Archives de Tag: ta mère

Noir du slip 2

Nous retrouvons donc Youssoupha en studio pour la confection de son album.
Il y est conseillé par Oxmo Puccino et s’est aussi « offert » les conseils de Kery James et Akhenaton.

Kery -Faut me laisser partir, maintenant. Détache moi !
AKH – aideuh nous toi.
Oxmo -Vous êtes très bien attachés là. Ne nous forcez pas à vous mettre au mitard.
Kery – Vous avez un mitard ?
AKH -C’est quoi un mitard ?
Youssou -En fait c’est la salle de bain. On a dû y mettre Ekoué, il se tenait pas tranquille.
Kery -Vous avez mis Ekoué dans les chiottes ?
AKH -Ekoué est ici ??!! Le laissez pas sortir, siouplait. Je ferai tout ce que vous dites !
Ekoué -LAISSEZ MOI SORTIR !!!!
Oxmo -Ah ?! Il s’est réveillé…
Kery -Il a senti ta peur, à tous les coups.
AKH -Mais j’ai pas peur, putaing con !
Ekoue -IL EST LÀ !! AKHENATON EST LÀ !! ÇA SENT L’HUILE D’OLIVE ET LE POISSON !!! C’EST LUI !!!
AKH -Vous l’avez bieng attaché au moins ?
Ekoue -JE SUIS METEQUE  MAIS JE VIENS PAS D’ITALIE, ORDURE !
Kery -Il a l’air très remonté contre toi.
AKH –C’est ça mon frère
Kery -M’appelle pas frère, frère, je suis pas rastafrère !
AKH -Et moi je suis pas une ordure. Mais je suis attaché, je peux pas aller lui dire en face.
Kery -forcément…
Oxmo -Tu n’es point tellement mat, non plus.
Kery -Bah, Métèque et blanc comme un cul, ça devait pas être vendeur.
Oxmo -Et Métèque et moustachu, c’était déjà Nougaro.
AKH – Non, mais c’était une façon de dire que j’étais méditerranéen comme les arabes et tout.
Kery -C’est vrai que t’es un peu à l’origine de tous ces rappeurs blancs complexés qui compensent en parlant de la perte de leur prépuce à tout va.
Oxmo -Leur grand manitou.
Kery – leur père spirituel
Youssou – leur capichef
Oxmo – leur gourou
Kery – leur big boss
Youssou – leur grand Gana
AKH -C’est un fond de commerce comme un autre.
Kery -On ne t’en blâmera pas.
Oxmo -Oh que non.
Ekoue -MOI SI, SALE MERDEUX !

Youssou -Il a l’air un peu énervé, non ?
Oxmo -N’aie crainte, immonde individu, j’ai l’astuce de toutes pour se faire appeler ma puce.
Youssou -Quoi ?
Oxmo -Laisse, c’est une de ces merveilleuses citations de moi même qui te dépassent. Comme ma bite.
Youssou -Ah ok.
Oxmo -J’entends par là que je m’en vais calmer ce mufle à la virilité saillante en lui administrant un médicament bien senti.
Youssou -Euh… GESTE ?!!
Kery -Hey, le gogol ! Il va lui faire quoi en vrai ?
Youssou -Il va obliger Ekoué à regarder des clips de TTC.
Kery -Vous êtes des monstres !
AKH -C’est rude. Mêmeuh pour Equouwé de la Rumeureuh.
Oxmo -Et voilà. Ekoué est maintenant totalement choqué et calmé par la vue d’un documentaire où Teki Latex explique ce qu’est le rap.
Kery -Quel infâme gros tas visqueux et prétentieux…
Oxmo -Moi non plus je n’aime pas Teki latex mais modère ton langage.
Kery -Je parlais de toi
Oxmo -Je le savais ! Ceux qui t’ont dit le contraire t’ont menti et… Hey !! Mais c’est pas gentil.
Kery -Ah non mais je disais ça comme un compliment. T’es vraiment un gros connard fier de lui et hautain. J’aime ça.
Oxmo -Tu n’es pas mal non plus.
Kery -Tu m’étonnes. Je suis Kery James quand même ! Je donne le meilleur de moi même. Et je peux te dire que le meilleur de moi même, c’est vraiment pas de la merde !
Oxmo – c’est tellement dommage qu’on doive à chaque fois le rappeler à tout le monde
Kery – m’en parle pas, moi on me fait chier depuis des années avec des prétextes à la con : « kery t’avais renoncé aux instruments à corde et à vent pourquoi tu les réutilises » ; « kery tu dis tout le temps que faut s’unir mais tu bastonnes d’autres rappeurs » ; « kery tu refusais de faire hardcore en live à une époque et après t’as fait hardcore 2 » ; « kery ça fait 6 ans que tu fais le même morceau avec un titre différent » ;  « kery c’est quoi ce nouveau bouc à la craig david », etc.
Youssou – c’est vraiment des sales cons !
Kery – grave. sinon ils comprendraient bien que, comme tous les grands génies de ce monde, j’ai ma fragilité artistique, mes doutes, et mon autobiographie qui va bientôt paraître pour surfer sur le buzz de mon retour qui surfe lui-même sur l’actualité électorale.
Youssou – putain mais ça sur-geste à fond là ! wouhou !
Oxmo – je dois avouer que tu places la barre très haut dans l’exploitation de la branlette. Mais du coup niveau zic tu vas faire quoi ?
Kery – là tout de suite ? rien.
Oxmo – comment ça, rien ?
Kery – je vais juste faire un best-of en live. mais ce sera des concerts acoustiques où les gens seront assis, dans une salle de théâtre parisienne.
Oxmo – c’est légèrement pompé sur moi, ça.
Kery – bah…
Oxmo – non mais j’adore qu’on me pompe, rassure-toi.
Youssou – putain mais ça geeeeeeeeeeste ! gestitude de dingue !

Kery – et je vais faire quand même 2 ou 3 inédits, histoire de me payer des vacances cet été, j’ai prévu tout un planning. y’en a un où j’ai fait exprès de dire que la frince c’est caca, comme ça, polémique…
Youssou – …et débat en télé, ouais je connais, j’ai utilisé ça pour zemmour, ça m’a duré 2 ans, ça marche toujours ces trucs.
Kery – non, moi j’irai pas en télé. et j’expliquerai dans un communiqué que c’est parce que les présentateurs du PAF ne méritent pas d’adresser la parole à l’être supérieur que je suis, parce qu’après des années d’observation j’ai découvert que la télé frinçaise, c’est aussi caca que la politique frinçaise.
Youssou – j’y avais pas pensé
Oxmo – le buzz et l’argent du buzz, c’est finement joué.
AKH – je dois direuh que moi aussi je suis pas contreuh me chatouiller la nouilleuh, mais jamais à ce point là, je vous tireuh mon chapeau
Youssou – d’ailleurs en parlant de chapeau, ça doit te faire bizarre d’être en 2012 non ?
AKH – heing ? pourquoi ça ?
Youssou – bah, les prédictions mayas, tout ça. avec IAM vous étiez vachement portés sur les cultures aztèques non ?
AKH – non. moi c’était les pyramides et les pharaons d’égypte. ainsi que les jedis, les cowboys, les mafieux new yorkais des années 80 et à peu près tout ce qui nous permet de nous déguiser. on aime bien ça, les déguisements.
Youssou – alors je dois confondre avec shurikn
AKH – non plus, lui c’était les samouraïs, les ninjas, et les chevaliers du moyen-âge
Youssou – alors peut-être que c’était Fr…
AKH – STOP ! QU’EST-CE QUE J’AI DIT ?!
Youssou – pardon. Ox Pucc, mon super conseiller et interprète du grand Hip Hop. J’ai besoin de ta lumière.
Oxmo -Comme tout le monde.
Youssou -Je veux faire une super belle phase, comme toi.
Oxmo -Ah, tu veux dire emballer la plèbe aux capacités médiocres de par ma verve pour que tous m’acclament ?
Youssou -Ouais, les trucs classes où je comprends pas tout. Mais je fais semblant pour pas avoir l’air con.
Oxmo -C’est ça même ! Vous parlez d’or, ami jeune au visage dévasté par l’horreur.
Youssou -Ma phrase c’est un peu « j’ai tué ma vie d’adulte avant d’enterrer ma vie de garçon » mais en mieux, quoi…
Oxmo -Mmmm… Je vois… Je vois… Laisse moi d’abord envisager cette rime dans sa globalité… Mmmm… Oui c’est bon… Mmmm…. C’est bon !! L’esprit Hiphop est en moi ! l’esprit Hiphop me parle !!
AKH -Ah super ! Demande lui si il a aimé « I luv NY » avec Faf Larage ?
Oxmo -On a pas le temps pour ces conneries !
Youssou -Alors ? Ma phase, ça donnerait quoi ?
Oxmo -Mmm… « j’ai tué ma vie d’adulte avant d’enterrer ma vie de garçon » !!
Youssou -GESTE !!!
Kery -C’est la même phase, espèce de taré…
Oxmo -Oui, mais vu que c’est moi qui l’ai dite, c’est encore mieux. C’est l’effet Puccino, ça.
Youssou -Wow !!!
Oxmo -Tu vois, passé un certain stade, tu peux juste te permettre de dire tout et n’importe quoi.
Youssou -Sérieux ?
Oxmo -Mais oui. Y aura toujours des gros cons, quelque part, qui penseront que tu es un génie. Pourquoi auraient ils tort ?
Youssou -Je sais pas.
Oxmo -Ta gueule. Ils ont raison. Si on me trouve génial, c’est que je le suis ! Regarde moi droit dans les yeux et répète après moi : « Je suis génial. Je suis génial. »
Youssou -Je suis génial ! Je suis génial !!
Oxmo -« Mes pets sentent bon. Mes pets sentent bon ! »
Youssou -Mes pets sentent bon !! Mes pets sentent bon !!!!!!!
Oxmo -Voilà !!
Youssou -Je vais péter dans des fioles et ouvrir une parfumerie !!!
Oxmo -Oui, c’est ça l’idée. Mais ne te donne pas tant de mal : Sors juste un album.
Youssou -Mais ouais !

4 Commentaires

Classé dans sliphop

Noir du slip 1

Youssoupha est le Jay-Z frinçais.
C’est pas nous qui le disons, c’est des gens sérieux et très bien comme il faut.
Mais à part le fait d’avoir une tête amusante comme son homologue outre-atlantique, quel est le secret du succès de Prims Parolier le Lyriciste Bantou ?

Et bien c’est évidemment d’avoir de bonnes références qui font plaisir aux gentils journalistes du rap.
Encore un qui doit invoquer l’esprit hip hop seul en slip dans sa chambre le soir.


Youssou -Ah ! Kery James, mon meilleur ami de toujours, content que tu aies pu venir.
Kery -Quoi ? Qu’est-ce que je fais ici ? Qui êtes vous ? Un E.T. ?
Youssou -Mais non, c’est moi.
Kery -Vous êtes un E.T. et vous m’avez enlevé car je suis le meilleur représentant de la race humaine. Évidemment. je suis Kery James, la lumière parmi les peuples et les ruisseaux.
Youssou -Non, mais c’est moi, Youssoupha, je t’ai invité sur mon album.
Kery -Invité ? Alors pourquoi je suis attaché à une chaise ?
Youssou -On va faire du vrai hip hop ensemble.

Kery -Bon, écoute petit, je pose sur ton album, c’est d’accord, mais détache moi maintenant !
Youssou -Mais non, c’est mieux, comme ça je suis sûr que tu poseras assis puisque t’es saucissonné à la chaise.
Kery -Quoi ?!
Youssou -Mais oui ! Comme les X-Men sur Retour aux pyramides !! Ils ont posés assis !! ASSIS !!! GENIAL !!!
Kery -Euh… Ouais… Et pourquoi on doit le refaire ?
Youssou -Parce que c’est du vrai real hip hop esprit man !
Kery –M’appelle pas man, man !! Je suis pas rasta man !!!
Youssou -On va gester !
Kery -Quoi ?
Youssou -C’est le verbe gester !
Kery -Il veut dire quoi ?
Youssou -Je ne sais pas…
Kery -Alors pourquoi tu le dis ?
Youssou -Parce que dès que je sais plus quoi dire je parle de geste et de gester.
Kery -…
Youssou -Je fais pareil dans mes rimes.
Kery -… évidemment …

Youssou -Alors tu vas poser ? Pour l’esprit hip hop ! Pour Ideal J ! Pour DJ Mehdi !
Kery -DJ Mehdi ? Mais qu’est-ce qu’il vient foutre là ? Laisse le tranquille.
Youssou -C’était vraiment trop un musicien brillant. Il a apporté beaucoup à la musique et au grand esprit hip hop. Sa mort nous a tous beaucoup affecté.
Kery -Ouais, moi c’est surtout parce que c’était un très bon ami…
Youssou -C’était notre ami ! Oui ! Il était l’ami de tout les vrais adeptes de real hip hop. Et on se retrouvera tous là haut ! Au paradis du hip hop !!
Kery -Quoi ?!
Youssou -Et on fera une grande ronde en smurfant sous un arc en ciel peint à la bombe !
Kery -Seigneur…
Youssou -Et un Dj scratchera le soleil et la lune et on fera des freestyles avec BIG et 2Pac et…
Inconnu -NON !! NON !!! NON!!! ET NONG !!

Kery -Mais ?! Toi aussi t’es là ?
AKH -Et oui, ji mi suis fait aleupaguer à la sortie de la gare d’Ausseutèreuliteuzeu. Et toi gazier ?
Kery -m’appelle pas gazier, gazier !! je suis pas rasta gazier !!!
Youssou -Pourquoi il faut pas freestyler avec Biggie et Pac au paradis du grand esprit hip hop ? j’ai fait quelque chose de mal ?
AKH -Nang petit, aveque Bi Aïeu Deuji c’y bong, tu peux. Mais ton toupaque là, c’est le mal.
Youssou -Ah ?
AKH -Mais oui ! Il fait la ouesteuh costeuh là. Aveque les cagoles peu vêtues dans les clipeuh vidéo. Il joue li rôle de l’esclave.
Youssou -J’avais pas vu ça comme ça moi…
AKH -Crois moi mon petit. C’y moi qui ai ramené le vrai esseuprit hip hop de Nouille York alors qu’il n’était qu’un embryon de 11 mois. Sur mes épaules ! À la nage ! Jusqu’à Marseille ! Depuis nouille York !
Youssou -Wahou !
AKH -L’esseuprit hip hop qui s’est retrouvé à Lossannegelesse est un faux, peuchère !


Youssou -WAHOU !! Ça geste !! Comment je peux faire pour avoir l’esprit hip hop moi aussi ?
AKH -C’y simple. Déjà, tu as une coupeuh de cheveux de merde. Comme moi à l’époque !
Youssou -Yeah ! Comment ça geste ! Ça geste à fond là !
AKH -Et j’avais une mousseutacheu aussi.
Youssou -Bah vous avez une toujours une moustache.
AKH -Ah non.
Kery -Bah si, un peu quand même…
AKH -Non, je vous assure que non, je me raseuh.
Kery -J’ai bien peur que tu portes ta moustache toute ta vie…

Youssou -Donc Kery James, tu poses. En l’honneur de notre ami disparu.
Kery -Non mais moi c’était mon ami pour de vrai.
Youssou -Moi aussi ! regarde, c’est une photo de moi à l’enterrement de DJ Mehdi. Tu vois que c’était mon pote inséparable.
Kery -Je ne sais pas ce qui m’effraie le plus. Que tu t’incrustes à des enterrements ou le fait que tu te prennes en photo à ces enterrements… En plus t’es caché dans un arbre…
Youssou -Ça c’est parce que rester debout aux enterrements, c’est devenu trop commercial. Tout le monde le fait.
AKH -Là, il a raison. Je me souviens de l’enterrement de Freeman et…
Kery -Mais il est pas mort Freeman
AKH -POUR MOI IL L’EST !! TU M’ENTENDS ?!! NE REDIS JAMAIS QUE FREEMAN EST ENCORE VIVANT DEVANT MOI SINON JE TE VIOLE DANS LA BOUCHE, JE TE VIOLE DANS TA PUTAING DE BOUCHEUH !!!
Kery -Bon ok, d’accord, t’énerves pas, ça va…
Youssou -Tu veux bien poser ?! GESTE ! Je t’apporte le micro !
Kery -Non mais je disais ça à Akhenaton, moi… Oh puis merde…

Youssou -Faudrait que ton flow soit…
Kery -Houla ! Je t’arrête tout de suite !! j’ai dit que je posais, pas que je rappais.
Youssou -Quoi ?
Kery -Ou alors tu me payes très cher.
Youssou -C’est esprit hip hop ça ?
Kery -Eh oh ! Evidemment ! Ouh ouh ! C’est moi ! Kery James. Je suis le hip hop, ok ?!
Youssou -Bah non, mais je croyais que la passion de la musique, tout ça…
Kery -Oui, mais nous ne sommes pas voués à l’échec. On peut s’en sortir. On peut monter nos propres affaires. C’est écrit sur mon t-shirt. Tu es d’accord ?
Youssou -Oui !
Kery -Et moi, mon affaire, c’est la musique. OK ?
Youssou -Oui !!
Kery -Alors si je veux m’en sortir je dois me faire payer pour ma musique et pas être voué à l’échec. Donc je me fais payer sauf que moi c’est hip hop, c’est comme ça.

Youssou – oui… OUI !!! l’esprit hiphop est en moi ! Voilà ton argent Kery !
Kery -Sacré pigeon…

Youssou -Mais ! Tu rappes pas là.
Kery -Bah non.
Youssou -Mais pourquoi ?
Kery -À ton avis ? Si tu dis que je suis sur ton album, qu’est-ce que ton public de débi… qu’est-ce que ton public va penser ?
Youssou -Bah… Que tu rappes.
Kery -Voilà ! Et tu crois qu’ils ont envie d’entendre ça ?
Youssou -Bah oui.
Kery -Mais moi je ne suis pas là pour leur dire ce qu’ils veulent entendre ! Et toc ! Esprit hip hop mon con !
Youssou -Quel geste !!
AKH -Ty es sûr là ?
Kery -Si ça passe, on dira que c’est parce qu’officiellement j’ai encore arrêté le rap. Et toc !
Youssou -Mais tu dis ça depuis des années et tu sors encore des albums.
Kery -Bah disons que j’ai arrêté de rapper avec vous.
Nouvel inconnu -C’est bien ! Mais pas encore assez !!


AKH -Mais ? Ty es là aussi toi ?
Oxmo -Et oui ! C’est moi c’est moi c’est moi. Applaudissez dissez moi.
Kery -Mais pourquoi t’es pas attaché, toi ?
Oxmo -Parce que moi je suis consentant, mon petit bonhomme.
Kery -M’appelle pas mon petit bonhomme, mon petit bonhomme ! Je suis pas rasta petit bonhomme !!
AKH -Mais poureuquoi ty es consentant ?
Oxmo -Je suis le conseiller et grand prêtre de l’esprit hip hop et je guide ce petit au faciès immonde.
Youssou -GESTE !!
Oxmo -Et tu vois, machin…
Youssou -Youssoupha.
Oxmo -Me soule pas.
Youssou -Non, Youssoupha.
Oxmo -Ne m’interromps plus Machin. Ça fâche le grand esprit hip hop quand tu fais ça. Tu devrais plutôt écouter Kery James.
Kery -Et si vous m’écoutez, vous avez intérêt à m’avoir acheté et pas téléchargé illégalement.
Oxmo -Quand il dit qu’il a arrêté de rapper avec vous, c’est génial ! C’est vers ça que tu dois aller.
Youssou -Arrêter les feats ?
Oxmo -Oui. Tu arrêtes de rapper avec les autres. C’est le premier pas. Ensuite tu arrêtes de rapper tout court.
Youssou -Euh… Vous êtes sûr là ?
Oxmo -Évidemment. Moi je ne rappe plus depuis des années et pourtant, les adorateurs du real vrai esprit hip hop me sucent toujours quand je sors une rime.
Youssou -C’est vrai. Gestitude !
Oxmo -Et c’est ça l’évolution ultime du real esprit hip hop. A terme, le hip hop n’aura plus besoin du rap du tout !

17 Commentaires

Classé dans sliphop

Interview Koffi Trop 2 Style (Suite et fin)

C’est la deuxième partie, c’est donc la suite de la première partie (parfois, les intros c’est chiant).

Spleenter -J’avais vu sur le site Zikaload, une interview de KremKrem c’est le blanc c’est ça ?

Koffi -Ouais.

Spleenter -Donc c’est bien lui. Il disait que l’aventure Absolut c’était fini et toi tu nous dis le contraire.

Koffi -C’est parce que lui c’est pas vraiment un gars d’Absolut, il gravite autour. Il peut pas vraiment savoir. Peut-être qu’il pense que c’est mort. Mais pour moi non, « Absolut » je pourrais me le tatouer, tu vois ?
Mais je pense qu’il parlait de Treepsal la structure, parce qu’en fait, dans le concept, avant on était tous Treepsal. Y avait moi, Autop C il était dans un groupe, Treep Alliance, ils étaient 3, avec Tony et Ceerano. Dernièrement, Ceerano il a fait des trucs avec la clique d’Alain de l’Ombre. Là ils sont plus ensemble. Y’avait K-Fé Krem, ils étaient 2. Et moi, Kameni et Sidi Omar.
Et y’avait un manager et producteur, c’était un gars de notre cité, Black Malden. À un moment, quand t’as plusieurs groupes, personne n’est content. On va pas tous dans les mêmes directions. Nous on est plus âgés, les gars de Treepsal c’est nos petits. Ça fait pas des embrouilles mais c’est pas gérable. Comme une équipe de foot, si t’as pas un bête de coach ça part en couilles (dédicace à Laurent Blanc et Raymond Domenech) À partir de là on a fait nos trucs à part et, franchement, on a arrêté de rapper.
À la base, Treepsal c’est vraiment mon concept. Le manager m’a dit « t’as un bête de concept Treepsal. On appelle le label Treepsal » Moi j’ai dit OK. Mais il a pas pu gérer Treepsal, parce que c’est mon propre concept. Donc je lui laisse son treepsal, mais moi je peux pas changer. Donc on a ajouté Absolut pour bien montrer que nous on amène le nouveau truc.
Donc peut-être que Krem parlait du label Treepsal. Mais Absolut, tant qu’y a Autop C, tant qu’y a moi, ça peut jamais mourir. Même quand je rappe tout seul je dis « Absolut Treepsal. »
Et puis Krem, Express et Kappacci sont venus se greffer à l’aventure Absolut. Kappacci, à la base, il était avec La Brigade. C’est comme ça que je l’ai connu, avec Joe Lucazz. Je les connaissais avant, mais quand on a commencé à faire nos trucs, on était avec La Brigade. Quand ils avaient leur truc à Belleville…

Teo –Cen safara ?

Koffi -Voilà. Kappacci et La Brigade se sont séparés. Kappacci c’était le côté Cen Safara avec Joe Lucazz et d’autres. Donc moi j’étais avec eux, on posait là bas, j’ai posé sur 2, 3 tapes, je me souviens plus des noms. Puis Kappacci s’est rajouté, mais la vraie ossature d’Absolut Treepsal c’est moi et Autop C.
Sur mon album ce sera marqué « Absolut Treepsal. » Même quand je fais la promo sur Facebook, Koffi trop 2 Style ça m’énerve. Parce que c’est pas connu. Je mets Absolut Treepsal. Quand t’as commencé un truc tu peux pas lâcher. 

Spleenter -Donc à aucun moment vous vous êtes dit « on clôture le truc et on part chacun dans notre direction » ?

Koffi -Jamais. Parce que même Autop C il fait ses trucs solos, ses tapes, il dit toujours Absolut Treepsal. Moi aussi je fais mes trucs de mon côté mais Absolut Treepsal ça reste toujours. Comme un gang, ça changera pas. Comme les Bloods ou les Crips. Dans notre quartier on est bien installé, même sur facebook les gens mettent « Absolut Gang ». Même les meufs sur facebook, tu peux voir des Pamela Absolut Gang, tu vois ou pas ?
C’est rentré dans les têtes, ça partira pas chez nous. Même les daronnes quand elles nous voient, elles disent « ça va Absolut ? » Ou quand elles voient de la vodka, elles disent « Absolut Koffi ». On peut pas changer, c’est comme la Secte Äbdoulaye, tu vois ou pas ?

Teo -Ça va bien au delà du rap, quoi ?

Koffi -Voilà, ça va plus loin que le rap tout ça. Comme « Yougataga » le truc de Younes. Les gens le reprennent. En boîte « on boit du koffi ». Absolut c’est absolut vodka, ça veut dire que ça peut pas mourir. Même là, on voulait refaire un nouveau truc Absolut, parce qu’y a des petits qui veulent se mettre dedans. Des nouveaux petits, Rhod DLB ou LOgbi, les petits que t’as entendu dans Clubbanger, ils veulent refaire un nouveau truc Absolut. Qu’on appelerait New Generation ou un truc comme ça. Notre prochain street, on va peut-être le faire avec des petits. Qui seront peut-être les nouveaux Absolut.
Comme un peu Cash Money, ils ont fait Young Money. Parce que je te mens pas, il faut toujours se renouveler. Dans le rap français ils aiment pas ça, je sais pas pourquoi. Nous, on a pas prouvé mais je pense déjà aux petits, tu vois. Parce qu’on va pas rapper tout le temps. Je trouve que certains auraient dû faire ça. IAM, même Joey Starr. Faut toujours se renouveler, c’est ce qu’il fait Baby. Maintenant, il rappe toujours mais il est vieux. Ce qu’il a fait de plus malin, c’est de trouver des jeunes, et ça marche. C’est comme ça qu’il fait son argent, maintenant. Il vit grâce à Lil Wayne et les petits qui suivent, là. Donc on veut faire un nouveau truc, genre les nouveaux Absolut. Toujours avec Autop et moi. Ça peut pas mourir.
Mais sinon même moi, si tu me pose la question je te dis que Treepsal la structure c’est mort.
La preuve, Krem maintenant il continue seul. Avant y avait Kafe, le noir, il est plus là. Pour Treep Alliance, Ceerano il fait les trucs de son côté, Tony il est en taule. Quand il va en sortir, il rappera plus, il est dans la religion maintenant. Chacun fait sa route, on peut plus revenir en arrière. Celui qui nous produisait, on veut plus qu’il nous produise, même si c’est encore un poto. Donc Treepsal c’est vraiment mort mais Absolut Treepsal c’est comme une famille. Même si je suis pas manager, si je suis pas producteur ou quoi, je mets de l’argent. Personne peut venir me voir et me dire « Koffi, tu me dois de l’argent. » ou « tu m’as promis un truc, où ça en est ? » ; c’est plus comme une famille, des amis.

Spleenter -Ok, ok. Parce que moi je me souviens que pendant la période où on vous entendez plus trop, peut-être 1 ou 2ans après « On passe du shit à l’industrie du disque » j’étais allé farfouiller sur les myspaces ou les trucs comme ça. Et j’étais tombé sur celui de Autop C et dans sa bio y avait marqué « ancien membre d’Absolut Treepsal. »

Koffi -Ouais mais après c’est peut-être lui qui s’est trompé. (rires pour tous) Peut-être que t’as raison, peut-être que c’est lui, je sais pas.

Spleenter -en même temps à l’époque je différenciais pas les 2 trucs, donc sûrement que c’était encore Treepsal.

Koffi -après, peut-être qu’il se paye ma tête (rires). Peut-être qu’il prépare un complot, je sais pas. Mais non, en vrai y a pas d’histoire. La preuve, il pose dans mes morceaux.

Teo -d’ailleurs, sur facebook, un de tes pseudos c’est Koffi Crap Music. C’est un concept ?

Koffi -Ouais, en fait CrapMusic c’est le label que j’aimerais faire, avec le temps. Parce qu’avec Absolut treepsal on peut pas, par rapport à Treepsal qui a déjà été posé et Absolut par rapport à la vodka. Donc Absolut Treepsal, on va faire comme à l’ancienne, comme avec X-Men. Ils avaient changé le nom (pour les X) mais le vrai nom c’était X-Men. Absolut Treepsal, on va faire pareil. Crap Music. Crap par rapport à crapule.

Teo -ah ? c’est pas crap comme en anglais ?

Koffi -Si ! Crap comme en anglais aussi. J’ai regardé.

Teo -C’est pour le côté sale.

Koffi -Voilà. C’est par rapport à ça. Et j’ai un autre concept c’est Bonus Crack, tu vois ou pas ? (riez) Je vais voir avec les 2. Soit Crap Music, soit Bonus Crack.

Teo -Bonus Crack c’est pas mal !

Koffi -j’aime bien aussi. C’est pour ça que quand tu vois notre musique, y a toujours marqué Bonus Crack ou Crap Music.

Teo -À la fin du tracklist, bonus crack.

Koffi -Ouais, ça vient de bonus track. Et j’ai encore un autre délire « Clubbanger boys ». C’est ceux avec qui je bouge en soirée, ça. Ou quand y a des délires avec des meufs. Y’a plein de délires.

Spleenter -Et t’as plus de contact avec Sidi Omar ou ceux avec qui t’as commencé ?

Koffi –Sidi Omar, si ! Par rapport à ses trucs de neochrome, il me tient au courant. Là il prépare son album. Je supporte. C’était mon gars, c’est un ami quand même. Ça va au delà de la musique, mais s’il veut un feat, je suis là. Mais on est plus trop dans les mêmes trucs, niveau rap. Notre truc il est vraiment précis. ce qui fait qu’on peut pas vraiment se mélanger avec tout le monde. Sidi Omar il va dire que je suis un dingue. Que je parle trop de drogues, de trucs comme ça.
Mais pour prouver qu’on ment pas, c’est sûr que c’est exagéré dans notre musique, mais pour te prouver que ça reste bien réel, on a les papiers. Les gens le savent, on a des arrestations, c’est pas qu’on le fait exprès, c’est comme ça. La dernière fois que je me suis fait péter c’est par le 36, tu vois ou pas ? Ils sont venus chez moi à 10 avec des chiens. Ils ont cassé ma porte. Les petits de chez nous ils se sont fait péter par les nouveaux GIGN, là… Les GIR ou je sais plus comment. Je crois que c’est ça.

Spleenter -Ouais, ou alors c’est GIPN.

Koffi -GIPN, ouais. On a des potes qui ont pris des 2 ou 3ans de prison. Les gens disent qu’on est fous, mais à côté c’est sur papier. Même nos parents le savent. Alors je manque pas de respect, mais je vois pas pourquoi j’aurais honte. Parce que mes parents le savent, quand on m’a arrêté, ils ont été plaqués au sol aussi. Les mecs sont venus, à un moment mon père s’est énervé, ils lui ont mis les menottes. Et c’est après qu’ils ont vu que c’était un daron et qu’ils les ont enlevées. Mais il l’a vécu. Peut-être qu’il m’en veut pour ça « il est relou mon fils ! »
Mais c’est du vécu ; quand j’étais dans ma cellule je me disais « putain ! ils m’ont fait un truc de dingues… » Alors pourquoi je me cacherais de ça, maintenant ?
J’ai eu mon jugement, j’ai été condamné, je suis passé en correctionnelle. Je le dis dans un texte : « tu passes à la radio, moi je passe en correctionnelle. » je vois pas pourquoi je m’en cacherais. Après, c’est un style de vie.
Et j’ai même menti plus tard « tu trouves où ta drogue ? » etc… « moi, j’en vends pas. Moi je pécho pour donner à des meufs. » J’ai dit ça devant tout le monde. En correctionnelle, tout le monde peut venir assister. Ils m’ont sorti « mais t’as pas honte ? Tu prends de la drogue pour donner aux meufs pour les baiser ?! »
en plus c’était une juge, si elle le dit comme ça au tribunal, elle m’ouvre une porte. Moi je fais comme Gainsbourg quand il a brûlé le billet à la télé, je fais de la provoc, « ah ouais ?! tu veux jouer à la provocation ? »
Tout le monde rigolait « il est fou celui là ou quoi ?!« . Mais moi, c’est ma défense ! J’y suis allé à fond, j’ai dit « mais je suis un artiste comme Gainsbourg, moi. Je suis dans le monde de la nuit. Je vis de la drogue, je me suis séparé de ma meuf. » « ouais, ouais, c’est ça… »
Mais ils m’ont affiché devant tout le monde. Heureusement que j’avais dit à mes parents de pas venir, parce que ça c’est un côté qu’ils connaissent pas. Ils seraient venus, ils auraient dit « ah mon fils il donne de la drogue pour baiser des meufs ? »
Même quand la juge me disait ça, elle rigolait « ah ouais, monsieur ***** vous donnez de la drogue à des meufs pour les baiser ? » et t’entends les gens qui rient et qui parlent derrière toi. Donc c’est pour ça que dans mes textes je me permets de dire tout.
Avec quand même une certaine retenue, y a des trucs que je dirais pas. Faut pas abuser. Mais mon rap je préfère le montrer comme ça parce qu’il y a plein de gens qui savent déjà ce que je fais.

Spleenter -Sans rentrer dans les détails, c’est déjà arrivé à tes parents de tomber sur ta musique ?

Koffi -Non. Ils savent que je rappe et tout ça, ils ont déjà vu des CD où j’ai posé, mais aller écouter… Peut-être en scred, je sais pas. Mais les clips je leur montre pas, parce qu’ils passeront jamais à la télé ces clips donc ils regardent pas.

Teo -Y a certains morceaux qui peuvent passer, comme « Le sum » avec la reprise de Gainsbourg. Ça passe mieux.

Koffi -Ouais, le sum, voilà !

Spleenter -C’est un peu comme Playa des Sales Gosses, c’était en rotation ça, à l’époque.

Koffi -Voilà. Par exemple j’ai fait un clip où j’étais à l’église (OK negro) où je raconte des trucs de ma vie. Y’a toujours un truc qui fait que les gens, normalement, si ils se prennent la tête, ils peuvent dire que j’ai un bon côté. Ma mère elle voit que je vais à l’église, elle va dire que c’est bien. Ça fait longtemps que je suis pas allé à l’église, parce que je suis chrétien à la base. Mais je te cache pas que j’y vais plus. Je sais même pas si je peux dire à cette heure ci que je suis vraiment chrétien mais, pour te dire, à cause du rap je suis rentré dans un église. Donc si ma mère elle voit ça elle peut se dire « ils essayent quand même de faire quelque chose. »

Teo -Tu pense que t’aurais pas refoutu les pieds dans une eglise sans le rap ?

Koffi -Je te jure, je crois pas. Ça fait longtemps que j’y suis pas allé. J’y suis pas allé pour Noël, pour plein de trucs… Pour la musique, j’y suis allé par contre, même si c’est plus un délire. On essaie vraiment de pousser le truc. J’ai même un clip où y a une partie qui a été tournée dans un cimetière. On veut aller loin, sortir des concepts.

Teo -Un cimetière, ça se fait pas beaucoup, c’est vrai.

Spleenter -C’était où ?

Koffi – Père Lachaise. Le clip va sortir bientôt, il est au montage. En fait, nous, c’est toujours conceptuel.

Teo -Y a des gens qui peuvent découvrir comme ça. S’ils aiment les ambiances lugubres ils peuvent accrocher et regarder vos autres trucs. Mais s’ils aiment moins le côté rue, ils vont être déçus. Vous essayez de pas trop vous éparpiller ou pas ?

Koffi -De toute façon c’est ça l’attrape nigaud. Excuse moi l’expression, mais quand tu fais de la musique, t’es obligé d’amener les gens à t’écouter. Tous les moyens sont bons. C’est comme les gens qui font des clips où on les voit pas, où on voit des meufs, d’autres gars ou toute une histoire qui a rien à voir. C’est toi et comment tu vends ton truc. Je parle pas vraiment de biff, je parle plutôt d’attirer les gens vers ce que je fais, à s’intéresser. Après, si y’a l’argent, pas de souci. Qui va cracher sur ça ? C’est de l’argent gratuit. Mais moi je veux plutôt pousser les gens à découvrir : « y a un nouveau truc qui se passe, on va écouter, on va voir. Y a des idées de oufs ! » Tu vois ou pas ?
Les gens ils sont comme ça. Donc on taffe beaucoup sur ça, sur l’image. Mais les sons, ça sera toujours du direct. Toujours : on parle mal, on accentue les trucs.

Teo -Pour revenir sur le son « Le sum ». Le nom du morceau c’est « Le sum part 1. »

Koffi -Ouais, parce qu’y en a 2. « Le sum part II » et le 1. Le 1er je l’ai posé avec un pote à moi, Papillon.

Teo –Bandana ?

Koffi –Papillon Bandana, ouais. Il a posé avec moi, parce qu’il avait fait Playa. En fait ça me faisait penser à ce son là.

Spleenter -Carrément ! (on pourrait croire que Spleenter trouve que c’est du pompage, mais en fait non. Quand il trouve qu’un son ressemble à Playa, c’est un compliment pour lui)

Koffi -J’ai été à l’école avec lui, donc je lui ai demandé s’il voulait poser avec moi. Il m’a dit oui direct. On a posé et…

Spleenter -Non mais attends, là.

Teo -On le connaît pas ce son.

Spleenter -Il a atterri où ?

Koffi -Non, mais comme on aime pas mettre trop de personne en avant, j’ai refait une autre partie sans Papillon. Mais je l’aime bien hein. (rire)
Parce que nous, franchement, c’est un truc qui nous tient à cœur. Je l’ai fait par plaisir, parce que c’est un pote. Et quand je pensais au Sum, je pensais à son morceau, à la Playa, donc on a tilté direct.

Les 2 -Ouais, nous aussi.

Koffi -Voilà ! Toute l’ambiance ça m’y fait penser. Même lui, il a dit « Putain ! T’es un pourri, Koffi ! Tu veux reprendre mon concept ?! » (là c’est la grosse poilade)
J’ai dit « ouais, mais c’est une nouvelle version, tu vois ou pas ? » il a golri et il l’a fait. Mais je vous ferai écouter ! Je vous l’envoie.

Teo -Et il a atterri nulle part ce son ?

Koffi -Il a atterri chez moi.

Teo -Avec tous les sons que tu dis que t’as pas sorti depuis le début…

Koffi -On pourrait en faire une tape, ouais. On va le faire, normalement. J’ai assez pour faire des net-tapes, là. J’attends le bon moment pour les balancer. Parce qu’en fait, je veux balancer des clips et essayer de revenir dans le game. Parce que, franchement, y a que vous ou des connaisseurs qui viennent me parler d’Absolut Treepsal. Les gens de mon quartier, c’est normal. Mais sinon les gens ont oublié. On est plus trop à la page. Déjà qu’à l’époque on était pas vraiment à la page. (et ça golri toujours)
Le peu qu’on avait, vas-y, c’est parti. Je me rappelle, à l’ancienne, on allait à Génération, on disait « Koffi Trop De Style » ou « Absolut Treepsal » on rentrait. Maintenant, le mec il va me dire « je connais pas, mon pote. »

Spleenter -Tu peux toujours te faire passer pour Zoxea, au pire. (on saura jamais pourquoi Spleenter implique Zoxea dans les conversations de cette façon, il est le seul au monde à lui trouver une ressemblance physique avec Koff vu de près)

Koffi -Ouais, mais même là, il va me dire « t’as maigri, mec. » « qu’est-ce qui se passe, Zoxea ? T’as des soucis ? Ça marche plus, là... »
C’est pour ça qu’on a arrêté, un peu. Là on veut revenir par les clips, si ça prend on balancera les net-tapes. On rebalancera notre disque « On passe du shit à l’industrie du disque » en téléchargeable. Ça fait quand même 3, 4 net-tapes avec tous les morceaux qu’on peut balancer, sans compter les nouveaux sons que j’ai à côté. Ceux qui sont dans mon délire « Champagne and coke. » Et après, je peux peut-être faire encore d’autres streets, on va voir. J’ai d’autres trucs en réserve, un deuxième qui est « Raptor », j’en ai plein encore. Ça dépend  juste de comment ça va se passer.

Spleenter -Nous, sauf si t’es contre, on peut déjà mettre Le Sum sur le blavog.

Koffi -Y a pas de souci ! C’est celui avec Papillon que vous voulez ? Je vous l’envoie. Y a pas de souci. Ils ont posé tous les 2.

Teo -Y a Charlie Waits aussi ?

Koffi -Ouais. Il fait plus une ambiance, mais il a posé. Celui qui pose vraiment un texte, c’est Papillon. Et sur le morceau c’est Difanga qui fait les voix derrière. Il est pas trop connu encore. Les puristes du reggae, ils connaissent. Moi je le connais parce que c’est un gars de mon quartier.

Spleenter -Sur l’album, à la fin d’un son, il me semble que c’est bien toi qui parles à Sarko.

Koffi -Ah ?! Qui dit « Sarko, t’as baisé les feujs » tout ça, là ?

Spleenter -Ouais. T’as improvisé totalement ?

Koffi -Non, j’avais un peu l’idée et après, j’ai improvisé. Histoire de dire « t’arrives pas à maitriser tes meufs alors pourquoi tu veux nous maîtriser nous ? »

Teo -Quand Spleenter a entendu ça, il m’a dit « il a réussi à faire encore pire qu’Alpha 5.20 » et c’est un très grand compliment pour lui.

Koffi -C’est parce que j’ai fait exprès, comme si c’était mon gars, tu vois ? Pour bien l’énerver. Parce qu’en fait, quand Sarkozy est arrivé, il a trop voulu faire celui qui maîtrise tout le monde. Genre il vient avec la force « faites ci ! faites ça ! » ; plus que ses idées politiques. La preuve, il a rien fait. Il s’est plus pris la tête à dominer les gens. C’est pour ça qu’il saoûle tout le monde, parce que tout ce qu’il a dit, il le fait pas. Il était là « Je suis Sarko ! Casse toi pauv’ con !« , à mettre des coups de pression aux gens pendant les manifs. À faire le gangster, quoi. C’est pour ça moi je dis « hé mec ! »

Spleenter -Non mais lui, il a un côté Scarface. En tout cas, il aimerait bien.

Koffi -C’est pour ça, si tu regardes bien, lui, de tout ce qu’il a dit, il a rien fait. Je te jure qu’il a rien fait. Et quand les gens, ensuite, ils lui serrent pas la main ou ils lui parlent mal, il met des coups de pression, il crie. Faire le parrain, c’est tout ce qu’il sait faire. Après, il fait quoi ? Il va au Japon, il va en Lybie, on sait même pas ce qu’il va y faire.

Teo -Il fait de la merde.

Koffi -Et il a dit quoi dernièrement ? Il a dit « Maintenant, si vous me laissez la chance de revenir une 2e fois, je vais essayer de faire ce que j’ai promis de faire la 1ère fois… »
Mais pourquoi tu l’as pas fait toutes ces années ?! Je te jure, c’est ce qu’il a dit.

Teo -Il a sorti ça ??? Ahahahaha !!!

Koffi -Il a plus ou moins dit ça.

Spllenter -En gros, c’est la crise…

Koffi -Ouais « c’était la crise, j’étais en galère. Y avait trop de trucs à gérer, excusez moi, maintenant je vais… » Il est fou ! Il est fou. C’est un malade ce mec là.

Spleenter -Moi, ce qui m’a étonné, c’est la phrase « Tu fais partie des français racistes qui ont même pas fait la guerre« , un truc comme ça.

Teo – « T’as même pas fait la guerre, dis leur que t’as donné les juifs »

Spleenter -ouais, après t’enchaines sur les feujs en 44.

Koffi -ouais, ça c’est pour les racistes en fait. C’est pour ça que dans ce morceau, je dis « le seul blanc que je tolère, c’est le lait dans mon café. » Parce qu’en fait on n’est pas partis dans un délire Black Panther mais on a vraiment voulu faire du rentre dedans, aux racistes. Donc moi j’explique que la plupart des français n’ont pas fait la guerre. Y’a eu des résistants, mais il faut pas se mentir, la première partie de la France a abdiqué directement. Et ils ont fait pire que tous les pays d’Europe, ils ont donné des feujs. Ils ont fait des trains. Quand tu vois ça, tu peux pas faire la morale et dire que tu vas niquer les noirs et les arabes. Faut vraiment la faire la guerre, faut vraiment niquer les gens. Moi j’ai plus peur des Anglais, tu vois les hooligans, eux ils tapent, hein ! Moi j’en ai vus en Thaïlande, ils tapent ! Un jour, on était à Pataya, y’avait un bar Anglais où y a écrit je sais plus la phrase exacte, « Pas d’arabes, pas de noirs ».
Et quand tu passes comme ça, souvent, les putes thailandaises elles te regardent ; et ils sont tous là, les anglais, tatoués et ils te regardent comme ça. Et si tu rentres dans leur bar, ils te tapent. Tu sais qu’ils te tapent ! Ils vont se taper, c’est ça leur job, c’est les hooligans. Et y’a certains en France, ils sont pour les trucs de Lepen ou je sais pas quoi. Mais je répète, c’est pas tout le monde que je vise. C’est vrai, y en a certains qui ont des couilles, c’est des vrais racistes ; mais certains, quand y a eu la vraie guerre avec les Allemands, ils l’ont pas faite ! Alors pourquoi tu cherches la merde, maintenant ? Pourquoi tu fais semblant de chercher la merde, de faire style.
Y’a beaucoup de choses qu’ils oublient ; dans les cités, y a beaucoup de gens qui font de la psy ou du cinéma, mais pour de vrai, quand les keufs viennent te péter, y’en a qui ont des kalashs chez eux. Quand ça va partir en couilles, ils vont vraiment y aller ! Mais d’autres, ils sont tranquillement chez eux, ils votent Lepen, ils veulent la merde mais quand ça va arriver, ils vont rien faire. En fait c’est ça mon message, tu vois ou pas ?
Peut-être que des gens veulent pas me croire, mais ça va être chaud. Dans les cités, que ce soit même des gitans, des blancs, y a des gens qui sont oufs, ils ont des armes, ils sont prêts à faire la guerre. Ils sont prêts à se battre. Mais certains font du cinéma et ils cherchent la merde « je vais voter Lepen, ça va changer, etc… c’est fini l’immigration » mais les gens sont prêts ! quand on vient les péter, c’est le GIGN ou je sais pas quoi. Ça douille. Chez eux ils ont des armes, ils tirent, ils tuent. Ils tuent pour des cigarettes. Y a des jeunes qui sont là, qui fument du shit, qui prennent de la coke, ils sont prêts. Donc faut pas trop pousser les gens.
Vaut mieux trouver une bonne solution même si le PS et l’UMP nous mentent. Il faut pas être directement catégorique « ouais, je vote Lepen. Je vote FN. » Non, non. Parce que la vraie guerre, vous l’avez pas faite… C’est ça notre message. Pendant la guerre, vous avez donné les feujs. Vous avez fait un truc de ouf. J’ai bien lu, j’étais fort en Histoire, dans toute l’Europe, certains pays ont collaboré, mais les pires c’était les français, mon gars. Ils ont fait un truc de dingue ! Tu vois ou pas ?

Teo -C’était un très beau baissage de froc.

Koffi -Mais de dingue ! Du jamais vu. Même le truc d’appeler : « allo, je crois que mon voisin c’est un feuj… » c’est violent, mon frère ! C’est pour ça que quand ils disent qu’ils votent Lepen, ça me fait rire. Allez-y, pas de souci. Mais franchement, si y’a une guerre civile, même avec l’armée, les flics et tout ça, ça va être chaud. Parce qu’y a des gens qui sont armés chez eux comme t’as jamais vu. Moi j’ai des potes, je sais même pas pourquoi ils ont ça. Je te jure. C’est pas des soldats, c’est pas Rambo, mais chez eux ils ont toutes les armes pourtant même dans la vie normale, excuse moi l’expression mais c’est des mecs normaux, c’est pas des oufs mais ils ont assez d’armes si ça part en couilles.
Même si le mec a peur, au moins il se posera pas la question de savoir « mais où je vais trouver mon arme ? » Il va te tirer dessus.
Alors les autres « ouais je vote Lepen pour que ça change parce que sarkozy il a menti… » Certains vont faire quelque chose. Certains ont des couilles. Y a des vrais racistes, eux, ils sont vraiment là. Mais y en a combien qui vont faire quelque chose ? C’est toujours les bouffons qui payent, ceux qu’ont pas de couilles vont pleurer. C’est comme dans les cités, quand y’a la vraie guerre c’est pas tout le monde qui assume. Y a toujours celui qui fait son tête-tête, toi après tu mets des coups de pieds, et quand on t’attrape, t’as peur. C’est toujours comme ça.
Vous êtes 10, vous vendez de la coke ; les keufs viennent, y en a toujours 8 ou 4 qui pleurent, tu vois ou pas ? C’est la vie.
C’est par rapport à ça, mon message. Rien de méchant.

Spleenter -Alors la prochaine question c’est par rapport au truc de skyrock, je sais pas si t’as suivi ?

Koffi -Ah ouais, je les calcule même pas.

Spleenter -Oh je sais.

Teo -Genre ça allait fermer…

Koffi -Ah c’est pas fermé encore ?

Teo -Ah non. C’est encore une belle carotte ça.

Koffi -C’est pas fermé ?!

Spleenter -Non, le mec là, Pierre Bellanger, il s’est associé avec le crédit agricole. Pour racheter le capital du truc et du coup il reste aux commandes.

Teo -Ils nous ont fait chier pour rien…

Koffi -De toute façon je les calcule même pas. Qu’ils ferment, ça me fait rien. Parce que je passe pas à la radio. Ceux qui ont parlé c’est ceux qui ont leur sacem.
j’ai rien contre eux. J’ai rien contre skyrock, mais franchement j’ai rien pour eux non plus.
Je suis même pas nostalgique, ça me fait rien du tout.
Le seul truc de bien c’était les émissions spés, ils ont arrêté…
Donc je vois pas pourquoi j’irai les supporter, chacun sa merde.
c’est pour ça que vous me choquez quand vous dites que ça continue, mais bon c’est pas grave. Je passerai toujours pas là bas. C’est toujours le même bizness.

Spleenter -Dans les émissions spé, tu passais ou pas toi ?

Koffi -Si, si. Je suis passé à Westcoastla, j’ai freestylé. Tout ça avant le truc de Gyneco que je t’ai raconté. Au truc de Couvre Feu avec Jacky. Au truc de Joey Starr, B.O.S.S. Quand il avait sa maison vers Clignancourt, là bas derrière. J’ai fait les nocturnes, sur Génération aussi. À l’époque, quand ils étaient à l’hôpital, quand y avait Marc.

Spleenter -À Vitry ?

Koffi -Ouais.

Teo -Marc qu’a fait bombattak ?

Koffi -Ouais. On y allait au début, quand j’étais avec Roi 2 l’Assos. Avec treepsal aussi. Même Absolut, on l’a fait. On a fait quelques radios avec Génération. Avec Bob surtout. Mais après, comme je te dis, on avait la dalle. On venait, on sonnait aux portes, on posait. On venait à 20, ils sont obligés de mettre ton son. Nous on l’a fait. 

Teo -Aujourd’hui c’est plus difficile ?

Koffi – C’est mort, là. En plus y’a plus d’émissions spé. Maintenant y a que les radios indépendantes. Dernièrement j’ai fait 2 radios, j’ai fait FPP, l’émission de XV Backara et d’une meuf, Riposte.

Spleenter -Blackara c’est le gars de no-diggidy, le renoi ?

Teo -Manny Peterson ?

Koffi -Voilà. Ils sont 2, lui et son pote. T’as pas un mouchoir s’te plait ? (et oui, chez nous, les interviewés posent les questions qu’ils veulent) Je te remercie, mon gars.

Spleenter -Est-ce que t’as une date ou une période de sortie pour ton projet ?

Koffi -Franchement, je voulais Mai, ça va pas être possible. Ça va être plus pour Septembre, Octobre. C’est plus par rapport aux clips, au buzz, ça a pas encore pris, donc je peux pas me permettre de sortir comme ça, dans le vent. Je veux que les gens ils soient un peu au courant, tu vois ? C’est par rapport à ça.

Teo -Et financièrement, t’attends quoi du rap ?

Koffi -Si ça me permet de faire des concerts et des soirées, c’est bon. Sinon, je sais que je ferai pas de grosses ventes. J’aurais pas la même exposition que certains rappeurs, tout va se jouer sur internet. Et l’argent c’est quoi ? C’est des showcases et des concerts. Je vais jouer sur ça.

Teo -Tu parlais d’attraper l’auditeur par tous les moyens. Pour autant, je vous imagine mal faire un son super calibré qui passe en radio. Parce que si vous passez pas en radio c’est aussi que vos sons sont pas spécialement faits pour.

Koffi -Ouais mais attrape nigaud c’est par rapport à l’image. Mais le son il restera toujours hardcore. au pire, on peut mettre des bips sur certaines paroles, mais le contenu restera toujours pareil. C’est juste par rapport à l’image ! mettre une belle meuf, mettre un mec stok, dans des voitures ou je sais pas, des trucs comme ça. De l’image, des trucs qui attirent les gens. Mais le son restera toujours hardcore.

Teo -Et à aucun moment y a le doute ? Vous vous êtes jamais dit « on va mettre de l’eau dans notre vin » ? Vous êtes toujours parti dans le délire de faire vos trucs ?

Koffi -Jamais. Toujours hardcore, ah ouais. On change pas.

Spleenter -Du coup, dans le rap Français, vous avez quelle références ? Parce que je me souviens d’une interview où Express disait qu’il avait pris son blase par rapport à Express D. T’as quelle références, toi ?

Koffi -Dans les anciens, Time Bomb, La Cliqua, Mafia K1 Fry, Expression Direkt, moi aussi j’ai beaucoup écouté. Les grosses équipes en fait, quand y en avait.

Spleenter -pas trop Ministère AMER ?

Koffi -Franchement, j’aimais bien, mais pas trop. J’ai bien aimé « Sacrifice de poulet » dans La Haine.

Teo -Et TSN ?

Koffi –TSN si si si ! Je les connais bien, Parano Refré, J l’Tismé. Surtout J l’Tismé. Tous Simplement Noir, j’avais oublié.

Teo -D’ailleurs, je trouve qu’y a une petite influence TSN dans Absolut. Par exemple, sur Le sum ça reprend un refrain connu de chanson française, c’était TSN les premiers à amener ce genre de choses là.

Koffi -Ouais, si. En plus c’est des gars du 18, eux. J l’Tismé il habitait dans la cité d’un pote à moi, donc c’est un grand de chez nous. TSN, ouais. Et les grosses équipes, comme je t’ai dit, Expression Direkte, quand ils faisaient poser Rohff, au tout début. Mafia K1 Fry quand ils étaient vraiment tous là, la grosse équipe, avant que LAS Montana meure. La Cliqua au tout début. J’écoutais vraiment beaucoup La Cliqua. Et aussi les gars qui sont arrivés de Marseille et qui faisaient des freestyles avec Time Bomb.

Teo –La FF ?

Koffi -Ouais voilà. Eux aussi j’ai beaucoup kiffé, la FF. IAM vite fait, tu vois ? Mais IAM, MC Solaar, j’aimais quand même, même si c’est pas ce que j’ai le plus écouté.
Mais la FF, ils étaient bons. Surtout quand ils avaient fait leur truc là « Le retour du shit squad« , ils m’ont mis une laque là. Avec les 3ème oeil et tout ça, cette équipe. Ils m’ont mis bien, eux. Franchement, ils m’ont inflencé. En tout cas j’en ai écouté. Après je fais pas vraiment le même rap qu’eux ; mais à l’époque si, mon rap ressemblait à ce que eux faisaient.

(petit silence)

Teo -Je cherche des questions… (parce que oui, la plupart des questions qu’on pose, on les trouve sur le moment)

Spleenter -Moi j’en ai toujours.

Koffi -Vas-y !

Spleenter -Tu suis les séries ?

Teo -Rhoo ! Les questions pièges…

(Et c’est parti, à partir d’ici ça va devenir vert foncé jusqu’à ce qu’on reparle de musique. Je préviens pour ceux qui s’en foutent du cinéma et des séries ou qui veulent juste avoir des actus sur la musique, on sait jamais)

Koffi -Ouais, des séries, ouais. Mais c’est des séries qui sont arrêtées, que je télécharge, hein ?! Je kiffe bien « Sur écoute. »

Spleenter -Et si tu devais prendre un personnage de ‘sur écoute’, ce serait qui ?

Koffi -J’oublie toujours son nom. Celui qui est à l’université.

Spleenter -Stringer Bell ?

Koffi -Stringer Bell ! C’est un bâtard, lui, stringer Bell. (rires)
Et il se fait butter. Lui c’est comme moi. Si je devais avoir un rôle ou même dans la vie, j’aimerais être comme lui.
Le fait de faire du bizness, mais d’aller à l’école…
Il est fort, quand même.
Quoi d’autres comme séries, encore ?…

Spleenter -The Shield ? Soprano ?

Koffi -Soprano, plus que The Shield. The Shield, pas trop. Vick Mackey il m’énerve un peu, tu vois ? Mais c’est marrant quand même, j’ai regardé vite fait. Mais ce que je kiffe vraiment, c’est Soprano et Sur écoute. Après c’est les trucs cools, ça sert à rien que je le dise. (rires)

Spleenter -Tu vas nous sortir quoi, là ? Plus belle la vie ?

Koffi -Nooooon ! « brothers and sisters » je sais pas si tu vois c’est quoi ? Ou bien « Grey anatomy » des délires comme ça. « Doctor House », des trucs cools, tu vois ?
Mais en vraiment dur, Soprano et sur écoute. Ou bien l’autre là, Weeds.
Prison break aussi, à un moment, mais ils m’ont saoulé !

Les 2 -Normal.

Koffi -Là c’est trop. Toujours se faire enfermer, ressortir… Au début y avait un bon concept mais après ils se font toujours enfermés, partout. Partout où ils vont, ils se font toujours arrêter. « On va ressortir ! » Ça tourne en rond.

Spleenter -À l’ancienne, t’avais Oz, aussi.

Koffi -Ah ouais, Oz, ouais. J’avais oublié. C’est bien, tu me rappelles des trucs.

———-Là ça va partir dans les souvenirs de Oz. Va y avoir du spoiler, un peu. Donc si t’as pas vu cette série, déjà va la voir, ensuite reviens lire ça———-

Teo -Oz c’est incontournable.

Koffi -C’est culte !

Spleenter -Pareil, quel perso ?

Koffi -Y avait tellement de gars dedans… Déjà, celui que j’aimais pas c’est le gars avec ses locks, sur la chaise, il me saoule celui là.

Spleenter -Le mec qui fait le narrateur !

Koffi -Ouais ! Ah il est relou celui là…
Sinon y en a plein. Y a Adebisi mais il est dingue, il a pété les plombs à un moment. Attends, y a qui aussi ?

Spleenter -Y a les musulmans…

Koffi -Ouais, lui aussi il est relou, Kareem Said, musulman ci, musulman ça. Franchement j’ai pas de tête dans Oz. Non parce qu’ils sont tous relous, je te jure. Même quand t’en kiffe un, mais il devient toujours relou à un moment.

Teo -Ils partent toujours en couille.

Koffi -Voilà, que ce soit les Chicanos, les Chinois… Y a même un Chinois ! Il était relou lui aussi. Il s’est fait tuépar les chicanos, je crois.

Teo -Ouais, y a une histoire comme ça.

Koffi -T’as vu, à un moment, le chicanos c’est le boss mais il se fait tuer par ses propres gars. Mais par contre, celui que je déteste c’est le keumé des… des trucs, là…

Spleenter -Les nazis ? Schillinger ?

Koffi -Ouais, lui ! Il est relou Schillinger, je te jure !

Spleenter -T’as du kiffer quand son ex victime, Beecher, le met à l’amende.

Koffi – si si ! mais même Beecher c’est un bâtard aussi à la fin. En fait, t’en kiffes plusieurs mais ils font toujours un truc qui te vénère à la fin.

Teo -Beecher, lui, tu sens qu’il peut partir dans toutes les directions. Il part trop de fois en couille pour revenir puis refaire de la merde.

Koffi -C’est des oufs ! C’est des bâtards ! En plus y a plein d’histoires avec les enfants dehors qui se font tuer. Je te jure, on dirait que toutes leurs vies sont en taule à eux. Même quand quelqu’un peut s’en sortir, ils le ramènent en taule ou bien il est dehors et il se fait violer. Y a que des commandes par dehors, tu vois ou pas ?
Non, c’est des oufs ! Mais le nazi il m’énerve et celui dans sa chaise aussi. En plus, tu sais comment il a eu son truc, lui ?

Spleenter -Ouais, c’est quand il se fait péter.

Koffi -Voilà, il baisait puis il se barre par la fenêtre.

Spleenter -Il bute un keuf, et l’autre keuf voit son coéquipier canné, il le pécho et il le jette.

Teo -Comme une merde. Et après, t’as une histoire là dessus, quand il est parterre, t’as un fliquette qui le voit. Après, cette keuf c’est sensé être la meuf du gars qui fait la taupe dans la prison. Il se fait passer pour un Jamaicain, Desmond Mobaye, un truc comme ça. C’est le mec qui joue Daniels dans The Wire. Et le mec dans sa chaise roulante, il la reconnaît.

Koffi -Ah ouais !

Spleenter -Ouais, l’indic.
——-c’est bon, vous pouvez revenir——-

Teo -T’es pas prêt de voir une série comme ça en France…

Koffi -Même ‘Sur écoute’. Ça passait à un moment sur Canal Jimmy, ils ont passé que 2 saisons.

Teo -The wire (Sur écoute en VO) ça passait à un moment sur France Ô.

Koffi -Ouais mais voilà, France Ô.

Spleenter -France ôutre-mer. (rires. là on rigole, pas parce qu’on se moque de france ô, spécialement,  mais mettre the wire sur france ô ça prouve bien que même les séries US ont pas la place qu’elles méritent à la TV frinçaise… bande de cons)

Koffi -Je te jure ! Je sais même pas pourquoi ils ont arrêté de diffuser cette série. Peut-être qu’ils voulaient pas montrer aux gens comment s’organiser… Parce qu’ils ont une organisation de dingues. Avec la cabine et tout ça, là.

Spleenter -Ouais, bah après j’ai plus trop de questions… Si ! T’as vu le dernier Batman ?

Koffi -Là où le Joker il est vraiment méchant ?!

Spleenter -Ouais.

Koffi -Bah c’est le meilleur Batman.

Spleenter -Voilà !

Koffi -Je crois même qu’à un moment j’ai versé une larme tellement le Joker il est vraiment relou. Il est relou dans ce film, je te jure ! Je crois que dans la méchanceté, c’est le plus relou. Dans les films y a toujours des méchants, mais lui c’est le plus méchant. Même à la fin il lâche pas l’affaire. Pour te dire, je me souviens même pas comment il est buté.

Teo -Il canne pas à la fin. 

Koffi -Et il canne pas ?!!… Je me souviens qu’y a l’histoire du bateau. Il veut faire péter les 2 bateaux. Même pour ça, il nique tout le monde ! Il est reeeeeelooooouuuu !!! Je crois que même Batman en a marre !

Teo -Mais quand même, à la fin, il peut pas le tuer. Il rattrape le Joker qui tombe. (ouais, là aussi on spoile, mais si t’as pas vu The dark Knight, tu fais quoi de ta vie ?!) et l’autre il golri en se faisant remonter.

Koffi -Il est relou !

Teo -Et là t’as la caméra qui se retourne, lui il à la tête normal et c’est tout le monde qui est à l’envers. Là tu comprends tout le délire du bonhomme. Il a retourné le monde.

Koffi -Il est relou. Je te jure.

Teo -Mais lui il canne pas. C’est l’acteur qui canne après.

Koffi -Ouais voilà ! Tellement il est allé loin. Je crois qu’il a pris trop de drogues. C’est son meilleur rôle. Il a eu un prix pour ça. Ah il est relou ! Je te jure, j’ai pas pleuré comme un ouf mais j’avais une larme tellement il était relou. Je voulais même arrêter le film « t’es trop relou ! » Tout le temps ! Il a toujours un truc à faire. Faut qu’il fasse sauter des hôpitaux, des bateaux, des trucs « Bam ! » il rigole.
Même quand tu le niques, il golri. Tu peux rien faire en fait. Tu le tapes, il rigole, il s’en bat les couilles de tout. Ils ont dit une belle phrase « Tu peux pas combattre quelqu’un qui a pas peur de mourir » pour dire à quel point il est relou dans le film.

Spleenter -Il le dit à Batman « tu peux rien me faire. »

Koffi -Tu peux rien lui faire. En plus, lui il kiffe ! Il s’en prend même aux autres mafieux. Là où j’ai vraiment péter un plomb c’est quand il se prend la tête à voler l’argent et à la fin, il le brûle. Et c’est un paquet de fric !

Spleenter- C’est une montagne.

Koffi -Et il la brûle, comme ça. Il dit « j’ai fait ça pour le plaisir » Mais il est fou mon frère. Même l’argent, il s’en fout. Tu peux pas l’acheter. Tu peux pas le tuer. Lui, en fait, quand il a un but, il sait ce qu’il veut !

Spleenter -C’est la phrase d’Alfred ça « Il y a certains hommes qui veulent juste voir le monde brûler. »

Koffi -Il veut rien ! Après tu réfléchis, tu te dis que si t’as quelqu’un comme ça sur le dos : t’es mort !

Spleenter -Ah bah c’est fini…

Koffi -Je te jure, t’es mort ! Il veut rien ! L’argent ça va pas le calmer, il veut pas de meuf, il baise pas, mourir il s’en fout, tu le tapes il rigole… Même quand il se fait arrêter et qu’il provoque le gros « vas-y tape moi ! tape moi ! » Franchement, j’ai jamais vu ça. Y avait déjà un film avec le Joker.

Les 2 -Avec Nicholson.

Koffi -Ouais. Il était pas comme ça… Jusqu’à la fin où Batman devient hors la loi. Y a un truc chelou comme ça, je crois.

Spleenter – Ils sont sur le tournage de la suite. Avec toujours le même Batman, le même Alfred, le même commissaire Gordon, y a Tom Hardy qui va faire Bane, Anne Hathaway qui va faire Catwoman et Marion Cotillard qui va faire de la merde.

(+ de détails ici : http://www.premiere.fr/Cinema/Photos/Reportages/PHOTOS-The-Dark-Knight-Rises-le-point-sur-le-casting-2684573/(gid)/2684573 )

Koffi -Mais franchement, je crois pas qu’il sera top comme celui là. Dark knight. Tout le monde m’en parlait de ce film, je disais « c’est du cinéma, c’est du cinéma… » après j’ai téma comme aç et j’ai dit « ah il est relou ! »

Teo -C’était pas de la psy.
 
Koffi -C’est pas de la psy. Il m’a mis d’accord, le film. J’en pouvais plus ! J’aime bien les méchants dans les films d’habitude, mais là il est trop, il abuse !

Teo -Dans la salle, tout le monde se marrait. T’es obligé d’être avec lui ! C’est la pire pourriture mais tu kiffes, t’es avec lui.

Koffi -Grave ! Mais il abuse ! Il a aucune pitié. Surtout l’histoire des bateaux. Quand ils doivent se battre pour voir qui va faire sauter qui. Et lui ça le fait rire. pour lui c’est une blague. Il attend de voir si ça va sauter. Parce qu’y a au moins un bateau qui va sauter.

Spleenter -D’un côté, tous les taulards, de l’autre les citoyens. Et ils ont chacun la commande pour faire sauter l’autre bateau.

Koffi -Et aucun fait sauter. Heureusement.

Teo -C’est là qu’un taulard jète la commande.

Spleenter -D’ailleurs c’est le truc le moins réaliste du film. Normalement les taulards, ils ont la commande, ils se posent pas la question, c’est l’émeute.

Koffi -Là en plus, les taulards c’est des pourris.

Teo -C’est du taulard de Gotham City.

Koffi -Ça veut dire que c’est des gros bâtards, mon gars. C’est vrai ce que tu dis en plus, ça veut dire que c’est des plus gros taulards, c’est des oufs !

Koffi -Moi je réponds à tout, t’as pas vu depuis tout à l’heure ? En peura, je sais pas quoi dire d’autre. À part qu’y aura des nouveaux concepts dans mon album. des nouveaux délires. Koffi -Si vous voulez j’ai ramené des morceaux, je peux vous faire écouter.

(Avis à tous les gens qu’on va interviewer à l’avenir, prenez en de la graine, Koffi il a ramené des sons et des clips. Parmis lesquels on retrouve un clip à caractère limite érotique qui a été refusé sur youtube et dailymotion ou autres. Et un son bien violent produit par Kamal de la Famille Haussmann qui fera dire à Spleenter : »Faut impérativement que j’ai ce son quand il sera mixé pour le foutre en boucle à fond et faire chier mes voisins. »)

Teo -Sur Clubbanger tu dis « Les meufs me sucent comme si j’avais fumé un porc. » tu dirais que c’est pour impressionner et serrer des filles que les jeunes caillassent la police ?

Koffi -Non, mais les meufs, c’est chelou. Parfois on dirait qu’elles kiffent quand tu fais des conneries. Mais nous aussi on est comme ça. Par exemple, j’ai un pote, un jour y a un keuf qui vient vers lui, c’était à l’époque de la police de proximité, et donc le keuf va vers lui, tu vois ou pas ? Peut-être il voulait le contrôler, sûrement même, mais quand il est arrivé devant le gars, d’un coup, le gars met une patate au flic, comme ça ! Et il se barre en courant. Je te jure, on l’a sucé toute notre vie pour ça ! (rire général)

Spleenter -Et vu que t’as des gros morceaux club, comment tu prépares la scène, est-ce que tu kiffes ?

Koffi -Je kiffe, franchement. Pour monter sur scène, je prépare un show avec des danseuses. Et des gros trucs, tu vois ou pas ? Pas un truc comme les rockeurs, mais des danseuses, un show en début et pendant le concert. Une ambiance, quoi. Ce sera pas juste rapper avec un DJ derrière, moi c’est pas mon truc.

Teo -Et pour trouver les salles ?

Koffi -En fait, nous on va jouer dans les salles d’associations de quartiers. Après tu t’arranges par rapport à ça, si toi t’as une association, tu vas les voir, c’est des associations par rapport aux mairies. Ils te laissent des salles. Soit tu payes 200, 300 euros, soit t’as des salles de 50 personnes, y en pratiquement dans tous les quartiers et c’est ce qu’on va faire.

Teo -Du coup, ça fait encore un investissement pour vous ?

Koffi -Non, même pas. Tu peux le faire gratuit. En fait si t’arrives avec une association, tu vas voir les MJC, tu dis que le concert est gratuit, tu payes pas la salle.

Spleenter -Donc en gros tu vas ramener des danseuses en MJC ?

Koffi -Ouais ! En fait c’est pour faire parler. Que les gens il disent « y’avait un show. y’avait des danseuses. » Après, nous on va faire un encadrement pour qu’elles aient pas trop d’embrouilles.

Teo – Toutes en maillot de bain !

Koffi -Elles seront habillées normal, elles auront des leggings. Pas trop en string, parce que les strings et les trucs comme ça, c’est interdit. Par rapport à la mairie, tout ça, string et alcool sur scène, tout ça. Mais après, nous, t’as vu, on va s’arranger.

Teo -Y’a toujours des techniques, rhum ambré et jus de pomme dans la teille d’Ice tea, ça passe crême.

Koffi -Voilà ! Tu connais, y a toujours une manière. Parce que moi, je termine l’album et après je suis parti pour faire ces concerts ! Pas franchement tout l’album mais 5 ou 6 sons. Je les fais et je vais venir avec une équipe. Express va faire ses morceaux, Autop C, Ceerano ; comme nous on est beaucoup à rapper dans le quartier, on est une vingtaine, je peux faire passer du monde, tant que ça fait un show d’1 h30, après c’est bon. Je veux pas saouler les gens, je fais que 5 ou 6 morceaux, moi.

Teo -Ouais, tu fais un plateau.

Koffi -Voilà. À la cainri, tu vois, on ramène du monde. Après ça tourne.

Teo -Si tu fais un petit truc bien carré avec des danseuses dans une MJC, ça peut faire parler, en plus.

Koffi – C’est ça. Tout ce que je fais, je filme. La dernière fois, je suis parti à la radio, je filme. Et je vais balancer après. En plus ça permet d’aller voir des salles, de leur montrer « moi ce que je fais, c’est ça. » Y a toujours moyen de faire du bizness mais c’est bien de montrer aux gens directement. Pour un concert pas connu, ils disent « tu fais quoi ? » tu leur montres. Après ils voient, ça leur parle, ça leur parle pas, mais au moins ils peuvent savoir.

Teo -Et t’as un plan d’attaque ? Tu sais dans quel ordre tu vas balancer tout ça ? T’attends le bon moment ?

Koffi -Le bon moment, ce sera sur youtube. C’est au nombre de vues. Quand j’ai balance « OK negro », après c’est moi qui ai déconné, j’ai arrêté, mais quand j’ai balancé OK negro, au bout de 2 semaines, j’ai eu à peu près 800 visites. Après j’ai fait Boum Boum, 3 semaines après, et j’ai eu 1 200 visites. J’aimerais atteindre 5 000 visites, tu vois ou pas ? Le jour où je fais 3, 4 000 visistes, je me dis que ça commence à prendre. 4 000 ou 5 000 personnes c’est bon. Parce que rien que tu vends 3 000 albums en indépendant, c’est bon. Moi c’est ça que je vise. Après, si tu fais 10 000 en indépendants, t’es au top. Tu te rembourses déjà et t’es bien, tu vois ou pas ? Tu dis à Mac tyer « tu fais 10 000 » il est content.
Ça veut dire que si on fait déjà plus de 3 000, franchement, pour des gens pas connus c’est bon. Donc je vais me baser par rapport aux visites. Pourtant ça veut rien dire. Mais c’est le nombre.

Teo -Il suffit que j’y aille tous les jours et ça peut vite te faire 10 visites. Mais je l’achèterai pas 10 fois.

Koffi -Voilà ! Tu vois ou pas ? Mais 3 000 ça te pousse à faire autre chose. Alors que 818, 518… tu te dis « vas-y, le truc il prend pas encore… »
Quand je te dis que ça prend, c’est aussi parce que t’entends les gens. Ils t’appellent « ouais j’ai vu ton clip », là tu sens que ça prend un peu.

Teo -T’es dans un délire où tu vas laisser ta musique parler pour toi ? Parce qu’aujourd’hui, même les têtes d’affiches enchainent les vidéos…

Koffi -Ouais, on fera toujours des vidéos. Le concept, là, de Fouiny Story est bon. On est obligé, tu vois ou pas ? Faut toujours avoir une actualité. Moi, c’est une question d’actualité et de montrer de l’image. Quand tu saoules vraiment les gens, c’est que t’as atteint ton but et là tu peux disparaitre. Je te jure qu’il faut saouler les gens, comme à la radio : le matraquage. Sauf que nous on va le faire avec la video. Mais des trucs bien, pas des trucs où tu t’affiches et après tu peux plus sortir de chez toi. Des trucs où tu sors avec la tête haute. Si c’est pour qu’après on t’insulte, on te tape, on veut te tuer ou que les keufs sont en bas de chez toi, non. Mais je pense que nous on va passer par la vidéo.
On va en avoir plein ! Là j’ai balancé « OK negro », « Boum boum » et le truc à Miami « OP » ; j’attends un peu et après je balance le reste. De toute façon j’ai encore 10 autres vidéos. En tout, j’en aurais une 20aine. J’en ai plein en réserve, je m’y suis pris à l’avance.
Je me prends vraiment la tête, je préfère même sortir des vidéos que des musiques. C’est ça le trip de maintenant. Ça va être basé sur la vue. Même à la base, sortir un album ça m’intéresse pas en fait.
Parce que moi c’est un street, je peux même le donner gratuitement mais il faut voir comment faire. Après, si quelqu’un veut vraiment se prendre la tête à acheter sur une plate-forme de téléchargement, vas-y je t’empèche pas. Mais je pense que ça fera moins d’argent qu’avec les T-Shirts ou avec les concerts et les showcases.
Y a des gens qui font des showcases à 1 000 euros. Booba c’est 15 000 euros, s’il en fait 100, calcule… Mais je sais qu’y a des petits groupes qui font 1 000. La dernière fois, je sais que « Yougataga », Younes, il a fait 1 500. Il en fait 10, ça fait déjà 15 000 euros, en plus on t’amène des meufs et à boire, que demander de plus ? C’est pas un concert, hein, c’est un showcase.
La dernière fois, 113, j’ai un pote qui m’a dit qu’ils avaient fait 3 ou 4 000 euros. Ça, ça marche. Juste pour balancer 1 ou 2 sons, t’as ta bouteille, tes meufs et peut-être même qu’on te paye le trajet, l’hotel et t’as ton 1 500 euros à partager. T’en fais 50 l’année, t’es refait, tu vois ou pas ? C’est pour ça que les gens qui disent que je vais pas vendre d’album, je leur réponds que c’est pas ma cible. Ma cible c’est les T-Shirts, et là je les comptais même pas ; ma cible c’est vraiment les showcases.

Spleenter -Et vous en avez déjà des t-shirts ?

Koffi -Bientôt. Ça arrive. On a les noms, là.

Teo – « Baise les meufs au poids, évite de calculer leur âge » ? (rires)

Koffi -En fait c’est ça, faut jouer sur les phrases. En fait, t’attends juste quelqu’un qui fait une phrase, ensuite tu la balances. Nous, c’est déjà prêt.

Spleenter- Si vous faites celle avec le poids et calculer leur âge. J’en prends un pour Big Paul.

Teo -Moi j’en prends un pour moi, direct.

Koffi -En plus, les t-shirts tu peux les vendre quand tu fais des concerts ou même à tes showcases. Y a même un site qui peut te faire ça.

Spleenter –Laboutiqueofficielle, là ?

Koffi -Ouais. De toute façon, tu donnes juste le concept, eux ils le font, ils prennent un pourcentage et ils t’envoient ton argent au bout de 2 ou 3 mois. Tu sors même pas d’argent, c’est un bon bizness. Certains font des thunes avec ça. Ol Kainry et Mac tyer je suis au courant qu’ils font des thunes avec ça. Ils se rattrapent avec ça. Même néochrome avec Seth Gueko.
Certains français sont pas encore prêts pour les trucs clubs, mais ça tombe bien comme moi j’ai mes trucs Clubbangers, donc je suis prêt à y aller. j’ai 2 ou 3 sons clubs. Par exemple, comme vous me dites que « Tristement célebre » ça déboite, je vais le balancer en club directement. Les albums qui vendent, c’est rare maintenant, y a que Sexion d’Assaut qui est arrivé dans les nouveaux. Alors si je vends comme Sexion d’Assaut, pourquoi pas, mais dans la vie faut toujours savoir où tu mets les pieds. C’est pas pour faire le modeste, je suis un mec qui se la raconte, mais c’est pas dans mon calcul. C’est pas pour faire style et après ça vend et il crie. Non, non. Je crierai quand on m’invitera en boîte.
C’est pas de la langue de bois, mais même si ça marche c’est vraiment pas mon but. C’est sûr que c’est bien d’avoir l’album, t’es fier, t’as dédicacé tes potos. Certains me disent « tu vas pas faire 10 000, tu vas pas faire 5 000. Tu vas tomber dans les pommes. » mais je calcule même pas ces ventes. La preuve, je t’ai dit 3 000, faut toujours rester au niveau par rapport à l’argent que t’as investi. le top pour moi ce serait d’avoir « Tristement célebre » et 3 autres titres, dont un qui s’appelle « On fait sauter le club, » qui tournent en club. En plus, j’ai un DJ, ça veut dire que je peux même animer les soirées.
Si tu dis que tu veux Koffi Trop 2 Style, je viens, c’est toujours Absolut Treepsal. On fait 2 morceaux, tu me donnes 500, tu donnes 500 à mon DJ. Je prends ma bouteille, les meufs elles vont kiffer parce qu’elles auront vu l’artiste, moi je mène ma vie d’artiste, ma vie de bohème.
Mais se prendre vraiment la tête à sortir un vrai gros truc à la fnac et tout ça, j’ai pas encore les reins assez solides. Sauf si maintenant on fait une co-prod avec Banlieue Sale. Si La Fouine il écoute et il kiffe, ou Booba, ou même Rohff. On sait jamais dans la vie. Si quelqu’un vient avec un gros truc et me dit « viens, on fait une co-prod. » De toute façon, si y a un mec qui vient, il aura rien à perdre, on aura tout fait. T’as ton équipe, ta pochette, etc…
On essaie de taffer avec des gens au top. Médeline pour les sons, la Famille Haussmann aussi, ils ont même fait la pub pour adidas donc c’est qu’ils commencent à monter, la pochette c’est Fifou, il a fait tout le rap français. La vidéo, pour le moment c’est mes gars, mais je te mens pas, je vais être obligé de prendre quelqu’un qui de côté pour au moins un clip. On essaie de faire les vrais trucs, quand même. Fifou, c’est mon pote mais je le paye, tu vois. Peut-être moins que tout le monde mais je le paye. Médeline, je paye pas, mais ça reste normal. Mais Fifou, lui, je le paye quand même. Fifou, je le connais depuis longtemps, on se connait tous depuis longtemps.

Teo -Mais il fait aussi des clips, non ?

Koffi -Si, il fait des clips. Lui aussi il doit m’en faire. Donc voilà, si on part dans un délire co-prod, tout est déjà fait. Et je travaille avec des gros trucs.

Spleenter -T’as des infos sur les projets de tes collègues ?

Koffi -Ouais, Autop C il est sur une tape, là. Il va même faire un clip, bientôt. Express, il prend son temps, il taffe sur un album. Peut-être qu’entre temps il va rebalancer une mixtape. Il avait balancé une mixtape gratuite dernièrement. La swagg tape vol. 1. Peut-être qu’il va en faire une 2e avant son album, mais là il est sur son album. Krem, lui, il va repartir ; il a sorti son album, il a sorti une mixtape, Hitjacking. Genre il reprend des beats américains et il pose dessus. Son album, je sais pas c’est quoi les retours. Là il veut refaire Hitjacking volume 2. Après y a des petits de chez moi, CBR, tout ça, mais c’est des petits, ils sont pas connus. Kappacci, il a arrêté un peu, il va revenir bientôt. Mais là il a ouvert un salon de coiffure. Il est dans le bizness des cheveux. Dés qu’il a le temps il revient, mais tu vois, c’est dur. Enfin ça va.
Joe Lucazz, lui il taffe sur son album mais il sait pas avec qui il va le sortir. Ah si. D’abord y a un album avec un autre mec en commun.

Teo –Kenny Kenz. Mais il a plusieurs trucs de prévus, Joe. Il prépare peut-être un EP, genre 10 titres, mini album. Celui avec Kenny kenz et le solo aussi. Je crois que Cassidy va ou a posé pour un de ses projets.

Koffi -Mais lui il aime bien ! De toute façon, c’est des gars qu’il aime bien, Cassidy, Ill et Le Rat Luciano. C’est son équipe, ça. De toute façon, c’est le même délire. Pour moi, s’ils faisaient une équipe ce serait excellent. Tu me dis un album en commun de Joe Lucazz, Le rat, Ill et Cassidy, ce serait un truc de dingue, hein ?!

Spleenter -Ah ouais…

Koffi -Pour moi ce serait un truc de dingue. Ils avaient fait So Parano, avec Ill, Lucazz, Cross et Work. Ce serait basé sur le même délire. Mais déjà, un des morceaux de So parano, c’est ce qui inspiré le court métrage. La chanson « Le monde de demain ».

Koffi – Ce sera peut-être même le générique de début. Après on va faire notre chanson à nous aussi, pour le court métrage. Mais il est bon ce morceau « Pute de vie. C’est quand t’existes plus qu’on t’aime le plus. » Qu’est-ce que tu veux que je te dises ? Ah, il est violent ce morceau. Le monde de demain… Franchement dans ce morceau… Il a toujours des bonnes phases, mais la franchement il a dit la vérité ! Moi j’aime bien ce morceau. Ah. Joe Lucazz…

Teo -D’ailleurs, je voulais l’appeler mais il était sur messagerie, dernièrement.

Koffi -Il est toujours occupé, hein. En même temps, il est comme moi, il vit, il sort. Il est tout le temps dehors, tu vois ? C’est pour ça que notre rap il avance pas. On est foutu en fait. Parce que tu peux pas te priver d’un truc, tu veux vivre aussi, tu vois ?

Spleenter -Du coup, vous avez jamais connu de DA ou de mec comme ça ?

Koffi -Franchement, jamais. Je mens pas. Je dis pas qu’on serait loin, mais on serait dans une autre sphère, tu vois ou pas ? Y a jamais eu vraiment de situation comme ça. Moi j’aimerais, tu vois ? Parce que franchement, quelqu’un qui te dit « va là, vas voir le blavog, passe à la radio, etc… » Bon, là on le fait entre nous, c’est bien. Mais c’est souvent aussi bien que quelqu’un le fasse, tu vois, parce que ça t’enlève un poids, déjà.
Comme les cainris en fait. Ton job c’est que écrire, choisir les sons, l’artistique, après tu rentres en studio. Nous on fait tout. C’est pas qu’on est découragé mais je préfère aller en vacances, aller en boîte, ou bien je reste chez moi et je glande, tu vois ou pas ? Et après ça coupe ton inspi à un moment, tu dis que t’as plus envie d’écrire, que t’es fatigué. Sans compter qu’après, les gens ils vont en taule, mais ça c’est les aléas de la vie…
Au bout d’un moment tu te dis « je calcule pas tout ça« . Et quand t’as pas de plan, faut sucer ou bien casser les portes. À un moment t’en as marre.
C’est pour ça que ce serait bien d’avoir une structure. Les structures ont les plans. Et toi tu viens de leur part.
Par exemple, là je dois faire l’émission de Pascal Cefran. Je le connais depuis longtemps, c’était le petit à Bob. Il mettait le son et l’autre il gérait. Donc c’était son petit, il avait même pas la parole. Moi j’étais là, j’étais pas une star, mais j’étais un peu connu avec Roi de L’Assos. Neochrome, ça marchait donc on faisait toujours les promos avec eux.
Ça veut dire que nous, on était peut-être petits, mais j’étais plus côté que lui.
Maintenant que lui, c’est Pascal Cefran, que je connais depuis ce temps, Joe Lucazz me dit carrément « si tu veux passer à la radio, tu passes avec moi. Parce que c’est Pascal Cefran chez qui je fais ma promo. Comme ça on fait notre promo en commun. »
Ça veut dire que je suis le petit de Joe, ça me dérange pas, Joe Lucazz c’est mon gars, c’est lui qui m’a proposé et j’ai même dit oui, mais ça veut dire qu’ils te la font à l’envers. Une fois au top, ils font styles qu’ils te connaissent pas…
Si je vois Pascal Cefran, il va rien me dire, mais pour rentrer dans la radio c’est une autre histoire. Si je le vois dans la rue il va me dire « ça va Koffi , tu vas bien ? » mais c’est tout. Pour parler musique, pour parler d’album, on doit faire autre chose, on doit dire « dans mon album, je fais ci, ça. » on doit raconter des histoires à des types qu’on connait depuis des années. Moi quand je venais, je buvais ma canette et je passais à la radio. Et lui il nous regardait en se disant « peut-être que ceux là seront des stars » ou qu’on allait monter, on sait jamais. Mais maintenant il nous regarde de haut.
C’est pour ça que dans le rap français, je sais pas ce qui se passe.
Booska P, on y allait. Fif c’est le petit d’un grand que je connais. Même si c’est quelqu’un de mon âge. Au début il nous laissait faire ce qu’on voulait, on lui a passé des clips ; mais maintenant c’est devenu comme skyrock, faut payer, t’as plus le droit de dire de insultes, ils filtrent tout. Certains payent mais d’autre pas, on sait pas pourquoi. On sait pas ce qu’ils veulent. C’est pour ça que le rap français, on avance pas…
C’est pour ça qu’il faut faire ses propres réseaux et s’en battre les couilles. C’est pour ça que nous, on est plus marginal. On fait ce qu’on a à faire. Y a un truc que Booba a dit, quand le public t’aime, tu peux pas boycotter. Tu peux pas boycotter un million de personnes ou même 10 000, même 1 000 personnes.
Par exemple, toi t’as un site, tu veux pas me mettre mais j’arrive à ramener 1 000 personnes, 1 000 visiteurs, je te jure que je te calcule pas. Même si je sais que ton site il peut me ramener 50 000 personnes. Moi je suis sûr que je peux ramener au moins 1 000 personnes à mon concert, qui me ramènent tous 5 à 10 euros. C’est mon argent au moins, personne ne viendra me le demander.
Mais certains comprennent pas le bizness. Ceux qui niquent le bizness, c’est ceux qui se plaignent après.
Mais perso, j’ai pas la haine de Pascal cefran, mais je conçois pas. Moi je l’ai vu quand il commençait, je me la racontais même pas, j’étais cool avec lui, mais je sais pas, maintenant c’est une autre histoire pour venir le voir. Maintenant, je dois dire que je suis signé, que mon album sort au mois de juin, donner une date, dire qu’il y a La Fouine sur mon album, faire un truc de dingue pour qu’il me dise « Ah ! Koffi ! Je passe ton album ! »
Mais si je passe jamais en radio, personne m’entend, comment je signe ? Si j’ai 0 promo, comment je peux donner une date ?

Teo -Mais Génération ça a changé aussi, depuis. Peut-être qu’il fait que suivre des directives.

Koffi -Ouais. Mais y a toujours des coups de cœur. Même fred de sky, parfois, il passe des coups de coeur. Il passe des sons que t’écouterais même pas. C’est des journalistes, même si c’est du rap, c’est ça le taff d’un journaliste dans la musique. C’est de dire « c’est moi qui l’ai découvert lui. »
T’as toujours le côté découverte. T’aimes bien chercher et trouver un truc. t’attends pas toujours qu’on te dise « mets ça, mets ça. » Le mec du moment, tu le mets, mais Pascal cefran il peut dire « Koffi je le connais depuis longtemps, il a fait Roi de l’Assos. Alors tu reviens, tu sors un album. » Il peut dire ça.
Mais bon, t’as vu, tranquille. Moi j’accepte le game. Si je passe pas à la radio, je vais pas mourir…
Moi, mon truc c’est internet, c’est mes petits soldats, c’est des petits de 15, 16ans, ils ont tous des I-Pods, les MP3, tout ce qui fait internet, ils vivent que de ça, ils regardent même plus la télé. Les séries, ils les regardent sur internet. Moi je vise ce public là.
C’est pour ça que je veux produire des petits Absolut Treepsal, parce que moi je veux les baiser comme Young Money. Moi je veux attirer les petits. C’est ça mon bizness, c’est marketing. Parce que je sais que les gens de mon âge, en concert, ils vont pas faire une dinguerie. Ils vont me regarder, c’est tout.

Teo -Bon courage pour trouver une Nicki Minaj française. (rires)

Koffi -Non, moi je vais mettre que des mecs. Je vais mettre des mecs tatoués, fashion, qui ont la crête. Tu vois pas que moi j’ai la crête, déjà ? C’est pour faire style. C’est la mode de maintenant, je vais faire que ça, baiser les gens. Mais faut qu’ils soient bons, quand même. Et que j’aime bien. Faut cautionner.
En plus, c’est vrai, c’est comme ça que ça marche, faut laisser la jeunesse un peu. Faut pas bloquer les gens. Si jamais ça marche, après je les mets en avant.

Spleenter -T’as un mot de la fin ?

Koffi -Que les gens se tiennent au courant des actualités et qui m’aime me suive en concert ou en boîte. C’est tout ce que je peux leur promettre. On est pas des stars, on est comme tout le monde. On peut nous voir partout, dans la rue, en boîte, partout. Mon délire c’est d’ambiancer les gens, de les faire kiffer. Si tu mets ton argent, au moins tu viens voir un show, un truc artistique. Plateau d’artistes, ça veut dire que si on peut on amène d’autres artistes qu’on connait. Je connais Nessbeal je peux lui dire « viens placer un morceau« , faire des trucs comme ça. Faire kiffer les gens.
Je te parle pas d’unité dans le rap, hein ?! Mais juste faire kiffer les gens. Si je peux faire monter l’S-Kadrille, je les fais monter.
Faire kiffer les gens. Si tu les a fait rêver par rapport à tes clips, par rapport à tes textes, faut continuer à les ambiancer, tu vois ou pas ?
Plus tard, le vrai délire ça serait créer une association et aider les gens, tu vois ou pas ? Ça c’est un projet que j’ai depuis longtemps. Faire des concerts pour faire des caisses pour ceux qui sont en taule. Pour ceux qui meurent dans les embrouilles de cités, qu’il faut ramener au bled, qu’on peut même pas enterrer ici. Pour aider les familles.
Ou par exemple, moi je vais en boîte, je vois ceux qui boivent de l’alcool et qui meurent dans des accidents. Tout ce qui me touche vraiment, parce que comme je t’ai dit, moi je dis toujours des trucs de bâtard mais je veux me rattraper par des trucs à côté.  
C’est bien les paroles de Belly, mais le vrai truc ce serait de créer des associations caritatives et de gratter de l’argent. Pas pour voler. Parce que peut-être qu’y en a qui vont penser que je suis un escroc. Mais de toute façon c’est pas moi qui vais gérer, moi je serai juste une image, mais je vais pas gérer. Donc je toucherai pas l’argent. Mais ce sera créé avec des amis, des meufs que je connais, des gens sérieux, faire une association pour redonner aux gens. Pour les aider. Pour les trucs qui m’ont touché. Moi j’ai plein de potes qui sont morts dans des embrouilles de cités, j’ai des potes qui sont en prison, même ceux qui sont pas mes potes, on peut aider une famille, des femmes battues, des trucs qui touchent tout le temps. Ou bien celles toutes seules avec leur enfant. 
Ce serait une suite logique de mon rap. Parce que j’ai le côté je veux baiser, je veux rapper, je veux faire la fête, je suis une rockstar de toute façon, je suis fou mais j’ai aussi un côté où je veux aider.
Je pense que si quelqu’un perd un membre de sa famille, si tu peux donner 500 euros pour les obsèques, c’est déjà ça.

Spleenter -C’est marrant, t’es un peu à la fois Lady Gaga et mère Thérésa.

Koffi -Ouais ! Parce que moi je me dis que ce que tu fais tu peux pas le faire gratuitement, tu vois ou pas ? Je sais pas comment t’expliquer. Sinon t’es comme le Joker dans Dark knight ; mais tu peux pas faire les trucs gratuitement.
Moi je crois en Dieu, tu vois, et je me dis que si on me laisse faire mon délire, faut rattraper derrière. Si Dieu il me laisse la chance de faire des concerts, de monter sur scène et dire « fuck la police » et qu’on me donne 10 000 euros pour ça, je vais pas garder mes 10 000 euros parce que je dis « fuck la police », je ferais mieux de les redonner, tu vois ou pas ?
Si cet argent c’est pas pour mettre bien ta famille et des gens qui en ont besoin… C’est sûr que tu vas en garder, parce que t’as un train de vie, tu dois faire rêver les gens, tu dois avoir la voiture, les bijoux, tu continues à vivre aussi ! Parce qu’après t’as une image qu’il faut toujours embellir. Y a pas de souci. Mais faut toujours garder un peu pour aider ceux qui ont pas, tu vois ?
Ne serait ce même que pour les autres mcs, par exemple on me donne de l’argent parce que je dis « fuck la police » ce serait bien que je fasse un studio pour que les autres rappeurs rappent, ils peuvent pas payer les petits de chez moi. Rien que ça, je les aurai aidé.
Maintenant, si eux ils font de l’argent et que ça devient des bètes de stars comme Sexion d’Assaut et qu’ils me disent « Koffi, check ! Koffi c’est grâce à toi ! » ils me donnent un petit billet et un chèque à leur famille, t’auras déjà fait quelque chose dans le game. Moi je pense que c’est comme ça qu’on doit avancer, tu vois ou pas ?
Mais que certains rappeurs ne font pas, ou qu’ils n’ont pas fait.
Nous on va essayer de le faire. Déjà, si moi j’y pense alors que je suis pété et eux ils sont devant, ils le font pas, c’est dommage. On aurait déjà avancé sinon.
Mais je pense que les bêtises qu’on fait, que ce soit les stupéfiants, les trucs comme ça, parce que je te mens pas, les stupéfiants, comme je t’en parle, c’est fashion, tu vas croire que c’est hype, que c’est stylé ce que je dis, mais franchement c’est pas stylé, vas-y les parents pleurent, tout le monde à la haine. Même moi, j’aurais préféré, au lieu de vendre de la drogue, que juste je rappe et qu’on me donne de largent, tu vois ou pas ? Même si je suis à côté de gens qui taffent sérieux ou qui fument, j’aurais préféré ne pas en vendre.
Et que je sois pas obligé de prendre le risque de lui vendre, et même de le mettre lui dans l’embarras, de me balancer et après de vouloir le niquer. Et après être en prison. C’est tout un schmilblick, comme on dit. T’es comme ça, t’as la haine, tu préfères avoir l’argent facile.
Donc je me dis que si, franchement, Dieu te donne la chance de monter sur scène, de faire des albums, de rester en vie, de faire kiffer des gens, qu’ils te kiffent qu’il te disent « je kiffe trop tes sons ! je suis prêt à te donner de l’argent. » De l’argent pour lequel, peut-être, ils taffent. Peut-être qu’ils peuvent faire des trucs de ouf avec, mais ils te le donnent ! T’en redistribues pas une partie ? C’est que t’es un ouf !


Après c’est normal que t’aies des couilles dans la vie. Parce qu’on t’a donné la chance de faire quelque chose et tu fais rien.
C’est quelque chose que j’ai kiffé dans le 19, chez nous, quand j’ai commencé à rapper, c’est les grands de chez nous. Parce que je te mens pas, ils ont vraiment vendu de la drogue, ils en ont vendu beaucoup et là, ils ont ouvert des magasins, ils ont des laveries et même eux ils ont commencé à rapper. Certains ils rappent là, pourtant ils ont 40ans, 45ans, tu vois ou pas ? 
Je sais pas si ils ont pas eu de jeunesse, mais voilà. Comme j’ai vu dans un truc américain « le rappeur kifferait être dealer et le dealer kifferait être rappeur. »
C’est pas moi qui l’ai sorti cette phrase mais en fait c’est vrai. Et pour les français je dirais quoi ? « les voyous veulent être acteurs et les acteurs veulent être voyous. » Comme disait Alain Delon. C’est ça la vie ! Paccino, tout ça, ça fait kiffer. Y a les risques qui vont avec, mais voilà, ça fait kiffer.
Pour moi, en tout cas, c’est vrai. En tant que rappeur j’aimerais être Tony Montana et peut-être que Tony Montana il veut rapper. C’est comme ça.

Teo -Ça me rappelle une histoire, je sais plus si c’est Al Paccino justement ou Marlon Brando, un très grand en tout cas, dans le tout 1er cours de théâtre où il va, c’est celui d’une prof qu’était vraiment très reconnue. Et elle leur demande à tous « Pourquoi vous voulez faire comédiens ? » et ils répondent des trucs du style « pour être sur scène« , « parce que j’aime le public » et elle leur répond « Tout ça c’est des conneries ! Vous voulez être acteurs parce que vous avez pas les couilles de devenir gangsters ! »

Koffi -Bah oui ! Je te jure que c’est la vérité. Moi j’aurais kiffé être un gangster, mais je ne suis qu’un rappeur. Après, j’ai fait des petites bétises, mais c’est les bétises que tout le monde fait, ça. C’est rien.
Mais j’aimerais avoir l’hélicoptère, les costars en soie, avoir mille mecs à mes bottes, je gueule « viens par ici toi ! » Sarkozy il me parle, je lui dis « hé mon pote !  J’ai payé ta campagne ! » et je lui dis « Hé, la loi sur les casinos, ça me plait pas. »
Je te jure, tout le monde kifferait, mais bon, je ne suis qu’un artiste.
Mais je suis vraiment sérieux, franchement. C’est peut-être des idées comme ça, mais si j’ai du biff, je le ferai. Je dis pas ça pour que les gens achètent mon disque, même si ça fait pas par le rap ce sera peut-être par un autre moyen ; parce que mon but c’est vraiment de faire des associations pour redistribuer.
Déjà je donnerai de l’argent à mes proches, tu vois ? Mais après ce serait bien de faire un système que je donne un peu et que tout le monde soit amené à donner 1 euro ou 2. Comme ils font pour le cancer ou les trucs comme ça, tu vois ou pas ?
Mais pour des trucs que nous on vit plus que d’autres. Le cancer, je sais que tout le monde a le cancer mais ce qu’on voit aussi c’est des femmes battues, des mères célibataires, des meufs qui veulent avorter, ceux qui meurent par accident. Je sais qu’y a des gens qui cherchent pour le cancer et les autres maladies, mais y a d’autres causes encore.

Teo -T’as un autre mot de la fin plus positif pour pas plomber l’ambiance en fin d’interview ?

Koffi -Plus positif ? Qu’est-ce que je pourrais dire ? Vive le rap, t’as vu.
Vive le rap. C’est pas ce qui me fait manger mais c’est ce qui me fait kiffer en tout cas.

Spleenter -Il est bien celui là.

Koffi -Tu vois ou pas ?! C’est ce qui me fait kiffer. Parce que j’ai toujours la psychologie rap. Que je sois à l’école, dans la rue, au taff, je suis toujours dans le rap. J’espère que c’est bien enregistré. C’était quoi ma phrase, déjà ? C’est pas ce qui me fait manger mais c’est ce qui me fait kiffer ! Pour bien montrer aux gens que c’est une culture, tu vois ? Soit t’es dans cette culture, soit tu fais pas. Moi je suis toujours comme un gamin quand je réécoute des trucs que je kiffe. C’est ça mon mot de la fin. Merci mon pote ! Merci mon pote !

Et koffi checka alors un par un les membres du blavog pour repartir vers l’horizon sur un grand cheval blanc.

Les petits singes sont devenus des gorilles.

4 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Koffi Trop 2 Style, Uncategorized

Interview de Cassidy des X-Men (Une vraie de vraie, et ouais) suite et fin

Teo -Donc là, le prochain projet, c’est « Visionnaire » avec Atto ?

Cass -Si tout se passe bien. Et si c’est pas arrivé entre temps, moi, mon projet arrive vers rentrée 2011. Avec des morceaux à venir, parce que je compte faire une promo digne de ce nom. À savoir : des sons lancés bien avant, des clips, des visuels, tout ça.

Teo -À propos de clips, je pense que « Cass’story » ou « Face à face » c’était des sons qui s’y seraient bien prêtés. Très visuel, très cinématographique.

Cass -« Face à face » on a commencé à penser au scénario et au script et on a eu quelques contre-temps donc du coup on a pas pu aller au bout. Mais en effet, pour moi ça reste des morceaux à clipper. Ça fera sûrement partie de la logique, justement. D’amener à l’album avec ça, avec des visuels.

Spleenter -En plus, ces derniers temps t’as des ricains qui clippent des sons 10 ans après.

Cass -exact. On y a pensé à un moment donné, mais pareil. En fait y a des choses à faire en terme de visibilité. Là je parle des X-Men. Mais c’est comme tout, je pense que le moment venu on fera les bons choix, je l’espère en tout cas et balancer un petit clip de « Retour aux pyramides » ou « C’est justifiable » ce serait une bonne idée. On en a déjà parlé en plus.

Teo -C’est vrai qu’aujourd’hui c’est super important la visibilité. Pour lancer chaque projet, faut une vraie machine, un vrai plan, des bonnes idées…

Cass -Ça résume un peu ce qu’on disait tout à l’heure quand on parlait des projets qui sortaient sans trop de visibilité. Y a un moment donné où je me suis dit ouais c’est bien beau tout ça, mais l’album solo faut que ce soit un vrai projet qui soit vu, entendu, une promo carrée, les petits plats dans les grands, un truc où tu peux pas passer à côté. J’ai conscience de tout ça, c’est pour ça qu’on se structure. On prend le temps, on monte une équipe carrée par rapport à tout ça pour, le moment venu, tout balancer.

Spleenter -Tu penses quoi du parcours de tes ex collègues de Time Bomb ?

Cass -Ceux pour qui ça a marché, je suis super content. Pour les autres, j’espère que ça finira par avancer. Si on parle de Booba, il vit de sa musique donc tout va bien. Oxmo c’est pareil aussi. Pour ce qui est des Ghetto Diplomats, ils font leurs affaires. Pit, c’est pareil. Y a des choses où j’accroche moins au niveau musical, pour certains. Mais je suis satisfait de leur parcours, ça marche pour eux, en tout cas. Frais !

Teo -Et donc pour les prochains projets, qu’est-ce qui est prévu de faire ?

Cass -Y a beaucoup de choses de prévues mais après il faut passer à l’action. En terme de visu, de buzz comme on dit. De tout ça. Donc ouais, y a des trucs à faire. On est en plein dedans, on réfléchit à tout ça, là.

Spleenter -Jusqu’ici, c’est vrai que t’as pas été trop présent sur internet.

Cass -C’est aussi en fonction de l’implication qu’on y a mis, à chaque fois. C’est à dire qu’on savait que c’était des projets alternatifs, l’essentiel c’est d’exister. Moi j’ai défendu ces projets à chaque fois sur scène ou dans des showcases en bougeant à l’étranger ou même en France. Du coup ça m’a permis de voir un petit peu autre chose. Tout ça c’est un petit peu une préparation pour pouvoir arriver avec un truc carré. Parce que ça m’a permis d’apprendre. En fait c’était un apprentissage tout ça. voir les erreurs, les trucs qui marchaient, ce qui marchait moins. Et puis la musique évolue, le marché du disque aussi. Faut être dedans.

Teo -T’as pas de regret de pas avoir sorti plus de trucs entre 95 et 2000 ? Dans le sens où aujourd’hui, ça a l’air plus axé stratégie commerciale, plus bizness. Alors qu’à l’époque ça avait l’air plus centré sur la musique elle même.

Cass -Je pense que maintenant c’est un mix des 2. Faut non seulement avoir une musique archi-béton et après avoir tout ce qui va autour, c’est à dire avoir l’entourage, l’équipe qui va avec. Pendant un moment, ma musique était pas forcément là où je voulais qu’elle soit et au niveau de mon entourage aussi, j’avais pas tout ça. Mais là les paramètres sont tous dans le vert, en gros. Là c’est des bons signes, comme à l’époque où on est sortis en tant qu’X-Men en 95. Avec Ill on sort un peu les mêmes trucs, on sait que les gens commencent un peu à se faire chier dans la musique, donc on arrive frais. T’inquiètes. On a cogité le truc, honnêtement, on va voir mais c’est plutôt encourageant.

Teo -Y a des rappeurs qui t’ont scotché, ces dernières années ?

Cass -Y en a eu. Ça me revient pas comme ça. J’ai entendu des trucs vraiment intéressants. Je vais pas citer une personne en particulier parce qu’il y en a plein d’autres mais dans ceux qu’on entend en ce moment, un Seth Gueko, par exemple, moi il me fait rigoler dans le bon sens du terme. quand on parle de punchlines, voilà. le mec il sait y aller. C’est parmi les claques au niveau du délire artistique qu’il a amené. Moi j’ai trouvé ça intéressant. Y en a d’autres, mais lui c’était particulièrement intéressant.

Teo -On a quand même cette impression, qu’aujourd’hui encore, les X-Men sont grave respectés par les autres rappeurs, pour autant on vous retrouve rarement en feats.

Cass -C’est une discussion qu’on a souvent, je sais pas si les gens flippent ou quoi. Mais moi, si demain Booba me demande de faire un morceau je vais le faire. Rohff aussi, c’est pareil. Sinik aussi, toutes les têtes d’affiches du moment. Moi j’ai aucun souci avec ça, c’est juste que si on veut amener le truc plus haut, à un moment faut pas avoir peur de se fritter. De se frotter à des gens de sa « catégorie ». On sait tous d’où on vient, d’une même clique, d’une époque. Donc si un de ceux là est opé, moi y’a pas de souci. Et même, je ferai la démarche d’aller les chercher. On verra s’ils sont opé ou pas.

Teo -C’est un constat qui revient souvent ces derniers temps. T’as cette impression que les rappeurs français osent pas trop se mélanger.

Cass -Mais ils flippent. Je pense que c’est un manque d’assurance. Regarde aux États-Unis, un mec qui est très fort, il voit un jeune qui est super fort, au delà de flipper il va essayer de le signer, tu vois. Ou de faire un truc avec lui. Et moi je suis plutôt dans cette ambiance là. C’est comme avec Atto, c’est un mec que je trouve très talentueux. À un moment donné, il avait bossé avec Passi mais ça c’est pas super bien passé. Parce que je pense que le mec s’est dit « le mec est dalleux, il a faim, peut-être qu’il va me bouffer ». Moi j’ai pas cette peur là parce que je sais ce que je fais, je sais qui je suis et voilà. Mon écriture c’est mon écriture, j’ai mon histoire. Donc si je peux donner un coup de main et faire avancer quelqu’un, en même temps ça me donnera aussi un coup de main de toute façon. Faut pas se mentir. Moi je suis opé, y a pas de souci avec ça.

Teo -Est-ce que t’avais entendu la reprise de « Retour aux pyramides » par MOMS ?

Cass -Il me semble avoir entendu ça sur le net. Ouais. Ça fait plaisir, c’est une sorte d’hommage. C’est cool. Et c’était plutôt bien, en plus.

Teo -Sors tes meilleures questions, Spleenter. Vends moi du rêve.

Spleenter -Alors, « The wire » ? Quel personnage ?

Cass -Alors là je vais te mettre sur le cul diiiiiirect. En fait j’aime bien regarder les trucs en décalage. J’ai commencé à regarder 2, 3 épisodes pour me donner envie et je suis pas allé plus loin.

Teo -Mais là, la série elle est finie, tu peux y aller.

Cass -Non mais c’est clair que je vais y aller. Mais je veux pas forcément faire les mêmes références aux mêmes moments. Parce que j’ai bien senti, j’entendais les phases sur Barksdale et tout ça. Je vois à peu près les personnages et la série a l’air vraiment mortelle mais je préfère regarder un petit peu plus tard. Là j’étais dans « Entourage ». J’étais plus là dedans.

Spleenter -Avec Saigon.

Cass -Dans un épisode, ouais.

Spleenter -Qui sort son lp avec 10 ans de retard.

Cass -C’est ça. Coutume du ghetto…

Spleenter -Et sinon, tes inspirations, comment dire, au niveau de, enfin…

Teo -Pose ta question sur Batman, allez. On t’a vu.

Cass -Fais toi zizir.

Spleenter -Mais non, question plus généraliste. Inspiration niveau films ?

Cass -Je regarde beaucoup de trucs. Manec’ de temps en temps, mais je suis de l’ère du téléchargement donc beaucoup, beaucoup de films. le dernier qui m’ait marqué… je sais pas, il y en a pas mal. C’est pas les plus récents, mais t’as Rock’n’Rolla. Very bad trip aussi pour les plus connus. En terme de comique. Ah si. J’ai scotché sur Les Chèvres du Pentagone. Je m’attendais pas à tomber dessus en fait. C’est comme ce que je te disais tout à l’heure, ils te font dans le divertissement des sujets qui sont quand même super intéressants. C’est à l’époque du LSD, de ce genre de drogues. Pendant que les Russes faisaient la course à tout ce qui était un peu psychique, les ricains se sont dit « on peut pas rester à l’ouest, faut qu’on s’y mette » ils ont commencé à tester des substances, des trucs bizarres. Et les chèvres… bref vous verrez. Mais je conseille à tous les gens qui sont intéressés par tout ce qui est délire illuminatis, complots, etc… de regarder ce film. C’est plutôt pas mal foutu.

Spleenter -D’ailleurs, si vous sortiez « Retour aux pyramides » maintenant, probablement que des commentaires youtube vous insulteraient en vous traitant d’illuminatis. Vous le savez ça ?

Cass -Ouais, ouais.

Teo -On dirait qu’on peut plus dire les mêmes choses qu’avant. L’Enfer remonte à la surface d’Ärsenik, ça passerait peut-être pas aujourd’hui.

Spleenter -Ou Gynéco avec « J’insulte mon père, j’invoque Lucifer » c’est plus trop possible ça.

Cass -Peut-être que les gens s’autocensurent. Normalement chacun est libre de dire ce qu’il veut, si il pense invoquer Lucifer, bah qu’il l’invoque. C’est son souci, ça reste dans sa sphère et pas la mienne. Mais j’ai pas grand chose en particulier à dire à ça.

Teo -Sur la pochette de Menilcity, t’as un délire un peu macabre avec des têtes de morts, la Lune et le côté sombre.

Cass -C’est mon côté sombre, c’est un truc qui est plus ou moins de côté. C’était dans une période où, justement, tout ça devenait récurrent. Les histoires d’illuminatis, bones and skulls. Donc je l’ai fait, je l’ai posé histoire de passer à autre chose mais de toute façon, c’est pas une nouveauté. Nous on parle de ça depuis les années 90. Le truc s’est développé depuis. Aujourd’hui on est dans le nouvel ordre mondial. On y est. C’est plus un fantasme, on est dedans, donc on constate.

Teo -C’est vrai que vous en parliez déjà. Ce qui fait qu’à l’époque on a pu vous assimiler à du rap conscient ou engagé, ce qui vous a peut-être pas rendu service quand vous reveniez avec des sons plus légers ou plus freestyle.

Cass -Non, honnêtement. Dans un texte je disais déjà « Dans nos vies, tous les thèmes se mêlent » C’est parce que dans une même journée, tu peux parler d’une connerie à la télé, une télé réalité, et parler d’un truc super sérieux ou mystique. Tout ça, ça nous traverse un petit peu l’esprit, forcément. On est pas super politisés mais on a des yeux et on a des réflexions, donc forcément ça ressort par bribes, parfois concentrées en un seul texte. En tout cas on reste des gens ouverts sur l’info, donc ça transpire mais on est pas là à balancer des messages et dire « votez pour untel », « le racisme ça fait chier ». On le sait très bien tout ça, donc on le dit d’une autre manière. On invente rien mais on le dit à notre manière.

Spleenter -Au niveau de l’écriture, t’as quelles influences ?

Cass -À l’époque, les gens nous comparaient à Smiff’n’Wessun. C’est vrai qu’on était un peu dans le Bootcamp et compagnie. Aujourd’hui, y’a plus de trucs. J’écoute un peu de tout, aussi bien du rap que d’autres musiques. Y a quand même Jay-Z qui nous a forcément marqué parce qu’on l’écoutait comme des dingues, à un moment. Et d’autres. On prend un peu de tout, y a personne en particulier. On s’inspire un peu de tout ça, sans jamais se travestir, en restant toujours soi.

Teo -Je crois qu’on a fait un peu le tour. T’avais quelque chose à rajouter ? Des questions que t’aurais aimé qu’on te pose ? En gros, ça te dirait de faire notre taf à notre place ?

Cass -Pas vraiment.

Spleenter -Ah si, j’ai une question. Dans les comiques ? Pas les comics, les comiques.

Cass -Alors, hier on s’est tapé le DVD de Florence Foresti. Je me suis tapé des barres. Elle est franchement marrante. Une sorte de Charlie Chaplin. Une petite bonne femme bien nerveuse. Après y’a qui d’autres en comique qui me fait bien golri… Ah si oui, mais c’est le Belge là. François Damiens. Il a pas de spectacle, mais il fait des trucs de ouf. Lui ça a été des barres à l’estomac. Pour moi c’est le boss en ce moment. Et puis je vais voir des spectacles, des gens pas connus, mais il m’arrive d’aller au théâtre voir des pièces.

Spleenter -Et sinon, Dieudonné ? (Spleenter n’abandonnera jamais !)

Cass -Ouais, si. Moi, il me fait toujours rigoler. Il me fait golri comme au début, y’a pas de polémiques là dessus.

Teo -Sur une vidéo de ton myspace, tu disais que tu voyageais beaucoup. C’est par plaisir ou vraiment pour la musique ?

Cass -C’est un plaisir avant tout, et vu que je suis dans le son, je finis par arriver à la musique et voir ce qu’il est possible de faire à chaque fois que je bouge. Mais avant tout plaisir. Des découvertes, rencontrer les gens.

Teo -Ça t’amène un plus au niveau de l’écriture ?

Cass -C’est une évidence, en terme de son ou de références que je peux avoir. Récemment j’étais à Courchevel, je suis un Burkinabais qui fait du ski. Ça fait rigoler les gens, mais ce sont des phases qui vont arriver plus tard, à replacer d’une certaine manière.

Spleenter -Ça a déjà été fait dans Rastarocket.

Cass -Exact. Je vais peut-être me présenter au JO d’hiver en tant que représentant du Burkina Faso. Guettez.

Teo -Ça me rappelle une phase d’Escobar Macson sur le premier album d’Ali. Mais je sais plus laquelle.

Spleenter -Avec des si, on ferait du ski au Sénégal.

Cass -Ah oui…

Spleenter -J’avais retenu parce qu’y a Sénégal dans la phrase.

Cass -Non mais ouais… les voyages ça ouvre la vision. Pour moi ça reste essentiel. Tant que je peux le faire, je le fais et je suis content quand ça se passe.

Spleenter -De toute façon, ça on coupera au montage. Même si y a pas de montage puisque c’est une interview écrite. Sinon, t’as des featurings ou des idées déjà ?

Cass -C’est pas un secret, je pense inviter des proches : Hifi, Ill. Tanya Michelle aussi, qui est la choriste de Stevie Wonder, que j’ai rencontrée par l’intermédiaire du mec qui bosse en Hollande, justement.

Spleenter -Celle qui pose sur Famille Haussmann, c’est bien ça ?

Cass -Je savais pas ça.

Teo -On va vérifier. Ça devient sérieux là, je mets mes lunettes.

(Teobaldo lance « Night Zone » sur l’album de la Famille Haussmann)

Cass -Ouais c’est elle. La meuf elle démonte. Donc elle, Hifi, Ill, probablement un cainri mais on attend de voir, je veux pas m’avancer dessus ou même en parler. Et voilà pour l’instant.

Teo -Hifi qui était avec toi à Retour aux sources. Comment ça s’est fait ? Tu lui as proposé ?

Cass -Ouais c’est ça. Ça me paraissait évident. Vu que Ill, pour diverses raisons, n’était pas opé pour ce concert là.

Spleenter -On le sentait venir, il faisait pas la promo, on le voyait pas.

Cass -Il aurait dû être là, normalement. Mais on a fait en sorte que le truc se passe quand même. À partir du moment on avait dit d’accord, on fait le truc. Plutôt que de changer d’avis pour des raisons qui nous semblaient pas valables, on a assumé, on a fait le taf avec Hifi.

Teo -Et y avait aussi JP de Less Du 9 et Nasme avec vous.

Cass -Nasme il est toujours avec Hifi, donc pas de souci, viens avec nous sur scène. Et JP c’était une bonne surprise, il était dans le concert, il était pas loin. Je lui ai dit « Vas-y, monte sur scène » et il est monté direct. À l’ancienne école, on s’est pas pris la tête. C’était normal.

Teo -Sacré JP.

Cass -Grave. Jeap 12.

Teo -Dernièrement, t’as fait « En 16/9 » sur une compilation.

Cass -Ouais. Pour DJ Smoke. Un DJ de Rouen.

Teo -Le morceau est clipé, on le sent bien travaillé. C’était un son prévu pour ton album que tu leur as passé ou ça a vraiment été fait pour l’occasion ?

Cass -C’est un son pour l’occasion. Y’a juste le deuxième couplet que j’avais écrit y a un bon moment. que j’avais de côté et que j’avais posé nulle part. Quand il m’a sollicité, il m’a envoyé l’instru, j’ai écrit le premier couplet dessus. Et après, en arrivant là bas, j’ai commencé à faire mes petites recherches de trucs qui collaient par rapport à ça et ça a donné le morceau « 16/9 » qu’on a clipé direct l’après midi. Ça a pris une journée pour faire le tout, je crois.

Teo -Dans plusieurs sons, comme « G.O.D » par exemple, tu pars souvent dans des story telling où tu croises des jeunes femmes sublimes et armées. Ça t’arrive souvent ce genre de chose ? Tu te balades dans Paris et hop ?

Cass – (sourire) Ça peut arriver, ouais. Ça peut arriver. Aussi surprenant que ça puisse paraitre, mais c’est vrai. Mais d’un certain milieu, hein. C’est pas partout.

Teo -Même si c’est pas ton thème de prédilection, les femmes reviennent quand même souvent.

Spleenter -Comme dans ‘Biatch’ avec le groupe Bass Click, par exemple.

Teo -Bah attends j’y arrive. Y a le son « Biatch » mais y en a aussi d’autres, très différents. T’es l’un des seuls à dépeindre les meufs sous pas mal d’angles différents (comme des mecs comme Driver ou Dany Dan). Comment t’expliques ça ?

Cass -J’ai été élevé par une mère seule, j’ai des cousines. Enfin voilà, je sais pas, je vois plusieurs trucs qui me paraissent évident. Ça ressort dans ce que j’écris. J’ai été élevé par des femmes, j’aime en parler.

Teo -L’humour a toujours été une des facettes des X-Men, avec les interludes sur les albums, ou des jeux de mots comme « Steve tu couines », « j’ai du mal à être gai, Marvin ». Mais y a eu une période où y avait presque plus d’humour dans le rap et ça correspond au moment où on t’entendait plus. C’est directement lié ? Ça t’a saoulé ?

Cass -Quand je bouge dans ce genre d’ambiance, dans le milieu du rap, je vois qu’y a des trucs de base comme, ne serait-ce que la politesse, qui me choquent un peu. Là je vais te parler d’un truc sérieux mais après je vais partir sur autre chose. Pour moi, quand je rentre dans une pièce tu sais, je dois dire bonjour. On est des personnes éduquées, etc… Et du coup, comme tu dis, le rap c’est devenu quelque chose d’un peu guindé où c’est soit disant à l’aise mais ça manque un petit peu d’ironie, d’humour. Un petit peu comme vous pouvez le faire de temps en temps. Donc tout ça, je pense que ça fait du bien, des mecs comme Willaxxx aussi. Ça permet de prendre un peu de recul par rapport à tout ça, parce que c’est vrai qu’on se prend un petit peu trop au sérieux, les gars. Ça commence à faire un peu chier. On fait de la musique, quoi. On est pas à l’usine. C’est censé être bien de faire de la musique. Non ?

(Là on avait plus trop de questions, du coup on a sorti l’arme secrète. Hichem parle de la géographie du XXème pour détourner l’attention de Cassidy pendant que Spleenter sort sa plus belle question)

Spleenter -Et donc, par rapport à The Dark Knight ?

Teo -Je savais que t’en parlerais, connard.

Cass -Le dernier Batman, non ? C’est ça ?

Spleenter -C’est limite insultant que tu poses la question, mais ouais.

Cass -Ah non mais faut être bien sûr. On sait jamais.

Spleenter -Oui, oui, c’est ça. T’en as pensé quoi ?

Cass -Je retiens, comme beaucoup de monde, le Joker. Je suis parti voir ce film là, parce que j’ai entendu un peu la story du type, Heath Ledger. Et en effet, quand j’ai vu l’espèce de phénomène, comment il en est arrivé à là et qu’en plus il clamse, ça m’a laissé sans voix. Tu sens sa performance à chaque moment dans le film où en fait le mec ne joue pas. Je sais pas comment dire. Mais je pense que les autres acteurs devaient flipper. Juste pour ça, le film je l’ai trouvé grand. Après, en tant que spécialiste des comics que tu es, y a peut-être des choses à changer, je ne sais pas.

Spleenter -Ah non, non.

Cass -En tout cas, j’ai trouvé ça bon.

Spleenter -En plus, toi t’as dû connaitre, parce que t’es quand même un vieux…

Cass -Un mûr !

Spleenter -T’as dû connaitre l’impact du premier Joker, le Nicholson.

Cass -Le Joker de Nicholson, très bien. Mais j’avoue, l’autre il l’a surpassé. Mais ils étaient pas dans le même état, je crois.

Teo -Et tu vis de ta musique ?

Cass -Ça alterne, j’ai fait des ateliers d’écriture avec les petits, dans les centres. Et en ce moment, non. C’est musique, musique, musique. Et après, j’arrive à me débrouiller parce que je fais des trucs à droite à gauche. La musique n’est pas que ce qui remplit mon frigo. Ça fait parti des trucs qui le remplissent, mais pas seulement.

Teo -C’est important de prendre du recul…

Cass -C’est important dans tout truc que tu fais. sinon tu perds un peu en terme de clarté, t’as la tête dans le guidon, tu vois pas bien la route. Et ça fait du bien de regarder ça en tant que spectateur. T’oublies un petit peu le reste, tu te mets à écouter et tu recharges un peu. C’est indispensable.

Teo -Tu suis l’actualité du rap, ce que font les autres ?

Cass -Je suis pas à télécharger des sons comme un malade toutes les 2 minutes, mais en tout cas je m’informe. On me dit aussi ce qui se passe, je reste au courant. Pour pas être déconnecté.

(Cassidy demande une cigarette à Daphnée)

Spleenter -Là tu détruis des années de réputation…

Cass -Parce que ?

Spleenter -Tu taxes des clopes.

Cass -Toujours. À l’époque, on avait même fait un morceau sur le taxage de clope, qui est jamais sorti. C’était pour « Les lascars », la scène où le mec va taxer une clope, justement. On avait écrit un morceau entier avec Ill pour cette scène, qui est jamais sorti. Je l’ai retrouvé récemment.

Teo -T’as lâché beaucoup de sons à droite, à gauche, jamais sortis. Est-ce que tu penses à prendre un avocat pour avoir les droits ?

Cass -C’est exactement ça. Ma meilleure amie, bientôt, ça sera un avocat. Vu qu’on vient d’une époque où les trucs c’était pas forcément papiers. Faut rattraper, faut s’équiper. Une des formules de Booba qui fait qu’il en est là où il est, c’est qu’il est bien entouré. il a un avocat qui bosse pour lui. C’est un peu ce qui tue la musique, des trucs aléatoires, sans papier, sans rien. Finalement, y’a des gens qui se retrouvent un peu lésés.

Spleenter -Et quand tu dis lésé, c’est lésé avec un grand « B » ou bien…

Cass -Tu peux même dire baisé. Des bêtes de carottes. On a vu des trucs… Nous on est artiste avant tout, c’est arrivé un petit peu vite à l’époque, donc on a mis le temps à capter tout ce qui y avait. Personne ne te fera de cadeau dans cette musique. Si le mec peut t’entuber de quoi que ce soit, il va le faire, puisque les mecs ils font du biz et faut qu’on se mette dans ce mode là. quand tu fais du biz, après quand t’es artiste c’est autre chose. Chacun son taf, quoi.

Spleenter (là c’est magique, il enchaine avec une question sur Geraldo)-sur « Jeunes, coupables et libres », l’interlude avec la douane, c’est venu comment ?

Cass -C’était un délire avec les Ghetto Diplomats, on a pris une histoire avec une famille d’imigrés qui arrive en France, on a imaginé un peu les douanes et ça s’est fait de manière instinctive en parlant un soir. Geraldo il est parti direct à l’aéroport et il a demandé à ce qu’ils fassent une annonce. Le soir on avait plaqué le truc en studio et voilà.

Teo -Il s’est déplacé jusqu’à l’aéroport…

Cass -On était chez Universal, y avait des moyens.

Teo -Et il a rapporté l’album ?

Cass -Ça a rapporté, ouais. C’était un peu magique ce moment là, on avait été signés sans maquettes, juste sur la réputation. Technique de maisons de disque : grosse avance, ils te gavent un petit peu et le truc un peu pervers c’est qu’on savait pas que tout ça a un prix. Une avance ça se rembourse. On a croqué la pomme à souhait. Aujourd’hui je ne renégocierais pas le même truc, ce serait différent.

Teo -Pour cet album, « One, one, one » tournait sur skyrock, vous aviez même eu un planète rap, l’un des premiers. Ensuite vous êtes plus jamais repassés dessus. Et dernièrement, t’étais au planète rap d’Ali avec Fred qui sortait des trucs style « je suis super content de te voir, ça fait plus de 10ans » etc… T’avais pas envie de l’insulter sur le moment ?

Cass -Non. Tu sais, les mecs ils font keur taff. C’est pas le genre de choses que je balance à l’antenne, parce que la personne je l’avais déjà vu entre temps. C’est des trucs qui se disent hors micro. On a eu cette conversation. Ouais c’est bien beau tout ça. Ça fait longtemps qu’on s’est pas vus, mais entre temps j’ai eu des projets. Il me semble même que je lui ai envoyé certains trucs qu’il a pas calculé. Il le sait très bien. Il fait son job comme il le peut, le « pauvre »…

Alors comme ça Hifi fait des instrus aussi ? Première nouvelle !

Teo -Et maintenant que skyrock n’est plus le seul média, avec l’importance d’internet, tu penses que c’est plus jouable d’exploser ?

Cass -Comme tu dis, au niveau des médias et surtout du développement du net, c’est clair que ça permet d’éviter des délires comme skyrock. Même si t’es pas joué chez eux, maintenant avec le net, tu peux avoir une bonne promotion et t’en sortir sans eux. Tu peux faire sans. C’est toujours bien avec aussi, mais je suis pas en train de courir après.

Teo -Pour autant, t’es pas encore super présent sur les n-da-hood, les booska p et tout ça.

Cass -Si, N-da-hood au début. Pour ce qui est de booska p, quand y a eu des clips, ils en ont diffusé certains, il me semble. J’ai pas fait plus de forcing que ça. J’ai pas plus insisté dans le sens où, pour moi, le vrai arrive bientôt, dans ce que je suis en train de faire. En fait, tout ce qu’il y’avait avant, c’était une sorte de training, de préparation à ce futur projet. Parce que le temps passe, je vais pas faire mille albums ni rapper jusqu’à 60 piges. Mais je mets la gomme sur ça et je pense que ça entraînera le reste niveau média : télé, internet, etc…

Teo -Mais depuis le temps que t’es là, tu connais plein de monde dans ce milieu. on a l’impression que tu fais peut-être pas assez de forcing.

Cass -Non mais t’as raison, en même temps que tu disais ça, je me disais que j’étais pas non plus du style à aller demander. Mais je pense que c’est parce qu’à un moment donné, j’étais vraiment sur mon travail et maintenant que je commence à m’ouvrir, que mon album arrive plus ou moins à terme, là je commence à ressortir la tête de tout ça, de voir avec qui je pourrais faire des collaborations, des trucs pour pousser la musique un peu plus loin.

Teo -Sur la pochette de Menilcity, t’as une batte de base-ball. Est-ce que tu prépares un match contre l’équipe de Salif ?

Cass -Faudrait qu’on voit ça, y a des terrains intéressants dans le coin. Non, en gros c’était un délire en référence à tous les trucs violents ou chauds qui m’ont marqué. Là c’était une référence, même si elle est infime, à Warriors.

Spleenter -C’était pas les tortues ninjas ?

Cass -Je vois pas lequel des 4 à une batte…

Spleenter -Si, y a le mec là…

Teo -Casey Jones ? Mais c’est méchant de dire ça.

Cass -C’est vrai qu’y avait lui. Mais non, c’était pas dans ce délire.

Teo -Le mot de la fin ?

Cass -Le mot de la fin c’est : tous ceux qui supportent X-men depuis le départ, tous ceux qui connaissent notre came, notre musique, soyez à l’écoute. Projet solo à venir pour la rentrée 2011, ça va être du consistant. Ça sera carré, propre et efficace. Yeah !

À ce jour, le Blavog n’a toujours reçu aucune preuve que le personnage de Black Tom Cassidy eût été représenté noir un jour… mais on a vu ça :

alors plutôt que de dire que Cassidy aurait dû s’appeler Bishop et s’est juste planté de nom, on va dire qu’il a confondu homme noir et arbre, ce qui est après tout normal pour un Burkinabais. On pourrait objecter que Black Tom s’est transformé en homme-arbre bien après que Cass ait choisi son nom. Mais on ne le fera pas, il a des super pouvoirs.

10 Commentaires

Classé dans Cassidy (X-Men), Interview (et ouais mon pote !), Uncategorized, X-Men bande d'enfoirés !

Interview de Cassidy des X-Men (Une vraie de vraie, et ouais) 1ère partie

Si vous vous souvenez bien, y a environ un an, on avait fait une fausse interview des X-Men. Et bien le vrai Cassidy est tombé dessus. Surpris, il s’est demandé ce que tous les rappeurs se demandent en nous lisant : « Qui sont ces gens ? », « Que veulent-ils ? » ou bien encore, le classique « Sont ils aussi laids et cons qu’on le prétend ? »  Et de fil en aiguille, on en arrive à une vraie interview de Cassidy des X-Men sur le Blavog (on est aussi surpris que vous). Cass’ face à face avec Teobaldo et Spleenter (Et aussi Hichem qui était là pour l’occasion, parce que c’est un bon pote et qu’il habite pas loin, c’est pratique) c’est parti !

Teo -Bah avant tout présente toi, pourquoi Cassidy ? pourquoi ce blase ? Par exemple.

Cass -Bah voilà, Cassidy, issu du groupe X-Men. Pourquoi Cassidy ? Bah vu qu’à la base on est partis sur le nom X-Men pour tout ce qui concerne l’histoire des mutants et de toutes ces histoires qu’on a lues petits, il se trouve que le seul renoi que j’ai trouvé dans toute la clique c’était Black Tom Cassidy. Quand j’ai regardé le bouquin j’ai dit « Tiens ça va être lui, ça me parle. » C’est parti de ça. D’ailleurs mon 1er nom c’était Black Tom Cassidy. Puis après on a viré et gardé Cassidy.

Teo -C’était le nom dans les crédits de « J’attaque du mike. »

Cass -Exact.

Teo -Sinon, y’avait eu aussi Cassi-Dinero.

Cass -Sur « Retour aux pyramides. » En fait on était partis sur un délire avec Oxmo où on était sur les déclinaisons de Cassidy, où je cherchais à faire des petites fantaisies et ça m’est venu comme ça. Ça a été un blase de circonstances mais voilà ça reste Cassidy.

Teo -Tes débuts, t’as commencé quand ?

Cass -Alors débuts… 95 avec le premier morceau qui était sorti, c’était « J’attaque du mike. »

Teo -Mais avant, t’avais commencé depuis longtemps ?

Cass -Allez, ça fait peut-être 2ans maximum qu’on avait commencé à prendre la plume. Ça a été rencontre avec Ill au collège, puis un peu plus tard Hifi aussi dans la street et les soirées du côté de Pigalle. Et voilà, le truc s’est fait, on a tripé, on a commencé à freestyler ensemble, on s’est dit on va faire des petites maquettes, la sauce a prise et voilà, les X-Men sont nés. Mais c’est vrai qu’avant « J’attaque du mike » on avait une année, peut-être 2 ans de rap dans les pattes.

Teo -Hifi faisait partie du groupe à la base ou ça a toujours été clair qu’il était solo ?

Cass – C’était clair, dés le début. En fait Ill et moi on se connaît aussi parce qu’y avait la géographie qui faisait qu’on était du même coin, le XXe. Donc on était amenés à se fréquenter assez régulièrement et Hifi est venu se greffer à l’ambiance ; même si ça reste un très bon soss, il savait d’entrée qu’il allait faire ses trucs solo. Donc on s’est dit voilà on se lance à 3 en tant qu’X-Men mais c’est vite devenu X-Men & Hifi en guest en fait.

(Subitement, Spleenter se réveille)

Spleenter -Mais t’es au courant que Black Tom Cassidy c’est pas un renoi dans la BD ?

Cass -Bah ils m’ont baisé dans la BD que j’ai eu parce qu’il était bien renoi, ou alors je suis daltonien !

Spleenter -C’est possible, mais c’est pas un renoi.

Cass -À vérifier alors. Je te ramènerai le bouquin parce que je l’ai gardé au cas où on émettrait des doutes.

Spleenter -Mais c’est un Irlandais.

Cass -Non mais ça je suis d’accord mais il est représenté renoi dans la BD. Après je sais pas, t’as peut-être raison, mais tu sais il peut y avoir des Irlandais renois aussi.

Spleenter -T’as aussi le délire Al Simmons, non ?

Cass -Ouais, ça c’est un autre côté que j’exploiterai plus tard justement, mais tu fais bien d’en parler parce qu’il existe, en effet.

Teo -La partie homme seul dans l’ombre

Cass -C’est ça.

Teo -Après « J’attaque du mike » y a toute la période Time Bomb, ça tout le monde connait à peu près. Par contre dernièrement, y a un truc qui est sorti, une compil de DJ Sek. Dessus y avait 2 inéditss des X. Y a beaucoup de sons comme ça qui traînent en réserve ?

Cass -J’espère pas en fait… Normalement on aurait du les récupérer ou au moins être au courant quand tout ça se met en place (rires)

Teo -Vous l’avez su qu’au moment où c’est sorti ?

Cass -Non, pas au moment où c’est sorti. Mais disons qu’on en a eu vent parce qu’en fait c’était des maquettes qu’on avait faites à l’époque juste avant « J’attaque du mike » où on devait signer avec le label Source. Donc on était en processus de maquettes. 4, 5 morceaux dont ceux qui réapparaissent dans la compil de Sek. Nous on pensait que ces morceaux avaient plus ou moins disparus jusqu’au jour où un pote me dit « écoute, y a un pote à moi qui a retrouvé ces bandes là » et il s’avère qu’au même moment Sek a retrouvé ces bandes là et à décidé de les sortir. Donc voilà…

Teo -C’est l’Arche perdu votre truc là.

Cass -Ouais c’était un peu ça. C’est marrant parce que c’est des morceaux qui ont été faits de manière spontanée, pas écrits à l’avance. On a écrit sur place en studio puis ça a donné ces morceaux avec des couplets que j’avais repris plus tard dans « On reste humble. » Je sais plus. C’était peut-être « un garçon discret… » que j’avais posé sur Sad Hill.

Teo -Non, non, attends… c’était sur… « La corde au cou » !?

Cass -Ouais exact !

Teo -Un truc genre « Loin devant au volant de ma hip-hop-mobile… »

Cass -« …Profil type des gars qui escroquent pour de gros deals » exactement.

Teo -Mais vous avez aucun droit sur ces sons là ?

Cass – on a des droits mais en tant qu’auteurs, interprètes et pas en tant que producteurs. Mais voilà, tu sais c’est un peu comme tout, on a fait ça à une époque où l’argent c’était pas le sujet donc ce qui fait que sur le papier, sur le contrat, ça a pas été géré de manière carrée. Allez, on va dire que c’est passé à l’as, quoi.

Teo -Après on arrive assez rapidement au 1er album. Là y a beaucoup de rumeurs qui circulent, on sait pas trop ce qui est vrai. Comme quoi y avait eu un procès avec Marvel par rapport au nom des X-Men. Que vous aviez arrêté le rap. Que le truc a été enregistré en 3 semaines seulement.

Cass -Pour reprendre dans l’ordre : Non. Pour l’histoire, on a été le 1er groupe de rap français signé chez Universal et vu qu’on arrivait avec le nom X-Men, forcément en tant que major, ils voulaient pas prendre le moindre risque en mettant dans les bacs le groupe X-Men, sachant que ça appartenait à Marvel. Donc on a juste anticipé pour éviter un procès, justement. Après, pour ce qui est des 3 semaines pour enregistrer l’album, c’est la vérité. Ça veut dire qu’avant de rentrer en studio, on savait pas ce qu’on allait poser. On arrivait le matin « Ok on part là dessus », on écrivait chaque jour un texte. Donc en 3 semaines. Et enfin, non. On a jamais arrêté le rap, c’est juste que tu prends un peu de recul à un moment donné, tu regardes un peu la scène, mais on a jamais arrêté, on écrit tous les jours. C’est notre gymnastique quoi.

Teo -les reproches qui sont faits sur cet album, comme quoi c’était pas forcément au niveau, que les flows étaient un peu fatigués etc…

Cass -Ouais. Ouais. Mais tout ça… Je peux le comprendre mais en même temps, quand on se retourne, c’est un album qui me donne le plus de satisfaction. Dans le sens où c’est un truc instinctif, tout ce qu’on dit dedans c’est vérifiable, c’est la réalité. Parce qu’on avait pas le temps de cogiter à 1 000 choses. on prenait les journées qui se passaient et on les a plaquées sur l’album. C’est clair qu’y a quelques erreurs de flow, on va pas mentir dessus. Mais ça fait presque partie du projet. On a aussi fait une réédition qui s’est bien passé.

Teo -Pourtant, peu de gens ont été au courant.

Cass -On est d’accord qu’au niveau de la promo, c’était pas super. On espère pouvoir rebalancer la sauce avec des vinyles. Et pour en revenir à l’album, j’te dis, c’est une expérience qui m’a marquée parce qu’elle a aura été formatrice dans le sens où écrire un album en 3 semaines en studio c’était pas évident. À la fin on est quand même contents du résultat.

Teo -Et maintenant une question à la con. Sur l’intro, à la fin, on entend bien une balle de ping pong ?

Cass -T’as tout compris, au moment où on faisait l’intro on jouait au ping pong (rires) C’est exactement ça parce que c’était une grande pièce de studio. Au studio Davoust.

Teo -Ça me hantait depuis longtemps…

Cass -C’est marrant parce que t’es le premier qui le soulève. On s’est dit ‘peut-être que les gens vont capter‘ mais finalement ça a mis le temps. Mais ouais, on faisait une partie de ping pong et je sais plus qui menait d’ailleurs. Mais c’est ça, dans la cabine.

Teo -C’est vraiment la meilleure intro du monde.

Cass -En plus, tu remarqueras que c’est synchro. La balle rebondit au bon moment, ça passe dans le rythme donc parfait. Génial. Niquel.

Teo -T’as des questions toi ?

Spleenter -Je les ai marquées sur une feuille, là. Passe la moi.

Teo -Tiens.

Spleenter -Alors, première question : « Spawn ? »

Teo -C’est pas une question ça…

Cass -OK. Section comics. Normal. Vas-y !

Spleenter -Alors pourquoi Spawn ? Tout connement. (Al Simmons étant le vrai nom de Spawn)

Cass -Bah tu sais quoi, quand j’ai vu ce film là, parce que je connaissais pas à la base…

Spleenter -C’est parti du film ?

Cass -Ouais c’est parti du film.

Spleenter -Mais il est à chier.

Cass -Ouais, selon toi. Moi j’ai kiffé en tout cas. Perso, j’ai aimé la description du personnage de Al Simmons. À savoir, un mec qui était engagé à un moment pour une mission du mossad. Plus ou moins forcé de le faire par les circonstances et du coup il bascule du mauvais côté, mais malgré tout avec un fond noble et sain. C’est un peu ce mix là qui m’a interpelé parce que je me définis un peu comme ça. Je suis double facette. Ça peut être le jour et la nuit. Beau temps et tempête. Mon côté homme seul dans l’ombre ; mon côté « Dexter » si tu veux.

Spleenter -Les films X-Men puent la merde, tu as une explication ? Tu l’as vécu comment ?

Cass -Ouais ça je suis d’accord, mais tu sais c’est comme tous les sujets qui, au delà du divertissement, traitent de vraies choses, à savoir le Viet-Nam et toute cette époque avec des revendications de mutations génétiques, Stan Lee etc… Et ils te passent ça en grand divertissement, donc forcément c’est toujours kitsh. Mais les BDs sont bien mieux, je conseille aux gens qui connaissent pas X-Men de se pencher sur les comics à l’ancienne et pas de se référer aux films sortis récemment. Ça reste du divertissement pur et dur, sans plus.

Spleenter -T’as participé au concert ‘Retour aux sources’ et heureusement on t’as pas encore vu, contrairement à ton collègue, porter un t-shirt « Le rap c’était mieux avant. » Tu penses quoi de ce slogan ?

Cass -Je l’ai déjà porté ce t-shirt, parce qu’à un moment donné j’étais là à me dire ‘Ouais c’est un peu chiant ce qui se fait, à l’époque on était unis, on était soudés, c’était génial, super, nanani nanana…‘ Mais les choses ont évolué, faut vivre avec son temps. Tu vois, je roule pas avec des 4L même si je trouve ça joli ou que ça a son charme. Ça commence un petit peu à s’essouffler mais je vais pas cracher sur les mecs qui pensent que le rap c’était mieux avant. Moi je suis acteur du rap, pas spectateur, donc à moi de faire une came solide pour que les gens disent « Ah ouais le rap c’est pas mal maintenant aussi » ou « c’est aussi bien« . Après, chacun pense ce qu’il veut, je suis pas défenseur des morales ou quoi…

Une serpillère est demandée à l'accueil

Spleenter -Après, quand tu dis « on était tous soudés etc… »

Cass -C’était le discours récurrent mais je suis sorti de ça. Je l’ai pensé à un moment, forcément y a un peu de nostalgie. Mais y a un moment donné où tu te réveilles, on est en 2011, faut faire les choses. On y est.

Spleenter -Ouais mais même à l’époque, quand Time Bomb a…

Cass –Explosé ?

Spleenter -Ouais, on va dire ça comme ça. On pouvait déjà dire qu’il y avait beaucoup de potentiel pour faire des choses.

Cass -Ouais mais c’était encore trop chaud pour nous, on était encore dans le feu de l’action. Même si Time Bomb venait d’exploser, malgré tout on restait pas isolés. C’était le nom Time Bomb qui était parti en éclat mais on continuait à voir les Lunatic, les Ghetto Diplomats, Oxmo. Le truc continuait. Ça a pas été aussi clair qu’une vraie rupture. On était tous encore dans la même sphère. Donc ça a mis du temps avant qu’on se dise que c’était une certaine époque.

(là faut préciser que Spleenter bataille pour formuler 2 mots mais personne ne saura jamais ce qu’il a bien pu vouloir nous dire)

Teo -Donc après l’album y a eu « Bing Bang » avec les Ghetto Diplomats. Volume 1.

Cass -Ouais. Y aurait du avoir mais y aura pas de 2. C’est pas prévu. Tu sais, c’est comme tout à l’époque, quand on a fait ce projet on pensait que ce serait bien de faire un deuxième mais la vie à fait que chacun a fait son parcours. Des directions artistiques un peu différentes pour certains. Qui sait ? Peut-être un jour, mais franchement c’est pas dans les projets à venir.

Teo -Dommage. Je le trouve vraiment frais ce truc là.

Cass -Pareil.

Teo -Le truc sonne vraiment bien, y a un gros mix dessus.

Cass -C’est un projet qu’on a fait dans un esprit famille dans le sens où on était régulièrement ensemble. Donc ça a pu se faire à ce moment là et ça a donné cette ambiance là parce qu’on était tout le temps ensemble et je pense qu’aujourd’hui ça donnerait pas la même chose.

Teo -Il a reçu quel accueil ?

Cass -C’était un projet indépendant, donc en tant qu’indépendant c’était satisfaisant. Mais niveau médiation, c’était pas plus que ça. Ça tournait pas en radio mais dans la street ça tournait.

Teo -Donc pas de volume 2… ?

Cass -Et non, dommage.

Teo -Et pourtant y a des sons qui ont été enregistrés et qui ne sont pas sur le projet final. Y a un son qui s’est retrouvé sur une mixtape des Ghett Diip « Ce  monde ne tourne pas rond. »

Spleenter -Y a même déjà DJ Battle qui gueule, c’est marrant.

Teo -C’est pas DJ Battle…

Spleenter -Je sais mais il gueule.

Teo -Le couplet de Simsky ça doit être le même qu’il a sorti sur « Poing levé tête baissée. »

Cass -C’est des morceaux qu’ont pas forcément été retenus tout de suite. Mais en effet, je me souviens de cette maquette là.

Teo -Donc y en avait d’autres.

Cass -Ouais.

Teo -Je peux les avoir ?

Cass -Non. On avait un petit stock de morceaux de côté mais c’est comme tout. Moi en fait, je pense que ce qui serait bien c’est qu’avec tous ceux de cette époque là, on se réunisse et qu’on fasse un vrai truc plutôt que de tous les sortir les uns après les autres. Ce serait bien de faire un truc cohérent, je suis d’accord. Donc avis à la population, à ceux qui se sentent concernés et à ceux qui se reconnaissent. (hein ?!)

Spleenter -D’ailleurs y en a combien des morceaux enfouis comme ça ?

Cass -Y en a pas tant que ça. Mais je dirais une dizaine de morceaux. Je pense.

Teo -Avec toutes ces périodes, Time Bomb, Universal, Bing Bang, etc… on a l’impression que vous avez fait plus de morceaux pas sortis que de morceaux sortis.

Cass -Ouais mais c’est tout à fait possible, parce que tu sais, on est des serials maquetteurs. Enfin on était des serials maquetteurs, un peu moins maintenant parce qu’on sait où on veut aller quand on pose des morceaux mais c’est vrai qu’y a plein de trucs posés, des freestyles, des 16 mesures, des refrains, des idées de morceaux qui sont en chantier, qui sont de côté, qui sont pas sortis.

Teo -D’ailleurs à cet époque là, on vous a entendu sur le EP des Bass Click. Kuizto vous a refait un son pour « Ghettosuperesta » (sur Bing bang vol. 1) et y avait aussi l’outro « Pour mes gars autour » qui était très laid back, californien un peu.

Cass -Produit par Jimenez.

Teo -Et dernièrement, on t’a vu reprendre un sample de je sais plus qui.

Cass -Bobby caldwell.

Teo -Ça reste très typé West Coast tout ça.

Cass -À fond.

Teo -Est-ce que t’as pensé à bosser avec les mecs de la ‘scène westcoast en France’ (les westeux quoi) ?

Cass -En fait, mon futur projet qui est prévu pour cette année tourne un petit peu autour de ça. Je reviens à ce que j’aimais vraiment, à savoir la musique, les accords, les trucs un peu west coast. Même si j’ai une culture plus New York… enfin non, d’ailleurs, c’est aussi bien Est que Ouest. Donc je vais revenir à des trucs plus basiques, on va dire. À base de samples. Et vu que là j’ai eu la chance de m’associer avec des musiciens pour pouvoir jouer les morceaux live, sur scène ça va donner une autre dimension qui se rapprochera un peu plus de Bing Bang. Donc je suis tout à fait dans le sujet en ce moment. Je reviens à mes premières amours.

Teo -Le prochain projet c’est un solo ou il y a celui en commun avec Atto qui arrive ?

Cass -Oui, y a le projet avec Atto « Visionnaire » qui est censé arriver bientôt. Mais tu sais, la musique c’est pas toujours comme on l’espère. Y a des décalages de temps, mais en tout cas le projet est en cours de préparation. Y a déjà la quasi totalité des morceaux. En fait hier, Atto était en mix sur un son. Le projet sortira cette année. Je sais pas si il sortira avant ou après moi. Mais en ce moment, je suis concentré sur la phase studio, travail avec les musiciens, pour sortir un projet carré à la rentrée 2011. Si tout se passe bien.

Teo -Atto qui fait partie des 2 LUX avec qui tu poses souvent. Y a aussi Suspects (Youssou et Stephen) avec qui tu poses régulièrement. C’est ton équipe , c’est des gens que t’aimerais pousser en avant ?

Cass -En fait, c’est les affinités que j’ai dans le quartier. artistiquement ça passe bien, humainement aussi. Et c’est un peu le but de « Métronome Concept » à terme. C’est de produire des groupes. Si c’est pas Suspects ou Atto ce sera d’autres personnes, parce qu’ils auront sûrement fait leurs trucs entre temps. Mais en tout cas j’ai vocation et j’aime donner la chance à des gens qui, pour moi, le méritent. Les jeunes talents de quartier, aussi bien chanteur, chanteuse, graphiste. Peu importe.

Teo -À ce propos, y a un son avec une rappeuse, Clara Pops, sur Menilcity 2, qui a un flow et un débit assez vif. Et c’est la première fois que je t’entends faire des roulements.

Cass -C’est bien possible.

Teo -C’est un peu sadique pour elle. C’est de la compétition ?

Cass -Ouais, elle m’a fait aller dans son délire, donc j’y suis allé volontiers. Elle m’a dit que c’était un morceau un peu up tempo, roulements. bah vaz-y je te suis, c’est pas un souci. Et voilà ça a donné « Vroum Vroum » qui est un peu surprenant, parce qu’on m’attendait pas forcément là dessus. mais ça fait parti de mes skills comme on dit.

Spleenter -D’ailleurs, comment on peut définir le style X-Men ? Parce que les Sages Po, par exemple, on voit bien, ils ont donné une école (Beat 2 Boul) mais vous pas vraiment…

Cass -Le truc c’est qu’on est durs à imiter. C’est à dire qu’y a plein de trucs… Enfin, c’est pas le discours que j’ai d’habitude, mais c’est à force de l’entendre ; il paraît qu’on a été parmi les premiers à faire du name droping, de citer des trucs, de faire des métaphores, avec retour aux pyramides, etc… Les petits qu’on a fait ils sont métis, ils sont pas facilement identifiables. Apparemment y a eu un avant et un après X-Men dans la manière d’amener le rap et de balancer son parlé.

Teo -Après, pour certains, les Jedis c’étaient les petits des X-Men…

Cass -Ouais exact. Je pensais même pas à eux mais ouais, forcément, on les a un peu influencés.

Teo –Joe & Cross, si on veut…

Cass -Ouais aussi, ils sont un peu dans la même vibes.

Teo -Elle était à chier ta question, en fait, Spleenter…

Spleenter -C’est la magie du direct.

Cass -Non mais je suis d’accord. C’est pas des trucs flagrants. Mais pour les citer, justement, je sais qu’à l’époque le groupe qui m’avait le plus choqué en terme de ressemblance c’était… attends que je dise pas de bêtises… la clique avec le beatmaker Drixxxé…

Teo –Triptik.

Cass -Ouais, surtout par rapport à Ill où y avait quelques rimes qui ressemblaient je crois. Avec les banana, nanana… (ce passage rend pas super bien à l’écrit) une manière de dire les trucs. Mais c’est pareil, je me dis « Et si c’est le cas ? Bah tant mieux. On aura inspiré des gens… »

Spleenter -Et ta rencontre avec Joe et Cross ?

Cass -Joe et Cross, pareil. C’est une histoire de quartier, tu sais, proximité XXème. Je pense que Ill les a cotoyé un peu avant moi puisqu’ils se sont captés en soirée. À un moment on s’est retrouvé dans la même pièce. Les mecs avaient du talent et des plumes, on a commencé à écrire puis à délirer et ça a donné une amitié solide, on va dire.

Teo -Et t’as pas eu envie de faire partie de l’aventure « So Parano » ? (projet réunissant Ill des X-Men, Joe Lucazz, Cross et Work).

Cass -Bah justement, pendant toute cette période, moi j’étais dans mon côté Al Simmons. C’est à dire que Ill était chez 45 scientific, enfin il en sortait plutôt, c’était un peu après, mais je sais que Ill, Cross et Joe se voyaient régulièrement. Moi j’étais vraiment dans mes projets persos, concentré sur mon rap et ce qui fait que je ne suis pas intervenu dans ce projet, non.

Spleenter -Et ça t’a jamais saoulé d’être un peu… comment dire ? Le Calbo des X-Men ? Qu’à chaque fois on te parle de Ill tout le temps ?

Cass -Je vais t’expliquer, c’est marrant parce qu’on m’en parle souvent et je le comprends parce que je vois aussi la même chose chez les autres groupes. Comme tu dis, le Calbo, le Lino dans le groupe. Le Ali, le Booba. Mais le truc c’est que moi je viens d’une formation qui est le sport, ça veut dire que c’est le terrain. C’est à dire que ce sont des choses que je comprends tout à fait et c’est normal, parce que si Ill a ce statut, y a une raison. On est venu à l’écriture ensemble et il avait certaine facilité à l’époque, il avait une langue en plus, il avait l’anglais, ce qui ouvre les oreilles, pour ceux qui capteront. Et ça ne m’a poussé qu’à bosser pour qu’aujourd’hui, si on ressort un album X-Men, les gens se poseront la question et verront eux même. C’est une compétition qu’on a entre lui et moi qui est saine. On s’est encore vus y’a pas longtemps et on se dose à base de rap parce que je sais qu’il a un certain « standing » mais j’arrive méchant. Voilà. J’arrive énervé.

Spleenter -Donc t’as parlé d’un nouvel album des X-Men, là ?

Cass -Ouais parce qu’on se voit régulièrement, on discute de choses et d’autres et notamment de ce fameux album, mais ça passe par des projets solo bien aboutis. C’est à dire moi avec un solo carré, une bonne promotion avec une bonne exposition. Lui, pareil, parce que ça fait longtemps. Et après on pourra faire un album X-Men.

Teo -D’ailleurs comment ça se fait que ça prenne autant de temps ? Parce que le dernier projet X-Men c’était Bing Bang, y a près de 10 ans.

Cass -Le dernier truc c’était « Retiens mon nom » sur la compil Mesrine, mais ça c’était qu’un morceau. Mais parce qu’on sait tous les 2 que pour faire un bon album, on a besoin d’énergie et de temps. On veut pas faire un album à distance, à savoir : j’ai fait un couplet, je te l’envoie, wesh qu’est-ce qui se passe ? Non. Pour nous, la vie va avec la musique donc on a besoin de vivre des choses ensemble, de partager les mêmes délires. En ce moment c’est pas le cas parce qu’il est concentré sur ces trucs, moi sur les miens. Une fois qu’on va mettre la machine en route et qu’on va se dire qu’on fait l’album, là vous serez au courant et ce sera du lourd de toutes façons mais on y est pas encore.

Spleenter -Puisque tu parles de la BO de « Mesrine », ça me fait penser à celle de « Ma 6-T va crack-er ». Y avait eu un truc comme quoi, vous aviez déjà posé le morceau et vous avez vu le film en disant « En fait c’est pas vraiment pour nous. »

Cass -Ouais, ouais, exact. On a été un peu surpris, parce que, comme tu dis, on a d’abord fait le morceau et après vu le film. À l’époque, quand c’est sorti, c’était un peu dans le sillage de « La haine », si je dis pas de connerie, et forcément l’impact était moindre. On s’attendait à un truc hypra-patate, même si ça reste ter-ter. Un truc qui reste la photo d’une époque. Mais c’est clair qu’à l’époque, ça nous a pas bouleversés plus que ça. c’était un bon doc, on va dire, sur ce qui se passait à ce moment là mais ça reste pas comme le film marquant pour moi.

Spleenter -Et vous aviez pas dit en gros ‘on veut pas être dessus’ ?

Cass -Non, non, pas du tout. Parce que malgré tout ça restait un beau projet avec les personnes dessus et le fait d’apparaitre sur une BO pour nous, à l’époque, c’était une chance. Donc non, on a foncé direct et sans regrets. D’autant plus que la séquence musicale de notre instru, c’est la scène d’émeute dans le film qui est une scène forte où ça tire dans tous les sens, donc non, c’était plutôt bien.

Teo -Et ce son, vous aviez pas conscience à l’époque de faire quelque chose qui allait rester, apparemment.

Cass -Pas du tout. Au contraire, on est sortis du studio, on était peut-être même un peu déçus. On était pas super satisfaits du truc. Enfin, tu sais, t’as pas forcément un avis objectif. On avait la tête dedans.

Teo -Tu les réécoutes tes anciens sons, en te demandant ce que les gens ont pu aimer en particulier ?

Cass -Ouais et non, je réécoute ces sons parce qu’ils sont dans mon téléphone mais j’arrive pas à capter forcément pourquoi. Parce que c’est un truc qui est encore chaud. Quand on réécoute les lyrics, pour nous y’a rien d’exceptionnel en soi. C’est une succession d’images, je veux pas enlever la valeur du morceau mais juste pour dire que pour nous c’était l’instinct. C’était un truc instinctif et sur le moment on est pas rentrés en studio avec une idée précise avant. On a écouté la musique, on a écrit directement dessus et c’est une part de nous qui est restée et qui fait que les gens ont accroché, je pense.

Spleenter -Et c’était ce morceau là que vous avez posé assis, non ?

Cass -Exact.

Spleenter -Mais c’est parti de quoi ?

Cass -C’est parti de quoi ? Bah on voulait être à l’aise. Dans de bonnes conditions. On s’est dit « Viens on va sortir des trucs classiques où il faut être debout, je sais pas quoi. On va s’asseoir. » On a demandé aux ingés si au niveau du son c’était bien. Ils ont dit OK. Et voilà c’est parti, on a posé le morceau comme ça.

Spleenter -Après c’était la question de merde bateau sur Paris qui revient, mais c’était à l’époque où j’aimais bien la Sexion d’Assaut. (sacré Spleenter, toujours le mot pour rire, celui là)

Cass -Moi j’étais comme toi, ça m’a fait plaisir que le rap Parisien soit de nouveau devant. Chauvinisme 100% mais j’étais content.

Teo -En parlant de rap Parisien y avait l’album de la Famille Haussmann (Ghetto Diplomats) qu’avait pas mal de choses pour fonctionner. Des gros feats, de bons clips, etc… et ça a pas spécialement buzzé.

Cass -Perso, j’ai pas accroché plus que ça à ce projet. Après, chacun se fait son avis mais j’ai pas particulièrement accroché.

Teo -On revient sur tes débuts en solo. Pendant toute la période où Ill est chez 45, toi on te voit pas trop. Puis tu reviens vers 2005 (à peu près) avec « Cass’Story » sur « Le journal du 20 », t’es sur les « Niroshima » aussi. Comment ça se fait qu’à un moment t’aies disparu puis que tu reviennes très lentement pour finalement enchainer une net tape puis plusieurs projets ?

Cass -C’est la réalité du terrain. Parce qu’on a beau être en France, pendant tout ce moment là où j’étais un peu dans ma période Al Simmons, j’essaie un peu de voir comment marche l’industrie du disque, voir par moi même vu que les gens ne font pas de cadeaux. Dans le sens où si t’arrives pour demander quoi que ce soit, faut que tu sois en mesure de tes attentes* pour pouvoir livrer des lyrics frais, une musique patate. Et j’étais pas forcément impliqué au maximum, ce qui fait que j’ai pris mon temps pour, justement, partir sur de nouveaux projets, écrire de nouveaux morceaux, reprendre le truc à zéro. Ça demande du temps, forcément. Plutôt que de faire des morceaux par ci, par là, je me suis dis je vais me poser, savoir ce que je veux, et voilà je suis reparti dans l’écriture et sur de nouveaux projets et ça a donné ‘Métronome Concept.’

*(alors, sur le coup, personne n’a percuté, mais il semblerait que « être en mesure de ses attentes » ça veut pas dire grand chose. Mais on le laisse parce que c’est rigolo)

Teo -Le reproche qui est souvent fait à cette net-tape c’est qu’y avait pas de tracklist, ni rien, ça faisait très anarchique.

Cass -C’est ça. Je suis d’accord, mais c’était même un parti pris quand on est parti sur la mixtape. On veut faire une plage entière pour que les gens l’écoutent d’un trait, mais en fait c’était une connerie. Je pense que les gens veulent sélectionner leurs morceaux et c’est tout aussi bien comme ça. Mais c’était des erreurs de stratégie à l’époque, ça arrive. Le truc c’est de pas les reproduire aujourd’hui. Et ça n’enlève rien à la qualité du son. Mais quand je me suis mis en mode auditeur et écouté mon propre projet, ça m’a fait chier aussi. Le fait de chercher une plage comme à l’époque du walkman et faire avance rapide… ça a son charme mais c’est dépassé.

Teo -Après on arrive à Menilcity 1 où y avait une partie des sons de Métronome Concept qui se retrouvent dessus. Et une autre partie sur X-Story. X-Story qu’on sait pas trop bien ce que c’est, d’où ça sort ?

Cass -Je vais tout vous expliquer.

Spleenter -Vous étiez signés sur Menace Records en tant que X-Men ?

Cass -En fait,à l’époque on croise Bayes qui voulait nous signer pour un album X-Men. On lui avait expliqué à l’époque « Si tu nous signes pour un album X-Men, c’est sous certaines conditions ; à savoir qu’on a besoin d’être cadré. » C’est à dire qu’on lui demande. On a besoin d’être cadrés, d’avoir un planning organisé et en fait le temps à passé, tout ça ne s’est pas mis en place et finalement ça n’a mené nulle part. Un projet qui est tombé à l’eau. On a peut-être posé 1 ou 2 morceaux en tant que maquette mais c’est pas allé plus loin… Et vu qu’y avait un « contrat » avec Menace Records, pour partir de manière « classe », le projet X-story a servi de monnaie d’échange. Vu que Bayes fonctionne en manière street, on s’est adapté à ses méthodes.

Teo -Il est marrant ce projet. Par exemple, y a Poing levé tête baissée qui a été coupé avant la fin…

Cass -Ça, vous demanderez à Bayes. Voilà, vous l’appelez, vous lui demandez pourquoi tout ça. D’ailleurs j’aimerais bien le capter pour lui parler de ce projet, donc si vous avez son contact au cas où, je veux bien. On pourra discuter de tout ça, ce serait sympa. Mais je le croiserai bien à un moment, y a pas de souci.

                —Donc le blavog passe cet appel à témoin, Bayes, si tu nous lis—

Teo -Alors, Menilcity. On sait pas trop si c’est un album, un street album, un machin.

Cass -J’avoue, y a eu beaucoup de branlette dessus. En fait, moi ce qui m’a perdu à un moment, c’est les définitions que tu devais donner aux projets. C’est à dire qu’un projet, au début c’est une mixtape, un street album… Pour moi, ça reste un album, mais aussi une compilation dans le sens où y a des morceaux qui étaient déjà sortis et des morceaux que j’ai faits pour ce projet. Donc pour moi c’est une sorte de compilation ou d’album concept. mais parler de street album ou de mixtape, c’était à peu près la même chose. La seule différence qui est importante pour moi, c’est la différence avec un album. Et ce que j’amène, le prochain, ça ressemblera pas à ce que j’ai fait avant parce que ce sera un projet cohérent du début à la fin, que des inédits. Pour moi un album c’est ça, c’est un concept pensé de A à Z.

Teo -Durant cette période, t’as pas mal de sons avec des Hollandais.

Cass -Exact. C’était ma période Hollande. En fait c’est parti du beatmaker qui a fait « Des guns et des roses » (Raheem) sur Menilcity et qui est une personne qui intervenait aussi sur le projet en tant que producteur et il s’avère qu’on a fait 1 ou 2 mouv du côté de la Hollande, on a rencontré quelques MCs tels que les Pan Africans. À un moment donné on passait, disons, allez, 2 à 3 fois par mois pour développer le business.

Spleenter (il a entendu business et Hollande dans la même phrase) -Uniquement pour la musique ?

Cass -Ben ouais, par rapport à la musique, plans, connections, concerts, radios et content de l’avoir fait parce qu’aujourd’hui, je connais quelqu’un qui s’est installé là bas ce qui est pratique pour faire des concerts, avoir des dates. ce qui m’a surpris en fait, c’est que les Hollandais connaissaient le rap français. Enfin y a un DJ qui m’a sorti des skeuds de l’époque « c’est justifiable », « retour aux pyramides » etc… Et vu qu’en plus j’aime bien bédav, ça tombe bien, c’est en Hollande, tout tombait pile poile. Un bon 360.

Teo -Sur « des guns et des roses » c’est marqué ‘feat sundance’ mais il fait quoi dessus ?

Cass -Il fait des petites interventions dans le refrain. Il y tenait. C’est des choeurs, des backs au refrain, ils font partie du truc. C’est vrai qu’on les entend pas super bien, mais ils ont leur importance.

Teo -Dans ce projet t’avais pas mal d’instrus syncopées, « Je demande pas la Lune » avec Octobre Rouge, « Joue pas » avec Logan, « Le cash » avec Sundance. Des rythmes limite électro, je saurai pas trop définir en fait (et oui, Teobaldo il y connait rien en vrai)

Cass -Je te dirais que c’était ma vibe du moment. J’étais dans cet état d’esprit là et ça a donné ça.

Teo -Et tu calcules ou pas les tendances ? Tu prends ce qui arrive ?

Cass -En même temps, ça se fait dans une certaine époque, donc les sons qui m’arrivent sont faits par des mecs qui écoutent un peu ce qui se fait à ce moment là. Mais je te dirais que non, y’a pas de calculs par rapport à ça. Si la musique me plaît et que ça me botte tout de suite, c’est parti.

Teo -Et tu donnes des indications sur ce que tu veux aux beatmakers ou tu prends vraiment ce que les gens te ramènent ?

Cass -Non, c’est pas exactement ça. Disons qu’y a des trucs que j’aime pas, ça c’est essentiel de le savoir, donc ça fait que je vais pas dessus. Pour ce qui est des choix des instrus de Menilcity 1, je te dirais que c’est allé vraiment au kiff. J’ai eu quelques commandes en fait. Parce que je savais exactement ce que je voulais pour un son comme ‘des guns et des roses’ mais sinon, pour le reste, les gens me connaissent et ils me font des propositions par rapport à mes goûts.

Spleenter -Mais t’as pas une orientation style, pour faire cliché, plus NY, plus LA, plus south ?

Cass -On va dire que mon prochain album sera plus orienté soul, funk, jazz… Enfin non, pas jazz. Plus soul, funk. Ça c’est pour mon solo. Plus dans l’esprit Chaka Khan avec J’attaque du mike, des gros samples, des trucs rejoués. Ça je pense que c’est ce qui me définit le mieux en fait. Parce qu’après tout ce temps, on finit par savoir vraiment et là je pense que c’est la came qui me parle vraiment. Après ça peut évoluer mais pour l’instant c’est ça.

Spleenter -T’anticipes comment la réaction des gens ? Par exemple, Nakk a gardé un certain flow, un certain esprit et des fans de la première heure ont mal accueilli son album, dernièrement. De même, y a sûrement des mecs qui vont dire « ouais mais cassidy qui revient en solo en 2011, ce sera jamais aussi bien qu’avant. »

Cass -Comme je dis, je viens du terrain, donc la musique va parler et le projet que je suis en train de mettre en place, j’ai confiance à 1000%, en tout cas en ce que j’ai fait et ce qui se prépare. Les gens jugeront, je peux pas me mettre à leur place mais je sais que je vais livrer un truc de qualité.

Spleenter -Ça t’a jamais emmerdé, en gros ?

Cass -Tu sais, si je devais m’inquiéter de tout ce que j’entends à chaque fois, vu qu’on est là depuis un moment, je pense que j’aurais beaucoup de cheveux blancs. Je me rase le crâne, soit, mais quand même. Je me protège un peu de tout ça. J’avance. C’est important de se remettre en question, je le fais parce que j’ai mon entourage qui est là pour me dire quand ça déconne, mais au delà de ça j’écoute pas tout ce qui se dit sur mon rap et tout ça. Je suis moi même, tous les jours, à la recherche de progrès dans ce que je fais. Là je suis satisfait de ce qui se passe, donc on verra avec ça.

Teo -2 ans après, y a Menilcity 2 qui arrive sans trop de promo, y a pas mal de sons qu’on connaît déjà. Peu d’inédits. C’était voulu comme ça dés le départ ?

Cass -En fait, Menilcity 2 c’était une manière de boucler la boucle avec toutes ces histoires de mixtape et de street album, justement. Un condensé de ce qui, pour moi, ces dernières années, m’avait marqué. Y a « des guns et des roses » qui revient dedans, le morceau avec JP. Quelque exclus, le morceau avec Gak et toute la clique, Aketo, Veust Lyricist, etc… C’est une manière de boucler la boucle et de dire que pour ce qui est des mixtapes, je vais mettre un point à tout ça pour, justement, me retirer, préparer un album, prendre le temps et balancer que des fraicheurs. que des fraicheurs. Que des fraicheurs.

Teo -T’as une question con, toi ?

Spleenter -Non, c’est juste par rapport à l’avenir des X-Men. Même si y a pas de dates et d’échéances au truc… est-ce que tu pourrais malgré tout donner une date et une échéance ?

Cass – (rires) Ça arrivera un jour, ça c’est sûr. Ça arrivera un jour. Je peux pas te donner de date, parce que ça ce serait des conneries. Mais c’est un truc qui me trotte dans la tête.

Spleenter -C’est pas comme le prochain album d’Express D.

Cass -Pourquoi ?

Spleenter -Parce qu’y en aura pas. (Référence aux propos de Weeedy au concert Retour aux sources)

S’en suit une conversation où on apprend qu’une réédition de « Guet-apens » pourrait voir le jour, avec quelques inédits de l’époque.

Teo -J’ai une question qui me tient à coeur. Y a une rumeur qui a l’air assez vraie quand même comme quoi t’aurais fait un son avec Dany Dan qui n’est jamais sorti nulle part.

Cass -Ah oui, je vois, exact. Mais au moment où vous parliez de ça (référence au billet « Les X-Men : bande d’enfoirés ! ») ça n’avait jamais eu lieu. Je crois qu’on s’était croisés avec Dany Dan mais on avait pas fait de morceau ni studio ni rien du tout. Par contre, récemment, pour l’album d’Hifi on a maquetté un morceau, justement, avec Hifi, Dany Dan et moi mais ça, ça date de l’année dernière. Mais pas au moment où vous faisiez l’article.

Daphnée -La rumeur c’était Hifi et Dany Dan. Et ça c’était pour le projet de Dany Dan.

(Daphnée en fait c’est la manageuse de Cassidy. On l’a pas présentée dès le début parce qu’on pensait pas qu’elle parlerait. Professionnel)

Spleenter -C’est sur « À la régulière », ouais.

Daphnée -Et la rumeur a été déformée. les gens parlaient de Cass, mais c’était pas ça.

Cass -J’étais pas au courant. C’est pour ça que j’ai pas compris, en lisant ce passage. J’ai fait « non, non. »

Note : à ce jour, le blavog n’a toujours pas reçu de preuve que Black Tom Cassidy eut été représenté noir un jour…

13 Commentaires

Classé dans Cassidy (X-Men), Interview (et ouais mon pote !), X-Men bande d'enfoirés !