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FLYNT – Interview Rétrographie

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1. J’ai l’impression qu’il y a un petit côté « best-of » dans cette mixtape. Est-ce que c’est quelque chose de voulu ? Qu’est ce qui t’a motivé à sortir Retrographie ?

Oui c’est voulu puisqu’il n’y a pas de titres inédits crées pour l’occasion. Rétrographie c’est la contraction de Rétrospective et de Discographie, c’est une compilation de tracks et de couplets rares ou moins rares apparus à droite à gauche depuis 1998 et de quelques titres phares extraits de mes 2 albums. Un des points forts de Rétrographie c’est que tout est enchaîné et mixé comme si c’était un mix radio ou comme ce que l’on pouvait trouver en K7 il y a quelques années. Ce qui m’a poussé à sortir Rétrographie c’est l’envie de sortir un nouveau disque, de réunir des titres éparpillés sur un même support et d’avoir une actualité pour remettre un peu de lumière sur Itinéraire bis et pour aller chercher de nouvelles dates de concerts notamment. Après plus de 15 ans de rap et 2 albums il m’a semblé que c’était le bon moment pour le faire.

2. Tu as utilisé pas mal de scratchs en conclusion des morceaux. Ca se fait plus du tout en 2013, c’est pour donner une couleur « à l’ancienne » ? Pareil pour la cover, avec les polices d’écriture un peu old school ?

Je n’ai pas voulu donner de couleur à l’ancienne en particulier, c’est juste que mettre des titres bout-à-bout ne me semblait pas avoir grand intérêt. Là c’est un mix original et inédit, c’est vivant, il y a des versions des titres qu’on ne trouve nulle part ailleurs. C’est une véritable valeur ajoutée et c’est bien plus agréable à écouter comme ça.

3. Pourquoi avoir remixé « Haut la main » ou « 1 pour la plume » ? Je trouve ça intéressant, parce que c’étaient des morceaux très énergiques, qui du coup changent complètement de rythme et de couleur musicale.

Parce que ce sont les premiers extraits de mes albums. Ce sont les morceaux que j’avais choisi pour être des locomotives. 1 pour la plume pour annoncer J’éclaire ma ville et Haut la main pour lancer Itinéraire bis. C’était plus intéressant de proposer des versions nouvelles. J’ai toujours laissé la porte ouverte aux remixs en rendant disponibles certains acapellas. Il y a eu des dizaines de remix de 1 pour la plume par exemple car j’avais sorti le titre en maxi à l’époque. C’est assez difficile de réussir un remix, les deux remixs présents sur Rétrographie sont très réussis je trouve.

4. Y’a-t-il eu d’autres remixs que tu n’as finalement pas gardé dans le tracklisting final ?

Oui un paquet !

5. DJ Safe et Nodey ont fait un gros boulot de dépoussiérage de tes vieux sons. Tu leur as donné des indications ou tu les as laissé opérer seuls ? Pareil pour le choix de la tracklist, tu l’as fait seul, ou en collaboration avec tes DJ ?

C’est DJ Safe qui a tout dépoussiéré et enchaîné et c’est Reptile qui a fait les mises à niveau, on a fait plus ou moins la sélection ensemble avec Safe mais il avait carte blanche, il a fait sa sélection en fonction de la pertinence des enchaînements, de la musicalité et des thèmes abordés. Au fur et à mesure qu’il avançait il me demandait certains acapella, certains instrus… Ca a pris du temps pour tout boucler et pour qu’on soit content du résultat. Ca fait 1 an qu’on est dessus, bon on n’a pas bossé dessus tous les jours hein, on bossait à distance car il habite au Havre, c’est pas du tout évident à distance. DJ Blaiz’, mon DJ sur scène, nous a beaucoup aidé aussi, quant à Nodey il a fait l’intro uniquement, mais quelle intro ! Il y a beaucoup de couplets qui ont été laissé sur le côté parce que musicalement ou pour d’autres raisons ça ne rentrait pas dans l’ensemble. Il a fallu se séparer de certains couplets et c’était pas forcément facile de prendre ces décisions. C’est un travail collaboratif dans tous les cas.

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6. Tu fais encore une fois appel à Nodey … Est-ce parce qu’en tant qu’asiatique, il est champion de ping-pong, une qualité non-négligeable dans le rap jeu en 2013 ?

On a fait une vidéo où on joue au ping-pong lui et moi, on voulait la sortir pour promotionner la mixtape mais il y a eu une autre vidéo sur le thème du ping-pong qui est sortie juste quand on allait la balancer donc on a dû changer nos plans.. Dégoûtés mais pas vaincus, on planche sur une vidéo où on nous voit jouer aux cartes là.

7. Un de tes fans m’a dit « quand tu as suivi Flynt depuis le début, cette mixtape n’a aucun intérêt ». Qu’est ce que tu peux lui répondre ?

D’abord je lui demanderais si il l’a écoutée… Et puis je le remercierai de me suivre depuis le début mais non, je ne suis pas d’accord avec lui et d’après les retours que j’ai eu d’auditeurs qui me suivent et qui ont écouté la mixtape, ils l’ont tous aimée parce que c’est bien réalisé, parce que tout est réuni sur un même support et parce que même ceux qui me suivent depuis des années ne connaissaient pas tous les couplets ou tous les titres. Je lui répondrais donc que je suis totalement en désaccord avec lui.

8. Tu as mis le live de J’éclaire ma ville. D’après ce que tu avais dit en interview, c’est un live qui t’avait particulièrement marqué, et on comprend que tu aies voulu qu’il apparaisse sur cette mixtape. Est-ce que tu n’as pas eu peur que la qualité sonore de l’enregistrement ne rebute certains ? Pourquoi ne pas avoir inséré plus de morceaux live ?

C’est un extrait du concert au New Morning à Paris en fait, enregistré en février 2012. Ce moment du concert était très fort. Toute la salle qui backe le couplet, et à la fin du couplet le public en transe se met spontanément à scander et à chanter « Ici c’est Paris, Paris c’est nous, Paris c’est nous… » tous en chœur. C’était beau. Là où je n’ai pas eu de chance c’est que l’enregistrement audio de ce concert a complétement foiré, inutilisable ! Du coup on a extrait le son caméra pour récupérer un bout un peu audible de ce concert. La qualité n’est pas top mais ça ne me dérange pas ça fait partie du truc, le son est crade et ça rend le moment encore plus authentique. A la base je voulais mettre beaucoup plus de passages de live mais l’enregistrement ayant foiré… J’ai mis ce passage à la fin parce que le live est important dans mon parcours et c’est un gros big up au public aussi. La plus belle récompense pour mes textes c’est d’aller sur scène, c’est ce que j’ai voulu signifier en mettant ce passage de live mythique à mes yeux pour conclure la mixtape.

9. Quels sont tes prochains projets ? Les retours (que j’estime positifs dans l’ensemble) sur Itinéraire Bis t’encouragent-ils à envisager un troisième album ?

Mes principaux projets sont des projets familiaux et professionnels actuellement. Côté musique, je dois écrire pour l’album de mon pote Nodey et pour la compilation de mon pote DJ Blaiz’ « Appelle moi MC 2 » notamment. J’ai un peu de mal à me remettre à écrire là. J’ai fait un track avec Lil Dap, PMD et AKH qui doit sortir sur la compilation du beatmaker Crown début février. Quant au 3ème album, j’ai hâte, ce que je vis avec Itinéraire bis depuis plus d’un an c’est génial. On a fait plus de 30 dates avec Blaiz’ et Nasme, on a joué au Bataclan, à l’Olympia, j’ai chanté au Zénith de Caen, on a fait des gros concerts à Lyon, à Brest, à Nantes, à Bruxelles, à Angers et j’en passe. Je récolte les fruits de mon travail, à mon niveau je profite de ce que la musique a de mieux à apporter alors forcément le 3ème album, j’en ai très envie. Itinéraire bis m’a fait beaucoup de bien, c’est pour moi le meilleur de mes 2 albums, j’espère faire encore mieux au prochain.

10. « C’est le rap de celui qui a dit non et va te faire enculer » est-ce que cette phase est celle qui résume le mieux ton style pour toi ? Et peux tu la développer ? Non à quoi ? Et qui doit se faire enculer ? Et pour quel motif ?

Non ce n’est pas la phrase qui résume le mieux mon style. Celle qui résume assez bien mon style c’est 1 pour la plume ex-aequo avec le gros son. Ce non, c’est le non au rap fast food et aux guignoleries du rap game, non à la soumission aux majors et au diktat de quelques radios, non à la réussite à tout prix. La phrase à laquelle tu fais référence je l’ai écrit il y a 5 ans pour un titre avec Le Rat Luciano et Gino qui n’est jamais sorti.

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11. Je pense aussi que « Moi je rap comme ce que j’aurais dit » te correspond bien. Tu penses que s’inventer un personnage est un piège trop fréquent dans le rap ?

Aujourd’hui je m’en tape de qui s’invente une vie ou non. Je pense quand même que c’est dangereux de s’inventer une vie dans le rap et de se créer un personnage que tu n’es pas réellement dans la vraie vie. Certains semblent prisonniers de leur image effectivement. Mais je vais te dire, même quand tu ne joues pas un personnage et que tu rappes qui tu es, tu peux te retrouver prisonnier de cette image aussi.

12. « Ma plume ferait du fric en faisant rimer là où j’habite avec ma bite » Tu n’as jamais été tenté de faire des mille et des cent avec ta musique ou bien tu y as renoncé avec le temps vu ton rap ?

Ca n’a jamais été ma motivation première. Et c’est vrai qu’avec le style de rap que j’ai, la gamberge que j’ai et la façon dont je suis organisé, c’est plus compliqué. Vu aussi les médias qu’on a en France et ce qui plaît au public et vu que je n’ai pas une major, un éditeur ou un label qui bosse derrière pour pousser mes titres au max… Par contre je n’ai aucun complexe à faire de l’argent avec mon rap, j’en fais et c’est bien normal, j’aimerais en faire plus même. Mes disques je les vends, mes concerts et mes t-shirts aussi donc il n’y a pas de renoncement, on bosse, on s’organise pour faire plaisir à ceux qui nous suivent et pour gagner de l’argent et ce par nos propres moyens. Il y a de l’argent pour tous dans la musique, il faut bosser et s’organiser comme partout. Il faut trouver son public c’est ça le plus important.

13. Sur ce projet, il y a des morceaux que tu aurais voulu mettre aussi mais que tu n’as pas mis pour certaines raisons ? si oui, lesquels ?

Je n’ai pas mis la majorité de mes premiers couplets apparus sur K7 à la fin des années 90 et début 2000, ça ne collait pas avec l’ensemble. Ca faisait pourtant partie du projet au départ, j’aurais voulu les mettre pour montrer l’évolution de mon rap et parce qu’ils font partie de ma discographie mais ils étaient compliqués à enchaîner avec les reste des tracks, du coup j’ai abandonné l’idée, ça fait une bonne vingtaine d’anciens couplets qui n’y figurent pas.

14. À l’inverse, y a-t-il des morceaux dont on reparle beaucoup dont toi tu n’es pas satisfait ?

Je ne suis pas fan de mon couplet sur le morceau Compte à rebours, que j’ai fait avec Ekoué, je ne l’ai jamais beaucoup aimé ce couplet, je le trouve plutôt faible. Sinon j’aime tous les couplets qui sont dans Rétrographie et dans mes albums.

15. Sur ce projet, on peut réentendre des vieux freestyles issus de mixtape (comme Splifflife, par exemple). C’est devenu plus rare de t’entendre sur ce genre d’exercice plus spontané (même si on t’a entendu sur Marche Arrière, dernièrement). Comment l’expliques tu ? Perfectionnisme ? Ou le fait qu’il y ait moins de mixtapes/ compilations de qualité qu’avant dans le rap ?

C’est une question de temps, on me propose beaucoup de projets et moi je suis le moins productif de France donc forcément ça coince. Pour le temps que je passe à faire du rap, je privilégie la création de mes albums, préparer mes concerts et faire des concerts. Tout ça ça prend du temps. Combien de mecs tu pourrais citer qui ont fait beaucoup de mixtapes et compilations et qui ne font presque jamais de concerts et qui n’ont pas d’albums ? Y en a plein. Moi si j’avais accepté tous les projets qu’on me proposait, j’aurais jamais sorti 2 albums. On parlait d’argent et de plaisir tout à l’heure, c’est avec un album que tu prends des sous et que tu te fais vraiment plaisir dans mon cas, pas sur les compilations ou les projets des autres à quelques exceptions près si tu poses sur l’album d’un mec qui vends des dizaines de milliers de disques. Pourtant je ne néglige pas les propositions qu’on me fait ni ceux qui me les font, c’est juste impossible de tout faire, c’est pas une question d’argent c’est une question de temps et de priorités. J’aimerais pouvoir croiser le mic avec d’autres MC’s plus souvent mais bon, j’ai déjà beaucoup de travail et c’est dur de m’en rajouter.

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16. Il y a 2 choses assez récurrentes qui s’opposent souvent dans tes textes tout en restant très cohérent : l’envie de voyager, de connaître une autre vie mais aussi le fait d’être très attaché à Paris et à ton contexte. Comment perçois-tu cette dualité ?

Voyager ça fait partie de ce que la vie offre de plus plaisant. Quand tu voyages tu te sens vivre. Et quand tu voyages ta ville te manque forcément, tes proches, ton train-train, ton quotidien. Pour moi ça ne s’oppose pas, ça se complète, j’ai besoin des 2 dans ma vie, les voyages et mes racines.

17. « Je ne suis pas bon qu’à pera, mais je suis là car je pense que le bon son manque dans mon pays, comme le Rat » ? le Rat Luciano est-il une de tes références ? As tu tout simplement des références en France ?

Oui le Rat et la FF, je les écoutais beaucoup quand j’étais plus jeune. Des références j’en ai beaucoup, mais pas toutes pour les mêmes raisons. Il y a des MC que je respecte pour leurs couplets, leur parcours et/ou leur vision, leur concept, et d’autres qui sont des références négatives. Ca dépend ce que tu entends par « références ». Dans un couplet je dis : « On m’demande quel est l’style que j’aime j’ai des références par centaine, dans l’authentique ou le clownesque, le rap faible ou le terrible, le réfléchi, l’immature, le mythomane, le crédible, celui qui pète le score ou pas plus haut qu’une naine, je puise dans toutes les disciplines de la culture urbaine… » Si ta question est de savoir qui j’aime bien écouter, je te répondrais spontanément Sidi O, Mac Tyer, Casey, Joe Lucazz, Orelsan, Nasme, Dino, C.Sen, Mapaula… Parmi les MC’s que j’ai découvert plus récemment j’aime bien S.Pri Noir et Volts Face. Bon j’en oublie, j’aime pas trop répondre à ce type de question parce que j’en oublie forcément.

18. Tu sembles beaucoup fonctionner à l’humain : tu collabores souvent avec les mêmes artistes qui reviennent (Nasme, Sidi Omar, etc…). Dernièrement on t’as entendu avec Orelsan. D’autres collaborations sont elles à prévoir ?

Oui mais à part le track avec AKH sur la compilation dont je parlais tout à l’heure parce qu’il va sortir et qu’il est enregistré, je préfère ne pas en parler parce que rien n’est fait encore sur les compilations de Blaiz’ et Nodey, on cherche toujours la direction du truc. A part ça je n’ai pas beaucoup d’autres projets à part attaquer un 3ème album puisque j’évite de m’engager dans des collaborations alors que je sais que je ne pourrai pas suivre par manque de temps.

19. « Sur mon album, moi j’aurais bien invité Nelson Mandela ? » Tu penses qu’il a un bon flow, Nelson ? Pourrait on dire qu’il fait du Dirty South Africa ? (ça c’est de la question)

Haha t’es con !

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20. « Si t’as pas de bons conseils, garde les, j’ai pas besoin d’eux. La raison est mon maître et je me domine du haut de mon mètre 82 » Beaucoup de gens t’ont donné de mauvais conseils dans ta carrière ? (C’était aussi pour le plaisir de ressortir cette phase que j’aime beaucoup)

J’me souviens pas des mauvais conseils. Et peut-être qu’on m’en a donné des bons que je n’ai pas suivi.

Super Bonus. La question raciste de Spleenter : Que penses tu du retour merdique d’Eminem ?

Eminem, je ne le suis plus depuis quelques années. J’ai lâché. Niveau instrus, je m’y retrouve pas aujourd’hui. On m’avait filé des places pour son concert au Stade de France et j’y suis allé. J’ai été plutôt déçu. Les concerts dans les stades je suis pas fan déjà mais j’ai trouvé qu’au-delà de sa performance qui reste celle d’un MC hors-norme, son filage, son intro, son rappel, sa sortie, certains choix… tout ça m’a laissé perplexe. Je n’ai ressenti ni magie, ni frisson. C’est pas bien c’que j’vais dire mais j’préférais son rap quand il se droguait et quand ça partait en couille dans sa vie.

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la phrase débile de la semaine 3

again & again.

« il est toujours utile de garder des marseillais dans ses contacts, cette espèce est véritablement fascinante. mais le fait qu’ils puissent un jour se développer et devenir comme nous m’effraie. imagine, des marseillais qui sauraient parler, penser, et qui envahiraient le reste du monde : la planète des marseillais » et le pire c’est que c’est un normand qui dit ça. on aura tout vu.

on va pas se mythonner, vous avez tenté pour la 3e fois d’écouter l’album de shurik’n « tous m’appellent chou » et ça vous a pas réussi, alors vous vous êtes rappelé cette phase étrange de cette rappeuse, là, c’est quoi son nom déjà, la meuf d’Aix en Provence…

« Si j’avais des couilles, je les porterais dans une brouette »
Ladea (je sais plus le nom du morceau, celui qui trouve il gagne une boîte de mousse de canard au porto, ou alors il a qu’à prendre ses mixtapes gratos sur son site)

il est à noter que bien qu’elle bafouille dans son couplet, dès qu’elle lâche cette phase, elle remporte totalement l’adhésion de ses collègues, en particulier Abis que ça fait bien marrer. Et ça, c’est la plus belle des récompenses.

le bon point c’est que si des rappeurs se sont déjà imaginés en femmes (ce n’est pas sale), aucun n’est allé jusque là dans le cracra, et pourtant y’en a eu des gratinés : si j’étais une feumeu, je serais une salope matérialiste (Booba), j’aurais pas de eins et j’aurais de la moustache (Seth Gueko, qui avait aussi dit qu’il portait ses couilles avec une brouette dans Bad Cowboy, coïncidence ? JE NE PENSE PAS). C’est pas mal les gars mais Ladea elle a pas le temps pour ce genre de conneries, avec elle c’est droit au but comme le club dont on ne parlera pas. Et c’est bien le problème, du coup on ne sait pas si elle veut dire « si j’étais un homme j’aurais des grosses couilles » ou « si j’avais des couilles elles seraient énormes ». C’est pas la même chose. Du coup c’est pas clair du tout : dans la seconde option, Ladea sous-entend que si un jour, elle décidait, comme ça, de s’acheter, par exemple, des couilles de taureaux à la boucherie de son quartier, elle en prendrait des très très grosses, ce qui l’obligerait à les ramener chez elle dans une brouette. L’autre solution ce serait qu’elle achète non pas une paire de couilles, mais plein, une centaine, et du coup, pas le choix —> brouette. Ça se tient. Y’a sans doute deux ou trois ignares qui se demandent depuis tout à l’heure mais pourquoi acheter des couilles de taureaux dans une boucherie ? Ça j’en sais rien, la cuisine du sud de la Frince regorge de secrets que je tiens pas à connaître plus que ça. De toute façon la jeune rappeuse aime semer la confusion, puisqu’elle lançait aux plus sceptiques sur son remix de Bafana bafana : « Je fais pas de la zic de bonhomme, je rappe comme un bonhomme ». Mystère et suspens comme dirait son pote Luciano.

Le contresens à ne pas faire : penser que « la brouette » fait référence à la position de baise du même nom, aussi appelée « Union du loup » (on en apprend des choses ce soir, ça moi je pensais que c’était le cri de ralliement de superhéros de manga à la base). En effet dans ce cas de figure, celui qui a des couilles doit tenir sa partenaire par le bas des jambes, OR il ne peut pas à la fois porter ses couilles ET porter sa partenaire, ou alors c’est plus la brouette. Faut être logique 2 secondes.

l’idée bonus : transformer la phase en utilisant le supa dupa flow.
Interlude éducative : le supa dupa flow est une technique consistant à faire une comparaison où seul un petit silence va séparer les éléments comparés, exemple : I fill her up… Balloons ! (Ludacris, My chick bad). Ça permet des associations d’idées surprenantes mais en gros en français suffit d’enlever « comme » et le tour est joué, alors ça donnera des trucs du style : « tu deviens insupportable… Justin Bieber » (Guizmo, Banlieue dégueulasse).
Certains peuvent penser que c’est La Fouine ou peut-être les mecs de Rap Contenders qui ont ramené ça, mais ils l’ont probablement repris à Drake, qui l’a lui-même repris à Big Sean, qui l’avait pompé sur Ludacris, qui a été obligé de calmer tous ces gens dans un son parce que ça va bien les conneries maintenant. Ou un truc comme ça.
Alors, quel supa dupa flow conviendrait à cette rime ? C’est évidemment « Si j’avais des couilles, je les porterais dans une brouette… Gilles GrosPaquet ! »
et si tu connais pas Gilles GrosPaquet, tu vas très vite comprendre le rapprochement.

Merci de votre attention, et à la semaine prochaine.

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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 3

Et sinon, juste histoire de bien faire chier, pourquoi t’as jamais fait de son sur les meufs ou l’amour ? Mais on en a fait un avec Cross, sur rap de banlieusard 2 ! Si, le morceau « ce genre de filles ». Bah non, c’est un truc où vous parlez d’armes et les meufs servent de métaphore filée. Non, on parle vraiment de meufs aussi, en même temps, on dit qu’on aime les femmes. Cross a quand même une rime où il dit qu’il a un gun long comme sa bite… Ouais, bon, on en parle à notre façon, quoi.
Joe appellera ensuite Cross (« tu te souviens du Blavog ? Les mecs qui se foutaient de ta le-gueu ? Je suis avec eux là ») et d’autres potes dont son manager et le fondateur d’E.T.A & 357 (on a oublié le nom mais il me semble que c’est Nabil, ça doit être sur un des audios, démerdez-vous) n’oubliant pas de sortir des blagues dont lui seul a le secret (« en fait, là on attend des gens pour vous péter la gueule »). D’ailleurs le billet sur So parano, les concernés en avaient pensé quoi ? Alors en fait nous on était sciés, d’une part c’était marrant mais le pire c’est que ça ressemblait vraiment à la réalité. Au début on pensait que c’était l’ingé son qui avait écrit ça, ou un pote à nous. Donc là on repense à ce qu’on a écrit et on se dit deux choses : les sessions d’enregistrement ont dû être folklo, et Ill est vraiment perché. Dès son arrivée Cross demandera d’ailleurs direct « alors moi je veux savoir un truc : qui vous a renseigné », et un autre nous dira à peu près la même chose. Mais pourquoi vous m’avez fait parler comme une loque ? Bah parce que c’est tout ce qu’on a trouvé, le flow de Cross étant le plus posé de tous, alors que les autres sont déjà bien lents, et l’ovni Monsieur Cross 2 nous a marqué. Concernant ce son, et « l’instru de clown » (rires) en fait, sans me justifier hein, mais mon idée c’était de jouer sur le décalage entre mon flow, ma voix et l’instru qui est vraiment inhabituelle, on s’attend pas du tout à m’entendre dessus. Détail troublant, sans sa voix, difficile de reconnaître Cross, qui a non seulement une casquette, mais aussi beaucoup de cheveux. Spleenter sera profondément choqué par cette vision, ce qui donnera lieu à l’échange suivant :
Spleenter – et sinon t’as des projets ?
Cross – dans le rap, bah pas vraiment
Spleenter – non mais pour tes cheveux, tu comptes faire quelque chose ?
Cross – (rires) ah mais je vais te dire un truc : j’ai fait le ratio entre la longueur de cheveux et la quantité de meufs que tu serres, et je dois dire que j’y ai grave gagné.
Toujours au niveau capillaire, parce que c’est un sujet primordial dans le rap, Joe y va de son petit conseil technique. Au début ma mère était contre les locks, y’avait pas moyen que j’en ai. Alors le truc c’est que j’ai dit que ce serait juste pour les vacances, pendant l’été, tu vois. Sauf qu’à la rentrée j’ai dit bon ben on a qu’à dire jusqu’à la Toussaint, ce genre de conneries. Et forcément ça poussait, et au bout d’un moment bah elle a lâché l’affaire. Mais là j’ai coupé un peu, c’est plus aussi long qu’avant. Ça c’est de l’interview qu’a des couilles au cul, ou je m’y connais pas.
Son pote/manager/producteur, avec qui Joe nous explique qu’il veut monter une structure en totale indé, décrit le personnage à sa façon : Joe il a une plume, y’a vraiment quelque chose à faire avec lui. Bon le truc c’est que lui, c’est le genre… si y’a un concert et en même temps, une soirée, il va aller à la soirée (sourire).

The Wire vs Les Sopranos (bonus track)

Joe – C’est super dur, je sais pas franchement.  C’est une bonne question parce que je crois même qu’aux États-Unis y’a eu un genre d’étude des meilleures séries et c’était ces 2 qui ressortaient. The Wire j’adore, y’a plein de persos géniaux, mais de l’autre côté y’a Tony… The Wire c’est constant dans la qualité, mais Les Sopranos c’est autre chose, sans que tu saches pourquoi, des fois t’as un épisode de fou, comme quand Christopher et Paulie se paument dans la neige en voulant enterrer un Russe, et qu’ils perdent tous leurs moyens. C’est super comique parce que c’est des mafieux classiques mais là tu les vois dans une situation qu’ils maîtrisent pas, ils ont les cheveux en bataille, ils crèvent la dalle, ils sont gelés, ils s’embrouillent parce qu’un des deux a bouffé un supplément sauce du mac do alors que c’était le seul truc qui leur restait pour grailler…

Spleenter – ça faisait très Fargo, c’est un épisode réalisé par Buscemi je crois.

Joe – Sinon en ce moment y’a Boardwalk Empire, je sais pas si vous suivez.

Spleenter – Ouais, mais si je passe 50 minutes devant un épisode des fois je me fais chier. Alors que si je lis des pages wikipedias mal documentées sur certains persos de la série, je passe une bonne soirée. C’est quand même un gros problème. A part Capone, tous les persos de mafieux sont nuls.

Teo – Surtout Luciano et Lansky, l’un est un attardé impuissant et l’autre a une dégaine d’écolier. Au train où ça va, quand Siegel va débarquer, ce sera un autiste avec un yoyo en bois qui fait des clins d’œil aux meufs dans la rue (et effectivement, entre temps la saison 2 a été diffusée, et un personnage plutôt jeune appelé « Beanie » se distingue en faisant des grimaces d’enfant de 5 ans aux autres gangsters durant ses courtes apparitions)

Joe – ouais mais tu vois, déjà la série elle est pas vraiment sur ces mecs là. C’est sur le perso de Buscemi, et aussi le jeune là, Darmody. Lui il est très bon. Après ça me dérange pas qu’il affiche salement Luciano, avec le moment où il se fait avoir par la meuf qu’il baise. Parce que en vrai, à cet âge là, bah Luciano c’était un ptit con. Nous on a l’image finale du gros gangster mais ça s’est pas fait en un jour. Pareil pour Lansky. Tu vois c’est comme dans Malcolm X de Spike Lee. S’il le montre pas dans sa période de ptit con, en train de (il imite la démarche ridicule que Malcolm X tape à un moment au début du film), bah tu vois pas son évolution et ça a moins d’impact. C’est la réalité.

Il explique ensuite que c’est pareil chez les mafieux, en calant des références précises, notamment Genovese qu’il connait par cœur, avant que le tout débouche sur une interprétation très personnelle du rôle de la mafia dans le débarquement en Sicile : « faut quand même se dire un truc : sans Luciano, tu parlerais sans doute allemand. faut pas l’oublier ça ». Quand à son amour des bonnes séries, il n’en démordra pas « je vais te dire : c’est mieux que le sexe ».

Lucazz du siècle

Une anecdote sur Diomay, c’est cadeau, le rappeur préféré de Teobaldo.
Y’a tout un tas de trucs qui posent problème et qui font qu’on se prend la tête pour rien. A un moment je me suis dit pourquoi pas poser avec Diomay, je le contacte, et il répond via le net « ouais là c’est chaud je suis sur mon album », que son manager veut pas qu’il s’éparpille ou je ne sais quoi. C’est quoi ça. Moi ça m’avait plié de rire, parce que franchement si t’es un rappeur et que tu penses comme ça… La définition d’un rappeur, c’est de rapper. Les trucs « oui mais là c’est pas la bonne période », c’est n’importe quoi. Surtout que bon, je veux pas l’enfoncer, mais ça reste Diomay hein. C’est pas une tête d’affiche ou quoi. Le pire c’est que si ça s’trouve il a pensé que je lui en voulais vu que j’ai pas relancé. Non, j’en ai juste rien à foutre.
Sinon, pelle-mêle, on retiendra le patron de bar qui salue Joe et se fout de la gueule de Delarue : « faut être balaise pour passer de 20g à 0 par semaine. T’as vu sa vidéo d’excuses là ? il a pas seulement baissé son froc, il a tendu son cul en demandant si c’était assez bien ». Joe nous parlera aussi vite fait de Kenny Kenz, un rappeur belge ou suisse (ça date, faites pas chier) qu’il compte produire « il est tout frais et surtout, il est vrai, il fait que décrire son quotidien, il sait de quoi il parle, y’a pas de cinéma. C’est bien aussi de mettre des jeunes en avant, c’est comme ça que la musique se renouvelle. En France on a un peu du mal, mais aux states tu vois même des Lil Wayne, qui sont pas des anciens, ils pensent déjà à la relève, avec Young Money, Drake, Nicki Minaj. Drake c’est pas trop mon truc, mais je comprends la démarche, et Wayne a vu juste, il a ramassé le pactole avec lui, pareil pour Nicki Minaj, même si moi je suis un ancien donc je préfèrerai toujours Lil Kim, mais c’est cool. C’est comme Cory Gunz, il a vu qu’il était dangereux, il l’a signé» Et Rick Ross (ça c’est d’la transition) ? J’apprécie bien. Après le problème que j’ai c’est que c’est glacial, c’est une machine le mec, c’est presque… c’est trop parfait des fois. Tu sais que t’auras l’instru classieuse ici, le feat avec tel rappeur là, le refrain de John Legend là-bas… faudrait que ça respire plus, mais sinon chapeau. Concernant Kenny Kenz, on n’était déjà pas emballés à l’époque, et ça n’a malheureusement pas changé après écoute de leur mixtape commune. Et si on avait un doute sur tous ces gens qui arrêtaient Joe dans la rue alors que c’est même pas son quartier, l’intéressé clarifiera les choses avec une simplicité lucide « bah quand on était encore dans le biz on mettait bien beaucoup de monde, faut pas chercher plus loin hein ». Le même détachement qui lui fera dire en nous quittant « vous faites comme vous le sentez, vous êtes libres pour le texte, je veux pas avoir mon mot à dire dessus, tant mieux si ça pique des fois même ».

Par la suite j’ai revu Joe une fois, où au détour d’une conversation il lâchera tranquillement « moi si j’avais eu l’occasion de faire ça, j’aurais foncé direct. C’est vraiment génial d’être critique de film, ou sinon critique littéraire, c’est vraiment bien ». Bref, un rappeur qui gagne à être connu sans être enfermé dans une case, même si c’est évidemment peine perdue, parce que le public est un con. Cela rejoint d’ailleurs une réflexion qu’il avait eu quand on lui avait fait remarquer qu’il avait un côté très à l’ancienne, vieux Paris dans ses références, qui rejoignait le côté bien écrit de ses lyrics. Renaud, Gainsbourg, Coluche, ouais, si je les cite c’est parce que je me reconnais, je les ai découvert tout jeune et j’aime toujours bien. Desproges aussi, j’adore, Audiard, pareil. Et Dieudonné (ouais on lâche pas l’affaire) ? Ouais… (il hésite, comme s’il attendait qu’un agent du Mossad sorte des chiottes en hurlant putain on en tient un) Ouais. Ouais, j’aime bien également, c’est très bien, il est fort. Puis, après une hésitation, cette dernière phrase qui, à mon sens, résume bien le personnage : En fait, je déteste la bêtise.

Joe Lucazz et Kenny Kenz – Espèce Chaîne Gang

Joe Lucazz – Rencontre avec Joe

Joe Lucazz – Rap de banlieusard 2

Joe Lucazz – des sons à droite à gauche, de ci de là, cahin caha (avec Nakk, Alpha 5.20, Monseigneur Mike, Zekwe Ramos et d’autres gentils garnements, le tracklist est mal écrit, mal taggé, et chaotique, mais tu vas pas faire chier non plus)

Joe & Cross feat Despo & Escobar Macson – Crack music et bijoux de famille

ce morceau n’existe nulle part à la base, mais c’est pas ça qui va nous arrêter. Une production Blavog, unique et historique comme un god dans la chambre d’une bonne sœur (ça c’est bien, parce que god, godemiché, mais god, Dieu : un jeu de mot très classe qui conclut une année qui l’a été tout autant).

Et une bonne année bande d’enculés

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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 2

Sorti du microcosme parisien, une connexion dénote un peu : le lien entre Joe et Le Rat Luciano.
En fait à une époque, des potes voulaient faire une tape où ils reprendraient des classiques du rap français. Ouais mais ça c’est Retour vers le futur et c’est le K.Ommando Toxik. Voilà, ils nous ont pris de court, du coup ça c’est jamais fait. Mais par la force des choses, c’est grâce à ça que j’ai rencontré le Rat Luciano, puisque parmi les reprises, y’avait la FF. Et là franchement on a accroché direct. Et le mec, alors que je suis un parisien qu’il connaît ni d’Adam ni d’Eve, je l’ai au phonetel « ouais t’as qu’à descendre à Marseille au quartier » et c’était pas une façon de parler, après il me traite comme un pote, et réciproquement quand il venait ici. Même quand chez lui c’était pas possible, parfois je dormais chez Don Choa… Tant que c’était pas chez Menzo, ce n’est pas sale. En fait le truc avec le rat, qui fait que de Marseille à Paris il est respecté, c’est pas seulement qu’il est fort, c’est qu’en plus, y’a aucune différence entre celui que t’as sur disque et celui que t’as en face de toi. Il est quartier pour de vrai. Autant, nous tous, même quand on colle à la réalité, on enjolive un peu… autant lui c’est vrai à la virgule près. Et tout le monde te le dira. Même Booba, un jour à une soirée, il me sort « le rat c’est le seul que je respecte dans ce rap game ». Moi à l’époque j’ai juste pensé  « attends que j’arrive, ptit enfoiré » (rires). Mais là j’ai vu que Luciano a fait un feat avec La Fouine On remarque une note très prononcée d’inquiétude dans sa voix, c’est la fin du monde tel qu’il l’a connu, et on le rassurera en lui disant que Luciano ne change apparemment pas de style dans l’extrait du morceau qui a filtré. « Et y’a Rohff aussi, il paraît qu’il a sorti un son qui s’appelle « C’est comment », pareil, j’ai pas écouté, mais ça fait chier, c’est un truc que je voulais faire ça, parce que cette phrase je la dis tout le temps ! » Effectivement, une moitié du Blavog confirme, pour avoir passé une soirée en sa compagnie, le nombre incroyablement élevé de « c’est comment » l’ayant obligé à répondre « pépèrement » une bonne centaine de fois. Cependant chez Rohff la phrase est juste le titre de l’intro de La Cuenta. « Alors c’est cool, tant mieux ». Tout est bien qui finit bien.

INTERLUDE
Là tout de suite faut préciser un truc essentiel. Tout au long de la soirée, Joe s’arrêtera fréquemment pour saluer des gens, et inversement, qu’il soit posé à un bar où simplement en train de marcher en pleine rue. Sa moyenne étant d’un serrage de main et une bise sur la joue toutes les 9,27 minutes, on les passera sous silence la plupart du temps, mais pas là. Parce que Joe s’interrompt brusquement dès l’entrée d’un homme dans le bar, qui le salue chaleureusement.
Le type – salut ça va ? Tu deviens quoi ?
Joe – bah ça va Yann tranquille et toi
Yann – (à nous) enchanté, Yann, Yann Le Bras.
Après avoir échangé quelques amabilités, cette personne revient sur moi, puis sur Joe et fait « ah mais on se connaît, c’est avec lui que vous êtes venu la dernière fois » Hein ? Mais non, pas du tout. Faut aussi préciser qu’être pris pour quelqu’un d’autre est un super pouvoir de Spleenter, qui au cours de sa triste vie s’est vu attribuer une ressemblance avec Mohammed Ali, Yannick Noah, Joachim Noah, Michael Jackson période Jackson 5, Marcel Desailly et même Ronaldinho. « Ah, pardon. Bonne soirée ». Donc c’était le fameux Maître Le Bras, on l’applaudit bien fort, l’avocat le plus name-droppé dans le rap français depuis Perry Mason. Alors comme ça on a le même baveux que B2O, on se fait pas chier. « Ouais, mais ça veut pas dire grand-chose, d’ailleurs c’est même possible qu’il fasse certains trucs pour Booba gratos, vu comment l’autre le fait connaître à tout le monde. » On en apprend tous les jours.

So Parano
Moi à la base je suis plus New York qu’autre chose. C’est ça qui me parle. Mais pourtant sur So Parano notamment, la sélection d’instru allait de faces B de Lil Wayne à Young Buck en passant par Mike Jones et Terrace Martin. Ça en fait c’est dû à Work, c’est lui qui a fait la sélection de beats. De nous tous c’est lui qui se tient vraiment le plus au courant de ce qui se fait actuellement aux U.S. Moi, du moment que ça sonne bien, je suis pas fermé, je pose dessus, le changement c’est toujours sympa. Le délire So Parano en lui-même, bon déjà on est tous fans des Sopranos, et on parle de ce qu’on connaît, de notre vécu, avec le côté business de rue, tout ça. Entre lui qui donne son prénom et son nom, et Work qui dit « on kiffe tellement le rap qu’on se poucav nous-mêmes comme des golmons sur disque » où est la limite à pas franchir pour pas se griller bêtement ? Joe reste pragmatique. C’est une petite tape, personne l’écoutera, même nos proches qui vont l’écouter, avec les flows, les expressions, ils comprendront pas tout, donc ça va. Pas si parano que ça du coup… Tout le délire So Parano c’est surtout parce qu’à l’époque c’était à fond le biz de C. Chacun finissait de poser il checkait son portable, « bon je dois bouger voir un mec, je reviens ». C’était vraiment notre ambiance, et on enchaînait les couplets au milieu de tout ça. De toute façon, nous notre façon de penser c’est que tout ce qu’on fait on devra le payer tôt ou tard. Donc c’est aussi pour ça qu’on se permet d’aller un peu loin dans les paroles, on fait que raconter nos vies, pas la peine de nous faire la morale derrière parce qu’on vous a pas demandé de nous plaindre non plus. On fait que décrire notre quotidien.
Spleenter – Mais par exemple, ta mère écoute ta musique ?
Joe – Ouais
Spleenter – Et elle dit quoi ?
Joe – Elle dit « t’es un con », en général. Mais sinon elle sait que dans la vie je suis plus dans les bêtises, elle est contente pour moi maintenant. Mais sinon quand j’ai eu mes problèmes avec le 36, bah c’est ma sœur qui m’a présenté Le Bras par exemple, comme quoi.

Une famille de boss, on peut le dire.

Joe & Cross : Les Clipse frinçais ?
The Clipse avaient repoussé lors d’un entretien l’étiquette « cocaïne rap » en mettant en avant leurs talents de lyricistes, les métaphores, doubles sens, etc, la vente de drogues étant une thématique générale plus qu’un style. C’était aussi le cas de Joe sur disque (« Classe-moi parmi les lyricistes ») et aussi dans une interview pour rap mag où il citait Talib Kweli comme une de ses références.
« Ouais, je me rappelle. Kweli ça me plaît parce que c’est rue, mais l’écriture reste soignée. Sinon par rapport à nous, ça faisait dix ans qu’on parlait de coke et à l’époque on nous le reprochait beaucoup. Maintenant limite si t’en parles pas t’es hasbeen, alors moi j’ai décidé d’en parler moins qu’avant. Dans mon album y’aura quand même 2-3 sons dessus mais sinon je les  laisse, qu’ils s’amusent à jouer les Scarface entre eux… Nous on savait de quoi on parlait et pourquoi on le disait ». Le mec dit ça comme un plombier qui déplore la piètre qualité des pièces importées d’Europe de l’Est. L’amour du travail bien fait, ni plus ni moins. Pourtant, dans leurs premiers sons, Cross comme Joe décrivait l’univers du deal de manière plus vague, et surtout d’un point de vue extérieur, puis peu à peu il y a eu glissement vers un discours où ils s’assument vendeurs. « Bah justement c’est aussi parce que nous au début on avait une certaine retenue par rapport à ça, puis le temps passe, tu vois des gens qui n’ont jamais été dans ça qui se mettent à parler comme s’ils s’y connaissaient alors qu’on sait que non. Donc là on s’est dit autant y aller, les gens verront bien qu’on s’invente pas de vie. » D’où des phases comme « ils parlent tous de 0.9, 0.9, comme s’ils étaient des chimistes » ? C’est ça, c’est ridicule cette mode.  Pour en revenir aux Clipse, c’est sympa, j’aime bien leurs wordplays, mais dans le genre je préfère D-Block par exemple. » New-York jusqu’au bout décidément. Désolé les gars, on aura vraiment essayé, mais Malice et Pusha T n’auront pas les faveurs du bonhomme de neige.

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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 1

Teobaldo – et on a interviewé Joe Lucazz aussi dernièrement

Lalcko – il est très bon lui. C’est dommage qu’il rappe plus.

Teobaldo – mais il a pas arrêté…

Lalcko – ah bon ?

Cet échange hautement confidentiel entre ces deux individus, qui a eu lieu dans l’escalier de mon immeuble, est certes anecdotique mais résume assez bien la position particulière de Joe dans le rap français. Respecté, estimé de ses pairs, mais totalement à la ramasse niveau promo, et limite absent de l’inconscient collectif du public rap frinçais (ça si c’est pas d’la phase de branleur je sais pas ce que c’est).

2e anecdote, toujours plus haut, toujours plus fort : lors de l’enregistrement de GB Paris vol 1, il s’est passé un truc assez marrant à un moment. Joe pose son couplet, et là un petit silence se fait, les autres rappeurs présents l’écoutent réellement. Alors que l’ambiance du studio et le nombre de mc au mètre carré étaient pas du tout adaptés pour ça. Shone et Miko diront d’ailleurs « Joe on a son skeud à la maison », et au-delà du fait que ça sous-entende que ces deux personnes habitent ensemble, une telle unanimité est en général soit synonyme d’hypocrisie soit carrément exceptionnelle. On était ici dans le second cas, avec un consensus parfois flou mais sincère, qui revenait à mettre tout le monde d’accord sur un point : Joe, il écrit pas avec son derche.

Il y a maintenant une petite dizaine de mois, on a eu la chance de pouvoir échanger tout plein de mots avec ce rappeur qu’on aime beaucoup ici, mais dont personne ne parle. Jamais. Surtout toi là-bas. Parce qu’un papier difforme vaut tous les tops de merde du monde, voici le récit pas piqué des hannetons d’une sacrée soirée, en version audio pour ce qu’on a pu sauver et écrite pour tout le reste. Avec des propos rapportés mais aussi de l’itw directe, parce que c’est comme ça, c’est Noël, et comme disait cette meuf qui avait de l’herpès « y’en aura pour tout le monde ».

Lucazz Begins

« En fait à la base j’étais avec Cross dans un crew et à un moment on devait tous se choisir nos blases. Cross à l’époque s’appelait Lupino (?), inspiré de Arsène Lupin (!) et moi, Lucazzi c’était pour Luca Brazzi en fait. C’était un moment où je voulais rendre mon flow plus fluide alors j’essayais au maximum d’enlever certaines lettres qui te font buter sur la prononciation, c’est pour ça que Luca Brazzi est devenu Lucazzi. Dans Le Parrain, ce perso m’a choqué dès le début : tu vois un type répéter pendant une heure une simple phrase de félicitations pour Corleone, ensuite il disparaît et quand Corléone se fait shooter et qu’ils font la réunion de famille tout le monde dit « ah si Luca Brazzi était là, il règlerait tout ça en 2-2 ». Mais tu sais pas bien qui c’est à part que c’est le plus fidèle des capos de la famille. Après t’as la fin, où il réapparait et se fait caner salement. Bref j’étais intrigué. Donc j’ai lu tous les bouquins de Puzo et le perso y est beaucoup plus développé et il m’a bien plu. Donc aucun rapport avec Frank Lucas. « Ca va pas non ? Pas du tout, en plus c’est une balance lui ».

Cam’ron sur Marche avec nous

Alors cette connexion à la base on l’a eu par DJ Battle qui a mixé notre album et qui était beaucoup aux States à ce moment là. A un moment il nous contacte et nous fait voilà j’ai moyen de vous avoir Cam’ron, mais pour un petit truc, ce sera pas forcément un couplet ni rien. Nous on s’en foutait, tu nous passes Cam’ron sur notre skeud, bien sûr que c’est oui. Donc voilà l’histoire de cette intro.

Méthode de travail

Alors mes potes, j’écoute leur avis, mais en vrai, je m’en fous. C’est d’abord moi seul qui compte. Mais attention, je suis super exigeant avec moi-même. La plupart des sons que je fais, je me mets des notes en fait. La plupart du temps, si je me mets pas plus de 14, je sors pas le son. Et ça arrive souvent. Du coup c’est l’inverse, c’est mes potes qui me disent mais t’es fou, ça c’est bien. Mais faut que ça me plaise à moi d’abord. Niveau écriture, le truc que j’aime bien faire c’est instaurer une continuité dans mes couplets, au moins sur la forme, même si ça va parler de tout et de rien au final. Si je te fais une comparaison en début de couplet sur, on va dire, le poker, je vais me démerder pour que ça revienne par la suite, et si possible finir sur ça aussi, mais de manière variée à chaque fois. Que quand t’écoutes, ça semble un enchaînement logique, pas des phrases interchangeables à l’infini.

Joe et le rap français

Il évoque dans un premier temps ceux qui ont fait un bout de chemin avec lui, à commencer par Flynt. « si t’as une embrouille avec Flynt, t’as qu’à squatter les concerts de Mobb Deep, Infamous Mobb, tout ça, t’es sûr de le trouver. C’est vraiment son délire. C’est un mec en or, il est pas du tout comme moi. Flynt tu lui donnes rendez-vous à 15h, il est là à moins cinq, à 15h01 il t’envoie un texto et à 15h03 il t’appelle. » Évidemment, Joe aurait pu se contenter de dire « Flynt est blanc », mais il est comme ça, il a son sens de la formule bien à lui et il y tient. Quand il parle au naturel, il encule l’ensemble des slammeurs de ce pays. En parlant de ça, la seule fois où on a entendu un pic à des collègues, c’était pour Abd al Malik et Michael Youn nan ? « En fait j’aime pas les clash, je trouve ça bidon en France. Si j’ai un problème avec quelqu’un je vois franchement pas l’intérêt d’en faire un morceau. La phase sur Malik et Youn c’est pas un clash en vrai, c’est juste la vérité : l’un a vraiment zappé le rap pour du slam, et l’autre est un clown. C’est même pas une attaque. L’autre fois où je me suis retrouvé dans une histoire comme ça c’était avec Cen Safaraa, et alors là c’était n’importe quoi. Je pose sur un truc qui reprend la face B de Repose en paix au refrain. Avec Cross on se dit que c’est bien, je pensais même qu’on aurait pu appeler Booba pour qu’il dise quelques mots en intro. Je reviens au studio, et je vois les autres couplets. « Merde mais c’est un clash ça les mecs !? » (Joe dit vraiment ça comme le gars qui se réveille, qui voit la fille à côté de lui et qui fait « mais c’est une rousse, ça les mecs !? »), avec Kappacci qui s’est rajouté et tout. Et en plus ils voulaient le clipper. » Donc là ce qu’on retient c’est que si tu veux clasher quelqu’un mais qu’il te manque un couplet, t’appelles Kappacci, il insultera tout le monde sans rechigner. « Mais de toute façon, même les fois où les beefs ont dépassé le cadre de la musique, c’était déjà n’importe quoi. » Un exemple ? « Le truc de Gab’1 là. Avec Rohff et Kery qui le tapent ou je sais pas quoi. Et y’a sa vidéo le lendemain. Franchement si tu tombes sur un mec et que juste après il continue son délire en vidéo, c’est que déjà tu l’as pas assez tapé. En plus Gab’1 on le connaît c’est un mec du 19, on le voit rentrer en taxi de soirée, il est marrant. Mais sinon le délire c’est que maintenant même les têtes-têtes c’est fini. Normalement, si t’as un truc contre quelqu’un, et que tu le retrouves avec tes gars, c’est tes potes qui le règlent et qui sautent pour toi. C’est comme ça que les trucs se règlent, les histoires de duel de cour de récré, j’y crois pas. » En parlant du 19e, quid de ses petits camarades ? Les Ghett Dip, je les connais, on s’apprécie, leur délire Hausmann, c’est bien, c’est super classe mais le truc c’est que des fois ça va un peu loin. Quand Simsky fait sa rime « je suis juif, musulman, chrétien », bah non. T’es juste musulman. Ça sert à rien, tu vas pas rallier tout le monde juste parce que tu dis ça. C’est comme les délires Illuminatis. C’est la mode, les mecs foutent des signes et des trucs mystiques dans leurs sons et leurs clips, ils croient que ça va leur ramener un certain public. Mais ceux qui sont là-dedans, ça les intéresse pas un rappeur qui parle de ça. Y’a aussi des mecs qui se sont mis à parler de coke dans leurs morceaux parce que c’est devenu fashion. Les gens sont profondément stupides de croire que ça peut les booster. Joe n’est pas non plus très fan des théories du complot en tous genres. Non mais moi, les trucs sur le 11 septembre, les trucs secrets pour contrôler le monde… je suis réaliste. Pour moi c’est l’argent qui dirige absolument tout. Donc pas besoin de chercher très loin. Tu vois juste ceux qui profitent d’un truc et ceux qui y perdent et t’as tout compris. Pourquoi des gens se feraient chier à faire des manipulations de fou pour contrôler un truc alors qu’il suffit de l’acheter ? A part ça, il fréquentait pas mal Sinik et Kennedy durant une période non ? Bah Kennedy et Sinik c’était les petits de Diam’s. Bon Sinik je peux plus trop l’écouter mais Kennedy, lui son évolution est un gâchis. Il s’est racaillisé de fou, avec son accent et ses intonations qui lui vont pas du tout. Surtout qu’à la base c’est pas un ouf. En même temps Kennedy dès qu’il a posé sur Ouest Side il a cru qu’il faisait partie du 92i… C’est exactement ça. Tous ces mecs qui rappaient normal et qui se sont mis à prendre un flow caillera après Booba… (là, Joe imite l’accent caillera. C’est impossible à décrire, le mépris dégouline trop sur les syllabes déformées, on obtient le chaînon manquant entre le raclement de gorge et le gémissement) Mais c’est dommage c’est un petit qui aurait pu tout niquer… mais tous les petits qui peuvent tout niquer ils leur arrivent des trucs. Ce qui manque c’est un jeune qui a les dents longues et qui maque le game. J’ai cru que Sefyu pourrait le faire, mais il a pas les capacités. Certains morceaux je peux même pas les écouter. Son truc « s-s-s-s-s » là (molotov 4), c’est mort pour moi. Le truc des gimmicks c’est bien une fois, pas plus. Pourtant Joe lui aussi a fait un couplet comme ça, « Doom ». Ouais, un couplet sur un feat. Dans mon album solo aussi y’aura un morceau gimmick. Ça s’appellera Mimil. Parce que c’est vrai que je le dis tout le temps. D’ailleurs cette expression, ça vient d’où ? C’est un truc à l’ancienne ça. Moi je me rappelle que c’est à Rosny qu’on le dit beaucoup. Mimil’ c’est genre… tu vois les petits mecs des rues mais d’avant ? Les gavroches, les minots qu’ont même pas 15 piges mais qui ramassent les mégots des grands pour se les foutre dans la bouche, tu vois ce style là, très vieux Paris. Bah c’est ça Mimil’. Et chez nous c’est devenu une sorte de truc qu’on ajoute en fin de phrase, genre « allez arrête tes conneries, mimil… ». Retour au rap. « Ce qui est dommage aussi et qui explique que y’a pas de petits qui déclassent les grands, c’est que les grands quand ils montent ils ont des équipes de merde avec eux. Booba il est fort mais son équipe elle est dégueulasse. Et c’est loin d’être le seul. Du coup tu peux pas avoir de crew à l’américaine qui sont tous au top en même temps. Du côté du Blavog, on a un peu peur de l’évolution de Dosseh. « Je crois vraiment que Dosseh est moins con que les autres de son âge, et en plus il vient de province, il a pas été bousillé par le délire d’ici, il doit avoir plus de recul. »

Darys, Ill, Joe Lucazz – freestyle

La suite au prochain épisode, avec un invité surprise, du suspens et des effets spéciaux.

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Wire & rap game (3)

wire01_web
encore et toujours, suite et fin et tout et tout, etc.
Bunk
Lino
plus qu’indispensable au tableau, un bourlingueur surdoué qui connaît le terrain, expérimenté, et alcoolique au dernier degré. il a de la bouteille, quoi (humour).

Omar Little

Mc Jean Gab’1
thug life, clash tout le monde, s’en bat les couilles de tout, destiné à être stoppé au bout d’un moment par des plus jeunes qui s’obstinent à le prendre pour une fiotte.

Kima

Ste Strausz
aussi rude & efficace que ses collègues, là depuis un ptit bout de temps, elle en a vu d’autres, tu vas pas l’attendrir comme ça.

Butchie

Black Jack
un vrai ancien, respectable et tout, mais qu’on a tendance à carrément négliger voire pire avec le temps.

Randy Wagstaff

Lil Thug
un père qui a un pied dans le game mais tu sens le mec gentil qu’a rien demandé à personne au départ.

Lester Freamon
JPS2
Jean-Pierre Seck
assez inégalable, que ce soit pour débusquer l’argent sale ou repérer le talent, tout est question de flair.

Slim Charles

dry-s-est-fait-connaitre-dans-la-mafia-k
Dry
« no offense, but I’m not a leader »
un soldat loyal qui n’a jamais aspiré à être le king mais qui sait fermer la bouche des merdeux quand il le faut. il a attendu longtemps son tour et là ça commence à être bon.

Orlando, gérant/couverture-du-club-Barksdale-qui-se-fait-arrêter-bêtement (saison 1)

Doc Gyneco
il a joué, s’est fait griller au bout d’un moment et, comme beaucoup malheureusement, a préféré trahir pour s’en sortir.

Nerese Campbell

nerese-campbell
Rama Yade
ambitieuse, opportuniste, haut placée, et on s’la taperait bien.

Kenard

Béné
une tête de tueur, tout petit et déjà terrifiant.

Thomas « Herc » Hauk
25G - CABOCHARD
25G
oui, on a sans doute déjà vu plus subtil dans le périmètre, mais efficace quand il le faut, toujours prêt à passer à l’action.

Howard « Bunny » Colvin

Dieudonné
l’homme par qui le scandale arrive. les avis sont très très partagés de chaque côté, on sait pas trop si ce qu’il a fait c’est bien ou mal, mais ses intentions étaient pas mauvaises à la base et il a pas mérité une telle chute.

et pasque le blavog est une dictature populaire, on écoute les commentaires. par contre on les lit pas.
wire-simpsons
Carcetti

Akhenaton
un idéaliste assez naïf au tout départ, que l’exercice & la soif du pouvoir ont rendu complètement nase et faux-cul en un temps record.

Norman Wilson

Le Rat Luciano
un mec pas con, doué, mais dont le sommet de la carrière sera juste dans l’ombre d’un troufion, cf plus haut.

Charles « the unit killer » Marimow, l’abruti-qui-dirige-la-major-crime-unit-après-Lester-et-foire-toutes ses-descentes (saison 4) Charles Marimow wire Boris McGiver
François Grosdidier
« He does not cast off talent lightly. He heaves it away with great force »
à force de prendre les mecs du bizness pour des gros cons, il a fait la plus lamentable attaque contre le game depuis longtemps, et maintenant il est retourné du placard d’où on l’a sorti.

Scott Templeton

alors oui, des mytho dans le rap y’en a, plein, et dans les journalistes encore plus. mais Scott, ce « jackass full of shit » comme Jimmy & Gus l’appellent affectueusement, méritait le haut du panier.

Malik “Poot” Carr

DJ Mehdi
après des années de charbonnage, convaincu que le game lui apporterait rien de plus à part des déceptions, il a pris ses distances, même si certains le considèreront un peu comme un lâcheur, il a fait son truc.

William Rawls
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Eric Zemmour
méprisant, agressif, anti-tout, c’est vrai qu’il parle mal à tout le monde, mais au final c’est vrai aussi que c’est un petit pédé.

Jimmy McNulty
Weedy
Weedy
ingérable, caractériel, buveur, problème avec l’autorité, des gosses sur les bras, mais un charisme & un talent qui fait qu’on l’aime bien quand même. même si le game l’a rejeté lui & son équipe, tu peux pas cracher sur ses faits d’arme.

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