enfin faire le design du nouveau maillot de l’Olympique de Marseille) sans ses fidèles supporters qui ne sont heureusement plus là pour voir la déchéance morbide de leur artiste préféré.

Année 2010

Sinik (France/Paris) dans le clip « La Cité des Anges »

Nous nous devions de parler de Sinik qui a lui aussi rendu hommage aux enfants handicapés, bloqués dans les hôpitaux français lors de la sortie de son album. On y voit le jeune Fayçal, 8 ans, apparemment très mal en point, demander à sa mère et son père d’appeler Sinik afin de lui remonter le moral (on ne rit pas bordel de merde) mais aussi pour demander à l’artiste pourquoi ses potes l’ont poussé dans les escaliers après qu’il leur ait dit qu’il était son rappeur préféré.

Année 2011

Machine Gun Kelly (États-Unis/Cleveland) dans le live « I will never forget the power of our music »

La vidéo ci-dessous devrait normalement activer votre filtre parental sur youtube, vu la violence visuelle et le dégoût qui vous sera transmis durant ces trois longues minutes.

Vous y verrez une personne handicapée qui sous l’impulsion de MGK va pouvoir se libérer de sa chaise roulante, marcher quelques pas pour ensuite avoir sa première relation sexuelle avec des filles du public.

Je finirai ce chapitre avec les derniers mots d’amour que nous transmet MGK sur sa relation avec les handicapés « A CULT », « A MOVEMENT », « THIS IS FAMILY », « NO ONE CAN TAKE THIS FROM US ».

C. LE RESPECT DES ANCIENS

Quand tu commences à faire du rap tu peux avoir tes propres influences, que tu pourras ensuite faire partager à ton public, quand tu seras connu et quand on viendra t’interviewer. Encore mieux les gens le déduiront d’eux-mêmes quand ils t’écouteront rapper.

Le problème avec le rappeur blanc est qu’il pense que citer les « piliers », les « anciens » lui donnera une crédibilité au sein de ses pairs, or ce n’est pas le cas. On peut encore citer MGK qui dans son single Wild Boy s’applique comme un bon élève à name dropper frénétiquement missy elliott, diddy et the clipse, pendant que Waka Flocka se bornera à expliquer qu’il est bourré et que tu dois désormais l’appeler Goku tout en suçant ses dragon balls : deux mondes se croisent, et ne se comprennent pas.

Il ne suffit malheureusement pas de parler de Rakim à tout bout de champ pour pouvoir obtenir une quelconque crédibilité, contrairement à une personne comme Alpha 5-20 qui peut simplement citer tous les rappeurs qu’il écoute à la fin d’un de ses morceaux pour que l’on te demande gentiment de jeter ton cadeau de noël contenant la discographie de Mac Miller.

D. L’APPARÂT

Les rappeurs sont des entertainers, il y a les habits, les bijoux, les tatouages, les accessoires, il va falloir trouver un moyen de se démarquer.

Le rappeur blanc part avec 10km de retard car tout ce qu’il pourra porter le rendra systématiquement ridicule. Le premier réflexe est le tatouage, il lui permet de couvrir sa peau blanche de dessins de couleur noire. Là encore cela le fera ressembler automatiquement à un biker, mais vu que le rappeur blanc a déjà le crâne rasé depuis longtemps il ressemblera plus à un néo-nazi qui aurait passé des moments inoubliables dans les bras du premier Vern Schillinger venu.

D’un autre côté, ce moment béni lui permettra d’allier l’utile à l’agréable, c’est-à-dire qu’il pourra remplacer son tatouage dragon qu’il arbore depuis bien trop longtemps sur son bras avec en lettre elfique le nom de sa mère et sa sœur pour le remplacer par une feuille de cannabis.

La New Era est bien évidemment à proscrire, ainsi que toute réalisation de la marque Air Jordan. Il ne te reste donc plus de choix, il te faut porter un masque d’anonymous et te taire à jamais.

E. LES TERMES INTERDITS

Tout le monde ne part pas avec les mêmes chances dans la vie, mais le comble pour l’homme blanc est de ne pas pouvoir utiliser tous les mots de son dictionnaire.

Vous allez me dire, « je ne vois vraiment pas de quoi tu parles » et tu auras bien raison, mais sache que pour le jeune rappeur blanc c’est un calvaire quotidien. Il est très facile de s’emporter, on peut lui trouver de multiples excuses, mais une fois qu’il sera à l’aise, pensant que cela n’allait jamais lui arriver, c’est là qu’il commet la bourde du débutant : prononcer le « N word ».

Évidemment cela ne va pas l’empêcher de continuer comme Billy le Kid devant la chatte d’une squaw, mais il va devoir dire au revoir à la rime facile, aux hymnes de dégénéré et c’est inévitablement à ce moment là qu’il deviendra un rappeur « technique » ce qui l’enfoncera encore plus dans la médiocrité.

Dans le rap français, le jeune aryen a d’autre choix, il va pouvoir utiliser des mots que personne ne comprend. Pour cela il va devoir venir de Marseille, mais nous n’en parlerons pas dans ce blog pour des raisons de pudeur.

Il peut aussi venir de Grigny, mais entre nous le seul blanc qui habite sur place est une petite fille blonde de 8 ans que tu as déjà aperçue dans le clip de « Requiem pour un Keuf » et probablement le maire de la ville. Toutefois, si vous me trouvez un blanc qui habite là-bas et qui ne fait pas partie d’un groupe de rap ou d’une opération d’infiltration policière, vous pouvez lui dire qu’il a clairement raté sa vie.

F. LA NATIONALITE POUR ALIBI

Une petite moustache, une voix rauque, une casquette baissée très bas, jouant avec les jeux de lumière, oui tu as bien reconnu le rappeur blanc sud-américain.

La partie non-extrémiste de notre être aura tendance à accorder un passe droit à ce specimen, rare mais présent comme un albinos, mais soyons sérieux il ne trompe personne. Certains se débrouillent mieux que la plupart des blancs, mais je sais ce qui te gêne, tu penses à ce grand humaniste qui fait la tournée des favelas avec ses bibles et ses vaccins.

FINALITÉ

Nous n’allons pas terminer ce sujet sur un message de paix du genre « cet article a été écrit par une équipe multiculturelle de croyances et de confessions diverses », non, nous allons clore cet affreux chapitre de l’histoire par une vidéo à la fois tragique et consternante.

Elle montre un extrait du film « WhiteBoys », où le héros du film face à sa glace se voit déjà en superstar noire du rap. Notons par la même occasion le miroir : un sacré truc de blanc un peu comme De Niro dans Taxi Driver (non nous ne parlerons pas de toi vilain Crochon).

Dans ce même film une scène est criante de vérité. Ce même personnage va dans un ghetto et croise Slick Rick et ses 50kg de chaîne en or, de rappeur vêtu il lui fait un signe de tête « what’s up », Rick le regarde de haut en bas et lui sort simplement « morning’ officer ». Merci à tous de votre attention.

HORS CATÉGORIE

Le rappeur blanc qui est noir

il s’agit de cette infime poignée de rappeurs blancs à qui personne n’a jamais osé dire qu’ils l’étaient (blancs). Souvent parce qu’ils sont vraiment très moches mais toujours très sympas, et surtout parce que cette information ne changerait absolument rien à leur vie, le meilleur exemple étant Paul Wall, et d’autres types par là-bas au fond.

Le rappeur noir qui est blanc

On arrive ici sur une curiosité de la nature qu’il est toujours amusant d’observer. Le rappeur noir qui est blanc commence comme un rappeur noir classique, mais est happé par un vortex créé par l’homme blanc dans le seul but de se l’approprier, généralement parce qu’on le trouve légèrement moins con que les autres, ou plus rarement car il est le seul au milieu d’un groupe de blancs (s’il porte des lunettes et un sac à dos, je te cache pas que c’est un plus). Cela commence très souvent avec les médias, puis ça continue avec le public, et tôt ou tard il faut reconnaître l’abominable vérité. Face à ça, le rappeur aura deux choix très simples.

option 1 : se fondre dans le moule qu’on lui a préfabriqué, ce qui ne veut pas dire se mettre à agir comme un vrai rappeur blanc, oh que non. il perdrait instantanément toutes les faveurs de son nouveau public si singulier qui l’aime avant tout pour sa différence et ses chants primitifs. Au contraire, il faut qu’il mette le paquet sur le côté hey-regardez-je-suis-moins-pire-que-les-autres-et-en-plus-je-sais-lire-les-mecs. Mais tout en sachant connaître ses limites : il est préférable d’appeler son album « à chaque frère » plutôt que « négritude », trop agressif. Et qu’est-ce qu’on déteste ? Les noirs agressifs, bingo Mamadou tu auras un pin’s au goûter.

option 2 : refuser, s’acharner, sortir un album concept centré sur son bled, faire un flop, feater Yannick Noah, revenir avec un album de rap conchiant mais pas trop, regarder amélie poulain, arrêter le rap, tenter une carrière dans le rock, faire un flop, revenir dans le rap, et ENFIN se décider à retourner à l’option 1.

Les batailles de blancs

comme toute minorité souhaitant s’imposer dans un milieu hostile, les rappeurs blancs se retrouvent souvent comparés, mis en compétition, et fatalement opposés, tels ces femmes enceintes à poil qui font du free fight dans certains films pour adultes (on ne juge pas). Comme chacun le sait, les blancs ne sont pas une communauté solidaire, car les blancs ne sont pas une communauté tout court. Les réactions des rappeurs vont donc du comique au pathétique, on peut citer cette interview de Yelawolf où il s’en prend à MGK (l’anorexique porté sur la sexualité des handicapés, souvenez-vous on en parle plus haut) sans que PERSONNE ne sache exactement d’où lui vient cette haine. Nous on sait. Il a flairé un rival, il lui a reniflé le cul, il a gratté le sol avec ses griffes en grognant. C’est comme quand tu fous deux chats dans une poubelle et que tu leur pisses dessus : ils peuvent pas t’atteindre mais ils peuvent s’entretuer. Ajoutons que le système américain permet l’émergence d’une superstar blanche du rap une fois par génération et une fois seulement, le reste de la masse pouvant juste espérer un jour de feater avec le boss. Sauf que comme beaucoup ont pu le constater, c’est pas parce qu’Eminem t’a tapé dans la main trois fois que tu vas être autre chose qu’un simple freestyle d’un soir.

En France le phénomène reste marginal, et heureusement parce que c’est ridicule à chaque fois. Et quand on dit « à chaque fois », ça concerne uniquement Orelsan. Ce brave petit normand était à peine sorti de son trou (au sens propre, les Caennais le savent très bien) que déjà Fuzati (me demande pas qui c’est, putain) hurlait au pompage, Seth Gueko lançait des piques subliminales en interview, Charly Greane sortait une rime de petit filou sur un feat, Kennedy faisait pareil mais 1 an après, Al K-pote le traitait de petit vicieux adepte de concurrence déloyale, bref rien que de très normal. Le mot d’ordre général est clair : IL NOUS VOLE NOT’ TRAVAIL.

Les plus observateurs d’entre vous noteront que plusieurs membres de cette coalition anti aurélien ne sont absolument pas blancs. C’est normal, c’est la Frince, et chacun tente de s’intégrer selon ses moyens.

Depuis, Al K a semble-t-il oublié jusqu’à l’existence de cette interview, Charly Greane s’est subitement rappelé qu’il était arabe et Seth appelle désormais orel affectueusement son « scriboulex de l’espace » (ou un truc comme ça). Quant à Kennedy et Fuzati, je crois que j’ai déjà oublié ce qu’ils foutaient là au départ. Happy Ending.

Dans un souci d’équité, finissons tout de même sur une note positive qui mettra du baume au cœur de tous ceux que cet article a pu offenser :

*avec la participation amicale et désintéressée de Spleenter, mais de toute façon tu sauras jamais qui a écrit quoi, t’es bien feinté.

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Noir du slip 2

Nous retrouvons donc Youssoupha en studio pour la confection de son album.
Il y est conseillé par Oxmo Puccino et s’est aussi « offert » les conseils de Kery James et Akhenaton.

Kery -Faut me laisser partir, maintenant. Détache moi !
AKH – aideuh nous toi.
Oxmo -Vous êtes très bien attachés là. Ne nous forcez pas à vous mettre au mitard.
Kery – Vous avez un mitard ?
AKH -C’est quoi un mitard ?
Youssou -En fait c’est la salle de bain. On a dû y mettre Ekoué, il se tenait pas tranquille.
Kery -Vous avez mis Ekoué dans les chiottes ?
AKH -Ekoué est ici ??!! Le laissez pas sortir, siouplait. Je ferai tout ce que vous dites !
Ekoué -LAISSEZ MOI SORTIR !!!!
Oxmo -Ah ?! Il s’est réveillé…
Kery -Il a senti ta peur, à tous les coups.
AKH -Mais j’ai pas peur, putaing con !
Ekoue -IL EST LÀ !! AKHENATON EST LÀ !! ÇA SENT L’HUILE D’OLIVE ET LE POISSON !!! C’EST LUI !!!
AKH -Vous l’avez bieng attaché au moins ?
Ekoue -JE SUIS METEQUE  MAIS JE VIENS PAS D’ITALIE, ORDURE !
Kery -Il a l’air très remonté contre toi.
AKH –C’est ça mon frère
Kery -M’appelle pas frère, frère, je suis pas rastafrère !
AKH -Et moi je suis pas une ordure. Mais je suis attaché, je peux pas aller lui dire en face.
Kery -forcément…
Oxmo -Tu n’es point tellement mat, non plus.
Kery -Bah, Métèque et blanc comme un cul, ça devait pas être vendeur.
Oxmo -Et Métèque et moustachu, c’était déjà Nougaro.
AKH – Non, mais c’était une façon de dire que j’étais méditerranéen comme les arabes et tout.
Kery -C’est vrai que t’es un peu à l’origine de tous ces rappeurs blancs complexés qui compensent en parlant de la perte de leur prépuce à tout va.
Oxmo -Leur grand manitou.
Kery – leur père spirituel
Youssou – leur capichef
Oxmo – leur gourou
Kery – leur big boss
Youssou – leur grand Gana
AKH -C’est un fond de commerce comme un autre.
Kery -On ne t’en blâmera pas.
Oxmo -Oh que non.
Ekoue -MOI SI, SALE MERDEUX !

Youssou -Il a l’air un peu énervé, non ?
Oxmo -N’aie crainte, immonde individu, j’ai l’astuce de toutes pour se faire appeler ma puce.
Youssou -Quoi ?
Oxmo -Laisse, c’est une de ces merveilleuses citations de moi même qui te dépassent. Comme ma bite.
Youssou -Ah ok.
Oxmo -J’entends par là que je m’en vais calmer ce mufle à la virilité saillante en lui administrant un médicament bien senti.
Youssou -Euh… GESTE ?!!
Kery -Hey, le gogol ! Il va lui faire quoi en vrai ?
Youssou -Il va obliger Ekoué à regarder des clips de TTC.
Kery -Vous êtes des monstres !
AKH -C’est rude. Mêmeuh pour Equouwé de la Rumeureuh.
Oxmo -Et voilà. Ekoué est maintenant totalement choqué et calmé par la vue d’un documentaire où Teki Latex explique ce qu’est le rap.
Kery -Quel infâme gros tas visqueux et prétentieux…
Oxmo -Moi non plus je n’aime pas Teki latex mais modère ton langage.
Kery -Je parlais de toi
Oxmo -Je le savais ! Ceux qui t’ont dit le contraire t’ont menti et… Hey !! Mais c’est pas gentil.
Kery -Ah non mais je disais ça comme un compliment. T’es vraiment un gros connard fier de lui et hautain. J’aime ça.
Oxmo -Tu n’es pas mal non plus.
Kery -Tu m’étonnes. Je suis Kery James quand même ! Je donne le meilleur de moi même. Et je peux te dire que le meilleur de moi même, c’est vraiment pas de la merde !
Oxmo – c’est tellement dommage qu’on doive à chaque fois le rappeler à tout le monde
Kery – m’en parle pas, moi on me fait chier depuis des années avec des prétextes à la con : « kery t’avais renoncé aux instruments à corde et à vent pourquoi tu les réutilises » ; « kery tu dis tout le temps que faut s’unir mais tu bastonnes d’autres rappeurs » ; « kery tu refusais de faire hardcore en live à une époque et après t’as fait hardcore 2 » ; « kery ça fait 6 ans que tu fais le même morceau avec un titre différent » ;  « kery c’est quoi ce nouveau bouc à la craig david », etc.
Youssou – c’est vraiment des sales cons !
Kery – grave. sinon ils comprendraient bien que, comme tous les grands génies de ce monde, j’ai ma fragilité artistique, mes doutes, et mon autobiographie qui va bientôt paraître pour surfer sur le buzz de mon retour qui surfe lui-même sur l’actualité électorale.
Youssou – putain mais ça sur-geste à fond là ! wouhou !
Oxmo – je dois avouer que tu places la barre très haut dans l’exploitation de la branlette. Mais du coup niveau zic tu vas faire quoi ?
Kery – là tout de suite ? rien.
Oxmo – comment ça, rien ?
Kery – je vais juste faire un best-of en live. mais ce sera des concerts acoustiques où les gens seront assis, dans une salle de théâtre parisienne.
Oxmo – c’est légèrement pompé sur moi, ça.
Kery – bah…
Oxmo – non mais j’adore qu’on me pompe, rassure-toi.
Youssou – putain mais ça geeeeeeeeeeste ! gestitude de dingue !

Kery – et je vais faire quand même 2 ou 3 inédits, histoire de me payer des vacances cet été, j’ai prévu tout un planning. y’en a un où j’ai fait exprès de dire que la frince c’est caca, comme ça, polémique…
Youssou – …et débat en télé, ouais je connais, j’ai utilisé ça pour zemmour, ça m’a duré 2 ans, ça marche toujours ces trucs.
Kery – non, moi j’irai pas en télé. et j’expliquerai dans un communiqué que c’est parce que les présentateurs du PAF ne méritent pas d’adresser la parole à l’être supérieur que je suis, parce qu’après des années d’observation j’ai découvert que la télé frinçaise, c’est aussi caca que la politique frinçaise.
Youssou – j’y avais pas pensé
Oxmo – le buzz et l’argent du buzz, c’est finement joué.
AKH – je dois direuh que moi aussi je suis pas contreuh me chatouiller la nouilleuh, mais jamais à ce point là, je vous tireuh mon chapeau
Youssou – d’ailleurs en parlant de chapeau, ça doit te faire bizarre d’être en 2012 non ?
AKH – heing ? pourquoi ça ?
Youssou – bah, les prédictions mayas, tout ça. avec IAM vous étiez vachement portés sur les cultures aztèques non ?
AKH – non. moi c’était les pyramides et les pharaons d’égypte. ainsi que les jedis, les cowboys, les mafieux new yorkais des années 80 et à peu près tout ce qui nous permet de nous déguiser. on aime bien ça, les déguisements.
Youssou – alors je dois confondre avec shurikn
AKH – non plus, lui c’était les samouraïs, les ninjas, et les chevaliers du moyen-âge
Youssou – alors peut-être que c’était Fr…
AKH – STOP ! QU’EST-CE QUE J’AI DIT ?!
Youssou – pardon. Ox Pucc, mon super conseiller et interprète du grand Hip Hop. J’ai besoin de ta lumière.
Oxmo -Comme tout le monde.
Youssou -Je veux faire une super belle phase, comme toi.
Oxmo -Ah, tu veux dire emballer la plèbe aux capacités médiocres de par ma verve pour que tous m’acclament ?
Youssou -Ouais, les trucs classes où je comprends pas tout. Mais je fais semblant pour pas avoir l’air con.
Oxmo -C’est ça même ! Vous parlez d’or, ami jeune au visage dévasté par l’horreur.
Youssou -Ma phrase c’est un peu « j’ai tué ma vie d’adulte avant d’enterrer ma vie de garçon » mais en mieux, quoi…
Oxmo -Mmmm… Je vois… Je vois… Laisse moi d’abord envisager cette rime dans sa globalité… Mmmm… Oui c’est bon… Mmmm…. C’est bon !! L’esprit Hiphop est en moi ! l’esprit Hiphop me parle !!
AKH -Ah super ! Demande lui si il a aimé « I luv NY » avec Faf Larage ?
Oxmo -On a pas le temps pour ces conneries !
Youssou -Alors ? Ma phase, ça donnerait quoi ?
Oxmo -Mmm… « j’ai tué ma vie d’adulte avant d’enterrer ma vie de garçon » !!
Youssou -GESTE !!!
Kery -C’est la même phase, espèce de taré…
Oxmo -Oui, mais vu que c’est moi qui l’ai dite, c’est encore mieux. C’est l’effet Puccino, ça.
Youssou -Wow !!!
Oxmo -Tu vois, passé un certain stade, tu peux juste te permettre de dire tout et n’importe quoi.
Youssou -Sérieux ?
Oxmo -Mais oui. Y aura toujours des gros cons, quelque part, qui penseront que tu es un génie. Pourquoi auraient ils tort ?
Youssou -Je sais pas.
Oxmo -Ta gueule. Ils ont raison. Si on me trouve génial, c’est que je le suis ! Regarde moi droit dans les yeux et répète après moi : « Je suis génial. Je suis génial. »
Youssou -Je suis génial ! Je suis génial !!
Oxmo -« Mes pets sentent bon. Mes pets sentent bon ! »
Youssou -Mes pets sentent bon !! Mes pets sentent bon !!!!!!!
Oxmo -Voilà !!
Youssou -Je vais péter dans des fioles et ouvrir une parfumerie !!!
Oxmo -Oui, c’est ça l’idée. Mais ne te donne pas tant de mal : Sors juste un album.
Youssou -Mais ouais !

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