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Interview Koffi Trop 2 Style (Suite et fin)

C’est la deuxième partie, c’est donc la suite de la première partie (parfois, les intros c’est chiant).

Spleenter -J’avais vu sur le site Zikaload, une interview de KremKrem c’est le blanc c’est ça ?

Koffi -Ouais.

Spleenter -Donc c’est bien lui. Il disait que l’aventure Absolut c’était fini et toi tu nous dis le contraire.

Koffi -C’est parce que lui c’est pas vraiment un gars d’Absolut, il gravite autour. Il peut pas vraiment savoir. Peut-être qu’il pense que c’est mort. Mais pour moi non, « Absolut » je pourrais me le tatouer, tu vois ?
Mais je pense qu’il parlait de Treepsal la structure, parce qu’en fait, dans le concept, avant on était tous Treepsal. Y avait moi, Autop C il était dans un groupe, Treep Alliance, ils étaient 3, avec Tony et Ceerano. Dernièrement, Ceerano il a fait des trucs avec la clique d’Alain de l’Ombre. Là ils sont plus ensemble. Y’avait K-Fé Krem, ils étaient 2. Et moi, Kameni et Sidi Omar.
Et y’avait un manager et producteur, c’était un gars de notre cité, Black Malden. À un moment, quand t’as plusieurs groupes, personne n’est content. On va pas tous dans les mêmes directions. Nous on est plus âgés, les gars de Treepsal c’est nos petits. Ça fait pas des embrouilles mais c’est pas gérable. Comme une équipe de foot, si t’as pas un bête de coach ça part en couilles (dédicace à Laurent Blanc et Raymond Domenech) À partir de là on a fait nos trucs à part et, franchement, on a arrêté de rapper.
À la base, Treepsal c’est vraiment mon concept. Le manager m’a dit « t’as un bête de concept Treepsal. On appelle le label Treepsal » Moi j’ai dit OK. Mais il a pas pu gérer Treepsal, parce que c’est mon propre concept. Donc je lui laisse son treepsal, mais moi je peux pas changer. Donc on a ajouté Absolut pour bien montrer que nous on amène le nouveau truc.
Donc peut-être que Krem parlait du label Treepsal. Mais Absolut, tant qu’y a Autop C, tant qu’y a moi, ça peut jamais mourir. Même quand je rappe tout seul je dis « Absolut Treepsal. »
Et puis Krem, Express et Kappacci sont venus se greffer à l’aventure Absolut. Kappacci, à la base, il était avec La Brigade. C’est comme ça que je l’ai connu, avec Joe Lucazz. Je les connaissais avant, mais quand on a commencé à faire nos trucs, on était avec La Brigade. Quand ils avaient leur truc à Belleville…

Teo –Cen safara ?

Koffi -Voilà. Kappacci et La Brigade se sont séparés. Kappacci c’était le côté Cen Safara avec Joe Lucazz et d’autres. Donc moi j’étais avec eux, on posait là bas, j’ai posé sur 2, 3 tapes, je me souviens plus des noms. Puis Kappacci s’est rajouté, mais la vraie ossature d’Absolut Treepsal c’est moi et Autop C.
Sur mon album ce sera marqué « Absolut Treepsal. » Même quand je fais la promo sur Facebook, Koffi trop 2 Style ça m’énerve. Parce que c’est pas connu. Je mets Absolut Treepsal. Quand t’as commencé un truc tu peux pas lâcher. 

Spleenter -Donc à aucun moment vous vous êtes dit « on clôture le truc et on part chacun dans notre direction » ?

Koffi -Jamais. Parce que même Autop C il fait ses trucs solos, ses tapes, il dit toujours Absolut Treepsal. Moi aussi je fais mes trucs de mon côté mais Absolut Treepsal ça reste toujours. Comme un gang, ça changera pas. Comme les Bloods ou les Crips. Dans notre quartier on est bien installé, même sur facebook les gens mettent « Absolut Gang ». Même les meufs sur facebook, tu peux voir des Pamela Absolut Gang, tu vois ou pas ?
C’est rentré dans les têtes, ça partira pas chez nous. Même les daronnes quand elles nous voient, elles disent « ça va Absolut ? » Ou quand elles voient de la vodka, elles disent « Absolut Koffi ». On peut pas changer, c’est comme la Secte Äbdoulaye, tu vois ou pas ?

Teo -Ça va bien au delà du rap, quoi ?

Koffi -Voilà, ça va plus loin que le rap tout ça. Comme « Yougataga » le truc de Younes. Les gens le reprennent. En boîte « on boit du koffi ». Absolut c’est absolut vodka, ça veut dire que ça peut pas mourir. Même là, on voulait refaire un nouveau truc Absolut, parce qu’y a des petits qui veulent se mettre dedans. Des nouveaux petits, Rhod DLB ou LOgbi, les petits que t’as entendu dans Clubbanger, ils veulent refaire un nouveau truc Absolut. Qu’on appelerait New Generation ou un truc comme ça. Notre prochain street, on va peut-être le faire avec des petits. Qui seront peut-être les nouveaux Absolut.
Comme un peu Cash Money, ils ont fait Young Money. Parce que je te mens pas, il faut toujours se renouveler. Dans le rap français ils aiment pas ça, je sais pas pourquoi. Nous, on a pas prouvé mais je pense déjà aux petits, tu vois. Parce qu’on va pas rapper tout le temps. Je trouve que certains auraient dû faire ça. IAM, même Joey Starr. Faut toujours se renouveler, c’est ce qu’il fait Baby. Maintenant, il rappe toujours mais il est vieux. Ce qu’il a fait de plus malin, c’est de trouver des jeunes, et ça marche. C’est comme ça qu’il fait son argent, maintenant. Il vit grâce à Lil Wayne et les petits qui suivent, là. Donc on veut faire un nouveau truc, genre les nouveaux Absolut. Toujours avec Autop et moi. Ça peut pas mourir.
Mais sinon même moi, si tu me pose la question je te dis que Treepsal la structure c’est mort.
La preuve, Krem maintenant il continue seul. Avant y avait Kafe, le noir, il est plus là. Pour Treep Alliance, Ceerano il fait les trucs de son côté, Tony il est en taule. Quand il va en sortir, il rappera plus, il est dans la religion maintenant. Chacun fait sa route, on peut plus revenir en arrière. Celui qui nous produisait, on veut plus qu’il nous produise, même si c’est encore un poto. Donc Treepsal c’est vraiment mort mais Absolut Treepsal c’est comme une famille. Même si je suis pas manager, si je suis pas producteur ou quoi, je mets de l’argent. Personne peut venir me voir et me dire « Koffi, tu me dois de l’argent. » ou « tu m’as promis un truc, où ça en est ? » ; c’est plus comme une famille, des amis.

Spleenter -Ok, ok. Parce que moi je me souviens que pendant la période où on vous entendez plus trop, peut-être 1 ou 2ans après « On passe du shit à l’industrie du disque » j’étais allé farfouiller sur les myspaces ou les trucs comme ça. Et j’étais tombé sur celui de Autop C et dans sa bio y avait marqué « ancien membre d’Absolut Treepsal. »

Koffi -Ouais mais après c’est peut-être lui qui s’est trompé. (rires pour tous) Peut-être que t’as raison, peut-être que c’est lui, je sais pas.

Spleenter -en même temps à l’époque je différenciais pas les 2 trucs, donc sûrement que c’était encore Treepsal.

Koffi -après, peut-être qu’il se paye ma tête (rires). Peut-être qu’il prépare un complot, je sais pas. Mais non, en vrai y a pas d’histoire. La preuve, il pose dans mes morceaux.

Teo -d’ailleurs, sur facebook, un de tes pseudos c’est Koffi Crap Music. C’est un concept ?

Koffi -Ouais, en fait CrapMusic c’est le label que j’aimerais faire, avec le temps. Parce qu’avec Absolut treepsal on peut pas, par rapport à Treepsal qui a déjà été posé et Absolut par rapport à la vodka. Donc Absolut Treepsal, on va faire comme à l’ancienne, comme avec X-Men. Ils avaient changé le nom (pour les X) mais le vrai nom c’était X-Men. Absolut Treepsal, on va faire pareil. Crap Music. Crap par rapport à crapule.

Teo -ah ? c’est pas crap comme en anglais ?

Koffi -Si ! Crap comme en anglais aussi. J’ai regardé.

Teo -C’est pour le côté sale.

Koffi -Voilà. C’est par rapport à ça. Et j’ai un autre concept c’est Bonus Crack, tu vois ou pas ? (riez) Je vais voir avec les 2. Soit Crap Music, soit Bonus Crack.

Teo -Bonus Crack c’est pas mal !

Koffi -j’aime bien aussi. C’est pour ça que quand tu vois notre musique, y a toujours marqué Bonus Crack ou Crap Music.

Teo -À la fin du tracklist, bonus crack.

Koffi -Ouais, ça vient de bonus track. Et j’ai encore un autre délire « Clubbanger boys ». C’est ceux avec qui je bouge en soirée, ça. Ou quand y a des délires avec des meufs. Y’a plein de délires.

Spleenter -Et t’as plus de contact avec Sidi Omar ou ceux avec qui t’as commencé ?

Koffi –Sidi Omar, si ! Par rapport à ses trucs de neochrome, il me tient au courant. Là il prépare son album. Je supporte. C’était mon gars, c’est un ami quand même. Ça va au delà de la musique, mais s’il veut un feat, je suis là. Mais on est plus trop dans les mêmes trucs, niveau rap. Notre truc il est vraiment précis. ce qui fait qu’on peut pas vraiment se mélanger avec tout le monde. Sidi Omar il va dire que je suis un dingue. Que je parle trop de drogues, de trucs comme ça.
Mais pour prouver qu’on ment pas, c’est sûr que c’est exagéré dans notre musique, mais pour te prouver que ça reste bien réel, on a les papiers. Les gens le savent, on a des arrestations, c’est pas qu’on le fait exprès, c’est comme ça. La dernière fois que je me suis fait péter c’est par le 36, tu vois ou pas ? Ils sont venus chez moi à 10 avec des chiens. Ils ont cassé ma porte. Les petits de chez nous ils se sont fait péter par les nouveaux GIGN, là… Les GIR ou je sais plus comment. Je crois que c’est ça.

Spleenter -Ouais, ou alors c’est GIPN.

Koffi -GIPN, ouais. On a des potes qui ont pris des 2 ou 3ans de prison. Les gens disent qu’on est fous, mais à côté c’est sur papier. Même nos parents le savent. Alors je manque pas de respect, mais je vois pas pourquoi j’aurais honte. Parce que mes parents le savent, quand on m’a arrêté, ils ont été plaqués au sol aussi. Les mecs sont venus, à un moment mon père s’est énervé, ils lui ont mis les menottes. Et c’est après qu’ils ont vu que c’était un daron et qu’ils les ont enlevées. Mais il l’a vécu. Peut-être qu’il m’en veut pour ça « il est relou mon fils ! »
Mais c’est du vécu ; quand j’étais dans ma cellule je me disais « putain ! ils m’ont fait un truc de dingues… » Alors pourquoi je me cacherais de ça, maintenant ?
J’ai eu mon jugement, j’ai été condamné, je suis passé en correctionnelle. Je le dis dans un texte : « tu passes à la radio, moi je passe en correctionnelle. » je vois pas pourquoi je m’en cacherais. Après, c’est un style de vie.
Et j’ai même menti plus tard « tu trouves où ta drogue ? » etc… « moi, j’en vends pas. Moi je pécho pour donner à des meufs. » J’ai dit ça devant tout le monde. En correctionnelle, tout le monde peut venir assister. Ils m’ont sorti « mais t’as pas honte ? Tu prends de la drogue pour donner aux meufs pour les baiser ?! »
en plus c’était une juge, si elle le dit comme ça au tribunal, elle m’ouvre une porte. Moi je fais comme Gainsbourg quand il a brûlé le billet à la télé, je fais de la provoc, « ah ouais ?! tu veux jouer à la provocation ? »
Tout le monde rigolait « il est fou celui là ou quoi ?!« . Mais moi, c’est ma défense ! J’y suis allé à fond, j’ai dit « mais je suis un artiste comme Gainsbourg, moi. Je suis dans le monde de la nuit. Je vis de la drogue, je me suis séparé de ma meuf. » « ouais, ouais, c’est ça… »
Mais ils m’ont affiché devant tout le monde. Heureusement que j’avais dit à mes parents de pas venir, parce que ça c’est un côté qu’ils connaissent pas. Ils seraient venus, ils auraient dit « ah mon fils il donne de la drogue pour baiser des meufs ? »
Même quand la juge me disait ça, elle rigolait « ah ouais, monsieur ***** vous donnez de la drogue à des meufs pour les baiser ? » et t’entends les gens qui rient et qui parlent derrière toi. Donc c’est pour ça que dans mes textes je me permets de dire tout.
Avec quand même une certaine retenue, y a des trucs que je dirais pas. Faut pas abuser. Mais mon rap je préfère le montrer comme ça parce qu’il y a plein de gens qui savent déjà ce que je fais.

Spleenter -Sans rentrer dans les détails, c’est déjà arrivé à tes parents de tomber sur ta musique ?

Koffi -Non. Ils savent que je rappe et tout ça, ils ont déjà vu des CD où j’ai posé, mais aller écouter… Peut-être en scred, je sais pas. Mais les clips je leur montre pas, parce qu’ils passeront jamais à la télé ces clips donc ils regardent pas.

Teo -Y a certains morceaux qui peuvent passer, comme « Le sum » avec la reprise de Gainsbourg. Ça passe mieux.

Koffi -Ouais, le sum, voilà !

Spleenter -C’est un peu comme Playa des Sales Gosses, c’était en rotation ça, à l’époque.

Koffi -Voilà. Par exemple j’ai fait un clip où j’étais à l’église (OK negro) où je raconte des trucs de ma vie. Y’a toujours un truc qui fait que les gens, normalement, si ils se prennent la tête, ils peuvent dire que j’ai un bon côté. Ma mère elle voit que je vais à l’église, elle va dire que c’est bien. Ça fait longtemps que je suis pas allé à l’église, parce que je suis chrétien à la base. Mais je te cache pas que j’y vais plus. Je sais même pas si je peux dire à cette heure ci que je suis vraiment chrétien mais, pour te dire, à cause du rap je suis rentré dans un église. Donc si ma mère elle voit ça elle peut se dire « ils essayent quand même de faire quelque chose. »

Teo -Tu pense que t’aurais pas refoutu les pieds dans une eglise sans le rap ?

Koffi -Je te jure, je crois pas. Ça fait longtemps que j’y suis pas allé. J’y suis pas allé pour Noël, pour plein de trucs… Pour la musique, j’y suis allé par contre, même si c’est plus un délire. On essaie vraiment de pousser le truc. J’ai même un clip où y a une partie qui a été tournée dans un cimetière. On veut aller loin, sortir des concepts.

Teo -Un cimetière, ça se fait pas beaucoup, c’est vrai.

Spleenter -C’était où ?

Koffi – Père Lachaise. Le clip va sortir bientôt, il est au montage. En fait, nous, c’est toujours conceptuel.

Teo -Y a des gens qui peuvent découvrir comme ça. S’ils aiment les ambiances lugubres ils peuvent accrocher et regarder vos autres trucs. Mais s’ils aiment moins le côté rue, ils vont être déçus. Vous essayez de pas trop vous éparpiller ou pas ?

Koffi -De toute façon c’est ça l’attrape nigaud. Excuse moi l’expression, mais quand tu fais de la musique, t’es obligé d’amener les gens à t’écouter. Tous les moyens sont bons. C’est comme les gens qui font des clips où on les voit pas, où on voit des meufs, d’autres gars ou toute une histoire qui a rien à voir. C’est toi et comment tu vends ton truc. Je parle pas vraiment de biff, je parle plutôt d’attirer les gens vers ce que je fais, à s’intéresser. Après, si y’a l’argent, pas de souci. Qui va cracher sur ça ? C’est de l’argent gratuit. Mais moi je veux plutôt pousser les gens à découvrir : « y a un nouveau truc qui se passe, on va écouter, on va voir. Y a des idées de oufs ! » Tu vois ou pas ?
Les gens ils sont comme ça. Donc on taffe beaucoup sur ça, sur l’image. Mais les sons, ça sera toujours du direct. Toujours : on parle mal, on accentue les trucs.

Teo -Pour revenir sur le son « Le sum ». Le nom du morceau c’est « Le sum part 1. »

Koffi -Ouais, parce qu’y en a 2. « Le sum part II » et le 1. Le 1er je l’ai posé avec un pote à moi, Papillon.

Teo –Bandana ?

Koffi –Papillon Bandana, ouais. Il a posé avec moi, parce qu’il avait fait Playa. En fait ça me faisait penser à ce son là.

Spleenter -Carrément ! (on pourrait croire que Spleenter trouve que c’est du pompage, mais en fait non. Quand il trouve qu’un son ressemble à Playa, c’est un compliment pour lui)

Koffi -J’ai été à l’école avec lui, donc je lui ai demandé s’il voulait poser avec moi. Il m’a dit oui direct. On a posé et…

Spleenter -Non mais attends, là.

Teo -On le connaît pas ce son.

Spleenter -Il a atterri où ?

Koffi -Non, mais comme on aime pas mettre trop de personne en avant, j’ai refait une autre partie sans Papillon. Mais je l’aime bien hein. (rire)
Parce que nous, franchement, c’est un truc qui nous tient à cœur. Je l’ai fait par plaisir, parce que c’est un pote. Et quand je pensais au Sum, je pensais à son morceau, à la Playa, donc on a tilté direct.

Les 2 -Ouais, nous aussi.

Koffi -Voilà ! Toute l’ambiance ça m’y fait penser. Même lui, il a dit « Putain ! T’es un pourri, Koffi ! Tu veux reprendre mon concept ?! » (là c’est la grosse poilade)
J’ai dit « ouais, mais c’est une nouvelle version, tu vois ou pas ? » il a golri et il l’a fait. Mais je vous ferai écouter ! Je vous l’envoie.

Teo -Et il a atterri nulle part ce son ?

Koffi -Il a atterri chez moi.

Teo -Avec tous les sons que tu dis que t’as pas sorti depuis le début…

Koffi -On pourrait en faire une tape, ouais. On va le faire, normalement. J’ai assez pour faire des net-tapes, là. J’attends le bon moment pour les balancer. Parce qu’en fait, je veux balancer des clips et essayer de revenir dans le game. Parce que, franchement, y a que vous ou des connaisseurs qui viennent me parler d’Absolut Treepsal. Les gens de mon quartier, c’est normal. Mais sinon les gens ont oublié. On est plus trop à la page. Déjà qu’à l’époque on était pas vraiment à la page. (et ça golri toujours)
Le peu qu’on avait, vas-y, c’est parti. Je me rappelle, à l’ancienne, on allait à Génération, on disait « Koffi Trop De Style » ou « Absolut Treepsal » on rentrait. Maintenant, le mec il va me dire « je connais pas, mon pote. »

Spleenter -Tu peux toujours te faire passer pour Zoxea, au pire. (on saura jamais pourquoi Spleenter implique Zoxea dans les conversations de cette façon, il est le seul au monde à lui trouver une ressemblance physique avec Koff vu de près)

Koffi -Ouais, mais même là, il va me dire « t’as maigri, mec. » « qu’est-ce qui se passe, Zoxea ? T’as des soucis ? Ça marche plus, là... »
C’est pour ça qu’on a arrêté, un peu. Là on veut revenir par les clips, si ça prend on balancera les net-tapes. On rebalancera notre disque « On passe du shit à l’industrie du disque » en téléchargeable. Ça fait quand même 3, 4 net-tapes avec tous les morceaux qu’on peut balancer, sans compter les nouveaux sons que j’ai à côté. Ceux qui sont dans mon délire « Champagne and coke. » Et après, je peux peut-être faire encore d’autres streets, on va voir. J’ai d’autres trucs en réserve, un deuxième qui est « Raptor », j’en ai plein encore. Ça dépend  juste de comment ça va se passer.

Spleenter -Nous, sauf si t’es contre, on peut déjà mettre Le Sum sur le blavog.

Koffi -Y a pas de souci ! C’est celui avec Papillon que vous voulez ? Je vous l’envoie. Y a pas de souci. Ils ont posé tous les 2.

Teo -Y a Charlie Waits aussi ?

Koffi -Ouais. Il fait plus une ambiance, mais il a posé. Celui qui pose vraiment un texte, c’est Papillon. Et sur le morceau c’est Difanga qui fait les voix derrière. Il est pas trop connu encore. Les puristes du reggae, ils connaissent. Moi je le connais parce que c’est un gars de mon quartier.

Spleenter -Sur l’album, à la fin d’un son, il me semble que c’est bien toi qui parles à Sarko.

Koffi -Ah ?! Qui dit « Sarko, t’as baisé les feujs » tout ça, là ?

Spleenter -Ouais. T’as improvisé totalement ?

Koffi -Non, j’avais un peu l’idée et après, j’ai improvisé. Histoire de dire « t’arrives pas à maitriser tes meufs alors pourquoi tu veux nous maîtriser nous ? »

Teo -Quand Spleenter a entendu ça, il m’a dit « il a réussi à faire encore pire qu’Alpha 5.20 » et c’est un très grand compliment pour lui.

Koffi -C’est parce que j’ai fait exprès, comme si c’était mon gars, tu vois ? Pour bien l’énerver. Parce qu’en fait, quand Sarkozy est arrivé, il a trop voulu faire celui qui maîtrise tout le monde. Genre il vient avec la force « faites ci ! faites ça ! » ; plus que ses idées politiques. La preuve, il a rien fait. Il s’est plus pris la tête à dominer les gens. C’est pour ça qu’il saoûle tout le monde, parce que tout ce qu’il a dit, il le fait pas. Il était là « Je suis Sarko ! Casse toi pauv’ con !« , à mettre des coups de pression aux gens pendant les manifs. À faire le gangster, quoi. C’est pour ça moi je dis « hé mec ! »

Spleenter -Non mais lui, il a un côté Scarface. En tout cas, il aimerait bien.

Koffi -C’est pour ça, si tu regardes bien, lui, de tout ce qu’il a dit, il a rien fait. Je te jure qu’il a rien fait. Et quand les gens, ensuite, ils lui serrent pas la main ou ils lui parlent mal, il met des coups de pression, il crie. Faire le parrain, c’est tout ce qu’il sait faire. Après, il fait quoi ? Il va au Japon, il va en Lybie, on sait même pas ce qu’il va y faire.

Teo -Il fait de la merde.

Koffi -Et il a dit quoi dernièrement ? Il a dit « Maintenant, si vous me laissez la chance de revenir une 2e fois, je vais essayer de faire ce que j’ai promis de faire la 1ère fois… »
Mais pourquoi tu l’as pas fait toutes ces années ?! Je te jure, c’est ce qu’il a dit.

Teo -Il a sorti ça ??? Ahahahaha !!!

Koffi -Il a plus ou moins dit ça.

Spllenter -En gros, c’est la crise…

Koffi -Ouais « c’était la crise, j’étais en galère. Y avait trop de trucs à gérer, excusez moi, maintenant je vais… » Il est fou ! Il est fou. C’est un malade ce mec là.

Spleenter -Moi, ce qui m’a étonné, c’est la phrase « Tu fais partie des français racistes qui ont même pas fait la guerre« , un truc comme ça.

Teo – « T’as même pas fait la guerre, dis leur que t’as donné les juifs »

Spleenter -ouais, après t’enchaines sur les feujs en 44.

Koffi -ouais, ça c’est pour les racistes en fait. C’est pour ça que dans ce morceau, je dis « le seul blanc que je tolère, c’est le lait dans mon café. » Parce qu’en fait on n’est pas partis dans un délire Black Panther mais on a vraiment voulu faire du rentre dedans, aux racistes. Donc moi j’explique que la plupart des français n’ont pas fait la guerre. Y’a eu des résistants, mais il faut pas se mentir, la première partie de la France a abdiqué directement. Et ils ont fait pire que tous les pays d’Europe, ils ont donné des feujs. Ils ont fait des trains. Quand tu vois ça, tu peux pas faire la morale et dire que tu vas niquer les noirs et les arabes. Faut vraiment la faire la guerre, faut vraiment niquer les gens. Moi j’ai plus peur des Anglais, tu vois les hooligans, eux ils tapent, hein ! Moi j’en ai vus en Thaïlande, ils tapent ! Un jour, on était à Pataya, y’avait un bar Anglais où y a écrit je sais plus la phrase exacte, « Pas d’arabes, pas de noirs ».
Et quand tu passes comme ça, souvent, les putes thailandaises elles te regardent ; et ils sont tous là, les anglais, tatoués et ils te regardent comme ça. Et si tu rentres dans leur bar, ils te tapent. Tu sais qu’ils te tapent ! Ils vont se taper, c’est ça leur job, c’est les hooligans. Et y’a certains en France, ils sont pour les trucs de Lepen ou je sais pas quoi. Mais je répète, c’est pas tout le monde que je vise. C’est vrai, y en a certains qui ont des couilles, c’est des vrais racistes ; mais certains, quand y a eu la vraie guerre avec les Allemands, ils l’ont pas faite ! Alors pourquoi tu cherches la merde, maintenant ? Pourquoi tu fais semblant de chercher la merde, de faire style.
Y’a beaucoup de choses qu’ils oublient ; dans les cités, y a beaucoup de gens qui font de la psy ou du cinéma, mais pour de vrai, quand les keufs viennent te péter, y’en a qui ont des kalashs chez eux. Quand ça va partir en couilles, ils vont vraiment y aller ! Mais d’autres, ils sont tranquillement chez eux, ils votent Lepen, ils veulent la merde mais quand ça va arriver, ils vont rien faire. En fait c’est ça mon message, tu vois ou pas ?
Peut-être que des gens veulent pas me croire, mais ça va être chaud. Dans les cités, que ce soit même des gitans, des blancs, y a des gens qui sont oufs, ils ont des armes, ils sont prêts à faire la guerre. Ils sont prêts à se battre. Mais certains font du cinéma et ils cherchent la merde « je vais voter Lepen, ça va changer, etc… c’est fini l’immigration » mais les gens sont prêts ! quand on vient les péter, c’est le GIGN ou je sais pas quoi. Ça douille. Chez eux ils ont des armes, ils tirent, ils tuent. Ils tuent pour des cigarettes. Y a des jeunes qui sont là, qui fument du shit, qui prennent de la coke, ils sont prêts. Donc faut pas trop pousser les gens.
Vaut mieux trouver une bonne solution même si le PS et l’UMP nous mentent. Il faut pas être directement catégorique « ouais, je vote Lepen. Je vote FN. » Non, non. Parce que la vraie guerre, vous l’avez pas faite… C’est ça notre message. Pendant la guerre, vous avez donné les feujs. Vous avez fait un truc de ouf. J’ai bien lu, j’étais fort en Histoire, dans toute l’Europe, certains pays ont collaboré, mais les pires c’était les français, mon gars. Ils ont fait un truc de dingue ! Tu vois ou pas ?

Teo -C’était un très beau baissage de froc.

Koffi -Mais de dingue ! Du jamais vu. Même le truc d’appeler : « allo, je crois que mon voisin c’est un feuj… » c’est violent, mon frère ! C’est pour ça que quand ils disent qu’ils votent Lepen, ça me fait rire. Allez-y, pas de souci. Mais franchement, si y’a une guerre civile, même avec l’armée, les flics et tout ça, ça va être chaud. Parce qu’y a des gens qui sont armés chez eux comme t’as jamais vu. Moi j’ai des potes, je sais même pas pourquoi ils ont ça. Je te jure. C’est pas des soldats, c’est pas Rambo, mais chez eux ils ont toutes les armes pourtant même dans la vie normale, excuse moi l’expression mais c’est des mecs normaux, c’est pas des oufs mais ils ont assez d’armes si ça part en couilles.
Même si le mec a peur, au moins il se posera pas la question de savoir « mais où je vais trouver mon arme ? » Il va te tirer dessus.
Alors les autres « ouais je vote Lepen pour que ça change parce que sarkozy il a menti… » Certains vont faire quelque chose. Certains ont des couilles. Y a des vrais racistes, eux, ils sont vraiment là. Mais y en a combien qui vont faire quelque chose ? C’est toujours les bouffons qui payent, ceux qu’ont pas de couilles vont pleurer. C’est comme dans les cités, quand y’a la vraie guerre c’est pas tout le monde qui assume. Y a toujours celui qui fait son tête-tête, toi après tu mets des coups de pieds, et quand on t’attrape, t’as peur. C’est toujours comme ça.
Vous êtes 10, vous vendez de la coke ; les keufs viennent, y en a toujours 8 ou 4 qui pleurent, tu vois ou pas ? C’est la vie.
C’est par rapport à ça, mon message. Rien de méchant.

Spleenter -Alors la prochaine question c’est par rapport au truc de skyrock, je sais pas si t’as suivi ?

Koffi -Ah ouais, je les calcule même pas.

Spleenter -Oh je sais.

Teo -Genre ça allait fermer…

Koffi -Ah c’est pas fermé encore ?

Teo -Ah non. C’est encore une belle carotte ça.

Koffi -C’est pas fermé ?!

Spleenter -Non, le mec là, Pierre Bellanger, il s’est associé avec le crédit agricole. Pour racheter le capital du truc et du coup il reste aux commandes.

Teo -Ils nous ont fait chier pour rien…

Koffi -De toute façon je les calcule même pas. Qu’ils ferment, ça me fait rien. Parce que je passe pas à la radio. Ceux qui ont parlé c’est ceux qui ont leur sacem.
j’ai rien contre eux. J’ai rien contre skyrock, mais franchement j’ai rien pour eux non plus.
Je suis même pas nostalgique, ça me fait rien du tout.
Le seul truc de bien c’était les émissions spés, ils ont arrêté…
Donc je vois pas pourquoi j’irai les supporter, chacun sa merde.
c’est pour ça que vous me choquez quand vous dites que ça continue, mais bon c’est pas grave. Je passerai toujours pas là bas. C’est toujours le même bizness.

Spleenter -Dans les émissions spé, tu passais ou pas toi ?

Koffi -Si, si. Je suis passé à Westcoastla, j’ai freestylé. Tout ça avant le truc de Gyneco que je t’ai raconté. Au truc de Couvre Feu avec Jacky. Au truc de Joey Starr, B.O.S.S. Quand il avait sa maison vers Clignancourt, là bas derrière. J’ai fait les nocturnes, sur Génération aussi. À l’époque, quand ils étaient à l’hôpital, quand y avait Marc.

Spleenter -À Vitry ?

Koffi -Ouais.

Teo -Marc qu’a fait bombattak ?

Koffi -Ouais. On y allait au début, quand j’étais avec Roi 2 l’Assos. Avec treepsal aussi. Même Absolut, on l’a fait. On a fait quelques radios avec Génération. Avec Bob surtout. Mais après, comme je te dis, on avait la dalle. On venait, on sonnait aux portes, on posait. On venait à 20, ils sont obligés de mettre ton son. Nous on l’a fait. 

Teo -Aujourd’hui c’est plus difficile ?

Koffi – C’est mort, là. En plus y’a plus d’émissions spé. Maintenant y a que les radios indépendantes. Dernièrement j’ai fait 2 radios, j’ai fait FPP, l’émission de XV Backara et d’une meuf, Riposte.

Spleenter -Blackara c’est le gars de no-diggidy, le renoi ?

Teo -Manny Peterson ?

Koffi -Voilà. Ils sont 2, lui et son pote. T’as pas un mouchoir s’te plait ? (et oui, chez nous, les interviewés posent les questions qu’ils veulent) Je te remercie, mon gars.

Spleenter -Est-ce que t’as une date ou une période de sortie pour ton projet ?

Koffi -Franchement, je voulais Mai, ça va pas être possible. Ça va être plus pour Septembre, Octobre. C’est plus par rapport aux clips, au buzz, ça a pas encore pris, donc je peux pas me permettre de sortir comme ça, dans le vent. Je veux que les gens ils soient un peu au courant, tu vois ? C’est par rapport à ça.

Teo -Et financièrement, t’attends quoi du rap ?

Koffi -Si ça me permet de faire des concerts et des soirées, c’est bon. Sinon, je sais que je ferai pas de grosses ventes. J’aurais pas la même exposition que certains rappeurs, tout va se jouer sur internet. Et l’argent c’est quoi ? C’est des showcases et des concerts. Je vais jouer sur ça.

Teo -Tu parlais d’attraper l’auditeur par tous les moyens. Pour autant, je vous imagine mal faire un son super calibré qui passe en radio. Parce que si vous passez pas en radio c’est aussi que vos sons sont pas spécialement faits pour.

Koffi -Ouais mais attrape nigaud c’est par rapport à l’image. Mais le son il restera toujours hardcore. au pire, on peut mettre des bips sur certaines paroles, mais le contenu restera toujours pareil. C’est juste par rapport à l’image ! mettre une belle meuf, mettre un mec stok, dans des voitures ou je sais pas, des trucs comme ça. De l’image, des trucs qui attirent les gens. Mais le son restera toujours hardcore.

Teo -Et à aucun moment y a le doute ? Vous vous êtes jamais dit « on va mettre de l’eau dans notre vin » ? Vous êtes toujours parti dans le délire de faire vos trucs ?

Koffi -Jamais. Toujours hardcore, ah ouais. On change pas.

Spleenter -Du coup, dans le rap Français, vous avez quelle références ? Parce que je me souviens d’une interview où Express disait qu’il avait pris son blase par rapport à Express D. T’as quelle références, toi ?

Koffi -Dans les anciens, Time Bomb, La Cliqua, Mafia K1 Fry, Expression Direkt, moi aussi j’ai beaucoup écouté. Les grosses équipes en fait, quand y en avait.

Spleenter -pas trop Ministère AMER ?

Koffi -Franchement, j’aimais bien, mais pas trop. J’ai bien aimé « Sacrifice de poulet » dans La Haine.

Teo -Et TSN ?

Koffi –TSN si si si ! Je les connais bien, Parano Refré, J l’Tismé. Surtout J l’Tismé. Tous Simplement Noir, j’avais oublié.

Teo -D’ailleurs, je trouve qu’y a une petite influence TSN dans Absolut. Par exemple, sur Le sum ça reprend un refrain connu de chanson française, c’était TSN les premiers à amener ce genre de choses là.

Koffi -Ouais, si. En plus c’est des gars du 18, eux. J l’Tismé il habitait dans la cité d’un pote à moi, donc c’est un grand de chez nous. TSN, ouais. Et les grosses équipes, comme je t’ai dit, Expression Direkte, quand ils faisaient poser Rohff, au tout début. Mafia K1 Fry quand ils étaient vraiment tous là, la grosse équipe, avant que LAS Montana meure. La Cliqua au tout début. J’écoutais vraiment beaucoup La Cliqua. Et aussi les gars qui sont arrivés de Marseille et qui faisaient des freestyles avec Time Bomb.

Teo –La FF ?

Koffi -Ouais voilà. Eux aussi j’ai beaucoup kiffé, la FF. IAM vite fait, tu vois ? Mais IAM, MC Solaar, j’aimais quand même, même si c’est pas ce que j’ai le plus écouté.
Mais la FF, ils étaient bons. Surtout quand ils avaient fait leur truc là « Le retour du shit squad« , ils m’ont mis une laque là. Avec les 3ème oeil et tout ça, cette équipe. Ils m’ont mis bien, eux. Franchement, ils m’ont inflencé. En tout cas j’en ai écouté. Après je fais pas vraiment le même rap qu’eux ; mais à l’époque si, mon rap ressemblait à ce que eux faisaient.

(petit silence)

Teo -Je cherche des questions… (parce que oui, la plupart des questions qu’on pose, on les trouve sur le moment)

Spleenter -Moi j’en ai toujours.

Koffi -Vas-y !

Spleenter -Tu suis les séries ?

Teo -Rhoo ! Les questions pièges…

(Et c’est parti, à partir d’ici ça va devenir vert foncé jusqu’à ce qu’on reparle de musique. Je préviens pour ceux qui s’en foutent du cinéma et des séries ou qui veulent juste avoir des actus sur la musique, on sait jamais)

Koffi -Ouais, des séries, ouais. Mais c’est des séries qui sont arrêtées, que je télécharge, hein ?! Je kiffe bien « Sur écoute. »

Spleenter -Et si tu devais prendre un personnage de ‘sur écoute’, ce serait qui ?

Koffi -J’oublie toujours son nom. Celui qui est à l’université.

Spleenter -Stringer Bell ?

Koffi -Stringer Bell ! C’est un bâtard, lui, stringer Bell. (rires)
Et il se fait butter. Lui c’est comme moi. Si je devais avoir un rôle ou même dans la vie, j’aimerais être comme lui.
Le fait de faire du bizness, mais d’aller à l’école…
Il est fort, quand même.
Quoi d’autres comme séries, encore ?…

Spleenter -The Shield ? Soprano ?

Koffi -Soprano, plus que The Shield. The Shield, pas trop. Vick Mackey il m’énerve un peu, tu vois ? Mais c’est marrant quand même, j’ai regardé vite fait. Mais ce que je kiffe vraiment, c’est Soprano et Sur écoute. Après c’est les trucs cools, ça sert à rien que je le dise. (rires)

Spleenter -Tu vas nous sortir quoi, là ? Plus belle la vie ?

Koffi -Nooooon ! « brothers and sisters » je sais pas si tu vois c’est quoi ? Ou bien « Grey anatomy » des délires comme ça. « Doctor House », des trucs cools, tu vois ?
Mais en vraiment dur, Soprano et sur écoute. Ou bien l’autre là, Weeds.
Prison break aussi, à un moment, mais ils m’ont saoulé !

Les 2 -Normal.

Koffi -Là c’est trop. Toujours se faire enfermer, ressortir… Au début y avait un bon concept mais après ils se font toujours enfermés, partout. Partout où ils vont, ils se font toujours arrêter. « On va ressortir ! » Ça tourne en rond.

Spleenter -À l’ancienne, t’avais Oz, aussi.

Koffi -Ah ouais, Oz, ouais. J’avais oublié. C’est bien, tu me rappelles des trucs.

———-Là ça va partir dans les souvenirs de Oz. Va y avoir du spoiler, un peu. Donc si t’as pas vu cette série, déjà va la voir, ensuite reviens lire ça———-

Teo -Oz c’est incontournable.

Koffi -C’est culte !

Spleenter -Pareil, quel perso ?

Koffi -Y avait tellement de gars dedans… Déjà, celui que j’aimais pas c’est le gars avec ses locks, sur la chaise, il me saoule celui là.

Spleenter -Le mec qui fait le narrateur !

Koffi -Ouais ! Ah il est relou celui là…
Sinon y en a plein. Y a Adebisi mais il est dingue, il a pété les plombs à un moment. Attends, y a qui aussi ?

Spleenter -Y a les musulmans…

Koffi -Ouais, lui aussi il est relou, Kareem Said, musulman ci, musulman ça. Franchement j’ai pas de tête dans Oz. Non parce qu’ils sont tous relous, je te jure. Même quand t’en kiffe un, mais il devient toujours relou à un moment.

Teo -Ils partent toujours en couille.

Koffi -Voilà, que ce soit les Chicanos, les Chinois… Y a même un Chinois ! Il était relou lui aussi. Il s’est fait tuépar les chicanos, je crois.

Teo -Ouais, y a une histoire comme ça.

Koffi -T’as vu, à un moment, le chicanos c’est le boss mais il se fait tuer par ses propres gars. Mais par contre, celui que je déteste c’est le keumé des… des trucs, là…

Spleenter -Les nazis ? Schillinger ?

Koffi -Ouais, lui ! Il est relou Schillinger, je te jure !

Spleenter -T’as du kiffer quand son ex victime, Beecher, le met à l’amende.

Koffi – si si ! mais même Beecher c’est un bâtard aussi à la fin. En fait, t’en kiffes plusieurs mais ils font toujours un truc qui te vénère à la fin.

Teo -Beecher, lui, tu sens qu’il peut partir dans toutes les directions. Il part trop de fois en couille pour revenir puis refaire de la merde.

Koffi -C’est des oufs ! C’est des bâtards ! En plus y a plein d’histoires avec les enfants dehors qui se font tuer. Je te jure, on dirait que toutes leurs vies sont en taule à eux. Même quand quelqu’un peut s’en sortir, ils le ramènent en taule ou bien il est dehors et il se fait violer. Y a que des commandes par dehors, tu vois ou pas ?
Non, c’est des oufs ! Mais le nazi il m’énerve et celui dans sa chaise aussi. En plus, tu sais comment il a eu son truc, lui ?

Spleenter -Ouais, c’est quand il se fait péter.

Koffi -Voilà, il baisait puis il se barre par la fenêtre.

Spleenter -Il bute un keuf, et l’autre keuf voit son coéquipier canné, il le pécho et il le jette.

Teo -Comme une merde. Et après, t’as une histoire là dessus, quand il est parterre, t’as un fliquette qui le voit. Après, cette keuf c’est sensé être la meuf du gars qui fait la taupe dans la prison. Il se fait passer pour un Jamaicain, Desmond Mobaye, un truc comme ça. C’est le mec qui joue Daniels dans The Wire. Et le mec dans sa chaise roulante, il la reconnaît.

Koffi -Ah ouais !

Spleenter -Ouais, l’indic.
——-c’est bon, vous pouvez revenir——-

Teo -T’es pas prêt de voir une série comme ça en France…

Koffi -Même ‘Sur écoute’. Ça passait à un moment sur Canal Jimmy, ils ont passé que 2 saisons.

Teo -The wire (Sur écoute en VO) ça passait à un moment sur France Ô.

Koffi -Ouais mais voilà, France Ô.

Spleenter -France ôutre-mer. (rires. là on rigole, pas parce qu’on se moque de france ô, spécialement,  mais mettre the wire sur france ô ça prouve bien que même les séries US ont pas la place qu’elles méritent à la TV frinçaise… bande de cons)

Koffi -Je te jure ! Je sais même pas pourquoi ils ont arrêté de diffuser cette série. Peut-être qu’ils voulaient pas montrer aux gens comment s’organiser… Parce qu’ils ont une organisation de dingues. Avec la cabine et tout ça, là.

Spleenter -Ouais, bah après j’ai plus trop de questions… Si ! T’as vu le dernier Batman ?

Koffi -Là où le Joker il est vraiment méchant ?!

Spleenter -Ouais.

Koffi -Bah c’est le meilleur Batman.

Spleenter -Voilà !

Koffi -Je crois même qu’à un moment j’ai versé une larme tellement le Joker il est vraiment relou. Il est relou dans ce film, je te jure ! Je crois que dans la méchanceté, c’est le plus relou. Dans les films y a toujours des méchants, mais lui c’est le plus méchant. Même à la fin il lâche pas l’affaire. Pour te dire, je me souviens même pas comment il est buté.

Teo -Il canne pas à la fin. 

Koffi -Et il canne pas ?!!… Je me souviens qu’y a l’histoire du bateau. Il veut faire péter les 2 bateaux. Même pour ça, il nique tout le monde ! Il est reeeeeelooooouuuu !!! Je crois que même Batman en a marre !

Teo -Mais quand même, à la fin, il peut pas le tuer. Il rattrape le Joker qui tombe. (ouais, là aussi on spoile, mais si t’as pas vu The dark Knight, tu fais quoi de ta vie ?!) et l’autre il golri en se faisant remonter.

Koffi -Il est relou !

Teo -Et là t’as la caméra qui se retourne, lui il à la tête normal et c’est tout le monde qui est à l’envers. Là tu comprends tout le délire du bonhomme. Il a retourné le monde.

Koffi -Il est relou. Je te jure.

Teo -Mais lui il canne pas. C’est l’acteur qui canne après.

Koffi -Ouais voilà ! Tellement il est allé loin. Je crois qu’il a pris trop de drogues. C’est son meilleur rôle. Il a eu un prix pour ça. Ah il est relou ! Je te jure, j’ai pas pleuré comme un ouf mais j’avais une larme tellement il était relou. Je voulais même arrêter le film « t’es trop relou ! » Tout le temps ! Il a toujours un truc à faire. Faut qu’il fasse sauter des hôpitaux, des bateaux, des trucs « Bam ! » il rigole.
Même quand tu le niques, il golri. Tu peux rien faire en fait. Tu le tapes, il rigole, il s’en bat les couilles de tout. Ils ont dit une belle phrase « Tu peux pas combattre quelqu’un qui a pas peur de mourir » pour dire à quel point il est relou dans le film.

Spleenter -Il le dit à Batman « tu peux rien me faire. »

Koffi -Tu peux rien lui faire. En plus, lui il kiffe ! Il s’en prend même aux autres mafieux. Là où j’ai vraiment péter un plomb c’est quand il se prend la tête à voler l’argent et à la fin, il le brûle. Et c’est un paquet de fric !

Spleenter- C’est une montagne.

Koffi -Et il la brûle, comme ça. Il dit « j’ai fait ça pour le plaisir » Mais il est fou mon frère. Même l’argent, il s’en fout. Tu peux pas l’acheter. Tu peux pas le tuer. Lui, en fait, quand il a un but, il sait ce qu’il veut !

Spleenter -C’est la phrase d’Alfred ça « Il y a certains hommes qui veulent juste voir le monde brûler. »

Koffi -Il veut rien ! Après tu réfléchis, tu te dis que si t’as quelqu’un comme ça sur le dos : t’es mort !

Spleenter -Ah bah c’est fini…

Koffi -Je te jure, t’es mort ! Il veut rien ! L’argent ça va pas le calmer, il veut pas de meuf, il baise pas, mourir il s’en fout, tu le tapes il rigole… Même quand il se fait arrêter et qu’il provoque le gros « vas-y tape moi ! tape moi ! » Franchement, j’ai jamais vu ça. Y avait déjà un film avec le Joker.

Les 2 -Avec Nicholson.

Koffi -Ouais. Il était pas comme ça… Jusqu’à la fin où Batman devient hors la loi. Y a un truc chelou comme ça, je crois.

Spleenter – Ils sont sur le tournage de la suite. Avec toujours le même Batman, le même Alfred, le même commissaire Gordon, y a Tom Hardy qui va faire Bane, Anne Hathaway qui va faire Catwoman et Marion Cotillard qui va faire de la merde.

(+ de détails ici : http://www.premiere.fr/Cinema/Photos/Reportages/PHOTOS-The-Dark-Knight-Rises-le-point-sur-le-casting-2684573/(gid)/2684573 )

Koffi -Mais franchement, je crois pas qu’il sera top comme celui là. Dark knight. Tout le monde m’en parlait de ce film, je disais « c’est du cinéma, c’est du cinéma… » après j’ai téma comme aç et j’ai dit « ah il est relou ! »

Teo -C’était pas de la psy.
 
Koffi -C’est pas de la psy. Il m’a mis d’accord, le film. J’en pouvais plus ! J’aime bien les méchants dans les films d’habitude, mais là il est trop, il abuse !

Teo -Dans la salle, tout le monde se marrait. T’es obligé d’être avec lui ! C’est la pire pourriture mais tu kiffes, t’es avec lui.

Koffi -Grave ! Mais il abuse ! Il a aucune pitié. Surtout l’histoire des bateaux. Quand ils doivent se battre pour voir qui va faire sauter qui. Et lui ça le fait rire. pour lui c’est une blague. Il attend de voir si ça va sauter. Parce qu’y a au moins un bateau qui va sauter.

Spleenter -D’un côté, tous les taulards, de l’autre les citoyens. Et ils ont chacun la commande pour faire sauter l’autre bateau.

Koffi -Et aucun fait sauter. Heureusement.

Teo -C’est là qu’un taulard jète la commande.

Spleenter -D’ailleurs c’est le truc le moins réaliste du film. Normalement les taulards, ils ont la commande, ils se posent pas la question, c’est l’émeute.

Koffi -Là en plus, les taulards c’est des pourris.

Teo -C’est du taulard de Gotham City.

Koffi -Ça veut dire que c’est des gros bâtards, mon gars. C’est vrai ce que tu dis en plus, ça veut dire que c’est des plus gros taulards, c’est des oufs !

Koffi -Moi je réponds à tout, t’as pas vu depuis tout à l’heure ? En peura, je sais pas quoi dire d’autre. À part qu’y aura des nouveaux concepts dans mon album. des nouveaux délires. Koffi -Si vous voulez j’ai ramené des morceaux, je peux vous faire écouter.

(Avis à tous les gens qu’on va interviewer à l’avenir, prenez en de la graine, Koffi il a ramené des sons et des clips. Parmis lesquels on retrouve un clip à caractère limite érotique qui a été refusé sur youtube et dailymotion ou autres. Et un son bien violent produit par Kamal de la Famille Haussmann qui fera dire à Spleenter : »Faut impérativement que j’ai ce son quand il sera mixé pour le foutre en boucle à fond et faire chier mes voisins. »)

Teo -Sur Clubbanger tu dis « Les meufs me sucent comme si j’avais fumé un porc. » tu dirais que c’est pour impressionner et serrer des filles que les jeunes caillassent la police ?

Koffi -Non, mais les meufs, c’est chelou. Parfois on dirait qu’elles kiffent quand tu fais des conneries. Mais nous aussi on est comme ça. Par exemple, j’ai un pote, un jour y a un keuf qui vient vers lui, c’était à l’époque de la police de proximité, et donc le keuf va vers lui, tu vois ou pas ? Peut-être il voulait le contrôler, sûrement même, mais quand il est arrivé devant le gars, d’un coup, le gars met une patate au flic, comme ça ! Et il se barre en courant. Je te jure, on l’a sucé toute notre vie pour ça ! (rire général)

Spleenter -Et vu que t’as des gros morceaux club, comment tu prépares la scène, est-ce que tu kiffes ?

Koffi -Je kiffe, franchement. Pour monter sur scène, je prépare un show avec des danseuses. Et des gros trucs, tu vois ou pas ? Pas un truc comme les rockeurs, mais des danseuses, un show en début et pendant le concert. Une ambiance, quoi. Ce sera pas juste rapper avec un DJ derrière, moi c’est pas mon truc.

Teo -Et pour trouver les salles ?

Koffi -En fait, nous on va jouer dans les salles d’associations de quartiers. Après tu t’arranges par rapport à ça, si toi t’as une association, tu vas les voir, c’est des associations par rapport aux mairies. Ils te laissent des salles. Soit tu payes 200, 300 euros, soit t’as des salles de 50 personnes, y en pratiquement dans tous les quartiers et c’est ce qu’on va faire.

Teo -Du coup, ça fait encore un investissement pour vous ?

Koffi -Non, même pas. Tu peux le faire gratuit. En fait si t’arrives avec une association, tu vas voir les MJC, tu dis que le concert est gratuit, tu payes pas la salle.

Spleenter -Donc en gros tu vas ramener des danseuses en MJC ?

Koffi -Ouais ! En fait c’est pour faire parler. Que les gens il disent « y’avait un show. y’avait des danseuses. » Après, nous on va faire un encadrement pour qu’elles aient pas trop d’embrouilles.

Teo – Toutes en maillot de bain !

Koffi -Elles seront habillées normal, elles auront des leggings. Pas trop en string, parce que les strings et les trucs comme ça, c’est interdit. Par rapport à la mairie, tout ça, string et alcool sur scène, tout ça. Mais après, nous, t’as vu, on va s’arranger.

Teo -Y’a toujours des techniques, rhum ambré et jus de pomme dans la teille d’Ice tea, ça passe crême.

Koffi -Voilà ! Tu connais, y a toujours une manière. Parce que moi, je termine l’album et après je suis parti pour faire ces concerts ! Pas franchement tout l’album mais 5 ou 6 sons. Je les fais et je vais venir avec une équipe. Express va faire ses morceaux, Autop C, Ceerano ; comme nous on est beaucoup à rapper dans le quartier, on est une vingtaine, je peux faire passer du monde, tant que ça fait un show d’1 h30, après c’est bon. Je veux pas saouler les gens, je fais que 5 ou 6 morceaux, moi.

Teo -Ouais, tu fais un plateau.

Koffi -Voilà. À la cainri, tu vois, on ramène du monde. Après ça tourne.

Teo -Si tu fais un petit truc bien carré avec des danseuses dans une MJC, ça peut faire parler, en plus.

Koffi – C’est ça. Tout ce que je fais, je filme. La dernière fois, je suis parti à la radio, je filme. Et je vais balancer après. En plus ça permet d’aller voir des salles, de leur montrer « moi ce que je fais, c’est ça. » Y a toujours moyen de faire du bizness mais c’est bien de montrer aux gens directement. Pour un concert pas connu, ils disent « tu fais quoi ? » tu leur montres. Après ils voient, ça leur parle, ça leur parle pas, mais au moins ils peuvent savoir.

Teo -Et t’as un plan d’attaque ? Tu sais dans quel ordre tu vas balancer tout ça ? T’attends le bon moment ?

Koffi -Le bon moment, ce sera sur youtube. C’est au nombre de vues. Quand j’ai balance « OK negro », après c’est moi qui ai déconné, j’ai arrêté, mais quand j’ai balancé OK negro, au bout de 2 semaines, j’ai eu à peu près 800 visites. Après j’ai fait Boum Boum, 3 semaines après, et j’ai eu 1 200 visites. J’aimerais atteindre 5 000 visites, tu vois ou pas ? Le jour où je fais 3, 4 000 visistes, je me dis que ça commence à prendre. 4 000 ou 5 000 personnes c’est bon. Parce que rien que tu vends 3 000 albums en indépendant, c’est bon. Moi c’est ça que je vise. Après, si tu fais 10 000 en indépendants, t’es au top. Tu te rembourses déjà et t’es bien, tu vois ou pas ? Tu dis à Mac tyer « tu fais 10 000 » il est content.
Ça veut dire que si on fait déjà plus de 3 000, franchement, pour des gens pas connus c’est bon. Donc je vais me baser par rapport aux visites. Pourtant ça veut rien dire. Mais c’est le nombre.

Teo -Il suffit que j’y aille tous les jours et ça peut vite te faire 10 visites. Mais je l’achèterai pas 10 fois.

Koffi -Voilà ! Tu vois ou pas ? Mais 3 000 ça te pousse à faire autre chose. Alors que 818, 518… tu te dis « vas-y, le truc il prend pas encore… »
Quand je te dis que ça prend, c’est aussi parce que t’entends les gens. Ils t’appellent « ouais j’ai vu ton clip », là tu sens que ça prend un peu.

Teo -T’es dans un délire où tu vas laisser ta musique parler pour toi ? Parce qu’aujourd’hui, même les têtes d’affiches enchainent les vidéos…

Koffi -Ouais, on fera toujours des vidéos. Le concept, là, de Fouiny Story est bon. On est obligé, tu vois ou pas ? Faut toujours avoir une actualité. Moi, c’est une question d’actualité et de montrer de l’image. Quand tu saoules vraiment les gens, c’est que t’as atteint ton but et là tu peux disparaitre. Je te jure qu’il faut saouler les gens, comme à la radio : le matraquage. Sauf que nous on va le faire avec la video. Mais des trucs bien, pas des trucs où tu t’affiches et après tu peux plus sortir de chez toi. Des trucs où tu sors avec la tête haute. Si c’est pour qu’après on t’insulte, on te tape, on veut te tuer ou que les keufs sont en bas de chez toi, non. Mais je pense que nous on va passer par la vidéo.
On va en avoir plein ! Là j’ai balancé « OK negro », « Boum boum » et le truc à Miami « OP » ; j’attends un peu et après je balance le reste. De toute façon j’ai encore 10 autres vidéos. En tout, j’en aurais une 20aine. J’en ai plein en réserve, je m’y suis pris à l’avance.
Je me prends vraiment la tête, je préfère même sortir des vidéos que des musiques. C’est ça le trip de maintenant. Ça va être basé sur la vue. Même à la base, sortir un album ça m’intéresse pas en fait.
Parce que moi c’est un street, je peux même le donner gratuitement mais il faut voir comment faire. Après, si quelqu’un veut vraiment se prendre la tête à acheter sur une plate-forme de téléchargement, vas-y je t’empèche pas. Mais je pense que ça fera moins d’argent qu’avec les T-Shirts ou avec les concerts et les showcases.
Y a des gens qui font des showcases à 1 000 euros. Booba c’est 15 000 euros, s’il en fait 100, calcule… Mais je sais qu’y a des petits groupes qui font 1 000. La dernière fois, je sais que « Yougataga », Younes, il a fait 1 500. Il en fait 10, ça fait déjà 15 000 euros, en plus on t’amène des meufs et à boire, que demander de plus ? C’est pas un concert, hein, c’est un showcase.
La dernière fois, 113, j’ai un pote qui m’a dit qu’ils avaient fait 3 ou 4 000 euros. Ça, ça marche. Juste pour balancer 1 ou 2 sons, t’as ta bouteille, tes meufs et peut-être même qu’on te paye le trajet, l’hotel et t’as ton 1 500 euros à partager. T’en fais 50 l’année, t’es refait, tu vois ou pas ? C’est pour ça que les gens qui disent que je vais pas vendre d’album, je leur réponds que c’est pas ma cible. Ma cible c’est les T-Shirts, et là je les comptais même pas ; ma cible c’est vraiment les showcases.

Spleenter -Et vous en avez déjà des t-shirts ?

Koffi -Bientôt. Ça arrive. On a les noms, là.

Teo – « Baise les meufs au poids, évite de calculer leur âge » ? (rires)

Koffi -En fait c’est ça, faut jouer sur les phrases. En fait, t’attends juste quelqu’un qui fait une phrase, ensuite tu la balances. Nous, c’est déjà prêt.

Spleenter- Si vous faites celle avec le poids et calculer leur âge. J’en prends un pour Big Paul.

Teo -Moi j’en prends un pour moi, direct.

Koffi -En plus, les t-shirts tu peux les vendre quand tu fais des concerts ou même à tes showcases. Y a même un site qui peut te faire ça.

Spleenter –Laboutiqueofficielle, là ?

Koffi -Ouais. De toute façon, tu donnes juste le concept, eux ils le font, ils prennent un pourcentage et ils t’envoient ton argent au bout de 2 ou 3 mois. Tu sors même pas d’argent, c’est un bon bizness. Certains font des thunes avec ça. Ol Kainry et Mac tyer je suis au courant qu’ils font des thunes avec ça. Ils se rattrapent avec ça. Même néochrome avec Seth Gueko.
Certains français sont pas encore prêts pour les trucs clubs, mais ça tombe bien comme moi j’ai mes trucs Clubbangers, donc je suis prêt à y aller. j’ai 2 ou 3 sons clubs. Par exemple, comme vous me dites que « Tristement célebre » ça déboite, je vais le balancer en club directement. Les albums qui vendent, c’est rare maintenant, y a que Sexion d’Assaut qui est arrivé dans les nouveaux. Alors si je vends comme Sexion d’Assaut, pourquoi pas, mais dans la vie faut toujours savoir où tu mets les pieds. C’est pas pour faire le modeste, je suis un mec qui se la raconte, mais c’est pas dans mon calcul. C’est pas pour faire style et après ça vend et il crie. Non, non. Je crierai quand on m’invitera en boîte.
C’est pas de la langue de bois, mais même si ça marche c’est vraiment pas mon but. C’est sûr que c’est bien d’avoir l’album, t’es fier, t’as dédicacé tes potos. Certains me disent « tu vas pas faire 10 000, tu vas pas faire 5 000. Tu vas tomber dans les pommes. » mais je calcule même pas ces ventes. La preuve, je t’ai dit 3 000, faut toujours rester au niveau par rapport à l’argent que t’as investi. le top pour moi ce serait d’avoir « Tristement célebre » et 3 autres titres, dont un qui s’appelle « On fait sauter le club, » qui tournent en club. En plus, j’ai un DJ, ça veut dire que je peux même animer les soirées.
Si tu dis que tu veux Koffi Trop 2 Style, je viens, c’est toujours Absolut Treepsal. On fait 2 morceaux, tu me donnes 500, tu donnes 500 à mon DJ. Je prends ma bouteille, les meufs elles vont kiffer parce qu’elles auront vu l’artiste, moi je mène ma vie d’artiste, ma vie de bohème.
Mais se prendre vraiment la tête à sortir un vrai gros truc à la fnac et tout ça, j’ai pas encore les reins assez solides. Sauf si maintenant on fait une co-prod avec Banlieue Sale. Si La Fouine il écoute et il kiffe, ou Booba, ou même Rohff. On sait jamais dans la vie. Si quelqu’un vient avec un gros truc et me dit « viens, on fait une co-prod. » De toute façon, si y a un mec qui vient, il aura rien à perdre, on aura tout fait. T’as ton équipe, ta pochette, etc…
On essaie de taffer avec des gens au top. Médeline pour les sons, la Famille Haussmann aussi, ils ont même fait la pub pour adidas donc c’est qu’ils commencent à monter, la pochette c’est Fifou, il a fait tout le rap français. La vidéo, pour le moment c’est mes gars, mais je te mens pas, je vais être obligé de prendre quelqu’un qui de côté pour au moins un clip. On essaie de faire les vrais trucs, quand même. Fifou, c’est mon pote mais je le paye, tu vois. Peut-être moins que tout le monde mais je le paye. Médeline, je paye pas, mais ça reste normal. Mais Fifou, lui, je le paye quand même. Fifou, je le connais depuis longtemps, on se connait tous depuis longtemps.

Teo -Mais il fait aussi des clips, non ?

Koffi -Si, il fait des clips. Lui aussi il doit m’en faire. Donc voilà, si on part dans un délire co-prod, tout est déjà fait. Et je travaille avec des gros trucs.

Spleenter -T’as des infos sur les projets de tes collègues ?

Koffi -Ouais, Autop C il est sur une tape, là. Il va même faire un clip, bientôt. Express, il prend son temps, il taffe sur un album. Peut-être qu’entre temps il va rebalancer une mixtape. Il avait balancé une mixtape gratuite dernièrement. La swagg tape vol. 1. Peut-être qu’il va en faire une 2e avant son album, mais là il est sur son album. Krem, lui, il va repartir ; il a sorti son album, il a sorti une mixtape, Hitjacking. Genre il reprend des beats américains et il pose dessus. Son album, je sais pas c’est quoi les retours. Là il veut refaire Hitjacking volume 2. Après y a des petits de chez moi, CBR, tout ça, mais c’est des petits, ils sont pas connus. Kappacci, il a arrêté un peu, il va revenir bientôt. Mais là il a ouvert un salon de coiffure. Il est dans le bizness des cheveux. Dés qu’il a le temps il revient, mais tu vois, c’est dur. Enfin ça va.
Joe Lucazz, lui il taffe sur son album mais il sait pas avec qui il va le sortir. Ah si. D’abord y a un album avec un autre mec en commun.

Teo –Kenny Kenz. Mais il a plusieurs trucs de prévus, Joe. Il prépare peut-être un EP, genre 10 titres, mini album. Celui avec Kenny kenz et le solo aussi. Je crois que Cassidy va ou a posé pour un de ses projets.

Koffi -Mais lui il aime bien ! De toute façon, c’est des gars qu’il aime bien, Cassidy, Ill et Le Rat Luciano. C’est son équipe, ça. De toute façon, c’est le même délire. Pour moi, s’ils faisaient une équipe ce serait excellent. Tu me dis un album en commun de Joe Lucazz, Le rat, Ill et Cassidy, ce serait un truc de dingue, hein ?!

Spleenter -Ah ouais…

Koffi -Pour moi ce serait un truc de dingue. Ils avaient fait So Parano, avec Ill, Lucazz, Cross et Work. Ce serait basé sur le même délire. Mais déjà, un des morceaux de So parano, c’est ce qui inspiré le court métrage. La chanson « Le monde de demain ».

Koffi – Ce sera peut-être même le générique de début. Après on va faire notre chanson à nous aussi, pour le court métrage. Mais il est bon ce morceau « Pute de vie. C’est quand t’existes plus qu’on t’aime le plus. » Qu’est-ce que tu veux que je te dises ? Ah, il est violent ce morceau. Le monde de demain… Franchement dans ce morceau… Il a toujours des bonnes phases, mais la franchement il a dit la vérité ! Moi j’aime bien ce morceau. Ah. Joe Lucazz…

Teo -D’ailleurs, je voulais l’appeler mais il était sur messagerie, dernièrement.

Koffi -Il est toujours occupé, hein. En même temps, il est comme moi, il vit, il sort. Il est tout le temps dehors, tu vois ? C’est pour ça que notre rap il avance pas. On est foutu en fait. Parce que tu peux pas te priver d’un truc, tu veux vivre aussi, tu vois ?

Spleenter -Du coup, vous avez jamais connu de DA ou de mec comme ça ?

Koffi -Franchement, jamais. Je mens pas. Je dis pas qu’on serait loin, mais on serait dans une autre sphère, tu vois ou pas ? Y a jamais eu vraiment de situation comme ça. Moi j’aimerais, tu vois ? Parce que franchement, quelqu’un qui te dit « va là, vas voir le blavog, passe à la radio, etc… » Bon, là on le fait entre nous, c’est bien. Mais c’est souvent aussi bien que quelqu’un le fasse, tu vois, parce que ça t’enlève un poids, déjà.
Comme les cainris en fait. Ton job c’est que écrire, choisir les sons, l’artistique, après tu rentres en studio. Nous on fait tout. C’est pas qu’on est découragé mais je préfère aller en vacances, aller en boîte, ou bien je reste chez moi et je glande, tu vois ou pas ? Et après ça coupe ton inspi à un moment, tu dis que t’as plus envie d’écrire, que t’es fatigué. Sans compter qu’après, les gens ils vont en taule, mais ça c’est les aléas de la vie…
Au bout d’un moment tu te dis « je calcule pas tout ça« . Et quand t’as pas de plan, faut sucer ou bien casser les portes. À un moment t’en as marre.
C’est pour ça que ce serait bien d’avoir une structure. Les structures ont les plans. Et toi tu viens de leur part.
Par exemple, là je dois faire l’émission de Pascal Cefran. Je le connais depuis longtemps, c’était le petit à Bob. Il mettait le son et l’autre il gérait. Donc c’était son petit, il avait même pas la parole. Moi j’étais là, j’étais pas une star, mais j’étais un peu connu avec Roi de L’Assos. Neochrome, ça marchait donc on faisait toujours les promos avec eux.
Ça veut dire que nous, on était peut-être petits, mais j’étais plus côté que lui.
Maintenant que lui, c’est Pascal Cefran, que je connais depuis ce temps, Joe Lucazz me dit carrément « si tu veux passer à la radio, tu passes avec moi. Parce que c’est Pascal Cefran chez qui je fais ma promo. Comme ça on fait notre promo en commun. »
Ça veut dire que je suis le petit de Joe, ça me dérange pas, Joe Lucazz c’est mon gars, c’est lui qui m’a proposé et j’ai même dit oui, mais ça veut dire qu’ils te la font à l’envers. Une fois au top, ils font styles qu’ils te connaissent pas…
Si je vois Pascal Cefran, il va rien me dire, mais pour rentrer dans la radio c’est une autre histoire. Si je le vois dans la rue il va me dire « ça va Koffi , tu vas bien ? » mais c’est tout. Pour parler musique, pour parler d’album, on doit faire autre chose, on doit dire « dans mon album, je fais ci, ça. » on doit raconter des histoires à des types qu’on connait depuis des années. Moi quand je venais, je buvais ma canette et je passais à la radio. Et lui il nous regardait en se disant « peut-être que ceux là seront des stars » ou qu’on allait monter, on sait jamais. Mais maintenant il nous regarde de haut.
C’est pour ça que dans le rap français, je sais pas ce qui se passe.
Booska P, on y allait. Fif c’est le petit d’un grand que je connais. Même si c’est quelqu’un de mon âge. Au début il nous laissait faire ce qu’on voulait, on lui a passé des clips ; mais maintenant c’est devenu comme skyrock, faut payer, t’as plus le droit de dire de insultes, ils filtrent tout. Certains payent mais d’autre pas, on sait pas pourquoi. On sait pas ce qu’ils veulent. C’est pour ça que le rap français, on avance pas…
C’est pour ça qu’il faut faire ses propres réseaux et s’en battre les couilles. C’est pour ça que nous, on est plus marginal. On fait ce qu’on a à faire. Y a un truc que Booba a dit, quand le public t’aime, tu peux pas boycotter. Tu peux pas boycotter un million de personnes ou même 10 000, même 1 000 personnes.
Par exemple, toi t’as un site, tu veux pas me mettre mais j’arrive à ramener 1 000 personnes, 1 000 visiteurs, je te jure que je te calcule pas. Même si je sais que ton site il peut me ramener 50 000 personnes. Moi je suis sûr que je peux ramener au moins 1 000 personnes à mon concert, qui me ramènent tous 5 à 10 euros. C’est mon argent au moins, personne ne viendra me le demander.
Mais certains comprennent pas le bizness. Ceux qui niquent le bizness, c’est ceux qui se plaignent après.
Mais perso, j’ai pas la haine de Pascal cefran, mais je conçois pas. Moi je l’ai vu quand il commençait, je me la racontais même pas, j’étais cool avec lui, mais je sais pas, maintenant c’est une autre histoire pour venir le voir. Maintenant, je dois dire que je suis signé, que mon album sort au mois de juin, donner une date, dire qu’il y a La Fouine sur mon album, faire un truc de dingue pour qu’il me dise « Ah ! Koffi ! Je passe ton album ! »
Mais si je passe jamais en radio, personne m’entend, comment je signe ? Si j’ai 0 promo, comment je peux donner une date ?

Teo -Mais Génération ça a changé aussi, depuis. Peut-être qu’il fait que suivre des directives.

Koffi -Ouais. Mais y a toujours des coups de cœur. Même fred de sky, parfois, il passe des coups de coeur. Il passe des sons que t’écouterais même pas. C’est des journalistes, même si c’est du rap, c’est ça le taff d’un journaliste dans la musique. C’est de dire « c’est moi qui l’ai découvert lui. »
T’as toujours le côté découverte. T’aimes bien chercher et trouver un truc. t’attends pas toujours qu’on te dise « mets ça, mets ça. » Le mec du moment, tu le mets, mais Pascal cefran il peut dire « Koffi je le connais depuis longtemps, il a fait Roi de l’Assos. Alors tu reviens, tu sors un album. » Il peut dire ça.
Mais bon, t’as vu, tranquille. Moi j’accepte le game. Si je passe pas à la radio, je vais pas mourir…
Moi, mon truc c’est internet, c’est mes petits soldats, c’est des petits de 15, 16ans, ils ont tous des I-Pods, les MP3, tout ce qui fait internet, ils vivent que de ça, ils regardent même plus la télé. Les séries, ils les regardent sur internet. Moi je vise ce public là.
C’est pour ça que je veux produire des petits Absolut Treepsal, parce que moi je veux les baiser comme Young Money. Moi je veux attirer les petits. C’est ça mon bizness, c’est marketing. Parce que je sais que les gens de mon âge, en concert, ils vont pas faire une dinguerie. Ils vont me regarder, c’est tout.

Teo -Bon courage pour trouver une Nicki Minaj française. (rires)

Koffi -Non, moi je vais mettre que des mecs. Je vais mettre des mecs tatoués, fashion, qui ont la crête. Tu vois pas que moi j’ai la crête, déjà ? C’est pour faire style. C’est la mode de maintenant, je vais faire que ça, baiser les gens. Mais faut qu’ils soient bons, quand même. Et que j’aime bien. Faut cautionner.
En plus, c’est vrai, c’est comme ça que ça marche, faut laisser la jeunesse un peu. Faut pas bloquer les gens. Si jamais ça marche, après je les mets en avant.

Spleenter -T’as un mot de la fin ?

Koffi -Que les gens se tiennent au courant des actualités et qui m’aime me suive en concert ou en boîte. C’est tout ce que je peux leur promettre. On est pas des stars, on est comme tout le monde. On peut nous voir partout, dans la rue, en boîte, partout. Mon délire c’est d’ambiancer les gens, de les faire kiffer. Si tu mets ton argent, au moins tu viens voir un show, un truc artistique. Plateau d’artistes, ça veut dire que si on peut on amène d’autres artistes qu’on connait. Je connais Nessbeal je peux lui dire « viens placer un morceau« , faire des trucs comme ça. Faire kiffer les gens.
Je te parle pas d’unité dans le rap, hein ?! Mais juste faire kiffer les gens. Si je peux faire monter l’S-Kadrille, je les fais monter.
Faire kiffer les gens. Si tu les a fait rêver par rapport à tes clips, par rapport à tes textes, faut continuer à les ambiancer, tu vois ou pas ?
Plus tard, le vrai délire ça serait créer une association et aider les gens, tu vois ou pas ? Ça c’est un projet que j’ai depuis longtemps. Faire des concerts pour faire des caisses pour ceux qui sont en taule. Pour ceux qui meurent dans les embrouilles de cités, qu’il faut ramener au bled, qu’on peut même pas enterrer ici. Pour aider les familles.
Ou par exemple, moi je vais en boîte, je vois ceux qui boivent de l’alcool et qui meurent dans des accidents. Tout ce qui me touche vraiment, parce que comme je t’ai dit, moi je dis toujours des trucs de bâtard mais je veux me rattraper par des trucs à côté.  
C’est bien les paroles de Belly, mais le vrai truc ce serait de créer des associations caritatives et de gratter de l’argent. Pas pour voler. Parce que peut-être qu’y en a qui vont penser que je suis un escroc. Mais de toute façon c’est pas moi qui vais gérer, moi je serai juste une image, mais je vais pas gérer. Donc je toucherai pas l’argent. Mais ce sera créé avec des amis, des meufs que je connais, des gens sérieux, faire une association pour redonner aux gens. Pour les aider. Pour les trucs qui m’ont touché. Moi j’ai plein de potes qui sont morts dans des embrouilles de cités, j’ai des potes qui sont en prison, même ceux qui sont pas mes potes, on peut aider une famille, des femmes battues, des trucs qui touchent tout le temps. Ou bien celles toutes seules avec leur enfant. 
Ce serait une suite logique de mon rap. Parce que j’ai le côté je veux baiser, je veux rapper, je veux faire la fête, je suis une rockstar de toute façon, je suis fou mais j’ai aussi un côté où je veux aider.
Je pense que si quelqu’un perd un membre de sa famille, si tu peux donner 500 euros pour les obsèques, c’est déjà ça.

Spleenter -C’est marrant, t’es un peu à la fois Lady Gaga et mère Thérésa.

Koffi -Ouais ! Parce que moi je me dis que ce que tu fais tu peux pas le faire gratuitement, tu vois ou pas ? Je sais pas comment t’expliquer. Sinon t’es comme le Joker dans Dark knight ; mais tu peux pas faire les trucs gratuitement.
Moi je crois en Dieu, tu vois, et je me dis que si on me laisse faire mon délire, faut rattraper derrière. Si Dieu il me laisse la chance de faire des concerts, de monter sur scène et dire « fuck la police » et qu’on me donne 10 000 euros pour ça, je vais pas garder mes 10 000 euros parce que je dis « fuck la police », je ferais mieux de les redonner, tu vois ou pas ?
Si cet argent c’est pas pour mettre bien ta famille et des gens qui en ont besoin… C’est sûr que tu vas en garder, parce que t’as un train de vie, tu dois faire rêver les gens, tu dois avoir la voiture, les bijoux, tu continues à vivre aussi ! Parce qu’après t’as une image qu’il faut toujours embellir. Y a pas de souci. Mais faut toujours garder un peu pour aider ceux qui ont pas, tu vois ?
Ne serait ce même que pour les autres mcs, par exemple on me donne de l’argent parce que je dis « fuck la police » ce serait bien que je fasse un studio pour que les autres rappeurs rappent, ils peuvent pas payer les petits de chez moi. Rien que ça, je les aurai aidé.
Maintenant, si eux ils font de l’argent et que ça devient des bètes de stars comme Sexion d’Assaut et qu’ils me disent « Koffi, check ! Koffi c’est grâce à toi ! » ils me donnent un petit billet et un chèque à leur famille, t’auras déjà fait quelque chose dans le game. Moi je pense que c’est comme ça qu’on doit avancer, tu vois ou pas ?
Mais que certains rappeurs ne font pas, ou qu’ils n’ont pas fait.
Nous on va essayer de le faire. Déjà, si moi j’y pense alors que je suis pété et eux ils sont devant, ils le font pas, c’est dommage. On aurait déjà avancé sinon.
Mais je pense que les bêtises qu’on fait, que ce soit les stupéfiants, les trucs comme ça, parce que je te mens pas, les stupéfiants, comme je t’en parle, c’est fashion, tu vas croire que c’est hype, que c’est stylé ce que je dis, mais franchement c’est pas stylé, vas-y les parents pleurent, tout le monde à la haine. Même moi, j’aurais préféré, au lieu de vendre de la drogue, que juste je rappe et qu’on me donne de largent, tu vois ou pas ? Même si je suis à côté de gens qui taffent sérieux ou qui fument, j’aurais préféré ne pas en vendre.
Et que je sois pas obligé de prendre le risque de lui vendre, et même de le mettre lui dans l’embarras, de me balancer et après de vouloir le niquer. Et après être en prison. C’est tout un schmilblick, comme on dit. T’es comme ça, t’as la haine, tu préfères avoir l’argent facile.
Donc je me dis que si, franchement, Dieu te donne la chance de monter sur scène, de faire des albums, de rester en vie, de faire kiffer des gens, qu’ils te kiffent qu’il te disent « je kiffe trop tes sons ! je suis prêt à te donner de l’argent. » De l’argent pour lequel, peut-être, ils taffent. Peut-être qu’ils peuvent faire des trucs de ouf avec, mais ils te le donnent ! T’en redistribues pas une partie ? C’est que t’es un ouf !


Après c’est normal que t’aies des couilles dans la vie. Parce qu’on t’a donné la chance de faire quelque chose et tu fais rien.
C’est quelque chose que j’ai kiffé dans le 19, chez nous, quand j’ai commencé à rapper, c’est les grands de chez nous. Parce que je te mens pas, ils ont vraiment vendu de la drogue, ils en ont vendu beaucoup et là, ils ont ouvert des magasins, ils ont des laveries et même eux ils ont commencé à rapper. Certains ils rappent là, pourtant ils ont 40ans, 45ans, tu vois ou pas ? 
Je sais pas si ils ont pas eu de jeunesse, mais voilà. Comme j’ai vu dans un truc américain « le rappeur kifferait être dealer et le dealer kifferait être rappeur. »
C’est pas moi qui l’ai sorti cette phrase mais en fait c’est vrai. Et pour les français je dirais quoi ? « les voyous veulent être acteurs et les acteurs veulent être voyous. » Comme disait Alain Delon. C’est ça la vie ! Paccino, tout ça, ça fait kiffer. Y a les risques qui vont avec, mais voilà, ça fait kiffer.
Pour moi, en tout cas, c’est vrai. En tant que rappeur j’aimerais être Tony Montana et peut-être que Tony Montana il veut rapper. C’est comme ça.

Teo -Ça me rappelle une histoire, je sais plus si c’est Al Paccino justement ou Marlon Brando, un très grand en tout cas, dans le tout 1er cours de théâtre où il va, c’est celui d’une prof qu’était vraiment très reconnue. Et elle leur demande à tous « Pourquoi vous voulez faire comédiens ? » et ils répondent des trucs du style « pour être sur scène« , « parce que j’aime le public » et elle leur répond « Tout ça c’est des conneries ! Vous voulez être acteurs parce que vous avez pas les couilles de devenir gangsters ! »

Koffi -Bah oui ! Je te jure que c’est la vérité. Moi j’aurais kiffé être un gangster, mais je ne suis qu’un rappeur. Après, j’ai fait des petites bétises, mais c’est les bétises que tout le monde fait, ça. C’est rien.
Mais j’aimerais avoir l’hélicoptère, les costars en soie, avoir mille mecs à mes bottes, je gueule « viens par ici toi ! » Sarkozy il me parle, je lui dis « hé mon pote !  J’ai payé ta campagne ! » et je lui dis « Hé, la loi sur les casinos, ça me plait pas. »
Je te jure, tout le monde kifferait, mais bon, je ne suis qu’un artiste.
Mais je suis vraiment sérieux, franchement. C’est peut-être des idées comme ça, mais si j’ai du biff, je le ferai. Je dis pas ça pour que les gens achètent mon disque, même si ça fait pas par le rap ce sera peut-être par un autre moyen ; parce que mon but c’est vraiment de faire des associations pour redistribuer.
Déjà je donnerai de l’argent à mes proches, tu vois ? Mais après ce serait bien de faire un système que je donne un peu et que tout le monde soit amené à donner 1 euro ou 2. Comme ils font pour le cancer ou les trucs comme ça, tu vois ou pas ?
Mais pour des trucs que nous on vit plus que d’autres. Le cancer, je sais que tout le monde a le cancer mais ce qu’on voit aussi c’est des femmes battues, des mères célibataires, des meufs qui veulent avorter, ceux qui meurent par accident. Je sais qu’y a des gens qui cherchent pour le cancer et les autres maladies, mais y a d’autres causes encore.

Teo -T’as un autre mot de la fin plus positif pour pas plomber l’ambiance en fin d’interview ?

Koffi -Plus positif ? Qu’est-ce que je pourrais dire ? Vive le rap, t’as vu.
Vive le rap. C’est pas ce qui me fait manger mais c’est ce qui me fait kiffer en tout cas.

Spleenter -Il est bien celui là.

Koffi -Tu vois ou pas ?! C’est ce qui me fait kiffer. Parce que j’ai toujours la psychologie rap. Que je sois à l’école, dans la rue, au taff, je suis toujours dans le rap. J’espère que c’est bien enregistré. C’était quoi ma phrase, déjà ? C’est pas ce qui me fait manger mais c’est ce qui me fait kiffer ! Pour bien montrer aux gens que c’est une culture, tu vois ? Soit t’es dans cette culture, soit tu fais pas. Moi je suis toujours comme un gamin quand je réécoute des trucs que je kiffe. C’est ça mon mot de la fin. Merci mon pote ! Merci mon pote !

Et koffi checka alors un par un les membres du blavog pour repartir vers l’horizon sur un grand cheval blanc.

Les petits singes sont devenus des gorilles.

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Interview de Koffi Trop 2 Style (Absolut Treepsal)

Parce qu’on ne peut pas toujours interviewer une légende du rap frinçais (ça va on décoooooooooonne), nous avons rencontré Koffi Tro 2 Styl du groupe Parizien du 19ème (On sait que c’est ton arrondissement favori, fais pas de la psy) « Absolut Treepsal. »

Celui qui a coécrit Menace II Society avec sa bite n’est pas avare d’anecdotes, il aime aussi partager  sa musique, ses concepts, ses délires, ses expériences. Y a pas de branlette, il répond à tout. Je crois que c’est l’une des meilleures interviews de rappeur frinçais que j’ai jamais lue. Et je dis pas ça parce que c’est nous qu’on l’a faite, mais parce que c’est vrai.
Vous allez trouver que c’est un peu long mais sachez une chose. On a enlevé plus des 3/4 des « tu vois ou pas ? » sinon ce serait 2 fois plus long.

Teo -Question simple pour commencer, comment Absolut Treepsal est né ?

Koffi -En fait, moi j’ai commencé à rapper, on va dire, vers 97. À l’époque mon groupe c’était avec Sidi Omar et Kameni, c’était le groupe Roi De l’Asssos. Donc on a commencé les premières mixtapes Neochrome avec Loko, Yonea. Neochrome 1, Neochrome 2. c’était à l’époque où il faisait les freestyles.

Teo -les premières cassettes Neochrome.

Koffi -Voilà. Après avec le temps, Sidi Omar est passé un peu en solo. Et après ils ont fait une structure, comme ça marchait. Ils ont fait un label et eux, ils l’ont signé. À l’époque y’avait Sinik, Seth Gueko venait d’arriver, tout ça. Après moi j’ai continué de mon côté, j’ai fait un truc : Treepsal. Après y a eu des petits problèmes par rapport au premier CD qu’est sorti. Après moi j’ai fait un truc à part, j’ai fait mon groupe Absolut Treepsal. Là on a commencé à faire un 1er street album, on l’a pas réellement sorti parce que dans le groupe, y en a plein qui sont partis en prison. Et voilà, là je reviens maintenant. Pour taffer sur mon nouvel album, toujours avec les gars d’Absolut Treepsal mais on va dire que c’est plus mon album solo.

Teo -Donc c’est pas fini Absolut treepsal ?

Koffi -Non, non. On est toujours là. À côté on prépare un deuxième street. Mais là j’ai voulu faire vraiment un truc solo. Et celui qui rappe avec moi, de toute façon c’est un boug, Autop-C. Lui aussi il fait des tapes à côté. Il prépare aussi un street. Donc c’est pour avoir plusieurs produits en fait.

Teo -Vous partez chacun dans vos trucs.

Koffi -Voilà. Mais on est pratiquement toujours ensemble. Par exemple, dans mon street, on va dire à 70% il est toujours avec moi. 70% des morceaux il est là. Il fait des refrains, il fait des backs, il crie avec moi.

Teo -Ouais dans Absolut, on a l’impression que c’est surtout toi et Autop-C Après y a beaucoup de mecs qui gravitent autour.

Koffi -Ouais voilà, Kapacci, Krem, Express. Après, chacun fait les trucs de son côté, mais on va dire que la vraie ossature c’est moi et Autop-C. Comme nous on vient tous du même quartier, y’a pas d’embrouilles entre nous. On se connait depuis, on va dire, plus de 15 piges. On a toujours avancé ensemble. Treepsal on était ensemble. Absolut Treepsal on est encore ensemble. C’est vraiment au début, quand moi j’ai commencé à rapper de mon côté avec Sidi Omar et Kameni que j’étais vraiment à part. Parce que ça rappait pas beaucoup dans mon quartier. C’est après qu’ils ont commencé à rapper, quoi. Y en avait certains qui rappaient mais c’était des grands. Mais de ma génération, moins. Certains faisaient leur truc en cachette. Et après moi, quand j’ai commencé à revenir dans le quartier, par rapport à la musique, on a fait nos trucs ensemble. On a voulu avancer ensemble quoi.

Teo -C’est une histoire de potes avant tout, en gros ?

Koffi -Ouais. On était toujours ensemble, on trainait toujours ensemble. Donc après y a eu la musique, normal qu’on rappe ensemble. Même là maintenant, quand ils font leurs trucs de leur côté, je suis en studio, je passe les voir. Parce qu’en fait, on est ensemble mais, t’as vu, chacun sa couleur. Certains aiment plus des ambiances que d’autres. Certains développent plus de sujets que d’autres.

Spleenter -D’ailleurs, comment tu définirais un peu le style Absolut ? Parce que c’est vrai qu’en écoutant certains sons, on peut dire « ouais c’est plutôt West », d’autres sons « c’est plutôt nanana » (ça c’est de la question taffée avec amour) etc…

Koffi -On va dire que dans l’influence son c’est plus West, nous. Tu vois ? Mais New West. Façon les nouveaux sons de Dr Dre, tout ça. genre G-Unit, Fifty. Vraiment le nouveau West.

Teo -C’est West Coast mais pas G-Funk.

Koffi -Ouais non, c’est pas trop G-Funk. C’est plus le Nouveau west, ils ont donné un nom. Tu vois dans les nouvelles tendances, les nouvelles instrus de Dr Dre, etc…

Spleenter -Ouais, la New West, quoi.

Koffi -Voilà. Donc on a un peu les codes gangstas. Enfin, gangsta… nous on est Français, c’est un peu des trucs de cités, tu vois ?

Teo -C’est plus caillera que gangsta. Même si après y a des codes qui se retrouvent.

Koffi -Voilà !

Spleenter -Ah d’ailleurs, je voulais te poser cette question en dernier, donc je vais le faire là : la mort de Nate Dogg ?

Koffi -Franchement, c’est… c’était un bon artiste, t’as vu ? Il nous a fait kiffer. Moi j’avais kiffé sa première chanson avec Warren G, à l’époque. Et le reste qu’il a fait. Donc franchement, on doit tous partir un jour, mais quand ça arrive comme ça c’est toujours triste. Surtout comme lui. On le connait pas mais on le voit tout le temps. Il nous a un peu bercé. Ça fait toujours un choc.

Teo -Ah oui. J’ai une question de Spiro (big up à lui), d’où vient le nom Absolut Treepsal ?

Koffi -Treepsal, en fait, à l’époque, quand je trainais avec Sidi Omar et Kameni, moi j’étais toujours dans les ambiances meufs. Les gens me voyaient ils me disaient « Mais toi tu fais toujours des trips sales » après c’est resté dans le concept. Maintenant, quand on a voulu revenir avec un nouveau truc, on voulait toujours rester dans l’ambiance Treepsal. Parce que c’est un concept qu’on vit. On a trouvé Absolut parce qu’à l’époque c’était quand on a commencé à boire, donc on a pensé à Absolut Vodka. Là on a dit qu’on allait s’appeler Absolut Treepsal. Pour donner un côté luxueux à notre truc. Ça fait penser à un truc beau, un truc bien, tu vois ? Absolut ça pète, tu vois ?

Spleenter -Dans une vidéo que vous avez faite, on vous voit dans la rue… je sais plus comment elle s’appelle cette video. Peut-être « Absolut dans la rue » (une imagination débordante) ou un truc comme ça.

Koffi -« Fait kiffer » ? Quand on montre la bouteille de Smirnoff ?

Spleenter -Ouais ! Celle où vous dites « c’est ce que les negros du quartier ont dans les couilles, ça ! »

Koffi -Voilà ! (rire général) C’est par rapport à ce délire. Parce que franchement, nous, on est dans une ambiance « gangsta ». J’aime pas trop employer ce mot là mais on est vraiment gangsta. Mais quand je dis gangsta c’est pas comme les américains. Mais un peu comme tout le monde, tu vois ? Et nous on veut vraiment mettre ce côté là en avant. Fumer, boire, faire la fête, baiser. Comme tout le monde. Mais nous on le revendique vraiment. Certains rappeurs, je sais pas si c’est par rapport à la famille ou par rapport à la religion, ils aiment bien mettre ça en retrait, faire des trucs mais pas trop le dire. Alors que nous on préfère le dire directement. C’est plutôt ce côté là. Mais je vais pas dire qu’on est les seuls à le faire. Moi je sais que tout le monde le fait, mais y a certains rappeurs que je connais qu’aiment pas trop le dire. Ils ont une certaine image.

Spleenter -C’est vrai que c’est ce qui m’avait le plus accroché au début, c’était le solo d’Autop C sur « Mon arrondissement favori« . Genre « nous on est des sales races mais on s’assume »

Koffi -Ouais. C’est un peu notre concept.

Teo -Des phases comme « tu peux plaindre mes parents, mais j’en ai rien à branler. »

Koffi -Voilà, on essaie de travailler ce style là. C’est un côté egotrip mais tout le monde fait de l’egotrip dans le rap français. On essaie plus de sortir des phrases de tous les jours. Mais je répète bien : tout le monde le fait. Mais certains, c’est pas qu’ils ont pas les couilles, c’est plus par rapport à une certaine pudeur qui fait qu’ils le disent pas. Nous on a vu que c’était un truc que personne faisait, ou avait peur de faire. Ça fait des années qu’on s’est lancé dedans c’est pour ça que maintenant on balance toujours comme ça.

Spleenter -Ça c’est marrant parce que c’est un truc qui caractérise le 19ème, dans le rap.

Koffi -Franchement, ouais. On va dire qu’y a une nouvelle école dans le 19 là. Après qu’il y ait eu Oxmo ou Pit Baccardi qui étaient vraiment dans la fiction. En fait c’était du vécu mais eux ils te le montraient vraiment comme une fiction. Mais nous on essaye de jouer sur un autre truc.

Teo -C’est plus rentre-dedans, plus brut.

Koffi -Voilà, c’est plus brut. Comme ce qu’on écoute, t’as vu ? Du Dipset, du G-Unit.

Teo -Ou du Three Six Mafia ?

Koffi -Ouais ! Moi j’adore Three Six Mafia !

Teo -Parce qu’y avait eu une pochette qui ressemblait à celle de « On passe du shit à l’industrie du disque » (en fait c’était une pochette de Project Pat mais on va dire que c’est pareil).

Koffi -Si si. Moi j’écoute du Three Six Mafia. Déjà, tout ce qui est cainri, moi j’aime bien. Que ce soit West, que ce soit ATL, ça m’inspire toujours. Après c’est sûr que j’ai des préférences… Three six Mafia ils ont fait des bons trucs. Project Pat, tout ça, ils ont fait des trucs lourds ! Donc moi je connais. Tout ce qui est bon, moi j’écoute. Peut-être, en scred, c’est ça qui nous influence. On sait pas.

Spleenter -C’est vrai qu’au niveau du discours, du délire, c’est très Dipset. « Nous on arrive. On vend du crack, on s’amuse »

Teo -« Et on s’en bat les couilles. »

Koffi -Après, y a des gens qui aiment pas. Mais nous on insiste sur ce côté là. J’ai entendu toutes sortes de critiques « vous vous balancez tout seul, vous vous grillez, vous êtes des fous, vous mentez, vous exagérez… » Alors, peut-être qu’on exagère, mais ça reste de la musique. Quand tu fais de la musique, c’est comme quand tu vas voir un film. Dans un film Américain, ils mettent directement le gros paquet. Si tu veux une petite comédie française, ça me fait rire, mais quand tu veux un blockbuster, comme ils disent, tu mets du lourd. Nous on fait notre musique, on met du lourd. C’est à dire : si j’ai baisé une meuf, je vais te dire que j’en ai baisé 100 ! sinon où est l’intérêt de m’écouter ? (rires) C’est pour ça que nous on gonfle toujours. Si je vends une barrette, je vais te dire que j’en vends 100. C’est comme ça, faut faire kiffer les gens. quand tu restes toujours dans le minimum, moi je trouve qu’y a pas trop d’intérêt. Mais chacun son style. Y en a ils sont bons dans le rap conscient, l’introspectif. Certains ont plein de styles. Mais nous on essaie vraiment de développer ce truc là, egotrip avec du vrai rentre-dedans, comme vous avez dit.

Teo -Quand on écoute, au premier abord, on se dit que c’est vraiment du rap de rue. Ça parle de deal, de diez, de bizness, mais quand on écoute vraiment, ce qui revient le plus souvent c’est les meufs. C’est pas les backstreet boys non plus, mais ça revient presque à chaque morceau.

Spleenter -Surtout les meufs casées. (rires)

Koffi -Nous, quand on a commencé la musique, je te mens pas, on s’est toujours dit qu’il fallait déjà, comme t’as dit, qu’on arrive avec une truc rentre-dedans. Fallait qu’on en fasse toujours plus. Et surtout, nous on veut un public féminin. Parce que moi j’ai vu et y a certaines études, certaines statistiques qui montrent que les meufs, c’est elles qui achètent et c’est elles qui poussent à acheter. Sans faire le suceur, quand y a une meuf qui écoute quelqu’un, t’es là tu dis « T’écoutes quoi ? » elle t’énerve. Mais après : « Pourquoi t’écoutes celui là ? » Elle, elle peut t’amener à écouter quelqu’un. Souvent t’écoutes ton pote, il te dit « t’as vu, y a le dernier Project Pat » mais souvent, les meufs, c’est des dingues donc elles rentrent dans un autre concept. C’est pas des fanatiques mais plus des groupies. Elles te font écouter leur truc. Donc nous on essaye de vraiment toucher les meufs. Si t’arrives à avoir les meufs et les mecs, c’est opé. Nous on est là pour vendre ou au moins pour plaire. Et pour faire kiffer notre musique faut faire kiffer les mecs et les meufs. Donc c’est pour ça qu’on parle beaucoup de meufs, parce qu’il faut qu’on les touche. Parce que ce qu’on dit c’est quand même réel. Y a des meufs elles sont casées et elles déconnent, tu vois ou pas ? Et des meufs bien aussi. Comme nous on est parti sur un truc négatif et qu’on accentue toujours on est forcés de parler des meufs casées, qui font des bêtises. Nous on est là, comme ils disaient IAM, on est là pour le côté obscur (rire général). On est là pour ramener le côté obscur dans ce business.

Teo -Là tu prêches un convaincu. Les meufs casées c’est plus facile à pécho que les autres.

Koffi -Mais oui ! Une meuf casée c’est toujours plus simple à serrer.

Teo -Là on va revenir sur un truc que t’as dis tout à l’heure… en fait ça va être un peu anarchique cette interview.

Koffi -Y a pas de souci, c’est cool. Moi j’aime bien.

Teo -Tu disais que chacun amène sa couleur dans Absolut, t’amènes quelle couleur toi ?

Koffi -En fait, moi je bouge beaucoup en soirée. Ça va toujours dans le même délire, le délire Absolut Treepsal mais moi ça va plus être des sons club. Comme un peu Rick Ross, comme il faisait Biggie. C’est à dire la banane, je vais faire des sons qui bougent mais dans mes textes je vais toujours rester hardcore. Je vais te parler de meufs, de rue, de drogue, mais plus dansant. C’est pour ça que j’ai un délire Clubbanger.

Teo -C’est le nom d’un de tes morceaux.

Koffi -Dans « Mon arrondissement favori » oui.

Teo -Et y en a un second avec 2 autres gars.

Koffi -Avec 2 petits de chez moi : LOgbi et Rhod. Clubbanger c’est le concept que je vais faire. Sinon ça parle toujours de la même chose, mon street album il va s’appeler « Champagne & coke » (rire général). On va sortir les délires club, champagne et la coke. Coke, je parle des 2 côtés. Du vendeur et du consommateur.

Teo -Parce que tu consommes toi ?

Koffi -Coke, non. Shit, ouais. seum, ouais. Mais coke ça m’est déjà arrivé, avec des meufs… je me suis fait baisé, mais bon. Je vais pas te mentir, ça m’est arrivé 2 ou 3 fois. C’est pas un sujet tabou pour moi, de toute façon j’ai grandi dedans. Mais aller dire que je suis un consommateur, je pourrai pas. On peut dire que je fume du shit, mais on peut pas dire que je tape de la c. Mais si tu demandes, les gens qui me connaissent savent que j’ai déjà pris 2 ou 3 fois. Celui qui te dit qu’il a pris qu’une fois, c’est toujours le mec qui ment. Mais après, aller dire après que je suis un consommateur, non.

Spleenter -Ou le revendiquer dans tes textes…

Koffi -Non plus. Mais je peux revendiquer que je fume du shit parce que ça je le fais régulièrement. Je bois de l’alcool aussi régulièrement. Y a des trucs que je fais régulièrement. Mais dire que je suis tapeur de c, j’en vois pas l’intérêt vu que je fais pas ça tout le temps. Après si je le fais tout le temps, peut être dans mon prochain album je le dirai. Moi ce dont je parle dans mon album c’est que quand t’es dans le monde de la coke : tu vends, les gens ils consomment et souvent, sans faire exprès, t’en prends par rapport à d’autres délires Parce que quand tu vends de la coke…

Teo -Tu rencontres d’autres mecs qui sont dans d’autres trucs.

Koffi -Voilà. Et eux, sans faire gaffe, ils peuvent t’amener à ça. En fait, y a 2 types de consommateurs. Y a le consommateur qui vient acheter dans ta cité et y a le consommateur qui est sur les Champs. Lui il est là avec sa berline dans sa bête de maison avec des bêtes de gos. Tu viens, tu livres ton truc et après tu rentres chez toi. Mais un jour il te dit « Tu veux pas rester avec moi ? » Et toi t’es là « qu’est-ce qui se passe , mais qu’est ce qui se passe ? » Après il te dit « vas-y, y a des meufs. » Je reste. Après ça devient ton pote. Tu rentres dans d’autres délires. Tu vas en boite avec. C’est tout un monde. Ensuite c’est à toi de prendre du recul et te dire « je perds les pédales, je pète les plombs ou pas ? » Parce que eux c’est un style de vie qu’ils ont, ils habitent sur les Champs, ils sont plus riches que toi. Toi t’es le dealer tu viens donner ton truc. Faut voir, soit tu veux rester avec eux et faut assumer, parce que c’est un style de vie qu’ils ont. Peut-être c’est des chefs de publicités, des trucs comme ça. Toi t’es là, t’es qu’un dealer. Qu’on peut remplacer à la minute. J’en ai vu plein. C’est ça que je raconte aussi, y en a plein qui ont été donnés. Quand ils ont des couilles, ils balancent pas, ils tombent. Après un autre les remplace. Moi je parle un peu de tout. Et de champagne. En fait je dis champagne & coke parce que c’est un cocktail explosif pour faire la fête. Et c’est un cocktail explosif aussi pour être dans la merde. Moi je montre le côté festif mais aussi l’autre côté. Pour avoir du champagne et de la coke, les gens ils pètent les plombs. Le revers de la médaille. Ça finit pas forcément bien.

Spleenter -Justement, ce côté là, le côté sale, on s’assume, on a l’impression que c’est très typique au 19ème. On fait pas la morale et on y va à fond.

Koffi -En fait, je sais pas comment ça s’est développé, mais à partir d’Oxmo et de Pit, y a plus rien eu dans le 19ème. Et comme ils disent souvent dans le 94, ils revendiquent que ce sont des braqueurs. Je te mens pas, que tu sois blanc, noir, arabe ou chinois dans le 19ème, tout le monde a dealé, tu vois ou pas ? Tout le monde, au moins une fois dans sa vie. C’est un truc que tout le monde a fait, même si maintenant tout le monde fait autre chose, mais tout le monde a vendu au moins une barrette, une connerie. Ce qui fait que nous, quand on est rentré dans le truc et qu’on avait rien et qu’on était dans notre ghetto, on a créé une certaine école. Ce qui fait qu’entre nous, on était tous ensemble, chacun balançait ses textes et parlait de son vécu. Et nous on s’est lancé un délire, on parlait toujours de drogue, de drogue, de drogue. Ce qui fait que même les petits qui nous suivent, quand on balance des trucs à la radio ou sur internet, ça reflète toujours ce qu’on vit. Parce qu’en fait on nous a ghettoïsé. Si tu regardes bien, dans le rap français y a toujours la banlieue : 93, 94, 95…

Spleenter -92 !

Koffi -Tu vois ! Y a même le 18e mais on parle jamais du 19e.

Teo -Avant c’était le 20-1 mais c’est vrai qu’on entend moins ça, maintenant.

Koffi -Voilà, mais on a toujours été dans une sorte de ghetto, toujours à rapper dans nos salles, dans nos MJC, à galérer. À rapper dans nos voitures ou dans le hall, ce qui fait que maintenant y a une certaine école et chacun s’est passé le mot sans faire exprès. C’est à dire que nous on va parler de drogue en voulant peut-être copier un peu les mecs du 92, ceux qui bicravaient au Luth, à Asnières-Gennevilliers, des trucs comme ça. Nous on a voulu lancer un truc comme ça. Ça va être notre sorte de marque. Y a pas que ça dans le 19 mais ceux qui font vraiment du rap hardcore, je te mens pas, ils parlent de ce qu’ils font. Ils parlent de leur vécu ou de leurs amis, leurs proches, mais ça reste très drogue. C’est pour ça qu’on dit qu’on est le Harlem de Paris, ça vend beaucoup de drogue. Ça parle de meufs, d’embrouilles, de tout, mais tout le monde parle de drogue.

Teo -Ça me rappelle qu’à un moment je trainais souvent près de Jourdain, c’était un petit coin tranquille mais c’était un four. T’habites au rez-de-chaussée, t’as des petits de 17ans ou moins, ils sont assis sur le rebord de ta fenêtre, t’ouvres, tu demandes si quelqu’un à un 20, un 30, etc…

Koffi -Tu vois ? Je te mens pas, dans le 19ème tout le monde a vendu au moins une barrette et même si c’est pas toi, c’est ton pote, donc tu connais. Pour braquer, faut peut-être des couilles, mais dans le 19ème ça deale à l’école, en bas de chez toi. Ou même si t’es ce qu’on appelle un porte-avion, un petit que t’envoies chercher. Ou un grec frite. Ou même si tu prends pour un pote, y a toujours de la drogue dans tes mains. Même si après tu fais autre chose, tu joues au foot, tu peux même être avocat, mais tout le monde a de la drogue dans ses mains. Moi je suis là depuis 1993 et j’ai toujours vu de la drogue. Que ce soit les toxicos, l’héroine, le crack, les extas, la beuh, le shit, le marocain, j’ai toujours vu de la drogue. Même si j’étais pas à fond dedans, mais j’en entendais parler, je voyais des gens. Donc en rappant, c’est rentré dans nos textes. Comme les gens du 94 ils parlent de braquage, c’est comme ça.

Teo -C’est identitaire.

Koffi -Voilà. C’est notre identité. Après y a des gens ils essayent d’être un peu plus « hype », d’être un peu fashion, de faire des trucs stylés comme, par exemple, la Famille Haussmann avec qui je travaille beaucoup.

Spleenter -Ah oui, c’est vrai. Les Ghett Dip.

Teo -Ah bah les Ghetto Diplomats ils étaient quand même là pour représenter le 19e après Ox et Pit.

Spleenter -C’est toujours Cambrai ?

Koffi -Ouais ils sont toujours à Cambrai. Mais eux, c’était les petits d’Oxmo et Pit. Quand ils sont partis en couille, je veux dire quand ils se sont séparés de Time Bomb, ils les ont un peu laissés dans la merde. Les Ghetto Diplomats ils ont dû se débrouiller pour revenir.

Teo -Y a eu le truc commun avec les X-Men.

Koffi -Voilà. Ils ont été Jedis, après ils ont été Ghetto Diplomats.

Teo -Entre Jedis et Ghett Dip, y avait même Korporation Bordelik.

Koffi -Voilà, Korporation Bordelik. Ça veut dire qu’ils ont fait plein d’équipes avant de revenir en Famille Haussmann.

Teo -C’est un truc propre au rap Parisien ça. Absolut c’est donc toi et Autop mais avec plein de ramifications autours, récemment y’a la Sexion d’Assaut qui était un collectif avant avec le groupe 3ème Pro et des mecs en solo, y a l’Institut pas loin, maintenant t’as 1995 avec l’Entourage ou je sais pas quoi…

Koffi -Ouais, 1995, les mes de banlieue, là ?

Spleenter -Ils sont surtout de Panam.

Koffi -Ah ? Je savais pas. Y en a pas qui viennent de Gennevilliers ?

Spleenter -Si, je crois que t’en as un qui vient de Gégène, un autre de Villeneuve, ouais.

Teo – à l’ancienne y avait aussi ATK… Plein de gros collectifs avec plein d’affiliations, c’est une technique de base du rap parisien pour embrouiller les auditeurs ?

Koffi -Non mais Paris c’est petit. c’est une expression comme « fais de la psy » ou « c’est bavon » mais c’est vrai « Paris c’est petit« . Donc on se retrouve partout. On fait pratiquement les mêmes choses, ça fait du sport dans les mêmes clubs, certains le basket, certains le foot, on traine dans les mêmes cités, on a pas de mal de passer d’une cité à une autre, à moins d’une grosse embrouille. Mais ça veut dire que moi je peux trainer dans un coin, par rapport à des cousins, par rapport à des amis, on a les mêmes écoles. Donc dés qu’il y a quelque chose qui nous rassemble, on est tous partis ! Y a des affinités aussi, j’avoue. On a pas de mal à faire des connections. On est amenés à faire les mêmes choses sur Paris qui font que. On fait les mêmes boites, on fait les mêmes puces, y a Châtelet, y a Opéra, je sais pas, y a les Champs. Tout le temps ça gravite autour de ça. Les clubs c’est les mêmes. On rentre pas dans tous les clubs, mais le peu de club où on rentre, on va retrouver les mêmes gens. Donc à la fin on est potes. On se voit 2, 3 fois. À la 4ème fois « ah ça va mon pote ?« . Et voilà, c’est du direct.

Spleenter -Et d’où vient l’expression « tu fais de la psy ? » c’était là avant que t’arrives ?

Koffi -Ça c’est nous. Je te mens pas, nous à Cambrai on a inventé beaucoup d’expressions. Fais de la psy, ça vient de Cambrai. Comment t’expliquer… C’est un truc qui est réel, mais toi tu veux faire du cinéma. Par exemple, moi je te dis « Tu kiffes Booba ? » tu dis « Non » bah je te dis que tu fais de la psy. Après y en avait plein des expressions. « Réveille toi » ou « T’es sérieux« .

Teo -Celle là on les connait, mais faire de la psy c’est vraiment chez vous que ça se dit.

Koffi -Y a Cambrai et y a le 19ème, mais ‘fais de la psy‘ c’est vraiment de chez nous, de Cambrai. Comme je te dis, c’est un truc qui est sûr mais tu fais du cinéma. Y a toujours des gens qui font semblant. Au lieu de dire qu’on fait style, on dit faire de la psy.

Teo -Tu parles de Booba, tu parles de la Sexion, tu kiffes qui d’autres dans les têtes d’affiches du moment ?

Koffi -Ceux connus là ? Franchement j’aime bien Booba.

Teo -Même le dernier ? (c’est pas beau de vouloir influencer la réponse des gens, Teo)

Koffi -Toute sa carrière, même le dernier j’aime bien aussi. Sexion d’Assaut, ça va, j’aime bien. Après je dirais pas que c’est mon groupe préféré, mais j’aime bien et ça s’écoute. Moi je suis un rappeur, donc en tant que rappeur je trouve que les sons qu’ils utilisent et comment ils travaillent leurs morceaux, ils font un bon taf. Je kiffe pas tous les morceaux mais Booba, j’aime bien, La Fouine, j’aime bien. Rohff j’aimais bien… je vais dire j’aime bien. C’est le dernier album que je calcule pas trop mais sinon j’aime bien. Je vais pas le tuer pour un album, t’as vu. Nessbeal aussi j’aime bien.

Spleenter -Il avait posé avec un mec de chez vous Nessbeal.

Teo -Koussek, je crois.

Koffi -Ouais voilà. je le connais bien Nessbeal, par rapport à cette connexion là, maintenant on se connait. Parce qu’en fait il connaissait un grand à nous qui nous l’a présenté. Y a qui encore ? Je te parle des rappeurs connus, hein ? Y en a plein. Y en a d’autres que j’écoute mais ils sont pas connus. Comme on a dit, Joe Lucazz, la Famille Haussmann, Seth Gueko aussi j’aime bien. En fait, je suis pas à fond sur un rappeur à 100%, mais je me laisse toujours niquer par un morceau. Si tu rappes c’est que tu peux toujours sortir un bête de morceau. C’est comme si tu vas chez un mec qui fait des instrus, il peut t’en faire écouter 200, elles seront pétées. Mais y en aura une qui va te plaire. Je pars toujours de ce principe là. Quand tu vas chez un mec qui fait des sons, toujours il te saoule. Mais tu vas toujours tomber sur un où au pire tu vas lui dire « retaffe le un peu stp » mais y en a toujours un qui va te plaire. Pour moi c’est comme ça la musique, si t’es là et qu’on entend parler de toi sur internet c’est pas moi qui vais venir te dire que t’es pété. Je suis honnête, je dirai « j’aime pas – j’aime pas – j’aime pas » mais je me dis que si t’es là y a quand même quelque chose qui va me parler. Sexion d’Assaut au début je calculais pas mais je me suis dit « y a peut-être un morceau qui va me parler » après ça a été le cas. Maintenant, je serai pas toujours derrière eux. Par exemple si y a un concert de Sexion d’Assaut ou Booba, je te le dis, je préfère aller à celui de Booba. Je veux aller voir le spectacle. Mais si un pote me dit qu’il a été voir Sexion d’Assaut et que c’est bien. Peut-être j’irai au prochain.

Teo -Pourtant Booba sur scène y a moins d’énergie que la Sexion, non ?

Koffi -Ouais, mais moi je parle d’un côté artistique, d’un côté show. Parce qu’il a une manière de vendre sa musique.

Spleenter -Il va ramener des danseuses.

Koffi -Voilà. Sexion d’Assaut ils sont neuf sur scène. Ils ont chacun un couplet, ils tournent. Ils font les backs, tout ça. Eux même c’est des backeurs. Alors que Booba il est tout seul. Donc je suis plus amené à allé voir ce que booba il va donner ou pas. Ça veut pas dire que Sexion d’Assaut c’est pas bon, moi j’aime bien.

Teo -T’as un esprit très compétition, tu regardes ce que font les autres.

Koffi -Toujours. Je regarde toujours ce qui se passe, pas pour faire comme eux. Quand on te parle des autres c’est toujours mieux de pouvoir dire « je connais ». On peut pas tout connaitre mais souvent je vais sur internet. La dernière fois je vais sur facebook, je vois ça parle de 1995. Pourquoi ils parlent ? Je suis parti sur youtube, j’ai regardé. J’ai regardé leur truc, y a au moins une chanson qui m’a plu. Je me dis ça va, ils se débrouillent, tu vois ou pas ? Ça me fait penser au délire Sexion d’Assaut et même La Cliqua de revenir comme ça, sac à dos. Moi j’ai connu toute cette période. Donc voilà, je kiffe. Moi j’ai déjà mis les sacs à dos, on est partout, on tourne, on monte sur toutes les scènes alors qu’on n’est pas invités. On freestyle, on arrache le micro, tout ça.

Spleenter -C’est un côté qu’on imagine pas spécialement chez vous.

Koffi -Si si ! Je suis passé par là. Tu prends le RER, tu vas loin, tu vas à Cergy Pontoise, à l’époque y avait le truc à Bobigny, le festival XXL, tout ça. Tu prends ton sac à dos, t’es là t’as ta casquette. Je connais. Tu prends le métro à Châtelet, on est 20. J’ai fait la guerre, tu vois ou pas ? quand je revois des gens qui reprennent ces codes là, même si ils sont plus jeunes, je me dis que je suis passé par là. C’est quand même bien. Bon après, en grandissant, tu rentres dans un autre délire. Parce qu’à l’époque j’avais que mon sac à dos, j’étais pas trop dans le quartier, j’étais plus à aller voir si y avait des meufs à Châtelet, t’as vu ? J’étais à fond dans la musique, fallait aller voir si y’avait des studios pour poser. On avait pas l’argent pour prendre des studios donc quand y avait un plan, que quelqu’un posait, il fallait y aller direct. Y a des tapes où on s’imposait. Mais en grandissant t’as besoin d’acheter des habits etc.. Et comme j’étais dans le 19, comme je dis dans un texte qui sera dans mon album, sans faire exprès, je me suis mis à faire les stupéfiants. Je voyais déjà les gens faire, mais j’en voyais pas l’intérêt. Mes parents ils me donnaient un peu de billet, de l’argent vite fait. Pas beaucoup non plus, mais un peu d’argent de poche. Et un jour, je sors de chez moi et 2 ou 3 fois on me dit « t’as pas quelque chose mec ?« … Attends ! Après tu réfléchis, tu vois ou pas ? T’as même pas besoin de créer un terrain, d’être Tony Montana, juste tu descends. T’as pas besoin de créer un truc ou d’avoir une arme et de tuer des gens, juste tu descends en bas de chez toi pour acheter le pain pour ta maman et on te dit « hé mec, où est-ce que je peux avoir une barrette ?« .
Genre t’as juste à l’appeler dans un coin si t’as ta barrette, tu vois ? Après tu te mets dedans. Après, comme t’es un mec, t’es con. Tu te mets à vendre encore plus de truc. Moi c’est comme ça que c’est parti. Après tu commences à te structurer, à dire « hé mon pote, maintenant je fais du biff. Toi aussi tu fais du biff. Viens on se met ensemble on fait un gros truc. » Puis tu sors, y a les meufs, les bouteilles, les vacances, Thailande, Brésil, Etats-Unis, Afrique. Ça te pousse à en faire encore plus, jusqu’à ce qu’un jour, les keufs viennent. Après ça dépend si tu continues ou si tu t’arrêtes. Mais en fait, ce que je veux dire c’est que t’as une facilité pour en vendre, c’est même pas une question de couilles. C’est à toi de te prendre la tête, à avoir la bonne qualité, avoir les bons prix. Mais en vendre, tu vois, c’est pas un souci.

Spleenter -D’ailleurs, si c’est pas déjà fait, sur ce truc là faut que tu mettes en intro le passage de Traffic où t’as un mec qui dit exactement ça : « Imaginez si dans un quartier blanc pavillonaire, t’avais 100 noirs qui arrivent pour demander du crack. Le lendemain, tous les blancs ils en vendraient. »

Koffi -Grave ! Mais ça va vite, hein ? Plus t’avances dans ce délire là, plus t’auras des gens pour te demander des trucs, ce qui fait que tu t’arrêtes plus après. C’est toi qui te mets en mode stop « bon j’arrête. » Mais sinon t’es amené à voir d’autres gens qui te proposent d’autres structures. Par exemple, au début je faisais du shit et quand tu fais du shit y’a toujours un mec qui te dit « et au fait, t’as pas de la coke ?« . Toujours ! Et après toi t’es là et tu te dis « ah ouais ! La prochaine fois, je vais le faire ce billet là ! » (rire général) Et maintenant tu te mets à ça. Ça s’arrête pas. Donc à un moment fallait qu’on paye nos heures de studio, tout ça ça nous a aidé à sortir nos albums. Mais entre temps y en a certains… En fait, comme je te disais dans Asbolut Treepsal au début on était 5 ou 6. Et sans compter Kapacci et Express. Y’avait Freddy Crack, souvent je parle de lui dans mes textes, lui il est bé-ton. Y a Tony il est bé-ton, il est encore en taule là. Y en a plein…

Teo -Tony il avait posé sur L’Alien de Sir Doums ?

Spleenter -Ah, c’est celui là ?!

Koffi -Voilà, bah lui il est béton aussi. Après y a Autop-C, tu connais, y a des périodes dans le rap où t’arrêtes, comme t’as dit tout à l’heure, toi t’es auditeur et parfois t’arrêtes d’écouter du rap. Quand t’es rappeur aussi, parfois t’en as marre. Tu t’arrêtes puis tu reviens. Ce qui fait que même à Génération, un jour un mec nous a dit « Ouais mais vous faites tellement de bêtises, sortez un vrai truc. » Après on a dit « on va essayer. » Peut-être même que là, mon album là, il est fini à 75% et peut-être que je vais pas le sortir. Mais j’essaye de le terminer, de le sortir. J’ai commencé à faire des clips. On va voir.

Teo -T’as déjà commencé à en sortir ?

Koffi -Ouais, j’en ai mis sur facebook.

Spleenter – Par rapport à d’autres groupes qui sont pas diffusés, et qui maintenant prennent leur revanche sur le net, comment ça se fait que vous soyez pas plus présents ?

Koffi -Parce qu’on calculait pas trop, je te mens pas. On était plutôt dans la folie, on va dire. Moi je dis que ce qui nous a beaucoup manqué et qu’on va essayer de taffer là, c’est la structure. Ça nous a beaucoup manqué.

Spleenter -En attendant que Teobaldo trouve les clips sur youtube. Le nom il vient d’où ?

Koffi -Lequel ?

Spleenter -Koffi Trop 2 Style.

Koffi -Alors Koffi c’est moi. Je m’appelle vraiment Koffi. Et Trop 2 Style c’est par rapport à quand je trainais encore avec Sidi Omar et Kameni ; parce qu’avec les meufs, toujours, quand j’étais jeune on me disait tout le temps « Ouais mais arrête, toi tu fais trop de style, mec ! » (rire général, on s’est beaucoup marré dans cet interview) « Ouais mais toi t’es vraiment Koffi trop de style, enfoiré ! » Et c’est resté, tu vois ? (il regarde l’écran de l’ordinateur) Ah voilà. C’est celui là.

Teo -Donc ça c’est le clip de « Ok negro. »

Koffi -Ça normalement c’est l’intro de mon street album.

Spleenter -Ça va, il est propre quand même au niveau du grain de l’image. (et évidement, au moment où il dit ça, youtube plante…)

Koffi -Ouais. Ceux qui font les vidéos, là, c’est Les Grands Lacs. C’est ceux qui ont sorti « Mon arrondissement favori », c’est mes potes. Ils vont faire quelques uns de mes clips, parce que je suis parti pour en faire 20.

Spleenter -Tu vas tout clipper ?

Koffi -Ouais, tout, tout ! Comme t’as dit on était pas sur internet. Là on est obligé de revenir. Parce que la visibilité c’est dur. De toute façon on vise pas la signature, mais il faut du visu. Donc on va bosser sur ça.

Spleenter -Du coup c’est en indé ?

Koffi -Ouais, c’est en indé et on va essayer de chercher une distribution et au pire le balancer sur tout ce qui est téléchargement légal. Ce qu’ils appellent digital. I-Tunes, tout ça. C’est bon, j’ai un contrat avec un believe. Ça vous dit rien believe ?

Les 2 -Euh… (on reconnaît les cancres)

Koffi -C’est comme une distribution qui fait les plates-formes digitales : fnac, SFR, Nokia, Virgin, etc… J’ai un truc avec eux, on va voir, quoi.

Spleenter -T’as un label en indé ?

Koffi -Non, tout seul. Nous c’est que de l’auto-prod. Mais après, quand je vais terminer mon projet avec tous mes clips, tu sais, je vais aller voir des équipes, essayer de faire une co-prod. Mais là, comme nous notre rap il est un peu rentre-dedans comme t’as dit, les gens voient déjà les problèmes par rapport à ça. Ils veulent pas avoir cette image de bêtises, de drogues ou de meufs, tout ça. Donc je préfère tout terminer et comme moi j’ai quand même un côté artistique, je sais comment je vais essayer de le vendre aux gens. Je préfère tout terminer avant qu’on rentre dans mes affaires et me dire « fais pas ça. » Je préfère arriver avec le tout terminé et dire aux gens « Tu veux t’associer ou pas ? » Mais à la fin j’aurais peut-être quelques feats, c’est pour ça que je dis que c’est fini à 75%. Peut-être avec Joe Lucazz ou des plus connus comme Seth Gueko et Nessbeal. C’est ceux que je connais vraiment.

Teo -Justement, Joe est sur un morceau avec Kapacci sur Mon arrondissement favori, « Caillera caillera ». Un bon petit son. Mais y a jamais eu de vraie connexion Joe avec Absolut.

Koffi -Non. Enfin si, y en a eu, mais on les a pas encore sorti. Y’en a 2 ou 3 qui traînent.

Spleenter -Bah faut y aller là.

Koffi -Ouaaaaaaiiiiiis. Mais on va balancer là. On va balancer ! Déjà on va faire le clip sur le court métrage qu’il est en train de m’écrire, là. Ça va être tourné et on va prendre les images pour en faire un vrai clip. Et je serai en feat avec lui.

Spleenter -Tu peux déjà balancer le thème du court ou c’est trop tôt ?

Koffi -Ça parle d’un mec qui sort de taule et qui reprend les affaires. Ça parle de business encore. Mais de quelqu’un qui sort de taule qui a perdu son biz depuis, et qui revient un peu malgré lui aux affaires. Parce qu’il a des trucs à régler. Il vient pas pour se remettre directement dedans mais il y est amené indirectement par rapport à sa famille, ses cousins. Ça parle de truc comme ça.

Spleenter -C’est l’impasse version 19ème.

Koffi -Voilà ! Tu vois ou pas ?! Donc ça va durer entre 10 et 15 minutes.

(Youtube a enfin chargé la vidéo, on envoie. Vous noterez la référence biblique « avant la fin du jour tu me renieras par 3 fois » )

Koffi -Ça parle un peu de moi, je rappe à propos du fait que je me sois fait péter, dernièrement. Y a environ un an. Mais bon, je suis pas béton, je suis resté en contrôle judiciaire 8 mois jusqu’au jugement et là j’ai encore 5 mois de mise à l’épreuve et 1 an de sursis, par rapport au stupéfiants et je parle un peu de ça.

Teo -Ce son là il est très solennel. Y en avait déjà quelques uns avec Absolut même si c’est pas ce qui est mis le plus en avant.

Koffi -En fait ce son là c’est pour des personnes qui se reconnaissent. Parce qu’en fait moi, par rapport à mon histoire, on m’a balancé, tu vois ou pas ? (là Spleenter voit très bien) c’est à dire qu’y avait une commission, c’était une histoire où y a 10 personnes qui se sont faites arrêter. Ils m’ont arrêté à la fin. Et les personnes qui se sont faites péter communiquaient au téléphone quand ils étaient en prison et ils m’ont toujours dit que j’étais pas dans les histoires. Après on est venu quand même me péter. Donc je raconte un peu tout ça. Je parle un peu de zic, de tout. Et entre temps on a aussi perdu des potes, tu vois. C’est pour ça que c’est un peu solennel et je la mets un peu comme une intro. Y’a toujours un contraste, comme on avait un peu fait sur le premier album d’Absolut Treepsal. Sur l’album, y a le premier track, y a un mec là, le pasteur de Belly qui parle. (rire général)

Spleenter -Ah ouais, on allait t’en parler de ça.

Koffi -c’était pour montrer aux gens qu’on est pas si fous que ça. Après c’est comme votre blavog, ça dépend de comment tu le prends. Y a des gens qui disent qu’on est dingues mais il faut toujours un côté pieds sur terre. Alors t’apprécies, t’apprécies pas.

Spleenter -Ce passage du film, vous l’avez mis en intro et en outro.

Teo -Mais là où c’est fort, c’est que, déjà, c’est marqué interlude-intro et interlude-outro.

Koffi -La fin, c’est pour clôturer toutes les bêtises qu’on a dit au début. En fait le mec nous parle à nous. Parce qu’en fait nous on est ses negros, comme il dit, qui maltraitent les femmes, qui maltraitent les parents, qui maltraitent tout le monde. C’est pour montrer aux gens qu’on fait des bêtises, peut-être pas aussi accentuées que dans nos textes, mais on représente tout ça. Parce qu’y a des petits qui nous écoutent aussi, ils vont vraiment croire qu’on est oufs. Par exemple, toi tu m’écoutes tu te dis « c’est des oufs, mais normal« . Mais des petits, ils vont vraiment dire « Ah ! Putain ! Mais ils sont vraiment dingues ceux là ou quoi ? » Mais le truc à la fin, c’est une sorte de morale et le vieux, le pasteur, il nous parle à nous et à tous ceux qui kiffent notre album. Il est là pour dire « Vous êtes une génération qui partez en couilles, vous faites que des bêtises, vous maltraitez la femme, vous êtes des malades ! »

Teo -Vous avez quand même conscience de tout ça.

Koffi -Voilà.

Spleenter -On fait des conneries mais on le sait.

Koffi -Ouais, on le sait. C’est toujours ça. Même là, dans cet album qui arrive, j’ai une interlude dans le même délire. Toujours pour montrer aux gens que dans le mauvais y a du bon aussi mais on reste conscient de ce qu’on fait.

Teo -On savait plus de quel film ça venait, nous. Y’a un mois que je suis retombé sur Belly en VF et quand le pasteur arrive à la fin je me suis dit que je la connaissais presque par cœur sa tirade. « Tu représentes ce feu ! »

Koffi -Au début, l’entrée c’est pour montrer qu’on va commencer à dire des conneries. Parce qu’il le dit le mec. Et à la fin c’est la morale quand il dit à DMX « Vous avez foutu le bordel. Vous avez fait que des conneries. »

Teo -C’est un parallèle avec le personnage de DMX dans Belly ?

Koffi -Ouais un peu. Dans l’album on est des « mauvais » comme DMX un peu. T’as toujours le choix dans la vie mais par rapport à la musique que nous on fait, c’est pas qu’on est des comédiens mais c’est accentué dans la musique, si t’écoutes mon album, tu vas dire « c’est des sales races, c’est des pourris, c’est des oufs ces gens là, ils ont aucun respect et ils sont dingues. Ils sont fiers en plus de ce qu’ils font. C’est des cons mais ils sont fiers. » On est obligé de mettre un délire sérieux pour que les gens se disent « ils sont peut-être pas cons… Même si ils le font »
Après c’est au second degré, c’est quand même de la musique. Mais il faut toujours avoir ce message là. Enfin je pense. Dans le film avec Tony Montana y a quand même de la moralité. dans Scarface il fait le dingue jusqu’à la fin, dans tout le film mais quand on lui dit de tuer et qu’y a les enfants, tu te rappelles quand y a les enfants ?

Spleenter -Ah oui, quand il tue le mec de Sosa.

Koffi -Voilà. quand tu vois le film, tu te dis que c’est un dingue, mais c’est que vers la fin, dans ce passage, qu’il dit « je suis pas une merde, moi. Je tue pas les enfants. » Mais t’es un fou ! Pourtant il sait que sa carrière elle est morte, là. Donc même dans les mauvais films y a toujours une morale. On est obligé de mettre une morale dans l’histoire.

Teo -Quand j’avais fait écouter l’album autour de moi, je me souviens qu’y avait des gars pour dire « ouais mais ils sont racistes, t’entends ce qu’ils disent sur les blancs. »

Spleenter – Mais c’était pour les flics, y’avait une phase genre « Fouillés par la bac, ces fils de putes de blancs. »

Teo -Ou « j’aime le blanc que dans mon café »

Koffi -Ouais ! Ça c’est moi ! C’est une phrase que j’ai pris dans Malcolm X. Nous, le côté qu’on veut montrer, comme je t’ai dit, c’est le côté terre à terre. C’est à dire que nous on a vraiment une culture de films américains, quand ils disent « sales blancs », « sales noirs » parce que si t’écoutes bien l’album, souvent on dit « sale noir » « toi t’es qu’un sale negro ! » Tu vois ou pas ? Après « sale arabe » on le dit pas vraiment, je sais même pas pourquoi d’ailleurs.

Spleenter -C’est vrai que ça c’est le seul tabou dans le rap français (rire général)

Koffi -Maintenant, nous on le dit comme ils le disent dans les films US « t’es qu’un sale blanc », « t’as qu’un sale noir » parce que nous on est vraiment dans un concept cainri. Moi j’ai des potes blancs, c’est juste dans le concept on veut vraiment faire ricains et dire ça, parce que nous on est vraiment dans cette culture là. Par rapport à ça en tout cas. Je sais qu’on est pas tous dans la même culture en vrai et que certains peuvent mal le prendre mais maintenant y a des groupes commes les autres là, du 95/93 qui s’appellent « Les sales blancs. » Eux, ils sont dans ce concept aussi. Par exemple, un jour, j’étais sur facebook et eux ils ont une page et j’ai mis « j’aime les Sales Blancs », y a une meuf elle m’a dit « t’es un ouf ! Moi je suis une blanche, t’es un fou. » tout ça. Moi j’ai mis « hé ! hé ! va sur la page et tu verras. » parce que elle, elle avait vu que Les Sales Blancs et c’est tout. Mais après c’est vrai qu’on a pas vraiment fait grand chose pour contrecarrer ce que tu dis. Mais nous on dit vraiment « sale truc » etc… dans la vie. Mais c’est pas parce que je suis raciste. C’est comme quand on dit « sale enculé » ils me disent que je suis anti dep ou homophobe. Mais je suis pas homophobe, enculé ; mais t’es un enculé. Y’a plein de trucs où il faut expliquer. Et je t’en mens pas, si on me pose la question je m’explique. Mais si les gens se font leur avis sans me poser la question, c’est sûr, ils vont se dire que je suis un dingue, que je suis un raciste.

Teo -De toute façon, dans ceux qui captent pas ce délire là, t’as des mecs qui vont te dire que le rap c’était mieux avant et ils vont retourner écouter Ministère AMER où c’était déjà comme ça. Donc faut pas chercher à parler avec ces gens là. Ça n’a pas de sens.

Koffi -Tu vois ? Nous on a été bercés par des groupes, je te mens pas, c’était hardcore. Bon, La Cliqua ça va, mais Ministère AMER c’était hardcore, Démocrates D c’était violent, mon frère ! Avec « Le crime » ils disaient des trucs de dingues. Nous on est cool encore. Quand ils disaient « j’aime l’hémoglobine, le sang » je me rappelle de ça, moi.

Spleenter – « J’aime le sang, je n’ai aucun pas de sentiments ». (ce n’est pas une faute de frappe)

Koffi -Voilà ! Même Ärsenik au début, je sais pas si tu te rappelles quand il étaient 3, à la base. Avec Tony Truand.

Teo –L’Enfer remonte à la surface

Koffi -Mais c’était des oufs ! On écoutait du rap, c’était des oufs, mon frère. Donc nous, quand on dit sale noir, sale blanc, c’est comme si tu regardais Menace II society ou Boyz n the hood.

Teo -Y a des passages de films dans l’album. En plus du pasteur de Belly, y’a Adebisi dans le film de 50 Cent. Il s’appelle pas Adebisi dans le film, mais c’est Adebisi quand même.

Koffi -Get rich or die tryin, quand il raconte comment préparer sa came, là. Quand il donne des conseils.

Spleenter -Il parle de la dope comme d’une pute.

Koffi -C’est toujours pareil, on aime beaucoup tout ce qui est film. Le cinéma. On le fait parce qu’on aime bien mais c’est aussi pour montrer aux gens derrière que c’est pas que gratuit. C’est comme quand tu regardes un film d’horreur, y a du sang, ok, mais y a aussi un travail derrière. Même si on dit « fuck la police » je le dis pas tout le temps mais ça arrive, y a pas que ça. Derrière on pose sur des vrais sons, on essaye de respecter les 16 mesures, on écrit, on va en studio. On va peut-être dans les mêmes studios que Booba ou Obispo, tu vois ? Même si on dit « fuck la police » on va dans de vrais studios. C’est aussi pour montrer nos références cinématographiques et se faire plaisir.

Spleenter -On va rebondir là dessus. Dans tes références cinématographiques, y a quoi ? Si tu devais faire un top 5 des films qui t’ont vraiment bercé/ marqué.

Koffi -Un top 5 ça va être dur. Y en a plein. Parce que moi je regarde vraiment beaucoup de films. On va dire, dans le désordre, Menace II society, Pulp Fiction, Training day parce qu’on aime les flics mais les pourris (rire général)…

Après, Les affranchis. Après, franchement, je sais pas.

(ensuite Spleenter part sur un délire autour de « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone)

Koffi -J’ai dû le voir mais là ça me dit rien. Franchement comme 5ème film, je vois pas.

Spleenter -T’en es qu’à 3 de toute façon.

Koffi -Non, j’en suis à 4.

Teo -Je confirme, il en est à 4.

Koffi -Un cinquième maintenant…

Spleenter -T’as qu’à dire The Dark Knight sinon…

Koffi -Pourquoi pas. Mais je regarde trop de films, franchement, je regarde de tout. Non, ce que je suis pas c’est les films d’horreur. Mais sinon, que ce soit les petits budgets, les films à la française j’aime bien. Ah bah on va dire « Leon » tiens !

Teo -Grave !

Spleenter -C’est bien parce que tu commences par parler des petits budgets à la française pour finir sur Léon.

Koffi -C’est parce que je pense à ça, tout à coup. Mais le dernier film que j’ai vu, tu vois, c’est « Les petits mouchoirs »

Les 2 –Ah ouais ?! Carrément ?!

Koffi -Ouais ! Moi je regarde tout ! Parce que ça me permet de m’évader. T’as toujours des concepts à prendre, pas forcément pour la musique, même pour la vie de tous les jours. C’est toujours bien de voir des films.

Spleenter -On te prendra en photo et on fera un montage avec des petits cœurs autour. (là aussi, rires. Marrez vous chez vous aussi si vous le sentez)

Koffi -Ah ouais. T’as vu, c’est ça mon concept : je regarde beaucoup de films et j’écoute beaucoup de musique, un peu de tout. Tout ce qui m’ambiance : dance-hall, musique classique, afrobeat, rap, electro, house, ça dépend du concept.

Teo -Et qu’est-ce qui t’as donné envie de rapper ? Vu qu’à la base tu disais que ça rappait pas trop dans ton quartier.

Koffi -En fait c’est mon cousin, il avait un groupe à l’époque. Ça s’appelait Les Negres de +, là il continue à rapper il s’appelle Guiguipop. Il est plus en banlieue dans le 77. C’est pas trop connu, mais c’est lui qui a commencé à m’écrire mes 1ers textes. Je le regardais rapper, je kiffais. J’ai toujours voulu faire comme les autres, comme les américains. En plus, c’était l’époque de La Cliqua. C’était un peu avant Time Bomb. Avant y avait MC Solaar mais ça me disait vraiment pas grand chose. Mais j’aimais bien MC Solaar, à l’époque « Qui sème le vent récolte le tempo ». Après je me suis mis à rapper. J’ai retravaillé les textes que mon zinc me passait, je me suis lancé comme ça.
À l’époque où j’ai commencé à rapper, le rap c’était comme faire des bêtises, c’était comme voler des glaces.

Spleenter -T’allais pas dire à ta mère que t’allais poser en studio…

Koffi -Voilà ! Pour nous le rap c’était ça. On était à la cité et on répétait les textes des autres rappeurs. De La Cliqua, de Booba. C’est comme si c’était nous Booba. On rappait ses textes tac ! tac ! pendant qu’on jouait aux cartes, qu’on galérait. Y en avait d’autres qui jouaient au basket, nous on rappait, tu vois ou pas ? Donc après, t’es obligé de te mettre à rapper, c’est comme ça. C’est vite fait. C’est comme quand tu fais du vélo, c’est une culture. Tout le monde rappait. Même ceux qui rappent pas, ils rappaient les textes des autres.

Spleenter -Sur Mon Arrondissement Favori y a le fameux interlude de Gab’1 où il menace.

Koffi -C’est là où il dit que personne n’est allé au paradis, tout ça ?

Spleenter -Ouais. Donc lui étant aussi du 19ème, vous avez des connexions avec lui, ou pas du tout ?

Koffi -À la base, lui on le connaissait par rapport aux histoires qu’on nous racontait sur lui en grandissant. Parce que nous on a grandi quand lui il était déjà en taule. Après il est revenu dans le quartier et comme c’est un mec du 19, nous on lui donnait le respect comme à un grand. Après il est tout le temps avec nous, donc un jour on lui a demandé comme ça, quand il a commencé à rapper. « Est-ce que tu peux faire un truc avec nous. » Lui il a dit « pourquoi pas, vous êtes les petits du quartier. Ouais je vais le faire « . Lui c’est pas un mec compliqué. Surtout qu’on est des gars du 19.
Il a dit directement « je le fais » et vu que lui il aime bien partir dans des longs discours et se lâcher, il a fait son interlude de dingue. Lui faut l’arrêter, sinon il peut te faire tout un album. Pour le coup, il a toujours des histoires, il sait tout. Il connaît plein d’histoires sur tous les rappeurs.

Spleenter -Vous avez jamais eu l’envie de faire un son avec lui ? Ou peut-être que ça a pas pu se faire ?

Koffi -Non… Franchement j’aime bien ce qu’il fait, mais poser avec lui c’est compliqué un peu. Déjà, par rapport à ses prises de positions, de 2 lui il est compliqué, il rappe pas sur tous les beats. Il a un truc spécial à lui, en fait il parle. Il a pas vraiment un flow. Et avec le délire que nous on a, un peu arrogant, ça va pas vraiment coller avec lui. Moi je préfère l’écouter et si j’ai un projet je lui demande de poser un morceau ou faire un interlude. Mais en feat avec lui, ce serait pas trop ça. Mais j’aime bien, il est dingue lui aussi.

Teo -Je me rappelle que pendant l’une des grosses embrouilles Gab’1/ Rohff, y avait eu une vidéo avec des petits du 19ème qui soutenaient Gab’1 et insultaient Rohff.

Koffi -En fait c’est toujours pareil, à la base, Rohff on l’écoute mais s’il s’embrouille avec Gab’1, les gens vont bouger. Pas tout le monde. Pas tous les grands. Mais les petits, eux, ils vont suivre direct. Les grands c’est une autre histoire.

Teo -Puisqu’on évoque Rohff, même si ça a rien à voir, ça me fait penser à un son qui s’appelle « Bête 2 rageux ». C’est plutôt rare dans le rap de se revendiquer rageux, non ?

Koffi -C’est sur « Mon arrondissement favori » aussi. C’est aussi parce que dans nos textes on essaye de passer beaucoup de messages. Comme on dit chez nous, on est des mal aimés, les gens nous font pas croquer. Si tu mates bien, y a pas beaucoup de gens du 19 qui posent dans les projets. Ce qui fait qu’y a que par nos textes qu’on peut passer les messages, on est obligé de faire comme ça. Même si on dit pas les noms précis, les gens comprennent ce qu’on veut dire. C’était une sorte de freestyle egotrip. Bête 2 rageux c’était pour dire aux gens que nous on est relous. On a grandi comme ça, on est dans notre coin, les gens nous calculent pas. Après ça nous dérange pas, on fait ce qu’on a à faire. C’est juste par rapport à la musique, les gens nous invitent pas.

Spleenter -Mais c’est dû à quoi, selon toi ?

Koffi -Franchement, c’est par rapport à nos prises de position, par rapport à ce qu’on dit. C’est peut-être par pudeur qu’ils aiment pas. Parce que j’en vois faire des conneries, mais ils les revendiquent pas et quand nous on les revendique peut-être que ça passe pas encore en France. C’est pas à la mode, on est peut-être trop ouf.

Teo -Pourtant ça revient à la mode de partir dans des trucs plus décomplexés.

Spleenter -Y a quelques années encore, certains osaient juste dire qu’ils fumaient du shit et maintenant c’est l’inverse, on est arrivé à un stade où tout le monde dit vendre de la C.

Koffi -Héhéhé ! Grave !

Spleenter -Alors qu’y avait des groupes comme vous qui le font depuis v’là le temps.

Koffi -Ouais, nous on le faisait à l’ancienne tu vois.

Spleenter -Pourtant vous êtes toujours pas invités.

Koffi -Moi je pense franchement qu’on est boycottés. Pourquoi ? Honnêtement je sais pas. Mon explication ce serait parce qu’on est arrogant, on revendique trop de truc et pour certains ça passe pas. Mais maintenant que tout le monde le fait, je pense que c’est du boycott. Quand t’as fait semblant de pas calculer quelqu’un et que maintenant tu reprends son délire, tu peux pas l’inviter. Sinon tu les mettrais toujours en avant. Tu vas pas dire « Maintenant je fais ça et c’était eux les 1ers. » Dans tous les cas, t’es obligé de nous boycotter. Même si tu nous copies, hein.
C’est comme si toi t’as un style, moi je copie ton style ; si je te calculais pas avant je vais pas t’appeler et te dire « Hé maintenant je copie ton style. » Tu peux pas le faire. Dans tous les cas on est baisé. Mais bon, c’est pour ça qu’on essaye d’avoir nos propres réseaux et que sur cet album qui arrive, on va essayer de faire beaucoup de concerts. Et balancer sur le net, facebook, twitter, youtube, dailymotion et beaucoup de concerts ! Pour te dire j’ai remarqué que même les sites internet, c’est un délire avec eux. Les trucs comme Booska P, tout ça, ça commence à devenir compliqué.

Spleenter -C’est ce qu’on entend beaucoup dernièrement.

Koffi -Peut-être qu’ils font croquer que leurs potes, je sais pas. quand toi t’arrives, c’est compliqué aussi. Donc on fait nos trucs tout seul. Maintenant, y a un truc que tu peux pas contrôler c’est youtube ou facebook. Mais bon, quelqu’un qu’a son site, il veut pas t’inviter, y a pas de souci. C’est pour ça que vous, vous m’invitez, ça me fait plaisir. Parce qu’y a des gens, je les ai contacté carrément et rien. Je sais pas ce qu’ils me racontent.

Spleenter -Pour toi, c’est quoi la raison ? C’est juste le biff ? Ou c’est plus une histoire de sale réput comme ça a pu être pour des groupes comme Express D.

Koffi -Je te jure que je sais pas pourquoi parce que nous, quand y a un truc à payer, on paye. On a jamais fait les bâtards, en ce qui concerne la musique.

Teo -Peut-être que c’est l’exposition comme vous avez sorti qu’un seul vrai LP.

Koffi -Je vais dire que c’est ça, ouais. Mais en même temps, quand tu sors quelque chose, ils veulent pas te mettre en avant. Après, moi, je sais pas, t’as vu…

Spleenter -Que ce soit dans votre musique ou le manque de reconnaissance qui va avec, ça fait pas mal de points communs avec les mecs de Grigny.

Teo -C’est vrai que le DGC a aussi ce côté très west, jusque dans l’attitude qu’ils amènent. Même si on confond pas vos styles respectifs, y a des rapprochements.

Koffi -En plus c’est mes gars. On est boycottés pareil. Et quand Booba il a repris leur concept Ouest Side, il les a pas mis en avant. C’est ça que je te dis. Pourtant, Booba il sait très bien que eux, en Île de France, c’était eux les 1ers à faire ce concept. Mais il les a pas mis en avant. Ils avaient pris la rage, quand même. Moi je les connais un peu, j’avais entendu « c’est nous la vraie west side. C’est nous on faisait les conneries west side avant toi. » Après, qu’est-ce que tu veux que je te dises ? C’est comme ça. C’est pour ça que je te dis que maintenant on balance sur youtube, dailymotion. Là ils peuvent rien dire, les gens. Ils peuvent pas t’enlever ta vidéo. Là ils peuvent pas te boycotter. Sauf t’envoyer des critiques, mais moi je te mens pas, les feedbacks et tout ça là, je calcule pas. Tu peux même insulter ma mère, je te calcule pas. (riez !) Je te jure ! Je regarde, hein. Mais je calcule même pas, je réponds pas. Si tu rentres dedans, tu vas devenir dingue. Y’a tous ceux qui disent « nique ta mère ! t’es un fou ! t’es pété ! fils de pute ! » tu vas tomber dans les pommes. Moi ça me fait rire, carrément. Parce que je me dis qu’il a quand même pris le temps de regarder et de mettre « fils de pute. »

Spleenter -En parlant de clips, il a été tourné où celui de « Nouvelle cock » ?

Koffi -Nouvelle cock, c’est une partie à Lyon. Là où y’a toutes les meufs, c’est à Lyon. Et l’autre partie dans la cité. Mais le reste c’est Lyon, en boite.

Teo -Y a aussi le clip du clash contre Gyneco.

Spleenter -C’est parti de quoi ça ? Parce que dans ce son y a Express qui dit qu’il voyait Gyneco à l’ancienne, etc…

Koffi -Ouais parce que nous on allait à l’école dans le 19ème, pas loin. Et comme t’as dit, les stars à l’époque, c’était Ministère AMER. Puis Gyneco, à l’époque de Première consultation. Il baisait toutes les petites de là où on était. C’était même pas une caillera. À l’époque on appelait ça un scarla. Pour nous c’était une sorte d’exemple, il avait produit « Les sales gosses », pour nous c’était un délire de dingue. Et à la fin, on voit quoi ? Il est pour l’UMP. Et encore, nous ce qui nous a choqué, c’est pas vraiment l’UMP, c’est qu’il a dit « tous les gars dans les cités, dans les banlieues, c’est des clowns » C’est lui le clown. Parce qu’à la base, lui il s’est fait connaitre en faisant clown. Il est pas arrivé avec un rap de thug, c’est lui qui est venu en faisant le clown. C’est ce que les gens te diront. Moi j’aime bien, je respecte. Si je le vois je lui serre la main. C’est lui, si il est pas content il me le dira. Parce qu’on l’a revu après, il nous a dit « vous faites ce que vous voulez. » Mais sincèrement, pour moi, Gyneco, dans le rap Français, c’est un guignol. Il parle au ralenti, il est dingue, il veut se donner un genre. Mais pour les français, c’est plus un guignol qu’autre chose. Comment tu peux dire que les gens de cités sont des guignols ? Franchement, je peux très bien être pour l’UMP, mais j’irai pas dire que les gens de cités sont des guignols. Défends toi d’une autre manière. Dis « je vote pour l’UMP parce que je suis d’accord par rapport à ce qu’ils proposent ». Les impôts ou je sais pas quoi. Mais me dis pas que les gens de cités sont des guignols. C’est trop facile. Pourquoi clasher les gens de cités ? En plus, à l’époque où il l’a fait, les gens de cités avaient rien dit encore. C’est lui qui a devancé, les gens ont même pas eu le temps de dire « mais il est fou ce gars » c’est lui qui a commencé à dire « Vas-y, je vote UMP, vous allez faire quoi ? Vous êtes des clowns. » alors que personne a encore rien dit. Et la preuve que c’est un clown, c’est que ça a niqué sa carrière. Moi quand je le connaissais, c’était un grand mais il nous a jamais fait peur. Mais on le respectait pour ce qu’il a fait dans la musique. Parce que nous on était plus petit et c’est la même chose qu’on voulait faire. Tout le monde veut aller dans les grandes boites, signer et vendre un million d’album. Donc on le voyait vraiment bien. On se dit que c’est un gars bien. Toujours en se disant que c’est pas un ouf. Après il passe à la télé et il fait le fou. Après, les gars de Montfermeil ont fait un truc qui s’appelait « Explicit Politique. »

Teo -C’était en piste cachée à la toute fin.

Koffi -Je vais vous expliquer. Ils viennent nous voir, parce qu’ils me connaissent. Ils savent que nous on peut te faire un morceau sur le champagne ou sur le bedo. On va te faire tous les morceaux que tu veux. Ils viennent nous voir comme ça « on a truc politique« . Mais moi je suis pas dans la politique, les gars. Ils nous disent « mais si ! si ! le truc est grave. Peut-être Sarkozy il va passer. » C’était à l’époque, hein ?! Moi je leur dis « sarkozy il passe, il passe pas, je m’en fous. » Mais ils disent qu’ils ont besoin d’un morceau à nous. Bon OK, d’accord… (il réfléchit) Hum… Fuck Doc Gyneco ! « Vous êtes sûr que vous voulez faire ça ? » Mais on a rien à perdre de toute façon ! On fait le morceau. Et quand on fait le morceau, je me rappelle qu’y a que moi et Express qui posons. On leur passe le morceau, ils disent « ouais ouais ouais. » Le 2e jour, parce que eux c’était des gars de Montfermeil qui trainaient dans notre cité par rapport à des cousins à eux qui habitaient là, ils viennent nous voir et ils nous disent « Franchement le morceau c’est un truc de ouf. Y a déjà les 2 Bal et tous les autres groupes qui ont posé. Et franchement votre morceau c’est un truc de ouf, il est conceptuel mais il faut un 3e couplet. Un truc de ouf. »
Moi je dis « je reposerai pas, je laisse comme ça. » Parce que c’était un morceau, je m’en foutais. Je leur ai dit « Si vous voulez, le mettez pas, alors » parce que ça me cassait les couilles. Le morceau c’était un concept. Tu me dis « insulte Chirac » je l’insulte mais après je calcule plus. Pour moi c’est pas le morceau du siècle, je m’en fous, c’est un clash, c’est un diss comme disent les kainrys. C’est vite fait. Après ils vont voir Kappaci parce qu’ils s’entendent bien avec lui. Ils lui font écouter, là Kappacci dit que c’est un truc de dingue et lui c’est un vrai rappeur dans l’âme. Il me rappelle et il me dit « j’ai un couplet, je le pose« . Bon OK. J’ai reposé mon couplet, parce qu’en fait j’avais même pas un 16, j’avais posé un 12. Donc Kappacci pose son 16 aussi. Et après ils nous disent quoi ? « franchement il est violent le son. Faites un clip ! » Je dis « mais non ! vous abusez là ! »

Spleenter -Surtout que c’est le seul clip de la compil qui a vraiment tourné.

Koffi -Voilà ! Et après ils ramènent Booska P. Le jour du tournage, ils ramènent Booska P, ils font des vidéos. Ils disent que ça va être un truc de fous, tout ça. Et on le produit le clip, eux ils produisent rien. Ça veut dire qu’on le paye, nous. On le sort, Booska P le pose. Et eux ils vont à la radio pour le démarcher. À l’époque, Stomy il leur dit qu’il calcule plus Doc Gyneco. Passi leur dit qu’il calcule plus Doc Gyneco. Et Jacky dit qu’il calcule plus Doc Gyneco. Moi j’ai dit aux gars de Montfermeil : »ils font du cinéma. Ils font de la psy, ceux là. » Eux ils me disent que non, qu’ils le calculent plus, c’est tout. Ils ont même pas fait attention, chez Ardisson, Stomy il le dit « J’ai grandi avec Doc Gyneco mais il est devenu fou, je le calcule plus ». Ils ont pris le son, ils sont allés voir les émissions spés. Stomy leur a dit qu’il le passerait pas. Couvre Feu, ils le passent pas. À Génération, pareil. Même les gars de Génération qui calculaient pas Doc Gyneco ils ont dit qu’ils le passeraient pas. Ça veut dire que même dans le reste du rap Français, ils assument pas. Gyneco il aurait jamais rien fait, il faisait plus de rap, ni hardcore, ni façon west-coast. Il faisait plus rien, il est parti dans un autre délire. Dans des trucs chelous. Il faisait du théâtre. Ils ont tous refusé de le passer, alors que quand il s’agit de passer chez Ardisson et de dire « je calcule plus mon pote » ils font style. Moi je savais que c’était du cinéma. Après ils ont fait quoi ? Il nous ont boycotté, nous. Et dans la compil, on se retrouve en morceau caché. Et sur Booska P, ils ont appelé, ils ont enlevé le clip et même la video qu’on a fait pour la promo. Les même gars de Montfermeil. Parce qu’ils ont vu qu’ils pouvaient pas faire de biz sur notre morceau. que tout le monde leur fermait la porte. Ça me fout même pas la haine, je leur avais dit à la base que je m’en battais les couilles. C’est eux qui avaient fait tout un cinéma. Après, la haine, c’est peut-être pour le clip qu’on a payé. Pourquoi j’avais la haine ? Parce que si le clip était resté sur Booska P ça aurait fait de la promo, mais ils l’ont enlevé. C’est juste ça qui m’a véner. Mais, sinon j’ai vu que les gens dans le rap assumaient pas. Ils nous ont demandé un truc simple qu’on a fait simplement. Ils nous ont demandé un clip, on a tout fait. Et à la fin, ils vont voir les concernés et voilà… C’est pour ça que les Stomy, tout ça, je les calcule plus. Peut-être qu’ils ont fait des choses bien dans le rap, mais je les calcule pas. Tu peux pas passer chez Ardisson et dire que tu calcules pas un mec et nous dire après que t’aimes pas notre morceau. Parce que c’était ça. C’est même pas qu’ils ont pas de couilles mais c’est le fait que ça parle sur Gyneco, c’est ça qu’ils aimaient pas. Je croyais qu’ils le calculaient plus… Le seul qui était d’accord avec nous, c’est Jean Gab’1. Il a dit « franchement, je peux pas promotionner votre morceau. C’est Gyneco qui m’a sorti de la merde quand je suis sorti de taule et qui m’a mis dans la musique. Je cracherai pas sur lui parce que j’ai dormi chez lui » à l’époque où Gyneco avait acheté la maison à Johnny Halliday ou je sais plus quoi. Il était bien à l’époque. Donc Gab’1 nous dit « Il est chelou mais je peux rien dire. Parce que je mets pas de couteau dans le dos. » Parce que lui il a des principes d’ancien. Lui il a bien parlé. Mais les autres… Stomy qui va chez Ardisson pour faire de l’audimat et dire « je le calcule plus » alors que c’est encore leur pote. Dire n’importe quoi à la télé… Peut-être que c’est à partir d’histoires comme ça qu’on est boycotté. Parce que moi, quand je dis que quelque chose est clair, c’est clair. Je suis passé à autre chose, c’était un clash comme ça. À la base, les gens pensent qu’on s’est pris la tête sur Doc Gyneco. Mais non. On nous a demandé, on avait pas de concept. Ils nous ont dit de parler de politique. On a pas de sujets politiques ! Je connaissais pas le programme du PS, ni du parti communiste, ni de l’UMP. J’ai dit que je savais pas, moi. Ça tombe bien, c’était le truc du moment, on fait le truc sur Gyneco. C’est parti en couilles par rapport à ça. De toute façon, moi j’assume. On l’a revu Gyneco après, on pensait qu’on allait s’embrouiller. C’est lui qui nous dit « on va pas s’embrouiller pour ça. » Tout ça pour dire que, lui, il sait que c’est nous et il a pas fait tout une histoire. Mais c’est les choses de la vie. C’est ça l’histoire de ce putain de morceau.

Spleenter -Niveau prod, vous taffez avec Médeline.

Koffi -Ouais, Médeline, parce que c’est des gars du 19. Et j’ai grandi avec eux donc je les connaissais avant qu’ils fassent du son. Quand ils ont commencé à en faire, il nous ont balancé ça direct.

Spleenter -Vous étiez sur « Equipé Sport. »

Koffi -Ouais, puis ils ont fait une structure et ils ont sorti l’album « Illicite projet. » (la structure était composée du pôle de producteurs Médeline et du groupe Rédemption)

Spleenter -par contre, vous étiez pas sur celui là.

Koffi -Non, on est pas dessus. En fait, notre morceau pour Illicite projet s’est retrouvé sur le deuxième Narcobeat. C’est le morceau qu’on a remis sur l’album, « OP. » Il devait être sur Illicite projet mais finalement ils l’ont mis sur leur tape. Ensuite leur structure est morte. Maintenant ils sont séparés, Cid Youssef de Rédemption rappe tout seul, Gueye a fait Cash-game, Médeline, ils font du rap mais un peu électro maintenant.

Teo -Y a eu des rumeurs d’embrouilles avec Médeline.

Koffi -Quoi ? Nous ? Absolut Treepsal ? Non. Médeline, c’est mes gars sûrs et certains.

Teo -Faut dire qu’y a un mec bizarre qui pose des commentaires sur le blavog (on dira pas qui c’est, mais c’est une merde) qu’aime bien s’inventer des vies. Une fois il disait qu’Absolut c’était des gars du 19ème, de chez lui et qu’en gros vous aviez racketté des prods à Médeline et que donc y avait peu de chances pour qu’ils vous fassent d’autres prods à l’avenir.

Koffi -Non. En plus, ils me les donnent. Ils les font payer aux gens, entre 3 000 et plus, Nous ils nous les donnent comme on a grandi ensemble. En fait, ils sont 2 mais j’ai plus d’affinités avec l’un d’eux. Parce que lui j’ai vraiment grandi avec lui, on était tout le temps ensemble. Donc lui il est clean. Par exemple, je lui demande une instru, il m’en donne 50. C’est moi qui choisis, qui fait mes trucs. Y a aucune embrouille avec Médeline, ni avec personne de toute leur équipe, Odessa.

Teo -Donc tu taffes toujours avec eux.

Koffi -Ils m’ont encore passé des prods. Ils m’ont passé une dizaine de prods mais je vais en mettre 3 dans le street album. J’ai des prods d’un nouveau gars qui est affilié à la Famille Haussmann, Jimmy Jax. Et d’ailleurs, dans la Famille Haussmann, y a 2 frères, tu vois ou pas ?

Teo -Simsky et Kamal.

Koffi -Voilà. Et ils m’ont fait des sons aussi, les 2. Donc voilà, y a des sons de la Famille Haussmann, des sons de Médeline et des sons de gens pas trop connus mais qui m’ont fait des prods que j’aime bien. Dans mon délire.

Spleenter -Pareil pour la Famille Haussmann/ Ghetto Diplomats/ Jedi, même si vous vous connaissez y a pas trop eu de feats avec eux.

Koffi -Si, si, si. Dans « Treepsal volume 1 », ils avaient posé. Après on avait fait une mixtape « La Parizien », ils ont posé. Dans « Mon arrondissement favori » ils avaient un morceau mais je crois qu’il a sauté.

Spleenter -C’était des featurings directs ?

Koffi -si, si. Sur Treepsal vol. 1 on a fait des morceaux où on était tous ensemble. Dans Le Parizien ils posaient seuls. Et là, dans mon album, on pose ensemble. On a toujours posé ensemble.

Teo -Nous on connait surtout l’album « On passe du shit à l’industrie du disque », la compilation « Mon arrondissement favori » et quelques sons à droite à gauche. Mais y a eu combien de projets en tout ?

Spleenter -Si tu pouvais résumer. C’est une des premières questions qu’on aurait du te poser, en fait. (c’est là qu’on reconnaît les super pouvoirs de journaliste de Spleenter)

Koffi -Avant ça y a eu le premier Treepsal. C’était encore à l’époque Roi De L’Assos avec Sidi Omar et Kameni. Après y a Le Parizien. C’est une mixtape où y a que nous, les gens du quartier. Krem, Express. Ils clashent les Marseillais dedans, par rapport à une embrouille.

Spleenter -Ah ?! Mais c’est le truc où ça clash Bouga ?

Koffi – Ouais, ça c’est les projets vraiment à nous : Treepsal volume 1, Le Parizien et On passe du shit à l’industrie du disque. Ça fait 3. Mais entre temps on a posé sur d’autres projets : Narcobeat 1 Equipé sport, Explicit Politique, Explicit 18, le truc de clash de Bob de Génération.

Spleenter -Menace sur la planète rap. Vous clashiez qui là dessus ?

Koffi -Euh… Je sais même plus qui on clashait. (encore des rires) Je te jure, je sais même plus… Tellement on était fous. Sinon je vois pas, je crois qu’y a que ça.

Teo -Ça fait peu. C’est étonnant parce que quand on t’écoute on voit que t’es dans la musique depuis v’là le temps, tu connais du monde et t’es vraiment motivé, encore maintenant. Alors que quand on regarde la discographie, ça ressemble plus à une bande de potes qui font ça en dilettante. Y a un décalage.

Koffi -C’est ça le délire, à côté, comme je t’ai dit, y a toujours des couilles et toujours des trucs qui font que voilà, quoi… Après, je vais pas te mentir, je sais pas comment t’expliquer mais on est seuls donc si on s’motive pas, il se passe rien. En fait, y a des gens, t’as l’impression qu’ils font beaucoup de choses parce qu’ils sont partout. Toi t’as un truc, je pose sur ton truc. Mais comme t’as dit, les gens on les connait. Alpha 5.20, je connais, Ghetto Fab, Shone, tous ces gars là je les connais. Quand je les vois ils prennent des nouvelles. Mais m’appeler pour que je pose dans leurs trucs, ça s’est pas vraiment fait. L’S-Kadrille aussi je les connais, Pedro et Youss. Seth Gueko, tout le monde. Quand on se croise, on se parle. Mais peut-être que t’as dit un vrai truc, peut-être qu’ils nous prennent pas au sérieux parce qu’on sort pas assez de trucs. Je pense plutôt que ça vient de là. Parce qu’on est bien gentils mais les gens préfèrent poser avec des gens un peu connus, qui ont fait des trucs. Si personne nous invite, les gens veulent pas commencer et être les 1ers. Peut-être que si un jour on est connus, ils vont nous inviter. Parce que franchement je les connais tous. Et quand je dis connaître, c’est à dire qu’ils sont en studio, ils posent et moi je suis là. Je pose pas. En même temps, nous on aime pas poser avec tout le monde. C’est ça le délire aussi. Dans le rap français, là, sincèrement, à part peut-être Booba, La Fouine ou Nessbeal qui peuvent m’apporter quelque chose dans mon concept perso, j’irai pas inviter d’autres gens. Pas parce que j’aime pas mais j’en vois pas l’intérêt. Je préfère m’en sortir avec mon style, parce qu’on a un style vraiment précis. Alors pourquoi je te dis ces 3 là ? Parce que le rap c’est un biz : Booba ça peut faire écouter des gens, La Fouine si je fais un truc hardcore il va me faire un refrain qui glisse, Nessbeal c’est un pote et j’aime bien. Donc là je parle en question marketing. Mais sinon on est dans la merde, on a une culture, je me vois pas faire des morceaux pour faire des morceaux. Mais ça fait toujours plaisir que les gens t’invitent quand ils font des projets. Par contre on nous invite pas. Mais faire un feat pour faire un feat, je vois pas trop.

Teo -T’iras pas les appeler pour ton projet à toi.

Koffi -Non. Mais si ils m’invitent, je viendrai. Je suis pas un mec qui frime, mais à part les 3 noms que je t’ai dit, je vois pas qui pourrait m’apporter quelque chose. Sans dire que je suis le meilleur ou que je suis fou. Mais je préfère rester dans mon concept. Je pars du principe que les gens m’écoutent pas, qu’ils m’aiment pas, je pars dans un concept un peu comme les Dipset. Je fais mon truc, t’aimes ou t’aimes pas mais moi je vais te donner du bon son, des concepts, des clips, de l’image, de la photo après toi t’as tout le packaging c’est à toi de voir si ça te plait ou pas. Je vais pas faire plein de trucs avec les gens, parce qu’après les gens vont s’emmêler « c’est les petits à Sefyu ou à Seth Gueko ou à je sais pas qui. » On est dans notre délire, autant rester dans notre délire et ceux qui sont pas forcément dans notre délire mais qui peuvent apporter quelque chose c’est ceux que je viens de te citer. Kery James aussi, mais je suis pas dans le rap conscient alors si c’est pour qu’il me dise « hé mon frère« … Donc franchement : La Fouine, Nessbeal ou Booba. Rohff pas trop. Y a des gens que j’aime bien mais je me vois pas poser avec eux. Sauf si ils m’invitent, parce que si on m’invite, je viens. N’importe qui, hein ?! C’est pas grave. Ça tue pas de rapper. Mais faire des feats comme ça, ça me dit pas trop.

Teo -Vous avez pas envie d’être assimilés à d’autres.

Koffi -Voilà.

Teo -Et c’est pour ça qu’y a pas eu de feats avec Joe Lucazz plus tôt ?

Koffi -Non, Joe Lucazz encore, ça va. Lui c’est la famille, tu vois ou pas ? Y a pas de souci avec lui. Mais nous on s’est toujours dit qu’on aimerait bien se faire tous seuls. Mais Joe on le voit tout le temps. Donc pas de souci, la preuve il m’écrit même un truc. Ça dépasse le rap, c’est un court métrage. On est dans des « plus gros trucs », on essaie vraiment de partir sur des courts métrages et même des films en DVD, des trucs comme ça.

Teo -À la « Cramé » un peu ?

Koffi -Ouais, dans des concepts comme ça. Parce que j’ai un pote comédien aussi. Donc on essaie vraiment de partir sur des trucs comme ça, tu vois ? Le rap c’est juste une bande originale.

Teo -Je lui souhaite bon courage à ton pote. Moi ça fait 4 ans que je suis comédien et je touche rien.

Koffi -Sérieux ? Bah lui il galère, il fait que de la figu.

Teo -Je connais bien, j’en ai fait de la figu. À force, j’en fais même plus tellement ça me gonfle. Quand c’est rémunéré, c’est pas déclaré ; quand c’est déclaré, c’est pas rémunéré.

Koffi -Ah mais t’es à fond ?! Si tu veux je te le présente. Comme ça vous allez pouvoir vous donner des conseils. Surtout toi. Toi ça fait longtemps. Enfin, lui aussi, il est dedans depuis, mais il est à fond, on va dire depuis 1 an ou 2. Pour le moment il fait de la figu mais je pense qu’il va être saoulé au bout d’un moment. Il va dire « c’est bon ! » à un moment tu veux un rôle.

(s’en suit une conversation sur le métier de comédien et le milieu des acteurs frinçais, donc de cocaïne sur les Champs de nouveau, d’engrenage aussi, de pistons, de fils à papa. Bref, de tout ces trucs à la con et de savoir si le jeu en vaut la chandelle quand on téma la gueule du cinéma frinçais actuel… Koffi dira quand même « Si je dois jouer dans un film, faut que ce soit un vrai truc. Pas forcément un truc ghetto, mais un truc qui représente. »)

Teo -Du coup t’as un réalisateur ?

Koffi -Ouais, j’ai un pote réa.

Teo -donc c’est solide.

Koffi -Ouais, ouais. J’ai un pote réa, j’ai des potes qui ont de l’inspi comme Joe Lucazz. J’ai même d’autres gens qui écrivent vraiment. Ils sont pas forcément dans la musique, tu vois ? On va essayer de faire des trucs, on va voir. Mais j’aimerais plus me lancer dans des trucs comme ça, la musique c’est bien mais c’est un accompagnement, parce que moi je commence à vieillir, j’ai 30 piges et j’ai vraiment pas prouvé dans le rap. Je vais pas commencer à faire celui qui a la dalle au micro comme ceux qui ont 20ans. Comme Sexion d’Assaut. Moi je préfère faire des trucs plus carrés.

Comme vous le voyez, Koff a beaucoup de choses à dire. Vous pouvez rater vos tristes vies mais ne ratez pas la 2e partie. Et pour vous faire patienter, en guise de teaser voici un son de Koffi avec Les Sales Gosses (Papillon Bandana et Charlie Waits) Vous connaitrez l’histoire de ce morceau la prochaine fois :

Retrouver Koffi sur facebook : http://www.facebook.com/pages/Koffi-Trop-2-styl-officiel/197239043627969   et    http://www.facebook.com/profile.php?id=100001540918029

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