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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 3

Et sinon, juste histoire de bien faire chier, pourquoi t’as jamais fait de son sur les meufs ou l’amour ? Mais on en a fait un avec Cross, sur rap de banlieusard 2 ! Si, le morceau « ce genre de filles ». Bah non, c’est un truc où vous parlez d’armes et les meufs servent de métaphore filée. Non, on parle vraiment de meufs aussi, en même temps, on dit qu’on aime les femmes. Cross a quand même une rime où il dit qu’il a un gun long comme sa bite… Ouais, bon, on en parle à notre façon, quoi.
Joe appellera ensuite Cross (« tu te souviens du Blavog ? Les mecs qui se foutaient de ta le-gueu ? Je suis avec eux là ») et d’autres potes dont son manager et le fondateur d’E.T.A & 357 (on a oublié le nom mais il me semble que c’est Nabil, ça doit être sur un des audios, démerdez-vous) n’oubliant pas de sortir des blagues dont lui seul a le secret (« en fait, là on attend des gens pour vous péter la gueule »). D’ailleurs le billet sur So parano, les concernés en avaient pensé quoi ? Alors en fait nous on était sciés, d’une part c’était marrant mais le pire c’est que ça ressemblait vraiment à la réalité. Au début on pensait que c’était l’ingé son qui avait écrit ça, ou un pote à nous. Donc là on repense à ce qu’on a écrit et on se dit deux choses : les sessions d’enregistrement ont dû être folklo, et Ill est vraiment perché. Dès son arrivée Cross demandera d’ailleurs direct « alors moi je veux savoir un truc : qui vous a renseigné », et un autre nous dira à peu près la même chose. Mais pourquoi vous m’avez fait parler comme une loque ? Bah parce que c’est tout ce qu’on a trouvé, le flow de Cross étant le plus posé de tous, alors que les autres sont déjà bien lents, et l’ovni Monsieur Cross 2 nous a marqué. Concernant ce son, et « l’instru de clown » (rires) en fait, sans me justifier hein, mais mon idée c’était de jouer sur le décalage entre mon flow, ma voix et l’instru qui est vraiment inhabituelle, on s’attend pas du tout à m’entendre dessus. Détail troublant, sans sa voix, difficile de reconnaître Cross, qui a non seulement une casquette, mais aussi beaucoup de cheveux. Spleenter sera profondément choqué par cette vision, ce qui donnera lieu à l’échange suivant :
Spleenter – et sinon t’as des projets ?
Cross – dans le rap, bah pas vraiment
Spleenter – non mais pour tes cheveux, tu comptes faire quelque chose ?
Cross – (rires) ah mais je vais te dire un truc : j’ai fait le ratio entre la longueur de cheveux et la quantité de meufs que tu serres, et je dois dire que j’y ai grave gagné.
Toujours au niveau capillaire, parce que c’est un sujet primordial dans le rap, Joe y va de son petit conseil technique. Au début ma mère était contre les locks, y’avait pas moyen que j’en ai. Alors le truc c’est que j’ai dit que ce serait juste pour les vacances, pendant l’été, tu vois. Sauf qu’à la rentrée j’ai dit bon ben on a qu’à dire jusqu’à la Toussaint, ce genre de conneries. Et forcément ça poussait, et au bout d’un moment bah elle a lâché l’affaire. Mais là j’ai coupé un peu, c’est plus aussi long qu’avant. Ça c’est de l’interview qu’a des couilles au cul, ou je m’y connais pas.
Son pote/manager/producteur, avec qui Joe nous explique qu’il veut monter une structure en totale indé, décrit le personnage à sa façon : Joe il a une plume, y’a vraiment quelque chose à faire avec lui. Bon le truc c’est que lui, c’est le genre… si y’a un concert et en même temps, une soirée, il va aller à la soirée (sourire).

The Wire vs Les Sopranos (bonus track)

Joe – C’est super dur, je sais pas franchement.  C’est une bonne question parce que je crois même qu’aux États-Unis y’a eu un genre d’étude des meilleures séries et c’était ces 2 qui ressortaient. The Wire j’adore, y’a plein de persos géniaux, mais de l’autre côté y’a Tony… The Wire c’est constant dans la qualité, mais Les Sopranos c’est autre chose, sans que tu saches pourquoi, des fois t’as un épisode de fou, comme quand Christopher et Paulie se paument dans la neige en voulant enterrer un Russe, et qu’ils perdent tous leurs moyens. C’est super comique parce que c’est des mafieux classiques mais là tu les vois dans une situation qu’ils maîtrisent pas, ils ont les cheveux en bataille, ils crèvent la dalle, ils sont gelés, ils s’embrouillent parce qu’un des deux a bouffé un supplément sauce du mac do alors que c’était le seul truc qui leur restait pour grailler…

Spleenter – ça faisait très Fargo, c’est un épisode réalisé par Buscemi je crois.

Joe – Sinon en ce moment y’a Boardwalk Empire, je sais pas si vous suivez.

Spleenter – Ouais, mais si je passe 50 minutes devant un épisode des fois je me fais chier. Alors que si je lis des pages wikipedias mal documentées sur certains persos de la série, je passe une bonne soirée. C’est quand même un gros problème. A part Capone, tous les persos de mafieux sont nuls.

Teo – Surtout Luciano et Lansky, l’un est un attardé impuissant et l’autre a une dégaine d’écolier. Au train où ça va, quand Siegel va débarquer, ce sera un autiste avec un yoyo en bois qui fait des clins d’œil aux meufs dans la rue (et effectivement, entre temps la saison 2 a été diffusée, et un personnage plutôt jeune appelé « Beanie » se distingue en faisant des grimaces d’enfant de 5 ans aux autres gangsters durant ses courtes apparitions)

Joe – ouais mais tu vois, déjà la série elle est pas vraiment sur ces mecs là. C’est sur le perso de Buscemi, et aussi le jeune là, Darmody. Lui il est très bon. Après ça me dérange pas qu’il affiche salement Luciano, avec le moment où il se fait avoir par la meuf qu’il baise. Parce que en vrai, à cet âge là, bah Luciano c’était un ptit con. Nous on a l’image finale du gros gangster mais ça s’est pas fait en un jour. Pareil pour Lansky. Tu vois c’est comme dans Malcolm X de Spike Lee. S’il le montre pas dans sa période de ptit con, en train de (il imite la démarche ridicule que Malcolm X tape à un moment au début du film), bah tu vois pas son évolution et ça a moins d’impact. C’est la réalité.

Il explique ensuite que c’est pareil chez les mafieux, en calant des références précises, notamment Genovese qu’il connait par cœur, avant que le tout débouche sur une interprétation très personnelle du rôle de la mafia dans le débarquement en Sicile : « faut quand même se dire un truc : sans Luciano, tu parlerais sans doute allemand. faut pas l’oublier ça ». Quand à son amour des bonnes séries, il n’en démordra pas « je vais te dire : c’est mieux que le sexe ».

Lucazz du siècle

Une anecdote sur Diomay, c’est cadeau, le rappeur préféré de Teobaldo.
Y’a tout un tas de trucs qui posent problème et qui font qu’on se prend la tête pour rien. A un moment je me suis dit pourquoi pas poser avec Diomay, je le contacte, et il répond via le net « ouais là c’est chaud je suis sur mon album », que son manager veut pas qu’il s’éparpille ou je ne sais quoi. C’est quoi ça. Moi ça m’avait plié de rire, parce que franchement si t’es un rappeur et que tu penses comme ça… La définition d’un rappeur, c’est de rapper. Les trucs « oui mais là c’est pas la bonne période », c’est n’importe quoi. Surtout que bon, je veux pas l’enfoncer, mais ça reste Diomay hein. C’est pas une tête d’affiche ou quoi. Le pire c’est que si ça s’trouve il a pensé que je lui en voulais vu que j’ai pas relancé. Non, j’en ai juste rien à foutre.
Sinon, pelle-mêle, on retiendra le patron de bar qui salue Joe et se fout de la gueule de Delarue : « faut être balaise pour passer de 20g à 0 par semaine. T’as vu sa vidéo d’excuses là ? il a pas seulement baissé son froc, il a tendu son cul en demandant si c’était assez bien ». Joe nous parlera aussi vite fait de Kenny Kenz, un rappeur belge ou suisse (ça date, faites pas chier) qu’il compte produire « il est tout frais et surtout, il est vrai, il fait que décrire son quotidien, il sait de quoi il parle, y’a pas de cinéma. C’est bien aussi de mettre des jeunes en avant, c’est comme ça que la musique se renouvelle. En France on a un peu du mal, mais aux states tu vois même des Lil Wayne, qui sont pas des anciens, ils pensent déjà à la relève, avec Young Money, Drake, Nicki Minaj. Drake c’est pas trop mon truc, mais je comprends la démarche, et Wayne a vu juste, il a ramassé le pactole avec lui, pareil pour Nicki Minaj, même si moi je suis un ancien donc je préfèrerai toujours Lil Kim, mais c’est cool. C’est comme Cory Gunz, il a vu qu’il était dangereux, il l’a signé» Et Rick Ross (ça c’est d’la transition) ? J’apprécie bien. Après le problème que j’ai c’est que c’est glacial, c’est une machine le mec, c’est presque… c’est trop parfait des fois. Tu sais que t’auras l’instru classieuse ici, le feat avec tel rappeur là, le refrain de John Legend là-bas… faudrait que ça respire plus, mais sinon chapeau. Concernant Kenny Kenz, on n’était déjà pas emballés à l’époque, et ça n’a malheureusement pas changé après écoute de leur mixtape commune. Et si on avait un doute sur tous ces gens qui arrêtaient Joe dans la rue alors que c’est même pas son quartier, l’intéressé clarifiera les choses avec une simplicité lucide « bah quand on était encore dans le biz on mettait bien beaucoup de monde, faut pas chercher plus loin hein ». Le même détachement qui lui fera dire en nous quittant « vous faites comme vous le sentez, vous êtes libres pour le texte, je veux pas avoir mon mot à dire dessus, tant mieux si ça pique des fois même ».

Par la suite j’ai revu Joe une fois, où au détour d’une conversation il lâchera tranquillement « moi si j’avais eu l’occasion de faire ça, j’aurais foncé direct. C’est vraiment génial d’être critique de film, ou sinon critique littéraire, c’est vraiment bien ». Bref, un rappeur qui gagne à être connu sans être enfermé dans une case, même si c’est évidemment peine perdue, parce que le public est un con. Cela rejoint d’ailleurs une réflexion qu’il avait eu quand on lui avait fait remarquer qu’il avait un côté très à l’ancienne, vieux Paris dans ses références, qui rejoignait le côté bien écrit de ses lyrics. Renaud, Gainsbourg, Coluche, ouais, si je les cite c’est parce que je me reconnais, je les ai découvert tout jeune et j’aime toujours bien. Desproges aussi, j’adore, Audiard, pareil. Et Dieudonné (ouais on lâche pas l’affaire) ? Ouais… (il hésite, comme s’il attendait qu’un agent du Mossad sorte des chiottes en hurlant putain on en tient un) Ouais. Ouais, j’aime bien également, c’est très bien, il est fort. Puis, après une hésitation, cette dernière phrase qui, à mon sens, résume bien le personnage : En fait, je déteste la bêtise.

Joe Lucazz et Kenny Kenz – Espèce Chaîne Gang

Joe Lucazz – Rencontre avec Joe

Joe Lucazz – Rap de banlieusard 2

Joe Lucazz – des sons à droite à gauche, de ci de là, cahin caha (avec Nakk, Alpha 5.20, Monseigneur Mike, Zekwe Ramos et d’autres gentils garnements, le tracklist est mal écrit, mal taggé, et chaotique, mais tu vas pas faire chier non plus)

Joe & Cross feat Despo & Escobar Macson – Crack music et bijoux de famille

ce morceau n’existe nulle part à la base, mais c’est pas ça qui va nous arrêter. Une production Blavog, unique et historique comme un god dans la chambre d’une bonne sœur (ça c’est bien, parce que god, godemiché, mais god, Dieu : un jeu de mot très classe qui conclut une année qui l’a été tout autant).

Et une bonne année bande d’enculés

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Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 2

Sorti du microcosme parisien, une connexion dénote un peu : le lien entre Joe et Le Rat Luciano.
En fait à une époque, des potes voulaient faire une tape où ils reprendraient des classiques du rap français. Ouais mais ça c’est Retour vers le futur et c’est le K.Ommando Toxik. Voilà, ils nous ont pris de court, du coup ça c’est jamais fait. Mais par la force des choses, c’est grâce à ça que j’ai rencontré le Rat Luciano, puisque parmi les reprises, y’avait la FF. Et là franchement on a accroché direct. Et le mec, alors que je suis un parisien qu’il connaît ni d’Adam ni d’Eve, je l’ai au phonetel « ouais t’as qu’à descendre à Marseille au quartier » et c’était pas une façon de parler, après il me traite comme un pote, et réciproquement quand il venait ici. Même quand chez lui c’était pas possible, parfois je dormais chez Don Choa… Tant que c’était pas chez Menzo, ce n’est pas sale. En fait le truc avec le rat, qui fait que de Marseille à Paris il est respecté, c’est pas seulement qu’il est fort, c’est qu’en plus, y’a aucune différence entre celui que t’as sur disque et celui que t’as en face de toi. Il est quartier pour de vrai. Autant, nous tous, même quand on colle à la réalité, on enjolive un peu… autant lui c’est vrai à la virgule près. Et tout le monde te le dira. Même Booba, un jour à une soirée, il me sort « le rat c’est le seul que je respecte dans ce rap game ». Moi à l’époque j’ai juste pensé  « attends que j’arrive, ptit enfoiré » (rires). Mais là j’ai vu que Luciano a fait un feat avec La Fouine On remarque une note très prononcée d’inquiétude dans sa voix, c’est la fin du monde tel qu’il l’a connu, et on le rassurera en lui disant que Luciano ne change apparemment pas de style dans l’extrait du morceau qui a filtré. « Et y’a Rohff aussi, il paraît qu’il a sorti un son qui s’appelle « C’est comment », pareil, j’ai pas écouté, mais ça fait chier, c’est un truc que je voulais faire ça, parce que cette phrase je la dis tout le temps ! » Effectivement, une moitié du Blavog confirme, pour avoir passé une soirée en sa compagnie, le nombre incroyablement élevé de « c’est comment » l’ayant obligé à répondre « pépèrement » une bonne centaine de fois. Cependant chez Rohff la phrase est juste le titre de l’intro de La Cuenta. « Alors c’est cool, tant mieux ». Tout est bien qui finit bien.

INTERLUDE
Là tout de suite faut préciser un truc essentiel. Tout au long de la soirée, Joe s’arrêtera fréquemment pour saluer des gens, et inversement, qu’il soit posé à un bar où simplement en train de marcher en pleine rue. Sa moyenne étant d’un serrage de main et une bise sur la joue toutes les 9,27 minutes, on les passera sous silence la plupart du temps, mais pas là. Parce que Joe s’interrompt brusquement dès l’entrée d’un homme dans le bar, qui le salue chaleureusement.
Le type – salut ça va ? Tu deviens quoi ?
Joe – bah ça va Yann tranquille et toi
Yann – (à nous) enchanté, Yann, Yann Le Bras.
Après avoir échangé quelques amabilités, cette personne revient sur moi, puis sur Joe et fait « ah mais on se connaît, c’est avec lui que vous êtes venu la dernière fois » Hein ? Mais non, pas du tout. Faut aussi préciser qu’être pris pour quelqu’un d’autre est un super pouvoir de Spleenter, qui au cours de sa triste vie s’est vu attribuer une ressemblance avec Mohammed Ali, Yannick Noah, Joachim Noah, Michael Jackson période Jackson 5, Marcel Desailly et même Ronaldinho. « Ah, pardon. Bonne soirée ». Donc c’était le fameux Maître Le Bras, on l’applaudit bien fort, l’avocat le plus name-droppé dans le rap français depuis Perry Mason. Alors comme ça on a le même baveux que B2O, on se fait pas chier. « Ouais, mais ça veut pas dire grand-chose, d’ailleurs c’est même possible qu’il fasse certains trucs pour Booba gratos, vu comment l’autre le fait connaître à tout le monde. » On en apprend tous les jours.

So Parano
Moi à la base je suis plus New York qu’autre chose. C’est ça qui me parle. Mais pourtant sur So Parano notamment, la sélection d’instru allait de faces B de Lil Wayne à Young Buck en passant par Mike Jones et Terrace Martin. Ça en fait c’est dû à Work, c’est lui qui a fait la sélection de beats. De nous tous c’est lui qui se tient vraiment le plus au courant de ce qui se fait actuellement aux U.S. Moi, du moment que ça sonne bien, je suis pas fermé, je pose dessus, le changement c’est toujours sympa. Le délire So Parano en lui-même, bon déjà on est tous fans des Sopranos, et on parle de ce qu’on connaît, de notre vécu, avec le côté business de rue, tout ça. Entre lui qui donne son prénom et son nom, et Work qui dit « on kiffe tellement le rap qu’on se poucav nous-mêmes comme des golmons sur disque » où est la limite à pas franchir pour pas se griller bêtement ? Joe reste pragmatique. C’est une petite tape, personne l’écoutera, même nos proches qui vont l’écouter, avec les flows, les expressions, ils comprendront pas tout, donc ça va. Pas si parano que ça du coup… Tout le délire So Parano c’est surtout parce qu’à l’époque c’était à fond le biz de C. Chacun finissait de poser il checkait son portable, « bon je dois bouger voir un mec, je reviens ». C’était vraiment notre ambiance, et on enchaînait les couplets au milieu de tout ça. De toute façon, nous notre façon de penser c’est que tout ce qu’on fait on devra le payer tôt ou tard. Donc c’est aussi pour ça qu’on se permet d’aller un peu loin dans les paroles, on fait que raconter nos vies, pas la peine de nous faire la morale derrière parce qu’on vous a pas demandé de nous plaindre non plus. On fait que décrire notre quotidien.
Spleenter – Mais par exemple, ta mère écoute ta musique ?
Joe – Ouais
Spleenter – Et elle dit quoi ?
Joe – Elle dit « t’es un con », en général. Mais sinon elle sait que dans la vie je suis plus dans les bêtises, elle est contente pour moi maintenant. Mais sinon quand j’ai eu mes problèmes avec le 36, bah c’est ma sœur qui m’a présenté Le Bras par exemple, comme quoi.

Une famille de boss, on peut le dire.

Joe & Cross : Les Clipse frinçais ?
The Clipse avaient repoussé lors d’un entretien l’étiquette « cocaïne rap » en mettant en avant leurs talents de lyricistes, les métaphores, doubles sens, etc, la vente de drogues étant une thématique générale plus qu’un style. C’était aussi le cas de Joe sur disque (« Classe-moi parmi les lyricistes ») et aussi dans une interview pour rap mag où il citait Talib Kweli comme une de ses références.
« Ouais, je me rappelle. Kweli ça me plaît parce que c’est rue, mais l’écriture reste soignée. Sinon par rapport à nous, ça faisait dix ans qu’on parlait de coke et à l’époque on nous le reprochait beaucoup. Maintenant limite si t’en parles pas t’es hasbeen, alors moi j’ai décidé d’en parler moins qu’avant. Dans mon album y’aura quand même 2-3 sons dessus mais sinon je les  laisse, qu’ils s’amusent à jouer les Scarface entre eux… Nous on savait de quoi on parlait et pourquoi on le disait ». Le mec dit ça comme un plombier qui déplore la piètre qualité des pièces importées d’Europe de l’Est. L’amour du travail bien fait, ni plus ni moins. Pourtant, dans leurs premiers sons, Cross comme Joe décrivait l’univers du deal de manière plus vague, et surtout d’un point de vue extérieur, puis peu à peu il y a eu glissement vers un discours où ils s’assument vendeurs. « Bah justement c’est aussi parce que nous au début on avait une certaine retenue par rapport à ça, puis le temps passe, tu vois des gens qui n’ont jamais été dans ça qui se mettent à parler comme s’ils s’y connaissaient alors qu’on sait que non. Donc là on s’est dit autant y aller, les gens verront bien qu’on s’invente pas de vie. » D’où des phases comme « ils parlent tous de 0.9, 0.9, comme s’ils étaient des chimistes » ? C’est ça, c’est ridicule cette mode.  Pour en revenir aux Clipse, c’est sympa, j’aime bien leurs wordplays, mais dans le genre je préfère D-Block par exemple. » New-York jusqu’au bout décidément. Désolé les gars, on aura vraiment essayé, mais Malice et Pusha T n’auront pas les faveurs du bonhomme de neige.

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