Archives de Tag: comics

DJ Weedim, Aketo & Sidi sid nous parlent de Petits Meurtres Entre Amis (vidéo)

Ma si, touyouls en compagnie dé TupakTV, yé souis allé voil ces yeunes qui font dé la musica
Pourquoi je parle comme ça, moi ?
Enfin bref, va là bas :

http://tupaktv.com/pmea/

0 (1)

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Shone

On a interviewé Shone avec TupakTV :

http://tupaktv.com/interview-shone/

Ça prépare un gros concert qui idéalement serait amené à n’être que le début d’une longue série de concerts
Ainsi qu’un projet/compilation mystérieux mais qui a l’air très enthousiasmant
Alors clique et va voir l’interview de ce rappeur qui a oublié d’être con et passif

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview – Vald (+ special guests qui passaient par là)

A un moment y’a Lino qui vient serrer des mains avant d’aller pisser, et à la fin y’a Tefa qui tape un peu l’incruste, mais on a rien dit parce que c’était chez lui.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 1

Interview : Genono (Captcha Mag) et Teobaldo (Le Blavog)
Photos : Mehdi MK ( TupakTV)
On a uni nos forces comme si on était possédé par l’esprit hip-hop.

Genono : Avant la promo autour de la sortie de NQNT, t’as fait très peu d’interviews. C’était par choix, ou parce que les intervieweurs avaient peur de te rencontrer ?

Vald : C’était un choix, jusqu’ici faire des interviews, ça n’avait pas vraiment d’intérêt. Quand tu sors uniquement des projets gratuits sur internet, t’as pas grand-chose à dire. Si c’est juste pour raconter ta vie, y’a aucun intérêt. Là on a quelque chose à défendre, donc on va parler un peu de nous.

Genono : Tes précédents projets, c’était histoire de faire monter un peu la sauce ?

Vald : Voila, l’idée était de se présenter un peu aux gens, parce que dire « je sais rapper », c’est bien beau, mais si t’as aucun projet …

Genono : Ce matin je lisais les commentaires sur le clip de Shoote un Ministre … J’ai l’impression que ton public de base ne s’y retrouve pas.

Vald : Mon public de base, c’est quoi ?

Genono : Globalement, les gens qui te suivent depuis le début. Je lis beaucoup de commentaires du type « c’est pas le Vald qu’on aime », on est à la limite du « Vald c’était mieux avant », alors que ta carrière a pas encore débuté. C’est un truc que t’as ressenti ?

Vald : C’est un peu comme le premier amour, quand tu le revois quelques années plus tard, bah … il a changé ! Moi je fais le son que j’aime, après, ils suivent ou pas, c’est pas grave. J’irai trouver d’autres gens pour m’écouter.

Genono : Sur les autres extraits, j’ai l’impression qu’il y a d’autres retours, et que ça correspond plus à ce que le public attendait.

Vald : C’est surtout au niveau des prods, je pense. Et puis, il y a une raison simple : sur mes anciens projets, je pouvais pas faire de dirty, parce que je savais pas mixer. Et comme c’est moi qui mixais mes projets, forcément … J’avais envie d’en faire, mais je ne savais pas le faire. Alors maintenant, j’arrive en studio, je me régale.

Genono : Jusqu’ici t’étais vraiment en mode « fait-maison » ?

Vald : Ah ouai, c’était artisanal mon frère ! Y’avait un fumet, t’entendais les portes claquer chez moi, t’entendais ma darone crier … il se passait quelque chose quoi ! Alors que maintenant c’est propre, c’est professionnel.

Genono : Je reviens sur Shoote un Ministre … Y’a pas eu trop de controverse au sujet de la quenelle devant l’assemblée. T’es pas déçu ?

Vald : Déçu, non … c’est logique, on fait pas de vues. C’est normal qu’il y ait pas de controverse.

Genono : Justement, ça aurait pu être le truc qui déclenche un peu la machine.

Vald : En tout cas, moi je l’ai pas fait pour ça. Je l’ai fait parce que ça me faisait rigoler. Après peut-être que de l’autre coté, les mecs étaient là à se dire « ouai, on va faire des vues avec ça » … j’en sais rien. Je pense que si on faisait un million de vues avec une quenelle, on en aurait entendu parler … Mais là, avec 100.000 vues, c’est de la rigolade.

Genono : Il se passe plein de choses dans tes clips, ça fourmille d’idées et de conneries. A quel point t’es impliqué là-dedans ?

Vald : Généralement, je rencontre le réalisateur, je propose des idées, et si on peut, on les met en place. Par exemple, pour Shoote un Ministre, j’avais des idées un peu farfelues, qui n’étaient pas réalisables avec le budget et le temps dont on disposait. Donc on s’est concerté, et c’est Tefa qui a eu l’idée : « et si on promenait un ministre mort sur un fauteuil roulant, c’est génial ! »

Mehdi (manager de Vald) : Enculé, c’est moi qui ai eu cette idée !

Vald : Ah c’était ton idée ? C’est vrai que j’ai tendance à considérer que c’est Tefa le génie, mais Mehdi a un meilleur vocabulaire.

Mehdi : Nan, il faut dire que tout vient de Vald !

Genono : Et donc tu disais qu’il y avait des idées que tu ne peux pas encore mettre en place, faute de budget ?

Vald : Ouai, comme les gamins. Ils ont des idées, ils ont envie de faire des films de fou, mais ils peuvent pas. J’en suis à ce stade. Bientôt, j’aurai le budget pour faire des clips hollywoodiens.

Genono : On espère, parce qu’il y a moyen de bien rigoler avec toi. Rien à voir, mais j’ai lu dans ton interview chez l’Abcdr que tu avais une culture rap très limitée. Elle s’est développée un peu, depuis ?

Vald : C’est vrai, j’ai vraiment une mauvaise culture. Disons que c’est une culture atrophiée. Mais je commence à faire des pompes et des tractions.

Genono : Ce manque de culture, tu vois plutôt ça comme un avantage, dans le sens où t’es pas formaté par ce que t’as écouté avant, ou plutôt comme un handicap ?

Vald : Je vois ça comme un fait, j’essaye de changer là-dessus, mais je sais pas si c’est un avantage ou un désavantage. Le bon coté, comme tu le dis, c’est que je fais les choses sans être influencé par ce qu’ont fait d’autres artistes avant moi. J’ai cru comprendre que ceux qui avaient écouté l’album de Lunatic à l’époque étaient traumatisés et voulaient absolument refaire du Lunatic. Moi je l’ai pas écouté, je sais pas ce qu’il se passe dans cet album ! Mais d’un autre coté, le fait de ne pas avoir de références n’est pas forcément un avantage. En fait, j’ai pas conscience de ce qui est bien ou mal, dans le rap.

Genono : Dans ce qui se fait aujourd’hui, t’écoutes quoi ?

Vald : J’aime beaucoup Young Thug, j’aime beaucoup Lil Wayne … j’ai une affection toute particulière pour Lil Wayne. Après, en français … j’ai du mal avec eux, parce que je comprends ce qu’ils disent. Mais par exemple, Kaaris, il me fascine ! Je le trouve trop marrant.

Genono : Mais musicalement, c’est des artistes qui t’inspirent ? Parce que ta musique ressemble pas à du Kaaris ou du Lil Wayne.

Vald : Je sais pas ce qui m’inspire. Si je dis que je m’inspire d’untel, ça veut dire que je vais essayer de faire la même musique que lui ?

Genono : Pas forcément, ça peut être dans le sens où tu vas juste te nourrir de ça, et en faire ta propre sauce. Ne serait-ce qu’au niveau des sonorités, tu peux avoir envie de tendre vers telle ou telle tendance.

Vald : Peut-être que je me nourris de ce que j’écoute sans trop m’en rendre compte, franchement j’en sais rien. J’ai du mal à comprendre le concept d’influence et d’inspiration. J’écoute des trucs … tu sais, des fois, quand j’écoute un morceau, j’ai envie de taper le rappeur. Peut-être que c’est de cette manière là que je m’inspire finalement, c’est une influence un peu malsaine. Je l’écoute, et j’ai juste envie de le mettre à l’amende, de le défoncer.

Genono : Ta connexion avec Rockin Squat sur L’undaground s’exprime chapitre 6, elle se fait comment ?

Vald : Qu’un rappeur avec des disques d’or et 20 ans de carrière m’appelle, j’ai trouvé ça beau. J’étais un rappeur de chambre, j’avais fait quelques mixtapes, mais personne me connaissait. Je sais même pas comment il m’a découvert … c’est une bonne personne, il m’a même invité à monter sur scène à la Cygale.

Lino, surgit de nulle part : Qu’est ce que c’est que ces interviews qui durent 70 heures ?

Vald : Laisse-nous bosser.

Lino : Je passe juste vous saluer avant d’aller pisser. C’est mieux avant qu’après, nan ?

S’en suivent quelques serrages de main, deux-trois vannes pas piquées des hannetons, puis Lino s’en va pisser et l’interview reprend son cours.

Genono : Tu fais beaucoup d’introspection dans tes textes. Est-ce que c’est un truc qui t’aide à te comprendre toi-même, à avancer, à la Soprano qui prend sa carrière pour une thérapie ?

Vald : Pas du tout. J’écris pas quand je suis triste. Si ça va pas, j’écris pas. Je me trouverais con de me trouver dans une situation alarmante et de me dire « oh putain, il faut que j’écrive un texte, il faut que j’explique ce qu’il m’arrive ! ». J’écris uniquement quand je suis content. Et j’ai même pas l’impression de faire de l’introspection, je trouve ça un peu surprenant.

Genono : Tu racontes quand même des trucs super personnels, même si c’est souvent fait avec humour.

Vald : Comme quand je parle de branlette ?

Teobaldo : Ca c’est intime plus que personnel.

Genono : Y’a des moments où tu te dis « ça c’est trop personnel, je vais le garder pour moi » ?

Vald : Ah oui, y’a beaucoup de choses que je dis pas, parce que je trouve que ça ne regarde que moi. Et puis surtout, ça n’apporte rien. Si ça apportait quelque chose de lâcher une phase très personnelle, en me disant que des gens vont se reconnaitre dans ce que je dis … Mais la plupart du temps, je parle pas de moi. C’est pour ça que ce coté introspection, je vois pas trop … Peut-être sur Journal Perso, ou des vieux morceaux ?

Genono : Même sur NQNT, y’a pas mal de phases super personnelles, même si c’est pas forcément à chaque fois le thème du morceau. C’est quelques phrases disséminées ci et là tout au long du projet, que je trouve très personnelles.

Vald : J’ai pas ce ressenti … mais pour revenir à ta première question, écrire ne m’aide pas du tout. Je ne règle rien avec la musique.

Teobaldo : Du coup, écrire ça t’apporte quoi ?

Vald : C‘est un sentiment d’accomplissement. Quand j’écris, j’ai l’impression que je fais quelque chose de ma vie … alors qu’en fait, nan. Je peux passer une nuit entière sur une seule phrase, en vrai je fais rien du tout, mais j’ai quand même l’impression d’avoir fait un truc. Quand je finis un morceau, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait quelque chose de concret, de pas être resté là à attendre que le temps passe, comme un branleur. Alors quand le morceau est validé au studio, j’en peux plus, je l’écoute vingt fois d’affilée, je me dis « ouaah, je suis louuurd », alors que pas du tout, je brasse pas un sou.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 2

Genono : Aujourd’hui t’es rappeur à plein-temps ?

Vald : Plus ou moins …

Genono : T’as prévu un plan B, au cas où ça ne marche pas comme prévu ?

Vald : Bah oui, justement, parce que je viens de me rendre compte de l’économie du rap et … c’est pas flamboyant (rires).

Genono : Y’a pas lontemps t’as publié sur les réseaux sociaux « 5 bonnes raisons de ne pas acheter NQNT » …

Mehdi (manager) : Une idée de génie !

Genono : T’annonces « aucun tube ne sera joué en radio ». Ils font pas trop la gueule chez Barclay ?

Vald : Nan, pas du tout. J’ai pas tellement de contacts avec eux en fait.

Genono : Ils t’ont juste commandé un album, façon « ponds ce que tu veux » ?

Vald : Voila, on leur a donné un album, on a dit « si vous aimez, vous prenez, vous donnez de l’argent, et vous distribuez ».

Genono : Et t’as eu des retours ?

Vald : Ils en sont très contents. Ils me trouvent très particulier, avec un univers … ça fait plaisir.

Genono : Parmi les 5 bonnes raisons, tu dis aussi « pas d’autotune dans le projet ». C’est un truc que t’aimes pas ?

Vald : Au contraire, c’est un truc que j’adore, mais que je contrôle pas encore.

Genono : Donc ça va venir ?

Vald : Ah ça, dès que je sais l’utiliser, vous allez en chier ! Prends garde à toi, Jul ! (rires) J’ai aucune censure là-dessus, dès que je sais le faire, c’est partit !

Genono : T’as l’air plutôt à l’aise sur scène, c’est un truc que tu travailles à l’avance, où t’y vas vraiment en mode freestyle ?

Vald : Ouai, jusqu’ici c’était très freestyle, mais le public est super réactif, sans trop que je sache pourquoi. Bien souvent, il est juste content de voir « son » artiste, donc il fait la fête même si tu pues la merde sur scène. Après, on a essayé de travailler un peu le truc, c’est plus cadré, un peu moins bordélique, même si y’aura toujours une part de bordel. A terme, je pense que ça va devenir très professionnel, l’idée c’est que ça devienne un vrai spectacle. Je pense qu’il nous faut juste des séances en studio pour développer ça … et les séances, faut les payer ! Mais là j’ai l’impression qu’on a trouvé un format qui fonctionne bien, ça fait 6 ou 7 dates que je sens qu’on a quelque chose de professionnel.

Genono : Ce coté trop carré, t’as pas peur que ça déplaise à un certain public, qui aime justement le Vald un peu à l’arrache ?

Vald : Ca peut être à l’arrache … mais carré en même temps. J’ai déjà fait des scènes vraiment à l’arrache, et c’était vraiment trop à l’arrache, tellement à l’arrache que le public n’y comprend plus rien. Donc oui, y’aura toujours une ambiance « fait-maison », un petit fumet, mais le temps est à la professionnalisation.

Genono : La piste 5 de NQNT s’appelle Sullyvan. En écoutant le morceau, j’ai l’impression que ce personnage est une sorte d’alter-égo démoniaque de Vald. J’ai bien compris le concept ?

Vald : Ouai, c’est à peu près ça. C’est partit d’une rime que j’ai fait dans un vieux morceau, avec le nom de Sullyvan, et j’ai développé un peu ça. Mais j’ai pas du tout le complexe du schizophrène, avec une partie sombre qui se dévoile sous un alias. Sur ce morceau, c’est vrai que la prod s’y prêtait bien, j’ai poussé un peu dans cette direction … mais en fait nan (rires). Ca m’a surtout permis de faire un égotrip un peu particulier, de parler de ce personnage comme d’une légende, un mythe.

Genono : C’est un truc qui peut revenir dans les prochains projets, ma suite des aventures de Sullyvan ?

Vald : Ouai, je vais le décliner, c’est certain. Et puis ça nous fait un super morceau pour entrer sur scène, c’est génial.

Genono : Piste 8 (« Horrible »), tu dis « suffit d’une vidéo de Soral pour que l’audimat du JT chute ». Tu penses quoi de ce mec ?

Vald : Je pense qu’il a une grande écoute. Je l’ai beaucoup écouté, maintenant j’ai décroché. Je prends plus rien à cœur, j’en ai plus rien à foutre de quoi que ce soit. Je sais qu’il a beaucoup d’audimat, et qu’il est plus proche de la réalité que les journaux télévisés. C’est moins déformé, et ça a plus d’impact. Lui aussi, il bosse à la maison, il est sur son canapé, il fait ses vidéos … Et je sais que si t’écoutes Soral, t’écoutes pas le JT. Ca n’a pas de sens, d’écouter les deux, ou en tout cas, de croire les deux.

Genono : Dans le même morceau, tu dis « personne m’a donné la foi, je suis lassé de croire en rien ». Quel est ton rapport à la religion ?

Vald : J’aimerais avoir la foi ! Mais je crois en rien, je suis pas dedans. Et j’aimerais bien, parce que je ressens une sérénité chez les gens pieux, c’est quelque chose que j’ai pas. Mais j’ai réussi à trouver la sérénité ailleurs, donc je m’en sors pas trop mal.

Genono : La foi, c’est donc quelque chose que tu recherches ? Ou tu te dis juste « si ça vient, ça vient » ..?

Vald : Voila, je me dis que si un jour je tombe dedans, ce sera super. Sinon, tant pis.

Teobaldo : C’est juste une question de sérénité, d’équilibre ?

Vald : C’est vraiment … un bien-être que je ressens chez les gens qui ont la foi. Mais ceux qui l’ont vraiment, pas les frères muz 2.0. Les vrais frères muz, ils ont sont apaisés, c’est magnifique.

Teobaldo : On sent que t’as développé une grosse réflexion là-dessus.

Vald : Ca me touche personnellement en fait, parce que mon frère est devenu musulman. Je trouve ça beau. Moi, j’arrive à vivre sans, mais si un jour ça vient … incha Allah !

Genono : Ensuite, piste 9, « Aulnay-sous-bois », qui est très critique envers la mentalité de quartier et l’apologie de la rue. Tu sentais le besoin de faire ce morceau ?

Vald : Ouai, c’était vraiment un besoin, parce que personne n’en voulait de ce morceau ! (rires) Je trouvais intéressant de proposer cette vision des choses, j’ai pas l’impression d’avoir déjà entendu un morceau comme celui-là … après j’ai une culture de merde, donc il a peut-être déjà été fait. Je trouvais ça marrant qu’un blanc qui vienne du 93 parle de la cité de cette manière.

Teobaldo : T’as pas peur de te mettre des gens à dos ?

Vald : Je connais personne, donc je peux me mettre personne à dos ! (rires) Après, je dis pas que la street c’est mal … mais revendiquer le fait d’être un mec de tiekar, ça pue la merde. Je vous chie dessus ! Attends, que je me fasse pas mal comprendre, c’est pas parce que t’habites dans un tiekar que je te chie dessus …

Genono : Si si, on va marquer ça. On va faire du buzz, on va titrer « Vald chie sur les mecs de tiekar ».

Vald : Nan, ce que je veux dire, c’est que je te chie dessus si t’es un mec de tiekar et que tu vis là-dessus. Et j’en connais plein, des mecs qui te disent « ouai, moi je suis un mec de quartier, je vais rien faire de ma vie, je vais rester en bas » …

Teobaldo : Pas de vacances pour les vrais gars.

Vald : T’as tout dit.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 3

Genono : T’as quel attente sur la sortie de NQNT ?

Vald : Par rapport aux ventes ? J’en ai aucune idée. J’aimerais bien impressionner les gens de maisons de disques, pour qu’ils me sortent en physique, ces fils de lâches.

Genono : Ah mais il sort pas du tout en physique ?

Vald : Nan, parce qu’ils ont pas confiance en nos chiffres, ces crevards ! Ca me fout un cafard de ouf. Mais j’ai confiance, j’ai l’impression que mon public est deter, qu’il croit en moi.

Teobaldo : Du coup tu vises pas un chiffre précis …

Vald : Nan, je vise juste de pouvoir vivre de ma musique. Tant que j’en vis, les chiffres m’intéressent pas.

Tefa (qui est là aussi, parce que c’est la fête du slip) : Ca dépend comment tu veux vivre.

Vald : Je veux juste vivre, poto ! Je veux partir de chez mes parents, je veux pouvoir payer un loyer et des factures.

Teobaldo : Du coup, tu penses que tout buzz est bon à prendre ?

Vald : Nan, y’a aussi des mauvais buzz. Y’a des buzz desquels tu te relèves pas, y’en a certains qui ne s’en sont jamais remis. Je vais pas citer de noms, on va pas leur faire de la mauvaise pub, mais tu les connais.

Genono : Question « à la Spleenter » : est-ce qu’en tant que rappeur blanc, tu pourrais raconter que tu te faisais racketer au collège, comme Orelsan ?

Vald : Le raconter ? Je sais pas … peut-être le dire en une phrase, mais un morceau complet dessus … c’est dur.

Genono : Bah il en a fait … je vais pas dire une carrière, mais presque.

Vald : Nan, je peux pas capitaliser sur le fait d’être une victime, ça m’intéresse pas. Je peux pas écouter un morceau dont le message serait « je suis une victime ». Meme sans le dire ouvertement, mais y’a des sons, les mecs font que se plaindre de la première à la dernière mesure. Frère, relève la tête, car un jour tout s’arrête.

Moment de flottement dans le studio, tant tout le monde est subjugué par la dernière phrase de Vald.

Teobaldo : C’est pour ça, l’humour ? Aborder des sujets sérieux différemment, que les gens se fassent pas chier …

Vald : Voila, et faut se détendre, le ridicule n’a jamais tué personne.

Genono : Les comparaisons avec Orelsan, c’est un truc qui doit te casser les couilles nan ?

Vald : Oui, forcément, mais si ça vous donne une porte d’entrée, prenez-la. C’est toujours mieux qu’on m’écoute en se disant « c’est un peu comme du Orelsan », plutôt qu’on m’écoute pas. Mais j’ai jamais fait du Orelsan, donc j’ai même pas l’impression de devoir m’en détacher. J’ai un phrasé particulier qu’il n’a pas, et il a un phrasé particulier que je n’ai pas.

Teobaldo : Donc t’as déjà écouté ce qu’il fait ?

Vald : Ah oui, bien sur. Tout ce qui se fait, depuis que j’ai commencé à rapper, j’écoute, je me mets à jour. Le rap, c’est une bataille, donc si je sais pas ce que les autres font, c’est chaud.

Genono : Tu pourrais t’autoproclamer Professeur Punchline comme Seth Gueko ?

Vald : Je fais pas de punchlines, moi. Je déteste le mot « punchline ». Déjà, je déteste les anglicismes. On a une langue tellement riche, tellement belle, utiliser des anglicismes c’est dommage. Et le terme « punchline » … c’est nul, complètement nul. Je fais pas de punchline, je fais du sentiment. J’ai l’impression de développer vraiment un ressenti, pas juste de faire de la phrase. C’est difficile de prendre une phase de mon texte, et de la sortir comme ça.

Genono : C’est aussi du à ton écriture qui est très dense, pas mal basée sur la technique avec des assonances, des multisyllabiques dans tous les sens, des mots qui s’entrechoquent. C’est quelque chose que tu recherches particulièrement ou c’est quelque chose qui te vient naturellement ?

Vald : Ca me vient naturellement, c’est de la performance, et c’est ce qui va me faire écouter ou non un rappeur. Si un rappeur rime mal, je l’écoute pas. Les rimes trop simples, ça m’énerve. Y’a plein de mots dans la langue française, sers-toi-en. Maintenant j’y fais peut-être un peu moins attention, mais j’ai longtemps eu l’impression que c’était une obligation. C’est une question un peu complexe, mais pour moi c’est un devoir. Si t’es rappeur et que tu rimes pas … c’est la misère, gros. Fais autre chose.

Genono : Si tu devais imaginer ta reconversion après le rap, ce serait quoi ? Je te verrais bien au cinéma.

Vald : Ouai, le cinéma ça me plairait bien. J’attends qu’on vienne me contacter, je fais des petits appels subliminaux avec mes vidéos, mais ça marche pas (rires). Et puis, j’ai l’impression que ça paye mieux. Sinon, j’aimerais bien me reconvertir dans la production, prendre des petits rappeurs, leur transmettre mon savoir, mon expérience, et les orienter. Mais il faut de l’oseille.

Mehdi (le manager) : Tefa peut t’expliquer comment ça fonctionne !

Tefa : Bah c’est comme la politique : faut être un enculé.

Vald : J’aime bien aussi le montage vidéo, même si j’ai un niveau de merde. Ca me passionne.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 4

Teobaldo : Le clip de Toutatis, déguisé en flic, qui a eu l’idée ?

Vald : C’est une idée à moi, que j’ai trouvé vraiment super, et j’ai forcé tout le monde à la faire. A la base, je voulais faire un vrai truc de bad cop, avec un keuf crapuleux, ripoux … et au final, on s’est retrouvé en îlotiers super ringards. Mais j’aime bien, c’est drôle, ça a un côté sketch, et puis ça nous fait 3 clips bien construits, qui sont très différents mais qui gardent quand même une certaine ligne directrice.

Teobaldo : J’ai l’impression que pour chaque clip tu vas un peu plus loin. Le prochain tu nous fais quoi, la guerre des étoiles ?

Vald : Le prochain … c’est une surprise. Il sera pas cher, mais drôle.

Teobaldo : Tu commences à monter, à avoir une petite notoriété, y’a forcément un moment où un mec va vouloir te clasher. Comment tu penses réagir ?

Vald : Ca dépend de la notoriété du bonhomme. S’il est en dessous de moi, j’en ai rien à foutre, parce qu’il va rien m’apporter, je vais juste lui donner du buzz. Par contre si c’est un mec qui est au-dessus, et qu’il m’attaque … je vais le ruiner, l’enculer comme un chien, je vais pas le lâcher. Je vais voir l’ouverture et … oh putain, je vais l’enculer.

Teobaldo : T’es prêt pour la guerre.

Vald : Attaquez-moi, je vous en supplie ! Mais faut souligner que ça reste de la musique, je peux clasher le mec et lui serrer la main en studio le lendemain. Après, pour qu’un mec avec plus de notoriété que moi m’attaque, faudrait qu’il soit vraiment con.

Teobaldo : Bah y’a des cons dans le rap français, c’est pas le problème.

Tefa : Nan, y’a pas de cons, c’est pas vrai. C’est qu’une rumeur (rires).

Teobaldo : Est-ce que tu serais prêt à faire de la taule pour gagner en street-crédibilité ?

Vald : Je résisterais pas en taule … faudrait que je tue un violeur pour être respecté là-bas. Mais sinon, je suis un petit blanc, t’as vu mon gabarit ? Je suis dans la merde. Je vais m’en prendre plein la gueule !

Genono : Et pas que la gueule …

Vald : Et pas que la gueule !

Mehdi : Du coup après, tu feras peut-être du rap de victime.

Teobaldo : Est-ce que tu penses pas que tu vendrais plus en faisant du rap de victime ?

Vald : Pas sûr. Ce qui marche, c’est la sincérité. Si on croit en ce que je fais, les gens vont se sentir impliqués. Si je deviens la copie d’une copie, ça va intéresser personne. Faut juste être sincère et spontané.

Genono : Niveau connexions, tu fais pas énormément de featurings, ou en tout cas pas avec des rappeurs très côtés. T’es comme Niro, t’aimes pas te mélanger ?

Vald : Pour faire des feats avec des gens côtés, faudrait que j’aime ce qu’ils font, faudrait que je les contacte, ça me met un peu dans une position bizarre, j’aime pas trop ça. Je préfère faire des feats avec des gens que je connais, que j’aime, et avec qui il n’y a pas de calcul. En fait, y’a personne qui m’attire.

Teobaldo : Le rap français t’intéresse vraiment pas ?

Vald : Ah si, y’a vraiment des artistes que je kiffe, que je survalide. Un mec comme Katana, je suis comme un fou dessus, je l’écoute, j’en peux plus. Y’a aussi un gars de la clique de Kaaris, il s’appelle Solo le Mythe, il est trop fort. Y’en a beaucoup, j’aime bien aussi Docteur Bérize … Hornet La Frappe, il tue sa mère !

Genono : Bah justement, ces gens-là, ça t’intéresse pas d’aller les chercher et de rapper avec eux ?

Vald : Ca peut m’intéresser, mais je sais pas spécialement comment m’y prendre … Et puis je pense qu’un feat, ça se fait en fin de projet. Mon prochain projet, quand il sera fini aux trois quarts, je me dirai peut-être « tiens, il me faut un feat » … J’y penserai à ce moment-là. Et puis, ça va me mettre dans une démarche où je serai obligé d’écrire, et je déteste être obligé d’écrire. Ca me frustre.

Teobaldo : Pourtant t’as l’air productif.

Vald : Je suis productif, mais je suis capricieux. Et si j’appelle quelqu’un, je vais être obligé d’écrire, sinon il va me dire « tu m’appelles pour rien, enculé ! ». J’ai jamais de morceau où j’écris un couplet et ensuite je me dis « tiens, untel sur le deuxième couplet, ça passerait bien ». Déjà, j’ai très peu de chutes de morceaux, et puis … je m’aime trop, je crois. A chaque fois je trouve que mon morceau vaut la peine que j’aille au bout tout seul.

Teobaldo : Y’a des gens que t’aimes bien mais avec qui tu penses que musicalement, ça ne fonctionnerait pas ?

Tefa : Swaggman ?

Vald : Nan, Swaggman ça tuerait sa mère, t’es fou ! Par exemple Maitre Gims, je trouve qu’il est super fort, mais je le vois pas faire un refrain et moi lâcher un couplet derrière. Mais j’aime beaucoup de gens hein, même si vous avez l’air de penser le contraire.

Genono : NQNT, tu comptes le défendre sur une tournée ?

Vald : Je sais pas ce qu’on appelle une tournée. En tout cas on a plein de dates, dans toute la France, plus de trente jusqu’à l’été prochain.

Genono : On peut donc appeler ça une tournée.

Vald : Ouai, mais je les connais mes dates, on va pas se mentir les frères. Y’a des salles de quelques centaines de personnes …

Mehdi : Bah on voulait faire la tournée des Zéniths, mais il a que 20000 fans sur Facebook, c’est chaud.

Vald : Après, je sais pas si on peut dire que je vais « défendre » l’EP pendant cette tournée, mais c’est clair que c’est un excellent prétexte pour monter sur scène.

Mehdi : En langage professionnel, ça s’appelle bien « faire une tournée » et « défendre un projet » (rires).

Vald : Ouai, mais j’ai pas l’impression de défendre quoi que ce soit. Quand je monte sur scène, les gens connaissent déjà les morceaux, je leur donne juste ce qu’ils veulent.

Teobaldo : Le fait d’être entouré, avec des gens qui s’occupent de la production, d’autres de la logistique … ça t’enlève un poids ?

Vald : Ca m’enlève un poids, mais d’un autre côté, je dois toujours leur courir après (rires). Maintenant, je délègue, c’est un autre type de poids, mais au final ça m’avance pas beaucoup.

Genono : Pour conclure, les prochains projets, tu bosses déjà dessus ?

Vald : Ouai, je suis en avance. Les morceaux que vous écoutez en ce moment, ça fait déjà un an que je me branle dessus. La suite arrive.

Genono : Bon, bah on a fait le tour.

Vald : Merci les frères, c’était cool, j’ai bien aimé cette interview. De toutes celles que j’ai fait, c’était la plus dynamique.

Tefa : T’oublieras pas de couper toutes les questions où il dit qu’il est antisémite, homophobe, et encarté au FN.

NQNT dans les bacs le 28 Octobre. Et le produit est très bon, alors faites pas les lâches et mettez un petit billet dessus (ndTeo : ceci est un message de Génono. Moi j’ai pas encore écouté le CD =/)

2 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

The Black Desperado Rises #TBDR

Si on fait le bilan de la dernière saison rap Frinçais, on constate un étrange fait (en fait on en constate 30 000 mais comme d’hab).
Oxmo Puccino serait revenu dans le rap. Trés furtivement, telle une ombre. Pour beaucoup, ce n’est qu’une légende urbaine. Il n’y aurait aucune preuve que le Black desperado ait remis les gants. Mais pourtant, c’est une certitude pour d’autres, le Black Desperado serait de retour. Comment et pourquoi ? Le Blavog n’en sait foutre rien (mais alors vraiment, que dalle), mais vu que c’est l’occasion de faire une parodie stupide, on va quand même tout vous raconter.

5051889389736-Batman-The-Dark-Knight-Returns-Partie-1-3
Devant un pavillon trés laid (c’est pas qu’il fasse délabré mais le goût en architecture est très douteux), Grodash des Hall frappe à la porte. Qui s’ouvre. Sur le pas de la porte, on retrouve Le Célèbre Bauza.
Grodash -Je suis venu voir Oxmo Puccino. COUSIN !
Bauza -Je suis désolé, monsieur Puccino ne prends pas de rendez vous imprévu. Même si c’est venant d’un type qui porte des lunettes de soleil en plein jour.
Grodash -Et ta non carrière totale, c’était prévu ça ?
(Alors là vous allez dire que c’est gratuit d’afficher ce pauvre Célèbre Bauza comme ça alors qu’il rappe même plus ou si peu. Mais je vous dirai que c’est pour que son blase ne tombe pas dans l’oubli, bande de petits ingrats)


–On retrouve Grodash assis sur un canapé très moche dans un salon imonde. Un gros type mal réveillé le rejoint alors dans la pièce.
Oxmo -Bonjour, jeune intrépide.
Grodash -Je suis venu pour le feat.
Oxmo -…
Grodash -J’ai besoin de toi. J’ai besoin du Black Desperado.
Oxmo -T’as de l’espoir.
Grodash -On s’est déjà rencontré. En 98. devant les locaux de Skyrock. On était venu avec des potes. Et c’est là que tu es apparu. Sortant de la radio avec un cigare au bec, un stylo plume avec une mine de cristle et un chapeau de mafieux. On a tellement kiffé ! Oxmo Puccino ? De Pucc Fiction ? De Opera Puccino ? On se faisait des films avec les potes ! Des films entre potes… C’est tout ce que c’était… Mais moi je savais que c’était possible. Alors je t’ai demandé un feat et tu m’as donné ta parole.
Oxmo -C’était il y a jadis et naguère, ça. Je fait de la variété, maintenant, moi, mon petit monsieur. Je ne suis plus rappeur… Ça fait des années…
Grodash -J’ai suivi ton parcours depuis ton tournant variet. On te regardait dans les émissions de merde, style Ruquier. Les potes, ils se foutaient bien de ta gueule, mon gros. Mais moi j’ai vu ton regard. Ce regard que je m’entraine à faire chez moi, devant mon miroir. Faire croire au mec qui t’interviewe qu’il te pose des bonnes questions. Mais au fond, tu étais vraiment saoulé. Car tu es un rappeur ! Un vrai rappeur ! Et comme tous les rappeurs, tu détestes les interviews que tu fais à la télé.
Oxmo -…
Grodash -Tu es le Black Desperado. Tu dois remettre ton masque. COUSIN.
Oxmo -…
Grodash -Trés bien. Je m’en vais.
Oxmo -Attends. Pourquoi as tu dis que tu me regardais au passé ? Tu ne me regardes plus à la télé, maintenant ?
Grodash -Tu devrais prendre un peu l’air, te rafraichir les idées et faire gaffe aux détails. Tu réaliserais que tu ne passes déjà presque plus du tout à la télé. Malgré toutes tes tentatives lamentables d’infiltrer durablement la scène Française.
(Grodash s’en va. Laissant Oxmo Puccino. Seul. Perplexe)

Oxmo -Black Bernardo ! Ici mon fidèle copain.
Bauza -Ça te reprend ces conneries ? Faut arrêter de m’appeler comme ça.
Oxmo -Est-ce que c’est vrai que j’ai pas fait tant de télé que ça pour la promo de Roi sans carrosse ?
Bauza -Qu’est-ce que j’en sais ? Y a rien eu de marquant, en tout cas. Mais comme j’en ai plus rien à foutre, j’ai pu rater quelque chose.
Oxmo -Et mes ventes ?
Bauza -C’est pas fantastique.
Oxmo -Impossible, j’ai gagné une victoire de la musique avec cet album.
Bauza -Une victoire de la musique urbaine, oui. Autrement dit, tout le monde s’en contre branle sur la table basse.
Oxmo -Ah bah merde, non. Je suis sensé être un poète qui restera dans les têtes. Et là tout le monde m’oublie ?
Bauza -Il te faut remettre le masque.
Oxmo -Non, je ne peux plus être le Black Desperado. Je dois rester ce poête élégant. C’est comme ça que je ferai de grosses ventes. Comme avant la crise.
Bauza -C’est le déni, ça.
Oxmo -Que nenni, c’est toi le déni.
Bauza -Et si je te disais que tes ventes t’avaient écrit un mot avant de partir ? Un mot dans lequel elles te disaient qu’elles ne reviendraient plus ? Et si je te disais que j’avais brûlé ce mot, pour ne pas te faire de peine…
Oxmo -Nooooon !!! Je vais avoir la réaction d’orgueil la plus constructive et intéressante qui soit : je vais bouder dans ma chamb… Mon repère secret.

Je vois... Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec...

Je vois… Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec…

Oxmo s’enferme alors dans sa cave où il joue avec des vieux posters de lui comme si c’était des figurines. La nostalgie plein son petit coeur.
C’est alors que, sorti de sous terre et en moto, apparait Ol Kainry avec un masque de Luchador sur la figure et une redingote de bucheron.
Oxmo -Ça c’est de l’entrée.
Ol kainry -Ne te demande pas qui je suis. ne te demande pas qui est ce nègre en selle, ce qui importe c’est notre but.
Oxmo -Tu es Ol Kainry… On te reconnait facilement. Mais qu’est-ce que c’est que ce masque ?
Ol Kainry -Un masque au max de la masquance.
Oxmo -Qu’est-ce qui se passe si je l’enlève ?
Ol Kainry -Ça ferait mal.
Oxmo -Comment ça se fait ?
Ol Kainry –J’ai des bails de cheveux coincés dans la zippette, derrière.
Oxmo -Aouch. ah ouais, t’es un gros dur, toi.
Ol Kainry -Pour quelqu’un comme toi, oui.
Oxmo -Et qu’est-ce qui te prend d’arriver en dévastant mon joli carelage saumon de chez point P, jeune vandal ?
Ol Kainry -J’ai appris que tu allais te remettre au bail de rap…
Oxmo -Oui, je l’avais promis à ce jeune qui n’en veut et qui a un nom de lessive. J’ai réussi à reculer l’échéance pendant 16ans mais là je crois qu’il commence à se rendre compte que je le prends pour un con.
Ol Kainry -Si le Black Desperado refait surface, alors il devra rapper pour moi, d’abord. Sur un morceau avec une tite-pe au refrain. Et ensuite tu auras ma permission pour poser sur l’album de Grodash.

Tu n'as pas ma permission de faire caca

Tu n’as pas ma permission de faire caca

Oxmo -Mais où est l’intérêt de me faire à nouveau rapper si c’est pour qu’une inconnue chante très mal au refrain ? Je peux le faire moi même.
Ol Kainry (Il met sa main sur l’épaule d’Oxmo)-Est-ce que tu te sens aux bails de commandes ?
Oxmo -On peut savoir ce que tu fais avec ta main bourrue, petit homme étrange et tout en muscles ?
Ol Kainry -Je te demandes si tu te sens au max de la maxance ?
Oxmo -Et bien…
Ol Kainry -FAUX !!!! C’est moi qui dit qui qui fait quoi et toi tu vas rapper sur mon album et y aura une meuf au refrain !
Oxmo -T’énerve pas. Moi, tu sais, au point où j’en suis, j’en ai plus rien à cirer de que dalle. Les albums dégueulasses plein de trucs sirupeux, j’en ai fait. C’était pour toi que je disais ça. Sur un album d’Ol Kainry, les gens veulent juste que ça rappe. C’est pas Facteur X 3 ou je ne sais quelle horreur.
Ol Kainry -« On demande juste que ça rappe ! Rappe ! Rappe ! Rappe ! » Hey mais c’est pas mal ça ! Ça ça ferait vraiment un bon refrain !
Oxmo -Tu vois !
Ol Kainry -Ce sera parfait pour mon album avec Dany Dan.
Oxmo -Mais pourquoi sur l’album avec Dany Dan ?
Ol Kainry -Parce qu’il faudra bien que je revienne pour ma fan base après les avoir déçu avec « Dyfrey ».
Oxmo -Non mais je veux dire pourquoi pas sur notre duo à nous ? Ce serait pas mal.
Ol Kainry -Je veux pas que ce soit pas mal.
Oxmo -Tu veux que ce soit mal, donc ?
Ol Kainry -Un mal nécessaire.
Oxmo -Mais dans quel but ?
Ol Kainry -L’embrasement arrive.
Oxmo -OK… Cinglé… Et c’est moi qui dit ça…

Ol Kainry -Comme ça je reviens avec des bails de morceaux single pour plaire au plus grand nombre.
Oxmo -Je ne doute pas que ta stratégie sera vraiment payante, mon bon ami, mon comparse, mon complice. Mais si tu veux faire un truc grand public, pourquoi ne pas faire un son acoustique avec des musiciens de jazz ?
Ol Kainry -Ah ! Le bail théâtral ? Les bails de la tromperie. Toujours très impressionnant pour les bougs qui connaissent que dalle au rap. Mais on s’y connait en rap, nous, n’est-ce pas mon boug Oxmo ? On a appris au sein de la rue !
Oxmo -Oh moi, tu sais, la rue…
Ol Kainry -Je sais, mon boug Oxmo. Tu as peut être adopté le rap. Moi, je suis né dans les bails de rap. Modelé par les bails de rap. Je n’ai écouté de la variété qu’une fois à l’âge adulte. Et pour moi ce n’est rien d’autre qu’assourdissant !
Oxmo -Bah alors pourquoi ramener des chanteuses à tour de bras ? C’est pas comme si tu connaissais Olivia Ruiz, en plus.
Ol Kainry -Pour embraser les ventes ! Ventes rises !
Oxmo -C’est pas gagné, vu ta façon d’envisager le chant dans un morceau rap.
Ol Kainry -Bail de point d’interrogation, là ?
Oxmo -Tu amènes tes parties chantées comme les mauvais singles d’il y a 10 ans, mais c’est fini Factor X, mon bon. En plus, ton public est très rap. Ça lui fera très plaisir de me revoir en mode MC, tu es bien cruel de gâcher leur joie, ainsi. Eux qui voulaient me révérer en toute quiétude.
Ol Kainry -C’est pour ça que je sors mon album avec Dany Dan dans la foulée.
Oxmo -Tu veux dire qu’il n’y aura pas de feats de merde dessus ?
Ol Kainry -Ah bah si, pourquoi ?
Oxmo -…

Comme Oxmo en avait marre de tous ces gens fous du 91, il retourne alors les chiffres de 91 et retourne ainsi dans le 19, de ce fait.
Un peu comme Batman qui retourne à Wayne Corp. Sauf que lui il retourne vers Danube et croise un autre rappeur du coin.

Oxmo -Il me faudrait de nouveaux gadgets.
Abis -Euh… Ouais… Pourquoi tu me dis ça à moi ?
Oxmo -Parce que je reprends les affaires. Donc je retourne dans mon fief. Un peu comme Bruce Wayne dans TDKR. T’as pas lu le début du billet ?
Abis -Mais c’est moi qui fait Morgan Freeman dans ta version ? Je suis plus jeune que toi…
Oxmo -Et t’es pas noir non plus, mais on fera avec.
Abis -La couleur c’est pas grave. Le sang est le même pour tous, appelle moi Rachid Sissoko. Mais en vrai c’est moi qui devrait faire Batman.
Oxmo -Comment ça ? Tes paroles sont houleuses, mon jeune ami.
Abis -Bah je suis l’homme du bâtiment, l’homme du bât. Bâtman ! Sous ma cape, je visser des gothiques.
Oxmo -Pas mal. Pas mal… t’es sûrement encore un mec qui va me demander un feat, je le vois venir.
Abis -En fait, je t’ai déjà demandé y a quelques années.
Oxmo -Alors ma réponse sera la même !
Abis -Alors ça tombe bien parce que t’avais dis oui. Par contre tu l’as jamais fait après…
Oxmo -Putain, faut que j’arrête de faire ça. Ça ressemble toujours à une bonne solution sur le coup mais après ça me revient dans la gueule.

Abis -Mais c’est cool que tu reviennes aux affaires. Comme ça tu peux poser sur mon album comme prévu à la base.
Oxmo -Il faut que je vérifie si tu mérites un feat avec moi.
Abis -Tu veux test ?
Oxmo -De fait, je vais te tester. Dis moi, mon petit bonhomme, comment comprends tu cette phase ; « Les gens ivres de bonheur rêvent de revolver » ?
Abis -J’sais pas. Les gens heureux, au fond d’eux dépriment et veulent se supprimer. Ou bien alors que les seuls heureux sont ceux adeptes des armes. Les vendeurs, les trafiquants ou plus simplement ceux qui aiment la guerre.
Oxmo -Tu as vu tout ça dans ma phrase ?
Abis -Oui, pourquoi pas. Tu pensais à quoi, toi ?
Oxmo -Euh… Oui… C’est exactement ce que je voulais dire et même bien plus encore.
Abis -C’est ça le 19ème : c’est la rue avec la plume.
Oxmo -C’est beau ce que tu dis.

Mmmmmmmmmmmmmmm !MMMMMMMMMMMM !MMMMMMMMMMMMM!
Roi sans carrosse sur le périph !!!

Poster un commentaire

Classé dans cinoche, complots, Parodie

Interview NKLM

En attendant la rentrée officielle du Blavog dans vos m*** (ce qui ne saurait tarder vous qu’Octobre pointe le bout de son zgueg)

Notre bon vieux Teobaldo est parti avec son sac à dos pour TupakTV, à la recherche de personnes aux compétences indéniables, et voici qu’il nous livre donc l’interview du collectif NiKLesMouths (NKLM), un groupe de beatmakers du 91 qui a déjà produit pour Zesau, Juicy P, Hype & Sazamyzy, Zekwe Ramos, Alkpote, Moon’A, Butter Bullet ainsi que tout un tas d’autres gens recommandables comme ça.
Vous allez voir dans cet interview que, comme ils le disent eux même « Les beatmakers ont autant de choses à dire que les rappeurs ».
Et le montage a été assuré par Mehdi Mohatou, le fils caché de Serge Moati.

http://tupaktv.com/interviewtupaktv-collectif-nklm-face-camera-video/

Donc allez-y, cliquez, ça vous fera pas mal au cul.
De toute façon, c’est une interview de moi, donc automatiquement je parle à des gens intéressants (Je serai pas allé là bas, sinon, réfléchis) et donc c’est bien.

et puis partagez aussi, il parait que c’est ça le hip hop, c’est le partage (moi j’aurais plutôt dit que ça s’appelle l’éducation mais à priori c’est ça aussi le hip hop)

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Avengerzere 3

la suite de ça
BgoLUEFIAAAjM5H.jpg large

Nous revoici dans l’hézélizipozorteuzeur du SHIZIELD, où le directeur général Booba Fury est en colère. Et au passage, on dit directeur général mais c’est bien plus que ça. Il est directeur mais aussi général. Les 2. Donc le jour où il passe PDG je vous dis pas le merdier.

Booba -Mais qu’est-ce que tu fous là, toi ?
Zekwe -Je viens du futur en Delorean, comme Marty MacFly….
Booba -Faux ! C’est moi qui suis dans le futur, pas toi. Bâtard, c’est mon futur ! Surtout celui là. Et ça explique pas comment t’es arrivé à bord de mon super Héliziporteur en plein vol.
Zekwe -Peut être parce que la Delorean peut voler ?
Seth Gueko -Et qu’est-ce que t’es venu foutre là, ma couillasse ?
Zekwe –J’ai la richesse d’être libre donc techniquement, je fais ce que je veux.
Seth Gueko -Avec tes cheveux ? Ça explique la crête ! ZBLAX !
Zekwe -Très marrant. Non en fait je suis venu pour la fille d’à côté. De toi.
Shay -Moi ? Tu peux toujours rêver si tu veux un feat.
Zekwe -Non, je sais que tu es un T800 venu du futur.
Shay -Ouais, T800 version feumeu.
Kaaris -Toi aussi t’es venue du futur pour baiser Sarah Connor ?
Booba -Fermez là avec vos conneries ! Y a que moi qui vient du Futur ici ! C’est même le blase de mon album.
Zekwe -En fait je me surnommais « Mr Futur » bien avant et…
Booba -Je m’en branle, c’est moi le plus connu. Si c’est comme ça je vais aussi prendre des gimmicks de chez toi genre « Zere ». Et toc, bien feinté l’asticot.
Zekwe -Je viens d’Evry, moi. Pas de Grigny.
Booba – MAIS C’EST PAREIL PUTAIN
Kennedy -Je suis désolé de casser l’ambiance, mais moi je disais déjà « On m’appelle Kennedy ou Futur » et c’était en 2005. Donc ça veut dire que, techniquement, je vous ai pompé. Je suis désolé.
Booba -…
Zekwe -…
Shay -…
Kaaris -…
Dosseh -…
Nessbeal -…
Niro -…
Issaka -…
Mala -…
Djé – »’
Grodash -…
Smoker -…
Seth Gueko -Non, alors je t’ai déjà expliqué, ma couillasse, mon julot, mon potogo. Une bonne fois pour toutes : pomper quelqu’un c’est ce que tu fais d’habitude en reprenant des phases que les gens ont sorti AVANT toi. Pas après.
Kennedy -Ah ok… Mais du coup, si on la sort tous les 2 en même temps ?
Zekwe -Bon allez, j’en ai raz le cul ! Je reprends ma Delorean et je vais remonter le temps avant d’avoir cette conversation avec vous.

funny-pictures-auto-415950

Booba -Bref. Quelqu’un ici n’a pas suivi le plan, quelqu’un ici a trahi, quelqu’un ici a poussé le bouchon beaucoup trop loin sans s’appeler Maurice. Et c’est toi, Niro !
Niro -Quoi ?! La vie de ma mère que je suis pas un teutrai, reste tranquille !
Booba -Tu as franchi la limite !
Niro -Mais c’est quoi la limite ?
Booba -Ne pas feater le rappeur pointeur !
Niro -Le feat avec La Fouine ?
Booba -Si si.
Djé -Pas dire je veux, mais Grodash, Kennedy, Seth, Smoker et surtout Nessbeal aussi l’ont déjà fait.
Booba -Allez hop ! Tous par dessus bord et toi aussi, Djé, parce que j’aime pas les gens trop fidèles non plus ! Poucav tout naze.
Niro -t’inquiète j’ai pas fini d’en faire des feats qui vont te faire chier.

–Les hérauts décident alors de se tirer devant un accueil aussi mitigé de la part de leur hôte. Quelque part, qu’il aille se faire foutre–

Linsen -Nous aussi on se casse ? Parce qu’à vrai dire le canap est confortable, ici.
Booba -Rappelle moi qui tu es ?
Linsen –Linsen. Le mec d’Unité Spéciale.
Booba -Les mots sortent de ta bouche mais n’ont pas de sens.
Linsen -Je fais du rap. On m’appelle l’insane.
Booba – …
Linsen – L’insane. Jeu de mot.
Booba – …
Linsen – non parce que tu vois, en fait…
Booba – je t’arrête tout de suite, mon silence n’est pas un oubli. Tu dis que tu rappes, prouve le, sors une phase.
Linsen – À quoi sert un avocat si t’es coupable ?
Booba -Au hasard : esquiver la zonz ?
Linsen -Mouais.
Booba -Donc toi si on te demande si tu veux un baveux tu réponds « pas la peine, je suis coupable »
Linsen -Bah ouais. La dernière fois l’inspecteur m’a dit qu’il en faudrait plus des comme moi.
Booba – Tu m’étonnes. Et sinon, tu veux un grec ?
Linsen -Pas la peine, j’ai faim.
Booba -Je vois, je vois… Hey Dam16, tu veux poser sur une de mes mixtapes ? Au point où on en est.
Dam16 -Pas la peine, j’ai un gros son en réserve que je vais bientôt mettre sur myspace.
Booba -Pourquoi tout le monde me fout pas la paix comme vous ? Vous êtes les meilleurzere.
Gato – I am Gato
Booba – je me disais aussi. Tu peux rester, mais je sais pas vraiment pourquoi.

Dehors, les hérauts discutent entre eux pour tuer le temps et briser le silence gênant en attendant que leurs parachutes Ünkut (facturés) ne les ramènent sur la terre ferme. Booba Fury allait pas se faire chier à poser l’Elieporteur non plus.
Niro -Moi je dis, on s’en bat les couilles. Bat les couilles. Bat les couilles.
Dosseh -On va continuer nos affaires de notre côté.
Kennedy -Mais vous comprenez pas ? C’était la chance de notre vie.
Seth -Mais qu’est-ce que t’as à être comme ça avec Booba, ma couillasse ? Même moi, je l’aime beaucoup, mais toi t’es excité comme Guy George aux jeux paralympiques à chaque fois que t’en parles.
Kennedy -Mais c’est normal. Booba déchaîne les passions. C’est comme ça. Le mec est arrogant. Il dit qu’il va tout baiser. Et ça arrive. Comment il fait ? Est-ce que c’est un gros gogol qu’a de la chatte ? Mais comment il ferait tout ça si il était gogol ? Est-ce qu’il savait avant qu’il allait tout niquer ? Comment il savait ? Est-ce que c’est son arrogance qui lui donne sa fore ? Sa force qui lui donne son arrogance ? Sa confiance en lui aurait été ébranlée si il avait merdé en route ?
Shay -Et il a des pecs trop beaux.
Kennedy -J’allais le dire. Finalement, Booba nous renvoie à notre propre condition. Quelle est la chose que je dois avoir en moi pour réussir comme lui ? S’il me regarde, est-ce que ça veut dire qu’il voit cette chose en moi ?
Issaka -tu parles de sa bite ?

Kennedy -S’il me regarde pas, est-ce que ça veut dire qu’il a rien vu en moi ? Comme tout leader d’un mouvement, il fascine. Est-il fou ? Très intelligent ? Les 2 ? Et nous ? Comment réagit-on à cette fascination ? Comment l’assume-t-on ? L’assume-t-on seulement ? Si oui, au grand jour ?
Shay -Mais surtout, il a de gros bras. La chatte à Popeye.
Seth -Non mais merde, là ! C’est moi qui dit la chatte à ceci où la chatte à cela ! Voleurs ! C’est mes chattes ! Surtout celle là.
Dosseh -Ah oui, alors à ce sujet…
Niro -En fait, c’est tout bête, tu vas voir…
Seth -Bah qu’est-ce qu’y a ? Crachez votre pastille, les julots.
Dosseh -Tout le monde dit la chatte à ceci la chatte à cela, maintenant.
Seth –Non ! Vous mentez !
Despo -Enfin, voyons, Seth, ouvre les yeux. C’est Chatte Land le rap maintenant.
Seth -NEEUUUUHOOOON ! POURQUOIIII ??
Niro -Ça va aller, poto ?
Seth -J’ai besoin d’un peu de temps. Ça fait tout drôle de plus être considéré comme un des rappeurs frinçais les plus vulgaires. Où est passé l’époque où je choquais ? J’ai beau élargir mon champ lexical toujours plus loin, ça a juste l’air chelou, comment que je cause. C’est plus comme avant.
Djé -Que tu invites Bigard, c’est pour ça ?
Seth -Mais non, putain. J’ai déjà dit mille fois, c’est parce …
–Mais Seth Gueko ne peut finir sa phrase, un missile Syrien qui passait par là vient accrocher son parachute et embarque maintenant le pauvre Seth vers la Californie–
Niro -C’est dommage. Un parachute tout neuf.
roger-rabbit-cameos
Booba -Vous voyez, Agent Maître Gims..
Gims -Maître Agent Gims.
Booba -Ok… Vous voyez, Agent Maître Gims, presque aucun n’a passé les tests.
Gims -Comment ça ? Vous les avez presque tous jetés par dessus bord.
Booba -Ok… Presque aucun n’a passé les tests. Je peux pas compter sur eux pour changer le rap avec moi afin d’en façonner un meilleur et plus beau.
Gims -Ils n’ont pas cette haute capacité à vendre à des pisseuses de 13 ans comme nous.
Booba -Exactement. Mais si tu recommences à m’interrompre, je te pète la gueule.
Gims -Ah ? Je croyais que vous m’ignoriez.
Booba -C’est ce que je fais avec tout le monde normalement. Mais toi, c’est impossible. T’ouvres toujours ta gueule. T’es tout le temps là. J’allume ma radio, t’es dessus. Ma télé, t’es dessus. Mon dernier CD, t’es dessus. On croit rêver, putain.
Gims -C’est le moment que vous attendiez tous, c’est ma réplique, mon moment, mon instant : DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ.
Booba -T’es lourd… Je disais donc, avant de te péter la gueule…
Gims -Mais vous m’avez pas pété la gueule. Ni ici ni dans les ventes.
Booba -Nan mais je vais le faire. Mais d’abord j’aimerais finir cette putain de phrase !
Gato – I am Gato.
Gims – Plaît-il ?
Gato – You are not Gato.
Gims -DÉÉÉÉÉÉÉSOOOOOOOOOLÉÉÉÉÉÉÉ. Vous disiez donc qu’il fallait sauver le rap Frinçais. Et faire du real Hiphop comme les mecs en Amérique ! Tout pareil.
Booba -Et celui qui a suffisamment de potentiel pour atteindre ce but, c’est le Hulkaaris.
Gims -Mais le Hulkaaris est instable, l’exposition trop prolongée au poulet braisé a altéré son métabolisme à un point…
Booba -50 cm de tour de bras, je sais, il le répète partout, vous me faites tous chier avec ça.
Film Title: The Incredible Hulk
Ils entrent alors dans la chambre forte sécurisée où Hulkaaris attend.
Kaaris -KAARIS !!! KAARIS !!!
Gato – GATO !!! GATO !!!
Kaaris – gâteau ? Kaaris préfère le poulet avec de la chapelure.
Booba -Tout doux, mon gros. Alors tu as choisi comment tu allais enchaîner après ton album ?
Kaaris -Kaaris va faire une réédition de Or Noir !
Booba -Quoi ? Non ! Tu peux pas faire ça. C’est moi qui fait les rééditions ici.
Kaaris -Alors pourquoi Edgar Davids peut et pas Kaaris ! Click ! OOOH CLICK !!
Gims -C’est parce que c’est moi qui ai eu l’idée le premier.
Kaaris -Kaaris croyait que c’était Booba Fury qui avait eu l’idée de faire réédition en premier.
Booba -Personne n’a eu l’idée de faire la réédition en premier, ça se fait depuis la nuit des temps dans la musique, mais c’est bien que tu dises que c’est moi
Gims -C’est comme ça que ça marche le rap frinçais.
Booba -Pas plus d’un pompage à la fois, sinon ça se voit.
Kaaris -Oh click !! Kaaris s’en fiche ! Kaaris va quand même sortir réédition !!!
Booba -Alors tu n’auras plus mon soutien. Méchant.
Kaaris -Et ?
Booba -Et alors, sans tous mes Boolievers, tu es foutu.
Gims -Boolievers ?
Booba -They believe in Booba. They boolieve !
Kaaris -Kaaris se moque des Boolievers.
Booba -Tu as tort, c’est grâce à eux que t’en es là, aujourd’hui. Observe.
-Le directeur Général Booba Fury ouvre un sas qui donne sur une fosse où plein de gens dorment à même le sol dans une pièce
sans lumière-
Les Boolievers -Oh ! C’est Booba ! Gloire à Booba !!
Booba –Salut les p’tits PDs. Dites moi, vous vous souvenez de ce gros, là ?
Les Boolievers -Oui, c’est Kaaris. Il est trop fort ! Il ramène du lourd dans ce rap game ! On a tous bien acheté son disque comme tu nous l’avais dit. We Boolieve in Booba !!!
Booba -Voilà. Sauf qu’en fait ça a changé, mes cons. Kaaris est un enculé de petit ingrat maintenant.
Les Boolievers -Boooooh Kaaris ! Nique ta mère Kaaris ! On achètera plus tes CDs. We Boolieve in Booba !

groupie_300
Booba -Tu vois ? Ils feront tout ce que je leur dis même quand c’est débile.
Gims -Impressionnant.
Kaaris -C’est la connerie des Boolievers que Kaaris trouve impressionnante.
Booba -Pffff c’est facile d’insulter mes fans.
Gims -Euh… Je veux pas dire, mais là c’est toi qui leur pisse dessus.
Booba -Bah c’est aussi mes chiottes, ici. Izi.
Kaaris -Boolievers rien dire quand Booba leur pisse dessus ?
Les Boolievers -Oh ! Louons le Seigneur, il nous arrose avec le nouveau parfum Ünkut !
Kaaris -…
Gims -…
Booba -Oui, même pour moi, c’est choquant parfois. Mes fans sont géniaux.
Kaaris -Kaaris sortira quand même Réédition Or Noir !

(Le Hulkaaris saute alors très haut et passe à travers le plafond de l’Elieporteur)

117244-Tyrion-Tywin-trial-gif-Imgur-f-WVZY
Gims -Il est parti.
Booba -Mmmm… Ce petit con échappe à mon contrôle. Très bien… Je vais guetter ses paroles, maintenant. Et à la première occasion, je dirai qu’il me clash et que c’est lui qu’a commencé.
Gims – t’es sûr que tes fans vont suivre ?
Booba – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? Oh et puis merde, laisse-moi, j’ai un important coup de fil à passer. Allo ?
Salif – ouais ?
Booba – salut, c’était juste pour te redire une dernière fois que tu feras jamais partie de mes Avengerzer
Salif – si c’est un truc sexuel, je veux rien savoir
Booba – arrête de faire le con, je parle de rap
Salif – mais t’as rien compris de ce que j’ai dit ? Pourquoi tout le monde s’obstine à me faire chier aujourd’hui ? J’en ai plus rien à péter de ce rap de merde
(il raccroche)

Booba – il me rappelle quelqu’un, ce type…
Gato – toi, à l’époque où t’étais obligé de kicker parce que tu connaissais pas encore l’autotune ?
Booba – peut-être mais… hé mais d’où tu parles français toi ?!
Gato – I am Gato
Booba – …
Gato – Little Haiti vagabon toujou ladan’l men’m si’l gen san. I am Gato.
Booba – j’ai dû rêver. Quel dommage que ce petit Salif ait peur que je l’écrase en featuring et qu’il soit jaloux de ma réussite…
Dje – Ce qu’il a dit, pas du tout c’est ça. Mais de plus graves problèmes nous avons.
Booba – Toi je sais même pas par quel miracle t’as échappé à l’éjection hors de mon Elieporteur.
Dje – en fait…
Booba – j’ai pas dit que ça m’intéressait non plus. Va faire un son avec Mala, et fous-moi la paix. Et sors le en même temps que le nouveau son de Kaaris
Mala – IZI OK, MAIS IZI POURQUOI FAIRE ?
Booba – pour que le Hulkaaris comprenne que c’est pas la fête non plus. Et pour vous rappeler que vous avez pas le dixième de son buzz aussi, donc mollo sur les ambitions solos.
Mala – IZI HUMILIATION
Gato – I am Gato da bato.
Dje – véridique c’est, mais toujours blessant. Mais c’est pas pour ça que revenu je suis. Attaqués nous sommes.
Booba -Attaqués ?
Gims -Il a raison. Un énorme vaisseau en forme de pelle se dirige droit sur nous.
Booba -Ça ne peut être que Crâne Rohff…

(en attendant la suite, tu devrais cliquer sur l’image ci-dessous, ça t’emmènera vers un endroit merveilleux où tu peux télécharger un nouveau bootleg pas piqué des hannetons)
avengerzer3

2 Commentaires

Classé dans avengerzere

Avengerzere 2

C’est la suite de ça #LeBlavogPourLesNuls
g1336250885166307635
Kennedy -Par rapport à Gim’s, si c’est parce qu’il peut chanter sur tes refrains, moi aussi je peux. Je me suis entraîné. Après Scarface, j’ai fait « Mon cœur sur écoute » pour toi. Tu l’as écouté ?
Booba -Hélas… oui…
Kennedy -Ah merde. Bah j’espère que ça a pas entaché l’image que t’avais de moi…
Booba –Hélas… non…
Humphrey -De toute façon, s’il faut chanter après Maître Gims, je suis deuze.
Soma -Et moi, je suis troize.
Booba -Calmez vous, vous. Toi, je t’ai invité sur A3 juste pour faire chier Rohff.
Soma -Moi ?
Booba -Non, l’autre. Toi je ne me souviens plus vraiment de qui tu es, wesh. Désolé, hein.
Soma -Tu déconnes ?
Booba -Ouais, je suis pas désolé, en fait. Bien vu. Tu gagnes la porte.
Naadei -En plus, moi j’ai chanté sur 2 de ses mixtapes ET un de ses albums, ça m’a pas apporté grand chose, tabernacle.
Shay -Bah casse toi la cause perdue, une fois. C’est moi la Izi First Lady, maintenant, morray.
Naadei -Ostie de niaiseuse, me monte pas en christ. Câlice !
Shay -Alley ! Facile !
bitch fight
Grodash -Je comprends rien à leur accent, et vous ?
Despo -Non plus, pour une fois c’est pas nous les plus gros blédards.
Gato – Chak jou se pou’m fe lajan !
Despo – qu’est-ce que je disais
Niro – dites, on devrait peut-être séparer les 2 meufs qui se roulent par terre non ?
Seth – tu veux dire que je devrais arrêter de les filmer avec mon phone ?
Nessbeal – ce serait un premier pas, khey
Seth – zblax ! si on peut plus rigoler aussi…
Grodash – allez les filles ça suffit maintenant. Naadei tu vas là-bas, B-la tu viens ici.
Shay – mais je suis pas B-la
Grodash – j’ai pas le temps de retenir de nouveaux noms putain…
Naadei – haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !
Shay – mais t’as déjà dit mon nom dans une rime j’te ferais dire.
Booba – tu fais des name-dropping de rappeuses quand elles ont plus d’actu ? J’aime ça. Où qu’elles sont comme Princess Anies ?
Grodash – heu… je me souviens plus trop
Shay – Et mon cul c’est du poulet ?
Kaaris – Kaaris aime le poulet !
Booba – oh bordel vous l’avez réveillé. Du calme Ris-Ka, on ne parle pas réellement de poulet, c’est juste une expression
Kaaris – c’est pas grave, Kaaris aime les culs aussi. Autant que le poulet en fait.
Seth – t’es un bon mon julot
Kaaris – par contre calme-toi, Kaaris n’encule pas des poulets.
Seth – mais j’ai jamais…
Shay – laissez-moi parler ! « Débordé de weed, comme si y’avait le boul de Shay dans le pochon », tu l’as bien dit ça nan ?
KFC-Obama
Grodash – pas du tout, j’ai dit Shy’m, enfin je crois.
Niro -Donc son cul c’est pas du poulet, mais de la guedro, c’est ça ?
Kennedy -Comme de la Blue Magic !! Comme le son qu’on a fait avec Doss, arrêtez de pomper le cahier de rimes, les refrés
Dosseh -T’emballe pas, t’emballe pas
Kaaris – J’TE COUPE, J’T’EMBALLE ET J’TE BIBI
Smoker – Les Refrés c’est pas un groupe de Paris ?
Kaaris -Kaaris aime la guedro aussi !
Booba -T’aimes beaucoup de choses toi…
Kaaris -Kaaris peut aimer manger du poulet avec des baguettes et en même temps manger le cul du petit chaperon rouge et en même temps fumer de la OG Kush et en même temps faire le grand écart et…
Seth -Kamoulox !
Booba -Ouais ouais, c’est bon. Mais ça n’a aucun sens tout ça.
Kennedy -C’est moi qui dit « en même temps« , normalement. Arrêtez de pomper mon cahier de rimes euh… allez quoi.
Shay – Ta gueule, on parlait de moi, là.
Niro -Bah non, puisqu’il parlait de Shy’m…
Grodash -Mais je sais plus en fait, j’avais pris de la purple haze et…
Shay -Mon cul est quand même mieux que celui de Shy’m wesh
Nessbeal – c’est vrai
Niro – elle marque un point
Despo – Shy’m ce serait plutôt la poitrine, pas trop le boul
Humphrey – pas faux
Dosseh – ça dépend quand même, Shy’m est revenue très lourd ces derniers temps
Kennedy – grave, je regarde régulièrement ma compil vidéo de Danse avec les stars et dedans elle est au top
Linsen – cette phrase est horrible à tous les niveaux
Dje – dans son fessier, concentrée est la force
Gim’s – on vote ?
Seth – toi ta gueule.
shy'm
Gato – Nu lajan, nu lajan !
Humphrey – mais qu’est-ce qu’il raconte ?
Smoker – il parle d’un agent de police à poil je crois
Dosseh – mais c’est qui ce bouseux ?
Booba – on se calme, oublie pas que tu viens d’Orléans. Et lui c’est Groot. Enfin je veux dire c’est Gato.
Gato – I am Gato.
Booba – voilà, merci. Je sais pas vraiment qui c’est exactement et je comprends rien à ce qu’il dit mais c’est un jeune qui n’en veut.
Gato – I am Gato.
Booba – n’en rajoute pas non plus.
Seth – la tête de Gato, on peut dire que c’est une tronche de cake. PROFESSEUR PUNCHLINE !!
Gato – ?
Booba – arrêtez de l’embêter, il parle pas la langue
Gato – I am Gato da bato
Kaaris – Kaaris préfère le poulet rôti
Nessbeal – il dit qu’il est le gâteau du bateau ?
Shay – mais je pensais qu’on était dans un avion
Kaaris – Kaaris aime les serpents aussi
Kennedy – des serpents dans l’avion ?
Booba – je vous hais tous tellement. Mala ! Dje ! Remettez la bête dans sa cage, il est en train de se transformer.
Kaaris – Les singes vont retourner au zoo !
Nessbeal – ton petit cœur tombe en panne sèche ?
Booba – là tu pousses le bouchon un peu loin morray
Seth -C’est moi qui dit « Morray » normalement.
Booba -Wesh morray, je t’ai invité sur un projet, tu m’as invité sur un projet. Donc maintenant, tes gimmicks sont à moi si je veux. Comme ta phase sur le liquide et la banque du sperme.
Seth -Ah ok, de toute façon moi j’ai repris ton « Shalom, salam, salut » pour un refrain. On est quitte ma couillasse.
Booba -Ça c’est à mon avocat d’en décider.
rocket raccoon on groot
Dosseh -Tu reprends des trucs à tous les gens que t’invites ?
Booba -Si je peux. Toi j’aime bien ta phase « Tant pis si les mains sont sales tant que les nike air sont propres »
Dosseh -Alors moi je te reprends le truc sur la coupe à Krilin.
Booba -Ça marche. C’est aussi comme ça que j’ai repris le « Zer » aux mecs du 91.
Grodash -Ça vient du 91 mais surtout de Grigny en fait.
Smoker -Ouais c’est pas nous, le « Zer » c’est plutôt La Comera, les LMC Click
Grodash -Ou le reste du DGC.
Booba -C’est possible mais je parlerai pas à ces gens là. Jamais.
Smoker – lesquels ? Parce qu’ils sont plein à rapper là-bas
Booba – c’est possible, mais c’est tous les mêmes pour moi, d’ailleurs tout le monde les appelle « les mecs de Grigny » sans distinction.
Smoker – comment ça ?
Booba – comment t’expliquer avec des mots à ta portée… pour moi ils se ressemblent tous, les Grignois. C’est l’Afrique du rap, ils sont sympas, ils ont leurs coutumes, leurs traditions, leurs danses et leur langage folklorique que je peux emprunter, mais il est hors de question que je me mélange avec, j’aurais trop peur de chopper des saletés.
Despo – mais alors la frince du rap c’est quoi ?
Booba – pardon ?
Despo – si Grigny c’est l’Afrique du rap, la frince du rap c’est quoi ?
Booba – t’es con ou quoi, la frince du rap ce serait paris et la proche banlieue si on reste dans cette comparaison. Tu me déçois, à l’époque t’aurais capté direct le parallèle
Seth – c’est vrai que ces derniers temps niveau images dans les textes ton niveau a un peu baissé
Despo – bah le truc c’est que…
Dosseh – et niveau choix de feat aussi
Despo – non mais en fait…
Shay – et il me semble même que t’es plus petit qu’avant d’ailleurs
Despo – hein ?!
Kennedy – et ta nouvelle coupe est pas terrible
Despo – alors déjà…
Nessbeal – sans parler de tes fringues
Despo – ARRÊTEZ
Night_Watch_Judging_You
Kaaris – Kaaris n’est pas d’accord.
Despo – ah bah quand même, merci
Kaaris – tes fringues sont très bien.
Despo – …et ?
Kaaris – Kaaris a fini.
Despo – ah bah d’accord.
Kaaris – plus sérieusement, même si c’est vrai que tes fans se suicident à la pelle en écoutant Jamais 203, t’es typiquement le genre de mec totalement imprévisible qui peut revenir quand on l’attend pas, surtout avec ton style basé sur l’écriture qui ressemble à rien d’autre dans le rap frinçais. Moi j’y crois. Et le T Shirt « BTTF » te va bien mieux que le « Y&W ».
Despo – merci. Et attends, c’est la 1ère fois que tu parles normalement non ?
Kaaris – c’est parce que là c’est pas Kaaris, c’est Draaman aka Fresh, avant la transformation. Si tu regardes bien, j’ai moins de muscle, un doo-rag sur la tête, des sapes de zoulou et pas de barbe. Ah, « l’autre » revient, salut.
Mala – MEZETAZAMOZORPHOZOSE !
Kaaris – tu as aidé Kaaris à l’époque. Kaaris te défendra toujours, petit homme.
Despo – …bon. Revenons à ma question, si Grigny est l’Afrique du rap…
Booba – pardon, j’écoutais pas
Despo – et que la France du rap c’est Paris et sa petite couronne…
Booba – ça m’intéresse pas
Despo – mais du coup vu que paris c’est déjà new york avec 10 ans de retard est-ce que…
Booba – ça sert à rien d’insister
Kennedy – tu veux dire que… si on remonte le temps à new york, sur 10 ans, on se retrouve à paris ?
Zekwe – ça dépend macfly, parce que si c’est comme dans retour vers le futur, tu bouges pas géographiquement, normalement. Seul le temps se déplace.
Kaaris – back to the future ?
Booba – Vos gueules les trisos. Seth, qu’est-ce que je t’avais dit à propos de plus jamais ramener tes potes de label chez moi ?
Mala – TRISO DANS LE VAISSEAU
——————————————————-
(en attendant la suite, tu devrais cliquer sur l’image ci-dessous, ça t’emmènera vers un endroit merveilleux où tu peux télécharger un nouveau bootleg pas piqué des hannetons)
cover cross over

4 Commentaires

Classé dans avengerzere, sliphop

Avengerzere

Les MCs regardaient le ciel, hagards, ils attendaient un signe, ils attendaient le vaisseau mère, izo. L’héliporteur du 92I.
Mais alors que tous les 2 ans, l’hézélizipozorteuzeur descendait et emmenait quelques élus effectuer une autopsie pour les mixtapes du directeur des lieux, le général Booba Fury… Attendez. Mais qui êtes vous ?

Nikkfurie -Je suis Nikkfurie de La Caution et si vous faites une parodie d’Avengers alors c’est moi qui devrait reprendre le personnage de Nick Fury.
Booba -Mais t’es qui wesh ?
Nikkfurie –Nikkfurie, puriste, urine sur le racisme, lubie que…
Booba -Non mais ta gueule, je t’ai pas demandé un freestyle.
Nikkfurie -Figure toi que tu as devant toi Nikkfurie, illustre interprète et compositeur au sein du groupe de rap avant-gardiste y’a genre dix ans : La Caution.
Booba -T’es en train de me dire que vous existez que sur internet.
Nikkfurie -Ah non, c’est moi qui ai fait la musique dans la scène de capoeira entre les lasers d’Ocean’s 12, reprise partout après.
Booba -OK, ça pèse, je peux rien dire. Mais ne m’interromps plus, c’est sérieux ici. Et c’est moi Nizick Furizi.
Nikkfurie -Mais je peux faire un Nick Fury aussi. Y’a plusieurs versions.
Booba -Comment te dire sans être blessant : je suis Samuel Jackson et t’es David Hasselhoff, t’as j’veux dire ?
Nikkfurie -Frais !
Booba -…
Mouloud -Ah t’es là.
Booba – qu’est-ce que tu fous là, toi ?
Mouloud -Je suis le manager de La Caution.
Booba -Ah bah je comprends mieux pourquoi j’arrive pas à le trouver sympathique ce groupe.
Mouloud -Bon, tu viens, Nikkou ? Je vous ai trouvé une 3e de couverture dans le mag Hipsters & Jardinage mais comme ils savent pas qui vous êtes, faudra vous faire passer pour Eric & Ramzy, alors rase toi bien le crâne.
Booba -Et maintenant je comprends comment votre carrière a pas décollé après le film à Clooney et ses potes…

Platane

Platane

Donc, tous les 2 ans, l’Héliporteur du SHIZIELD descend et ramène des élus que le général Booba Fury estime dignes. Mais cette année, il n’y eut point d’autopsie. En lieu et place, il y eut une réédition du Futur. Parce que le Futur est une variable fluctuante, ou va savoir quelle phrase de puceau intrépide ses fans vont encore trouver pour que ça fasse complexe et cool.
Les MCs ne savaient plus quel coin du ciel balayer de leur regard. C’est alors que ça arriva : tous les élus des différentes époques passées furent rappelés sur le vaisseau mère. Réunis dans la salle de contrôle, ils attendent Booba Fury qui ne tarde pas à faire une entrée au moins aussi pressionnante que celle de Shredder dans Tortues Ninjas 1.

187212578

ouais, on fait toujours des montages hideux

Booba -Si je vous ai réunis, c’est que vous avez tous été mes hérauts à travers les âges, c’est à dire de 2005 à 2011 et seulement les années impaires, afin d’un jour mener l’assaut final.
Niro -Mais sinon, on va faire des feats ou pas ? Ça m’arrange pas, j’essaie d’arrêter en ce moment, j’ai acheté des patch et tout.
Booba -C’est moi qui parle, morray. Donc je réunis une équipe, les meilleurs. Il faut sauver le hip hop Frinçais.
Issaka -Non, qu’il repose en paix
Booba -tu vis dans le passé, mec, ça je le disais y’a 5 ans
Issaka -non, y’a 12 ans
Niro -c’est vrai que t’es plus tout jeune dis donc
Booba – fermez la, j’ai 27 ans
Issaka – 37 ans. et ça règle pas le problème, c’est pas du tout ce que tu disais.
Booba – ouais mais à supposer que j’ai vraiment 37 ans, ce qui reste à prouver et qui en attendant vous vaudra à tous un procès en diffamation et sans doute toute une vie de labeur en dommages et intérêts, bah c’est normal que j’ai évolué.
Seth – tu m’étonnes ! C’est comme moi, avant j’avais pas de tatouage. Dingue, non ?
Booba – si tu veux. Et donc en fait…
Seth – maintenant j’en ai plein ! et sur mes mains si je les croise ça fait T.H.U.G  S.E.X.E. mais ça fait aussi S.E.T.H. G.U.E.X ! Astuce ! PROFESSEUR PUNCHLINE !
Booba – …bref à l’époque c’est normal que j’ai parlé comme ça, je montais à peine, aucune pute me faisait de steak frites, et Miami c’était juste un décor de série dans ma télé. Là non, donc je peux jouer les mécènes et me plaindre du niveau du rap. Mais effectivement j’en ai toujours autant rien à foutre, si ça peut te rassurer.
Avengerzer

Kennedy -Ouais, il faut sauver le hiphop de tous ces mecs qui pompent mon cahier de rimes, refré.
Booba -Faut surtout le sauver de la médiocrité et des assistés de merde.
Kennedy -Ouais, pendant qu’ils regardaient Dragon Ball, moi je dealais dans le hall. Dealer dans le hall. Lady Di-ler dans le hall.
Booba -Alors déjà, arrête de reprendre mes gimmicks et ensuite, qu’est-ce que t’as contre Dragon Ball ?
Kennedy -T’aimes bien Dragon Ball ?
Booba -Bah évidemment. En plus j’ai le Krilin swag, plus un poil sur le caillou.
Kennedy -Alors j’adore. Tout pareil que toi.
Booba -…
Dosseh -Pas mal le Krilin swagg.
Booba -T’as vu. C’est exactement ça que je voulais dire, quand on s’exprime, c’est classe. On est l’élite du rap, morray.
Linsen -Même moi ?
Booba -Qui es tu ?
Linsen -Un mec de l’Unité Spéciale.
Booba -Izi ?
Linsen -J’ai posé sur Autopsie.
Booba -Izo ?
Linsen -3 fois.
Booba -Izer ?
Kennedy -Je vous ai pas croisés moi, à l’époque. Vous étiez pas sur Autopsie 2.
Linsen -Non, mon frère avait plus de portable.
Kennedy -?
Linsen -Il avait pas de portable où il était.
Kennedy -Ça, ok. Mais où est le rapport ?
Linsen -C’est lui qui a le numéro à Kopp.
Kennedy -Oh cool ! Il peut me le passer ?
Booba -Non !
Prisco Zbeul -C’est les Gheeettooo booooooooys.
Kennedy -Toi non plus je te connais pas. T’as le numéro à Booba ?
Niro -Tu veux faire un feat ?
Booba -Par contre, je vous cache pas qu’il va y avoir de l’écrémage.
Prisco Zbeul -Livin in the gheetooo streeeeeeet.
Booba – …
Prisco Zbeul – bah quoi, c’est plus classe que si je disais « livin in the aulnay streeeeee…
Booba – j’ai compris l’idée
Dosseh – Aulnay ? si ça se trouve c’est un des potes de Booba qui fait sa sécu
Booba – tu confonds avec Ibou
Niro – si ça se trouve c’est la même personne depuis le début
Seth – ou alors c’est Sefyu, c’est pour ça qu’il cache sa tête
Prisco Zbeul – qui suis-je ?
Booba – ça n’a aucun sens, Sefyu existait déjà en 2005
Seth – je vois pas bien le rapport.
tumblr_static_loki-1
Booba -Passons. Passe moi la zeb et la boisson. J’ai fait appel à vous pour constituer une véritable force de frappe et faire contre poids à toutes ces saloperies qui passent à la radio, dans ce pays.
–>C’est alors que le général Booba Fury allume l’autoradio de l’héliziporteur du shizield :
Pub -Ce soir, radio libre. Un vieil animateur glauque demande à des filles de 14 ans si elles se doigtent.
Jingle –You’re listening to Skylope. Ici, on ne coupe pas les disques, ni les couilles des rappeurs. Et surtout, on ne viole pas les mineures.
Animateur sous coke -Alors Tristan, tu nous appelles de vers Lille et tu vas faire tourner la skyzoulette.
Tristan de vers Lille -Dédicace à mon père et à mon grand frère.
Animateur – ils doivent être fiers
Tristan – pourquoi au pluriel ? C’est la même personne.
Animateur sous coke -Et bien tu repars avec 3 discs compacts de Beyonce et 4 piles.
Tristan de vers Lille -cassded à Madame Amadéo et à Yasm
Animateur sous LSD -Et maintenant c’est l’heure de Planète Rap/R&B/ Cultures Urbaines/ Electro/ House/ Pop/ Zumba.
Fred -Et aujourd’hui on reçoit Team BS, le nouveau crew de La Fouine. Moi, je tiens pas 5 secondes face à Rohff mais je peux tenir 10 minutes face à la Fouine.
La Fouine -C’est çaaaaaaa !
Sultan -On se sait.
La Fouine -Skuuuurt
Fababy -Baby Baby no more dans le noir.
La Fouine -Skuuuuuuuuuurt
Sindy -Je suis retenue contre mon gré, si vous entendez ce message, qui que vous soyez, s’il vous plaît, aidez moi.
La Fouine -Squiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiirt
Fababy -Je suis F A Baby, j’ai la gueule à Droopy. Tu reconnais mon timbre de voix sans être facteur.
La Fouine -Skuuuuurt Skuuuuuuuuurt Skuuuuuuuuuuuurt
Sultan -Soult’One number one, je fais du rap comme Dre mais je suis pas docteur.
La Fouine -Skuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurt
BhL7miJIAAAFX_D.jpg large
Orelsan – si Booba et ses potes c’est Nick Fury et les Avengers, alors on peut dire que toi t’es Loki, avec le côté petite fiotte perfide ça marche bien.
Gringe – ou alors on peut dire que vous êtes des cons, ça marche aussi.
Sultan – et nous on est quoi du coup ?
Orelsan – les Chitauris.
Fababy – c’est quoi ?
Gringe – des aliens hideux qui savent pas parler et meurent tous en un temps record, c’est cohérent
La Fouine – c’est pas mal comme nom « Chitauri », je vais le faire rimer avec clitoris et clip torride, et… attendez, qu’est-ce que vous foutez là déjà ?
Orelsan – moi j’étais sur le dernier capitale du crime
Gringe – et moi je suis son pote cool.
La Fouine – ça répond pas à ma question, Orel-baby
Orelsan – puisqu’aucun d’entre vous ne s’y connaît question comics le blavog m’utilise comme interprète pour introduire un subtil parallèle entre les méchants d’Avengers et Banlieue Sale. Pourtant mon truc c’est les mangas à la base, c’est dire à quel point c’est n’importe quoi.
La Fouine – j’ai rien compris. Par contre j’aime bien la phase de ton pote sur les écolières
Gringe – j’fais l’ours avec des écolières : PEDOBEAR
La Fouine – mais pourquoi personne te fait chier quand tu sors des trucs comme ça ?
Gringe – c’est simple, d’une part vu le nombre de conneries que je débite par morceau personne n’y fait attention…
La Fouine – bah moi aussi, c’est injuste
Gringe – …et d’autre part je suis un rappeur blanc de province. Les gens partent donc du principe que j’ai une sexualité tordue d’entrée de jeu.
La Fouine – vous mesurez pas votre chance.
Orelsan – ouais mais on mesure nos bites, ça compense.
SKYLOPE-LOGO
–>C’est alors que le général Booba Fury éteint l’autoradio de l’hézéliziporteur du shizield.
Booba -C’est insupportable.
Nessbeal -Moi j’ai pas tout détesté.
Booba -Tu fais bien de remettre la question de la sélection naturelle sur le tapis. Je vais vous tester pour savoir si vous méritez !
Grodash -Mériter quoi ?
Booba -De faire partie de l’izinizitiazatizive… Houlà, c’est pas facile à dire ça. De l’izinizitiazatizive Avengerzer !
Tous -Ooooooh !
Nessbeal -Et ça veut dire que tu vas nous signer sur ton label ?
Booba -Ahah ! T’es con !
Gims -AHAHAHAHAHAHAHAH ATTERRIS !
Booba -Il ne faut pas hurler comme ça, y’a que Mala qui a le droit. Tu n’es plus vice directeur du shizield.
Issaka -Et qu’est-ce qu’il fout là, lui ?
Booba -Lui c’est l’ancien vice directeur du Shizield, le désormais rétrogradé au rang d’Agent Maître Gims, il va vous coacher pour essayer d’améliorer vos performances.
Djé -Agent et maître, il est.
Issaka -Si ça veut dire qu’il va nous apprendre à chantonner, sans moi. Je préfère retourner bicrav
Booba -On te retient pas.
Gims -Il se tire ! Lui demande pas pourquoi il est parti sans motif ! Parfois il sent son cœur qui s’endurcit. C’est triste à dire mais plus rien ne l’attriste. Laissez le partir vendre du shiiiiiiit !
Dosseh -Mais pourquoi c’est Gims qui fait ça ? Pourquoi c’est lui que t’as invité sur ta réédition et aucun d’entre nous ? Les anciens hérauts ?
Kennedy -Alors on admet enfin qu’on a des héros ?
Dosseh -Non, « héraut » pas « héros ». C’est du langage un peu soutenu.
Seth -C’est pas moi qui utilise les mots chelous, d’habiutude ?
Djé -Du langage soutenu c’était. Plutôt langage de plouc tu utilises.
Seth -Bien vrai, ma couillasse ! J’aime bien péter dans la casserole, moi ! Zblax !!
Booba -Tu te calmes, vous vous calmez tous. Et si j’ai pris Maître Gims et pas vous, bah figurez vous que c’est parce que c’est pas vous qui pèse, akhi !
Gims -Quand j’ai posé mon refrain j’avais la méga-chiasse, mais je suis resté pro. Alors un peu de dignité, siouplait.
Booba -Vous avez beaucoup à apprendre de lui.
Dosseh – ouais je vois, le côté mec qui a du succès mais qui lâche pas son crew, genre tout le monde croque ensemble, et les solos viennent seulement après, ce genre de trucs ?
Booba – Voilà, si tu remplaces « crew » par « avocat », « tout le monde » par moi et que tu vires la dernière partie, c’est à peu près ça. T’as tout comprizi. Il ne doit en rester qu’un morray.
Nessbeal – mais…
Mala – IZI HIGHLANDER
Booba – voilà, y’en a au moins qui suit, bravo Mala
Mala -IZI CHRISTOPHE LAMBERT
Booba – je retire ce que je viens de dire.
———————————————–
(en attendant la suite qui est là, tu devrais cliquer sur l’image ci-dessous, ça t’emmènera vers un endroit merveilleux où tu peux télécharger un bootleg pas piqué des hannetons)
avtape

3 Commentaires

Classé dans avengerzere, sliphop

Escobar Macson : questions pour un Zaïrois

esco chainsawc’est une sorte de bonus de l’interview (qui est et ). Vous avez été nombreux à ne pas apprécier le très mauvais éclairage de l’interview de Hype, Sazamyzy et Zesau, sans parler du son à chier. C’est pourquoi on a fait un peu mieux ici, mais pas trop non plus, et encore ça dépend des fois.

Bref, vu qu’Escobar est Zaïrois aime particulièrement les films d’horreur et case souvent des références ciné dans ses textes, voici un quizz porté sur le sujet. Je veux pas trop vous vendre du rêve, mais à un moment dans la vidéo il se gratte la tête.

et on vous remet celle-là parce qu’à la fin Esco imite Marion Cotillard puis Christopher Nolan et au cas où tu te poserais la question, oui, t’es obligé de le respecter pour ça.

Escobar Macson - Introconneuse www.rap-francais.com

1 commentaire

Classé dans Escobar Macson, Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Escobar Macson aka Tony Bamboula alias Gilles de la Machette (2)

la suite de ce truc.

esco

Teobaldo : T’as fait la reprise du « Crime Paie » pour Têtes Brulées … c’est toi qui as choisi de reprendre ce titre ?

Escobar : Je crois que je l’ai choisi, on me l’a pas imposé, on m’a même pas proposé plusieurs morceaux. J’ai choisi, j’ai appelé moi-même Francky, je crois que c’est moi-même qui ai cherché l’instru sur internet. Mais c’est vieux, c’était en 2006. L’époque où je commençais à m’échapper du donjon.

Teobaldo : Justement, reprendre ce titre juste après t’être « échappé du donjon », est-ce que ça te fait pas un peu tourner en rond, au niveau des étiquettes ?

Escobar : Non, j’avais juste un orteil dehors. Peut-être que je l’aurais pas fait si j’étais complètement sorti du label, j’aurais peut-être choisi autre chose.

Teobaldo : Si on te demandait de reprendre un grand classique aujourd’hui, tu reprendrais quoi ?

Mike : Ghetto Guet Apens !

Escobar : Excellent choix ! Tu commences à me plaire toi.

Teobaldo : Tu l’as un peu fait sur 2 Voix Suprêmes, c’était ton idée de reprendre un morceau de Lalcko ?

Escobar : Ouais, j’avais bien apprécié le truc, je lui ai proposé, il m’a dit oui tout de suite.

Mike : D’ailleurs sur la mixtape de Lalcko, il enchaine les deux versions. L’alchimie, c’est surtout Lalcko-Esco, quand on regarde bien. Vu le nombre de morceaux qu’ils ont ensemble, on peut presque sortir une mixtape !

Teobaldo : On peut faire un bootleg ouais.

Escobar : Faudrait rajouter 2-3 morceaux pour faire un truc complet.

Spleenter : L’album de Lalcko période 45 est apparu sur le net y’a quelques mois. C’était très obscur comme diffusion. Le tien, de cette période-là, c’est possible qu’il sorte un jour, de la même manière ?

Escobar : Jamais. Pas comme ça, en tout cas. Je sais pas ce qui lui a pris, je l’ai appelé, je lui ai dit « mais t’es malade, qu’est ce que tu fais ? » En plus, tout n’est pas arrivé en même temps ! T’es malade, c’est de l’argent, jette pas ça comme ça ! Il m’a dit « j’m’en bats les couilles, je jette mes morceaux, et on passe à autre chose ». Parce que lui, contrairement à moi, c’est un appareil sismographique. Il écrit, il écrit, il écrit. C’est trop. Il fait des feuilles doubles, il part en impro, il s’arrête jamais.

Teobaldo : A propos de Lalcko, on lui avait posé une question sur Frank Lucas, qu’on avait déjà posée à Joe Lucazz auparavant, et ils n’ont pas tout à fait le même point de vue. Alors, poucav ou pas poucav ?

Escobar : Faut appeler un chien un chien, et une chatte une chatte. Les chiens ne font pas de chats, et comme a dit mon pote Jozahaf, « les chiennes ont de grosses chattes ». Il a balancé, c’est une balance, c’est tout ! Tu pisses au lit, t’es un pisseur, tu bois à 6h, 12h, 20h, t’es un alcoolo… lui c’est une balance, c’est tout.

Mike : C’était quoi les avis de Lalcko et Joe ?

Teobaldo : Pour Joe, c’est une balance (il a même fait une grimace de dégoût pour l’occasion). Lalcko était plus nuancé, pour lui les mecs en face l’ont pas respecté, donc pourquoi lui aurait dû les respecter ?

Spleenter : Il était dans la logique du film en fait.

Escobar : Oui, Lalcko c’est quelqu’un de très logique. Mais Lucas, c’est une balance. Il a monté un business très fructueux, avec une stratégie intelligente, en important de la qualité. Tout le contraire de ce qui se fait actuellement, c’est-à-dire inonder le marché. Lui c’est la qualité, y aller mollo, pour casser la concurrence au niveau des prix. C’était une excellente tactique, parce qu’au final, tu t’y retrouves.

logo_ledebat

Mais ensuite, c’est comme ce qu’il se passe dans le rap : dès qu’il y a un maillon faible, la chaîne pète. C’est ce qu’il est passé, et il s’est retrouvé là où il s’est retrouvé. Ça fait partie du jeu ! Et c’est pas parce que les autres tentent de t’enfoncer un manche à balai dans le fion, lubrifié ou pas, que tu vas faire la même chose. Tu les baises en mettant en place une stratégie, en occupant le terrain. Tu les baises, forcément, ils vont tout faire pour t’enculer. Tombe pas dans le panneau, reste propre ! Après on sait pas, peut-être que si un jour je me retrouve dans une situation où je dois passer à table, et qu’on me sort les couverts en argent … on sait pas ! Mais Frank Lucas, c’est une poucave. D’ailleurs on en reparlera dans un morceau, où j’ai fait une petite référence au truc.

Spleenter : Pour reprendre ton parallèle avec le rap, tu serais plus qualité que quantité ?

Escobar : Bien sûr, je préfère. A quoi bon polluer les ondes avec de la merde ? Ça devient du formatage ! Je vais faire une comparaison, chacun le prendra comme il veut. Je suis très loin d’être homophobe. Au départ, afficher son homosexualité à la télé, c’était quelque chose de choquant. T’as eu Loft Story, avec Steevy, qui a été le 1er à faire son coming-out ouvertement. Au début, les gens étaient choqués, puis on a fini par trouver ça normal. La comparaison est peut-être mauvaise, mais c’est ce qu’il se passe en ce moment : matraquage, matraquage, matraquage. Au début c’est « putain mais c’est quoi cette merde, coupe la radio » ensuite c’est « baisse le volume » puis tu dis rien. Et après, ça devient l’effet contraire : « monte un peu le son », puis t’as la tête qui bouge, puis tu télécharges, puis tu vas acheter, et tu finis par aller le voir en concert.

Spleenter : C’est aussi ta politique par rapport aux featurings, ou c’est plutôt qu’on t’invite pas trop ?

Mike : J’aimerais bien qu’on l’invite pas du tout !

Escobar : J’ai tellement été déçu. Des mecs qui t’invitent, ça part d’un bon sentiment, puisque si on t’invite, c’est qu’on t’apprécie. Mais ça n’aboutit pas, ou dans des conditions mauvaises. escobar-petit-rikiki-hihiTu vas poser en 2006, le truc va sortir en 2009. Ça te parle plus, c’est complètement décalé avec ce que tu fais. Ou alors, ça sort jamais, ou le mec le fait juste tourner dans sa cité. Je vois pas l’intérêt. Le but c’est de toucher le maximum de personnes, et, professionnellement parlant, que ce soit déclaré. D’où cette politique, dorénavant : si je te connais ni d’Adam, ni d’Eve, ni de Satan, tu passes à la caisse. Comme ça, si tu gaspilles mon morceau, au moins je serai dédommagé.

Spleenter : T’es amateur de Dieudonné, est-ce que t’as vu le dernier ? (une transition de journaliste)

Escobar : Pas encore. Mike me casse les couilles pour qu’on aille le voir, mais j’ai une vie compliquée en ce moment.

Teobaldo : Le spectacle ou le film ?

Spleenter : Je parle du spectacle, Foxtrot. Les films, en général, j’aime pas trop.

Mike : Les extraits du dernier sont marrants … comment il s’appelle déjà ?

Genono : Métastases ! Les critiques sont plutôt bonnes.

Spleenter : C’est toujours ses scènes à lui qui sont bien, mais c’est pas le niveau qu’il a quand il est sur scène.

Escobar : Il est trop loin, dans tous les sens du terme.

Mike : Le coup d’accueillir les huissiers en kimono … C’est un maître. Tu peux pas faire mieux ! Et le pire, c’est que l’huissier rigolait.

Genono : Qu’est ce que tu veux faire d’autre ? (rires)

Mike : Il est têtu, ça lui ferme des portes, et heureusement, parce qu’il y en a plein qui seraient pas dans le milieu, avec lui dans les parages. Quand tu te rends compte qu’il remplit autant de salles, des Zenith, sans aucune promo, rien. C’est hallucinant. Mais bref, c’était pas mon interview !

Taches du Manager

Escobar : Vous avez touché un point sensible ! Niveau humoristes, il est dans le top 3.

Teobaldo : Bah tu vois qu’on peut allier qualité et quantité, puisqu’il sort un spectacle tous les ans.

Escobar : Il est assidu, à chaque fois c’est différent, il remplit toujours les salles… après, qu’il aille un peu loin, c’est à l’appréciation de chacun, mais les faits sont là. Il remplit des Zenith sans passer sur TF1 ou d’autres chaines nationales.

Spleenter : Ça fait un petit moment que t’es plus dans les bacs. C’est une volonté, dans le sens où tu veux enregistrer beaucoup de trucs pour pouvoir arriver en force, ou c’est plutôt une suite d’événements qui font que tu n’as pas pu ?

Escobar : C’est un peu de tout. La vie c’est pas que le rap ! Mais ceux qui veulent forcer, ils en vivent pas, et ils produisent de la merde pralinée, de la bonne coulante, de la chiasse. Moi je force pas les choses. A un moment, c’est vrai, je me suis posé la question : tu fais quoi, t’arrêtes, ou pas … Heureusement qu’on a des gens autour qui nous donnent un peu de force, en nous mettant en face des faits : je n’ai jamais sorti d’album ! L’album peut être une finalité, c’est-à-dire qu’après l’album, c’est terminé, ou ça peut être le moteur de quelque chose. On verra. Mais si j’ai été absent dans le game, c’est parce qu’à un moment ça m’a cassé les couilles. J’ai eu aussi la pudeur de me retirer un peu, d’observer, d’essayer de ne pas reproduire les erreurs du passé. J’en ai fait pas mal, qui m’ont porté préjudice, qui font qu’aujourd’hui on reconstruit. Et ce qu’on est en train d’édifier, c’est, du moins je l’espère, aussi solide que le bordel dans lequel on se trouve (l’interview se déroule dans un studio d’enregistrement à Paris, en sous-sol, dans une pièce insonorisée et sans aucun réseau mobile, on vous l’a déjà précisé plus haut mais on le refait pour ceux du fond de la salle). Si ça pète dehors, là, on est bien ! États-Unis, Corée du Nord … l’autre taré là, comment il s’appelle …

Genono : Kim-Jong Un !

kim jong c19

Escobar : Ah il est chaud lui ! Il va tout faire péter.

Genono : Peut-être qu’on va ressortir, y’aura plus rien.

Escobar : Ça va vibrer un peu, on va ressentir des trucs … t’as des biscuits ici, nan ? (rires)

Teobaldo : Y’a une bouteille d’oasis … (c’est probablement le meilleur moment de l’interview, profitez-en à fond)

Mike : Je l’ai déjà vue là l’année dernière, attention ! (rires)

Escobar : Elle avait pas cette couleur là y’a un an.

Spleenter : On peut avoir une fourchette (boisson, fourchette, c’est thématique) pour la prochaine date de sortie ?

Escobar : Je vais même te donner une cuillère, on va dire fin d’année 2013.

Teobaldo : C’est que des morceaux solo, on peut attendre des featurings … ?

Escobar : Houuu, petit filou ! (rires) Peut-être un featuring, peut-être. Mais sinon, que du solo. EtQue des inédits. C’est terminé les best-of, le recyclage, le tetra-pak.

Genono : Dernier Hold-up devrait arriver assez vite derrière, si j’ai bien compris ?

Escobar : Si on a pris du temps, qu’on est pas sur la scène médiatique du rap de mes couilles, c’est parce qu’il y a beaucoup de choses qui se préparent. Presque trois projets de terminés.

Genono : Quel est le troisième projet ?

Escobar : Les deux premiers, c’est quoi pour toi ?

Riddler_02

Genono : Red Business et Dernier Hold-up.

Escobar : Le troisième il s’appelle L’Esprit du Clan. On change pas. Pourquoi changer ?

Teobaldo : Le barillet est chargé quoi.

Escobar : J’espère !

Spleenter : Niveau beats, à part le côté sombre (et encore, je pense à une qui était très rigolote : Allez vous faire baiser, le contraste était marrant) c’est dur de t’identifier. Tu te définirais comment à ce niveau-là ?

Escobar : J’ai pas de couleur, c’est l’arc en ciel ! (rires) Au niveau des instrus, je suis quelqu’un de très ouvert, contrairement à ce qu’on peut croire. C’est pas que des trucs sortis de l’Institut médico-légal. C’est pas que des instrus durs, hardcores … y’a de tout dans ce projet. On vous en a fait écouter deux (Makila et Enfer et Paradis), c’est peut-être pas les plus joyeux, mais je pense que déjà, il y a une évolution. Ça rebondit pas dans les oreilles comme ce que j’ai pu faire avant. Ne serait-ce qu’en terme de qualité.

Genono : Récemment t’as balancé un petit freestyle sur un son de Rick Ross. C’était pour dire « je suis encore là », en gros ?

Escobar : Ouais, c’était pour dire « je sais le faire ». esco-bretelles-de-vieuxOn était en studio, on enregistrait, je me suis dit « pourquoi pas ». Téléchargement de l’instru, écriture express en ¾ d’heure, on a balancé le truc derrière les micros… ça donne un truc sympa. C’était juste comme ça, y’avait pas vraiment de but. Juste dire, moi aussi je sais faire, si ça vous plait, consommez, si ça vous plait pas, passez à autre chose. C’est rien du tout, on s’en fout, c’est cadeau.

Teobaldo : Balancer une série de freestyles sur internet pour tâter le terrain, annoncer le retour, ça se fait beaucoup maintenant, c’est pas dans ton délire ?

Escobar : Pas vraiment, c’est quoi, qualité, quantité ?

Teobaldo : Y’a des trucs bien.

Escobar : Ouais mais si tu fais le ratio de tout ça. On en revient toujours à ce côté scatophile. C’est de la merdasse, c’est tout. Internet, c’est une mine d’or, mais c’est aussi une belle fosse sceptique.

Genono : Parlons un peu de Rap Contenders. Comment t’as débarqué là-dedans ?

Escobar : C’est Stunner, tout simplement, qui m’a contacté via facebook. Il m’a demandé de participer à la 2e édition, en tant que jury, et le côté un peu humoristique du clash, j’aime bien. J’aime bien le clash ! Le concept m’a plu, j’ai dit oui tout de suite.

Genono : Y’a des gens qui t’ont marqué là-bas ?

Escobar : Ouais, y’a un artiste que je connaissais déjà, c’est Lunik. Il est très fort, il a un style atypique, il maitrise bien son personnage, c’est bien ficelé, il se laisse pas déconcentrer. Après … Lawid vs Dinos ! Oh putain, je me suis pincé le pénis pour pas me pisser dessus. Les mecs sont forts, ils vont te chercher des trucs, tu te dis merde, c’est des cons ou quoi ? (rires)

Spleenter : Si t’étais au début de ta carrière, c’est un truc qui te tenterait ?

Escobar : Je sais pas improviser. C’est quand même 60-70% d’improvisation. En fait y’a un fil conducteur, et après les mecs se lâchent. Y’a aussi les mecs qui ont tout préparé à l’avance, qui ont écrit un pavé où ils attaquent l’adversaire parce qu’ils savent à l’avance contre qui ils vont tomber. T’as ceux qui se lâchent complètement en impro, et là je trouve que c’est encore plus fort. J’aurais pas pu faire ça. Je sais chambrer, j’ai de la répartie, du répondant. Puis j’aime pas tout ce qui touche aux mamans, tout ça … je peux te taper. (rires)

escobar café

Death Note

Spleenter : On va passer aux trucs que t’aimes pas, comme tu le dis dans Enfer et Paradis : les questions stupides et longues. Est-ce que tu parles toujours aussi mal à tes potes que dans les extraits de Rimes et Tragédies ?

Escobar : Ça dépend des contextes et des situations. On a parfois un peu de piment sur la bouche, comme une petite strip-teaseuse qui danse sur la langue (note de Big Paul : après de très fastidieuses vérifications, je confirme qu’il n’existe aucune strip-teaseuse qui arrive à « danser sur la langue », il est donc probable qu’Esco veuille dire qu’il parle comme s’il avait une mini strip-teaseuse qui danse sur sa langue à lui, et ça c’est une bien belle image). Nan, Rimes et Tragédies c’est un concept, c’était dans le contexte … mais nan, on parle bien aux gens.

Spleenter : C’est le moment de la question chiante autour d’un rappeur du moment. Ce serait possible un feat avec Kaaris ?

Escobar : T’es pas le premier à me poser la question. On me l’a posée hier.

Spleenter : Toujours dans les transports en commun ?

Escobar : (rires) Nan, j’étais chez moi.

Teobaldo : Ah ça te poursuit jusque chez toi ?

Escobar : Je jetais les poubelles, y’a un mec qui est rentré… (rires) Y’a un mec qui est sorti de nulle part, « ouais tu fais un feat avec Kaaris ? » Mais qui es tu ? Rentre chez toi !

Teobaldo : A ce propos (oui, Teo rebondit sur le mot « poubelle » en toute simplicité) le clip de Highway, avec Blaq Chef … c’était super bizarre. Il est sorti d’un peu nulle part.

Escobar : C’est sorti sans être vraiment sorti. Je suis pas vraiment d’accord avec ce qu’ils ont foutu. arton703C’est même pas un clip ! Y’a eu une mise en scène, des trucs, et au final … c’est n’importe quoi. J’ai été très déçu par les gens de son équipe. C’est dommage. Le morceau était cool, ça changeait un peu de ce que je faisais d’habitude. C’est toujours pareil : dès qu’on fait des concessions, les mecs de l’autre côté assurent moyennement, voire pas du tout. Comment ne pas fermer la porte ? Quand quelqu’un vient avec un projet sérieux, bien ficelé, et l’envie de bien faire, tu le sais pas, c’est pas écrit sur le front du mec. Bref, ils ont déconné, les mecs ont fait un clip, c’est même pas un clip, j’ai l’air d’un con tout droit sorti du cirque Pinder.

Spleenter : C’est ce genre d’expérience qui fait que tu te vois pas forcément inviter des gens de l’extérieur, que ce soit pour des feats, ou comme à l’époque de Drive-By Firme, une mixtape avec beaucoup d’invités ?

Escobar : C’était le projet qui voulait ça. C’était pas forcément un projet à nous, c’était une mixtape qu’on voulait faire, et puis par la suite, effectivement, sortir un album, ou une tape Drive-By Firme, avec quelques featurings. Mais dans le sens de l’invitation, si c’est moi qui invite, y’a pas trop de souci, y’a pas de blocage. C’est plutôt dans l’autre sens. Mais de toute façon, je reçois plus d’invitations que je n’en distribue.

Spleenter : Donc pour l’instant, au niveau du label, vous êtes concentrés sur tes sorties, y’aura pas de projet genre compil, mixtape … ?

Escobar : Y’en aura. On verra, on est pas fermés.

Teobaldo : Drive-By Firme, ça peut ré-émerger ? Un album Drive-By, ce serait possible ?

Escobar : Ça va être compliqué, y’en a un qui est expatrié, un qui est plus dans d’autres choses que dans le rap…

Teobaldo : Parce que si on compile tous vos morceaux qui sont sortis, ça vous fait même pas 10 sons. C’est dommage, parce qu’il y avait un truc.

Escobar : Y’avait un truc, et puis on voyait les choses de la même manière, ce qui est rare. Après, niveau business, y’a toujours des divergences.escobar-sepia-300x300

Mike : Puis ça voudrait dire réintégrer DJ Hamdi au projet, et Hamdi il fait plus de son.

Escobar : Ouais mais Drive-By Firme, contrairement à ce que tout le monde pouvait penser, c’était pas DJ Hamdi. Drive-By Firme, c’est moi, 3ème Degré (Jozahaf et R.A.N.I), Di extaz, Awanza Cocaïne, et à l’époque, L.O.V.A, qui rappait avec nous.

Genono : Et le titre « Mein Kainf », qui l’a trouvé ? Parce que juste le titre, c’est une punchline !

Escobar : (rires) C’est R.A.N.I qui l’a trouvé. Il est un peu comme moi, son cerveau tourne à l’envers, c’est des routes anglaises. Il a beaucoup d’idées, et il m’a beaucoup inspiré. A l’époque de Drive-By Firme, c’était la compétition entre moi et lui. « Mein Kainf », c’est son idée. Je lui ai dit « t’es baisé, mais pourquoi ? Qu’est ce que t’as regardé encore hier soir ? Mais merde, tu vois pas le contexte, le 11 septembre, tout ça ? Si au moins, t’étais de l’autre côté ! » (rires de l’assemblée) T’es pas du bon côté, et tu viens, tu balances ça ! Merde ! On va avoir des problèmes ! Là, si on nous tombe dessus, c’est du lourd ! C’est des maîtres Vergès qu’il faudra pour sortir de cette bouillabaisse. D’ailleurs ce morceau vient de leur projet « Interdit aux bâtards » c’était un CD maxi 4 titres.

black-hitler-14462

Spleenter : T’as dit, y a un petit moment maintenant, « Rapper torse nu je laisse ça aux travelos. »

Escobar : (petit rire) Ouais. Je suis pudique, ce genre de chose ça me dit rien.

Spleenter : Mais s’il fait très chaud ?

Escobar : S’il fait très chaud, j’aurais un débardeur. Même devant ma mère je me mets pas torse nu, donc bon.

Spleenter : Ensuite on a une question de Big Paul qui nous fait poser la même à tous les rappeurs : à quand un clip avec des meufs ?

Escobar : Quand ? Je sais pas. Mais je suis pas fermé aux meufs, moi. Pas forcément des meufs dénudées…

Spleenter : Toi tu pourrais faire une ambiance à la Hostel.

(Rires de l’assemblée)

Escobar : Pendue au crochet de boucher. Avec des chaînes.

Mike : Ce serait chanmé. Là tu m’as fait rêver.

Escobar : Plus sérieusement. Y’en aura. Je sais pas encore bien quand. Mais je suis pas misogyne. J’aime bien les meufs qui kickent !

Spleenter : Ah non, la question c’était pas pour des meufs rappeuses. Juste des meufs.

Escobar : Ah mais j’ai compris. Mais c’était une petite parenthèse. Les meufs qui kickent c’était en plus. Mais sinon, non, je ne vais pas me fermer au « sexe faible »

Mike : Mais je crois que la question c’était… Enfin…

Cartman_1ced7a_1237135

Spleenter : De voir des culs dans les clips.

Escobar : J’ai bien compris. Dénudées ou pas, je vous dis que je suis pas fermé. Quand j’ai dit « qui kickent » c’est venu après. Mais c’est juste pour dire que, de manière générale, je ne suis pas fermé à la gente féminine !

Teobaldo : Une meuf qui kicke, ça réduit quand même beaucoup les possibilités.

Escobar : Oh oui. C’est comme les meufs qui jouent au foot. C’est pas encore bien développé ici. Enfin je pense pas.

Spleenter : D’ailleurs en parlant de foot. Tu dis que t’es supporter de…

Escobar : Rhooo ça y est. Ça commence.

Teo : Dans un morceau, tu dis qu’on t’invente des problèmes avec Morsay, peut être parce que t’es un parigot qui soutient l’Olympique de Marseille. Mais je vois même pas de quelle embrouille il s’agit.

Escobar : Bah en fait y a des tocards, mais vraiment des trous du cul bien farcis, qui ont détourné cette vidéo que j’avais faite ou je dénonçais ce faux album que le 45 tentait de sortir. Donc il a fallu faire un petit nettoyage youtube. Ils avaient fait un montage avec Morsay et cette vidéo là. Qu’est-ce que ça à voir ?

Mike : le titre c’était « Un mec du 93 s’en prend à Morsay »

Escobar : Aucun rapport…

Mike : Il l’avait fait avec plein d’autre mecs aussi.

Spleenter : D’accord… On va quand même au revenir au foot. Qu’est-ce que tu penses des derniers résultats de ton équipe ?

Escobar : (il prend l’accent Marseillais) Comment dire j’aime bien l’Olympique de Marseille, putaing. J’aime bieing. J’aime bieing. Mais après, je suis pas à fond dans le foot. Si tu me demandes la composition de l’équipe, de sortir tous les blases, franchement c’est pas la peine. C’est 2/20, tout de suite. Je connais les frères Ayew parce que j’ai bien aimé leur père Abedi Pelé. Le reste, je te cite 2, 3 noms mais ça va s’arrêter là. Le foot c’était avant, dans la jeunesse. Maintenant j’ai d’autre chats à fouetter. J’ai pas le temps.

Spleenter : Y a des artistes en ce moment qui t’ont marqué en bien ?

Escobar : (Long silence, il cherche)escobar-tuer-207x300

Spleenter : Pas forcément des artistes émergents.

Escobar : Oui bien sûr… (Long silence à nouveau. Il soupire)

Mike : Il écoute pas de rap français.

Escobar : Pas que français. J’écoute pas de rap tout court. Enfin, j’en écoute peu. Je suis vraiment déconnecté. Volontairement ou involontairement. Je saurais même pas vous répondre. Mais quelqu’un qui m’a giflé dernièrement… Y a des mecs qui font plaisir, qu’ils soient connus ou un peu moins reconnus. 70CL (Atis & Sinto) ils ont une bonne prestance, ils sont forts, ils sont très cainris. J’attends la suite. Avec plaisir. Surtout que ça va toujours crescendo. Ils s’améliorent à chaque fois.

J’aime bien Rim’K. C’est mec que j’apprécie beaucoup humainement et musicalement. C’est pas un mec qui prend les gens de haut. C’est quelqu’un de très simple. Vu son parcours, comme on dit à l’école primaire : il a les moyens de se la péter. Et il le fait pas. Qu’est-ce qu’on peut dire d’autre ? j’aime bien Lalcko. J’aime bien Despo. J’aime bien Escobar Macson, c’est un mec qui est très fort.

Mike : Il est pas mauvais lui !

Escobar : Il est pas mauvais du tout. C’est fou. Je sais pas où il va chercher toutes ses conneries, là. Je crois qu’il vit sur une autre planète. Il descend seulement en semaine. Ensuite il remonte sur sa planète. Je sais pas comment elle s’appelle d’ailleurs ? Elle est à des milliards d’années du système solaire ! Il a une technologie tellement en avance sur nous, les Terriens.

Teobaldo : Est-ce que tu dirais que c’est quelqu’un qui vit dans le futur, quelque part ?

Escobar : Voil… Non, je sais pas. On va laisser aux gens le soin de juger. Qu’est-ce que le futur ? C’est quoi le futur ? Telle est la question.

Spleenter : T’as pas mal de clips un peu « ciné ». Tu conçois pas ton image autrement ? Tu te vois pas faire un clip plus « basique » où on te voit juste rapper ? Genre avec des gens de chez toi en bas d’un immeuble etc ? Comme tout le monde ? Filmé avec un téléphone portable ?

Mike : Tu veux dire entouré de meufs ? (rires) Tu veux dire clip de rap français basique quoi ?

Spleenter : Plus ou moins, oui. Dans les tiens, il se passe toujours quelque chose. D’ailleurs dans le clip Introçonneuse, pourquoi tabasser quelqu’un avant de le tronçonner ? C’est gratuit.

Escobar : Bof, non. esco chainsawC’était pour l’anesthésier, avant la découpe. J’ai appris ça dans mon CAP de boucher. Dans une cave du 93.  À cette période là j’étais un gros cinéphile. Je puisais une bonne partie de mon inspiration dans les films. Un mec qui dit une connerie ? Ah merde, ça me fait penser à une punchline. J’écris. Quand je regardais un film : feuilles, stylo. Et donc ce que je faisais ressortir dans les clips, c’était ce que j’avais dans la tête. J’ai un cerveau très compliqué et y’a beaucoup de choses qui s’entrechoquent, qui s’entremêlent. Je l’expose comme ça. Je vois pas les choses autrement. Je me vois pas faire un clip basique, comme tu disais, en train de me balader en chantant « lalala ». Ça va saouler aussi les gens. C’est comme les punchlines : parfois il faut des petits trucs subtils. Faut choquer, faut faire rire, faut un peu de tout quoi !

Tu rappes, tu te balades, tu marches… T’es sur un pont, après t’es contre un mur où y a des graffitis . Après t’es là bas … Bof … Ça pue l’anus de bonobo. C’est nul.

Spleenter : Est-ce que t’as un film de chevet ?

Escobar : Si j’ai un film de chevet ?! Hmmm … Ce putain de film de chevet. Je le regardais et je faisais des cauchemars. Quand j’étais sous ma couette. (il chuchote comme un méchant de film d’horreur)

On peut dire qu’à une époque je regardais beaucoup Menace recor… heu Menace II Society, pardon. Lapsus de merde.

Mike : Et tu l’as vu 45 Scientific ?

Teobaldo : C’est un film d’horreur ?

Escobar : Oh oui, ça fait super peur… Ah oui, t’es fou, Menace II Society quand j’étais au lycée je le regardais 2 ou 3 fois par semaine. C’était un truc de fou. Je le regardais tout le temps ! Je me suis dit « non ça va pas, je suis malade ». Ma mère est partie voir les cousins au bled, je lui ai passé le film « Tiens, donne leur ça. Moi je peux plus ». et après ça leur a pris. Quand elle est revenue, elle m’a dit « mais qu’est-ce que t’as fait, toi ? ils ont regardé le film tous les jours. » On passe le flambeau.

Sinon, y a un film que j’ai beaucoup regardé, c’était Aniki mon frère. De Takeshi Kitano. Il est fou ce mec. Il est cinglé ce japonais.

takeshi-kitano

Spleenter : Jusqu’ici tes références ciné c’est films d’horreur ou films de gangsters, non ? Que ce soit les interludes, le name-dropping ou les phases elles-mêmes.

Escobar : (pensif) Mm… Oui. On peut dire que j’aime beaucoup les films d’horreur. Et les films de gangsters, c’est la stratégie, la réflexion. D’ailleurs c’est pas que les films de gangsters. Je connais des gangsters dans la vraie vie qui palpent dans la vraie vie. Qui pèsent. Voilà, on s’inspire de tout ça. Mais y’a toujours une part de réalité, de vécu ou par rapport à mon entourage qui vit le truc.

Teobaldo : T‘es quelqu’un qui lit beaucoup ?

Escobar : Je lis moins. Je lisais beaucoup y a une dizaine d’années. Maintenant je commence et je m’endors. Je sais pas, c’est devenu soporifique. Je lis, je dors. J’y arrive pas. On passe des journées choc, aussi. On se couche à 2h du matin. Je vois pas ce que je vais lire à 2h du mat. Intéressant ou pas.

Spleenter : Une autre question de notre ami suisse, Big Paul : les rimes de ta folle jeunesse genre « ça commence à cercle fermé comme le trou d’une pucelle, puis la sodomie comme Marc Dutroux à Bruxelles » tu te vois encore en faire des comme ça ? Parce que c’était un peu … serré.

Escobar : Serré, pimenté, oui. Les phases comme ça, tu sais, je les balance, je me rends pas trop compte.

Mike : C’était le morceau avec Black Jack, c’était un concept très mafieux, ce morceau. Dans un contexte comme celui là, il peut tout faire, Esco. Après je veux pas parler à sa place.

Escobar : Je t’en prie.

Teobaldo : T’as aussi fait quelques story telling. Tu comptes en refaire ? C’est venu comme ça ou tu t’es dit « Je vais raconter une histoire » ?

Escobar : J’en referai. J’aime bien. J’avais tenté une fois, j’avais vu que ça tenait la route. C’est un challenge. Je veux maîtriser le truc. C’est quelque chose que j’aime bien faire même si je le fais pas tout le temps. J’en referai. C’est cool. C’est cool ce délire, comment dirais-je, théâtral.

Closed Theatre Stage Curtains At Performance End

si toi aussi tu trouves que cette fin d’interview n’est pas à la hauteur, prépare toi pour (roulements de tambour et danses exotiques) : la super question bonus de la mort qui tue.

Spleenter : Un jour un pote m’a dit qu’il était dans le métro, en train d’écouter du son, puis un daron à côté lui a demandé ce qu’il écoutait, il a répondu « du rap » et là le gars lui a fait « tu devrais écouter Escobar, c’est mon fils et il rappe très bien ». Je suis parti du principe que mon pote se foutait de ma gueule, ou que le mec dans le métro se foutait de sa gueule, mais au cas où : c’est possible ?

Escobar : (rires) ah bah… je sais pas, mais ouais, mon père on va dire qu’il a écouté quelques trucs à moi. Ceci dit c’était plutôt malgré lui hein, le son trop fort dans la chambre, ce genre là. Il a été un des premiers auditeurs, par défaut. Mais ouais, c’est bien possible en théorie.

That_My_Boy_Trailer_1330979996

2 Commentaires

Classé dans Escobar Macson, Interview (et ouais mon pote !), sliphop