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DJ Weedim, Aketo & Sidi sid nous parlent de Petits Meurtres Entre Amis (vidéo)

Ma si, touyouls en compagnie dé TupakTV, yé souis allé voil ces yeunes qui font dé la musica
Pourquoi je parle comme ça, moi ?
Enfin bref, va là bas :

http://tupaktv.com/pmea/

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Shone

On a interviewé Shone avec TupakTV :

http://tupaktv.com/interview-shone/

Ça prépare un gros concert qui idéalement serait amené à n’être que le début d’une longue série de concerts
Ainsi qu’un projet/compilation mystérieux mais qui a l’air très enthousiasmant
Alors clique et va voir l’interview de ce rappeur qui a oublié d’être con et passif

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview – Vald (+ special guests qui passaient par là)

A un moment y’a Lino qui vient serrer des mains avant d’aller pisser, et à la fin y’a Tefa qui tape un peu l’incruste, mais on a rien dit parce que c’était chez lui.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 1

Interview : Genono (Captcha Mag) et Teobaldo (Le Blavog)
Photos : Mehdi MK ( TupakTV)
On a uni nos forces comme si on était possédé par l’esprit hip-hop.

Genono : Avant la promo autour de la sortie de NQNT, t’as fait très peu d’interviews. C’était par choix, ou parce que les intervieweurs avaient peur de te rencontrer ?

Vald : C’était un choix, jusqu’ici faire des interviews, ça n’avait pas vraiment d’intérêt. Quand tu sors uniquement des projets gratuits sur internet, t’as pas grand-chose à dire. Si c’est juste pour raconter ta vie, y’a aucun intérêt. Là on a quelque chose à défendre, donc on va parler un peu de nous.

Genono : Tes précédents projets, c’était histoire de faire monter un peu la sauce ?

Vald : Voila, l’idée était de se présenter un peu aux gens, parce que dire « je sais rapper », c’est bien beau, mais si t’as aucun projet …

Genono : Ce matin je lisais les commentaires sur le clip de Shoote un Ministre … J’ai l’impression que ton public de base ne s’y retrouve pas.

Vald : Mon public de base, c’est quoi ?

Genono : Globalement, les gens qui te suivent depuis le début. Je lis beaucoup de commentaires du type « c’est pas le Vald qu’on aime », on est à la limite du « Vald c’était mieux avant », alors que ta carrière a pas encore débuté. C’est un truc que t’as ressenti ?

Vald : C’est un peu comme le premier amour, quand tu le revois quelques années plus tard, bah … il a changé ! Moi je fais le son que j’aime, après, ils suivent ou pas, c’est pas grave. J’irai trouver d’autres gens pour m’écouter.

Genono : Sur les autres extraits, j’ai l’impression qu’il y a d’autres retours, et que ça correspond plus à ce que le public attendait.

Vald : C’est surtout au niveau des prods, je pense. Et puis, il y a une raison simple : sur mes anciens projets, je pouvais pas faire de dirty, parce que je savais pas mixer. Et comme c’est moi qui mixais mes projets, forcément … J’avais envie d’en faire, mais je ne savais pas le faire. Alors maintenant, j’arrive en studio, je me régale.

Genono : Jusqu’ici t’étais vraiment en mode « fait-maison » ?

Vald : Ah ouai, c’était artisanal mon frère ! Y’avait un fumet, t’entendais les portes claquer chez moi, t’entendais ma darone crier … il se passait quelque chose quoi ! Alors que maintenant c’est propre, c’est professionnel.

Genono : Je reviens sur Shoote un Ministre … Y’a pas eu trop de controverse au sujet de la quenelle devant l’assemblée. T’es pas déçu ?

Vald : Déçu, non … c’est logique, on fait pas de vues. C’est normal qu’il y ait pas de controverse.

Genono : Justement, ça aurait pu être le truc qui déclenche un peu la machine.

Vald : En tout cas, moi je l’ai pas fait pour ça. Je l’ai fait parce que ça me faisait rigoler. Après peut-être que de l’autre coté, les mecs étaient là à se dire « ouai, on va faire des vues avec ça » … j’en sais rien. Je pense que si on faisait un million de vues avec une quenelle, on en aurait entendu parler … Mais là, avec 100.000 vues, c’est de la rigolade.

Genono : Il se passe plein de choses dans tes clips, ça fourmille d’idées et de conneries. A quel point t’es impliqué là-dedans ?

Vald : Généralement, je rencontre le réalisateur, je propose des idées, et si on peut, on les met en place. Par exemple, pour Shoote un Ministre, j’avais des idées un peu farfelues, qui n’étaient pas réalisables avec le budget et le temps dont on disposait. Donc on s’est concerté, et c’est Tefa qui a eu l’idée : « et si on promenait un ministre mort sur un fauteuil roulant, c’est génial ! »

Mehdi (manager de Vald) : Enculé, c’est moi qui ai eu cette idée !

Vald : Ah c’était ton idée ? C’est vrai que j’ai tendance à considérer que c’est Tefa le génie, mais Mehdi a un meilleur vocabulaire.

Mehdi : Nan, il faut dire que tout vient de Vald !

Genono : Et donc tu disais qu’il y avait des idées que tu ne peux pas encore mettre en place, faute de budget ?

Vald : Ouai, comme les gamins. Ils ont des idées, ils ont envie de faire des films de fou, mais ils peuvent pas. J’en suis à ce stade. Bientôt, j’aurai le budget pour faire des clips hollywoodiens.

Genono : On espère, parce qu’il y a moyen de bien rigoler avec toi. Rien à voir, mais j’ai lu dans ton interview chez l’Abcdr que tu avais une culture rap très limitée. Elle s’est développée un peu, depuis ?

Vald : C’est vrai, j’ai vraiment une mauvaise culture. Disons que c’est une culture atrophiée. Mais je commence à faire des pompes et des tractions.

Genono : Ce manque de culture, tu vois plutôt ça comme un avantage, dans le sens où t’es pas formaté par ce que t’as écouté avant, ou plutôt comme un handicap ?

Vald : Je vois ça comme un fait, j’essaye de changer là-dessus, mais je sais pas si c’est un avantage ou un désavantage. Le bon coté, comme tu le dis, c’est que je fais les choses sans être influencé par ce qu’ont fait d’autres artistes avant moi. J’ai cru comprendre que ceux qui avaient écouté l’album de Lunatic à l’époque étaient traumatisés et voulaient absolument refaire du Lunatic. Moi je l’ai pas écouté, je sais pas ce qu’il se passe dans cet album ! Mais d’un autre coté, le fait de ne pas avoir de références n’est pas forcément un avantage. En fait, j’ai pas conscience de ce qui est bien ou mal, dans le rap.

Genono : Dans ce qui se fait aujourd’hui, t’écoutes quoi ?

Vald : J’aime beaucoup Young Thug, j’aime beaucoup Lil Wayne … j’ai une affection toute particulière pour Lil Wayne. Après, en français … j’ai du mal avec eux, parce que je comprends ce qu’ils disent. Mais par exemple, Kaaris, il me fascine ! Je le trouve trop marrant.

Genono : Mais musicalement, c’est des artistes qui t’inspirent ? Parce que ta musique ressemble pas à du Kaaris ou du Lil Wayne.

Vald : Je sais pas ce qui m’inspire. Si je dis que je m’inspire d’untel, ça veut dire que je vais essayer de faire la même musique que lui ?

Genono : Pas forcément, ça peut être dans le sens où tu vas juste te nourrir de ça, et en faire ta propre sauce. Ne serait-ce qu’au niveau des sonorités, tu peux avoir envie de tendre vers telle ou telle tendance.

Vald : Peut-être que je me nourris de ce que j’écoute sans trop m’en rendre compte, franchement j’en sais rien. J’ai du mal à comprendre le concept d’influence et d’inspiration. J’écoute des trucs … tu sais, des fois, quand j’écoute un morceau, j’ai envie de taper le rappeur. Peut-être que c’est de cette manière là que je m’inspire finalement, c’est une influence un peu malsaine. Je l’écoute, et j’ai juste envie de le mettre à l’amende, de le défoncer.

Genono : Ta connexion avec Rockin Squat sur L’undaground s’exprime chapitre 6, elle se fait comment ?

Vald : Qu’un rappeur avec des disques d’or et 20 ans de carrière m’appelle, j’ai trouvé ça beau. J’étais un rappeur de chambre, j’avais fait quelques mixtapes, mais personne me connaissait. Je sais même pas comment il m’a découvert … c’est une bonne personne, il m’a même invité à monter sur scène à la Cygale.

Lino, surgit de nulle part : Qu’est ce que c’est que ces interviews qui durent 70 heures ?

Vald : Laisse-nous bosser.

Lino : Je passe juste vous saluer avant d’aller pisser. C’est mieux avant qu’après, nan ?

S’en suivent quelques serrages de main, deux-trois vannes pas piquées des hannetons, puis Lino s’en va pisser et l’interview reprend son cours.

Genono : Tu fais beaucoup d’introspection dans tes textes. Est-ce que c’est un truc qui t’aide à te comprendre toi-même, à avancer, à la Soprano qui prend sa carrière pour une thérapie ?

Vald : Pas du tout. J’écris pas quand je suis triste. Si ça va pas, j’écris pas. Je me trouverais con de me trouver dans une situation alarmante et de me dire « oh putain, il faut que j’écrive un texte, il faut que j’explique ce qu’il m’arrive ! ». J’écris uniquement quand je suis content. Et j’ai même pas l’impression de faire de l’introspection, je trouve ça un peu surprenant.

Genono : Tu racontes quand même des trucs super personnels, même si c’est souvent fait avec humour.

Vald : Comme quand je parle de branlette ?

Teobaldo : Ca c’est intime plus que personnel.

Genono : Y’a des moments où tu te dis « ça c’est trop personnel, je vais le garder pour moi » ?

Vald : Ah oui, y’a beaucoup de choses que je dis pas, parce que je trouve que ça ne regarde que moi. Et puis surtout, ça n’apporte rien. Si ça apportait quelque chose de lâcher une phase très personnelle, en me disant que des gens vont se reconnaitre dans ce que je dis … Mais la plupart du temps, je parle pas de moi. C’est pour ça que ce coté introspection, je vois pas trop … Peut-être sur Journal Perso, ou des vieux morceaux ?

Genono : Même sur NQNT, y’a pas mal de phases super personnelles, même si c’est pas forcément à chaque fois le thème du morceau. C’est quelques phrases disséminées ci et là tout au long du projet, que je trouve très personnelles.

Vald : J’ai pas ce ressenti … mais pour revenir à ta première question, écrire ne m’aide pas du tout. Je ne règle rien avec la musique.

Teobaldo : Du coup, écrire ça t’apporte quoi ?

Vald : C‘est un sentiment d’accomplissement. Quand j’écris, j’ai l’impression que je fais quelque chose de ma vie … alors qu’en fait, nan. Je peux passer une nuit entière sur une seule phrase, en vrai je fais rien du tout, mais j’ai quand même l’impression d’avoir fait un truc. Quand je finis un morceau, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait quelque chose de concret, de pas être resté là à attendre que le temps passe, comme un branleur. Alors quand le morceau est validé au studio, j’en peux plus, je l’écoute vingt fois d’affilée, je me dis « ouaah, je suis louuurd », alors que pas du tout, je brasse pas un sou.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 2

Genono : Aujourd’hui t’es rappeur à plein-temps ?

Vald : Plus ou moins …

Genono : T’as prévu un plan B, au cas où ça ne marche pas comme prévu ?

Vald : Bah oui, justement, parce que je viens de me rendre compte de l’économie du rap et … c’est pas flamboyant (rires).

Genono : Y’a pas lontemps t’as publié sur les réseaux sociaux « 5 bonnes raisons de ne pas acheter NQNT » …

Mehdi (manager) : Une idée de génie !

Genono : T’annonces « aucun tube ne sera joué en radio ». Ils font pas trop la gueule chez Barclay ?

Vald : Nan, pas du tout. J’ai pas tellement de contacts avec eux en fait.

Genono : Ils t’ont juste commandé un album, façon « ponds ce que tu veux » ?

Vald : Voila, on leur a donné un album, on a dit « si vous aimez, vous prenez, vous donnez de l’argent, et vous distribuez ».

Genono : Et t’as eu des retours ?

Vald : Ils en sont très contents. Ils me trouvent très particulier, avec un univers … ça fait plaisir.

Genono : Parmi les 5 bonnes raisons, tu dis aussi « pas d’autotune dans le projet ». C’est un truc que t’aimes pas ?

Vald : Au contraire, c’est un truc que j’adore, mais que je contrôle pas encore.

Genono : Donc ça va venir ?

Vald : Ah ça, dès que je sais l’utiliser, vous allez en chier ! Prends garde à toi, Jul ! (rires) J’ai aucune censure là-dessus, dès que je sais le faire, c’est partit !

Genono : T’as l’air plutôt à l’aise sur scène, c’est un truc que tu travailles à l’avance, où t’y vas vraiment en mode freestyle ?

Vald : Ouai, jusqu’ici c’était très freestyle, mais le public est super réactif, sans trop que je sache pourquoi. Bien souvent, il est juste content de voir « son » artiste, donc il fait la fête même si tu pues la merde sur scène. Après, on a essayé de travailler un peu le truc, c’est plus cadré, un peu moins bordélique, même si y’aura toujours une part de bordel. A terme, je pense que ça va devenir très professionnel, l’idée c’est que ça devienne un vrai spectacle. Je pense qu’il nous faut juste des séances en studio pour développer ça … et les séances, faut les payer ! Mais là j’ai l’impression qu’on a trouvé un format qui fonctionne bien, ça fait 6 ou 7 dates que je sens qu’on a quelque chose de professionnel.

Genono : Ce coté trop carré, t’as pas peur que ça déplaise à un certain public, qui aime justement le Vald un peu à l’arrache ?

Vald : Ca peut être à l’arrache … mais carré en même temps. J’ai déjà fait des scènes vraiment à l’arrache, et c’était vraiment trop à l’arrache, tellement à l’arrache que le public n’y comprend plus rien. Donc oui, y’aura toujours une ambiance « fait-maison », un petit fumet, mais le temps est à la professionnalisation.

Genono : La piste 5 de NQNT s’appelle Sullyvan. En écoutant le morceau, j’ai l’impression que ce personnage est une sorte d’alter-égo démoniaque de Vald. J’ai bien compris le concept ?

Vald : Ouai, c’est à peu près ça. C’est partit d’une rime que j’ai fait dans un vieux morceau, avec le nom de Sullyvan, et j’ai développé un peu ça. Mais j’ai pas du tout le complexe du schizophrène, avec une partie sombre qui se dévoile sous un alias. Sur ce morceau, c’est vrai que la prod s’y prêtait bien, j’ai poussé un peu dans cette direction … mais en fait nan (rires). Ca m’a surtout permis de faire un égotrip un peu particulier, de parler de ce personnage comme d’une légende, un mythe.

Genono : C’est un truc qui peut revenir dans les prochains projets, ma suite des aventures de Sullyvan ?

Vald : Ouai, je vais le décliner, c’est certain. Et puis ça nous fait un super morceau pour entrer sur scène, c’est génial.

Genono : Piste 8 (« Horrible »), tu dis « suffit d’une vidéo de Soral pour que l’audimat du JT chute ». Tu penses quoi de ce mec ?

Vald : Je pense qu’il a une grande écoute. Je l’ai beaucoup écouté, maintenant j’ai décroché. Je prends plus rien à cœur, j’en ai plus rien à foutre de quoi que ce soit. Je sais qu’il a beaucoup d’audimat, et qu’il est plus proche de la réalité que les journaux télévisés. C’est moins déformé, et ça a plus d’impact. Lui aussi, il bosse à la maison, il est sur son canapé, il fait ses vidéos … Et je sais que si t’écoutes Soral, t’écoutes pas le JT. Ca n’a pas de sens, d’écouter les deux, ou en tout cas, de croire les deux.

Genono : Dans le même morceau, tu dis « personne m’a donné la foi, je suis lassé de croire en rien ». Quel est ton rapport à la religion ?

Vald : J’aimerais avoir la foi ! Mais je crois en rien, je suis pas dedans. Et j’aimerais bien, parce que je ressens une sérénité chez les gens pieux, c’est quelque chose que j’ai pas. Mais j’ai réussi à trouver la sérénité ailleurs, donc je m’en sors pas trop mal.

Genono : La foi, c’est donc quelque chose que tu recherches ? Ou tu te dis juste « si ça vient, ça vient » ..?

Vald : Voila, je me dis que si un jour je tombe dedans, ce sera super. Sinon, tant pis.

Teobaldo : C’est juste une question de sérénité, d’équilibre ?

Vald : C’est vraiment … un bien-être que je ressens chez les gens qui ont la foi. Mais ceux qui l’ont vraiment, pas les frères muz 2.0. Les vrais frères muz, ils ont sont apaisés, c’est magnifique.

Teobaldo : On sent que t’as développé une grosse réflexion là-dessus.

Vald : Ca me touche personnellement en fait, parce que mon frère est devenu musulman. Je trouve ça beau. Moi, j’arrive à vivre sans, mais si un jour ça vient … incha Allah !

Genono : Ensuite, piste 9, « Aulnay-sous-bois », qui est très critique envers la mentalité de quartier et l’apologie de la rue. Tu sentais le besoin de faire ce morceau ?

Vald : Ouai, c’était vraiment un besoin, parce que personne n’en voulait de ce morceau ! (rires) Je trouvais intéressant de proposer cette vision des choses, j’ai pas l’impression d’avoir déjà entendu un morceau comme celui-là … après j’ai une culture de merde, donc il a peut-être déjà été fait. Je trouvais ça marrant qu’un blanc qui vienne du 93 parle de la cité de cette manière.

Teobaldo : T’as pas peur de te mettre des gens à dos ?

Vald : Je connais personne, donc je peux me mettre personne à dos ! (rires) Après, je dis pas que la street c’est mal … mais revendiquer le fait d’être un mec de tiekar, ça pue la merde. Je vous chie dessus ! Attends, que je me fasse pas mal comprendre, c’est pas parce que t’habites dans un tiekar que je te chie dessus …

Genono : Si si, on va marquer ça. On va faire du buzz, on va titrer « Vald chie sur les mecs de tiekar ».

Vald : Nan, ce que je veux dire, c’est que je te chie dessus si t’es un mec de tiekar et que tu vis là-dessus. Et j’en connais plein, des mecs qui te disent « ouai, moi je suis un mec de quartier, je vais rien faire de ma vie, je vais rester en bas » …

Teobaldo : Pas de vacances pour les vrais gars.

Vald : T’as tout dit.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 3

Genono : T’as quel attente sur la sortie de NQNT ?

Vald : Par rapport aux ventes ? J’en ai aucune idée. J’aimerais bien impressionner les gens de maisons de disques, pour qu’ils me sortent en physique, ces fils de lâches.

Genono : Ah mais il sort pas du tout en physique ?

Vald : Nan, parce qu’ils ont pas confiance en nos chiffres, ces crevards ! Ca me fout un cafard de ouf. Mais j’ai confiance, j’ai l’impression que mon public est deter, qu’il croit en moi.

Teobaldo : Du coup tu vises pas un chiffre précis …

Vald : Nan, je vise juste de pouvoir vivre de ma musique. Tant que j’en vis, les chiffres m’intéressent pas.

Tefa (qui est là aussi, parce que c’est la fête du slip) : Ca dépend comment tu veux vivre.

Vald : Je veux juste vivre, poto ! Je veux partir de chez mes parents, je veux pouvoir payer un loyer et des factures.

Teobaldo : Du coup, tu penses que tout buzz est bon à prendre ?

Vald : Nan, y’a aussi des mauvais buzz. Y’a des buzz desquels tu te relèves pas, y’en a certains qui ne s’en sont jamais remis. Je vais pas citer de noms, on va pas leur faire de la mauvaise pub, mais tu les connais.

Genono : Question « à la Spleenter » : est-ce qu’en tant que rappeur blanc, tu pourrais raconter que tu te faisais racketer au collège, comme Orelsan ?

Vald : Le raconter ? Je sais pas … peut-être le dire en une phrase, mais un morceau complet dessus … c’est dur.

Genono : Bah il en a fait … je vais pas dire une carrière, mais presque.

Vald : Nan, je peux pas capitaliser sur le fait d’être une victime, ça m’intéresse pas. Je peux pas écouter un morceau dont le message serait « je suis une victime ». Meme sans le dire ouvertement, mais y’a des sons, les mecs font que se plaindre de la première à la dernière mesure. Frère, relève la tête, car un jour tout s’arrête.

Moment de flottement dans le studio, tant tout le monde est subjugué par la dernière phrase de Vald.

Teobaldo : C’est pour ça, l’humour ? Aborder des sujets sérieux différemment, que les gens se fassent pas chier …

Vald : Voila, et faut se détendre, le ridicule n’a jamais tué personne.

Genono : Les comparaisons avec Orelsan, c’est un truc qui doit te casser les couilles nan ?

Vald : Oui, forcément, mais si ça vous donne une porte d’entrée, prenez-la. C’est toujours mieux qu’on m’écoute en se disant « c’est un peu comme du Orelsan », plutôt qu’on m’écoute pas. Mais j’ai jamais fait du Orelsan, donc j’ai même pas l’impression de devoir m’en détacher. J’ai un phrasé particulier qu’il n’a pas, et il a un phrasé particulier que je n’ai pas.

Teobaldo : Donc t’as déjà écouté ce qu’il fait ?

Vald : Ah oui, bien sur. Tout ce qui se fait, depuis que j’ai commencé à rapper, j’écoute, je me mets à jour. Le rap, c’est une bataille, donc si je sais pas ce que les autres font, c’est chaud.

Genono : Tu pourrais t’autoproclamer Professeur Punchline comme Seth Gueko ?

Vald : Je fais pas de punchlines, moi. Je déteste le mot « punchline ». Déjà, je déteste les anglicismes. On a une langue tellement riche, tellement belle, utiliser des anglicismes c’est dommage. Et le terme « punchline » … c’est nul, complètement nul. Je fais pas de punchline, je fais du sentiment. J’ai l’impression de développer vraiment un ressenti, pas juste de faire de la phrase. C’est difficile de prendre une phase de mon texte, et de la sortir comme ça.

Genono : C’est aussi du à ton écriture qui est très dense, pas mal basée sur la technique avec des assonances, des multisyllabiques dans tous les sens, des mots qui s’entrechoquent. C’est quelque chose que tu recherches particulièrement ou c’est quelque chose qui te vient naturellement ?

Vald : Ca me vient naturellement, c’est de la performance, et c’est ce qui va me faire écouter ou non un rappeur. Si un rappeur rime mal, je l’écoute pas. Les rimes trop simples, ça m’énerve. Y’a plein de mots dans la langue française, sers-toi-en. Maintenant j’y fais peut-être un peu moins attention, mais j’ai longtemps eu l’impression que c’était une obligation. C’est une question un peu complexe, mais pour moi c’est un devoir. Si t’es rappeur et que tu rimes pas … c’est la misère, gros. Fais autre chose.

Genono : Si tu devais imaginer ta reconversion après le rap, ce serait quoi ? Je te verrais bien au cinéma.

Vald : Ouai, le cinéma ça me plairait bien. J’attends qu’on vienne me contacter, je fais des petits appels subliminaux avec mes vidéos, mais ça marche pas (rires). Et puis, j’ai l’impression que ça paye mieux. Sinon, j’aimerais bien me reconvertir dans la production, prendre des petits rappeurs, leur transmettre mon savoir, mon expérience, et les orienter. Mais il faut de l’oseille.

Mehdi (le manager) : Tefa peut t’expliquer comment ça fonctionne !

Tefa : Bah c’est comme la politique : faut être un enculé.

Vald : J’aime bien aussi le montage vidéo, même si j’ai un niveau de merde. Ca me passionne.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 4

Teobaldo : Le clip de Toutatis, déguisé en flic, qui a eu l’idée ?

Vald : C’est une idée à moi, que j’ai trouvé vraiment super, et j’ai forcé tout le monde à la faire. A la base, je voulais faire un vrai truc de bad cop, avec un keuf crapuleux, ripoux … et au final, on s’est retrouvé en îlotiers super ringards. Mais j’aime bien, c’est drôle, ça a un côté sketch, et puis ça nous fait 3 clips bien construits, qui sont très différents mais qui gardent quand même une certaine ligne directrice.

Teobaldo : J’ai l’impression que pour chaque clip tu vas un peu plus loin. Le prochain tu nous fais quoi, la guerre des étoiles ?

Vald : Le prochain … c’est une surprise. Il sera pas cher, mais drôle.

Teobaldo : Tu commences à monter, à avoir une petite notoriété, y’a forcément un moment où un mec va vouloir te clasher. Comment tu penses réagir ?

Vald : Ca dépend de la notoriété du bonhomme. S’il est en dessous de moi, j’en ai rien à foutre, parce qu’il va rien m’apporter, je vais juste lui donner du buzz. Par contre si c’est un mec qui est au-dessus, et qu’il m’attaque … je vais le ruiner, l’enculer comme un chien, je vais pas le lâcher. Je vais voir l’ouverture et … oh putain, je vais l’enculer.

Teobaldo : T’es prêt pour la guerre.

Vald : Attaquez-moi, je vous en supplie ! Mais faut souligner que ça reste de la musique, je peux clasher le mec et lui serrer la main en studio le lendemain. Après, pour qu’un mec avec plus de notoriété que moi m’attaque, faudrait qu’il soit vraiment con.

Teobaldo : Bah y’a des cons dans le rap français, c’est pas le problème.

Tefa : Nan, y’a pas de cons, c’est pas vrai. C’est qu’une rumeur (rires).

Teobaldo : Est-ce que tu serais prêt à faire de la taule pour gagner en street-crédibilité ?

Vald : Je résisterais pas en taule … faudrait que je tue un violeur pour être respecté là-bas. Mais sinon, je suis un petit blanc, t’as vu mon gabarit ? Je suis dans la merde. Je vais m’en prendre plein la gueule !

Genono : Et pas que la gueule …

Vald : Et pas que la gueule !

Mehdi : Du coup après, tu feras peut-être du rap de victime.

Teobaldo : Est-ce que tu penses pas que tu vendrais plus en faisant du rap de victime ?

Vald : Pas sûr. Ce qui marche, c’est la sincérité. Si on croit en ce que je fais, les gens vont se sentir impliqués. Si je deviens la copie d’une copie, ça va intéresser personne. Faut juste être sincère et spontané.

Genono : Niveau connexions, tu fais pas énormément de featurings, ou en tout cas pas avec des rappeurs très côtés. T’es comme Niro, t’aimes pas te mélanger ?

Vald : Pour faire des feats avec des gens côtés, faudrait que j’aime ce qu’ils font, faudrait que je les contacte, ça me met un peu dans une position bizarre, j’aime pas trop ça. Je préfère faire des feats avec des gens que je connais, que j’aime, et avec qui il n’y a pas de calcul. En fait, y’a personne qui m’attire.

Teobaldo : Le rap français t’intéresse vraiment pas ?

Vald : Ah si, y’a vraiment des artistes que je kiffe, que je survalide. Un mec comme Katana, je suis comme un fou dessus, je l’écoute, j’en peux plus. Y’a aussi un gars de la clique de Kaaris, il s’appelle Solo le Mythe, il est trop fort. Y’en a beaucoup, j’aime bien aussi Docteur Bérize … Hornet La Frappe, il tue sa mère !

Genono : Bah justement, ces gens-là, ça t’intéresse pas d’aller les chercher et de rapper avec eux ?

Vald : Ca peut m’intéresser, mais je sais pas spécialement comment m’y prendre … Et puis je pense qu’un feat, ça se fait en fin de projet. Mon prochain projet, quand il sera fini aux trois quarts, je me dirai peut-être « tiens, il me faut un feat » … J’y penserai à ce moment-là. Et puis, ça va me mettre dans une démarche où je serai obligé d’écrire, et je déteste être obligé d’écrire. Ca me frustre.

Teobaldo : Pourtant t’as l’air productif.

Vald : Je suis productif, mais je suis capricieux. Et si j’appelle quelqu’un, je vais être obligé d’écrire, sinon il va me dire « tu m’appelles pour rien, enculé ! ». J’ai jamais de morceau où j’écris un couplet et ensuite je me dis « tiens, untel sur le deuxième couplet, ça passerait bien ». Déjà, j’ai très peu de chutes de morceaux, et puis … je m’aime trop, je crois. A chaque fois je trouve que mon morceau vaut la peine que j’aille au bout tout seul.

Teobaldo : Y’a des gens que t’aimes bien mais avec qui tu penses que musicalement, ça ne fonctionnerait pas ?

Tefa : Swaggman ?

Vald : Nan, Swaggman ça tuerait sa mère, t’es fou ! Par exemple Maitre Gims, je trouve qu’il est super fort, mais je le vois pas faire un refrain et moi lâcher un couplet derrière. Mais j’aime beaucoup de gens hein, même si vous avez l’air de penser le contraire.

Genono : NQNT, tu comptes le défendre sur une tournée ?

Vald : Je sais pas ce qu’on appelle une tournée. En tout cas on a plein de dates, dans toute la France, plus de trente jusqu’à l’été prochain.

Genono : On peut donc appeler ça une tournée.

Vald : Ouai, mais je les connais mes dates, on va pas se mentir les frères. Y’a des salles de quelques centaines de personnes …

Mehdi : Bah on voulait faire la tournée des Zéniths, mais il a que 20000 fans sur Facebook, c’est chaud.

Vald : Après, je sais pas si on peut dire que je vais « défendre » l’EP pendant cette tournée, mais c’est clair que c’est un excellent prétexte pour monter sur scène.

Mehdi : En langage professionnel, ça s’appelle bien « faire une tournée » et « défendre un projet » (rires).

Vald : Ouai, mais j’ai pas l’impression de défendre quoi que ce soit. Quand je monte sur scène, les gens connaissent déjà les morceaux, je leur donne juste ce qu’ils veulent.

Teobaldo : Le fait d’être entouré, avec des gens qui s’occupent de la production, d’autres de la logistique … ça t’enlève un poids ?

Vald : Ca m’enlève un poids, mais d’un autre côté, je dois toujours leur courir après (rires). Maintenant, je délègue, c’est un autre type de poids, mais au final ça m’avance pas beaucoup.

Genono : Pour conclure, les prochains projets, tu bosses déjà dessus ?

Vald : Ouai, je suis en avance. Les morceaux que vous écoutez en ce moment, ça fait déjà un an que je me branle dessus. La suite arrive.

Genono : Bon, bah on a fait le tour.

Vald : Merci les frères, c’était cool, j’ai bien aimé cette interview. De toutes celles que j’ai fait, c’était la plus dynamique.

Tefa : T’oublieras pas de couper toutes les questions où il dit qu’il est antisémite, homophobe, et encarté au FN.

NQNT dans les bacs le 28 Octobre. Et le produit est très bon, alors faites pas les lâches et mettez un petit billet dessus (ndTeo : ceci est un message de Génono. Moi j’ai pas encore écouté le CD =/)

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The Black Desperado Rises #TBDR

Si on fait le bilan de la dernière saison rap Frinçais, on constate un étrange fait (en fait on en constate 30 000 mais comme d’hab).
Oxmo Puccino serait revenu dans le rap. Trés furtivement, telle une ombre. Pour beaucoup, ce n’est qu’une légende urbaine. Il n’y aurait aucune preuve que le Black desperado ait remis les gants. Mais pourtant, c’est une certitude pour d’autres, le Black Desperado serait de retour. Comment et pourquoi ? Le Blavog n’en sait foutre rien (mais alors vraiment, que dalle), mais vu que c’est l’occasion de faire une parodie stupide, on va quand même tout vous raconter.

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Devant un pavillon trés laid (c’est pas qu’il fasse délabré mais le goût en architecture est très douteux), Grodash des Hall frappe à la porte. Qui s’ouvre. Sur le pas de la porte, on retrouve Le Célèbre Bauza.
Grodash -Je suis venu voir Oxmo Puccino. COUSIN !
Bauza -Je suis désolé, monsieur Puccino ne prends pas de rendez vous imprévu. Même si c’est venant d’un type qui porte des lunettes de soleil en plein jour.
Grodash -Et ta non carrière totale, c’était prévu ça ?
(Alors là vous allez dire que c’est gratuit d’afficher ce pauvre Célèbre Bauza comme ça alors qu’il rappe même plus ou si peu. Mais je vous dirai que c’est pour que son blase ne tombe pas dans l’oubli, bande de petits ingrats)


–On retrouve Grodash assis sur un canapé très moche dans un salon imonde. Un gros type mal réveillé le rejoint alors dans la pièce.
Oxmo -Bonjour, jeune intrépide.
Grodash -Je suis venu pour le feat.
Oxmo -…
Grodash -J’ai besoin de toi. J’ai besoin du Black Desperado.
Oxmo -T’as de l’espoir.
Grodash -On s’est déjà rencontré. En 98. devant les locaux de Skyrock. On était venu avec des potes. Et c’est là que tu es apparu. Sortant de la radio avec un cigare au bec, un stylo plume avec une mine de cristle et un chapeau de mafieux. On a tellement kiffé ! Oxmo Puccino ? De Pucc Fiction ? De Opera Puccino ? On se faisait des films avec les potes ! Des films entre potes… C’est tout ce que c’était… Mais moi je savais que c’était possible. Alors je t’ai demandé un feat et tu m’as donné ta parole.
Oxmo -C’était il y a jadis et naguère, ça. Je fait de la variété, maintenant, moi, mon petit monsieur. Je ne suis plus rappeur… Ça fait des années…
Grodash -J’ai suivi ton parcours depuis ton tournant variet. On te regardait dans les émissions de merde, style Ruquier. Les potes, ils se foutaient bien de ta gueule, mon gros. Mais moi j’ai vu ton regard. Ce regard que je m’entraine à faire chez moi, devant mon miroir. Faire croire au mec qui t’interviewe qu’il te pose des bonnes questions. Mais au fond, tu étais vraiment saoulé. Car tu es un rappeur ! Un vrai rappeur ! Et comme tous les rappeurs, tu détestes les interviews que tu fais à la télé.
Oxmo -…
Grodash -Tu es le Black Desperado. Tu dois remettre ton masque. COUSIN.
Oxmo -…
Grodash -Trés bien. Je m’en vais.
Oxmo -Attends. Pourquoi as tu dis que tu me regardais au passé ? Tu ne me regardes plus à la télé, maintenant ?
Grodash -Tu devrais prendre un peu l’air, te rafraichir les idées et faire gaffe aux détails. Tu réaliserais que tu ne passes déjà presque plus du tout à la télé. Malgré toutes tes tentatives lamentables d’infiltrer durablement la scène Française.
(Grodash s’en va. Laissant Oxmo Puccino. Seul. Perplexe)

Oxmo -Black Bernardo ! Ici mon fidèle copain.
Bauza -Ça te reprend ces conneries ? Faut arrêter de m’appeler comme ça.
Oxmo -Est-ce que c’est vrai que j’ai pas fait tant de télé que ça pour la promo de Roi sans carrosse ?
Bauza -Qu’est-ce que j’en sais ? Y a rien eu de marquant, en tout cas. Mais comme j’en ai plus rien à foutre, j’ai pu rater quelque chose.
Oxmo -Et mes ventes ?
Bauza -C’est pas fantastique.
Oxmo -Impossible, j’ai gagné une victoire de la musique avec cet album.
Bauza -Une victoire de la musique urbaine, oui. Autrement dit, tout le monde s’en contre branle sur la table basse.
Oxmo -Ah bah merde, non. Je suis sensé être un poète qui restera dans les têtes. Et là tout le monde m’oublie ?
Bauza -Il te faut remettre le masque.
Oxmo -Non, je ne peux plus être le Black Desperado. Je dois rester ce poête élégant. C’est comme ça que je ferai de grosses ventes. Comme avant la crise.
Bauza -C’est le déni, ça.
Oxmo -Que nenni, c’est toi le déni.
Bauza -Et si je te disais que tes ventes t’avaient écrit un mot avant de partir ? Un mot dans lequel elles te disaient qu’elles ne reviendraient plus ? Et si je te disais que j’avais brûlé ce mot, pour ne pas te faire de peine…
Oxmo -Nooooon !!! Je vais avoir la réaction d’orgueil la plus constructive et intéressante qui soit : je vais bouder dans ma chamb… Mon repère secret.

Je vois... Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec...

Je vois… Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec…

Oxmo s’enferme alors dans sa cave où il joue avec des vieux posters de lui comme si c’était des figurines. La nostalgie plein son petit coeur.
C’est alors que, sorti de sous terre et en moto, apparait Ol Kainry avec un masque de Luchador sur la figure et une redingote de bucheron.
Oxmo -Ça c’est de l’entrée.
Ol kainry -Ne te demande pas qui je suis. ne te demande pas qui est ce nègre en selle, ce qui importe c’est notre but.
Oxmo -Tu es Ol Kainry… On te reconnait facilement. Mais qu’est-ce que c’est que ce masque ?
Ol Kainry -Un masque au max de la masquance.
Oxmo -Qu’est-ce qui se passe si je l’enlève ?
Ol Kainry -Ça ferait mal.
Oxmo -Comment ça se fait ?
Ol Kainry –J’ai des bails de cheveux coincés dans la zippette, derrière.
Oxmo -Aouch. ah ouais, t’es un gros dur, toi.
Ol Kainry -Pour quelqu’un comme toi, oui.
Oxmo -Et qu’est-ce qui te prend d’arriver en dévastant mon joli carelage saumon de chez point P, jeune vandal ?
Ol Kainry -J’ai appris que tu allais te remettre au bail de rap…
Oxmo -Oui, je l’avais promis à ce jeune qui n’en veut et qui a un nom de lessive. J’ai réussi à reculer l’échéance pendant 16ans mais là je crois qu’il commence à se rendre compte que je le prends pour un con.
Ol Kainry -Si le Black Desperado refait surface, alors il devra rapper pour moi, d’abord. Sur un morceau avec une tite-pe au refrain. Et ensuite tu auras ma permission pour poser sur l’album de Grodash.

Tu n'as pas ma permission de faire caca

Tu n’as pas ma permission de faire caca

Oxmo -Mais où est l’intérêt de me faire à nouveau rapper si c’est pour qu’une inconnue chante très mal au refrain ? Je peux le faire moi même.
Ol Kainry (Il met sa main sur l’épaule d’Oxmo)-Est-ce que tu te sens aux bails de commandes ?
Oxmo -On peut savoir ce que tu fais avec ta main bourrue, petit homme étrange et tout en muscles ?
Ol Kainry -Je te demandes si tu te sens au max de la maxance ?
Oxmo -Et bien…
Ol Kainry -FAUX !!!! C’est moi qui dit qui qui fait quoi et toi tu vas rapper sur mon album et y aura une meuf au refrain !
Oxmo -T’énerve pas. Moi, tu sais, au point où j’en suis, j’en ai plus rien à cirer de que dalle. Les albums dégueulasses plein de trucs sirupeux, j’en ai fait. C’était pour toi que je disais ça. Sur un album d’Ol Kainry, les gens veulent juste que ça rappe. C’est pas Facteur X 3 ou je ne sais quelle horreur.
Ol Kainry -« On demande juste que ça rappe ! Rappe ! Rappe ! Rappe ! » Hey mais c’est pas mal ça ! Ça ça ferait vraiment un bon refrain !
Oxmo -Tu vois !
Ol Kainry -Ce sera parfait pour mon album avec Dany Dan.
Oxmo -Mais pourquoi sur l’album avec Dany Dan ?
Ol Kainry -Parce qu’il faudra bien que je revienne pour ma fan base après les avoir déçu avec « Dyfrey ».
Oxmo -Non mais je veux dire pourquoi pas sur notre duo à nous ? Ce serait pas mal.
Ol Kainry -Je veux pas que ce soit pas mal.
Oxmo -Tu veux que ce soit mal, donc ?
Ol Kainry -Un mal nécessaire.
Oxmo -Mais dans quel but ?
Ol Kainry -L’embrasement arrive.
Oxmo -OK… Cinglé… Et c’est moi qui dit ça…

Ol Kainry -Comme ça je reviens avec des bails de morceaux single pour plaire au plus grand nombre.
Oxmo -Je ne doute pas que ta stratégie sera vraiment payante, mon bon ami, mon comparse, mon complice. Mais si tu veux faire un truc grand public, pourquoi ne pas faire un son acoustique avec des musiciens de jazz ?
Ol Kainry -Ah ! Le bail théâtral ? Les bails de la tromperie. Toujours très impressionnant pour les bougs qui connaissent que dalle au rap. Mais on s’y connait en rap, nous, n’est-ce pas mon boug Oxmo ? On a appris au sein de la rue !
Oxmo -Oh moi, tu sais, la rue…
Ol Kainry -Je sais, mon boug Oxmo. Tu as peut être adopté le rap. Moi, je suis né dans les bails de rap. Modelé par les bails de rap. Je n’ai écouté de la variété qu’une fois à l’âge adulte. Et pour moi ce n’est rien d’autre qu’assourdissant !
Oxmo -Bah alors pourquoi ramener des chanteuses à tour de bras ? C’est pas comme si tu connaissais Olivia Ruiz, en plus.
Ol Kainry -Pour embraser les ventes ! Ventes rises !
Oxmo -C’est pas gagné, vu ta façon d’envisager le chant dans un morceau rap.
Ol Kainry -Bail de point d’interrogation, là ?
Oxmo -Tu amènes tes parties chantées comme les mauvais singles d’il y a 10 ans, mais c’est fini Factor X, mon bon. En plus, ton public est très rap. Ça lui fera très plaisir de me revoir en mode MC, tu es bien cruel de gâcher leur joie, ainsi. Eux qui voulaient me révérer en toute quiétude.
Ol Kainry -C’est pour ça que je sors mon album avec Dany Dan dans la foulée.
Oxmo -Tu veux dire qu’il n’y aura pas de feats de merde dessus ?
Ol Kainry -Ah bah si, pourquoi ?
Oxmo -…

Comme Oxmo en avait marre de tous ces gens fous du 91, il retourne alors les chiffres de 91 et retourne ainsi dans le 19, de ce fait.
Un peu comme Batman qui retourne à Wayne Corp. Sauf que lui il retourne vers Danube et croise un autre rappeur du coin.

Oxmo -Il me faudrait de nouveaux gadgets.
Abis -Euh… Ouais… Pourquoi tu me dis ça à moi ?
Oxmo -Parce que je reprends les affaires. Donc je retourne dans mon fief. Un peu comme Bruce Wayne dans TDKR. T’as pas lu le début du billet ?
Abis -Mais c’est moi qui fait Morgan Freeman dans ta version ? Je suis plus jeune que toi…
Oxmo -Et t’es pas noir non plus, mais on fera avec.
Abis -La couleur c’est pas grave. Le sang est le même pour tous, appelle moi Rachid Sissoko. Mais en vrai c’est moi qui devrait faire Batman.
Oxmo -Comment ça ? Tes paroles sont houleuses, mon jeune ami.
Abis -Bah je suis l’homme du bâtiment, l’homme du bât. Bâtman ! Sous ma cape, je visser des gothiques.
Oxmo -Pas mal. Pas mal… t’es sûrement encore un mec qui va me demander un feat, je le vois venir.
Abis -En fait, je t’ai déjà demandé y a quelques années.
Oxmo -Alors ma réponse sera la même !
Abis -Alors ça tombe bien parce que t’avais dis oui. Par contre tu l’as jamais fait après…
Oxmo -Putain, faut que j’arrête de faire ça. Ça ressemble toujours à une bonne solution sur le coup mais après ça me revient dans la gueule.

Abis -Mais c’est cool que tu reviennes aux affaires. Comme ça tu peux poser sur mon album comme prévu à la base.
Oxmo -Il faut que je vérifie si tu mérites un feat avec moi.
Abis -Tu veux test ?
Oxmo -De fait, je vais te tester. Dis moi, mon petit bonhomme, comment comprends tu cette phase ; « Les gens ivres de bonheur rêvent de revolver » ?
Abis -J’sais pas. Les gens heureux, au fond d’eux dépriment et veulent se supprimer. Ou bien alors que les seuls heureux sont ceux adeptes des armes. Les vendeurs, les trafiquants ou plus simplement ceux qui aiment la guerre.
Oxmo -Tu as vu tout ça dans ma phrase ?
Abis -Oui, pourquoi pas. Tu pensais à quoi, toi ?
Oxmo -Euh… Oui… C’est exactement ce que je voulais dire et même bien plus encore.
Abis -C’est ça le 19ème : c’est la rue avec la plume.
Oxmo -C’est beau ce que tu dis.

Mmmmmmmmmmmmmmm !MMMMMMMMMMMM !MMMMMMMMMMMMM!
Roi sans carrosse sur le périph !!!

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Classé dans cinoche, complots, Parodie

Interview NKLM

En attendant la rentrée officielle du Blavog dans vos m*** (ce qui ne saurait tarder vous qu’Octobre pointe le bout de son zgueg)

Notre bon vieux Teobaldo est parti avec son sac à dos pour TupakTV, à la recherche de personnes aux compétences indéniables, et voici qu’il nous livre donc l’interview du collectif NiKLesMouths (NKLM), un groupe de beatmakers du 91 qui a déjà produit pour Zesau, Juicy P, Hype & Sazamyzy, Zekwe Ramos, Alkpote, Moon’A, Butter Bullet ainsi que tout un tas d’autres gens recommandables comme ça.
Vous allez voir dans cet interview que, comme ils le disent eux même « Les beatmakers ont autant de choses à dire que les rappeurs ».
Et le montage a été assuré par Mehdi Mohatou, le fils caché de Serge Moati.

http://tupaktv.com/interviewtupaktv-collectif-nklm-face-camera-video/

Donc allez-y, cliquez, ça vous fera pas mal au cul.
De toute façon, c’est une interview de moi, donc automatiquement je parle à des gens intéressants (Je serai pas allé là bas, sinon, réfléchis) et donc c’est bien.

et puis partagez aussi, il parait que c’est ça le hip hop, c’est le partage (moi j’aurais plutôt dit que ça s’appelle l’éducation mais à priori c’est ça aussi le hip hop)

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Interview Zekwe Ramos – bonus

Jamais 2 sans 3, Zekwe revient pour vous parler de ses influences musicales niveau beatmaking et de son point de vue sur certains collègues (Kaaris, Seth, Al K, Orelsan, L’Entourage, Dinos, Sinik, Diam’s…)

et ça c’est un quizz sur les voyages dans le temps, qu’on a donc décidé d’appeler MacFly Quizz, pour être sûr que personne ne comprenne bien de quoi il s’agit. D’ailleurs à un moment ça parle de Quick.

et ça c’est le freestyle du bonhomme à Générations, c’est pas du tout notre vidéo mais on s’en fout il dit notre blase dedans alors c’est tout comme

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Interview Zekwe Ramos – 2e partie

la suite de ça

Spleenter : On parlait d’Orelsan tout à l’heure, vous aviez échangé sur Twitter, il aimait bien Histoire de, y’avait d’ailleurs une de ses fans qui comprenait pas pourquoi il aimait…

Zekwe : C’est ce qu’on disait, c’est le coté social de la musique… Une petite meuf avec une casquette Supreme à l’envers et une paire de Air Force, qui va lui dire « nan mais vas-y, je comprends pas, tu vaux mieux qu’eux, la banlieue, les singes, les bananes ».

Spleenter : une collaboration est envisageable ? (avec Orelsan, pas les bananes)

Zekwe : Carrément ! On en a déjà discuté, il aime bien ma musique, j’aime bien la sienne… y’a encore rien de prévu techniquement, mais ça va se faire. A la base, c’est lui qui est venu vers moi, à me dire « ouais j’aime bien Histoire de, j’ai écouté Selecao »… mais frère de quoi tu me parles ? Je faisais pousser de la beuh, j’ai acheté ton CD par hasard, et je me suis pissé dessus pendant tout le trajet !

Spleenter : Comment tu définirais la différence entre Selecao 1 et 2 ? J’ai l’impression que c’est plus ouvert.

Zekwe : Je suis d’accord avec toi, c’est plus ouvert, c’est un peu moins débilos. Y’a des tracks un peu débilos, d’autres un peu plus sérieux… j’ai essayé de faire du bon rap, tout simplement. L’avantage, comme je produis et que je fais tout moi-même, c’est que personne ne peut me forcer à faire quelque chose qui ne me plaît pas. Donc en gros, y’a une facette un peu sérieuse, avec des émotions, et une facette bête et méchante … du Neochrome quoi. Mais dans l’ensemble, c’est vrai que c’est plus ouvert, plus grand public. Ma daronne peut écouter 3-4 sons sans aucun problème. Mais comme je te dis, c’est un peu à l’image des albums cainris qu’on a toujours écoutés. T’as des hits, des sons de rue, d’autres pour les clubs …

Spleenter : J’aime bien Extra-Large, parce qu’il me semble que je t’avais encore jamais entendu sur ce genre de prod.

Zekwe : C’est Hits Alive qui a produit celle-là, je tourne le clip la semaine prochaine (l’interview s’est déroulée début avril). D’ailleurs, (il montre son sac) on m’a prêté des vêtements.

Spleenter : Mais si c’est pas tes vêtements c’est pas authentique, man.

Zekwe : Bah tu sais quoi, je viens de me rendre compte que j’ai dit « prêter », mais c’est faux : on me les a donnés ! Je suis parti les récupérer tout à l’heure, justement, pour ce clip qui se tournera le week-end prochain.

Spleenter : On pourra être dedans ?

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Zekwe : Avec grand plaisir !

Teobaldo : Genono il ressemble à Trezeguet en plus, ça te fait une star dans ton clip.

Spleenter : Et tu vas clipper Le début de la faim, celui où tu nous dédicaces ?

Zekwe : C’est pas sur du tout, donc pour me rattraper, si vous voulez passer sur Extra-Large, c’est avec plaisir. Dans ce clip je vais me balader dans Paris entouré d’une trentaine de mecs habillés en saoudiens, un truc bien débilos.

Teobaldo : T’as pas peur que Sacha Baron Cohen porte plainte ?

Zekwe : (rires) Il s’est déguisé en saoudien lui ?

Teobaldo : Ouais, pour The Dictator, sur une version arabe de The Next Episode.

Zekwe : C’est un génie ce mec là, chacun de ses personnages est génial.

Spleenter : Niveau cinéma, qu’est ce qui t’a marqué récemment ?

Zekwe : Je suis un inconditionnel de Tarantino, du premier au dernier. Je me fais régulièrement des journées Tarantino, je regarde toujours les mêmes films comme un débile.

Genono : Ça vient de là le fétichisme des pieds ?

Zekwe : Effectivement, ça peut venir de là. Et puis quand t’as Tarantino, t’as Rodriguez qui va avec. Je suis un grand fan de ces mecs là.

Spleenter : T’attends Sin City 2 ?

Zekwe : De ouf ! J’attends le prochain Tortues Ninja aussi, mais je t’avoue j’ai peur. Les costumes des films des années 90, c’était quelque chose ! Et là, ils te foutent des putains d’images de synthèse de merde. C’est comme le film Dragon Ball… c’est une blessure qui saigne encore. A part ça, qu’est ce que je regarde … les comédies américaines genre Gigolo malgré lui, avec un acteur juif… merde, j’ai oublié son nom. Un petit avec des yeux verts … je sais plus, un acteur juif américain quoi. Y’en a tellement.

Teobaldo : Par contre je viens de recevoir un texto du CRIF, ils te demandent de retirer immédiatement tes propos.

Zekwe : J’emmerde le CRIF ! Y’a pas de questions sur Dieudonné, pas de questions sur les clashs, vous êtes pas à la page les gars !

Spleenter : Ah oui, alors est-ce que tu peux nous faire une quenelle ?

Zekwe : (rires) Je t’en fais une discrète, comme ça je pourrais dire que j’ai pas fait exprès !

quenelle doigtée

Genono : T’apparais pas dans le clip de Barbeuk, de Seth Gueko. Est-ce que c’est parce que t’as eu peur de Lea Castel, étant donné que tu la traitais de pute sur l’album de l’Indis ?

Zekwe : Dis-toi que j’ai eu des « problèmes » à cause de ça ! Seth est venu me voir, il m’a dit qu’elle se sentait pas bien, du coup je me suis un peu excusé sur twitter… je me suis senti coupable ! J’ai écrit un texte sans trop réfléchir, sous alcool, sous substance, la dame que j’ai insultée est blessée… faut savoir reconnaître que c’était méchant, je la connaissais même pas la meuf. Après, il n’empêche que les rumeurs disent que… mais les rumeurs disent ce qu’elles veulent. Bref, je me suis excusé.

Teobaldo : Tu pourrais faire une photo avec elle, comme Rohff avec Céline Dion ?

Zekwe : (rires) Il est bon, celui-là ! Nan mais je crois qu’elle me déteste assez, et puis j’ai pas spécialement envie de la connaître. Mais la question, c’était quoi ?

Genono : Est-ce que c’est pour ça que t’apparais pas dans le clip de Barbeuk ?

Zekwe : Nan, pas du tout ! Y’a pas de raison particulière … et puis de toute façon, je suis mauvais en figuration.

Spleenter : Est-ce que tu sais quand va sortir le clip de Babtou pure souche ?

Zekwe (ses yeux s’illuminent) : Han, c’est tellement un chef d’œuvre ! C’est le Detox des clips vidéos ! D’ailleurs, dans ce clip je suis figurant, je dois avoir 22-23 ans. Si vous avez aimé Cabochards, c’est dans le même délire … c’est un vrai bijou. Avec des quads violets, des caravanes roses … imagine une fête foraine, avec du rap.

Genono : Et pourquoi c’est pas sorti, en fait ?

Zekwe : Je vais pas te dire de conneries, mais il me semble qu’il y a eu des problèmes avec le montage, et que ça a fini par se faire monter par quelqu’un d’autre. Là, 25G garde le clip en stock, et il attend d’avoir plus de matière, préparer des morceaux, clipper, pour pouvoir tout balancer à la suite.

Spleenter : Quel bilan tu tires de Selecao 1 ?

Zekwe : Là, je dois en être à 2000 CDs vendus. On l’a vendu sur le long terme, la première semaine j’ai du en faire 400, c’était horrible. Mais au final, ça m’a ouvert plein de choses. Déjà, c’est une carte de visite, si tu veux savoir ce qu’est Zekwe, t’écoutes Selecao. Ça dessine un personnage, un univers musical, c’est super important, même si en termes de ventes c’est pas ouf. Je pouvais pas arriver avec « Rap de Banlieusards 3 » comme carte de visite ! Un truc où la piste 17 est en fait la piste 1 dans la tracklist, où tout est à l’envers… c’était un puzzle. Il me fallait un vrai projet, qu’on sache qui est Zekwe. Ca m’a aussi ouvert à d’autres artistes : me faire connaître par Orelsan, ou réaliser l’album de Nakk, Supernova.

me demande pas où j'ai eu cette photo putain

me demande pas où j’ai eu cette photo putain

Genono : Et du coup pourquoi « Selecao 2 », et pas un titre complètement nouveau ? C’est histoire de dire que tu restes dans la continuité ?

Zekwe : Voila, c’est le côté « je fais les prods et j’invite tous les copains qui veulent bien venir ». Selecao, ça a rien à voir avec le foot, le Brésil… c’est plutôt le délire « sélectionneur ». Je fais ma formation comme je veux, je place un couplet d’Alpha Wann juste après un couplet d’Al K-pote. Et au final, je sais même pas si Selecao c’est une compil, un album, un album-concept … Ensuite, je pense partir sur l’optique de sortir des projets courts, des EP, des 5-6 titres, avec moins de feats.

Spleenter : Tes objectifs en termes d’ouverture artistique, c’est quoi ?

Zekwe : Je prends tout ce qu’il y a à prendre. L’objectif c’est d’envahir le marché, par tous les moyens : placer des prods sur tous les bons albums, proposer des prods avec des refrains, imposer une touche, une couleur. Je pense que Selecao 2 va servir à ça : confirmer après Selecao 1, montrer que je peux balancer des prods encore meilleures, avec des refrains mieux chantés, des textes mieux écrits. Et puis, faire des connexions ! Parce que souvent, les producteurs choisissent un artiste, et travaillent dessus, comme Therapy avec Sefyu il y a quelques années. Il a imposé un truc ! Et bah moi, mon propre artiste, c’est moi-même ! J’ai 2 cartes à jouer pour envahir le business, c’est magnifique. Après, businessement parlant, si demain une maison de disques ou une boite d’édition vient frapper à la porte… une boite d’édition c’est l’idéal, parce qu’elle s’occupe de ramasser tes billes, elle dit « j’ai tel artiste dans mon catalogue, je vais lui faire écouter telle prod »… ça va plus vite.

Spleenter : Actuellement t’es en indépendant, au final tu vois plus d’avantages ou d’inconvénients ?

Zekwe : T’as l’avantage de faire la musique que tu veux sans te faire sermonner par des vieux mecs qui sortent du rock, ou des directeurs artistiques de merde qui ne connaissent rien au rap. Le gros inconvénient, c’est le coté financier, la sécurité et la stabilité qui vont avec. T’as un mois avec, un mois sans. Après, tout le monde veut faire les choses par soi-même, vivre de sa passion, c’est logique. Mais tu peux rester en indépendant tout en bossant avec un éditeur, ou signer en licence. Une licence, en gros, ça veut dire que tu vas en maison de disques, mais avec ton équipe, ta façon de travailler, et eux se contentent de te filer de l’oseille. Y’a plein de manières différentes de travailler.

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Spleenter : Sur Neochrome ou Selecao, t’invites pas mal de gens, on en parlait tout à l’heure, t’as aucun mal à te mélanger, mais j’ai l’impression qu’on t’invite moins.

Zekwe : Je pense que c’est parce qu’aujourd’hui, le rap, c’est beaucoup de calcul. On va peut-être préférer inviter un mec moins fort, mais qui a plus de visibilité. Si j’avais vendu 10000 exemplaires de Selecao 1, j’aurais eu beaucoup plus d’invitations, je suis encore dans une période où je fais découvrir ma musique aux gens. Jusqu’ici, j’ai touché les gens qui sont dans le business, mais j’ai pas encore vraiment touché le public. Y’a des mecs qui préfèrent s’armer de featurings plus intéressants niveau marketing, et je leur en veux pas, c’est plus ou moins normal.

Genono : Justement, comment t’expliques cette différence ? C’est-à-dire que les rappeurs vont dire « Zekwe il est fort », mais au final ça se répercute pas tellement en termes de visibilité, ventes et reconnaissance par le public.

Zekwe : Ce que je vois, c’est que dans les médias, certains se comportent comme les horribles directeurs artistiques qui sont là uniquement parce que Tonton a décidé qu’il fallait les mettre là. Notre génération, on entendait un single à la radio, on allait acheter le CD, et là on découvrait l’album. Aujourd’hui, on balance tout et n’importe quoi au public, qui ne sait pas forcément reconnaître la bonne musique. Y’a pas l’éducation musicale, en France, pour que le public dise « ça c’est un bon rappeur » ou « ça c’est un mauvais rappeur ». Tous les mecs qui connaissent la musique vont te dire que Zekwe c’est de la bonne musique ! Mais tout le monde ne connaît pas la musique. On va écouter un rappeur uniquement parce que dans la cour de récré tout le monde l’écoute, ou alors uniquement parce qu’il est de telle origine et qu’il la revendique à fond. Pour que la musique parle d’elle-même, en France, c’est super dur.

Genono : Justement, t’as dit « j’aurais déjà percé si Evry c’était New-York ».

Zekwe : Je pense, ouais. Après, seul Dieu sait ce qu’il peut se passer, on peut pas imaginer, ce que je veux dire c’est…

Genono : Tu veux dire que le public est mieux éduqué là-bas ?

Zekwe : T’as une culture musicale, tout simplement ! Et pas uniquement dans le rap, ici t’as des petits qui savent pas qui sont Gainsbourg, Brel, Souchon.

Teobaldo : Tu penses pas que la France n’est juste pas un pays musical, et qu’attendre que ça s’ouvre, c’est un combat perdu d’avance ?

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Zekwe : T’as raison, c’est un combat perdu d’avance, et puis même sans s’arrêter à la musique… on est dans un pays où tout est dans le politiquement correct. Ils se disent pas « bon, on encule le peuple, mais au moins on va leur mettre un peu de divertissement, des bonnes séries, de la bonne musique ». Ça les intéresse pas. Mais à la base, la France c’est un pays très ouvert sur l’art.

Teobaldo : A la base …

Zekwe : Voila. Aujourd’hui, je vois des Plus Belle la vie, ou des chaines comme W9, NRJ12 … j’arrive pas à comprendre.

Spleenter : Tu produis, tu rappes, et tu chantes. Si t’étais pas pauvre et hétéro, on pourrait dire que t’es le Kanye West français.

Zekwe : Je valide complètement ! Sauf que je suis un peu plus souriant.

Genono : Tu pourrais sortir des t-shirts blancs, comme lui, et les vendre 80 euros ?

Zekwe : Avec grand plaisir ! Si les gens achètent, pourquoi se priver ? Quelle enculade … plus ils sont blancs, plus ils sont chers, ça tue !

Spleenter : D’ailleurs, pourquoi tu nous as pas ramené des t-shirts et des bonnets gratuits ?

Zekwe : Parce qu’il faudrait que j’en ai, déjà ! Moi-même, j’en ai pas, donc tu vois on est loin de Kanye West ! (rires)

Teobaldo : Je voudrais revenir sur Neochrome. Tu parles d’Alkpote, de Katana, de Seth Gueko … on a compris que t’aimais bien chercher chez les autres quelque chose d’intéressant. A une époque, autour de Neochrome y’avait plus ou moins Salif, Exs, Nubi, l’Unité de Feu, Nakk, Joe Lucazz, Despo, Escobar, et j’en passe… tu te dis pas qu’il y avait un vrai truc à faire ?

Zekwe : A cette époque je me focalisais plus sur ce que j’avais à faire, et ce pour quoi j’étais payé. Y’a eu des connexions, sur l’album de l’U2Fpar exemple y’a Nysay, Nubi … Attends, y’a une époque où Neochrome avait carrément des bureaux, mais c’était l’époque où le rap vendait un minimum. Mais y’a pas de regrets à avoir, personnellement en tout cas j’avais placé des prods à un peu tout le monde.

Genono : Est-ce que Neochrome pourrait élargir ses activités en dehors du rap, en produisant des clips, des films ?

Zekwe : Bien sur, bah ça se fait déjà un peu : y’a eu Cramé, y’a du textile … Après, c’est un peu compliqué, parce qu’il y a des activités qui sont gérées par des mecs de Neochrome mais qui ne sont pas sous le tampon Neochrome. Mais c’est vrai que ce serait bien de créer une vraie branche visuelle, à travers 420 peut-être.

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Genono : T’as une implication dans Cramé ?

Zekwe : Nan, pas du tout. J’étais jeune, je m’en battais les couilles. Après si c’est un vrai rôle, faire l’acteur pourquoi pas.

Spleenter : J’ai senti un petit côté Doc Gyneco sur Selecao 2, avec des morceaux un peu mélodieux, qui parlent de meufs … C’est un truc qui te parle ?

Zekwe : Bien sur ! Première consultation, l’épopée Secteur Ä… respect ! Le rap français est ingrat, parce qu’on parle beaucoup de Time Bomb, mais on oublie toujours le Secteur Ä. Quand j’ai été dans l’âge mûr, où je pouvais enfin comprendre le vrai sens des paroles de ce que j’écoutais … Skyrock c’était le Secteur A ! Ärsenik, Passi, Stomy, Hamed Daye, Gyneco… ça leur appartenait ! Première Consultation, musicalement j’ai pas tout aimé, c’était un peu west-coast, pas forcément le genre d’ambiance que je kiffais … mais le délire global du CD, c’était violent.

Genono : A propos de Gynéco, dans Extra-Large y’a un moment où tu dis « il manque une rime en –i » … c’est une référence au « il manque une rime en –eul » dans Affaire de famille ?

Zekwe : Je l’avais pas vu comme ça, mais tu peux, oui, je la prends avec grand plaisir.

Spleenter : Tu dis aussi « j’ai trouvé le nom de ton futur album : adopteunflow.com ». C’était une phrase de Gaiden contre Sinik, t’étais au courant ?

Zekwe : …Non. C’était un clash, c’est ça ?

Spleenter : Ouais, un truc organisé à la radio.

Zekwe : Bah tu fais bien de me le dire, parce que je vais avoir 1000 commentaires d’horribles enculés sur ma page youtube : « espèce de pompeur ! ».

Spleenter : il parait que t’avais mal pris le fait d’être sélectionné pour la Booska-tape ? T’es pas obligé de répondre mais si tu peux insulter des gens ça nous fera plus de clics.

Zekwe : On peut en parler, y’a pas de souci, puisque j’en ai déjà discuté avec les principaux concernés. J’avais un intermédiaire qui me disait « t’as pas le niveau pour Booska-P, faut que tu fasses tes preuves ». Et quand j’ai vu certains mecs qui étaient dedans… je me suis dit qu’ils abusaient un petit peu. Si tu me dis que je t’intéresse pas, je m’en bats les couilles, mais qu’on me dise que j’ai pas le niveau… le souci quand t’as un intermédiaire, c’est que tu sais pas si c’est ce qui s’est dit réellement, ou pas. Par la suite j’en ai discuté avec eux, ils m’ont expliqué que c’était pas tout à fait ça, et aujourd’hui y’a aucun souci, je vais en interview chez eux, je fais des freestyles

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Spleenter : J’avais relevé un petit coup de gueule sur twitter, tu disais « les rappeurs, faites semblant de pas savoir qui je suis, alors que vous fourrez votre langue dans mon cul dès que vous êtes en studio ».

Zekwe : Le mec on me dit « lui il kiffe ce que tu fais, il aime bien tel morceau, etc », et t’arrives devant lui en studio, il tire la tronche et il te regarde de haut genre « mais qui es-tu, horrible fanatique ? » … c’est un truc que je comprends pas. « Ouais, nous on suce pas », ok mais dire que t’apprécies ce que je fais ça va pas te boucher le cul.

Genono : Quand tu parles de langue dans le cul, c’est une métaphore, hein ?

Zekwe : On sait pas, frère ! Entre le fétichisme des pieds, le coming-out … de toute façon, aujourd’hui c’est le mariage pour tous ! Je vaux autant que vous !

Spleenter : J’étais un peu déçu du clip de Buzz l’Eclair. Le morceau était plein de phases marrantes à illustrer, puis le clip… y’a le côté Snatch mais ça colle pas trop.

Zekwe : Y’a pas mal de gens qui m’ont dit la même chose. 420 m’a proposé ça, j’ai trouvé que ça changeait un peu, un clip un peu scénarisé, j’ai trouvé ça sympa. Pour certains c’est peut-être un peu trop tiré par les cheveux, je comprends ton point de vue sans le partager. Désolé pour la déception, ça arrive.

Spleenter : Est-ce que t’es au courant que le mot « forgerie » n’existe pas ?

Zekwe : J’avais dit ça dans quel morceau ?

Spleenter : Dans J’y arriverai.

Zekwe : Bah … on invente des mots, frère ! Faut bien rebondir, forgerie, je suis, fort, je ris… Attends mais forgerie, ça existe (réellement convaincu) ! Les forgeries, j’ai déjà vu ça quelque part.

Teobaldo : Nan, on dit « une forge ».

Zekwe : Haaan… La banlieue mon poto ! (rires) La bonne excuse à tout.

Genono : Est-ce que la net-tape Mazter Chefs a été initiée par Alkpote, par toi, est-ce que c’est un projet global de Neochrome ?

Zekwe : C’est une bonne question. C’est un projet global de Neochrome, qui avait pour visée de mettre plus en avant Alkpote. Il est sur plus de morceaux, et c’est lui qui a le plus défendu la sortie … mais c’est un vrai projet global Neochrome. On a pris des inédits à gauche, à droite … Pas facile était prévu pour Selecao 2.

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Teobaldo : C’est un peu le même principe que Rap de Banlieusards au final.

Zekwe : Voila, c’est histoire de maintenir une actualité, balancer des inédits.

Spleenter : T’avais une phase contre Def Jam France… qu’est ce que t’as contre eux ?

Zekwe : Bah à l’époque où j’ai lancé cette phase, leur catalogue d’artistes était épouvantable. C’est Dej Jam… Kanye West vient ici, il regarde ça, il fait un infarctus. Depuis, ils ont pris un bon virage, ils se sont rattrapés avec des mecs comme Joke par exemple, que j’apprécie artistiquement, ou Dinos Punchlinovic. J’ai presque envie de m’excuser, mais non, j’ai pas envie.

Spleenter : Est-ce qu’il a été question de signer Dinos chez Neochrome ?

Zekwe : Ouais, Dinos a toujours été un fan de Neochrome. Mais après, il a étudié toutes les propositions qu’il avait, et il a fait ce qu’il avait à faire. Y’a quelques années, dès que je me connectais sur MSN il venait me dire « Zekwe, ton nouveau morceau tue, cette phase est terrible »… aujourd’hui il est plus connu que moi, et il est plus riche que moi. Ça tue !

Genono : Y’a quelques années t’as fait « Vote ou meurs » avec Grodash… mais plus récemment t’as dit « on votera peut-être pour le parti anarchiste ».

Zekwe : On m’a obligé ! A l’heure qu’il est, ça me parle plus du tout le vote, c’est triste, je me sens pas du tout concerné par tout ça. Mais on est plein à être comme ça !

Tous en chœur: Moi c’est pareil.

Zekwe : T’as l’impression que c’est une guéguerre entre des millionnaires, pour savoir qui va accéder au pouvoir… c’est Game of Thrones en fait. Et nous on est le peuple, qui ramasse les galets par terre pour voir si y’a pas de la mousse qui a poussé en dessous. Nan, avec le recul, j’en ai rien à foutre de ce morceau, rien à foutre de voter… Voila pourquoi je parle du parti anarchiste, ça reflète plus ma façon de penser actuelle.

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Spleenter : Quand on interviewé LMC Click, ils nous ont dit que maintenant le 91 essayait d’être uni. Toi on t’a entendu sur Yeah Mogo remix de Grodash… c’est un truc que tu kiffes, ce côté unité ?

Zekwe : Bien sur, on a un truc dans le 91. Y’a plusieurs ambiances, plusieurs sonorités, mais on a un truc en commun, c’est inexplicable. Ça a commencé y’a longtemps, on parlait déjà du Triangle des Bermudes entre Evry, Grigny et Corbeil. On est un département tristement connu pour des guerres entre quartiers, et même pas pour des histoires de terrains : ça se tire dessus pour zéro euro. Donc on a toujours eu ce réflexe, dans le rap, de faire le chemin inverse. Musicalement, ça donne de bonnes choses, et pour les petits, pour l’image qu’on renvoie, c’est super important.

Spleenter : Comment t’expliques que dans le 91, il n’y a pas eu de « grand rappeur historique » ? Y’en a eu, mais aucun n’a réellement percé.

Zekwe : Y’a eu Diams et Sinik, quand même …

Spleenter : Je parle plutôt d’une 1ère génération de rappeurs, l’équivalent de NTM dans le 93 ou du Ministère Amer dans le 95.

Zekwe : Je pense que c’est une question d’époque. NTM ou IAM, ils ont marqué les débuts du rap en France, mais nous on avait personne à cette époque là. Après, on a quand même réussi à créer une touche, le souci c’est qu’on a pas réussi à l’imposer, parce qu’elle est très pointilleuse. C’est de la rime, du flow, des détails… Je sais pas. Je suis attaché au 91, mais je fais pas non plus une fixette dessus.

Spleenter : Du coup c’est pas un peu relou d’être le département qui, dans le rap, est reconnu à travers Diams ?

Zekwe : Elle a bicrav, elle a fait de l’argent. Bon après, musicalement… attention quand même, Premier Mandat c’était un petit bijou. Et puis par la suite, elle a fait son business, elle a pris de l’oseille, même si c’est clair que c’est pas du tout ce que j’écoutais. Après, j’avoue c’est un peu relou. « Tu viens du 91 ? Ah ouais, si si, la vibe avec ton mec, tout ça » (rires) Et puis même Sinik, il a fait de bons trucs. Bon, ensuite Booba les a attaqués tous les deux, on a l’impression qu’on nous disait « retournez dans vos champs, on vous valide pas, bande d’arriérés ».

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Teobaldo : Tu l’as pris pour toi, ça ?

Zekwe : Nan nan, pas du tout. Booba il se permet de dire ça parce que … il est sorti à l’époque où il fallait ! Après, il a réussi le plus difficile : perdurer. Mais Diams et Sinik, faut pas en avoir honte, ils ont fait de l’argent, faut respecter ça. D’ailleurs je tiens à préciser que j’ai produit pour Sinik quand j’avais 18-19 ans, un morceau qui s’appelle Tard le soir.

Genono : Dernière question, pour conclure : l’année dernière tu t’es fait interviewer par une meuf avec un t-shirt de Tortue Ninja. Est-ce qu’après ça, c’est pas un peu fade de te faire interviewer par 3 paires de couilles ?

Zekwe : Bah nan frère ! C’était d’autres styles de questions, Le Blavog j’ai tenu à le faire … sinon des interviews, je peux en faire 1000, c’est toujours les mêmes questions : quel est ton parcours, qui sont les invités, qu’est ce que tu penses de Booba, qu’est ce que tu penses des clashs… c’est horrible ! Donc je suis content d’avoir fait ça. Content d’avoir abandonné ma famille, d’avoir pris le RER, de crever de faim, d’être arrivé avec une heure de retard.

Genono : Je suis dans le même cas, t’en fais pas.

Zekwe : T’es d’où toi frangin ?

Genono : Mantes la jolie.

Zekwe : …Oh merde.

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Spleenter : Y’a quelques phases egotrip où tu parles du fait d’être métisse, avec toujours un peu cette idée « j’ai pas de race, alors je rigole de tout ».

Zekwe : C’est le résultat du métissage… Tout à l’heure j’étais avec mon pote Glyphe et ses cousins, c’est des sénégalais, j’arrive on me dit « wesh négro », tu vois ce que je veux dire ? Après, y’a des gens qui peuvent mal prendre le fait que je dise « négro » c’est un peu confus. C’est juste que je fais pas attention à ça, pour moi c’est naturel. Le dimanche, quand je vais manger chez maman, c’est du maffé dans l’assiette. Les races, les religions, les communautés … c’est un truc auquel je refuse de faire attention. La nouvelle génération, elle te demande ton prénom, ton âge, et direct après, ton origine et ta religion. Alors que je m’en bats les couilles ! Je te prends pour ce que t’es.

Spleenter : Donc tu fais pas partie des groupes facebook « anti-beurettes à khel » ?

Zekwe : Nan, ce genre de truc ça fait pas avancer grand-chose.

Spleenter : Ça fait pas avancer ma bite, surtout.

Zekwe : (rires) Grave, après les meufs rebeux sont complexées (attention, superbe imitation à venir) : « vas-y, j’ai un renoi, mais après on va dire que je suis une pute lààààà ! ». Y’a une période où on se posait pas toutes ces questions, et nous on est issus de cette génération. Mais déjà, avant, on voyait pas la tête des rappeurs. Y’avait pas internet, les clips, etc. Je me souviens, au collège, avec mes potes, on débattait sur Booba : « il est noir » « nan, c’est un rebeu »… Et Freko, de ATK ! Le jour où un mec est venu et m’a dit « Freko, c’est lui » … ma réaction ça a été « mais nan, c’est pas possible, c’est le boucher à Freko ! ». Donc voilà, je pense que ce je-m’en-branlisme se ressent dans ma musique. Je suis fier d’être métisse, mais je suis surtout fier d’être sans race.

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Spleenter : T’es d’Evry, donc ton maire c’est Manuel Valls ?

Zekwe : C’est l’ancien maire.

Spleenter : T’es content de ce qu’il fait ?

Zekwe : (rires) « Alors, t’es fier de toi, enculé ? Avec toutes vos conneries, vous lui avez foutu le seum ! »

Spleenter : Si tu pouvais remonter le temps MacFly, est-ce que tu lui ferais mater des spectacles de Dieudonné, pour qu’il devienne fan ? Réponds dans le respect.

Zekwe : Franchement, ouais. Mais je pense que même aujourd’hui, tu l’attaches à une chaise et tu le forces à regarder, il est obligé de rigoler. J’en suis sûr et certain. Mais lui, il est en mission, en croisade.

Teobaldo : En tout cas, c’est un des meilleurs plans promo qu’on ait jamais vu.

Zekwe : De ouf ! Bon, après t’as tout ce qui va avec : les saisies, les amendes… Dieudonné, c’est un génie, c’est relou pour lui.

Spleenter : Est-ce que ta meuf te casse pas les couilles sur certains sons, quand tu dis des trucs un peu sales, ou quand tu parles d’autres meufs ?

Zekwe : Nan, ça la fait rigoler. Elle a beaucoup de recul là-dessus, elle sait que j’avais une vie avant elle. Dans mes chansons, je peux parler de mes anciennes relations, de mes fantasmes … le rap, c’est un exutoire. Ça revient à ce que Genono me disait tout à l’heure, sur le fait que j’ai un personnage moins marqué. C’est simplement que des fois t’as envie de parler de ta vie, des fois t’as envie de parler de la vie des autres… dans le rap, tu dis ce que tu penses sur le moment, c’est tout.

Spleenter : Et la belle-famille ?

Zekwe : C’est plus compliqué. C’est une autre génération, d’autres coutumes, c’est plus compliqué. Mais y’a un gosse, maintenant, donc c’est verrouillé ! (rires) Ils m’aiment beaucoup, mais au début c’était compliqué, ils s’inquiétaient. Et puis toi, t’essayes de pas remuer le couteau dans la plaie, tu dis « alors en fait, je suis compositeur », ça passe toujours mieux.

Spleenter : Olivia Del Rio c’est ta pornostar préférée, ou c’était juste pour la rime ?

Zekwe : Je pense que toutes générations confondues, c’est ma pornostar préférée. Elle envoyait au max !

2 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview Zekwe Ramos – 1ère partie

Teobaldo : On commence ?

Zekwe : Ouais, mais me posez-pas l’horrible question de tous les journalistes français…

Spleenter : « Tu penses quoi du clash ? »

Zekwe, mort de rire : Nan, mais elle est pas mal aussi ! La pire de toutes, pour moi c’est : « Salut Zekwe, tu peux te présenter ? ». Nan, fais une introduction, « Zekwe t’as fait ça l’année dernière, on t’a vu là, etc ». « Présente-toi », on dirait que je passe un casting !

Spleenter : Quel est ton parcours ?

Zekwe : (rires) Quel est ton parcours, t’es né où, etc. Va te faire enculer ! Ils sont oufs les mecs !

Genono : Pendant la promo de Neochrome Hall Stars, t’as parlé de titres supplémentaires, qui devaient sortir après l’album. Je les ai jamais entendus.

Zekwe : C’est là que réside toute la magie de Neochrome ! On en a pas vraiment parlé dans les interviews, mais y’a eu une 1ère version du CD qui a été faite, et qu’on a décidé de ne pas sortir. Avec le recul, c’était vraiment le CD que les gens attendaient de Neochrome : un truc crado. Un peu trop crado même, résultat on a tout jarté, on a gardé que deux titres, et on a refait tout le reste. Quant à savoir si les titres sortiront un jour, d’une manière ou d’une autre … j’ai bien peur qu’ils soient tombés dans les abysses les plus profonds du rap français.

Teobaldo : Qui a décidé que ce serait cette version qui sortirait, et pas la première ?

Zekwe : Pour être franc avec toi, un peu tout le monde. On a écouté le truc, on s’est dit « ça tue, mais les gens vont s’attendre à ça ». Est-ce que c’était la bonne décision ? Je sais pas, certains ont aimé, d’autres ont trouvé que c’était pas assez crado, pas assez Neochrome … Les deux galettes envoient 2 émotions différentes.

Teobaldo : Donc c’était quoi le but recherché, la démarche autour de cet album ?

Zekwe : Le but, on va pas se mentir, c’était de passer en radio. On voulait vendre, tout simplement. Après, bien sur, on voulait pas faire des trucs débiles non plus, on voulait que ce soit homogène. Il faut essayer de passer par plusieurs chemins, bon, on s’est planté, ça n’a jamais marché … On reste Neochrome, quoi qu’il se passe. Même si on faisait un truc super musicalement, je pense pas que les radios suivraient, parce qu’on est Neochrome.

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Genono : Quand tu dis que vous vous êtes plantés, c’est niveau ventes, niveau réception du public ..?

Zekwe : On s’est plantés dans la démarche, tout simplement ! Le fait d’essayer de nouvelles choses, clairement, ça n’a pas fonctionné. Y’a des gens qui ont aimé, y’en a même qui sont venus à nous alors qu’ils ne faisaient pas partie de notre public de base, mais le fan de Neochrome, celui qui s’attend à voir le Président de la République se faire insulter pendant soixante minutes, il est déçu.

Genono : Du coup si l’album était à refaire, tu le ferais, ou plutôt vous le feriez différemment ?

Zekwe : Je vais pas parler pour les autres, mais en ce qui me concerne, oui. Sincèrement, je vais être très franc avec toi, je pense que les gens attendaient plus un CD avec uniquement Al-K et Seth. Parce que moi, je peux pas m’empêcher de ramener de la musicalité, et c’est pas toujours compatible. Y’a eu des réussites, sur certains titres, mais d’autres, avec le recul, ça n’a pas marché.

Teobaldo : Mais je t’ai vu sur scène, jouer des morceaux de cet album. Tu les assumes.

Zekwe : Bien sur, moi je les assume ! Si je fais de la musique, personne ne me force à faire quoi que ce soit. On a fait un morceau sur les meufs, on sur l’ère Sarkozy, c’est des trucs que j’assume, et que j’aime faire. Mais avec le recul, il aurait fallu donner autre chose. Après, il est jamais trop tard, si demain il y a un Neochrome Hall Stars vol.2, vol.3, à faire, et qu’il faut donner une autre face, on y va. Mais je comprends ce que vous essayez de me faire dire, ça ressemble pas à du Neochrome, et je vous comprends !

Teobaldo : Nan, c’est même pas ça. Y’a une démarche pensée, c’est bien. Après, elle se comprend ou elle se comprend pas, mais ça part d’une vraie démarche.

Zekwe : Hé frère, à un moment t’as la dalle ! Le lait Guigoz dans le biberon de tes enfants, c’est pas « salope », « grosse pute », et « fuck Sarkozy » qui vont le payer ! Y’a un moment où tu tentes des choses, après c’est pas non plus une catastrophe, on s’en est bien sortis, on a fait une tournée, des clips, y’a des bons trucs … Je regrette rien du tout. Mais, si j’étais producteur de Neochrome –et je ne suis pas producteur de Neochrome !- j’aurais donné autre chose.

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Teobaldo : En plus y’avait Yonea qui était ultra-présent chez Neochrome, et qui quitte le navire quelques temps avant la sortie de l’album … ça donne une impression un peu bancale.

Zekwe : Je pense que Yonea aurait aussi voulu faire quelques essais sur certains titres, mais il aurait aussi appuyé le coté sale. Il a toujours été comme ça : (il se met à imiter la voix aiguë de Yonea) « ajoute des insultes, insulte toute la terre, ça tuuue ! », « faut qu’on fasse des t-shirts avec TOUTES tes phases, faut qu’on bicrave tout ! » … il nous aurait poussé là-dedans ! « Zekwe, dis que t’es un portugais qui fait du tunning tous les dimanches, et toi, Alk, fais l’arabe qui insulte tout le monde ! ». Après, est-ce que ça aurait plu à Laurent Bouneau … C’est le problème de l’horrible France ! Écoute les américains, ils passent à la radio, ils sont libres, ils disent ce qu’ils veulent. Musicalement ça tue, le public suit, hop, on exploite ça commercialement. Ici, c’est pas pareil. On est dans le politiquement correct, on peut pas se permettre de dire et faire n’importe quoi.

Teobaldo : Du coup tu vois comment la montée d’un mec comme Kaaris, qui dit « chatte, cul, bite » à toutes les phrases, et qui fait disque d’or ?

Zekwe : Ça tue ! C’est une victoire pour moi, pour le rap français, pour le hip-hop ! Cet horrible mot, que personne ne veut prononcer … mais c’est ça, l’esprit hip-hop ! Prendre une mentalité qui vient d’un milieu social spécifique, et l’imposer à tout un pays … c’est une réussite, c’est une victoire ! Je serai toujours à fond derrière Kaaris, toujours, je valide à 300%. Après, musicalement, y’a peut-être des titres qui me parlent moins que d’autres, mais dans la démarche, « j’emmerde toute la terre entière », « j’arrive sur les plateaux télé en faisant des doigts » … c’est Gainsbourg ! Gainsbourg, je le voyais quand j’étais tipeu, je bougeais plus … ils sont passés où ces mecs là ? Maintenant, ils sont tous en cravate, ils se tiennent bien … j’aime bien les grandes gueules, qui viennent foutre un peu le zbeul sur les plateaux télé.

Spleenter : T’as commencé en t’appelant Kevin, ensuite y’a eu un freestyle où Seth te présentait en disant « Zekwevinho Ramazzotti » … ça vient de là ?

Zekwe : Plus ou moins, mais « Zekwe » ça a toujours été là. C’était la période « La cité de Dieu », où tout le monde était à fond dedans … donc Zekwe, c’est un peu un mélange entre Kevin et Ze Pequeno. Et puis, étant données mes origines –ma mère est cap-verdienne-, je parle portugais, et il m’est arrivé de regarder le film en version originale … ils parlent comme des tapettes ! Enfin, comme des brésiliens quoi (il se lance dans une imitation splendide de l’accent brésilo-tafiole), ils se tirent dessus … c’est un peu n’importe quoi.

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Teobaldo : T’es beaucoup allé au Cap-Vert ?

Zekwe : J’y suis allé une fois dans ma triste vie. Ma famille y va tous les étés, ils ont construit des baraques là-bas, à chaque fois ils me disent « qu’est ce tu fous, viens ! » … J’aimerais y aller, mais je suis dans le rap, la vie est dure ! J’aimerais bien aller au Brésil aussi ! C’est pas exactement la même langue, mais ça se rapproche vraiment. Nous c’est du créole en fait ! On est les antillais du Portugal (ça fait pas rêver putain)

Spleenter : Niveau écriture, t’es beaucoup dans les multisyllabiques. C’est un truc qui te vient du 91, parce que c’est très fréquent là-bas, ou de Neochrome ? Ou les deux ?

Zekwe : Franchement, les 2. Un des premiers mecs que j’ai écouté, et qui faisait ça, c’était Nubi, dans l’album de Futuristiq, Demain c’est maintenant. Et puis même avant, dans Time Bomb, Ill fonctionnait un peu comme ça. Je l’ai toujours plus ou moins fait, finalement, avant l’Unité de Feu, à une époque où eux étaient plutôt dans les assonances, etc.

Teobaldo : « Minotaure / mine à terre » …

Zekwe : Exactement ! Donc voila, ça me vient du 91, de Neochrome, des mes influences précédentes comme Time Bomb … du moment que les mots sonnent, c’est pas compliqué, la musique fonctionne comme ça. Il faut de la musicalité, c’est bête mais y’en a beaucoup qui ne pensent pas à ça. Regarde Despo, je le respecte à fond parce que jamais j’arriverai à écrire comme lui, mais y’a aucune musicalité dans ce qu’il fait. Il te dit des trucs super sensés, logiques, intelligents … mais c’est pas musical ! Même si ce qu’il fait, il le fait bien.

Spleenter : Quand je t’ai découvert, ça devait être sur des feats avec l’U2F, je te trouvais un peu banal en tant que rappeur. Et petit à petit, t’as commencé à mettre plus de punchlines, et aussi pas mal d’humour dans tes textes. Ça t’est venu comment ?

Zekwe : Faut savoir que quand j’ai commencé, je produisais plus que je rappais. C’est des mecs comme l’Unité de Feu qui m’ont dit « Zekwe, tu sais rapper, faudrait que tu t’y mettes un peu » … mais moi je m’en battais les couilles, j’étais jeune, je préférais baiser des meufs et regarder des séries. Puis à force, je suis rentré dedans. Tu t’entraînes, tu façonnes un personnage qui te correspond, avec ton vécu, avec ton entourage, etc. Seth et Alk, c’est 2 bons exemples qui montrent que l’humour ça marche bien, dans le rap. Kaaris, c’est pareil : c’est violent, mais y’a de l’humour, et au final c’est efficace. Ce qu’il faut, c’est que les gens te retiennent. Il faut transmettre des émotions ! Kaaris, il fait rire, mais il fait un peu peur, aussi … c’est un mix des deux, on sait pas, c’est Chuck Norris un peu. Fais rire, fais peur, fais réfléchir, fais pleurer … mais transmet des émotions ! Mais je suis d’accord avec toi, mes premiers morceaux, même moi, je les réécoute, j’entends juste un mec qui sait faire des rimes. Les 1ers trucs que t’as écoutés de moi, j’étais super jeune.

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Teobaldo : Haine, Misère et Crasse, t’as 20 piges …

Zekwe : Dix-neuf ! Mais quand je te dis que j’étais jeune, c’est surtout dans la manière d’écrire. Mais c’est comme tout, tu t’entraînes, et tu progresses.

Teobaldo : C’était quoi ton rôle avec l’Unité de Feu ?

Zekwe : Producteur. J’ai produit un peu plus de la moitié de l’album. Je leur ai donné une âme, j’ai apporté une couleur à l’album.

Teobaldo : Tu bosses beaucoup avec des samples.

Zekwe : Surtout à cette époque-là. J’ai pas vraiment eu d’éducation musicale, j’ai fait qu’une année de solfège, parce que ma mère est dans la musique, mon père aussi … ils m’ont poussé là-dedans, mon père me disait des trucs de ouf genre « ça coûte une fortune, si tu rates un seul cours, je t’encule ta mère ! » (rires). Il me mettait des coups de pompe au cul, du coup j’allais là-bas, j’ai appris deux-trois trucs, telle note ne s’accorde pas avec telle note, etc, mais au final, j’en suis ressorti avec pas grand-chose de solide. Le sample, c’était réellement le truc le plus accessible. Tu prends une mélodie, tu colles, tu coupes, tu rajoutes un beat, c’est pas compliqué, tu peux faire ça avec trois fois rien. J’avais un PC, c’était une antiquité.

Teobaldo : A la même époque, t’avais placé des prods sur l’album de Dany Dan …

Zekwe : C’était l’époque où on traînait chez un mec qui s’appelle Dave Daivery, qui faisait des prods, et qui est aujourd’hui DJ pour Disiz, il l’accompagne sur sa tournée. Dave s’est retrouvé à composer, enregistrer, maquetter, l’album d’Ol Kainry et Dany Dan … et moi je suis là, à 18-19 ans, au milieu de mecs que j’écoute depuis des années, qui m’ont grave influencé, et qui commencent à me dire « elles sont bien tes prods, je prendrais bien celle-là, et celle-là » … c’est là que tu te rends compte que tu peux faire quelque chose de sérieux. C’est de là que c’est parti ! S’ils m’avaient dit, à cette époque là « c’est de la merde, retourne jouer à la Playstation », j’aurais peut-être pas eu la même vie. Dany Dan m’a pris Ne me pousse pas, ça a donné un super titre, alors que moi j’avais juste pris un sample et un beat, le truc le plus simple à faire.

Teobaldo : D’ailleurs sur Rap de Banlieusard, tu reprends cette instru, et tu reprends aussi Chevalier de ciment. C’est toi qui avais fait celle-là ?

Zekwe : Chevalier de ciment, c’est moi, avec un sample des Chevaliers du Zodiaque. C’est les influences, les trucs avec lesquels t’as grandi. T’as une boucle, tu te dis « ça tue », et c’est parti.

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Spleenter : D’ailleurs, plus récemment, tu l’as refait avec Parker Lewis, sur Kubiak, même si c’est pas une boucle, on l’entend en fond.

Zekwe : Voila, et c’est la preuve qu’on calcule pas vraiment, tu prends des trucs de ta jeunesse, qui t’ont marqué … c’est pas quelque chose qui s’apprend ! Aujourd’hui tu vas dans un collège, tu dis « Parker Lewis », le tipeu il t’encule, ou du moins il te crache dessus. Les Chevaliers du Zodiaque, c’est pareil.

Teobaldo : Les Chevaliers du Zodiaque, faut les découvrir petit, parce que si tu découvres ça quand t’es ado, ça fait vraiment pédé.

Zekwe : De ouf !

Teobaldo : D’ailleurs dans Génération Club Dorothée tu parles de  « l’armure de Ikki », et dans le clip on voit Saga. Faute grave.

Zekwe : La magie Neochrome, frère ! (rires)

Genono : Du coup si t’avais eu les moyens d’Orelsan, t’aurais pu faire un clip comme lui ?

Zekwe : Direct ! Mais direct ! Avec le moule-bite, tout, j’en ai rien à foutre ! Il tue son clip, j’étais le premier à lui dire, il a tout tué. Même le dernier, en Transformers … c’est une tuerie. Il a tout mon respect, niveau image comme niveau rap. Tiens, je vais te raconter un truc à propos d’Orelsan. (chouette, une histoire ! merci Père Castorama)
Entre Rap de Banlieusard et Seleçao 1, j’ai voulu arrêter le rap. J’étais concentré sur d’autres trucs qui rapportent un peu plus d’argent, qui se fument et qui sentent bon. Et quand j’allais dans mon petit labo, je galérais, parce que depuis chez moi y’avait beaucoup d’heures de route. Je me suis arrêté dans une station-service au milieu de nulle part, et j’avais envie d’écouter un truc nouveau. J’ai pris le CD d’Orelsan, son 1er, Perdu d’avance … je savais même pas qui c’était. Je me suis pissé dessus sur la route ! Ce mec était trop fort, trop marrant, et j’ai écouté cet album pendant des mois. Et je suis content de voir là où il est aujourd’hui, parce que même s’il fait des trucs grand public, ce gars-là, il est comme nous. Il est drôle, il rappe, il construit bien ses rimes, il fait de la punchline … c’est un tueur. C’est un peu un Kaaris, mais d’un autre monde. Et son évolution, là où il en est aujourd’hui, c’est un bon point pour le rap français.

Teobaldo : Musicalement, ce qu’il fait maintenant, ça te parle toujours ?

Zekwe : Carrément. En solo comme en groupe, ça me parle à fond. Après, bien sur, les tubes qui tournent en boucle à la radio, comme La terre est ronde, je vais les écouter 2-3 fois et je vais passer à autre chose, c’est des trucs qui sont destinés à un public pas forcément spécialisé dans le rap. Mais c’est ça aussi, un album. J’ai toujours écouté des albums, surtout dans le rap américain, où les mecs n’ont pas peur de faire une chanson pour la radio, une pour la rue, une pour les boites, une pour leur daronne … en France, on a peur de faire ça. De la piste 1 à la piste 19, on reste dans le même créneau … sinon on a peur de vendre son slip.

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Spleenter : Niveau rap cainri, c’est quoi ta came ?

Zekwe : C’est dur à définir. A l’époque, c’était New-York, le Queens plus précisément. Les boucles, les caisses, Mobb Deep, Alchemist, Infamous Mobb. J’ai pas mal écouté le Wu-tang aussi, mais j’ai jamais été fan d’un seul groupe, d’un seul rappeur. Actuellement, j’aime bien le virage que ça a pris, la trap, l’électronique, etc.

Teobaldo : Sur Rap de Banlieusards t’avais fait un morceau « anti-dirty », tu semblais encore pas mal cantonné au son de New-York …

Zekwe : Bah si t’écoutes ce morceau, tu te rends compte que l’instru est un peu spéciale, elle se rapproche de ce qui se faisait à cette époque-là, avec un beat un peu plus ralenti. Le message de ce morceau, c’était plutôt une critique des codes que les mecs adoptaient, à parler de coke, etc. Mais musicalement, j’ai toujours été ouvert, même sur ce qui se fait aujourd’hui, tu peux prendre un beat trap, mélanger avec un sample … ça tue. Pour finir de répondre à ta question : A$ap Mobb, qui mélange justement plusieurs trucs, ça me parle. Kendrick Lamar aussi, en fait j’aime bien toute la nouvelle vague. Je suis pas difficile, en musique. Quand c’est bon, je prends.

Teobaldo : Même Swaggman ?

Zekwe : Franchement, je te jure, le dernier Swaggman, je l’ai écouté en boucle. Il m’a eu, c’est un pouvoir qu’il a ! Après, j’achèterais peut-être pas son album, mais ouais, il a quelque chose.

Genono : Tu parles de Black Card ou Suicidey ?

Zekwe : Suicidey, putain je l’écoute en boucle, avec ses rimes en –ey … il tue, frère !

Genono : Autant Black Card j’ai kiffé, autant celui-là, il est horrible.

Zekwe : « Tatoué de la tête aux crottes de nez ! ». Ça se respecte, gros ! Il fait que des rimes en –é, c’est le seul mec avec Magic System qui arrive à tout niquer avec des rimes en –é. Après, je suis pas fan du bonhomme, mais dans la démarche, un OVNI comme lui, un peu débile, qui insulte tout le monde, et qui arrive à aller sur les plateaux télé, c’est une bonne chose. J’essaye de trouver du positif partout … avec certains c’est dur, mais on y arrive.

Genono : Swaggman, c’est un personnage hyper-caricatural. Toi, tu parlais de « façonner ton personnage », et je trouve que tu te lâches un peu moins que d’autres, on peut penser à Kaaris, à Alkpote, à Seth Gueko. Est-ce que c’est volontaire, dans le sens où tu ne veux pas tomber dans la caricature ?

Zekwe : C’est une bonne question que tu me poses là (pas vraiment, mais c’est gentil). Je me dis que ma mère est dans la musique, et je peux lui faire écouter mes sons. Y’a toujours cette espèce de … retenue. Mais ça dépend des titres, c’est comme dans la vie réelle : le samedi t’es avec tes potes, et tu fais des trucs complètement débiles, et le dimanche tu vas manger chez maman et t’es tout sage. Je trouve ça un peu hypocrite de faire un album où, de la piste 1 à la piste 19, t’es énervé, t’insultes tout le monde … c’est un choix de vie. Des fois j’ai envie d’être débile, des fois j’ai envie d’être réfléchi, ou de te faire chialer, ou rire … C’est vrai que Zekwe est peut-être un personnage moins prononcé, mais moi j’ai aussi le coté prods, la musique, pour combler ce truc-là. Ça m’intéresse pas forcément, parce que quand tu joues trop le rôle d’un personnage, tu peux finir comme … le Roi Heenok par exemple. Un mec dont on va regarder les vidéos, mais le jour où son CD sort, y’a que son cousin et sa tante qui l’achètent. Il a du talent, mais il a trop misé sur son personnage, pas assez misé sur sa musique.

Teobaldo : D’ailleurs il est sur Rap de Banlieusard 3. Comment s’est faite la connexion ?

Zekwe : Par Tony Danza, aka Sadik Asken. C’est lui qui gérait plus ou moins la réalisation du CD, et il était en contact avec Heenok, à qui il a fait écouter des sons à moi. Le mec a kiffé, il a voulu faire un morceau … il a choisi une horrible instru, il a fait son truc (rires). C’est Heenok, quoi ! Un vaisseau spatial ! Il te dit « je veux ça », tu lui dis ok, mais y’a pas de caisse claire, il répond « je m’en fous, je veux ça ! » (rires)

Spleenter : Pour revenir à ma question sur les rappeurs US, niveau beatmakers, qui t’a le plus impressionné ?

Zekwe : Y’en a tellement … Alchemist, DJ Premier, Just Blaze … beaucoup de samples au final. Un mec comme Lex Luger, sur 3-4 morceaux ça peut tuer, mais après, faut qu’il me laisse tranquille. Qui d’autre … Dre. Il traverse les époques, il est trop fort, même si on sait que c’est un peu un faussaire. Après y’a plein de mecs inconnus au bataillon, qui te font qu’une seule prod de ouf et dont on entend plus parler.

Spleenter : Niveau structure, t’as fait partie de French Kick … c’est terminé ?

Zekwe : C’est fini, ça s’est dissout comme une pastille au lavage.

Spleenter : Et aujourd’hui, t’as un pôle de beatmakers avec toi, tu peux nous les présenter ?

Zekwe : Ça s’appelle Beat Mac. On est 3, c’est pas compliqué : en dehors de moi, y’a mon gars Yoro Glyphe, qui a produit dans Selecao 2, qui a fait également le dernier Zesau, Dirty Zoo, de la piste 1 à la piste 19, il a tout fait. Et y’a aussi mon gars Boudjéma, qui, si je dis pas de conneries, a fait ses 1ers pas sur Neochrome Hall Star, avec J’suis die, Walkman-cassette … C’est des pattes différentes, Glyphe est très trap, Boudjéma est plutôt dans le sample, il est aussi très fort dans les accords, le solfège, etc. Lui et moi, on est assez complémentaires, on joue beaucoup avec les instruments, on s’envoie des trucs, on s’échange des sons … on essaye d’imposer une touche un peu spéciale.

Spleenter : Neochrome, aujourd’hui, c’est juste Seth Gueko, Alkpote et toi ?

Zekwe : Y’a aussi 25G, qui recommence à écrire, et qui prépare des trucs. Y’a aussi Waybess, que j’ai plus ou moins fait entrer dans le label … c’est un belge, de Wallonie. Il a un délire un peu différent du notre, avec des flows rapides, même s’il garde ce délire de rimes neochromiennes un peu bizarres …

Spleenter : Bah il est noir.

Zekwe : Pardon ?

Spleenter : Il est noir ?

Zekwe : J’ai pas compris …

Spleenter : Waybess, il est noir.

Zekwe : Nan, il est blanc.

Spleenter : …

Zekwe : Dommage, mec. C’est un belge d’origine marocaine. En Belgique, si t’es pas belge, t’es soit congolais, soit marocain.

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Spleenter : Et donc, Neochrome, vous êtes encore en recherche d’artistes à développer ? Vous ne voulez pas de noirs ?

Zekwe : Sans cesse ! Neochrome, c’est une usine, un centre de formation. Neochrome, leur objectif, c’est de déceler quelque chose en toi, le développer, et le vendre à une maison de disques. Chacun gratte son billet, on se serre la main, et bonne route.

Genono : Y’a Bilel qui est passé chez vous, nan ?

Zekwe : Ça c’est compliqué … Y’a une époque où Yonea mettait le cachet Neochrome sur pas mal de clips, mais je sais pas vraiment … Sincèrement, Bilel, je l’ai jamais rencontré de ma vie, je pourrais pas te dire. La magie Neochrome !

Spleenter : Est-ce que t’as un truc contre le Père Noel ? Parce que t’as quand même fait 2 morceau contre lui, un avec U2F, et un autre avec Niro.

Zekwe : Je m’appelle Kevin, comme le petit dans Maman j’ai raté l’avion. Ses Noël à lui, ils étaient toujours mystiques. Bah moi, c’est pareil ! C’est plus un amusement en fait, même si ça cache une petite vérité, mais je vais pas faire le pleurnichard, à dire « ouais, j’ai pas eu ce que je voulais pour Noël, j’ai eu une enfance malheureuse » … Mon grand regret a été que mes parents se soient séparés, j’ai été trimballé d’appartement en appartement, j’ai été élevé par ma grand-mère, mes tantes … donc les Noel en famille, ça me dit rien de spécial. Après, ça reste de l’amusement, et puis les films d’horreurs avec des Pères-Noel méchants, c’est super marrant, ou des comédies avec des Pères-Noel renois. Niro est venu me voir, il m’a dit « faut que tu regardes Bad Santa »… on en a parlé, il m’a proposé l’idée du morceau, j’ai signé direct. On s’est démerdé, le clip a coûté 0 euro.

Spleenter : Et alors qu’est devenu « Ce rêve vert », avec Niro ?

Zekwe : On l’a charcuté, on l’a mis à la poubelle, puis on l’a ressorti, retravaillé, et ça a donné un nouveau morceau.

Spleenter : C’est ce truc qui est devenu Incessamment sous beuh ?

Zekwe : Exactement. D’ailleurs, Incessamment sous beuh, c’est le titre original. Et c’est Glyphe qui a fait l’instru.

Teobaldo : T’as produit quand même, sur Selecao 2 ?

Zekwe : (rires) « t’as branlé quelque chose sur Selecao 2, au moins ? » Bah en fait, Glyphe il en a fait qu’une seule, plus une qu’on a co-produite. Y’en a une de Boudjéma (Le début de la faim), une de Hits Alive (Extra Large), et tout le reste, c’est moi.

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Teobaldo : D’ailleurs sur Le début de la faim, je sais pas qui t’a donné l’idée de faire rimer Patate de Balrog avec Putain de Blavog, mais c’est très bien.

Zekwe : Ça sort de mon cerveau … Non merci, (un joint est tendu à Zekwe), je fume plus, j’ai arrêté y’a quelques temps. C’est galère de te réveiller à 4h du matin pour préparer un biberon quand t’es à moitié défoncé.

Spleenter : Qui a eu l’idée de sampler le son du film 127 heures pour J’y arriverai ?

Zekwe : On zieutait le film avec Katana, et il m’a dit « putain, ça tue, faut le sampler » … je me suis dit « mais non, on peut rien faire avec ça ». Mais il m’a pris la tête, et au final on a réussi à chier ce truc là. Mais à la base, c’était un morceau de Katana et moi, avec Alkpote aussi, et au final je me suis arrangé avec lui pour récupérer le son.

Teobaldo : Il en est où, Katana ?

Zekwe : Il enregistre des sons. Il est produit par Le Gouffre, un groupe de chez nous, qui a sorti un projet récemment (Marche Arrière) qui a super bien marché, ils ont vendu 10000 exemplaires avec une boite de jeu, des t-shirts, un jeu vidéo … un merchandising de ouf. Et là, ils ont décidé de miser sur Katana, qui devrait donc sortir 3 projets avec eux. C’est bien, il va enfin sortir des morceaux qui sont prêts depuis longtemps. Bon, après faut s’attendre à des prods sorties de 1992, mais ils arrivent à toucher un public comme ça, respect à eux. Katana est partisan de ce merdier… ce mec, c’est un génie. Des fois il me sort des phases, je lui dis « reviens sur cette planète » (rires). Il est super talentueux, après je trouve qu’il se limite un peu musicalement, mais il fait le son qui lui plaît et c’est de loin le plus important.

Spleenter : T’es fier de « J’y arriverai » ?

Zekwe : A mort ! Y’a plein de gens que ça a touché, et d’ailleurs beaucoup de monde m’a demandé pourquoi je l’avais pas fait en solo… Seth et Alk sont un peu sortis de leur registre, et se sont aventurés sur un truc qu’il n’auraient pas osé faire sur leurs albums solo. Ce projet-là, c’était ça l’excuse, se dire « venez, on tente un truc ». Ça c’est le genre de morceau, tu le fais écouter à ta daronne, elle te dit « ah, tu sais faire ça toi ? C’est bien » par contre tu le fais écouter à ton pote, il te dit « ah tu fais ça toi, fils de pute ?! ».

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Spleenter : Si t’étais dans la situation du mec de 127 heures, tu te couperais le bras aussi ? Et la question d’après c’est : « et si c’était ta bite ? »

Zekwe : (rires) Le bras, ouais… la bite… la corde aurait pas été assez large pour me faire un garrot à la bite. Loooool ! (oui, Zekwe a vraiment dit « Loooool », on a une vidéo pour le prouver)

Spleenter : Qui a eu l’idée des inserts de « La maison des 1000 morts » dans Neochrome Click ?

Zekwe : Je crois que c’est les réalisateurs du clip, 420. Et puis Seth aussi, il avait mis l’idée sur la table, ils ont du en discuter entre eux.

Genono : 420, ils font tous vos clips quasiment.

Zekwe : Ouais, ils ont un espèce de contrat d’exclusivité avec Neochrome, donc ils font à peu près tout. J’aime bien la couleur de ce qu’ils font, c’est pas dit que je fasse appel uniquement à eux pour mes clips à moi, mais en tout cas pour Neochrome Hall Star je trouve que ça collait super bien, y’avait une vraie alchimie. Ils ont plein d’influences différentes, ils font aussi des clips pour la MZ, et pour d’autres artistes… ils ont une touche, mais ils arrivent à l’adapter, c’est très fort.

Genono : Sur les 3 têtes d’affiche de Neochrome (toi, Alk et Seth), t’es le seul qu’on n’a pas encore vu avec Butter Bullets. Est-ce que c’est parce qu’ils ont des têtes de nazis ?

Zekwe : Nan, c’est juste que tu le sais pas encore. C’est déjà fait, c’est pas encore sorti, donc t’as bien visé. Dela m’a envoyé une prod, et j’ai donc fait le morceau avec Sidi Sid. C’est un morceau qui parle d’une meuf, on l’a appelé Mademoiselle chante le flouze. Le titre parle de lui-même, je suis content du résultat, et même lui m’a dit que ça ressortait un peu, par rapport à ses horribles chansons de nazis.

Genono : Du coup c’est sur leur prochain album ?

Zekwe : C’est ça ! Respect à eux, j’apprécie ces ovnis, ces zombies, ces nazis.

Teobaldo : Sur le remix de Miguel, y’a une phase …

Spleenter : « Mignon comme le petit Guizmo ? »

Teobado : (rires) non …

Spleenter : Parce qu’après y’a Guizmo sur le son, donc ça sonne très homosexuel.

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Zekwe : Mais non, il est pas dans ce morceau, Guizmo ! C’est pas dans ce son que je dis ça, c’est dans celui avec Sofiane. Mais faut que les gens comprennent hein, Guizmo, avant d’être un rappeur, c’était un personnage du film Les Gremlins … Mais j’ai quand même une peluche de Guizmo dans mon lit.

Teobaldo : Celui du film ?

Zelwe : … oui.

Teobaldo : Ah on sait pas, avec le merchandising …

Zekwe : Ah, Yonea il pourrait … (il prend la voix) « Ça tuuuue ! Guizmo, une peluche avec des grandes oreilles, ça tuuuue ! »

Teobaldo : Pour revenir à ma question, je pensais à la phase d’Alpha Wann, qui dit « Le jour je suis Alfred, la nuit je suis Batman » … Batman, c’est pas Alfred.

Zekwe : Je pense qu’il le savait, il a pas pu faire une horrible erreur comme ça … C’est plus dans l’image, peut-être qu’avant il bossait au Mac Do, et maintenant c’est un super-héros du rap, il fait des tournées, il rentre de l’argent comme personne.

Genono : A ce propos, t’as dit en interview que t’aimais bien l’Entourage… Pourquoi ?

Zekwe : Putain, t’es dur, direct. Je suis pas dans le côté social, dans le sens où je déteste cette façon de dire « tel rappeur correspond à tel type d’auditeur ». Si je partais là-dedans, j’écouterais pas Orelsan, ou d’autres. La musique, ça me parle, je veux pas me mettre de barrières, un mec comme Alpha, je le trouve doué. Deen, pareil. Après, je suis pas fan de tous les mecs de l’Entourage … mais je suis obligé de respecter des mecs qui étaient fans de oim, et qui aujourd’hui vendent 10 fois plus de CDs que moi. Soit je les respecte, soit je les déteste, et les détester, ça fait fils de pute. Ils ont pas besoin des maisons de disques, ils se gèrent tous seuls, ils sortent des CDs quand ils veulent, ils se remboursent largement, ils partent en vacances … ils vivent de la musique !

Genono : Mais… leur musique te parle ?

Zekwe : Ouais, leur musique me parle. Peut-être pas tout, le boom-bap de 1992, ça me casse vite les couilles. Mais genre un de leurs derniers trucs, Caramelo, t’as un sample, avec des rythmiques actuelles, c’est bien fait. Après, comme je te dis, je suis pas fan de chaque mec de l’Entourage, mais je respecte leur façon de faire. Je préfère écouter 10 fois un album de 1995 qu’un titre de Zifou.

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Spleenter : T’arrives à te mélanger avec tout type de rappeur, tu peux rapper avec Niro, comme avec l’Entourage, comme avec des anciens comme Nakk … T’es pas trop « cases » en fait.

Zekwe : Je déteste ça. Mais après, ça peut aussi te jouer des tours. C’est ce qu’on disait tout à l’heure, effacer le personnage pour laisser place à la musique, ça t’ouvre ce genre de porte : tu peux rapper avec tout le monde. Mais le revers de la médaille, c’est que tu peux pas cibler ton public. Zekwe, ça parle à qui ? Aux skateurs, aux cailleras, aux bourgeois ? Tu sais pas trop, du coup quand tu vas démarcher une maison de disques, ces horribles fils de pute, c’est la 1ère chose qu’ils te demandent. Ils vont sur ton skyblog, ton myspace, ton twitter. Ils regardent combien t’as de followers, ils regardent la gueule des mecs qui te suivent. Mais je t’emmerde, moi je fais de la musique ! Je fais des chansons pour la radio, mais je fais aussi d’autres trucs. Je fais des remix où t’as Alpha Wann, juste après t’as Alkpote, et juste après t’as L’Indis. C’est pas tout le monde qui peut se permettre de faire ça.

Spleenter : Sur la pochette de Neochrome Hall Star, t’avais une crête. Pourquoi ?

Zekwe : Parce que j’étais beau, mec ! Plus sérieusement, tu peux regarder 15 de mes clips, j’ai jamais la même gueule. Ça revient encore à ce qu’on disait tout à l’heure, tu dessines ton personnage au fur et à mesure, et sur le moment c’est ce que je voulais, cette horrible crête d’arabe-juif –grec… bon, après t’as toutes les petites beurettes qui te font (et là, grand moment, Zekwe prend une voix de petite beurette) : « Zekwe, nan mais arrête, t’es trop beau, garde ta crête » (rires). C’était sympa sur le coup mais j’ai abandonné, j’ai rasé tout ça.

Spleenter : Sur Selecao 2, le côté « Justin TimberZek » est plus assumé, avec des chansons sur les meufs, etc.

Zekwe : Ça, c’est un truc que je prends du plaisir à faire. Ça fait longtemps qu’on me dit de le faire, de miser là-dessus. Premier métro, par exemple, c’est plus ou moins une histoire vraie. La meuf un peu caillera, qui réserve l’hôtel, t’arrives, tu mets ton coup de rein, et c’est elle qui disparaît … c’est un peu remixé, mais ça se base sur une histoire vécue. La fille d’à côté, par contre, c’est une fiction, mais c’est des trucs qui sont déjà arrivés à tout le monde. Fantasmer sur ta voisine, ça parle à tout le monde. L’amour, les relations hommes/femmes, les divorces, les enfants … Stromaé a construit toute sa carrière là-dessus.

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si tu sais pas d’où vient cette photo t’es un sacré petit sac à merde

Genono : Dans Premier métro tu dis « elle sait ce que j’aime, elle se déshabille mais elle garde ses chaussures » … t’es fétichiste ?

Zekwe : Ouai, j’suis fétichiste, de ouf ! Les talons, tout ça, les beaux ongles … c’est un kiff. Après y’en a qui en ont rien à foutre, d’ailleurs à voir ta tête, tu t’en bats les couilles.

Genono : Je t’avoue que c’est pas trop mon délire, mais je ne juge pas.

Spleenter : Le côté « chanté », c’est un truc que tu faisais déjà un peu sur Selecao 1, mais maintenant t’as l’air complètement décomplexé par rapport à ça. T’as fait un genre de coming-out, comme Abdelkrim dans Les Kairas ?

Zekwe : (rires) Putain la phase, après les talons, les gens vont imaginer des trucs de ouf … Nan mais t’as raison, tu te décomplexes au fur et à mesure. Pourquoi se priver, alors que des mecs qui connaissent la musique te disent que ce que tu fais, ça tient la route ? J’ai confiance en moi, je tente des trucs, mais parfois je tente des trucs sans trop savoir quoi en faire par la suite. Mais je suis pas un chanteur… je saurais même pas me définir, je compose, je rappe, j’essaye de faire des bonnes chansons, transmettre des émotions.

Teobaldo : T’as ce côté self-made-man.

Zekwe : Un peu. Tu me fous en studio tout seul pendant un mois, c’est bon. Y’a d’autres trucs pour lesquels j’ai besoin d’aide : la communication, l’image, les visuels, les clips. Mais c’est vrai que dans un studio, je fais tout, de l’instru à la réalisation.

Teobaldo : Ça t’a jamais tenté de passer du coté de l’image ? Réaliser des clips, etc.

Zekwe : Si, ça me tente beaucoup. J’ai les idées, j’ai beaucoup d’idées, mais il me faudrait une équipe technique. Parce que reprendre tout un travail technique, se former là-dedans … c’est comme si tu me disais de repasser le bac, je te dirais d’aller te faire enculer. Y’a plein de petits trucs à connaître qui ne s’improvisent pas, genre la lumière … Regarde les clips de rap français, c’est toujours la même chose : les mecs sont face à la caméra. Les cainris, ils sont jamais face-caméra, y’a des angles différents, etc. Y’a beaucoup de mecs qui adaptent les codes du cinéma aux clips en fait, c’est fait proprement, mais ils ont pas les codes qu’il faut. Les ralentis, les effets, les angles … c’est ça qu’il faut apporter.

Spleenter : T’aimes bien Kevin Gates ?

Zekwe : Franchement, je vois pas qui c’est. Pourquoi tu me demandes ça ?

Spleenter : Il rappe et il chante, il est fortiche, il se back en rôtant parfois. Mais si je te parle de lui c’est juste parce qu’il s’appelle Kevin.

Zekwe :

La suite : ici

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Rap Frinçais’s Finest


Tu le sais, la Frince c’est les Etats-Unis mais enlève au moins 10ans, et si tu savais pas, maintenant tu sais, préviens les autres.
On serait aux states, les grosses têtes d’affiche auraient déjà fait plusieurs connexions. Kaaris et Niro en sont à leurs 1ers pas dans leur carrière (enfin, pas vraiment, voire pas du tout, mais bon) et sont surtout parmi les rares élus à encore avoir du buzz même en période de clash. Mais c’est pas pour autant que tu les vois poser ensemble. Parce que c’est pas le pays de l’oncle Sam, ici.

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On retrouve Niro qui arpente une vieille casse dans le 93. Soudain, une structure genre Terror Dome dans Mad Max III sort du sol. Le jeune rappeur de la ZUP de Blois ne semble nullement surpris et frappe à ce qui semble être la porte d’entrée qui s’abaisse alors tel un pont levis. Un grand type en sort.
Kaaris -Salut.
Niro -Salam.
Kaaris -Bah ? Où est ton clebs ?
Niro -Quoi ? J’ai pas de chien, kheyou.
Kaaris -Tu viens pas pour les combats de chiens ?
Niro -T’organises des combats de chiens ?
Kaaris -Chacun ses hobbys. T’es là pourquoi toi ?
Niro -Je viens te demander si on peut faire un feat ensemble.
Kaaris –Tu rappes ? Bof, t’as un corps de lâche. Fais des pompes et des tractions.
Niro -Ouais, ouais, j’ai un corps de traître, si tu veux. Mais en rap je suis beaucoup trop lourd pour 70 kilos. Alors reste tranquille.
Kaaris -Non mais sans déconner, tu viens pas pour un combat de clébards, t’es sûr ?
Niro -Mais arrête avec ça.
Kaaris -Dommage, qu’est-ce que je vais manger, ce soir ?
Niro -Quoi ?
Kaaris -C’est une tradition, on mange le perdant. Wallaye je me mets bien, même si la viande c’est du chien.

-Hey on fait un feat ? -Non, va te faire foutre

-Hey on fait un feat ?
-Non, va te faire foutre

Niro -Tout ça c’est super, le monde est beau, je rappe bien, OK merci, mais sinon on le fait ce feat ou pas ?
Kaaris -Une connexion 93, 94 ? Ouais, c’est toujours sympa.
Niro -Je suis pas du 94.
Kaaris -T’es pas sur Street Lourd, toi ?
Niro -Si mais je viens de Blois, 41.
Kaaris -Qu’est-ce que c’est que ce département ? Personne sait où il se trouve en Frince, on dirait un numéro d’appel d’urgence.
Niro -Et t’as peur d’avoir à l’appeler si t’acceptes ce feat, c’est ça ?
Kaaris -Hé mais toi aussi reste tranquille.
Niro -C’est toi, reste tranquille. Je viole tout le monde, en feat, c’est mon taf.
Kaaris -C’est moi qui viole, ici. Et d’abord, pourquoi tu fais autant de feats ?
Niro -Je viens de te dire que c’était mon taf. T’es sourd en plus ? Faut arrêter la muscu.
Kaaris -Non mais de là à feater tout le monde, c’est autre chose.
Niro -J’ai un bracelet électronique depuis mon incarcération, l’Été dernier.
Kaaris – ah ouais, et faut que tu prouves que tu bosses dur par rapport au contrôle judiciaire
Niro – Ah non, c’est juste que mon bracelet explose si je ralentis ma cadence de featuring.
Kaaris -C’est balot ça. Moi, la juge veut me boucler juste parce que j’essaie de lui faire un enfant.
Niro -C’est balot, ça. Mais qu’est-ce que t’entends exactement par « essayer de lui faire un enfant » ?
Kaaris -C’était pas possible, parce qu’elle était déjà enceinte. Alors je la prenais en levrette pour faire attention au bébé.
Niro -Tu fais ça avec des femmes enceintes ?
Kaaris –Bah ça me fera un plan à 3.
Niro -Hey mais c’est une rime de Pimp C, ça.
Kaaris -Hmm Hmmm !
Niro -Et ça c’est un gimmick de Juicy J.
Kaaris -Tu veux faire l’intellectuel ?
Joke – en réalité pour la rime sur la femme enceinte ce serait plutôt une phase de Tyler, the creator.

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Niro – …
Kaaris – …
Joke – non parce que, vous voyez, Pimp C parle de se faire sucer par le bébé pendant qu’il baise une pute enceinte, alors que Tyler parle de plan à 3 quand il viole une femme enceinte, le ressort est le même mais ça se rapproche un peu plus de Kaaris.
Kaaris – tu veux quoi Steve Urkel ?
Joke – je suis Joke
Kaaris – c’est une blague ?

JEU DE MOT POURRI

Seth – hop hop hop, qui c’est qui vole mes rimes là
Kaaris – c’est quoi cette invasion ? Personne te vole de rime ici
Seth – j’ai entendu un jeu de mot pourri. C’est mon rayon ça normalement.
Niro – c’est pas plutôt les punchlines ?
Seth – on est en 2013 ma couillasse. Blague de cul, jeu de mot, sketch de Bigard, punchline, bruits de pet, c’est la même chose pour moi. La chatte à Mireille !
Kaaris – ah ouais quand même.
Seth – par contre j’aime pas trop les ptits gars de la relève là.
Niro – j’aime pas trop qu’on m’associe à eux
Seth – non mais toi t’es vieux, t’as la trentaine
Niro – ah non pas du tout, j’ai 25 ans
Kaaris – c’est ça ouais.
Seth – t’es un sacré blagueur ma bonne couille.
Niro – mais j’ai vraiment 25 ans. C’est à cause de la barbe
Joke – tu vas nous dire quoi après, que tu viens de province ?
Kaaris – ahahahhahahhaah elle est bonne celle-là. Mais prends pas trop la confiance passe-partout.
Seth – c’est tout à ton honneur de rester discret sur ton âge Niro, je comprends.
Niro – mais…
Kaaris – tu entretiens le mystère, c’est bien, ça va de pair avec les lunettes.
Seth – ça va de pair… des lunettes… PAIRE DE LUNETTES ! ZBLEX !!
Kaaris – on sait toujours pas ce que tu fous ici par contre.
Seth – j’aime bien les ambiances genre vieille casse abandonnée, motard tout ça. C’est plutôt Joke l’intrus ici, il à qu’à s’inscrire au Rap Contender comme toutes les baltringues.
Niro – t’aimes pas les RC ? Je trouve ça marrant
Seth – moi aussi, d’ailleurs j’aime bien Dinos et j’ai inscrit Infinit mon toc-toc !
Joke – c’est pas un peu contradictoire ?
Seth – arrête de me pourrir les esgourdes toi. En plus t’as fait un clip chelou avec la nonne là, c’est pas michto ça.

joke
Kaaris – c’est vrai que c’était assez choquant, d’ailleurs le public a pas trop kiffé
Joke – ça t’a choqué ? Mais y’a plein de meufs à poil dans tes clips et tu parles d’enculer des gens toutes les 4 mesures
Kaaris – ouais mais je suis noir, musclé et j’habite Sevran, c’est ça que les gens retiennent. Toi t’es petit et tu viens de Montpellier, on s’attend à te voir dans une vidéo de Rémi Gaillard, pas un clip avec des putes.
Joke – n’importe quoi, en plus je suis noir aussi hein
Kaaris – ça reste à prouver
Niro – ouais, t’as déconné kheyou
Joke – mais toi aussi t’étais dans le clip!
Niro – peut-être mais pas au moment de la scène de la nonne. Du coup je garde mon image de mec ghetto avec des valeurs aux yeux des bouff… des fans. T’as pas la gamberge poto.
Seth – Zdedededex !
Joke – les auditeurs c’est vraiment un tas de cons…
Kaaris – évidemment. Mais te plains pas trop, s’ils étaient pas cons ils se souviendraient de tes feats avec Tekilatex et Charly Greane, je sais pas si c’est tellement mieux.
Joke – en tout cas je suis content de voir que vous connaissez bien ma carrière
Kaaris – j’ai regardé sur wikipédé
Joke – tu veux dire wikipedia
Kaaris – non, je veux dire que j’ai envoyé un pédé regarder sur wikipedia.
Joke – …
Seth – PUNCHLINE
Niro – mais à force de persévérance, t’y arriveras, t’en fais pas, euh… Jack, c’est ça ?
Joke – pour la dernière fois, c’est Joke
Seth – et c’est pour ça que t’es petit !
Joke – hein ?
Seth – ouais, parce que joke c’est une blague et les blagues les plus courtes sont les meilleures. PROFESSEUR PUNCHLINE MA COUILLASSE.
Joke – oh putain…
Seth – viens avec moi je vais t’apprendre comment maîtriser l’art délicat de la punchline. T’as un slip de rechange sur toi ?
Joke – mais qu’est-ce que…
Seth (il le prend sur son dos) – j’espère que t’as rien contre les films de Frank Dubosc mon p’tit scriboulex
Joke – aidez-moi !
Kaaris – je me suis retenu de te fendre le crâne en deux, c’est déjà beaucoup.

Niro -Là on parle pour rien, c’est oui ou merde pour mon feat ?
Kaaris -Mais pourquoi tu tiens à me feater, qu’est-ce que j’ai à y gagner ?
Niro -C’est normal, kheyou. On est des têtes montantes de ce rap game à la con, on connecte ensemble, à la cainri, quoi. La nouvelle génération de rappeurs.
Kaaris -Ouais mais toi tu poses avec tout le monde et n’importe qui et ensuite tu craches sur tout le rap Frinçais sur les 3/4 de tes sons.
Niro -Ça c’est parce que je les baise tous. Après, tu te démerdes, tu te sors les doigts du cul pour pas te faire torcher sur le son, c’est tout. C’est pas mon problème si dans le rap c’est des bitches.
Kaaris -C’est bien gentil tout ça, mais je ne suis pas un petit nouveau, hein. J’ai commencé y a bien 10ans et j’ai même sorti un premier projet en 2007.
Niro -Oui mais personne n’est au courant, alors fais profil bas là dessus. Parce que les clips avec les marcels et les doo rag et tout ça là… Mmmmh. Bref. on s’comprend.
Kaaris -C’est moi qui fait Hmm Hmm ici ! C’est à moi les hmm hmm.
Niro – Mmmmh.
Kaaris -C’est petit ce que tu fais.
Niro -Tu te trouves des excuses. Et t’as raison de te chier dessus, enfoiré de zoulou.
Kaaris -T’as l’air bien sûr de me fister sur un son commun, je trouve que tu t’exprimes beaucoup chaque fois qu’on t’enlève ta tétine.
Niro -Et alors ? Tu vas faire quoi, le golgot ? Tu vas continuer de blablater ou me prouver que j’ai tort ?
Kaaris -Toi, t’as tout gagné, on demande une bonne prod à Therapy et que le moins pété encule l’autre ! Prends ma bite dans ton cul comme une visite amicale, Nireille.
Niro -OK, Barracuda. Mais faudra pas pleurer parce que je vais te la mettre dans ton kwaah, Clarice !
3010 – C’est marrant parce que Clarice c’est le nom de l’héroïne du Silence des agneaux, et Niro a déjà fait un clip où il est en Hannibal Lecter
Niro – pas du tout, c’était le père Fourra. Maintenant arrache ta mère de là et on fera semblant de pas se demander comment t’es venu au départ.
3010 – je cherche Joke en fait

C'est l'heure du duel

C’est l’heure du duel

Booba -Stop !
Sortant à son tour du Dôme, B2O fait son entrée (oui, il sort mais il rentre, ferme la).

Booba – quand je dis stop, c’est pour Niro et Kaaris. Toi par contre tu dégages.
3010 – mais vous êtes sûr que je peux pas…
Booba – c’est déjà un miracle que tu m’adresses la parole morray, t’en parleras à ta famille et ils seront impressionnés. J’suis meilleur que toi, va le dire à ta mère.
Niro -Salam.
Booba –Shalom, salam, salut, qui que tu sois.
Niro -Bah je suis Niro. Fenwick, tout ça.
Booba -Parfait. J’en ai rien à foutre. Dans ce milieu, tu n’est qu’une figurine. Kaaris, qu’est-ce que j’ai dit sur le fait de se mélanger.
Kaaris -Oh… Que c’est mal ? Click ?
Booba -VOILÀ ! Se mélanger c’est mal m’voyez !
Niro -Mais toi même tu dis dans tes interviews que t’as fait tes classes à l’ancienne, dans le rap, en rappant avec presque tout le monde.
Booba -Moi même je sais, merci. Mais je dis ça comme ça. Je dis souvent n’importe quoi en interview, de toute façon. Faut pas feater tout le monde, non plus. Par exemple j’ai jamais posé avec l’autre sale pointeur.
Niro -Bah si.
Booba -Non !

Deni
Kaaris -Je t’assure que là, il a raison l’avorton.
Booba -De quel côté tu es, toi ?
Kaaris -Je disais juste que…
Booba -Non !
Niro -Même Mala a featé La F..
Booba -NON ! NON ! C’est pas vrai ! Je l’ai jamais featé. Ou alors un tout petit peu et y a longtemps et à l’insu de mon plein gré.
Niro -Ouais c’est ça. Je vais quand même feater tout le monde de toute façon, c’est comme ça quand on débute.
Booba -T’es demeuré ou quoi ? Rappeur, quand tu débutes, c’est pour aller bronzer, prendre congé et baiser des putes.
Niro -T’es un marrant toi. Je fais du rap de pauvre, moi, hein. Si j’avais ton biff, elles me suceraient la bite dans tous les sens.
Kaaris –Le chibre est laiteux, enculé de mes 2.
Booba – tu as bien pris tes pilules aujourd’hui ?
Niro -Alors en attendant, je dois faire mon biz. Mmmmh Bref. Chacun son temps.
Kaaris -Hmm Hmm.
Booba -Bordel… Mais tu m’as pas dit que t’avais déjà taffé avec Niro ?
Kaaris -C’était pas le même et c’était y a plus de 10 piges.
Booba -Alors comme ça on vole les blases des gens ? J’aime ça.
Niro -Je savais pas qu’y avait un autre Niro quand je suis arrivé dans le rap.
Booba -Raconte pas ta vie non plus.
Kaaris -Surtout que Niro des 2Neg, tout le monde voit qui c’est. Les 2Bal 2Neg ils ont fait quelque chose dans ce rap.
Booba -Oui, alors t’emballes pas non plus, toi. Un seul assisté à la fois, merci.
Kaaris -Hmm hmm !
Niro -Mmmmh !
Booba -La vazacheuzeu vous êtes flizippanzants à foutre vos gimmicks pazartouzout. T’as j’veux dire ou t’as pas j’veux dire ? Izi.

couv-toc-aftoc-eh

Kaaris -Mais maintenant que t’en parles, on a quand même déjà posé ensemble.
Booba -En plus ? Mais pourquoi il nous emmerde, lui alors ?
Niro -Tu comptes le gros freestyle collectif Street Lourd ?
Kaaris -Ouais, ça date un peu mais on y était tous les 2 dessus.
Niro -Y avait tellement de monde sur ce son, ça compte pas vraiment.
Booba -Et c’est ça ton excuse pour ton feat avec le sale pointeur, aussi ?
Niro -T’es sec, comme mec, toi.
Booba -Tu trouves que je suis sec ? (paniqué, il sort son blackberry pour vite commander un pot de 40kg de protéïnes)
Niro -Non mais je veux dire, t’es froid comme mec.
Booba –Mon expression est directe, demande à Weedy.
Weedy -En attendant, y a jamais eu de connexion Express D – B2O, donc calme toi fiston.
Booba -Mais qu’est-ce que tu fous là, wesh ?
Weedy -C’est pas ici les combats de pits ?
Kaaris -Ah si, bien sûr ! T’as un candidat ? C’est comment son blase ? Je l’inscris dans le registre.
Weedy -C’est Kertra. Il remet enfin son titre en jeu.

Ou 2014.. ou 2015

Ou 2014.. ou 2015

À suivre, à c’qui parait.

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Interview de Nakk

dans la joie et la bonne humeur

A l’occasion de la sortie de Super Nova, on a interviewé le mc préféré des forums rap en 2002 : Nakk Mendosa. Première impression : le bonhomme a l’air de clairement péter dans la soie, se paie un Sundae au caramel (qui avait l’air dégueulasse, preuve que les rappeurs français ont encore du chemin à faire pour être respectés dans ce pays), nous offre un ice-tea et un jus d’orange. Pour ne pas perdre la face Teobaldo a insisté pour lui laisser son stylo avant de partir. A un moment un type est venu nous interrompre pour nous demander le code de la porte des chiottes du Macdo, mais on l’a pas retranscrit par respect pour les lecteurs.

Teobaldo : Nakk, présentation ?

Nakk : Nakk Mendosa, rappeur solo depuis 1999, originaire de Bobigny. Supernova dans les bacs depuis le 18 mars.

T : tu précises même plus Soldafada ?

N : C’est mon 1er groupe, on a sorti un album en 1998, sur le label de Menelik. C’est là que j’ai fait mes premières armes … en gros, la première fois qu’on m’a entendu rapper, c’est grâce à Menelik !

T : Les 10 rappaient déjà à l’époque ?

N : Ouais, Lindis rappait depuis 89. Il avait 13 ans, il écrivait ses bouts de textes dans sa chambre, mais moi ça m’impressionnait, parce que c’était le seul mec que je connaissais qui rappait. A l’époque, c’était tabou !

T : T’as jamais voulu monter un groupe avec eux ?

N : Bah, j’étais déjà avec Soldafada. Mais ça aurait pu se faire, et qui sait, ça se fera peut-être, il n’est pas trop tard.

T : Lavokato a dit plusieurs fois qu’il arrêtait le rap …

N : C’est un menteur ! (rires) Il aime trop ça. Si on lui amène un projet bien pensé, qui tient la route, peut-être qu’il sera intéressé. Enfin, c’est à lui de voir !

T : On connait surtout le 93 pour ses rappeurs un peu hardcores… On a l’impression que Bobigny c’est plus doux.

N : Parce que tu connais Les 10 et moi, et qu’on n’est pas vraiment dans ce délire là, mais y’a plein de groupes un peu plus hardcores à Bobigny, c’est juste qu’ils ont pas émergé.

Spleenter : t’es le cousin de Mac Tyer… du coup t’es aussi le cousin de Gab’1 ?

N : Aucun lien de parenté.

S : Durant toutes ces années, aucun gros morceau MacTyer/Nakk, pourquoi ?

N : Comme quoi, la famille ça fait pas tout ! (rires) Faut trouver le morceau, le projet, etc. Mais on le fera je pense !

S : T’as beaucoup collaboré avec Monseigneur Mike. Comment s’est déroulée votre rencontre ?

N : Il habitait pas loin de chez moi à la base. Un jour, il m’a invité sur sa mixtape. C’est une époque où je rappais pas trop, on sortait beaucoup en boite. Dans le rap, c’est un des mecs avec qui je suis le plus proche humainement. On a pas juste une relation « collègues de rap ».
D’ailleurs, mon tout 1er feat avec lui, c’est un des premiers morceaux que mes fans m’ont reproché. Ça parlait de meufs, c’était un peu egotrip. Le mec parle de ça, je vais pas parler de prairie sur le même morceau !

S :  le clip Gangsta rap au champagne toujours de Mike, certains de tes fans ont pas du tout kiffé, comme les mecs qui se coupent les veines suite à la photo de Bieber qui bedav.

N : ah oui, c’était un sacrilège de ouf pour eux, c’était la fin de Nakk. « comment il peut faire ça nanana » (rires).

S : Invicibles remix, le clip : c’était obligé le côté solennel, avec le violoniste, le côté « regardez on sait écrire » ?

N : Ouais, ça faisait vraiment le truc « réunion de tous les lyricistes » … c’était pas voulu, mais je vois ce que tu veux dire. Après, le clip reste dans l’ambiance, on allait pas faire un clip avec une capuche et des lunettes.

T : J’aime beaucoup le morceau original, y’avait une poésie. Sur le remix, ok y’a de la technique, des messages, des noms, mais on perd cette poésie et ce côté planant.

N : Mais moi je voulais pas qu’ils fassent un truc calqué sur mon morceau. Je voulais que chacun arrive avec son univers. Pour moi ça reste un gros morceau. Dans 5, 6, 7 ans, on s’en souviendra comme d’un gros morceau.

S : Ça, c’est parce qu’il y a Mouloud.

N : (rires) On retrouve l’humour du Blavog ! Sérieusement, c’est un morceau qui m’a fait du bien, niveau image j’ai grimpé des échelons.

T : Dans « Invincibles Remix », les connexions se passent comment ?

N : Je connaissais surtout Dixon et Mokless. Red-K un peu, Youssoupha aussi, Lino pas du tout … C’était dur de tous les réunir ! C’est quelque chose que je referai plus.

S : En plus Jeff le nerf il posait plus trop à ce moment là ?

N : Bah c’est le premier qui m’a envoyé son couplet ! 2 ou 3 jours après que je lui ai envoyé l’instru. Et dix mois après, Lino m’a envoyé le dernier couplet ! Dix mois ! Mais ça valait le coup. En fait Lino, au-delà de tout ce qu’on peut dire sur lui,  son problème c’est qu’il est presque « trop » fort : ce qu’il fait, la qualité qu’il met dans ses textes, ça sert limite plus à rien pour l’auditeur d’aujourd’hui, il est noyé. Même moi, j’écoute Radio Bitume, parfois c’est « trop ».

S : Et pour Les 5 fantastiques, c’était galère aussi ?

N : Ça s’est fait direct ! Un truc de ouf, tout le monde en studio le même jour ! Par contre pour faire le clip avec les petits jeunes, c’est une galère : y’en a un qui veut plus trop voir l’autre, etc. Les anciens, tu leur dis un jour et BIM ils sont tous là. Mais c’est normal, c’est des premiers de la classe.

T : Tu dis « Le rap français me fait chier, j’aurais dû naître à Brooklyn ». Même aujourd’hui, ta préférence reste à New-York ?

N : J’aime beaucoup les rappeurs de Brooklyn. On me reproche souvent « tu bouges pas derrière le micro, c’est mou ! » … mais les Fabolous, les Jay-Z, ils bougent pas, on dirait qu’ils vont s’endormir ! T’as l’impression qu’ils rappent allongés ! J’aime ce côté nonchalant.

S : Dans une interview, tu disais que tu devais parfois te forcer à ne plus écouter de rap français pendant une période pour éviter le mimétisme…

N : Maintenant j’ai plus ce problème : j’en écoute plus ! (rires) Quand ça passe à la radio, j’écoute, mais fumer un album tout seul chez moi comme je le faisais avant, c’est terminé. J’y arrive plus ! Je trouve ça trop moyen. Même les mecs qui sont forts à la base, sortent des skeuds pas terribles. A part Despo … quand je l’écoute, je suis comme un enfant ! Il est à la limite entre la folie et le génie, c’est extraordinaire. Il est borderline !

T : Dans la nouvelle génération, y’a beaucoup de mecs qui reconnaissent ton taf, ce qui n’était peut-être pas le cas il y a 6-7 ans. Ça te motive ?

N : J’ai l’impression de mener une deuxième carrière. J’ai un vent de fraicheur, l’envie de rapper. On a reproché à des rappeurs de ne pas m’avoir invité sur leurs albums, mais c’était une période où je ne rappais même plus ! Tu vas pas m’inviter sur ton album si tu vois que je suis toute la journée chez moi, la main dans le caleçon, une bière à la main en train de mater le Bigdil. Si tu bouges, que tu sors des projets, les mecs t’entendent sur des morceaux … là, si ça leur plait, ils t’invitent ! Mais si tu fais rien, ils vont pas t’inviter !
Je me considère un peu comme un rappeur « du peuple », en opposition avec les rappeurs « du rap game ». Je suis pas bankable pour un rappeur ! Tu m’invites, je vais pas t’apporter grand-chose. J’ai pas le côté caillera qui va plaire à untel, je suis pas assez connu du grand public pour un autre … J’suis underground.

S : Pendant pas mal d’années, t’as pas mal gravité autour de Neochrome.

N : Neochrome, tu viens pour poser un couplet, tu te retrouves dans 5 morceaux différents ! Ils m’ont tenu en vie, c’est eux qui m’ont redonné envie. Des gens comme Seth ou Zekwe, je les connais via Neochrome. A une époque, ils voulaient même me signer.

T : D’ailleurs, Street Minimum a plus ou moins été annoncé chez eux.

N : Au niveau des contrats, c’est bizarroïde. Je m’y connais pas trop en juridique, mais je sais quand c’est bizarroïde. Et puis au niveau de l’image, ça allait pas. Ils essayaient de me convaincre, mais c’était pas cohérent. « Mais si, tu colles à l’image neochrome » (rires).
Les seuls contrats que j’ai signé, c’est avec Kaz par Kaz (Menelik) et avec BMG. C’est tout.

S –Et avec Casa One, c’était une coprod ?

N -C’était une mission d’intérim. On sort le projet après on voit. C’est grâce à Casa One que je me suis rendu compte que je pouvais le faire tout seul. Là, demain j’ai envie de clipper un titre, je le clippe ! J’ai pas à attendre l’aval de X ou Y.

S : Joe Lucazz tu l’as connu par Neochrome ?

N : Non, je le connais depuis Bombattak. Quand ils faisaient Joe & Cross. Joe Lucazz a un truc… plus fort que les punchlines. Un champ lexical super intéressant.  C’est un bon, Joe !

T : t’as pensé quoi de la chanson de la dernière coupe du m… (Shakira a fait une chanson  où elle gueule Zamina au refrain pour la coupe du monde 2010, et c’est aussi le titre d’un vieux morceau de Nakk)

N : (il coupe) ah je veux pas parler de ça (sourire). franchement ça m’a… viens on parle d’autre chose. Elle m’a volé ma vie cette meuf, alors qu’elle en a déjà une (rires).

S : Pourquoi le morceau Vacances avec Dany Dan a été sous-exploité ?

N : Il a pas été sous-exploité, mais carrément inexploité ! C’est le genre de morceau qui est bien quand t’es en major, mais en indé, ça sert à rien de les exploiter. T’as pas le réseau pour, il va pas passer en radio …

T : Y’a des mecs que t’aimerais feater ?

N : J’aimerais bien faire un remix avec des anciens : Akhenaton, Kery James, Oxmo …

T : Faudra faire le clip dans une maison de retraite du coup.

N : Mais moi aussi, je suis quand même un ancien, même si je fais beaucoup de feats avec la nouvelle génération.

T : T’as dit que t’avais beaucoup saigné Les Sages Po’ à une époque …

N : Surtout le 1er album en fait, après un peu moins. Moi c’est surtout AKH qui m’a vraiment marqué, au niveau de la construction de son rap.

S: ça ce sera coupé.

N: ah, t’aimes pas akhenaton ?

S: non je rigole. par contre je préfèrerais que tu dises que ton influence vient de Dany Dan.

N:  C’est Dany Dan qui m’a donné envie de rapper ! Ce mec, c’est un extra-terrestre. Après, y’a beaucoup de mecs très forts, mais tu vas pas forcément accrocher sur tout un projet. Tu retiens des couplets, mais pas l’album complet. Ils savent rapper, mais ils savent pas faire un bon morceau.

S : T’étais un grand amateur de Jay-Z. C’est toujours le cas ?

N : Déjà j’ai toujours plus été Nas que Jay-Z. Déjà, son côté businessman, même si je trouve ça bien pour lui, ça me fait pas du tout rêver. Il sait ce que les gens attendent, et il le fait proprement.

S : Qu’est ce que t’écoutes en ce moment, que ce soit français ou ricain ?

N : Drake, j’aime bien. Kendrick Lamar, Nas, Jay-Z, Lil Wayne, Rick Ross. Que ce soit nouveau ou ancien, j’écoute ce que je considère comme de la bonne musique. Rick Ross, pour moi, il fait de la bonne musique. En français, j’écoute presque plus rien. J’ai beaucoup écouté Socrate, les anciens albums de Booba. Mais sinon, j’écoute plus de rap français.

S : Pourquoi tu ferais pas un feat avec Casey ? (oui, cette question sort de nulle part)

N : Pourquoi pas, mais elle doit pas me trouver assez militant. Pourtant, on a fait beaucoup de scènes ensemble.

S : Niveau prods, t’es assez inclassable, c’est dur de t’identifier …

N : On me l’a dit y’a pas pas longtemps ! On m’a dit que c’était un défaut, que j’avais pas de couleur. Je prends les prods qui m’inspirent. Mélancolique, rythmée, hardcore … je prends ce qui m’inspire.

S : T’as posé sur des prods de Therapy. Vous vous êtes connus comment ?

N : On était au collège ensemble ! Sinon, jamais il me donne des prods ! C’est clair que maintenant c’est un peu « le beatmaker de Booba » pour les gens… Les autres rappeurs me demandent comment j’ai fait pour les obtenir, j’en profite pour me la raconter un peu, genre « Ah je sais pas, il a décelé chez moi quelque chose qu’il n’y a pas chez vous » (sourire)

T : Dans « Darksun », tu dis « Dans l’désert frère, il faut un touareg c’est tout ». Dans un autre morceau de l’album, « Puma », tu reprends quasiment la même phase : « J’traversais l’désert, j’étais pas en Touareg ». Tu veux t’acheter la voiture, c’est ça ?

N : (rires) Tu m’as cramé, c’est pas bien ! Faudra couper ça au montage ! Si t’écoutes bien, même dans Supernova, je reprends des trucs que j’ai déjà dit dans Darksun. Parce qu’au final, on raconte toujours un peu la même chose.

S : Depuis Darksun, j’ai l’impression que tu te lâches un peu plus en egotrip.

N : Ouais, j’me dis que maintenant j’ai un peu de bouteille, je peux me permettre ce genre de truc. Puis ce genre de phrases « vos punchlines, c’est mes ratures », ça va, c’est pas comme si c’était le premier venu qui sortait ça non plus.

S : Supernova, c’est un gros EP, ou un mini-album ?

N : C’est un EP ! C’est juste la continuité de Darksun. J’avais 7 ou 8 titres, je me suis lâché un peu, je suis allé jusqu’à 10. C’était juste un truc histoire de rester dans l’actu. Après y a des gens qui me disent « Mortel ton album » Je vais pas les contredire. C’est pas important, finalement. Ce qui est plus gênant c’est ceux qui voient les chiffres et me disent d’un air désolé « putain c’est dur », mais non, j’en ai mis 3000 en bacs, c’est normal que je tape pas 14 000 en première semaine. Après c’est vrai qu’ils peuvent pas savoir.

T : Le schéma : un morceau egotrip, un morceau un peu conscient comme premiers extraits, c’est pas un peu répétitif ?

N : Non pas vraiment, sur Darksun par exemple c’était pas le cas (Mad Max et Au calme). Pour Supernova, je voulais revenir avec un egotrip (Mendosalve), pas avec un morceau comme Devenir quelqu’un, même si c’est un bon morceau.

S : Surnakkurel, c’est fini ?

N : Nan, c’est juste que j’ai pas trouvé d’idée intéressante. Pour Darksun, j’en ai pas trouvé, pour Supernova non plus.

T : Le truc qui ferait chier ta fanbase, c’est que t’en fasses un avec Monseigneur Mike.

N : En plus, je voulais en faire un avec lui. je voulais l’inclure dans un clip

T : Mais Surnakkurel, c’est des trucs qui te sont arrivés à toi, à tes potes ?

N : Non, à personne ! Pour Surnakkurel 4, j’ai repris une histoire de Biggie. Il avait raconté le même genre de truc, avec un basketteur. Je l’ai adapté à ma sauce. J’aimerais bien en faire un nouveau pour mon album, mais faut que le truc soit original.

T : T’es tenté par l’autotune ?

N : J’en ai fait un peu, j’ai pas de problème avec ça.

T : Dans Darksun, d’où sortent les refrains de Zaggin et de Au calme ?

N : C’est mes beatmakers qui recherchent des voix cainris libres de droits. J’espère que personne ne va m’attaquer.

T : T’as remarqué que Sinik sur son dernier album, le reprend ?

N : Ça c’est parce que le beatmaker se croit en Jamaïque, il croit que tout le monde peut faire les mêmes refrains. Moi je m’en fous un peu, ça doit être pour Sinik que c’est plus compliqué, parce que même si je suis moins connu que lui, y’a des gens qui vont lui dire « Nakk il a fait le même refrain ».

T : Je pense qu’aujourd’hui, vous avez le même nombre d’auditeurs. Y’a plus grand monde qui écoute Sinik.

N : Tout à l’heure j’étais au téléphone avec Ol Kainry, on se disait qu’il y a des mecs qui ont moins la côte parce qu’ils ont sorti moins de bons morceaux, tout simplement. Les gens, si tu leur donnes pas des trucs pour les faire vibrer, ils lâchent. Sinik, même s’il a été beaucoup critiqué, il avait quand même une plume, il était fort.

T : dans « Jour férié » (Street Minimum) : « Fuite rime vite avec école, ils veulent aller en taule et faire un feat avec Akon ». Tu penses qu’il y a des mecs qui sont perdus à ce point dans le rap ?

N : Franchement, je pense que ça a traversé l’esprit de plein de mecs.

S : Une question de notre ami Big Paul Castellano : à quand un clip avec des meufs en string ?

N : C’est pas mon délire du tout, ce serait incohérent. Le seul cas où je pourrais le faire, ce serait pour un clip complètement décalé, un truc marrant.

T : Si t’avais vraiment les moyens, ton clip idéal ce serait quoi ?

N : Bah justement, un clip décalé. J’aimerais clipper « Ze Best », dans ce délire-là. Même un dessin-animé, ou je sais pas… c’est un morceau un peu bizarre, l’instru change, il faut un clip qui aille avec le concept. Pour l’instant j’ai Pourquoi et Dans ma zone qui vont être tournés..

S : Tu t’es fait connaitre aussi grâce à tes punchlines. Aujourd’hui, le terme n’est pas un peu galvaudé ?

N : Carrément ! T’as des mecs qui font juste une rime, ils appellent ça punchline ! J’en parlais avec Lino une fois, on comprenait plus. Certains textes, on sait pas trop, c’est des trucs que moi je garderais pas dans un texte. Du tout. Mais apparemment c’est des punchlines.

T : Rocé disait récemment « ce que vous appelez punchline, j’appelle ça écrire ».

N : Voilà !

S : L’évolution de ta carrière est atypique : pour caricaturer, t’as commencé dans un délire « musicalement commercial »

N : commercial, ouais…

S : avec le clip où t’as ton chapeau rigolo là.

N : ahah ok.

S : puis t’as eu une phase « rappeur technique » …

N : (il coupe, en riant) Ah, je mettais la dose à l’époque ! Quand je me réécoute, je me fatigue ! Je me prenais vraiment la tête !

S : donc c’est vraiment conscient d’avoir allégé depuis ?

N : Complètement. J’ai lu une interview de Jay-Z où il disait « les rappeurs sont tellement techniques qu’ils oublient de raconter des trucs »  c’est exactement ça ! Avant je cherchais la rime, et après seulement, ce que j’avais à dire. Maintenant, c’est le contraire : je cherche un truc à dire, et après, j’en fais des rimes.

S : Après Street Minimum, même si t’étais entre 2 trucs, la prédominance c’était le rap « conscient », et maintenant, t’entends carrément « Nakk c’est le poète du rap français » … tu te situes où par rapport à tout ça ?

N : Tout ce que je peux te dire, c’est que depuis ma première apparition jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours mis l’écriture en avant. Tu peux me critiquer sur tout ce que tu veux : les prods sont dégueulasses, le flow, le machin … mais pas sur l’écriture. C’est ça ma force. Quel que soit le thème, tu peux mettre une plume. Même sur de l’egotrip. Le côté poète … c’est parce que j’ai fait des morceaux comme « Devenir quelqu’un », en plus dans le clip je suis en cravate, ça rajoute encore plus dans le côté solennel, témoin de Jéhovah tout ça (sourire) Mais c’est pas quelque chose que je revendique.

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S : Des rappeurs se sont engouffrés dans ce côté « poète », parce que ça permet de s’ouvrir à un certain public. Toi, c’est compliqué : t’es pas assez street pour plaire à un public un peu dur, mais trop street pour t’ouvrir au grand public.

N : Je me suis déjà posé la question. Faudra que je le fasse, pour l’album, c’est évident. là je m’amuse mais c’est évident que je dois passer de l’autre côté à un moment. Mon but c’est pas que les cailleras m’écoutent dans leur voiture. Enfin, j’aime bien quand ça arrive, mais mon salut il est plus dans le grand public. Je peux être écouté par une caillera ou une meuf de 16ans, mais mon salut passe par le grand public, les trentenaires. Si demain je veux passer chez Ruquier ou Denisot, je suis obligé de passer de l’autre côté, à un moment. Bon après il y en a qui abusent de ce côté là. Mais sur mes derniers projets, je peux pas le faire de toute façon.

S : Rien ne t’empêche d’alterner les 2.

N -Voilà. c’est ce que je fais. Ce que j’essaie de faire en tout cas. Mais sur l’album, y aura beaucoup plus de « devenir quelqu’un » que du trap, forcément. Sinon je suis foutu, je suis le rappeur lambda.

T –Mais y en aura quand même un peu, des trucs plus patate ?

N -Oui, oui ! y en aura quand même un peu. Mais Supernova, c’est mon premier projet où c’est vraiment du kif kif. Enfin je pense. L’album sera vraiment orienté plus posé. Mais je vais pas le rendre chiant quand même !

S – niveau feat, Ladea et Spri Noir…

N – c’était les plus réactifs, tout simplement. Et puis évidemment j’aime bien leur travail.

S –Y a qui en producteur sur Supernova ?

N -Bah déjà y a Lazy T, c’est lui (il montre le gars qui vient d’arriver dans le macdo, ça c’est du timing). Diakar qui avait fait la prod de « Au calme ». y a Zekwe qui a fait « Mendosalve » Y a Twister qui fait « devenir quelqu’un ». Sonar a fait « Dans la zone » et « Ze best » et Track Invaders a fait « Pourquoi ». Ça c’était un morceau à Mike, on va le clipper, normalement.

S : Comment tu t’es retrouvé sur le cd ?

Lazy-T : en fait Super Nova est mon 1er vrai projet, et j’y suis allé au culot, j’ai balancé des beats via twitter, ça lui a plu et voilà. C’était vraiment un plaisir parce que Nakk c’est quelqu’un que j’écoute depuis longtemps. J’ai fait les prods de Windows et Espace.

N : il est gentil, il dit ça parce que je suis là. Il est très bon !

S : en plus vous êtes en train de signer des papiers, donc c’est déclaré votre truc.

N : il faut, il faut. On fait de la musique, faut être professionnel, c’est le minimum.

S : sur Le Syndrome du trom, à un moment tu dis « en plus, amuse toi à faire rimer Ourcq ». T’aurais pu dire que le type en face de toi « ressemble à Mickey Rourke », c’était pas si dur que ça.

N: ouais mais à l’époque, Mickey Rourke il avait pas la tête en mousse, la tête de ouf qu’il a maintenant. Donc j’y ai pas pensé. Et puis de toute façon je dis direct après sur la mesure suivante, « pour que », je commence par ça. Histoire de dire, vous inquiétez pas les mecs, en vrai je suis fort quand même !

S : T’as une relation un peu bizarre avec ta fan-base. T’avais carrément des fanatiques.

N : C’est vrai. Youssoupha m’a dit « j’ai lu des commentaires de tes fans, c’est carrément des hooligans, je te les envie pas ». J’ai l’impression que j’ai les fans les plus chauds du rap français. Je vais utiliser un mot un peu fort, mais ils m’ont presque sacralisé. Si je voulais jouer la sécurité, je ferais un projet avec que des « Devenir quelqu’un ». Je pourrais le faire ! Mais ça me plait pas de faire ça. J’ai d’autres trips, j’ai envie de faire d’autres trucs.

S : On a l’impression que pour des gens, ta meilleure période, c’est celle où on t’entendait juste sur des tapes, que tu sortais pas de projets, en gros quand tu parlais à 700 personnes quoi.

N : Plus t’es connu, plus on va te critiquer. Les mecs vont jusqu’à se voiler la face, jusqu’à me dire que des vieux morceaux à moi vraiment pas terribles sont meilleurs que ceux présents sur Darksun et Supernova… Ils veulent que je ressorte les trucs que je rappais il y a 15 piges, mais ça existe pas les mecs qui rappent pendant 15 ans de la même manière ! T’es obligé d’évoluer.

T : « C’que tu racontes c’est pas d’la merde, mais on s’en bat les reins  » (Invincible) et « L’avenir, je leur en parle. Ils me disent que je suis pas leur renpas. Leur seul rempart c’est rester en bas et faire de l’or en barre » (Au moment où j’parle)… T’as conscience que les jeunes écoutent pas les conseils.

N : Bien sûr ! C’est comme le cinéma : t’as des mecs qui en ont rien à foutre des films d’auteur, ils veulent juste se taper une barre devant un film comique, ou voir Bruce Willis péter la gueule à plein de monde. Bah la musique c’est pareil : t’as des gens qui en ont rien à faire de la morale, du message, ils veulent juste écouter le dernier La Fouine ou le dernier Booba. Même des meufs ! Y’a des meufs qui veulent écouter que des rappeurs violents.

T : même Morsay arrive à vendre.

N : en fait Morsay je l’ai rencontré en vrai à une session studio de C’est nous les reustas remix. Je savais même pas qu’il était sur le morceau. J’arrive, je le vois je me dis « tiens il doit être venu voir quelqu’un ». Après je le vois en cabine « ah ouais, il prend la confiance quand même, on bosse, là ». Et là il pose son intro, tout le monde le félicite, Youssoupha était là « ouais grand gesteur ! ». J’ai pas trop capté sur le coup. Y’avait Disiz aussi, il est passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel (rires). Ceci dit, Morsay il a beau parler comme il parle, t’inquiètes que lui et son équipe ils sont grave lucides et savent faire du business, complètement.

S –Ton rapport à la scène ? Vous semblez bien rodés avec Les 10.

N -Là, au Divan du monde, j’étais super super crevé mais c’est vraiment ça que je préfère. J’ai hâte d’avoir le temps de bien mettre ça en place, de faire de bons shows, parce que c’est ce qu’il y a de mieux en vrai : quand j’ai fait « Dans la zone » en live alors que personne l’avait encore écouté. L’impression, c’est là que tu peux l’avoir, les yeux des gens quand ils écoutent. Y’a que la scène où tu peux avoir la réaction directe. Quand y a une punch, là y a un mec il rigole, l’autre crie, etc.

S : pour revenir sur l’actu, est-ce que t’es jaloux du buzz de la basket du pote de Booba ?

N : (sourire) en fait ce clash au début c’est bien, on est tous friands de ça ; le truc c’est que là ça dure quand même depuis super longtemps, et personne en sortira indemne… enfin remarque, Booba a un bon marabout : je marchais l’autre jour, je tombe sur un kiosque à journaux, je le vois en couv’ de GQ. Je suis rentré chez moi (rires) qu’est-ce que tu veux faire ?

S : On te voit toujours souriant même quand on te pose des questions de merde. T’es vraiment sympa, ou c’est juste pour la promo ?

N : Je me dis surtout que c’est que de la musique ! Je vais pas faire le mec sérieux, tu peux te planter, c’est pas grave. Je vais pas faire le mec vénère ! Des fois on me pose des questions à l’ouest, j’arrondis les angles. J’ai fait une interview pour TéléSud, la journaliste comprenait pas du tout ce que je lui racontais parfois. J’aurais pu l’embrouiller « mais madame t’as pas compris euh », j’ai essayé d’aller dans son sens quand même. Même avec vous, je fais ça depuis le début les mecs. C’est juste que vous avez pas remarqué.

T : Demain soir (interview réalisée jeudi 21/03/13) tu vas faire la Nocturne de Skyrock. C’est la première fois ?

N : Ouais. L’an dernier, ils auraient pu le faire, avec Darksun ! Sur le coup, j’étais pas content. Le mec doit recevoir des messages sur Twitter genre « pourquoi Nakk a pas son Planète Rap ? » … au bout d’un moment il lâche une petite heure dans la Nocturne, histoire de donner quelque chose, et qu’on arrête de lui casser les couilles. Après c’est clair que si je signe en major, demain je fais un Planète Rap. Mais comme j’ai dit quand on m’a parlé de ça, je pourrais gagner au Loto aussi tant qu’on y est !

S : « Street Minimum », « Le monde est mon pays », « Darksun », « Supernova » : tu passes de la rue, à la planète entière, au soleil, à la supernova … le prochain titre, ce sera quoi ?

N : On me l’a fait remarquer récemment, c’était même pas fait exprès. Le prochain, je casse tout, je l’appelle « Cuillère en bois » !

S : Y’a un mec qui nous a filé un t-shirt « Nakk c’était mieux avant ». T’en penses quoi ?

N : Putain, sérieux ?! (il y croit vraiment)

S : Nan.

N : (rires) J’étais en train de me dire « oh le ouf ! ». Bien sûr qu’il y a des gens qui pensent que Nakk c’était mieux avant, mais en ce moment ça se passe relativement bien pour moi, j’ai pas à me plaindre. Et mieux ça va aller, plus y’aura de monde pour dire « Nakk c’était mieux avant ». C’est mathématique, c’est français. Et limite, plus j’entends ça, plus c’est bon signe. Si on me disait « Nakk c’est à l’ancienne, il a pas bougé d’un iota » … nan, ça m’irait pas. Nakk, ce sera mieux dans 6 mois ! Après je peux comprendre. Moi je préfère le Booba d’avant ! Ou y’a d’autres trucs que j’ai kiffé, et je suis plus dedans maintenant. Donc je comprends que ça puisse être pareil pour moi. Mais en même temps, je vais pas revenir en arrière pour leur faire plaisir. Je vais pas faire « Le syndrome du trom 2 », « la Tour 14 » ! Je suis un raciste du passé ! J’ai horreur du passé. Surtout dans la musique, quand tu commences à faire des Best-Of, c’est le début de la fin.

S : Sur Le monde est mon pays, y’a beaucoup de morceaux qui datent un peu, ça donne l’impression que t’as des références ringardes, mais en fait c’est juste que tu les as écrits bien avant ? Genre John Q

N : Bah John Q, c’est un film que j’ai découvert sur le tard, et j’ai trouvé l’histoire très intéressante. Mais je cite aussi des films plus anciens, genre Les Evadés, mais ça c’est différent, c’est un classique.

S : C’est quoi ton genre de film ?

N : Tu vas me dire que je suis un ouf, mais je kiffe les films d’auteur français. Les titres chelous genre « Ferme le frigo, il fait froid ». Dès que je vois ça, je coupe tout, je regarde le film jusqu’à la fin. Y’a toujours des dialogues qui m’inspirent de ouf ! Les films français, c’est vraiment mon truc. Après je suis pas fermé, récemment j’ai vu Django Unchained et c’était très bien.

S : … (il réalise qu’il ne pourra pas parler de Batman ou de Kick-Ass avec cet individu)

T : Ton fils est toujours fan de l’Undertaker ?

N : Nan, c’est fini le catch. Enfin lui, il est plus dedans en tout cas.

T: ah. (cette réponse déprime légèrement Teobaldo)

WARNING : NAKK VA VOUS SPOILER DES PASSAGES-CLÉS DE THE WIRE

T : tu dis que t’as « plus pleuré la mort de Stringer Bell que celle de ton couple »… parle nous un peu du personnage.

N : Ça m’a fait mal. C’est un petit bâtard, mais c’est un personnage extraordinaire. C’est comme Boyz in the hood, à chaque fois que je le regarde, j’espère qu’il ne va pas se prendre une balle à la fin. Et à chaque fois, je suis super triste, alors que je l’ai déjà vu dix fois ! Pour Stringer Bell, pareil. Je me doutais qu’il allait se faire canner, mais je me suis menti jusqu’au bout. C’est un méchant qui est dans l’intellect, un vicieux. Pour comparer, la mort de Prop Joe, j’étais moins triste. Celle de Boddie, un peu ouais. Il est mort en soldat ! Omar, j’étais super choqué. Pour Snoop, j’étais content, elle était soulante à vouloir buter tout le monde ! Cheese, j’étais content aussi. C’est un gag ce mec ! Elle m’a perturbé cette série, j’étais à fond dedans.

S : Le mot de la fin ?

N : Je te fais le truc classique : Supernova dans les bacs, allez soutenir, blablabla.

S : t’as pas mieux que ça ?

N : Si : les interviews aussi c’est mieux maintenant je trouve. Parce que moi, durant des années, on m’a sorti la question « mais alors c’est pas trop dur de pas avoir percé ? C’est dommage quand même, non ? », on me disait ça super gentiment en plus ! C’est comme si tu perds un billet qui s’envole et pendant toute la journée ton pote est là « merde c’est pas de chance hein ? Tu te rends compte, t’aurais pu t’acheter… » c’est bon c’est passé (rires).


et ouais, on s’est même retenus de lui poser la question « quand t’épelles ton blase t’es obligé de dire N.A caca ou c’est comment ? tu dis Na2k ? ». Pro jusqu’au bout sur ce coup là.
(pour rappel, si vous aussi vous désirez une interview, nos tarifs sont ici. Certes ce n’est pas donné, mais la qualité a un prix.)

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