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DJ Weedim, Aketo & Sidi sid nous parlent de Petits Meurtres Entre Amis (vidéo)

Ma si, touyouls en compagnie dé TupakTV, yé souis allé voil ces yeunes qui font dé la musica
Pourquoi je parle comme ça, moi ?
Enfin bref, va là bas :

http://tupaktv.com/pmea/

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Shone

On a interviewé Shone avec TupakTV :

http://tupaktv.com/interview-shone/

Ça prépare un gros concert qui idéalement serait amené à n’être que le début d’une longue série de concerts
Ainsi qu’un projet/compilation mystérieux mais qui a l’air très enthousiasmant
Alors clique et va voir l’interview de ce rappeur qui a oublié d’être con et passif

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview – Vald (+ special guests qui passaient par là)

A un moment y’a Lino qui vient serrer des mains avant d’aller pisser, et à la fin y’a Tefa qui tape un peu l’incruste, mais on a rien dit parce que c’était chez lui.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 1

Interview : Genono (Captcha Mag) et Teobaldo (Le Blavog)
Photos : Mehdi MK ( TupakTV)
On a uni nos forces comme si on était possédé par l’esprit hip-hop.

Genono : Avant la promo autour de la sortie de NQNT, t’as fait très peu d’interviews. C’était par choix, ou parce que les intervieweurs avaient peur de te rencontrer ?

Vald : C’était un choix, jusqu’ici faire des interviews, ça n’avait pas vraiment d’intérêt. Quand tu sors uniquement des projets gratuits sur internet, t’as pas grand-chose à dire. Si c’est juste pour raconter ta vie, y’a aucun intérêt. Là on a quelque chose à défendre, donc on va parler un peu de nous.

Genono : Tes précédents projets, c’était histoire de faire monter un peu la sauce ?

Vald : Voila, l’idée était de se présenter un peu aux gens, parce que dire « je sais rapper », c’est bien beau, mais si t’as aucun projet …

Genono : Ce matin je lisais les commentaires sur le clip de Shoote un Ministre … J’ai l’impression que ton public de base ne s’y retrouve pas.

Vald : Mon public de base, c’est quoi ?

Genono : Globalement, les gens qui te suivent depuis le début. Je lis beaucoup de commentaires du type « c’est pas le Vald qu’on aime », on est à la limite du « Vald c’était mieux avant », alors que ta carrière a pas encore débuté. C’est un truc que t’as ressenti ?

Vald : C’est un peu comme le premier amour, quand tu le revois quelques années plus tard, bah … il a changé ! Moi je fais le son que j’aime, après, ils suivent ou pas, c’est pas grave. J’irai trouver d’autres gens pour m’écouter.

Genono : Sur les autres extraits, j’ai l’impression qu’il y a d’autres retours, et que ça correspond plus à ce que le public attendait.

Vald : C’est surtout au niveau des prods, je pense. Et puis, il y a une raison simple : sur mes anciens projets, je pouvais pas faire de dirty, parce que je savais pas mixer. Et comme c’est moi qui mixais mes projets, forcément … J’avais envie d’en faire, mais je ne savais pas le faire. Alors maintenant, j’arrive en studio, je me régale.

Genono : Jusqu’ici t’étais vraiment en mode « fait-maison » ?

Vald : Ah ouai, c’était artisanal mon frère ! Y’avait un fumet, t’entendais les portes claquer chez moi, t’entendais ma darone crier … il se passait quelque chose quoi ! Alors que maintenant c’est propre, c’est professionnel.

Genono : Je reviens sur Shoote un Ministre … Y’a pas eu trop de controverse au sujet de la quenelle devant l’assemblée. T’es pas déçu ?

Vald : Déçu, non … c’est logique, on fait pas de vues. C’est normal qu’il y ait pas de controverse.

Genono : Justement, ça aurait pu être le truc qui déclenche un peu la machine.

Vald : En tout cas, moi je l’ai pas fait pour ça. Je l’ai fait parce que ça me faisait rigoler. Après peut-être que de l’autre coté, les mecs étaient là à se dire « ouai, on va faire des vues avec ça » … j’en sais rien. Je pense que si on faisait un million de vues avec une quenelle, on en aurait entendu parler … Mais là, avec 100.000 vues, c’est de la rigolade.

Genono : Il se passe plein de choses dans tes clips, ça fourmille d’idées et de conneries. A quel point t’es impliqué là-dedans ?

Vald : Généralement, je rencontre le réalisateur, je propose des idées, et si on peut, on les met en place. Par exemple, pour Shoote un Ministre, j’avais des idées un peu farfelues, qui n’étaient pas réalisables avec le budget et le temps dont on disposait. Donc on s’est concerté, et c’est Tefa qui a eu l’idée : « et si on promenait un ministre mort sur un fauteuil roulant, c’est génial ! »

Mehdi (manager de Vald) : Enculé, c’est moi qui ai eu cette idée !

Vald : Ah c’était ton idée ? C’est vrai que j’ai tendance à considérer que c’est Tefa le génie, mais Mehdi a un meilleur vocabulaire.

Mehdi : Nan, il faut dire que tout vient de Vald !

Genono : Et donc tu disais qu’il y avait des idées que tu ne peux pas encore mettre en place, faute de budget ?

Vald : Ouai, comme les gamins. Ils ont des idées, ils ont envie de faire des films de fou, mais ils peuvent pas. J’en suis à ce stade. Bientôt, j’aurai le budget pour faire des clips hollywoodiens.

Genono : On espère, parce qu’il y a moyen de bien rigoler avec toi. Rien à voir, mais j’ai lu dans ton interview chez l’Abcdr que tu avais une culture rap très limitée. Elle s’est développée un peu, depuis ?

Vald : C’est vrai, j’ai vraiment une mauvaise culture. Disons que c’est une culture atrophiée. Mais je commence à faire des pompes et des tractions.

Genono : Ce manque de culture, tu vois plutôt ça comme un avantage, dans le sens où t’es pas formaté par ce que t’as écouté avant, ou plutôt comme un handicap ?

Vald : Je vois ça comme un fait, j’essaye de changer là-dessus, mais je sais pas si c’est un avantage ou un désavantage. Le bon coté, comme tu le dis, c’est que je fais les choses sans être influencé par ce qu’ont fait d’autres artistes avant moi. J’ai cru comprendre que ceux qui avaient écouté l’album de Lunatic à l’époque étaient traumatisés et voulaient absolument refaire du Lunatic. Moi je l’ai pas écouté, je sais pas ce qu’il se passe dans cet album ! Mais d’un autre coté, le fait de ne pas avoir de références n’est pas forcément un avantage. En fait, j’ai pas conscience de ce qui est bien ou mal, dans le rap.

Genono : Dans ce qui se fait aujourd’hui, t’écoutes quoi ?

Vald : J’aime beaucoup Young Thug, j’aime beaucoup Lil Wayne … j’ai une affection toute particulière pour Lil Wayne. Après, en français … j’ai du mal avec eux, parce que je comprends ce qu’ils disent. Mais par exemple, Kaaris, il me fascine ! Je le trouve trop marrant.

Genono : Mais musicalement, c’est des artistes qui t’inspirent ? Parce que ta musique ressemble pas à du Kaaris ou du Lil Wayne.

Vald : Je sais pas ce qui m’inspire. Si je dis que je m’inspire d’untel, ça veut dire que je vais essayer de faire la même musique que lui ?

Genono : Pas forcément, ça peut être dans le sens où tu vas juste te nourrir de ça, et en faire ta propre sauce. Ne serait-ce qu’au niveau des sonorités, tu peux avoir envie de tendre vers telle ou telle tendance.

Vald : Peut-être que je me nourris de ce que j’écoute sans trop m’en rendre compte, franchement j’en sais rien. J’ai du mal à comprendre le concept d’influence et d’inspiration. J’écoute des trucs … tu sais, des fois, quand j’écoute un morceau, j’ai envie de taper le rappeur. Peut-être que c’est de cette manière là que je m’inspire finalement, c’est une influence un peu malsaine. Je l’écoute, et j’ai juste envie de le mettre à l’amende, de le défoncer.

Genono : Ta connexion avec Rockin Squat sur L’undaground s’exprime chapitre 6, elle se fait comment ?

Vald : Qu’un rappeur avec des disques d’or et 20 ans de carrière m’appelle, j’ai trouvé ça beau. J’étais un rappeur de chambre, j’avais fait quelques mixtapes, mais personne me connaissait. Je sais même pas comment il m’a découvert … c’est une bonne personne, il m’a même invité à monter sur scène à la Cygale.

Lino, surgit de nulle part : Qu’est ce que c’est que ces interviews qui durent 70 heures ?

Vald : Laisse-nous bosser.

Lino : Je passe juste vous saluer avant d’aller pisser. C’est mieux avant qu’après, nan ?

S’en suivent quelques serrages de main, deux-trois vannes pas piquées des hannetons, puis Lino s’en va pisser et l’interview reprend son cours.

Genono : Tu fais beaucoup d’introspection dans tes textes. Est-ce que c’est un truc qui t’aide à te comprendre toi-même, à avancer, à la Soprano qui prend sa carrière pour une thérapie ?

Vald : Pas du tout. J’écris pas quand je suis triste. Si ça va pas, j’écris pas. Je me trouverais con de me trouver dans une situation alarmante et de me dire « oh putain, il faut que j’écrive un texte, il faut que j’explique ce qu’il m’arrive ! ». J’écris uniquement quand je suis content. Et j’ai même pas l’impression de faire de l’introspection, je trouve ça un peu surprenant.

Genono : Tu racontes quand même des trucs super personnels, même si c’est souvent fait avec humour.

Vald : Comme quand je parle de branlette ?

Teobaldo : Ca c’est intime plus que personnel.

Genono : Y’a des moments où tu te dis « ça c’est trop personnel, je vais le garder pour moi » ?

Vald : Ah oui, y’a beaucoup de choses que je dis pas, parce que je trouve que ça ne regarde que moi. Et puis surtout, ça n’apporte rien. Si ça apportait quelque chose de lâcher une phase très personnelle, en me disant que des gens vont se reconnaitre dans ce que je dis … Mais la plupart du temps, je parle pas de moi. C’est pour ça que ce coté introspection, je vois pas trop … Peut-être sur Journal Perso, ou des vieux morceaux ?

Genono : Même sur NQNT, y’a pas mal de phases super personnelles, même si c’est pas forcément à chaque fois le thème du morceau. C’est quelques phrases disséminées ci et là tout au long du projet, que je trouve très personnelles.

Vald : J’ai pas ce ressenti … mais pour revenir à ta première question, écrire ne m’aide pas du tout. Je ne règle rien avec la musique.

Teobaldo : Du coup, écrire ça t’apporte quoi ?

Vald : C‘est un sentiment d’accomplissement. Quand j’écris, j’ai l’impression que je fais quelque chose de ma vie … alors qu’en fait, nan. Je peux passer une nuit entière sur une seule phrase, en vrai je fais rien du tout, mais j’ai quand même l’impression d’avoir fait un truc. Quand je finis un morceau, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait quelque chose de concret, de pas être resté là à attendre que le temps passe, comme un branleur. Alors quand le morceau est validé au studio, j’en peux plus, je l’écoute vingt fois d’affilée, je me dis « ouaah, je suis louuurd », alors que pas du tout, je brasse pas un sou.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 2

Genono : Aujourd’hui t’es rappeur à plein-temps ?

Vald : Plus ou moins …

Genono : T’as prévu un plan B, au cas où ça ne marche pas comme prévu ?

Vald : Bah oui, justement, parce que je viens de me rendre compte de l’économie du rap et … c’est pas flamboyant (rires).

Genono : Y’a pas lontemps t’as publié sur les réseaux sociaux « 5 bonnes raisons de ne pas acheter NQNT » …

Mehdi (manager) : Une idée de génie !

Genono : T’annonces « aucun tube ne sera joué en radio ». Ils font pas trop la gueule chez Barclay ?

Vald : Nan, pas du tout. J’ai pas tellement de contacts avec eux en fait.

Genono : Ils t’ont juste commandé un album, façon « ponds ce que tu veux » ?

Vald : Voila, on leur a donné un album, on a dit « si vous aimez, vous prenez, vous donnez de l’argent, et vous distribuez ».

Genono : Et t’as eu des retours ?

Vald : Ils en sont très contents. Ils me trouvent très particulier, avec un univers … ça fait plaisir.

Genono : Parmi les 5 bonnes raisons, tu dis aussi « pas d’autotune dans le projet ». C’est un truc que t’aimes pas ?

Vald : Au contraire, c’est un truc que j’adore, mais que je contrôle pas encore.

Genono : Donc ça va venir ?

Vald : Ah ça, dès que je sais l’utiliser, vous allez en chier ! Prends garde à toi, Jul ! (rires) J’ai aucune censure là-dessus, dès que je sais le faire, c’est partit !

Genono : T’as l’air plutôt à l’aise sur scène, c’est un truc que tu travailles à l’avance, où t’y vas vraiment en mode freestyle ?

Vald : Ouai, jusqu’ici c’était très freestyle, mais le public est super réactif, sans trop que je sache pourquoi. Bien souvent, il est juste content de voir « son » artiste, donc il fait la fête même si tu pues la merde sur scène. Après, on a essayé de travailler un peu le truc, c’est plus cadré, un peu moins bordélique, même si y’aura toujours une part de bordel. A terme, je pense que ça va devenir très professionnel, l’idée c’est que ça devienne un vrai spectacle. Je pense qu’il nous faut juste des séances en studio pour développer ça … et les séances, faut les payer ! Mais là j’ai l’impression qu’on a trouvé un format qui fonctionne bien, ça fait 6 ou 7 dates que je sens qu’on a quelque chose de professionnel.

Genono : Ce coté trop carré, t’as pas peur que ça déplaise à un certain public, qui aime justement le Vald un peu à l’arrache ?

Vald : Ca peut être à l’arrache … mais carré en même temps. J’ai déjà fait des scènes vraiment à l’arrache, et c’était vraiment trop à l’arrache, tellement à l’arrache que le public n’y comprend plus rien. Donc oui, y’aura toujours une ambiance « fait-maison », un petit fumet, mais le temps est à la professionnalisation.

Genono : La piste 5 de NQNT s’appelle Sullyvan. En écoutant le morceau, j’ai l’impression que ce personnage est une sorte d’alter-égo démoniaque de Vald. J’ai bien compris le concept ?

Vald : Ouai, c’est à peu près ça. C’est partit d’une rime que j’ai fait dans un vieux morceau, avec le nom de Sullyvan, et j’ai développé un peu ça. Mais j’ai pas du tout le complexe du schizophrène, avec une partie sombre qui se dévoile sous un alias. Sur ce morceau, c’est vrai que la prod s’y prêtait bien, j’ai poussé un peu dans cette direction … mais en fait nan (rires). Ca m’a surtout permis de faire un égotrip un peu particulier, de parler de ce personnage comme d’une légende, un mythe.

Genono : C’est un truc qui peut revenir dans les prochains projets, ma suite des aventures de Sullyvan ?

Vald : Ouai, je vais le décliner, c’est certain. Et puis ça nous fait un super morceau pour entrer sur scène, c’est génial.

Genono : Piste 8 (« Horrible »), tu dis « suffit d’une vidéo de Soral pour que l’audimat du JT chute ». Tu penses quoi de ce mec ?

Vald : Je pense qu’il a une grande écoute. Je l’ai beaucoup écouté, maintenant j’ai décroché. Je prends plus rien à cœur, j’en ai plus rien à foutre de quoi que ce soit. Je sais qu’il a beaucoup d’audimat, et qu’il est plus proche de la réalité que les journaux télévisés. C’est moins déformé, et ça a plus d’impact. Lui aussi, il bosse à la maison, il est sur son canapé, il fait ses vidéos … Et je sais que si t’écoutes Soral, t’écoutes pas le JT. Ca n’a pas de sens, d’écouter les deux, ou en tout cas, de croire les deux.

Genono : Dans le même morceau, tu dis « personne m’a donné la foi, je suis lassé de croire en rien ». Quel est ton rapport à la religion ?

Vald : J’aimerais avoir la foi ! Mais je crois en rien, je suis pas dedans. Et j’aimerais bien, parce que je ressens une sérénité chez les gens pieux, c’est quelque chose que j’ai pas. Mais j’ai réussi à trouver la sérénité ailleurs, donc je m’en sors pas trop mal.

Genono : La foi, c’est donc quelque chose que tu recherches ? Ou tu te dis juste « si ça vient, ça vient » ..?

Vald : Voila, je me dis que si un jour je tombe dedans, ce sera super. Sinon, tant pis.

Teobaldo : C’est juste une question de sérénité, d’équilibre ?

Vald : C’est vraiment … un bien-être que je ressens chez les gens qui ont la foi. Mais ceux qui l’ont vraiment, pas les frères muz 2.0. Les vrais frères muz, ils ont sont apaisés, c’est magnifique.

Teobaldo : On sent que t’as développé une grosse réflexion là-dessus.

Vald : Ca me touche personnellement en fait, parce que mon frère est devenu musulman. Je trouve ça beau. Moi, j’arrive à vivre sans, mais si un jour ça vient … incha Allah !

Genono : Ensuite, piste 9, « Aulnay-sous-bois », qui est très critique envers la mentalité de quartier et l’apologie de la rue. Tu sentais le besoin de faire ce morceau ?

Vald : Ouai, c’était vraiment un besoin, parce que personne n’en voulait de ce morceau ! (rires) Je trouvais intéressant de proposer cette vision des choses, j’ai pas l’impression d’avoir déjà entendu un morceau comme celui-là … après j’ai une culture de merde, donc il a peut-être déjà été fait. Je trouvais ça marrant qu’un blanc qui vienne du 93 parle de la cité de cette manière.

Teobaldo : T’as pas peur de te mettre des gens à dos ?

Vald : Je connais personne, donc je peux me mettre personne à dos ! (rires) Après, je dis pas que la street c’est mal … mais revendiquer le fait d’être un mec de tiekar, ça pue la merde. Je vous chie dessus ! Attends, que je me fasse pas mal comprendre, c’est pas parce que t’habites dans un tiekar que je te chie dessus …

Genono : Si si, on va marquer ça. On va faire du buzz, on va titrer « Vald chie sur les mecs de tiekar ».

Vald : Nan, ce que je veux dire, c’est que je te chie dessus si t’es un mec de tiekar et que tu vis là-dessus. Et j’en connais plein, des mecs qui te disent « ouai, moi je suis un mec de quartier, je vais rien faire de ma vie, je vais rester en bas » …

Teobaldo : Pas de vacances pour les vrais gars.

Vald : T’as tout dit.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 3

Genono : T’as quel attente sur la sortie de NQNT ?

Vald : Par rapport aux ventes ? J’en ai aucune idée. J’aimerais bien impressionner les gens de maisons de disques, pour qu’ils me sortent en physique, ces fils de lâches.

Genono : Ah mais il sort pas du tout en physique ?

Vald : Nan, parce qu’ils ont pas confiance en nos chiffres, ces crevards ! Ca me fout un cafard de ouf. Mais j’ai confiance, j’ai l’impression que mon public est deter, qu’il croit en moi.

Teobaldo : Du coup tu vises pas un chiffre précis …

Vald : Nan, je vise juste de pouvoir vivre de ma musique. Tant que j’en vis, les chiffres m’intéressent pas.

Tefa (qui est là aussi, parce que c’est la fête du slip) : Ca dépend comment tu veux vivre.

Vald : Je veux juste vivre, poto ! Je veux partir de chez mes parents, je veux pouvoir payer un loyer et des factures.

Teobaldo : Du coup, tu penses que tout buzz est bon à prendre ?

Vald : Nan, y’a aussi des mauvais buzz. Y’a des buzz desquels tu te relèves pas, y’en a certains qui ne s’en sont jamais remis. Je vais pas citer de noms, on va pas leur faire de la mauvaise pub, mais tu les connais.

Genono : Question « à la Spleenter » : est-ce qu’en tant que rappeur blanc, tu pourrais raconter que tu te faisais racketer au collège, comme Orelsan ?

Vald : Le raconter ? Je sais pas … peut-être le dire en une phrase, mais un morceau complet dessus … c’est dur.

Genono : Bah il en a fait … je vais pas dire une carrière, mais presque.

Vald : Nan, je peux pas capitaliser sur le fait d’être une victime, ça m’intéresse pas. Je peux pas écouter un morceau dont le message serait « je suis une victime ». Meme sans le dire ouvertement, mais y’a des sons, les mecs font que se plaindre de la première à la dernière mesure. Frère, relève la tête, car un jour tout s’arrête.

Moment de flottement dans le studio, tant tout le monde est subjugué par la dernière phrase de Vald.

Teobaldo : C’est pour ça, l’humour ? Aborder des sujets sérieux différemment, que les gens se fassent pas chier …

Vald : Voila, et faut se détendre, le ridicule n’a jamais tué personne.

Genono : Les comparaisons avec Orelsan, c’est un truc qui doit te casser les couilles nan ?

Vald : Oui, forcément, mais si ça vous donne une porte d’entrée, prenez-la. C’est toujours mieux qu’on m’écoute en se disant « c’est un peu comme du Orelsan », plutôt qu’on m’écoute pas. Mais j’ai jamais fait du Orelsan, donc j’ai même pas l’impression de devoir m’en détacher. J’ai un phrasé particulier qu’il n’a pas, et il a un phrasé particulier que je n’ai pas.

Teobaldo : Donc t’as déjà écouté ce qu’il fait ?

Vald : Ah oui, bien sur. Tout ce qui se fait, depuis que j’ai commencé à rapper, j’écoute, je me mets à jour. Le rap, c’est une bataille, donc si je sais pas ce que les autres font, c’est chaud.

Genono : Tu pourrais t’autoproclamer Professeur Punchline comme Seth Gueko ?

Vald : Je fais pas de punchlines, moi. Je déteste le mot « punchline ». Déjà, je déteste les anglicismes. On a une langue tellement riche, tellement belle, utiliser des anglicismes c’est dommage. Et le terme « punchline » … c’est nul, complètement nul. Je fais pas de punchline, je fais du sentiment. J’ai l’impression de développer vraiment un ressenti, pas juste de faire de la phrase. C’est difficile de prendre une phase de mon texte, et de la sortir comme ça.

Genono : C’est aussi du à ton écriture qui est très dense, pas mal basée sur la technique avec des assonances, des multisyllabiques dans tous les sens, des mots qui s’entrechoquent. C’est quelque chose que tu recherches particulièrement ou c’est quelque chose qui te vient naturellement ?

Vald : Ca me vient naturellement, c’est de la performance, et c’est ce qui va me faire écouter ou non un rappeur. Si un rappeur rime mal, je l’écoute pas. Les rimes trop simples, ça m’énerve. Y’a plein de mots dans la langue française, sers-toi-en. Maintenant j’y fais peut-être un peu moins attention, mais j’ai longtemps eu l’impression que c’était une obligation. C’est une question un peu complexe, mais pour moi c’est un devoir. Si t’es rappeur et que tu rimes pas … c’est la misère, gros. Fais autre chose.

Genono : Si tu devais imaginer ta reconversion après le rap, ce serait quoi ? Je te verrais bien au cinéma.

Vald : Ouai, le cinéma ça me plairait bien. J’attends qu’on vienne me contacter, je fais des petits appels subliminaux avec mes vidéos, mais ça marche pas (rires). Et puis, j’ai l’impression que ça paye mieux. Sinon, j’aimerais bien me reconvertir dans la production, prendre des petits rappeurs, leur transmettre mon savoir, mon expérience, et les orienter. Mais il faut de l’oseille.

Mehdi (le manager) : Tefa peut t’expliquer comment ça fonctionne !

Tefa : Bah c’est comme la politique : faut être un enculé.

Vald : J’aime bien aussi le montage vidéo, même si j’ai un niveau de merde. Ca me passionne.

Vald Captcha Mag x Tupak TV 4

Teobaldo : Le clip de Toutatis, déguisé en flic, qui a eu l’idée ?

Vald : C’est une idée à moi, que j’ai trouvé vraiment super, et j’ai forcé tout le monde à la faire. A la base, je voulais faire un vrai truc de bad cop, avec un keuf crapuleux, ripoux … et au final, on s’est retrouvé en îlotiers super ringards. Mais j’aime bien, c’est drôle, ça a un côté sketch, et puis ça nous fait 3 clips bien construits, qui sont très différents mais qui gardent quand même une certaine ligne directrice.

Teobaldo : J’ai l’impression que pour chaque clip tu vas un peu plus loin. Le prochain tu nous fais quoi, la guerre des étoiles ?

Vald : Le prochain … c’est une surprise. Il sera pas cher, mais drôle.

Teobaldo : Tu commences à monter, à avoir une petite notoriété, y’a forcément un moment où un mec va vouloir te clasher. Comment tu penses réagir ?

Vald : Ca dépend de la notoriété du bonhomme. S’il est en dessous de moi, j’en ai rien à foutre, parce qu’il va rien m’apporter, je vais juste lui donner du buzz. Par contre si c’est un mec qui est au-dessus, et qu’il m’attaque … je vais le ruiner, l’enculer comme un chien, je vais pas le lâcher. Je vais voir l’ouverture et … oh putain, je vais l’enculer.

Teobaldo : T’es prêt pour la guerre.

Vald : Attaquez-moi, je vous en supplie ! Mais faut souligner que ça reste de la musique, je peux clasher le mec et lui serrer la main en studio le lendemain. Après, pour qu’un mec avec plus de notoriété que moi m’attaque, faudrait qu’il soit vraiment con.

Teobaldo : Bah y’a des cons dans le rap français, c’est pas le problème.

Tefa : Nan, y’a pas de cons, c’est pas vrai. C’est qu’une rumeur (rires).

Teobaldo : Est-ce que tu serais prêt à faire de la taule pour gagner en street-crédibilité ?

Vald : Je résisterais pas en taule … faudrait que je tue un violeur pour être respecté là-bas. Mais sinon, je suis un petit blanc, t’as vu mon gabarit ? Je suis dans la merde. Je vais m’en prendre plein la gueule !

Genono : Et pas que la gueule …

Vald : Et pas que la gueule !

Mehdi : Du coup après, tu feras peut-être du rap de victime.

Teobaldo : Est-ce que tu penses pas que tu vendrais plus en faisant du rap de victime ?

Vald : Pas sûr. Ce qui marche, c’est la sincérité. Si on croit en ce que je fais, les gens vont se sentir impliqués. Si je deviens la copie d’une copie, ça va intéresser personne. Faut juste être sincère et spontané.

Genono : Niveau connexions, tu fais pas énormément de featurings, ou en tout cas pas avec des rappeurs très côtés. T’es comme Niro, t’aimes pas te mélanger ?

Vald : Pour faire des feats avec des gens côtés, faudrait que j’aime ce qu’ils font, faudrait que je les contacte, ça me met un peu dans une position bizarre, j’aime pas trop ça. Je préfère faire des feats avec des gens que je connais, que j’aime, et avec qui il n’y a pas de calcul. En fait, y’a personne qui m’attire.

Teobaldo : Le rap français t’intéresse vraiment pas ?

Vald : Ah si, y’a vraiment des artistes que je kiffe, que je survalide. Un mec comme Katana, je suis comme un fou dessus, je l’écoute, j’en peux plus. Y’a aussi un gars de la clique de Kaaris, il s’appelle Solo le Mythe, il est trop fort. Y’en a beaucoup, j’aime bien aussi Docteur Bérize … Hornet La Frappe, il tue sa mère !

Genono : Bah justement, ces gens-là, ça t’intéresse pas d’aller les chercher et de rapper avec eux ?

Vald : Ca peut m’intéresser, mais je sais pas spécialement comment m’y prendre … Et puis je pense qu’un feat, ça se fait en fin de projet. Mon prochain projet, quand il sera fini aux trois quarts, je me dirai peut-être « tiens, il me faut un feat » … J’y penserai à ce moment-là. Et puis, ça va me mettre dans une démarche où je serai obligé d’écrire, et je déteste être obligé d’écrire. Ca me frustre.

Teobaldo : Pourtant t’as l’air productif.

Vald : Je suis productif, mais je suis capricieux. Et si j’appelle quelqu’un, je vais être obligé d’écrire, sinon il va me dire « tu m’appelles pour rien, enculé ! ». J’ai jamais de morceau où j’écris un couplet et ensuite je me dis « tiens, untel sur le deuxième couplet, ça passerait bien ». Déjà, j’ai très peu de chutes de morceaux, et puis … je m’aime trop, je crois. A chaque fois je trouve que mon morceau vaut la peine que j’aille au bout tout seul.

Teobaldo : Y’a des gens que t’aimes bien mais avec qui tu penses que musicalement, ça ne fonctionnerait pas ?

Tefa : Swaggman ?

Vald : Nan, Swaggman ça tuerait sa mère, t’es fou ! Par exemple Maitre Gims, je trouve qu’il est super fort, mais je le vois pas faire un refrain et moi lâcher un couplet derrière. Mais j’aime beaucoup de gens hein, même si vous avez l’air de penser le contraire.

Genono : NQNT, tu comptes le défendre sur une tournée ?

Vald : Je sais pas ce qu’on appelle une tournée. En tout cas on a plein de dates, dans toute la France, plus de trente jusqu’à l’été prochain.

Genono : On peut donc appeler ça une tournée.

Vald : Ouai, mais je les connais mes dates, on va pas se mentir les frères. Y’a des salles de quelques centaines de personnes …

Mehdi : Bah on voulait faire la tournée des Zéniths, mais il a que 20000 fans sur Facebook, c’est chaud.

Vald : Après, je sais pas si on peut dire que je vais « défendre » l’EP pendant cette tournée, mais c’est clair que c’est un excellent prétexte pour monter sur scène.

Mehdi : En langage professionnel, ça s’appelle bien « faire une tournée » et « défendre un projet » (rires).

Vald : Ouai, mais j’ai pas l’impression de défendre quoi que ce soit. Quand je monte sur scène, les gens connaissent déjà les morceaux, je leur donne juste ce qu’ils veulent.

Teobaldo : Le fait d’être entouré, avec des gens qui s’occupent de la production, d’autres de la logistique … ça t’enlève un poids ?

Vald : Ca m’enlève un poids, mais d’un autre côté, je dois toujours leur courir après (rires). Maintenant, je délègue, c’est un autre type de poids, mais au final ça m’avance pas beaucoup.

Genono : Pour conclure, les prochains projets, tu bosses déjà dessus ?

Vald : Ouai, je suis en avance. Les morceaux que vous écoutez en ce moment, ça fait déjà un an que je me branle dessus. La suite arrive.

Genono : Bon, bah on a fait le tour.

Vald : Merci les frères, c’était cool, j’ai bien aimé cette interview. De toutes celles que j’ai fait, c’était la plus dynamique.

Tefa : T’oublieras pas de couper toutes les questions où il dit qu’il est antisémite, homophobe, et encarté au FN.

NQNT dans les bacs le 28 Octobre. Et le produit est très bon, alors faites pas les lâches et mettez un petit billet dessus (ndTeo : ceci est un message de Génono. Moi j’ai pas encore écouté le CD =/)

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The Black Desperado Rises #TBDR

Si on fait le bilan de la dernière saison rap Frinçais, on constate un étrange fait (en fait on en constate 30 000 mais comme d’hab).
Oxmo Puccino serait revenu dans le rap. Trés furtivement, telle une ombre. Pour beaucoup, ce n’est qu’une légende urbaine. Il n’y aurait aucune preuve que le Black desperado ait remis les gants. Mais pourtant, c’est une certitude pour d’autres, le Black Desperado serait de retour. Comment et pourquoi ? Le Blavog n’en sait foutre rien (mais alors vraiment, que dalle), mais vu que c’est l’occasion de faire une parodie stupide, on va quand même tout vous raconter.

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Devant un pavillon trés laid (c’est pas qu’il fasse délabré mais le goût en architecture est très douteux), Grodash des Hall frappe à la porte. Qui s’ouvre. Sur le pas de la porte, on retrouve Le Célèbre Bauza.
Grodash -Je suis venu voir Oxmo Puccino. COUSIN !
Bauza -Je suis désolé, monsieur Puccino ne prends pas de rendez vous imprévu. Même si c’est venant d’un type qui porte des lunettes de soleil en plein jour.
Grodash -Et ta non carrière totale, c’était prévu ça ?
(Alors là vous allez dire que c’est gratuit d’afficher ce pauvre Célèbre Bauza comme ça alors qu’il rappe même plus ou si peu. Mais je vous dirai que c’est pour que son blase ne tombe pas dans l’oubli, bande de petits ingrats)


–On retrouve Grodash assis sur un canapé très moche dans un salon imonde. Un gros type mal réveillé le rejoint alors dans la pièce.
Oxmo -Bonjour, jeune intrépide.
Grodash -Je suis venu pour le feat.
Oxmo -…
Grodash -J’ai besoin de toi. J’ai besoin du Black Desperado.
Oxmo -T’as de l’espoir.
Grodash -On s’est déjà rencontré. En 98. devant les locaux de Skyrock. On était venu avec des potes. Et c’est là que tu es apparu. Sortant de la radio avec un cigare au bec, un stylo plume avec une mine de cristle et un chapeau de mafieux. On a tellement kiffé ! Oxmo Puccino ? De Pucc Fiction ? De Opera Puccino ? On se faisait des films avec les potes ! Des films entre potes… C’est tout ce que c’était… Mais moi je savais que c’était possible. Alors je t’ai demandé un feat et tu m’as donné ta parole.
Oxmo -C’était il y a jadis et naguère, ça. Je fait de la variété, maintenant, moi, mon petit monsieur. Je ne suis plus rappeur… Ça fait des années…
Grodash -J’ai suivi ton parcours depuis ton tournant variet. On te regardait dans les émissions de merde, style Ruquier. Les potes, ils se foutaient bien de ta gueule, mon gros. Mais moi j’ai vu ton regard. Ce regard que je m’entraine à faire chez moi, devant mon miroir. Faire croire au mec qui t’interviewe qu’il te pose des bonnes questions. Mais au fond, tu étais vraiment saoulé. Car tu es un rappeur ! Un vrai rappeur ! Et comme tous les rappeurs, tu détestes les interviews que tu fais à la télé.
Oxmo -…
Grodash -Tu es le Black Desperado. Tu dois remettre ton masque. COUSIN.
Oxmo -…
Grodash -Trés bien. Je m’en vais.
Oxmo -Attends. Pourquoi as tu dis que tu me regardais au passé ? Tu ne me regardes plus à la télé, maintenant ?
Grodash -Tu devrais prendre un peu l’air, te rafraichir les idées et faire gaffe aux détails. Tu réaliserais que tu ne passes déjà presque plus du tout à la télé. Malgré toutes tes tentatives lamentables d’infiltrer durablement la scène Française.
(Grodash s’en va. Laissant Oxmo Puccino. Seul. Perplexe)

Oxmo -Black Bernardo ! Ici mon fidèle copain.
Bauza -Ça te reprend ces conneries ? Faut arrêter de m’appeler comme ça.
Oxmo -Est-ce que c’est vrai que j’ai pas fait tant de télé que ça pour la promo de Roi sans carrosse ?
Bauza -Qu’est-ce que j’en sais ? Y a rien eu de marquant, en tout cas. Mais comme j’en ai plus rien à foutre, j’ai pu rater quelque chose.
Oxmo -Et mes ventes ?
Bauza -C’est pas fantastique.
Oxmo -Impossible, j’ai gagné une victoire de la musique avec cet album.
Bauza -Une victoire de la musique urbaine, oui. Autrement dit, tout le monde s’en contre branle sur la table basse.
Oxmo -Ah bah merde, non. Je suis sensé être un poète qui restera dans les têtes. Et là tout le monde m’oublie ?
Bauza -Il te faut remettre le masque.
Oxmo -Non, je ne peux plus être le Black Desperado. Je dois rester ce poête élégant. C’est comme ça que je ferai de grosses ventes. Comme avant la crise.
Bauza -C’est le déni, ça.
Oxmo -Que nenni, c’est toi le déni.
Bauza -Et si je te disais que tes ventes t’avaient écrit un mot avant de partir ? Un mot dans lequel elles te disaient qu’elles ne reviendraient plus ? Et si je te disais que j’avais brûlé ce mot, pour ne pas te faire de peine…
Oxmo -Nooooon !!! Je vais avoir la réaction d’orgueil la plus constructive et intéressante qui soit : je vais bouder dans ma chamb… Mon repère secret.

Je vois... Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec...

Je vois… Je vais donc devoir te péter ta gueule, mec…

Oxmo s’enferme alors dans sa cave où il joue avec des vieux posters de lui comme si c’était des figurines. La nostalgie plein son petit coeur.
C’est alors que, sorti de sous terre et en moto, apparait Ol Kainry avec un masque de Luchador sur la figure et une redingote de bucheron.
Oxmo -Ça c’est de l’entrée.
Ol kainry -Ne te demande pas qui je suis. ne te demande pas qui est ce nègre en selle, ce qui importe c’est notre but.
Oxmo -Tu es Ol Kainry… On te reconnait facilement. Mais qu’est-ce que c’est que ce masque ?
Ol Kainry -Un masque au max de la masquance.
Oxmo -Qu’est-ce qui se passe si je l’enlève ?
Ol Kainry -Ça ferait mal.
Oxmo -Comment ça se fait ?
Ol Kainry –J’ai des bails de cheveux coincés dans la zippette, derrière.
Oxmo -Aouch. ah ouais, t’es un gros dur, toi.
Ol Kainry -Pour quelqu’un comme toi, oui.
Oxmo -Et qu’est-ce qui te prend d’arriver en dévastant mon joli carelage saumon de chez point P, jeune vandal ?
Ol Kainry -J’ai appris que tu allais te remettre au bail de rap…
Oxmo -Oui, je l’avais promis à ce jeune qui n’en veut et qui a un nom de lessive. J’ai réussi à reculer l’échéance pendant 16ans mais là je crois qu’il commence à se rendre compte que je le prends pour un con.
Ol Kainry -Si le Black Desperado refait surface, alors il devra rapper pour moi, d’abord. Sur un morceau avec une tite-pe au refrain. Et ensuite tu auras ma permission pour poser sur l’album de Grodash.

Tu n'as pas ma permission de faire caca

Tu n’as pas ma permission de faire caca

Oxmo -Mais où est l’intérêt de me faire à nouveau rapper si c’est pour qu’une inconnue chante très mal au refrain ? Je peux le faire moi même.
Ol Kainry (Il met sa main sur l’épaule d’Oxmo)-Est-ce que tu te sens aux bails de commandes ?
Oxmo -On peut savoir ce que tu fais avec ta main bourrue, petit homme étrange et tout en muscles ?
Ol Kainry -Je te demandes si tu te sens au max de la maxance ?
Oxmo -Et bien…
Ol Kainry -FAUX !!!! C’est moi qui dit qui qui fait quoi et toi tu vas rapper sur mon album et y aura une meuf au refrain !
Oxmo -T’énerve pas. Moi, tu sais, au point où j’en suis, j’en ai plus rien à cirer de que dalle. Les albums dégueulasses plein de trucs sirupeux, j’en ai fait. C’était pour toi que je disais ça. Sur un album d’Ol Kainry, les gens veulent juste que ça rappe. C’est pas Facteur X 3 ou je ne sais quelle horreur.
Ol Kainry -« On demande juste que ça rappe ! Rappe ! Rappe ! Rappe ! » Hey mais c’est pas mal ça ! Ça ça ferait vraiment un bon refrain !
Oxmo -Tu vois !
Ol Kainry -Ce sera parfait pour mon album avec Dany Dan.
Oxmo -Mais pourquoi sur l’album avec Dany Dan ?
Ol Kainry -Parce qu’il faudra bien que je revienne pour ma fan base après les avoir déçu avec « Dyfrey ».
Oxmo -Non mais je veux dire pourquoi pas sur notre duo à nous ? Ce serait pas mal.
Ol Kainry -Je veux pas que ce soit pas mal.
Oxmo -Tu veux que ce soit mal, donc ?
Ol Kainry -Un mal nécessaire.
Oxmo -Mais dans quel but ?
Ol Kainry -L’embrasement arrive.
Oxmo -OK… Cinglé… Et c’est moi qui dit ça…

Ol Kainry -Comme ça je reviens avec des bails de morceaux single pour plaire au plus grand nombre.
Oxmo -Je ne doute pas que ta stratégie sera vraiment payante, mon bon ami, mon comparse, mon complice. Mais si tu veux faire un truc grand public, pourquoi ne pas faire un son acoustique avec des musiciens de jazz ?
Ol Kainry -Ah ! Le bail théâtral ? Les bails de la tromperie. Toujours très impressionnant pour les bougs qui connaissent que dalle au rap. Mais on s’y connait en rap, nous, n’est-ce pas mon boug Oxmo ? On a appris au sein de la rue !
Oxmo -Oh moi, tu sais, la rue…
Ol Kainry -Je sais, mon boug Oxmo. Tu as peut être adopté le rap. Moi, je suis né dans les bails de rap. Modelé par les bails de rap. Je n’ai écouté de la variété qu’une fois à l’âge adulte. Et pour moi ce n’est rien d’autre qu’assourdissant !
Oxmo -Bah alors pourquoi ramener des chanteuses à tour de bras ? C’est pas comme si tu connaissais Olivia Ruiz, en plus.
Ol Kainry -Pour embraser les ventes ! Ventes rises !
Oxmo -C’est pas gagné, vu ta façon d’envisager le chant dans un morceau rap.
Ol Kainry -Bail de point d’interrogation, là ?
Oxmo -Tu amènes tes parties chantées comme les mauvais singles d’il y a 10 ans, mais c’est fini Factor X, mon bon. En plus, ton public est très rap. Ça lui fera très plaisir de me revoir en mode MC, tu es bien cruel de gâcher leur joie, ainsi. Eux qui voulaient me révérer en toute quiétude.
Ol Kainry -C’est pour ça que je sors mon album avec Dany Dan dans la foulée.
Oxmo -Tu veux dire qu’il n’y aura pas de feats de merde dessus ?
Ol Kainry -Ah bah si, pourquoi ?
Oxmo -…

Comme Oxmo en avait marre de tous ces gens fous du 91, il retourne alors les chiffres de 91 et retourne ainsi dans le 19, de ce fait.
Un peu comme Batman qui retourne à Wayne Corp. Sauf que lui il retourne vers Danube et croise un autre rappeur du coin.

Oxmo -Il me faudrait de nouveaux gadgets.
Abis -Euh… Ouais… Pourquoi tu me dis ça à moi ?
Oxmo -Parce que je reprends les affaires. Donc je retourne dans mon fief. Un peu comme Bruce Wayne dans TDKR. T’as pas lu le début du billet ?
Abis -Mais c’est moi qui fait Morgan Freeman dans ta version ? Je suis plus jeune que toi…
Oxmo -Et t’es pas noir non plus, mais on fera avec.
Abis -La couleur c’est pas grave. Le sang est le même pour tous, appelle moi Rachid Sissoko. Mais en vrai c’est moi qui devrait faire Batman.
Oxmo -Comment ça ? Tes paroles sont houleuses, mon jeune ami.
Abis -Bah je suis l’homme du bâtiment, l’homme du bât. Bâtman ! Sous ma cape, je visser des gothiques.
Oxmo -Pas mal. Pas mal… t’es sûrement encore un mec qui va me demander un feat, je le vois venir.
Abis -En fait, je t’ai déjà demandé y a quelques années.
Oxmo -Alors ma réponse sera la même !
Abis -Alors ça tombe bien parce que t’avais dis oui. Par contre tu l’as jamais fait après…
Oxmo -Putain, faut que j’arrête de faire ça. Ça ressemble toujours à une bonne solution sur le coup mais après ça me revient dans la gueule.

Abis -Mais c’est cool que tu reviennes aux affaires. Comme ça tu peux poser sur mon album comme prévu à la base.
Oxmo -Il faut que je vérifie si tu mérites un feat avec moi.
Abis -Tu veux test ?
Oxmo -De fait, je vais te tester. Dis moi, mon petit bonhomme, comment comprends tu cette phase ; « Les gens ivres de bonheur rêvent de revolver » ?
Abis -J’sais pas. Les gens heureux, au fond d’eux dépriment et veulent se supprimer. Ou bien alors que les seuls heureux sont ceux adeptes des armes. Les vendeurs, les trafiquants ou plus simplement ceux qui aiment la guerre.
Oxmo -Tu as vu tout ça dans ma phrase ?
Abis -Oui, pourquoi pas. Tu pensais à quoi, toi ?
Oxmo -Euh… Oui… C’est exactement ce que je voulais dire et même bien plus encore.
Abis -C’est ça le 19ème : c’est la rue avec la plume.
Oxmo -C’est beau ce que tu dis.

Mmmmmmmmmmmmmmm !MMMMMMMMMMMM !MMMMMMMMMMMMM!
Roi sans carrosse sur le périph !!!

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Classé dans cinoche, complots, Parodie

Interview NKLM

En attendant la rentrée officielle du Blavog dans vos m*** (ce qui ne saurait tarder vous qu’Octobre pointe le bout de son zgueg)

Notre bon vieux Teobaldo est parti avec son sac à dos pour TupakTV, à la recherche de personnes aux compétences indéniables, et voici qu’il nous livre donc l’interview du collectif NiKLesMouths (NKLM), un groupe de beatmakers du 91 qui a déjà produit pour Zesau, Juicy P, Hype & Sazamyzy, Zekwe Ramos, Alkpote, Moon’A, Butter Bullet ainsi que tout un tas d’autres gens recommandables comme ça.
Vous allez voir dans cet interview que, comme ils le disent eux même « Les beatmakers ont autant de choses à dire que les rappeurs ».
Et le montage a été assuré par Mehdi Mohatou, le fils caché de Serge Moati.

http://tupaktv.com/interviewtupaktv-collectif-nklm-face-camera-video/

Donc allez-y, cliquez, ça vous fera pas mal au cul.
De toute façon, c’est une interview de moi, donc automatiquement je parle à des gens intéressants (Je serai pas allé là bas, sinon, réfléchis) et donc c’est bien.

et puis partagez aussi, il parait que c’est ça le hip hop, c’est le partage (moi j’aurais plutôt dit que ça s’appelle l’éducation mais à priori c’est ça aussi le hip hop)

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Interview Zekwe Ramos – bonus

Jamais 2 sans 3, Zekwe revient pour vous parler de ses influences musicales niveau beatmaking et de son point de vue sur certains collègues (Kaaris, Seth, Al K, Orelsan, L’Entourage, Dinos, Sinik, Diam’s…)

et ça c’est un quizz sur les voyages dans le temps, qu’on a donc décidé d’appeler MacFly Quizz, pour être sûr que personne ne comprenne bien de quoi il s’agit. D’ailleurs à un moment ça parle de Quick.

et ça c’est le freestyle du bonhomme à Générations, c’est pas du tout notre vidéo mais on s’en fout il dit notre blase dedans alors c’est tout comme

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Interview Zekwe Ramos – 2e partie

la suite de ça

Spleenter : On parlait d’Orelsan tout à l’heure, vous aviez échangé sur Twitter, il aimait bien Histoire de, y’avait d’ailleurs une de ses fans qui comprenait pas pourquoi il aimait…

Zekwe : C’est ce qu’on disait, c’est le coté social de la musique… Une petite meuf avec une casquette Supreme à l’envers et une paire de Air Force, qui va lui dire « nan mais vas-y, je comprends pas, tu vaux mieux qu’eux, la banlieue, les singes, les bananes ».

Spleenter : une collaboration est envisageable ? (avec Orelsan, pas les bananes)

Zekwe : Carrément ! On en a déjà discuté, il aime bien ma musique, j’aime bien la sienne… y’a encore rien de prévu techniquement, mais ça va se faire. A la base, c’est lui qui est venu vers moi, à me dire « ouais j’aime bien Histoire de, j’ai écouté Selecao »… mais frère de quoi tu me parles ? Je faisais pousser de la beuh, j’ai acheté ton CD par hasard, et je me suis pissé dessus pendant tout le trajet !

Spleenter : Comment tu définirais la différence entre Selecao 1 et 2 ? J’ai l’impression que c’est plus ouvert.

Zekwe : Je suis d’accord avec toi, c’est plus ouvert, c’est un peu moins débilos. Y’a des tracks un peu débilos, d’autres un peu plus sérieux… j’ai essayé de faire du bon rap, tout simplement. L’avantage, comme je produis et que je fais tout moi-même, c’est que personne ne peut me forcer à faire quelque chose qui ne me plaît pas. Donc en gros, y’a une facette un peu sérieuse, avec des émotions, et une facette bête et méchante … du Neochrome quoi. Mais dans l’ensemble, c’est vrai que c’est plus ouvert, plus grand public. Ma daronne peut écouter 3-4 sons sans aucun problème. Mais comme je te dis, c’est un peu à l’image des albums cainris qu’on a toujours écoutés. T’as des hits, des sons de rue, d’autres pour les clubs …

Spleenter : J’aime bien Extra-Large, parce qu’il me semble que je t’avais encore jamais entendu sur ce genre de prod.

Zekwe : C’est Hits Alive qui a produit celle-là, je tourne le clip la semaine prochaine (l’interview s’est déroulée début avril). D’ailleurs, (il montre son sac) on m’a prêté des vêtements.

Spleenter : Mais si c’est pas tes vêtements c’est pas authentique, man.

Zekwe : Bah tu sais quoi, je viens de me rendre compte que j’ai dit « prêter », mais c’est faux : on me les a donnés ! Je suis parti les récupérer tout à l’heure, justement, pour ce clip qui se tournera le week-end prochain.

Spleenter : On pourra être dedans ?

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Zekwe : Avec grand plaisir !

Teobaldo : Genono il ressemble à Trezeguet en plus, ça te fait une star dans ton clip.

Spleenter : Et tu vas clipper Le début de la faim, celui où tu nous dédicaces ?

Zekwe : C’est pas sur du tout, donc pour me rattraper, si vous voulez passer sur Extra-Large, c’est avec plaisir. Dans ce clip je vais me balader dans Paris entouré d’une trentaine de mecs habillés en saoudiens, un truc bien débilos.

Teobaldo : T’as pas peur que Sacha Baron Cohen porte plainte ?

Zekwe : (rires) Il s’est déguisé en saoudien lui ?

Teobaldo : Ouais, pour The Dictator, sur une version arabe de The Next Episode.

Zekwe : C’est un génie ce mec là, chacun de ses personnages est génial.

Spleenter : Niveau cinéma, qu’est ce qui t’a marqué récemment ?

Zekwe : Je suis un inconditionnel de Tarantino, du premier au dernier. Je me fais régulièrement des journées Tarantino, je regarde toujours les mêmes films comme un débile.

Genono : Ça vient de là le fétichisme des pieds ?

Zekwe : Effectivement, ça peut venir de là. Et puis quand t’as Tarantino, t’as Rodriguez qui va avec. Je suis un grand fan de ces mecs là.

Spleenter : T’attends Sin City 2 ?

Zekwe : De ouf ! J’attends le prochain Tortues Ninja aussi, mais je t’avoue j’ai peur. Les costumes des films des années 90, c’était quelque chose ! Et là, ils te foutent des putains d’images de synthèse de merde. C’est comme le film Dragon Ball… c’est une blessure qui saigne encore. A part ça, qu’est ce que je regarde … les comédies américaines genre Gigolo malgré lui, avec un acteur juif… merde, j’ai oublié son nom. Un petit avec des yeux verts … je sais plus, un acteur juif américain quoi. Y’en a tellement.

Teobaldo : Par contre je viens de recevoir un texto du CRIF, ils te demandent de retirer immédiatement tes propos.

Zekwe : J’emmerde le CRIF ! Y’a pas de questions sur Dieudonné, pas de questions sur les clashs, vous êtes pas à la page les gars !

Spleenter : Ah oui, alors est-ce que tu peux nous faire une quenelle ?

Zekwe : (rires) Je t’en fais une discrète, comme ça je pourrais dire que j’ai pas fait exprès !

quenelle doigtée

Genono : T’apparais pas dans le clip de Barbeuk, de Seth Gueko. Est-ce que c’est parce que t’as eu peur de Lea Castel, étant donné que tu la traitais de pute sur l’album de l’Indis ?

Zekwe : Dis-toi que j’ai eu des « problèmes » à cause de ça ! Seth est venu me voir, il m’a dit qu’elle se sentait pas bien, du coup je me suis un peu excusé sur twitter… je me suis senti coupable ! J’ai écrit un texte sans trop réfléchir, sous alcool, sous substance, la dame que j’ai insultée est blessée… faut savoir reconnaître que c’était méchant, je la connaissais même pas la meuf. Après, il n’empêche que les rumeurs disent que… mais les rumeurs disent ce qu’elles veulent. Bref, je me suis excusé.

Teobaldo : Tu pourrais faire une photo avec elle, comme Rohff avec Céline Dion ?

Zekwe : (rires) Il est bon, celui-là ! Nan mais je crois qu’elle me déteste assez, et puis j’ai pas spécialement envie de la connaître. Mais la question, c’était quoi ?

Genono : Est-ce que c’est pour ça que t’apparais pas dans le clip de Barbeuk ?

Zekwe : Nan, pas du tout ! Y’a pas de raison particulière … et puis de toute façon, je suis mauvais en figuration.

Spleenter : Est-ce que tu sais quand va sortir le clip de Babtou pure souche ?

Zekwe (ses yeux s’illuminent) : Han, c’est tellement un chef d’œuvre ! C’est le Detox des clips vidéos ! D’ailleurs, dans ce clip je suis figurant, je dois avoir 22-23 ans. Si vous avez aimé Cabochards, c’est dans le même délire … c’est un vrai bijou. Avec des quads violets, des caravanes roses … imagine une fête foraine, avec du rap.

Genono : Et pourquoi c’est pas sorti, en fait ?

Zekwe : Je vais pas te dire de conneries, mais il me semble qu’il y a eu des problèmes avec le montage, et que ça a fini par se faire monter par quelqu’un d’autre. Là, 25G garde le clip en stock, et il attend d’avoir plus de matière, préparer des morceaux, clipper, pour pouvoir tout balancer à la suite.

Spleenter : Quel bilan tu tires de Selecao 1 ?

Zekwe : Là, je dois en être à 2000 CDs vendus. On l’a vendu sur le long terme, la première semaine j’ai du en faire 400, c’était horrible. Mais au final, ça m’a ouvert plein de choses. Déjà, c’est une carte de visite, si tu veux savoir ce qu’est Zekwe, t’écoutes Selecao. Ça dessine un personnage, un univers musical, c’est super important, même si en termes de ventes c’est pas ouf. Je pouvais pas arriver avec « Rap de Banlieusards 3 » comme carte de visite ! Un truc où la piste 17 est en fait la piste 1 dans la tracklist, où tout est à l’envers… c’était un puzzle. Il me fallait un vrai projet, qu’on sache qui est Zekwe. Ca m’a aussi ouvert à d’autres artistes : me faire connaître par Orelsan, ou réaliser l’album de Nakk, Supernova.

me demande pas où j'ai eu cette photo putain

me demande pas où j’ai eu cette photo putain

Genono : Et du coup pourquoi « Selecao 2 », et pas un titre complètement nouveau ? C’est histoire de dire que tu restes dans la continuité ?

Zekwe : Voila, c’est le côté « je fais les prods et j’invite tous les copains qui veulent bien venir ». Selecao, ça a rien à voir avec le foot, le Brésil… c’est plutôt le délire « sélectionneur ». Je fais ma formation comme je veux, je place un couplet d’Alpha Wann juste après un couplet d’Al K-pote. Et au final, je sais même pas si Selecao c’est une compil, un album, un album-concept … Ensuite, je pense partir sur l’optique de sortir des projets courts, des EP, des 5-6 titres, avec moins de feats.

Spleenter : Tes objectifs en termes d’ouverture artistique, c’est quoi ?

Zekwe : Je prends tout ce qu’il y a à prendre. L’objectif c’est d’envahir le marché, par tous les moyens : placer des prods sur tous les bons albums, proposer des prods avec des refrains, imposer une touche, une couleur. Je pense que Selecao 2 va servir à ça : confirmer après Selecao 1, montrer que je peux balancer des prods encore meilleures, avec des refrains mieux chantés, des textes mieux écrits. Et puis, faire des connexions ! Parce que souvent, les producteurs choisissent un artiste, et travaillent dessus, comme Therapy avec Sefyu il y a quelques années. Il a imposé un truc ! Et bah moi, mon propre artiste, c’est moi-même ! J’ai 2 cartes à jouer pour envahir le business, c’est magnifique. Après, businessement parlant, si demain une maison de disques ou une boite d’édition vient frapper à la porte… une boite d’édition c’est l’idéal, parce qu’elle s’occupe de ramasser tes billes, elle dit « j’ai tel artiste dans mon catalogue, je vais lui faire écouter telle prod »… ça va plus vite.

Spleenter : Actuellement t’es en indépendant, au final tu vois plus d’avantages ou d’inconvénients ?

Zekwe : T’as l’avantage de faire la musique que tu veux sans te faire sermonner par des vieux mecs qui sortent du rock, ou des directeurs artistiques de merde qui ne connaissent rien au rap. Le gros inconvénient, c’est le coté financier, la sécurité et la stabilité qui vont avec. T’as un mois avec, un mois sans. Après, tout le monde veut faire les choses par soi-même, vivre de sa passion, c’est logique. Mais tu peux rester en indépendant tout en bossant avec un éditeur, ou signer en licence. Une licence, en gros, ça veut dire que tu vas en maison de disques, mais avec ton équipe, ta façon de travailler, et eux se contentent de te filer de l’oseille. Y’a plein de manières différentes de travailler.

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Spleenter : Sur Neochrome ou Selecao, t’invites pas mal de gens, on en parlait tout à l’heure, t’as aucun mal à te mélanger, mais j’ai l’impression qu’on t’invite moins.

Zekwe : Je pense que c’est parce qu’aujourd’hui, le rap, c’est beaucoup de calcul. On va peut-être préférer inviter un mec moins fort, mais qui a plus de visibilité. Si j’avais vendu 10000 exemplaires de Selecao 1, j’aurais eu beaucoup plus d’invitations, je suis encore dans une période où je fais découvrir ma musique aux gens. Jusqu’ici, j’ai touché les gens qui sont dans le business, mais j’ai pas encore vraiment touché le public. Y’a des mecs qui préfèrent s’armer de featurings plus intéressants niveau marketing, et je leur en veux pas, c’est plus ou moins normal.

Genono : Justement, comment t’expliques cette différence ? C’est-à-dire que les rappeurs vont dire « Zekwe il est fort », mais au final ça se répercute pas tellement en termes de visibilité, ventes et reconnaissance par le public.

Zekwe : Ce que je vois, c’est que dans les médias, certains se comportent comme les horribles directeurs artistiques qui sont là uniquement parce que Tonton a décidé qu’il fallait les mettre là. Notre génération, on entendait un single à la radio, on allait acheter le CD, et là on découvrait l’album. Aujourd’hui, on balance tout et n’importe quoi au public, qui ne sait pas forcément reconnaître la bonne musique. Y’a pas l’éducation musicale, en France, pour que le public dise « ça c’est un bon rappeur » ou « ça c’est un mauvais rappeur ». Tous les mecs qui connaissent la musique vont te dire que Zekwe c’est de la bonne musique ! Mais tout le monde ne connaît pas la musique. On va écouter un rappeur uniquement parce que dans la cour de récré tout le monde l’écoute, ou alors uniquement parce qu’il est de telle origine et qu’il la revendique à fond. Pour que la musique parle d’elle-même, en France, c’est super dur.

Genono : Justement, t’as dit « j’aurais déjà percé si Evry c’était New-York ».

Zekwe : Je pense, ouais. Après, seul Dieu sait ce qu’il peut se passer, on peut pas imaginer, ce que je veux dire c’est…

Genono : Tu veux dire que le public est mieux éduqué là-bas ?

Zekwe : T’as une culture musicale, tout simplement ! Et pas uniquement dans le rap, ici t’as des petits qui savent pas qui sont Gainsbourg, Brel, Souchon.

Teobaldo : Tu penses pas que la France n’est juste pas un pays musical, et qu’attendre que ça s’ouvre, c’est un combat perdu d’avance ?

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Zekwe : T’as raison, c’est un combat perdu d’avance, et puis même sans s’arrêter à la musique… on est dans un pays où tout est dans le politiquement correct. Ils se disent pas « bon, on encule le peuple, mais au moins on va leur mettre un peu de divertissement, des bonnes séries, de la bonne musique ». Ça les intéresse pas. Mais à la base, la France c’est un pays très ouvert sur l’art.

Teobaldo : A la base …

Zekwe : Voila. Aujourd’hui, je vois des Plus Belle la vie, ou des chaines comme W9, NRJ12 … j’arrive pas à comprendre.

Spleenter : Tu produis, tu rappes, et tu chantes. Si t’étais pas pauvre et hétéro, on pourrait dire que t’es le Kanye West français.

Zekwe : Je valide complètement ! Sauf que je suis un peu plus souriant.

Genono : Tu pourrais sortir des t-shirts blancs, comme lui, et les vendre 80 euros ?

Zekwe : Avec grand plaisir ! Si les gens achètent, pourquoi se priver ? Quelle enculade … plus ils sont blancs, plus ils sont chers, ça tue !

Spleenter : D’ailleurs, pourquoi tu nous as pas ramené des t-shirts et des bonnets gratuits ?

Zekwe : Parce qu’il faudrait que j’en ai, déjà ! Moi-même, j’en ai pas, donc tu vois on est loin de Kanye West ! (rires)

Teobaldo : Je voudrais revenir sur Neochrome. Tu parles d’Alkpote, de Katana, de Seth Gueko … on a compris que t’aimais bien chercher chez les autres quelque chose d’intéressant. A une époque, autour de Neochrome y’avait plus ou moins Salif, Exs, Nubi, l’Unité de Feu, Nakk, Joe Lucazz, Despo, Escobar, et j’en passe… tu te dis pas qu’il y avait un vrai truc à faire ?

Zekwe : A cette époque je me focalisais plus sur ce que j’avais à faire, et ce pour quoi j’étais payé. Y’a eu des connexions, sur l’album de l’U2Fpar exemple y’a Nysay, Nubi … Attends, y’a une époque où Neochrome avait carrément des bureaux, mais c’était l’époque où le rap vendait un minimum. Mais y’a pas de regrets à avoir, personnellement en tout cas j’avais placé des prods à un peu tout le monde.

Genono : Est-ce que Neochrome pourrait élargir ses activités en dehors du rap, en produisant des clips, des films ?

Zekwe : Bien sur, bah ça se fait déjà un peu : y’a eu Cramé, y’a du textile … Après, c’est un peu compliqué, parce qu’il y a des activités qui sont gérées par des mecs de Neochrome mais qui ne sont pas sous le tampon Neochrome. Mais c’est vrai que ce serait bien de créer une vraie branche visuelle, à travers 420 peut-être.

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Genono : T’as une implication dans Cramé ?

Zekwe : Nan, pas du tout. J’étais jeune, je m’en battais les couilles. Après si c’est un vrai rôle, faire l’acteur pourquoi pas.

Spleenter : J’ai senti un petit côté Doc Gyneco sur Selecao 2, avec des morceaux un peu mélodieux, qui parlent de meufs … C’est un truc qui te parle ?

Zekwe : Bien sur ! Première consultation, l’épopée Secteur Ä… respect ! Le rap français est ingrat, parce qu’on parle beaucoup de Time Bomb, mais on oublie toujours le Secteur Ä. Quand j’ai été dans l’âge mûr, où je pouvais enfin comprendre le vrai sens des paroles de ce que j’écoutais … Skyrock c’était le Secteur A ! Ärsenik, Passi, Stomy, Hamed Daye, Gyneco… ça leur appartenait ! Première Consultation, musicalement j’ai pas tout aimé, c’était un peu west-coast, pas forcément le genre d’ambiance que je kiffais … mais le délire global du CD, c’était violent.

Genono : A propos de Gynéco, dans Extra-Large y’a un moment où tu dis « il manque une rime en –i » … c’est une référence au « il manque une rime en –eul » dans Affaire de famille ?

Zekwe : Je l’avais pas vu comme ça, mais tu peux, oui, je la prends avec grand plaisir.

Spleenter : Tu dis aussi « j’ai trouvé le nom de ton futur album : adopteunflow.com ». C’était une phrase de Gaiden contre Sinik, t’étais au courant ?

Zekwe : …Non. C’était un clash, c’est ça ?

Spleenter : Ouais, un truc organisé à la radio.

Zekwe : Bah tu fais bien de me le dire, parce que je vais avoir 1000 commentaires d’horribles enculés sur ma page youtube : « espèce de pompeur ! ».

Spleenter : il parait que t’avais mal pris le fait d’être sélectionné pour la Booska-tape ? T’es pas obligé de répondre mais si tu peux insulter des gens ça nous fera plus de clics.

Zekwe : On peut en parler, y’a pas de souci, puisque j’en ai déjà discuté avec les principaux concernés. J’avais un intermédiaire qui me disait « t’as pas le niveau pour Booska-P, faut que tu fasses tes preuves ». Et quand j’ai vu certains mecs qui étaient dedans… je me suis dit qu’ils abusaient un petit peu. Si tu me dis que je t’intéresse pas, je m’en bats les couilles, mais qu’on me dise que j’ai pas le niveau… le souci quand t’as un intermédiaire, c’est que tu sais pas si c’est ce qui s’est dit réellement, ou pas. Par la suite j’en ai discuté avec eux, ils m’ont expliqué que c’était pas tout à fait ça, et aujourd’hui y’a aucun souci, je vais en interview chez eux, je fais des freestyles

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Spleenter : J’avais relevé un petit coup de gueule sur twitter, tu disais « les rappeurs, faites semblant de pas savoir qui je suis, alors que vous fourrez votre langue dans mon cul dès que vous êtes en studio ».

Zekwe : Le mec on me dit « lui il kiffe ce que tu fais, il aime bien tel morceau, etc », et t’arrives devant lui en studio, il tire la tronche et il te regarde de haut genre « mais qui es-tu, horrible fanatique ? » … c’est un truc que je comprends pas. « Ouais, nous on suce pas », ok mais dire que t’apprécies ce que je fais ça va pas te boucher le cul.

Genono : Quand tu parles de langue dans le cul, c’est une métaphore, hein ?

Zekwe : On sait pas, frère ! Entre le fétichisme des pieds, le coming-out … de toute façon, aujourd’hui c’est le mariage pour tous ! Je vaux autant que vous !

Spleenter : J’étais un peu déçu du clip de Buzz l’Eclair. Le morceau était plein de phases marrantes à illustrer, puis le clip… y’a le côté Snatch mais ça colle pas trop.

Zekwe : Y’a pas mal de gens qui m’ont dit la même chose. 420 m’a proposé ça, j’ai trouvé que ça changeait un peu, un clip un peu scénarisé, j’ai trouvé ça sympa. Pour certains c’est peut-être un peu trop tiré par les cheveux, je comprends ton point de vue sans le partager. Désolé pour la déception, ça arrive.

Spleenter : Est-ce que t’es au courant que le mot « forgerie » n’existe pas ?

Zekwe : J’avais dit ça dans quel morceau ?

Spleenter : Dans J’y arriverai.

Zekwe : Bah … on invente des mots, frère ! Faut bien rebondir, forgerie, je suis, fort, je ris… Attends mais forgerie, ça existe (réellement convaincu) ! Les forgeries, j’ai déjà vu ça quelque part.

Teobaldo : Nan, on dit « une forge ».

Zekwe : Haaan… La banlieue mon poto ! (rires) La bonne excuse à tout.

Genono : Est-ce que la net-tape Mazter Chefs a été initiée par Alkpote, par toi, est-ce que c’est un projet global de Neochrome ?

Zekwe : C’est une bonne question. C’est un projet global de Neochrome, qui avait pour visée de mettre plus en avant Alkpote. Il est sur plus de morceaux, et c’est lui qui a le plus défendu la sortie … mais c’est un vrai projet global Neochrome. On a pris des inédits à gauche, à droite … Pas facile était prévu pour Selecao 2.

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Teobaldo : C’est un peu le même principe que Rap de Banlieusards au final.

Zekwe : Voila, c’est histoire de maintenir une actualité, balancer des inédits.

Spleenter : T’avais une phase contre Def Jam France… qu’est ce que t’as contre eux ?

Zekwe : Bah à l’époque où j’ai lancé cette phase, leur catalogue d’artistes était épouvantable. C’est Dej Jam… Kanye West vient ici, il regarde ça, il fait un infarctus. Depuis, ils ont pris un bon virage, ils se sont rattrapés avec des mecs comme Joke par exemple, que j’apprécie artistiquement, ou Dinos Punchlinovic. J’ai presque envie de m’excuser, mais non, j’ai pas envie.

Spleenter : Est-ce qu’il a été question de signer Dinos chez Neochrome ?

Zekwe : Ouais, Dinos a toujours été un fan de Neochrome. Mais après, il a étudié toutes les propositions qu’il avait, et il a fait ce qu’il avait à faire. Y’a quelques années, dès que je me connectais sur MSN il venait me dire « Zekwe, ton nouveau morceau tue, cette phase est terrible »… aujourd’hui il est plus connu que moi, et il est plus riche que moi. Ça tue !

Genono : Y’a quelques années t’as fait « Vote ou meurs » avec Grodash… mais plus récemment t’as dit « on votera peut-être pour le parti anarchiste ».

Zekwe : On m’a obligé ! A l’heure qu’il est, ça me parle plus du tout le vote, c’est triste, je me sens pas du tout concerné par tout ça. Mais on est plein à être comme ça !

Tous en chœur: Moi c’est pareil.

Zekwe : T’as l’impression que c’est une guéguerre entre des millionnaires, pour savoir qui va accéder au pouvoir… c’est Game of Thrones en fait. Et nous on est le peuple, qui ramasse les galets par terre pour voir si y’a pas de la mousse qui a poussé en dessous. Nan, avec le recul, j’en ai rien à foutre de ce morceau, rien à foutre de voter… Voila pourquoi je parle du parti anarchiste, ça reflète plus ma façon de penser actuelle.

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Spleenter : Quand on interviewé LMC Click, ils nous ont dit que maintenant le 91 essayait d’être uni. Toi on t’a entendu sur Yeah Mogo remix de Grodash… c’est un truc que tu kiffes, ce côté unité ?

Zekwe : Bien sur, on a un truc dans le 91. Y’a plusieurs ambiances, plusieurs sonorités, mais on a un truc en commun, c’est inexplicable. Ça a commencé y’a longtemps, on parlait déjà du Triangle des Bermudes entre Evry, Grigny et Corbeil. On est un département tristement connu pour des guerres entre quartiers, et même pas pour des histoires de terrains : ça se tire dessus pour zéro euro. Donc on a toujours eu ce réflexe, dans le rap, de faire le chemin inverse. Musicalement, ça donne de bonnes choses, et pour les petits, pour l’image qu’on renvoie, c’est super important.

Spleenter : Comment t’expliques que dans le 91, il n’y a pas eu de « grand rappeur historique » ? Y’en a eu, mais aucun n’a réellement percé.

Zekwe : Y’a eu Diams et Sinik, quand même …

Spleenter : Je parle plutôt d’une 1ère génération de rappeurs, l’équivalent de NTM dans le 93 ou du Ministère Amer dans le 95.

Zekwe : Je pense que c’est une question d’époque. NTM ou IAM, ils ont marqué les débuts du rap en France, mais nous on avait personne à cette époque là. Après, on a quand même réussi à créer une touche, le souci c’est qu’on a pas réussi à l’imposer, parce qu’elle est très pointilleuse. C’est de la rime, du flow, des détails… Je sais pas. Je suis attaché au 91, mais je fais pas non plus une fixette dessus.

Spleenter : Du coup c’est pas un peu relou d’être le département qui, dans le rap, est reconnu à travers Diams ?

Zekwe : Elle a bicrav, elle a fait de l’argent. Bon après, musicalement… attention quand même, Premier Mandat c’était un petit bijou. Et puis par la suite, elle a fait son business, elle a pris de l’oseille, même si c’est clair que c’est pas du tout ce que j’écoutais. Après, j’avoue c’est un peu relou. « Tu viens du 91 ? Ah ouais, si si, la vibe avec ton mec, tout ça » (rires) Et puis même Sinik, il a fait de bons trucs. Bon, ensuite Booba les a attaqués tous les deux, on a l’impression qu’on nous disait « retournez dans vos champs, on vous valide pas, bande d’arriérés ».

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Teobaldo : Tu l’as pris pour toi, ça ?

Zekwe : Nan nan, pas du tout. Booba il se permet de dire ça parce que … il est sorti à l’époque où il fallait ! Après, il a réussi le plus difficile : perdurer. Mais Diams et Sinik, faut pas en avoir honte, ils ont fait de l’argent, faut respecter ça. D’ailleurs je tiens à préciser que j’ai produit pour Sinik quand j’avais 18-19 ans, un morceau qui s’appelle Tard le soir.

Genono : Dernière question, pour conclure : l’année dernière tu t’es fait interviewer par une meuf avec un t-shirt de Tortue Ninja. Est-ce qu’après ça, c’est pas un peu fade de te faire interviewer par 3 paires de couilles ?

Zekwe : Bah nan frère ! C’était d’autres styles de questions, Le Blavog j’ai tenu à le faire … sinon des interviews, je peux en faire 1000, c’est toujours les mêmes questions : quel est ton parcours, qui sont les invités, qu’est ce que tu penses de Booba, qu’est ce que tu penses des clashs… c’est horrible ! Donc je suis content d’avoir fait ça. Content d’avoir abandonné ma famille, d’avoir pris le RER, de crever de faim, d’être arrivé avec une heure de retard.

Genono : Je suis dans le même cas, t’en fais pas.

Zekwe : T’es d’où toi frangin ?

Genono : Mantes la jolie.

Zekwe : …Oh merde.

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Spleenter : Y’a quelques phases egotrip où tu parles du fait d’être métisse, avec toujours un peu cette idée « j’ai pas de race, alors je rigole de tout ».

Zekwe : C’est le résultat du métissage… Tout à l’heure j’étais avec mon pote Glyphe et ses cousins, c’est des sénégalais, j’arrive on me dit « wesh négro », tu vois ce que je veux dire ? Après, y’a des gens qui peuvent mal prendre le fait que je dise « négro » c’est un peu confus. C’est juste que je fais pas attention à ça, pour moi c’est naturel. Le dimanche, quand je vais manger chez maman, c’est du maffé dans l’assiette. Les races, les religions, les communautés … c’est un truc auquel je refuse de faire attention. La nouvelle génération, elle te demande ton prénom, ton âge, et direct après, ton origine et ta religion. Alors que je m’en bats les couilles ! Je te prends pour ce que t’es.

Spleenter : Donc tu fais pas partie des groupes facebook « anti-beurettes à khel » ?

Zekwe : Nan, ce genre de truc ça fait pas avancer grand-chose.

Spleenter : Ça fait pas avancer ma bite, surtout.

Zekwe : (rires) Grave, après les meufs rebeux sont complexées (attention, superbe imitation à venir) : « vas-y, j’ai un renoi, mais après on va dire que je suis une pute lààààà ! ». Y’a une période où on se posait pas toutes ces questions, et nous on est issus de cette génération. Mais déjà, avant, on voyait pas la tête des rappeurs. Y’avait pas internet, les clips, etc. Je me souviens, au collège, avec mes potes, on débattait sur Booba : « il est noir » « nan, c’est un rebeu »… Et Freko, de ATK ! Le jour où un mec est venu et m’a dit « Freko, c’est lui » … ma réaction ça a été « mais nan, c’est pas possible, c’est le boucher à Freko ! ». Donc voilà, je pense que ce je-m’en-branlisme se ressent dans ma musique. Je suis fier d’être métisse, mais je suis surtout fier d’être sans race.

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Spleenter : T’es d’Evry, donc ton maire c’est Manuel Valls ?

Zekwe : C’est l’ancien maire.

Spleenter : T’es content de ce qu’il fait ?

Zekwe : (rires) « Alors, t’es fier de toi, enculé ? Avec toutes vos conneries, vous lui avez foutu le seum ! »

Spleenter : Si tu pouvais remonter le temps MacFly, est-ce que tu lui ferais mater des spectacles de Dieudonné, pour qu’il devienne fan ? Réponds dans le respect.

Zekwe : Franchement, ouais. Mais je pense que même aujourd’hui, tu l’attaches à une chaise et tu le forces à regarder, il est obligé de rigoler. J’en suis sûr et certain. Mais lui, il est en mission, en croisade.

Teobaldo : En tout cas, c’est un des meilleurs plans promo qu’on ait jamais vu.

Zekwe : De ouf ! Bon, après t’as tout ce qui va avec : les saisies, les amendes… Dieudonné, c’est un génie, c’est relou pour lui.

Spleenter : Est-ce que ta meuf te casse pas les couilles sur certains sons, quand tu dis des trucs un peu sales, ou quand tu parles d’autres meufs ?

Zekwe : Nan, ça la fait rigoler. Elle a beaucoup de recul là-dessus, elle sait que j’avais une vie avant elle. Dans mes chansons, je peux parler de mes anciennes relations, de mes fantasmes … le rap, c’est un exutoire. Ça revient à ce que Genono me disait tout à l’heure, sur le fait que j’ai un personnage moins marqué. C’est simplement que des fois t’as envie de parler de ta vie, des fois t’as envie de parler de la vie des autres… dans le rap, tu dis ce que tu penses sur le moment, c’est tout.

Spleenter : Et la belle-famille ?

Zekwe : C’est plus compliqué. C’est une autre génération, d’autres coutumes, c’est plus compliqué. Mais y’a un gosse, maintenant, donc c’est verrouillé ! (rires) Ils m’aiment beaucoup, mais au début c’était compliqué, ils s’inquiétaient. Et puis toi, t’essayes de pas remuer le couteau dans la plaie, tu dis « alors en fait, je suis compositeur », ça passe toujours mieux.

Spleenter : Olivia Del Rio c’est ta pornostar préférée, ou c’était juste pour la rime ?

Zekwe : Je pense que toutes générations confondues, c’est ma pornostar préférée. Elle envoyait au max !

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