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Cinéfilou – hors-série – MandElba

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Parce que bon, hein.

Autant se faire plaisir quand on peut.

donc ça va d’une comparaison Stringer/Mandela à une question golmon sur Pacific Rim, en passant par James Bond, Green Lantern et un super clash avec Morgan Freeman (non, pas du tout), sans oublier la « question qui tue » à la fin. Tout ça en moins de 10 minutes. That’s what she said.

et pour ceux qui se demanderaient, ça a bien eu lieu le 02/12, donc exactement 3 jours avant la mort de Nelson. Chacun en conclura ce qu’il en voudra.

lachédékom si vous kiffez le uc’ à Spleenter

et ça c’est pour les fans de The Wire :

ici

et là-bas

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Classé dans cinoche, hors-sujet, Interview (et ouais mon pote !), série

interview Lalcko (2)

alors cette fois les passages audios sont des bonus qui n’ont donc pas été retranscrits. ça me semblait assez évident mais les réseaux sociaux nous indiquent que nos lecteurs sont de plus en plus idiots, alors je précise. merci de votre attention.

Lalcko – Tout ça pour dire que tu peux pas te résumer à un seul angle. C’est ce côté là des parcours que je veux montrer. L’histoire de ton grand-père on peut en parler des heures par exemple tu vois. C’est pour ça que j’ai toujours refusé de voir les films comme Collision. Parce que c’est ça mon style d’écriture. Superposer plusieurs parcours différents. Arriver à tout mélanger harmonieusement pour avoir des gens, des vies superposées, qui composent une vision : ça c’est vraiment mon truc.

Spleenter – mais attends t’as vu forcément des films qui utilisent ce principe. Traffic, t’as pas vu ? Short Cuts, Magnolia ?

Lalcko – Non ! Dès que des films comme ça ont commencé à arriver j’ai évité de les voir. Tous. Quand j’ai vu ça, je me suis dit ça y est, ils l’ont ramené à l’écran. Quand j’écris, mon esprit est composé comme ça.

Spleenter – C’est marrant parce que Gueko on peut l’assimiler à un perso de comédie policière, Esco à un film d’horreur, Despo un drame urbain et toi je voyais pas trop… tu serais une sorte de narrateur d’un film-orchestre en fait.

Lalcko – Exactement. Et du coup, à chaque fois qu’on me ramenait un truc comme ça, avec les teasers et tout, je mettais de côté. C’est trop proche de ce que je fais. Je me suis dit « wow ». Parfois ça me faisait la même chose avec des sons de rappeurs américains… c’est pour ça que pendant toute une période j’avais un peu ce problème : je trouvais un truc, un titre, un concept et mes potes me disaient sors le tout de suite, ou dis au moins le truc publiquement parce qu’après d’autres l’auront fait entre temps. Et ça a pas manqué. Quand j’ai bouclé le titre l’argent du Vatican, j’ai commencé à… bon c’est peut-être l’inverse, c’est moi qui avais les yeux plus ouverts là-dessus qu’avant, mais je vois des unes de l’express et d’autres : « L’argent au Vatican », « Le Vatican et l’argent » (rires). Après je vois Raekwon qui fait une tape Vatican je sais pas quoi. Merde ! Le truc c’est que quand t’es dans l’air du temps, tu dois dominer ce genre de vitesse. L’autre problème c’est qu’en indé, des fois des titres sortent avec du retard. La 1ère version de Lumumba a été enregistrée époque 45, ça fait 3 ans de décalage avec la sortie.

Teo – Le gros problème de ce texte c’est que tu dis « cent Zannées » à un moment

Lalcko – ouais je sais mais bon. Ça fait partie de moi. Dans la vie je le dis comme ça aussi. Et en vrai, à un moment j’ai eu peur qu’on me prenne pour ce que je n’étais pas. Un genre d’intellectuel fou, qui prend plein de références un peu partout, qui les mixe et les fout partout. Je suis pas comme ça. Les mots que je dis je les comprends. Et comme je viens d’une culture orale, j’ai appris plein de mots dans des contextes où beaucoup n’ont jamais été. Quand la 1ère personne qui te parle de la Torah c’est un cousin qui vient de faire 15 ans de placard au Cameroun et qui l’a découvert là-bas, il te dit des trucs d’une façon… tu retiens des sonorités, c’est des années après que tu fais « ah ouais, Bar Mitzvah ça se dit comme ça». Mais tu gardes toujours comme référence la première fois où tu l’as appris. J’ai une grosse culture orale. J’ai lu un peu mais j’ai surtout une culture orale. Si je pouvais revenir et corriger la faute, je le ferai pas. Même les films, j’y fais référence…

Spleenter – les séries aussi

Lalcko – ouais, Tony Soprano c’est mon cousin (sourire). Quand je vois comment il graille, comment il se comporte chez lui, c’est un ours. On est pareils ! Même pas pour le concept gangster hein. Y’a une scène que je kiffe, c’est quand il dîne avec sa sœur et il supporte pas de la voir toute zen vu qu’il a l’habitude de se disputer avec depuis tout petit ; alors il lui lance des piques jusqu’à ce qu’elle éclate et là seulement il est content. Cette scène c’est une des scènes les plus gangstas de cette série. Si moi j’ai l’habitude que ma mère me crie dessus parce que je fais des trucs de ouf, et qu’un jour elle s’arrête, quelque part y’a un truc qui cloche, et limite tu te sens mieux seulement quand elle te crie dessus, parce que c’est comme d’habitude. Tu vois Tony, il a pas pu lâcher la criminalité, et moi c’est peut-être la même avec la musique. D’ailleurs même quand je faisais des conneries, je me suis jamais pris pour un cambrioleur ou je ne sais quoi. C’est seulement bien après, quand t’en reparles avec les autres que tu réalises et que tu distribues les rôles « ah, donc toi en fait t’étais grossiste ? Donc moi j’étais… Ah ouais ! » (rires) C’est pour ça que ma base, c’est le côté multi-facettes. Lumumba, au moins au niveau du clip je voulais être le 1er à le faire, bon je l’ai été qu’à moitié, y’avait Mactyer avec 93 tu peux pas test, mais c’était différent. Le concept c’était « l’universalité de la street » (slogan de Lalcko époque 45). C’est mon vécu.

Spleenter – « les vrais négros habitent l’histoire pas la géographie »

Lalcko – voilà. Moi à la fois je vais tourner Lumumba, en même temps j’ai des potes à new york, des ghanéens, nigérians dans les trafics que j’ai vus la dernière fois au Country Jail de Baltimore, à Paris d’autres encore sont dans des histoires, machin sort, l’autre prend tant d’années, pendant ce temps au Cameroun y’a aussi des trucs, je sais pas comment t’expliquer, moi je combine tout ça. C’est pour ça que je peux pas juste arriver et présenter qu’un côté, même si des fois je peux être impliqué avec des gens de façon directe, je dois tout prendre en compte sinon le film serait incomplet, il manquerait trop d’aspects.

Spleenter – T’as un côté un peu « Jackie Brown » en fait : tu racontes un truc qui à la base pourrait n’être vu que comme, en l’occurrence, une escroquerie de merde, sauf que tu le décris d’une certaine façon, du coup ça devient autre chose

Lalcko – Exactement.

Spleenter – D’ailleurs ça rejoint aussi ton sens de la formule, avec par exemple… bon le temps que je trouve, une question conne : d’où vient le nom Lalcko ?

Lalcko – roooooh non. Mais ce truc dont tu parles… tu vois les Iceberg Slim ? Des histoires de merde de mac tous pourris. Vu que la personne qui raconte est quelqu’un qui rentre dans les détails, le soin de l’écriture sublime le moment et ça crée un « instant » différent.

Teo – le style que tu décris, tu commençais déjà à bien le développer dans le 45, alors qu’un gars comme Hifi, avait à la base un délire bien à lui, mais dès qu’il a été dans 45, il a adopté le « style 45 », toi non. Comment ça s’est passé ?

Lalcko – Ça c’était une bataille de ouf. Tu demanderas à Jean-Pierre (rires). Ça pouvait aller loin. Je suis arrivé avec tellement de titres, sur certains il m’a aiguillé, il m’a appris énormément de choses. Pour d’autres, il comprenait pas : « mais c’est quoi ? C’est comme ce truc où tu rappes en italien… » (rires) pour Immobiliare. Ce qu’il voulait me faire comprendre à l’époque c’est que j’attirais l’attention sur moi et donc fallait aller à l’essentiel. Mais moi je suis arrivé avec une autre couleur, qui correspondait pas. Les gens me disaient t’es capable de faire un tir de sniper, fais un Deep Cover qui dure 3min et on tue tout le monde ! (rires)

Spleenter – Ça reste un morceau assez important pour toi, tu réutilises un peu la phase sur ta mère enceinte qui a « la rage au ventre »…

Lalcko – … qui devient « un 357 déguisé en femme enceinte », ouais. Dans 4916, je donne mon lieu de naissance aussi en disant « dans le 3-5 », même si peu le savaient, je donnais un truc en plus. C’est des clins d’œil pour ceux qui me suivent. Dans Blow c’est « je sors du ventre comme on sort d’une Chrysler ». A chaque étape de ma carrière, y’a un truc où je fais référence à ma naissance. Y’a plein de signaux comme ça que je mets sur mon chemin, pour me retrouver moi-même. Parfois je les redécouvre, y’a des trucs que mon esprit fait tout seul aussi.

Teo – Je t’imagine en petit poucet maintenant.

Lalcko – Ouais non, je suis plus l’ogre qui soulève le lit des enfants là. Pour leur faire peur, mais il les bouffe jamais. On nous fait comprendre qu’il faut buter l’ogre. Mais il a rien fait ! C’est toujours le même truc : si c’était les lions qui écrivaient l’histoire…

Teo – dans Jack et le haricot magique, c’est ça, il monte tout en haut, déjà on sait pas bien quel est le projet, il tombe sur le géant qui forcément veut le foutre dehors, comme toi tu vois une souris chez toi, t’en veux pas, mais Jack finira par tuer le géant.

Spleenter – Bah c’est l’amérique aussi

Lalcko – c’est la dictature des petits, ça s’appelle la démocratie : ils se mettent tous ensembles, pour qu’intellectuellement tu portes la faute. Si là, on te dit que y’a un gorille dans Asnières, première chose : on voudra tous le fumer, sans chercher à comprendre. Mais pour en revenir à l’écriture (on vous avait dit que Lalcko c’est le boss) la piste principale pour le prochain album, c’est le story-telling. Je veux vraiment venir sur le concept de narration, d’histoire racontée. Jusqu’ici y’a juste eu des bribes, mais c’est tout. Par exemple sur L’eau lave j’avais un morceau qui s’appelle Les Anciens, où je racontais un peu que j’ai rencontré tel mec à tel endroit, qui m’a dit ceci, etc. Ce morceau n’avait pas sa place. Il appelait le passé mais pas pour les bonnes raisons, il faisait sortir du contexte. Dans l’eau lave, à aucun moment t’échappes à l’ambiance principale : les pièges, le regard des gens sur toi, l’ambition… c’est vraiment un film. C’est comme ça que je l’ai conçu. Y’a des moments creux, des scènes que tu peux zapper mais peut-être que dans la scène que tu vas écarter tu vas louper quelque chose de crucial et t’y reviens du coup. Mais bon c’est pas un piège, c’est suffisamment ouvert pour que ton esprit s’échappe… bon ça c’est pour ceux qui ont vraiment une écoute « intellectuelle » d’un album.

Spleenter – Une écoute (il fait le bruitage de « au-dessus c’est le soleil« )

Lalcko – moi Dieudonné j’ai soutenu depuis le 1er jour. Son combat politique je ne le comprends pas, je pense qu’il a eu l’art de nous piéger aussi, il est provocateur, mais… le talent. Moi je soutiens son talent. Aujourd’hui on nous vend Céline à l’école. Quand j’ai lu certains passages, des mises en situation qu’il fait, je me suis dit que c’était un truc de ouf, niveau écriture. Mais je suis pas forcément rentré dans les idées de Céline. Après faut pas faire de syllogisme, Dieudonné n’est pas Céline. Je pense qu’il a quand même bien décomplexé les gens sur un certain nombre de sujets. On est en France, on est tous différents mais on est là, on échange.

(là Spleenter se lance dans un parallèle grotesque entre la provoc de Dieudonné et un vaisseau spatial kamikaze qui se sacrifie pour que le reste de la flotte puisse attaquer l’étoile noire de Star Wars : le premier s’éclate la gueule mais les autres peuvent s’engouffrer derrière)

Lalcko – Mais c’est ça. On ne peut pas faire évoluer les choses direct. C’est comme dans le rap, il faut une jurisprudence : créer des cas auxquels on peut se référer. Faut des pionniers, faut des 1ers mecs qui se plantent, des 1ers qui réussissent, des 1ers qui avaient tout pour réussir mais qui se sont plantés, faut aussi l’inverse, etc. Moi je comprends pas, les gens font comme si leur opinion régissait tous leurs actes. Mais dans ce cas là, ne bouffe pas. Les mecs par qui ce qui est dans ton assiette est passé, ils sont sûrement bien différents. On sait que Hariri, proche de Chirac a fait du finacement d’arme, y’a eu la guerre, beaucoup de morts, tu vas faire quoi ? Arrêter de bouffer Libanais ? A un moment je connaissais des gens qui me disaient « ouais c’est fini, j’achète plus telle marque ». Ok. Bah vas-y, fais la révolution. Fais la guerre à Coca-cola, bois Fanta. (rires). On vit dans un monde où il faut protéger son intégrité mais en la mettant sur des choses importantes et réelles. Si tu mets des barrières autour de trucs que tu ne maîtrises pas, le jour où elles s’écroulent, t’as plus rien. Y’a des gens aujourd’hui qui n’ont pas de principes, pas d’honneur, mais qui vont dire « ne me manque pas de respect » (rires) mais bien sûr que je te manque de respect ! C’est spécial. Donc ouais, Dieudonné c’est le plus doué des comiques, et ils le savent. Tu vois Al Peco, vu qu’il est à Toulouse il a produit une ou plusieurs dates dans le sud, pour un spectacle de Dieudonné. C’est simple, il m’a dit qu’en gros toute la communauté artistique de Toulouse, des responsables etc venait le voir, mais en cachette quoi. C’est dramatique. Mais le problème avec Dieudo c’est que tu vas lui tendre la main, il va te mettre dans la merde en disant un truc de ouf ! (rires) C’est pour ça que mon jugement s’arrête sur scène : là, c’est un tueur. Là où tu vois qu’il est très fort c’est qu’il arrive à te tirer l’essence du Français, le terroir, sans forcément agresser tout le temps. L’essence de l’Africain en France, il te la tire, de l’Asiat… tu sais pas comment il vise juste à chaque fois. Parce que si seuls les occidentaux rigolaient quand il imite un Africain…

Spleenter – ce serait du laurent gerra

Lalcko – c’est ça, mais les africains aussi sont morts de rire : « c’est un gamin, lui ! ». Quand il fait le président camerounais ! « Le moteur ! » Je crois qu’il a perçu cette fascination, qui existe chez les Camerounais et plus généralement en Afrique Subsaharienne, cet attrait pour le mécanisme, dans le langage. Tu as des gens qui vont dire « tu es le piston de ma vie », tu vois ? Je pense que Dieudonné a dû entendre une phrase du style qui l’a fait rire, et il a dû creuser à partir de là. Y’a plein d’expressions comme ça : « le gros cœur ». Parce que le cœur c’est l’équivalent du moteur. Imaginons que je te vends un sweat, et le soir je reviens te demander de me le prêter parce que je vais en soirée. Tu vas me dire « mais t’as le cœur comme une montagne toi ! ». Ce genre là, toujours une comparaison avec un élément immense. C’est de là que vient le morceau avec Escobar sur mon album.

Spleenter – « le président a le cœur comme une piscine » sur ce son, ça veut dire quoi ?

Lalcko – C’est pareil, c’est genre, le président qui a le cœur comme la piscine, c’est grand, ça veut dire que ça coule, il peut te noyer, c’est sans pitié tu vois, il a un gros cœur, une ambition démesurée. C’est le gars qui vient chez toi, qui s’en bat les couilles. Après tu finis en slip, tu vas nager, quoi. Et là où tu vois l’intelligence de cette façon de parler, c’est quand une personne va te faire une comparaison hyper précise pour décrire quelqu’un, en associant au cœur quelque chose qui pourtant en est super éloignée. C’est complexe à expliquer. J’avais déjà le concept du morceau mais j’ai vu le sketch bien sûr, entre-temps. J’ai expliqué le truc à Escobar et lui l’a retranscrit à sa manière.

Spleenter – Surtout qu’en plus, lui aussi aime bien Dieudonné

Lalcko – Escobar, il aime tout ce qui fait rire (donc si y’en a qui se demandaient, ça doit être pour ça qu’il est juge à rap contenders). Tu restes avec lui une journée, il va te faire rigoler de trucs qui ne sont pas marrants. C’est un ouf. Tu vois le genre de mec : il te fait la blague, tu rigoles, mais lui il rigole pas. Donc t’es forcé de rigoler encore plus. Pour les Camerounais, j’avais entendu un constat qui disait : le plus aimé des français c’est un Camerounais…

Spleenter – Yannick Noah.

Lalcko – Ouais. et le plus détesté c’est un métisse camerounais…

Spleenter – Joachim Noah ?

Lalcko – Mais non, pourquoi, il est pas aimé Joach’ ?

Spleenter – C’est juste que ça commence à faire chier qu’on me dise que je lui ressemble (rire général)

Lalcko – Mais c’est curieux quand même que ce soit un camerounais dans les 2 cas, le plus détesté pour Dieudonné et le plus aimé pour Noah. Je me dis que peut-être on est des bons entertainers. On arrive à provoquer un truc chez les gens.

Spleenter – Oui. L’envie de tuer.

Lalcko – Yannick noah ne donne pas envie de tuer.

Teo – ça dépend des chansons.

si vous voulez entendre une blague consternante sur Ice-T, savoir pourquoi Ill est le Alain Juppé du rap, être déprimé en apprenant que plusieurs duos Lalcko/Dany Dan auraient pu voir le jour, ou encore écouter des gens rapper du Mala en choeur, ça se passe ici :

la 1ère fois que des potes ont écouté du Wu-Tang, vu qu’ils étaient à la base plus orientés west, ils trouvaient que les mecs étaient pas calés. Déjà, le débat du pas calé : « ils rappent hors-beat ! ». Arrêtez. La notion que vous avez du beat c’est la caisse claire. Un beat ça a plusieurs dimensions : le rythme imposé par la basse, celui de la mélodie, etc. C’est pas « boom boom tchak ». Le rap s’arrête pas à Prodigy. Mais même Prodigy ne rappe pas exactement comme ça. Seulement comme il met très peu de mots par phrase, les français en ont déduit que c’était comme ça. Y’en a plein qui me disaient « RZA est pas dans la musique ». Je répondais « écoute les charleys ». RZA rappait sur les charleys. Le truc c’est d’avoir l’oreille pour découvrir de nouvelles façons de kicker. Tu peux être surpris la 1ère fois, surpris la 2e, mais le diktat de la caisse claire en France, ohlala… les débats sur le off-beat… là faut savoir que Lalcko est dépité et en parle comme d’une épidémie, la preuve :

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Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Lalcko

interview Lalcko (1)

il est à noter que cette interview date du mois d’août, et au cas où tu te poserais la question, l’intro s’arrête ici.

Spleenter -(Il va poser une question sûrement intéressante quand il tique sur un détail) Attends un peu ? T’as 3 téléphones ?

Lalcko -Ouais. J’ai 3 téléphones : Y’en a un, c’est une puce Lebara, pour appeler l’Afrique. Pour appeler tout le temps. Un autre, c’est un nokia double puce. C’est les trucs d’Arabie Saoudite. De Dubai. J’ai une puce du bled dedans et une puce SFR pour le boulot. Et l’autre, c’est un téléphone pour laisser un message.

Spleenter -D’accord, donc t’es Libanais. La seule personne que je connaissais comme ça, c’était un Libanais.

Teo -Ils ont grave des téléphones, les Libanais.

Spleenter -Ah peut-être. Lui c’était un Libanais du Sénégal.

Teo -Donc t’es devenu vraiment pro, maintenant ?

Lalcko -Pro ? Dans quel sens ?

Teo -Pour t’avoir, faut envoyer un mail à telle adresse. Après une femme te rappelle, etc…

Spleenter -C’est une secrétaire ?

Lalcko -Non. C’est pas une secrétaire. C’est une collaboratrice, elle travaille avec moi.

Spleenter -T’aurais dû dire secrétaire. Ça pèse plus.

Lalcko -Non, je vais pas te dire ce qui est pas vrai, tu vois ?

Teo -C’est un peu rabaissant, en plus, secrétaire.

Spleenter -Ça c’est parce qu’on est des blancs. (Spleenter n’est qu’à moitié blanc, en fait. Mais les gens qu’aiment pas le blavog disent qu’il est blanc, alors il tente le coup des fois)

Lalcko -Elle fournit beaucoup de boulot, énormément de boulot. Donc c’est vraiment une collaboratrice à part entière. Elle apporte autant en stratégie qu’un manager. Parce que moi j’ai pas vraiment de management. Au début j’ai eu Jean-Pierre Seck, pendant le 45. Après j’ai travaillé avec quelqu’un d’autre. Mais maintenant, je préfère prendre mes affaires plus ou moins en main ; y a des gens qui sont là pour prendre les décisions avec moi. Parce que prendre les décisions seul… tu vois. À la fin c’est toujours moi qui ai le dernier mot. C’est pas parce qu’on est indé qu’on fait pas les choses bien. Ma boîte, je la monte vraiment, c’est une vraie boite. Mon album, c’est un vrai album. Mon label, c’est un vrai label. C’est pas que je sois plus organisé maintenant qu’avant, c’est juste qu’on se met dans les conditions. J’ai eu des petits soucis et j’ai pas pu venir la semaine dernière comme c’était prévu. C’est normal qu’elle prévienne. C’est plus rassurant pour moi. Si vous avez affaire à moi directement, les mecs, vous allez galérer.

Teo -Ouais, t’es un rappeur, quoi. On a l’habitude aussi.

Lalcko -Ouais, mais je préfère pas. Je prends au sérieux le taf que vous faites ; et puis on a rigolé sur vos blagues. Si je dis que je viens, je me déplace vraiment. C’est ou je viens ou je viens ap, en fait. Y a pas de hiérarchie entre tel ou tel truc. Parce qu’on a reçu un message de quelqu’un : « C’est peut-être parce que je suis un p’tit blog ou quoi ? » Ça n’a rien à voir, frère ! C’est juste que voilà…

Teo -T’es beaucoup sollicité ? Et par quel genre de truc ?

Lalcko -Beaucoup sollicité… Après, je connais pas la situation des autres. C’est pas non plus le buzz de Rick Ross ou je sais pas qui.

Teo -Bah on est en france…

Lalcko -Ouais mais même en france, y a des mecs qui sont à un autre degré. Booba, Rohff, etc… ils sont 4, 5. Ça fait déjà beaucoup quand même. La france, c’est pas un pays où y a des milliers de journalistes, on est pas nombreux dans le rap. Il en faut très peu pour être busy, que tout le monde t’appelle. Donc c’est une question de proportion. Là on m’appelle, les gens veulent faire des interviews. On veut savoir comment je me sens après cet album. Est-ce que j’ai été contraint de le faire comme ça ? Est-ce que c’est un échec, une réussite ? Parce que les gens se fient beaucoup à l’image qu’on leur donne ; ils arrivent pas à se faire une impression eux même. C’est grave, hein ! Ils achètent un album, ils sont journalistes parfois, ils écoutent et ils aiment bien. Mais ils se disent « est-ce que c’est normal que j’aime bien ? En même temps, j’en ai pas entendu parler… » Alors que c’est une question de ressenti. Ce qu’on a perdu en journalisme, aujourd’hui, c’est que les gens arrivent plus à découvrir. Le taf que vous faites, je te dis la vérité, si télérama ou je sais pas qui le faisait, il vendrait 3 fois plus. Parce qu’il se prendrait la tête à se dire « Le mec il écrit comme ça, il a telles références. Pourquoi il est toujours à côté ? Bah si il est toujours à côté c’est qu’il a fait le choix d’être à côté. » Et bien cette lecture là, les gens ne l’ont plus. Les gens ont la lecture de masse. Ce qui sort de la masse, on prend. Tout le monde lève le pousse de Jules César : « Ah ça c’est terrible ! » Alors qu’avant, tout le monde disait que ça pue…

Teo -C’était plus courant avant, les gens qui se prennent la tête. C’est même pas qu’on se prend la tête, en fait. C’est juste on écoute le son.

Spleenter -On se prend pas la tête 10 ans.

Lalcko -c’est sûr. Mais ce que je veux dire c’est qu’avant, on disait que la compétence était dans la « musique urbaine. » On l’avait. On avait le kiff, on avait la passion. Tous les autres milieux l’avait perdue. Ils étaient dans le pognon, dans les trucs et les machins, ils en avaient rien à foutre de nous. Et nous, comme on avait rien, on s’est intéressé aux choses, on était créatifs. Je dis pas que c’était mieux avant ; mais, nous, ce qu’on vivait à l’époque…

Spleenter -Tu vas pas nous sortir le T-Shirt, quand même ?

Lalcko -Non ! Non, non. Ce truc là, je suis pas d’accord. Enfin, je m’en bats les couilles. Ce que je voulais dire, c’est triste à dire, mais la variété qui a connu une grosse crise en france a aspiré nos façons de faire, nos façons de penser. Ils ont dû se réinventer : « Voilà, on va essayer de redécouvrir des trucs, mettre en peu plus de passion. On va prendre des risques sur des artistes… » Parce que t’as des artistes, des mecs comme la tortue ou je sais pas qui. À la base c’est des mecs tout pétés ! Y’a 5 ans, il aurait pas franchi la ligne. Y a 5ans il fallait avoir la coupe de cheveux bien, nanani, le t-shirt qui déborde pas, les muscles, les trucs, etc… Aujourd’hui, ils sont en train de chercher les artistes atypiques ou alors des gens « différents » et ils essayent de marketer des choses différentes à un grand public. Et ça marche… Ils font des chansons toutes pourries parfois qui ont pas de refrains… Je dis pas tout le monde fait comme ça dans la variet, mais parfois j’entends des trucs qu’ont pas de sens. Pourquoi ils ont choisi ça comme tube ? Finalement, y a pas de refrain comme La danse des canards, parce que cette compétence qu’on avait, qu’ils nous ont envié pendant des années… Bah… comme d’habitude.. Ils sont arrivés et ils nous ont pillé et ils sont partis avec. Nous, aujourd’hui, on est dans le conformisme avec je ne sais quelles maisons de disques qui font je ne sais quoi… c’est dommage. Y’a des mecs qui ont des dates de sortie mais pas d’album… Et le contraire aussi !

Teo -Beaucoup le contraire.

Lalcko -Aussi. Si tu regardes, les plus gros artistes, parfois c’est le marché qui dicte. « Pour l’Eté, il faut un disque ! » Et des mecs se grattent la tête : « Comment je vais faire ? j’ai pas de thème » Y’a des rappeurs en france qui ont pas de thème ! C’est chaud ! Regarde le rap américain, y a 3ans on s’en moquait. Mais ils trouvent toujours un moyen de se réinventer. T’as vu les mecs qui se sont développés en marge comme les Jay Electronica. C’est pas des trucs que j’écoute, mais Jay Electronica, tu peux le croiser en soirée avec Jay Z. Et ils vont échanger sur la musique ! Les B.O.B ou autres qui ont influencé des artistes mainstream qui ont un peu pompé leurs trucs… Mais en france, jamais tu verras ça. Aux states, ils ont ce côté là. Ça marche pas toujours, mais ils s’inspirent de ce qui est bon. Quand un truc est bon, ils le prennent.

Teo – Ici si une tête d’affiche fait un son comme des petits gars du gouffre qui cartonnent, tu vas avoir 500 vidéos internet de mecs qui vont dire : « c’est un enculé ! »

Lalcko -Ou alors, ils font un son avec lui.

Teo -Mais ça se fera pas non plus, ça, en france.

Lalcko -Mais ils devraient ! Si le mec est bon ! Après, y’a aussi des trucs qui sont pourris qui sont applaudis… Mais un truc qui est bon : t’invites le mec ! Pourquoi pas ?

Teo – Ce que t’as dit pour les auditeurs, c’est valable aussi pour certains rappeurs : ils savent plus écouter. Si tu prends un petit, bon allez je vais dire Dosseh.

Spleenter -Bah il a posé avec Booba, entre temps.

Teo -Justement, maintenant on va te dire qu’il défonce.

Lalcko -Booba, je sais pas quelle direction il est en train de prendre, mais sur les autopsies, de ce que j’ai vu des Autopsie, c’est un peu cet esprit là. C’est un peu la compil des mecs qui montent.

Teo – Booba on peut lui reprocher plein de trucs, mais il joue le jeu. Mais avec les règles américaines…

Lalcko -Mmmmouais… Après, chacun sa logique. Je pense que c’est un bon rappeur et un bon entertainer. On peut pas lui retirer ça.

Spleenter -Pour rebondir sur ce qu’on disait, Rohff, par exemple, ça a pas l’air d’être son délire.

Teo – si, dans « Le cauchemar du rap français », il avait ramené un petit de Grigny qui s’appelle Mzé. Il s’est rien passé derrière…

Lalcko -Ils ont fait un titre ensemble ?

Teo -Ouais.

Lalcko -C’est déjà ça ! Mais faut pas dire ça parce que, Rohff, y’a quelques années il avait fait « Code 187. » Alibi Montana, Sefyu, Kamelancien. Les 3 ont fait quelque chose ! Le problème c’est plutôt le nombre de fois que ces expériences ont été répétées. Si ça arrivait plus souvent… Mais faut pas regarder que Rohff et Booba, faut aussi regarder les classes intermédiaires.

Spleenter – Alpha 5.20, le nombre de gens qu’il a featé… je dis pas qu’ils sont tous des Jay Z en puissance. Mais il avait cette démarche là.

Lalcko -Et cette démarche qu’il a eu, ça lui a permis d’entretenir une machine, de faire émerger des têtes et parmi, si ça se trouve, y aura un putain de rappeur. Ça commence comme ça. Quand tu vois que Rick Ross il a commencé derrière les Trick Daddy et tout ça… Il était backeur pour Trick Daddy. C’est pas le même style de musique ! A un moment, faut bien faire émerger les choses et les gens sont bien marrants à se plaindre, mais ils font rien pour. Ils savent même pas faire d’affaires, parce que c’est comme ça qu’on génère de l’argent. Si on pouvait faire de l’argent tout seul, ça se saurait. Les américains sont pas fanatiques de leurs voisins, ils sont pas amoureux de leur prochain. Mais s’ils intéressent des gens à leurs affaires, ça multiplie les compétences, ça ouvre des territoires. Ça permet de pénétrer d’autres univers musicaux. Un mec de Philadelphie avec un mec de New York sur le remix d’un mec de Miami, imagine ce que ça peut provoquer comme mini séisme dans la rue. Les gens écoutent. Si on réagissait comme ça, ça fait super longtemps qu’on aurait gagné tous un peu plus. Parce que là, les gens parlent d’argent, en france, on est les rois pour parler de l’argent mais on le déteste. C’est pour ça aussi que j’ai appelé mon album comme ça, d’ailleurs.

Spleenter -Ou alors, on en veut mais on en parle pas.

Lalcko -Non, ça c’est la nouvelle mentalité. Je te promets que plusieurs fois, on a ramené le moyen de faire de l’argent aux gens et non. Y’a eu un repli, sur les fondamentaux. « Non. Nous ici, c’est comme ça. » Faut faire un choix… L’oseille c’est une façon de faire. Regarde, c’est simple : Dans la zic, combien de gens essaient de penser aux rappeurs ? je suis pas là pour faire un documentaire sur les rappeurs, mais c’est le milieu dans lequel je suis. Combien ont favorisé leur orgueil, souvent un orgueil mal placé, à la possibilité de faire des choses ? Ça passe par des excuses genre « Ouais mais moi je suis un vrai ! », « Moi je suis un truc » etc… Mais ils sont vrais quand ça les arrange. Ça veut rien dire, c’est comme le coup de « On sort pas avec la sœur du poto » mais « On peut se marier avec. » Chacun a sa version… « Oui la weed » mais « Non la C' » et puis ça devient « Non à l’héro » mais « Oui la cec’ ! » Tu vois ?… On évolue… Tous les 5ans on franchit un pas.

Spleenter – Ça me fait penser, Kenzy sur Allmade disait qu’à la base, le featuring avec Johnny aurait pu se faire beaucoup plus tôt ; mais qu’ils avaient tous dit « Non, attends… On peut pas, pour notre image… »

Lalcko -Ça c’est autre chose, parce que c’est vrai qu’ils étaient peut être pas prêts et que leur public non plus. Eux, je peux les comprendre, parce que c’est la première génération.

Spleenter -Je dis pas que je peux pas les comprendre. Mais ce que je veux dire, c’est qu’après, quand tu le refais…

Lalcko -Exactement, ou tu le fais ou tu le fais pas. Tu sais, on a beaucoup craché sur les anciens…

Spleenter – Gynéco il est toujours dans mes oreilles. (Ce n’est pas sale)

Lalcko -Pour moi, des mecs comme Mysto… c’est un mec bien plus intègre que les gens qui se foutaient de sa gueule quand il faisait « Gangster d’amour » ou ces trucs là. Il assumait des délires artistiques. Parce que le Ministère, à l’époque, ils étaient dans un délire. Moi aujourd’hui, je suis Mysto. Pas forcément sa façon de rapper, mais sur son parcours, je trouve. Je lui tire mon chapeau parce qu’il a réussi à faire de cinéma, sans faire son cinéma, tu vois ? Il a pas fait tout un cinéma sur « je vais être comédien », il a eu des vrais rôles. Il est respecté dans ce milieu là. Dans la musique, aujourd’hui, il est pas le plus fort mais il peut continuer à faire des albums pour se faire plaisir. Je pense que c’est un des rappeurs qui vieillit le mieux. Et quand tu le vois en soirée, il est là il fait ce qu’il a envie de faire. À un moment, c’est ça être intègre : « faire ce que t’as envie de faire. » C’est pas le genre à s’auto brimer pour ensuite faire des virages à 360 incompris.

Spleenter – le retour avec son dernier album était sympa.

Lalcko -Et Escobar lui a écrit un titre dessus.

Spleenter – y avait le remix avec Lino, Despo, Alpha etc… Et ça faisait plaisir, parce que tu voyais la filiation.

Lalcko -Exactement. Et c’est étrange de voir que ces rappeurs se reconnaissent dans un mec comme ça. Qu’ils reconnaissent avoir été influencés par un mec comme ça, aujourd’hui et qu’ils le disent. Parce qu’y a quelques années, je peux te dire qu’on entendait beaucoup « Ouais mais Stomy… hein… » Mais la force de la boxe, c’est quoi ? Le rap c’est comme la boxe ! La boxe, c’est revenir. C’est se manger un punch et revenir !

Teo -C’est une phase de Lino. « L’important c’est pas combien de coups tu donnes, c’est combien t’es prêt à en encaisser »

Lalcko -C’est ça ! Donc ils nous font bien rigoler. C’est facile d’être dans une bonne position, de mettre une bonne droite, gagner son 1er match par KO et s’arrêter là. C’est là que tu vois que dans ce game, au Etats Unis, je parle beaucoup des states vu que c’est là bas que ça a commencé, là bas on respecte la longévité.

Spleenter -Ça me rappelle un truc de The Wire où t’avais Cutty (temps d’arrêt) que tu me rappelles un peu, d’ailleurs, là que je t’ai en face de moi. Dans la scène où il montre un match de boxe aux jeunes…

Lalcko -C’est Mohammed Ali.

Spleenter – un des jeunes fait « l’autre mec c’est une fiotte. » Cutty dit « Non, un mec qui encaisse comme ça pendant tant de rounds, c’est pas une fiotte. Parce que ça veut dire qu’il est monté sur le ring, en sachant que l’autre était plus fort que lui et qu’il allait se faire taper. »

Lalcko -Bah oui ! Ça veut dire que c’est un stre-mon. C’est un stre-mon ! Moi je suis croyant. Que fait la génétique ? Y’en a qui ont plus d’attributs que d’autres. Et finalement, elle est où la bravoure à être tombé sur un mec qui est plus faible que toi ? La bravoure elle est là : un jour tu tombes sur un mec plus faible que toi, tu gagnes, mais un jour tu tombes sur un mec plus fort que toi, tu te tapes ! Après je vais pas jouer au super héros, le mec qui va jouer à l’Irlandais ou je sais pas quoi. Dans le rap c’est ça. Tout le monde est focalisé sur la carrière des artistes, mais moi j’essaie de voir sur la longueur : avec tout ce qui arrive dans la vie, quelle musique t’es encore capable de produire après tout ça ? Et c’est sur ça que je fais mon jugement. Je vais pas juger sur les 3 trous que t’as dans le corps, j’en connais qui en ont plus. Je vais pas juger sur la misère que t’as vécue, ça m’intéresse pas. Ça compose ta musique mais c’est pas ta musique. Parce qu’à ce compte là, tire dans une cabine et t’as le son de l’année !

Teo -C’est de la matière brute, mais il faut la raffiner.

Lalcko -Exactement. C’est sur cette longueur là que je juge. Et c’est pour ça que je dis que le rap français est pas forcément en train de mal évoluer, il y a quand même de bons punchers en tête.

Teo – est-ce que ça tourne pas un peu en rond ? Parce qu’Escobar est quand même très fort. Dans certaines interviews, tu le vois tomber le masque, un peu, tu le sens un peu dépité même si en même temps il continue parce qu’il aime ça.

Lalcko -Pour ce qui est du cas d’Esco, c’est un frère. Et c’est pas vraiment le masque qui tombe, en fait, mais il affine sa façon qu’il a de se battre avec les moyens qu’il a. Faut savoir qu’à côté de ça, il a un métier.

spleenter -On l’a compris quand on l’a vu freestyler en costard.

Lalcko -C’est ça. Il a son métier où ça se passe très bien, donc c’est un mérite qu’il accorde encore du temps à la zic. Je pense qu’il aime faire les choses bien, en sniper ! Pour éviter de tourner en rond. Y’a une différence entre quand on a débarqué et maintenant. La façon de voir les choses évolue. Mais je pense pas qu’il ait perdu son mojo, parce que c’est une véritable affaire de le voir en studio. Tu lui mets un son et… de toute façon on se transforme tous. Moi j’ai beau faire le mec speed, qui a toujours des trucs à faire ; tu me mets dans un studio avec un bon son…

Teo -Tu restes toute la nuit si il faut.

lalcko -Voilà ! Tu vois, je fais mon morceau.

Spleenter -Ça reste la passion.

Lalcko -Ouais, voilà. Je kiffe le faire. J’espère qu’avec Esco et les autres, on sera un exemple pour une autre génération de rappeurs qui vont arriver. Des mecs qui se diront : « J’ai mon taf, j’ai mes affaires à côté. J’aurais préféré que ce soit le rap qui paye tout comme ça je le ferais à 15 000% mais voilà. Alors comment je dois faire pour rester toujours opérationnel dans le rap à 300% ? » C’est une forme de schizophrénie, presque. Faut se dépasser. Parce qu’à un moment, quand tu branches le micro, tu te dis : « Ça y est. J’ai déjà été dans les affaires toute la journée… Faut que je me refocalise ! » Parce que les gens attendent LAL ou bien Esco, ils veulent pas le savoir ! S’ils trouvent ça nul, ils le diront ! Pour faire cet album, j’ai pris du temps. J’ai mis tout à côté. Pour essayer de mettre plusieurs étages dans mon concept, que ça soit meilleur que ce que j’avais fait avant. Même si les gens le perçoivent pas tout de suite.

Spleenter -On a l’impression qu’y a une nouvelle étape de franchie. Mais on peut pas trop la définir.

Lalcko -Mais c’est plein de petites choses ! Diamant noir, c’était vraiment le produit brut. Diamants de conflit c’était plutôt un truc en éclosion ; t’as des morceaux qui brillent déjà un peu plus que d’autres. Comme des Lumumba ! Dans Diamant noir, t’avais aucun truc qui sortait du lot, t’as pas des titres qui portent le projet à eux seuls.

Teo -Qui portent, peut-être pas. Mais tu prends des sons comme Extension du territoire

Lalcko -Voilà ! C’est peut-être un très bon son, mais ça porte pas…

Spleenter -Ou le truc avec Esco. De toute façon, y’a toujours un truc avec Esco donc c’est pas difficile.

Lalcko -Voilà. Mais sur Diamants de conflit, y a Lumumba. Et le truc, c’est ça : Lumumba a porté Diamants de conflit à lui tout seul ! Pour ceux qui connaissaient pas le projet. Pour ceux qui connaissaient pas Lalcko. Pour moi c’est devenu un tampon : « Le clip avec le mec en Afrique ? Ah ouais ! » Le clip, le titre, ça ajoute. C’était un ensemble en fait. Et pourquoi c’était un street ? Dans la définition et la profondeur du thème. Y a des morceaux qui étaient vraiment bien, mais dans le thème général, c’était pas assez…

Teo -Défini ?

Spleenter -T’as une vraie exigence au niveau de l’album.

Lalcko – Voilà. C’est comme un tableau. Si je prends une photo là et après je te ramène un tableau et tu vois que j’ai rajouté une troisième personne. Tu vas dire « Ton tableau il est faux. » Y a une vraie exigence au niveau de l’album que je pourrais pas vraiment expliquer. Avec le recul, y a des choses qu’on peut toujours faire mieux mais ça je suis pas fan. Parce que je veux toujours laisser une part d’excitation, une part d’erreur qui fait la beauté du truc. quand tu fais pas d’erreurs, quand les morceaux sont tout bien comme tu voulais… C’est pas surprenant…

Spleenter – Quand le clip Lumumba est sorti, je croyais que ça annonçait l’album. Et ça a quand même pris vachement de temps.

Lalcko -bah, c’est des aventures : tu rencontres des gens, vous allez faire le truc ensemble… Puis finalement, tu réalises que t’es en train de t’ajouter du poids. Y’a toute une métrique, en fait, en indé. C’est l’art de mettre chacun à sa place. Aux grandes structures, ça leur a pris des 10aines, des 20aines d’années… Ils ont des services de ressources humaines ! Tu vas pas prendre un plombier et lui dire de faire la maçonnerie. Et comme on avait toujours le fantasme de réussir en équipe, c’est le fantasme de la bande. On est né et on a grandi avec ce truc là ! Je crois que dans chaque équipe, tu pouvais imaginer qui était Tom Hagan, qui était Vito, etc… On avait un peu ce côté là, le fantasme de l’organisation. Mais forcément, les choses comme vous les voyez ne sont pas forcément ce que vous devez faire. Donc on fait une fois, on se casse la gueule. On essaie de faire les choses différemment, ça marche pas forcément. Jusqu’à ce qu’on trouve la bonne métrique.

Spleenter –On tombe pour mieux se relever.

Lalcko -Exactement ! Mais moi j’aime pas tomber. Je suis trop lourd.

Spleenter -Tu vois d’où vient ce proverbe ou pas, toi ?

Teo -Ouais, de Batman.

Spleenter -Ouais.

Lalcko -C’est pas dans The dark knight, ça…

Spleenter -c’est dans Begins. Mais je sens que tu voulais parler du Joker, alors vas-y (le piège se referme).

Lalcko -Ah ! Le Joker ! Il est fou ! C’est le rôle des rôles ! Mon frère le regarde tous les 2 jours.

Spleenter -Et je ne suis pas son frère, pourtant…

Lalcko -Pourtant…

Teo -Tu pourrais.

Lalcko -Franchement, c’est un putain de film. Comme on en fait très peu en ce moment. Le pire, c’est que tu passes au travers de la violence ! C’est pour ça que c’est un putain de film.

Teo -Ouais, c’est quand tu le revois après « Mais c’est vrai qu’y a beaucoup de morts ?! »

Lalcko -Il est très violent et justement, c’est comme quand on parlait du Parrain. Mon père insistait pour me le faire voir quand j’étais tit-pe. Moi je comprenais pas. On tuait des gens et tout. Et mon père me disait « Regarde ! C’est bien ! » Pourtant, il voulait pas que je regarde Starsky & Hutch. Mais quand l’histoire, l’écriture et le jeu des acteurs est au-dessus, c’est du bon.

Spleenter -Quand y a la qualité, ça peut sublimer le truc.

Lalcko -Exactement. c’est le principe de la qualité, ça fait dépasser les a priori. Quand tu tombes sur un projet ou un truc de qualité, la plupart du temps, tu laisses tomber tes barrières. Y’en a beaucoup qui tombent malheureusement dans ce piège, qui sont trop sublimés par la qualité. Ou par l’intelligence. c’est pour ça qu’il y a des politiques qui ont réussi à enrôler des gens pendant un nombre d’années incroyables. Comme Mitterrand, quand tu le rencontrais, il te parlait, t’étais sublimé, tu vois ? C’était un gang !

Teo -Mon grand père était en prison avec Mitterrand pendant la 2nde guerre mondiale, donc ils ont discuté ensemble. Mon grand père il est devenu prof de philo, donc c’est déjà qu’il était porté sur la gamberge. Il me disait que c’était un mec indémontable.

Lalcko -je vais te raconter une histoire que mes parents m’ont raconté quand j’étais encore petit. Je suis né à Rennes, moi…

Teo -À Rennes ??!!

lalcko -Ouais.

Spleenter -t’es pas né à Rouen ?

Lalcko -Non, à Rennes…

Teo -À Rennes ??!!

Spleenter -Mais t’as été à Rouen après ?

lalcko -ouais, à un moment j’y suis passé, oui. Mais je suis né à Rennes.

Teo -À Rennes ??!!

Lalcko -Mes parents étaient étudiants à Rennes.

Teo -Je suis né à côté, je suis né à Avranches.

Lalcko -Ah bah voilà. Salut voisin.

Spleenter -C’est le complot des provinciaux.

Lalcko -Mais non. Donc tu vois, mes parents m’ont dit qu’ils ont vu Mitterrand arriver. Il parlait d’économie, de choses sérieuses mais il prenait les gens avec ses mots. Et quand il a vu mes rents-pa assis avec les cle-ons et leurs potes, forcément, des renois avec des grandes touffes. Mitterrand a jeté un œil, il a commencé un discours sur l’Afrique, sur l’intégration. Le mec était un monstre ! Mais c’était un ouf ! Parce que dans une phrase, il a fait coexister 2 sujets qui n’avaient rien à voir juste parce qu’il voulait capter notre attention pendant 5 minutes ! Quand tu rencontres des gens comme ça, mais des espèces de gourous… qui ont un charisme qui, à un moment, les surélève ; après ils peuvent faire n’importe quoi ! C’est pour revenir sur le concept de l’excellence, parfois ça peut être un piège. Il est vraiment bon, tu vois ? (il montre l’affiche de TDK avec le Joker) Mais à un moment, je me sentais tellement piégé dans les films que je préférais regarder Rambo. Rambo, c’est pose ta tête. Commando ! Tous ces bails là ! Tu rigoles ! Le mec il meurt jamais ! Quand tu penses à Sylvester Stallone, après tu tapes Dolph Lundgren, Schwarzenegger, vraiment véner. Tu vois les Michael Dudikoff, tous les American Ninja, tous les bails ?

Teo -D’ailleurs, Le Stallone contre Dolph Ludgren, c’est le sample de « L’esprit des rois » ?

lalcko -Ouais.

Teo -c’est la scène de Rambo 4.

Lalcko -Non, c’est rocky.

Teo -Rocky 4, c’est ça ! (sacré Teo…)

lalcko -Ouais. Moi je suis né à rennes, après mes parents sont rentrés en Afrique. (Lalcko il est génial parce qu’il oublie pas les questions que tu lui poses même si toi t’étais déjà parti sur autre chose) On les a suivis. au Cameroun. Mon père était un opposant au système. Ils l’ont mis au placard. Quand il était en prison, je suis resté un peu, il a mis quelques années. Quand il est sorti, voilà, moi je suis revenu. Région Parisienne. Après, trop têtu, on m’a envoyé chez un autre oncle à Rouen.

Spleenter – dans tout ça, le rap il intervient quand ?

Lalcko -Le rap. Il a toujours été là. Je peux pas te dire quand ça a commencé parce que moi j’ai commencé à en écouter super jeune. Super jeune. Et j’ai fait plusieurs petits essais. tu vois même en région parisienne, ici. À Asnières même ! À Gabriel Péri ! J’étais chez une tante, tu vois, j’étais petit.

Teo – t’étais partout, en fait ?

Lalcko -Ouais, le truc c’est que ça retrace aussi l’histoire de beaucoup de familles africaines, ici, en france. À la recherche de logements. Parce que t’hérites pas d’une maison où ton grand père habitait, par exemple. Donc la plupart du temps, t’as un cle-on, quand il est étudiant, il a un HLM. Une fois qu’il se barre, il rend jamais le HLM ; il le passe à sa reuss qui a plus d’enfants. Elle vient, les enfants grandissent là. Y en a un qui est un peu têtu, on l’envoie chez un cle-on un peu mieux placé pour lui tirer les oreilles. On a un peu grandi comme ça. Si tu demandes aux rappeurs d’origine africaine, y en a beaucoup qui vont te défendre une ville parce qu’ils y ont des attaches plus fortes. Mais ils vont te dire : « Je suis né à Asnières, j’ai grandi à machin. Après je suis allé là bas, j’avais 12ans et je suis parti. » Donc y’a eu beaucoup de déplacements comme ça. Et Rouen c’est vraiment l’étape où j’ai commencé à me dire que je pouvais faire un truc bien.

Teo -C’est du rap Normand…

Lalcko -Euh.. Ouais… Du rap Normand, non, tu vois. Parce que, ce qu’il faut savoir c’est que ça peut pas être du rap Normand, parce que le rap Normand c’est très caillera.

Teo -Ça dépend où.

lalcko -Non, c’est très caillera : la vraie vie des quartiers en province, c’est un truc de ouf ! Et y a rien à faire ! rien…

Teo -Y’a des coins entiers en province où y’a rien à faire tout court.

lalcko -Ouais, tu vois. Et quand tu vois des régions avec une histoire, parce que la Normandie a une histoire, tu te dis que c’est là où les bateaux arrivaient, donc tous les petits enfants de tirailleurs sont là. T’as énormément de familles manjaques. T’as des cités où t’as que des manjaques ! Comme Rouen, Le Havre jusqu’à Val de Reuil, Elboeuf, ça se colle avec la région parisienne. Tout le côté Mantes La Jolie, tout ça. Du 78 au 76, c’est super caillera parce que c’est un peu le même genre… Beaucoup de jeunes ont énormément d’énergie mais y’a rien ! Donc le truc, c’est que quand y’aura un concert, une soirée, y’aura fusillade, frère ! Parce tout le monde attend ce jour là pour régler ses affaires. Des trucs qui ont rien à voir. C’est pour ça que moi, quand je suis revenu en région parisienne…

Spleenter -Juste un truc. Quand t’étais à Rouen, Casey était repartie ?

Lalcko -Elle était repartie. en fait, les 1ères années où j’y allais, je pense qu’elle était encore là. Mais après, quand j’y suis allé pour faire mon lycée, non, elle avait déjà bougé. Mais on connaissait des têtes en commun. Parce qu’on guettait à peu près les mêmes secteurs : Grand’Mare, Sapins, tout ça. Y’a des anciens qui l’ont vue passer. J’en ai jamais parlé avec elle, mais je sais qu’elle était là. Dans la ville, je sais très bien où elle habitait. Après, si un autre passe par Rouen, ils lui diront : « Kolal, il habitait là. » etc…

Spleenter – tu penses quoi de son parcours ?

Lalcko – pour moi, Casey c’est un des meilleurs parcours du rap français, franchement. Elle est allée jusqu’au bout de ce qu’on peut faire avec ce type de musique. On va dire qu’à un moment tu peux trouver que les musiques sont souvent les mêmes, tu peux trouver les thèmes redondants. Mais à chaque album c’est de plus en plus précis ! Ça fait mal où il faut. Ça m’étonne pas qu’elle est évoluée de cette façon et qu’elle arrive à flirter avec le mouvement rock un peu alternatif et tout ça. Parce que finalement c’est très… je vais pas dire « Punk » comme attitude mais c’est respectable.

Spleenter -Oh si, on peut dire punk, quand même.

Teo -Y’a le côté un peu nihiliste.

Lalcko -Ouais, mais c’est bien géré ! L’autre que je voyais avoir une carrière comme ça et je lui souhaite, si jamais il continue, bah c’est Despo.

(faut préciser que l’avenir de la carrière musicale de Despo Rutti était un peu floue mais qu’entre temps, depuis cette interview, il a repris les chemins du studio. Et on s’en réjouit !)

Lalcko -Le gens imaginent Despo dans un concept rap de rue. Oui, mais…

Spleenter – c’est plus que ça.

Lalcko -C’est bien plus. C’est pas pour dire que le rock c’est mieux, mais Despo, pour moi, c’est une rock star. Tu vois, un peu, dans son délire ? Il a la rock attitude.

Teo -C’est sur ton album qu’il le dit : « Nos phases de punk. » Il le sait.

lalcko -Ouais et il le développe…

Spleenter -Il a un peu ce côté « Dieudonné du rap. »

Lalcko -Ouais, il est plus loin que les autres. Tu vas pas l’arrêter ! c’est pas pour rabaisser ou pour comparer, mais c’est pas Sefyu. Tu vois ? Despo, tu vas pas l’enfermer dans le truc 93. Despo peut porter le 93 à la planète. Il peut parler du 93 à New York. Avec ses futs bizarres qu’il aime bien, avec les poches sur les côtés. Il mettait pas de jean’s ! déjà le mec il avait une attitude. Il portait des bails bizarres. Mais c’est toujours le même problème dans le rap… C’est pour ça que je disais « j’espère qu’on sera une source d’influence pour les prochains. » Despo nous parlait beaucoup avec Escobar. On se parlait énormément et il nous demandait, comme nous on est arrivé un peu avant, comment ça se passait. le truc c’est quoi ? C’est que moi j’ai eu la chance de rencontrer dans gens comme Jean-Pierre Seck qui m’ont montré les bases, à un moment. Mais il a fallu que je sois moi-même mon producteur, mon manager, que j’arrive à voir plus loin que les autres. La plupart du temps, y a un artiste qui arrive avec un talent et y a un mec en face qui dit : « Lui, je peux l’amener là. » Moi, en tant que Cesar Sharp (nom du label de Lalcko), c’est à moi de porter Lalcko. C’est à Escobar, à Makila Mizik de le porter. Faut du temps pour avoir le recul, la vision, bien peser le truc. Et gérer de l’autre côté la partie artistique. Apprendre à se montrer sous son meilleur jour et choisir son meilleur angle de tir. c’est pas le plus facile.

Teo -vous avez jamais pensé à faire une sorte de structure, de label commun à vous 3 ou avec d’autres ?

Lalcko -Non, au niveau structure c’est compliqué. Mais on peut très vite s’entendre. C’est pas le problème. Il était même question, je te cache pas, qu’on fasse un album à 4.

Spleenter -Avec Seth Gueko ?

Lalcko -Avec Seth. Après, il est parti dans ses albums, dans ses machins. Donc on s’est dit « on va le faire à 3. » Juste après avoir enregistré Esprit Crapuleux, on s’est dit « On y va ! » Mais après, la sortie de l’album de Despo l’a presque surpris. On lui a dit : « On a trouvé un deal. PAF ! Ça sort là ! » Ça a repoussé le truc, et puis de « après » en « après »… Mais on est pas à l’abri. Déjà un Lalcko/Esco, c’est sûr ! On peut le faire, mais…

Spleenter -c’est sûr qu’on peut le faire ou c’est sûr que ça va arriver ? c’est pas pareil.

lalcko -Non. « c’est sûr que ça va arriver » je peux pas te dire ça. Parce que demain je peux arrêter la musique. et je sais pas pour Esco, mais ça peut être la même pour lui aussi. Je pense qu’on s’accompagne beaucoup.

Spleenter -Ouais, dans le délire des 3 voix monstrueuses.

Teo -Je trouve qu’y a Dosseh qui arrive aussi avec ce côté là, un peu.

Spleenter -Il a un côté un peu brut, aussi une façon de formuler.

lalcko -Mais Dosseh c’est un artiste. C’est ça, l’art de se montrer sous son meilleur jour. C’est ça finalement l’entertainment. Quand tu regardes, les plus gros ont mis du temps à se montrer sous leurs meilleurs jours. Rick Ross ça a mis du temps pour choisir les bonnes lunettes. Dans le rap français, y en a plein qui ont essayé, qui sont passés par du large. Après ils sont arrivés sur Louis Vuitton.

Spleenter -Si tu t’amuses à faire les modes sur les rappeurs, on a pas fini…

Lalcko -Mais c’est ça. La mode fait partie de tout ça. De se montrer sous son meilleur jour ! Ça peut passer par un pseudo. Moi j’ai de la chance d’avoir trouvé mon « option de développement » depuis super longtemps. Les discussions qu’on avait dans le 45, je m’en rappelle : « Ouais, mais non, la street, l’Afrique, c’est compliqué ! » Non les mecs. Non, c’est pas compliqué, parce que c’est la vie de beaucoup plus de gens que vous ne l’imaginez. Y a des gens qui sont nés au Liban pendant la guerre ou qui ont des souvenirs de la guerre par leurs parents. Ça les a marqué. Ils sont arrivé ici qu’il y a 8ans. En france, ils étaient à l’école avec des Arméniens aussi, donc ils ont appris quelque chose. Et après bim ce mec finit à Aulnay sous bois dans le 93, ou je sais pas où. Mais tu vas pas résumer ce mec à Aulnay ! Son parcours est trop long. En fait, c’est ça que je veux montrer : c’est l’autre face des parcours. Moi, tu vois, toute ma famille est dans le 94. je pourrais faire le mec du 94 toute ma vie, aller dans d’autres villes, pour essayer d’être proche de mecs dont j’ai pas envie d’être proche…

Teo -Tu gueules « Capitale des brakos » de temps en temps…

Lalcko -J’ai fait un son comme ça dans la compil « Départements : 94 »

Spleenter – t’en as fait un autre dans « Tête brulée » qui reprenait « Guerre » de Mafia K’1 Fry.

Lalcko -Oui ! Mais bon…c’était plus pour l’exercice de style que pour représenter quoi que ce soit.

Teo – « La police a des flingues de la taille du christ »

Lalcko -Ouais, ouais.

Spleenter -Mais t’as une mémoire de fou furieux, toi !

5 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Lalcko

Dead Buzz Walking (11)

Note : Amis blavogueurs, on a pris un peu de retard, mais vous savez, on est comme le rap frinçais, parfois on prévoit des trucs, ça prend plus de temps que prévu, parfois on avait des trucs prêts, on les a pas lancé pour des raisons quelconques. Par exemple, on a fait un billet de la saga des Buzz Morts avec Rohff, quelques temps avant la sortie de La Cuenta et finalement on l’a pas mis en ligne à ce moment là (mais je me souviens plus pourquoi, peut-être parce que ça faisait beaucoup de Rohff sur le blavog et que c’est pas le blog à son père ici).

Et vu que là on a un peu de temps, je vous envoie le Dead Buzz Walking avec Rohff. Mais rappelez vous qu’il a été écrit plusieurs semaines avant quand « Housni de son prénom » n’avait pas encore sorti de vrais singles pour la sortie de l’album. Promo à la hauteur de l’album…

C’est parti.

Au guidon de sa Doudou-Bécane, Lil Thug toujours sur le porte-bagage, Doudou Masta a pris du retard sur sa livraison après que Booba a pris tout le buzz qu’il pouvait. Doudou Masta fonce plein gaz vers le prochain arrêt de buzz. Mais il était écrit qu’il n’y aurait pas de buzz pour tout le monde dans ce rap jeu de merdeux. Et c’est la deuxième embuscade de la journée. Nettement moins subtile que la première. La route explose devant eux…

Lil Thug -Carrément.
Doudou -Là tu sens les bourrins. Ça ne peut être que…
Sefyu –L’allumeur de mèche !
Doudou -Sefyu
Lil Thug -C’est fou.
Sefyu -ZEZEZEZEZAHEFYU !!!
Doudou -Laisse moi deviner. T’as fait péter le pont pour me braquer du buzz ?
Sefyu -Non.
Doudou -Non ? Pourquoi alors ?
Sefyu –Rohff Housni m’a dit Zahef casse le pont.

C’est là que Rohff arrive dans le même hummer que Scarface pour bloquer la route derrière la doudou-bécane. Là tu me diras que Tony Montana a jamais eu de hummer. Mais c’est à Rohff qu’il faut le dire, ça.
Rohff -C’est R.O.H.2F ! Rohff le capi-chef !
Ikbal -Green Hous’ ! Super green !
Doudou -C’est toi qui a envoyé Sefyu ?
Rohff -Ouais, on joue à « Rohff Housni m’a dit. » Mais on savait pas que vous passiez par là. J’avais décidé de faire péter cette route, si vous étiez dessus c’est votre faute. Vous m’avez pas consulté pour prendre cette route en même temps que moi.
Ikbal -Surtout que y a un mec qui va passer en bécane et que faut qu’on arrache la route avant qu’il arrive ! On arrache la route !! On arrache la route !!!
Rohff -Hachek ! Tais toi, c’est lui qu’on doit arrêter !
Ikbal -Mais tu viens de dire que…
Rohff -Laisse faire les grands, va remixer Cris Bron, toi.
Ikbal -Green Hous’ ! Super green !
Lil Thug –Il insulte Cris Bron sur un son et il fait un remix d’un son de Cris Bron sur le même projet ?
Doudou -Lache l’affaire. Bon qu’est-ce que vous voulez ?
Sefyu -Faire péter la route.
Doudou -Ça c’est déjà fait.
Sefyu -Alors pout ?
Lil Thug -Pout ?
Sefyu -C’est mon nouveau gimmick. C’est qui ? Pout ? Zahef pout ? Molo pout ? Allumeur de pout ? Pout pout ?
Lil Thug -…
Doudou -…
Rohff -Rohff Housni te dit de te taire.
Le Senegalo Ruskov se tait donc pour pas perdre la partie de « rohhf housni a dit » mais décide de mettre ce temps à profit en allant manger des graviers pour travailler son flow. Pro.

Rohff -On a un problème avec Sefyu, on buzz plus comme avant.
Lil Thug -Gay.
Doudou -Et à ton avis, pourquoi tu buzz plus comme avant ?
Rohff -Ben tiens ! A cause des jaloux de merde, c’te question.
Lil Thug -Ouais, ou alors c’est parce que t’as trainé ton cul à sortir ton premier single.
Doudou -Tu commences à bien comprendre les rouages du buzz, toi. Le petit a raison, où étaient tes singles ?
Rohff -Hachek ! Euh… non mais j’en avais des singles, je vais t’expliquer. D’abord j’avais fait ‘Salamoualaykoum‘ sur street Lourd 2 mais…
Lil Thug -Mais c’était naze.
Rohff -J’allais dire que les jaloux et les rageux de merde avaient mis les lyrics trop tôt sur le net et que…
Lil Thug -Et qu’on a bien vu que c’était naze.
Rohff -Il est insolent le schtroumpf, qui c’est qui t’a élevé comme ça ?
Doudou -Son père est un sale blanc tu sais…
Rohff -Mais t’es fou de dire ça comme ça devant lui.
Lil Thug -Non mais mon père est vraiment un sale blanc.
Rohff -Hachek ! Faut respecter sa mère et son père !

AHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHHAHAHA!!!!

AHAHAHAHAHAHAHA !!

Rohff -Je disais donc. ensuite j’ai sorti « Animal » qui devait aussi être mon premier extrait.
Doudou -Mais vu que t’as toujours insulté ce genre de musique, ton public n’a pas compris.
Lil Thug -En plus, tu t’es pas cassé le cul pour le flow et encore moins les rimes, donc bon…
Rohff -Ouais voilà, mon public n’a pas compris.
Sefyu -Mon public comprend rien, c’est rien la famille !
Rohff -Hachek ! Rohff Housni a dit silence. Click click boom et salamoualaykoum !
Sefyu -Désolé reflexe… (Il retourne manger des caillous)


Doudou -Faut dire que ton public qui a grandi en t’écoutant est devenu très dogmatique à force de leur expliquer à quel point t’es un brave et toutes ces conneries.
Rohff -M’en parle pas. J’ai dit tellement souvent que je me remettrai pas ma dent cassée que depuis que je l’ai fait je passe pour une fiotte. Alors que c’est qu’une dent quoi. je fais ce que je veux.
Lil Thug -Ouais mais depuis que je suis petit, tu dis que tu la remettras pas parce que c’est le charme du ghetto. Que t’es un vaillant tout ça.
Rohff -En fait je disais ça parce que j’ai peur du dentiste, je suis comme toi, petit.
Lil Thug -J’ai pas peur du dentiste moi…
Rohff -Ecoute, c’est pas parce que ton père est une face de craie que tu vas me faire chier.
Lil Thug -C’est un sale blanc, pas une face de craie…
Rohff -Si tu veux.
Doudou -Et oui mais à force de farcir le crâne des jeunes auditeurs avec des interdictions à la con, t’as créé des monstres et tu t’es piégé toi même. Si t’achètes une voiture de luxe, on t’emmerde, si tu te remets une dent, on t’emmerde, si tu te mets en couple avec une fille qu’a pas la burka, on t’emmerde, si tu fais de l’électro, on t’emmerde…
Rohff -Pitain.
Doudou -T’en avais fait beaucoup des sons électro là ?
Rohff -Presque tout l’album…
Lil Thug -Ahahahaha !
Rohff -En plus je les ai déjà payés et… ah mais attends ! IKBAL !!!!

Le membre de TLF sort la tête du hummer de Tony Montana où il écoute du Cris Bron à fond tout en l’insultant.
Ikbal -Criminel ?
Rohff -Criminel. Écoute, maintenant tu vas plus faire de rap. Tu vas faire de l’electro ! J’ai des bêtes de sons pour toi.
Ikbal -Criminel !!
Rohff -Ouais ouais ouais criminel, si tu veux…
Ikbal -Et tu feras un feat sur mon album ?
Rohff -Ah bah non, je peux pas. Fuck la techno, c’est de la musique de drogués, tout ça. Tu te rappelles ?
Ikbal -Ah ouais, c’est ce que tu disais à DJ Mehdi jusqu’à ce qu’il quitte la Mafia K1 Fry. Ahaha ! Criminel !
Doudou -C’est con, parce que si tu pars sur un projet electro, DJ Mehdi ça aurait été très bien pour ton solo.
Ikbal -C’est pas mon solo, c’est l’album de TLF. Tout le groupe.
Lil Thug -C’est qui le groupe ?
Ikbal -Y a moi et 2 autres gars qui rappent presque jamais et on a aussi une meuf pour les photos. C’est glam. Quest-ce que c’est glam !


Doudou -Et donc tu vas le laisser sortir son album electro ou house, je sais pas quoi là, pour faire diversion. Et tu vas même pas faire un feat dessus ?
Rohff -Non seulement ça, mais je ferai pas sa promotion non plus. Jamais. JJJJJJJJJJamais !
Lil Thug -Eh beh…
Rohff -Ouais ouais ouais. Officiellement je serai trop occupé à promouvoir Amy et Bushy, le premier duo de rap féminin frinçais.
Lil Thug -C’est sympa pour Black Barbie ça…
Rohff -Qui ça ?
Doudou -C’est une des 2 petites qui faisaient partie d’E.K.Tombe à l’ancienne.
Rohff -E.K.Tombe ? Kezako ?
Doudou -Un duo féminin de rap frinçais qui a déjà plusieurs années.
Rohff –Oh merde…
Doudou -elles ont même fait un son avec Kery james, tu devrais t’en souvenir.
Lil Thug -Et surtout, Amy et Bushy, tout le monde s’en fout.
Rohff –Oh merde version 2…


Doudou -Alors moi je suis pas contre te donner du buzz, mais je vois dans mes registres que t’as refusé un remix officiel avec Snoop Dogg, là tu m’aides pas.
Lil Thug -Putain.
Doudou -Comme tu dis.
Rohff -Ouais mais quand vous saurez ce que Snoop Dogg m’a fait vous comprendrez.
Doudou -Il t’a fait quoi ?
Lil Thug -Un doggy style ?
Rohff -Presque. Il voulait que je sois sur un remix de Gangtsa Luv, mais il voulait pas se déplacer pour poser avec moi.
Lil Thug -…
Doudou -…
Rohff -J’étais pas respecté tu vois.
Lil Thug -…
Doudou -…
Rohff -Du coup j’ai dit à Ikbal de remixer Gangsta Luv sur sa tape, pour bien le pourri ! Click click boum et salamoualaykoum !
Lil Thug -…
Doudou -… Mais bordel… Snoop Dogg c’est un rappeur qu’on écoute tous depuis des années, toi y compris et quand t’as l’opportunité de poser avec lui sur un remix officiel tu refuses… Je peux pas te donner du buzz pour ça, c’est même plutôt le truc que tu devrais cacher sur ton CV ça.


Rohff -Du coup j’ai repoussé mon album, j’avais pas assez de buzz là.
Doudou -Mais putain ! Mais du buzz t’en as, t’en auras toujours, t’es Rohff, nom d’un chien.
Rohff -To the mother fucking nom d’un chien chien chien !
Lil Thug -En plus Booba disait partout en interview que ça servait à rien de repousser son album, donc c’est vraiment la lose pour toi.
Rohff -Bon écoute, toi je t’ai déjà dit que c’est pas parce que ton père est une tronche d’endive que…
Lil Thug -C’est un sale blanc ! un sale blanc ! Pas une tronche d’endive.
Rohff -Mais c’est pareil bordel. To the muther fucking bordel de merde !
Doudou -Non mais c’est le nom du groupe de rap dont fait partie son père.
Lil Thug -Voilà ! Les sales Blancs, bâtard. Ils font de la G Funk et tout.
Rohff -Hachek ?! Y a de la G Funk en Frince ? Mais ?! Mais ?! C’est moi la West Coast en Frince !
Doudou –Ah non pas du tout. Mais alors  vraiment pas.
Lil Thug -Sinon t’aurais jamais refusé un remix avec Snoop Dogg. Ça n’a aucun sens, mec.
Rohff -Vous êtes des sales rageux de merde, jaloux, je vais chercher ma pelle ! Ikbal !!!
Ikbal -Criminel ?
Rohff -On va chercher la pelle !


Rohff retourne dans son hummer où Ikbal écoute de l’electro tandis que Amy et Bushy, sur la banquette arrière, font des doigts dans le retro. Le hummer s’en va au loin.
Rohff -Mais change de vité-té-té-té-tesse. On se traine là.
Ikbal -Mais j’ai qu’une main, je suis aaaaaaauuuuuuu phoooooooone.
Rohff -Alors change les vitesses avec ton zizi !


Lil Thug -… Il est bien gratiné lui…
Doudou -Ils ont oublié Sefyu en plus.
Sefyu -Acide ?
Doudou -Donc toi aussi tu veux du buzz ?
Sefyu –Ahah !!
Doudou -Le problème c’est que les gens en ont un peu marre des singles uniquement basés sur des gimmicks.
Sefyu -Nor-mal !!
Doudou -En plus on sait que t’es parfaitement capable d’avoir des flows plus rapides, d’être technique, de sortir des assonnances et tout. Y a qu’à entendre « Faits divers 2 » pour s’en convaincre.
Lil Thug -Mouais, il rappe pas beaucoup sur ce son là vu que Baba et RR accaparent presque tout le morceau.
Doudou -Ouais mais son couplet tue tout. Ou sa version de Seine Saint Denis Style si tu préfères. Un son où il va fumer l’instru !
Sefyu -Fu-fu-fu-fu-fumer !!!
Lil Thug -Je crois que tu te fatigues pour rien, là. Il parle pas la langue ce gars là.
Doudou -Tu crois ?
Sefyu -Pout ?!
Doudou -Dans ce cas on retourne à notre distribution. Remets toi sur le porte bagage.
Lil Thug -Il est loin l’arrêt de buzz ?
Doudou -Non, ça va aller maintenant. En avant doudou-bécane !
Lil Thug -T’es obligé de gueuler ça à chaque fois ?
Doudou -Non mais j’aime bien. Faut se marrer parfois.
Sefyu –Coluche s’est marré au volant de sa moto et il est mort.
Doudou -Au volant de sa moto ? Mais une moto n’a pas de volant ?!!
Lil Thug -Tu te fatigues pour rien je te dis…

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Dead Buzz Walking 7

Après avoir roulé pendant longtemps, Doudou toque enfin chez les Sales Blancs.

Lil Thug – papa ! Y’a un buzz mort à la porte !
Doudou – mais bordel je suis dans le cinéma moi. Le cinéma ! vous voulez pas comprendre ça ?
Seno – excuse-le il savait pas
Lil Thug – pourquoi vous imitez la voix du chef Massaï de Arthur et les Minimoys ?
Doudou – putain de merde… je SUIS la voix de ce perso !
Lil Thug – c’est ça, et vous êtes aussi la voix de Moto Moto dans Madagascars 2 tant qu’on y est…
Doudou – tais-toi et monte dans la Doudoumobile
Lil Thug – c’est un scooter.
Doudou – il est toujours chiant comme ça ?
Seno – et encore, t’as pas vu comment il parlait de la poudre magique

Après que Doudou Masta ait mis quelques coups dans un mur pour se calmer, il part avec le petit thug sur la Doudoubécane (on coupe la poire en deux). Après une petite frayeur causée par une crise de Lil Thug (ils passaient devant l’élysée-montmartre, où Ja Rule donnait un concert exceptionnel, pas de pot), ils arrivent à destination.

Lil Thug – c’est chez toi là ?
Doudou – Non, d’abord je dois passer chez quelqu’un
Lil Thug – ah j’ai eu peur. ça pue sévère ici.

Parce que oui, une fois de plus (1) Doudou Masta doit composer avec des rappères toujours plus avides de buzz. Il avance donc avec Lil Thug dans une arrière-salle des plus louches, où un étrange bonhomme tape sur une mpc en agitant de temps à autres un cadavre de chat au-dessus. Qui est-il donc ? il est l’homme que l’on nomme…
 
Dj Sek – Doudou Masta San. J’ai sorti une compil où je me vante d’avoir été là au bon moment au bon endroit entouré de gens qui avaient du talent.
Doudou – Mais ça ne justifie pas du buzz, ça. Tu sais combien il en sort des compilations sur Time Bomb par an ?
DJ Sek – Oui mais moi j’ai fait partie de l’aventure. Hihihihihiiiii !
Doudou – T’as fait quoi, en gros ?
DJ Sek – C’est moi qui les ai signé sur le label.²
Doudou – Le label dont ils se sont presque tous barrés en mauvais termes ?
DJ Sek –Oui voilà.
Doudou –Parce qu’ils accusaient les autres de plus ou moins tenter de les arnaquer ?
DJ Sek – Oui voilà.
Doudou – C’est tout ? Pasqu’en fait ton problème numéro 1 maintenant c’est que tout le monde sait que t’as fait des pures prods, mais à l’heure actuelle les gens savent plus trop c’que tu vaux.
DJ Sek – non, ça c’est mon problème numéro 2
Doudou – c’est quoi ton problème numéro 1 ?
DJ Sek – je suis fourbe
Doudou – comment ça ?

L’honorable Kessey retire alors ses lunettes noires.

DJ Sek – Je suis asiatique
Doudou – oh putain !
Lil Thug – remet tes lunettes, ça devient dégueulasse là.
DJ Sek – Mais à time bomb, j’étais aussi un peu le patron. Et croyez-moi j’ai le sens de l’entreprise, je suis Chinois.
Lil Thug – T’es pas plutôt Cambodgien ?
DJ Sek – Ça intéresse qui ça ? Chine, Cambodge, c’est pareil. bref ! Je leur disais aussi quand censurer quelques mots trop vulgaire. Fallait bien un superviseur. Un contremaître sur la chaine de fabrique de paires de Ni… de fabrique de machin là…
Doudou – Musique ?
DJ Sek – on va dire ça. Par exemple j’ai dit à Booba de pas dire tout le temps « Biatch », que ça vendrait jamais.
Doudou – …
DJ Sek – Donc tu vois, Time Bomb c’est moi. L’album de Oxmo par exemple, c’est un peu l’album de Time Bomb.
Doudou – Mais c’est beaucoup l’album de Oxmo aussi…
DJ Sek –Si tu y tiens. Mais Time Bomb c’est moi !
Doudou – OK, ça justifie un tout petit peu de buzz en plus, mais c’est pas grand-chose. T’as pas des inédits de l’époque ?
DJ Sek –Bien sûr que si, j’en ai toute une chiée. Une armée en terre cuite d’inédits.
Doudou – Ah bah voilà ! C’est du bon ça !! Mets ça et c’est le buzz du siècle !!!
DJ Sek – Non.
Doudou – Comment non ?
DJ Sek – Je vais en mettre 3 ou 4 à tout péter. Je ressortirai les autres plus tard. Quand j’aurai de nouveau plus de thune. Faut pas mettre toutes ses boulettes de poulet sauté sur la même brochette, comme on dit chez moi. Hihihhihihihi !
Lil Thug – t’es obligé de rire comme ça ?
Doudou – Mais t’as pas peur que le public le prenne mal ? Je veux dire, t’as des morceaux extraordinaires que tu gardes jalousement et t’en sors à peine 1 tout les 5 ans.
DJ Sek – T’es un ouf, Doudou Masta San ?! Je sais bien qu’il faut manger la cervelle du singe quand elle est encore chaude, mais mon public c’est principalement des puristes. Et les puristes en rap Frinçais sont vraiment maboules. Les mecs sont nostalgiques d’une époque où Def Bond était l’un des plus gros vendeurs de singles en invitant Matt Houston. Ils en ont même fait des T-Shirts…
Doudou – Pas faux…

DJ Sek – L’âge d’or du rap, comme ils l’appellent eux même… Quand Booba était en taule, quand Rohff faisait des singles de merde pour se faire connaitre du grand public, quand Dany Dan sortait pas son solo, quand Casey sortait pas son solo, quand Nakk Mendosa sortait pas son solo qu’on attend toujours, quand on nous faisait croire que Marseille était la capitale du rap avec des groupes comme 3ème Œil, quand Daddy Lord C accouchait d’un solo pas du tout à la hauteur de son talent, quand Express D était tricar partout, quand TSN faisait des sons de malade dans l’indifférence générale, quand le lp des X-Men était boudé alors que Baccardi cartonnait, quand le blavog n’existait pas, quand Squat était considéré comme une référence en matière de rap engagé et d’écriture riche, quand Stomy est passé de très vulgaire à trop consensuel sans jamais trouver le juste milieu, quand absolument tout le monde se mettait à copier des instrus New Yorkaises avec 10 ans de retard et en moins bien pour pas que ça se voit et que quand Ärsenik tentait des tendances plus actuelles ils étaient traités de vendus. Enculés Américains impérialistes de merde !
Lil Thug – moi je vais bouffer un morceau, vous me prévenez quand c’est fini.
DJ Sek – Parce que là on parle quand même d’une époque où le public rap considérait que moins tu faisais de blé et moins tu faisais parler de ta musique, plus t’étais un bon petit gars qui n’en voulait et qui faisait avancer la cause… Parce que les mecs pensaient vraiment qu’ils défendaient une cause en ce temps là. Avec un message à faire passer. Mais alors, si le rap d’aujourd’hui est si mauvais que ça, c’est peut-être aussi parce que le message est très mal passé à l’époque. Ça faudra bien l’envisager à un moment. Si ils étaient si forts, comment et pourquoi ils ont laissé le rap Frinçais dans cet état, hein ? Hein ?! Je pose la question !
Doudou -… Euh… Oui… Peut-être…
DJ Sek – Alors les puristes, ils peuvent bien la ramener, j’en ai rien à foutre ! Qu’ils achètent mon disque comme les mange-merde qu’ils ont toujours été. Je leur chie à la gueule à tous ces empaffés ! Ils vont même me remercier, ces cons là, tu verras.
Doudou –Mais, et les artistes dont tu sors des inédits, ils touchent quelque chose là-dessus ?
DJ Sek –C’est là que ça devient très grand. Je ne leur demande absolument pas leur avis, j’ai tous les droits, gros. Je représente l’âge d’or du hip hop, Doudou Masta San. Alors qu’ils me sucent tous mes boules de litchi à genoux ! Je représente une époque où y’avait pas tous ces enculés d’internet qui téléchargent les albums ! Moi j’aime les cons quand ils achètent mes disques. Faut arrêter le téléchargement illégal ! Eux mériter la torture ! Ihi ihi !
Doudou – Ouais, faire le flic c’est hip hop…
DJ Sek – Toi tu aurais pas tenu bien longtemps en Chine, Doudou Masta San.

Une fois sorti, Doudou Masta retrouve Lil Thug juste devant.

Lil Thug – y’a quand même un truc de bizarre
Doudou – quoi ?
Lil Thug – j’ai un tonton, il s’appelle papillon, il est aussi cambodgien, comme ce type…
Doudou – et ?
Lil Thug – bah il s’est pourtant jamais comporté en trou du cul dégénéré.
Doudou – cette histoire doit t’apprendre qu’il ne faut jamais généraliser.
Lil Thug – ouais, les asiatiques sont pas méchants au fond et…
Doudou – je t’arrête tout de suite, c’est les cambodgiens qui sont pas tous méchants. Tous les autres, tu t’approches pas d’eux. Jamais.
 

(1) achète le maxi, t’auras le remix en bonus
 
(²) El Blavog quiere decir que DJ Sek hizò buenos beats a pesar de todo. Pero lo haremos en español. Màs reglo !

Alors on va nous dire pourquoi tant de haine sur les chinois ? parce que les japonais sont bien trop flippants : http://acidcow.com/pics/8344-only-in-japan-97-pics.html

Seno – Rap à l’eau
Lunatic – freestyle dj sek
Lil Thug – Spootnik
Oxmo Puccino & Dany Dan – J’Rappe Pour Rien (DJ Sek)
Mr JL, Prodige, Al, Rocé, Le Bavar – Classic antidote Remix (DJ Sek)
SAV – et les chinois !
Lil Thug – spring break mixtape

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Wire & rap game (1)

avec des si on couperait du bois
pasque c’est un truc qui m’a toujours titillé.
faire des correspondances stupides entre la fiction & la réalité.
en plus entre le temps que je me mette en route, les ricains m’avaient déjà piqué l’idée (http://smokingsection.uproxx.com/TSS/2009/02/if-rappers-were-characters-from-the-wire), alors comme on aime pas trop recycler les merdes ici, on a fait la même mais en français. y’en a dans la caboche du blavog quand même.
si y’a des trucs qui vous paraissent incohérents, si vous avez de meilleures idées pour les parallèles à faire, et ben j’en ai rien à foutre mettez les en commentaires, soyez pas timides.
et ce sera en 2 ou 3 parties, parce que les images & wordpress c’est relou, surtout quand on fait aucun effort et pis comme ça vous aurez l’impression d’être gâtés 2 fois plus bande de ptits canaillous.

Avon Barksdale

Passi
le mec arrivé quoi. installé, il a fait son biff, même en dehors du game il continue d’être une figure de poids et de mailler.

Stringer-Bell

Kenzy
bizness man dans l’âme jusqu’au bout, un poil trop sans doute, ses pairs ne l’ont pas toujours compris. il a contribué à construire un empire mais il s’est écroulé juste au moment où il touchait au but : la respectabilité.

Prop’ Joe

pasqu’il est gros et qu’il a une bonne tête, et bien qu’un peu roublard, il reste sympa quand même. en plus il est là depuis longtemps et toujours de la bonne came. un mec cool, quoi.
http://www.dubcnn.com/media/audio/driver-meccool/

wallace

Disiz la Peste
la gentillesse n’est pas faiblesse, sauf quand elle l’est. trop naïf pour ce monde de brutes, fallait qu’il parte.

Chris Partlow

mala

Mala
« tu m’connais pas, moi… »
il est sale, il exécute sans poser de questions, on ne comprend que très rarement ce qu’il pense, et encore ça c’est quand il parle.

Felicia « Snoop » Pearson

Casey
« perhaps the most terrifying female villain to ever appear (in a television series). » c’est pas moi qui le dit, c’est Stephen King. vraie citation, tu peux vérifier si t’as que ça à foutre.
bah oui. forcément. ça tombe sous le sens. Zec to zec.

marlo
booba
booba
des glaçons dans les veines, les canines qui rayent le parquet, il ne s’arrête jamais avant d’obtenir ce qu’il veut, et ce qu’il veut c’est souvent beaucoup trop. et il pète plus haut que son cul desfois, aussi.

Brother Mouzone

ILL
aucune ressemblance dans le caractère, mais c’est le tueur que sa réputation précède, en plus il disparaît quand tu t’y attends pas et réapparaît quand tu l’attends plus, donc on est obligés.

Cheese

Kennedy
tu sais pas trop pourquoi mais quelque chose te dit qu’il bouffera à tous les râteliers, il change d’équipe comme de casquette et malgré ça on le déteste pas non plus, même si « this boy has been nuthing but a deception ».

Michael

Escobar Macson
jeune prodige du quartier, précoce, doué en tout, pris en charge par les mauvaises personnes ce qui ne lui rendra pas service, maintenant il veut sa part.

Dukie

Nubi
même situation que michael, mais avec encore moins de chance, et beaucoup moins débrouillard apparemment.

Nick Sobotka

seth gueko
représente les ouvriers, flirte avec la rue et, livré à lui-même, finit par se ramasser la gueule comme on le sentait depuis un moment.

Ziggy Sobotka

orelsan-500
orelsan
un brave petit gars à la base, mais le manque de confiance en soi ça mène à des tragédies.

Sergei « Serge » Malatov

sefyu molotov
pas seulement pour le nom et l’accent, mais aussi pour ça : « he had a head ? he had arms ? so it wasn’t us » —> quand t’entends boucher, y’a lui qui va avec.

Bodie

Salif
trop rue pour gravir les échelons, il finit par foutre un chassé dans la fourmilière pour se faire entendre, ghetto soldier style. en général ça réussit moyen niveau plan de carrière.

Cutty fabe
Fabe
repenti, il a fait le tour du game, maintenant il observe de loin sans trop d’illusion, même si les plus jeunes le calculent plus, son nom est encore respecté des connaisseurs.

POUR LA SUITE C’EST PAR ICI

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MORTELLE SAINT VALENTIN

 

 

la saint Valentin arrive, et comme tous les loosers, vous ne savez pas comment trouver les mots qu’il faut pour prouver votre amour à votre belle.

Les rappeurs français sont là pour vous aider.

 

déjà, jouez la simple, prouvez lui que vous n’êtes pas difficile & que vous l’aimez comme elle est.

les hommes préfèrent les chiennes. (Bass Click)

 

Montrez-vous romantique à chaque occasion.

je suis un gangster d’amour, elles font la queue pour que je les bourre (Stomy Bugzy)

 

Ne soyez pas trop sûrs de vous.

quand ma main sera dans ton froc tu diras « vive le king ! » (Dany Dan)

 

Partagez avec elle vos goûts, que ce soit musique, films ou même cuisine.

j’avoue j’aime qu’on me suce quand j’ai le gland nappé de confiture (Zoxea)

 

Mettez la à l’aise, qu’elle comprenne que vous n’êtes pas pressé.

On a besoin que les filles baisent et qu’elles baisent vite. Sur mon sexe y’a le goût de fraise. (Exs)

 

Ne la brusquez pas trop.

passe la vaseline pour qu’on aille plus loin (Melopheelo)

 

Mettez vous en valeur.

crois pas ta foufe quand elle prétend plus s’rappeler le nom d’mon gang, mais surtout crois-la si elle te dit qu’elle l’avait sur le bout d’la langue (Lino le patron)

 

Précisez quand même qu’elle vous attire un minimum, plus qu’aucune autre.

j’deviens fou, quand il s’agit de corps et d’nichons, viens lécher mon cornichon (Brasco)

 

Indiquez bien que vous ne la jugez pas.

Remballe, sale pute, tu veux gratter, y’a pas moyen, va t’faire niquer  (13or)

 

Dites lui que vous vous voyez bien avec elle pour toute la vie.

Tu veux que j’te passe la bague au doigt, mais elle glisserait avec le sperme qu’il y a dessus […] et moi j’te dirai que j’voudrais faire une pause, quand t’écouteras ce rap, j’en baiserai une autre.

 

elle est branchée égalité hommes/femmes & vous entraîne dans un pénible débat sur la parité ? no problemo, comme disent les gens qui ne parlent pas espagnol.

pétasse on a du taf, toi t’as qu’à faire serveuse, fais pas ta nerveuse suce mon missile à tête chercheuse (Al k-pote)

 

Poursuivez en prouvant votre soutien à sa cause.

t’es ni pute ni soumise, ah bon ? Mais t’es quoi alors ?  (Monseigneur Mike)

 

 

Il est maintenant l’heure de la déclaration, l’officielle, celle qui lui fera comprendre qu’elle est l’élue de votre cœur.

j’veux que tu sois ma ptite copine, ma copinette, & que j’me prenne pas la tête pour des clopinettes, sinon j’te casse en deux, j’ai failli vach-cra une nana à coup de batte. (Freko)

 

vous vous ambiancez ensuite avec de la musique, il est temps de la flatter habilement.

Regarde ma liasse, danse pour moi biatch. Quoi ? Tu n’en ai pas une ? Oh ! Au temps pour moi biatch  (Booba)

 

Consolez la quand ça va mal.

Seche ton rimel (…) Ton cul je sais qu’il circule sur e-mail (ill)

 

Assurez la que les expériences malheureuses de vos potes vous ont rendu assez mature pour gérer une relation

Il s’est dégoté une fille dont tout le monde connait l’odeur de l’urine. Planque même des sachets dans sa terrine utérine. (Lalcko le boss)

 

Aidez la pour les tâches ménagères, ça peut aider.

Je vais faire une playstation session pendant que tu laves parterre (Weedy)

 

C’est le moment, lâchez vous, et sortez le grand jeu, la tirade d’amoureux qui la laissera bouche bée.

allez cesse tes chichis chéries, mets juste mon sexe dans ta bouche jusqu’à ce que je crache.

j’veux qu’t’avales tout parce que si tu recraches, tu seras obligée de sucer tous mes zincous qui ont des bites durs commes des bambous. (B.James)

 

il est maintenant temps de passer aux choses sérieuses, montrez lui que vous êtes un pro.

dis moi tout ma choupette, il est où ton cu-cul, elle est où ta té-tête ? que j’m’égoutte la quéquette. (Seth Gueko)

 

sachez garder le contact avec elle, et préserver la romance même sur des longues distances.

mets toi sur messenger, j’te mets ma bite en emoticone, j’aime ta beauté intérieure quand tu remues tes seins en silicone. (Gringe)

 

et si elle vous manque, n’hésitez pas, s’il le faut, laissez parler le cri du cœur.

ma chérie viens, me laisse pas en chien, chez moi ou chez oit’, au chaud dans ta chatte (Aelpeacha)

 

rassurez la, dites lui bien qu’elle restera toujours la priorité à vos yeux.

chuis romantique, suce ma bite pendant que je regarde le foot (Orelsan)

 

tentez des expériences aussi, on sait jamais.

j’ai réalisé mon fantasme, j’ai pris une blonde & une brune, je les ai baisées en même temps.

(kennedy parlait en fait de cigarettes & de bières, mais ça personne ne le sait)

 

JOYEUSE SAINT VALENTIN BANDE DE CON(NE)S.

La plus tragique histoire d’amour de tous les temps http://www.youtube.com/watch?v=9Kzo0lwfjg0

The supremes – you can’t hurry love http://www.youtube.com/watch?v=sS_rXpt1JpI

Andre 3000, Nas, Lloyd – Want you http://www.youtube.com/watch?v=BKUCU15KqK8

Cam’ron – girls http://www.youtube.com/watch?v=6co1jUfzn5k

Jay-z – girls (le vilain copieur) http://www.youtube.com/watch?v=LUg7G3CPos0

Aelpeacha J’L’tismé – tiens moi au chaud remix http://www.youtube.com/watch?v=ENngN0Ue1ys

Les Sages poètes de la rue – veux tu coucher http://www.zshare.net/audio/5562689860bf0306/

Expression Direkt – macho http://www.zshare.net/audio/5562696811a776d8/

Orelsan & Gringe – st valentin http://www.youtube.com/watch?v=a2j1BLL0cpg

ce que veulent les stars du X pour la st valentin – http://fr.asylum.com/photos/ce-qu-elles-d-sirent-pour-la-st-valentin/1333260/

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