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Interview de Seno (des Sales Blancs) – Partie 3/3

C’est la dernière partie de l’interview. Vous vous demandez tous « Pourquoi Seno ne fuit-il pas tant que Spleenter est aux chiottes ? »
C’est très simple, il avait très envie de rerépondre à une question qu’on lui a déjà posé 2 fois…

Seno -Donc, SENO, réalisé entièrement par Aelpeacha. C’est écrit très vite. En Septembre l’année dernière, je crois, je le balance sur le net.
Je reviens de vacances, je me dis « Allez, je vais faire plaisir au public. » Je prends le skeud, je fais un lien partage facile ou je sais pas quoi. Hop ! Je balance l’album gratos et je reçois pas mal de retours : « L’album est lourd. » « On kiffe. » « C’est mon préféré. » « On aimerait bien l’avoir en original, pour la collec. » Donc je me tate un peu, je regarde le nombre de préco. J’ai vu que je risquais rien.

Teo -Y a un retour sur investissement.

Seno -Voilà, le but c’était juste de pas perdre d’argent. Donc je l’ai pressé, je l’ai sorti et je l’ai vendu.

(Le téléphone de Seno sonne encore. Et quand il raccroche, on en revient au morceau « Libérez Dominique »)

Seno -Je suis d’accord sur l’idée, pour faire un remix. Mais maintenant, il faut que ce soit fait dans le même état d’esprit, c’est un truc marant, second degré. Moi, ça m’intéresse pas un mec qui vient et qui dit : « Fais toi enculer sous la douche, Dominique ! » Ça m’intéresse pas quoi…

Teo -Oh si !

Seno -Ouais, bon, si.

Teo -Même moi je le dirais. C’est même le 1er truc qui me viendrait, je pense.

Seno -Ouais mais ça c’est nul. Ça sert à rien. C’est pas marrant, c’est pas intéressant.

Spleenter -Non, ça c’est pas nul. Alain Chabat c’est nul.

Seno -On m’a dit que je faisais du second degré intelligent.

Teo -Attention ! C’est ta nouvelle fan-base, ça. Attention !

Spleenter -Mais qui te dit ça ?

Seno -C’est quelqu’un sur internet, qu’a écouté le morceau et qui m’a dit ça.

Spleenter -Ah d’accord… C’est Lil Thug, quoi.

Seno -Mais non. On m’a dit que je faisais du second degré intelligent. Je sais pas trop ce que c’est du second degré intelligent…

Teo -Bravo.

Spleenter -Du second degré intelligent, c’est comme quand tu te fous de la gueule de la pote que la meuf hyper bonne, qu’est blonde, a ramené chez toi. Et tu lui dis « Ouais… pfff… t’es quand même moche. » Ça c’est du second degré intelligent.

Seno -Mais t’es pas obligé de dire « intelligent. » C’est du second degré tout court.

Spleenter -Non, ça c’est juste parce qu’ils ont peur de se faire taper. Ils pensent pas que t’habites pas en Île de France.

Seno -Mais si on fait un remix allstar, faut que ça soit une grosse marrade.

Spleenter -Bah évidement.

Seno -J’aimerais bien faire une version coupée décalée. Avec de l’autotune.

Spleenter -Non, parce que ça impliquerait Mokobe.

Seno -Non, t’es fou ! Colonel Reyel !

Teo -Rhoooo non !

Seno -Est-ce que vous avez écouté sa version de…

Teo -Non !

Seno -Sa version skyrock.

Teo -Non !

Seno -Dis la vérité, t’as écouté ou pas ?

Teo -Non.

Seno -Tu vois sa chanson ?

Spleenter -Je la vois sur youtube mais je clique pas dessus.

Seno -Non, mais la vérité : il a fait un truc, moi je l’ai écouté parce que c’est énormissime. Ça me tue ! C’est dingue ce qu’il a fait. Ecoute le mec. Il reprend sa chanson, tu sais ? Le truc qui tourne partout. Il change les paroles : « Tous les matins, je me réveille avec elle, skyrock, ma radio préférée, blablabla. »

Spleenter -Donc il fait l’amour à skyrock ?

Seno -Voilà ! C’est quand même un grand moment de musique !

Teo -Alors je vais te dire…

Seno -C’est moi je vais te dire.

Teo -Tu te calmes bien.

Seno -maintenant je parle à Spleenter, c’est lui qui compte ! Tu m’as menti. C’est lui le patron.

Teo -Hé ho ! C’est qui le blanc ?

Seno -Putain, je voulais dire un truc super con. J’ai oublié…

Teo -Ouais, bah moi je vais te dire une bonne chose : Moi, j’ai eu la gangrène, il a fallu m’opérer en urgence pour me faire une ablation totale de la vésicule biliaire. Et j’ai survécu à la gangrène ! Mais je pense que je ne survivrai pas à Colonel Reyel.

Spleenter -T’as eu la gangrène dans le cul ? C’est ça que t’es en train de dire ?

Seno -Bah moi, je l’ai écouté. C’est Lil Thug qui m’a dit « Faut que t’écoutes une dinguerie, c’est incroyable. Tu vas pas le croire ! »

Spleenter -Mais c’est vraiment de la merde à ce point là ?

Seno -C’est horrible ! C’est super horrible. C’est à un autre niveau de langue coincée dans l’anus de Laurent Bouneau.

Teo -Je me rends pas compte. Par rapport à Hiro Nakamura de Soprano, c’est pire ? Vraiment ?

Seno -Ah non mais si je dois choisir, je mets un poster de Hiro Nakamura dans ma chambre. Cette chanson qu’il a fait, c’est un truc de dingue ! Y a pas… Faire plus, tu peux pas.

Teo -Je suis choqué et calmé.

Seno -Pour faire plus, faut que t’aies couché avec Bellanger de skyrock. Faut avoir des rapports sexuels avec.

Spleenter -En même temps, c’est pas dur, apparemment…

Teo -Pierre Bellanger il tape un peu dans tout ce qui bouge, hein bon… Dés que ça a un peu plus de 14ans… Paf !

Spleenter -C’est 16ans la majorité sexuelle. « Attention ! J’ai peut-être 47ans, mais je sais me tenir, moi, monsieur ! »

Teo -« Je suis Pierre Bellanger, moi ! Je peux rester 16 jours dans mon bureau et pleurer ! »

Seno -« Skyrock sans le haut ! »

Spleenter -« Sur skyrock, on ne coupe pas les disques ! »

Teo -« Mais on coupe les couilles de ton rappeur préféré. »

Seno -Ouais mais après, les rappeurs… Ouais, enfin, on va pas rentrer dans le discours skyrock. On va pas refaire le débat…

Teo -C’est fait, c’est fait…

Seno -Ils le font ! Mais on est d’accord aussi que si y avait moins de rappeurs pour aller à skyrock le froc baissé en marche arrière, ça serait tout aussi bien…

Spleenter -Ouais, je sais pas. Moi j’étais jeune encore, donc je vois le résultat final mais j’étais trop petit pour comprendre le début de tout ça.

Seno -C’est peut-être utopique, complètement con et gnan gnan ce que je vais te dire mais si demain, tous les rappeurs disent : « On arrête de faire de la merde calibrée pour sky, on fait que ce qu’on aime vraiment. » Moi je pense que si skyrock, si ils sont vraiment, comme ils le disent, numéro 1 sur le rap, ils vont quand même passer du rap.

Spleenter -Pour moi, c’est limite l’inverse, parce qu’avant skyrock passait quand même du Express D.

Teo -Ouais mais c’était 98 ça. C’était les débuts.

Seno -Ouais mais ils passent aussi ce que les rappeurs font. Je le défends pas, mais faut arrêter de croire que Laurent Bouneau il est dans les studios derrière tout le monde. Que c’est un grand spectre qui dit : « Non ! Plus de refrains ! » Enfin bref, on s’en fout…

Teo -Si tu passes à skyrock, tu passes à skyrock, bon bah voilà… Tout le monde a déjà baisé une moche…

Seno -D’un autre côté, si je peux y aller, j’y vais. Tant que j’assume mon morceau, j’ai pas de souci.

Spleenter -tes morceaux, même en étant les pires intervieweurs, je vois pas bien quoi te dire de mettre ou pas mettre pour les salir.

Seno -Non mais c’est même pas ça. On parle de Colonel Reyel, mais c’est son problème. Si lui il assume ça. C’est sa connerie à lui, tu vois ? C’était le moment morale, les enfants. Je fais la morale… T’as pas encore des questions rigolotes, là ?

Spleenter -Si, bien sûr.

Teo -Le suisse !

Seno -Le suisse !

Teo -Enculé, le suisse !

Seno -Mais c’est des vraies questions ?

les 2 -Ouais, ouais…

Spleenter -Ah oui !!… Celle là c’est les miennes (de questions) : tu vois Adebisi dans Oz ?

Seno -Oui, oui.

Spleenter -T’es un peu la version blanche.

Seno -Ouais ?! Je vois pas bien, mais si tu le dis…

Spleenter -C’est pas un peu tendancieux pour Lil Thug ? Parce qu’on voit jamais vraiment Adebisi enculer Kenny Wangler.

Teo -On sait pas si il le fait.

Spleenter -Si, on le sait plus ou moins. Dans l’épisode où Augustus Hill parle des super héros, tu vois Adebisi en Bruce Wayne en costard et wangler est en dick grayson et il commence à le caresser.

Seno -C’est bizarre.

Teo -C’est tendancieux.

Spleenter -C’est très tendancieux.

Teo -Magnifique question. En as tu d’autres ?

Spleenter -Oui. J’ai un pote qui s’appelle Hype.

Seno -Je crois que je le connais.

Teo -Peut-être…

Spleenter –Je pense aussi. Et il demande des techniques, des méthodes, par rapport à la perte de poids.
La muscu, tout…

(Là, ça devient le moment diététique. Parce qu’on vise un lectorat féminin, nous. Et vu qu’on sait que vous êtes grosses, mesdames, surtout toi. Voici pour vous)

Seno -Tout ? Ouais j’ai perdu du poids.

Spleenter -Va falloir chiffrer là.

Seno -J’ai perdu presque 50 kilos.

Spleenter -Wahou ! T’étais un gros porc !!

Seno -Ouais.

Spleenter -Putain ! (Là, Spleenter éclate de rire. On l’a perdu pendant plusieurs longues minutes)

Seno -Tu vois ? J’étais dans les 120 kilos, quelque chose comme ça.

Spleenter -Et alors ? La technique ?

Seno -Tu manges plus de trucs dégueulasses. Tu bois plus de coca, de fanta, de… En fait, tu vois une vie nulle ? Tu vois tout ce que t’aimes ? Tu l’enlèves !

Spleenter -Ray Liotta dans la scène des Affranchis « je commande des spaghettis et j’ai juste des pâtes ?! »

Seno -Même pas les pâtes !

Spleenter -Oh mon Dieu !

Seno -Tém, téma : Ray Liotta qui ouvre sa porte et qui a une assiette vide. Faut réapprendre à manger équilibré, t’enlèves tout ce qu’est gazeux, les cocas, les merdes. T’arrêtes de bouffer au kebab, t’arrêtes de bouffer au mac do. Enfin, quand je te dis « t’arrêtes », tu te limites, tu y vas qu’une fois. Parce que je trouve que se priver, c’est le meilleur moyen de craquer. Ce que j’ai fait c’est que du Lundi au Vendredi. J’ai eu des problèmes de santé qui font que. Il a fallu que je perdes du poids.

Spleenter -Tu pouvais plus rentrer dans des pièces.

Seno -C’était ça. c’est pour ça que j’ai mis 2ans à faire Paradis Artificiel, parce que je pouvais pas sortir de chez moi. Et mon fils il voulait pas m’aider : « Tu te démerdes ! » Je suis bon client, les mecs, putain !

Spleenter -Totalement.

Teo -T’es engagé.

Seno -Mais faut manger, hein. De toute façon, se priver, c’est pas la solution. Ce qu’il faut faire, c’est se bouger. Moi je me bougeais pas trop, je reste chez moi, je lis des bouquins, je regarde la télé, je me gratte les couilles, je relis des bouquins, je reregarde la télé, je suis sur mon ordi. Je vais de là à là. Quand j’ai besoin d’aller dehors, j’ouvre la fenêtre. Je respire un coup, ça y est j’ai étais dehors. Tu vois ? C’est comme ça que ça se passe… Un peu geek sur les bords. Totalement, même… Donc tu fais attention à ce que tu bouffes. Tu manges les mêmes choses mais t’en manges moins, forcément. Tu fais attention. Et j’ai fait du sport, tous les jours, quand j’étais dans cette phase là, je faisais un régime, c’est comme ça que ça s’appelle. On va appeler un chat, un chat. Je voulais que ça aille vite, moi. Je voulais pas faire ça sur 3ans, 4ans.

Spleenter -4ans, c’est déjà beaucoup.

Seno -Mais c’est ce qui faut. Quand t’as beaucoup de poids à perdre, c’est ce qu’il faut faire.

Spleenter -Quand t’es obèse, ouais.

Seno -Ce que je voulais, c’est que ça aille super vite, genre en 6 mois. Et j’ai perdu ça en 6 mois. Je perdais 7, 8 kilos par mois, tu vois ? Un truc comme ça. Donc moi, tous les matins, je me levais, j’allais courir, après j’allais à la piscine, puis je rentrais chez moi et je faisais du sons, des conneries, Après, je fais du BMX aussi, donc l’après midi je prends mon vélo. Ça me réussit pas trop, parce que je me suis pété la cheville et le poignet.

Spleenter -Ah carrément ?

Seno -Ouais, ouais. Là, tu vois, je sors juste du kiné. Je viens juste de finir le kiné pour le poignet.

Spleenter -Mais comment tu peux te péter le poignet en vélo ?

Teo -En tombant dessus…

Spleenter -Mais il faut déjà se péter la gueule sur soi et sur son propre poignet, non ?

Seno -Ou en faisant un saut. Enfin bon, je me suis biché la gueule. C’est surtout ça qu’il faut retenir.

Teo -C’est ce que les manuels d’Histoire retiendront. Quand on parlera de DSK, on dira Seno s’est pété la gueule en vélo.

Seno -Mais c’est pathétique d’être un grand fan de BMX, de kiffer plein de trucs et d’être une merde.

Teo -Tu n’es pas seul dans le rap français. Armeni Blanco kiffe le BMX, aussi.

Spleenter – et ses mollets sont une légende à Queens.

Seno -À la base, j’aime bien le délire bi-cross, c’est cool. Y a pas de vitesses, y a rien. Tu peux même virer les freins, tu t’en bats les couilles.
Tu roules tranquille (il siffle) C’est des trucs rattachés à l’enfance, un peu. Le côté vélo, quoi.

Spleenter -Je vois très bien. Sauf que quand je me pétais la gueule en vélo, je le rattachais pas à un générique de dessin animé… J’essayais de l’oublier très vite.
Je remontais chez moi :
-Regarde ce que je me suis fait.
-Mais oui. C’est rien. (donc là spleenter admet se parler tout seul depuis ses 8 ans, pourquoi pas).

Seno -C’est ce que j’ai fait. J’ai pris mon poignet, comme ça. Je suis rentré chez moi. J’ai dit à ma meuf : « T’as 5 minutes, là ? Pour m’emmener à la clinique ? Parce que c’est cassé… » Voilà. On en fait pas toute une histoire. Donc voilà, j’ai bougé mon cul. Un peu de muscu aussi. et puis après, ça fond. Mais moi j’ai fait ça en 6 mois parce que je voulais que ça aille super vite.

Spleenter -Mais par rapport à Hype ? Un mec qui est à peu près aussi grand que toi, il me semble…

Seno -Non, Hype il est plus grand que moi !

Teo -Il est de ta taille, à peu près.

Spleenter -De ma taille à moi ??

Teo -Un poil plus petit.

Seno -Je fais 1m73, je suis pas très grand. Hype il mesure combien ?

Spleenter -Moi je fais dans les 1m95.

Teo -Il doit faire dans les 1m86, par là.

Spleenter -Mais donc : méthode de régime express ?

Seno -Ce que je viens de te dire. Pareil. J’en sais rien moi… J’ai l’impression d’être le docteur Dukan…

Spleenter -Non, mais c’est lui qui m’a demandé, sincèrement.

Seno -Dans ce cas, tout dépend de lui. Comme on dit, y a des gens qui sont sucrés, y a des gens qui sont salés.

Spleenter -Ouais, bah lui, il veut surtout un régime.

Seno -C’est vachement dur pour les gens qui aiment bien les gateaux, les bonbons, les merdes. Moi j’aime pas trop les trucs comme ça, les yaourts, les machins… C’est des trucs de meufs, les desserts. Donne moi un demi kilo de viande ! Mais au lieu de manger un demi kilo, t’en manges la moitié…C’est pas plus compliqué. Je l’ai fait pour ma santé.

Spleenter -et si t’avais un conseil à donner ?

Seno -C’est la rigueur. Moi je faisais mes trucs du Lundi au Samedi, je fais du sport, je me défonce à ça et je fais attention à ce que je mange. Le Dimanche, ou parfois le week-end entier, c’était souvent le week-end entier, je m’en bats les couilles. Je fais pas de sport, je reprends ma vie de merde, à bouffer que de la merde et voilà. Mais dés le Lundi, tu repars dans ton cycle. Tu refais ta muscu, tu refais ton vélo, tu vas à la piscine, tu vas courir… Faut avoir le temps, moi j’étais au chômage donc j’avais le temps.

Teo -RSA rider.

Seno -J’ai fait ça et ça a été vite. Parce que j’ai été rigoureux. Je pense que les gens qui font des régimes qui marchent pas, c’est parce qu’ils le font le Lundi, le Mardi ils font pas, le Mercredi ils font parce qu’ils ont des remords, ils refont pas le Jeudi, Vendredi mais « c’est pas grave, je reprends Lundi. » Et c’est comme ça… Quand je fais un truc, généralement j’aime bien aller au bout, que ce soit sérieux ou pas sérieux. Une connerie ou pas une connerie. C’est comme ça, j’aime bien aller au bout de ma connerie. J’aime bien aller au bout du truc, si je me trompe c’est pas grave. Faut vivre des expériences. Voilà, tu diras à Hype d’être rigoureux et de faire attention.

(Donc voilà. On ne saura jamais si Hype a réellement demandé à Spleenter de poser cette question à Seno, mais ça nous a permis de faire le tour (du ventre) de la question)

Seno -T’as d’autres question magnifiques comme ça ?

Spleenter -Ouais ! Sur les séries.

Seno -Sur les séries ? Vas-y !

Spleenter -c’est quoi que t’aimes bien comme série ?

Seno -Entourage. Entourage j’ai trouvé ça cool.

Spleenter -Rien à foutre. Le reste ?

Teo -On a jamais regardé, donc bon…

Seno -Ça commence un peu à dater mais on en parlait tout à l’heure : The shield. J’ai trouvé ça cool. Ce que j’aimais bien c’est que, parfois même dans le même épisode, les étalonnages sont différents. Ça je trouve ça cool.

Spleenter -Il va falloir que tu t’identifies à un personnage dans chaque série.

Seno -Alors, dans Entourage : « Turtle. »

Spleenter -Ouais. Mais tout le monde s’en fout.

Teo -Nous, on sait pas c’est qui.

Spleenter -Et ouais, ça devient plus dur tout de suite. Et le reste ?

Seno -Le reste de quoi ?

Teo -Je peux pas t’aider, je découvre cette interview en même temps que toi.

Spleenter -Le reste des séries !

Seno -Ah ! Dans The Shield : Vic Mackey. C’est facile. Y quoi d’autres comme séries ? J’aimais bien Sons Of Anarchy. J’aimais bien au début, mais après j’ai trouvé que c’était gnangnan.

Teo -Il se passe rien, surtout. Enfin, c’est pas qu’il se passe rien mais.

Seno -C’est mou du fion.

Teo -Voilà.

Seno -Mais tu vois son pote, l’autre là, le barbu ?

Teo -Ils sont tous barbus.

Seno -Celui dont la femme se fait tuer et…

Spleenter – Dieudonné ?

Seno -Ouais, voilà. En bykers blanc. On s’est compris. J’aimais bien aussi, Nip Tuck.

Spleenter -Nip Tuck ?

Seno -Ouais.

Spleenter -Attends 2 secondes.

(Là, c’est un gros merdier, je sais plus bien ce qui se passe. Plus personne ne sait en fait. Puis ça refinit sur Batman, comme d’hab)

Seno -Si, y a une série que j’aime bien, c’est Mad men.

Spleenter -J’ai pas encore regardé. Mais tout le monde dit que c’est très très bien et tout.

Seno -Ce que j’aime bien dans cette série là c’est qu’ils te montrent comment c’était dans les années 50. Genre la femme c’était vraiment « Va laver mon slip la femme ! » C’était « Ferme ta gueule la femme », limite droit de cuissage. Mais tu sais quoi ? Strauss Kahn il a dû trop regarder Mad men. Il a dû regarder Mad men à mort. Parce que c’était vraiment ça : droit de cuissage dans les bureaux. Comme ça, normal. C’est normal une partouze au bureau… C’est assez cool comme série. Breaking Bad aussi c’est cool.

Teo -Avec l’acteur qui faisait le père dans Malcolm  ?

Seno -Ouais. En tant qu’acteur, il fait un bon truc dedans, je trouve. Parce que tu l’attends pas sur ce terrain là. Et c’est pas mal. C’est pas mal ! Et la fin de la saison 3, elle est dingue aussi.

(Et là, Spleenter envoie « Pauvre Laura »)

Seno -Ah ! Pauvre Laura.

Teo -C’est un hymne pour Pierre Bellanger.

(Là c’est la pause, ça écoute un peu de son et ça parle de chaussures)

Seno -On était sur quoi ? Ah oui. SENO qui est sorti. (On en était plus du tout là depuis longtemps)

Teo -Y a eu le truc avec Gizo aussi.

Seno -On a fait un album avec Gizo. C’était… C’était quoi d’ailleurs ?

Teo -« Mi ange mi démon. » (en fait c’est « Ange ou Démon » mais c’est déjà beau de pouvoir encore articuler des mots à ce stade de la soirée)

Seno -Ah ouais. Je reprenais des morceaux de « Même les anges pleurent », je reprenais mes couplets, Gizo venait dessus. À l’époque, Gizo était déjà parti plusieurs fois là bas, il avait une connection. Avec le label Underworld, les mecs de San Diego. Et les mecs sont venus, ils ont ramené tous leurs artistes. C’est sorti chez Baby Latina. Et ça a bien marché. Là bas ça a bien marché. On a voulu le sortir en France, mais on l’a pas sorti. J’aime pas surfer sur des trucs. Ça y est, c’est fait, on l’a sorti. C’est comme « Libérez Dominique » ça y est, c’est fait. Je fais plus attention. J’aime pas exploiter.

Spleenter -Mais pourquoi c’est pas sorti ?

Seno -Parce qu’on voulait pas.

Teo -Aucun de vous 2 ?

Seno -Non, aucun de nous 2. C’est sorti là bas ! Les mecs de france qui le veulent, ils peuvent le trouver sur internet. On a pas voulu se prendre plus la tête que ça. Lui, il avait déjà ses projets en route, moi j’avais les miens.

Teo -Et sur Edition Collector, y a des chutes de ça. C’est des chutes d’albums.

Seno -Ouais. C’est des chuttes mais même d’avant ça. Avant, avant. Du premier album aussi. Enfin, une partie des chutes du 1er album.

Teo -Et qu’est-ce qui fait que tu t’es dit que ces sons tu les mettais pas sur l’album et que plus tard tu les remets ?

Seno -Parce que c’est des sons que j’avais trop écouté. Pour le 1er album c’est toujours comme ça, tu sais… Tu veux toujours en faire de trop. Tu veux faire trop bien alors t’écoutes tes sons 10 000 fois et quand ton album sort, t’es écoeuré, t’en as marre. C’est une espèce de gâteau avec trop de crème.

Teo -C’est pour ça que si je faisais de la musique, j’en ferais que quand je suis totalement bourré. Là tu t’en fous.

Seno -C’est là que c’est le mieux. Le lendemain, quand tu réécoutes, c’est moins bien… J’ai écrit des trucs super la nuit ; le lendemain matin, je sais pas, ça sonne pas pareil. Ça sonne carrément moins bien. Donc j’ai un peu arrêté d’écrire bourré. Tu fais le boulot, puis après bon…

Teo -En récompense, un peu comme Servietsky ?

Seno -Ouais, voilà. J’aurais bien aimé être Servietsky.

Teo -C’est hardcore, parce qu’il finit quand même très mal… Il finit à sucer des vieux pour du crack, le mec…

Seno -Non mais Servietsky, je trouve que c’est magnifique. Tu te rends compte que South Park… Ah bah voilà ! C’est une série que j’aime bien South Park ! La liberté qu’ils ont ! « On va faire une serviette qui parle et qui est toxico. » Ça c’est bien, tu vois ! En France, on fait pas un dessin animé comme ça…

Spleenter -On fait pas de dessin animé…

Teo -Et Celestin ?! Le fantôme qui fait la sécurité routière ?! Patrimoine français, les mecs !

Seno -Non, je suis pas d’accord.

Teo -On leur fait la nique aux Etats Unis. Ils sont là, ils nous regardent, ils chient mou ! Ils ont les commissions dans le filet !

Seno -Servietsky, c’est cool.

Teo -Bon, c’est vrai qu’on peut pas vraiment lutter contre une serviette qui fume du shit…

Seno -La suite c’était quoi ? Donc y a l’album avec les chutes… On a fini le SENO qui est sorti l’année dernière, au mois de Décembre là… (Oui, ça fait 4 fois qu’il le dit, mais tout à l’heure il a dit Septembre) Il y a bien 5 mois… Et après ! À partir du mois de Janvier, je commençais déjà à avoir envie de faire autre chose. J’ai commencé à bosser avec « l’agent des stars » : Fizzle. L’homme de l’ombre. Mon impresario, comme on dit dans le milieu. On est tombé assez d’accord sur ce qu’il fallait faire, tu vois ? Il m’a dit « Si je bosse avec toi, on fait ça, etc. » J’ai capté sa vision du truc donc on est parti là dessus. C’est lui qui a eu l’idée de faire les Samedis Bâtards, donc on est parti sur ce truc là. Entre temps, je venais de finir un album. Normalement, il devrait s’appeler « Gangsta Funk. »

Teo -Et sur les Samedis Bâtards, le choix des faces b tu le fais comment ?

Seno -Tu sais quoi ? Presque toutes les faces B, c’est Fizzle qui les a choisi. Si je choisis les faces B moi même, forcément je vais choisir des faces B qui sont dans mes ambiances à moi. Le but c’est pas ça ! Le but c’est d’aller vers autre chose et de tenter des trucs. Alors parfois tu te casses la gueule… Ça marche ou ça marche pas. Mais Fizzle a capté le truc. Il écoute des sons qui sont dans l’air du temps aussi. C’était un peu impératif de prendre des trucs du moments. Et les trucs du moment qui ont des covers ! Pour qu’on puisse détourner les covers, c’est Erko qui les détourne. Alors, autant parfois on fait des covers qui sont assez cools, mais on en a une qui est magnifique. Elle est d’un niveau de kitsch, à mort ! Elle va bientôt arriver.

(Teobaldo mime un geste obcène)

Seno -Ah tu l’as vu celle là ?! Elle est superbe ! J’ai encore mon plâtre, ma résine.

Teo -Avec une meuf et une capuche.

Seno -Avec la fourrure…

Spleenter -Je vois très bien le visuel, mais je vois plus les featurings.

Seno -C’est avec Sobre et Aelpeacha.

Teo -On l’a celui là. (parce que oui, on a les samedis bâtards bien avant tout le monde. Donc quand on sort un billet en retard, on a vraiment aucune excuse)

Seno -La pochette de celle là, c’est là qu’on voit qu’on est bien golmon. Avec une meuf qui a été découpée dans un truc et poséE à côté. Parce qu’on est pas foutu de ramener une meuf qui veuille le faire.

Teo -Ça, ce sera dit de l’interview.

Seno -Bah attends ! Tu vas faire quoi ? Tu vas aller voir une copine à toi et lui dire : « S’il te plait, tu pourrais pas te mettre en culotte de dos, pour faire une photo ? Pour les Samedis Bâtards… S’te plait ?! » On va un peu galérer avant de trouver la meuf qui veut bien, qui va vouloir le faire.

Teo -Ça se paye…

Seno -Ouais. Mais l’idée des samedis Bâtards c’est qu’on paie rien. Tout est gratuit. On paye rien du tout.

Teo -Vrai concept de chômeurs. On peut tous en prendre de la graine.

Seno -Donc on est parti sur ça. on a fait tous les morceaux. Ils sont tous faits. Ce que je voulais absolument, c’est que tous les vendredis à mi-nuit : Bam ! On met le son ! C’est pas : « Ce samedi là, on va pas mettre de son parce que je vais à la pizzeria. » Et puis le samedi d’après : « Là, j’en ai fait un, mais il manque l’invité. Il est pas venu. » Non. On voulait faire tous les morceaux, on a tout mis en boîte. On a 4 mois de Samedis Bâtards de prêt.

Teo -4 mois ?!

Seno -Ouais. Ça fait que 16 semaines.

Teo -Ça fait pas mal d’avance.

Seno -Bah là on est à la moitié. J’ouvre ma gueule mais on va être en retard là… (ça se passe un vendredi soir, c’est pour ça) Mais bon, c’est pas dramatique. L’idée c’est ça. Si t’en mets un de temps en temps, que tu loupes des week-end, pour les gens c’est pas sérieux. L’idée c’est d’amener un concept où là, je me lache ! Je me fais plaisir.

Spleenter -Dans les Samedis Bâtards, t’as jamais posé sur un truc vraiment West. Ça vient de là ?

Seno -Mais je veux pas poser sur des trucs West dans les Samedis Bâtards.

Spleenter -Ouais, je comprends, mais parfois t’as des hits qui sont issus de là bas, mais tu les prends pas.

Seno -Ouais, mais je veux pas. Je veux poser sur des trucs que je connais pas.

Spleenter -D’accord.

Teo -Et t’as pas peur qu’en « retaffant » ton image, tu perdes un peu ta fan-base ?

Seno -C’est pas la perdre. C’est évoluer. C’est fusionner !

Teo -Mais t’as pas peur que…

Seno -Peur de quoi ? J’ai pas peur moi ! Bagarre !

Teo -Bagarre !

Seno -Est-ce que j’ai peur de perdre ma fan-base ?

Teo -Ouais. Par exemple, moi je te connais depuis longtemps, je me demande quand est-ce qu’y aura un bon son, un bon hymne gangsta bien West avec beaucoup de bons cas sociaux. Mais ça va, hein. Y’a le truc avec Myssa et Joe Lucazz, ça peut rentrer là dedans, sans problème.

Seno -Mais après, quand tu me parles de fan-base, moi je fais pas de la musique pour une fan-base. Je fais de la musique pour moi, déjà. Donc si demain je décide de faire un truc et que ma fan-base me dit : « C’est nul ce qu’il a fait ! » Mais c’est pas grave, parce que moi je le fais pour moi. Le vrai truc : J’ai pas peur de perdre ma fan-base. Ce qui serait grave c’est que je me perde, moi. Tu vois le délire ? Faire des trucs comme on parlait ; à la Colonel Reyel ou je sais pas quoi. Là je me perds ! Et là, la fan-base a des raisons de m’en vouloir. Mais si je perds ma fan-base, ma vie continue… Même là, je fais le truc sur DSK ; on sait très bien qu’il faut en profiter maintenant. Moi, je m’amuse ! J’en rigole tous les jours. Parce que dans quelques jours c’est fini. faut pas se blaguer. Je veux même pas surfer sur la vague. Parce que c’est plus marrant ! C’est pour ça que je te dis que pour faire un allstar, faut qu’il soit génial le allstar. Pour le diffuser faut qu’il soit génial.
Je suis d’accord pour le faire, mais est-ce qu’on le diffuse ou pas ? ou alors on se le passe qu’en cassette audio… Un truc, les gens savent qu’il existe mais ils l’écoutent pas.

(Là, Spleenter décide qu’il est temps de parler d’OJ Simpson, ça suffit les conneries)

Seno -Moi, franchement, je fais la musique que j’ai envie de faire. (Là, vous pouvez être admiratifs parce que Seno ne se laisse pas déstabiliser, même par les pires intervieweurs du monde entier) Si ma fan-base me suit, bah je suis content !Je suis content, c’est cool. Si elle me suit pas, bah tu veux que je te dises quoi ? Je vais pas les forcer à me suivre, non plus. D’un autre côté, si je fais autre choses, y a d’autres personnes qui vont accrocher. Je vais peut-être montrer d’autres facettes de ma personnalité ; je vais faire des trucs où je me lache plus. Des trucs complètement mongols ! C’est ce qui me plait. Parce que je me suis rendu compte que pendant longtemps, j’ai fait du rap en étant sérieux dans ce que je faisais.

Seno -Et en fait, ça a pas payé plus que ça, tu vois ?… Et si t’écris une chanson en une heure, tu la mets sur internet, t’écris des trucs de mongols et… Alors après, faut pas généraliser. Je dis pas que la facilité c’est forcément la clef de la réussite. Mais j’ai moins envie de me prendre la tête. Je prends la musique pour ce que c’est : de la musique. Je fais des morceaux qui me font marer, parce qu’aujourd’hui j’ai envie de me marrer. Je veux que ça soit cool. Et même si je vais faire des trucs gangstas, véners ou des trucs comme ça, je vais le faire d’une façon décalée. J’ai envie que ce soit comme ça maintenant, que ce soit marrant, même si j’aborde des thèmes sérieux, j’essayerai toujours d’amener des références de ma vie à moi, de trucs de comics, faire en sorte qu’y ait mes repères à moi, dedans. Voilà, mon truc c’est ça. J’ai envie d’évoluer ! J’ai envie qu’y ait plus de personnes qui écoutent ma musique. Je trouve que c’est normal aussi à un moment donné. C’est bien beau de faire le puriste, le mec qui te dit : « Non, moi je vends mes 500 disques et ça suffit. Je veux pas que d’autres mecs écoutent ma musique ! » Mais c’est pas vrai ça, c’est des conneries. C’est parce que t’arrives pas à vendre plus de 500 disques. Point barre ! Demande pas à un mec si il veut vendre des disques !!… C’est mon point de vu, tu vois, ça n’engage que moi. Mais faut pas se mentir.
C’est comme les mecs qui disent : « Mon album ? Non ça a pas marché. Mais c’était un succés d’estime. »

Teo -Y en a pour qui c’est vrai, quand même.

Seno -Ça a pas marché parce que ça a pas marché. J’ai un pote qui m’a dit un jour, au quartier : « J’étais chez cette meuf là. Putain c’était chaud ! J’ai passé une soirée de ouf ! J’ai presque baisé ! » Presque baiser… ça veut dire quoi ? Presque, c’est quand même raté ! J’ai presque réussi, c’est quand même raté.

Spleenter -Il a dit « J’ai presque baisé » ? (Spleenter prononce cet assemblage de mots comme une langue étrangère)

Seno -Ouais ! Mais ça veut rien dire !

Teo -Tu baises ou tu baises pas…

Seno -Donc je vais pas te dire que je fais des albums que pour ma fan-base. Non. C’est pas vrai. J’ai envie de vendre des disques, c’est normal. Demande à un mec qui fait de la musique s’il a envie d’aller travailler, d’être fonctionnaire ou de faire un boulot de je sais pas quoi. Et demande lui si il a pas envie de rester chez lui à laisser sa créativité s’exprimer. S’il a pas envie d’être un artiste. C’est normal. Si t’es vraiment un mec qui aime la musique, si t’es vraiment un artiste, c’est ce que tu veux. Tu veux faire que ça, tu veux vivre de ton art. Après, y a vivre de son art et vivre de son art. Je demande pas de vendre des centaines de milliards de disques mais si je les vends je serai content quand même, faut pas se blaguer. Mais bon, on est loin. Les poules auront des couilles, comme on dit.

Teo – Mais quand tu parles d’évoluer, qu’est-ce que t’entends par là ? Parce qu’y en a qui évolue dans le rap, par exemple Oxmo Puccino… Il fait ce qu’il veut, hein ?! Apparemment il a un public… Mais ça rappe plus.

(On parle d’Oxmo et, comme par magie, Spleenter s’endort. Réflexe)

Seno -Je vais te dire, on parlait tout à l’heure des trucs cainrys où j’accroche pas, pour Oxmo, je reconnais que c’est un bon rappeur. Je serais de mauvaise foi de dire qu’Oxmo c’est pas un bon rappeur, mais moi j’arrive pas…

Teo -Pareil. Donc tu comptes quand même garder un aspect rap ! Un aspect flow ! Quoi qu’il arrive ?

Seno -Ouais. Quoi qu’il arrive. Aujourd’hui, si je fais un morceau où je fais des roulements, je vais faire un morceau qui va tuer sa mère ! Dans l’album, je vais peut-être t’en faire qu’un, mais ça va être LE morceau. Mais y a des rappeurs comme ça où j’y arrive pas, j’y arrive pas. Faut pas m’en vouloir. Mais en France c’est comme ça : si t’aimes pas untel, holàlà ! « Tu connais pas tes classiques ! Holàlà ! »

Teo -Ici, c’est admis, t’es un peu chez les connards. Parce que nous, on n’écoute plus Oxmo Puccino et on aime bien Alpha 5.20. Donc, automatiquement, on nous classe parmi les trous du cul.

Seno -Alpha 5.20, j’aime bien. C’est bien Alpha 5.20. C’est marrant Alpha 5.20. Mais tout dépend comment tu le prends.

Seno -Moi, aujourd’hui, je veux faire du rap avec un côté second degré, décompléxé, libéré un peu. Je veux que ce soit cool, tu vois ?
Ce qui est bien avec le DSK, c’est qu’en 3, 4 jours on a réussi à amener cette image là. « Le mec il est cool, le morceau il est drôle, c’est du second degré, y a de l’humour, y a quand même un côté véner et un côté vulgos qui est magnifique. » On a fait tout ce qu’on voulait, quoi. Et peut-être même que dans toute ma carrière, c’est ça mon tube, tu vois ?

Teo -Niveau positionnement, ouais.

Seno -On a quand même eu un papier sur les inrocks.

Spleenter -les inrock, Elle, closer, 24h je sais pas quoi…

Seno -On est partout, quoi !

Spleenter -Même les mecs qui se basaient sur Wat-TV : « Clip choc ! »

Seno -Clip choc !

Teo -Ouais, j’ai vu ça tout à l’heure. Je vais le mettre sur mon CV : « Je fais des clips chocs… »

Seno -Si des fois ça t’intéresse un petit clip choc ?

Teo -C’est bien, ça fait nom de glace, un peu. C’est l’Eté, tu vas vendre des clips chocs aux gens sur les plages.

Seno -Ou une drogue, un peu.

Spleenter -I want clip choc !

Teo -C’est ce que tu disais tout à l’heure ; en 3, 4 jours, c’est le boulot d’un an.

Seno -Bah ouais, si on avait voulu amener tout ça, si ça se trouve, pendant un an, il aurait fallu qu’on bosse sur les Samedis Bâtards, sur d’autres trucs. Là, en 3 jours c’est fait. Donc c’est bien. Sur ce truc là, y a pas d’argent à faire, tu vois ? Mais au moins, on a fait le boulot. Le truc est fait, on a pu avancer. Même des gens qui me connaissent pas : bah voilà ! À partir de ce morceau là, je peux faire tout ce que je veux.
Vu qu’on a été un peu dans l’extrême de la déconnade et du décalage. Et puis c’est de la chance aussi ! C’est de la chance ! Fizzle aurait très bien pu ne pas m’en parler, j’aurais très bien pu zapper le week-end, ne pas regarder ce truc là comme je loupe la plupart de ce qui se passe…

Spleenter -D’ailleurs, justement, sur ce truc là… Une question qui n’a rien à voir. Quand West Coast La a fermé, par rapport à « On est les Sales Blancs » tout ça. Qu’est-ce qui s’est passé ? (même complètement défait, à la frontière du sommeil et ne captant plus rien à ce qui se passe autour de lui, le Spleenter a la faculté de poser de bonnes questions. Mouche toi le cul, le journalisme frinçais. Le Blavog rappelle que le Spleenter est interdit aux mineurs. Herbe et bouteille de rhum vendus séparément)

Seno -En fait, ce qui s’est passé, c’est que sur le forum du CSA, y a des gens qui ont réagi direct en disant que sur l’émission de skyrock blablabla… Qu’y avait un groupe de noirs qu’avaient fait un morceau qui s’appelait « Les Sales Blancs » et qui insultait les blancs… Et tout de suite, tu t’es pris un niveau de fascisme !!… C’est genre, le mec, avant d’aller sur son ordi, il a mis sa petite chemise catchy, il s’est refait la raie : « Attention le forum !  J’arrive ! » Il a mis ses gants en cuir, c’est parti.

Teo -(il imite l’accent Allemand, en tout cas c’est ce qu’il croit) Ch’ai une egzclucifité !
Che détient informations nouvelles ! Là où c’est fabuleux : Le CSA, à un moment, ils sont obligés de valider, plus ou moins. Faut bien qu’y ait quelqu’un qui vérifie à un moment !? Avant de prendre acte et de dire « Hop ! Supression de l’émission, supression de l’antenne ! » Y a personne qui a vérifié et qui a vu qu’effectivement « Les Sales Blancs » c’était pas le nom du morceau mais le nom du groupe et que vous étiez blancs ?

Seno -Bah non…

Teo -C’est consternant…

Seno -Mais je crois qu’à l’époque, skyrock aussi avait un peu Stomy dans le pif, tu vois ?

Teo -Ils voulaient supprimer les émissions spés.

Seno -Ça a été le prétexte, la petite goutte qui fout le bordel. Donc on en est là… Tiens ?! Je vais appeler mon fils…

(Seno appelle donc son fils. Qu’il nous passera d’ailleurs. Mais seul Lil Thug serait en mesure de vous dire ce qu’on lui a dit. Parce que nous, on s’en souvient plus)

Spleenter -Mais les samedis Bâtards, c’est parti de quoi, à la base ?

Seno -De Fizzle !

Spleenter -pour repartir sur le délire de Kanye qui a été repris par beaucoup de rappeurs français aussi, Black kent et d’autres. Donc tu fais ton truc tous les samedis : tu reprends un hit ricain, tu reposes dessus en invitant quelqu’un à chaque fois. Comment t’as sélectionné tes invités ?

Seno -Faut que la connection soit un peu improbable. On en parle avec Fizzle et on se dit « On verrait qui sur cette connerie ? » On veut des gens qui soient ouverts aussi. Faire des Samedis Bâtards avec que des mecs de la West, c’est pas le but non plus.

Spleenter -En même temps, t’as fait l’inverse, du coup.

Seno -J’ai fait les Samedis Bâtards avec des gens qui sont pas dans mon univers. Des gens que je connais pas. Enfin si, j’en ai fait un avec Aelpeacha, Sobre que je connais depuis peu, Myssa aussi je le connaissais. Joe Lucazz je le connaissais pas, je connaissais sa musique, mais pas lui. Sidi je le connaissais pas. Bunk je le connaissais pas… Y a qui d’autres ?

Teo -Les Mallrats.

Seno -Les Mallrats, c’est des gens que je connaissais de nom, mais je les connaissais pas. J’étais pas connecté avec ces gens là, tu vois ? Et FIzzle a fait en sorte que je sois connecté avec tous ces gens là. Ça a été super vite, parce qu’on se prend pas la tête. On contacte les gens : « Tu veux ? Oui. » « Tu veux pas ? Pas grave. » Y a pas de « Peut-être. » Tu le fais ou tu le fais pas mais si tu le fais, faut que ce soit très rapide, faut qu’y ait une réactivité. Parce que quand tu commences à dire « On t’envoie le morceau et quand t’as le temps, tu le fais. » ça va s’appeler les années bâtardes. On va en mettre un par an. C’était pas le but. Le but c’est d’aller vite, d’être là, dans le coup du moment.

Teo -sinon, pour le reste de ton actualité, y a un EP qui va sortir pendant les Samedis Bâtards ?

Seno -Ouais. Parce que j’avais des prods de Venom.

Teo –Venom et Sovan qui avaient fait « 15ans de retard. »

Seno -Voilà. Et en fait, il m’a filé des prods qui étaient cool, donc j’ai enregistré 5 ou 6 morceaux. Je les avais mis de côté ; je savais pas trop pour quoi ça allait être. Ça date du mois d’Octobre, Novembre, un truc comme ça.

(Lil Thug rappelle Seno, mais il demandera expressément à ne plus jamais nous reparler de toute sa vie)

Teo -Donc on parlait du EP.

Seno -Ouais, du coup on s’est dit : on va le faire. j’ai envoyé ça au mix. Toutes les voix sont déjà envoyées à Venom et il va mixer le truc. Y a un track où il veut aussi ramener du monde donc il va ramener du monde dessus. Je pense que c’est un truc qu’on va balancer gratos. On va mettre les gens bien. Je pense que quand tu fais de la musique comme ça, faut pas dire « Je veux de l’argent ! » C’est pas rien quand même de vendre sa musique ! Je trouve que c’est quelque chose, quand même. Donc quand tu vends un truc, faut que t’en sois fier ! Attention, c’est pas parce que les Samedis Bâtards c’est gratuit, que j’en suis pas fier. Faut donner des bons trucs, pour vendre des trucs encore mieux. Il faut passer par ce stade là, je crois. Tu peux pas toujours tout vendre. À la fin, on va regrouper tous les Samedis Bâtards et rajouter 2, 3 inédits. Là c’est pareil. Je pense que c’est un truc qu’on va donner. On va pas le vendre ! Les gens seront contents. En juillet, on leur filera les sons.

Teo -Pour les vacances.

Seno -cet Eté, ils auront les Samedis Bâtards à s’écouter.
Et puis bon… Ça en fait des conneries à s’écouter d’affilée !!…

Teo -Le prochain album, tu disais que c’était un truc super G Funk, avec des sirènes, de la talk-box, etc… Pour boucler la boucle ?

Seno -Ouais ! Je l’ai attaqué vers le milieu de l’année dernière. C’est Bianksta qui fait les prods et j’ai 2 prods de Makiavelik aussi. Bianksta m’a fait écouter des prods, elles étaient complètement dingues ! Franchement, j’étais presque obligé de le faire. Et franchement, au moins, je trouve que l’album est très très lourd.Honnêtement, il est super lourd. Dans le délire Westeux, à l’ancienne, très G-Funk, je veux finir sur ça. Après tu peux faire des trucs West, mais plus dans la New West à la The Game. C’est pas obligé qu’y ait une sirène dans chaque son que je fais.

Teo -Là, prochainement, on va t’entendre sur Grand Banditisme volume & de Hype et Sazamyzy. Le son tourne déjà. Y’a d’autres gros trucs qui arrivent ?

Seno -Ouais, y a pas mal de trucs qui arrivent.Là, demain, je suis en studio avec 13K de Oussen et 13K.C’est pareil, c’est un mec qui est venu sur les Samedis Bâtards, on s’est bien entendu, le feeling est bien passé.En retour, le mec m’invite sur 2 projets différends qu’il va sortir par la suite. Avec Sidi et Alkpote, y a des trucs en route. On continue, tu vois. On continue ! On s’arrête pas à DSK.On se repositionne pas. Je veux pas ressembler à ce mec qui a fait qu’une chanson…

Teo -Et qui essaie de la refaire.

Seno -Voilà. T’as eu ton truc, c’était cool. C’est pour ça que je me mare le plus possible ces jours ci. J’en profite, on fait les cons.

Teo -On va arriver au mot de la fin, je pense.

Seno -Ouais, je pense. Bah écoute, Spleenter n’entendra pas le mot de la fin… Dans les bras de Morphée.

Teo -Il n’est de bonne compagnie qui ne se cuite.

Seno -Je voudrais vous remercier pour la réactivité. Parce que vous avez été sur le coup des Samedis Bâtards déjà dés le début. Ça été très vite à chaque fois. On s’est bien marrer en lisant vos trucs. Je lisais déjà vos conneries avant, je connaissais déjà. Je me disais « Mais ils sont complètement fous ?!! »

Teo -Tu peux constater.

Seno -Je constate que c’est le cas.

Seno -J’avais bien aimé les dead Buzz Walking. Avec Lil Thug. C’était excellent. C’est une consecration pour moi.

Teo -AHAHA ! Salaud ! Spleenter n’entendra pas ça, parce qu’il dort !

Seno -Et puis, au niveau mongol.

Teo -Je pense qu’on se pose là.

Seno -Et on est pas mal aussi. Je pense qu’y a une vraie team qui est en train de se monter là. Ça va être du lourd. Ça va être de la quenelle bling-bling. Donc merci pour la réactivité. Le Same’Diksa dés le Lundi. Le montage dans la foulée. Dis nous ce qu’il faut faire pour qu’un montage soit pris pour un clip vidéo dans les médias ?

Teo -Ah bah ça ! Je sais pas ce qui leur a pris.

Seno -Un clip choc ! Je pense qu’on va s’arrêter là.

Teo -Je pense que clip choc, c’est le mot qui définit cette interview.

quelques minutes plus tard, Spleenter se réveillera et réalisera avec horreur qu’il n’a pas posé la seule et unique question qui valait le coup : « mais si vous aviez été de confession hébraïque, vous vous seriez appelés les sales juifs  ? »

that’s

all

folks.

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Seno

Interview de Seno (des Sales Blancs) – Partie 2/3

Spleenter -Donc « Seno » ça t’est venu parce qu’à la base c’est le nom que tu tagguais.

Teo -Tu cherches un sens et tu ne trouves pas.

Spleenter -S. E. N. O. t’as déjà trouvé des trucs ?

Seno -Non, je trouve pas, j’ai déjà essayé. J’ai trouvé des trucs pourris ! J’ai pas gardé ça en mémoire. Tu sais, c’est comme tous les taggueurs, on cherche des lettres qui tournent, qui s’enchainent bien et je trouvais ça cool. J’ai taggué ça, je devais avoir 14, 15ans.

Spleenter -Et pour préciser, là t’as quel âge ?

Seno -J’ai 37ans. Donc ça fait bien plus de 20ans. Et aujourd’hui, je vois…

Spleenter -Non mais coupe l’interview, personne s’intéresse aux vieux. Fallait être plus jeune.

Seno -Mais on m’avait pas dit ?!

Teo -Dis que t’as 27. Grand maximum !

Seno -Oui, alors non. J’ai 27ans. c’est 27, pour la petite histoire. Dans ma ville, y a un mec qui taggue, qui s’appelle Seno, c’est un pote, je le connais. Et y a le fameux Seno qui défonce sur Paris, vers Saint Lazare depuis quelques années.

Spleenter -Donc y a plusieurs Seno. Parce que je me suis déjà demandé « est-ce que ce serait pas lui ? »

Seno -Non. Non. C’est pas moi. Mais moi c’était de la merde ce que je faisais.

Spleenter -T’as juste refait ton mur.

Seno -« Vous avez vu ? Ils ont repeint, là.
-Mais y a personne qui passe, là…
-Non mais on va tout défoncer ! Ça va être cool ! »
Et comme tous les mecs qui tagguent qui font n’importe quoi, je me suis fait serrer, j’ai payé une putain d’amende.

Spleenter – Toi c’était plus tag vandal.

Seno -Voilà. On volait des bombes et on allait tout niquer.

Spleenter -T’as jamais payé une bombe ?

Seno -Non.

Spleenter -Bah c’est cool ça. C’est la marque des vrais, normalement.

Seno -ouais, non, jamais. Surtout qu’à l’époque où on le faisait, y avait très peu de magasins. Ça commençait.

Spleenter -Si tu pouvais donner à peu près l’année, pour avoir un ordre d’idée.

Seno -Attends, je devais avoir 14ans, je suis né en 73, ça fait…

Spleenter -On comptera après.

Teo -Bah 87.

Spleenter – Les gens qui rappent de cette façon, c’est à dire plutôt influences West, sont rares. Comment t’en arrives à rapper comme ça ?

Seno -J’ai connu la grande époque du rap quand « c’était mieux avant », j’ai connu ce truc là.

Teo -L’âge d’or.

Seno -L’âge d’or… T’imagines ? Le précieux !

Spleenter -Les années 90.

Seno -Voilà. J’étais bien dedans. J’écoutais tout. Je kiffais, franchement c’était cool. À un moment donné, j’aimais bien Rockin Squat, Assassin, Je kiffais.

Spleenter -Ça c’est étonnant.

Seno -Mais j’aimais bien, franchement. J’avais les skeuds et tout. Et à un moment donné, je me suis dit « Il commence à me faire chier avec ses arbres… » Avec ce qui se passe ailleurs. Je suis pas trop comme ça, tu sais, à dire « Oh regardez, au Guatemala tout le monde meurt. » Ou je sais pas quoi.
Y a des gens qui meurent en bas de chez toi. Occupe toi déjà de ça.

Teo -Bah peut-être qu’en bas de chez Rockin Squat les gens meurent pas. Tu sais pas, ça.

Seno -Ouais, voilà. Moi j’aimais bien. NTM aussi, tu vois. Je trouvais ça bien en live, j’allais en concert. Qui d’autre ?… D Abuz ! D Abuz System. Et tu sais quoi ? Là, ce soir c’est le morceau avec lui qu’on va mettre. J’étais trop content de faire un morceau avec lui. Honnêtement, j’étais super content parce que c’était un mec que je kiffais à l’époque. Et faire un morceau avec lui, pour moi c’est vraiment un truc cool.

Spleenter -C’est un kiff.

Seno -Ouais, c’est un kiff. C’est un kiff artistique. C’est un mec que t’écoutais, un mec que t’achetais, c’est un mec qui fait partie de cette histoire.

Spleenter -C’est un peu comme quand Teo a interviewé Salif.

Seno -C’est pas volontaire mais y a des choses qui me parlent pas. Dans le rap Français ou même dans le rap US. C’est pour te dire comment je suis arrivé plus au délire West, c’est que j’écoutais tous ces trucs de rap français et après y a toute la vague Wu Tang, machin qui est arrivée et j’ai pas compris ça en fait.

Spleenter – Ça t’a pas parlé ?

Seno -Ça m’a pas parlé, je trouvais que c’était pas mélodieux, parce que je suis de la génération 73 donc moi j’ai grandi avec les Maritie, Gilbert Carpentier, les Mike Brandt, les Dalida, les Sheila. Enfin tu sais, toute la variété française. C’est ma culture musicale. C’est ça le problème aussi dans le rap, les mecs ils te disent « Alors tu vois, ma culture musicale c’est Curtis Mayfield, c’est James Brown, c’est toute cette scène. » Après ils vont te sortir des trucs de Nu Soul un peu pointus dont ils ont jamais écouté les albums. Ils vont te citer Curtis Mayfield parce que voilà. Parce que c’est ça…
J’ai écouté des trucs comme ça ! Mais plus tard !

Seno -Plus quand j’avais 20-25ans en fait. Mais j’ai grandi dans une famille où le Samedi soir on regarde Champs Elysées, on regarde Drucker et tout ça. Y’avait tout ce côté variété, tu sais, très années 80 avec les Corinne Charby avec les boules de flipper, toutes ces conneries là. Mine de rien, c’était des mélodies très gnan-gnan et y avait un côté qu’était cool là dedans.

Spleenter – De tout façon c’est lié à ton enfance donc c’est forcé. C’est comme si tu me demandes si j’aime bien Louis De Funes. Je vais être obligé de te dire : « Ouais. Bah quand même ! »

Seno -Tous les « Corniaud », les machins comme ça.

Teo -Ouais mais De Funes c’est différent. Il a beau avoir tourné beaucoup dans des merdes, lui, en tant que tel, tu le vois tu peux pas nier qu’il a du talent.

Spleenter -C’est pareil quand Gab’1 reprend du Tino Rossi ou du Joséphine Baker. Evidemment que c’est de la merde, en tant que tel. Mais…

Teo -Mais il a grandi avec.

Seno -C’est ses repères, ça fait partie de son histoire. C’est ça aussi qui permet de voir qui est l’artiste. Ça permet de cibler le personnage. Moi j’ai grandi avec ça donc j’ai tout le temps aimé les trucs avec des mélodies peut-être un peu facile. Et après, vu que je m’intéressais pas aux trucs qui étaient de New York, Mobb Deep, etc… Ça me parlait pas, quoi… Alors que mes potes, ils écoutaient, ils traduisaient les paroles et tout. Ils étaient oufs, du Wu tang, je comprenais pas. C’est des albums que j’ai réécouté après et que j’ai appris à apprécier après. Même Mobb Deep, y a des trucs où j’ai dit « ça défonce ! » Y’a un morceau que je kiffe, je me souviens plus du nom, mais ils ont samplé un truc français qui s’appelle Saint Tropez. C’est vraiment un truc français de l’époque. Ça ressemble à du Joe Dassin. Une espèce d’Eté Indien. Et ça a été repris par Mobb Deep et franchement le morceau est mortel, le sample est magnifique. Donc j’y suis revenu après. Tu vois, faut pas être bête.

Spleenter – t’as pas fait une croix dessus.

Seno -Ça me parlait pas, c’était pas ça. Après y a eu, plus ou moins en parallèle du Wu tang, tous les Snoop, etc… C’est là où, même en france, y avait 2 écoles.  Y avait tout le délire Death Row. Déjà, l’imagerie, pour moi, elle était plus forte.  Et je trouvais ça plus sympa, plus fun, plus marant. Et après, y avait le côté musical. Wow ! Les sirènes, les machins, Dr Dre, tout ça. J’ai fait « Wow  C »est lourd. » Et j’ai commencé à regarder les crédits sur les CDs. Qu’est-ce qui sample quoi ? À partir des samples, je trouvais les morceaux de base et c’est de là que tu te dis « Regulate, moi j’en ai rien à foutre. Je vais m’écouter le son de Michael McDonald… Ah les bâtards… »

Spleenter -Ça m’a fait ça avec, d’ailleurs j’ai perdu le nom du morceau.
Sur le même morceau, Dre a tiré « Nuthin but a G Thang » et un dernier, « The Wash« .

Seno -moi, j’ai kiffé sur les samples.

Teo -Tu rappais déjà à l’époque ?

Seno -Euh… J’ai commencé à rapper quand j’avais 17ans, à peu près. Mais c’était pas « on rappait. » C’était : Tu galères dehors avec tes potes, c’était plus du « Yo momma », tu vois ? Je me rappelle, on fait du stop pour aller à une soirée, pour aller à 20 bornes, pas de transports. C’est le soir, le truc pourri, tu galères avec tes potes et tu fais du stop. Pendant ce temps là, tu rappes et tu chambres sur la daronne de ton pote et lui c’est pareil. Et c’est chacun une rime, tu vois ? Un truc comme ça.
De la bonne grosse chambrette, quoi. Après j’ai des potes qui commencent à rapper de leur côté ; mais ils étaient carrément barré dans le truc New York. Je me suis un peu écarté de mes amis parce qu’on va dire que j’ai fait des choix… des erreurs. Je trainais plus trop avec les mêmes personnes, mais musicalement j’étais barré dans ce truc West, j’aimais bien ! L’imagerie me plaisait, les albums qui sortaient, à chaque fois je trouvais que c’était des dingueries. Y avait que ça qui sortait, blam, blam, blam. C’est une folie. Tu montais à Paris chez les jumeaux, à Street Sound, y avait que des dingueries. C’était complètement fou. C’était ça, quoi ! Et en parallèle je commençais de plus en plus à écouter de la soul, parce que j’écoutais les versions originales des trucs samplés. J’écoutais que ça, avec le temps j’ai commencé à écouter un peu plus loin. Descendre en dessous des années 70. 60, 50. J’aime beaucoup tout ce qui est Doo-wop, je suis un grand kiffeur de ça. Je suis cap de le faire. J’ai un morceau où j’ai fait une petite intro, un truc avec que du Chalala. Où je pose plein de voix.  En accapella. J’adore ça ! Franchement, j’adore ça.
Le Doo-Wop, j’adore, je peux écouter ça toute la journée. Chez moi souvent, ça tourne en fond sonore. Avec, tu sais, un côté rockabilly. Le truc vraiment années 50, 60, après t’as des groupes un peu plus vieux, fin 70.

Spleenter -Quand t’as des coups de cœur comme ça, tu les proposes pas à un producteur pour qu’il en fasse un beat, en samplant un truc à l’ancienne que t’écoutes en boucle  ?

Seno -Non, moi j’ose pas. J’y touche pas. Je veux garder un truc. Je veux pas y toucher.

Teo -C’est le jardin privé, quoi ?

Spleenter -Secret…

Teo -Tu te calmes.

Seno -C’est parce que c’est tellement… Ça m’emmène ! Je pourrais pas faire mieux ! Y a des trucs comme ça. Tu me dis « Viens on va faire une reprise de rap, de connerie. » Je le fais. Je m’en fous. Mais y a des trucs c’est tellement beau, faut pas y toucher. Autant je reprends des trucs de Bone Thugs, des conneries, je le fais.

Spleenter -C’est parce que c’est déjà du rap à la base.

Seno -Voilà. Mais y a des trucs, je sais pas. C’est beau, quoi ! J’ai pas envie, je ferai pas mieux. Je vais pas être à l’aise pour le faire. J’aime la musique avant tout. Si je fais tout ça c’est un peu parce que j’aime la musique quand même.

Teo -Tu t’es dit quand que t’allais faire de la musique, justement ? (Quand Teobaldo était à la conférence de presse de Odd Future, il a très distinctement entendu Tyler The Creator dire que ce genre de question c’était de la merde. Du coup, il s’adapte, il pose des questions de merde, comme un vrai journaleux)

Spleenter -Attends, parce qu’on est pas encore arrivé au moment où tu te dis « Quand moi je rapperai, ce sera Westeux. »

Seno -Bah en fait, c’est pas un truc prétentieux que je vais dire, mais j’ai vu que quand je rappais comme ça, bon c’était des conneries ce que je disais, c’était pas spécialement bien…

Spleenter -C’est toujours pas bien. Le viol c’est mal.

Seno -Ahah enculé ! Et comme j’écoutais beaucoup, beaucoup de musique on va dire que j’étais dans les temps. J’arrivais un peu à me placer. J’étais juste.  Le texte c’était pas encore ça mais j’étais dans le rythme. Après, dans les années 90, y a eu une période où y avait vraiment n’importe quoi dans le rap. Tu sais, des trucs à la Squeedgee, tous ces trucs là. À l’ancienne. Ça ressemblait un peu à des boys band qui faisaient du rap.

Teo -Les New Kids on the block. Mark Wahlberg !

Seno -Ils ont sorti Mark Wahlberg de là dedans.

Spleenter -Marky Mark. C’était comme des 2 be 3 qui faisaient du rap.

Seno -À un moment donné, je me suis dit : Franchement, j’entends des trucs qui sont juste impossible. Et ces gens là, ça marche. Donc moi, ce que je vais faire, c’est que je vais commencer à écrire des morceaux, aller au bout de ma connerie. Je vais essayer de faire un morceau. « Il est cool, il est bien. » Et voilà, après t’es le mec qui rappe parmis tes potes. C’est toi le rappeur « Ouais on a un pote qui rappe ! »

Spleenter -À l’époque t’étais donc dans le 78 ?

Seno -Ouais, et après je suis parti.

Spleenter -T’étais où dans le 78, en fait ?

Seno -J’étais à Meulan. À côté des Mureaux. Donc loin. Et je suis parti à Evreux. J’ai commencé comme ça, avec mes potes. Des potes du quartier commençaient à faire des trucs. C’était cool aussi, mais moi j’ai du mal à me mélanger avec les gens. J’ai commencé à faire mes morceaux tout seul. Après, c’était avec un pote, Joe Killa.

Teo -Qu’on retrouve sur Edition Collector.

Seno -Ouais, voilà. On rappait tout les 2. Et ça tournait bien, tu vois. Ce qui s’est passé c’est que lui, il a déménagé à Sarcelles. Donc, ce qu’on a fait, c’est que tous les week end, je prenais mon train, j’allais à Sarcelles, on passait le week end ensemble, on trouvait tout le temps un plan, chez un mec, chez un type, pour enregistrer un morceau. On continuait !

Teo -C’était en quelle année ça ?

Seno -Je peux pas te dire, franchement. C’est ça avec les vieux. Ah j’ai pas 12ans moi ! Je peux pas te dire. Je suis pas né hier.

Teo -C’était genre quelle période ? Ministère AMER avait pas encore explosé ? Est-ce que Sarcelles est déjà sur la carte du peura ou quoi ?

Seno -Non, pas encore ! Parce que je me rappelle : nous, on avait les maquettes. Moi j’avais les cassettes.

Teo -Les maquettes du Ministère AMER ?!

Seno -Ouais.

Teo -Yeah !

Seno -J’avais les cassettes d’Ärsenik aussi.

Teo -YEAH !!

Spleenter -Bah ça va !

Seno -Tu vois l’album d’Ärsenik ? Bah j’avais les maquettes de ça.

Teo -T’as du kiffer avant tout le monde.

Seno -J’avais un morceau de Stomy qui s’appelait « La maison du Diable. »

Teo -C’est sur quel truc ça ?

Seno -C’est pas sorti. Le morceau est pas sorti. j’avais un morceau de Passi… Je l’ai plus… Je vais regarder chez moi si je l’ai mais je crois que je l’ai plus… Un morceau de Passi où, si tu veux, il fait un peu « Je zappe et je matte » mais il faisait ça sur les dessins animés. Il parle de Cobra, de Capitaine Flamme, etc…

Spleenter -Ah putain ! Et t’as réussi à perdre ce son ?!

Seno -Et c’est toujours pas sorti. Pour te situer, on était à cette époque là. Donc on continuait, on rentre en studio. Après, mon pote, il a ramené un pote, qui a ramené un autre pote, etc… On s’est retrouvé à 4, 5. On fait un groupe. On a commencé à rapper et faire nos trucs. On faisait des morceaux, on faisait plein, plein de morceaux, on a jamais sorti d’album.

Spleenter -Il a un nom ce groupe ou même pas ?

Seno -Le groupe ça s’appelait 6Konirami. Parce qu’en fait mes potes c’étaient des Maliens. En Malien, ça veut dire « Le mélange des 3. » Joe et moi on faisait un groupe, un pote rappait solo et 2 autres qui étaient dans un groupe. Donc on a mélangé les 3 groupes (le lecteur attentif notera que ça fait que deux groupes + un solo et non 3 groupes, mais y’aura tellement plus consternant en bas de la page que c’est pas grave). Mais on s’est pas cassé la tête. Je me rappelle, on était dans un studio je sais plus où « Ouais, faudrait qu’on se trouve un nom de groupe… » Puis en 10 minutes c’est sorti, quoi. On voulait pas un nom comme ce qui se faisait à l’époque. C’était que des noms d’armes de guerre. « 357 magnum » « python machin truc » ou je sais plus quoi…

Spleenter -C’était quelle époque ça ?

Teo -Bah c’est toujours avant le Ministère AMER.

Spleenter -Donc en gros c’est des gens qu’on connait pas. S’ils ont pas percé, c’est qu’on les connait pas, on va pas s’emmerder.

Seno -c’était plus ou moins en même temps. Parce que quelques mois après, c’est sorti Ministère AMER. Mais nous on avait ces fameuses cassettes là.

Spleenter -Et à l’époque d’ailleurs, vous en pensiez quoi quand c’était pas encore sorti ?

Seno -C’était mortel ! Je vais te faire une confession, j’aurais kiffé être le blanc dans Ministère AMER. « Si y a un blanc, faut que ça soit moi, dans Ministère AMER. » Fallait que ce soit moi, ça c’est clair et net. Ouais, je kiffais grave. Même Passi, tu vois. Premier album c’était une dinguerie.
Doc Gyneco…

Spleenter -Doc Gyneco, pour moi c’est un classique, son premier.

Seno -Pour moi, c’est le meilleur album de rap français.

Spleenter –  carrément ?

Seno -Ouais. Pour moi « Première consultation » c’est le meilleur album de rap français.
Il a réussi à faire un truc qu’est westeux, qu’est pas westeux, il parle de plein de trucs.

Teo -Mais tout le monde kiffait cet album.

Spleenter -C’est le seul artiste solo qui a fait autant qu’IAM.

Seno -Tu vois ! À l’époque, quand c’est sorti, il avait fait presque un million.

Spleenter -au final il a fait le million je crois bien.

Seno – Quand il est sorti, allez, c’était comparable à Jean Jacques Goldman de l’époque en ventes. Il était Partout ! Partout ! Mais même, le clip de « Viens voir le docteur » il est magnifique. Le clip de « Nirvana » il est magnifique. Y a des morceaux comme « Né ici » ce sont de super beaux morceaux.

Spleenter – Nirvana,  ça parle quand même de suicide, mais le mec il te l’a placé crème, comme Renaud quand il te fait « Mimi l’ennui. »

Seno -C’était ça. Et aujourd’hui, quand je le réécoute, pour moi, l’album est parfait. Il vieillit bien musicalement.

Spleenter – En fait j’aimerais avoir le crédit des vrais producteurs. Dans le tracklisting déclaré, t’as un même nom qui revient tout le temps et ce nom n’existe que sur cet album. Tu l’as jamais vu nulle part, après, avant.

Seno -Et tu crois que c’est une banane ?

Spleenter -Bah évidemment que c’est une banane. J’avais demandé à Driver « Ouais mais c’est qui Ken Kessie machin truc ?
-Qui ?
-dans les crédits de l’album de Doc Gynéco. C’est qui ce producteur ?
-Mais non ?! Ils étaient plein sur le truc de Gynéco.

Teo -Exact, il nous avait sorti ça.

Spleenter -Mais oui, il avait dit ça direct. « Mais c’est qui ? » – « Oh, c’est compliqué. »

Seno -Pour en revenir au truc, on faisait ça. Je faisais des trucs avec mes potes. Y a du temps qui passe. Y a plusieurs années qui passent. J’avais pas besoin de plus que ça. Faire du son avec mes potes, c’est cool déjà. Ça restait un kiff, c’était cool.
Mais des fois, j’avais rendez vous en studio avec mes potes et, des fois, ils étaient pas là. En fait, on avait le studio, avec un mec qui nous faisait les prods et tout. Et y avait personne… Donc moi je prenais les heures. je me faisais un morceau solo, tu vois ? J’avançais dessus et j’ai commencé à ressentir l’envie de faire des trucs tout seul. Faire un morceau solo, 2 morceaux solos, 3 morceaux… Je me suis dit « Tiens ? Mais je pourrais faire un album… » Donc j’ai commencé à faire « Même les anges pleurent »

Spleenter -Le 1er album. Il est né comme ça.

Seno -Voilà. Donc je me suis branlé à le faire, j’ai mis au moins 2ans. J’ai commencé en 2000, alors qu’on arrive fin 90. avant ça, je devais avoir, entre mon groupe et moi, presque une centaine de morceaux de fait, à peu près.

Spleenter -Mais de ces trucs, rien n’est sorti du coup ?

Seno -Ouais parce qu’y a des trucs qui sont vite fait, y a des trucs qui sont pas finis. J’avais fait un truc que j’avais mis sur le net Edition Collector. J’avais mis une 15aine de sons, des maquettes, fonds de tiroir, etc…

Spleenter -C’est le truc où t’avais mis des instrus, non ?

Seno -Ouais. J’avais mis des instrus. J’ai gardé le meilleur de tout ça, faut dire aussi qu’y avait des CD qu’étaient rayés, qui marchaient plus… C’était l’époque des K7 ! Tu vois ? Je vais au studio avec des K7 ! CD ou K7. Puis on allait au studio et des fois on faisait pas graver le CD. Donc on mettait le son sur la cassette. Tu vois le délire ?! Parce qu’on prenait des heures, on prenait pas des journées complètes, on prenait 2 heures seulement donc ça allait vite. Et à la fin, y avait d’autres groupes qui arrivaient, fallait laisser la place, c’était compliqué.

Teo -Et vous les payiez ?

Seno -On les payait ! On les payait pas cher mais on les payait. Je sais plus, on payait peut-être 50 balles.

Teo -Et à plusieurs.

Seno -Ouais voilà. C’était rien.

Spleenter -Vous aviez des réductions parce que vous étiez blancs aussi…

Seno -Non, j’étais le seul blanc.

Spleenter -Ah bah oui c’est vrai ! C’était pas encore les Sales Blancs. (là c’est le signal : l’esprit de Spleenter a quitté son enveloppe corporelle)

Seno -À l’époque, on faisait des concerts. le groupe 6Konirami tournait bien, sur Garges Sarcelles.
On faisait plein de concerts et tout.

Spleenter -6 connards amis ?

Seno -Nirami. 6Konirami.

Spleenter -6Konirami ?

Seno -Voilà.

Spleenter -C’est quand même un nom de merde…

Seno -Noooon. si on avait fait un album qui avait pété, tu t’en rappellerais tout le temps.
On a pas fait d’album donc…

Spleenter -Ouais mais cite moi un album qui a pété et qui a un nom compliqué comme ça, genre 6Konirami.

Seno -Mais nous on disait le 6Ko.

Teo -Et moi je dis « Saian Supa Crew » en terme de n’importe quoi, pourtant les mecs ils ont pété.

Spleenter -Ouais mais t’as pas un 6 au milieu. T’as pas de…

Teo -Non mais Sa-Ian-Su-Pa-Crew et ça s’écrit même pas avec un y… Parce que si tu lis Dragon Ball, bon bah voilà, tu retiens mais c’est pas pareil.

Spleenter -Ouais, Super Sayan Supa Crew.

Teo -mais là t’as 2 fois super…

Seno -Nous on disait 6Ko, de toute façon.

Spleenter -Autant s’appeler Psyko c’est plus rapide pour tout le monde…

Seno -Donc j’ai fait « Même les anges pleurent. »

Teo -Donc ça c’est vers les 2000 ?

Seno -Ouais, 2000. Mais je mets du temps à le faire, je mets au moins 2ans à le faire. De 2000 à 2002.

Spleenter -Et au niveau des compos et des prods ?

Seno -Je bossais avec un ingé son qui s’appelle SCH, un ingé son de Pierrefitte. Et c’est là bas que j’ai commencé à croiser 4 21. Parce qu’ils allaient aussi là bas.

Spleenter -Tu vois, ça c’est du journalisme ! Ça c’est de la question ! Je rebondis sur les propos de l’autre.

Seno -Tac ! tac !

Spleenter -Apprends.

Teo -J’apprends, j’apprends… Donc 4 21 c’est Le Fou La Merde et Tombokarnage ?

Seno -Ouais. Va me chercher un truc à boire.

Teo -Je vous emmerde, moi ! Je suis comédien, moi ! À la baseuh !

Spleenter -Ouais c’est ça… ici, t’as un mec qu’est pas encore journaliste, un rappeur et un comédien. Tu sais que rien ne se passera dans cette pièce avant longtemps.

Teo -Tout à l’heure, j’interviewerai le mec qui a fait le clip de « Free Dominique. » (En fait, Teobaldo parle de lui même)

Spleenter -Non ! J’interviewerai le type qui a fait le clip ! Et peut-être que tu pourras interviewer le mec qui a écrit le texte… je sais pas encore…

Seno -Si j’ai à boire !

Teo -Donc 4 21, c’est Le Fou La Merde et Tombo.

Seno -Le fou la Merde et Tombo, oui.
On se croisait comme ça. Eux, ils préparaient leur premier EP.

Spleenter -Ah oui, alors, juste pour préciser, parce que c’est vrai que vous êtes quand même pas mal, y a qui ?

Seno -Pour les Sales Blancs ?

Spleenter -Ouais.

Seno -Alors y avait moi qui rappait en solo, t’avais Tombocarnage et Le Fou La Merde qui formaient 4 21, t’avais manol qui faisait partie d’un groupe qui s’appelait Contrefaçon où y avait aussi… attends que je me rappelle… Lexa et…

Spleenter -C’est pas des mecs qui ont arrêté le rap ?

Seno -Si, ils ont arrêté…

Spleenter -Alors on s’en fout !

Teo -Leçon de journalisme en direct.

Seno -Et y avait Gerald, le Babthug. Qui vient du 94, de Splifton. Du CSRD. Il est sur les premiers trucs d’Aelpeacha et tout ça. Il est de Club Splifton, plus précisement.
(Club Splifton, c’est le C et le S dans CSRD)

Spleenter -D’accord.

Seno -Donc eux ils faisaient leurs trucs « Juste un autre jour… (Dans la rue) » le EP. C’est un 7 titres de 4.21. Qui, pour moi, est leur meilleur truc. Pour moi, y avait la fraicheur du truc, y avait vraiment le mélange mecs de quartiers et flow west et tout.  dedans ils ont morceau, moi c’est mon morceau préféré. C’est « L’abécédaire gangster. » Frachement, j’ai surkiffé. Mais y a des circonstances parce que moi j’étais là quand ils le faisaient. Je me rappelle, eux, ils sortaient de sessions du stud et moi je rentre en session et le mec (SCH, son ingé son) me dit : « Ecoute ce que je viens de faire avec eux. » Je me prends le morceau ! Et à l’époque y avait pas trop de morceaux avec des sirènes de ouf Et Brrrrrah ! Je me prends ça !

Spleenter -Tu les connaissais pas avant ?

Seno -Non… On se disait « bonjour », on se serrait la main. « euh… ouais… salut… » Parce qu’on est des rappeurs, on est un peu cons. « Salut… ça va ?… Hun hun… Hun hun… Hun ! » Tu vois ? En hochant la tête « hun hun ?! »

Spleenter -« Tranquille ? »

Teo -« Wesh ? »

Seno -« J’ai écouté… Si si, bien ! »

Spleenter -C’est à dire que le mec il sait même pas ton nom, quoi…

Seno -Non mais on savait qu’on avait à peu près le même délire. Ça allait au delà du simple « salut ça va. » Après j’ai fait le morceau avec Ese Grouch, tu sais ? Le mec de San Diego. « Mi vida loca » un truc où je voulais dégainer, où je faisais du roulement. C’était ma grande période ‘je-veux-aller-vite-je-vous-emmerde-vous-comprenez-rien.’

Spleenter -Justement. Ça ça vient d’où ? le truc du roulement ?

Seno -C’est Bone Thugs !

Spleenter -Ouais, voilà.

Seno -Je savais que 4 21 aussi, c’était Bone Thugs.

Spleenter -Voilà. Parce que tu nous a dit que tu t’étais un peu déclenché sur la période Death Row, Dre, tout ça.

Seno -Et après, y a eu Bone Thugs ! Et quand y a eu Bone Thugs, y a plus rien eu à côté. Le rap a cessé d’exister, pour moi. Y avait que Bone Thugs. Pendant des années et des années, j’écoutais que ça. Même si tu me parlais même des autres trucs de la West. Y a des classiques de la West que j’ai pas écouté. Parce que j’ai raté la sortie. Parce que « Non ! T’es fou, c’est Bone Thugs ! Y a que ça ! »
Je voulais écouter que ça. Les autres c’étaient nul ! NUL !!

Spleenter -NUL !!!

Teo -NUL !!!!

Seno -Mais tu sais, autant je les ai adoré, autant aujourd’hui je veux plus les écouter ! Tellement je suis déçu. Ils m’ont déçu… Bizzy, j’ai envie de le prendre, de l’emmener au studio et de lui mettre des claques : « -Non ! C’est pas comme ça qu’il faut faire ! Non, les instrus, je choisis pour toi ; tu fermes ta gueule et puis tu rappes comme ça… » Et puis quand tu les vois aujourd’hui, avec tous les scandales qu’il y a eu, tout ce qu’ils ont fait… Ils se sont pris la tête… Là, récemment t’as Krayzie qui quitte le groupe. Krayzie et Wish partent ensemble parce que Krayzie monte sa structure…

Spleenter -Après c’est du biff, hein…

Seno -Ouais mais bon, il a porté le groupe sur ses épaules tout le temps, quoi.

Spleenter -Oui, c’est Krayzie Bone, on est d’accord. Mais même l’autre, Bizzy… Par exemple, t’as pensé quoi de l’album de Papillon ? En collab avec Bizzy Bone.

Seno -Je l’ai trouvé cool, mais j’ai trouvé que c’est dommage d’avoir un Bizzy qui est pas au top.

Spleenter -vu ce que tu décris, c’est normal qu’il soit pas au top.

Seno -Ouais enfin, moi ça m’aurait fait chier. Parce que moi, j’aurais pas fait le même album que Papillon.

Seno -Quand je fais un truc… Par exemple mon album Paradis artificiel, quand il est sorti c’était mon 2ème album. Les gens l’attendaient. Ils pensaient que j’allais faire un truc super G-Funk. Et il est dans une veine très Bone Thugs. Il a eu du mal, je te dis la vérité, il a eu du mal. Mais aujourd’hui, les gens me disent « Il est chanmé, c’est un classic dans la West. Cet album là, il défonce et tout, c’est mon préféré. » Mais au début, comment j’ai ramé ! Les 2, 3 premières semaines, pour en vendre, j’ai ramé. Les gens n’en voulaient presque pas. Parce que c’était pas ce qu’ils attendaient. Ma fan-base a eu du mal à prendre l’album, je te le dis franchement. Pourtant c’était un album produit par le A et tout.

Teo -C’est le public West français.

Seno -Ils attendaient un truc plus « poom clap ! poom poom clap ! » Plus G Funk. Mais moi, c’est pas ça. Paradis Artificiel, je le fais au feeling, j’en ai rien à foutre si j’en vends 4. Dedans j’ai fait un morceau de Bosa Nova. Y a le morceau « Alizé » où je fais une déclaration d’amour à la boisson alizé, sous forme de meuf. Y a des morceaux, c’est Cross roads, c’est du Bone Thugs. C’est des barres de rires, quoi. Mais quand on fait ces trucs là, des trucs super mélodieux, faut savoir que quand on le fait, avec Alpha, on est morts de rire. C’est un kiff. Tu te dis « Putain mais je suis en train de réaliser un rêve, là. Je me marre. »

Teo -Donc ça c’est sur ton 2e lp. Aelpeacha, tu l’as rencontré comment ?

Seno -Le morceau « Vida Loca » m’a connecté avec Pimp Cynik. J’ai rencontré Mimo qui ride avec le CSRD, à l’époque. Et il me dit « Y a un mec qui s’appelle Pimp Cynik, il fait un truc qui s’appelle ‘West Rider 2′ » Moi, je connaissais déjà ! West rider 1 et tout ça…

Teo -Il s’appelait déjà Pimp Cynik à l’époque ? Parce qu’il me semble qu’y avait une histoire comme quoi il avait changé de nom…

Seno -Il a changé un peu quand y avait Sinik.

Seno -Donc, je le rencontre. Il me fait écouter le morceau. Le morceau est cool, il est mortel.
En plus y avait un cainri. Je crois que j’ai été le premier dans la West à utiliser internet et faire un morceau. Pam pam ! Le mec il m’envoyait ses pistes. La claque ! Dans la West en france, hein ?! Dans notre niche.

Spleenter -C’était en quelle année ça ?

Seno -2000 et quelques.

Spleenter -Ah ouais. Mais non. Non. Ça marche pas. (si quelqu’un sait ce que Spleenter a voulu dire, c’est inquiétant)

Teo -Ça fait juste un quart d’heure qu’on parle de ce morceau, mais bon…

Spleenter -Non mais je rigole. (« Comme dirait mon pote Luciano : Joe, il rigole mais il rigole pas.« )

Seno -J’avais capté le délire. Ce qu’on pouvait faire. Ce qu’ils font tous en ce moment. Se connecter avec les ricains, tout ça. Après c’est pas une fierté, on s’en fout, hein. Mais dans notre petite niche, j’ai fait ce truc là. Ce qui était cool, c’est que sur West rider, y avait un cainri.

Teo -J’avoue, c’est classe.

Seno -Je sais pas si c’est classe mais…

Teo -Mais si c’est classe.

Seno -Après, je ramène pas Snoop, hein. Je ramène un chicanos de San Diego.

Teo -Rey Mysterio ? C’est classe.

Seno -Mais c’est un mec qui était dans un label, anciennement, chez Low Profile qui était quand même un gros label.

Spleenter -Ouais, c’est un mexicain que t’as ramassé dans la rue…

Seno -Voilà.

Seno -Mais pour le coup, pour l’époque, j’avais le swagg des années 90, début 2000.

Spleenter -Il avait des baskets Marty McFly, quoi…

Seno -Grâce à ce morceau là, j’ai pu rencontrer Pimp, ALPHA, un peu tout le monde. Et aussi parce qu’il y avait une réunion pour The Source France. Tous les groupes sont venus, tous les mecs qui étaient sur le double CD West Rider 2.

Teo -Y avait La Fouine, non ?

Seno -Non, ça c’était sur le West Rider pirate. Mais je me rappelle y avait même George Praxis de Lyon qui était monté, Rafcha, et tous les mecs DGC qui étaient là.

Spleenter -Putain ?! Rafcha était là ?!

Seno -Ouais !

Spleenter -Rafcha, le mec du docu de canal+ sur le crunk ?!

Seno -Ouais, voilà. Il était dans sa période chicanos, à l’époque.

Teo -Ça nous rajeunit pas tout ça…

Seno -Papillon était là aussi.

Spleenter -Forcément que Papillon était là.

Seno -Ce jour là, y avait tout le monde. Tout le monde a connecté. « Ça va bien, toi ? » Tu prends les numéros, bim bam boum. Après, tout le monde se voyait. Donc, ils ont enchainé. Y a eu l’album de 4.21, l’album éponyme. Suite à ça, ils ont fait le clip « Lalala » Ils m’invitent sur le tournage du clip. Parce qu’on m’invitait sur les clips à l’époque !…

Teo -Autre temps, autres moeurs.

Seno -sur le clip, le Fou La Merde me dit, parce qu’ils avaient déjà fait un son sur leur EP « Sales Blancs » :  « On veut faire le groupe les Sales Blancs. Dedans y a Manol, Gerald, Tombo, moi même Le Fou et toi ! Sérieusement, on bosse le truc ! » Moi je dis « Ok, ça marche ». Avec le Fou, j’ai vraiment appris. C’est un mec qui est super carré aussi, dans son taff. J’ai appris beaucoup de lui sur ce coup là, à être carré, à bosser, à trancher. Avant ça, j’étais du genre à faire un morceau et à me dire « Ouais, je sais pas… Je le mets de côté… j’en fais 5 versions. » Puis pas le sortir. Perdre un mois sur un morceau comme ça, pour rien. Mais j’ai appris à trancher. Une façon de travailler aussi. On l’a fait tellement sérieusement cet album. Entre temps, on a fait un street avant la sortie « Le Sale album de rue. » Et ça c’était mortel. On s’est enfermé tous les 5. C’est vrai en plus, ça parait faux quand on raconte ça. On s’est enfermé tous les 5 chez Tombo. On a fait un caddie de course. Et pendant une semaine, jours et nuits, on a enregistré.

Spleenter -Quand tu le dis comme ça,  ça parait vraiment très gay…

Teo -C’est un truc de blancs. Tu peux pas comprendre ça. On s’enferme avec de l’alcool et on sort plus.

Spleenter -Yé né peux pas.

Seno -Il faut préciser que Tombo avait un appartement, ou a toujours un appartement quand même assez grand.

Spleenter -Faut préciser parce que moi, dans ma tête, j’ai un studio.

Teo -C’était Clairefontaine ou vous pouviez amener vos meufs de temps en temps ?

Seno – Non mais y en a qui sortaient. Y’avait quelques petites escapades. On est arrivé avec des CD de faces B ; y a un étage chez Tombo, donc y en a un qui est bas avec le poste et ça écrit, en haut ça enregistre les morceaux. Et quand t’as fini, y en a qui dorment dans un coin. Franchement, on a tout enregistré en une semaine. J’ai trouvé ça bien. Tu fais la popotte, tu fais la cuisine… On voulait pas manger des kebabs tous les jours, on faisait les courses.

Spleenter -Personne ne veut manger des kebabs tous les jours.

Seno -Y a pas mieux pour consolider, renforcer les liens dans un groupe. c’est cool.

Spleenter -Du coup, vous êtes combien dans le groupe ?

Teo -Bah 5…

Spleenter -Ah d’accord… Donc c’est : toi ?… GG ?… Manol ?… Tombocarnage ?… et Le Fou ?
Le Fou qui avait les cheveux longs, des tresses collées… Enfin des tresses africaines quoi…

Teo -Là faudra vraiment préciser que Spleenter est complètement bouré.

Seno -À 22h20, on en est encore à dire qui est dans les Sales Blancs. Ça fait bien 3 fois ?!

Teo -3 fois ou 4. Je compte plus… J’ai pas assez de doigts… (et en fait non ! ça ne faisait que la seconde fois ! ahah, alors qui c’est qui rigole maintenant tas d’enfoirés?)

Seno -Alors va falloir s’organiser.

Spleenter -J’avais une vraie question, j’ai oublié.

Teo -Ils faisaient les courses.

Seno -Pour consolider les liens.

Teo -Et ils faisaient le mur parfois…

Spleenter -Pose des vraies questions en attendant. Fais diversion.

Seno -Vas-y, comble. Dis des conneries. Des trucs pas intéressant.

Teo – tu m’as dit que c’est sur ce truc là que t’avais ramené B-La.

Seno -Ouais, sur le sale album de rue, j’ai ramené B-La.

Spleenter – (en mode question pour un champion) Ouais, et y avait Tige La Rafale ! De Pierrefitte ! Tige La Rafale de Pierrefitte !

Seno -(Là Seno en peut plus, il est mort de rire) Mais fallait me le dire ! Fallait la filmer l’interview !!

Teo -Mais je te l’ai dit !

Spleenter – je lui avais demandé de te dire de ramener un camescope.

Teo –  je l’ai fait ! Il avait 2 camescopes, mais lil thug a pris les 2.

Spleenter – Quelle famille de merde !

Seno -En plus là, on aurait été avec une lumière tamisée. On aurait été bon. J’ai 2 canons, tu vois ?

Spleenter -c’est bien. Continue de nous dégouter comme ça..

Teo -Il lui a dit « C’est pour le blavog… » Le fiston lui a répondu « J’en ai rien à branler ! Autant te le dire ! »

Seno -« Qu’est-ce que j’en ai à foutre ? Tu te la racontes avec ton DSK ! »

Spleenter -Mais j’aurais bien aimé des T-Shirts gratuits…

Seno -Houlà ! Ça devient compliqué. Heureusement que j’ai pas fait 10 albums sinon l’interview elle serait dure. On est même pas au 2ème album.

Spleenter -Je me rappelle d’un son où tu dis « Si j’avais mon portrait… euh… seraient peints tous les vices que j’ai fait » ou je sais pas quoi.

Seno -oui. Je vois. Mais alors, tu sais, ça c’est souvent…

Spleenter -Non, non, non. J’ai pas fini. C’est qu’en fait tu dis « serait… euh… serait on… »

Seno -Je pourrai avoir une copie de l’enregistrement après ? Je fais un album avec ! « 80 minutes de bonheur » je vais l’appeler.

Spleenter – J’aime répandre le bonheur autour de moi.

Seno -Ça marche !

Spleenter -mais tu fais quand même les liaisons entre « serait » et « t-on » sauf que c’était « saura » en fait, dans ta phrase. Donc tu dis « sera-t-on. »

Seno -Ah bah après, j’ai des lacunes…

Spleenter -« Quand est-ce que sera-t-on » et en gros tu fais la liaison alors que ce « t » n’existe pas dans la grammaire française.

Seno -Ah merde.

Spleenter -Et c’est pour ça que je voulais te dire que c’était de la merde !

Teo -Maître Capello n’est pas content. Il n’est pas content, il va ressortir de sa tombe ! Attention !

Spleenter -Ah oui, c’est vrai qu’il est mort, lui ?!

Teo -C’est l’interview de Ribery, ça l’a achevé.

Seno -Donc : on fait l’album de rue. On fait l’album des Sales Blancs.

Teo -Attends ! Rappelle nous d’abord l’histoire sur B-La… (lui, il a pas perdu le fil. Y avait un truc important, il s’en souvient)

Seno -Donc, B-La…

Spleenter -Et Tige La Rafale !

Seno -Je le connaissais pas à l’époque.

Spleenter -Bah c’est l’arabe qui a posé en roulements, on va pas se faire chier non plus.

Extrait de « ïle de France gangsta vol. 1 »

Seno -Ça c’est un morceau qui a été fait juste à la fin, le dernier jour.

Spleenter -En même temps, ça a pas l’air d’être un morceau qui a été fait le 1er jour « Ahah ! Salut ! On peut venir sur votre truc ? » voilà…

Seno -(Il tente d’ignorer Spleenter pour pas exploser de rire, mais c’est dur) On a fait venir tout le monde, pour faire un morceau spécial roulements. C’était sur une face B de Layzie Bone, je crois.

Spleenter -De Lizzy Bone ???

Seno -Layzie ! T’es bourré et tu comprends rien en plus !

Spleenter -Non mais t’as vraiment dit « Lizzy Bone ».

Toi aussi, vérifie avec tes oreilles et dis nous si Seno a bel et bien dit Lizzy Bone :

Ah ! il a bien dit LIZZY bone, on est d’accord ! on la ramène moins maintenant !

Teo -Oui bah c’est sa meuf, c’est tout, puis voilà…

(ensuite il y a un débat sur les bretons, les anglais et le feu. On comprendra jamais bien comment c’est venu là)

Seno -Donc, à l’époque, je connaissais B-La, je l’ai ramené pour…

Spleenter -Pour prendre des photos.

Teo -Tu l’as présentée à Dominique Straus Kahn ?

Seno -Euh… Non.

Teo -C’est dommage… On aurait pu avoir un témoignage…

Seno -Ça aurait pu la faire buzzer à l’époque.

Spleenter -Buzzer ! Ou ***ser !

Teo -Je pose la question !

Spleenter -Non mais vas-y, continue.

Teo -Ouais, continue. C’était sympa.

Seno -(il n’a plus aucune énergie ni conviction)… Je l’ai ramenée sur ce truc…

Teo -Je sens qu’on fait une grande interview.

Seno -C’est un grand moment. On écrit l’Histoire là.

Teo -On écrit l’Histoire !

Seno -Si ça se trouve, demain, le son il pète sa mère ! Je dois signer dans une major, je vais vous appeler : « Hé ! Vous sortez pas ce truc les mecs ! Vous le sortez pas ! Non non non ! J’ai dit trop de conneries ! »

Teo -Tu sais, le temps qu’on écrive ça, ça fera bien une semaine, plus personne ne saura qui t’es.

Teo -T’auras un crédit sur ta maison, tu vivras dans la rue en slip, c’est fini…

Spleenter -Ça dépend de DSK, en fait. Il a déjà fait une déclaration : « C’est pas moi.
Et tu lis sa déclaration et après tu vois sa défense… « Non, en fait j’étais pas là. Parce qu’en fait j’étais dans l’avion. Ah ? Vous avez changé l’heure ?! Bah en fait c’est consenti… »

Seno -« Mais entre temps j’ai été mangé avec ma fille. » T’as un peu 4 versions, déjà.

Spleenter -En exclusivité : l’avis de Seno ! Coupable ? Ou pas coupable ?

Seno -Sans faire de démagogie, je m’en fous grave. Comme je t’ai dit tout à l’heure, il a déjà fallu que j’aille sur le net pour savoir c’était qui. Par rapport à ses scandales, mais lui je savais que c’était le président du FMI. Un mec qui avait la côte pour les présidentielles.

Spleenter -Et donc t’as aucun avis sur l’affaire ?

Seno -Moi, je m’en fous.

Spleenter -Mais si on devait te demander ton avis ?

Seno – je vais te dire un truc : Quand je suis béton, DSK il a pas fait de chanson sur moi. Alors fuck.
Il a pas fait de chanson pour moi. Il était où, Dom ? Et c’est un peu une vengeance quelque part ! « Je t’avais dit ! Je t’avais prévenu ! »

Teo -« Tu te souviendras ! »

Seno -Vercingétorix, avec le vase de Soissons.

Teo -C’était Clovis.

Seno -Clovis ?

Teo -Et ouais, le vase de Soissons c’était Clovis. Je suis à peu près sûr.

Seno -Tu vois, j’ai des lacunes.Ça partait d’un bon sentiment.

Spleenter -Pour l’instant, je ne comprends pas du tout ce que vous dites…

(là ça part sur les Gaulois, Franco, le Senegal et les champions du monde de futbol)

Seno -Donc, DSK, je m’en fous. Même la politique et tout ça, j’en ai rien à foutre. Faut pas me demander pour voter parce que…

Spleenter -Attends 2 secondes ! Est-ce que tu votes ?

Seno -Non, je vote pas. On m’a enlevé mon droit de vote.

Spleenter -Ah ?! Ils te l’ont viré avec le truc ?!

Seno -Voilà.

Spleenter -C’est rare que ça arrive, ça…

Seno -Bah moi, je l’ai eu. Je viens de le récupérer, parce que pendant 12ans, je pouvais pas voter.

Teo -Au bout de 10ans, tu peux demander à te faire effacer ton casier, apparemment…

Spleenter -Sérieux ??!

Seno -Ouais.

Spleenter -Oh putain ! J’étais pas au courant de ça.

Seno -Il faut que tu fasses un courrier au procureur de la république.

Spleenter -Un courrier officiel ? Juste comme ça ?

Seno -C’est ça. En disant que ça fait 10ans que t’es devenu un bon citoyen, un bon mouton.

Spleenter -Genre tu t’es pas fait péter pendant 10ans et tu peux faire ça ? Et t’as un casier vierge ?

Seno -Voilà.

Teo -Faut te tenir tranquille pour encore 8ans.

Seno -La route est longue. Et semée d’embuches.

Clique enculé

Seno -Donc je pouvais pas voter.

Spleenter -Et maintenant que tu peux, est-ce que ça change quelque chose ?

Seno -Non. Ça change rien. Enfin si, on va être sérieux 2 minutes : Si, je vais voter pour le moins pire. Je vais voter blanc.

Les 2 -Laurent Blanc ?

Seno -Ouais.

Teo -C’est raciste ça.

Seno -Je vote Sale Blanc. Je voulais faire un truc nul, un bulletin avec écrit « moi » Un truc de gamin. Comme à l’élection des délégués.

Spleenter -C’est un peu ça.

Teo -C’est complètement ça.

Seno -Tu veux voter pour qui ? La peste ou le choléra, comme on dit ?

Spleenter -Alors, j’ai une question d’un pote Suisse, en fait. Est-ce que, comme tous les Westeux, tu voues un culte aux culs des Mexicaines ? Et il entend par là, des photos de culs de mexicaines encadrées avec des poupées vaudous, des bougies, etc…

Seno -Non.

Spleenter -Est-ce que tu te rases le crane pour avoir l’air d’un latino parce que t’as compris que tu serais jamais noir ?

Teo -C’est une question d’appoint. C’est un suisse, il est neutre.

Seno -Demande lui si c’est dans son pays, en Suisse, où ils font des paneaux avec un petit noir et un pied comme ça ? Ou un troupeau de moutons blancs avec un mouton noir au milieu ? Demande lui.

Teo -Ils sont neutres. C’est ça être neutre, maintenant…

Spleenter -Après on a le name dropping des blancs costauds au crâne rasé : Qu’est-ce que tu penses de Monsieur Propre ?

Seno -J’ai envie de te dire… Putain… Euh… Monsieur Propre ? C’est une icone gay.

Teo -Donc tu es homophobe ?

Seno -Non.

Spleenter -Mais non. Il a juste dit que c’était une icone gay…

Teo -Je rebondis sur la question comme tu m’as appris.

Spleenter – t’as encore beaucoup à apprendre.

Seno -De mémoire, Monsieur Propre c’est un mec un peu balaise, avec un anneau, chauve/crâne rasé et avec un t-shirt Jean Paul Gaultier ?

Spleenter -Après, y a Vic Mackey.

Seno -Ouais, il est cool Vic Mackey. Mais Vic Mackey, l’acteur, il avait joué dans une série policière. Il avait des cheveux, il était gros et tout. Je le connais depuis cette époque là, en fait.
Vic Mackey c’est pas mal, moi j’aimais bien. D’ailleurs ?! Il se suicide ou pas à la fin ?

Teo -Non !

Seno -C’est sa punition. Tu penses qu’il subit ? Il regarde la photo de ses gosses…

Spleenter -Il subit !

Teo -Non ! Il se reconvertit dans le porno et il se fait appeler Pierre Woodman. C’est totalement ça. C’est comme ça que j’ai vu la fin.

Seno -Non, non. S’il se reconvertit dans le porno il se fait appeler Dick Mackey.

Spleenter -Sortez de chez moi ! Je ne tolère pas les blagues sur les violeurs.

Seno -D’ailleurs, je ne cautionne pas.

Teo -C’est très important, ça. Dis leur !

Seno -Des questions rigolotes comme ça, c’est bien.

(Mais Spleenter en décidera autrement)

Spleenter -Dans ton interview de street-press, à un moment tu dis : « On a fait un montage vidéo pour renforcer le second degré. » Ouais… Et pourtant, t’as pas fait ce montage… C’est nous qui l’avons fait.

Seno -J’ai même dit : C’est des amis que j’ai, qui ont un site qui s’appelle « le Blavog » qui ont fait ce montage. Alors ferme ta gueule. Mais il l’a pas remis. Pour tout dire, il manque la moitié de l’interview… C’est dommage, moi j’essaye de placer les gens qui poussent.

Spleenter -Mais en même temps, je t’ai vu sur Twitter parler aux gars, là…

Teo -Les haterz ?

Spleenter -Ouais. Tu leur as dit « Vous pouvez faire ma pochette. » Qu’est-ce que c’est que ça ?

Seno -Mais c’est de la blague, ça.

Spleenter -Je m’en fous.

Seno -T’as pas vu leur truc ? Avec une bite ?

Spleenter -Ah bah oui, c’est marrant. Ils ont mis 3 jours pour faire un logo à la con. fais péter le champomy régis.

Teo -J’ai fait un clip, moi, monsieur. J’ai payé les soubrettes dedans. C’est ma chambre dans le clip !

Spleenter -Ça c’est un truc qui m’a bluffé : des gens pensent que c’était vraiment pour ce clip. Quand ils voient le truc d’informations…

Teo -Le truc des Taiwanais ?

Seno -C’est vrai que ça y est aussi.

Spleenter -Et ils appellent ça ‘le clip’…

Seno -Alors que c’est un montage. Mais ça c’est parce que, les medias, parfois, ils ont rien à se mettre sous la dent. Donc quand y a un truc terne, ils metent un nom brillant « Le clip ! » Ou encore « Risque de sida sur fond de rap. »

Teo -« Approchez ! Approchez ! Mesdames et messieurs, aujourd’hui, risque de sida sur fond de rap ! »

Spleenter -Maintenant on va revenir sur Tige La Rafale.

Seno -Alors. On fait le sale album de rue des sales blancs.

Spleenter -Et B-La.

Seno -B-La… C’est pas compliqué, je l’ai ramené au studio, elle est venue et elle a fait un couplet.

Spleenter -Et Tige La rafale, c’est pareil ?
Sauf que tu l’as pas dragué ? (là c’est ce qu’on appelle de l’autocensure, le verbe employé n’était pas « draguer » en vrai)

Seno -Ni l’un, ni l’autre. Ou ni l’une, ni l’autre.

Teo – Tige, c’est un mec de Pierrefitte, ils connaissaient déjà les autres qui étaient de Pierrefitte.

Seno -Ouais, voilà.

Spleenter -En même temps, le seul groupe récent de Pierrefitte, c’est MS13. C’est que des roulements.

Teo -C’est Hype qui disait qu’y’avait une secte là bas. Une secte de roulements.

Seno -C’est une école.

Spleenter – tant mieux. Parce que c’est devenu rare.

Seno -Mais il tue leur rap.

Teo -« Île de France gangsta vol. 1 » il est frais.

Seno -Ah ? C’est sorti ?!

Teo -En VPC, je crois.

Seno -OK. Donc ! On a fait, pour l’historique… Putain ! Il va être compliqué à restranscrire ce truc.

Teo -Ça va être la merde.

Spleenter -C’est toujours compliqué.

Teo -Et c’est toujours de la merde. Mais c’est pas grave.

Seno -L’historique : Le Sale album de rue, y a l’album de 4 21 qui sort, moi, entre temps, j’avais mon 1er lp déjà sorti, j’enchaine avec le 2e. je voulais bosser avec Aelpeacha.

Spleenter -Ça c’est venu de quoi, justement ? T’en as entendu parler ? T’as entendu des prods ?

Seno -À la base, je connaissais : CSRD, Club Splifton, quand y avait West Coast La. Je comprenais pas ce qu’il faisait !!… Je me suis dit : « Wow ! Ils vont trop loin ! » Parce que moi j’ai toujours été un mec de quartier, même si je faisais cette musique là, mes repères et mes codes étaient toujours là. Je le faisais à ma façon, tu vois ? Et je vois des mecs qui font autre chose, c’était complètement ouf. Après, on s’est checké avec ALPHA sur West Rider. Il a beaucoup bossé sur l’album des Sales Blancs. En 2008, je veux faire un album que je bosse avec lui. Je voulais un truc avec beaucoup de musiciens, je voulais beaucoup d’acoustique. C’est SOB qui a beaucoup joué, des basses, de la guitare, etc… ALPHA aussi. Dogg Master est venu jouer du clavier…

Teo -SOB, c’est vraiment pour Son Of a Bitch ?

Seno -Je sais pas… On a aussi eu un saxophoniste qu’est venu, des percus, etc… Franchement, on a fait un bon truc là dessus. Sur Paradis Artificiel, sorti en 2008. « J’en ai rien à foutre, je veux faire un truc comme ça. Avec des roulements, avec des trucs chantés, avec des guitares électriques, un morceau de bossa nova parce que c’est cool. » Je voulais vraiment faire ce que j’aimais, pas me prendre la tête.
je voulais faire un album comme ça, un peu un album à la Bone Thugs dans l’esprit.

Spleenter -Justement, c’est arrivé à quel moment le traumatisme Bone Thugs. À quel moment tu te le prends dans la gueule ?

Seno -Le EP qu’ils ont sorti : Creepin on ah come up. C’est peut-être ce qu’ils ont fait de mieux, y a rien à jeter, c’est 6, 7 morceaux, c’est que du bonheur. C’est pour ça, aujourd’hui, quand je les vois, ils me font mal au cœur. C’est devenu des mercenaires… Tu prends des gars comme Bizzy, comme Layzie, quand tu les vois dans des videos : « Viens sur mon album, je te paye tant. » t’as tous les potes qui sont là, qui filment au camescope, avec leurs I-phone. Et ça se retrouve sur le net… C’est pathétique. C’est triste… Ça sert à rien. Y a que Krayzie qui s’en sort, qu’a toujours sorti des projets à peu près potables, continué à évoluer, fait des morceaux avec Lil Jon, à l’époque, qui a fait un morceau avec l’autre là… qui a bien marché… je retrouve plus…

Spleenter -Phil Collins ?

Seno -Non, non.

Spleenter -Tu rigoles, Teo, mais ils ont vraiment fait un son avec Phil Collins.

Teo -Je sais. Je l’ai bouffé le clip

Seno -Mais je crois que ce morceau là, ils l’ont fait à cause des impôts en plus. Et tu les vois, les mecs ils viennent juste prendre leur bifton.
Et l’autre il le filme comme ça, en train d’écrire dans la cuisine du mec. c’est triste pour un groupe que t’aimes bien, qui a tout connu, qui a tout accompli. C’est pour ça qu’aujourd’hui quand ils font des trucs, je me dis « Mais ils se foutent de la gueule du monde. » J’ai pas envie d’écouter des trucs passables, tu vois ? Je préfère écouter leurs anciens. Mais le repère, la grosse claque c’est Creepin on ah come up.
Après, l’album Crossroads, lourd aussi. Le double album Art of war, un peu plus spécial mais y avait de bons morceaux aussi.
Et y a le Resurrection, super critiqué parce que c’est un peu un « Album MTV » comme on disait à l’époque. Très calibré MTV, les clips ou le discours très « Soyez gentils si vous voulez aller au Ciel. » Ils faisaient que des clips où y avait tout le temps un grand renoi dans le soleil qui tendait les bras. Avec une pyramide. Mais ils avaient même sorti, avant Creepin on ah come up, un plus vieil album. C’était plus old school, y avait pas encore ce truc qu’ils avaient. Donc voilà, si je kiffe Bone ça vient de là.

Spleenter -Mais c’est quoi qui t’a plu, exactement ?

Seno -Les mélodies.

Spleenter -Pas du tout les flows roulements ?

Seno -Si, le fait d’aller vite, tu vois ? Mais j’aimais bien les canons, les harmonies, les trucs. Et c’est ça que j’ai fait sur Paradis Artificiel, j’ai voulu beaucoup chanter, avoir des harmonies, me prendre la tête… On aurait pu prendre des gens et leur dire « Tu chantes, tu fais ça » mais on l’a pas fait. Je voulais le faire. Je voulais vraiment aller au bout de ma connerie Bone Thugs. C’est pour ça qu’après avoir fait les Sales Blancs, le sale album de rue, l’album de sales Blancs « Bâtards », Paradis Artificiel, j’ai commencé à un peu avoir ma dose des roulements et tout ça. J’ai commencé à me fatiguer, j’ai l’impression que j’ai un peu fait le tour du truc et que j’évoluerai pas plus que ça là dedans.

Spleenter -Ouais mais ce qui est marant c’est que quand toi t’as fait ce truc là, t’étais très sombre.

Seno -Ouais. Ça fait pas ressortir mon côté plus positif. Ça c’est clair. J’ai un côté très mélancolique. je suis un peu comme ça. C’est vrai que le fait d’aller dans des trucs comme ça, ça ressort mon côté assez tristounet.

Spleenter – tu tristounettais beaucoup à l’époque. Alors que pour cette forme de flow, tu pourrais aussi faire exactement l’inverse. La fête, etc…

Seno -Je sais pas le faire.

Seno -À un moment donné, ça m’a saoulé. Parce que moi, ce que j’aimerais faire c’est arriver à faire des roulements de oufs mais le problème c’est que quand je fais des roulements, super vite, y a beaucoup de forme, mais y a très peu de fond dans ce que je dis. J’y arrive pas.

Spleenter -Mais tu peux pas écrire du Marcel Proust et en même temps faire des roulements…

Seno -Ouais, mais je parle d’essayer de punchliner. J’ai remarqué que les gens se rappellent que t’es le mec qui rappe vite, mais ils se rappellent pas de ce que tu dis. Ensuite, si tu regardes, après Paradis Artificiel y a un petit peu de temps qui s’est écoulé. 2 ans, je crois. J’ai fait S.E.N.O après. Et bien là, c’est la 1ère fois que je voyais les gens qui mettaient des phases de ce que je disais, sur facebook ou autre.

Spleenter -Oui, parce que tu rappais « dur ».

Seno -Voilà. Et j’ai eu l’impression que c’était la 1ère fois qu’on m’entendait. C’est pour ça aussi que je l’ai fait. Je voulais un truc dur, je voulais plus d’ambiance gnan gnan. j’ai fait la part des choses, je me dis que c’est pas parce que tu kiffes certains trucs, que tu dois faire ce truc là. C’est pas parce que je kiffe des albums de doo-wop ou de soul que je vais faire des albums de doo-wop ou de soul. J’ai le droit de faire autre chose aussi. C’est pour ça que tout ça m’a saoulé… Je voulais plus… J’avais envie d’évoluer ; ça veut pas dire vendre des disques et devenir une star ou quoi. Mais je voulais évoluer pour moi, dans ma musique. Je voulais autre chose, m’épanouir. Parce que je m’amusais plus. Et c’est là que l’interview devient intéressante ! (pas trop tôt)

Teo  -Tin tin tin ! Jingle !

Spleenter – Et c’est là que je vais pisser. Mais continuez, hein ?!

Teo -Continue, l’interview !

(ça continue bientôt)

6 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Seno

you can take a dick off a woman but you can’t take a woman off a dick (2)

Le combo des secrétaires

Audrey Bitoni

on dirait pas comme ça, mais en fait si

Buitoni comme la sauce, mais elle, elle préfère la blanche. Elle a bouffé trop de pâtes, c’est une grosse cochonne.

Carmella Bing

sarah palin

La secrétaire parfaite que chaque PDG doit posséder dans son bureau, si tu l’as pas t’es un fils de pute. Elle a les meilleurs seins refaits de toute l’industrie.

Les jeunes retardées

Ce sont forcément des jeunes qui sont là depuis quelques mois ou quelques semaines, qui jouent les attardées ou qui le sont vraiment et qui pour certaines arrivent même à cumuler avec une dentition totalement défoncée. Elles ne feront jamais carrière mais elles méritent qu’on leur tende la main. ou autre chose.

Haley Sweet

n'guéééééééééé

L’attardée en puissance, elle ne sait absolument pas ce qu’elle fait là, elle attend que le caméraman lui donne le signe de la baise, elle s’exprime correctement ce qui est dans un sens rassurant.

Nicole Ray

si ta petite soeur ressemble à ça c'est que quelque part t'as un peu râté ta vie

On a affaire ici à une attardée qui pourrait facilement sourire à Emile Louis. Elle ne recule devant rien et s’amuse avec à peu près tout ce qui lui tombe sur la main un peu comme le ferait un trisomique.

Amia Moretti

ça ou la canicule, le choix est vite fait

Amia tourne beaucoup de scène avec des types du troisième âge, je pense qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter à cette information.

Les jeunes prometteuses

C’est la section des futures stars, mais en fait c’est juste de jeunes putes qui ne sont pas attardées ou moins que celle de la section juste au-dessus. Pour citer quelques noms on a Hannah West, Christine Alexis, Stephanie Sage et Riley Ray. Mais il faut bien choisir alors je vous présente le podium des jeunes salopes.

Tanner Mayes

la chieuse

Très performante au niveau buccal, elle se prend déjà pour une star, elle insulte le producteur et s’affiche avec toute sa famille (grand-mère comprise) sur sa page myspace. Dans la plupart de ses dvd elle se fait baiser au moins trois fois, pas trois fois d’affilée non, ses scènes sont entrecoupées par d’autres starlettes sans envergure pour montrer sa supériorité, on voit déjà qu’elle a compris quelques rouages du système.

Eden Adams

donnez lui des sucettes

Miss Halloween, la blonde que tu détestes mais que tu veux baiser.

Natasha Nice

la fuite des culs vers l'amérique, ça ça fait peur

Une des seules françaises qui a décidé de commencer sa carrière aux États-Unis, on peut donc facilement dire que c’est une maligne, elle impose même son français dans certaines scènes, tu entendras donc le mot « miche » si tu regardes une de ses scènes, elle adore les noirs et affirme fermement que en France y en a mais qu’ils assurent pas.

Les Européennes

Je pourrais vous présenter plein d’actrices que Pierre Woodman a désanussées, des putes de l’est qui pour certaines sont devenues célèbres comme Angel Dark, mais ici on va rester classique, on va rester dans la vraie Europe sans tous ces roumains qui n’ont pas d’âme.

Sofia Gucci

al dente !

La prostituée italienne dans toute sa splendeur, d’abord stripteaseuse elle se tourne logiquement vers l’industrie pornographique pour s’acheter des sacs Gucci. Elle pourrait être la mère de Gucci Mane qui est lui-même né dans un stripclub de l’Alabama à même la scène.

Julia Channel, Tabatha Cash, Clara Morgane

french teuch

Parce qu’on oublie vite qu’avoir une vie après le porno, c’est inacceptable, surtout quand on essaie de faire croire qu’on a commencé par la météo. C’est les souvenirs d’enfance, les premiers gros noms qu’on a entendus, qu’on a appris à connaître, on reste nostalgique mais on ne respecte pas pour autant.

The Queen of the bal

Jenna Jameson

la boss de fin

Que dire si ce n’est que c’est la pornostar la plus bandante et la plus connue de toute la planète, si tu ne la connais pas demande à ton père.

En bonus les blondes, les vaches à lait, parce que t’en as toujours besoin pour manger tes céréales. On a de gauche à droite Kagney Linn Karter, Tanya James et Hanna Hilton.

vraie ou fausse blonde, la vérité est tailleur

Toi aussi tu as remarqué que toutes les photos restent très pudiques, tout cela répond évidemment à un ultime but : celui de pouvoir être vu facilement par tes enfants, garçons et filles, pour qu’ils puissent ensuite utiliser au mieux leur outil de recherche. et leurs autres outils.

Et finalement dis toi bien que s’il n’y a pas d’asiatique dans ce top c’est que c’est pour une bonne raison et que si tu cherches un peu tu la trouveras rapidement.

PS : vous pouvez cliquer sur le nom de l’actrice qui vous plaît le plus et notre partenariat avec Tube8 s’occupera du reste.

Aelpeacha, J’l’tismé, Ryu, Msj, Supa John – Y’a pas qu’la chatte

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You can take a dick off a woman but you can’t take a woman off a dick

Ceci n’est pas un top 20, et ce n’est que le début, c’est pas fini ; elles se partagent toutes la même place car ce sont toutes de grosses putes. Maintenant que les bases sont établies, ce top se veut exhaustif, c’est-à-dire une sorte de vérité absolue. Les actrices des années 80 et du noir et blanc ne sont donc pas acceptées, car ici personne n’est vieux, personne ne les connaît et une pornostar sur le déclin ça ne fait plus bander personne.

Le haut du panier, les brunes

Aria Giovanni

ariagiovanni

Sa vie a littéralement changé quand elle a décidé de s’épiler les sourcils, c’est une des seules pornostar qui ne se fait pas baiser, mais qui est considérée comme ses acolytes, d’où cette première place. Elle est Italienne-yougoslave-française-allemande-irlandaise, enfin vous l’aurez compris son père a beaucoup voyagé.
Aria c’est un peu comme la fille que tu n’arrives pas à imaginer entrain de se faire malmener dans tous les sens, la fille dont tu te rends compte que tu es vraiment amoureux et que tu es dans la merde.

Sasha Grey

sashagrey

Précisons que cette jeune actrice est plus jeune que toi vu qu’elle a 21 ans et que Soderbergh pense qu’elle pourrait incarner la méchante dans son Ocean’s Fourteen.
Sasha a commencé ses classes chez 18yearsold.com et dès le début tu savais qu’elle n’allait jamais avoir mal.
Elle connecte avec le monde du rap, dans le clip du morceau gay de The Roots « Birthday Girl », elle en profite pour se mêler à des jeunes adolescents comme elle (enfin pas tout à fait) pour leur apprendre de nouvelles cochonneries. Elle a précisé lors d’une interview donné à des français que «Vous autres, Européens, êtes plus ouverts vis-à-vis du sexe mais en Amérique, il n’est jamais inutile de rappeler que le sexe est bien donné à tout le monde».
Nous reviendrons sur elle (hoho) prochainement.

Rebecca Linares

rebeccalinares

1m57 pour 51kg un anus extensible à volonté, cette actrice est espagnol, elle ne sait donc pas parler anglais, ce qui a priori ne pose pas de problème vu qu’elle peut jouer les rôles de secrétaire dans ses scènes. Elle n’est présent dans ce top qu’en raison de mes deux employeurs, qui sont « tout-le-monde-n’est-pas-parfait » espagnol, précisons toutefois que l’un deux a fait de la prison et est noir, tandis que l’autre serait d’après la légende un lointain cousin éloigné de Rebecca.

Lela Star

lelastar

Cubaine d’origine, elle ne pouvait pas être sur le podium, car elle a le malheur d’avoir les seins refait. Depuis, Fidel Castro lui-même s’en veut encore d’avoir laissé ses parents s’échapper de son île. Au niveau des performances, elle apparait dans plus d’une cinquantaine de films mais elle n’encaisse pas comme la numéro 2 et 3, mais ça reste honorable. Éviter toutefois ces nouvelles vidéo où elle ne ressemble plus à rien.

Taylor Rain

taylorrain

La white-trash par excellence, pour échapper à une amende, après qu’un des policier l’ai reconnu, Taylor s’est senti obliger de montrer sa paire de seins à toute la brigade. Rappelons que Taylor Rain est pourvue d’une très petite poitrine, ce qui prouve que nos mangeurs de donuts préféré n’ont rien à envier aux officiers Michaels et Slater.

Audree Jaymes

audreejaymes

Mon actrice noire préférée, qui détient le titre de la meilleure paire de seins naturelle au monde. Timide à ses débuts, elle commence petit à petit à trouver ses repères.

Rachel Starr

rachelstarr

C’est le pilote automatique, pas celui d’un avion où tu peux t’allonger pépère et le boulot est fait à ta place, non ici c’est plutôt un lowrider, tu contrôles plus rien ça part dans tout les sens. Cette fille à un vibreur à la place des fesses, à ne pas manquer.

Aurora Jolie

aurorajolie

« Fuck my ass until we’re married » Pour Aurora c’est pas compliqué c’est directement dans le cul, elle se préserve pour le mariage, c’est une fille bien, la seule de ce top d’ailleurs.

Jayden James

jaydenjames

Là on sort l’artillerie lourde, très difficile à gérer, on parle d’un élevage aux hormones depuis sa tendre enfance, un vrai monstre qui ne fait malheureusement pas assez de scène noir et blanc.

aelpeacha & Jee l’tismé – suce lèche ma teub (sea sex & sun cover)

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Saison 2

sincèrement

Salut bande de nazes,

Comme vous pouvez le constater, le meilleur blog du monde revient pour une nouvelle année riches en plein de trucs, et pour marquer le coup et faire un peu plus sérieux, vous allez donc vous taper un édito pas drôle pour un sou, qui sera uniquement composé de vantardise frisant l’auto-fellation.
Alors déjà vous allez me dire c’est bizarre de faire une intro de la saison 2 mi octobre alors qu’on a repris depuis septembre, et que même en été y’avait déjà des nouvelles merdes, etc. Et je vais vous dire que j’en ai absolument rien à foutre, forcément.
Donc quoi de neuf (pd) pour le blavog en cet an de grâce 2009-2010 ? c’est ça que le peuple veut savoir.
Et ben pas grand-chose. On va donc faire la liste de tout ce que vous n’aurez pas : des sketch vidéos façon the real avec des vrais bouts de rappeurs dedans, des dessins animés avec des rappeurs dedans, des planches de bd trop marrantes avec des rappeurs dedans, et n’importe quoi qui pourrait se rapprocher d’un semblant d’évolution dans cette merde avec des rappeurs dedans. En fait on peut même parler de régression, dans le sens où ça va être de plus en plus con dans les parages et que c’est le but recherché depuis le début.
Histoire de tromper les plus bouseux d’entre vous, on va feindre de lancer une nouvelle rubrique : les chroniques de clip.
Alors une chronique de clip qu’est-ce que c’est ? ba c’est comme une critique de film, mais pour un clip. De rap. Français. et là tout d’suite tu fais moins le malin.
Et y’aura d’autres trucs qui devraient vous plaire, en sachant bien que si ça vous plaît pas ça prouvera uniquement que vous avez des goûts de merde, surtout toi là-bas.

Enfin et surtout, last but(t) not least, le blavog ouvre ses portes et recrute un nouveau membre. Mais la seconde d’après le blavog ferme ses portes et jette des seaux de pisse au reste de la populace. Ce 3e membre est un gros membre. « Accueillir un gros membre » that’s what she said. Vous l’aurez compris, ça va parler cul. Ecartez les enfants. Quoique non, écarter un enfant ça peut prêter à confusion comme phrase, surtout quand on parle à des cons. Trêve de digressions, ce 3e larron sera l’éminence blonde du blavog et aura en charge, de manière ponctuelle, la toute nouvelle rubrique. La rubrique porno. Parce que y’a pas que le rap dans la vie, en plus si t’écoutes beaucoup de rap français il est probable que tu sois pauvre et même si tu l’es pas il est certain que tu n’as pas de meuf, que tu es un de ces autistes sociopathes irrécupérables qui font peur aux gosses dans la rue, et dont les proches finissent par dire en lisant l’article détaillant son arrestation pour violence et acte de barbarie sur personne âgée « merde, il faisait pas ça qu’aux chats ». Et j’aime autant vous dire que son 1er billet va faire date dans l’Histoire, avec un grand h et un gros q. Il va par le nom de Big Paul Castellano et c’est une pointure venu de Suisse, il a le bras long dans le milieu du cul. Il écrira cependant moins que nous (c’est-à-dire moi et l’autre), parce que c’est comme ça, et aussi parce qu’il est trop occupé à compter l’or des juifs en mangeant du chocolat au fromage. Suissez le bande de putains.
Ah et on a pris une résolution aussi. on va pas attendre qu’un rappeur qu’on aime bien soit connu pour le foutre dans un billet de demeuré alors qu’il a lui aussi le droit à ce qu’on rigole avec lui autant que les autres. démocratisons ce bordel. donc si vous voyez de nouveaux persos faire leur apparition, que vous pigez pas qui c’est et les références qui vont avec, rassurez-vous, c’est juste que vous y connaissez rien et que vous voyez enfin la lumière grâce à la divine parole du blavog.
parole qui d’ailleurs va se répandre encore plus qu’avant, on va pas tout balancer mais y’a du lourd qui se prépare et l’avancée de la conquête du monde est plus rapide que prévue.

Le Blavog, c’est un peu comme ce morceau de dance de merde que t’écoutais dans les 90’s et que t’as retrouvé, tu aimerais le détester mais tu finis par détester l’aimer, comme le petit pervers que tu as toujours été.

Ah, et cadeau bonus pour tous les désoeuvrés qui lisent jusqu’au bout : Albert Fish.
vous allez lire sa page wikipedia, en entier, c’est primordial pour la suite des événements. ne me remerciez pas, jeu de jambes papa toussa.

TWDY – player’s holiday
Mase – welcome back
Rappin 4 tay – I’ll be around

pour toujours et à jamais.

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