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Le Clashico (rattrapage)

Alors ça en fait c’est ce qu’on aurait dû sortir y’a à peu près un mois ou deux, vu que c’est la suite directe de ça,  sauf qu’on n’avait pas le temps. Du coup faut te dire dedans ta tête que ça se passe avant ce qui se passe maintenant. Je sais, c’est dur, mais tu y arriveras.

Au QG du 92i, Booba déprime, ce qui dans son cas précis veut dire qu’il fait des avions avec des billets de 500 tout en caressant un chat.

Dje – Bah alors ? Gros sur la patate tu as ?
Shay – c’est pas la grande forme on dirait
Booba – mais vous êtes qui à la fin ?
Shay – bah on…
Booba – oh et puis merde, je m’en fous. J’ai d’autres soucis.
Dje – comme quoi ?
Booba – hier j’ai dragué une dominicaine. Vous savez ce qu’elle a fait ? Elle a regardé mes jambes pendant tout le temps où je lui parlais. Et à la fin elle a dit « c’est vrai que ça me rappelle les combats de coq au pays ».
Shay – elle parlait pas espagnol ?
Booba – fous moi le camp.
Dje – si à ce point là c’est, peut-être répondre à Rohff tu devrais
Booba – c’est trop tard, j’ai essayé mais j’ai pas le temps. La technique du saladier a ses limites.
Dje – la technique du saladier ?
Booba – oui, c’est comme ça que j’écris. Je note plein de bouts de phrases sur des petits papiers, je les mets dans un saladier, et je jette le saladier en l’air. Celles qui retombent du bon côté, je les mets ensemble et ça fait un couplet.
Mala – IZI TECHNIQUE
Booba – voilà
Mala – MAIS IZI LIMITES
Booba – je te le fais pas dire. Et c’est pas tout, regardez ce que j’ai reçu comme courrier aujourd’hui
Dje – pas à ton nom c’est. « Mrs Zoulette » y’a marqué sur les enveloppes.
Booba – t’as tout compris. C’est comme ça que tout le monde m’appelle désormais, y compris le facteur. J’ai même surpris le concierge qui voulait changer le nom sur la sonnette ni vu ni connu, l’enzencuzulézé.
Dje – mais console-toi, caramel numéro 1 des ventes il est.
Booba – ventilé ? Mais qu’est-ce que ça veut dire bordel ? Tu sais que tu commences sérieusement à mes les briser à parler comme ça tout le temps ? Tu peux pas mettre des « z » partout comme tout le monde, non ?
Dje – des Zaïrois ?
Booba – oh putain.
Dje – c’est vrai que Grodash tu as invité sur Autopsie 4, mais sinon il n’y a pas eu beaucoup de…
Booba – LA FERME.
Shay – et je me demandais, t’es sûr que t’as vu Heat ? Parce qu’elle est chelou ta phrase.
Booba – pas du tout : Comme De Niro dans Heat sauf qu’à la fin je pars sans la fe-meu. Lui il tente de l’emmener avec lui.
Shay – mais au final il l’abandonne dans la voiture
Dje – du coup que t’as rien compris au film on dirait.
Mala – QUIZIPROZOQUOZO

(mais là, le téléphone sonne)

Booba – Allo ?
25g – salut c’est 25g mon copain
Booba – plaît-il ?
25g – c’était juste pour dire qu’à la base c’était quand même moi le premier à utiliser « morray ».
Booba – et ?
25g – et c’est tout, je tenais à le dire.
Booba – fascinant.
25g – sinon c’est vrai que « wesh morray » c’est pas contre rohff, je le vois bien.
Booba – enfin un qui comprend. T’es moins con que t’en as l’air
25g – ouais tout le monde sait que c’est un clash sur Morsay
Booba – ouais et… hein ?!
25g – c’est pas ça ?
Booba – cette conversation touche à sa fin.
Dje – d’ailleurs Morsay t’a répondu.
Booba – ahaha ! Bravo, tu m’as redonné le sourire.
Dje – c’est pas une blague
Booba – mais… mais… putain de bordel d’izi, c’est quoi tous ces cons qui répondent alors que je leur ai jamais parlé ? Quel est leur projet ? Est-ce que moi je fais ça ?
Mala – en même temps, toi tu réponds même pas quand ça t’est adressé directement.
Booba – c’était une façon de parler, tas de cons ! C’est l’autre salopard qui doit jubiler…
Dje – il est jube ?
Booba – DEHORS.
Shay – sinon j’ai pensé à autre chose
Booba – tu as pensé ?
Shay – hé ho ça va hein. J’ai quand même un mental de paysanne.
Booba – …
Shay – donc je me suis dit qu’on pourrait faire un montage vidéo, où on prend des images de l’ex à rohff qui le clash sauf qu’après on coupe le son et on fout le titre 5.9.1 à fond.
Booba – quel est l’intérêt ?
Shay – bah… sa situation avec la meuf… le gosse… tout ça… c’est ironique quoi, c’est ce qu’il dit dans 5.9.1
Booba – mais dis donc c’est un sacré truc de pute ce que tu nous proposes. Et pourtant t’es encore habillée.
Shay – mais…
Booba – non mais je disais ça comme un compliment. Ceci dit, c’est non.
Shay – mais pourquoi ?
Booba – j’ai dit que je m’attaquais pas aux mamans des gens, c’est pas pour faire chier leurs gosses après, Einstein. Par contre tu m’as fait voir la situation d’un autre œil, il est temps de me reprendre en main.
Shay – c’est à dire ?
Booba – t’es virée. Mala, va lui trouver un remplaçant.

Chez Foolek empire

Ikbal – bah alors ? Tu l’as terminée la zoulette là ! Street célébration, coup de pelle pour tout le monde.
Rohff – mouais.
Ikbal – bah quoi ? On dirait que t’as pas la patate.
Rohff – il me répond pas. A quoi ça sert d’avoir fait tout ça, j’ai repris son instru, je lui ai déclaré la guerre, je l’ai insulté salement, et il fait le mec au-dessus de tout ça.
Ikbal – mais ça c’est parce qu’il a peur. Il flippe dans son slip, hein Alain ?
Alain – si tu le dis.
Rohff – n’empêche que voilà, il vend pareil qu’avant, c’est comme si j’avais rien fait, ça sert à rien tout ça.
Ikbal – attends, mais ça on s’en fout, c’est des zoulous qui achètent ses cd. Un cheval, des chevaux, une zoulette, des zoulous, normal.
Rohff – …
Ikbal – regarde cette vidéo, même s’il est toujours à l’aise niveau ventes, dans la street il est fini ! La rue a parlé !
Rohff – les gens qui parlent ont été sélectionnés, même moi je suis assez lucide pour le voir. En plus vous avez repris les gitans de notre clip, et y’a même mon pote Sayd des Mureaux en plein milieu, comme si personne n’allait le reconnaître.
Ikbal – mais personne ne le reconnaît jamais, c’est un beatmaker et on est en frince.
Rohff – c’est pas la question. Plus rien n’a de sens maintenant. Si j’ai plus d’adversaire je vais faire quoi moi ? Qui c’est qui va remplir mon réservoir de rage ? C’est ça qui me permet d’aller au-delà de mes limites, de me dépasser.
Alain – juste une question comme ça, là. Tu parles au figuré où t’as réellement un réservoir dans lequel tu… hum, entreposes ta rage ?
Rohff – t’es con ou quoi ? C’est une image hein.
Alain – on sait jamais avec vous aussi.
Rohff – tant pis, je vais me réécouter mon feat avec Sofiane, ça me remontera le moral.
Ikbal – euh…
Rohff – quoi ?
Ikbal – concernant ce son, je crois qu’il y a un léger problème
Alain – ce qu’il veut dire c’est que ce feat n’a jamais eu lieu.
Rohff – mais si, ça s’appelle code 187 II, un pur son ghetto où on kicke tous les deux en mode vénèr et… même que le refrain ça fait, heu… non ?
Alain – c’est dans ta tête Housni. Tout ce que t’as fait pour l’instant c’est apparaître dans un clip avec lui. Le dernier mec que t’as featé c’est Sultan
Ikbal – non c’est Zaho
Alain – c’est une meuf.
Ikbal – autant pour moi.

Rohff – Sultan j’ai fait plus que le feater, j’ai lancé sa carrière, on a déjà parlé de ça
Alain – tu sais c’est dur de trouver un rappeur qui n’a pas lancé ce mec à un moment ou à un autre.
Ikbal – mais tais-toi à la fin, tu l’aides pas, là.
Rohff – qu’est-ce que je vais faire maintenant ? S’il répond pas du tout mais que tout le monde pense que j’ai gagné, je vais insulter qui ?
Ikbal – tu peux toujours insulter six coups mc, enfin moi je dis ça je dis rien
Rohff – 6 coups ? Passer de booba à 6 coups ? Non mais tu m’as pris pour qui ?! Il me faut un ennemi, un grand, un vrai, à ma taille. Sinon je vais me faire chier. Maintenant que l’autre est plus dans la course je suis au sommet. Je n’ai plus rien à accomplir. C’est la fin d’un beau rêve, l’aventure s’arrête ici les gars.
Alain – j’aime pas trop quand il se met à parler comme ça.
Rohff – laissez-moi seul. Je dois faire mes adieux à celle qui a guidé mes pas dans la tourmente.
Ikbal – ah ?
Rohff – oui. Il est temps d’enterrer Gisèle. Prends là, et offre lui un enterrement décent.
Alain – donc maintenant on va enterrer une pelle. Tout va bien.
Ikbal – t’inquiète Hous, je m’en charge

(il s’en va avec la pelle)

Rohff – ah, je ne pensais pas que ce serait si dur pour moi d’être le numéro 1 incontesté du rap game mon petit Alain. Tu as bien de la chance d’être un mc médiocre et inconnu tu sais.
Alain – ouais enfin faudrait peut-être aussi que tu sortes un nouvel album un jour.
Rohff – bof, quel intérêt ?
Alain – mais… je sais pas, enfin, c’est assez évident que si t’es le plus fort mais que tu fais rien, le public va se brancher sur d’autres au bout d’un moment. Quand y’a eu un petit creux dans le créneau egotrip, le public a un peu plus écouté La Fouine par exemple, c’est mécanique.
Rohff – attends. Mais t’as raison, Alain.
Alain – ah ?
Rohff – c’est dingue que je m’en sois pas aperçu plus tôt.
Alain – tu me fais peur là
Rohff – mais c’est évident ! Je dois affronter La Fouine désormais ! C’est lui ! C’est le prochain ! Comme dans Highlander !
Ikbal – bon ça y est, j’ai enterré Gisèle. Ça a pas été facile parce que…
Rohff – tu étais triste, oui, je comprends
Ikbal – ah non, c’est juste qu’une fois que j’ai eu fini de creuser je me suis rendu compte que j’avais pas prévu de seconde pelle pour lui remettre des pelletées de terre dessus, donc j’ai dû…
Rohff – peu importe. J’ai à nouveau besoin d’elle. Le devoir m’appelle. J’ai un nouveau rival, Alain me l’a dit
Ikbal – t’as fait ça ?
Alain – non, mais au point où on en est…
Rohff – on a pas de temps à perdre. Va me chercher Gisèle immédiatement.
Ikbal – ouais mais c’est chiant je viens de l’enterrer, on peut pas se contenter d’une bêche plutôt ?
Rohff – UNE BÊCHE ?! Tu te fous de ma gueule ?!
Ikbal – ou alors je sais pas, moi, un… hum… peut-être un râteau ? C’est thématique, en plus.
Rohff – ne sois pas insolent. Alain, accompagne le et assure toi qu’il traite ma pelle comme une princesse.
Alain – évidemment…

Retour chez le 92i

Booba – va aussi falloir lancer le son avec 2 Chainz, peut-être que ça calmera tous ces assistés.
Dje – pourquoi tu lancerais pas celui avec Rick Ross ?
Booba – pourquoi tu fermerais pas ta gueule ? Ah, voilà Mala, avec… mais qu’est-ce que ?
Mala – DE REZETOUZOUR
Booba – ça je vois, mais pourquoi t’as une centaine de mecs avec toi ? Et pourquoi ils ont une catapulte ?
Mala – c’est pas moi, c’est à lui, il dit que c’est sa « catapulte à foutre »
Booba – une catapulte à foutre… de mieux en mieux. quel nouveau genre de cinglé tu m’as ramené ?
C’est alors qu’un rugissement retentit depuis le fond de la salle, et un type se fraie un chemin jusqu’à Booba.
Kaaris – bon, alors on va se poser calmement et tu vas me dire qui doit se faire remplir le cul
Booba – …

on passe enfin aux choses sérieuses

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Le Clashico (ping pong)

Rohff – Si je clash Booba, faut que je sorte de bons dossiers. En même temps ce sera pas dur, ça fait 8 ans que je lui balance des piques. On a qu’à sortir nos listes des piques qu’on lui a envoyées au cours des années.
Alain -Alors on admet enfin qu’on a des listes.
Ikbal -La mienne est assez longue. Je l’insulte depuis le début de ma carrière une fois tous les 4 morceaux.
Alain – À part ça t’as pas de problème d’obsession dans la vie.
Rohff -La mienne est pas mal aussi et c’est même sûrement la meilleure liste qui soit. C’est la mienne. Et… ? pourquoi t’en as 2 toi ?
Alain -Hein ? Ha non, celle là c’est une autre liste. C’est les attaques subliminales que je vous ai envoyées ces dernières années. C’est pas important.
Rohff -Déjà je vais dire qu’il rappait par la fenêtre en zonzon. J’y étais pas mais tout le monde le dit alors ça compte. Parce que si tu crois aux ragots t’es un fils de pute, mais comment on peut savoir que c’est des ragots, hein ?
Ikbal -Bah oui, on peut pas.
Alain -Non mais c’est le principe de base d’une rumeur, c’est qu’on sait pas.
Rohff -Exactement ! Donc j’ai le droit.
Ikbal -Green !
Rohff -Je vais dire que moi, au moins, j’ai pas fait ma pute, j’ai lancé des carrières. Alors que lui il en a niqué. Kennedy, Mac Tyer ou Nessbeal.
Alain -C’est un peu ce que t’as fait à 6 Coups, Casus Belli et Bushy, non ?
Ikbal -Arrête maintenant. Stop being ungreen, bro.
Rohff -En plus j’en lance des carrières moi… Pas plus tard que le mois dernier là, j’ai fait un feat avec Sultan.
Alain -C’est beaucoup son grand frère qui lui a mis le pied à l’étrier.
Rohff – possible, mais juste après c’est moi
Alain – pas vraiment, juste après c’est les mecs qui l’ont fait poser sur leurs mixtapes, de dj skorp à alpha 5.20 en passant par
Rohff – non mais d’accord, mais le mec qui l’a fait émerger, voir la lumière, donné un sens à sa vie, là c’est moi.
Alain – en fait ça ce serait plutôt La Fouine qui l’a mis en avant y a un an, intégré dans sa tournée, et fait passer sur S-kal Records.
Rohff -Mais on s’en fout de ça ! De toute façon, moi c’est avec Sofiane que je voulais faire un gros featuring. D’ailleurs, je vais le dédicacer à la fin de mon morceau, avec Sefyu.
Alain -Où est le rapport ?
Rohff – Booba arrête pas de faire des clips à Aulnay et des trucs avec Kaaris, faut qu’il sache que moi aussi j’ai des copains par là-bas. Et toc ! Bien feinté l’ourson. Par contre, cet enfoiré de Booba a fait un single qui s’appelle Scarface, le fourbe, le salaud, le vil, la zoulette. Je vais donc parler d’American Gangster dans le morceau, à la place.


Ikbal -Il parle aussi de Thug Life. C’est nous ça ! Thug Life Forever TLF !
Alain – ah, ça veut dire ça ?
Rohff -Mais Kery a pas cité son nom dans Thug Life ! Ah ah ! Là je le baise.
Alain -Vous êtes sûrs de vous là ?
Ikbal -Super green, je te dis !
Rohff -De toute façon, je rime comme je veux ! Enculé de ses cheveux.
Alain -Vous êtes coiffés pareil. On est tous coiffés pareil…
Rohff -N’importe quoi, moi c’est un style, lui c’est maladif. Pour me faire la boulej’ai pas attendu la calvitie ! D’ailleurs je vais le dire ça, même ses cheveux chauves ils sont faux. En plus c’est ni un rebeu ni un negro et…
Alain – c’est une rime de Gab’1 dans J’t’emmerde, ça. Et ça fait 9 ans.
Rohff – personne s’en souvient.
Alain – mais même, toi t’es Comorien
Rohff – et alors ?
Alain – bah concrètement, toi non plus t’es ni rebeu ni negro, t’es un hybride noir/arabe/indien
Rohff – bah voilà. Lui c’est ni l’un ni l’autre, moi c’est les deux.
Alain – mais
Rohff – LES DEUX. Je suis noir ET arabe ! En même temps ! Un Noirabe !
Ikbal – et indien !
Rohff – la ferme bordel. Et je vais aussi citer plein de mecs qui ont traîné avec Booba, pour les forcer à choisir leur camp ! Et je vais dire que son feat sur Call of bitume c’était pas top, ça fera chier Rim’k et ça c’est toujours bon à prendre.
Alain – ça suffit pas, kennedy mactyer et nessbeal ?
Rohff – non. Je vais lancer une crotte de nez à seth gueko. Et après vous l’appellerez pour lui dire que c’était pas méchant.
Ikbal – pourquoi c’est à nous de faire ça ?
Rohff – c’est typiquement le genre de question que je ne me pose pas. Vous allez aussi appeler un grand écrivain du rap pour faire mon éloge.
Ikbal – olivier cachin ?
Rohff – non, c’est lui que j’avais pris pour présenter La Cuenta et on a vu le résultat. Cette fois on va prendre Richard Sentoncul, le Chester Himes du 93.
Alain – je vois pas trop qui c’est
Rohff – mais si voyons. T’as pas lu « Les Anges ont la chatte rasée »?
Ikbal – toi non plus tu l’as pas lu.
Rohff – c’est pas la question. En tout cas il est vachement hiphop ce mec, il a même écrit un livre pour illustrer un clip de Mactyer
Alain – c’est pas plutôt l’inverse ?
Rohff – vu la gueule du bouquin, j’espère pas. Maintenant laissez-moi seul, je dois préparer la cérémonie.
Alain – la cérémonie ?
Ikbal – laisse le, il a dit.

Tandis qu’Alain et Ikbal ferment la porte, Rohff sort un blu-ray de son coffre-fort et le met dans son lecteur dvd, qu’il jette ensuite dans un chaudron. Une fumée s’élève et prend peu à peu une forme humaine.

Tony – ma qu’est-ce qué yé fous encore là coño ?!
Rohff – ah te voilà enfin, tu sais pas comment tu m’as manqué
Tony – mais ?! c’est encore lé taré dé l’autré fois !
Rohff – oui, moi aussi ça me fait plaisir de te revoir mon pote.
Tony – mierda ! pourquoi vous mé laissez pas en paix vous les rappeurs français ? Vous avez yamais vou d’autré film dé voyou ou qué ?
Rohff – bah justement là j’ai innové, mon refrain c’est une référence à Denzel Washington
Tony – lé bamboula ?
Rohff – ça suffit avec ça. En plus c’est par rapport à son rôle de boss de Harlem, Frank Lucas.
Tony – la balance ? Ma c’est dé pire en pire, puta madre.
Rohff – c’était surtout pour le passage où il tue quelqu’un en pleine rue devant tout le monde
Tony – il l’a fait avec oune tronçonneuse ?
Rohff – non, un flingue
Tony – alors c’est oune tapette.
Rohff – bref, j’ai besoin de toi pour l’outro du morceau
Tony – ok mais après tou mé laisses tranquille. Y’ai pas qué ça à foutre non plus.
Rohff – faut juste que tu dises « yé té l’avais dit. Je peux pas me les encadrer. Tout ce que ye peux faire pour eux, c’est les encastrer ».
Tony – …
Rohff – bah quoi ?
Tony – c’est pour oune sketch ?
Rohff – non, c’est la fin de mon morceau clash.
Tony – tou sais, y’en ai dit des conneries dans votré vf dé mierda, mais alors jusqu’ici on m’avait épargné les yeux dé mots pourris.
Rohff – C’est toujours bien de finir sur une note un peu marrante, surtout qu’on me dit tout le temps que je devrais me détendre et rigoler un peu plus et
Tony – si tu veux, si tu veux. Coño.

Au QG du 92i

Dje – Une bonne et une mauvaise nouvelle j’ai. Wesh zoulette, écouté tu as ?
Booba – mais putain, tu vas continuer à taper l’incruste combien de temps, toi ?
Dje – Rohff clashé t’as
Booba – première nouvelle. Ça fait bientôt 10 ans, décidément t’es pas aidé.
Dje – non, non. De ça je parle.

il fait écouter le morceau.

Booba – …
Dje – …
Mala – …
Booba – je ne comprends pas. Il n’a pas respecté le protocole.
Mala – il a pas respecté ta mère surtout
Booba – mais c’est pas la question, ça. Ça fait des années qu’on joue au ping pong, il m’envoie une dizaine de pics, je lui en renvoie une ou deux, et tout le monde est content. Lui il reste teigneux et moi je reste au-dessus de ça. Là ça change tout.
Dje – au ping pong vous jouez ensemble ?
Booba – non mais c’était une métaphore. Tu sais, le truc que je faisais dans mes textes, avant.
Dje – parce que je crois que « tennis de table » est le nom officiel.
Booba – mais j’en ai rien à foutre, connard !
Dje – par exemple « ping pong » en tant que discipline olympique n’est pas reconnu.
Booba – C’EST PAS LE SUJET.
Mala – va falloir répondre là, t’as pas le choix izi
Booba – non.
Mala – voilà, on est d’accord
Booba – je veux dire : non, je vais pas répondre.
Mala et Dje – QUOI ?!
Booba – mon album est bouclé depuis 2 mois, toute l’équipe izi marketing a planifié la izi promo, je vais pas tout bousiller pour ça.
Dje – risqué c’est…
Mala – mais il me traite de shlazagueuzeu !
Booba – oui mais il faut aussi prendre en compte que…
Dje – double ou quitte…
Booba – avant tout y’a mon clip caramel et le single qui sort en même temps, faut penser à ça mon pote. Et pas à des détails insignifiants comme ma famille ou ta future overdose.
Mala – IZI SALOPERIE
Dje – ça casse ou ça passe.
Booba – de toute façon, s’il veut vraiment me clasher, qu’il appelle mon avocat. J’ai plus le temps pour ces conneries.
Mala – IZI DECEPTION


Dje – mais pour Sinik parce qu’il avait parlé de l’enlèvement de ta mère tu disais répondre. Là, bien pire c’est, ce qu’il dit, et…
Booba – comment ça, ce qu’il dit est percé ? Tu veux pas parler normalement, non ?
Dje – ok, en fait t’as dit à l’époque que tu répondais à sinik surtout parce qu’il avait parlé de l’enlèvement de ta mère, alors qu’à côté de ce que dit rohff, c’était franchement inoffensif. Les gens vont se poser des questions du coup et tu vas passer pour une sacrée tarlouze.
Mala – …
Booba -…
Dje – qu’est-ce qu’il y a ?
Booba – mais tu peux vraiment parler comme tout le monde en fait
Dje – bah oui
Mala – pourquoi tu nous fais chier tout le temps à parler chezeulouzou alors ?
Dje – pour le style
Booba – bah c’est un style de merde. Et en plus, tu connais mal mon public. Y’a que les fans de rohff qui vont penser comme ça, les miens ils vont expliquer à tout le monde que je suis trop haut pour répondre à l’autre. Et toc ! Bien feinté, Dent du bonheur. C’était quoi la bonne nouvelle au fait ?
Dje – Willy Denzey te remercie d’avoir cité son nom.
Booba – BORDEL DE MERDE
Shay – sinon je peux faire un remix « wesh marion » et au refrain je fais « tu vas mourir à la marion, à la, à la marion, à la marion, cotillard marion ! »
Booba – putain les mecs, on bosse, là ! Qui a appelé une strip-teaseuse ?
Dje – mais c’est Shay
Booba – si tu crois que j’ai le temps de retenir leurs noms, t’es encore plus con que ce que je pensais.
Shay – non mais je suis rappeuse.
Booba – bah on est content pour toi, c’est bien, on avance, 21e siècle, la parité, même les strippers se mettent à rapper, c’est le progrès. Mais faut nous laisser maintenant.
Shay – mais on a fait un titre ensemble : Cruella.
Booba – si tu crois que j’ai le temps de retenir mes feats, t’es encore plus conne que ce que je pensais… qui que tu sois.
Shay – n’empêche que ce serait bien comme réponse : à la marion, à la, à la…
Booba – mais pourquoi « à la marion » ?
Shay – bah c’est pire que « mort dans le film », c’est « mort comme marion cotillard dans le film ». T’as pas vu The Dark Knight Rises ?
Mala – t’es fan de batman pourtant
Dje – chauve souris sur le projo, tu arrives
Booba – cette conversation prend un tour déplaisant. Foutez le camp. Et éteignez la lumière en partant, je dois m’entraîner à prendre l’air pensif du méchant qui prépare une vengeance diabolique.

Que va manigancer Booba ?
Rohff va-t-il aller encore plus loin ?
La consternation d’Alain 2 l’ombre atteindra-t-elle ses limites ?
Bixente Lizarazu continuera-t-il à squatter youtube longtemps ?

Tant de questions, et si peu de réponses dans le prochain épisode.

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Flashback

A la demande générale de deux mecs sur twitter, voici la retranscription de l’interview croisée de Booba et Michaël Sebban dans le Technikart de juin 2004. C’était globalement consternant et parfois très drôle tellement ça partait loin dans le non-sens total, le dialogue montant en crescendo dans le golmon. J’imagine que certains trouveront aussi marrant de voir les propos de booba par rapport à son évolution jusqu’à aujourd’hui, sans parler du fait que y’a quand même un rabbi jacob junior au milieu de tout ça. Je vous aurais bien filé les scans mais j’ai pas de scanner, et j’ai pas le magazine non plus, donc non.

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Booba, le rapper noir surdoué, et Michaël Sebban, l’écrivain juif qui enseigne dans le 93, croient en Dieu mais pas en la République. Ils souhaitent donc précipiter le dépôt de bilan d’une intégration française impuissante pour endiguer les racismes en tous genres. Rencontre entre deux poids lourds.

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La rencontre peut paraître improbable. Mais qu’est-ce qu’un prof de philo séfarade et un rappeur hardcore pour qui « seul le crime paie » pourraient bien avoir à se raconter ? Plein de choses, en fait. C’est que Michaël Sebban enseigne dans un lycée du 93 et parle couramment le djeunz. Après un premier livre remarqué – La terre promise, pas encore (Press Pocket)-, le surfeur au chapeau vient de publier un second roman quasi autobiographique dans lequel il tire le portrait d’une France des banlieues à couteaux tirés. Alors, quand on a suggéré à ce fan de hip-hop une rencontre avec Booba -qu’il cite dans Lehaïm-, cette proposition l’a enchanté. Et pour cause : à 27 ans, Booba est sans aucun doute le rapper français le plus doué de sa génération. Il enthousiasme à la fois les lascars de cités et la prestigieuse Nouvel Revue Française qui l’a récemment dépeint comme un auteur de la trempe d’un Céline ou d’un Genet. Après le mythique album de Lunatic, Mauvais œil, puis un premier opus solo, Temps mort, tous deux consacrés disque d’or sur le label 45 Scientific, Booba vient de signer chez Barclays et a sorti en mai un chef d’œuvre en guise de deuxième album, Panthéon. Les métaphores du loustic de Boulogne sont toujours aussi pertinentes et les sons claquent comme jamais. Tout cela devrait bientôt faire trembler Bercy car Booba assurera le 25 août la première partie du rapper américain 50 cent.

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O.o°. L’as de la métagore .°o.O

Entre le fumeur de havane et l’as de la  »métagore »(expression utilisée par Thomas A. Ravier dans la NRF), un constat s’est imposé : le modèle de l’intégration française a échoué. Pour Sebban, l’école républicaine, qui peut transmettre des connaissances mais absolument pas prétendre fabriquer des citoyens, ne changera rien à la donne. Tous deux prônent donc le communautarisme à l’américaine. Est-ce la solution ? On n’en sait rien. A l’heure de la mondialisation, peut-on réellement souhaiter que le lien social entre les individus d’origines différentes soit désormais quasiment cantonné au business ? Et devant le retour de certains actes antisémites, un rabbin ne déclarait-il lors de la dernière manifestation contre l’antisémitisme que si les juifs avaient aujourd’hui des problèmes, c’était peut-être aussi parce qu’ils ne communiquaient pas assez en dehors de leur communauté ? Alors on reste perplexe, mais on écoute quand même nos deux compères. Au final, ce qui est sûr, c’est que comme le rappe Booba, « la vie c’est dur dès que ça commence, c’est pour ça qu’on pleure tous à la naissance. »

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O.o°. And now, l’interview! .°o.O

Michaël Sebban : Je suis content de te rencontrer. Tu sais les gamins que je vois tous les jours dans le 9-3, ils sont au pit devant toi (ndlr : pour ceux, comme nous, qui ne comprennent pas toutes les subtilités du langage des cités, être  »au pit » signifie faire preuve d’un grand respect, admirer quelqu’un). T’es l’un des rares mecs qui fait l’unanimité. T’es dans le top ten, même dans le top five.

Booba : Ouais, parce que y’en a pas dix. Dans le top trois même, le top cinq maxi.

Sebban : C’est qu’avec tes musiques, les mecs, ils ont tous pris deux droites. Et puis, je ne sais pas si t’en a conscience ou si c’est un don et que ça vient comme ça, mais t’as un sens de la métaphore extraordinaire.

Booba : Merci.

MS : T’en as conscience ?

B : Ben, des fois, je sors un truc et je pense que c’est bien mais je ne suis pas sûr. Je me dis toujours qu’il n’y a peut-être que moi qui comprend le délire. Mais sinon, ça vient comme ça, comme des flashs.

Technikart : Il t’arrive de faire tourner une idée deux jours dans ta tête pour trouver exactement l’agencement des mots justes ?

B : Même deux mois. Des fois sur deux phrases, je deviens ouf.

Tech : Mais on dit souvent que les rappeurs, ils écrivent en studio, en un quart d’heure…

B : ça peut m’arriver, mais faut que le mécanisme de mon cerveau soit déclenché. Parce que sinon, je peux rester comme ça pendant vingt quatre heures et je ne saurais même pas quoi dire.

Tech : Si on vous a réunis ici, ce n’est pas pour parler hip-hop, mais pour faire un petit état des lieux de l’intégration en France. Ou plutôt de l’échec de cette pseudo intégration. Michaël, c’est un sujet qui habite ton bouquin.

MS : Je suis en France depuis cinq ans, en banlieue, tout ça. Ce que j’ai constaté, et tous les mecs qui sont sur le terrain le savent, c’est que ce qu’on appelle l’intégration française…

B : Ça veut rien dire.

Tech : D’une certaine façon, vous avez un peu le même discours pour dire qu’il n’y a pas d’intégration française.

B : Ouais, parce que chacun est différent, selon ses origines, sa manière de penser, ses objectifs.

MS : Pour aller cash, le mot communauté, ça ne te choque pas.

B : Non. Je suis pour. A 200%.

MS : Je me fais maraver sur les plateaux télé quand je dis ça.

B : Ils n’y connaissent rien.

MS : En gros, je t’explique, je vais faire un peu le prof avec toi. Y’a un moment où les gens ont rêvé qu’il y aurait une espèce de mythe qui s’appelle le citoyen. C’est aux fraises, mais pour des gens que je côtoie, parce que je suis un peu intello, c’est encore le modèle qu’ils pensent être le bon.

B : Déjà, la situation en France, elle est anormale. Il y a eu le colonialisme donc tous les immigrés, ils sont ici à cause de l’histoire. Normalement, les Arabes, ils devraient être en Algérie, au Maroc ou en Tunisie, les noirs en Afrique et les Français chez eux. Et nous peut-être qu’on viendrait en vacances en France pour voir la Tour Effel, et vice versa. On est là parce que c’est la merde. Les gens d’Afrique courent après l’argent, ils suivent leur porte-monnaie. Ils viennent, mais ils espèrent retourner au pays. L’intégration ça ne veut rien dire parce qu’ils sont venus avec leurs coutumes. Ils ne peuvent pas tout laisser tomber, c’est dans leurs gènes.

MS : Dans mes élèves, y a des céfrans, des renois, des rebeus, des noiches… Et je les considère aussi comme tel. Tu penses que c’est une vision raciste de voir le monde comme ça ?

B : Non.

MS : On est d’accord.

B : Regarde le 13ème, personne ne dit rien, ça fonctionne parfaitement. Ils sont tous ensemble les Chinois. C’est cool.

MS : T’as vécu aux States. Qu’est-ce que tu penses de la manière dont ça se passe là-bas ?

B : C’est impeccable. Chacun chez soi et quand il y a un mélange, c’est moins tendu.

MS : T’as vécu où ?

B : A Détroit.

MS : Tu connais New York ?

B : Bien sur.

MS : Tu connais Brooklyn ?

B : Je connais tout là bas.

MS : Tu vois comment ça se passe.

B : Les gens, ils se retrouvent à Manhattan, tous mélangés, y a pas de tension. Le soir, quand ils rentrent chez eux, personne ne les regarde de travers. C’est comme s’ils avaient leur pays dans un autre pays. Quand je vais là-bas, y a la musique que j’aime, la bouffe que j’aime, les meufs que j’aime. Chacun vit chez soi, c’est moins hypocrite.

Tech : Tu crois que ce n’est pas possible de vivre ensemble.

B : Moi je compare toujours les êtres humains aux animaux. On ne mélange pas les lions et les impalas.

Tech : Mais toi, t’es le fruit du mélange, ce n’est pas une bonne chose le métissage ?

B : Si, pourquoi ?

Tech : T’as l’air de dire que c’est mieux de vivre chacun dans son coin.

B : C’est pas ça, quoi que moi je sois bien dans mon coin. Je préfère être dans mon coin que mélangé et regardé bizarrement, qu’il y ait de l’hypocrisie. Même si ça crée des ghettos, ce n’est pas grave. Ceux qui s’en sortent, ils s’en sortent et ceux qui sont dans la merde, ben voilà. Et puis si aux Etats-Unis, il y a des blacks qui sont en haut, c’est grâce à la communauté. Il y a des porte-parole. Ça devient massif donc ils sont obligés de faire avec. Alors qu’ici, c’est n’importe quoi.

Tech : Il y a quand même le R.M.I, la Sécu en France…

B : Ouais, mais la Sécu, le R.M.I ça maintient tout le monde à un niveau moyen. J’préfère qu’il y ait des hauts et des bas. Ça crée du mouvement, du désir, de l’action.

Tech : Est-ce que la responsabilité de ta génération, ce serait justement que des communautés se mettent en place avec des porte-parole ? Tu penses à ça quand tu écris ?

B : Non, pas du tout. Je n’ai aucun espoir. La politique, c’est de la merde.

Tech : Tu ne te demandes pas pourquoi les Chinois, ça fonctionne ?

B : Je ne sais pas comment ils font mais ils sont là, toujours en communauté. Ils montent leurs affaires, ils sont solidaires entre eux.

MS : En fait, la France avait eu comme idéal de dire que Benneton, ce n’était pas une pub, que c’était la life. Mais le truc, c’est d’abord de constater que ce n’est pas ça quand tu te promènes dans la rue. La seule chose qu’on peut faire, c’est que les gens se respectent. Et le respect, ce n’est pas changer l’autre.

B : Au contraire, c’est le laisser tel qu’il est. Mais aujourd’hui, les communautés, ça sert que pour les boites de nuit. C’est des endroits où tu t’amuses et où t’es bien. Et là, on reste ensemble.

Booba, le rappeur noir surdoué, et Michaël Sebban, l’écrivain juif qui enseigne dans le 93, entament ici le deuxième round de leur battle sur le thème de l’intégration. Où l’on cause antisémitisme, embrouille de scooter, rap et mysticisme. C’est parti.

Tech : Michaël est préoccupé par la situation nouvelle des juifs en france. Booba, est-ce que tu sens de l’antisémitisme dans les quartiers ?

Michäel Sebban : Attends, attends, on va parler cash. La réalité de la téci, je la connais, je n’ai pas de problème. Je parle mieux avec les gamins qu’avec mes collègues profs qui sont dans un autre monde. Mais je me suis fait traiter de sale feuj…

Booba : Moi de sale noir.

MS : Y a eu des embrouilles, des bastons, tout ça. Ce que je constate, c’est que dans les técis, t’as un discours sur les feujs.

B : C’est un vieux truc….

MS : Evidemment, mais je sens que c’est plus fort depuis quelques années.

B : Tu veux dire depuis les dix commandements. Mais la plupart des gens qui disent les juifs, les juifs, ils ne savent pas pourquoi ils parlent.

MS : Il y a des discours sur les feujs qui cartonnent, qui ont de la maille. Moi je n’ai pas plus de maille qu’un autre, je prends le métro, je suis un mec normal. Ces discours, ils sont là et aujourd’hui, dans les técis ou même à Paris, c’est monnaie courante.

B : Il y a eu un truc à Boulogne. Moi, je connais la vraie histoire. Des jeunes ont juste voulu prendre un scooter. Et dans le Parisien, c’est le remix total. Ce n’était pas une attaque antisémite. Les petits, ce qu’ils veulent, c’est de l’argent et des scooters. Ils ne font pas la chasse aux juifs.

MS : D’accord, mais au moment de l’embrouille du scooter, il y a le mot sale feuj qui part.

B : Comment il sait que c’est un juif ? Je suis sûr que les petits, ils ne savent même pas. C’est juste pour un scooter.

MS : Tu dis que c’est juste une embrouille.

B : A la base, c’est pour un scooter. Mais quand tu dis que c’est un acte antisémite, c’est genre ils ont une brigade antisémite et ils sont allés tabasser le fils du rabbin.

MS : Non, on sait très bien qu’ils ne sont pas organisés…

B : C’est des petits. Et quand tu lis ça, ils ne te parlent même pas de l’histoire du scooter…

MS : Si, le scooter, ils l’ont dit.

B : … et puis s’il y a un arabe qui se fait tabasser par cinq ou six blancs, ça ne passera jamais dans le journal. Faut pas en faire tout un plat.

MS : Juste une question, Dieudonné, t’en pense quoi ?

B : J’aime bien et je ne pense pas qu’il soit antisémite. Du tout.

MS : Un mec qui dit : « les feujs c’est des négriers reconvertis dans la banque ». Tu trouves ça normal ?

B : C’est un peu dur. Mais des trucs sur les noirs et les Arabes, il y en a tout le temps et personne n’en parle. Parce qu’on est une minorité.

MS : Oui, j’ai compris, mais pourquoi tu prends le problème à l’envers. Plutôt que de t’en prendre aux feujs, que les renois, ils se mettent ensemble. Dès qu’il y a un mec qui fait une sale blague sur les renois, il est tricard.

B : Mais au moins Dieudonné, il s’en prend à tout le monde. Et quand il était avec Elie, il faisait des blagues sur les juifs et ça passait. Maintenant qu’il est tout seul, ça ne passe plus.

MS : Ce n’était pas les mêmes blagues. Quand le mec, il assassine sur les feujs, c’est normal que ça leur mettent les boules. Toi, t’es renoi, un mec il te parle des renois, tu va le laisser faire ?

B : Non, mais son truc à la télé chez Fogiel, j’ai trouvé ça marrant. Ce n’était pas méchant.

MS : Le truc de Fogiel, ça passe encore, mais qu’il en remette une couche dans The Source ou à droite à gauche en parlant des feujs, des feujs, des feujs, moi je trouve ça inacceptable.

B : Je n’ai pas lu le reste.

Tech : Mais est-ce que tout ce qui se passe après, ce n’est pas parce qu’il fait ce sketch et qu’il se prend direct une volée de bois verts. On l’empêche de faire ses spectacles…

MS : Mais alors à ce moment là, il dit j’aime pas les feujs et il assume.

B : Je ne pense pas qu’il n’aime pas les feujs.

MS : Qu’il dise après, les feujs, ils boycottent le show-bizz, parce que c’est ça qu’il dit en gros…

B : Je ne le connais pas mais je ne le sens pas comme ça. Ce qu’il critique vraiment, c’est le pouvoir, les Américains…

Tech : Tu voterais pour Dieudonné ?

B : Moi, je ne vote pas. Il va faire quoi pour moi ? S’il me baisse mes impôts, peut-être…

MS : Alors sur les Américains, tout le discours comme quoi ils soutiennent Sharon, que c’est des salauds en Irak, tout ça. Toi qui connais les States, t’en pense quoi ?

B : J’en pense que n’importe quel pouvoir, c’est des enculés. Bush, tu l’as vu partir en croisade en Irak : tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. C’est comme une embrouille de cité. Mais pour te dire la vérité, je pense que si j’étais au pouvoir, je serais aussi un enculé. Donc je ne suis pour personne, j’aime pas le pouvoir.

Tech : T’avais un lyrics qui disait que t’étais d’humeur palestinienne…

B : C’est parce que je suis de mauvaise humeur, c’est tout. Et à la télé, quand je vois un palestinien, il est toujours soit en sang soit en train de lancer des pierres.

MS : Mais t’es d’accord que je suis d’humeur palestinienne, ça peut vouloir dire le mec qui se fait péter avec la ceinture d’explosifs aussi.

B : Un mec bien énervé, bien chaud.

MS : Si t’es d’humeur palestinienne, c’est qui l’Israélien ?

B : Ca rimait tout simplement avec hyène. Ça ne va pas plus loin.

MS : T’aurais pu dire d’humeur israélienne, ça rimait aussi.

B : Non, je n’aurais pas dit ça.

MS : C’est vrai que t’as eu des embrouilles sur Sky avec ce lyrics ?

B : Ils l’ont censuré. Ils trouvaient ça un peu chaud vue la situation. Mais je m’en fous, sur Ado, ça passait normal. Je n’ai rien à me reprocher. Là bas, c’est une guerre comme une autre, mais s’il y a des problèmes entre juifs et musulmans, c’est aussi parce qu’ils n’arrêtent pas de montrer les Palestiniens à la télé. Moi, je suis plus concerné par l’esclavage.

MS : Concrètement, après l’embrouille du scooter, ça se passe comment dans la téci entre les feujs, les rebeus et les renois ? Tu sens qu’il y a eu une tension, que les mecs se matent un peu zarbi…

B : Non. Mais tu sais, je ne me prends pas la tête, j’ai d’autres problèmes. Toi c’est normal, t’es juif, tu vis le truc. Ici, il y a l’indou qui met son truc rouge, le musulman qui met sa djellaba, moi je me mets en Marcel avec mes tatouages, le juif a sa kippa. Je n’en ai rien à foutre. Un être humain, c’est un être humain.

Tech : Vous avez eu un désaccord avec Ali. Il était plus dans un trip musulman…

B : Ce n’est pas le coté musulman, mais c’était trop religieux pour moi. On ne mélange pas ça au rap, même si tu peux en parler, évoquer certains trucs. Le rap, c’est sale, ça vient de la rue, c’est violent. Alors que la religion, c’est tout l’inverse, c’est pieux, c’est sage. A la base. La bonne parole, c’est à la mosquée qu’on la trouve.

MS : Toi, tu n’es pas religieux ?

B : Non, mon père est musulman, mais je ne suis pas trop pratiquant.

MS : Pas de trip mystique, spirituel ?

B : J’ai déjà vu des marabouts. Je crois en Dieu, mais j’ai du mal avec tout ce qui est rapporté par l’être humain. Chacun dit qu’il y a un dieu unique et il y a je ne sais combien de religions. Tout le monde veut avoir raison. Mais je suis croyant, j’espère bien qu’il y a une force supérieure à l’être humain. Je crois au destin.

Tech : Toi Michaël, tu as un mode de vie plutôt ascétique, tu observes les rites religieux, tu as été le secrétaire du philosophe juif orthodoxe Benny Lévy, tu étudies le Talmud et la Cabale dans le texte, t’es dans un trip mystique. Et en même temps, tu tripes sur le hip-hop américain le plus bling-bling. Tu n’as pas l’impression d’être un peu schizophrène ?

MS : Non. Ce que j’ai toujours kiffé dans le rap, c’est que c’est des mecs qui s’affirment. Le type, il dit, moi je suis renoi, je suis muslim, et c’est comme ça. C’est super important dans une société où les gens ne savent pas trop où ils sont de s’affirmer en tant que subjectivité. Maintenant, j’aime aussi bien le coté punchy, innovation. Et puis, même les trucs un peu arrogants ou violents, c’est souvent des jeux de mots. Après, les mecs qui vont aller se battre pour un rap, c’est qu’ils sont tebés. C’est un jeu.

B : ça peut vite partir en couille quand même. Ça ne reste pas toujours que du bla-bla, ça crée parfois de vraies tensions.

MS : J’étais sûr en te voyant que t’étais un mec peace, mais t’as quand même une image hardcore. Ça te fait quoi qu’un mec véner, il t’écoute et que ça lui fasse encore plus monter les nerfs ?

B : Pas grand chose. On me le demande tout le temps. Je n’y fais pas attention parce que quand j’écris, c’est moi. Je ne pense pas à l’impact. On peut se monter la tête pour plein de trucs, par rapport à un film ou même tout seul. Je pars du principe que je suis amateur de rap et quand j’ai fait des conneries, ce n’est pas parce que j’avais écouté untel ou untel. Chacun est responsable de ses actes. Je ne dis pas « soyez des voyous, soyez violent », je parle pour moi. Si quelqu’un fait une connerie à cause de moi, c’est qu’il ne devait pas aller bien loin.

Tech : Tu ne cherches pas à un donner un exemple ?

B : Non, je ne me prends pas pour un porte-parole ou moralisateur. Y en a qui aiment se prendre pour des leaders d’opinion, mais je trouve ça ridicule.

Tech : Pourtant, tu disais que le Ministère Amer était une influence. Passi, c’était l’éducateur de masse et Stomy, l’objecteur de conscience…

B : C’était le début du rap. Et puis un objecteur de conscience avec « à coup de batte dans leur mère », c’est un peu violent quand même.

MS : Il m’est arrivé un truc qui a dû t’arriver ou qui va t’arriver. Au départ, tu parles pour toi, tu racontes ce que tu vois, et tu te fais brancher par des gens qui veulent tout de suite d’embrigader dans des associations, des conseillers politiques… Parce que les mecs, ils sont à la ramasse. Ça t’es arrivé ou pas ?

B : Non.

MS : Si ça t’arrive, tu fais quoi ?

B : La politique, les associations, tout ça ? J’y vais pas. C’est du bluff, c’est à Chirac de donner de l’oseille, de faire des choses pour les gens.

Tech : Tu n’as pas envie d’œuvrer pour ta communauté, d’aider des gens ?

B : Moi, je commence par aider ma mère. Parce qu’après, t’aides qui ? Ceux qui crèvent de faim, ceux qui sont en Afrique, dans les pays de l’Est ou en Amérique du Sud. C’est le loto pour faire le choix.

Booba, le rappeur surdoué, et Michaël, le prof de banlieue qui parle le verlan dans le texte reviennent, en sueur, pour un troisième round de cette rencontre musclée sur le thème du communautarisme. Qu’est-ce qui va payer, la fougue ou le métier ?

Michaël Sebban : L’embrouille avec Jean Gab’1, c’est des conneries ?

B : Ben c’est lui qui s’est tapé son petit délire, j’espère qu’il va se calmer. En tous cas, je ne rentre pas dans des clashs ou des trucs comme ça. Si je suis dans une radio et que je fais un freestyle, tu m’insultes, tu te manges le micro dans la gueule. Y a pas de ouais, non, ta mère elle est grosse. Quand je vois les mecs, j’hallucine. Peut-être que c’est une discipline, c’est hip-hop, mais nous, on n’est pas comme ça. Ils ont trop dû regarder la télé. En tous cas, Jean Gab’1 ne durera pas longtemps à ce rythme là.

MS : Tu l’as mal pris ?

B : ça ne m’a pas fait plaisir.

Tech : C’est quoi, c’est l’idée qu’il dise que t’es un bourgeois…

B : C’est l’idée qu’il parle sur moi, quoi qu’il dise. Pourquoi tu parles sur moi ? Et en plus, il n’a rien à dire. Même pas rabsa, même pas renoi, Polnareff, je ne sais même pas ce qu’il raconte.

Tech : En tous cas, il t’imite bien.

B : Ouais, c’est vrai. Mais c’est bizarre parce qu’il s’en prend à Lady Laistlee, Kery James… Faut quand même avoir une certaine dose de connerie pour écrire ça. Ou alors il se croit vraiment intouchable, genre grosse racaille. De toute façon, il a marché à cause des médias. Il a impressionné les petits mecs qui ne connaissent pas les quartiers. Mais il n’est pas du tout impressionnant.

MS : Et le truc de Sheryo sur AKH, tu l’as entendu celui là aussi.

B : Ah ça, c’était cool, c’était marrant.

MS : Si t’es AKH, ça peut te foutre les boules.

B : Mais il avait des trucs à dire. Jean Gab’1, qu’est-ce qu’il dit ? Et puis, je trouve qu’il n’assume pas son morceau.

Tech : J’ai vu dans une interview qu’il disait que tu faisais la racaille, mais que tu n’avais rien d’un dur…

B : Ben qu’il vienne me le dire. Je l’ai déjà croisé, il ne m’a rien dit.

Tech : Après le morceau ?

B : Bien sur. J’aimerais bien que ce qu’il dit dans les disques, il le dise en face. Et j’attends. Je ne dis pas qu’il n’ose pas, mais je ne sais pas. Vu comment tout le monde en parlait, Jean Gab’1, nininin, je me suis dit : ben on va voir, il est chaud. Les gens n’arrêtaient pas de me dire « t’as écouté, t’as écouté ». J’en avais marre. Alors j’ai écris un truc vite fait en cinq minutes. C’était aussi pour faire de la pub à une mixtape qui devait sortir. Sinon, dans ma logique, jamais je ne lui réponds. Maintenant, il peut sortir cinq morceaux sur moi, je ne lui répondrai pas. Moi, pour les clashs, y a pas de musique.

Tech : Et si on organisait une rencontre avec Jean Gab’1, t’accepterais ?

B : Jamais de la vie. Mais je ne le calcule même pas. Quand j’ai écouté le morceau, comme je suis un mec de quartier, que je connais, je me suis dit que ça n’allait jamais prendre. Et puis c’est les médias qui en ont fait tout un truc. Nous, les requins vicieux, on n’en a rien à foutre. C’est un phénomène de mode, ça va pas plus loin.

MS : Moi je vais le serrer Jean Gab’1, parce que sur la face B de j’t’emmerde, il dit : « je suis un mec à l’ancienne, une bête de radin, un juif comme Jérusalem ». Je voudrais qu’il m’explique ce qu’il veut dire.

B : Ben on dit que les juifs sont radins, c’est ça qu’il veut dire.

MS : Qu’il vienne me le dire.

Tech : Michaël, dans ton bouquin, Lehaïm, tu dis que quand un de tes élèves te traite de feuj…

MS : Moi je dis simplement : je te respecte comme rebeu, tu me respecte comme feuj. Et tout de suite, les choses sont plus claires. Ça marche.

B : Mais la plupart des gens, c’est des abrutis. Ils entendent un truc, ça y est bim bam, ils pensent même pas avec leur cerveau.

MS : En fait, ça dépend comment je suis luné. Si je suis cool, que je pense à d’autres trucs, à ma meuf, j’en ai rien à foutre. Mais si c’est un jour ou je suis un peu véner, abruti ou pas, je vais voir le mec et je lui dis : moi je ne te connais pas, tu ne sais pas qui je suis, je te respecte toi et ta religion, mais tu ne parles pas comme ça. C’est tout.

B : A la base, le mec religieux, il doit être nickel. Logiquement, si tu suis une religion, t’es parfait.

Tech : Toi, tu n’y arrives pas ?

B : J’ai du mal, tu sais…

MS : De toutes les manières, aujourd’hui, la co-existence communautaire, elle se fait sur l’idée de laisser les gens tranquilles. Du moment qu’ils ne m’emmerdent pas, je ne les emmerde pas. C’est tout con. Alors évidemment que c’est un autre modèle que le modèle citoyen machin… Mais pour revenir à l’histoire du voile, je trouve que c’est un manque de respect. Quelqu’un qui veut mettre un voile, il peut mettre un voile et il ne fait chier personne. Si on commence à rentrer dans la tête des gens en disant que si tu mets un voile, c’est que tu te sens oppressé ou c’est que tu remets en cause la liberté de la femme. Et tu vas où après ?

B : C’est clair. A ce moment là, ils refont le Coran. Tu ne peux pas reprocher à quelqu’un d’appliquer sa religion. Je préfère voir une meuf voilée qu’une petite pute qui montre son string dans la cour de l’école. Je trouve ça moins choquant.

Tech : Mais quand tu croises une fille voilée, tu n’as pas un mouvement de colère ?

B : Non, je dis : on dirait Dark Vador. Pourquoi tu veux que ça me choque plus qu’un indou avec un turban ou un juif avec son truc… C’est pour ça que l’intégration, ça ne marche pas. Parce qu’elle, dans son pays, ça se passe comme ça. Et si l’histoire n’avait pas été comme elle est, la fille serait chez elle et tout irait bien.

Tech : Pourquoi tu restes ici et que tu n’habites pas au Sénégal ?

B : Je vais faire quoi au Sénégal, je vais manger quoi ? T’es déjà aller là bas ? Ou même en Afrique ?

Tech : Et à rester en communauté, est-ce que vous n’êtes pas appelé à vivre de manière illicite ?

B : Non, si tu veux t’en sortir, tu t’en sors. Si tu veux faire tes devoirs, tu les fais.

Tech : Mais dans vos paroles, vous dites que vous dealez à mort pour vivre, que vous mettez de la colombienne dans chaque sinus…

B : C’est un choix, c’est moins fatigant. Et puis ça ne doit pas trop te déranger parce que toi, t’as une tête à acheter du shit. Moi, je n’ai jamais voulu travailler. Mais ce n’est pas plus mal que d’être président, de déclencher une guerre et de larguer des bombes. Quand t’allumes la télé, tu vois que des beaux trucs. Les autres, ils te montrent leur maison. Tu sais que tu dois faire tant d’études, t’es sûr de pas être cadre ou PDG donc tu vas gagner mille et quelque euros par an toute ta vie. Moi, c’est impossible. On est une génération qui veut tout. Se faire chier sur terre, côtiser toute sa vie pour une retraite, ça ne m’intéresse pas. Je vais claquer dans cinq ans si ça se trouve, qu’est-ce que je vais côtiser ? La retraite, c’est un concept, laisse tomber. Ceux qui se disent, je côtise et à partir de cinquante ans, je commence à vivre, j’achète une grosse voiture. Faut l’acheter pendant que tu bandes encore mon pote. Sinon, elle sert à quoi ? C’est un concept de ouf. Cinquante ans, c’est loin.

Tech : Dans tes lyrics, tu dis que ce n’est pas la faim qui te pousse, mais la gourmandise.

B : Ben ouais, si je veux vivre simplement, j’ai de quoi vivre longtemps.

Tech : T’assumes ton coté gourmand qui en veut encore plus ?

B : Bien sur, comme le président de la République. Je ne suis pas différent dans mon cerveau. Avec toutes les magouilles qu’il y a, tout le monde est pareil. Dès que tu goûtes à l’argent et que tu sais que tu peux en avoir…

Tech : Michaël, tu penses que dans deux ans, ça sera terrible pour la communauté juive. T’as l’air d’avoir très peur.

MS : Je n’ai pas peur mais je pense que l’on vit dans un monde où les seules solutions que tu peux avoir sont provisoires. Il n’y a pas de solution à long terme. Après, chacun fait ses trucs. Mais je pense que dans deux ou trois ans, la France sera un pays super antisémite.

B : Tu crois ? Moi, je ne le ressens pas. Parce que regarde notre situation aux noirs, aux arabes, c’était super chaud. Quand j’étais à l’école primaire, c’était impossible de serrer une meuf. Les noirs, ce n’était pas à la mode comme aujourd’hui. Si t’avais pas la coupe au bol, les meufs elles ne te regardaient pas.

MS : Et ben feuj, c’est plus à la mode. Et ça ne va pas revenir à la mode rapidement. On n’est plus dans la hype, c’est fini.

Tech : Booba, tu crois qu’ils sont en danger les juifs ? T’entends des choses dans la cité ?

B : Ca ne va pas loin. C’est des trucs pas fondés. Y a des mecs influencés par la télévision, par des discours musulmans. J’ai entendu tout et n’importe quoi. Il y en a, ils écoutent tout ce qu’on leur dit. Mais tu les prends à part et tu vois qu’ils ne vont rien faire du tout. Ce n’est pas des militants, ça ne vient pas du cœur. C’est des faibles d’esprits. Y a d’autres combats à mener. Ça, c’est plus médiatique car ils n’arrêtent pas de parler du conflit en Palestine. Les mecs, ils se croient Palestiniens parce qu’on leur lave le cerveau. C’est de la propagande, de la manipulation.

Tech : Et quand les médias parlent de toi dans l’affaire du 287, c’est de la manipulation ?

B : Bien sur.

Tech : C’était quoi cette histoire ? Dans le Parisien, on lisait que Booba avait tiré sur un mec et pris la fuite.

B : C’était une embrouille, mais les mecs m’ont mis dans la merde, presque jugés. Pourtant, j’ai été relaxé dans cette affaire. Un mec a pris une balle mais moi, je n’y étais pour rien. T’imagines comment c’est grave. Je ne suis même pas arrêté et on dit que le rappeur Booba a tiré. C’est Joey Starr puissance mille. Et quand je me présente devant la juge, elle a lu tout ça. Merci pour la bonne impression. J’ai dix fois moins de chance de m’en sortir. Je me suis dit : si je marche dans la rue, je vais faire peur aux vieilles. Y avait ma photo en couverture du Parisien, juste en dessous de Jacques Chirac. Les paparazzis, ils sont allés jusqu’en garde à vue à la criminelle de Bobigny pour me prendre avec les menottes. Le commissaire divisionnaire a même été obligé de s’excuser.

Tech : Et tu n’avais rien à voir avec l’histoire ?

B : Si.

Tech : C’est quelqu’un qui était avec toi qui a tiré ?

B : Je ne vais pas te raconter ma life. Il y a un mec qui s’est pris une balle. Mais moi, j’ai été relaxé.

Tech : Et tu dis que tu ne dois pas faire trop le mariole parce que tu risques des ennuis. D’ailleurs, t’as censuré Bâtiment C et les paroles ne sont pas dans le livret.

B : C’est mon avocat qui m’a dit qu’on pouvait se faire attaquer, que c’était de l’insulte et qu’on perdrait le procès.

Tech : Ce n’est pas parce que t’as un sursis sur le dos ?

B : Si, j’ai aussi quelques petits trucs en cours, mais c’était surtout pour qu’ils ne retirent pas le disque des bacs.

MS : J’ai une question de la part d’un élève du 9-3. Tu fais quoi de ta maille ?

B : Je la claque. Dans les voitures, les vacances…

Tech : T’as une Ferrari comme dans la jaquette de l’album ?

B : Non, pas encore.

Tech : C’est plus acheter une Ferrari que t’intégrer en France qui te fait avancer ?

B : Ouais, à fond.

MS : Pour en finir avec les communautés, c’est vrai qu’en son-pri, ça marche comme ça ?

B : C’est le système pénitentiaire qui fait ça.

Tech : Donc en fait, dans les boites de nuit et les prisons, il y a le communautarisme.

B : C’est peut-être pour calmer les mecs. Et puis ça fait moins d’histoire, les gens sont moins tendus, ils se comprennent. Il y a un bâtiment pour rebeus, un pour les rebeus clandestins, un pour les renois, un pour les gros voyous avec un cerveau plus civilisé.

MS : Ca veut dire que c’est là. J’ai entendu le maire d’Epinay après une agression dire que toutes les communautés doivent vivre ensemble. Le mec n’a même plus de discours républicain. Il y est déjà dans l’histoire des communautés.

B : Mais c’est prouvé que ça ne marche pas de vivre ensemble. Tous les jours. Les seules personnes que tu peux mélanger, c’est celles qui ont de l’oseille. Comme à Beverly Hills.

MS : Bon moi, je veux te voir en concert.

B : A Bercy ?

MS : Je n’aime pas les grandes salles.

B : Ben moi, j’espère que je ne vais pas faire de petites salles.

tant que t’y es si t’as pas cliqué tout en haut tu peux jeter un coup d’œil à ce truc, ça te fera pas mal au cul. #instantpromo #autofellation #cékomçaxébon

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Le Clashico (Collatéral) version 2

Si vous suivez un peu l’actualité du blavog (« l’actualité du blavog », déjà ça n’a pas de sens) vous avez dû voir à un moment qu’on partage des articles avec le site Captcha qui nous avait d’ailleurs interviewés, et à une question, je sais plus laquelle, on avait dit « si on trouve un mec qui touche en graphisme, on lui demanderait déjà de prendre un des articles et d’en faire une bd, tout simplement ». ou un truc comme ça. Et dans sa grande générosité, l’intervieweur s’est mis en quête de ce graphiste. Alors il l’a pas trouvé, mais il a quand même tenté le coup. C’est moche, laborieux et consternant. C’est donc parfaitement dans l’esprit blavog.

logiquement vous aurez du mal à lire donc faut cliquer sur les images pour que ce soit à la bonne taille, mais le plus simple c’est d’aller là-bas directement

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Le Clashico (préliminaires)

Un cavalier, qui surgit hors de la nuit
Court vers l’aventure en treillis
Son nom, il le signe à la pointe de sa pelle
D’un H qui veut dire Housni

c’est donc la suite de ce truc, même si ça se passe avant.

Rohff -Les gars, maintenant que le vrai TLF est de retour, je vais venir vous aider à faire votre promo.
Ikbal – Super green !
Alain -Tu faisais plus leur promo quand j’étais plus là ?
Rohff -Toi non plus.
Alain -J’avais quitté le groupe
Rohff -Chacun ses petits problèmes d’emploi du temps. Moi c’est parce que j’avais honte, Ikbal faisait vraiment de la merde new wave sans toi.
Ikbal -C’est pas ma faute, c’est Yakouba et Badoo qui ont une très mauvaise influence sur moi.
Alain -Qui sont ces gens ?
Ikbal -Ils étaient là depuis le tout début de TLF. Souviens toi.
Alain – …
Rohff -Mais maintenant que tu es revenu, Alain. C’est comme si j’avais retrouvé mon frère !
Ikbal – green ?
Rohff – on va aller à Skyrock. Mais je vais peut-être pas venir parce que je suis très en colère contre Fred, donc je vais venir. Ton avis sur la question, mon frère ?
Ikbal -Bah je viens de dire que c’était green.
Rohff -Je te parle pas à toi, je demandais à Alain, t’as bien un avis ?
Alain – ouais
Ikbal -Et c’est quoi ?
Alain -Je m’en fous.
Ikbal -Qu’est-ce qu’il t’a fait Fred ? C’est pas la mif ?
Rohff -Il dit du mal de moi. Gisèle me l’a dit.
Alain -C’est qui Gisèle ?
Rohff -C’est ma pelle.
Alain -Ta pelle ? Ta pelle te parle ?? Et tu lui as donné un nom ?
Rohff -Ma pelle m’appelle. Depuis que mon aigle Ernesto a fugué, elle me guide et là elle me dit que Fred a été un mauvais garçon cette année. Elle me dit aussi qu’on va faire un micro trottoir pour la sortie de votre album !
Ikbal -Green !
Alain -Pourquoi pas.


Rohff – et même si c’est pas le cas on dira que c’est une émeute sur les champs ! Comme l’autre zoulou de merde y’a deux ans ! Dedans, on demandera aux gens ce qu’ils pensent de votre retour.
Ikbal – trois fois green !
Alain -Ouais, pourquoi pas.
Rohff -Et on demandera aussi s’ils préfèrent Rohff ou Booba.
Ikbal -Super Green !
Alain -Mais où est le rapport avec TLF ?
Rohff –TLF sert à me mettre en valeur, fais pas comme si tu découvrais. T’es pas parti assez longtemps pour ça. Par contre c’est chiant, l’autre salopard aussi a insulté fred, les gens vont encore dire que j’arrive après lui
Alain – c’est simple, t’as qu’à menacer fred en direct, tout en précisant que quand c’est toi qui le fais c’est mieux que quand c’est Booba.
Rohff – putain mais c’est du génie ! DU GENIE !
Ikbal – we the greenest
Alain – mais j’étais pas sérieux… oh et puis à quoi bon.
Ikbal -Mais t’as pas peur qu’on sache que tu parles de Booba si tu le cites ? Je veux dire que ça va se voir.
Rohff -j’en ai plus rien à foutre. Il a fait des photos avec Benzema ! Benzema ! Tu te rends compte !?
Ikbal -Le refré Karim Benzé ?
Rohff -Je suis passé sur beaucoup de choses, il m’énerve depuis très longtemps. Mais là c’est beaucoup trop ! Karim Benzema c’était MON fan ! À MOI ! PERSO !
Ikbal -Calme toi, Houss. Regarde, je fais des grimaces, c’est rigolo les grimaces ! Uhuhuhuh
Alain -Tu fais des grimaces pour calmer ton frère ?
Ikbal -Bah oui. Uhuhuhuhuh et je glousse aussi, j’ai tout un numéro. C’est mon truc, c’est tout. Je te trouve pas très green en ce moment toi, pourquoi t’es revenu d’ailleurs ?
Alain -Bah j’ai vu que loin de mon crew j’étais loin d’exporter mon groove. Au bout d’un moment c’était soit retourner avec vous, soit retourner en taule…
Ikbal -Bah t’aurais peut-être dû aller en taule.
Alain -C’est ce que j’ai dit à la juge. Mais je me suis réveillé ici.
Rohff -J’ai payé ta caution.
Alain – ça marche pas comme ça en Frince…
Rohff -Je ne t’ai pas assommé avec une pelle pour te trainer de force ici, si c’est ça que tu insinues.
Alain -Non mais moi je m’en fous de toute façon.

S’ensuivra le numéro de comique troupier que l’on a déjà détaillé par là-bas.

Chez Booba, quelques jours plus tard.

Dje -Entendu tu as ? Insulté Rohff t’as.
Booba -Mais t’es qui wesh ?
Dje –Djé je suis.
Booba -Bordel ! Où est Doums ?
Dje – congédié il a depuis longtemps été.
Booba -Ah oui, merde. Bah tu lui arrives pas à la cheville. Qui que tu sois.
Mala -PUUUUUUUUUUUUUUUTE !!!
Dje -Blessant c’est.
Booba -Il a dit quoi Dent du bonheur ?
Dje -Qu’une zoulette tu étais.
Booba -Wahou, ça c’est de l’insulte. Je suis blasé de la life.
Mala -Les pédés font du BRUIIIIIIIIT !
Dje -Si tu vas répondre, les gens se demandent.
Booba -Ça me rendra plus riche ? C’est ça la question que tu dois te poser. Tout le temps.
Mala -Du Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiifff !!
Dje -Si buzz il y a, le biff tu pourras trouver.
Booba -Pas besoin de répondre pour ça. Tu oublies que je suis un illuminati.
Dje – ¿¿¿¡¡
Booba -Tout le monde le dit donc c’est sûrement vrai.
Mala -IZILUZUMIZINAZATIZI !!!
Booba -Je vais utiliser mes super pouvoirs pour contrôler les médias, comme on fait, nous autres, les maîtres du monde.
Dje -Faire comment on doit ?
Booba -Appelle juste une radio de merde et dis leur qu’on a vu l’ex à Rohff à ma boutique. Ça devrait suffire, ces connards vont l’appeler et ça partira en couilles comme d’hab.
Mala -Izi !!
Dje -Faire ça je vais.
Booba -Très bien. Maintenant foutez le camp. Et éteignez la lumière en partant, je dois rester seul assis dans le noir pour rire de façon machiavélique.

Alors que Booba s’exerce, assis dans son fauteuil en contemplant la ville par la fenêtre de son bureau, on frappe à sa porte.

Dje -Du nouveau il y a !
Booba -Mais putain, t’es encore là, wesh ? Ceux qui disent que tu fais chier en feat te connaissent pas en vrai, heureusement.
Dje -Il Facebook insulté t’a Rohff.
Booba -Izi quoi ça ? J’ai rien compris.
Djé -Facebook TLF Dexter apparaît le sang !
Booba -Hé merde, il a buggé. C’est pire que des décodeurs pirates ce truc là.
Dje -Sur facebook et twitter Rohff et TLF t’ont insulté.
Booba – J’ai compris, cette fois. Mais quelque part, ce que j’entends est encore plus consternant.
Dje – « Tous les feux sont green pour pouvoir baiser ta mère » TLF ont dit.
Booba – j’ai donc affaire à des fins stratèges.
Dje -Ton futur leur OVNI va violer.
Booba -C’est pas un ovni leur album, c’est juste du R’n’B.
Dje -Insulter Benzema Rohff a.
Booba -IZI MOUAHAHAHAHAHA ! (là on voit que ça paye de s’entrainer en rire de méchant)
Dje -Ta réponse quelle sera ?
Mala – IZI EMBROUILLE
Booba – Attends… J’ai déjà un morceau où je fais une rime genre « J’ai niqué le rap dans une merco, je l’ai benzé »
Dje -À chier est cette vanne.
Booba -J’aime l’humour de merde, c’est mon droit, faudra vous y faire tas de cons. Mais l’important c’est que Rohff pense à Benzema en l’écoutant. Et c’est ce qu’il fera, c’est ce qu’ils feront tous, parce qu’ils ont des vies de merde et rien d’autre à foutre.
Mala – izi ? Tout le monde sait très bien que t’as jamais répondu aussi vite, à personne. Gab’1 ça a pris un mois pour un seul couplet, sinik c’était deux semaines, personne pensera qu’en quelques jours t’as filé en studio pour faire ça en speed.
Booba – tu devrais pas faire des phrases aussi longues, ça ne te va pas. Et tu oublies l’essentiel : le public rap ne réfléchit pas comme ça.
Mala – il réfléchizit comment ?
Booba – il réfléchit pas, du tout. Comment tu crois que je vends autant de cd ?
Dje -Mais ton premier extrait « Caramel » ça devait être, en clip.
Booba -Tant pis, je vais sortir « Wesh Morray » avant. En plus je dis que les gens sucent à Planète Rap. Ça tombe plutôt bien. Et comme d’habitude pour un premier extrait, je vais insulter un petit mec inoffensif qui passait par là. Pourquoi prendre des risques quand on peut prendre de la thune à la place ?
Mala – pour que les gens arrêtent de dire que t’es une fiotte qui s’attaque qu’aux faibles, peut-être.
Booba – c’était une question rhétorique, bordel de merde !

Du côté de Foolek Empire.

Ikbal -Hous ! Hous ! Pas Green Hous !!
Rohff -Calme toi. Qu’est-ce qui se passe ?
Ikbal -Hé bien y a B…
Rohff -Non ! Je veux que ce soit De l’Ombre qui me raconte. Il faut l’encourager, il revient après de longs mois d’absence au sein de la Foolek Empire Family du Padre.
Alain -Si ça peut te faire plaisir.
Rohff -WOUH !!
Alain -Booba a profité du buzz qu’on fait en ce moment.
Rohff -Wouh !!
Alain -Il a sorti le 1er extrait de son album à l’improviste.
Rohff -Wouh…
Alain -Et dedans y a des piques sur les gens qui sucent à Planète Rap.
Rohff -QUOI ?!
Ikbal -Wouh !!
Rohff -Ta gueule, toi ! C’est pas green, ça !
Ikbal -Mais si ! C’est l’occasion rêvé pour enfin clasher Booba.
Rohff -Je sais pas là, je dois demander à Gisèle.

Housni sort alors sa pelle de son étui où est inscrit « Say hello to my little friend » et la porte à ses oreilles. Derrière lui, Ikbal se met de dos et se pince le nez.

Rohff -Gisèle, ma belle. Gisèle, ma pelle, je t’invoque, je t’appelle !
Ikbal (voix de fausset) -C’est Gisèle qui te parle. Tu dois clasher Booba.
Rohff – je sais pas, j’ai toujours dit que les clash c’est pour les lâches
Giskbal – ça c’était avant, mais c’est lui qui a commencé, c’est différent
Rohff – ce serait pas mieux d’avancer sur PDRG ?
Gisèle – absolument pas. Le plus important est d’attaquer Booba, ce sale pourri qui t’a toujours jalousé, comme six coups mc, comme tous les autres contre qui je t’ai préservé toutes ces années.
Rohff – mais même y’a deux jours, j’ai dit à fred que la différence entre nous c’est que moi c’était direct, que je faisais pas de chanson sur les gens
Gisèle – tu as fait un couplet entier sur ton ex dans Maudit
Rohff – c’était déjà ton idée, moi j’étais contre
Gisèle – la ferme ! N’oublie pas tout ce que j’ai fait pour toi ! Sans moi tu serais personne !
Rohff – je suis conscient de tout ce que tu m’as apporté, mais moi aussi j’ai fait beaucoup pour toi ma pelle, avec les vidéos, les bagarres, j’ai pas servi à rien
Gisèle – si tu veux que je continue de t’aider tu dois répondre à Booba, sur un son en entier. Il vient d’insulter ta mère !
Rohff – ah bon ?
Gisèle – évidemment ! Il te dit d’aller niquer ta mère à chaque refrain, cet enfoiré.
Rohff – ça aussi c’est une pique pour moi ?! Putain je pensais pas !
Gisèle – c’est pour ça que je suis là. Personne ne peut mentir à une pelle. Maintenant va, brave Housni, accomplis ton destin.
Rohff – quel genre de prod je dois prendre pour ce morceau ?
Gisèle – la même que la sienne, comme si tu faisais un remix
Rohff – je sais pas trop là… dans le temps j’ai aussi dit « moi, poser sur ses instrus ? Jamais d’la France » parce que ce serait se rabaisser. C’est comme si je reprenais ses gimmicks et ses intonations, ça fait petit joueur.
Gisèle – pas du tout. Tu vas customiser le beat. Et ton refrain sera plus accrocheur, car tu vas gueuler « à la Gisèle ! À la à la Gisèle ! »
Alain -…
Ikbal -Surtout, toi, tu dis rien.
Alain – à ce stade j’avais plus rien à dire de toute façon.
Rohff – La pelle porte conseil ! Ikbal, sache que ce petit enculé a insulté notre maman !
Ikbal – si t’insultes les mères, t’es un fils de pute !
Alain – …

et, juste pour vous, en exclusivité mondiale au Nord-Pas-de-Calais, la réaction d’Oxmo Puccino face à la rivalité entre les deux poids lourds du rap frinçais :

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Le Clashico (Collatéral)

mactyer – bon, tout le monde est là. Va falloir prendre une décision
sinik – tout à fait
nessbeal – je continue de penser que c’est une connerie de faire ça trop tôt
kennedy – non, ça urge, tous mes fans me demandent mon avis là-dessus
seth gueko – sérieux ?
Kennedy – ah oui, ça les obsède et…
seth gueko – non, je veux dire, il te reste des fans ? Après un morceau comme « mon cœur sur écoute » ?
Kennedy – ça va, ça va.
Nessbeal – c’est vrai que c’était pas glorieux
Kennedy – oui, bah
sinik – attends, c’est de toi « mon cœur sur écoute ? »
Kennedy – oui, mais c’est pas…
sinik – putain mais c’était ignoble. Et pourtant c’est moi qui dis ça.
Kennedy – c’est bon, vous avez fini ?
Mactyer – bref. Vous avez tous entendu « wesh zoulette » de rohff. Et il a cité tous nos noms dedans
sinik – voilà
mactyer – et pour l’instant on ne sait pas du tout comment on doit réagir.
Sultan – c’est pourtant simple, c’est un hommage, une dédicace. C’est super classe je trouve
nessbeal – ça dépend pour qui
sofiane – pareil que sultan
sefyu – moi aussi
diam’s – moi aussi
rim’k – Mais Sultan, à part un seul feat qui date de y’a un mois et la première partie de la tournée la fierté des nôtres qui doit remonter à 7 ans, toi et rohff c’est pas non plus Rox et Rouky.
Nessbeal – et la façon dont il te cite c’est comme s’il disait ouvertement que t’étais son petit. Pour toujours.
Sinik – et c’est aussi comme s’il disait « il me manquait une rime en -tan »
sultan – moi ça me gêne pas, en plus on est comorien tous les deux. Et Bagneux c’est pas si loin que ça de Vitry.
Mactyer – c’est marrant, quand tu le dis, on dirait presque que ça a un rapport avec ce dont on parle. Suivant !

Diam’s – perso il est arrivé à faire une phrase qui parle de viol et où c’est pas moi la victime, c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup, c’est une très belle dédicace.
Sinik – il dit juste après que booba t’a fait la misère
Diam’s – c’est possible, mais j’ai déjà oublié.
Sefyu – acide ! comment ça ?
Diam’s – en fait quand je vois ou j’entends un truc qui me contrarie, je prends des petites pilules magiques, et tout redevient parfait.
Sinik – …
Kennedy – t’en as pas en rab ?
seth gueko – n’empêche que c’est pas vraiment ouf ce qu’il dit
sultan – mais toi tu vas lui faire une réponse, tu l’as dit sur twitter
seth gueko – c’était un fake bordel ! Je veux pas d’ennuis, je veux juste me faire masser en Thaïlande, laissez-moi tranquille à la fin. Pourquoi vous faites tous chier comme ça…
mactyer – mais donc toi ça te gêne pas du tout ?
Seth gueko – ah si, je trouve que c’est un manque de respect sa rime sur moi.
Mactyer – ah bah quand même.
Seth gueko – si au moins il avait dit « tu seras jamais gangster comme sera jamais thaïlandais seth gueko », ça aurait été michto ma couillasse. Alors que là… ça fait plus d’un an que je me casse le cul à placer la Thaïlande partout, et v’là la gratitude.
mactyer – c’était sans doute un mauvais exemple. Kennedy, ça dit quoi de ton côté ?
Kennedy – au point où j’en suis j’ai déjà beaucoup de chance que quelqu’un, quelque part, se souvienne de mon nom.
Mactyer – …
sinik – moi par contre je me pose des questions. D’un côté il agresse booba, et booba, il a été très vilain avec moi. Mais de l’autre il dit qu’en gros, bah moi je faisais pas le poids à l’époque.
Mactyer – ah non.
Sinik – ah ?
Mactyer – il a jamais dit « à l’époque »
sinik – du coup je sais pas trop quoi faire… vous pensez qu’il faut que je clash rohff ?
(rire général)
Nessbeal – t’es un bon, khey !
Seth gueko – ah bah dis donc elle est pas piquée des hannetons celle-là
sultan – oh putain j’en peux plus
mactyer – non mais, sérieusement, t’en penses quoi ?
Sinik – j’étais sérieux.
nessbeal – ahahahha tu t’arrêtes jamais toi
sinik – mais non, je vous jure que…
mactyer – change rien, champion, change rien. Et sinon ça s’annonce comment avec Gaiden ?
Sinik – bah en fait…
mactyer – non mais je déconnais. Bon, je crois qu’on a fait le tour. Personne n’a le moindre indice sur ce qu’avait rohff derrière la tête ? Vous avez pas des potes en commun qui peuvent nous éclairer ?


zifou – grave, faut qu’il clarifie les choses très vite !
Mactyer – …
sinik – …
nessbeal – …
zifou – bah quoi ?
Rim’k – je pense parler au nom de tout le monde en disant : qui t’es, et surtout qu’est-ce que tu branles ici ?
Zifou – je suis zifou !
Seth gueko – zi-fu ?
Zifou – zifou ! Chicha toute la nuit ! et… euh, plein d’autres trucs !
Rim’k – ça répond pas à la vraie question, qu’est-ce que tu fous là
zifou – bah rohff charrie les mecs qui rappent dans des chichas à un moment, c’est très clairement ciblé pour moi, il veut se faire du buzz sur mon dos !
mactyer – sortez moi ça d’ici. Bon rim’k, kery, vous êtes à peu près les seuls à avoir longtemps cotoyé l’animal, vous en pensez quoi ?
Rim’k – j’en sais rien, il faut qu’on en parle avec toute la mafia k’1fry.
Nessbeal – ah, carrément ?
Kery – oui, le haut conseil doit se réunir et décider si oui ou non l’individu doit être à nouveau considéré comme hostile
sinik – hostile, le label ?
Rim’k – tu sors.
Mactyer – je capte pas.
Rim’k – en fait rohff nous envoie tellement de signaux contradictoires depuis des années qu’il est impossible de savoir s’il envoie des pics, s’il est vraiment vénèr ou s’il est dans son état normal.
Kery – du coup on se réunit tous les mois, et on vote.
Rim’k – et quand on a pas assez de temps, on tire à pile ou face, ça revient au même.
Kery – Même si je trouve ça très bien ce qu’il a dit sur moi cette fois.

Nessbeal – il dit pas grand-chose…
Kery – il dit quand même que ma parole, c’est pas du guano. Le monde entier doit le savoir. En plus il me compare à 2pac juste après
seth gueko – pas du tout
Kery – vous dites ça parce que vous ne voyez pas la lumière.
Nessbeal – ah mais tout s’explique, il est complètement cinglé en fait
rim’k – voilà. C’est pour ça qu’on préfère l’avoir de notre côté.
nessbeal – je parlais de kery james.
rim’k – ça marche aussi.
Sofiane – bon c’est pas tout ça mais Sef’ et moi on va y aller
nessbeal – c’est facile pour vous, il dit simplement vos blases à la fin et c’est évident qu’il vous apprécie.
Alibi – tu m’étonnes, 93 + 94 code 187 flow !
Nessbeal – euh… il te cite pas du tout dans le son
Alibi – bah si, vu qu’il cite Code 187.
Sefyu – oui mais il te remplace par Fian-so. Crr-Crr.
Alibi – mais pourquoi ?! C’est moi qui étais sur le morceau
Mactyer – Oui mais c’était y’a 8 ans. Entre temps t’as sorti un gode à ton effigie, et on t’a vu dans un épisode de Pascal le grand frère, et, pire que tout pour Housni, on t’a aussi vu parler avec Booba. Sofiane gagne aux points.
Alibi – et merde…

tandis qu’alibi s’en va tout déprimé, un grand type fait son entrée

mala – bon je suis pressé, c’est quoi l’histoire ?
Mactyer – on se demande quoi penser des name dropping de rohff
mala – izi comment ça ?
Mactyer – bah est-ce que c’est bien ou mauvais, tout ça
mala – mais ?! Il dit au début que les attaques sont pour booba. Du coup j’ai pas écouté la suite, j’avais autre chose à fouzoutreuzeu.
Rim’k – donc quand il dit qu’un feat avec lui ça serait ton seul moyen de percer et d’éviter une OD, tu penses que c’est cool ?
Mala – QUOI ?!
Seth gueko – t’aurais pas dû lui dire ça sans prévenir, il va…
Mala – EEEEEEEEEEENNNNNNNEEEEEEEEMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
seth gueko – voilà, t’es content ? On en a pour des heures.
Mactyer – bon le temps qu’il reprenne ses esprits, on va demander conseil à un consultant
sultan – hé ho, ça va !
Mactyer – je parle d’un consultant, en un seul mot. quelqu’un qui est expert de ce genre de cas. En plus c’est mon cousin, ça tombe bien

Gab’1 – salut ma gueule. C’est quoi l’histoire ?
Kennedy – rohff a clashé booba cette semaine
Gab’1 – fascinant. Y’a pas un délai de péremption pour les clash ? Parce que ça fait un peu 10 ans qu’ils peuvent pas se voir vos Tom et Jerry.
Mactyer – la question n’est pas là, le problème c’est qu’il a cité nos noms. Du coup on se demande comment on doit réagir
Gab’1 – bah ça dépend comment il parle de vous
Nessbeal – il dit qu’on mérite le succès mais qu’à cause de booba on est plus ou moins des clodos.
Gab’1 – je ne comprends pas. C’est pas censé être Ali, ça ?
Mactyer – Ali porte une barbe, ça agit comme une sorte d’immunité pour Rohff.
Seth Gueko – en gros, c’est globalement rabaissant mais au début il dit bien que seul booba doit se sentir visé
Gab’1 – ah bah tu me rassures, tout va bien alors. J’aurais dû faire ça avant j’t’emmerde « seul booba doit se sentir visé les mecs », mais à l’époque j’avais aucun moyen de savoir que vous étiez assez demeurés pour que ça marche. Merci du tuyau les ptits gars.
Rim’k – pfff…
Mactyer – en fait on pensait plutôt attendre de voir comment tout ça évolue avant de faire des déclarations officielles
Gab’1 – oui, je connais des gens qui utilisent souvent cette stratégie
Kennedy – qui ça ?
Gab’1 – des pédales, en règle générale.
Mactyer – le fait est qu’on y verrait plus clair si on savait ce que pensent réellement Pif et Herc… euh, Rohff et Booba.

Malheureusement ils ne le sauront jamais (j-j-j-j-jamais!). Mais vous, oui.
Au prochain épisode.

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Wire & rap game (1)

avec des si on couperait du bois
pasque c’est un truc qui m’a toujours titillé.
faire des correspondances stupides entre la fiction & la réalité.
en plus entre le temps que je me mette en route, les ricains m’avaient déjà piqué l’idée (http://smokingsection.uproxx.com/TSS/2009/02/if-rappers-were-characters-from-the-wire), alors comme on aime pas trop recycler les merdes ici, on a fait la même mais en français. y’en a dans la caboche du blavog quand même.
si y’a des trucs qui vous paraissent incohérents, si vous avez de meilleures idées pour les parallèles à faire, et ben j’en ai rien à foutre mettez les en commentaires, soyez pas timides.
et ce sera en 2 ou 3 parties, parce que les images & wordpress c’est relou, surtout quand on fait aucun effort et pis comme ça vous aurez l’impression d’être gâtés 2 fois plus bande de ptits canaillous.

Avon Barksdale

Passi
le mec arrivé quoi. installé, il a fait son biff, même en dehors du game il continue d’être une figure de poids et de mailler.

Stringer-Bell

Kenzy
bizness man dans l’âme jusqu’au bout, un poil trop sans doute, ses pairs ne l’ont pas toujours compris. il a contribué à construire un empire mais il s’est écroulé juste au moment où il touchait au but : la respectabilité.

Prop’ Joe

pasqu’il est gros et qu’il a une bonne tête, et bien qu’un peu roublard, il reste sympa quand même. en plus il est là depuis longtemps et toujours de la bonne came. un mec cool, quoi.
http://www.dubcnn.com/media/audio/driver-meccool/

wallace

Disiz la Peste
la gentillesse n’est pas faiblesse, sauf quand elle l’est. trop naïf pour ce monde de brutes, fallait qu’il parte.

Chris Partlow

mala

Mala
« tu m’connais pas, moi… »
il est sale, il exécute sans poser de questions, on ne comprend que très rarement ce qu’il pense, et encore ça c’est quand il parle.

Felicia « Snoop » Pearson

Casey
« perhaps the most terrifying female villain to ever appear (in a television series). » c’est pas moi qui le dit, c’est Stephen King. vraie citation, tu peux vérifier si t’as que ça à foutre.
bah oui. forcément. ça tombe sous le sens. Zec to zec.

marlo
booba
booba
des glaçons dans les veines, les canines qui rayent le parquet, il ne s’arrête jamais avant d’obtenir ce qu’il veut, et ce qu’il veut c’est souvent beaucoup trop. et il pète plus haut que son cul desfois, aussi.

Brother Mouzone

ILL
aucune ressemblance dans le caractère, mais c’est le tueur que sa réputation précède, en plus il disparaît quand tu t’y attends pas et réapparaît quand tu l’attends plus, donc on est obligés.

Cheese

Kennedy
tu sais pas trop pourquoi mais quelque chose te dit qu’il bouffera à tous les râteliers, il change d’équipe comme de casquette et malgré ça on le déteste pas non plus, même si « this boy has been nuthing but a deception ».

Michael

Escobar Macson
jeune prodige du quartier, précoce, doué en tout, pris en charge par les mauvaises personnes ce qui ne lui rendra pas service, maintenant il veut sa part.

Dukie

Nubi
même situation que michael, mais avec encore moins de chance, et beaucoup moins débrouillard apparemment.

Nick Sobotka

seth gueko
représente les ouvriers, flirte avec la rue et, livré à lui-même, finit par se ramasser la gueule comme on le sentait depuis un moment.

Ziggy Sobotka

orelsan-500
orelsan
un brave petit gars à la base, mais le manque de confiance en soi ça mène à des tragédies.

Sergei « Serge » Malatov

sefyu molotov
pas seulement pour le nom et l’accent, mais aussi pour ça : « he had a head ? he had arms ? so it wasn’t us » —> quand t’entends boucher, y’a lui qui va avec.

Bodie

Salif
trop rue pour gravir les échelons, il finit par foutre un chassé dans la fourmilière pour se faire entendre, ghetto soldier style. en général ça réussit moyen niveau plan de carrière.

Cutty fabe
Fabe
repenti, il a fait le tour du game, maintenant il observe de loin sans trop d’illusion, même si les plus jeunes le calculent plus, son nom est encore respecté des connaisseurs.

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