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Escobar Macson : questions pour un Zaïrois

esco chainsawc’est une sorte de bonus de l’interview (qui est et ). Vous avez été nombreux à ne pas apprécier le très mauvais éclairage de l’interview de Hype, Sazamyzy et Zesau, sans parler du son à chier. C’est pourquoi on a fait un peu mieux ici, mais pas trop non plus, et encore ça dépend des fois.

Bref, vu qu’Escobar est Zaïrois aime particulièrement les films d’horreur et case souvent des références ciné dans ses textes, voici un quizz porté sur le sujet. Je veux pas trop vous vendre du rêve, mais à un moment dans la vidéo il se gratte la tête.

et on vous remet celle-là parce qu’à la fin Esco imite Marion Cotillard puis Christopher Nolan et au cas où tu te poserais la question, oui, t’es obligé de le respecter pour ça.

Escobar Macson - Introconneuse www.rap-francais.com

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Classé dans Escobar Macson, Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Escobar Macson aka Tony Bamboula alias Gilles de la Machette (2)

la suite de ce truc.

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Teobaldo : T’as fait la reprise du « Crime Paie » pour Têtes Brulées … c’est toi qui as choisi de reprendre ce titre ?

Escobar : Je crois que je l’ai choisi, on me l’a pas imposé, on m’a même pas proposé plusieurs morceaux. J’ai choisi, j’ai appelé moi-même Francky, je crois que c’est moi-même qui ai cherché l’instru sur internet. Mais c’est vieux, c’était en 2006. L’époque où je commençais à m’échapper du donjon.

Teobaldo : Justement, reprendre ce titre juste après t’être « échappé du donjon », est-ce que ça te fait pas un peu tourner en rond, au niveau des étiquettes ?

Escobar : Non, j’avais juste un orteil dehors. Peut-être que je l’aurais pas fait si j’étais complètement sorti du label, j’aurais peut-être choisi autre chose.

Teobaldo : Si on te demandait de reprendre un grand classique aujourd’hui, tu reprendrais quoi ?

Mike : Ghetto Guet Apens !

Escobar : Excellent choix ! Tu commences à me plaire toi.

Teobaldo : Tu l’as un peu fait sur 2 Voix Suprêmes, c’était ton idée de reprendre un morceau de Lalcko ?

Escobar : Ouais, j’avais bien apprécié le truc, je lui ai proposé, il m’a dit oui tout de suite.

Mike : D’ailleurs sur la mixtape de Lalcko, il enchaine les deux versions. L’alchimie, c’est surtout Lalcko-Esco, quand on regarde bien. Vu le nombre de morceaux qu’ils ont ensemble, on peut presque sortir une mixtape !

Teobaldo : On peut faire un bootleg ouais.

Escobar : Faudrait rajouter 2-3 morceaux pour faire un truc complet.

Spleenter : L’album de Lalcko période 45 est apparu sur le net y’a quelques mois. C’était très obscur comme diffusion. Le tien, de cette période-là, c’est possible qu’il sorte un jour, de la même manière ?

Escobar : Jamais. Pas comme ça, en tout cas. Je sais pas ce qui lui a pris, je l’ai appelé, je lui ai dit « mais t’es malade, qu’est ce que tu fais ? » En plus, tout n’est pas arrivé en même temps ! T’es malade, c’est de l’argent, jette pas ça comme ça ! Il m’a dit « j’m’en bats les couilles, je jette mes morceaux, et on passe à autre chose ». Parce que lui, contrairement à moi, c’est un appareil sismographique. Il écrit, il écrit, il écrit. C’est trop. Il fait des feuilles doubles, il part en impro, il s’arrête jamais.

Teobaldo : A propos de Lalcko, on lui avait posé une question sur Frank Lucas, qu’on avait déjà posée à Joe Lucazz auparavant, et ils n’ont pas tout à fait le même point de vue. Alors, poucav ou pas poucav ?

Escobar : Faut appeler un chien un chien, et une chatte une chatte. Les chiens ne font pas de chats, et comme a dit mon pote Jozahaf, « les chiennes ont de grosses chattes ». Il a balancé, c’est une balance, c’est tout ! Tu pisses au lit, t’es un pisseur, tu bois à 6h, 12h, 20h, t’es un alcoolo… lui c’est une balance, c’est tout.

Mike : C’était quoi les avis de Lalcko et Joe ?

Teobaldo : Pour Joe, c’est une balance (il a même fait une grimace de dégoût pour l’occasion). Lalcko était plus nuancé, pour lui les mecs en face l’ont pas respecté, donc pourquoi lui aurait dû les respecter ?

Spleenter : Il était dans la logique du film en fait.

Escobar : Oui, Lalcko c’est quelqu’un de très logique. Mais Lucas, c’est une balance. Il a monté un business très fructueux, avec une stratégie intelligente, en important de la qualité. Tout le contraire de ce qui se fait actuellement, c’est-à-dire inonder le marché. Lui c’est la qualité, y aller mollo, pour casser la concurrence au niveau des prix. C’était une excellente tactique, parce qu’au final, tu t’y retrouves.

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Mais ensuite, c’est comme ce qu’il se passe dans le rap : dès qu’il y a un maillon faible, la chaîne pète. C’est ce qu’il est passé, et il s’est retrouvé là où il s’est retrouvé. Ça fait partie du jeu ! Et c’est pas parce que les autres tentent de t’enfoncer un manche à balai dans le fion, lubrifié ou pas, que tu vas faire la même chose. Tu les baises en mettant en place une stratégie, en occupant le terrain. Tu les baises, forcément, ils vont tout faire pour t’enculer. Tombe pas dans le panneau, reste propre ! Après on sait pas, peut-être que si un jour je me retrouve dans une situation où je dois passer à table, et qu’on me sort les couverts en argent … on sait pas ! Mais Frank Lucas, c’est une poucave. D’ailleurs on en reparlera dans un morceau, où j’ai fait une petite référence au truc.

Spleenter : Pour reprendre ton parallèle avec le rap, tu serais plus qualité que quantité ?

Escobar : Bien sûr, je préfère. A quoi bon polluer les ondes avec de la merde ? Ça devient du formatage ! Je vais faire une comparaison, chacun le prendra comme il veut. Je suis très loin d’être homophobe. Au départ, afficher son homosexualité à la télé, c’était quelque chose de choquant. T’as eu Loft Story, avec Steevy, qui a été le 1er à faire son coming-out ouvertement. Au début, les gens étaient choqués, puis on a fini par trouver ça normal. La comparaison est peut-être mauvaise, mais c’est ce qu’il se passe en ce moment : matraquage, matraquage, matraquage. Au début c’est « putain mais c’est quoi cette merde, coupe la radio » ensuite c’est « baisse le volume » puis tu dis rien. Et après, ça devient l’effet contraire : « monte un peu le son », puis t’as la tête qui bouge, puis tu télécharges, puis tu vas acheter, et tu finis par aller le voir en concert.

Spleenter : C’est aussi ta politique par rapport aux featurings, ou c’est plutôt qu’on t’invite pas trop ?

Mike : J’aimerais bien qu’on l’invite pas du tout !

Escobar : J’ai tellement été déçu. Des mecs qui t’invitent, ça part d’un bon sentiment, puisque si on t’invite, c’est qu’on t’apprécie. Mais ça n’aboutit pas, ou dans des conditions mauvaises. escobar-petit-rikiki-hihiTu vas poser en 2006, le truc va sortir en 2009. Ça te parle plus, c’est complètement décalé avec ce que tu fais. Ou alors, ça sort jamais, ou le mec le fait juste tourner dans sa cité. Je vois pas l’intérêt. Le but c’est de toucher le maximum de personnes, et, professionnellement parlant, que ce soit déclaré. D’où cette politique, dorénavant : si je te connais ni d’Adam, ni d’Eve, ni de Satan, tu passes à la caisse. Comme ça, si tu gaspilles mon morceau, au moins je serai dédommagé.

Spleenter : T’es amateur de Dieudonné, est-ce que t’as vu le dernier ? (une transition de journaliste)

Escobar : Pas encore. Mike me casse les couilles pour qu’on aille le voir, mais j’ai une vie compliquée en ce moment.

Teobaldo : Le spectacle ou le film ?

Spleenter : Je parle du spectacle, Foxtrot. Les films, en général, j’aime pas trop.

Mike : Les extraits du dernier sont marrants … comment il s’appelle déjà ?

Genono : Métastases ! Les critiques sont plutôt bonnes.

Spleenter : C’est toujours ses scènes à lui qui sont bien, mais c’est pas le niveau qu’il a quand il est sur scène.

Escobar : Il est trop loin, dans tous les sens du terme.

Mike : Le coup d’accueillir les huissiers en kimono … C’est un maître. Tu peux pas faire mieux ! Et le pire, c’est que l’huissier rigolait.

Genono : Qu’est ce que tu veux faire d’autre ? (rires)

Mike : Il est têtu, ça lui ferme des portes, et heureusement, parce qu’il y en a plein qui seraient pas dans le milieu, avec lui dans les parages. Quand tu te rends compte qu’il remplit autant de salles, des Zenith, sans aucune promo, rien. C’est hallucinant. Mais bref, c’était pas mon interview !

Taches du Manager

Escobar : Vous avez touché un point sensible ! Niveau humoristes, il est dans le top 3.

Teobaldo : Bah tu vois qu’on peut allier qualité et quantité, puisqu’il sort un spectacle tous les ans.

Escobar : Il est assidu, à chaque fois c’est différent, il remplit toujours les salles… après, qu’il aille un peu loin, c’est à l’appréciation de chacun, mais les faits sont là. Il remplit des Zenith sans passer sur TF1 ou d’autres chaines nationales.

Spleenter : Ça fait un petit moment que t’es plus dans les bacs. C’est une volonté, dans le sens où tu veux enregistrer beaucoup de trucs pour pouvoir arriver en force, ou c’est plutôt une suite d’événements qui font que tu n’as pas pu ?

Escobar : C’est un peu de tout. La vie c’est pas que le rap ! Mais ceux qui veulent forcer, ils en vivent pas, et ils produisent de la merde pralinée, de la bonne coulante, de la chiasse. Moi je force pas les choses. A un moment, c’est vrai, je me suis posé la question : tu fais quoi, t’arrêtes, ou pas … Heureusement qu’on a des gens autour qui nous donnent un peu de force, en nous mettant en face des faits : je n’ai jamais sorti d’album ! L’album peut être une finalité, c’est-à-dire qu’après l’album, c’est terminé, ou ça peut être le moteur de quelque chose. On verra. Mais si j’ai été absent dans le game, c’est parce qu’à un moment ça m’a cassé les couilles. J’ai eu aussi la pudeur de me retirer un peu, d’observer, d’essayer de ne pas reproduire les erreurs du passé. J’en ai fait pas mal, qui m’ont porté préjudice, qui font qu’aujourd’hui on reconstruit. Et ce qu’on est en train d’édifier, c’est, du moins je l’espère, aussi solide que le bordel dans lequel on se trouve (l’interview se déroule dans un studio d’enregistrement à Paris, en sous-sol, dans une pièce insonorisée et sans aucun réseau mobile, on vous l’a déjà précisé plus haut mais on le refait pour ceux du fond de la salle). Si ça pète dehors, là, on est bien ! États-Unis, Corée du Nord … l’autre taré là, comment il s’appelle …

Genono : Kim-Jong Un !

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Escobar : Ah il est chaud lui ! Il va tout faire péter.

Genono : Peut-être qu’on va ressortir, y’aura plus rien.

Escobar : Ça va vibrer un peu, on va ressentir des trucs … t’as des biscuits ici, nan ? (rires)

Teobaldo : Y’a une bouteille d’oasis … (c’est probablement le meilleur moment de l’interview, profitez-en à fond)

Mike : Je l’ai déjà vue là l’année dernière, attention ! (rires)

Escobar : Elle avait pas cette couleur là y’a un an.

Spleenter : On peut avoir une fourchette (boisson, fourchette, c’est thématique) pour la prochaine date de sortie ?

Escobar : Je vais même te donner une cuillère, on va dire fin d’année 2013.

Teobaldo : C’est que des morceaux solo, on peut attendre des featurings … ?

Escobar : Houuu, petit filou ! (rires) Peut-être un featuring, peut-être. Mais sinon, que du solo. EtQue des inédits. C’est terminé les best-of, le recyclage, le tetra-pak.

Genono : Dernier Hold-up devrait arriver assez vite derrière, si j’ai bien compris ?

Escobar : Si on a pris du temps, qu’on est pas sur la scène médiatique du rap de mes couilles, c’est parce qu’il y a beaucoup de choses qui se préparent. Presque trois projets de terminés.

Genono : Quel est le troisième projet ?

Escobar : Les deux premiers, c’est quoi pour toi ?

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Genono : Red Business et Dernier Hold-up.

Escobar : Le troisième il s’appelle L’Esprit du Clan. On change pas. Pourquoi changer ?

Teobaldo : Le barillet est chargé quoi.

Escobar : J’espère !

Spleenter : Niveau beats, à part le côté sombre (et encore, je pense à une qui était très rigolote : Allez vous faire baiser, le contraste était marrant) c’est dur de t’identifier. Tu te définirais comment à ce niveau-là ?

Escobar : J’ai pas de couleur, c’est l’arc en ciel ! (rires) Au niveau des instrus, je suis quelqu’un de très ouvert, contrairement à ce qu’on peut croire. C’est pas que des trucs sortis de l’Institut médico-légal. C’est pas que des instrus durs, hardcores … y’a de tout dans ce projet. On vous en a fait écouter deux (Makila et Enfer et Paradis), c’est peut-être pas les plus joyeux, mais je pense que déjà, il y a une évolution. Ça rebondit pas dans les oreilles comme ce que j’ai pu faire avant. Ne serait-ce qu’en terme de qualité.

Genono : Récemment t’as balancé un petit freestyle sur un son de Rick Ross. C’était pour dire « je suis encore là », en gros ?

Escobar : Ouais, c’était pour dire « je sais le faire ». esco-bretelles-de-vieuxOn était en studio, on enregistrait, je me suis dit « pourquoi pas ». Téléchargement de l’instru, écriture express en ¾ d’heure, on a balancé le truc derrière les micros… ça donne un truc sympa. C’était juste comme ça, y’avait pas vraiment de but. Juste dire, moi aussi je sais faire, si ça vous plait, consommez, si ça vous plait pas, passez à autre chose. C’est rien du tout, on s’en fout, c’est cadeau.

Teobaldo : Balancer une série de freestyles sur internet pour tâter le terrain, annoncer le retour, ça se fait beaucoup maintenant, c’est pas dans ton délire ?

Escobar : Pas vraiment, c’est quoi, qualité, quantité ?

Teobaldo : Y’a des trucs bien.

Escobar : Ouais mais si tu fais le ratio de tout ça. On en revient toujours à ce côté scatophile. C’est de la merdasse, c’est tout. Internet, c’est une mine d’or, mais c’est aussi une belle fosse sceptique.

Genono : Parlons un peu de Rap Contenders. Comment t’as débarqué là-dedans ?

Escobar : C’est Stunner, tout simplement, qui m’a contacté via facebook. Il m’a demandé de participer à la 2e édition, en tant que jury, et le côté un peu humoristique du clash, j’aime bien. J’aime bien le clash ! Le concept m’a plu, j’ai dit oui tout de suite.

Genono : Y’a des gens qui t’ont marqué là-bas ?

Escobar : Ouais, y’a un artiste que je connaissais déjà, c’est Lunik. Il est très fort, il a un style atypique, il maitrise bien son personnage, c’est bien ficelé, il se laisse pas déconcentrer. Après … Lawid vs Dinos ! Oh putain, je me suis pincé le pénis pour pas me pisser dessus. Les mecs sont forts, ils vont te chercher des trucs, tu te dis merde, c’est des cons ou quoi ? (rires)

Spleenter : Si t’étais au début de ta carrière, c’est un truc qui te tenterait ?

Escobar : Je sais pas improviser. C’est quand même 60-70% d’improvisation. En fait y’a un fil conducteur, et après les mecs se lâchent. Y’a aussi les mecs qui ont tout préparé à l’avance, qui ont écrit un pavé où ils attaquent l’adversaire parce qu’ils savent à l’avance contre qui ils vont tomber. T’as ceux qui se lâchent complètement en impro, et là je trouve que c’est encore plus fort. J’aurais pas pu faire ça. Je sais chambrer, j’ai de la répartie, du répondant. Puis j’aime pas tout ce qui touche aux mamans, tout ça … je peux te taper. (rires)

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Death Note

Spleenter : On va passer aux trucs que t’aimes pas, comme tu le dis dans Enfer et Paradis : les questions stupides et longues. Est-ce que tu parles toujours aussi mal à tes potes que dans les extraits de Rimes et Tragédies ?

Escobar : Ça dépend des contextes et des situations. On a parfois un peu de piment sur la bouche, comme une petite strip-teaseuse qui danse sur la langue (note de Big Paul : après de très fastidieuses vérifications, je confirme qu’il n’existe aucune strip-teaseuse qui arrive à « danser sur la langue », il est donc probable qu’Esco veuille dire qu’il parle comme s’il avait une mini strip-teaseuse qui danse sur sa langue à lui, et ça c’est une bien belle image). Nan, Rimes et Tragédies c’est un concept, c’était dans le contexte … mais nan, on parle bien aux gens.

Spleenter : C’est le moment de la question chiante autour d’un rappeur du moment. Ce serait possible un feat avec Kaaris ?

Escobar : T’es pas le premier à me poser la question. On me l’a posée hier.

Spleenter : Toujours dans les transports en commun ?

Escobar : (rires) Nan, j’étais chez moi.

Teobaldo : Ah ça te poursuit jusque chez toi ?

Escobar : Je jetais les poubelles, y’a un mec qui est rentré… (rires) Y’a un mec qui est sorti de nulle part, « ouais tu fais un feat avec Kaaris ? » Mais qui es tu ? Rentre chez toi !

Teobaldo : A ce propos (oui, Teo rebondit sur le mot « poubelle » en toute simplicité) le clip de Highway, avec Blaq Chef … c’était super bizarre. Il est sorti d’un peu nulle part.

Escobar : C’est sorti sans être vraiment sorti. Je suis pas vraiment d’accord avec ce qu’ils ont foutu. arton703C’est même pas un clip ! Y’a eu une mise en scène, des trucs, et au final … c’est n’importe quoi. J’ai été très déçu par les gens de son équipe. C’est dommage. Le morceau était cool, ça changeait un peu de ce que je faisais d’habitude. C’est toujours pareil : dès qu’on fait des concessions, les mecs de l’autre côté assurent moyennement, voire pas du tout. Comment ne pas fermer la porte ? Quand quelqu’un vient avec un projet sérieux, bien ficelé, et l’envie de bien faire, tu le sais pas, c’est pas écrit sur le front du mec. Bref, ils ont déconné, les mecs ont fait un clip, c’est même pas un clip, j’ai l’air d’un con tout droit sorti du cirque Pinder.

Spleenter : C’est ce genre d’expérience qui fait que tu te vois pas forcément inviter des gens de l’extérieur, que ce soit pour des feats, ou comme à l’époque de Drive-By Firme, une mixtape avec beaucoup d’invités ?

Escobar : C’était le projet qui voulait ça. C’était pas forcément un projet à nous, c’était une mixtape qu’on voulait faire, et puis par la suite, effectivement, sortir un album, ou une tape Drive-By Firme, avec quelques featurings. Mais dans le sens de l’invitation, si c’est moi qui invite, y’a pas trop de souci, y’a pas de blocage. C’est plutôt dans l’autre sens. Mais de toute façon, je reçois plus d’invitations que je n’en distribue.

Spleenter : Donc pour l’instant, au niveau du label, vous êtes concentrés sur tes sorties, y’aura pas de projet genre compil, mixtape … ?

Escobar : Y’en aura. On verra, on est pas fermés.

Teobaldo : Drive-By Firme, ça peut ré-émerger ? Un album Drive-By, ce serait possible ?

Escobar : Ça va être compliqué, y’en a un qui est expatrié, un qui est plus dans d’autres choses que dans le rap…

Teobaldo : Parce que si on compile tous vos morceaux qui sont sortis, ça vous fait même pas 10 sons. C’est dommage, parce qu’il y avait un truc.

Escobar : Y’avait un truc, et puis on voyait les choses de la même manière, ce qui est rare. Après, niveau business, y’a toujours des divergences.escobar-sepia-300x300

Mike : Puis ça voudrait dire réintégrer DJ Hamdi au projet, et Hamdi il fait plus de son.

Escobar : Ouais mais Drive-By Firme, contrairement à ce que tout le monde pouvait penser, c’était pas DJ Hamdi. Drive-By Firme, c’est moi, 3ème Degré (Jozahaf et R.A.N.I), Di extaz, Awanza Cocaïne, et à l’époque, L.O.V.A, qui rappait avec nous.

Genono : Et le titre « Mein Kainf », qui l’a trouvé ? Parce que juste le titre, c’est une punchline !

Escobar : (rires) C’est R.A.N.I qui l’a trouvé. Il est un peu comme moi, son cerveau tourne à l’envers, c’est des routes anglaises. Il a beaucoup d’idées, et il m’a beaucoup inspiré. A l’époque de Drive-By Firme, c’était la compétition entre moi et lui. « Mein Kainf », c’est son idée. Je lui ai dit « t’es baisé, mais pourquoi ? Qu’est ce que t’as regardé encore hier soir ? Mais merde, tu vois pas le contexte, le 11 septembre, tout ça ? Si au moins, t’étais de l’autre côté ! » (rires de l’assemblée) T’es pas du bon côté, et tu viens, tu balances ça ! Merde ! On va avoir des problèmes ! Là, si on nous tombe dessus, c’est du lourd ! C’est des maîtres Vergès qu’il faudra pour sortir de cette bouillabaisse. D’ailleurs ce morceau vient de leur projet « Interdit aux bâtards » c’était un CD maxi 4 titres.

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Spleenter : T’as dit, y a un petit moment maintenant, « Rapper torse nu je laisse ça aux travelos. »

Escobar : (petit rire) Ouais. Je suis pudique, ce genre de chose ça me dit rien.

Spleenter : Mais s’il fait très chaud ?

Escobar : S’il fait très chaud, j’aurais un débardeur. Même devant ma mère je me mets pas torse nu, donc bon.

Spleenter : Ensuite on a une question de Big Paul qui nous fait poser la même à tous les rappeurs : à quand un clip avec des meufs ?

Escobar : Quand ? Je sais pas. Mais je suis pas fermé aux meufs, moi. Pas forcément des meufs dénudées…

Spleenter : Toi tu pourrais faire une ambiance à la Hostel.

(Rires de l’assemblée)

Escobar : Pendue au crochet de boucher. Avec des chaînes.

Mike : Ce serait chanmé. Là tu m’as fait rêver.

Escobar : Plus sérieusement. Y’en aura. Je sais pas encore bien quand. Mais je suis pas misogyne. J’aime bien les meufs qui kickent !

Spleenter : Ah non, la question c’était pas pour des meufs rappeuses. Juste des meufs.

Escobar : Ah mais j’ai compris. Mais c’était une petite parenthèse. Les meufs qui kickent c’était en plus. Mais sinon, non, je ne vais pas me fermer au « sexe faible »

Mike : Mais je crois que la question c’était… Enfin…

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Spleenter : De voir des culs dans les clips.

Escobar : J’ai bien compris. Dénudées ou pas, je vous dis que je suis pas fermé. Quand j’ai dit « qui kickent » c’est venu après. Mais c’est juste pour dire que, de manière générale, je ne suis pas fermé à la gente féminine !

Teobaldo : Une meuf qui kicke, ça réduit quand même beaucoup les possibilités.

Escobar : Oh oui. C’est comme les meufs qui jouent au foot. C’est pas encore bien développé ici. Enfin je pense pas.

Spleenter : D’ailleurs en parlant de foot. Tu dis que t’es supporter de…

Escobar : Rhooo ça y est. Ça commence.

Teo : Dans un morceau, tu dis qu’on t’invente des problèmes avec Morsay, peut être parce que t’es un parigot qui soutient l’Olympique de Marseille. Mais je vois même pas de quelle embrouille il s’agit.

Escobar : Bah en fait y a des tocards, mais vraiment des trous du cul bien farcis, qui ont détourné cette vidéo que j’avais faite ou je dénonçais ce faux album que le 45 tentait de sortir. Donc il a fallu faire un petit nettoyage youtube. Ils avaient fait un montage avec Morsay et cette vidéo là. Qu’est-ce que ça à voir ?

Mike : le titre c’était « Un mec du 93 s’en prend à Morsay »

Escobar : Aucun rapport…

Mike : Il l’avait fait avec plein d’autre mecs aussi.

Spleenter : D’accord… On va quand même au revenir au foot. Qu’est-ce que tu penses des derniers résultats de ton équipe ?

Escobar : (il prend l’accent Marseillais) Comment dire j’aime bien l’Olympique de Marseille, putaing. J’aime bieing. J’aime bieing. Mais après, je suis pas à fond dans le foot. Si tu me demandes la composition de l’équipe, de sortir tous les blases, franchement c’est pas la peine. C’est 2/20, tout de suite. Je connais les frères Ayew parce que j’ai bien aimé leur père Abedi Pelé. Le reste, je te cite 2, 3 noms mais ça va s’arrêter là. Le foot c’était avant, dans la jeunesse. Maintenant j’ai d’autre chats à fouetter. J’ai pas le temps.

Spleenter : Y a des artistes en ce moment qui t’ont marqué en bien ?

Escobar : (Long silence, il cherche)escobar-tuer-207x300

Spleenter : Pas forcément des artistes émergents.

Escobar : Oui bien sûr… (Long silence à nouveau. Il soupire)

Mike : Il écoute pas de rap français.

Escobar : Pas que français. J’écoute pas de rap tout court. Enfin, j’en écoute peu. Je suis vraiment déconnecté. Volontairement ou involontairement. Je saurais même pas vous répondre. Mais quelqu’un qui m’a giflé dernièrement… Y a des mecs qui font plaisir, qu’ils soient connus ou un peu moins reconnus. 70CL (Atis & Sinto) ils ont une bonne prestance, ils sont forts, ils sont très cainris. J’attends la suite. Avec plaisir. Surtout que ça va toujours crescendo. Ils s’améliorent à chaque fois.

J’aime bien Rim’K. C’est mec que j’apprécie beaucoup humainement et musicalement. C’est pas un mec qui prend les gens de haut. C’est quelqu’un de très simple. Vu son parcours, comme on dit à l’école primaire : il a les moyens de se la péter. Et il le fait pas. Qu’est-ce qu’on peut dire d’autre ? j’aime bien Lalcko. J’aime bien Despo. J’aime bien Escobar Macson, c’est un mec qui est très fort.

Mike : Il est pas mauvais lui !

Escobar : Il est pas mauvais du tout. C’est fou. Je sais pas où il va chercher toutes ses conneries, là. Je crois qu’il vit sur une autre planète. Il descend seulement en semaine. Ensuite il remonte sur sa planète. Je sais pas comment elle s’appelle d’ailleurs ? Elle est à des milliards d’années du système solaire ! Il a une technologie tellement en avance sur nous, les Terriens.

Teobaldo : Est-ce que tu dirais que c’est quelqu’un qui vit dans le futur, quelque part ?

Escobar : Voil… Non, je sais pas. On va laisser aux gens le soin de juger. Qu’est-ce que le futur ? C’est quoi le futur ? Telle est la question.

Spleenter : T’as pas mal de clips un peu « ciné ». Tu conçois pas ton image autrement ? Tu te vois pas faire un clip plus « basique » où on te voit juste rapper ? Genre avec des gens de chez toi en bas d’un immeuble etc ? Comme tout le monde ? Filmé avec un téléphone portable ?

Mike : Tu veux dire entouré de meufs ? (rires) Tu veux dire clip de rap français basique quoi ?

Spleenter : Plus ou moins, oui. Dans les tiens, il se passe toujours quelque chose. D’ailleurs dans le clip Introçonneuse, pourquoi tabasser quelqu’un avant de le tronçonner ? C’est gratuit.

Escobar : Bof, non. esco chainsawC’était pour l’anesthésier, avant la découpe. J’ai appris ça dans mon CAP de boucher. Dans une cave du 93.  À cette période là j’étais un gros cinéphile. Je puisais une bonne partie de mon inspiration dans les films. Un mec qui dit une connerie ? Ah merde, ça me fait penser à une punchline. J’écris. Quand je regardais un film : feuilles, stylo. Et donc ce que je faisais ressortir dans les clips, c’était ce que j’avais dans la tête. J’ai un cerveau très compliqué et y’a beaucoup de choses qui s’entrechoquent, qui s’entremêlent. Je l’expose comme ça. Je vois pas les choses autrement. Je me vois pas faire un clip basique, comme tu disais, en train de me balader en chantant « lalala ». Ça va saouler aussi les gens. C’est comme les punchlines : parfois il faut des petits trucs subtils. Faut choquer, faut faire rire, faut un peu de tout quoi !

Tu rappes, tu te balades, tu marches… T’es sur un pont, après t’es contre un mur où y a des graffitis . Après t’es là bas … Bof … Ça pue l’anus de bonobo. C’est nul.

Spleenter : Est-ce que t’as un film de chevet ?

Escobar : Si j’ai un film de chevet ?! Hmmm … Ce putain de film de chevet. Je le regardais et je faisais des cauchemars. Quand j’étais sous ma couette. (il chuchote comme un méchant de film d’horreur)

On peut dire qu’à une époque je regardais beaucoup Menace recor… heu Menace II Society, pardon. Lapsus de merde.

Mike : Et tu l’as vu 45 Scientific ?

Teobaldo : C’est un film d’horreur ?

Escobar : Oh oui, ça fait super peur… Ah oui, t’es fou, Menace II Society quand j’étais au lycée je le regardais 2 ou 3 fois par semaine. C’était un truc de fou. Je le regardais tout le temps ! Je me suis dit « non ça va pas, je suis malade ». Ma mère est partie voir les cousins au bled, je lui ai passé le film « Tiens, donne leur ça. Moi je peux plus ». et après ça leur a pris. Quand elle est revenue, elle m’a dit « mais qu’est-ce que t’as fait, toi ? ils ont regardé le film tous les jours. » On passe le flambeau.

Sinon, y a un film que j’ai beaucoup regardé, c’était Aniki mon frère. De Takeshi Kitano. Il est fou ce mec. Il est cinglé ce japonais.

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Spleenter : Jusqu’ici tes références ciné c’est films d’horreur ou films de gangsters, non ? Que ce soit les interludes, le name-dropping ou les phases elles-mêmes.

Escobar : (pensif) Mm… Oui. On peut dire que j’aime beaucoup les films d’horreur. Et les films de gangsters, c’est la stratégie, la réflexion. D’ailleurs c’est pas que les films de gangsters. Je connais des gangsters dans la vraie vie qui palpent dans la vraie vie. Qui pèsent. Voilà, on s’inspire de tout ça. Mais y’a toujours une part de réalité, de vécu ou par rapport à mon entourage qui vit le truc.

Teobaldo : T‘es quelqu’un qui lit beaucoup ?

Escobar : Je lis moins. Je lisais beaucoup y a une dizaine d’années. Maintenant je commence et je m’endors. Je sais pas, c’est devenu soporifique. Je lis, je dors. J’y arrive pas. On passe des journées choc, aussi. On se couche à 2h du matin. Je vois pas ce que je vais lire à 2h du mat. Intéressant ou pas.

Spleenter : Une autre question de notre ami suisse, Big Paul : les rimes de ta folle jeunesse genre « ça commence à cercle fermé comme le trou d’une pucelle, puis la sodomie comme Marc Dutroux à Bruxelles » tu te vois encore en faire des comme ça ? Parce que c’était un peu … serré.

Escobar : Serré, pimenté, oui. Les phases comme ça, tu sais, je les balance, je me rends pas trop compte.

Mike : C’était le morceau avec Black Jack, c’était un concept très mafieux, ce morceau. Dans un contexte comme celui là, il peut tout faire, Esco. Après je veux pas parler à sa place.

Escobar : Je t’en prie.

Teobaldo : T’as aussi fait quelques story telling. Tu comptes en refaire ? C’est venu comme ça ou tu t’es dit « Je vais raconter une histoire » ?

Escobar : J’en referai. J’aime bien. J’avais tenté une fois, j’avais vu que ça tenait la route. C’est un challenge. Je veux maîtriser le truc. C’est quelque chose que j’aime bien faire même si je le fais pas tout le temps. J’en referai. C’est cool. C’est cool ce délire, comment dirais-je, théâtral.

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si toi aussi tu trouves que cette fin d’interview n’est pas à la hauteur, prépare toi pour (roulements de tambour et danses exotiques) : la super question bonus de la mort qui tue.

Spleenter : Un jour un pote m’a dit qu’il était dans le métro, en train d’écouter du son, puis un daron à côté lui a demandé ce qu’il écoutait, il a répondu « du rap » et là le gars lui a fait « tu devrais écouter Escobar, c’est mon fils et il rappe très bien ». Je suis parti du principe que mon pote se foutait de ma gueule, ou que le mec dans le métro se foutait de sa gueule, mais au cas où : c’est possible ?

Escobar : (rires) ah bah… je sais pas, mais ouais, mon père on va dire qu’il a écouté quelques trucs à moi. Ceci dit c’était plutôt malgré lui hein, le son trop fort dans la chambre, ce genre là. Il a été un des premiers auditeurs, par défaut. Mais ouais, c’est bien possible en théorie.

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Interview de Escobar Macson aka Tony Bamboula alias Gilles de la Machette (1)

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Genono : Commençons par le commencement. Tu découvres le rap à 11 ans, lors d’un séjour aux États-Unis.

Escobar Macson : Voila, c’était des petites vacances, je suis resté deux mois, en juillet-août. J’ai de la famille à New York, San Francisco, et Los Angeles. Premier voyage, j’avais 11 ou 12 ans, et c’était donc à San Francisco.

G : T’es tout de suite dedans ?

E : Tout de suite. J’ai découvert Cypress Hill, c’était leur moment. En plus j’étais à San Francisco, le quartier s’appelait Fresno, avec une population hispanique bien présente. Et puis juste après, c’était Death Row.

G : Tu reviens en France, tu te dis « je vais rapper », ou c’est venu plus tard ?

E : C’est venu longtemps après. Le rap, c’est un concours de circonstances, je dirais même un hasard. Alibi Montana, qui est un mec de La Courneuve, est venu habiter dans mon fief : Villetaneuse. Je traînais avec son petit frère, Alino. Et Alibi, en connexion avec la commune, décide de monter un projet. Et plus y’a de têtes, plus y’a de sous ! Donc un jour je suis avec lui, je le suis dans son idée, je l’accompagne à la mairie, je laisse ma pièce d’identité. Je fais donc partie, entre guillemets, de son organisation. Je me retrouve en studio, et là on me dit « il faut rapper ». Mais moi, je rappe pas ! A ce moment là, c’est pas mon délire. Mais petit à petit je rentre dans le jeu, les choses avancent. Le projet s’appelle Villeta Saga, on l’a enregistré, mais ça n’est jamais sorti.

Spleenter : En fait, c’est une arnaque à la mairie qui t’a fait entrer dans le rap.

E : (rires) On va dire ça comme ça !

Teobaldo : Et t’as décidé de rester, alors que t’as vu qu’il y avait pas de sous ?

E : Phénomène de mode ! Et puis y’avait des petits avantages, les filles aimaient bien. Quand t’étais rappeur, tu dégageais quelque chose, on nous déroulait le tapis rouge, je sais pas trop pourquoi. On s’est donc mis à écrire des trucs qui devenaient, au fur et à mesure, intéressants pour les autres.

T : C’était quoi tes inspirations à ce moment-là ?

E : A l’époque, ceux qui régnaient, c’était Time Bomb. L’écurie Time Bomb, c’est l’école du rap. D’ailleurs, tous les ex-membres te le diront : ça rigolait pas. Ceux qui n’étaient pas prêts, ils ne montaient pas sur scène, ils n’allaient pas en radio. Les mecs bossaient, rien à voir avec le rap d’aujourd’hui. Déjà, l’époque est différente, on avait pas d’ordinateurs, on était dans l’analogique. Tu rappais one shot ! Tu rates ton truc, tu passes ton tour.

Y’avait donc Time Bomb, La Cliqua … (il hésite) … je vais pas dire le Secteur Ä, mais, pour ma part, Ärsenik. J’ai beaucoup aimé Ministère A.M.E.R, pas forcément dans « l’art » du rap, mais surtout dans ce qu’ils racontaient. On se reconnaissait dedans. Ça puait la rue ! Chaque morceau avait un délire différent. Déjà, ils n’ont fait aucun morceau dansant. Je sais pas qui a fait les instrus à l’époque, mais ça fait peur !

G : A tes débuts, on te prêtait une comparaison avec Oxmo, au niveau de ton timbre de voix. C’est pas un truc qui t’a cassé les couilles ?

E : Au départ, c’est flatteur. Oxmo, c’était pas n’importe qui ! Il était très fort, et il l’est toujours. Pour moi il faisait partie du top 3 dans l’écurie Time Bomb … peut-être top 4. Les trois autres, c’est à vous de voir ! Ou je dirais peut-être top 5.

G : Ah, il était pas si bon que ça finalement ! (rires) Il va finir dans le top 10, top 15.

E : Je dis top 5, mais j’ai pas dit dans quelle position. Il est peut-être premier, ou deuxième ! Y’avait Lunatic qui sortait du lot, y’avait Hifi, et Ill. Après, ça a commencé à me casser les couilles dans une phase de recherche, ou tu veux définir un peu ton identité. Je me calquais pas sur lui, c’est juste que j’avais une grosse voix, et que je rappais presque en parlant.

S : La formation de Drive-By Firme, elle arrive comment ?

E : C’est arrivé bien après. J’ai commencé en 1998. Il faisait froid, ça devait être en automne ou hiver.

S : D’ailleurs sur Résurrection, t’as un morceau caché qui date de cette époque.

E : Ouais, il fait partie de ce qu’on préparait avec Alibi.

T : Au début du morceau, tu parles de Paul Kuhan, je rêve pas ?

E : Nan nan, tu rêves pas. On disait un peu tout et n’importe quoi (rires). Tout nous inspirait, les dessin-animés, les politiciens méchants …

T : Pas les gentils ?

E : Nan, les gentils ils faisaient pas partie de nos inspirations.

G : Politiciens gentils, en même temps, y’en a pas beaucoup.

E : Non, ils sont là, ils nous sourient … Bon, pour revenir à Drive-By Firme, à la base y’avait le projet Villeta Saga. 2237311985_1Un membre du projet, R.A.N.I, Rabza Armé Non Identifié, devait poser dans une compilation (Sarcelles Ligne de Front) produite par Menace Records, en coproduction avec Jean-Marie, un mec de Sarcelles, qui avait sa boite, Come-in Prod. R.A.N.I était de Pierrefitte, il avait eu le plan, et il n’a pas pu se rendre en studio. Donc il nous a appelé, et nous a proposé de prendre sa place. Donc Alibi, moi, et un membre d’un autre groupe de Villetaneuse, 7ème Kommando, on est partis, on a posé sur la compil.

Les rappeurs qui avaient posé sur la compil devaient laisser leurs coordonnées. Moi, rien à branler, j’ai rien laissé. Alibi a laissé son numéro de téléphone, et on l’a rappelé pour nous proposer une signature. Pour moi c’était nouveau, j’y connaissais absolument rien. Voilà comment on a atterrit tous les deux chez Menace Records.

Ensuite, j’ai posé dans des compils … Alibi, lui, a sorti son album, « T’as ma parole ». D’ailleurs, l’album, on le préparait tous les deux. C’était un album commun, au départ. Malheureusement j’ai été … indisposé. Disons que je suis parti en vacances aux frais de l’Etat. Et un mois plus tard, je reviens, Alibi avait terminé l’album. J’ai posé sur un freestyle, qui était le dernier titre enregistré pour ce projet-là … et c’est tout.

Après, c’était mon tour, logiquement, de sortir mon projet ! J’entre en studio, je fais ce que j’ai à faire … Tu t’appelles Menace Records, mais tu trouves que ce que je fais, c’est un tantinet hardcore ! Mais mec, ce que je raconte c’est là où je vis ! T’es venu me chercher en voiture, t’as vu comment ça se passait ! On fait pas dans la dentelle, Candy c’est un dessin-animé !

En plus de ça, je sentais pas la motivation en face … Je posais dans des compils, on me mettait pas en avant. A chaque fois fallait ramer, y’avait toujours des excuses, des explications, ça m’a cassé les couilles. J’enregistrais trois morceaux par jour, l’album était prêt, mais ça sortait pas, pour des raisons que lui seul connait. J’ai donc dit salam, shalom, salut, arrivederci, sayonara.

ce sont des choses qui arrivent

On se retrouve donc avec 3ème degré (R.A.N.I, Jozahef), Di-extaz, et on forme l’équipe Drive-By Firme, chaperonnés par un grand, Big fou. En gros, c’est lui qui gérait les studios, etc. Jeunesse, manque de maturité, de discipline, difficultés à combiner nos emplois du temps … le projet sur lequel on était a été avorté naturellement. Mais le nom est resté, et à chaque fois qu’on avait l’occasion de le faire retentir, on le faisait.

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T : On a même pas fait la moitié de ton parcours, et t’as déjà un cimetière de morceaux jamais sortis. T’en as combien en tout, des centaines ?

E : Honnêtement, je sais pas. J’en ai mis quelques-uns sur Résurrection … je sais pas. Je peux pas quantifier, mais effectivement, y’en a beaucoup.

G : Y’a une chance de les entendre un jour ? Y’aura pas de Résurrection 2 ?

E : Peut-être un jour, pour le fun, je sais pas.

Mike (manager de Escobar Macson, on l’avait pas vu mais il était là depuis le début, tapi dans l’ombre) : En tout cas, si ça se fait un jour, ce sera gratuit.

E : Dans un débarras, je dois avoir trois boites de baskets Foot Locker remplies de cassettes.

S : Comment s’est faite la rencontre avec DJ Hamdi ?

E : DJ Hamdi, c’est un mec de Sarcelles. Moi je suis de Villetaneuse, donc à 10 minutes en voiture. Je l’ai rencontré par le biais de R.A.N.I, puisqu’on allait enregistrer chez lui, dans son home-studio. Je collabore toujours avec lui. Il fait des clips aussi, en fait il a un don : il sait parler avec les machines. Tu lui donnes une machine avec plein de boutons, une machine qui a la varicelle, il arrivera toujours à en faire quelque chose. Il est technique, touche-à-tout.

S : A l’époque où il était le DJ de Casey, vous avez jamais fait de feat ?

E : Publiquement, non.

S : Donc ça s’est fait, mais c’est jamais sorti ?

E : Peut-être … (rires) Y’a beaucoup de surprises, y’a des choses qui arriveront et qui en étonneront plus d’un. Enfin, on peut espérer ! (rires)

T : Avec le reste d’Anfalsh aussi ?

E : On peut espérer ! (rires à nouveau –Escobar est un petit filou)

G : T’as sorti Bestial Chapitre 1. C’est prévu qu’il y ait d’autres chapitres ?

E : Oui, il y en aura d’autres. Quand, je sais pas, mais y’en aura d’autres.

T : Bestial c’était un peu bizarre la façon dont c’était annoncé, comme un best-of.

E : Ouais… c’était plus pour des raisons administratives. Résurrection, il est sorti dans les conditions que vous pouvez connaitre. Faut revenir sur mon drôle de parcours rapologique. Après Drive-By Firme, j’ai été contacté par un mec qui s’appelle K-libre, qui co-produisait avec Bayes chez Menace Records, et avec qui j’étais en bons termes.

Chez Menace, il rappait, et il était très très dangereux. Il voulait pas sortir de projets, il faisait juste ça en studio, et il me poussait, il contribuait à créer une ambiance de challenge au sein du label, il donnait envie de se surpasser. Bref, quand j’ai raccroché les gants chez eux, il m’a dit que lui aussi finirait pas laisser Bayes, et par monter sa propre structure, et qu’il m’appellerait à ce moment-là. Ça s’est donc fait en 2002. Son label s’appelait Calibre Records. Même ambiance qu’ici (l’interview se déroule dans le studio d’enregistrement d’Escobar Macson) : premier arrondissement, sous terre, pas de réseau, en claquettes, mon jus d’orange, mes biscuits … comme à la maison ! Il me manquait juste le peignoir pour me sentir dans mon élément.

Aucune fuite, pas de projet à droite, à gauche, aucun feat, rien. Tous les jours en studio. Jusqu’au jour où on s’est retrouvé à faire la pochette de l’album, qui s’appelait Negrociation –on avait gardé le même nom que celui qui devait sortir chez Menace Records-. On se retrouve au Père-Lachaise, chez le graphiste. Et là, coup de fil d’un mec de Générations 88.2 : « y’a des embrouilles, viens vite, amène le gars avec qui t’es, et puis appelle des potes à toi, surtout s’ils sont musclés, et s’ils peuvent venir avec de quoi faire un joli 14 juillet, qu’ils viennent, ça va chauffer ». Deux stations de métro plus loin, j’arrive. On me parle de problèmes, de Booba, Ali, du 45 … Attends, tu m’appelles pour ça, mais c’est pas mon oignon ! Je m’en contre-branle un peu ! Au final, les embrouilles n’ont pas eu lieu … c’était le beef, par rapport au départ de Booba.

Je rencontre Lalcko à ce moment là, et il me dit que Jean-Pierre Seck veut remettre les casseroles sur le feu, avec Sang d’Encre 2. J’avais bien aimé le premier opus, donc je suis intéressé. J’appelle K-libre, je lui dis que, même si j’avais prévu de participer à aucun projet, ce serait bien de déroger à la règle. Il me répond qu’il connait très bien Jean-Pierre Seck …

S : tu connaissais pas Lalcko avant ça ? C’est à ce moment là que tu le rencontres ?

E : Il connaissait ma musique, il l’appréciait. On évoluait plus ou moins dans le même monde, on avait des amis en commun … donc le feeling s’est fait assez naturellement. D’ailleurs je suis toujours en contact avec lui, en très bons termes, c’est comme un frelo pour moi.

Donc K-Libre s’occupe de la connexion, on se retrouve dans les locaux du 45, on leur fait écouter ce qu’on préparait dans notre cuisine, ils ont apprécié la sauce. Ils m’ont filé un CD avec deux instrus de Geraldo … au départ c’était pas top. J’ai écrit le morceau, entre-temps j’ai appelé Jean-Pierre, pour qu’il demande à Geraldo de retoucher l’instru. Il l’a fait, deux jours après on était en studio, à Saint-Ouen, dans le 93. En 1h30 c’était bouclé. Ils étaient satisfaits, le morceau était en rotation… Les retours ont fait qu’ils m’ont proposé d’intégrer le label. Ils se sont arrangés avec K-Libre, comment dire … comme quand un club achète un joueur de foot ! Je les ai laissés s’arranger, en récupérant ce que moi j’avais à récupérer au passage. J’arrive chez 45, j’enregistre. Je fais du sale, proprement.

T : Du coup, ce que t’avais enregistré sur K-Libre Records, t’as pas pu le récupérer ?

E : Non. Je lui ai dit : « sors-le ». Profite du fait que je sois là-bas, tu vas bénéficier de la promo qu’ils vont faire pour ce que je vais sortir chez eux, t’auras juste à balancer le truc. C’est un vélo, t’auras même pas besoin de pédaler : ça va rouler tout seul. Mais, poisse sur poisse … le disque dur avec tout ce que j’avais enregistré a sauté.

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T : Tu t’es jamais dit que t’étais maudit ?

E : Si. Je me suis dit que dans le rap, y’a des mecs qui ont dû consulter des marabouts, des sorciers, en leur disant : ce mec est dangereux, faut lui mettre des bâtons dans les jantes, faut pas qu’il avance, sinon t’es baisé. Donc à chaque fois, c’est des concours de circonstances incroyables, des poisses dignes de films fantastiques.

Pour revenir au 45 (l’air agacé), on est là, avec Lalcko, chacun enregistre son album, on fait des feats entre nous. Le 45 c’était une huître fermée, et comme le voulait la maison, on s’est nous aussi transformés en huîtres fermées. Y’a une vision des choses qui leur est propre, mais que je trouve en même temps archaïque. Quand les mixtapes commençaient à paraitre, eux parlaient encore de maxi. Arrêtez les mecs, un maxi-vinyle !? Les petits de mon ghetto, ceux dont les pères écoutent des vieilleries avec leurs platines-disques, ok, mais les autres ? Comment ils font ? Même en radio, ça commençait déjà à mixer avec des platines-CD. Faut vivre avec son temps.là ça commence à faire beaucoup

Plein de petites choses comme ça, comme la mise en valeur, l’exposition. Je leur ai posé la question, y’aura-t-il d’autres signatures ? On m’a répondu non. Alors faisons des couvertures, communiquons, présentons la nouvelle équipe ! Mais non, ils l’ont pas fait. Après, y’avait des problèmes en interne entre les gérants, à savoir Les 3 Mousquetaires : Geraldo, Ali, et Jean-Pierre. L’atmosphère était pas bonne, la façon de travailler non plus. J’avais ma vie à côté, mais je me retrouvais à faire le gérant. J’avais toutes les casquettes ! C’est moi qui vais voir le graphiste, c’est moi qui prends plus ou moins en charge les séances de studio … à un moment faut arrêter de déconner.

Le temps passe, je commence à mettre la pression, j’ai des réponses du type « c’est pas bon que ton maxi sorte en février, parce que moi mon album sort en avril ». On perd son temps, et puis on est comme tout le monde, de temps en temps on prend les transports, on tombe sur des gens qui apprécient le boulot, et qui cassent les couilles à chaque fois avec la même question dans les oreilles, à en devenir taré : « quand est-ce que tu sors ? ».

Donc DJ Hamdi me propose la chose suivante : « donne-moi tout ce que t’as fait, je fais un bidouillage, et puis on le balance ». C’est ce qui a donné naissance à Résurrection. J’ai juste fait un inédit, Rimes et Tragédies. Sinon tout le reste, c’est des vieilleries, mais au moins ça a permis aux gens de me découvrir. Mais même la façon dont est arrivé Résurrection, c’est du n’importe quoi. J’étais lié contractuellement par des clauses d’exclusivité. J’ai donc posé la question : est-ce que je peux faire ce projet-là, histoire de tenir le public en haleine ? On me répond oui, pas de problème, vas-y. Je donne tout à DJ Hamdi, il met tout dans la casserole, se met à tourner … et avant même que le plat soit prêt, les mecs reviennent, et me proposent un coup de pouce pour sortir le projet. J’étais très occupé, j’avais une vie un peu agitée, en même temps, le côté administratif du game, je le connaissais pas forcément, donc j’ai accepté. Et ce fut une belle erreur ! Parce que les mecs se sont retrouvés avec le master et la cover du CD… et ils sont allés voir Musikast pour presser la galette !

Mike : C’est bien, je vous avais demandé de pas parler du 45, mais il en parle tout seul !

T : Nous on en parle pas hein ! (rires)

E : Voila, en gros ils ont fait les cons, ça m’a pas plu, je leur ai dit salut, et donc rebelote, on reconstruit : on sort le projet Vendetta.

S : Du coup tu re-rentres dans une période où tout le monde te casse les couilles dans les transports pour savoir quand sortent tes projets ?

E : Si c’était juste les transports … on me presse tellement les couilles que je crois que je ne peux plus procréer.

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S : Dans tes premières interviews, on avait l’impression que ça t’emmerdait qu’on te parle de ton côté « gore ». C’est parce que tu trouvais ça trop réducteur ?

E : Oui, et puis c’est surtout venu avec Résurrection. Quand je fais un projet, je suis comme un acteur de cinéma qui intègre son personnage. Le thème je l’utilise à fond, je le presse comme un citron, j’en fais tous les jus possibles. Donc je suis resté dans le champ lexical de la résurrection. Si t’es quelqu’un d’un peu flippé, t’écoutes ça, t’éteins la lumière … c’est chaud, tu changes de slip.

Mais c’est vrai que ça m’a cassé les couilles, c’est quoi cette histoire de rap gore ? C’est quoi le rap gore ? Qui pratique le rap gore ? Qu’est ce qui est gore ? Moi, je fais du rap gore ? Passe-moi mon jus de fruits et ferme-la.

T : Ça te faisait une particularité intéressante. Même si l’étiquette est un peu à chier, parce que même si on rapproche ça de l’horrorcore, ça ressemble pas vraiment à du Evil Pimp dans la forme.

E : Voila, c’est pas du Korn version hip-hop ! A mon avis c’est juste à cause de Résurrection, son habillage sonore, avec les extraits de films, les tronçonneuses … Les étiquettes c’est relou, mais tu mets ça à 100 degrés à la machine à laver, y’a plus d’étiquette.

Mais ça a attiré des mecs un peu farfelus aussi. On m’a parlé via les réseaux sociaux, j’ai eu un peu peur. « Ouais du rap gore, j’adore, putain ça saigne, c’est trop bien, tiens, je t’envoie des instrus » … putain j’écoute le truc, Massacre à la tronçonneuse, plein de trucs de ce genre, tout combiné, il a mis ça dans la cocotte, et me l’a envoyé en mp3 … C’est cool mec, mais … c’est pas ça ! (rires) J’ai une dentition normale, je sors la journée, je suis pas un vampire !

Mike : D’ailleurs tous les beats qu’on recevait à cette époque, c’était tout dans ce délire, formaté pour l’image dégagée par Résurrection.

G : A propos d’image, tu publies pas mal de photos en costard-cravate pour Red Business. C’est pour donner une image un peu businessman autour de ce projet ?

E : Voila, tu l’as dit. Ça fait aussi partie de ma vie personnelle, mais c’est surtout parce que dans ce game qu’on appelle le rap, les gens sont très focalisés sur le paraitre et l’histoire du mec. Où est-ce qu’il crèche, qu’est ce qu’il a fait, est-ce que ceci, est-ce que cela … Je veux dire, on s’en bat les couilles ! Prends ton mp3, écoute ce qu’il fait, t’aimes bien, tant mieux, t’aimes pas, tu passes à autre chose.

Donc ouais, le costume c’est pour le Red Business, et puis j’aime bien les costumes. Ça change un peu, et puis ça permet de se démarquer. C’est pas pour intégrer un personnage de mafieux, d’Al Pacino ou je sais pas quoi … J’m’en bats les couilles. J’aime pas.

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T : T’aimes pas les films de mafieux ?

E : Si, j’aime bien. Plus ils sont paranoïaques, plus j’aime. On se rend compte que tant qu’ils sont paranos, tout va bien, et dès qu’ils se relâchent un peu, ils se font niquer. Les films de mafieux finissent tous comme ça. C’est une bonne philosophie !

S : Entre-temps, t’as eu pendant un petit laps de temps un look blaxploitation, avec une petite touffe afro.

E : Ça, c’est une longue histoire ! Ça vient d’un pari ! (rires) J’avais fait une petite allergie à un truc, et j’avais un petit trou dans les cheveux. Et les mecs pensaient que j’étais chauve, donc j’ai dit « attendez, vous allez voir ». (rires) J’peux faire c’que j’veux avec mes cheveux, moi aussi !

Mais c’est encore prématuré d‘en parler, c’est le projet qui arrivera après, je pourrai mieux vous justifier cette tenue vestimentaire et ce look.

S : D’ailleurs c’est pas dans Karma que t’as ce look ?

E : Oh … y’a une petite chevelure, mais c’est léger.

S : Tas des nouvelles de l’avancement du projet ?

E : Très bonne question ! Comme je suis pas aux manettes de ce truc là, en toute franchise, je ne sais pas. Ça devrait arriver pendant les grandes vacances, mais j’ai pas vraiment d’infos, c’est juste ce que j’ai ouï dire, comme on dit en bon français. Faudrait demander à Dosseh.

S : Pas mal de tes punchlines parlent d’amputation. C’est moins marqué maintenant, mais à une période, y’en avait quand même beaucoup : « tam tam avec le coude », « coupe le doigt aux balances entre le 1 et le 7 », « si le bruit court il faut que je l’ampute » « si tu danses du mauvais pied on te coupe l’autre » « si on comptait mes amis sur les doigts de la main faudrait m’amputer » …

T : Y’en a une sur le docteur Cohen aussi nan ?

E : Docteur Cohen, c’était sur les couilles. Je lui demandais de me retirer les testicules et de me mettre des boules de pétanque.

T : Ça reste de l’amputation, on est dans le domaine de l’ablation.

S : C’est ton côté zaïrois, ou c’est le côté films d’horreur ?

E : (rires) Les zaïrois c’est pas des culs-de-jatte, tu confonds avec les roumains là !

S : La machette est populaire quoi !

E : Oh, pas forcément, c’est plus la sapologie qui est populaire. La machette ce serait plutôt … bah la machette elle est africaine. Et encore, elle est même pas africaine, elle est noire ! Même aux Antilles, on utilise le coutelas ! Mais non, j’ai pas d’explication particulière à cette obsession de l’amputation ! (rires)

Mike : Gilles de la Machette ! (Mike intervient peu mais à chaque fois c’est pour recentrer le sujet)

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S : Toujours à propos de punchline, le terme est galvaudé aujourd’hui. Ce serait quoi ta définition ?

E : Très bonne question. Ma définition : la punchline c’est un package avec une pointe d’humour, de la violence, de la métaphore, de l’image, et une touche de complexité. Voilà ma définition à moi de la punchline. Si un mec balance une punchline et que je la capte tout de suite … c’est de la flunchline. C’est de la merde pralinée. Aujourd’hui, tout le monde parle de punchline, mais la plupart ne sait même pas ce que c’est. Déjà, dans punchline, y’a « punch ». A l’époque, quand on en entendait une, on se tenait la tête, on se disait « merde, il est fou ! A quoi il a pensé quand il a écrit ça ? Dans quelles conditions, il faisait quoi ? ».

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Aujourd’hui, y’a plus de culture du hip-hop. Tout le monde veut rapper. Y’en a qui ont la chance de pouvoir le faire, mais concrètement, c’est des « Monsieur vues ». Tu te retrouves en maison de disques, ou t’as des opportunités, parce que t’as fait tant de vues, ou parce que t’as une histoire un peu abracadabrantesque, et que tu joues de ça. C’est un personnage, mais tu racontes de la merde … les gens ont la bouche trop près du cul. Ca c’est un truc, franchement, trêve de plaisanteries, ça me casse les couilles. Balancer à tout va « punchline, ceci, cela » … ils savent même pas ce que c’est.

Ce que j’aime dans la punchline, c’est comme si j’essayais de trouver la combinaison d’un coffre. Quand ça vient tout de suite, je vois même pas l’intérêt. Y’a des punchlines de certains artistes que j’ai compris au bout d’un an ! Et le fait de comprendre la chose beaucoup plus tard, ça montre à quel point la personne est réellement dans le futur. Y’en a aussi qui te parlent de futur, ils se prennent pour des extra-terrestres, ils ont découvert la science … laissez les auditeurs s’exprimer, arrêtez de vous autoproclamer ceci ou cela.

Mike : Tu fais référence aux « professeurs punchline » et compagnie, qui ont poussé depuis quelques années ?

E : C’est comme les champignons au bois de Boulogne … Tonton Punchline, Professeur Punchline, Monsieur Punchline … J’ai sorti Monsieur Punchline parce qu’un autre mec me l’avait sorti juste avant. Même mon blaze de Escobar Macson, regarde, Mac c’est mon prénom, et Escobar c’est parce que j’avais sortit une connerie dans un texte genre « je vends mes rimes, je bicrave mes rimes », et on m’avait répondu « tu vends t’es rimes toi ? T’es Pablo Escobar ! ». Tout le monde était là « Escobar, Escobar » … et le mec qui n’avait pas suivi la vanne, la conversation le jour J, a fini par m’appeler Escobar lui aussi. C’est resté, et puis ça me fait un nom et un prénom, Macson Escobar, c’est très bien. Mais y’a jamais eu d’auto-proclamation. On laisse les gens s’exprimer, et si ça nous plait, on prend.

Escobar-MacsonS : Tu faisais référence à Seth Gueko avec « Professeur Punchline » ?

Mike : Ouais, après c’est pas lui personnellement, mais plutôt tout ce que ça a généré.

Teobaldo : C’est toujours pareil, c’est comme quand le mot « bling-bling » est arrivé … ou plutôt qu’ils l’ont compris, parce qu’il a toujours été là. Pareil pour le mot « buzz », maintenant c’est le mot « swag », même s’il existe depuis 5-6-7 piges.

Escobar : Je peux même me vanter de …

Mike : (il coupe) Pas d’auto-proclamation ! (rires)

Escobar : Là, franchement, je le fais ! J’ai été le premier à avoir parlé de tsunami. Le morceau dans lequel je parle de tsunami c’est Trois voyelles et quatre consonnes, que j’avais enregistré chez 45 en 2004. Personne ne savait ce que c’était ! Même quand je l’ai balancé, Jean-Pierre Seck m’a demandé : « mais qu’est ce que c’est ? ». En fait, à la base j’étais chez moi, je suis comme tout le monde, je zappe, je tombe sur Arte. Ça parle d’un raz-de-marée qui a balayé le Japon dans les années 40 ou 50. J’ai pris une feuille, un stylo, et j’ai noté « tsunami », avec entre parenthèses « raz-de-marée ».

Après y’a eu le tsunami en Thaïlande, tout le monde l’a repris, je me suis dit « ah les pédés, ils m’ont cramé » (rires)

Mike : D’ailleurs c’est pas Ali qui a fait un titre qui s’appelle Tsunami ?

Genono : Si si, y’a même un clip en Porsche.

Mike : Ah oui, genre ça se passe au Japon ?

Genono : C’est ça.

Escobar : Un tsunami, un tsunami … c’est juste un verre d’eau.

Spleenter : Beaucoup de rappeurs font référence à La Cité de Dieu, mais t’es le seul à prononcer Beignet et Zen Pequenõ. Pourquoi ?

Escobar : Oula, ça c’est une longue histoire. On va pas trop rentrer dans les détails. J’avais été heurté par certaines personnes, et ces deux personnes-là, au lieu de les appeler Bené et Ze Pequenõ, je les ai appelé Beignet et Zen Pequenõ, petit nez. C’était une flunchline. (rires)

Spleenter : Dans tes critères pour les punchlines, t’as intégré l’humour. Les gens retiennent surtout ton côté dur, hardcore, mais beaucoup de tes phrases donnent un sourire, tes images sont marrantes. Comme par exemple sur Esprits Crapuleux, quand tu dis « je suis avec ma planche j’attends la prochaine vague de violence ». C’est conscient, ce côté ludique ?

Escobar : Non, pas spécialement, ça me vient comme une envie de pisser.

Mike : Il parle comme ça toute la journée !

im-actually-not-funny

Escobar : Voila, je sors des conneries à la seconde, donc c’est ce qui ressort aussi dans les textes. Comme je te le disais, une punchline combine humour, violence, etc, donc parfois y’a un peu plus d’humour que de violence, mais ça reste toujours la même formule.

Mike : Moi j’ai une question pour vous ! Les « punchlines » à base de comparaison, par exemple « j’ai les yeux bleus comme des gyrophares » … vous qui écoutez pas mal de son, et qui êtes extérieurs à ça, pour vous c’est une punchline ou pas ?

Teobaldo : Une punchline maintenant, c’est devenu une phase.

Genono : Dès qu’il y a une petite image, un petit truc, on va dire « punchline ! »

Escobar : Normalement, la punchline c’est au-dessus de la phase. On a banalisé le truc.

Spleenter : En fait ça dépend. Si la comparaison est vraiment inattendue, genre… ce qui me vient là, c’est Taïpan quand il fait « trouve moi sous ta tasse comme Kobayashi ». T’es obligé de réfléchir, d’avoir le double-sens de tasse et de penser à Usual Suspects, il grille Kobayashi grâce à la marque de la tasse… Ça, c’est bien trouvé. Mais un mec qui me dit « bleu comme gyrophare », non. C’est comme ce qu’ils appellent les punchlines-hashtag : « les jaloux vont maigrir #AnneauGastrique ». C’est exactement la même chose, sauf que t’enlèves le « comme ».

Genono : Question par rapport à Lalcko et Despo : qu’est ce qui se passe ?

Spleenter : Oui, ça a pas mal parlé de projet commun.

Escobar : Qui a parlé de projet commun ? Je m’en souviens pas moi ! Est-ce que j’ai fait une seule interview où j’ai annoncé ça ? Est-ce que je suis monté sur une table pour dire « on va faire un projet commun » ?

Teobaldo : C’est une question en tant qu’auditeur.

Spleenter : Voila, c’est un fantasme d’auditeur. Et puis y’a eu 2-3 interviews de Lalcko où il fermait pas la porte. (Dans la nôtre, par exemple)

4074-Fantasme_vieillir

Teobaldo : Puis vous avez fait beaucoup de connexions ensemble, et il se passe toujours quelque chose. Et à chaque fois quelque chose de différent en plus.

Spleenter : Juste après La cage aux lions, y’a même des mecs qui disaient que Seth Gueko s’ajoutait au projet.

Mike : Je crois que ça a toujours été du domaine du fantasme. Si vous avez la source, on va aller le flinguer direct, parce qu’à chaque fois on nous pose la question.

Escobar : J’te laisse tirer, la prison ça va aller. La gamelle, mon pote … (rires)

Mike : Nan mais un projet comme ça, faut avoir les couilles de le produire.

Escobar : C’est même pas une question de couilles, un projet comme ça, ça peut aussi rouler tout seul. Mais pour répondre à ta question … bah faudrait leur poser la question, à eux.

Genono : Mais toi, ça t’est venu à l’idée ? Est-ce que ça peut se faire à l’avenir ?

Escobar : Tout ce qui peut donner de la force au game, et changer ce qui me déplait à travers ce que j’écoute et ce que je vois … avec plaisir ! Mais faut leur poser la question !

Genono : Despo, quand tu le vois avec Guizmo et Mokless, ça t’inspire quoi ?

Escobar : Bah… j’vais pas être gentil, et d’ailleurs je suis pas là pour être gentil, mais ça m’inspire pas trop. Ça m’inspire pas trop parce que, c’est vrai qu’on peut être différents, être issus d’univers différents, et s’entrechoquer pour créer de la matière, mais j’arrive pas à me retrouver dans ce trio. Pour moi, c’est vraiment le grand écart américain. Alors tu me dis Mokless, encore, bon, oui. Plus ou moins. Mais vraiment, Guizmo, ça n’a rien à voir.

Par comparaison, c’est comme si je prenais Booba, que je le mettais avec Youssoupha, et pour le 3e mousquetaire je vais prendre… Orelsan. J’ai vraiment pris au hasard, je dis pas que Booba c’est lui, Orelsan c’est l’autre …

Mike : A la limite, Orelsan et Youssoupha ensemble, moi j’y crois.

esco citation 4

Genono : Bah pareil, Mokless avec Guizmo, pourquoi pas, mais Despo …

Escobar : Mais attention, je dis pas qu’ils sont mauvais ! C’est que Despo, il a un univers très particulier. C’est comme si tu prenais un litre d’eau et un litre d’huile, et que t’essayais d’en faire quelque chose … ça n’existe pas ! On verra, des fois la chimie c’est bizarre, peut-être que tu vas trouver la formule qui permet de diluer l’eau avec l’huile, tu vas inventer un carburant qui va te permettre de rouler 3000 kilomètres avec un plein.

La vraie question qu’il faut se poser, c’est : à qui va bénéficier ce projet ? Au delà des points communs, qui va tirer son épingle du jeu ?

Spleenter : Y&W !

Escobar : Oui, mais je parle maintenant des artistes.

Teobaldo : Celui qui sera le meilleur sur l’album, tout simplement.

Spleenter : Celui qui a une actu derrière surtout !

Escobar : Celui qui a le plus d’actu aujourd’hui, c’est Guizmo. Mokless un peu moins, Despo, avec les soucis qu’il a eu, les rumeurs, etc, son album date de 2010. Comme moi, ça date. Je pense que c’était pas la meilleure façon de revenir, en ce qui le concerne lui, parce que les autres, je les connais pas.

Spleenter : Comme quoi, les fantasmes d’auditeurs ça va loin, parce que quand l’annonce de ce projet est tombée, y’a eu des commentaires de type « bravo, tu passes de Esco et Lalcko à ces deux types » …

La suite ici

9 Commentaires

Classé dans Escobar Macson, Interview (et ouais mon pote !), sliphop

Bonnes résolutions

On a retrouvé les bonnes résolutions que tous les rappeurs frinçais ont prises pour la nouvelle année. Par contre on a paumé les noms. Du coup, à vous de retrouver qui a écrit quoi. Et pour les feignasses, bah y’a qu’à sélectionner le texte caché tout en bas, vous faites pas chier.

1) Faire prendre à Lefa des puissants somnifères pendant toute la période de promo
faire prendre la même chose à Maska, pour toute la période d’enregistrement

2) prendre exemple sur la Sexion avec Maska pour savoir comment écarter Eff Gee lentement mais sûrement

3) réussir, au moins une fois, à retenir un couplet de clash par cœur et, soyons fous, remporter un battle

4) yeaaaaaaaah ! toucher les étoiles : haute résolution !

5) Tourner un clip sans grosses cylindrées, et sans porter de lunettes de soleil alors que c’est la nuit. Ou alors, plus simplement, on mettra plein de putes, c’est sympa aussi.

6) Revenir en force, faire un feat avec nicki minaj, signer 6 coups MC, revenir en force, et… comment ça je l’ai déjà dit ? Mets un god à ton father, zoulou !

7) miser sur la nicki minaj frinçaise (mais sans la signer, pas que ça à foutre non plus), et continuer de pomper des instrus cainris sorties y’a moins d’un an, vu qu’apparemment tout le monde s’en fout

8) faire un clip avec Pierre Woodman en guest

9) bien rigoler en pensant aux cons qui tenaient le compte à rebours pour la sortie de Detox

10) ne plus me laisser violenter par des vilaines chroniqueuses télé (en plus j’étais pas consentant)

11) ne pas appeler un album « noir désir » alors que personne n’en veut, quelle que soit la couleur en plus

12) ranger ma chambre

13) faire mon grand retour. Et ça sert à rien de me dire « tu le dis chaque année », sinon Nubi t’braque

14) dormir

15) réveiller Ill

16) admettre publiquement mon lien de parenté évident avec Cutty de The Wire et Rick Ross

17) être un peu plus diplomate dans mes lyrics, éviter les phases trop polémiques et… ahaha non je déconne, ma folie fait ma prestance.

18) Devenir le Nas français. C’est à dire, dans un premier temps, signer sur le label du type qui insultait très salement ma mère y’a quelques années. Tchiki en route vers la gloire !

19) Essayer, juste une fois, de ne pas faire fuir un artiste de mon label. ca va être dur mais j’y arriverai

20) mettre de côté mes fans de la première heure qui apparemment préfèrent l’époque où ils étaient à peine 38 à m’écouter sur des k7 qui sautent, et me concentrer sur le principal : faire les sons qui me plaisent.

21) Multiplier les interviews afin que l’expression « ça pue l’anus de bonobo » se perpétue à travers les âges

22) inviter DSK dans un clip, lui aussi a l’air de kiffer se pavaner en peignoir

23) sortir mon album en physique, ça commence à bien faire maintenant. Il faut respecter le respect.

24) revenir avec un dernier projet histoire de rappeler à tous ces ptits cons qui sont les boss qui ont apporté le rap de caille avec succès. Planquez vos pitbulls !

25) Stopper les feats qui forcent mes fans à appuyer sur la touche avance rapide, haaaaoooooo (pardon, c’est un tic)

26) sortir un solo alors que personne ne m’a rien demandé

27) faire une nouvelle sextape, ce sera toujours mieux qu’un nouvel album

28) sortir un nouveau solo avant mon frère, sinon c’est la honte putain

29) faire un album suicide collectif

30) arrêter de prétendre être en période de réflexion artistique alors que je télécharge du hentai toute la journée

31) je ne prends pas de bonnes résolutions, ce sont elles qui me choisissent

32) je n’adopte aucune résolution, je suis pas l’ONU

33) j’adopte personne, je suis pas ta mère, fils de pute

1) la sexion  Welcome to the wa 2

2) l’entourage

3) alpha wann Alpha Wann & Nekfeu vs Jam & Pdox

4) La Fouine (qui n’a pas bien compris l’exercice apparemment) C’est ça l’thème

5) hype et sazamyzy Attaque soviétique

6) Rohff J’vais t’faire une bosse

7) Booba Cruella

8) Al K-pote Hurlez

9) Dr Dre, un sacré maître quenellier

10) Mister You une agression sans précédent

11) Youssoupha

12) Nekfeu

13) Nubi nubi’s back

14) Ill

15) Cassidy je plaisante pas

16) Kaaris Houdini

17) Despo Apocalypto

18) Kamelancien Vécu

19) Zoxea Boulogne tristesse

20) Nakk Mad max

21) Escobar Macson Ici c’est paris et sa merveilleuse métaphore

22) Ol Kainry Soyons fous

23) Lalcko My time

24) Expression Direkt Qui

25) Nessbeal drapeau blanc

26) Calbo

27) Sniper

28) Lino

29) Hocus Pocus et Grand corps malade

30) Orelsan Ils sont cools

31) Oxmo Puccino

32) Ekoué

33) Casey une tête à la traîne  1 micro 2 platines freestyle anfalsh

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Interview d’Express et DJ Allstarzz (et Sukre) (3/3)

Spleenter -Ah oui, bah d’ailleurs, on va parler de ça. Toi, t’as jamais fumé ?

Allstarrz -J’ai essayé quand j’étais plus jeune, comme tout le monde, tu vois ? Ça m’a mis KO, j’ai vu que c’était pas pour moi, tu vois ?

Spleenter -Et au niveau de la tise ?

Allstarzz -Ouais, je bois à l’occasion. À un mariage, à un baptême, à un délire comme ça mais non, sinon.

Spleenter -Donc seulement quand c’est sponsorisé par le Vatican ?

Allstarzz -Je bois de l’alcool que quand il est Martiniquais en fait.

Spleenter -OK. Toi par contre, c’est l’inverse.

Express -Humm… On peut dire ça…

Allstarzz -La preuve, il est venu avec son flash. Je sais pas si ça va intéresser les lecteurs.

Spleenter -On le filmera à la fin. Et donc, au niveau du peura, quand t’écris ? T’écris par rapport à quoi ? L’instru ? Le flow ? Ou t’écris juste comme ça et après tu cases des trucs ?

Express -J’écoute l’instru, je trouve un délire qui va. Tout ce qui me parle… la vibe qui vient. On essaye et voilà.

Allstarzz -Et on le surnomme aussi le king du refrain.

Spleenter -par rapport au chant ?

Allstarzz -Ouais voilà.

Spleenter -C’est pour ça que dans un hypothétique projet commun avec les mecs de Cambrai, tu serais un peu le… ça ressemble à une insulte ce que je vais dire là… Tu serais un peu le Maître Gims, dans le sens où tu fais les refrains.

Allstarzz -Mais je te rassure, ça fait longtemps qu’il fait des refrains, Express.

Spleenter -Ouais, bien sûr. Mais sur tout un album ? Parce que Express peut pousser le chant. J’ai beau chercher dans tous les autres, tout le monde a sa voix, mais je vois pas qui pourrait chanter, dans les mecs de Cambrai.

Teo -Bah si. T’oublies « Vide le chargeur » sur « On passe du shit à l’industrie du disque. »

Spleenter -Ouais mais c’était du bourrinage total.

Teo -Justement !

Express -Tu vois, y en a qui essayent et qui le font.

Allstarzz -mais faut rendre à César ce qui appartient à césar. C’est Express le roi des mélodies. Et justement, l’album « Certifié bavon » ! Y en a qui vont être surpris !!… Ça va être un gros truc. Pas de limite. Ce sera « frais » le mot d’ordre.

Teo -T’en as combien des morceaux déjà prêts pour l’album ?

Express -J’en ai une dizaine, à peu près.

Teo -T’es du genre à en enregistrer plein, plein, plein et à garder le meilleur ? Ou alors à aller à l’essentiel ?

Express -Je pense que je vais plus essayer de faire une sélection. Ne sortir que les bons morceaux. Je pense pas que ce sera un truc avec 19 morceaux.

Spleenter -Plutôt un 13, 15 titres ?

Express -Voilà, quelque chose comme ça.

Allstarzz -Quoi que, 19 morceaux c’est bien aussi.

Express -Je l’ai déjà fait ça. Mais là ce sera un délire vraiment album. Avec, comme d’hab, des thèmes et des trucs persos. Du swagg.

Spleenter -D’ailleurs, en 2011, c’est quoi le swagg maintenant ?

Allstarzz -Comme il le disait dans l’interview sur Zikaload, c’est…

Spleenter -C’était pas en 2011. Depuis, y a eu DSK, y a eu plein de trucs. La mort de Ben Laden !!…

Express -Il s’en passe des trucs.

Allstarzz -Quand nous on dit swagg, c’est pas forcément précis. Un rockeur, il a du swagg. Un agriculteur, il va avoir son swagg.

Express -C’est une attitude.

Allstarzz -Le swagg ; c’est pas parce que t’as mis une ceinture Louis Vuitton et un jean’ Dolce Gabana que t’as du swagg… Je vais pas dire de nom, mais y en a dans le rap français, ils sont habillés de haut en bas en Louis Vuitton et ça lui va pas.

Spleenter -Oh tu peux dire des noms.

Allstarzz -Non, on va pas dire le nom. Il va se reconnaitre, le mec.

Teo -On peut dire DJ Battle, quand même. C’est le Blavog. On peut y aller là, les mecs !

Allstarzz -Non. On va pas cracher sur les gens. Nous même, on aimerait pas qu’on nous crache dessus, comme ça.

Spleenter -Quand même ; il a un sale style.

Allstarzz -Mais si ça se trouve, y en a qui aime. Tu vois, le swagg c’est comme les meufs. Tu vas trouver une meuf super belle, je vais la trouver super moche, lui il va la trouver pas mal, etc… Le swagg, c’est une attitude. Comme je te disais, même un agriculteur a du swagg dans son délire.

Spleenter -Y a qu’à regarder Seth Gueko.

Allstarzz -Ouais, il a son swagg ! Chacun son swagg. C’est pas la marque, c’est comment tu te comportes. Là tu vois Express comment il est swaggé. Il a mis une paire de cortez, assorties avec un jean cartonné bleu, avec un petit polo Ralph Lauren. Tu vois, c’est un mode de vie le swagg.

Spleenter -Si je me goure pas, je me rappelle d’une interview de toi sur Zikaload où t’avais une casquette NY. Et ça disait « Ouais, t’es plus West et t’as une casquette NY ?! » Et ça partait sur ce délire là.

Allstarzz -C’est juste un logo, comme je disais. C’est pas parce que je mets une casquette NY que j’écoute que du NY…

Spleenter -Et donc, on pourrait te voir avec un maillot de Marseille ? (quelle habile manœuvre, quel feinteur)

Allstarzz -Ouais, quand même pas… C’est même pas par rapport à Marseille, c’est parce que moi, j’aime pas le foot, pour tout te dire. Express aime bien le foot, moi j’aime pas trop. Je suis pas à fond, vraiment. Je supporte Paris parce que j’habite Paris, j’ai grandi là, c’est la capitale. Moi je comprends pas les mecs qui habitent Paris et qui supportent Marseille. C’est un truc que j’ai jamais compris. Mais comme je t’ai dit tout à l’heure, en début d’interview, si on me donne un gros chèque et qu’on me dit : « Mets le maillot de Marseille. » Je le mets, tu vois ?

Express -Tu marches aux gros chèques, quoi ?!

Allstarzz -Ouais, voilà. Je marche aux gros chèques.

Teo -Tu ferais beaucoup de chose pour un gros chèque…

Allstarzz -Y a des limites, quand même. Y a des limites. Mais tout ce qui reste musical… C’est comme un acteur, on lui dit « Fais un rôle de gay. » Même si il est pas gay, c’est son métier, il le fait.

Spleenter -D’ailleurs, pour en revenir aux films, vous avez vu ça ?
(Il leur montre son poster de The Dark Knight _oui, le cas de Spleenter ne s’améliore pas)

Express -Moi, ouais.

Spleenter -T’as pensé quoi du personnage du Joker ?

Express -Il a joué violent, le mec. Mais après ça il est mort, l’acteur. C’est un truc de ouf, chanmé !

Teo -Y a une phrase que t’entends parfois dans des films à la con : « C’est facile de rentrer dans la tête d’un fou. C’est plus dur d’en ressortir. »
Et je me demande si c’est pas ce qui lui est arrivé…

Spleenter – Qui a dit ça ?

Teo -Je sais pas, c’est une phrase de merde que t’entends dans plein de film de merde…

Express -Il est tellement rentré dans le personnage, il est devenu favou !

Allstarzz -Moi, je suis pas trop film, comme je t’ai dit. Mais ça, ça me parle plus (il désigne un autre poster). « American gangster. »

Teo -Bah tu peux en parler. Fais toi plaisir.

Allstarzz -Je sais pas pourquoi mais il me plait bien ce film. Comme tout le monde.

Express -Déjà, c’est réaliste. J’aime bien quand c’est comme ça. Les séries à la Oz, The Wire, les trucs comme ça.

Teo -Ouais mais du coup, je l’ai trouvé un petit peu lent comme film.

Allstarzz -À démarrer, ouais ! Je l’ai trouvé un peu lent aussi ; mais l’histoire est bien. Ce que j’aime bien dans les affiches de film, c’est que parfois, tu peux reprendre ça pour en faire des pochettes de mixtapes. Ça donne de bonnes idées.

Teo -T’as repris des affiches, toi ?

Allstarzz -Hitjacking de Krem. La pochette c’est une affiche de film. Un film de braquage, vu que c’est le concept de la mixtape. Le fait de braquer les autres.

Spleenter -En posant sur les instrus cainris, donc ?

Allstarzz -Voilà. C’est tiré d’un film mais je sais plus lequel. Niveau film, c’est plus les pochettes qui m’inspirent. Comme American gangster, je trouve que ça ferait une bonne pochette.

Spleenter -Je me rappelle que quand j’ai pris ça, on a essayé de me refiler l’autre. Je taffais au cinéma, en fait. Et d’abord, il m’a rapporté celle avec Rusell Crowe. Je lui ai dit que j’en avais rien à foutre.

Allstarzz -T’es raciste ?

Teo « Oh mon Dieu ! C’est Russell Crowe ! »

Allstarzz -Il était pas assez swaggé sur la pochette ?

Spleenter -Non. Mais si tu regardes bien, même Frank Lucas c’était une poucav.

Express -Mais ça c’est chelou. C’est une poucav reconnue mais il est toujours en vie !!… Normalement, quand tu poucaves…

Spleenter -Je pense qu’il a dû se faire protéger. Et se barrer vraiment à l’ouest. Plus à l’ouest que ce qu’il y a dans le film.

Allstarzz -Mais il vit toujours, il est en chaise roulante maintenant. T’as jamais vu de vidéo de lui ?

Spleenter -Je me rappelle avoir vu un documentaire, mais lui il était pas dedans, c’était une autre tête de Harlem.

Allstarzz -(Il éternue) Atchoum ! (très réaliste)

Teo -À tes souhaits.

Allstarzz -Merci. Mon souhait c’est d’avoir un gros chèque !

Spleenter -Au fait, j’ai oublié de vous demander par téléphone : vous faites des T-shirts ?

Express -J’en faisais.

Allstarzz -On en avait fait. On en fait à l’occasion.

(C’est alors que DJ Allstarzz, qui avait bien senti que Spleenter allait lui demander des T-shirts gratuits mais qu’il ne s’arrêterait certainement pas là, décide de s’enfuir en sautant par la fenêtre du rez de chaussée)

Spleenter -Donc en gros, tu peux pas donner de délai parce que c’est vraiment fini. T’as des surprises que tu peux pas dire… Au moins une surprise ?

Express -Comme d’hab, y aura des sons de Médeline. Y aura des sons d’un peu partout, des connections que j’ai faites. Featuring, pareil. Et des mecs de la cité. ET quelques surprises, dont Papillon et certains autres dans ce délire là.

Teo -Y avait déjà un feat avec Papillon sur la swaggtape, d’ailleurs. Sur « Heureux de se fonsdé. »

Express -Ouais, justement, y aura aussi des gens de cette scène dont vous parliez tout à l’heure. Les Seno et compagnie, tu vois ?

Spleenter -Je pensais à MSJ, aussi. Qui a un timbre de voix très spécial…

Express -Si si.

Spleenter -Bon, Aelpeacha c’est plus pour les prods. Mais c’était surtout les mecs avec des voix un peu… je les catégorise dans les « voix de petits cons », tu vois ?

Express -Ouais, ouais, je vois.

Spleenter -Même 16Ar de l’S-Kadrille, il a un peu ce truc là.

(C’est là que DJ Allstarzz revient avec un CD de « Mon introdestruction »)

Allstarzz -Tenez, les gars. L’album que vous avez pas écouté. Vous faites pas votre boulot.

Express -Mais si, il connait un peu.

Spleenter -Ah bah c’est cool !! J’aurais préféré un T-shirt gratuit, mais…

Teo -Faites des T-shirts ! C’est vrai que c’est un bizness.

Allstarzz -Ça va venir.

Spleenter -Y a laboutiqueofficielle. Tu donnes ton logo, ils te font le truc, ils le mettent sur leur catalogue et après c’est suivant les demandes ou les ventes.

Allstarzz -Ouais ? Faudrait qu’on voit ça aussi. À explorer.

Teo -Du coup, on peut parler des clips.

Spleenter -Alors comment tu travailles tes clips ? Quelles sont tes influences ?

Sukre -Moi, à la base je suis photographe.

Spleenter -Comme beaucoup de mecs avant de commencer.

Sukre -Voilà. J’ai commencé la video y a pas longtemps. Ça fait 6 mois que j’ai mon appareil en HD et que je commence à faire des clips.
Sinon, je faisais que de la photo.

Spleenter -Tu faisais quoi ?

Sukre -Je fais de tout, reportage, studio, noir et blanc, couleurs, argentique, numérique, de tout. Moi je suis un photographe, je suis pas un photographiste.

Spleenter -Tu peux faire la différence pour ceux qui connaissent pas ?

Sukre -Je fais de la vraie photo, on va dire. Pas de la photo retouchée à mort, tu vois ? Je suis pas un graphiste, en fait. Je suis photographe et là je commence à faire des clips pour mon frère, comme ça.

Spleenter -Et tu taffes avec quel matos ?

Sukre -Je taffe avec un Nikon, toujours, D 3800 HD.

Allstarzz -Il essaye de faire des trucs qui sortent un peu de ce qu’on voit d’habitude.

Spleenter -Et t’as des références ou des trucs que t’aimes bien. Que ce soit en clips, en films ou en n’importe quoi, d’ailleurs ?

Sukre – Quand j’étais petit, déjà, je me suis buté avec des trucs comme BET, MTV, tout ça. C’était à partir d’Hype Williams, à l’ancienne, déjà, c’était que des trucs de ouf. C’est à partir de là. Je me suis intéressé à la vidéo plus tard. Parce que maintenant, on a accès à la HD, nous aussi. Mais sinon, avant, c’était trop dur. Avant, je voulais pas me lancer dedans parce que j’avais pas les moyens. Maintenant, je vois qu’avec un petit appareil comme ça, numérique, je peux faire un clip. Ça ressort bien, comme t’as pu le voir tout à l’heure.

Spleenter -Une fois que toi, t’as l’appareil, j’imagine que ça coûte pas non plus des milles et des cents. Et pourtant, t’as toujours des clips, notament de rap français, qui sont très très laids !!…

Allstarzz -Et qui passent !

Sukre -Ça je peux pas te dire. Je suis comme toi. Faut avouer, à l’heure actuelle, Chris Macari est très fort. Il est très fort. Moi j’aime beaucoup.

Spleenter -Il doit taffer avec le même genre de matos que toi, pourtant.

Sukre -Ouais, sûrement, mais ça sort bien : regarde la lumière du jour en HD.

Spleenter -Ouais ! Mais c’est plus les angles de vues. Il peut se louer un hélico pour filmer Las Vegas, mais le grain de l’image est le même.

Sukre -Ouais mais y a plein de choses : Le cadrage, le déplacement, comment l’image est rythmée. Y a plein de choses qui sont importantes. Moi j’aime bien ce qu’il fait. Franchement, ça va. En plus, il s’adapte selon les moyens, ça travaille pas que avec des mecs du haut. Si t’as moins de moyen que untel, ton clip sera moins bien.

Express -C’est pas forcément une question de moyens, aujourd’hui. La vidéo franchement : t’as des idées, ça joue.

Sukre -La post prod ça compte beaucoup aussi.

Spleenter -C’est à dire ?

Sukre -Bah le montage d’un clip, ça joue beaucoup. Je travaille avec des monteurs. J’ai fait 2 clips, j’ai taffé avec 2 monteurs différents.
Pour avoir des styles différents, justement. Pas essayer de faire tout le temps la même chose.

Spleenter -en post prod tu retouches pas l’images, tu fais pas des trucs…

Sukre -Ça dépend, des fois. Mais normalement non.

Spleenter -Mais quand tu dis que tu retouches l’image ?

Sukre -Non, y a pas de retouches mais on peut ajouter en petit effet de lumière. Un halo de lumière. Léger. Comme t’as pu voir dans « Rouge et bleu. » Je veux faire plein de choses différentes : Le clip se coupe, au début c’était en noir et blanc, après c’est en couleurs. Ça c’est Dipset, encore…

Express -Ouais. Enchainer avec un autre morceau.

Sukre -Ça coupe et après y a le début d’un autre morceau. C’est ce qu’il faisait, Juelz Santana, dans ces clips.

Spleenter -Ouais, tu t’es quand même buté aux clips que tu kiffais.

Sukre -Ouais, voilà ! Premier clip que j’ai fait, j’ai fait ça direct. Coupé, noir et blanc, on change de délire.

Spleenter -Tu te vois faire un truc comme « Santana’s Town »…

Express -Ça c’est un clip de ouf !

Sukre -Mais je lui en parle tous les jours de ce clip ! Il est chanmé !

Express -Putain, ouais !

Allstarzz -Mais c’est ça que je disais tout à l’heure : C’est des mecs comme ça qui manque dans l’industrie ! Des mecs qui connaissent le taff ! Tu vois, quand tu parles avec un mec, il sait de quoi vous parlez. C’est pas un mec qui va te dire « Sans tana tone » ? C’est quoi ?

Spleenter -Santana stone.

Express -Y en a, parfois, ils sont allé taffer. Après ils ont changé.

Allstarzz -À l’ancienne, dans le rap français, les mecs qui faisaient des clips, c’est pas des mecs qui connaissaient.

Spleenter -Ouais, mais c’était des clips mieux que maintenant.

Express -Mais c’est parce que maintenant y a tout et n’importe quoi. C’est ça internet.

Teo -Avant t’avais moins d’albums, moins de clips par album, maintenant, il en faut plus.

Allstarzz -Si j’étais un rappeur et que demain je vais voir Sukre pour me faire un clip. Je lui donne mes références, il sait tout de suite de quoi je parle.

Spleenter – Pour en revenir au clip de Juelz, c’est un faux, parce qu’y a des trucs que tu grilles. Mais le faux plan séquence de Santana’s Town est magnifique.

Sukre -Y a les raccords mais c’est bien fait.

Allstarzz -Je me demande même si c’est pas Jimmy qui a fait ce clip. Parce qu’il a fait plein de clips, Jimmy.

Spleenter -Là je peux pas dire.

Allstarzz -La plupart des clips, c’est lui qui les faisait. Regarde bien dans les crédits.

Spleenter -Je sais qu’il a signé genre DA ou research ou je sais pas quoi chez Warner. Donc ça, ça prouve bien que c’est clairement pas un naze.

Allstarzz -Il a fait le clip de… de…

Spleenter -Je sais que Ballin, t’as son nom qui apparait direct. En même temps c’est basique, mais ça passe.

Allstarzz -Le clip magnifique où Cam’ron sort des égouts à un moment. En rose. Au début c’est une chanson, après c’est l’autre.

Spleenter -C’est Killa Cam, ça.

Express -Ouais mais y a un deuxième morceau derrière.

Allstarzz -Non. Le premier c’est un autre morceau : « Get’em girl. » Et le dernier c’est Killa Cam, où il sort des égouts. C’est Jimmy qui a fait ce clip aussi. Même le clip « Purple City Byrdgang. »

Express -Avec le piano. Ça c’est violent !

Allstarzz -C’est des bonnes idées ! Maintenant, tu peux demander à un mec comme Sukre, il peut te sortir des idées comme ça. C’est ça qui est bien. C’est ça qui a changé par rapport à avant. Tout le monde dit « le rap c’était mieux avant », non ! C’est pas mieux avant ! C’est différent !

Allstarzz – Faut s’adapter, vivre avec son temps. Tu vas pas dire toute la journée : « C’était mieux le vinyle. » C’est bon, on est en MP3 maintenant.

Teo -Et puis ce serait chiant les vinyles dans le métro.

Allstarzz -Mais y a toujours un connard qui va te dire : « Y a une odeur ! » Il va te casser les couilles.

Spleenter – Vas-y, ramène toi au moyen-âge, y avait pas de vinyle, y avait rien.

Allstarzz -« Ouais mais ton disque dur, y a 300 000 sons mais dans 10ans y aura plus rien. Moi, mon vinyle il est chez moi. »

Spleenter -Surtout que le vinyle, au bout de 10ans, il est fini.

Allstarzz -Ouais mais c’est la connerie qu’ils ont. « Le rap c’était mieux avant », moi cette phrase, je la déteste ! Y a qu’en france pour faire une phrase comme ça. J’en suis sûr !

Spleenter -Mais je pensais au début que c’était du second degré. « Le rap c’était mieux avant », comme Francis Lalanne. (en fait c’était Francis Cabrel, perdu) Après tu vois des mecs qui portent le T-shirt !!… « Houlà ! Ça va loin quand même !!… »

Express -T’as vu ?

Allstarzz -C’est pour ça.C’est toujours 10ans après qu’on va te dire que tel gars était bien. C’est ça, toujours un train de retard. T’as vu comment ça marche les compil années 80 ?

Teo – NTM se reforment, ils sont partout alors que d’autres rappeurs, au même moment, des rappeurs de maintenant, ont jamais été invités, jamais fait de plateaux télés.

Allstarzz -Faut dire aussi qu’NTM sur scène, c’est quelque chose !

Tout le monde -Ouais !

Allstarzz -Quel groupe peut te faire ça en france ? Même si Booba c’est le meilleur en ce moment, sur scène…

Spleenter -Sur scène il est pété.

Allstarzz -Tu mets un Joey Starr, il va vraiment faire un show.

Teo -Mais je comprends qu’NTM se reforme et on en parle. Parce que, forcément, ça a été des générations, ça va très loin. Mais que ça prenne toute la place, non. C’est comme Dorothée qui revient à la télé. Qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Surtout qu’à la finale : personne ne l’a regardé, tout le monde s’en foutait de sa nouvelle émission !

Allstarzz -Mais bien sûr.

Spleenter -On en parle pas déjà du rap, d’habitude… parce que même… ouais non… Sexion d’Assaut c’est spécial leur affaire…

Allstarzz -Ouais mais ils ont ramené une petite fraicheur, quand même.

Spleenter -Non, non, je parlais d’après qu’ils aient eu leur galère.

Teo -Ce qui était marrant c’est que du jour au lendemain, t’avais des mecs qui étaient là : « Quand même, y a beaucoup de paroles homophobes dans Sexion d’Assaut… » T’es pas un peu con ? Les singles passent en boucle et t’avais pas capté ? Ils écoutent même pas ce qu’ils passent…

Express -Ils avaient fait la même chose avec le gars qu’avait fait « Sale pute » ou je sais pas quoi.

Spleenter – Orelsan.

Express -Ouais, voilà.

Allstarzz -Mais c’est ça le rap en france, ils ont un problème avec ça, je te ments pas. Si tu retrouves toutes les phrases que les gens ont dit…

Express -Mais le rap est là !!…

Allstarzz -Je sais pas si vous avez écouté un morceau de… comment il s’appelle ?

Express -Sardou ?

Spleenter -Michel Sardou ? le temps des colonies ? Je pense que t’allais parler de ça.

Allstarzz -Voilà ! Pourquoi ils reviennent pas sur des trucs comme ça ? Pourquoi toujours le rap ? On est toujours marginalisés… Mais bon, faut faire avec.

Spleenter -le truc de Nagui, déjà, c’était de la merde « mais » juste pour ça : « Merci d’avoir invité des rappeurs… » Alors que c’est les plus gros vendeurs, c’est pas une faveur non plus.

Allstarzz -Même Booba. Quand il était invité sur RTL par Hondelatte. Il lui a dit : « les auditeurs doivent se dire que c’est un truc de ouf si je t’invite. Mais je peux pas passer à côté de toi. T’as vendu je sais pas combien de disques… »

Spleenter -Le mec a déclassé les mecs de la variet’ et tu vas pas calculer ? Ça n’a aucun sens.

Allstarzz -C’est pas normal ça. Et y a qu’avec le rap qu’on fait ça.

Spleenter -Et puis, même l’image du rap. Ça me fait le même effet que l’image de l’équipe de france. Après t’as DSK qui arrive et t’as des mecs qui vont faire un plaidoyer, limite : « Quelque part, c’est pas grave. Il s’est lâché… »

Allstarzz -Imaginons : on mettrait Joey Starr à la place de DSK. Bah le rap c’est mort en france !

Spleenter -Mets Joey Starr, juste à la place de Bertrand Cantat ! C’est fini ! « Ah ouais, c’est un rappeur, c’est normal, il a tabassé sa femme… »

Express -Je te jure.

Allstarzz -Mais c’est pas pareil. Je sais pas pourquoi, le rap c’est… je sais pas…

(Spleenter montre ensuite une vidéo où un mec très sérieux défend la pédophilie dans l’émission de Taddei à la télé. Ça, ça devrait faire scandale, mais ça ne fera pas)

Spleenter -On va arriver sur le mot de la fin.

Allstarzz -L’album « Certifié bavon », restez à l’affut. On balancera sûrement quelques clips avant et une Swaggtape vol. 2.

Express -Avant la fin de l’année, t’as vu. Y’aura du frais avant la sortie de l’album.

Allstarzz -Vous serez au courant en premier, je vous donnerai l’exclu. Et surtout écoutez toujours l’émission : Y aura souvent des exclus d’Express sur le Allstarzz Show.

Express -Sûrement du live.

Spleenter -Ah oui ! D’ailleurs ! Koffi nous avait parlé de ses projets au niveau de la scène. Faire une sorte de mini tournée des boîtes et aussi au niveau des MJC. Du coup il a dit qu’il ramènerait tout le monde, dont toi.

Express -Moi, je suis toujours opé.

Allstarzz -De toute façon, au quartier, on se voit. Si y a un truc, il me le dira.

Express -Quand c’est Krem, quand c’est koffi. Y a pas de problème. On est là. Même si je rappe pas, je viens, sur le côté, je fais les backs. Y a pas de problème.

Allstarzz -On prépare ça doucement, tu vois ? Comme on est indé on peut pas donner de dates précises. Quand on a un plan, on l’a. C’est pour ça qu’il faut surveiller facebook. Express 19. Toutes les infos.

Spleenter -Ah si ! J’avais une question, mais faut que je retrouve l’image.

Teo -Je vais meubler, j’ai une question. Ici, y a plein de questions pendat le mot de la fin, c’est une coutume. Du coup, le clip de SDF, c’est qui qui l’avait fait ?

Express -Le clip de SDF, c’est un pote qui m’a présenté un mec qui faisait des clips. Et y avait quand même un petit budget. On s’est impliqués dans le clip.

Teo -C’est scénarisé.

Express -Ouais, je voulais pas un truc comme d’hab. On avait déjà fait des trucs comme le clip sur Gyneco. On voulait un truc un peu différent. Puis c’est lui, le mec que je te dis, quand il a écouté SDF il a eu des idées. Moi aussi. Et voilà.

Teo -Et les gens qui sont dedans, du coup, c’est des potes à toi ? Des comédiens ? Les 2 ?

Express -Ouais, y a des potes à moi, des potes à lui.

Spleenter -J’ai retrouvé l’image. Ceerano c’est ce mec là ?

Allstarzz -Ouais, c’est lui. Pareil. C’est un mec du quartier aussi.

Spleenter -Apparemment, il s’est barré du label d’Alain De L’Ombre. Mais quand il dit les feats, y a aucun mec de chez vous. En tout cas, pas que j’ai entendu.

Allstarzz -Si, mais c’est une nouvelle génération, en fait. Ses potes à lui c’est la génération derrière nous.

Express -C’est les plus jeunes.

Allstarzz -À l’ancienne, il faisait partie d’un groupe qui s’appelait Treep Alliance. Avec Tony et Autop C. À l’époque de Treep Sal, le premier gros projet du quartier, en fait. Maintenant, il a remonté un nouveau truc. Entre temps, il était avec Alain De L’Ombre. Aux dernières nouvelles, il est plus avec lui. Mais, moi, je sais pas trop. J’ai suivi ça sur facebook, comme je le vois pas souvent, non plus. Je pourrais pas t’en dire plus sur lui. Je sais qu’il prépare un truc avec son nouveau collectif : La Mafia Parisienne.

Express -Chacun fait ses trucs de son côté mais y a toujours des trucs communs, aussi. C’est comme ça.

Spleenter -Et bah, comme dirait Pascal Cefran : « C’est l’heure du freestyle ! » (là on sait pas bien si Spleenter a tenté une imitation ou non)

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Classé dans Express et DJ Allstarzz (+ Sukre), Interview (et ouais mon pote !)

Interview d’Express avec DJ Allstarzz (2/3)

Allstarzz -Donc voilà, la Swaggtape en libre téléchargement. Justement, j’avais fait une émission spéciale Express sur le Allstarzz Show. Qui avait très bien marché. On avait fait un concept : le même soir on avait tout enchainé. À la fin de l’émission, on avait mis la Swaggtape en libre téléchargement et le clip. Directement.

Spleenter -Et le clip ? Si je me trompe pas, c’est…

Teo -SDF !

Express -Kamagra.

Teo -Ah ? Bon…

Spleenter -Je pensais à SDF aussi.

Express -SDF c’est un morceau qui était sur « Mon introdestruction. »

Allstarzz -Le premier projet d’Express.

Express – SDF c’est tiré de ce projet avec la casquette et les 2 baskets, sur la pochette.

Allstarzz -Mais SDF, on l’a remis dans la Swaggtape pour les gens comme toi. Qui connaissent sans connaitre. Donc on a fait le clip Kamagra et, dernièrement, on a fait le clip de « Rouge et bleu. »
Sur l’instru de Wiz Khalifa.

Spleenter -Laquelle ?

Express -Black and Yellow. Donc rouge et bleu.

Allstarzz -Les couleurs du PSG. Express featuring Krem.

Spleenter -Mais d’ailleurs, comment vous le faites « Rouge et Bleu » ? Parce que t’as une syllabe en moins.

Express -Rouge et blaveu !

Teo -Ah bah oui !

Spleenter -Blaveu ! Forcément !

Express -On s’adapte !

Allstarzz -Donc on a fait le clip au Parc des princes. De toute façon, tu vas sur la video sur youtube. En description, y a le lien pour télécharger le morceau. Ce dernier morceau a bien tourné sur le net. Je crois qu’on était les 1ers à reprendre ce truc. J’ai vu qu’y avait Brasco qui l’avait fait dernièrement.

Spleenter -Y’a Brasco, y’a Black Kent avec « Sacré negro. »

Allstarzz -On a fait tout ça avant.

Spleenter -Déjà le clip est bien. C’est pas comme Black Kent sur fond noir avec 3 mecs à côté.

Allstarzz -Donc le clip a été fait par le frère d’Express, qui travaille en famille. Il est photographe.

Express -Y a Krem aussi, dessus.

Allstarzz -C’est le dernier projet en date. C’est le dernier clip qu’on a fait.

Spleenter -Ça va, c’est propre, le grain de l’image il est clean.

Allstarzz -C’est le travail de Sukre.

Spleenter -Sukre ?

Allstarzz -Express, Sukre. K Fé, Krem.
(Krem était à la base en duo avec un autre rappeur nommé K Fé)

Spleenter -Ah d’accord. Je pensais au mec de Prison Break, moi, en fait.

Allstarzz -Y’en a un qui s’appelle Sukre ?

Express -Ouais, Sucre. (Express prononce avec l’accent, donc Soucré)

Allstarzz -J’ai pas suivi, ça.

Spleenter -C’était de la merde de toute façon.

Sukre -On m’appelait Sucre bien avant lui.

Express -Et l’autre (Kamagra) je l’avais sorti en même temps que la Swaggtape.

Allstarzz -Donc ce morceau, Rouge et bleu, il se retrouvera sûrement sur la Swaggtape 2 en attendant l’album. Vu qu’on va sûrement sortir un 2ème volume avant l’album. L’album ce sera sûrement en fin d’année, si tout se passe bien.

Spleenter -Fin d’année 2011, donc ?

Allstarzz -On va pas te donner de date vraiment précise parce qu’il est un peu minutieux

Spleenter -Ah t’as clipé Kamagra ?

Express -Ouais !

Allstarzz -En même temps qu’on a sorti la Swaggtape. Donc Kamagra, tout le monde sait c’est quoi ?

Spleenter -Surtout depuis Seth Gueko.

Allstarzz -Ah OK.

Spleenter -Non mais je déconne. Et le truc, c’est que toi, dans le refrain tu dis « J’ai pas besoin de ça. » Et Seth il dit « T’inquiète j’ai mon kamagra. »

Express -C’est pas pareil !

Spleenter -le clip, c’est toujours toi.

Sukre -On l’a fait à 2.

Express -À 2 avec Gambs (de Boyz in Africa).

Spleenter -Ça reste mieux que Chris Macari, je trouve, personnellement.

Sukre -Sérieux ??!!!

Spleenter -Ouais. Le grain de l’image… les couleurs…

Sukre -Mais moi je bosse avec ça. (Il montre son appareil, vous inquiétez pas, on va y revenir en détails plus tard)

Spleenter -Ah ouais, mais j’imagine que l’autre il travaille aussi avec du matériel de base.

Allstarzz -C’est ce qu’on te disait tout à l’heure, on essaye de faire tout tous seuls et de se débrouiller.

Spleenter -Non, mais tu sais, ça fait pas clip de rue.

Alsstarzz -C’est notre concept.

Express -L’image c’est important.

Allstarzz -C’est important. Quand on te parle de Swagg, on sait de quoi on parle. Même avant le rap, quand on est dans la rue on aime bien être bien habillé. On est comme ça. On te parle pas de Swagg parce que c’est à la mode, ça a toujours été comme ça. On a grandi avec des Zaïrois, tu vois ?

Spleenter -Je vois très bien.

Allstarzz -Surtout que le rap, maintenant, ça se regarde beaucoup. Et l’album s’appellera « Certifié Bavon ». Donc bavon c’est un argot de chez nous. Ça veut dire que c’est bien.

Spleenter -C’est « bon » tout simplement, non ?

Allstarzz -Ouais, voilà. C’est un argot bien de chez nous, faut bien préciser.

Teo -Faut le déposer !

Express -Ouais, on va le déposer.

Allstarzz -Y a du fric à faire ! On parle de beaucoup d’argent !

Spleenter -Je me rappelle de ton interview sur Zikaload où ça disait : « Ouais mais à Lyon aussi, ils parlent comme ça. »

Allstarzz -Ça c’est exporté !

Express -Mais j’en sais rien, si ça se trouve, ça vient de là bas…

Spleenter -Mais ça tu peux pas le dire dans l’interview !

Express -Pour nous, en tout cas, ça vient de chez nous.

Allstarzz -Je pense que ça c’est exporté. Comme « by » ou « on s’enjaille » maintenant.

Spleenter -« On s’enjaille » c’est carrément parti de la Côte d’Ivoire.

Allstarzz -Ouais, c’est Ivoirien, en fait ! Mais bon, c’est là que tu vois la force du rap.

Spleenter -Comme pour les mecs de grigny, les by, les -zère.

Allstarzz -Les bougs, c’est un mot Antillais, ça veut dire nègre, en fait.

Allstarzz -Mais tant mieux ! Ça s’exporte. C’est fait pour ça la musique.

Spleenter -D’ailleurs, ça vous a jamais tenté de faire tout un morceau limite incompréhensible pour les gens ?

Allstarzz -On y a déjà pensé.

Express -Avec que ce truc là ?!

Spleenter -Que l’argot du 19.

Allstarzz -On y a déjà pensé, mais sinon, si vous cherchez bien, le mec de ghett Diip a déjà fait un freestyle comme ça. Pour le jeu Def Jam. Je sais pas si vous avez vu ?

Teo -Simsky ?

Spleenter -Ouais, si. Y en a mais y a pas que ça.

Allstarzz -On peut le faire !!… Mais après ça reste sectaire.

Spleenter -Ouais mais quand l’équipe de Grigny ils te font des truczer, etc… Ils ont même des expressions qui correspondent à rien. Les mecs, au lieu de te dire Sarkozy ou quoi, ils vont te dire « le doracel. » Personne comprend au début.

Teo -Ouais, y a même « doracélé », je crois.

Allstarzz -Mais est-ce que tout un morceau comme ça… Parce que nous, le but, c’est que notre musique voyage.

Spleenter -Ouais, c’est pour ça que je dis que ce serait juste un délire. Entre parenthèse.

Teo – Koffi Trop 2 Style fait une outro sur un morceau comme ça. « Quartier sale », il fait que ça.

Spleenter -Ah ouais : « Elle veut sa vrette-laveu. »

Teo -Vrette-laveu !

Allstarzz -Sinon encore mieux : On devrait faire un dictionnaire du 19.

Teo -Dans le fascicule de la Mafia K1 Fry, à la fin t’avais un lexique.

Allstarzz -Ah oui !

Spleenter -Mais les tous 1ers à le faire, je crois que c’était IAM. Pour leur deuxième truc.

Allstarzz -Bah déjà… Akhenaton, pour comprendre ce qu’il disait parfois, à l’ancienne…
C’était déjà chaud.

Express -Ouais c’est chaud.

Spleenter -Mais en fait, je partais de ça. Parce qu’il a fait un couplet comme ça. Je me rappelle plus dans quel son. En louchébem. L’argot des bouchers de Panam.

Teo -Ça, ça devait être sur la mixtape avant leur dernier album.

Allstarzz -Ah oui ! J’en ai déjà entendu parlé de l’argot des bouchers. Christophe le tatoué, tu te rappelles quand il est venu avec son frère ?

Express -Ouais.

Allstarzz -Il avait dit qu’ils avaient un argot entre bouchers.

Spleenter -Et c’est un truc qui s’appelle le louchébem. Mais le mec a fait un couplet entier là dessus : c’est une langue étrangère !

Express -Ouais, tu comprends rien.

Teo -T’as des mots qui viennent de là qu’on connait tous : louf, loucedé, larfeuille.

Allstarzz -Exact. Je pensais pas que ça venait de là.

Spleenter -C’est comme plein d’argots.
Si un manouche vient te parler, c’est sûr que tu vas pas comprendre…

Express -Je te jure !

Teo -Tu vas comprendre 3 mots

Spleenter -Tu vas faire « Ouais, là il a dit kahlouch… »

Allstarzz -Mais « kahlouch », c’est arabe, non ?

Spleenter -Euh… Ouais… mais…

Express -Mais ils mélangent tout les gitans, c’est un truc de ouf.

Spleenter -Voilà !

Allstarzz -Kahlouch ça veut dire noir ? C’est ça ?

Spleenter -Ouais, c’est ça. Attends… Je me gourre… L’argot manouche, mais oui ! C’est tous les trucs en « av » !

Teo -Schnikav…

Spleenter -Pillav, bicrav…

Allstarzz -Oui, c’est ça.

Spleenter -Tout ça, ça vient d’eux.
Mais maintenant, si un d’eux te parle, c’est mort.

Express -C’est ouf.

Spleenter -Tu vas être comme le mec dans Sntach : « Ah ouais, il a dit bicrav à un moment… après je sais pas… »

Teo -Si c’est shnikav, faut te méfier. Ça veut dire séçu.

(Teobaldo connait ce verbe dans toutes les langues, il vous donnera des cours. Demandez à Tyler The Creator)

Allstarzz -Et vous ? Comment vous avez connu Express, justement ?

Spleenter -Comment on a connu Express ?

Allstarzz -Là c’est moi qui vais interviewer le Blavog !

Teo -Ça devait être parce que vous gravitez autour d’Absolut Treepsal. Vu qu’on aime bien le délire. Je pense qu’on a dû tomber dessus à un moment. Mais dans le détail…

Spleenter -Moi, peut-être sur une tape.

Allstarzz -Sur le morceau clash contre…

Spleenter -Contre Gyneco ?

Teo -Ah bah moi, ça devait être là.

Allstarzz -Je pensais pas à celui là. la première compil de « Menace sur la planète rap » y avait le clash contre Marseille, avec Bouga. Et sur le 2, y a celui de Doc Gyneco.

Spleenter -OK. Bah alors c’était avant ça.

Allstarzz -Et sur le deuxième volume, ils avaient fait un DVD aussi.

Express -Y’a le clip.

Spleenter -Est-ce qu’avant t’avais posé un truc « Ma maka » ?

Express -Ouais !

Spleenter -Ma maka ça date d’avant ?

Allstarz -Ma maka c’est dans « Mon introdestruction. »

Spleenter -Ok ! Bah alors c’est ça !

Allstarzz -Et aussi dans la compil.

Express -Dans « Mon arrondissement favori », elle y est.

Teo -Ah oui.

Spleenter -C’était à partir de ça. J’avais vraiment dû écouter « Mon introdestruction » et après je t’ai retrouvé vite fait sur le clash avec Doc Gyneco, forcément. Donc c’est parti de là et après, forcément, quand j’étais sur Treepsal, t’étais autour.

Teo -Moi je pense que c’était avec le clash sur Gyneco, tout simplement.

Spleenter -Moi c’était Ma maka. Je me rappelle de ça.

Allstarzz -Ça te parle, hein ?!

Spleenter -Bah oui, forcément !

Allstarzz -T’es dans le même délire qu’Express, alors ?!

Spleenter -Ah ouais, ouais… En plus, ce qui était marrant, que ce soit toi, Papillon comme je disais tout à l’heure ou… Tu vois toute la clique d’Aelpeacha ?

Express -Ouais.

Spleenter -Bah voilà. Tous ces mecs là, ça me fait retrouver l’ambiance « Première consultation. » Et donc, forcément, je kiffe.

Express -Ah bah ouais.

Spleenter -Mais c’est vrai que, sans que tu le dises, j’aurais pas dit « Il est à moitié Antillais. »
J’aurais dit « Ouais… C’est peut-être un turc. »

Allstarzz -Ouais, mais ça c’est pas important. On fait de la musique, on s’en fout des origines.

Spleenter -Sauf si t’es roux !

Express -Ah c’est dur, ça.

Allstarzz -La discrimination contre les roux, c’est pas bien. Vous allez vous faire censurer sur le net, les gars. Faut pas toucher aux roux, c’est comme les gays, les gars. En tout cas, nous on est pas homophobe, hein ? On aime les lesbiennes.

Spleenter -Mais ça, je comprends pourquoi ils l’ont pas fait vu leur position, mais le jour où t’as vraiment un mec qui s’en bats les couilles dans le rap et qui est accusé d’homophobie, il sort le T-Shirt : « Je suis pas homophobe » Et il se retourne : « Je kiffe les lesbiennes »
À la cainri, quoi !

Allstarzz -On en revient aux Dipset. T’as une phrase : « Dipset bitches ! No homo ! »

Express -C’est encore Cam’Ron qui l’a lancé ça : « No homo. »

Spleenter -Ou le truc « Stop snitching. » Et pour le truc des lesbiennes, il a une phrase comme ça dans sa dernière mixtape avec Vado… Enfin, peut-être pas sa dernière vu qu’il en sort à la douzaine. Mais un truc avec butters et…

Allstarzz -Butters and guns ?

Spleenter -Guns and butters !

Allstarzz -Guns and butters ! Voilà !

Spleenter -Dedans, il parle à un petit merdeux ou je sais pas quoi. Et en gros il lui fait : « You have gay-friends. I have lesbians hoes. » C’est le délire, quoi.

Express -Cette mixtape est très très bonne.

Spleenter – Tu disais qu’y avait des surprises mais que tu pouvais pas les dire ?!

Express -Bah ouais. Mais tout à l’heure tu parlais de Papillon, y aura des trucs comme ça. Mais je vais pas te mentir, c’est des mecs où le feeling passe, plutôt que le featuring qui fasse vendre. C’est pas mon but, même si je refuserai pas, t’as vu ? Si je pouvais faire un feat avec, on va dire, Orelsan, je sais pas, n’importe qui, je refuserai pas. Je suis pas dans un délire mec fermé.

Allstarzz -Et puis comme on est dessus, on peut pas trop vous dire. Parce que là on sait pas encore. On est dans la construction. On peut pas trop te dire, encore. Si ça se trouve, demain…

Spleenter -« On croise Lil Wayne » ?

Allstarzz -Ouais, Lil Wayne ou Cam’Ron. Y’aura Cam’Ron sur son album.

Teo -Là, en sortant ! Cam’Ron à Porte d’Asnières.

Allstarzz -Mais ce que je peux vous dire c’est que ce sera un gros, gros truc. Franchement, y en a qui seront étonnés.

Spleenter -Et niveau distrib ? Vous avez démarché pour avoir des deals ou vous en êtes encore vraiment au stade de la création ?

Allstarzz -En fait, Express c’est pas son boulot, ça. Pour l’instant il se concentre vraiment sur le son, il fait de bons morceaux.

Express -mais on est déjà en train de voir un peu comment on peut sortir ça. Le but c’est d’essayer de faire mieux que ce qu’on a pu faire.

Allstarzz -Et là on veut vraiment faire un truc lourd. on se prend la tête. On voit dans quelles conditions on va sortir ça.

Spleenter -Vous essayez de trouver les meilleurs contacts.

Express -Ouais, voilà.

Allstarzz -On cherche les meilleurs biz qu’il y a à faire.

Spleenter -Donc toi, tu bosses spécialement avec Express. Est-ce que tu bosses avec d’autres gens ?

Allstarzz -Avec Krem aussi. Bah j’ai fait sa mixtape dernièrement « Hitjacking. » Il reprend toutes les faces B du moment. Et là, justement, pour en revenir encore aux Dipsets, la Hit Jacking volume 2, ce sera une spéciale Dipset. Il reprend toutes les instrus et…

Spleenter -Même les à l’anciennes ?

Allstarzz -Ouais ! Même les anciennes.

Spleenter -C’est bien ça !

Teo -C’est une série qu’il va faire ? Une spéciale dipset, puis une spéciale je sais pas quel groupe, etc… ?

Express -Pourquoi pas.

Allstarzz -On fait ça au feeling. On va voir. Pour le 1er volume, on a vraiment pris les sons du moment. DJ Khaled « All I do is win », Birdman, Lil Wayne, etc…

Express -Rick Ross.

Allstarzz -Tous les gros morceaux qui avaient marché. Là, vu qu’il est dans le délire Dipset, comme moi, il aime bien, il m’a dit : « On va faire ça. » Là, je crois qu’il a enregistré 60% du projet.

Spleenter -J’ai cru que t’allais dire 60 morceaux.

Teo -Ça ferait beaucoup.

Spleenter -Un jour, je t’ai fait un best of de Cam’Ron qui durait quand même 3h30.

Teo -Presque 4 heures, ouais !

Express -C’est comme Allstarzz. Il s’arrête jamais.

Allstarzz -Moi aussi j’ai fait des truc spécial Cam’Ron. À l’occasion, je t’enverrai ça.

Teo -Le pire c’est que je l’écoute souvent en entier. Tu sais, tu le lances ça passe tout seul.

Allstarzz -Les Dipset, franchement, dans le rap, ils ont fait un vrai truc. En plus ça a été dur pour eux. Peut-être pas pour Cam’Ron : il est arrivé avec Roc-a-Fela. Mais Dipset ils sont arrivé quand c’était fini avec le Roc. Ils sont arrivés en même temps que G-Unit sur le marché.

Spleenter -Pas tout à fait…

Allstarzz -Vers la fin ! L’album Diplomatic c’est en même temps que G-Unit. C’était dur, à New York les gens juraient que par G-Unit. Et eux, ils ont réussi à exister.

Spleenter -Ouais. Mais ils avaient quand même Cam’Ron, il avait un nom, il portait le truc. C’est comme… Ouais non, j’essayais de trouver un équivalent en france, mais ça existe pas.

Teo -Y a pas d’équipe entière qui monte en france.

Express -Il était direct en marge à New York, cam’Ron. Il s’habillait en rose et tout ça, c’était un truc de ouf. Y avait pas de trucs comme ça à New York.

Allstarzz -Mais parfois, on nous compare avec les Dipset.

Spleenter -Je me rappelle. (Spleenter fait partie de cette secte de gens qui ont comparé Absolut Treepsal et leurs proches aux Dipset, justement)

Allstarzz -Je sais pas si vous vous rappelez d’un article dans Groove magazine où ils avaient fait un article sur les gars du 19. Ils avaient fait un petit reportage, un petit article, sur notre quartier. Parce qu’en fait on a un pote à nous qui avait ramené DJ Clue pour mixer en boîte. Dans l’article, ils expliquaient qu’on avait notre délire à nous, vraiment. Un truc spécial. Faut vraiment que je retrouve cet article.

Spleenter -Et ils vous comparaient aux Dipset.

Allstarzz -ouais, aux Dipset.
C’est toujours une bonne comparaison.

Spleenter -Bah ouais, tu m’étonnes.

Teo -C’est toujours bon à prendre.

Allstarzz -C’est clair. C’est un groupe qu’on apprécie beaucoup.

Teo -C’est pour ça que tu mets des polos roses ?

Allstarzz -Ouais, je suis habillé en rose. Mais y a la petite touche française, y a le crocodile.

Spleenter -J’allais dire qu’à part Absolut Treepsal, qu’on peut comparer aux Dipset ; Y’a aussi le Ghetto Fabulous Gang, surtout par rapport à Alpha. Parce qu’il a ce côté boss et parfois tu mattes des vidéos, tu te dis : « Il est un peu perché, mais en même temps il est pas con… »

Teo -Mais même les vidéos. Le fait de faire des vidéos, c’est Alpha. Il a ramené tellement de délires dans le rap français.

Spleenter -C’est pour ça qu’il est un peu assimilé à des mecs comme Morsay. Mais c’était mieux fait.

Express -Il en faut des mecs comme ça dans le rap. Il faut de tout pour pouvoir ramener de tout. C’est ça le rap. Il faut des trucs différents.

Allstarzz -Il a déjà fait un truc très grand dans le rap français. C’est le premier à avoir sorti son album et un film en même temps. Il faut respecter ça aussi ! Mais bon, c’est la france… Tout ce qui est nouveau, les gens ont peur. C’est après, dans 10ans, les gens diront : « Alpha était en avance. »

Teo -J’aimais bien la vidéo à l’ancienne où il était dans un ascenceur, tu vois ?

Express -Ouais, ouais.

Allstarzz – il sortait les billets, là ?!

Teo -Ouais. Où il clashe Gyneco, les chanteurs de je sais plus quoi, etc…

Spleenter -Des joueurs de foots qui ferment leur gueule, aussi.

Teo – Mais c’était lui qui faisait dans les premières vidéos que tu voyais comme ça, en france. Ce mec a lancé ce truc là ! Après, y en a plein qui ont fait des vidéos.

Spleenter -Sauf que lui c’était pas que comme Morsay, que des insultes.

Allstarzz -Ouais, voilà.

Spleenter -Y avait un truc derrière. Y’avait tout un délire.

Allstarzz -Dans 10ans, ils te diront qu’Alpha était bon.

Spleenter -J’espère.

Teo -Bah il le mérite.

Spleenter -Parce que même sur ses choix de prods il est bon. sur le son « Les rappeurs sont des chattes », dans l’outro il cite les mecs que lui il a écouté. Et même en français. Et là tu vois que le mec a des bêtes de références.

Allstarzz -Bien sûr. De toute façon, si il a la trentaine comme nous, il a connu l’époque glorieuse du rap.

Express -Tu peux pas mentir. Tu sais qu’il les a écouté.

Spleenter -Et il a dédicacé des mecs rarement cités dans le rap français, des Master P, des mecs de Memphis comme les Three Six Mafia et tout ça.

Allstarzz -Et Master P c’est quoi ? Tu vas aux states : tout le monde connait !

Express -Alors qu’ici, il passe inaperçu.

Allstarzz -Ici, c’est vraiment les connaisseurs qui vont te sortir combien il a sorti de mixtapes.

Teo -Je vais te dire, honnêtement, je connaitrais pas Master P sans Alpha 5.20.

Allstarzz -Ah ouais ?! À l’ancienne, il te sortait de ces pochettes… Il était connu pour ça. Il avait des pochettes d’albums, tu tombais parterre. Tu prenais son album, tu tournais, son visage bougeait en même temps.

Teo -Je sais pas si tu vois les vieux menace records ?

Allstarzz -Voilà !

Express -Ouais, ils reprenaient ça.

Allstarzz -Mais les premiers qui ont fait ce délire là dans la photo, on les cite jamais, ils s’appellent…

Spleenter -Pen & Pixel ?! (il répond comme à un jeu télé, personne ne lui a dit qu’il n’y avait rien à gagner)

Allstarzz -Voilà ! C’est des mecs qui t’ont tué photoshop, à l’ancienne. Je sais même pas si tu dis ça à Fifou, si il connait. Peut-être. Fifou c’est notre Pen & pixel en france, on va dire. Si tu regardes ces dernières années, c’est lui qui était sur tous les albums.

Spleenter -Ouais mais t’as pas le côté un peu série B. Comme les vieilles jaquettes du fin fond de ton video club.

Allstarzz -Ou un peu comme les street films.

Teo -C’est le mauvais goût assumé. « Ouais, moi mes références c’est de la série B, c’est de la sous culture générale, je revendique à mort. »

Spleenter -De toute façon, c’est la suite de la blaxploitation, c’est ça.

Express -Voilà, c’est ça.

Spleenter -pour autant, on en reparle aujourd’hui. C’est bien la preuve que c’était pas de la merde.

Allstarzz -Dans les écoles de management, maintenant, on t’apprend Master P. On t’apprend son business.

Teo -Mais je pense pas qu’en france ils vont t’apprendre le biz d’Alpha ou Morsay dans les écoles.

Express -Si, peut-être dans 10 ans.

Spleenter – ils devraient.

Express -Parce qu’il a compris comment ça fonctionne.

Spleenter -Il arrive à vendre et il arrive à vendre son merchandising.

Allstarzz -Mais même Morsay ! Je le critique, je dis qu’il sait pas rapper, mais peut-être que dans 10ans… Personnellement, je l’ai dit, je respecte son bizness. C’est le mec qui rappe que j’aime pas. Mais peut-être , un petit qui aura 30ans dans 10ans, il va peut-être te dire : « Morsay c’est mon exemple. »

Teo -Mais ouais, parce qu’ils font du fric dans une industrie en crise. On serait aux Etats unis, les mecs seraient grave respectés.

Express -En plus, ils font les taffs que les gens veulent pas faire. Se lever, aller aux puces, c’est du taff.

Spleenter -En plus, les gars on les regardait comme des ovnis au début. Tu vois des rappeurs qui vendent leurs disques aux puces, tu te dis : « C’est des clodos… »

Allstarzz -C’est spécifique à la france, ça. Tailler un mec parce qu’il a des baskets trouées ou je sais pas quoi. C’est con, on s’en fout de ça. On fait de la musique. Le plus important ce serait la musique, normalement. On s’en fout si le mec que t’écoutes a été en prison ou autre chose.

Express -en france, c’est tout le temps comme ça. Ils veulent tout savoir.

Allstarzz -nous on est pas dans ce délire. Nous on sait ce qu’on sait, on vient de la rue, on a fait des trucs, on a vu des trucs, tu vas rien nous apprendre. On va pas en faire tout un plat. « J’ai tiré sur je sais pas qui ! » On s’en fout. On fait du bizness.

Express -C’est de la musique.

Teo – vendre de la musique en france, ça se fait pas. Parce que c’est du divertissement et si tu regardes bien, le divertissement en france, c’est un truc péjoratif.

Express -Voilà.

Teo -faut toujours qu’y ait un fond derrière. Et limite ils s’en foutent de la forme, tant qu’ils savent que t’as fait je sais pas quoi.

Allstarzz -C’est comme quand on était à l’école. Quand on te disait « Tu vas faire plombier. » Ta mère pétait un plomb ! Mais regarde les plombiers aujourd’hui. Tu peux être plombier et habiter dans un pav, avoir une belle voiture. Faut respecter.

Spleenter -Pour en revenir à la musique, le côté divertissement est mis en dessous. Alors qu’à la base, c’est fait pour ça. si tu penses cinéma français, tu t’imagines un couple de geoibours dépressifs ou alors une grosse comédie mais avec des gros beaufs partout.

Allstarzz -Avec des titres comme « Ma femme est partie. »

Teo -« Il a plu sur la colline », « Mets ton pull, il va faire froid. »

Allstarzz -Mais je pense que ça va changer. Parce qu’il y a plus de jeunes comme nous, y a de nouvelles générations. Nos enfants seront baignés dans ça.

Teo -Mais nous même. Nous on est de 86, on a 24, 25 et…

Spleenter -Non, moi je suis du 92.

Spleenter -C’était la blague.

Teo -Profitez-en, y en aura d’autres ! Amenez vos gosses la prochaine fois. Nous on est de 86, on a grandi devant des séries américaines, avec des films américains, etc…

Spleenter -Vous aussi j’imagine.

Express -Bien sûr.

Allstarzz -Déjà, on est pas loin de vous.

Spleenter -Vous avez pas grandi avec du Gerard Jugnot, on est d’accord.

Allstarzz -Si, quand même ! Attends ! Le Père Noel est une ordure !

Spleenter -Le Père Noel est une ordure ? Alors d’accord.

Allstarzz -C’est les grands classiques français.

Spleenter -Mais pas les bronzés 3 ?

Allstarzz -Le 3, je l’ai pas vu… Je pense que le jour où ça va vraiment changer c’est quand, dans la musique, ce seront des mecs comme nous qui connaissent vraiment, qui ont baigné dans le truc, qui seront aux manettes. Là ça va changer.

Spleenter -Y a beaucoup de gens qui disent ça.

Allstarzz -Je me rappelle que quand j’allais à la fnac, je voulais acheter un CD, le vendeur c’est un mec qui sortait de je sais pas où…

Teo -C’est un étudiant.

Allstarzz -Ouais, c’était un étudiant. Il écoute pas de rap du tout. C’est juste un job. Il va pas me conseiller, il connaît pas.

Spleenter -A la fnac, ça a pas changé.

Allstarzz -Si. Peut être que maintenant c’est un petit jeune et qu’il connait.

Express -Si tu vas à la fnac à Chatelet, ouais.

Teo -Mais pas partout.

Allstarzz -Et pour reprendre un truc qu’a dit Booba et qui est vrai : Comment ça se fait qu’une radio comme skyrock ait pas de DJ ?! y a pas de DJ ! Y a que Cut Killer…

Teo -C’est les émissions spés.

Spleenter -Et en plus, Cut Killer c’est le survivant. Le mec c’est un dinosaure.

Teo -À l’ancienne, ils en avaient un à eux. Un mec qui devait s’appeller DJ Skape et qui servait à rien ! C’était avant qu’ils aient les émissions spés.

Spleenter -Mais tu sais quoi ? Ça devait être le mec qui datait d’avant le rap de skyrock. Ça devait être le mec qui enchainait quand ils passaient du rock ou des trucs comme ça.

Teo -Le disque jockey !

Allstarzz -Vous avez bien vu dans le reportage. (rimes et châtiments) C’est Tabatha Cash qui a ramené le rap à skyrock.

Spleenter -Tabatha Cash et les pourcentages de Jacques Toubon. Ils devaient passer tel pourcentage de musique française, ils se sont retrouvé avec le rap.

Allstarzz -C’est ça qui nous a sauvé, un peu.

Express -Sans le rap français, pour eux, c’était mort. Fallait qu’ils trouvent un truc.

Teo -Y a aussi eu la coupe du monde 98, la récupération de la france black-blanc-beur. Parce que moi, je me souviens qu’y a eu un changement. (attention, séquence émotion) Je suis arrivé au collège, c’était « Sale espagnol, retourne dans ton pays. » D’un coup, la france gagne…

Express -On te disait ça ?

Teo -Ouais, mais j’ai grandi dans un bled d’arriérés, t’imagines même pas.

Allstarzz -Quand je vois ta tête, j’imagine pas que t’as subi de la discrimination.

Teo -Je me doute ! Mais c’était plus à cause de mon nom de famille. Il devait être chelou pour eux… Parce que c’est un nom de famille français mais hispanisé. C’est une histoire de famille, ils étaient partis vivre en Espagne, le nom a changé, ils l’ont gardé.

Spleenter -Ils ont dû tuer des gens…

Teo -Mais du coup, pour là où j’étais…

Spleenter -T’étais un métèque du coup.

Teo -mais ouais. Mon frère il s’est fait traiter de bougnoule, moi aussi. (faut préciser que dans certaines régions, « bougnoule » veut juste dire « méteque » donc sale étranger et pas spécifiquement « sale arabe ». Par contre, si quelqu’un te dit ça, c’est un fils de pute, peu importe la région, ça ça change pas) T’imagines même pas, c’était des cons.

Spleenter – ça c’était dans le nord de la france ?

Teo -C’était dans la Manche. En Normandie…

Spleenter -Comme quoi, le nord de la france…

Allstarzz -Mais les mentalités changent.

Spleenter -Je sais pas. Je pense qu’y a toujours des merdeux.

Allstarzz -Ouais, comme partout.

Teo -Donc ouais, plein la gueule en première année de collège. Et ensuite, france black blanc beur, france plurielle.

Spleenter -On est tous copains.

Allstarzz -Dans les cités, ça fait longtemps qu’on était tous copains, en fait. On a pas attendu france 98. en tout cas, nous on habite dans le 19ème, on a toujours été avec des juifs, des arabes, des blancs, etc…

Teo -Je te crois. Mais chez moi c’était des arriérés. Chez nous tu deviens un homme à 13ans quand tu violes ta première chevre. C’est le passage rituel.

Allstarzz -Alors ? C’était comment une chèvre ?

Teo -C’est soyeux.

Allstarzz -Faut essayer les poules, alors.

Teo -c’est duveteux, les poules.

Allstarzz -Ça part en zoophilie l’interview.

Express -C’est bizarre.

Spleenter -On va repartir sur du sain, on va repartir sur DSK : Alors au niveau des tatouages, ça t’est venu comment ?

Express -les tatouages c’est venu comme ça. Au début, j’en ai fait un et voilà.

Spleenter -On va faire une interview OK Podium : Quel était ton 1er tatouage ?

Express -Le premier tatouage que j’ai fait c’était ça.

Spleenter -Donc déjà « Express » ?

Express -Ouais.

Teo -Ça t’es venu comment ? C’est quoi qui t’a donné envie ? Un personnage de film ? Sportifs ?

Allstarzz -Le rap, je pense.

Express -Ouais. C’est ça.

Allstarzz -Malheureusement, en france, nos seuls idoles c’était les rappeurs. Quand t’allumais la télé, c’était pour voir un mec comme toi. C’est chaud.
(Il dit ça à Teobaldo, que ça fait golri)

Spleenter -Tu m’étonnes.

Allstarzz -Donc après, nos premières idoles c’étaient le dealeur d’en bas de la cité ou le rappeur.

Express -Mais c’est vrai qu’à l’ancienne, les tatouages c’étaient pas comme aujourd’hui.

Allstarzz -C’est des oeuvres d’art si vous regardez bien.

Express -C’est à la mode aussi, tu vois ? Y a des petits qui viennent, ils veulent faire le cou direct.

Spleenter -Après t’as aussi des Wiz Khalifa.

Allstarzz -En france, on a Swaggman.

Spleenter -Ce mec me fait de la peine. Mais de la vraie peine.

Teo -Mais vraiment.

Allstarzz -C’est son bizness, je pense.

Express -Chacun son créneau.

Spleenter -Mais apparemment, il a une belle vie.

Allstarzz -Ouais, apparemment. Mais il a pas une si belle vie que ça. Si tu veux tant que ça être connu c’est que t’as quelque chose à vendre. Il doit pas être si riche que ça. pourquoi il veut faire un album ? Pourquoi il cherche un producteur ?

Express -Tu penses qu’il est riche, toi ?

Spleenter -Ouais, je pense.

Allstarzz -Mais qu’est-ce qu’il se prendrait la tête alors ?

Spleenter -C’est pour ça que je dis qu’il me fait de la peine. Je pense que ce qu’il y a derrière c’est que : oui le mec a une vie de merde, mais pas parce qu’il est pas riche. C’est juste qu’il a une vie de merde.

Teo -Moi il me fait de la peine parce que quand tu le vois, quand tu l’entends parler, t’as vraiment l’impression que c’est le mec le plus seul au monde. Il a jamais eu d’amis…

Allstarzz -J’ai suivi son histoire, je crois qu’il a dit dans un reportage qu’il était enfant de la ddass ?!

Teo -Ouais. Je crois.

Spleenter -C’est du mytho. Il est plus jeune que moi et il est passé, en 4ans, de « je dors dehors » à « j’ai un appartement sur les Champs »…

Allstarzz -C’est le rêve américain… C’est comme le mec qui chantait au feu rouge et qui est devenu animateur radio.

Express -En france, ça existe pas ça !

Spleenter -Ça existe pas.

Allstarzz -C’est pas le rêve français.

Spleenter -Il est troué le rêve français.

Express -Il se transforme en cauchemar.

Allstarzz -Sinon, t’as vu, les tatoos c’est un mode de vie, quoi. Comme on dit tout le temps, c’est une drogue. D’abord t’en fais un.

Express -Ensuite il t’en faut un 2ème. C’est bien quand c’est un tatouage perso, quand ça a un sens.

Spleenter -Bah oui, c’est pas une décalcomanie.

Express -Y en a qui arrivent carrément chez le tatoueurs, ils savent même pas ce qu’ils veulent…
Ils regardent le truc « Ah ouais, celui là, pourquoi pas ? » Tu vois ? Après, je sais pas, chacun son truc… Mais un tatouage c’est pour la vie.

Allstarzz -Quoique maintenant, tu peux te les faire enlever au laser.

Teo -Je connaissais quelqu’un qui avait fait ça. Mais tu voyais toujours bien la trace d’une feuille de canabis sur le mollet… Même si ça avait été enlevé.

Allstarzz -Ça a été mal fait, alors. Parce que Pharrell a enlevé son bras, y a plus rien.

Spleenter -Ouais mais après, c’est Pharrell Williams aussi.

Express -Il a pas dû prendre le même truc.

Teo -C’est les lasers de la nasa qu’il peut se payer. Et la Swaggtape 2 ? Vu que la 1ère c’était retrospective, tu vas mettre quoi sur la 2e ? Que des inédits ou y a d’autres vieux sons que t’as pas remis sur la première ? Ou c’est aussi des trucs que tu poses spontanément et que tu gardes pas sur l’album ?

Express -Y aura des titres comme ça, qui seront pas sur l’album. Mais y’aura peut-être aussi 1 ou 2 en exclu qu’on retrouvera ensuite sur l’album. Et aussi des faces B.

Spleenter -Des faces B de maintenant, donc ?

Express -Ouais. Françaises ou cainris…

Spleenter Ah ? Françaises aussi ?

Express -Ouais. Sur la première j’avais repris le son de Booba, Garcimore.

Allstarzz -En fait, le truc c’est qu’il a fait tellement de morceaux dans sa carrière, que des Swaggtape ont peut bien en faire 3 ou 4 volumes.

Spleenter -Franchement, faites le. Je sais pas si vous voyez Lil B ?

Allstarzz -Ouais.

Spleenter -Le mec inonde vraiment le net avec toutes ses webtapes, en plus c’est gratos.

Allstarzz -Y en a plein qui ont commencé comme ça. Comme Wiz Khalifa. Il a pété grave cette année, mais en fait si tu regardes sa carrière, le mec a je sais pas combien de mixtapes. mais même les grosses têtes, en fait. Ils font plein de mixtapes gratuites : Rick Ross, bah Dipset, pareil…

Spleenter -Justement, tout à l’heure, on disait qu’il fallait se différencier par rapport à la france. Si tu me dis que de quoi faire des tapes, des tapes, des tapes, inondez le net ! Je te dis pas d’en lâcher 10 dans la semaine.

Allstarzz -Ouais, je sais. Mais en même temps, aussi, faut qu’on bosse sur son album. C’est ça le truc.

Spleenter -Mais si les morceaux sont déjà prêts ?

Allstarzz -Oui, je sais, mais on veut pas trop parasiter le truc en fait. Tu vois ? Sortir 5 swaggtapes et le mois d’après, sortir l’album, ça rime à rien.

Spleenter -Pas tout en même temps, mais quand même gérer un petit truc.

Express -Il faut quand même qu’il y ait du brand-new, du nouveau. Faut qu’il y ait du frais. Même si y en a sur la Swaggtape 2, faut qu’il y ait quand même du frais. Là on est plutôt sur l’album.

Allstarzz -Parce que sur son album, il peut t’enregistrer 60 morceaux et n’en garder que 15.

Spleenter -Mais je te dis pas de sortir les trucs dont t’es pas satisfait.

Allstarzz -Même ça, satisfait, ça veut rien dire. Parce que des fois y a des morceaux qu’il aime pas que moi j’adore. Ou que moi j’aime pas et que lui, il adore. Ou que toi t’aime et que moi je déteste. Faut en donner un peu à tout le monde.

Spleenter -Mais ce que je voulais dire c’est, par exemple, tu vois Seno ?

Allstarzz -Ouais, Seno. Les Samedis Bâtards, c’est ça ?

Spleenter -Ouais. Tu sais, genre un morceau par semaine. Ça va pas vous tuer.

Allstarzz -Ça on verra.

Express -Mais c’est un bon concept. On balance un son, un son, un son et à la fin on balance la Swaggtape 2. C’est un bon concept. À chaque fois, faut trouver des nouveaux trucs.

Spleenter -Sauf qu’en plus, juste avec les mecs de Cambrai, vous avez de quoi faire.

Allstarzz -Ah oui ! Y a de quoi faire ! D’ailleurs y a un petit de chez nous qui va sortir un truc, il s’appelle Rhod Star.

Teo – celui qui a posé avec Koffi et un 3ème gars sur Clubbangers ?!

Express -Voilà.

Allstarzz -J’ai animé un peu sur la mixtape, elle s’appelle « Blow Grana. » En référence au Barça. Pareil, c’est le même concept que la Swaggtape, il a pris quelques faces B, des morceaux, il en a fait une net tape gratuite. Donc là y a plein de jeunes qui arrivent derrière à Cambrai. Y a pas que nous, y a un groupe qui s’appelle CBR, y aRhod Star, etc…

Spleenter -Ils ont posé avec toi, non ?

Allstarzz -Rhodstar, oui. Sur Summer in Paris.

Teo -L’Eté à Paris, alors ? Swagg ou pas swagg ?

Express -C’est dur parfois l’Eté à Paris.

Teo -C’est la première fois que j’entends un morceau où le mec dit « c’est l’Eté à paris, c’est frais. »
D’habitude c’est plus : « Putain… »

Spleenter -« ..On se fait chier ! »

Allstarzz -C’est la capitale, quand même ! Nous, le vrai Paris, on le fréquente pas vraiment, mais le vrai Paris, tu kiffes ! Demande à un japonais si il kiffe pas le vrai Paris ?!

Express -Y a toujours un plan, en cherchant.

Spleenter -Le vrai japonais qui kiffe Paris, il a des plans que nous on a pas.

Allstarzz -C’est pas les plans, c’est qu’il y a des endroits où lui il rentre et nous on rentre pas.

Teo -mais ils ont un problème au Japon : y a une nouvelle dépression nerveuse qui existe. C’est le blues de Paris, ou je sais plus quel nom exact.

Express -Y en a qui sont déçus, tellement Paris c’était un truc de ouf dans leur tête.

Teo -C’est ça. Ils se montent trop avec ça ! Déjà t’arrives à Charles De Gaulle, t’as une caillera qui vient prendre tes sacs.

Express -Ils se font voler.

Allstarzz -Rho ! les préjugés, le blavog. Arrêtez, c’est pas bien.

Teo -Mais c’est normal. T’as un japonais qui arrive, un touriste tout content, il est tout petit. Tu veux le tester : tu fais du karate toi ?

Express -Mais imagine les à gare du Nord…

Spleenter -Mais ça c’est arrivé à Odd Future, je sais pas si vous voyez ?

Allstarzz -Euh, non.

Spleenter -Bah tu sais quoi, je vais vous montrer. Tiens, fais une pause sur le dictaphone.

Teo -T’es plus proche.

Spleenter -Ouais mais je sais pas comment marche ton truc.

(Et Spleenter leur montra une video des Odd Future en live chez Jimmy Fallon. Allstarzz et Express assimileront Odd Future à un nouveau mouvement : du hard métal rap. Ensuite on partira sur autre chose)

Spleenter -La 1ère fois que j’ai vu ta gueule, du coup, ça devait être sur le making of de Fuck Gyneco.

Express -Sur Booska P.

Spleenter -Sur Booska P, qui a disparu.

Express -Du jour au lendemain.

Allstarzz -En fait, l’histoire, c’est que cette compil « Explicit Politique » était financé par une association.

Spleenter -Ah d’accord ?! Parce que ce que nous disait Koffi c’est que ça avait pas pu passer, déjà parce que des émissions spés étaient tenues par des anciens du Secteur Ä. Donc même si eux disaent ouvertement : « Doc Gyneco à déconné » ils passaient pas le son.

Allstarzz -Je peux pas te confirmer ça, vraiment. Ce que je sais c’est qu’à la base cette compil a été faite par une associativement, donc à la base c’était vraiment un truc accès sur la politique. Nous on était vraiment le morceau ovni de la compile.

Spleenter -Mais vous étiez le premier clip. Vous êtes pas le seul, y en a peut-être eu d’autres mais personne les a calculé.

Allstarzz -Mais à la base, je sais pas si tu l’as eu dans les mains, mais le morceau est caché.

Spleenter -Ouais, c’est après la dernière piste.

Teo -Après XPlosif Click.

Allstarzz -Donc à mon avis, les mecs ont pas voulu se brouiller avec l’association. Moi, je pense que la raison c’était plus ça : Comme c’était une association qui avait financé le projet, ça le faisait pas pour eux d’avoir un morceau « on fuck Doc Gyneco ! » c’était pas ça le concept de la compil.

Spleenter -Ouais, mais n’empêche qu’ils ont quand même choisi de le mettre en avant.

Allstarzz -Non, même pas.

Spleenter -Mais alors, Booska P sont venus comment ?

Allstarzz -Le morceau a pris une ampleur, même eux s’attendait pas à ça. La compil a vendu grâce à ce morceau déjà, à la base. C’est ce morceau qui a fait connaître cette compil.

Express -Ils savaient même pas ce que ça allaient donner quand on a fait le morceau. Après, ils ont kiffé. Quand ils ont kiffé, on s’est dit qu’on allait faire le clip. On l’a fait entre nous le clip.

Allstarzz -Voilà. Le morceau commençait à prendre du buzz, du buzz… À un moment, tu peux plus arrêter la machine. C’était lancé. Donc ils avaient plus le choix, en fait. Et le clip en a remis une couche. Et le clip c’est retrouvé dans Menace sur la planète rap 2, dans le DVD. Parce que ça avait fait un buzz.

Express -Y a même des mecs qui me reconnaissaient. Mais après, Booska P ont enlevé la video.

Allstarzz -Parce que l’équipe de Booska P était sur le tournage. Ils sont venus sur le clip, mais y a quand même une question d’oseille. Booska P c’est pas gratuit.

Spleenter -Vous avez payé pour ce truc ?

Allstarzz -Non, on a pas payé !!… Mais à un moment, si tu payes pas, tu vas pas rester un mois !

Spleenter -Même à l’époque ? Parce qu’à l’époque ils en étaient pas là où ils en sont maintenant.

Express -Tu payais quand tu voulais être sur la page. Mais c’était pas reuch’. À l’époque c’est vrai que t’allais les voir et tu leur demandais juste.

Spleenter -Attends. C’était pas reuch ? C’était combien ?

Express -Je sais plus. On m’avait parlé de 200€, 300€. C’était pour la bannière, tu sais.

Spleenter -Ça a bien changé…

Express -Bah oui !

Spleenter -Les trucs que les rappeurs disent aujourd’hui c’est plus proche de1 500 d’abord, 1 500 après… Je crois que c’était ça, ce que disait Sazamyzy.

Teo -Je me souviens d’un truc comme 30 000…

Spleenter -Bah non, ça fait 3 000.

Teo -Ouais, je me souvenais que c’était avec un 3 et que c’était beaucoup… (les Espagnols et l’économie résumé en une seule phrase)

Express -Sur Booska P, si t’y vas, maintenant, y a du foot, y a du je sais pas quoi…

Ça a changé Booska P…

Teo -Tu comptes l’axer comment, ta promo ? T’as zikaload déjà et quoi d’autre, sinon ?

Express -C’est surtout internet, pour ça, tu vois ? Et on va essayer de se déplacer, d’aller en province, de faire des trucs qu’on a pas trop fait encore. On l’a fait mais pas beaucoup…

Teo -Des showcases ? Des concerts ?

Express -Ouais. Parce qu’on a des petits contacts aussi, on peut le faire. Mais voilà… C’est de l’organisation. On en a déjà fait un peu. C’est pas le truc numéro 1, parfois la vie appelle d’autres priorités, mais on fait avec…

Spleenter -Et c’est quoi ton rapport à la scène ? Tu kiffes ? Parce qu’y a des mecs qui sont plus studios, d’autres plus concert…

Express -La scène, franchement, c’est bien. Moi je kiffe. C’est pas de la rigolade, tu vois ?
Je pense que la scène, c’est un truc à maitriser, à bosser.

Spleenter -Ouais, tu vas pas juste te ramener et rapper ?

Express -Non, ça c’est pas intéressant. Ça veut dire que si je retourne sur scène, à cette heure ci, ce sera pour faire des trucs que j’ai pas fait avant. Des trucs carrés et bien.

Allstarzz -Donner quelque chose au public. On va pas venir se foutre de la gueule des gens.

Spleenter -Toi, t’as déjà fait de la scène ?

Allstarzz -Oui, oui. Ça m’est déjà arrivé. Pas avec Express mais peut être par la suite. On verra. De toute façon, vu comment c’est la musique maintenant, t’es obligé de faire de la scène. C’est ça qui va te permettre de vendre ta musique. Donc on va essayer d’avoir quelques plans, c’est prévu de toute façon.

Spleenter -Et tu te sens à l’aise sur scène ?

Allstarzz -Ouais ! Tu sais, quand on est artiste…

Spleenter -T’es pas forcément en mode DJ : Un mec qui gueule dans son micro tout le temps ou t’as rodé la scène ?

Allstarzz -les 2, les 2 ! Je l’accompagne, on voit ça au feeling. Ça se prépare, comme il dit.

Express -Il a pas vraiment d’étiquette mais il est là.

Allstarzz -Moi, je suis un peu touche à tout.

Express -Il est devant, derrière, il est partout.

Spleenter -Hin hin hin ! Non, on rigole parce que ça fait très porno…

Teo -Ouais, c’était un peu ambigu, vite fait.

Spleenter -Tu feras un montage.

Allstarzz -Ça c’est vos histoires. On vous a déjà dit, on est pas homophobes mais voilà…

Express -Tu vois le film very bad trip ? Le 2 ?

Spleenter -Ah le 2 ?! Tu l’as vu ?

Express -Ouais. Je viens de le téma, j’ai golri. Tu vois le mec qui a un tatouage ?

Allstarzz -Ouais.

Express -La tête de oim, il lui arrive des trucs…

Allstarzz -Mais me raconte pas, je vais le voir.

Spleenter -Il faut pas lui dire.

Express -Mais c’est des trucs de ouf ce qui lui arrive ! J’ai golri !

Spleenter -Tiens bah d’ailleurs ! Des références en films ?

Express -Y a pas de style particulier, j’aime un peu tout. Déjà, comme je suis Antillais, y a « Rue case nègres. » Je suis obligé de te dire ce film. Un Antillais qu’a pas vu ce film, je comprends pas…

Allstarzz -D’ailleurs il est repassé y a quelques jours sur France Ô.

Express -Ouais, je sais. Quand je regarde ce film, c’est un truc de ouf. Je pense à ma grand mère, je pense à la vraie Martinique. Tu vois, c’est un bète de film ! En plus il est réaliste, un truc de ouf ! Sinon, j’aime de tout : Les films cainris, les séries, etc…

Spleenter -Et si tu devais faire, on va dire, un top 5 ? Or Rue case negres.

Express -Or Rue case negres ? Bah je suis obligé de te mettre les DeNiro et compagnie. C’est surtout des films comme ça.

Spleenter -On va faire le test : est-ce que je suis encore une fois le seul à avoir vu « Il était une fois en Amérique » ?

Express -Non. Je l’ai vu, moi, celui là.

Spleenter -Voilà ! Comme quoi ça existe !!…

Allstarzz -Bah vous êtes 2 à l’avoir vu, alors.

Teo -Bravo.

Express -Non mais c’est un bête de film.

Allstarzz -C’est avec qui ça ?

Spleenter -C’est avec De Niro, Joe Pesci, déjà. C’est l’ancêtre de tout !

Allstarzz -Ah mais moi je suis plus « J’ai oublié les clefs de ma bagnole », des trucs comme ça.

Teo -« Les clefs de bagnole » ? Le truc de Laurent Baffie ? C’était bien con, ça.

Allstarzz -Ou « Viens chez moi, j’habite chez une copine. »

Spleenter -J’ai cru que t’allais sortir du « Menace (II society). »

Allstarzz -Non, mais non ! Ça c’est de la rigolade ! Les vrais films c’est avec Pierre Richard.

Spleenter -Ah ouais ?! Donc t’es vraiment à l’ancienne, toi ?

Allstarzz -Je suis un mec à l’ancienne, comme Jean Gab’1. Non, je rigole, j’aime bien ce genre de film là mais « Menace » c’est un classique. « Boys n the hood », « Set it off » le Prix à payer en français, y a quoi d’autre encore ?… Je suis pas trop cinéphile, à la base. Moi, c’est plutôt la musique. Je suis un malade de la musique !

Spleenter -Et là, par exemple, vu que vous êtes plutôt West, vous le sentez comment le Detox. Ça fait un bon moment que c’est repoussé, repoussé, repoussé, repoussé… Y’a eu un 1er single qui puait la merde !

Allstarzz -Ah ouais ?! Kush !? T’as pas aimé, toi ?

Spleenter -Je te parle pas de Kush, je te parle de l’autre.

Allstarzz -Ah l’autre ? J’aime pas, mais le clip est magnifique.

Spleenter -ouais, le clip, esthétiquement.

Allstarzz -I need a doctor, c’est ça ?

Express -On attend un peu beaucoup, aussi. Y aura forcément de la déception !!…

Allstarzz -c’est le Docteur, hein ? T’es obligé de l’attendre ! J’espère qu’il nous sortira vraiment un truc de ouf.

Spleenter -J’espère.

Allstarzz -Ca va faire comme le syndrome de Paris, le syndrome de Detox.

Express -On verra, de toute façon. Y’aura sûrement 1 ou 2 pépites.

Allstarzz -C’est Dr Dre, quand même !

Express -Il a sa touche.

Allstarzz -Ouais. Mais mon rêve, ce serait un Chronic comme le premier.

Express -Y aura pas de Up in smoke numéro 2 et tout ça.

Allstarzz -C’est fini, ça.

Spleenter -Je suis dégouté de l’avoir loupé. Enfin, loupé… être limité à la vidéo quoi.

Allstarzz -Ça c’est un concert que j’aurais fait. Ça et un concert de Michael Jackson.

Express -Ou Tupac, mon frère !

Allstarzz -Non, même pas Tupac. Je sais pas pourquoi… Moi c’est vraiment ça et Michael Jackson ! Et faire aussi, un jour, un summer jam.

Spleenter -En tant que quoi ? En tant que DJ ou…

Allstarzz -Non ! Spectateur !

Spleenter -Et par rapport à la mort de Nate Dogg ?

Allstarzz -Quand il est mort, on découvre que le mec c’était une balle alors qu’on le savait déjà. C’est la vie, hein ?! Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

Express -C’est la fin d’une époque.

Allstarzz -Il aura laissé des classiques derrière lui. Qu’est-ce que tu veux que je te dises sur sa mort ? Qu’il repose en paix.

Express -Ouais, voilà. C’est fini. C’est comme ça…

Spleenter -Parce que sur « Kush » y a un mec avec la même voix.

Allstarzz -Y a ce fameux débat !

Express -On dirait Nate Dogg.

Spleenter -C’est un mec qui lui ressemble. Apparemment qui tente de lui ressembler mais dans les crédits, t’as pas Nate Dogg.

Allstarzz -Voilà ! C’est un débat que j’avais avec Express et autre gars. Je leur dis « Je pense pas que c’est Nate Dogg… »

Spleenter -Non, c’est pas Nate Dogg. C’est un mec qui est entre Timbaland et Nate Dogg niveau voix.

Express -On dirait, pourtant…

Allstarzz -J’avais même pensé qu’ils avaient samplé, carrément, la voix.

Spleenter -Non, non.

Allstarzz -Mais c’est vrai, ça y ressemble beaucoup.

Spleenter -Tout est fait pour !

Allstarzz -Tu l’as le vrai single, avec les crédits ?
(Spleenter ne comprendra jamais que cette question est pour lui)
C’est ça maintenant, avec les MP3, tu peux plus voir les crédits…

Spleenter -En même temps, je crois qu’en france, personne n’a ce crédit là.

Allstarzz -J’avoue. De toute façon, il est même pas sorti en single, en vrai ?

Spleenter -Dre a dit que ce sera même pas sur l’album. Mais tu sais, si le mec avait eu que des retours : « Ouais, c’est de la tuerie ! » il aurait fait : « Ouais, c’est sur l’album, t’inquiète ! »

Allstarzz -La basse sur Snoop est magnifique. Comme d’hab.

Express -Ouais mais y a Akon aussi. Akon, il nique un peu le délire.

Allstarzz -C’est ça qui refroidit les puristes. Mais pourquoi Akon ? Normalement c’était Nate Dogg !
Mais bon… Le mec, ça faisait 2ans qu’il était à l’hopital.

Express -Et faut s’adapter. Même Dre taffe avec des nouveaux.

Allstarzz -Ouais mais j’ai entendu plein de puristes dire ça. L’autre fois je voyais une interview de Fabrice Eboue : « Alors ? Qu’est-ce que t’en penses ?
-Franchement, il est chanmé ! Mais je vais faire le vieux mec. J’aurais préféré qu’y ait Nate Dogg, dessus. »
Mais c’est plus les anciens qui disent ça.

Spleenter – Franchement, même pas. Parce que t’as juste à écouter le Chronic de 2001, forcément Nate Dogg va te manquer.

Express -C’est sûr.

Spleenter -Et puis si t’écoutes ce qui vient après Kush, c’est encore pire.

Allstarzz -Le morceau « I need a doctor » j’aime pas. Mais le clip, je le trouve trop magnifique ! Des images à l’ancienne et tout !!… Franchement, il est beau le clip.

Express -Ouais mais les gens attendent pas des morceaux comme ça venant de Dre, tu vois ?

Allstarzz -Il va pas te faire du Chronic 1 toute sa vie, aussi… Faut évoluer avec le temps.

Spleenter -Ouais mais même quand tu prends ses dernières meilleurs prods.

Allstarzz -C’est à dire ?

Spleenter -Tu prends à partir de « In da club. »

Allstarzz -Mais y a aussi des trucs pas sortis. Il était en studio avec Dipset.

Spleenter -Ouais, j’ai vu les photos.

Allstarzz -Je sais pas ce qu’il leur avait préparé, mais Jimmy avait l’air sur un nuage ! Faut attendre. Mais dans les dernières prods qu’il a faite : Kush !

Spleenter -OK pour Kush. C’était sa toute dernière, mais si tu remontes avant ?

Allstarzz -Il en a posé dans le dernier album de Game. Mais ça remonte à quand ?

Express -C’était sur le premier. Avec Fifty aussi.

Spleenter -Après, il était plus avec lui. C’était du Scott Storsh.

Allstarzz -Ouais mais Scott Storsh, c’est Dre en vrai.

Spleenter -C’est lui qui a fait le piano dans Still. Donc ouais.

(Ensuite, une chaussette fait son irruption dans la conversation)

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Interview d’Express avec DJ Allstarzz (1/3)

Après Koffi Trop 2 Style du groupe Absolut Treepsal, on interviewe un autre bon rappeur venu aussi du 19ème.
Le 75019 c’est un vivier de bons rappeurs dont tout le monde se fout, ça tombe bien, nous on est pas tout le monde, on est le Blavog. Et quand y a un rappeur avec un style frais et prenant des risques, on écoute.

Et le Blavog interview Express, qui est venu avec DJ Allstarzz et Sukre (le frère d’Express) à qui on a posé des questions aussi parce que c’est comme ça.
Nul ne nous échappera.

Teo -On est avec Express, donc on va commencer par le début. T’es du 19ème, est-ce que tu peux nous dire avec qui t’as commencé, tu connais qui, etc… ?

Spleenter -Et c’est où dans le 19ème ? C’est toujours Cambrai comme toute la clique ?

Express -Ouais, la source.

Teo -Y a que Cambrai dans le 19ème ? Vous vous mélangez pas avec les autres ou quoi ?

Express -C’est vrai, y en a beaucoup qui viennent de Cambrai, on nous a souvent reproché ce truc là. On s’est pas assez mélangé, peut-être. Je sais pas. Dans le 19ème, y a beaucoup de rappeurs, partout, mais c’est vrai que dans notre coin, c’est différent.

Allstarzz -En fait, nous on est l’école juste après Oxmo et tout ça.

Express -La nouvelle génération.

Spleenter -Vous êtes de la même génération que les Ghett Diip. Ghett Diip ils sont aussi de Cambrai ?

Allstarzz -Ouais.

Spleenter – vous avez jamais pensé faire un truc style « Cambrai allstars » ?

Allstarzz -Si. Y a eu un truc comme ça. En fait, le premier projet qu’on a fait qui s’appelait « Le Parizien. » Tu vois la compil ?

Spleenter -C’était là où il y avait le truc contre l’OM  ?

Allstarzz -Voilà.

Express -C’est un peu une compilation de Cambrai et de tous les mecs qui tournent autour.
Et 10ans après, c’est un peu toujours les mêmes gens même si chacun fait sa vie. Y en a qui on arrêté, qui ont continué, qui ont pris d’autres chemins. Mais bon.

Spleenter -Ça vous a jamais dit de faire un truc un peu comme Mafia K1 Fry ? Carrément un album, pas une compil. Avec des morceaux collectifs. Pris séparément, vous êtes pas spécialement connus, mais ensemble ça peut faire un bon truc.

Allstarzz -Tous les groupes parisiens, tu veux dire ?

Spleenter -Non, non. Que Cambrai.

Allstarzz -C’était ça le principe du Parizien, la première compil, à la base.

Spleenter -Ouais, mais en tant que collectif, faire un album…

Allstarzz -Ah ! Mais c’était un peu le principe d’Absolut Treepsal.

Express -C’était un peu la suite de Treepsal. Y a eu Treepsal, y a eu le Parizien, ensuite y a eu Absolut Treepsal, c’était un peu la suite de tout ça. Puis voilà, comme je t’ai dit, y a eu les histoires, y a eu beaucoup de trucs, tu vois ? C’est compliqué de réunir tout le monde à chaque fois. Surtout sur un gros projet. Après, peut-être que ça se fera, je sais pas.

Teo -On a l’impression que vous êtes tous potes, qu’y a une bonne cohésion.

Alstarzz – À la base on est des potes d’enfance. C’est pas parce que parfois tu nous vois pas sur le morceau de Koffi que…

Express -Si ça se trouve, je suis au studio quand il pose. On soutient, c’est la famille, mais c’est compliqué d’organiser un truc et, surtout, qui va l’organiser ? Et Comment ? Mais pourquoi pas un Parizien numéro 2, on en parle parfois…

Teo -On a l’impression, comme nous disait Koffi (allez lire son interview), que dans le 19ème, après Oxmo et Pit, qu’il y a eu un passage à vide. Sur ta Swaggtape y a le « Retour du 19 dans le game. » Vous avez vraiment envie de porte le 19ème, de le ramener sur la carte ?

Allstarzz -Passage à vide médiatique !

Express -C’est vrai qu’à part les vrais mecs comme vous, les mecs qui nous connaissent, on est pas connu.

Teo -C’est pour ça qu’un projet collectif, je pense, ça pourrait vous faire plus connaitre. Déjà si y a les Ghett Diips, ça ramène le public des Ghett Diips. Absolut, pareil. Et même toi, même si t’es pas le plus « connu », t’as des supporters. Donc si vous mélangez tout ça, déjà ça ferait une vue d’ensemble.

Spleenter -Et faudrait ramener Joe Lucazz, même si il est pas de Cambrai.

Allstarzz -Ouais mais il est autour.

Express -On le connait depuis. C’est l’équipe.

Spleenter -Et justement, par rapport à ça, Koffi avait sa théorie dessus ; le fait qu’on vous invite pas, qu’on vous voit pas trop, que vous soyez un peu les exclus de Paris, ça vient d’où ?

Express -C’est compliqué ça. C’est vrai que les gens, quand ils nous voient, ils font comme si on était potes et tout ça mais ils oublient de nous appeler, des fois. Mais bon, qu’est-ce que tu veux ?
Nous, aussi, on a beaucoup voulu faire nos trucs tout seul. Jamais rien devoir à personne.

Allstarzz -Après, t’as vu, c’est un bizness le rap. Les gens préfère inviter quelqu’un qui peut rapporter quelque chose médiatiquement. Nous on est pas forcément le groupe le plus connu de Paris. Donc peut-être que ça intéresse pas tout le monde. C’est pour ça qu’on fait nos trucs de notre côté et quand ça pète, ça pète ! c’est quand tu pètes que les gens viennent à toi. C’est à nous de le faire, justement.

Express -Mais plusieurs fois, on a eu les petits buzz par rapport à des morceaux comme celui sur Gyneco ou le truc de Marseille. On aurait pu… Mais il y a beaucoup d’aléas qui sont pas forcément musicaux…

Teo -C’est ce qui vous a fait le plus connaitre, c’est peut-être ce que tu dis là, les trucs sur Gyneco et les Marseillais.

Express -Exactement. En plus, c’est des morceaux qui sont fait dans un délire.

Spleenter -C’est plus des coups de têtes ?

Express -Ouais, voilà. Exactement.

Allstarzz -C’était pas calculé. C’était pas des choses pour faire un buzz. À la base, Koffi il a expliqué, mais y a une autre explication : sur ce morceau, le délire de la compil, c’était de parler de politique. Au mec qui faisait la compil, on lui a dit qu’on voulait se démarquer de ça comme on était pas vraiment calés dans la politique. Nous, le truc qui nous avait le plus dérangé dans le truc de Doc Gyneco, c’est pas une question de partir à l’UMP. On s’en fout, chacun fait ce qu’il veut, tu vois ?

Express -En fait, tu sais comment ça s’est passé ? Je revenais du pays. J’étais là bas, en Guadeloupe et on m’a montré la maison de Doc Gyneco en Gwada. Et j’étais content, je me disais que les mecs quand ils sont au bled, ils sont bien. Tu vois, ça faisait plaisir. Moi, Gyneco, j’ai écouté.

Spleenter -Mais tu le dis en plus dans le morceau.

Teo -Et que tu le connais déjà depuis v’là le temps.

Express -Voilà. Et quand je suis rentré, direct y a eu l’histoire.

Allstarzz -« Les banlieusards c’est des clowns. »

Express -À ce moment là j’ai repensé à ça. Je voulais pas faire un truc politique.

Allstarzz -C’est plus ça qui nous a dérangé. Mais le côté genre il est parti à l’UMP, mais nous on s’en fout de tout ça. Mais crache pas sur les gens. Parce que nous on a acheté tes CDs. Jusqu’à maintenant, moi je le dis, si tu me demandes un classique du rap français : Première consultation. Il sera dans les 5 premiers, tu vois ? Pour moi c’est un classique.

Spleenter -Y en a beaucoup qui disent ça. Sauf certains.

Express -Ouais mais chacun ses goûts.

Allstarzz -Le clash c’était juste pour ce côté là, mais sinon, le reste, ce qu’il fait… On respecte son travail. Il a fait avancer le truc, quand même. Il a ramené un nouveau délire.

Express -Après on nous met direct dans le truc clash. Mais en vrai, on fait pas les clasheurs.

Allstarzz -Pareil pour le morceau avec Marseille. On était jeunes…

Spleenter -Ça c’est suite à la phrase de Bouga.

Allstarzz -Et encore. On s’est aperçu qu’en vrai il disait même pas ça, tu vois ?

Spleenter -D’ailleurs, je sais pas si vous avez vu, mais dernièrement il a fait un clip.

Allstarzz -Un morceau sur Paris, ouais.

Express -J’ai pas capté le concept. Est-ce qu’il taille ou est-ce que…

Spleenter -Non, non. C’est pour la BO d’un film. Enfin un street film, quoi. Le concept, en gros : Les mecs ont pris le gars le plus étiqueté « anti-Paris » pour lui faire faire un morceau sur Paris. Et à la fin, il a le maillot du PSG.

Allstarzz -Mais ça reste de la musique, hein. Le morceau on l’a fait quand on était jeunes, on avait 20ans. On était fous.

Spleenter -C’est un truc que vous pourriez faire, pour un délire ? Aller à Marseille et mettre le maillot de l’OM ?

Allstarzz -Si y a un gros chèque à la clé !

Express -Mais en vrai, nous, on est pas des mecs fermés, je te dis la vérité.

Allstarzz -On s’en fout de ça. On écoute du soprano, on aime bien. C’est juste un délire.

Spleenter -T’écoutes du Soprano ?!

Allstarzz -Ouais.

Spleenter -Carrément ?! Faut y aller quand même !!…

Teo -Effectivement, vous êtes très ouverts.

Spleenter -Tu m’aurais dit le Rat Luciano, encore, je comprends.

Allstarzz -Ouais ! Mais je te parle de trucs de maintenant. C’est pour te dire, en gros, qu’on est pas anti-Marseillais. Ça reste de la musique. Même quand on supporte le PSG. Sinon on s’en fout de tout ça, nous on est là pour faire du biz.

Spleenter -D’ailleurs, vous avez pensé quoi du truc par rapport au Parc ?

Allstarzz -Express va mieux te dire, il est plus dans le délire supporter.

Express -Le truc sur les abonnements et tout ça ?

Spleenter -Ouais.

Express -T’as vu, les ultras, les vrais, ils te diront que c’est relou. Moi, personnellement, j’ai jamais été abonné. J’allais au Parc, on m’emmenait quand j’étais petit, c’est pour ça. Je suis un Parisien, t’as vu. Mais réellement, je m’en bats les couilles de ça. Le truc bien, c’est qu’au moins y a plus de skins comme à l’ancienne. Quand on était jeune, je me suis déjà fait insulter, c’est relou. Les histoires de skins au parc, tout ça c’était relou.

Allstarzz -Et ça salit l’image de la capitale. C’était ça surtout.

Express -On est à Panam et jusqu’à aujourd’hui y a des histoires comme ça, c’est chaud… Enfin, c’est pas pour ça que y aura plus de skins. Ils seront toujours là même si ils sont plus en rangers.

Allstarzz -C’est bête, pour du foot, toutes ces histoires.

Express -Mais là, par contre, les arabes « arab money » ils ont racheté Paris, ça c’est bien.
Là on est content. Tu vois le délire ? Arab money…

Teo -Tu penses qu’ils ont fait une bonne affaire ?

Express -Ce que je sais, c’est que du moment qu’ils lâchent l’oseille, qu’ils ramènent des joueurs, on est content.

Teo -C’est peut-être pas ça le problème de Paris. Parce que des joueurs, y en a eu, en passant par les Ronaldinho, les je sais pas qui. Y en a eu des bons joueurs.

Express -Ouais, c’est vrai.

Allstarzz -Après, c’est le club de la capitale. On a plus la pression qu’un autre petit club, c’est normal. C’est comme ça, c’est Paris.

Express -C’est même pour ça qu’ils sont venus les reubeus. Ils s’en battent les couilles du championnat de france. Mais Paris, c’est Paris, t’as vu ?!

Spleenter -On va repartir au début. Comment t’as commencé le rap ? Et les influences et tout ça.

Express -Les influences, comme tous les jeunes de mon âge, on est tombé dans le rap, on s’est mangé une baffe. Moi, au début j’étais pas rappeur.

Teo -T’as quel âge, d’ailleurs ?

Express -Je suis né en 79, j’ai 32 balais bientôt.

Allstarzz -Pour l’anecdote, il s’appelle Express…

Spleenter -Par rapport à Express D.

Express -Mais c’est pas moi qui ai choisi. C’est mes potes qui m’ont appelé comme ça.

Spleenter -Parce que tu te la butais à Express D.

Express -Voilà. Je sais pas. Y a plusieurs histoires. Mais Express c’est comme ça qu’on m’appelle, tout le monde. J’ai pas spécialement choisi.

Allstarrz -Parce qu’y en a qui s’attendent à un mec qui rappe vite. À cause du nom.

Spleenter -Ah, c’est clair qu’ils peuvent être déçus.

Allstarzz -Mais au début, c’est ça. Il écoutait tellement d’Expression Direkt qu’on l’appelait déjà comme ça.

Express -Au début je rappais pas, moi. C’est Koffi, même Krem… Krem c’est mon voisin de pallier. C’est le pote de mon petit frère à la base. Et lui il rappait. Moi je rappais même pas à cette époque là. Mais j’étais là, en studio. On a toujours kiffé le peura, tu vois. Après, un jour, j’ai lâché un couplet et puis voilà. Ceux qu’étaient claqués, ils étaient zappés ; et ceux qui passaient, ça passait.
Donc c’est que mon truc il est passé. Et voilà : j’étais un rappeur, c’est tout.

Teo -Comme ça. Carte de membres poinçonnées : rappeur.

Spleenter -Au niveau us, les influences ?

Express -Nous, c’est plus la West Coast, je vais pas te mentir. du Snoop, Dre…

Allstarzz -Bone Thugs…

Spleenter -Bone Thugs aussi ?

Express -Ouais.

Spleenter -mais toi t’es pas trop roulements, tout ça ?

Express -J’ai été. J’ai fait un peu de tout, moi tu sais. Et au début, j’ai commencé à chanter. Parce qu’avant y avait pas La Fouine et tout ça. Mais nous ça faisait longtemps qu’on faisait des trucs comme ça.

Allstarzz -C’est vrai que quand il est arrivé avec ça, ça se faisait pas.

Spleenter -Tu dois être le seul mec en france à avoir chanté sur un clash.

Express -Tu vois ?! Mais nous, c’est ça. On prend des risques. En tout cas, on a pas de limites.

Teo -Et ce délire d’avoir un flow un peu chanté, c’est venu comme ça ?

Express -C’est venu naturellement. Avec les trucs West qu’on écoutait, c’est toutes ses influences là. Et puis pas que ça, parce qu’on écoute pas que ça non plus. Moi, je suis à moitié Antillais. Ça se voit pas sur ma gueule, tout le monde me prend pour un rebeu ou je sais pas.

Teo -Ouais, c’est ce que j’allais dire.

Express -Ma mère elle est black, c’est une martiniquaise, et mon père il est blanc. Et voilà, moi j’écoute aussi du reggae, j’écoute de tout, tu vois ?

Spleenter -C’est vrai que je vois pas trop à qui te comparer. À part peut-être à Papillon, mais c’est pareil, il a les mêmes influences et aussi un peu le même genre de voix, un peu décalée. en france, tout ce qui est un peu influencé West ça a du mal à passer…

Express -Mais c’est aussi parce que, je vais pas te mentir, parfois les mecs se sont trop mis Westcoast. C’est à dire : il continue avec les sons comme à l’ancienne, comme Snoop. Mais le Snoop d’il y a des années. Alors que tu vois qu’aujourd’hui, Snoop…

Spleenter -Ouais, il a évolué.

Express -Tu vois ce que je veux dire ? Faut suivre le truc. C’est comme ça. J’ai même fait une coupe d’aujourd’hui. On suit le truc. Toujours à la page, on s’adapte.

Teo -Ça veut dire que t’avais des tresses collées à la Snoop quand t’étais jeune ?

Express -Non, non, non. Ça j’ai jamais pu. Donc dans les influences : Bone Thugs, Dipset beaucoup, Snoop…

Spleenter -Faut dire que Dipset, dans mon souvenir, vu que je suis quand même plus jeune, c’était les seuls de New York mais qui mixaient tous les styles. Ils faisaient du south avant que le sud pète.

Express -Mais bien sûr !

Allstarzz -Mais voilà. Ils reprenaient des trucs, ils ont repris Master P, déjà à l’époque.

Express -Ils pouvaient reprendre des délires West, y a pas de soucis.

Spleenter -Et d’ailleurs, ils étaient détestés par les puristes.

Allstarzz -Ouais voilà ! Ils aimaient pas Cam’Ron. Mais ils ont ramené un truc ! Tu vois les histoires de vendre ses mixtapes dans la rue, c’est eux.

Express -Ils essayaient d’être originaux. dans le rap français, ils sont beaucoup à faire la même chose. dés qu’y a un truc à la mode, ils veulent tous le faire. le mec à la mode qui fait du son, tout le monde veut son son. La pochette c’est le même mec. Ils veulent tous les mêmes trucs ! Un peu dommage.

Teo -On a bien vu avec l’autotune. Ça existe depuis v’là le temps. D’un coup, y en a un qui le fait -toujours le même d’ailleurs- et ils s’y mettent tous.

Express -Tout le monde le faisait avant Booba.

Allstarzz -Les chanteurs de raï, ils utilisent beaucoup l’autotune.

Express -Ils ont peur de prendre des risques.

Allstarzz -À la base c’est Zapp & Roger le vocoder. Maintenant on appelle ça autotune.

Teo -Avec Computer Love, ce genre de trucs.

Allstarzz -Voilà. Tout ça. On a baigné dans tout ça aussi, Zapp & Roger, Isley Brothers…

Spleenter -Et toi, d’ailleurs, comment tu t’es mis au DJing, en fait ?

Allsatrzz -En fait, comme j’expliquais dans l’interview sur Zikaload aussi, à la base j’étais pas DJ.  je travaillais avec Express, j’étais plutôt dans le délire de management. J’avais travaillé auparavant sur la première compil « Le Parizien », j’étais associé avec Koffi, à l’ancienne. Et le 1er morceau d’Express sur un CD, c’était sur cette compil justement. Après j’ai travaillé avec Koussek, je sais pas si tu connais.

Spleenter -Si, si. Celui qui avait fait un feat avec Nessbeal ?

Allstarzz -Voilà. Avec Nessbeal.

Spleenter -Et qui insultait Oxmo Puccino.

Allstarzz -Ça va, tu connais tes bases. Mais c’était des trucs de gamins. L’histoire, on était jeune, c’était des trucs de cités. On s’est embrouillé avec Danube, Riquet, etc… Et Oxmo venait de Danube. C’était ça en fait. C’est des conneries de jeunesse.

Spleenter -D’accord. J’avais tiqué dessus, j’avais éclaté de rire : « Putain mais elle sort d’où cette phase ?' »

Allstarzz -20ans, on foutait la merde et voilà. C’est venu de là… Donc on avait travaillé sur le premier street album de Koussek qui s’appelait « Explosif » et « Carnage » après.

Spleenter -Là, je vais avoir du mal à retrouver.

Allstarzz -Si tu cherches bien, sur I-Tunes.

Express -Il avait bossé sur 2 maxis et il bossait sur un album. Pendant longtemps. Il avait bien bossé sur cet album. Nous, on l’avait aidé. Et finalement…

Allstarzz -La vie a fait qu’on s’est séparé. On se voit tout le temps, au quartier, mais je crois qu’il a un peu mis la zic de côté. Mais je pense qu’il va revenir, tu vois, parce que le rap c’est une passion. C’est comme nous, plein de fois on a dit on arrête. Mais on revient. Et pour en revenir à comment je suis devenu DJ : je kiffe tellement le son ! Tu vois, on parlait de Dipset. Avant, moi j’étais le seul qui kiffait ça. j’en avais marre, quand je demandais des compils, y avait jamais de Dipset. Donc je me suis dit « Vas y, je vais faire moi même mes compils. » De la 1 à la 13, je mettais que du Dipset.
Je me suis lancé dans ça, je me suis retrouvé DJ.

Spleenter -Je me souviens que Cam’Ron avait limite disparu. Ensuite t’as l’embrouille à la radio avec Fifty. Il revient avec son clash, l’autre répond. Et ce qui m’a saoulé c’est que les 2 autres, Jim Jones et Juelz, ils l’ont laché.

Allstarzz -On connait pas trop l’histoire, en fait.

Spleenter -Ouais, peut-être que c’était prévu.

Allstarzz -Mais c’est pas ça l’histoire, c’est une histoire d’oseille, en fait. En fait, Cam’Ron était producteur executif de tous les albums de Juelz Santana et ils ont vu qu’y avait de l’argent que Juelz avait pas perçu. Cam’Ron récupérait tout.

Spleenter -Jim Jones était dans la période post « Ballin » donc il avait plus de buzz que Cam’Ron.

Allstarzz -Y a aussi eu des histoires personnelles. Parce que je crois que la mère à Cam’Ron était malade pendant quelques années.

Spleenter -Donc là, ils sont revenus au complet. Ça fait plaisir ou quoi ?

Allstarzz -Ça fait plaisir, mais en vrai, ce que les gens savent pas c’est que Juelz et Cam’Ron se parlent plus.

Spleenter -Ouais.

Teo -C’est un mariage forcé.

Allstarzz -C’est pour le bizness.

Express – Vado c »est sa nouvelle équipe. Chacun a monté sa nouvelle équipe.

Allstarzz -Mais les kainrys, ce qu’on a pas ici, eux ils pensent biz. Même si y a ça, le peuple demande du Dipset. Y’a un truc en france que je comprends pas, on en discutait l’autre fois en studio avec Express, comment des mecs comme Rohff ou Booba ont jamais pensé à faire un truc ensemble ? Tout le monde attend ça et ça pourrait faire un truc de ouf. Et ce qui fait ça, je trouve, c’est qu’internet ça joue un rôle important. Maintenant, tout le monde est derrière son clavier, tout le monde à son avis. Même un petit con qui connait rien du rap il va dire « Rohff il est nul ! Booba c’est nul ! »

Spleenter -Ça je suis d’accord. Mais aux States, le net c’est pire. C’est simplement qu’un Fifty il va pas se mettre devant un écran et bloquer sur un commentaire ; ça va pas lui pourrir sa journée.

Allstarzz -Ouais mais si demain on lui dit « Remets toi avec Game, faites un album. » On sait que ça va vendre chanmé. Ils peuvent mettre leurs histoires de côté. C’est l’argent. Ici y’a pas ça.

Spleenter – c’est peut-être simplement que quand t’es un cainri qui vend, plus t’as de l’argent, moins un commentaire va te toucher.

Allstarzz -Mais entre nous, Rohff et Booba sortent un album ensemble, ils explosent les charts !

Spleenter – Ce qui est marrant, c’est que les seuls qui ont fait ça en france, c’est NTM.

Allstarzz -Voilà.

Express -Voilà.

Spleenter -Et c’est que pour les concerts, ils ont même pas refait de morceaux. Et j’ai pas vu leurs concerts mais j’ai vu la vidéo où ils font leur entrée et ils se prennent dans les bras. c’est quand même drôle.

Allstarzz -Mais à un moment, c’est quoi le fin mot de l’histoire ? C’est des artistes et c’est leur job !
Ils ont des familles à nourrir, je pense. Et faut faire de l’argent.

Teo -Les salles étaient remplies. Y a un public.

Express -Y avait de la demande.

Allstarzz -Tu peux pas cracher sur ça. Je pense pas que demain Joey Starr sort un album et vend autant qu’il vendra avec NTM.

Allstarzz -Comme Kool Shen. Son album ça a pas été chanmé. C’était un flop.

Teo -C’était mérité. C’est la vérité. Sans méchanceté ni rien, y avait pas grand chose dans son album.

Allstarzz -Voilà.

Spleenter -En même temps, des gens comme ça qui reviennent maintenant, voilà quoi…

Allstarzz -D’où la phrase de Booba : C’est de l’antiquité. Où il expliquait en fait qu’ils sont revenus et qu’ils ont rien ramené de nouveau.

Spleenter -Même si ils avaient ramené des nouveaux sons. Parce qu’IAM continue de faire du son.
Mais bon… I luv New York c’est gentil…

Allstarz -J’ai pas écouté.

Spleenter -J’ai pas écouté non plus, j’ai juste vu le clip, voilà.

Allstarzz -Le concept a l’air… (il cherche ses mots)

Spleenter -Le concept c’est juste : On était jeunes dans les années 80, on se branlait sur Rakim, c’est sympa mais bon…

Allstarzz -En fait, je lisais une interview d’Akhenaton, il disait pourquoi il était pas allé en maison de disque pour cet album. Ils savent qu’ils vont peut-être en vendre, on va dire, 15 000 en indé.
Pour eux, c’est bon. Alors que si ils sont en maison de disque, si ils font ce chiffre là…

Express -C’est juste pour ce projet là, je pense. Si il sort son album, il fera autrement. C’est pour te dire que des mecs comme ça, c’est maintenant qu’ils sont en indé, tu vois ? T’as des mecs, même Rohff, ils ont sorti leurs trucs en indé. Les Mac Tyer, tous ces gens là. Ils connaissaient même pas ça. Y en a qui ont eu de la chance et d’autres… Frère, nous on été jeune, on a fait des trucs alors qu’on avait pas de biff. Nous, on connait l’indépendance ; depuis longtemps.

Teo -Est-ce que tu penses que vous êtes mieux armés pour ça ?

Express -On est pas mieux armé mais en tout cas, on sait ce que c’est. Ça veut dire que nous, même si on a une avance de je sais pas combien, si on touche un million, je vais pas faire comme Pit Baccardi : tout mettre dans une gova, faire le tour du monde et me retrouver comme un con.

Spleenter -Toi, t’as du voir le documentaire « Rimes et châtiments. »

Allstarz -De toute façon, t’as pas besoin de le voir pour ça.

Express -Tout le monde le sait ça !

Allstarzz -T’as pas besoin de voir le reportage pour savoir qu’en fait… Mais bon, on leur en veut pas. C’est normal, à 20ans on te donne un million : Qu’est-ce que tu fais ? Tu penses pas à acheter une maison pour ta mère !?

Teo -Bah tu peux, quand même.

Allstarzz -Ouais, tu peux ! Mais à 20ans, j’en connais pas beaucoup.

Teo -Non, mais peut-être pas payer une baraque entière mais…

Spleenter -Mais ouais, garder un petit truc.

Allstarzz -Si tu regardes bien, y a plein de mecs qui bicravent et ils roulent en grosses voitures et leurs parents vivent en HLM…

Express -Mais comme eux ils vendaient bien, ils pensaient que ça allait jamais s’arrêter. Ils ont pas connu la lèrega. Direct, y a des mecs qui leur ont payé des studios, des trucs. Nous, c’est pas ça. Nous on a payé les studios, parfois même pour enregistrer un seul morceau.

Spleenter -Et c’est vrai que Pit il reviend en indé maintenant, avec sa structure.

Allstarzz -Il a perdu 10ans.

Allstarzz – Une maison de disque, ça les interesse pas si tu vends 15 000 disques. Autant vendre tes 15 000 toi même. Elle va investir je sais pas combien d’argent sur toi, tu vas vendre 15 000 que à Nanterre ou je sais pas où… C’est pas rentable. Donc voilà. Je sais pas si t’allais nous poser cette question : Ce qu’on pensait de l’évolution du rap.

Spleenter -Si, mais nous, nos interviews, c’est très comme ça, tu sais.

Teo -C’est des conversations.

Allstarzz -Après tu les coupes et tu les réorganises ?

Spleenter -Euh… C’est ça.

Allstarzz -Donc, maintenant, avec le net, t’es obligé de bosser comme ça. C’est une autre manière de bosser.

Spleenter -Même toi, en tant que DJ. D’ailleurs, à la base, t’étais quoi ? Parce que t’as les DJ mixtape, DJ soirée, DJ radio…

Allstarzz -Bah moi je suis DJ mixtape, parce que moi j’anime pas de soirées.

Spleenter -Pas du tout ?

Allstarzz -Non.

Spleenter – on pourrait croire que c’est ton délire. Le côté Dipset, ça ça peut être bien pour les soirées.

Allstarzz -Ouais ! J’aime bien aller en boîte, comme tout le monde, mais je me vois pas faire ça. Dernièrement, encore, on m’a proposé ça, mais non. J’ai une vie de famille et tout ça, je pourrais pas.

Teo -Tu vas en boîte pour t’ambiancer.

Allstarzz -Ouais, et encore. Je vais en boîte de temps en temps. Je suis pas vraiment le mec qui sort tous les week ends. Je vais pas faire de ça mon taff.

Teo – comment tu t’es retrouvé sur Zikaload ?

Allstarzz -Sur Zikaload ? En fait, Jee (l’Tismé) c’est un ancien du quartier. TSN, on a tous connu.
Donc à la base, j’avais sorti la mixtape « Le Parizien » et entre temps j’avais sorti une mixtape qui s’appelle « Bokay Mizik » que tu peux retrouver sur le net, si tu veux. C’est Jee qui m’avait proposé ça. Donc c’était pareil : on avait compilé plusieurs morceaux des mecs du quartier. Y avait Express, Krem, Esprit Noir.

Spleenter -S’Pri Noir avec le « s » ?

Allstarzz -Non, c’est un autre Esprit Noir. Celui dont tu parles c’est celui qui avec Still Fresh.

Spleenter -Je me disais. Parce que Still Fresh il est tout petit.

Allstarzz -Ouais, il aurait été jeune. Mais non. C’est un mec de notre quartier, Esprit Noir. Qui rappait avec Dogg Fou, je sais pas si… ça vous dit rien ?

Teo -Si, ça me dit chose quel, mais vraiment vite fait.

Allstarzz -Justement, il a repris un morceau de Jee. J’suis F. Le morceau de TSN.

Allstarzz -Donc on s’est retrouvé avec Jee comme ça. Par rapport au morceau J’suis F que mon pote Dogg Fou a repris. Dogg Fou c’était son voisin quand ils habitaient au 156…

Spleenter -Ah ? C’est un mec de la génération de J L’Tismé ?

Allstarzz -Non. Du tout. C’est un mec de ma génération. Jee, c’est le grand frère, on va dire. Il habitait au quartier.

Express -Jee habitait à côté de chez nous. On connait TSN.

Allstarzz -On a baigné dans TSN, à l’ancienne. À la base, y avait pas encore Zikaload, Jee était sur… le site…

Spleenter –187 prod ?

Alsstarzz -Voilà. Après il est parti dans ses démarches, tout seul, il a fait Zikaload. Donc un jour il m’a proposé. Sur son site, y avait un concept et des émissions. Y avait une émission spéciale Dirty South. En fait, je suis le seul DJ qui fait un peu de tout, dans le site. Parce que c’est vraiment basé WestCoast si tu regardes bien. Je suis le seul à mettre du Dipset, R’n’B, dance hall, tout ça. Donc il m’a proposé ça, ça m’a plu. Depuis ça va faire bientôt 2 saisons de Allstarzz Show. Tous les Jeudis de 22H30 à 23H30 sur Zikaload.com. Les dernières exclues US, y’a du Dipset, y a du Express, y a du Koffi. Je passe un peu tout, tu vois ? Ça marche bien, on tourne à 1 000 connectés tous les Jeudis. Ça va.

Teo -Comment tu choisis les sons que tu passes ? Y a des gens qui te demandent ? Qui t’en envoient ? Ou c’est toi ?

Allstarzz -Je vous dis d’entrée, je mets pas que des trucs que j’aime. J’essaye vraiment d’élargir, de plaire à tout le monde. Et les morceaux que je passe des fois, c’est pas forcément les morceaux que j’écoute tous les jours chez moi. Mais j’essaye d’être à la page.

Teo -Ça t’arrive de passer des trucs que tu détestes ? Juste par curiosité. Sans rien citer.

Allstarzz -Pas des trucs que je déteste vraiment. Par exemple, Morsay et tout ça, c’est pas du tout mon délire. Je le passerai jamais.

Spleenter -Mais personne le passera jamais.

Allstarzz -Après, je les respecte pour ce qu’ils ont fait niveau bizness !

Express -Voilà !

Allstarzz -Mais niveau rappeur… J’ai une école à côté de moi, y a des mecs comme Express, Koffi, tu vois ? Je peux pas dire que Morsay rappe, tu vois ? C’est pas possible. Donc ça, c’est des trucs que je passerai pas, mais je le respecte niveau bizness. Après, je vois parfois ses interviews et j’aime pas toujours ce qu’il dit quand il dit genre : Il crache sur le rap quand il dit « Je m’en bats les couilles du rap, moi. »

Spleenter -Dans le dernier truc qu’on a vu de lui, il dit pas ça, justement, il dit : « Moi, je sais pas rapper, je sais pas chanter » Et il le dit comme ça.

Allstarzz -Je trouve qu’il crache beaucoup sur le game. Après c’est un truc perso. Mais je vais pas me prendre la tête sur lui à faire ou à dire je sais pas quoi. Je m’en fous de ce gars là, je respecte son bizness, lui et son gars Zehef. Mais c’est pas des trucs que j’écoute.

Spleenter -On te retrouvera pas dans son film ?

Allstarzz -Si. Si il me donne un gros chèque, je vais aller dans son film, y a pas de problème.
Sinon, je passe des morceaux ricains, français, R’n’B, zook. Moi aussi je suis Antillais, j’ai été bercé avec la musique Antillaise.

Spleenter -Ah daccord. Donc toi t’es à moitié Guadeloupéen, si j’ai bien retenu ?

Express -Non. Martinique.

Spleenter -Complètement foiré.

Allstarzz -Rho, c’est pareil ! C’est les îles, c’est pareil.

Spleenter -Et toi tu es ?

Allstarzz -Guadeloupéen. Et on bosse ensemble. Je bosse sur son album, je l’aide un peu. À trouver des contacts, la preuve je vous ai demandé une interview.

Spleenter -Ouais, ouais. Ça nous étonne encore.

Allstarzz -À la base, c’est moi qui ai fait connaitre le Blavog à Express. À la base, je connaissais, j’aimais bien. Je lui ai dit « J’aime bien. Va faire un petit tour sur le Blavog. » J’aimais bien le délire.

Teo -C’était quand ça ?

Express -Ça fait longtemps qu’il m’a envoyé des liens.

Allstarzz -Ça fait longtemps, je sais plus. Quand je suis tombé sur vous, je tapais « Absolut Treepsal » dans google, je crois.

Allstarzz -Et déjà, le nom. Le Blavog. Ça nous parle !

(blavog c’est juste « blog » en langage du 19)

Spleenter -Mais à cause de ça, y a des gens qui pensaient qu’on était du 19. « Mais c’est dégueulasse ! Ils taillent les mecs alors que c’est des mecs de chez eux. »

Allstarzz -Non. 1er article que j’ai lu, j’ai compris le délire.

Express -C’est décalé, ça se sent direct.

Allstarzz -Faut comprendre le truc, moi ça m’a fait marrer quand vous avez dit qu’Absolut avait sûrement braquer Médeline pour les instrus.

Spleenter -(plein de nostalgie) Ah ouais…

Alsstarzz -C’est marrant. Je trouve que c’est bien ce que vous faites, ça change des interviews classiques. C’est ce qui manque un peu dans le rap, il faut rigoler tu vois.

Teo -Mais quand on commence à rigoler avec des gens, en plus tu vois qu’ils ont grave de l’humour ! Peut-être ils osent pas.

Express -Y en a, ils sont dans un rôle. C’est un rôle.

Allstarzz -On en revient à ce qu’on disait tout à l’heure, c’est à cause du net tout ça. Y a trop de gens derrière leurs ordinateurs…

Express -Ils se prennent la tête.

Allstarzz -Ils vont aller voir le Blavog et, par exemple, le mec qui disait « Ils taillent les mecs du 19 »
ça doit être un mec derrière son ordi, qu’a pas capter le délire. Direct il est parti mettre un commentaire : « Ils taillent ! » C’est ça que les gens ont pas tous compris, dans le rap. On est pas tous des gangsters. Quand je rentre chez moi, j’embrasse mon fils, j’ai pas un gun toute la journée.

Teo -(il braque un gamin imaginaire) T’as fait tes devoirs !?

Allstarzz -Tu vois, on rigole. On fait la fête. On est pas tout le temps énervé. Comme tout le monde. À un moment, la street-credibilité a pris trop d’importance dans le rap. C’est ça qui a tué le rap. Un peu.

Express -Faut faire la part des choses.

Allstarzz -Moi, ça me casse les couilles quand je vais en boîte et que j’entends un morceau : « Je tire ! » Je veux danser, mec. Je m’en fous de ça. La rue, je la connais comme toi, tu vois. On s’en fout de tout ça, c’est notre vécu mais on va pas en parler toute la journée.

Teo -Après, y a quand même des morceaux où y a des messages.

Alsstarzz -Mais même ça, aussi. Message… Ouais. J’écoute ça chez moi, tranquille. C’est pas Kery James qui va m’apprendre la vie.

Teo -Par exemple, sur la Swaggtape, y a un morceau sur la situation aux Antilles. Il passe pas toute la tape à te parler de ça, mais c’est là.

Alsstarzz -Mais avant qu’on en arrive à la Swaggtape, il avait sorti un premier projet qui s’appelait « Mon introdestruction. » Y a des morceaux, par exemple, où il parle de métissage. Il est métis, il te parle de ça.

Express -C’est de la musique aussi, tu peux aussi faire passer des messages.

Spleenter -Sur un son de la Swaggtape, tu commences un couplet en disant : « Au lieu de braquer… » et t’enchaines avec « En même temps, je veux pas te prendre la tête. Parce que moi non plus je suis pas un exemple »

Express -En plus, les petits, tu sais comment ils sont, aujourd’hui. Tu leur fais la morale. Dès que tu vas le lâcher, il va dire : « Vas-y, comment il me casse les couilles, celui là… »

Allstarzz -On peut pas leur en vouloir aux petits, on était comme ça, aussi.

Express -Bien sûr. On a été comme ça. Faut les laisser.

Allstarzz -Faut qu’ils se cassent la gueule aussi.

Express -C’est l’expérience.

Allstarzz -Je peux pas venir et te dire « fais pas ci » alors que moi je l’ai fait, tu vois ? Vis ta vie, après tu verras. Bon, c’est vrai que maintenant y a plus de limites. Les petits vont un peu plus loin. C’est la vie qui fait ça.

Spleenter -C’est l’époque.

Teo -C’est pas les seuls à aller plus loin.

Spleenter -Toi ! Tu veux parler de DSK !

Teo -Ouais. Les hommes politiques vont plus loin. Tout le monde va plus loin. D’ailleurs ? Dominique Strauss Kahn : swagg ou pas swagg ?

Allstarzz -Attends ! des costards à 30 000 euros, si il est pas swaggué le mec !

Spleenter -Panamera !

Allstarzz -Panamera ! Quoi que c’était pas à lui, mais bon, on a vu qu’il avait de l’oseille.

Express -Sa femme accepte les maitresses, elle a des millions.

Allstarzz -Mais bon, on va pas se leurrer. Ça étonne tout le monde, mais qui ne sait pas que les hommes politiques ont de l’argent ? Déjà, pour faire une bête de campagne, faut de l’oseille, non ?!
Les Français sont tous étonnés : « Il a de l’argent ?!! » Les mecs ont été avocats, ils ont de l’argent.
Même Borloo, quand on le voit on dirait que c’est un saoulard, mais le mec il est frais. C’était un avocat d’affaire, à l’ancienne. L’argent, en france, c’est tabou, tu vois ? Faut pas s’étonner, la vie c’est comme ça, y a des pauvres, y a des riches.

Express -En tout cas, il est parti à Rykers Island, là où était Tupac.

Spleenter -Tupac, Prodigy et Lil Wayne. On a enfin un rappeur français à Ryckers Island !

Teo -Même son avocat, c’était celui de P Diddy.

Allstarzz -Le truc qu’on peut lui dire, c’est qu’il a merdé, quoi !

Spleenter -Ah oui, il a merdé.

Allstarzz -Quand c’est comme ça, tu proposes de l’argent. Tu payes. Tu violes pas ! Fallait proposer… Dans l’histoire, y a une victime, quand même ! Faut en parler.

Teo -Totalement.

Spleenter -C’est une Sénégalaise en plus, la meuf.

Teo -C’est qui ? C’est Diallo !

Spleenter -Ouais, c’est une Diallo. Tu sais que si je me prenais la tête à rappeler au bled, je pourrais ptêt la retrouver.

Allstarzz -T’es Guinéen, toi ? C’est une Guinéenne, non ?…

Spleenter -C’est une Guinéenne d’origine qui a immigré au Senegal, qui s’est barré après aux Etats unis. Mais elle a de la famille au Senegal j’crois.

Allstarzz -Je pense que ça va pour elle…

Spleenter -J’espère qu’elle va l’enculer !

Allstarzz -Ouais !! Elle va faire son petit bizness, elle va prendre son petit million et voilà. J’espère.

Spleenter -Même si il se mange pas de ferme.

Express -Faut le péter.

Spleenter -Une petite meuf comme ça, qui vient du Senegal et qui va péter le boss du FMI.

Teo -La classe.

Allstarzz -Mais bon, les mecs, y a eu viol, quand même… Si c’est vrai.

Teo -si c’est vrai que le mec est un pointeur, qu’il aille en taule et voilà ! Il mérite de bien se faire fourer.

Spleenter -Par Adebisi.

Allstarzz -Si tu nous écoutes, DSK : La prochaine fois, paye directement. T’as les moyens, en plus.

Spleenter -Je sais plus ce que je voulais dire… Pose des questions toi.

Teo -Moi j’en ai des questions. Sur la Swaggtape, les sons sont tous récents ou y a des trucs de plusieurs époques ? C’était une retrospective ?

Express -C’est plus une compil. Où on a mis des trucs frais, des inédits. Et puis des trucs que j’ai pioché, par ci, par là. Qu’étaient jamais sortis ou qu’étaient sur des compils.

Teo -Les plus vieux remontent à quelle année ?

Allstarzz -Bah 2000.

Express -Vu qu’y a des sons que j’avais posé sur Le Parizien.

Allstarzz -De 2000 jusqu’à maintenant, en fait.

Express -C’était un petit résumé, pour les gens qui me connaissent pas, aussi.

Spleenter -Une carte de visite ?

Allstarzz -Pas une carte de visite… La carte de visite c’était plutôt « Mon introdestruction », le premier street album.

Spleenter -Ouais, mais on va pas se mentir, personne le connait. Et pourtant… Quand nous on connait pas, ça veut vraiment dire que personne le connait. (retenez bien cette phrase, parce qu’y aura un twist finale dans cette interview)

Teo -On est vraiment des fouineurs de merde.

Spleenter -Tous les trucs gratuits du net.

Allstarzz -Elle était pas gratuite.

Spleenter -Ouais, je sais. Mais t’as vu des CDs sur mes étagères ? Ouais, y en a certains, mais c’est des jeux vidéos.

Teo -La musique c’est gratuit, payer c’est une option maintenant.

Spleenter -J’ai des CDs mais c’est des CDs gravés. La médiathèques d’Asnières, les grands frères, tout le monde…

Allstarzz -Donc, la Swaggtape c’était plus une retro. Un récapitulatif de sa carrière, en gros. Et c’était aussi pour annoncer le projet qui arrive : l’album. L’album « Certifié bavon. »

Spleenter -Qui a quand même été repoussé et repoussé…

Allstarzz -Là on est dessus en fait. Il enregistre pas mal de morceaux. Là on enregistre, on est en train de caller les petits featurings et tout.

Teo -Et y aura qui ? Est-ce qu’on peut savoir déjà ?

Allstarzz -On va pas tout dévoiler mais y aura la famille : Absolut Treepsal, un petit peu.

Spleenter -Ouais, ça d’accord. Mais est-ce qu’y aura des surprises ?

Allstarzz -À mon avis, vous allez être surpris parce qu’il a pris des risques.

Teo -Au niveau des ambiances, de tout ça ?

Allstarzz -Ça reste du Express mais il a pris des risques. Lui il peut pas trop en parler parce que c’est son bébé qui va sortir. Moi je suis la sage-femme, tu vois ? Je peux te dire que ça va être une grosse surprise. Parce que je suis souvent en studio et je suis tombé de haut. Y a certains trucs… voilà quoi… Ce sera ouvert, y aura beaucoup de thèmes, du flow surtout, c’est important.

Express -Et surtout, pour la première fois, j’ai essayé de faire un truc vraiment carré. Il faut prendre son temps, c’est vraiment un vrai projet carré du début à la fin. Avec des prods lourdes. On va essayer de se mélanger un peu aussi.

Allstarzz -On a pris des prods où c’est vraiment ouvert.

Express -On essaye d’avancer. On fait attention à l’image aussi. On enchaine les clips.

Allstarzz -On a pris des prods d’un peu partout : des mecs de Lyon…

Spleenter -C’est plutôt des mecs qui vous envoient des trucs via le net ?

Express -Voilà.

Allstarzz -En fait, la Swaggtape nous a ouvert pas mal de trucs. Déjà, on a plus de 500 téléchargements et on reçoit des prods de mecs de facebook. On travaille avec un mec qui s’appelle frencizzle, un mec de chateauroux, qui nous envoie pas mal de prods aussi.

Express -T’as vu, le Net ? Lui c’est pareil, c’est un petit mec de Chateauroux, il bosse avec des kainrys.

Spleenter -Le net a ouvert les portes pour ça.

Allstarzz -Parce que les gens critiquent, critiquent le net mais y a pas que des mauvais côtés. Par exemple, à l’ancienne, tu voulais un son, fallait se prendre la tête à aller voir un mec parfois. Prendre sa voiture, aller jusqu’à je sais pas quoi. T’arrives, parfois le mec il béflan. Maintenant, avec facebook dés que le mec aime bien ce que tu fais, c’est bon. Y a pas d’argent.

Teo -Vous avez toujours été Parisiens, vous ? Toujours été en Île de France.

Allstarzz -Toujours !

Spleenter -Ah oui ! C’est vrai que là on a un provincial.

Allstarzz -Ah ? Tu viens de la province ?

Teo -Ah ouais, je suis de la baie du Mont Saint Michel.

Express -Pour trouver des trucs, là, faut vraiment être un fouineur.

Teo -Tu prends ta caisse. Faut aller à Caen ou à Rennes, 1 heure à l’aller, minimum.

Allstarzz -Mais même nous ! Les Parisiens c’est quoi leur réputation ? Tu leur dis « Va à Melun », pour eux c’est loin. Alors que c’est à côté.
Maintenant, avec facebook, même si on se voit pas, on taffe ensemble, c’est ça le bon côté des choses, tu vois ?

Spleenter -C’est vrai que, comme tu disais, le net a une réputation négative à la fois pour le téléchargement et pour les mecs qui mettent des commentaires.

Allstarzz -C’est négatif pour les mecs qui brassaient beaucoup à l’ancienne.
Leur fond de comerce, maintenant, il est mort.

Express -C’est le bizness qui a changé, faut s’adapter.

Spleenter -C’est un truc qui m’a étonné, parce que moi je me vois pas faire ça, mais apparemment y a même un marché pour le téléchargement légal. Y a vraiment des mecs qui payent des MP3.

Express -Maintenant c’est rentré dans les habitudes.

Allstarzz -I Tunes ! I Tunes c’est ça.

Express -Ou avec des trucs comme Paypal. Tu télécharges l’album directement sur le compte. Les jeunes, ils ont l’habitude de faire ça. Pas notre génération à nous. Télécharger payant c’est pas encore dans notre mentalité, mais les plus jeunes si.

Teo -Moi, si je veux un truc, je me déplace. Je le veux physiquement.

Spleenter -Je peux pas acheter un MP3, c’est pas possible. Ou alors, faut que le mec mette 5 000 pages en PDF où il me parle et il me dit « Alors ce morceau etc… » Mais bon, même avec ça, je suis pas sûr.

Teo -Ah si ! J’ai payé UN MP3. C’était sur l’album de Weedy « 24 heures d’un MC yégri », t’avais une piste quétait rayée…

Allstarzz -Mais bon. On va pas faire l’appologie du téléchargement illégal. Ça va niquer notre buizness, quand même. On est là pour vendre des disques, tu vois ?

Spleenter -Mais à propos de ça… dans le ciné, t’avais ce discours là. « Le téléchargement bla bla bla », mais les ventes de DVD continuent, la VOD elle est là et les salles sont toujours pleines.

Allstarzz -Moi je dis que si ton truc est bon, y a toujours un mec qui va vouloir l’acheter.

Express -S’il aime la démarche.

Allstarzz -C’est comme moi. Si j’aime un artiste, je vais acheter son disque. Ne serait-ce que pour savoir qui a fait tel son.

Spleenter -Pour les crédits, même lire les dédicaces.

Alsstarzz -Donc en fait, je pense que c’est pas si mort que ça. La preuve, Booba vend toujours ; La Fouine est triple platine.

Spleenter -Bon après, ils ont baissé les platines et les disques d’or.

Allstarzz -Voilà, mais ils en vendent quand même. Ce qui est bien c’est que maintenant, les mecs se prennent la tête en concert. Alors qu’avant, les mecs s’en battaient les couilles. Pour en revenir à Doc Gyneco. Il a jamais fait de concert ce mec là.

Spleenter -Ah… ? Je sais pas si il a fait de tournées..

Allstarzz -Jamais ! Je suis un fan de Doc Gyneco à l’ancienne ! Jamais il a fait de concert.

Express -Même le truc à l’Olympia, c’est Secteur Ä.

Allstarzz -Jamais il a fait de concert de Première consultation.

Spleenter -Jamais en solo ?!

Allstarzz -Jamais ! Tu vois ? Ça étonne tout le monde !!…

Allstarzz -Parce que le mec, à l’ancienne, il en a vendu 1 million. Il s’en foutait de faire des concert. Maintenant, ça oblige les artistes à en faire plus. Faire des vrais shows. Parce que le mec qui a payé 40euros il veut voir un vrai show, il veut pas voir : Tu viens avec un survet Lacoste, t’as ton DJ derrière. « Ouais ! Ouais ! » On s’en fout ! Ils veulent plus de ça, les gens. Tu vois bien les cainris ? Même pour aller rapper à The Source. T’as vu les Dipset à The Source ? Quand ils on refait leur quartier en carton derrière ?

Teo -Dans l’épicerie ?

Spleenter -Avec Cam’Ron qui a la mitraillette camembert ?

Allstarzz -Voilà !

Express -Ça c’est génial ! C’est un truc de ouf !

Allstarzz -Est-ce qu’un mec il va se prendre la tête et faire ça sur un plateau de taratata ? Non.

Spleenter -Taratata, j’ai vu leur truc… Bon c’est sympa, il les a invité, au moins…

Allstarzz -Ouais, déjà…

Spleenter -mais voilà, on en est réduit à ça : »Ouais, c’est sympa. Il les a invité. »

Teo -Ouais c’est sympa… Il est gentil…

Allstarzz -Mais bon ça commence.

Spleenter -Ça se décante un peu.

Teo -Ce qui est marant c’est que le Taratata, si ça s’est fait c’est parce que ça fait un petit moment que, dans des artciles récents ils te disent « Le rap vend beaucoup mais il est pas bien représenté dans les médias. » Ça fait 10ans que c’est comme ça, ils l’apprennent maintenant ??!!

Allstarzz -Je sais pas si vous êtes tombé sur une video qui tournait à un moment. Où IAM et Lionel D ils sont invités sur un plateau avec des philosophes.

Express -Ciel mon mardi, ou un truc comme ça. Avec Dechavanne.

Allstarzz -Voilà ! Dechavanne.

Spleenter -C’est le truc où IAM ils font les cons avec des ballons ?

Allstarzz -Non. Non. Non.

Express -Y a Lionel D qui freestyle.

Allstarzz -Voilà. Et y a un philosophe dit « Vous, le rap, dans 10ans c’est fini. »

Teo -Ah mais ouais. Elle retourne en ce moment sur facebook, cette video.

Allstarzz -Et 10ans après ? Où on en est ? La Fouine te remplit Bercy.

Teo -Surtout que c’était y a plus de 10ans cette vidéo. C’était peut-être y a plus de 15ans qu’il disait ça.

Express -Il lui dit Akhenaton, en plus. Le rap, c’est plus que ça. Le rap n’a pas de limite. Ça veut dire qu’il s’adapte. Il peut pas s’arrêter.

Allstarzz -Ils vont devoir s’y faire, c’est comme ça. Le rap, en france, c’est là.

Express -C’est la musique des jeunes.

Allstarzz -Eux ils aiment pas, mais leurs enfants c’est ce qu’ils aiment. Leurs enfants écoutent ça. Sarkozy, sont propre fils en écoute. Il fait du son.

Spleenter -Pour Poison, c’est lui qui a produit « Mec 2 Tess. »

Teo -« Mecs 2 tess » c’est lui ??!!

Spleenter -Et ouais. (et non)

Allstarzz -Moi je vais vous donner une anecdote : Premier voyage à new york, je l’ai fait avec ce mec là, le fils Sarkozy. Pierre Sarkozy. La première fois que je suis parti à New York, je crois que c’était en 2008…

Spleenter -Sois précis parce que là c’est dur.

Allstarzz -Il vous le dira !

Express -Il était même pas encore présient, l’autre. (Donc là tu sais que c’était pas en 2008)

Allstarzz -On a un ami en commun qui s’appelle Patrick, il me disait : « Ce mec là, c’est le fils de Sarkozy. » Et nous on le charriait « Vas-y ! Arrête ton mytho ! » Une fois, je suis parti à New York avec ce mec là, Patrick. Il était venu avec ce gars là. Si vous voulez encore une anecdote : Pierre Sarkozy, à l’ancienne, il avait des nattes comme ça. Collées, en arrière.

Spleenter -Collées ?! Je savais qu’il avait eu des dreads, ou un truc dans le genre.

Allstarzz -Il avait des nattes collées, bandana et tout.

Teo -Bandana ? (Là, Teobaldo imagine un grand sarkozy blond avec des tresses collées et un bandana)

Spleenter -Ah ? Bandana ? Carrément ?! (Spleenter, c’est pas loin non plus, mais lui ça le fait rire)

Allstarzz -Et à l’époque de myspace, son nom d’artiste c’était Mosey.

Express -Il s’appelle toujours Mosey.

Allstarzz -Donc moi, Je l’avais rencontré. Et je l’avais recontacté sur facebook : « Tu te rappelles quand on était à New York ? » Il me fait « Ouais, je me rappelle. J’ai encore la photo. » Mais ça, c’était à l’ancienne, tu vois ? Ça je le raconte pas à tout le monde, parce que les gens vont me dire que je fabule. Mais c’est la vérité.

Spleenter -Je te crois sans souci.

Allstarzz -Mais lui il le disait pas qu’il était le fils de Sarkozy. Donc j’ai passé une journée avec lui et son pote. Et par contre, on a beau dire, il est calé en rap ! Il s’y connait en rap le mec ! On peut dire ce qu’on veut sur son père, on s’en fout ! Mais le mec s’y connait en rap !

Teo -De toute façon, ton père c’est ton père. Toi t’écoutes ce que t’aimes, c’est tout.

Express -Bah ouais.

Allstarzz -Mais c’est vrai que quand on était à new York avec lui, je le savais, mon pote me l’avait dit, mais je le croyais pas. Et je lui ai jamais demandé.

Spleenter -De toute façon, à l’époque, sarkozy il était quoi ? Maire de Neuilly ?

Express -Ministre de l’intérieur.

Spleenter -Ah ? Déjà à cette époque là ?

Allstarz -Parce que moi, c’était en 2008 mon premier voyage à New York.

Teo -Bah… 2008 il était président, non ?

Express -2008, c’était y a que 3ans.

Allstarzz -Ah non. Alors vers 2000… C’est un an après le world Trade Center que je suis parti.
En 2002. Donc j’étais parti une journée avec lui, on a été à Harlem, il faisait golri. Tu sais, c’était un blanc avec des nattes, il parlait de rap et tout.

Teo -Ouais mais non, merde, quoi… Pourquoi les nattes ?!…

Allstarzz -Et je peux même te dire encore un autre truc. Je crois qu’y a un clip de Singuila, tourné dans une maison. Je sais pas si vous connaissez ce clip de Singuila ?

Spleenter -Si t’as le titre… ?

Allstarzz -Putain, je me rappelle plus… C’est un clip où ça se passe dans une bète de baraque ! Et en fait, cette maison appartient à un de ses potes. c’est Pierre qui leur a ramenée pour faire un de ses clips, là bas. Mais ça c’est les anecdotes du ghetto, tu vois ce que je veux dire ?

Spleenter -T’inquiète.

Teo -C’est cool, c’est frais, les mecs se sont rincés dans la baraque à Sarkozy. Quelque part, si t’as l’occasion de le faire, tu le fais !

Express -Bah oui.

Spleenter -C’est comme pisser sur la voiture de Benoit Magimel.
(Ça c’est une private joke entre Spleenter et Teobaldo… et Benoit Magimel, si tu nous lis…)

On se retrouve bientôt pour la suite, en attendant, tu vas cliquer là dessus :

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