Archives de Tag: spri noir

Interview de Nakk

dans la joie et la bonne humeur

A l’occasion de la sortie de Super Nova, on a interviewé le mc préféré des forums rap en 2002 : Nakk Mendosa. Première impression : le bonhomme a l’air de clairement péter dans la soie, se paie un Sundae au caramel (qui avait l’air dégueulasse, preuve que les rappeurs français ont encore du chemin à faire pour être respectés dans ce pays), nous offre un ice-tea et un jus d’orange. Pour ne pas perdre la face Teobaldo a insisté pour lui laisser son stylo avant de partir. A un moment un type est venu nous interrompre pour nous demander le code de la porte des chiottes du Macdo, mais on l’a pas retranscrit par respect pour les lecteurs.

Teobaldo : Nakk, présentation ?

Nakk : Nakk Mendosa, rappeur solo depuis 1999, originaire de Bobigny. Supernova dans les bacs depuis le 18 mars.

T : tu précises même plus Soldafada ?

N : C’est mon 1er groupe, on a sorti un album en 1998, sur le label de Menelik. C’est là que j’ai fait mes premières armes … en gros, la première fois qu’on m’a entendu rapper, c’est grâce à Menelik !

T : Les 10 rappaient déjà à l’époque ?

N : Ouais, Lindis rappait depuis 89. Il avait 13 ans, il écrivait ses bouts de textes dans sa chambre, mais moi ça m’impressionnait, parce que c’était le seul mec que je connaissais qui rappait. A l’époque, c’était tabou !

T : T’as jamais voulu monter un groupe avec eux ?

N : Bah, j’étais déjà avec Soldafada. Mais ça aurait pu se faire, et qui sait, ça se fera peut-être, il n’est pas trop tard.

T : Lavokato a dit plusieurs fois qu’il arrêtait le rap …

N : C’est un menteur ! (rires) Il aime trop ça. Si on lui amène un projet bien pensé, qui tient la route, peut-être qu’il sera intéressé. Enfin, c’est à lui de voir !

T : On connait surtout le 93 pour ses rappeurs un peu hardcores… On a l’impression que Bobigny c’est plus doux.

N : Parce que tu connais Les 10 et moi, et qu’on n’est pas vraiment dans ce délire là, mais y’a plein de groupes un peu plus hardcores à Bobigny, c’est juste qu’ils ont pas émergé.

Spleenter : t’es le cousin de Mac Tyer… du coup t’es aussi le cousin de Gab’1 ?

N : Aucun lien de parenté.

S : Durant toutes ces années, aucun gros morceau MacTyer/Nakk, pourquoi ?

N : Comme quoi, la famille ça fait pas tout ! (rires) Faut trouver le morceau, le projet, etc. Mais on le fera je pense !

S : T’as beaucoup collaboré avec Monseigneur Mike. Comment s’est déroulée votre rencontre ?

N : Il habitait pas loin de chez moi à la base. Un jour, il m’a invité sur sa mixtape. C’est une époque où je rappais pas trop, on sortait beaucoup en boite. Dans le rap, c’est un des mecs avec qui je suis le plus proche humainement. On a pas juste une relation « collègues de rap ».
D’ailleurs, mon tout 1er feat avec lui, c’est un des premiers morceaux que mes fans m’ont reproché. Ça parlait de meufs, c’était un peu egotrip. Le mec parle de ça, je vais pas parler de prairie sur le même morceau !

S :  le clip Gangsta rap au champagne toujours de Mike, certains de tes fans ont pas du tout kiffé, comme les mecs qui se coupent les veines suite à la photo de Bieber qui bedav.

N : ah oui, c’était un sacrilège de ouf pour eux, c’était la fin de Nakk. « comment il peut faire ça nanana » (rires).

S : Invicibles remix, le clip : c’était obligé le côté solennel, avec le violoniste, le côté « regardez on sait écrire » ?

N : Ouais, ça faisait vraiment le truc « réunion de tous les lyricistes » … c’était pas voulu, mais je vois ce que tu veux dire. Après, le clip reste dans l’ambiance, on allait pas faire un clip avec une capuche et des lunettes.

T : J’aime beaucoup le morceau original, y’avait une poésie. Sur le remix, ok y’a de la technique, des messages, des noms, mais on perd cette poésie et ce côté planant.

N : Mais moi je voulais pas qu’ils fassent un truc calqué sur mon morceau. Je voulais que chacun arrive avec son univers. Pour moi ça reste un gros morceau. Dans 5, 6, 7 ans, on s’en souviendra comme d’un gros morceau.

S : Ça, c’est parce qu’il y a Mouloud.

N : (rires) On retrouve l’humour du Blavog ! Sérieusement, c’est un morceau qui m’a fait du bien, niveau image j’ai grimpé des échelons.

T : Dans « Invincibles Remix », les connexions se passent comment ?

N : Je connaissais surtout Dixon et Mokless. Red-K un peu, Youssoupha aussi, Lino pas du tout … C’était dur de tous les réunir ! C’est quelque chose que je referai plus.

S : En plus Jeff le nerf il posait plus trop à ce moment là ?

N : Bah c’est le premier qui m’a envoyé son couplet ! 2 ou 3 jours après que je lui ai envoyé l’instru. Et dix mois après, Lino m’a envoyé le dernier couplet ! Dix mois ! Mais ça valait le coup. En fait Lino, au-delà de tout ce qu’on peut dire sur lui,  son problème c’est qu’il est presque « trop » fort : ce qu’il fait, la qualité qu’il met dans ses textes, ça sert limite plus à rien pour l’auditeur d’aujourd’hui, il est noyé. Même moi, j’écoute Radio Bitume, parfois c’est « trop ».

S : Et pour Les 5 fantastiques, c’était galère aussi ?

N : Ça s’est fait direct ! Un truc de ouf, tout le monde en studio le même jour ! Par contre pour faire le clip avec les petits jeunes, c’est une galère : y’en a un qui veut plus trop voir l’autre, etc. Les anciens, tu leur dis un jour et BIM ils sont tous là. Mais c’est normal, c’est des premiers de la classe.

T : Tu dis « Le rap français me fait chier, j’aurais dû naître à Brooklyn ». Même aujourd’hui, ta préférence reste à New-York ?

N : J’aime beaucoup les rappeurs de Brooklyn. On me reproche souvent « tu bouges pas derrière le micro, c’est mou ! » … mais les Fabolous, les Jay-Z, ils bougent pas, on dirait qu’ils vont s’endormir ! T’as l’impression qu’ils rappent allongés ! J’aime ce côté nonchalant.

S : Dans une interview, tu disais que tu devais parfois te forcer à ne plus écouter de rap français pendant une période pour éviter le mimétisme…

N : Maintenant j’ai plus ce problème : j’en écoute plus ! (rires) Quand ça passe à la radio, j’écoute, mais fumer un album tout seul chez moi comme je le faisais avant, c’est terminé. J’y arrive plus ! Je trouve ça trop moyen. Même les mecs qui sont forts à la base, sortent des skeuds pas terribles. A part Despo … quand je l’écoute, je suis comme un enfant ! Il est à la limite entre la folie et le génie, c’est extraordinaire. Il est borderline !

T : Dans la nouvelle génération, y’a beaucoup de mecs qui reconnaissent ton taf, ce qui n’était peut-être pas le cas il y a 6-7 ans. Ça te motive ?

N : J’ai l’impression de mener une deuxième carrière. J’ai un vent de fraicheur, l’envie de rapper. On a reproché à des rappeurs de ne pas m’avoir invité sur leurs albums, mais c’était une période où je ne rappais même plus ! Tu vas pas m’inviter sur ton album si tu vois que je suis toute la journée chez moi, la main dans le caleçon, une bière à la main en train de mater le Bigdil. Si tu bouges, que tu sors des projets, les mecs t’entendent sur des morceaux … là, si ça leur plait, ils t’invitent ! Mais si tu fais rien, ils vont pas t’inviter !
Je me considère un peu comme un rappeur « du peuple », en opposition avec les rappeurs « du rap game ». Je suis pas bankable pour un rappeur ! Tu m’invites, je vais pas t’apporter grand-chose. J’ai pas le côté caillera qui va plaire à untel, je suis pas assez connu du grand public pour un autre … J’suis underground.

S : Pendant pas mal d’années, t’as pas mal gravité autour de Neochrome.

N : Neochrome, tu viens pour poser un couplet, tu te retrouves dans 5 morceaux différents ! Ils m’ont tenu en vie, c’est eux qui m’ont redonné envie. Des gens comme Seth ou Zekwe, je les connais via Neochrome. A une époque, ils voulaient même me signer.

T : D’ailleurs, Street Minimum a plus ou moins été annoncé chez eux.

N : Au niveau des contrats, c’est bizarroïde. Je m’y connais pas trop en juridique, mais je sais quand c’est bizarroïde. Et puis au niveau de l’image, ça allait pas. Ils essayaient de me convaincre, mais c’était pas cohérent. « Mais si, tu colles à l’image neochrome » (rires).
Les seuls contrats que j’ai signé, c’est avec Kaz par Kaz (Menelik) et avec BMG. C’est tout.

S –Et avec Casa One, c’était une coprod ?

N -C’était une mission d’intérim. On sort le projet après on voit. C’est grâce à Casa One que je me suis rendu compte que je pouvais le faire tout seul. Là, demain j’ai envie de clipper un titre, je le clippe ! J’ai pas à attendre l’aval de X ou Y.

S : Joe Lucazz tu l’as connu par Neochrome ?

N : Non, je le connais depuis Bombattak. Quand ils faisaient Joe & Cross. Joe Lucazz a un truc… plus fort que les punchlines. Un champ lexical super intéressant.  C’est un bon, Joe !

T : t’as pensé quoi de la chanson de la dernière coupe du m… (Shakira a fait une chanson  où elle gueule Zamina au refrain pour la coupe du monde 2010, et c’est aussi le titre d’un vieux morceau de Nakk)

N : (il coupe) ah je veux pas parler de ça (sourire). franchement ça m’a… viens on parle d’autre chose. Elle m’a volé ma vie cette meuf, alors qu’elle en a déjà une (rires).

S : Pourquoi le morceau Vacances avec Dany Dan a été sous-exploité ?

N : Il a pas été sous-exploité, mais carrément inexploité ! C’est le genre de morceau qui est bien quand t’es en major, mais en indé, ça sert à rien de les exploiter. T’as pas le réseau pour, il va pas passer en radio …

T : Y’a des mecs que t’aimerais feater ?

N : J’aimerais bien faire un remix avec des anciens : Akhenaton, Kery James, Oxmo …

T : Faudra faire le clip dans une maison de retraite du coup.

N : Mais moi aussi, je suis quand même un ancien, même si je fais beaucoup de feats avec la nouvelle génération.

T : T’as dit que t’avais beaucoup saigné Les Sages Po’ à une époque …

N : Surtout le 1er album en fait, après un peu moins. Moi c’est surtout AKH qui m’a vraiment marqué, au niveau de la construction de son rap.

S: ça ce sera coupé.

N: ah, t’aimes pas akhenaton ?

S: non je rigole. par contre je préfèrerais que tu dises que ton influence vient de Dany Dan.

N:  C’est Dany Dan qui m’a donné envie de rapper ! Ce mec, c’est un extra-terrestre. Après, y’a beaucoup de mecs très forts, mais tu vas pas forcément accrocher sur tout un projet. Tu retiens des couplets, mais pas l’album complet. Ils savent rapper, mais ils savent pas faire un bon morceau.

S : T’étais un grand amateur de Jay-Z. C’est toujours le cas ?

N : Déjà j’ai toujours plus été Nas que Jay-Z. Déjà, son côté businessman, même si je trouve ça bien pour lui, ça me fait pas du tout rêver. Il sait ce que les gens attendent, et il le fait proprement.

S : Qu’est ce que t’écoutes en ce moment, que ce soit français ou ricain ?

N : Drake, j’aime bien. Kendrick Lamar, Nas, Jay-Z, Lil Wayne, Rick Ross. Que ce soit nouveau ou ancien, j’écoute ce que je considère comme de la bonne musique. Rick Ross, pour moi, il fait de la bonne musique. En français, j’écoute presque plus rien. J’ai beaucoup écouté Socrate, les anciens albums de Booba. Mais sinon, j’écoute plus de rap français.

S : Pourquoi tu ferais pas un feat avec Casey ? (oui, cette question sort de nulle part)

N : Pourquoi pas, mais elle doit pas me trouver assez militant. Pourtant, on a fait beaucoup de scènes ensemble.

S : Niveau prods, t’es assez inclassable, c’est dur de t’identifier …

N : On me l’a dit y’a pas pas longtemps ! On m’a dit que c’était un défaut, que j’avais pas de couleur. Je prends les prods qui m’inspirent. Mélancolique, rythmée, hardcore … je prends ce qui m’inspire.

S : T’as posé sur des prods de Therapy. Vous vous êtes connus comment ?

N : On était au collège ensemble ! Sinon, jamais il me donne des prods ! C’est clair que maintenant c’est un peu « le beatmaker de Booba » pour les gens… Les autres rappeurs me demandent comment j’ai fait pour les obtenir, j’en profite pour me la raconter un peu, genre « Ah je sais pas, il a décelé chez moi quelque chose qu’il n’y a pas chez vous » (sourire)

T : Dans « Darksun », tu dis « Dans l’désert frère, il faut un touareg c’est tout ». Dans un autre morceau de l’album, « Puma », tu reprends quasiment la même phase : « J’traversais l’désert, j’étais pas en Touareg ». Tu veux t’acheter la voiture, c’est ça ?

N : (rires) Tu m’as cramé, c’est pas bien ! Faudra couper ça au montage ! Si t’écoutes bien, même dans Supernova, je reprends des trucs que j’ai déjà dit dans Darksun. Parce qu’au final, on raconte toujours un peu la même chose.

S : Depuis Darksun, j’ai l’impression que tu te lâches un peu plus en egotrip.

N : Ouais, j’me dis que maintenant j’ai un peu de bouteille, je peux me permettre ce genre de truc. Puis ce genre de phrases « vos punchlines, c’est mes ratures », ça va, c’est pas comme si c’était le premier venu qui sortait ça non plus.

S : Supernova, c’est un gros EP, ou un mini-album ?

N : C’est un EP ! C’est juste la continuité de Darksun. J’avais 7 ou 8 titres, je me suis lâché un peu, je suis allé jusqu’à 10. C’était juste un truc histoire de rester dans l’actu. Après y a des gens qui me disent « Mortel ton album » Je vais pas les contredire. C’est pas important, finalement. Ce qui est plus gênant c’est ceux qui voient les chiffres et me disent d’un air désolé « putain c’est dur », mais non, j’en ai mis 3000 en bacs, c’est normal que je tape pas 14 000 en première semaine. Après c’est vrai qu’ils peuvent pas savoir.

T : Le schéma : un morceau egotrip, un morceau un peu conscient comme premiers extraits, c’est pas un peu répétitif ?

N : Non pas vraiment, sur Darksun par exemple c’était pas le cas (Mad Max et Au calme). Pour Supernova, je voulais revenir avec un egotrip (Mendosalve), pas avec un morceau comme Devenir quelqu’un, même si c’est un bon morceau.

S : Surnakkurel, c’est fini ?

N : Nan, c’est juste que j’ai pas trouvé d’idée intéressante. Pour Darksun, j’en ai pas trouvé, pour Supernova non plus.

T : Le truc qui ferait chier ta fanbase, c’est que t’en fasses un avec Monseigneur Mike.

N : En plus, je voulais en faire un avec lui. je voulais l’inclure dans un clip

T : Mais Surnakkurel, c’est des trucs qui te sont arrivés à toi, à tes potes ?

N : Non, à personne ! Pour Surnakkurel 4, j’ai repris une histoire de Biggie. Il avait raconté le même genre de truc, avec un basketteur. Je l’ai adapté à ma sauce. J’aimerais bien en faire un nouveau pour mon album, mais faut que le truc soit original.

T : T’es tenté par l’autotune ?

N : J’en ai fait un peu, j’ai pas de problème avec ça.

T : Dans Darksun, d’où sortent les refrains de Zaggin et de Au calme ?

N : C’est mes beatmakers qui recherchent des voix cainris libres de droits. J’espère que personne ne va m’attaquer.

T : T’as remarqué que Sinik sur son dernier album, le reprend ?

N : Ça c’est parce que le beatmaker se croit en Jamaïque, il croit que tout le monde peut faire les mêmes refrains. Moi je m’en fous un peu, ça doit être pour Sinik que c’est plus compliqué, parce que même si je suis moins connu que lui, y’a des gens qui vont lui dire « Nakk il a fait le même refrain ».

T : Je pense qu’aujourd’hui, vous avez le même nombre d’auditeurs. Y’a plus grand monde qui écoute Sinik.

N : Tout à l’heure j’étais au téléphone avec Ol Kainry, on se disait qu’il y a des mecs qui ont moins la côte parce qu’ils ont sorti moins de bons morceaux, tout simplement. Les gens, si tu leur donnes pas des trucs pour les faire vibrer, ils lâchent. Sinik, même s’il a été beaucoup critiqué, il avait quand même une plume, il était fort.

T : dans « Jour férié » (Street Minimum) : « Fuite rime vite avec école, ils veulent aller en taule et faire un feat avec Akon ». Tu penses qu’il y a des mecs qui sont perdus à ce point dans le rap ?

N : Franchement, je pense que ça a traversé l’esprit de plein de mecs.

S : Une question de notre ami Big Paul Castellano : à quand un clip avec des meufs en string ?

N : C’est pas mon délire du tout, ce serait incohérent. Le seul cas où je pourrais le faire, ce serait pour un clip complètement décalé, un truc marrant.

T : Si t’avais vraiment les moyens, ton clip idéal ce serait quoi ?

N : Bah justement, un clip décalé. J’aimerais clipper « Ze Best », dans ce délire-là. Même un dessin-animé, ou je sais pas… c’est un morceau un peu bizarre, l’instru change, il faut un clip qui aille avec le concept. Pour l’instant j’ai Pourquoi et Dans ma zone qui vont être tournés..

S : Tu t’es fait connaitre aussi grâce à tes punchlines. Aujourd’hui, le terme n’est pas un peu galvaudé ?

N : Carrément ! T’as des mecs qui font juste une rime, ils appellent ça punchline ! J’en parlais avec Lino une fois, on comprenait plus. Certains textes, on sait pas trop, c’est des trucs que moi je garderais pas dans un texte. Du tout. Mais apparemment c’est des punchlines.

T : Rocé disait récemment « ce que vous appelez punchline, j’appelle ça écrire ».

N : Voilà !

S : L’évolution de ta carrière est atypique : pour caricaturer, t’as commencé dans un délire « musicalement commercial »

N : commercial, ouais…

S : avec le clip où t’as ton chapeau rigolo là.

N : ahah ok.

S : puis t’as eu une phase « rappeur technique » …

N : (il coupe, en riant) Ah, je mettais la dose à l’époque ! Quand je me réécoute, je me fatigue ! Je me prenais vraiment la tête !

S : donc c’est vraiment conscient d’avoir allégé depuis ?

N : Complètement. J’ai lu une interview de Jay-Z où il disait « les rappeurs sont tellement techniques qu’ils oublient de raconter des trucs »  c’est exactement ça ! Avant je cherchais la rime, et après seulement, ce que j’avais à dire. Maintenant, c’est le contraire : je cherche un truc à dire, et après, j’en fais des rimes.

S : Après Street Minimum, même si t’étais entre 2 trucs, la prédominance c’était le rap « conscient », et maintenant, t’entends carrément « Nakk c’est le poète du rap français » … tu te situes où par rapport à tout ça ?

N : Tout ce que je peux te dire, c’est que depuis ma première apparition jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours mis l’écriture en avant. Tu peux me critiquer sur tout ce que tu veux : les prods sont dégueulasses, le flow, le machin … mais pas sur l’écriture. C’est ça ma force. Quel que soit le thème, tu peux mettre une plume. Même sur de l’egotrip. Le côté poète … c’est parce que j’ai fait des morceaux comme « Devenir quelqu’un », en plus dans le clip je suis en cravate, ça rajoute encore plus dans le côté solennel, témoin de Jéhovah tout ça (sourire) Mais c’est pas quelque chose que je revendique.

c'est pas la peine de cliquer c'est pas une vidéo

c’est pas la peine de cliquer c’est pas une vidéo

S : Des rappeurs se sont engouffrés dans ce côté « poète », parce que ça permet de s’ouvrir à un certain public. Toi, c’est compliqué : t’es pas assez street pour plaire à un public un peu dur, mais trop street pour t’ouvrir au grand public.

N : Je me suis déjà posé la question. Faudra que je le fasse, pour l’album, c’est évident. là je m’amuse mais c’est évident que je dois passer de l’autre côté à un moment. Mon but c’est pas que les cailleras m’écoutent dans leur voiture. Enfin, j’aime bien quand ça arrive, mais mon salut il est plus dans le grand public. Je peux être écouté par une caillera ou une meuf de 16ans, mais mon salut passe par le grand public, les trentenaires. Si demain je veux passer chez Ruquier ou Denisot, je suis obligé de passer de l’autre côté, à un moment. Bon après il y en a qui abusent de ce côté là. Mais sur mes derniers projets, je peux pas le faire de toute façon.

S : Rien ne t’empêche d’alterner les 2.

N -Voilà. c’est ce que je fais. Ce que j’essaie de faire en tout cas. Mais sur l’album, y aura beaucoup plus de « devenir quelqu’un » que du trap, forcément. Sinon je suis foutu, je suis le rappeur lambda.

T –Mais y en aura quand même un peu, des trucs plus patate ?

N -Oui, oui ! y en aura quand même un peu. Mais Supernova, c’est mon premier projet où c’est vraiment du kif kif. Enfin je pense. L’album sera vraiment orienté plus posé. Mais je vais pas le rendre chiant quand même !

S – niveau feat, Ladea et Spri Noir…

N – c’était les plus réactifs, tout simplement. Et puis évidemment j’aime bien leur travail.

S –Y a qui en producteur sur Supernova ?

N -Bah déjà y a Lazy T, c’est lui (il montre le gars qui vient d’arriver dans le macdo, ça c’est du timing). Diakar qui avait fait la prod de « Au calme ». y a Zekwe qui a fait « Mendosalve » Y a Twister qui fait « devenir quelqu’un ». Sonar a fait « Dans la zone » et « Ze best » et Track Invaders a fait « Pourquoi ». Ça c’était un morceau à Mike, on va le clipper, normalement.

S : Comment tu t’es retrouvé sur le cd ?

Lazy-T : en fait Super Nova est mon 1er vrai projet, et j’y suis allé au culot, j’ai balancé des beats via twitter, ça lui a plu et voilà. C’était vraiment un plaisir parce que Nakk c’est quelqu’un que j’écoute depuis longtemps. J’ai fait les prods de Windows et Espace.

N : il est gentil, il dit ça parce que je suis là. Il est très bon !

S : en plus vous êtes en train de signer des papiers, donc c’est déclaré votre truc.

N : il faut, il faut. On fait de la musique, faut être professionnel, c’est le minimum.

S : sur Le Syndrome du trom, à un moment tu dis « en plus, amuse toi à faire rimer Ourcq ». T’aurais pu dire que le type en face de toi « ressemble à Mickey Rourke », c’était pas si dur que ça.

N: ouais mais à l’époque, Mickey Rourke il avait pas la tête en mousse, la tête de ouf qu’il a maintenant. Donc j’y ai pas pensé. Et puis de toute façon je dis direct après sur la mesure suivante, « pour que », je commence par ça. Histoire de dire, vous inquiétez pas les mecs, en vrai je suis fort quand même !

S : T’as une relation un peu bizarre avec ta fan-base. T’avais carrément des fanatiques.

N : C’est vrai. Youssoupha m’a dit « j’ai lu des commentaires de tes fans, c’est carrément des hooligans, je te les envie pas ». J’ai l’impression que j’ai les fans les plus chauds du rap français. Je vais utiliser un mot un peu fort, mais ils m’ont presque sacralisé. Si je voulais jouer la sécurité, je ferais un projet avec que des « Devenir quelqu’un ». Je pourrais le faire ! Mais ça me plait pas de faire ça. J’ai d’autres trips, j’ai envie de faire d’autres trucs.

S : On a l’impression que pour des gens, ta meilleure période, c’est celle où on t’entendait juste sur des tapes, que tu sortais pas de projets, en gros quand tu parlais à 700 personnes quoi.

N : Plus t’es connu, plus on va te critiquer. Les mecs vont jusqu’à se voiler la face, jusqu’à me dire que des vieux morceaux à moi vraiment pas terribles sont meilleurs que ceux présents sur Darksun et Supernova… Ils veulent que je ressorte les trucs que je rappais il y a 15 piges, mais ça existe pas les mecs qui rappent pendant 15 ans de la même manière ! T’es obligé d’évoluer.

T : « C’que tu racontes c’est pas d’la merde, mais on s’en bat les reins  » (Invincible) et « L’avenir, je leur en parle. Ils me disent que je suis pas leur renpas. Leur seul rempart c’est rester en bas et faire de l’or en barre » (Au moment où j’parle)… T’as conscience que les jeunes écoutent pas les conseils.

N : Bien sûr ! C’est comme le cinéma : t’as des mecs qui en ont rien à foutre des films d’auteur, ils veulent juste se taper une barre devant un film comique, ou voir Bruce Willis péter la gueule à plein de monde. Bah la musique c’est pareil : t’as des gens qui en ont rien à faire de la morale, du message, ils veulent juste écouter le dernier La Fouine ou le dernier Booba. Même des meufs ! Y’a des meufs qui veulent écouter que des rappeurs violents.

T : même Morsay arrive à vendre.

N : en fait Morsay je l’ai rencontré en vrai à une session studio de C’est nous les reustas remix. Je savais même pas qu’il était sur le morceau. J’arrive, je le vois je me dis « tiens il doit être venu voir quelqu’un ». Après je le vois en cabine « ah ouais, il prend la confiance quand même, on bosse, là ». Et là il pose son intro, tout le monde le félicite, Youssoupha était là « ouais grand gesteur ! ». J’ai pas trop capté sur le coup. Y’avait Disiz aussi, il est passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel (rires). Ceci dit, Morsay il a beau parler comme il parle, t’inquiètes que lui et son équipe ils sont grave lucides et savent faire du business, complètement.

S –Ton rapport à la scène ? Vous semblez bien rodés avec Les 10.

N -Là, au Divan du monde, j’étais super super crevé mais c’est vraiment ça que je préfère. J’ai hâte d’avoir le temps de bien mettre ça en place, de faire de bons shows, parce que c’est ce qu’il y a de mieux en vrai : quand j’ai fait « Dans la zone » en live alors que personne l’avait encore écouté. L’impression, c’est là que tu peux l’avoir, les yeux des gens quand ils écoutent. Y’a que la scène où tu peux avoir la réaction directe. Quand y a une punch, là y a un mec il rigole, l’autre crie, etc.

S : pour revenir sur l’actu, est-ce que t’es jaloux du buzz de la basket du pote de Booba ?

N : (sourire) en fait ce clash au début c’est bien, on est tous friands de ça ; le truc c’est que là ça dure quand même depuis super longtemps, et personne en sortira indemne… enfin remarque, Booba a un bon marabout : je marchais l’autre jour, je tombe sur un kiosque à journaux, je le vois en couv’ de GQ. Je suis rentré chez moi (rires) qu’est-ce que tu veux faire ?

S : On te voit toujours souriant même quand on te pose des questions de merde. T’es vraiment sympa, ou c’est juste pour la promo ?

N : Je me dis surtout que c’est que de la musique ! Je vais pas faire le mec sérieux, tu peux te planter, c’est pas grave. Je vais pas faire le mec vénère ! Des fois on me pose des questions à l’ouest, j’arrondis les angles. J’ai fait une interview pour TéléSud, la journaliste comprenait pas du tout ce que je lui racontais parfois. J’aurais pu l’embrouiller « mais madame t’as pas compris euh », j’ai essayé d’aller dans son sens quand même. Même avec vous, je fais ça depuis le début les mecs. C’est juste que vous avez pas remarqué.

T : Demain soir (interview réalisée jeudi 21/03/13) tu vas faire la Nocturne de Skyrock. C’est la première fois ?

N : Ouais. L’an dernier, ils auraient pu le faire, avec Darksun ! Sur le coup, j’étais pas content. Le mec doit recevoir des messages sur Twitter genre « pourquoi Nakk a pas son Planète Rap ? » … au bout d’un moment il lâche une petite heure dans la Nocturne, histoire de donner quelque chose, et qu’on arrête de lui casser les couilles. Après c’est clair que si je signe en major, demain je fais un Planète Rap. Mais comme j’ai dit quand on m’a parlé de ça, je pourrais gagner au Loto aussi tant qu’on y est !

S : « Street Minimum », « Le monde est mon pays », « Darksun », « Supernova » : tu passes de la rue, à la planète entière, au soleil, à la supernova … le prochain titre, ce sera quoi ?

N : On me l’a fait remarquer récemment, c’était même pas fait exprès. Le prochain, je casse tout, je l’appelle « Cuillère en bois » !

S : Y’a un mec qui nous a filé un t-shirt « Nakk c’était mieux avant ». T’en penses quoi ?

N : Putain, sérieux ?! (il y croit vraiment)

S : Nan.

N : (rires) J’étais en train de me dire « oh le ouf ! ». Bien sûr qu’il y a des gens qui pensent que Nakk c’était mieux avant, mais en ce moment ça se passe relativement bien pour moi, j’ai pas à me plaindre. Et mieux ça va aller, plus y’aura de monde pour dire « Nakk c’était mieux avant ». C’est mathématique, c’est français. Et limite, plus j’entends ça, plus c’est bon signe. Si on me disait « Nakk c’est à l’ancienne, il a pas bougé d’un iota » … nan, ça m’irait pas. Nakk, ce sera mieux dans 6 mois ! Après je peux comprendre. Moi je préfère le Booba d’avant ! Ou y’a d’autres trucs que j’ai kiffé, et je suis plus dedans maintenant. Donc je comprends que ça puisse être pareil pour moi. Mais en même temps, je vais pas revenir en arrière pour leur faire plaisir. Je vais pas faire « Le syndrome du trom 2 », « la Tour 14 » ! Je suis un raciste du passé ! J’ai horreur du passé. Surtout dans la musique, quand tu commences à faire des Best-Of, c’est le début de la fin.

S : Sur Le monde est mon pays, y’a beaucoup de morceaux qui datent un peu, ça donne l’impression que t’as des références ringardes, mais en fait c’est juste que tu les as écrits bien avant ? Genre John Q

N : Bah John Q, c’est un film que j’ai découvert sur le tard, et j’ai trouvé l’histoire très intéressante. Mais je cite aussi des films plus anciens, genre Les Evadés, mais ça c’est différent, c’est un classique.

S : C’est quoi ton genre de film ?

N : Tu vas me dire que je suis un ouf, mais je kiffe les films d’auteur français. Les titres chelous genre « Ferme le frigo, il fait froid ». Dès que je vois ça, je coupe tout, je regarde le film jusqu’à la fin. Y’a toujours des dialogues qui m’inspirent de ouf ! Les films français, c’est vraiment mon truc. Après je suis pas fermé, récemment j’ai vu Django Unchained et c’était très bien.

S : … (il réalise qu’il ne pourra pas parler de Batman ou de Kick-Ass avec cet individu)

T : Ton fils est toujours fan de l’Undertaker ?

N : Nan, c’est fini le catch. Enfin lui, il est plus dedans en tout cas.

T: ah. (cette réponse déprime légèrement Teobaldo)

WARNING : NAKK VA VOUS SPOILER DES PASSAGES-CLÉS DE THE WIRE

T : tu dis que t’as « plus pleuré la mort de Stringer Bell que celle de ton couple »… parle nous un peu du personnage.

N : Ça m’a fait mal. C’est un petit bâtard, mais c’est un personnage extraordinaire. C’est comme Boyz in the hood, à chaque fois que je le regarde, j’espère qu’il ne va pas se prendre une balle à la fin. Et à chaque fois, je suis super triste, alors que je l’ai déjà vu dix fois ! Pour Stringer Bell, pareil. Je me doutais qu’il allait se faire canner, mais je me suis menti jusqu’au bout. C’est un méchant qui est dans l’intellect, un vicieux. Pour comparer, la mort de Prop Joe, j’étais moins triste. Celle de Boddie, un peu ouais. Il est mort en soldat ! Omar, j’étais super choqué. Pour Snoop, j’étais content, elle était soulante à vouloir buter tout le monde ! Cheese, j’étais content aussi. C’est un gag ce mec ! Elle m’a perturbé cette série, j’étais à fond dedans.

S : Le mot de la fin ?

N : Je te fais le truc classique : Supernova dans les bacs, allez soutenir, blablabla.

S : t’as pas mieux que ça ?

N : Si : les interviews aussi c’est mieux maintenant je trouve. Parce que moi, durant des années, on m’a sorti la question « mais alors c’est pas trop dur de pas avoir percé ? C’est dommage quand même, non ? », on me disait ça super gentiment en plus ! C’est comme si tu perds un billet qui s’envole et pendant toute la journée ton pote est là « merde c’est pas de chance hein ? Tu te rends compte, t’aurais pu t’acheter… » c’est bon c’est passé (rires).


et ouais, on s’est même retenus de lui poser la question « quand t’épelles ton blase t’es obligé de dire N.A caca ou c’est comment ? tu dis Na2k ? ». Pro jusqu’au bout sur ce coup là.
(pour rappel, si vous aussi vous désirez une interview, nos tarifs sont ici. Certes ce n’est pas donné, mais la qualité a un prix.)

4 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Nakk

Booscata’4 : les recalés

Demi-portion – les gars, y’a un type chelou qui vient d’arriver
Mister You – booska’taga !
BKP – mais c’est pas vrai…
Mister You – je viens vous filer mon son pour la booska’tape
BKP – comme c’est gentil. Seulement voilà, tu n’es PAS dessus. Ça sert à rien de revenir tous les jours putain.
Mister You – mais… je suis jeune… j’ai du buzz, alors pourquoi pas ?
BKP – ah mais oui, tu as du buzz, du succès, et tout. Mais tout le monde te déteste maintenant que ton album est sorti et a cartonné. Fallait rester en cavale et faire des mixtapes.
Fababy – Et pas s’afficher avec Colonel Reyel
Sultan –  ni se faire défoncer par deux meufs chez Laurent Ruquier
Abis – désolé frérot, avant t’étais cool, mais là c’est plus possible.
Mister You – et merde… j’ai plus qu’à racketter les 5 types devant le studio.
BKP – voilà. Attends ! 5 mecs, tu dis ? Mais alors ça ne peut être que…


1995 – salut les gens !
BKP – qu’est-ce que vous branlez ici ?
Nekfeu – on vient vous filer le titre pour votre tape comme on avait dit.
Sofiane – comment il a trop de cheveux lui
Abis – c’est vrai que niveau dégaines vous êtes durs, surtout tina arena et keufmachin
Alpha Wann – areno jaz et nekfeu ?
Abis – si tu veux
BKP – mais vous avez pas eu mon mail ? On a plus besoin de vous maintenant. On a la Sexion d’assaut.
Sneazzy – c’est de la triche, ils sont déjà triple platine eux, comment vous pouvez les mettre dans un truc censé présenter des gens qui ont pas encore bien percé ?
H magnum – c’est simple, techniquement c’est mon titre, et eux sont en feat. Malin, non ?
Alpha Wann – mais nous on pourrait vous apporter une autre couleur sur votre mixtape. Surtout que le public de la Sexion c’est des collégiens
H magnum – en même temps quand on voit la gueule du vôtre c’est pas glorieux non plus.
BKP – voilà, techniquement, vous êtes des rappeurs très corrects. C’est pas vraiment vous le problème, c’est plus vos fans
Nekfeu – bah ils ont quoi nos fans ?
Scylla – disons que ça fait toujours bizarre de voir des gens qui ont la moitié de ton âge et qui écoute du rap depuis une semaine t’expliquer que vous êtes les seuls qui ramènent le « vrai hiphop »
Abis – et ça donne envie de leur sauter sur les couilles à pieds joints
Alpha Wann – mais attendez, ça on y peut rien nous. vous devriez le savoir, tonton marcel
BKP – plus jamais tu m’appelles comme ça. JAMAIS. et si, quand même. Vous appelez votre EP « la source », vous posez que sur des instrus ambiance à l’ancienne…
Fonky Flav – ça c’est parce qu’on y est accrocs. Mais depuis un mois, on essaie de se sevrer, on met des patch.
Sneazzy – en plus on fait des efforts, regardez, moi j’ai posé avec la fouine sur une instru dirty
Fababy – c’est marrant, parce que sur un son avant tu disais « fuck le dirty » du coup tu passes un peu pour un con.

Nekfeu – et notre remix de The Motto ? Ah ! Vous voyez qu’on tente des trucs !
BKP – tu dois parler de ce truc où vous pompez littéralement les placements de Drake, Lil Wayne et Tyga sur plus de 3 minutes.
Alpha Wann – ouais non mais bon, nous
BKP – bah ? Tu finis pas ta phrase
Alpha Wann – j’ai oublié mon texte, ça m’arrive souvent
Sultan – en plus pendant tout le clip on voit Sneazzy tiser du champomy
Sneazzy – mais c’était pour le fun, ça
Sultan – je te rassure, on a tous beaucoup ri en te voyant.
Areno Jaz – vous pouvez quand même reconnaître qu’on ranime la flamme de l’esprit hiphop alors qu’elle s’était éteinte depuis longtemps
Amy – vous en avez pas marre de parler tout le temps du hiphop comme si c’était votre daron ?
Niro – surtout que l’esprit hiphop c’est comme le père Noël. Ça fait rêver mais à partir d’un certain âge faut passer à autre chose les mecs.
Fonky Flav – comme quoi ?
Leck – comme les meufs par exemple
Sneazzy – moi je peux pas, je me préserve pour le mariage, je l’ai dit plusieurs fois sur twitter
BKP – et les autres, c’est quoi votre excuse ?
Nekfeu – ah non, mais nous on a des meufs
Areno Jaz – plein !
BKP – bien sûr, bien sûr. Ça ne change rien au fait que vous ne pouvez pas être sur la booska’tape
Alpha Wann – et vous les autres, ça vous dirait pas de nous défendre un peu non ?
Ladea – on aimerait bien mais on voit pas bien qui vous êtes exactement
Nekfeu – vous voulez dire qu’aucun d’entre vous n’a saigné nos sons ?
Sofiane – Est-ce que j’ai la gueule d’un connard qui a grandi dans les Pyrénées ?

Kertra – excusez-moi. Je me permets d’intervenir ici parce que j’ai l’impression qu’on s’fout un peu de ma gueule.
Abis – oh !
Leck – Kertra !
Sneazzy – qui ça ?
Sadek – c’est normal que ça te dise rien, c’est le père spirituel de tous les rebeux hardcore dans le rap.
Sneazzy – je suis marocain
Sadek – haha ! T’es con.
BKP – mais qu’est-ce que tu fous là ? Parce que si c’est pour qu’on fasse la promo du prochain Express D, faut d’abord passer par la régie pub.
Kertra – la quoi ? De toute façon moi je suis là pour Sofiane
Sofiane – ah ?
Kertra – ouais. Ta rime là. Sur les connards des Pyrénées. Pourquoi tu dis ça ?
Sofiane – bah j’en sais rien, j’ai pas réfléchi 10 ans non plus, c’est une phase marrante alors j’ai pris un nom de région qui rimait et c’est tout.
Kertra – parce que moi je suis né à Pau, donc dans les Pyrénées.
Sofiane – mais non, t’es de Mantes, comme ton groupe
Still Fresh – tout le monde sait ça
Kertra – non, je suis né à Pau, et j’ai bougé dans le 78 quand j’avais 1 an. Regardez ma carte
(silence choqué de toute la salle)
Kertra – je vois pas ce qu’il y a de si incroyable
Spri Noir – bah t’es un provincial ! Comme Niro !
MOH –  et comme moi !
Abis – non, comme Niro seulement, faut pas abuser non plus.
Niro – vous voyez qu’on peut venir de province et être plus hardcore que les parisiens maintenant. On les entend moins vos grandes gueules là.
Kertra – en tout cas Sofiane, faut bien réfléchir quand tu dis des trucs comme ça. Moi quand je dis du mal des gens, je le pense vraiment. Quand je dis « celui qui dit qu’on vient de Paris je m’occupe de lui et de sa reumé » faut savoir que je me visualise en train de défoncer la vieille mère de cette personne. Toujours focus !
Sofiane – ok
Kertra – quand t’insultes des gens comme ça, n’oublie jamais l’homme. Allez salut les ptits gars.

Sneazzy – Les mecs vous allez pas le croire mais j’ai l’impression que mes couilles sont plus grosses !
Guizmo – mets ton froc à l’endroit, ça passera
Sneazzy – ah ouais ? Bah t’es viré mon pote !
Guizmo – hein ?
Alpha Wann – ça allait finir par se voir que t’étais pas des beaux quartiers, que t’étais pas un vrai. le real hiphop c’est fait par des petits bourgeois pour des petits bourgeois.
Sneazzy – surtout que Guizmo n’a jamais fait partie de 1995, mais juste de L’Entourage, même s’il était proche du S-crew
Ladea – dites, c’est une manie chez vous, les noms de groupes qui puent la merde ?
Nekfeu – …et nous nous sommes réunis à la pleine lune, nous avons invoqué l’esprit ancestral du hiphop et il nous a dit que Guizmo devait être exclu.
Fonky Flav – Guizmo, vous êtes le maillon faible
Alpha Wann – tu vas nous rendre ton insigne et ton mic.
Guizmo – sérieux ?
Nekfeu – Oui. On a voté à l’unanimité et de toute façon on a déjà fait un communiqué qu’on a diffusé massivement sur le net
Guizmo – ah. Bon bah dans ce cas, pas de souci. Du coup moi je vais devoir envoyer un clash dans vos mères.
Alpha Wann – Hein ? Mais c’est pas du jeu, ça ! Chez nous on ne se clash que par communiqué
Sneazzy – et on dit « big up à nos souteneurs » à la fin.
Guizmo – peut-être que comme ça vous allez arrêter de confondre communiqué et protège-slip. De toute façon vous deviez vous y attendre, j’ai même fait une vidéo où j’explique à quel point faut pas m’emmerder
Leck – elle est bizarre cette vidéo d’ailleurs
Guizmo – comment ça ?
Leck – bah t’es torse nu, t’as des nanas avec toi, de la tise et du shit, et une caméra. A priori y’avait plein de trucs sympas à faire. Mais non.
Guizmo – ah mais moi c’est juste qu’à un moment je me suis dit « hé, faut que mes détracteurs voient ça ! » alors je sors la caméra, bon les meufs étaient contentes, jusqu’à ce qu’elles comprennent que non, car moi j’ai le sens des priorités. Si je sors la cam’ c’est principalement pour insulter tous ces clampins qui me chient dans les bottes. Je vous baise !
Demi-portion – ah ouais, quand même…
Guizmo – en plus j’ai été très patient, j’ai même rien dit pour cette vidéo étrange, malsaine et dérangeante où Sneazzy se met à caresser la main d’Areno Jaz en pleine interview
Sneazz – je croyais qu’il voulait me passer le micro ! Vous faites chier à la fin !
Abis – ah, c’est donc pour ça que Jeez a des trucs si étranges autour de la bouche
Guizmo – ouais, tu comprendrais si tu voyais les couilles de Sneazzy.
MOH – j’aimerais bien voir ça
les autres – …
Guizmo – alors achète un microscope
Areno Jaz – gnagnagna ! Ça suffit, on vous emmerde et on rentre à notre maison.
Amy – mais tu vas être bien embêté pour tes textes, non ? Vu que t’arrêtais pas de balancer l’entourage par ci, ou carrément des cassded avec les noms des mc’s à tout bout de champ
Guizmo – c’est pas grave, je remplacerai des mots. Par exemple, dans « Normal », j’aurais qu’à dire «tu connais les bails, du rhum et des tasses, et Nekfeu a p’têtre niqué SA frangine »
Nekfeu – ah bah bravo, c’est fin.
Guizmo – la taille de ton sexe ne regarde que toi.

Nakk – salut, je viens faire mes emplettes pour mon prochain son, je cherche des petits jeunes qui n’en veulent. Pour un morceau qui s’appelle les 4 fantastiques. Hmm… je prends Niro, Sofiane et j’ai déjà Kevin Ramos.
Leck – cool, on pose quand ?
Nakk – hein ? Mais non, j’ai juste invité Niro, Sofiane et Zekwe Ramos. D’ailleurs tu vois bien : on est 4 au total, d’où le titre les 4 fantastiques
Sofiane – les 4 fantastiks c’est un groupe de blanc-mesnil
Nakk – c’est surtout des héros de comics
Leck – bah alors vous avez qu’à changer le titre et l’appeler les 5 fantastiques
Niro – c’est complètement con comme idée
Leck – trop tard ! J’ai déjà posé.
Nakk – déjà ?! Mais comment c’est humainement possible ?
BKP – personne ne sait comment il fait ça. Comment tu crois qu’il a eu 2 titres au lieu d’un seul sur la booska’tape ?
Nakk – ah ouais, vu comme ça…

Et, sur le chemin du retour vers le futur du passé du hiphop :

Sneazzy – hé les mecs, je me demandais… ce que j’ai fait avec ma main dans la vidéo là
Nekfeu – ouais ?
Sneazzy – C’est peut-être ça ce que les gens appellent « devenir un homme »
Nekfeu – heu… je sais pas, là
Sneazzy – Tu penses que je devrais m’acheter un test de grossesse ?
Nekfeu – Je pense que tu devrais d’abord faire un communiqué, c’est plus sûr.

1 commentaire

Classé dans sliphop

Booscata’ 3

Retour à Paris, et derniers conseils pour la promo

BKP – bon, maintenant que vous êtes tous là et que vous avez posé on va pouvoir bosser la promo, et notamment comment mettre en avant chacun, avec un style différent à chaque fois.
Ladea – perso je suis une lyriciste de haut niveau. La preuve, j’ai fait une apparition dans un clip de Nakk
BKP – ça ne veut rien dire, Sofiane aussi était dans ce clip
Sofiane – hé !
Ladea – ah oui tu marques un point
Demi-portion – moi ce serait plutôt rap à l’ancienne
Leck – moi j’ai une crête
BKP – …
MOH – moi c’est plus, au niveau du style, un peu…
BKP – et n’oubliez pas, donnez le meilleur de vous-mêmes, comme dans une compet’
Niro – vous voulez qu’on se tape ?
BKP – Hein ? Mais non. Je veux une compétition saine et positive entre vous
Guizmo – Ah, je vois. Vous voulez qu’on se clashe
BKP – non plus. Faut juste que tout le monde soit au top. Comme à la belle époque des grands freestyles, les time bomb, etc.
Sultan – c’est gentil de nous comparer à time bomb
BKP – personne n’a dit ça. Il va vous falloir des gimmicks qui accrochent l’auditeur aussi, histoire de pas se retrouver comme des cons entre deux couplets avec des moments de silence, ça fait pas pro
Guizmo – ça y’a pas de problème, on en a tous un
BKP – comme quoi par exemple ?
Ladea – Qui veut-qui veut !
BKP – Je ne comprends pas. Qui veut quoi ?
Ladea – Non mais c’est tout. Si c’était une question complète ça marcherait pas
BKP – ça marche déjà moyen. les autres c’est quoi ?
Fababy – baby! Baby !
Sadek – N-n-n-n-n-n-n-ium !
Leck -Yougo !
Sofiane – I need m…
BKP – te fatigue pas va, je crois que j’imagine la suite. Bon on va oublier les gimmicks pour le moment.
Leck – attends moi j’en ai un deuxième
BKP – et c’est ?
Leck -Youguette !
BKP – pardon ?
Leck – Parce que yougo, youguette !
les autres – …
Leck – c’est le féminin, quoi
les autres – …
Leck – et… heu… oui, non continuez, désolé.


Guizmo – Villeneuve-la-Garenne ! Les immeubles, la galère !
BKP – ça par contre c’est une rime, pas un gimmick
Guizmo – ça m’empêchera pas de le dire tout le temps !
BKP – si tu veux, si tu veux. Mais vous en avez pas des plus simples ? Qui rentrent dans la tête des gens ? Comme le tchtch de Lino ?
Lino – je pense que vous vous méprenez sur la fonction d’un gimmick, les jeunes.
Still Fresh – ah ! Y’a un fantôme dans le studio !
Spri noir – non, lui c’est Lino
Still Fresh – y’a le fantôme de Lino !
Spri noir – Laisse tomber.
BKP – mais qu’est-ce que tu fous là ?
Lino – je dormais dans le studio, dans la pièce à côté, et j’ai entendu votre concours de qui a le pire gimmick
Demi-portion – tu dormais au studio ? Tu prépares ton nouveau solo en bossant non-stop dis donc
Lino – non, c’est juste qu’hier soir j’étais bourré et j’ai perdu mes clés.
Demi-portion – forcément.
Lino – et je trouve que vous vous forcez trop pour vos gimmicks. Vous savez pourquoi je dis « tchtch » à la base ?
MOH – Pour faire genre « chut, chut, je vais parler » ?
Lino – toi tu dois être l’intello du groupe. J’ai trouvé ce gimmick juste pour pas imiter les cainris et dire « yo » toutes les 4 mesures. Et c’est tout. Vous devriez arrêter de vous prendre la tête et juste être naturels.
Leck – merci pour vos conseils monsieur… qui que vous soyez.
Lino – c’est ça. À la revoyure les jeunes.
Amy – So-so, pourquoi tu lui a pas dit que c’est ton rappeur préféré ?
Sofiane – mais tais-toi, merde ! Il pourrait encore t’entendre.
Amy – bah quoi ?
Sofiane – bah on est des rappeurs français. Ça ne se dit pas ce genre de choses, c’est obscène. Quand on apprécie un autre rappeur, on se contente de hocher la tete tout au fond de la salle dans ses concerts, discrètement. Et tu m’appelles plus jamais so-so, y’a que moi qui fais ça, et seulement sur mes morceaux.
Sultan – moi je vais faire un truc bonne ambiance, de toute façon c’était déjà le cas avec « Ce soir je ken »
Sadek – et des cainris ont répondu à ton clash
Sultan – mais c’était pas du tout un clash
Sadek – ça les empêche pas d’avoir répondu
Sultan – répondu à quoi ?
Fababy – t’as fait un son où tu dis que tu vas peut-être niquer, eux ils ont fait un son où ils disent qu’ils ont niqué, et y’a jessica alba et d’autres en guest. Et c’est pas des rappeurs, c’est des comiques
Sultan – j’me suis fait keeeeeeeeeeeeeen !

Niro, Unité 2 feu, RCP, Tige la rafale, Sidi Sid – Bandes de putains remix (ça n’a rien à voir avec le reste mais on aime bien ce son)

4 Commentaires

Classé dans sliphop

Booscata’ 2

Demi-portion – salut
BKP – bonj… attends deux secondes. C’est quoi cet accent ? T’es sûr que tu fais partie des parisiens ?
Demi-portion – à la base je suis de Sète, mais je suis sur Paris en ce moment, je taffe avec Yonea.
Leck – c’est marrant, il vient de Sète, et il taffe avec Yonea.
Demi-portion – je vois pas bien ce qu’il y a de drôle
Leck – bah Sète, Sète… Gueko ! Avec Yonea, tout ça.
(silence consterné de toute la pièce)
Demi-portion – vous êtes tous comme ça en Île-de-France ?
BKP – non, rassure-toi. Où j’en étais ? Ah oui. Le truc c’est qu’il faut, en plus du reste, arriver à satisfaire un max de labels. Par exemple nous on aurait adoré avoir la Sexion, mais ça sert à rien, ils ont fait triple platine. Alors du coup on a pris H magnum, histoire de toujours avoir du Wati B
H magnum – vous m’avez aussi pris pour mon talent, non ?
BKP – Ton ?
H magnum – TALENT
BKP – je ne vois pas bien de quoi tu parles. Quant à Amy elle est là pour Foolek
Fababy – mais vous en avez pas besoin, vous filmez rohff souvent quand même
BKP – oui mais là c’est un problème au niveau de la base de données
Abis – la base de données ? C’est quel quartier ça ?
BKP – Non, c’est un truc du site. À chaque vidéo de rohff, y’a une avalanche d’attardés qui font 10 000 commentaires, une partie pour dire que c’est un enculé, une autre pour dire que c’est le meilleur, jusqu’à ce qu’un petit génie fasse une comparaison foireuse avec booba, et là c’est la porte ouverte à tout un troupeau de cinglés qui s’insultent pendant des jours. Ça prend trop de place ces conneries. Alors qu’avec Amy, c’est plus simple, étant donné que tout le monde s’en fout. Ne le prends pas mal surtout.
Amy – ça va, je suis une rappeuse, j’ai l’habitude*
Sofiane – c’est pas pour faire chier mais pourquoi y’a personne du label de Booba ?
BKP – parce qu’il n’y a personne sur le label de Booba, einstein. Il est le seul artiste. Bon, je vous laisse, je dois recruter les provinciaux.


Et évidemment il fait la connerie de laisser tout ce beau monde seul. Parce que les rappeurs, c’est comme les auvergnats, quand y’en a un, ça va, c’est quand y’en a plusieurs que les problèmes commencent (dédicace à brice de pute, un mec qui n’en est plus à une connerie près, en plus d’être roux)
Sofiane – moi je serai dans le registre arabe vénèr, comme si j’étais le nouveau Demon One un peu
Fababy – c’est pour ça que tu vas plus chez le dentiste ?
Sofiane – En attendant j’ai pas un alien qui essaie de sortir de mon crâne. Le prends pas mal, Niro
Niro – ça va, j’ai l’habitude
Still Fresh – et toi, gros ?
Sadek – m’appelle pas gros, petit
Still Fresh – je suis pas ton petit, bouboule
Sadek – ça suffit les attaques sur le physique ! C’est dégueulasse !
Spri noir – Non mais il disait gros comme une façon de parler
Sultan – c’est pas comme s’il t’avait dit que t’es le Tekilatex du 93
Fababy – ou qu’entre ce que tu transpires et ce que tu postillonnes à chaque freestyle, on tient la solution de la sécheresse en Afrique
Sadek – ouais, ouais. En attendant comme disait un grand rappeur français «le rap c’est le seul genre musical ou on en a rien à foutre de ta gueule : Biggie pesait plus de 100kg, il était laid comme pas possible, mais il tuait, donc on s’en foutait »
Niro – C’est pas con du tout, ça, c’est de qui ?
Sadek – Casey
Demi-portion – forcément

———A Marseille (ça va très vite, on a qu’à dire que BKP voyage en booska’tapulte)——–

Ladea – pourquoi je suis la seule à qui vous avez demandé une photo, une pièce d’identité et un prélèvement sanguin ?
BKP – parce que t’es une rappeuse consciente du Sud
Ladea – et alors ?
BKP – et alors on devait, avant toute chose, s’assurer que t’étais pas Keny Arkana.
Ladea – et pourquoi vous invitez pas mon pote Luciano ? Il est pas assez mis en avant et c’est un tueur.
BKP – oui mais non. Le principe c’est de faire croquer des petits, des tous jeunes
RedK – ahem !
BKP – … ou des quasi-trentenaires qui n’ont jamais percé, c’est vrai. Vous êtes qui, vous quatre ?
Les 4 – on est Révolution Urbaine !
BKP – Attendez, c’est le nom de votre groupe ? Ça sonne comme une association ou un parti politique de hippies. Et c’est quoi vos blases à chacun sinon ?
Makiavel – Zino, La Meche, lui c’est Briganter et moi c’est Makiavel
BKP – …
les autres – …
BKP – vous vous foutez d’ma gueule ? C’est quoi ces noms de merde ? On dirait des méchants de dessin animé japonais à chier
Makiavel – en fait, Makiavel vient de Machiavel, qui était…
BKP – JE SAIS QUI C’EST. C’est justement le problème. Mais passons, de toute façon vous êtes des rappeurs marseillais, c’est pas comme si vous étiez réputés pour vos blases de génie non plus. Par contre, vous pourrez pas tous monter sur Paris pour la promo à Sky.
Briganter – Oh ? Vous pouvez pas tous nous payer de billets de train ?
BKP – Pour faire court : non. Pour faire moins court : on ne paiera les billets de personne. C’est juste que vous allez pas tous venir.
Zino – Comment vous allez choisir qui vient ou pas ?
BKP – C’est très simple, tu vas voir. Ladea et MOH ! Vous venez. Les autres, vous restez sur place.
Les autres – Pourquoi ?
BKP – Ladea c’est le quota fille. Et MOH c’est… mmh… y’a pas trop de raison en fait, mais on allait pas prendre un groupe. Désolé.
RedK – comme par hasard
BKP – en même temps, vous êtes des rappeurs du sud de la France. Pour vous donner une proportion, vos chances dans le rap game sont les mêmes que celles d’un noir dans un film d’horreur des années 90.

*il est à noter que l’auteur de cet article n’a même pas pris la peine d’expliquer quand ni comment Amy se retrouve dans cette scène alors qu’elle n’était pas là avant, mais aucun lecteur ne l’a remarqué, c’est dire à quel point tout le monde s’en fout

Aretha Franklin – Respect

2 Commentaires

Classé dans sliphop

Booscata’

C’est le projet censé racheter une crédibilité à un site qui s’est peu à peu détaché de sa base, et qui s’est donc très logiquement retrouvé à se faire insulter par une bonne partie du rap de rue frinçais, toujours prompt à jeter des parpaings sur un animal blessé. La Booska’tape a pour mission de réconcilier une frange du rap laissée pour compte ces derniers temps avec l’image du site qui se veut de plus en plus classe. Pour cela, la recette est simple : faire une tape avec des jeunes talents. Si ça marche pour Booba et La Fouine, y’a pas de raison que ça foire ici. Gros plan sur une première réunion des protagonistes, autour du responsable, un homme qu’on appellera BKP, histoire de pas se faire trop chier.
Quelque part dans un studio parisien,  Abis roule un perso, Still Fresh et Spri Noir feuillettent le livre The Wire pour les nuls, Guizmo est ivre mort, Leck se remet une couche de gel sur sa crête, etc, bref, chacun vaque à ses occupations habituelles.

BKP – je vous ai rassemblés ici pour le projet Booska’tape. Vous avez tous été sélectionnés pour y figurer. Pas parce que vous êtes les meilleurs. Pas parce qu’on vous aime bien. Mais parce que vous êtes tous sur le juste équilibre entre la street-créd et le besoin désespéré de buzz à tout prix.
Still Fresh – Ça veut dire que vous allez nous faire de la pub gratuite ?
BKP – tu dois être nouveau dans le rap toi. Plus sérieusement, poser sur la tape vous apportera un planète rap, et c’est déjà beaucoup par les temps qui courent.
Leck – on sera payé combien ?
BKP – aha ! T’es con.
Sofiane – I need money !
BKP – oui, non mais bon…
Sofiane – I need moneeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeey !
BKP – vous aurez tous droit à une vidéo en home page.
H Magnum – cool, on pourra présenter nos projets.
Sadek – ça c’est sympa parce que j’en ai un qui sort bientôt et…
BKP – hop hop hop ! Dans ces vidéos vous parlerez surtout de la booska’tape.
Sofiane – I NEED…
BKP – et vous ferez un freestyle, vous êtes des rappeurs, vous raffolez de ça. Hein qu’ils aiment les freestyles ? Par contre les quelques minutes où vous parlerez d’autre chose que de la booska’tape, ce sera décompté, et vous devrez les payer comme de l’espace pub ordinaire.
Niro – Non mais attendez là. Vous voulez qu’on paye pour une vidéo où on promotionne VOTRE projet ?
BKP – je promets de vous faire un prix d’ami.


Abis – bon ça suffit les conneries. On pose gratos, mais faut nous mettre bien après au niveau du site, un échange de bons procédés quoi, équitable.
BKP – bon. Mais surtout ne parlez de cette idée à aucun des Marseillais. Ils ne sont pas aussi bons en maths.
Sofiane – Parce qu’en plus y’aura des marseillais ?! (il crache par terre)
BKP – oui, tout est histoire de quotas pour satisfaire tout le monde, les parisiens, les provinciaux. On a même pris un belge, et on va pas s’mentir, on a jamais parlé de lui jusqu’ici, on l’écoutait pas avant, et on l’écoutera pas après. On a aussi le quota rappeuses avec…
Fababy – Parce qu’en plus y’aura des filles ?! (il crache plus fort que Sofiane)
Niro – et y’a moi aussi
BKP – t’es de province ?
Niro – bah oui, de Blois
Leck – ahaha, mais non arrête tes conneries yougo, t’es du 94 toi
Sofiane – mais ouais, il est même chez street lourd
Niro – putain je vous jure que non, j’habite la ZUP de Blois, regardez ma carte si vous me croyez pas.
(silence choqué de toute la salle)
Niro – je vois pas ce que ça a de si incroyable
H magnum – non mais c’est juste que…
Sadek – comment t’expliquer…
Abis – ce qu’ils essaient de te dire c’est que t’as pas une dégaine de plouc, pour un mec qui sort d’un trou paumé.
Niro – ah.
BKP – merci pour ton sens de la diplomatie, Abis
Abis – à vot’ service
Guizmo (il vient de se réveiller) – moi je sais déjà que je vais pouvoir placer une super rime multisyllabique : « Fif de booska-p kiffe le bukkake »
BKP – …
Guizmo – ça bute non ?
BKP – …
Abis – C’est génial !
BKP – Non, non, et non. Ça bute pas, c’est pas génial du tout, et pourquoi t’insultes le type qui te fait poser sur sa tape ?!
Guizmo – C’est pas ça le thème ? Insulter Booska-p ?
BKP – pour la dernière fois, c’est la booska’tape. La tape DE booska-p, pas CONTRE booska-p.
Guizmo – ah merde. Je vais devoir tout réécrire.
Spri Noir – Le fais pas bourré cette fois, ça aidera peut-être.
BKP – Si tu veux nous insulter faudra faire comme tout le monde, attendre la partie 2 du dvd la vérité sur le rap indé.
Guizmo – Cool !
Fababy – Attendez, ça vous gêne pas que des mc qui ont plus ou moins dit que vous étiez le skyrock du net posent sur votre projet ?
BKP – Non, tu peux parfaitement faire les deux, comme Sofiane ici présent
Sofiane – tout à fait. D’autant plus que I need money.
Sadek – c’est un peu hypocrite
BKP – c’est un peu le rap game, jeune homme.

C’est un peu la fin de cet épisode.

11 Commentaires

Classé dans sliphop