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Fête de la zizic

Je me suis dit que ce serait bien de partager avec vous ma fête de la musique du 21 juin dernier. Pour ceux que ça intéresse, c’est juste en-dessous.

20h : On arrive à la block party de Noir Fluo, au skate park à côté de Bercy.

(par la suite je n’ai pas spécialement fait gaffe à l’heure tout au long de cette trépidante soirée, les horaires précis seront donc remplacés systématiquement par ça :

.

Merci de votre compréhension.)

. Peu de trucs à dire, y’a à peu près tous les Noir Fluo au complet, du son, et bientôt arrive le moment que tout le monde attendait depuis le début : le barbeuk de merguez. Par une sorte d’enchaînement de circonstances, à un moment les mecs qui s’occupaient du grill se barrent et je me retrouve à m’en charger et à servir les gens en en bouffant au passage parce que c’est quand même pour ça que je suis là (« c’est toi qui as fait le barbecue ? – non, moi je suis là pour les merguez et je dépanne le temps que les autres reviennent – ah pardon. On t’a déjà dit que tu ressembles au fils de Yannick Noah ? », etc).

. Test dit rapidement quand je lui parle d’un feat avec Joe Lucazz (je fais souvent ça quand je m’emmerde) que « ça va se faire ». Express fait le morceau Express est back en live, des badauds s’agglutinent au dessus du skate park pour profiter du spectacle, d’autres plus jeunes balancent des pétards.

. Vexé de n’avoir eu aucune merguez, Teo décide de rentrer chez lui comme un prince pour se sustenter, probablement avec des princes de LU et du magret de canard.

. Ça se confirme, Waslo est déjà parti et le morceau « ma Volvo » sera donc joué en live mais sans lui, au grand désespoir de Kicket.

. Je rejoins Daphné croisée par hasard, elle est avec Hifi, Cassidy, et Ill (c’est un peu leur manageuse et je dis « un peu » uniquement pour qu’on m’emmerde pas avec les détails et les appellations). 1er choc : Ill a des cheveux blancs, et n’est donc pas immortel. Cass a des grosses lunettes de soleil (détail crucial pour la suite).

. « Ill n’imite pas Dieudonné, c’est Dieudonné qui lui a tout piqué » Hifi

. Daphné explique à Hifi le concept du blavog, il a du mal à imaginer ce que ça peut donner concrètement alors je lui parle du billet assez vieux sur Time Bomb et Pit Baccardi, ce qui lui fait dire avec un demi-sourire : « mais c’est dangereux les trucs comme ça ».

. on va au Rex où y’a « une soirée de Dabaaz ». Hasard total, on croise Melopheelo devant l’entrée, qui du coup vient aussi avec ses potes.

. Devant le Rex, moment de flottement où personne dit trop rien. Pris d’une impulsion de crétin, je dis à Cassidy que c’était très sympa de s’être prêté pour de vrai au jeu de l’interview parce que du coup c’était la 1ère qu’on avait publiée sur le blavog. Sa réponse est édifiante :

mais tu m’as pas interviewé.
– …
– …
ah pardon je t’ai confondu avec Cassidy
pas de problème.

Cet instant sera mon grand moment de solitude de la soirée et me traumatisera durablement. Je ne sais pas vraiment si Cassidy je l’ai perdu de vue, ou s’il n’a simplement jamais été présent ce soir là.

. Une bande de gars reconnaît Ill et il reste avec eux 10 bonnes minutes. En revenant il m’explique (non pas spécialement que c’est à moi qu’il voulait parler, seulement y’avait que moi) être complètement las de ce genre de choses. Et là c’est vraiment un truc sans doute difficile à intégrer quand t’es un gros fan mais Ill sort ce qu’on appellera désormais « le théorème Lino ». C’est à dire qu’évidemment c’est super flatteur d’avoir tous ces gens qui viennent le féliciter, mais qu’en gros ils lui parlent d’une période de sa vie qui est révolue et qui date de plus de dix ans maintenant, du coup c’est gentil mais sur la longueur c’est limite déprimant. Je lui cite la phase de Lino « bors refais nous quelques gouttes » et il dit c’est exactement ça. Si vous aussi vous êtes rappeur, ne claquez pas vos thunes chez un psy, appelez-moi.

. Ill et Clément d’Animalsons font connaissance, Clément lui rappelle qu’il a travaillé sur l’album de Booba période 45, ce que Ill semble ignorer totalement. #rapfrinçais

. On me présente ensuite à Clément, ce qui donnera lieu au dialogue suivant
T’as produit pour Guizmo récemment, et ce qui m’étonne c’est…
c’est que je produise pour lui.

je réalise subitement que je porte
a) un sac à dos
b) un bonnet
Clément a donc logiquement dû me prendre pour une sorte d’immonde chieur extrémiste le-rap-c’était-mieux-lavande probablement révolté à l’idée qu’il produise pour Guizmo. Je lui explique que je suis simplement surpris qu’il travaille avec un jeune rappeur émergent. Pragmatique, Clément détaille un peu le processus : il a produit des sons qui dans ce cas précis passent en rotation radio, donc les royalties sont au rdv, donc tout va bien. Je lui demande s’il connaît le blavog, mais non. Je lui explique le concept, il éclate de rire et parle d’un délire de lui et Jim Profit (autre producteur) à l’époque de la rime de Booba sur Makelele : « on avait imaginé un casting avec des types qui se font mesurer la queue pour pouvoir entrer dans le 92i ». Vraisemblablement il parle du texte le mâle aimé de Olivier Catin. Curieux de savoir ce que devient l’autre moitié d’Animalson (Marc) je lui demande de ses nouvelles.
il fait ses affaires
en Jamaïque ?
c’est possible.
Voilà. Tels les deux milf guys de la saga American Pie, le duo de producteurs semble avoir appris à ses dépens que « l’amitié est une route à deux trottoirs » (non, ça ne veut pas dire grand-chose mais dans le dernier film c’est rigolo).

. Un type arrive, remarque qu’il y a quand même beaucoup de rappeurs au mètre carré, et décide de, roulements de tambour, faire une photo. Je m’écarte illico, mais Clément, qui était définitivement très gentil, ou très fatigué, me rappelle en disant « ah bah si, le blavog, sur la photo ». Je commence à me dire que finalement, cette soirée pourrait s’avérer plus intéressante que regarder un film tout seul chez moi.

. Dans un moment où apparemment personne n’avait rien d’intéressant à dire, Daphné explique à Ill le concept du blavog (il faut se rendre à l’évidence, elle explique tout ça bien mieux que moi, probablement qu’on la prendra en manageuse quand on sera riches et célèbres). Ill dit qu’il voit à peu près le principe et que ça lui rappelle une fausse interview des X-men qu’on lui avait fait lire à une époque. Bah oui, c’est ça, c’était nous l’interview. La moitié des X me regarde, choqué et calmé, puis fait à peu près le meilleur compliment qu’on puisse entendre quand on tient un blog de merde avec des faux dialogues entre rappeurs français dedans :
« mais… c’est spécial, parce que d’un côté c’est complètement abusé et d’un côté c’est un peu moi quand même. Du coup je comprenais pas, ça m’a surpris, parce que comme tout le monde je me considère comme quelqu’un d’unique, et là je vois un double imaginaire qui me ressemble un peu. Mes potes disaient que c’était bien, ça nous mettait en valeur moi et Cass, mais moi j’étais surtout très surpris, ça me ressemble pas mal alors que vous aviez aucun moyen de me connaître »
L’anecdote sur la réaction de Joe et Cross qui ont d’abord pensé qu’un de leur pote voire leur ingé son avait écrit le billet So Parano lui fait taper une barre, et s’ensuit un échange où j’explique d’où vient sa caricature à lui, que c’était aussi par rapport à son rap mais aussi ses fans, le côté « jay-z frinçais » (là faut savoir que ça le choque absolument pas) et le paradoxe avec le fait qu’il n’ait concrètement toujours rien sorti. Bref un bon moment, qui se conclura par un exercice de style pas piqué des hannetons :
mais si là tout de suite tu devais écrire un truc sur moi tu ferais quoi ?
Tout de suite ?! Ouais mais non, faut…
ah si ! C’est comme moi, les gens ils sont là  »fais un freestyle, fais un freestyle », à ton tour
ok (petit moment de silence et effort de concentration, mon ki augmente sans doute ostensiblement.) alors tu vois je ferais…
putain, déjà ?! Mais tu blagues pas toi !
En fait je te mettrais dans un truc où t’es au milieu de nouveaux rappeurs, tous ceux qu’on appelle « la relève », ils seraient tous là à dire ouais t’es une inspiration, sauf que toi tu les traiterais plus ou moins comme des merdes, et ce serait ça le gag
– …
– …
pas mal.

. Quelques temps plus tard, vaguement désœuvré, je décide de m’activer, ce qui chez moi consiste à rester bloqué devant une fille debout sur un siège en train de donner toute sa vie dans un bootyshake de bonne facture. Je ne suis pas seul, un type encore plus déterminé que moi a sorti son portable ou son appareil photo et la filme carrément. Une fois qu’il estime avoir filmé suffisamment il se tourne vers moi et on se check en riant : c’était Ekoué.
ça va finir dans un clip, ça !
Hahaha. J’ai écouté le dernier lp…
Il tue !!
ensuite j’essaie de glaner des infos sur leur projet de film, mais soit je n’entends pas ses réponses soit je ne les retiens pas (toujours pro).

. Une semaine plus tard (oui, je fais aussi des bonds dans le temps dans cet article, sortez les lunettes 3d) je découvre qu’Ekoué ne rigolait pas du tout : on peut voir cette jeune demoiselle se déhancher dans le clip Un soir comme un autre.

. Ekoué tombe par hasard sur Ill, les deux font les pitres comme des gamins en se reconnaissant et se pincent la joue en éclatant de rire (NO HOMO).

. Moment wtf : à la sortie, une meuf bien belle semble un peu paumée, et un peu désireuse de se faire voir aussi, bref elle sait pas trop où elle va, elle fait deux pas en avant, trois en arrière, manque de se casser la gueule et du coup s’accroche vite fait aux épaules de Ill (en train de parler) avant de partir en disant oups pardon, sans que PERSONNE ne remarque rien
J’étais le seul témoin mais les faits sont là : Ill avait séduit une femme en étant de dos.

. Melopheelo lui aussi se barre de là, mais il a #unevoiture et confirmera sa réputation de mec extracool en nous raccompagnant. Je sais plus bien où on était censé aller parce qu’on a remarqué 2 minutes après qu’on avait faim et Melo nous a gentiment déposé à côté d’une crêperie.

. Dans la crêperie, où y’avait Trace tv sur un écran derrière moi (détail de la plus haute importance). Ill fait éclater de rire les deux cuistots en sortant des blagues d’entrée de jeu.

. le côté baby-sitter (ou manager, dans le rap c’est un peu la même chose) de Daphné se met en marche, attention ça va très vite :

ce serait bien que tu taffes avec Clément
ouais je lui ai bien parlé… par contre j’ai pas pris son numéro
je l’ai pris.
Cool.
Et demain c’est séance photo pour Snatch.
ok.

#managementfrinçais

. ill évoque booba période Time Bomb et parle d’un long trajet dans le métro, avec l’ourson qui le raccompagne jusqu’à chez lui. Problème : Gilles Boulanger ne comprend que très peu de choses quand Elie Yaffa lui parle, il n’est pas habitué à son style d’argot et reste assez sidéré par son vocabulaire. Fin de l’anecdote.

. En revenant sur ses collègues de Time Bomb, Ill reconnaît évidemment le sens de la punchline de Booba et admet avoir eu une petite pression la première fois qu’il a écouté les Lunatic. Idem pour Oxmo qu’il décrit comme ayant vraiment une intelligence dans l’écriture et un sens de la formule de dingue.

. Ill confirme qu’en plus d’avoir des vues sur Lunatic, Kenzy est venu proposer aux X, à l’époque, de signer chez Secteur Ä, sauf que les 2 rappeurs venaient de quitter Time Bomb « donc c’était pas pour signer derrière avec un mec de notre âge, il allait pas devenir notre daron tu vois« . Là tu déduis qu’entre ça et Booba qui prend un RTT carcéral imprévu, Kenzy a dû légèrement maudire les ex-Time Bomb. Et se contenter de Pit Baccardi, mais ça, cela ne nous regarde pas.

. Parce qu’un peu d’humour ne fait jamais de mal, je lui demande également s’il connaît pas par hasard un groupe nommé 1995.
« c’est un groupe ? ça me dit rien, pour moi c’est une date. » Merci à tous.

. Lors d’un moment de silence où tout le monde mange (parce qu’il est impoli de parler la bouche pleine bande de malpropres), Ill lève la tête, regarde la télé et lâche : « je le trouve vraiment bizarre le rebeu de leur groupe, là. Il a une tête étrange quand même. » Je me retourne : c’était un clip de la Sexion d’Assaut et il parlait de Maska.

. Ensuite arrive un clip de Pitbull : « mais vous avez vu la vidéo où il cogne le mec qui le faisait chier dans le public ? Moi je pense que ce gars là, il est pas latino du tout. Il est d’Europe de l’Est. Tu vois les mercenaires sans âmes qui viennent de ce genre de pays, bah c’est ça. »

. Quand j’explique ce que je fais pour gagner ma vie, Ill a une définition qui lui vient immédiatement à l’esprit : « en fait ton métier c’est de réfléchir à la prochaine quenelle que tu vas glisser, et comment tu vas la glisser aux gens ». Une bonne définition du journalisme ma foi. La preuve, tu viens de lire un truc à peine mieux rédigé qu’un journal intime d’adolescente américaine qui vient d’avoir ses 1ers ragnagnas mais t’es content quand même.

y’a aussi eu un moment où ça parlait d’un concert en Suisse ou je ne sais où et j’ai pas pu résister à la question qui tue :  mais pourquoi pas Paris ? « parce que je dois m’entraîner avant de me produire à la maison, pour être sûr que ce soit bon« . Et il a pas menti, puisque le 4 juillet dernier y’a eu ça :

mais nous on y était pas, on matait American Pie 4.

THAT’S ALL FOLKS.

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Interview de Koffi Trop 2 Style (Absolut Treepsal)

Parce qu’on ne peut pas toujours interviewer une légende du rap frinçais (ça va on décoooooooooonne), nous avons rencontré Koffi Tro 2 Styl du groupe Parizien du 19ème (On sait que c’est ton arrondissement favori, fais pas de la psy) « Absolut Treepsal. »

Celui qui a coécrit Menace II Society avec sa bite n’est pas avare d’anecdotes, il aime aussi partager  sa musique, ses concepts, ses délires, ses expériences. Y a pas de branlette, il répond à tout. Je crois que c’est l’une des meilleures interviews de rappeur frinçais que j’ai jamais lue. Et je dis pas ça parce que c’est nous qu’on l’a faite, mais parce que c’est vrai.
Vous allez trouver que c’est un peu long mais sachez une chose. On a enlevé plus des 3/4 des « tu vois ou pas ? » sinon ce serait 2 fois plus long.

Teo -Question simple pour commencer, comment Absolut Treepsal est né ?

Koffi -En fait, moi j’ai commencé à rapper, on va dire, vers 97. À l’époque mon groupe c’était avec Sidi Omar et Kameni, c’était le groupe Roi De l’Asssos. Donc on a commencé les premières mixtapes Neochrome avec Loko, Yonea. Neochrome 1, Neochrome 2. c’était à l’époque où il faisait les freestyles.

Teo -les premières cassettes Neochrome.

Koffi -Voilà. Après avec le temps, Sidi Omar est passé un peu en solo. Et après ils ont fait une structure, comme ça marchait. Ils ont fait un label et eux, ils l’ont signé. À l’époque y’avait Sinik, Seth Gueko venait d’arriver, tout ça. Après moi j’ai continué de mon côté, j’ai fait un truc : Treepsal. Après y a eu des petits problèmes par rapport au premier CD qu’est sorti. Après moi j’ai fait un truc à part, j’ai fait mon groupe Absolut Treepsal. Là on a commencé à faire un 1er street album, on l’a pas réellement sorti parce que dans le groupe, y en a plein qui sont partis en prison. Et voilà, là je reviens maintenant. Pour taffer sur mon nouvel album, toujours avec les gars d’Absolut Treepsal mais on va dire que c’est plus mon album solo.

Teo -Donc c’est pas fini Absolut treepsal ?

Koffi -Non, non. On est toujours là. À côté on prépare un deuxième street. Mais là j’ai voulu faire vraiment un truc solo. Et celui qui rappe avec moi, de toute façon c’est un boug, Autop-C. Lui aussi il fait des tapes à côté. Il prépare aussi un street. Donc c’est pour avoir plusieurs produits en fait.

Teo -Vous partez chacun dans vos trucs.

Koffi -Voilà. Mais on est pratiquement toujours ensemble. Par exemple, dans mon street, on va dire à 70% il est toujours avec moi. 70% des morceaux il est là. Il fait des refrains, il fait des backs, il crie avec moi.

Teo -Ouais dans Absolut, on a l’impression que c’est surtout toi et Autop-C Après y a beaucoup de mecs qui gravitent autour.

Koffi -Ouais voilà, Kapacci, Krem, Express. Après, chacun fait les trucs de son côté, mais on va dire que la vraie ossature c’est moi et Autop-C. Comme nous on vient tous du même quartier, y’a pas d’embrouilles entre nous. On se connait depuis, on va dire, plus de 15 piges. On a toujours avancé ensemble. Treepsal on était ensemble. Absolut Treepsal on est encore ensemble. C’est vraiment au début, quand moi j’ai commencé à rapper de mon côté avec Sidi Omar et Kameni que j’étais vraiment à part. Parce que ça rappait pas beaucoup dans mon quartier. C’est après qu’ils ont commencé à rapper, quoi. Y en avait certains qui rappaient mais c’était des grands. Mais de ma génération, moins. Certains faisaient leur truc en cachette. Et après moi, quand j’ai commencé à revenir dans le quartier, par rapport à la musique, on a fait nos trucs ensemble. On a voulu avancer ensemble quoi.

Teo -C’est une histoire de potes avant tout, en gros ?

Koffi -Ouais. On était toujours ensemble, on trainait toujours ensemble. Donc après y a eu la musique, normal qu’on rappe ensemble. Même là maintenant, quand ils font leurs trucs de leur côté, je suis en studio, je passe les voir. Parce qu’en fait, on est ensemble mais, t’as vu, chacun sa couleur. Certains aiment plus des ambiances que d’autres. Certains développent plus de sujets que d’autres.

Spleenter -D’ailleurs, comment tu définirais un peu le style Absolut ? Parce que c’est vrai qu’en écoutant certains sons, on peut dire « ouais c’est plutôt West », d’autres sons « c’est plutôt nanana » (ça c’est de la question taffée avec amour) etc…

Koffi -On va dire que dans l’influence son c’est plus West, nous. Tu vois ? Mais New West. Façon les nouveaux sons de Dr Dre, tout ça. genre G-Unit, Fifty. Vraiment le nouveau West.

Teo -C’est West Coast mais pas G-Funk.

Koffi -Ouais non, c’est pas trop G-Funk. C’est plus le Nouveau west, ils ont donné un nom. Tu vois dans les nouvelles tendances, les nouvelles instrus de Dr Dre, etc…

Spleenter -Ouais, la New West, quoi.

Koffi -Voilà. Donc on a un peu les codes gangstas. Enfin, gangsta… nous on est Français, c’est un peu des trucs de cités, tu vois ?

Teo -C’est plus caillera que gangsta. Même si après y a des codes qui se retrouvent.

Koffi -Voilà !

Spleenter -Ah d’ailleurs, je voulais te poser cette question en dernier, donc je vais le faire là : la mort de Nate Dogg ?

Koffi -Franchement, c’est… c’était un bon artiste, t’as vu ? Il nous a fait kiffer. Moi j’avais kiffé sa première chanson avec Warren G, à l’époque. Et le reste qu’il a fait. Donc franchement, on doit tous partir un jour, mais quand ça arrive comme ça c’est toujours triste. Surtout comme lui. On le connait pas mais on le voit tout le temps. Il nous a un peu bercé. Ça fait toujours un choc.

Teo -Ah oui. J’ai une question de Spiro (big up à lui), d’où vient le nom Absolut Treepsal ?

Koffi -Treepsal, en fait, à l’époque, quand je trainais avec Sidi Omar et Kameni, moi j’étais toujours dans les ambiances meufs. Les gens me voyaient ils me disaient « Mais toi tu fais toujours des trips sales » après c’est resté dans le concept. Maintenant, quand on a voulu revenir avec un nouveau truc, on voulait toujours rester dans l’ambiance Treepsal. Parce que c’est un concept qu’on vit. On a trouvé Absolut parce qu’à l’époque c’était quand on a commencé à boire, donc on a pensé à Absolut Vodka. Là on a dit qu’on allait s’appeler Absolut Treepsal. Pour donner un côté luxueux à notre truc. Ça fait penser à un truc beau, un truc bien, tu vois ? Absolut ça pète, tu vois ?

Spleenter -Dans une vidéo que vous avez faite, on vous voit dans la rue… je sais plus comment elle s’appelle cette video. Peut-être « Absolut dans la rue » (une imagination débordante) ou un truc comme ça.

Koffi -« Fait kiffer » ? Quand on montre la bouteille de Smirnoff ?

Spleenter -Ouais ! Celle où vous dites « c’est ce que les negros du quartier ont dans les couilles, ça ! »

Koffi -Voilà ! (rire général) C’est par rapport à ce délire. Parce que franchement, nous, on est dans une ambiance « gangsta ». J’aime pas trop employer ce mot là mais on est vraiment gangsta. Mais quand je dis gangsta c’est pas comme les américains. Mais un peu comme tout le monde, tu vois ? Et nous on veut vraiment mettre ce côté là en avant. Fumer, boire, faire la fête, baiser. Comme tout le monde. Mais nous on le revendique vraiment. Certains rappeurs, je sais pas si c’est par rapport à la famille ou par rapport à la religion, ils aiment bien mettre ça en retrait, faire des trucs mais pas trop le dire. Alors que nous on préfère le dire directement. C’est plutôt ce côté là. Mais je vais pas dire qu’on est les seuls à le faire. Moi je sais que tout le monde le fait, mais y a certains rappeurs que je connais qu’aiment pas trop le dire. Ils ont une certaine image.

Spleenter -C’est vrai que c’est ce qui m’avait le plus accroché au début, c’était le solo d’Autop C sur « Mon arrondissement favori« . Genre « nous on est des sales races mais on s’assume »

Koffi -Ouais. C’est un peu notre concept.

Teo -Des phases comme « tu peux plaindre mes parents, mais j’en ai rien à branler. »

Koffi -Voilà, on essaie de travailler ce style là. C’est un côté egotrip mais tout le monde fait de l’egotrip dans le rap français. On essaie plus de sortir des phrases de tous les jours. Mais je répète bien : tout le monde le fait. Mais certains, c’est pas qu’ils ont pas les couilles, c’est plus par rapport à une certaine pudeur qui fait qu’ils le disent pas. Nous on a vu que c’était un truc que personne faisait, ou avait peur de faire. Ça fait des années qu’on s’est lancé dedans c’est pour ça que maintenant on balance toujours comme ça.

Spleenter -Ça c’est marrant parce que c’est un truc qui caractérise le 19ème, dans le rap.

Koffi -Franchement, ouais. On va dire qu’y a une nouvelle école dans le 19 là. Après qu’il y ait eu Oxmo ou Pit Baccardi qui étaient vraiment dans la fiction. En fait c’était du vécu mais eux ils te le montraient vraiment comme une fiction. Mais nous on essaye de jouer sur un autre truc.

Teo -C’est plus rentre-dedans, plus brut.

Koffi -Voilà, c’est plus brut. Comme ce qu’on écoute, t’as vu ? Du Dipset, du G-Unit.

Teo -Ou du Three Six Mafia ?

Koffi -Ouais ! Moi j’adore Three Six Mafia !

Teo -Parce qu’y avait eu une pochette qui ressemblait à celle de « On passe du shit à l’industrie du disque » (en fait c’était une pochette de Project Pat mais on va dire que c’est pareil).

Koffi -Si si. Moi j’écoute du Three Six Mafia. Déjà, tout ce qui est cainri, moi j’aime bien. Que ce soit West, que ce soit ATL, ça m’inspire toujours. Après c’est sûr que j’ai des préférences… Three six Mafia ils ont fait des bons trucs. Project Pat, tout ça, ils ont fait des trucs lourds ! Donc moi je connais. Tout ce qui est bon, moi j’écoute. Peut-être, en scred, c’est ça qui nous influence. On sait pas.

Spleenter -C’est vrai qu’au niveau du discours, du délire, c’est très Dipset. « Nous on arrive. On vend du crack, on s’amuse »

Teo -« Et on s’en bat les couilles. »

Koffi -Après, y a des gens qui aiment pas. Mais nous on insiste sur ce côté là. J’ai entendu toutes sortes de critiques « vous vous balancez tout seul, vous vous grillez, vous êtes des fous, vous mentez, vous exagérez… » Alors, peut-être qu’on exagère, mais ça reste de la musique. Quand tu fais de la musique, c’est comme quand tu vas voir un film. Dans un film Américain, ils mettent directement le gros paquet. Si tu veux une petite comédie française, ça me fait rire, mais quand tu veux un blockbuster, comme ils disent, tu mets du lourd. Nous on fait notre musique, on met du lourd. C’est à dire : si j’ai baisé une meuf, je vais te dire que j’en ai baisé 100 ! sinon où est l’intérêt de m’écouter ? (rires) C’est pour ça que nous on gonfle toujours. Si je vends une barrette, je vais te dire que j’en vends 100. C’est comme ça, faut faire kiffer les gens. quand tu restes toujours dans le minimum, moi je trouve qu’y a pas trop d’intérêt. Mais chacun son style. Y en a ils sont bons dans le rap conscient, l’introspectif. Certains ont plein de styles. Mais nous on essaie vraiment de développer ce truc là, egotrip avec du vrai rentre-dedans, comme vous avez dit.

Teo -Quand on écoute, au premier abord, on se dit que c’est vraiment du rap de rue. Ça parle de deal, de diez, de bizness, mais quand on écoute vraiment, ce qui revient le plus souvent c’est les meufs. C’est pas les backstreet boys non plus, mais ça revient presque à chaque morceau.

Spleenter -Surtout les meufs casées. (rires)

Koffi -Nous, quand on a commencé la musique, je te mens pas, on s’est toujours dit qu’il fallait déjà, comme t’as dit, qu’on arrive avec une truc rentre-dedans. Fallait qu’on en fasse toujours plus. Et surtout, nous on veut un public féminin. Parce que moi j’ai vu et y a certaines études, certaines statistiques qui montrent que les meufs, c’est elles qui achètent et c’est elles qui poussent à acheter. Sans faire le suceur, quand y a une meuf qui écoute quelqu’un, t’es là tu dis « T’écoutes quoi ? » elle t’énerve. Mais après : « Pourquoi t’écoutes celui là ? » Elle, elle peut t’amener à écouter quelqu’un. Souvent t’écoutes ton pote, il te dit « t’as vu, y a le dernier Project Pat » mais souvent, les meufs, c’est des dingues donc elles rentrent dans un autre concept. C’est pas des fanatiques mais plus des groupies. Elles te font écouter leur truc. Donc nous on essaye de vraiment toucher les meufs. Si t’arrives à avoir les meufs et les mecs, c’est opé. Nous on est là pour vendre ou au moins pour plaire. Et pour faire kiffer notre musique faut faire kiffer les mecs et les meufs. Donc c’est pour ça qu’on parle beaucoup de meufs, parce qu’il faut qu’on les touche. Parce que ce qu’on dit c’est quand même réel. Y a des meufs elles sont casées et elles déconnent, tu vois ou pas ? Et des meufs bien aussi. Comme nous on est parti sur un truc négatif et qu’on accentue toujours on est forcés de parler des meufs casées, qui font des bêtises. Nous on est là, comme ils disaient IAM, on est là pour le côté obscur (rire général). On est là pour ramener le côté obscur dans ce business.

Teo -Là tu prêches un convaincu. Les meufs casées c’est plus facile à pécho que les autres.

Koffi -Mais oui ! Une meuf casée c’est toujours plus simple à serrer.

Teo -Là on va revenir sur un truc que t’as dis tout à l’heure… en fait ça va être un peu anarchique cette interview.

Koffi -Y a pas de souci, c’est cool. Moi j’aime bien.

Teo -Tu disais que chacun amène sa couleur dans Absolut, t’amènes quelle couleur toi ?

Koffi -En fait, moi je bouge beaucoup en soirée. Ça va toujours dans le même délire, le délire Absolut Treepsal mais moi ça va plus être des sons club. Comme un peu Rick Ross, comme il faisait Biggie. C’est à dire la banane, je vais faire des sons qui bougent mais dans mes textes je vais toujours rester hardcore. Je vais te parler de meufs, de rue, de drogue, mais plus dansant. C’est pour ça que j’ai un délire Clubbanger.

Teo -C’est le nom d’un de tes morceaux.

Koffi -Dans « Mon arrondissement favori » oui.

Teo -Et y en a un second avec 2 autres gars.

Koffi -Avec 2 petits de chez moi : LOgbi et Rhod. Clubbanger c’est le concept que je vais faire. Sinon ça parle toujours de la même chose, mon street album il va s’appeler « Champagne & coke » (rire général). On va sortir les délires club, champagne et la coke. Coke, je parle des 2 côtés. Du vendeur et du consommateur.

Teo -Parce que tu consommes toi ?

Koffi -Coke, non. Shit, ouais. seum, ouais. Mais coke ça m’est déjà arrivé, avec des meufs… je me suis fait baisé, mais bon. Je vais pas te mentir, ça m’est arrivé 2 ou 3 fois. C’est pas un sujet tabou pour moi, de toute façon j’ai grandi dedans. Mais aller dire que je suis un consommateur, je pourrai pas. On peut dire que je fume du shit, mais on peut pas dire que je tape de la c. Mais si tu demandes, les gens qui me connaissent savent que j’ai déjà pris 2 ou 3 fois. Celui qui te dit qu’il a pris qu’une fois, c’est toujours le mec qui ment. Mais après, aller dire après que je suis un consommateur, non.

Spleenter -Ou le revendiquer dans tes textes…

Koffi -Non plus. Mais je peux revendiquer que je fume du shit parce que ça je le fais régulièrement. Je bois de l’alcool aussi régulièrement. Y a des trucs que je fais régulièrement. Mais dire que je suis tapeur de c, j’en vois pas l’intérêt vu que je fais pas ça tout le temps. Après si je le fais tout le temps, peut être dans mon prochain album je le dirai. Moi ce dont je parle dans mon album c’est que quand t’es dans le monde de la coke : tu vends, les gens ils consomment et souvent, sans faire exprès, t’en prends par rapport à d’autres délires Parce que quand tu vends de la coke…

Teo -Tu rencontres d’autres mecs qui sont dans d’autres trucs.

Koffi -Voilà. Et eux, sans faire gaffe, ils peuvent t’amener à ça. En fait, y a 2 types de consommateurs. Y a le consommateur qui vient acheter dans ta cité et y a le consommateur qui est sur les Champs. Lui il est là avec sa berline dans sa bête de maison avec des bêtes de gos. Tu viens, tu livres ton truc et après tu rentres chez toi. Mais un jour il te dit « Tu veux pas rester avec moi ? » Et toi t’es là « qu’est-ce qui se passe , mais qu’est ce qui se passe ? » Après il te dit « vas-y, y a des meufs. » Je reste. Après ça devient ton pote. Tu rentres dans d’autres délires. Tu vas en boite avec. C’est tout un monde. Ensuite c’est à toi de prendre du recul et te dire « je perds les pédales, je pète les plombs ou pas ? » Parce que eux c’est un style de vie qu’ils ont, ils habitent sur les Champs, ils sont plus riches que toi. Toi t’es le dealer tu viens donner ton truc. Faut voir, soit tu veux rester avec eux et faut assumer, parce que c’est un style de vie qu’ils ont. Peut-être c’est des chefs de publicités, des trucs comme ça. Toi t’es là, t’es qu’un dealer. Qu’on peut remplacer à la minute. J’en ai vu plein. C’est ça que je raconte aussi, y en a plein qui ont été donnés. Quand ils ont des couilles, ils balancent pas, ils tombent. Après un autre les remplace. Moi je parle un peu de tout. Et de champagne. En fait je dis champagne & coke parce que c’est un cocktail explosif pour faire la fête. Et c’est un cocktail explosif aussi pour être dans la merde. Moi je montre le côté festif mais aussi l’autre côté. Pour avoir du champagne et de la coke, les gens ils pètent les plombs. Le revers de la médaille. Ça finit pas forcément bien.

Spleenter -Justement, ce côté là, le côté sale, on s’assume, on a l’impression que c’est très typique au 19ème. On fait pas la morale et on y va à fond.

Koffi -En fait, je sais pas comment ça s’est développé, mais à partir d’Oxmo et de Pit, y a plus rien eu dans le 19ème. Et comme ils disent souvent dans le 94, ils revendiquent que ce sont des braqueurs. Je te mens pas, que tu sois blanc, noir, arabe ou chinois dans le 19ème, tout le monde a dealé, tu vois ou pas ? Tout le monde, au moins une fois dans sa vie. C’est un truc que tout le monde a fait, même si maintenant tout le monde fait autre chose, mais tout le monde a vendu au moins une barrette, une connerie. Ce qui fait que nous, quand on est rentré dans le truc et qu’on avait rien et qu’on était dans notre ghetto, on a créé une certaine école. Ce qui fait qu’entre nous, on était tous ensemble, chacun balançait ses textes et parlait de son vécu. Et nous on s’est lancé un délire, on parlait toujours de drogue, de drogue, de drogue. Ce qui fait que même les petits qui nous suivent, quand on balance des trucs à la radio ou sur internet, ça reflète toujours ce qu’on vit. Parce qu’en fait on nous a ghettoïsé. Si tu regardes bien, dans le rap français y a toujours la banlieue : 93, 94, 95…

Spleenter -92 !

Koffi -Tu vois ! Y a même le 18e mais on parle jamais du 19e.

Teo -Avant c’était le 20-1 mais c’est vrai qu’on entend moins ça, maintenant.

Koffi -Voilà, mais on a toujours été dans une sorte de ghetto, toujours à rapper dans nos salles, dans nos MJC, à galérer. À rapper dans nos voitures ou dans le hall, ce qui fait que maintenant y a une certaine école et chacun s’est passé le mot sans faire exprès. C’est à dire que nous on va parler de drogue en voulant peut-être copier un peu les mecs du 92, ceux qui bicravaient au Luth, à Asnières-Gennevilliers, des trucs comme ça. Nous on a voulu lancer un truc comme ça. Ça va être notre sorte de marque. Y a pas que ça dans le 19 mais ceux qui font vraiment du rap hardcore, je te mens pas, ils parlent de ce qu’ils font. Ils parlent de leur vécu ou de leurs amis, leurs proches, mais ça reste très drogue. C’est pour ça qu’on dit qu’on est le Harlem de Paris, ça vend beaucoup de drogue. Ça parle de meufs, d’embrouilles, de tout, mais tout le monde parle de drogue.

Teo -Ça me rappelle qu’à un moment je trainais souvent près de Jourdain, c’était un petit coin tranquille mais c’était un four. T’habites au rez-de-chaussée, t’as des petits de 17ans ou moins, ils sont assis sur le rebord de ta fenêtre, t’ouvres, tu demandes si quelqu’un à un 20, un 30, etc…

Koffi -Tu vois ? Je te mens pas, dans le 19ème tout le monde a vendu au moins une barrette et même si c’est pas toi, c’est ton pote, donc tu connais. Pour braquer, faut peut-être des couilles, mais dans le 19ème ça deale à l’école, en bas de chez toi. Ou même si t’es ce qu’on appelle un porte-avion, un petit que t’envoies chercher. Ou un grec frite. Ou même si tu prends pour un pote, y a toujours de la drogue dans tes mains. Même si après tu fais autre chose, tu joues au foot, tu peux même être avocat, mais tout le monde a de la drogue dans ses mains. Moi je suis là depuis 1993 et j’ai toujours vu de la drogue. Que ce soit les toxicos, l’héroine, le crack, les extas, la beuh, le shit, le marocain, j’ai toujours vu de la drogue. Même si j’étais pas à fond dedans, mais j’en entendais parler, je voyais des gens. Donc en rappant, c’est rentré dans nos textes. Comme les gens du 94 ils parlent de braquage, c’est comme ça.

Teo -C’est identitaire.

Koffi -Voilà. C’est notre identité. Après y a des gens ils essayent d’être un peu plus « hype », d’être un peu fashion, de faire des trucs stylés comme, par exemple, la Famille Haussmann avec qui je travaille beaucoup.

Spleenter -Ah oui, c’est vrai. Les Ghett Dip.

Teo -Ah bah les Ghetto Diplomats ils étaient quand même là pour représenter le 19e après Ox et Pit.

Spleenter -C’est toujours Cambrai ?

Koffi -Ouais ils sont toujours à Cambrai. Mais eux, c’était les petits d’Oxmo et Pit. Quand ils sont partis en couille, je veux dire quand ils se sont séparés de Time Bomb, ils les ont un peu laissés dans la merde. Les Ghetto Diplomats ils ont dû se débrouiller pour revenir.

Teo -Y a eu le truc commun avec les X-Men.

Koffi -Voilà. Ils ont été Jedis, après ils ont été Ghetto Diplomats.

Teo -Entre Jedis et Ghett Dip, y avait même Korporation Bordelik.

Koffi -Voilà, Korporation Bordelik. Ça veut dire qu’ils ont fait plein d’équipes avant de revenir en Famille Haussmann.

Teo -C’est un truc propre au rap Parisien ça. Absolut c’est donc toi et Autop mais avec plein de ramifications autours, récemment y’a la Sexion d’Assaut qui était un collectif avant avec le groupe 3ème Pro et des mecs en solo, y a l’Institut pas loin, maintenant t’as 1995 avec l’Entourage ou je sais pas quoi…

Koffi -Ouais, 1995, les mes de banlieue, là ?

Spleenter -Ils sont surtout de Panam.

Koffi -Ah ? Je savais pas. Y en a pas qui viennent de Gennevilliers ?

Spleenter -Si, je crois que t’en as un qui vient de Gégène, un autre de Villeneuve, ouais.

Teo – à l’ancienne y avait aussi ATK… Plein de gros collectifs avec plein d’affiliations, c’est une technique de base du rap parisien pour embrouiller les auditeurs ?

Koffi -Non mais Paris c’est petit. c’est une expression comme « fais de la psy » ou « c’est bavon » mais c’est vrai « Paris c’est petit« . Donc on se retrouve partout. On fait pratiquement les mêmes choses, ça fait du sport dans les mêmes clubs, certains le basket, certains le foot, on traine dans les mêmes cités, on a pas de mal de passer d’une cité à une autre, à moins d’une grosse embrouille. Mais ça veut dire que moi je peux trainer dans un coin, par rapport à des cousins, par rapport à des amis, on a les mêmes écoles. Donc dés qu’il y a quelque chose qui nous rassemble, on est tous partis ! Y a des affinités aussi, j’avoue. On a pas de mal à faire des connections. On est amenés à faire les mêmes choses sur Paris qui font que. On fait les mêmes boites, on fait les mêmes puces, y a Châtelet, y a Opéra, je sais pas, y a les Champs. Tout le temps ça gravite autour de ça. Les clubs c’est les mêmes. On rentre pas dans tous les clubs, mais le peu de club où on rentre, on va retrouver les mêmes gens. Donc à la fin on est potes. On se voit 2, 3 fois. À la 4ème fois « ah ça va mon pote ?« . Et voilà, c’est du direct.

Spleenter -Et d’où vient l’expression « tu fais de la psy ? » c’était là avant que t’arrives ?

Koffi -Ça c’est nous. Je te mens pas, nous à Cambrai on a inventé beaucoup d’expressions. Fais de la psy, ça vient de Cambrai. Comment t’expliquer… C’est un truc qui est réel, mais toi tu veux faire du cinéma. Par exemple, moi je te dis « Tu kiffes Booba ? » tu dis « Non » bah je te dis que tu fais de la psy. Après y en avait plein des expressions. « Réveille toi » ou « T’es sérieux« .

Teo -Celle là on les connait, mais faire de la psy c’est vraiment chez vous que ça se dit.

Koffi -Y a Cambrai et y a le 19ème, mais ‘fais de la psy‘ c’est vraiment de chez nous, de Cambrai. Comme je te dis, c’est un truc qui est sûr mais tu fais du cinéma. Y a toujours des gens qui font semblant. Au lieu de dire qu’on fait style, on dit faire de la psy.

Teo -Tu parles de Booba, tu parles de la Sexion, tu kiffes qui d’autres dans les têtes d’affiches du moment ?

Koffi -Ceux connus là ? Franchement j’aime bien Booba.

Teo -Même le dernier ? (c’est pas beau de vouloir influencer la réponse des gens, Teo)

Koffi -Toute sa carrière, même le dernier j’aime bien aussi. Sexion d’Assaut, ça va, j’aime bien. Après je dirais pas que c’est mon groupe préféré, mais j’aime bien et ça s’écoute. Moi je suis un rappeur, donc en tant que rappeur je trouve que les sons qu’ils utilisent et comment ils travaillent leurs morceaux, ils font un bon taf. Je kiffe pas tous les morceaux mais Booba, j’aime bien, La Fouine, j’aime bien. Rohff j’aimais bien… je vais dire j’aime bien. C’est le dernier album que je calcule pas trop mais sinon j’aime bien. Je vais pas le tuer pour un album, t’as vu. Nessbeal aussi j’aime bien.

Spleenter -Il avait posé avec un mec de chez vous Nessbeal.

Teo -Koussek, je crois.

Koffi -Ouais voilà. je le connais bien Nessbeal, par rapport à cette connexion là, maintenant on se connait. Parce qu’en fait il connaissait un grand à nous qui nous l’a présenté. Y a qui encore ? Je te parle des rappeurs connus, hein ? Y en a plein. Y en a d’autres que j’écoute mais ils sont pas connus. Comme on a dit, Joe Lucazz, la Famille Haussmann, Seth Gueko aussi j’aime bien. En fait, je suis pas à fond sur un rappeur à 100%, mais je me laisse toujours niquer par un morceau. Si tu rappes c’est que tu peux toujours sortir un bête de morceau. C’est comme si tu vas chez un mec qui fait des instrus, il peut t’en faire écouter 200, elles seront pétées. Mais y en aura une qui va te plaire. Je pars toujours de ce principe là. Quand tu vas chez un mec qui fait des sons, toujours il te saoule. Mais tu vas toujours tomber sur un où au pire tu vas lui dire « retaffe le un peu stp » mais y en a toujours un qui va te plaire. Pour moi c’est comme ça la musique, si t’es là et qu’on entend parler de toi sur internet c’est pas moi qui vais venir te dire que t’es pété. Je suis honnête, je dirai « j’aime pas – j’aime pas – j’aime pas » mais je me dis que si t’es là y a quand même quelque chose qui va me parler. Sexion d’Assaut au début je calculais pas mais je me suis dit « y a peut-être un morceau qui va me parler » après ça a été le cas. Maintenant, je serai pas toujours derrière eux. Par exemple si y a un concert de Sexion d’Assaut ou Booba, je te le dis, je préfère aller à celui de Booba. Je veux aller voir le spectacle. Mais si un pote me dit qu’il a été voir Sexion d’Assaut et que c’est bien. Peut-être j’irai au prochain.

Teo -Pourtant Booba sur scène y a moins d’énergie que la Sexion, non ?

Koffi -Ouais, mais moi je parle d’un côté artistique, d’un côté show. Parce qu’il a une manière de vendre sa musique.

Spleenter -Il va ramener des danseuses.

Koffi -Voilà. Sexion d’Assaut ils sont neuf sur scène. Ils ont chacun un couplet, ils tournent. Ils font les backs, tout ça. Eux même c’est des backeurs. Alors que Booba il est tout seul. Donc je suis plus amené à allé voir ce que booba il va donner ou pas. Ça veut pas dire que Sexion d’Assaut c’est pas bon, moi j’aime bien.

Teo -T’as un esprit très compétition, tu regardes ce que font les autres.

Koffi -Toujours. Je regarde toujours ce qui se passe, pas pour faire comme eux. Quand on te parle des autres c’est toujours mieux de pouvoir dire « je connais ». On peut pas tout connaitre mais souvent je vais sur internet. La dernière fois je vais sur facebook, je vois ça parle de 1995. Pourquoi ils parlent ? Je suis parti sur youtube, j’ai regardé. J’ai regardé leur truc, y a au moins une chanson qui m’a plu. Je me dis ça va, ils se débrouillent, tu vois ou pas ? Ça me fait penser au délire Sexion d’Assaut et même La Cliqua de revenir comme ça, sac à dos. Moi j’ai connu toute cette période. Donc voilà, je kiffe. Moi j’ai déjà mis les sacs à dos, on est partout, on tourne, on monte sur toutes les scènes alors qu’on n’est pas invités. On freestyle, on arrache le micro, tout ça.

Spleenter -C’est un côté qu’on imagine pas spécialement chez vous.

Koffi -Si si ! Je suis passé par là. Tu prends le RER, tu vas loin, tu vas à Cergy Pontoise, à l’époque y avait le truc à Bobigny, le festival XXL, tout ça. Tu prends ton sac à dos, t’es là t’as ta casquette. Je connais. Tu prends le métro à Châtelet, on est 20. J’ai fait la guerre, tu vois ou pas ? quand je revois des gens qui reprennent ces codes là, même si ils sont plus jeunes, je me dis que je suis passé par là. C’est quand même bien. Bon après, en grandissant, tu rentres dans un autre délire. Parce qu’à l’époque j’avais que mon sac à dos, j’étais pas trop dans le quartier, j’étais plus à aller voir si y avait des meufs à Châtelet, t’as vu ? J’étais à fond dans la musique, fallait aller voir si y’avait des studios pour poser. On avait pas l’argent pour prendre des studios donc quand y avait un plan, que quelqu’un posait, il fallait y aller direct. Y a des tapes où on s’imposait. Mais en grandissant t’as besoin d’acheter des habits etc.. Et comme j’étais dans le 19, comme je dis dans un texte qui sera dans mon album, sans faire exprès, je me suis mis à faire les stupéfiants. Je voyais déjà les gens faire, mais j’en voyais pas l’intérêt. Mes parents ils me donnaient un peu de billet, de l’argent vite fait. Pas beaucoup non plus, mais un peu d’argent de poche. Et un jour, je sors de chez moi et 2 ou 3 fois on me dit « t’as pas quelque chose mec ?« … Attends ! Après tu réfléchis, tu vois ou pas ? T’as même pas besoin de créer un terrain, d’être Tony Montana, juste tu descends. T’as pas besoin de créer un truc ou d’avoir une arme et de tuer des gens, juste tu descends en bas de chez toi pour acheter le pain pour ta maman et on te dit « hé mec, où est-ce que je peux avoir une barrette ?« .
Genre t’as juste à l’appeler dans un coin si t’as ta barrette, tu vois ? Après tu te mets dedans. Après, comme t’es un mec, t’es con. Tu te mets à vendre encore plus de truc. Moi c’est comme ça que c’est parti. Après tu commences à te structurer, à dire « hé mon pote, maintenant je fais du biff. Toi aussi tu fais du biff. Viens on se met ensemble on fait un gros truc. » Puis tu sors, y a les meufs, les bouteilles, les vacances, Thailande, Brésil, Etats-Unis, Afrique. Ça te pousse à en faire encore plus, jusqu’à ce qu’un jour, les keufs viennent. Après ça dépend si tu continues ou si tu t’arrêtes. Mais en fait, ce que je veux dire c’est que t’as une facilité pour en vendre, c’est même pas une question de couilles. C’est à toi de te prendre la tête, à avoir la bonne qualité, avoir les bons prix. Mais en vendre, tu vois, c’est pas un souci.

Spleenter -D’ailleurs, si c’est pas déjà fait, sur ce truc là faut que tu mettes en intro le passage de Traffic où t’as un mec qui dit exactement ça : « Imaginez si dans un quartier blanc pavillonaire, t’avais 100 noirs qui arrivent pour demander du crack. Le lendemain, tous les blancs ils en vendraient. »

Koffi -Grave ! Mais ça va vite, hein ? Plus t’avances dans ce délire là, plus t’auras des gens pour te demander des trucs, ce qui fait que tu t’arrêtes plus après. C’est toi qui te mets en mode stop « bon j’arrête. » Mais sinon t’es amené à voir d’autres gens qui te proposent d’autres structures. Par exemple, au début je faisais du shit et quand tu fais du shit y’a toujours un mec qui te dit « et au fait, t’as pas de la coke ?« . Toujours ! Et après toi t’es là et tu te dis « ah ouais ! La prochaine fois, je vais le faire ce billet là ! » (rire général) Et maintenant tu te mets à ça. Ça s’arrête pas. Donc à un moment fallait qu’on paye nos heures de studio, tout ça ça nous a aidé à sortir nos albums. Mais entre temps y en a certains… En fait, comme je te disais dans Asbolut Treepsal au début on était 5 ou 6. Et sans compter Kapacci et Express. Y’avait Freddy Crack, souvent je parle de lui dans mes textes, lui il est bé-ton. Y a Tony il est bé-ton, il est encore en taule là. Y en a plein…

Teo -Tony il avait posé sur L’Alien de Sir Doums ?

Spleenter -Ah, c’est celui là ?!

Koffi -Voilà, bah lui il est béton aussi. Après y a Autop-C, tu connais, y a des périodes dans le rap où t’arrêtes, comme t’as dit tout à l’heure, toi t’es auditeur et parfois t’arrêtes d’écouter du rap. Quand t’es rappeur aussi, parfois t’en as marre. Tu t’arrêtes puis tu reviens. Ce qui fait que même à Génération, un jour un mec nous a dit « Ouais mais vous faites tellement de bêtises, sortez un vrai truc. » Après on a dit « on va essayer. » Peut-être même que là, mon album là, il est fini à 75% et peut-être que je vais pas le sortir. Mais j’essaye de le terminer, de le sortir. J’ai commencé à faire des clips. On va voir.

Teo -T’as déjà commencé à en sortir ?

Koffi -Ouais, j’en ai mis sur facebook.

Spleenter – Par rapport à d’autres groupes qui sont pas diffusés, et qui maintenant prennent leur revanche sur le net, comment ça se fait que vous soyez pas plus présents ?

Koffi -Parce qu’on calculait pas trop, je te mens pas. On était plutôt dans la folie, on va dire. Moi je dis que ce qui nous a beaucoup manqué et qu’on va essayer de taffer là, c’est la structure. Ça nous a beaucoup manqué.

Spleenter -En attendant que Teobaldo trouve les clips sur youtube. Le nom il vient d’où ?

Koffi -Lequel ?

Spleenter -Koffi Trop 2 Style.

Koffi -Alors Koffi c’est moi. Je m’appelle vraiment Koffi. Et Trop 2 Style c’est par rapport à quand je trainais encore avec Sidi Omar et Kameni ; parce qu’avec les meufs, toujours, quand j’étais jeune on me disait tout le temps « Ouais mais arrête, toi tu fais trop de style, mec ! » (rire général, on s’est beaucoup marré dans cet interview) « Ouais mais toi t’es vraiment Koffi trop de style, enfoiré ! » Et c’est resté, tu vois ? (il regarde l’écran de l’ordinateur) Ah voilà. C’est celui là.

Teo -Donc ça c’est le clip de « Ok negro. »

Koffi -Ça normalement c’est l’intro de mon street album.

Spleenter -Ça va, il est propre quand même au niveau du grain de l’image. (et évidement, au moment où il dit ça, youtube plante…)

Koffi -Ouais. Ceux qui font les vidéos, là, c’est Les Grands Lacs. C’est ceux qui ont sorti « Mon arrondissement favori », c’est mes potes. Ils vont faire quelques uns de mes clips, parce que je suis parti pour en faire 20.

Spleenter -Tu vas tout clipper ?

Koffi -Ouais, tout, tout ! Comme t’as dit on était pas sur internet. Là on est obligé de revenir. Parce que la visibilité c’est dur. De toute façon on vise pas la signature, mais il faut du visu. Donc on va bosser sur ça.

Spleenter -Du coup c’est en indé ?

Koffi -Ouais, c’est en indé et on va essayer de chercher une distribution et au pire le balancer sur tout ce qui est téléchargement légal. Ce qu’ils appellent digital. I-Tunes, tout ça. C’est bon, j’ai un contrat avec un believe. Ça vous dit rien believe ?

Les 2 -Euh… (on reconnaît les cancres)

Koffi -C’est comme une distribution qui fait les plates-formes digitales : fnac, SFR, Nokia, Virgin, etc… J’ai un truc avec eux, on va voir, quoi.

Spleenter -T’as un label en indé ?

Koffi -Non, tout seul. Nous c’est que de l’auto-prod. Mais après, quand je vais terminer mon projet avec tous mes clips, tu sais, je vais aller voir des équipes, essayer de faire une co-prod. Mais là, comme nous notre rap il est un peu rentre-dedans comme t’as dit, les gens voient déjà les problèmes par rapport à ça. Ils veulent pas avoir cette image de bêtises, de drogues ou de meufs, tout ça. Donc je préfère tout terminer et comme moi j’ai quand même un côté artistique, je sais comment je vais essayer de le vendre aux gens. Je préfère tout terminer avant qu’on rentre dans mes affaires et me dire « fais pas ça. » Je préfère arriver avec le tout terminé et dire aux gens « Tu veux t’associer ou pas ? » Mais à la fin j’aurais peut-être quelques feats, c’est pour ça que je dis que c’est fini à 75%. Peut-être avec Joe Lucazz ou des plus connus comme Seth Gueko et Nessbeal. C’est ceux que je connais vraiment.

Teo -Justement, Joe est sur un morceau avec Kapacci sur Mon arrondissement favori, « Caillera caillera ». Un bon petit son. Mais y a jamais eu de vraie connexion Joe avec Absolut.

Koffi -Non. Enfin si, y en a eu, mais on les a pas encore sorti. Y’en a 2 ou 3 qui traînent.

Spleenter -Bah faut y aller là.

Koffi -Ouaaaaaaiiiiiis. Mais on va balancer là. On va balancer ! Déjà on va faire le clip sur le court métrage qu’il est en train de m’écrire, là. Ça va être tourné et on va prendre les images pour en faire un vrai clip. Et je serai en feat avec lui.

Spleenter -Tu peux déjà balancer le thème du court ou c’est trop tôt ?

Koffi -Ça parle d’un mec qui sort de taule et qui reprend les affaires. Ça parle de business encore. Mais de quelqu’un qui sort de taule qui a perdu son biz depuis, et qui revient un peu malgré lui aux affaires. Parce qu’il a des trucs à régler. Il vient pas pour se remettre directement dedans mais il y est amené indirectement par rapport à sa famille, ses cousins. Ça parle de truc comme ça.

Spleenter -C’est l’impasse version 19ème.

Koffi -Voilà ! Tu vois ou pas ?! Donc ça va durer entre 10 et 15 minutes.

(Youtube a enfin chargé la vidéo, on envoie. Vous noterez la référence biblique « avant la fin du jour tu me renieras par 3 fois » )

Koffi -Ça parle un peu de moi, je rappe à propos du fait que je me sois fait péter, dernièrement. Y a environ un an. Mais bon, je suis pas béton, je suis resté en contrôle judiciaire 8 mois jusqu’au jugement et là j’ai encore 5 mois de mise à l’épreuve et 1 an de sursis, par rapport au stupéfiants et je parle un peu de ça.

Teo -Ce son là il est très solennel. Y en avait déjà quelques uns avec Absolut même si c’est pas ce qui est mis le plus en avant.

Koffi -En fait ce son là c’est pour des personnes qui se reconnaissent. Parce qu’en fait moi, par rapport à mon histoire, on m’a balancé, tu vois ou pas ? (là Spleenter voit très bien) c’est à dire qu’y avait une commission, c’était une histoire où y a 10 personnes qui se sont faites arrêter. Ils m’ont arrêté à la fin. Et les personnes qui se sont faites péter communiquaient au téléphone quand ils étaient en prison et ils m’ont toujours dit que j’étais pas dans les histoires. Après on est venu quand même me péter. Donc je raconte un peu tout ça. Je parle un peu de zic, de tout. Et entre temps on a aussi perdu des potes, tu vois. C’est pour ça que c’est un peu solennel et je la mets un peu comme une intro. Y’a toujours un contraste, comme on avait un peu fait sur le premier album d’Absolut Treepsal. Sur l’album, y a le premier track, y a un mec là, le pasteur de Belly qui parle. (rire général)

Spleenter -Ah ouais, on allait t’en parler de ça.

Koffi -c’était pour montrer aux gens qu’on est pas si fous que ça. Après c’est comme votre blavog, ça dépend de comment tu le prends. Y a des gens qui disent qu’on est dingues mais il faut toujours un côté pieds sur terre. Alors t’apprécies, t’apprécies pas.

Spleenter -Ce passage du film, vous l’avez mis en intro et en outro.

Teo -Mais là où c’est fort, c’est que, déjà, c’est marqué interlude-intro et interlude-outro.

Koffi -La fin, c’est pour clôturer toutes les bêtises qu’on a dit au début. En fait le mec nous parle à nous. Parce qu’en fait nous on est ses negros, comme il dit, qui maltraitent les femmes, qui maltraitent les parents, qui maltraitent tout le monde. C’est pour montrer aux gens qu’on fait des bêtises, peut-être pas aussi accentuées que dans nos textes, mais on représente tout ça. Parce qu’y a des petits qui nous écoutent aussi, ils vont vraiment croire qu’on est oufs. Par exemple, toi tu m’écoutes tu te dis « c’est des oufs, mais normal« . Mais des petits, ils vont vraiment dire « Ah ! Putain ! Mais ils sont vraiment dingues ceux là ou quoi ? » Mais le truc à la fin, c’est une sorte de morale et le vieux, le pasteur, il nous parle à nous et à tous ceux qui kiffent notre album. Il est là pour dire « Vous êtes une génération qui partez en couilles, vous faites que des bêtises, vous maltraitez la femme, vous êtes des malades ! »

Teo -Vous avez quand même conscience de tout ça.

Koffi -Voilà.

Spleenter -On fait des conneries mais on le sait.

Koffi -Ouais, on le sait. C’est toujours ça. Même là, dans cet album qui arrive, j’ai une interlude dans le même délire. Toujours pour montrer aux gens que dans le mauvais y a du bon aussi mais on reste conscient de ce qu’on fait.

Teo -On savait plus de quel film ça venait, nous. Y’a un mois que je suis retombé sur Belly en VF et quand le pasteur arrive à la fin je me suis dit que je la connaissais presque par cœur sa tirade. « Tu représentes ce feu ! »

Koffi -Au début, l’entrée c’est pour montrer qu’on va commencer à dire des conneries. Parce qu’il le dit le mec. Et à la fin c’est la morale quand il dit à DMX « Vous avez foutu le bordel. Vous avez fait que des conneries. »

Teo -C’est un parallèle avec le personnage de DMX dans Belly ?

Koffi -Ouais un peu. Dans l’album on est des « mauvais » comme DMX un peu. T’as toujours le choix dans la vie mais par rapport à la musique que nous on fait, c’est pas qu’on est des comédiens mais c’est accentué dans la musique, si t’écoutes mon album, tu vas dire « c’est des sales races, c’est des pourris, c’est des oufs ces gens là, ils ont aucun respect et ils sont dingues. Ils sont fiers en plus de ce qu’ils font. C’est des cons mais ils sont fiers. » On est obligé de mettre un délire sérieux pour que les gens se disent « ils sont peut-être pas cons… Même si ils le font »
Après c’est au second degré, c’est quand même de la musique. Mais il faut toujours avoir ce message là. Enfin je pense. Dans le film avec Tony Montana y a quand même de la moralité. dans Scarface il fait le dingue jusqu’à la fin, dans tout le film mais quand on lui dit de tuer et qu’y a les enfants, tu te rappelles quand y a les enfants ?

Spleenter -Ah oui, quand il tue le mec de Sosa.

Koffi -Voilà. quand tu vois le film, tu te dis que c’est un dingue, mais c’est que vers la fin, dans ce passage, qu’il dit « je suis pas une merde, moi. Je tue pas les enfants. » Mais t’es un fou ! Pourtant il sait que sa carrière elle est morte, là. Donc même dans les mauvais films y a toujours une morale. On est obligé de mettre une morale dans l’histoire.

Teo -Quand j’avais fait écouter l’album autour de moi, je me souviens qu’y avait des gars pour dire « ouais mais ils sont racistes, t’entends ce qu’ils disent sur les blancs. »

Spleenter – Mais c’était pour les flics, y’avait une phase genre « Fouillés par la bac, ces fils de putes de blancs. »

Teo -Ou « j’aime le blanc que dans mon café »

Koffi -Ouais ! Ça c’est moi ! C’est une phrase que j’ai pris dans Malcolm X. Nous, le côté qu’on veut montrer, comme je t’ai dit, c’est le côté terre à terre. C’est à dire que nous on a vraiment une culture de films américains, quand ils disent « sales blancs », « sales noirs » parce que si t’écoutes bien l’album, souvent on dit « sale noir » « toi t’es qu’un sale negro ! » Tu vois ou pas ? Après « sale arabe » on le dit pas vraiment, je sais même pas pourquoi d’ailleurs.

Spleenter -C’est vrai que ça c’est le seul tabou dans le rap français (rire général)

Koffi -Maintenant, nous on le dit comme ils le disent dans les films US « t’es qu’un sale blanc », « t’as qu’un sale noir » parce que nous on est vraiment dans un concept cainri. Moi j’ai des potes blancs, c’est juste dans le concept on veut vraiment faire ricains et dire ça, parce que nous on est vraiment dans cette culture là. Par rapport à ça en tout cas. Je sais qu’on est pas tous dans la même culture en vrai et que certains peuvent mal le prendre mais maintenant y a des groupes commes les autres là, du 95/93 qui s’appellent « Les sales blancs. » Eux, ils sont dans ce concept aussi. Par exemple, un jour, j’étais sur facebook et eux ils ont une page et j’ai mis « j’aime les Sales Blancs », y a une meuf elle m’a dit « t’es un ouf ! Moi je suis une blanche, t’es un fou. » tout ça. Moi j’ai mis « hé ! hé ! va sur la page et tu verras. » parce que elle, elle avait vu que Les Sales Blancs et c’est tout. Mais après c’est vrai qu’on a pas vraiment fait grand chose pour contrecarrer ce que tu dis. Mais nous on dit vraiment « sale truc » etc… dans la vie. Mais c’est pas parce que je suis raciste. C’est comme quand on dit « sale enculé » ils me disent que je suis anti dep ou homophobe. Mais je suis pas homophobe, enculé ; mais t’es un enculé. Y’a plein de trucs où il faut expliquer. Et je t’en mens pas, si on me pose la question je m’explique. Mais si les gens se font leur avis sans me poser la question, c’est sûr, ils vont se dire que je suis un dingue, que je suis un raciste.

Teo -De toute façon, dans ceux qui captent pas ce délire là, t’as des mecs qui vont te dire que le rap c’était mieux avant et ils vont retourner écouter Ministère AMER où c’était déjà comme ça. Donc faut pas chercher à parler avec ces gens là. Ça n’a pas de sens.

Koffi -Tu vois ? Nous on a été bercés par des groupes, je te mens pas, c’était hardcore. Bon, La Cliqua ça va, mais Ministère AMER c’était hardcore, Démocrates D c’était violent, mon frère ! Avec « Le crime » ils disaient des trucs de dingues. Nous on est cool encore. Quand ils disaient « j’aime l’hémoglobine, le sang » je me rappelle de ça, moi.

Spleenter – « J’aime le sang, je n’ai aucun pas de sentiments ». (ce n’est pas une faute de frappe)

Koffi -Voilà ! Même Ärsenik au début, je sais pas si tu te rappelles quand il étaient 3, à la base. Avec Tony Truand.

Teo –L’Enfer remonte à la surface

Koffi -Mais c’était des oufs ! On écoutait du rap, c’était des oufs, mon frère. Donc nous, quand on dit sale noir, sale blanc, c’est comme si tu regardais Menace II society ou Boyz n the hood.

Teo -Y a des passages de films dans l’album. En plus du pasteur de Belly, y’a Adebisi dans le film de 50 Cent. Il s’appelle pas Adebisi dans le film, mais c’est Adebisi quand même.

Koffi -Get rich or die tryin, quand il raconte comment préparer sa came, là. Quand il donne des conseils.

Spleenter -Il parle de la dope comme d’une pute.

Koffi -C’est toujours pareil, on aime beaucoup tout ce qui est film. Le cinéma. On le fait parce qu’on aime bien mais c’est aussi pour montrer aux gens derrière que c’est pas que gratuit. C’est comme quand tu regardes un film d’horreur, y a du sang, ok, mais y a aussi un travail derrière. Même si on dit « fuck la police » je le dis pas tout le temps mais ça arrive, y a pas que ça. Derrière on pose sur des vrais sons, on essaye de respecter les 16 mesures, on écrit, on va en studio. On va peut-être dans les mêmes studios que Booba ou Obispo, tu vois ? Même si on dit « fuck la police » on va dans de vrais studios. C’est aussi pour montrer nos références cinématographiques et se faire plaisir.

Spleenter -On va rebondir là dessus. Dans tes références cinématographiques, y a quoi ? Si tu devais faire un top 5 des films qui t’ont vraiment bercé/ marqué.

Koffi -Un top 5 ça va être dur. Y en a plein. Parce que moi je regarde vraiment beaucoup de films. On va dire, dans le désordre, Menace II society, Pulp Fiction, Training day parce qu’on aime les flics mais les pourris (rire général)…

Après, Les affranchis. Après, franchement, je sais pas.

(ensuite Spleenter part sur un délire autour de « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone)

Koffi -J’ai dû le voir mais là ça me dit rien. Franchement comme 5ème film, je vois pas.

Spleenter -T’en es qu’à 3 de toute façon.

Koffi -Non, j’en suis à 4.

Teo -Je confirme, il en est à 4.

Koffi -Un cinquième maintenant…

Spleenter -T’as qu’à dire The Dark Knight sinon…

Koffi -Pourquoi pas. Mais je regarde trop de films, franchement, je regarde de tout. Non, ce que je suis pas c’est les films d’horreur. Mais sinon, que ce soit les petits budgets, les films à la française j’aime bien. Ah bah on va dire « Leon » tiens !

Teo -Grave !

Spleenter -C’est bien parce que tu commences par parler des petits budgets à la française pour finir sur Léon.

Koffi -C’est parce que je pense à ça, tout à coup. Mais le dernier film que j’ai vu, tu vois, c’est « Les petits mouchoirs »

Les 2 –Ah ouais ?! Carrément ?!

Koffi -Ouais ! Moi je regarde tout ! Parce que ça me permet de m’évader. T’as toujours des concepts à prendre, pas forcément pour la musique, même pour la vie de tous les jours. C’est toujours bien de voir des films.

Spleenter -On te prendra en photo et on fera un montage avec des petits cœurs autour. (là aussi, rires. Marrez vous chez vous aussi si vous le sentez)

Koffi -Ah ouais. T’as vu, c’est ça mon concept : je regarde beaucoup de films et j’écoute beaucoup de musique, un peu de tout. Tout ce qui m’ambiance : dance-hall, musique classique, afrobeat, rap, electro, house, ça dépend du concept.

Teo -Et qu’est-ce qui t’as donné envie de rapper ? Vu qu’à la base tu disais que ça rappait pas trop dans ton quartier.

Koffi -En fait c’est mon cousin, il avait un groupe à l’époque. Ça s’appelait Les Negres de +, là il continue à rapper il s’appelle Guiguipop. Il est plus en banlieue dans le 77. C’est pas trop connu, mais c’est lui qui a commencé à m’écrire mes 1ers textes. Je le regardais rapper, je kiffais. J’ai toujours voulu faire comme les autres, comme les américains. En plus, c’était l’époque de La Cliqua. C’était un peu avant Time Bomb. Avant y avait MC Solaar mais ça me disait vraiment pas grand chose. Mais j’aimais bien MC Solaar, à l’époque « Qui sème le vent récolte le tempo ». Après je me suis mis à rapper. J’ai retravaillé les textes que mon zinc me passait, je me suis lancé comme ça.
À l’époque où j’ai commencé à rapper, le rap c’était comme faire des bêtises, c’était comme voler des glaces.

Spleenter -T’allais pas dire à ta mère que t’allais poser en studio…

Koffi -Voilà ! Pour nous le rap c’était ça. On était à la cité et on répétait les textes des autres rappeurs. De La Cliqua, de Booba. C’est comme si c’était nous Booba. On rappait ses textes tac ! tac ! pendant qu’on jouait aux cartes, qu’on galérait. Y en avait d’autres qui jouaient au basket, nous on rappait, tu vois ou pas ? Donc après, t’es obligé de te mettre à rapper, c’est comme ça. C’est vite fait. C’est comme quand tu fais du vélo, c’est une culture. Tout le monde rappait. Même ceux qui rappent pas, ils rappaient les textes des autres.

Spleenter -Sur Mon Arrondissement Favori y a le fameux interlude de Gab’1 où il menace.

Koffi -C’est là où il dit que personne n’est allé au paradis, tout ça ?

Spleenter -Ouais. Donc lui étant aussi du 19ème, vous avez des connexions avec lui, ou pas du tout ?

Koffi -À la base, lui on le connaissait par rapport aux histoires qu’on nous racontait sur lui en grandissant. Parce que nous on a grandi quand lui il était déjà en taule. Après il est revenu dans le quartier et comme c’est un mec du 19, nous on lui donnait le respect comme à un grand. Après il est tout le temps avec nous, donc un jour on lui a demandé comme ça, quand il a commencé à rapper. « Est-ce que tu peux faire un truc avec nous. » Lui il a dit « pourquoi pas, vous êtes les petits du quartier. Ouais je vais le faire « . Lui c’est pas un mec compliqué. Surtout qu’on est des gars du 19.
Il a dit directement « je le fais » et vu que lui il aime bien partir dans des longs discours et se lâcher, il a fait son interlude de dingue. Lui faut l’arrêter, sinon il peut te faire tout un album. Pour le coup, il a toujours des histoires, il sait tout. Il connaît plein d’histoires sur tous les rappeurs.

Spleenter -Vous avez jamais eu l’envie de faire un son avec lui ? Ou peut-être que ça a pas pu se faire ?

Koffi -Non… Franchement j’aime bien ce qu’il fait, mais poser avec lui c’est compliqué un peu. Déjà, par rapport à ses prises de positions, de 2 lui il est compliqué, il rappe pas sur tous les beats. Il a un truc spécial à lui, en fait il parle. Il a pas vraiment un flow. Et avec le délire que nous on a, un peu arrogant, ça va pas vraiment coller avec lui. Moi je préfère l’écouter et si j’ai un projet je lui demande de poser un morceau ou faire un interlude. Mais en feat avec lui, ce serait pas trop ça. Mais j’aime bien, il est dingue lui aussi.

Teo -Je me rappelle que pendant l’une des grosses embrouilles Gab’1/ Rohff, y avait eu une vidéo avec des petits du 19ème qui soutenaient Gab’1 et insultaient Rohff.

Koffi -En fait c’est toujours pareil, à la base, Rohff on l’écoute mais s’il s’embrouille avec Gab’1, les gens vont bouger. Pas tout le monde. Pas tous les grands. Mais les petits, eux, ils vont suivre direct. Les grands c’est une autre histoire.

Teo -Puisqu’on évoque Rohff, même si ça a rien à voir, ça me fait penser à un son qui s’appelle « Bête 2 rageux ». C’est plutôt rare dans le rap de se revendiquer rageux, non ?

Koffi -C’est sur « Mon arrondissement favori » aussi. C’est aussi parce que dans nos textes on essaye de passer beaucoup de messages. Comme on dit chez nous, on est des mal aimés, les gens nous font pas croquer. Si tu mates bien, y a pas beaucoup de gens du 19 qui posent dans les projets. Ce qui fait qu’y a que par nos textes qu’on peut passer les messages, on est obligé de faire comme ça. Même si on dit pas les noms précis, les gens comprennent ce qu’on veut dire. C’était une sorte de freestyle egotrip. Bête 2 rageux c’était pour dire aux gens que nous on est relous. On a grandi comme ça, on est dans notre coin, les gens nous calculent pas. Après ça nous dérange pas, on fait ce qu’on a à faire. C’est juste par rapport à la musique, les gens nous invitent pas.

Spleenter -Mais c’est dû à quoi, selon toi ?

Koffi -Franchement, c’est par rapport à nos prises de position, par rapport à ce qu’on dit. C’est peut-être par pudeur qu’ils aiment pas. Parce que j’en vois faire des conneries, mais ils les revendiquent pas et quand nous on les revendique peut-être que ça passe pas encore en France. C’est pas à la mode, on est peut-être trop ouf.

Teo -Pourtant ça revient à la mode de partir dans des trucs plus décomplexés.

Spleenter -Y a quelques années encore, certains osaient juste dire qu’ils fumaient du shit et maintenant c’est l’inverse, on est arrivé à un stade où tout le monde dit vendre de la C.

Koffi -Héhéhé ! Grave !

Spleenter -Alors qu’y avait des groupes comme vous qui le font depuis v’là le temps.

Koffi -Ouais, nous on le faisait à l’ancienne tu vois.

Spleenter -Pourtant vous êtes toujours pas invités.

Koffi -Moi je pense franchement qu’on est boycottés. Pourquoi ? Honnêtement je sais pas. Mon explication ce serait parce qu’on est arrogant, on revendique trop de truc et pour certains ça passe pas. Mais maintenant que tout le monde le fait, je pense que c’est du boycott. Quand t’as fait semblant de pas calculer quelqu’un et que maintenant tu reprends son délire, tu peux pas l’inviter. Sinon tu les mettrais toujours en avant. Tu vas pas dire « Maintenant je fais ça et c’était eux les 1ers. » Dans tous les cas, t’es obligé de nous boycotter. Même si tu nous copies, hein.
C’est comme si toi t’as un style, moi je copie ton style ; si je te calculais pas avant je vais pas t’appeler et te dire « Hé maintenant je copie ton style. » Tu peux pas le faire. Dans tous les cas on est baisé. Mais bon, c’est pour ça qu’on essaye d’avoir nos propres réseaux et que sur cet album qui arrive, on va essayer de faire beaucoup de concerts. Et balancer sur le net, facebook, twitter, youtube, dailymotion et beaucoup de concerts ! Pour te dire j’ai remarqué que même les sites internet, c’est un délire avec eux. Les trucs comme Booska P, tout ça, ça commence à devenir compliqué.

Spleenter -C’est ce qu’on entend beaucoup dernièrement.

Koffi -Peut-être qu’ils font croquer que leurs potes, je sais pas. quand toi t’arrives, c’est compliqué aussi. Donc on fait nos trucs tout seul. Maintenant, y a un truc que tu peux pas contrôler c’est youtube ou facebook. Mais bon, quelqu’un qu’a son site, il veut pas t’inviter, y a pas de souci. C’est pour ça que vous, vous m’invitez, ça me fait plaisir. Parce qu’y a des gens, je les ai contacté carrément et rien. Je sais pas ce qu’ils me racontent.

Spleenter -Pour toi, c’est quoi la raison ? C’est juste le biff ? Ou c’est plus une histoire de sale réput comme ça a pu être pour des groupes comme Express D.

Koffi -Je te jure que je sais pas pourquoi parce que nous, quand y a un truc à payer, on paye. On a jamais fait les bâtards, en ce qui concerne la musique.

Teo -Peut-être que c’est l’exposition comme vous avez sorti qu’un seul vrai LP.

Koffi -Je vais dire que c’est ça, ouais. Mais en même temps, quand tu sors quelque chose, ils veulent pas te mettre en avant. Après, moi, je sais pas, t’as vu…

Spleenter -Que ce soit dans votre musique ou le manque de reconnaissance qui va avec, ça fait pas mal de points communs avec les mecs de Grigny.

Teo -C’est vrai que le DGC a aussi ce côté très west, jusque dans l’attitude qu’ils amènent. Même si on confond pas vos styles respectifs, y a des rapprochements.

Koffi -En plus c’est mes gars. On est boycottés pareil. Et quand Booba il a repris leur concept Ouest Side, il les a pas mis en avant. C’est ça que je te dis. Pourtant, Booba il sait très bien que eux, en Île de France, c’était eux les 1ers à faire ce concept. Mais il les a pas mis en avant. Ils avaient pris la rage, quand même. Moi je les connais un peu, j’avais entendu « c’est nous la vraie west side. C’est nous on faisait les conneries west side avant toi. » Après, qu’est-ce que tu veux que je te dises ? C’est comme ça. C’est pour ça que je te dis que maintenant on balance sur youtube, dailymotion. Là ils peuvent rien dire, les gens. Ils peuvent pas t’enlever ta vidéo. Là ils peuvent pas te boycotter. Sauf t’envoyer des critiques, mais moi je te mens pas, les feedbacks et tout ça là, je calcule pas. Tu peux même insulter ma mère, je te calcule pas. (riez !) Je te jure ! Je regarde, hein. Mais je calcule même pas, je réponds pas. Si tu rentres dedans, tu vas devenir dingue. Y’a tous ceux qui disent « nique ta mère ! t’es un fou ! t’es pété ! fils de pute ! » tu vas tomber dans les pommes. Moi ça me fait rire, carrément. Parce que je me dis qu’il a quand même pris le temps de regarder et de mettre « fils de pute. »

Spleenter -En parlant de clips, il a été tourné où celui de « Nouvelle cock » ?

Koffi -Nouvelle cock, c’est une partie à Lyon. Là où y’a toutes les meufs, c’est à Lyon. Et l’autre partie dans la cité. Mais le reste c’est Lyon, en boite.

Teo -Y a aussi le clip du clash contre Gyneco.

Spleenter -C’est parti de quoi ça ? Parce que dans ce son y a Express qui dit qu’il voyait Gyneco à l’ancienne, etc…

Koffi -Ouais parce que nous on allait à l’école dans le 19ème, pas loin. Et comme t’as dit, les stars à l’époque, c’était Ministère AMER. Puis Gyneco, à l’époque de Première consultation. Il baisait toutes les petites de là où on était. C’était même pas une caillera. À l’époque on appelait ça un scarla. Pour nous c’était une sorte d’exemple, il avait produit « Les sales gosses », pour nous c’était un délire de dingue. Et à la fin, on voit quoi ? Il est pour l’UMP. Et encore, nous ce qui nous a choqué, c’est pas vraiment l’UMP, c’est qu’il a dit « tous les gars dans les cités, dans les banlieues, c’est des clowns » C’est lui le clown. Parce qu’à la base, lui il s’est fait connaitre en faisant clown. Il est pas arrivé avec un rap de thug, c’est lui qui est venu en faisant le clown. C’est ce que les gens te diront. Moi j’aime bien, je respecte. Si je le vois je lui serre la main. C’est lui, si il est pas content il me le dira. Parce qu’on l’a revu après, il nous a dit « vous faites ce que vous voulez. » Mais sincèrement, pour moi, Gyneco, dans le rap Français, c’est un guignol. Il parle au ralenti, il est dingue, il veut se donner un genre. Mais pour les français, c’est plus un guignol qu’autre chose. Comment tu peux dire que les gens de cités sont des guignols ? Franchement, je peux très bien être pour l’UMP, mais j’irai pas dire que les gens de cités sont des guignols. Défends toi d’une autre manière. Dis « je vote pour l’UMP parce que je suis d’accord par rapport à ce qu’ils proposent ». Les impôts ou je sais pas quoi. Mais me dis pas que les gens de cités sont des guignols. C’est trop facile. Pourquoi clasher les gens de cités ? En plus, à l’époque où il l’a fait, les gens de cités avaient rien dit encore. C’est lui qui a devancé, les gens ont même pas eu le temps de dire « mais il est fou ce gars » c’est lui qui a commencé à dire « Vas-y, je vote UMP, vous allez faire quoi ? Vous êtes des clowns. » alors que personne a encore rien dit. Et la preuve que c’est un clown, c’est que ça a niqué sa carrière. Moi quand je le connaissais, c’était un grand mais il nous a jamais fait peur. Mais on le respectait pour ce qu’il a fait dans la musique. Parce que nous on était plus petit et c’est la même chose qu’on voulait faire. Tout le monde veut aller dans les grandes boites, signer et vendre un million d’album. Donc on le voyait vraiment bien. On se dit que c’est un gars bien. Toujours en se disant que c’est pas un ouf. Après il passe à la télé et il fait le fou. Après, les gars de Montfermeil ont fait un truc qui s’appelait « Explicit Politique. »

Teo -C’était en piste cachée à la toute fin.

Koffi -Je vais vous expliquer. Ils viennent nous voir, parce qu’ils me connaissent. Ils savent que nous on peut te faire un morceau sur le champagne ou sur le bedo. On va te faire tous les morceaux que tu veux. Ils viennent nous voir comme ça « on a truc politique« . Mais moi je suis pas dans la politique, les gars. Ils nous disent « mais si ! si ! le truc est grave. Peut-être Sarkozy il va passer. » C’était à l’époque, hein ?! Moi je leur dis « sarkozy il passe, il passe pas, je m’en fous. » Mais ils disent qu’ils ont besoin d’un morceau à nous. Bon OK, d’accord… (il réfléchit) Hum… Fuck Doc Gyneco ! « Vous êtes sûr que vous voulez faire ça ? » Mais on a rien à perdre de toute façon ! On fait le morceau. Et quand on fait le morceau, je me rappelle qu’y a que moi et Express qui posons. On leur passe le morceau, ils disent « ouais ouais ouais. » Le 2e jour, parce que eux c’était des gars de Montfermeil qui trainaient dans notre cité par rapport à des cousins à eux qui habitaient là, ils viennent nous voir et ils nous disent « Franchement le morceau c’est un truc de ouf. Y a déjà les 2 Bal et tous les autres groupes qui ont posé. Et franchement votre morceau c’est un truc de ouf, il est conceptuel mais il faut un 3e couplet. Un truc de ouf. »
Moi je dis « je reposerai pas, je laisse comme ça. » Parce que c’était un morceau, je m’en foutais. Je leur ai dit « Si vous voulez, le mettez pas, alors » parce que ça me cassait les couilles. Le morceau c’était un concept. Tu me dis « insulte Chirac » je l’insulte mais après je calcule plus. Pour moi c’est pas le morceau du siècle, je m’en fous, c’est un clash, c’est un diss comme disent les kainrys. C’est vite fait. Après ils vont voir Kappaci parce qu’ils s’entendent bien avec lui. Ils lui font écouter, là Kappacci dit que c’est un truc de dingue et lui c’est un vrai rappeur dans l’âme. Il me rappelle et il me dit « j’ai un couplet, je le pose« . Bon OK. J’ai reposé mon couplet, parce qu’en fait j’avais même pas un 16, j’avais posé un 12. Donc Kappacci pose son 16 aussi. Et après ils nous disent quoi ? « franchement il est violent le son. Faites un clip ! » Je dis « mais non ! vous abusez là ! »

Spleenter -Surtout que c’est le seul clip de la compil qui a vraiment tourné.

Koffi -Voilà ! Et après ils ramènent Booska P. Le jour du tournage, ils ramènent Booska P, ils font des vidéos. Ils disent que ça va être un truc de fous, tout ça. Et on le produit le clip, eux ils produisent rien. Ça veut dire qu’on le paye, nous. On le sort, Booska P le pose. Et eux ils vont à la radio pour le démarcher. À l’époque, Stomy il leur dit qu’il calcule plus Doc Gyneco. Passi leur dit qu’il calcule plus Doc Gyneco. Et Jacky dit qu’il calcule plus Doc Gyneco. Moi j’ai dit aux gars de Montfermeil : »ils font du cinéma. Ils font de la psy, ceux là. » Eux ils me disent que non, qu’ils le calculent plus, c’est tout. Ils ont même pas fait attention, chez Ardisson, Stomy il le dit « J’ai grandi avec Doc Gyneco mais il est devenu fou, je le calcule plus ». Ils ont pris le son, ils sont allés voir les émissions spés. Stomy leur a dit qu’il le passerait pas. Couvre Feu, ils le passent pas. À Génération, pareil. Même les gars de Génération qui calculaient pas Doc Gyneco ils ont dit qu’ils le passeraient pas. Ça veut dire que même dans le reste du rap Français, ils assument pas. Gyneco il aurait jamais rien fait, il faisait plus de rap, ni hardcore, ni façon west-coast. Il faisait plus rien, il est parti dans un autre délire. Dans des trucs chelous. Il faisait du théâtre. Ils ont tous refusé de le passer, alors que quand il s’agit de passer chez Ardisson et de dire « je calcule plus mon pote » ils font style. Moi je savais que c’était du cinéma. Après ils ont fait quoi ? Il nous ont boycotté, nous. Et dans la compil, on se retrouve en morceau caché. Et sur Booska P, ils ont appelé, ils ont enlevé le clip et même la video qu’on a fait pour la promo. Les même gars de Montfermeil. Parce qu’ils ont vu qu’ils pouvaient pas faire de biz sur notre morceau. que tout le monde leur fermait la porte. Ça me fout même pas la haine, je leur avais dit à la base que je m’en battais les couilles. C’est eux qui avaient fait tout un cinéma. Après, la haine, c’est peut-être pour le clip qu’on a payé. Pourquoi j’avais la haine ? Parce que si le clip était resté sur Booska P ça aurait fait de la promo, mais ils l’ont enlevé. C’est juste ça qui m’a véner. Mais, sinon j’ai vu que les gens dans le rap assumaient pas. Ils nous ont demandé un truc simple qu’on a fait simplement. Ils nous ont demandé un clip, on a tout fait. Et à la fin, ils vont voir les concernés et voilà… C’est pour ça que les Stomy, tout ça, je les calcule plus. Peut-être qu’ils ont fait des choses bien dans le rap, mais je les calcule pas. Tu peux pas passer chez Ardisson et dire que tu calcules pas un mec et nous dire après que t’aimes pas notre morceau. Parce que c’était ça. C’est même pas qu’ils ont pas de couilles mais c’est le fait que ça parle sur Gyneco, c’est ça qu’ils aimaient pas. Je croyais qu’ils le calculaient plus… Le seul qui était d’accord avec nous, c’est Jean Gab’1. Il a dit « franchement, je peux pas promotionner votre morceau. C’est Gyneco qui m’a sorti de la merde quand je suis sorti de taule et qui m’a mis dans la musique. Je cracherai pas sur lui parce que j’ai dormi chez lui » à l’époque où Gyneco avait acheté la maison à Johnny Halliday ou je sais plus quoi. Il était bien à l’époque. Donc Gab’1 nous dit « Il est chelou mais je peux rien dire. Parce que je mets pas de couteau dans le dos. » Parce que lui il a des principes d’ancien. Lui il a bien parlé. Mais les autres… Stomy qui va chez Ardisson pour faire de l’audimat et dire « je le calcule plus » alors que c’est encore leur pote. Dire n’importe quoi à la télé… Peut-être que c’est à partir d’histoires comme ça qu’on est boycotté. Parce que moi, quand je dis que quelque chose est clair, c’est clair. Je suis passé à autre chose, c’était un clash comme ça. À la base, les gens pensent qu’on s’est pris la tête sur Doc Gyneco. Mais non. On nous a demandé, on avait pas de concept. Ils nous ont dit de parler de politique. On a pas de sujets politiques ! Je connaissais pas le programme du PS, ni du parti communiste, ni de l’UMP. J’ai dit que je savais pas, moi. Ça tombe bien, c’était le truc du moment, on fait le truc sur Gyneco. C’est parti en couilles par rapport à ça. De toute façon, moi j’assume. On l’a revu Gyneco après, on pensait qu’on allait s’embrouiller. C’est lui qui nous dit « on va pas s’embrouiller pour ça. » Tout ça pour dire que, lui, il sait que c’est nous et il a pas fait tout une histoire. Mais c’est les choses de la vie. C’est ça l’histoire de ce putain de morceau.

Spleenter -Niveau prod, vous taffez avec Médeline.

Koffi -Ouais, Médeline, parce que c’est des gars du 19. Et j’ai grandi avec eux donc je les connaissais avant qu’ils fassent du son. Quand ils ont commencé à en faire, il nous ont balancé ça direct.

Spleenter -Vous étiez sur « Equipé Sport. »

Koffi -Ouais, puis ils ont fait une structure et ils ont sorti l’album « Illicite projet. » (la structure était composée du pôle de producteurs Médeline et du groupe Rédemption)

Spleenter -par contre, vous étiez pas sur celui là.

Koffi -Non, on est pas dessus. En fait, notre morceau pour Illicite projet s’est retrouvé sur le deuxième Narcobeat. C’est le morceau qu’on a remis sur l’album, « OP. » Il devait être sur Illicite projet mais finalement ils l’ont mis sur leur tape. Ensuite leur structure est morte. Maintenant ils sont séparés, Cid Youssef de Rédemption rappe tout seul, Gueye a fait Cash-game, Médeline, ils font du rap mais un peu électro maintenant.

Teo -Y a eu des rumeurs d’embrouilles avec Médeline.

Koffi -Quoi ? Nous ? Absolut Treepsal ? Non. Médeline, c’est mes gars sûrs et certains.

Teo -Faut dire qu’y a un mec bizarre qui pose des commentaires sur le blavog (on dira pas qui c’est, mais c’est une merde) qu’aime bien s’inventer des vies. Une fois il disait qu’Absolut c’était des gars du 19ème, de chez lui et qu’en gros vous aviez racketté des prods à Médeline et que donc y avait peu de chances pour qu’ils vous fassent d’autres prods à l’avenir.

Koffi -Non. En plus, ils me les donnent. Ils les font payer aux gens, entre 3 000 et plus, Nous ils nous les donnent comme on a grandi ensemble. En fait, ils sont 2 mais j’ai plus d’affinités avec l’un d’eux. Parce que lui j’ai vraiment grandi avec lui, on était tout le temps ensemble. Donc lui il est clean. Par exemple, je lui demande une instru, il m’en donne 50. C’est moi qui choisis, qui fait mes trucs. Y a aucune embrouille avec Médeline, ni avec personne de toute leur équipe, Odessa.

Teo -Donc tu taffes toujours avec eux.

Koffi -Ils m’ont encore passé des prods. Ils m’ont passé une dizaine de prods mais je vais en mettre 3 dans le street album. J’ai des prods d’un nouveau gars qui est affilié à la Famille Haussmann, Jimmy Jax. Et d’ailleurs, dans la Famille Haussmann, y a 2 frères, tu vois ou pas ?

Teo -Simsky et Kamal.

Koffi -Voilà. Et ils m’ont fait des sons aussi, les 2. Donc voilà, y a des sons de la Famille Haussmann, des sons de Médeline et des sons de gens pas trop connus mais qui m’ont fait des prods que j’aime bien. Dans mon délire.

Spleenter -Pareil pour la Famille Haussmann/ Ghetto Diplomats/ Jedi, même si vous vous connaissez y a pas trop eu de feats avec eux.

Koffi -Si, si, si. Dans « Treepsal volume 1 », ils avaient posé. Après on avait fait une mixtape « La Parizien », ils ont posé. Dans « Mon arrondissement favori » ils avaient un morceau mais je crois qu’il a sauté.

Spleenter -C’était des featurings directs ?

Koffi -si, si. Sur Treepsal vol. 1 on a fait des morceaux où on était tous ensemble. Dans Le Parizien ils posaient seuls. Et là, dans mon album, on pose ensemble. On a toujours posé ensemble.

Teo -Nous on connait surtout l’album « On passe du shit à l’industrie du disque », la compilation « Mon arrondissement favori » et quelques sons à droite à gauche. Mais y a eu combien de projets en tout ?

Spleenter -Si tu pouvais résumer. C’est une des premières questions qu’on aurait du te poser, en fait. (c’est là qu’on reconnaît les super pouvoirs de journaliste de Spleenter)

Koffi -Avant ça y a eu le premier Treepsal. C’était encore à l’époque Roi De L’Assos avec Sidi Omar et Kameni. Après y a Le Parizien. C’est une mixtape où y a que nous, les gens du quartier. Krem, Express. Ils clashent les Marseillais dedans, par rapport à une embrouille.

Spleenter -Ah ?! Mais c’est le truc où ça clash Bouga ?

Koffi – Ouais, ça c’est les projets vraiment à nous : Treepsal volume 1, Le Parizien et On passe du shit à l’industrie du disque. Ça fait 3. Mais entre temps on a posé sur d’autres projets : Narcobeat 1 Equipé sport, Explicit Politique, Explicit 18, le truc de clash de Bob de Génération.

Spleenter -Menace sur la planète rap. Vous clashiez qui là dessus ?

Koffi -Euh… Je sais même plus qui on clashait. (encore des rires) Je te jure, je sais même plus… Tellement on était fous. Sinon je vois pas, je crois qu’y a que ça.

Teo -Ça fait peu. C’est étonnant parce que quand on t’écoute on voit que t’es dans la musique depuis v’là le temps, tu connais du monde et t’es vraiment motivé, encore maintenant. Alors que quand on regarde la discographie, ça ressemble plus à une bande de potes qui font ça en dilettante. Y a un décalage.

Koffi -C’est ça le délire, à côté, comme je t’ai dit, y a toujours des couilles et toujours des trucs qui font que voilà, quoi… Après, je vais pas te mentir, je sais pas comment t’expliquer mais on est seuls donc si on s’motive pas, il se passe rien. En fait, y a des gens, t’as l’impression qu’ils font beaucoup de choses parce qu’ils sont partout. Toi t’as un truc, je pose sur ton truc. Mais comme t’as dit, les gens on les connait. Alpha 5.20, je connais, Ghetto Fab, Shone, tous ces gars là je les connais. Quand je les vois ils prennent des nouvelles. Mais m’appeler pour que je pose dans leurs trucs, ça s’est pas vraiment fait. L’S-Kadrille aussi je les connais, Pedro et Youss. Seth Gueko, tout le monde. Quand on se croise, on se parle. Mais peut-être que t’as dit un vrai truc, peut-être qu’ils nous prennent pas au sérieux parce qu’on sort pas assez de trucs. Je pense plutôt que ça vient de là. Parce qu’on est bien gentils mais les gens préfèrent poser avec des gens un peu connus, qui ont fait des trucs. Si personne nous invite, les gens veulent pas commencer et être les 1ers. Peut-être que si un jour on est connus, ils vont nous inviter. Parce que franchement je les connais tous. Et quand je dis connaître, c’est à dire qu’ils sont en studio, ils posent et moi je suis là. Je pose pas. En même temps, nous on aime pas poser avec tout le monde. C’est ça le délire aussi. Dans le rap français, là, sincèrement, à part peut-être Booba, La Fouine ou Nessbeal qui peuvent m’apporter quelque chose dans mon concept perso, j’irai pas inviter d’autres gens. Pas parce que j’aime pas mais j’en vois pas l’intérêt. Je préfère m’en sortir avec mon style, parce qu’on a un style vraiment précis. Alors pourquoi je te dis ces 3 là ? Parce que le rap c’est un biz : Booba ça peut faire écouter des gens, La Fouine si je fais un truc hardcore il va me faire un refrain qui glisse, Nessbeal c’est un pote et j’aime bien. Donc là je parle en question marketing. Mais sinon on est dans la merde, on a une culture, je me vois pas faire des morceaux pour faire des morceaux. Mais ça fait toujours plaisir que les gens t’invitent quand ils font des projets. Par contre on nous invite pas. Mais faire un feat pour faire un feat, je vois pas trop.

Teo -T’iras pas les appeler pour ton projet à toi.

Koffi -Non. Mais si ils m’invitent, je viendrai. Je suis pas un mec qui frime, mais à part les 3 noms que je t’ai dit, je vois pas qui pourrait m’apporter quelque chose. Sans dire que je suis le meilleur ou que je suis fou. Mais je préfère rester dans mon concept. Je pars du principe que les gens m’écoutent pas, qu’ils m’aiment pas, je pars dans un concept un peu comme les Dipset. Je fais mon truc, t’aimes ou t’aimes pas mais moi je vais te donner du bon son, des concepts, des clips, de l’image, de la photo après toi t’as tout le packaging c’est à toi de voir si ça te plait ou pas. Je vais pas faire plein de trucs avec les gens, parce qu’après les gens vont s’emmêler « c’est les petits à Sefyu ou à Seth Gueko ou à je sais pas qui. » On est dans notre délire, autant rester dans notre délire et ceux qui sont pas forcément dans notre délire mais qui peuvent apporter quelque chose c’est ceux que je viens de te citer. Kery James aussi, mais je suis pas dans le rap conscient alors si c’est pour qu’il me dise « hé mon frère« … Donc franchement : La Fouine, Nessbeal ou Booba. Rohff pas trop. Y a des gens que j’aime bien mais je me vois pas poser avec eux. Sauf si ils m’invitent, parce que si on m’invite, je viens. N’importe qui, hein ?! C’est pas grave. Ça tue pas de rapper. Mais faire des feats comme ça, ça me dit pas trop.

Teo -Vous avez pas envie d’être assimilés à d’autres.

Koffi -Voilà.

Teo -Et c’est pour ça qu’y a pas eu de feats avec Joe Lucazz plus tôt ?

Koffi -Non, Joe Lucazz encore, ça va. Lui c’est la famille, tu vois ou pas ? Y a pas de souci avec lui. Mais nous on s’est toujours dit qu’on aimerait bien se faire tous seuls. Mais Joe on le voit tout le temps. Donc pas de souci, la preuve il m’écrit même un truc. Ça dépasse le rap, c’est un court métrage. On est dans des « plus gros trucs », on essaie vraiment de partir sur des courts métrages et même des films en DVD, des trucs comme ça.

Teo -À la « Cramé » un peu ?

Koffi -Ouais, dans des concepts comme ça. Parce que j’ai un pote comédien aussi. Donc on essaie vraiment de partir sur des trucs comme ça, tu vois ? Le rap c’est juste une bande originale.

Teo -Je lui souhaite bon courage à ton pote. Moi ça fait 4 ans que je suis comédien et je touche rien.

Koffi -Sérieux ? Bah lui il galère, il fait que de la figu.

Teo -Je connais bien, j’en ai fait de la figu. À force, j’en fais même plus tellement ça me gonfle. Quand c’est rémunéré, c’est pas déclaré ; quand c’est déclaré, c’est pas rémunéré.

Koffi -Ah mais t’es à fond ?! Si tu veux je te le présente. Comme ça vous allez pouvoir vous donner des conseils. Surtout toi. Toi ça fait longtemps. Enfin, lui aussi, il est dedans depuis, mais il est à fond, on va dire depuis 1 an ou 2. Pour le moment il fait de la figu mais je pense qu’il va être saoulé au bout d’un moment. Il va dire « c’est bon ! » à un moment tu veux un rôle.

(s’en suit une conversation sur le métier de comédien et le milieu des acteurs frinçais, donc de cocaïne sur les Champs de nouveau, d’engrenage aussi, de pistons, de fils à papa. Bref, de tout ces trucs à la con et de savoir si le jeu en vaut la chandelle quand on téma la gueule du cinéma frinçais actuel… Koffi dira quand même « Si je dois jouer dans un film, faut que ce soit un vrai truc. Pas forcément un truc ghetto, mais un truc qui représente. »)

Teo -Du coup t’as un réalisateur ?

Koffi -Ouais, j’ai un pote réa.

Teo -donc c’est solide.

Koffi -Ouais, ouais. J’ai un pote réa, j’ai des potes qui ont de l’inspi comme Joe Lucazz. J’ai même d’autres gens qui écrivent vraiment. Ils sont pas forcément dans la musique, tu vois ? On va essayer de faire des trucs, on va voir. Mais j’aimerais plus me lancer dans des trucs comme ça, la musique c’est bien mais c’est un accompagnement, parce que moi je commence à vieillir, j’ai 30 piges et j’ai vraiment pas prouvé dans le rap. Je vais pas commencer à faire celui qui a la dalle au micro comme ceux qui ont 20ans. Comme Sexion d’Assaut. Moi je préfère faire des trucs plus carrés.

Comme vous le voyez, Koff a beaucoup de choses à dire. Vous pouvez rater vos tristes vies mais ne ratez pas la 2e partie. Et pour vous faire patienter, en guise de teaser voici un son de Koffi avec Les Sales Gosses (Papillon Bandana et Charlie Waits) Vous connaitrez l’histoire de ce morceau la prochaine fois :

Retrouver Koffi sur facebook : http://www.facebook.com/pages/Koffi-Trop-2-styl-officiel/197239043627969   et    http://www.facebook.com/profile.php?id=100001540918029

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Nouvelles blagues (3) Ghetto Youss FM inné

13Or de l’SKdrille, qui s’est transformé en Ghetto Youss après avoir mangé après minuit, a un nouveau plan pour faire buzzer son projet : inviter presque tout le monde sur un super freestyle collectif. Un plan à priori sans faille…

13Or -Donc c’est pour ça que j’aimerais que tu sois sur mon Ghetto Youss FM.
Alpha 5.20 -T’inquiète, mon negro. Je suis pas comme tous ces negros qui oublie la famille une fois qu’ils sont montés.
13Or -Merci Alpha, c’est du sale.
Alpha 5.20 -Par contre, je vais bientôt arrêter ma carrière, donc j’aimerais que ton projet sorte avant mon dernier solo, si tu vois ce que je veux dire, mon frère ?
13Or -Pas de problème, mon projet devrait sortir assez vite, je suis quand même 13Or de l’SKdrille, à la base. Tah sa !
Alpha 5.20 -À la base, mon frère ?
13Or -maintenant je suis Ghetto Youss !
Alpha 5.20 -…


13Or -Si j’ai fait appel à vous, c’est parce que vous habitez pas loin, c’est pratique.
M.A.S. -OK.
Chabodo -Cha’OK.
Gued’1 -OK masta. ça fait plaisir, on représente les Yvelines ! Mecs de Trappes !!
13Or -Ouais, c’est du sale ! Mais je suis de Saint Cyr, moi. D’ailleurs à quelle heure il faut que je vous ramène à Trappes ? J’ai promis à La Fouine que vous seriez de retour pour le goûter. Paraît que vous avez des albums à enregistrer.
M.A.S. -Banlieue Sale music !
13Or -Peut-être qu’un jour, vous aurez la chance, comme moi, de sortir un projet personnel.
Gued’1 -Justement, masta. Moi je veux pas sortir sur Banlieue Sale. je veux pas être connu comme le petit de La Fouine.
Chabodo -Mais si tu cha’rentres pas avec cha’nous, La cha’Fouine va nous faire la cha’peau.
Gued’1 -Il vous fera des chapeaux, si il veut. Mais moi je rentre pas. Et vous devriez faire comme moi. Réfléchissez…
M.A.S. -Non.
Chabodo -Cha’non.
Gued’1 -Attendez, mastas, j’ai encore rien dit. Vous voulez vraiment sortir sur le label de La Fouine ? OK, vous avez plus de chance d’avoir du buzz. OK, vous aurez de meilleures conditions pour travailler et sortir vos projets. OK, vous pourrez vendre plus… Mais réfléchissez : est-ce que c’est bien ce que vous voulez ?
M.A.S. -Faut vraiment réfléchir ?
Gued’1 -Moi je préfère taffer avec 13Or, c’est ça être un vrai. Galérer pendant près de 15 ans et n’avoir toujours aucune notoriété ! Un truc de vrais !
M.A.S. -…
Chabodo -Cha’…
13Or -… et moi ? Je peux prendre ta place chez Banlieue Sale ? Ça a l’air pas mal…


13Or -Il me faudrait des mecs d’un peu toute l’île de Frince. Et c’est très important que Paris même soit bien représenté. C’est la capitale quand même. Je vais donc faire appel aux meilleurs ! Des mecs de Panam ! Allo ?
Simsky –Mais grosse putain ! Allo ?
13Or -Je prépare un gros truc et il me faut les meilleurs. Et vous, Ghetto Diplomats, vous êtes les meilleurs !
Celsius -Y a eu les gnomes voleurs de slips, Minus & Cortex, les zinzins de l’espace et maintenant y a la
Kamal –FAMILLE HAUSSMANN !!
Simsky -Mais grosse putain, qui est à l’appareil ?
13Or -C’est moi. Ghetto Youss.
Kamal -Bateau mouche ?
13Or -Non, c’est Ghet…
Celsius -On connait aucun « Bateau Mouche » mec ! Qui es tu ? Qui t’envoies ?
13Or -Non, mais…
Simsky -Attendez ? C’est peut-être un message en code…
Kamal -Oh oui ! Un code ! J’aime bien les codes secrets, moi.
13Or -Quoi ?
Simsky -Et qu’est-ce qu’on sait sur les codes, mes amis ?
Celsius -Que c’est des trucs qui veulent dire d’autres trucs.
13Or -Allo ? Vous êtes toujours là ? Allo ?
Simsky -Voilà ! C’est dire quelque chose sans que les autres comprennent !
Kamal -Un peu comme les punchlines de Celsius.
Celsius -Hé !! C’est pas ma faute si personne ne capte la force d’une phase comme « Les negros sont à la mode depuis que je leur sappe le moral »
Kamal -A Haussmann !
Simsky -Il y a des bateaux mouches près de l’île de la cité, je pense que c’est là bas que nous trouverons notre premier indice, mes amis.
Kamal -Si on y allait déguisé pour pas que le FBI et les hommes de Sosa nous repèrent ?
Simsky -Excellente idée, frère Haussmannien.
Celsius -Je pourrai mettre un foulard rose de vieille mémé ?
Simsky -Si tu veux. Allons y, mes amis, notre contact doit nous attendre près d’un stand de hot dog, à l’heure qu’il est.
Kamal -C’est plus que certain !
Celsius -A Haussmann !

Et les braves Ghet Diip partent en laissant le téléphone sur la table.
13Or -Allo ? Allo ?! Répondez moi, bon Dieu ! C’est pire que la hotline de Free. Bon bah… Je vais appeler Gaye Sissoko de Rédemption puisque c’est comme ça. Avec lui, au moins, c’est le gros buzz assuré.
 

Malgré tout, Ghetto Youss arrive à recruter des MCs.
13Or -Ah, Despo ! T’as trouvé facilement ?
Despo -Un peut trrrop facilement… Y avait même pas de mot de passe à la porrrte.
13Or -Un mot de passe ? qu’est-ce que vous avez tous aujourd’hui ?
Despo -L’expérrrience prrrouve que sans mot de passe, le loup rrrentrrrerrra plus facilement dans la berrrgerrrie.
13Or -Si tu le dis.. T’es prêt à kicker ?
Despo -Je vais kicker tellement forrrt, tu peux chier de l’orrr !
13Or -Ah, Sultan ! Ça va ?
Sultan -Ouais, ce soir je ken !
13Or -Hype ! Bien, gros ?
Hype -Je suis pas gros, j’ai une ossature lourde !
13Or -Non mais je disais pas ça par rapport à…
Hype -Respecte mon autorité !
13Or -Euh… Ok… c’est du sale… Ah ! Kennedy ! Sinik !
Kennedy –Kennedy dans la maison ! ! Le futur dans la maison ! Et la maison dans le futur ! Et nique sa mère, gros !
Hype -Ta gueule Kenny !!! Je suis pas gros, je suis balaise !!!
Kennedy -Mais je disais pas ça pour toi…
Hype –Balaise !!!!
Despo -L’expérrrience prrrouve que le gorrrille peut épelucher la banane des 2 côtés !
13Or -Mais qu’est-ce que ça veut dire ?
Hype -Est-ce que t’écoutes la musique ou est-ce que tu passes à travers ?
Kennedy -Hé mais ! C’est pas une réplique de Cartman, c’est une phase de Jay Z, ça…
Hype -Ta gueule Kenny !!


Sinik -Moi faut que j’aille faire un S I N I Caca.
13Or -Bah vas-y, hein… Mais non, c’est pas les chiottes ça, c’est la cabine d’enregistrement.
Sinik -Bah c’est toujours là que je lâche mes merdes, moi.
Kennedy -Vous avez entendu ? Il a fait un jeu de mot avec le K à la fin de son blase. C’est moi qui lui ai dit de faire ça.
Chabodo -Al K-Cha’Pote l’a déjà fait, avant.
Kennedy -Quoi ?
Chabodo -Bah cha’ouais, Al K-tastrophe, Al K-tapulte, cha’etc…
Kennedy -L’enfoiré. Il pompe mes idées.
Chabodo -Mais il l’a cha’fait avant.
Kennedy -Personne ne cha’pompe mes idées !
Chabodo -Hé oh ! C’est mon cha’truc de m’être des cha’ partout.
Kennedy -Il me cha’semble que je le cha’saurais si c’était le cha’cas. Vous cha’pompez tous mes idées. J’ai tous les cha’flow gros ! C’est moi le Sylar du cha’rap frinçais !
Hype -Hey !! Je suis pas gros, je suis balaise ! T’es qu’un sale enfoiré qui nique son oncle !
Kennedy -Mais c’est la faute de Chabodo…
Hype -Alors faut lui dire : Vilain le Cha ! Méchant le Cha ! Respecte mon autorité !
Chabodo -Mais c’est cha’pas moi. Alors Hype t’insulte et tu dis cha’rien ?
Kennedy -Je vais pas m’en prendre à Hype, il est plus petit que moi…
Chabodo -Il est cha’pas du tout plus cha’petit que cha’toi. Il est même cha’carrément plus massif.
Kennedy -C’est une autre bonne raison…
Hype -Balaise !!!!
Kennedy -Il est plus petit et plus grand que moi EN MÊME TEMPS !
Chabodo -Bon, cha suffit. Cha’coup de boule ! Boum Chakalaka !!
Kennedy -Putain merde. T’es con. Ça fait mal. Maintenant il me manque les dents de devant, j’ai l’air trop con.
Chabodo -Cha’bien fait pour ta cha’gueule.
Kennedy -Je sais ! Je vais dire que c’est le charme du ghetto ! Que c’est classe d’avoir les dents de devant en moins ! Et je fais aller à Miami tourner dans un clip tout pourri de Ace Hood ! Ma carrière est chez les grands ! J’ai pas le temps pour vos trucs, moi…
Hype -Tu nous emmerdes et tu rentres à ta maison ?
Kennedy -La maison dans la maison !!!!
13Or -Ouais enfin, t’emballe pas trop. C’est comme la fois où Booba t’a invité sur son album. Après t’as cru que tu faisais partie du 92I pendant 3ans… Jusqu’à ce que tu sortes un 1er album tout pété.
Kennedy -Très drôle ! je sais très bien que je fais pas parti du 92I, d’abord. Seulement, ça aurait été bien de me le dire en 2006… Parce qu’avec Mac Tyer on avait déjà cousu nos T-Shirts Ünkut, on s’y croyait…
13Or -À propos de Tyer, je vais l’appeler. Allo.
Mac Tyer -Ouais ouais ouais.
13Or -C’est 13Or. Ça te dit de poser sur mon projet solo ?
Mac Tyer –Quoi ? D’où je viens on parle pas comme ça au portable !


James Izmad pose son couplet en cabine, les autres attendent dans l’autre partie du studio.
Izmad -C’était bon ?
13Or -Je sais pas, j’ai pas écouté. Mais on la garde.
Izmad -OK… Tiens ? La porte de la cabine s’ouvre… Mais ? Mais ?
13Or -Qu’est-ce qui se passe ?
Izmad -Je ne sais pas, la porte s’est ouverte et quelqu’un est rentré… On dirait… Oh non ! Noooooooon !!!!
13Or -Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui se passe ?
Izmad -C’est Lord Kossity ! C’est Lord Kossity !!
Lord Ko -Woaï ! Hou hou hou !! Yeah !
Izmad -Oh mon Dieu ! Il me feat ! Il me feat !! Et ça fait mal !!!
13Or -Reste calme.
Sultan -Mais comment tu peux lui dire ça ? Il est en cabine avec un véritable satyre…
Dry –Belleck ! Belleck ! ici satyre ! Ici satyre !!
Lord Ko -OUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!! GHETTO YOUSS FM !! Wouh ! Wouh !
13Or -Je vous dis que ce n’est pas grave…
Six Coups MC -Mais il chante ! il chante !!
13or -Bah oui. C’est du sale !
Despo -C’est toi qui l’a fait venirrr ?
Hype -T’es qu’un sale enfoiré de merde !
Mister You – je regrette ma cellule…
Shone – ce refrain ne me plaît pas, khey !
Tunisiano – pareil.
Shone – arrête de répéter ce que je dis, abruti.
13Or -Mais avec Lord Kossity, je peux attirer plus de public. C’est comme ça qu’on fait dans le rap, non ?
Gued’1 -Qu’est-ce que j’ai bien fait de quitter Banlieue Sale Music. Je sens qu’en suivant l’exemple de 13Or, j’irai très loin…

Et le making of pour les anglophones

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Interview de Cassidy des X-Men (Une vraie de vraie, et ouais) 1ère partie

Si vous vous souvenez bien, y a environ un an, on avait fait une fausse interview des X-Men. Et bien le vrai Cassidy est tombé dessus. Surpris, il s’est demandé ce que tous les rappeurs se demandent en nous lisant : « Qui sont ces gens ? », « Que veulent-ils ? » ou bien encore, le classique « Sont ils aussi laids et cons qu’on le prétend ? »  Et de fil en aiguille, on en arrive à une vraie interview de Cassidy des X-Men sur le Blavog (on est aussi surpris que vous). Cass’ face à face avec Teobaldo et Spleenter (Et aussi Hichem qui était là pour l’occasion, parce que c’est un bon pote et qu’il habite pas loin, c’est pratique) c’est parti !

Teo -Bah avant tout présente toi, pourquoi Cassidy ? pourquoi ce blase ? Par exemple.

Cass -Bah voilà, Cassidy, issu du groupe X-Men. Pourquoi Cassidy ? Bah vu qu’à la base on est partis sur le nom X-Men pour tout ce qui concerne l’histoire des mutants et de toutes ces histoires qu’on a lues petits, il se trouve que le seul renoi que j’ai trouvé dans toute la clique c’était Black Tom Cassidy. Quand j’ai regardé le bouquin j’ai dit « Tiens ça va être lui, ça me parle. » C’est parti de ça. D’ailleurs mon 1er nom c’était Black Tom Cassidy. Puis après on a viré et gardé Cassidy.

Teo -C’était le nom dans les crédits de « J’attaque du mike. »

Cass -Exact.

Teo -Sinon, y’avait eu aussi Cassi-Dinero.

Cass -Sur « Retour aux pyramides. » En fait on était partis sur un délire avec Oxmo où on était sur les déclinaisons de Cassidy, où je cherchais à faire des petites fantaisies et ça m’est venu comme ça. Ça a été un blase de circonstances mais voilà ça reste Cassidy.

Teo -Tes débuts, t’as commencé quand ?

Cass -Alors débuts… 95 avec le premier morceau qui était sorti, c’était « J’attaque du mike. »

Teo -Mais avant, t’avais commencé depuis longtemps ?

Cass -Allez, ça fait peut-être 2ans maximum qu’on avait commencé à prendre la plume. Ça a été rencontre avec Ill au collège, puis un peu plus tard Hifi aussi dans la street et les soirées du côté de Pigalle. Et voilà, le truc s’est fait, on a tripé, on a commencé à freestyler ensemble, on s’est dit on va faire des petites maquettes, la sauce a prise et voilà, les X-Men sont nés. Mais c’est vrai qu’avant « J’attaque du mike » on avait une année, peut-être 2 ans de rap dans les pattes.

Teo -Hifi faisait partie du groupe à la base ou ça a toujours été clair qu’il était solo ?

Cass – C’était clair, dés le début. En fait Ill et moi on se connaît aussi parce qu’y avait la géographie qui faisait qu’on était du même coin, le XXe. Donc on était amenés à se fréquenter assez régulièrement et Hifi est venu se greffer à l’ambiance ; même si ça reste un très bon soss, il savait d’entrée qu’il allait faire ses trucs solo. Donc on s’est dit voilà on se lance à 3 en tant qu’X-Men mais c’est vite devenu X-Men & Hifi en guest en fait.

(Subitement, Spleenter se réveille)

Spleenter -Mais t’es au courant que Black Tom Cassidy c’est pas un renoi dans la BD ?

Cass -Bah ils m’ont baisé dans la BD que j’ai eu parce qu’il était bien renoi, ou alors je suis daltonien !

Spleenter -C’est possible, mais c’est pas un renoi.

Cass -À vérifier alors. Je te ramènerai le bouquin parce que je l’ai gardé au cas où on émettrait des doutes.

Spleenter -Mais c’est un Irlandais.

Cass -Non mais ça je suis d’accord mais il est représenté renoi dans la BD. Après je sais pas, t’as peut-être raison, mais tu sais il peut y avoir des Irlandais renois aussi.

Spleenter -T’as aussi le délire Al Simmons, non ?

Cass -Ouais, ça c’est un autre côté que j’exploiterai plus tard justement, mais tu fais bien d’en parler parce qu’il existe, en effet.

Teo -La partie homme seul dans l’ombre

Cass -C’est ça.

Teo -Après « J’attaque du mike » y a toute la période Time Bomb, ça tout le monde connait à peu près. Par contre dernièrement, y a un truc qui est sorti, une compil de DJ Sek. Dessus y avait 2 inéditss des X. Y a beaucoup de sons comme ça qui traînent en réserve ?

Cass -J’espère pas en fait… Normalement on aurait du les récupérer ou au moins être au courant quand tout ça se met en place (rires)

Teo -Vous l’avez su qu’au moment où c’est sorti ?

Cass -Non, pas au moment où c’est sorti. Mais disons qu’on en a eu vent parce qu’en fait c’était des maquettes qu’on avait faites à l’époque juste avant « J’attaque du mike » où on devait signer avec le label Source. Donc on était en processus de maquettes. 4, 5 morceaux dont ceux qui réapparaissent dans la compil de Sek. Nous on pensait que ces morceaux avaient plus ou moins disparus jusqu’au jour où un pote me dit « écoute, y a un pote à moi qui a retrouvé ces bandes là » et il s’avère qu’au même moment Sek a retrouvé ces bandes là et à décidé de les sortir. Donc voilà…

Teo -C’est l’Arche perdu votre truc là.

Cass -Ouais c’était un peu ça. C’est marrant parce que c’est des morceaux qui ont été faits de manière spontanée, pas écrits à l’avance. On a écrit sur place en studio puis ça a donné ces morceaux avec des couplets que j’avais repris plus tard dans « On reste humble. » Je sais plus. C’était peut-être « un garçon discret… » que j’avais posé sur Sad Hill.

Teo -Non, non, attends… c’était sur… « La corde au cou » !?

Cass -Ouais exact !

Teo -Un truc genre « Loin devant au volant de ma hip-hop-mobile… »

Cass -« …Profil type des gars qui escroquent pour de gros deals » exactement.

Teo -Mais vous avez aucun droit sur ces sons là ?

Cass – on a des droits mais en tant qu’auteurs, interprètes et pas en tant que producteurs. Mais voilà, tu sais c’est un peu comme tout, on a fait ça à une époque où l’argent c’était pas le sujet donc ce qui fait que sur le papier, sur le contrat, ça a pas été géré de manière carrée. Allez, on va dire que c’est passé à l’as, quoi.

Teo -Après on arrive assez rapidement au 1er album. Là y a beaucoup de rumeurs qui circulent, on sait pas trop ce qui est vrai. Comme quoi y avait eu un procès avec Marvel par rapport au nom des X-Men. Que vous aviez arrêté le rap. Que le truc a été enregistré en 3 semaines seulement.

Cass -Pour reprendre dans l’ordre : Non. Pour l’histoire, on a été le 1er groupe de rap français signé chez Universal et vu qu’on arrivait avec le nom X-Men, forcément en tant que major, ils voulaient pas prendre le moindre risque en mettant dans les bacs le groupe X-Men, sachant que ça appartenait à Marvel. Donc on a juste anticipé pour éviter un procès, justement. Après, pour ce qui est des 3 semaines pour enregistrer l’album, c’est la vérité. Ça veut dire qu’avant de rentrer en studio, on savait pas ce qu’on allait poser. On arrivait le matin « Ok on part là dessus », on écrivait chaque jour un texte. Donc en 3 semaines. Et enfin, non. On a jamais arrêté le rap, c’est juste que tu prends un peu de recul à un moment donné, tu regardes un peu la scène, mais on a jamais arrêté, on écrit tous les jours. C’est notre gymnastique quoi.

Teo -les reproches qui sont faits sur cet album, comme quoi c’était pas forcément au niveau, que les flows étaient un peu fatigués etc…

Cass -Ouais. Ouais. Mais tout ça… Je peux le comprendre mais en même temps, quand on se retourne, c’est un album qui me donne le plus de satisfaction. Dans le sens où c’est un truc instinctif, tout ce qu’on dit dedans c’est vérifiable, c’est la réalité. Parce qu’on avait pas le temps de cogiter à 1 000 choses. on prenait les journées qui se passaient et on les a plaquées sur l’album. C’est clair qu’y a quelques erreurs de flow, on va pas mentir dessus. Mais ça fait presque partie du projet. On a aussi fait une réédition qui s’est bien passé.

Teo -Pourtant, peu de gens ont été au courant.

Cass -On est d’accord qu’au niveau de la promo, c’était pas super. On espère pouvoir rebalancer la sauce avec des vinyles. Et pour en revenir à l’album, j’te dis, c’est une expérience qui m’a marquée parce qu’elle a aura été formatrice dans le sens où écrire un album en 3 semaines en studio c’était pas évident. À la fin on est quand même contents du résultat.

Teo -Et maintenant une question à la con. Sur l’intro, à la fin, on entend bien une balle de ping pong ?

Cass -T’as tout compris, au moment où on faisait l’intro on jouait au ping pong (rires) C’est exactement ça parce que c’était une grande pièce de studio. Au studio Davoust.

Teo -Ça me hantait depuis longtemps…

Cass -C’est marrant parce que t’es le premier qui le soulève. On s’est dit ‘peut-être que les gens vont capter‘ mais finalement ça a mis le temps. Mais ouais, on faisait une partie de ping pong et je sais plus qui menait d’ailleurs. Mais c’est ça, dans la cabine.

Teo -C’est vraiment la meilleure intro du monde.

Cass -En plus, tu remarqueras que c’est synchro. La balle rebondit au bon moment, ça passe dans le rythme donc parfait. Génial. Niquel.

Teo -T’as des questions toi ?

Spleenter -Je les ai marquées sur une feuille, là. Passe la moi.

Teo -Tiens.

Spleenter -Alors, première question : « Spawn ? »

Teo -C’est pas une question ça…

Cass -OK. Section comics. Normal. Vas-y !

Spleenter -Alors pourquoi Spawn ? Tout connement. (Al Simmons étant le vrai nom de Spawn)

Cass -Bah tu sais quoi, quand j’ai vu ce film là, parce que je connaissais pas à la base…

Spleenter -C’est parti du film ?

Cass -Ouais c’est parti du film.

Spleenter -Mais il est à chier.

Cass -Ouais, selon toi. Moi j’ai kiffé en tout cas. Perso, j’ai aimé la description du personnage de Al Simmons. À savoir, un mec qui était engagé à un moment pour une mission du mossad. Plus ou moins forcé de le faire par les circonstances et du coup il bascule du mauvais côté, mais malgré tout avec un fond noble et sain. C’est un peu ce mix là qui m’a interpelé parce que je me définis un peu comme ça. Je suis double facette. Ça peut être le jour et la nuit. Beau temps et tempête. Mon côté homme seul dans l’ombre ; mon côté « Dexter » si tu veux.

Spleenter -Les films X-Men puent la merde, tu as une explication ? Tu l’as vécu comment ?

Cass -Ouais ça je suis d’accord, mais tu sais c’est comme tous les sujets qui, au delà du divertissement, traitent de vraies choses, à savoir le Viet-Nam et toute cette époque avec des revendications de mutations génétiques, Stan Lee etc… Et ils te passent ça en grand divertissement, donc forcément c’est toujours kitsh. Mais les BDs sont bien mieux, je conseille aux gens qui connaissent pas X-Men de se pencher sur les comics à l’ancienne et pas de se référer aux films sortis récemment. Ça reste du divertissement pur et dur, sans plus.

Spleenter -T’as participé au concert ‘Retour aux sources’ et heureusement on t’as pas encore vu, contrairement à ton collègue, porter un t-shirt « Le rap c’était mieux avant. » Tu penses quoi de ce slogan ?

Cass -Je l’ai déjà porté ce t-shirt, parce qu’à un moment donné j’étais là à me dire ‘Ouais c’est un peu chiant ce qui se fait, à l’époque on était unis, on était soudés, c’était génial, super, nanani nanana…‘ Mais les choses ont évolué, faut vivre avec son temps. Tu vois, je roule pas avec des 4L même si je trouve ça joli ou que ça a son charme. Ça commence un petit peu à s’essouffler mais je vais pas cracher sur les mecs qui pensent que le rap c’était mieux avant. Moi je suis acteur du rap, pas spectateur, donc à moi de faire une came solide pour que les gens disent « Ah ouais le rap c’est pas mal maintenant aussi » ou « c’est aussi bien« . Après, chacun pense ce qu’il veut, je suis pas défenseur des morales ou quoi…

Une serpillère est demandée à l'accueil

Spleenter -Après, quand tu dis « on était tous soudés etc… »

Cass -C’était le discours récurrent mais je suis sorti de ça. Je l’ai pensé à un moment, forcément y a un peu de nostalgie. Mais y a un moment donné où tu te réveilles, on est en 2011, faut faire les choses. On y est.

Spleenter -Ouais mais même à l’époque, quand Time Bomb a…

Cass –Explosé ?

Spleenter -Ouais, on va dire ça comme ça. On pouvait déjà dire qu’il y avait beaucoup de potentiel pour faire des choses.

Cass -Ouais mais c’était encore trop chaud pour nous, on était encore dans le feu de l’action. Même si Time Bomb venait d’exploser, malgré tout on restait pas isolés. C’était le nom Time Bomb qui était parti en éclat mais on continuait à voir les Lunatic, les Ghetto Diplomats, Oxmo. Le truc continuait. Ça a pas été aussi clair qu’une vraie rupture. On était tous encore dans la même sphère. Donc ça a mis du temps avant qu’on se dise que c’était une certaine époque.

(là faut préciser que Spleenter bataille pour formuler 2 mots mais personne ne saura jamais ce qu’il a bien pu vouloir nous dire)

Teo -Donc après l’album y a eu « Bing Bang » avec les Ghetto Diplomats. Volume 1.

Cass -Ouais. Y aurait du avoir mais y aura pas de 2. C’est pas prévu. Tu sais, c’est comme tout à l’époque, quand on a fait ce projet on pensait que ce serait bien de faire un deuxième mais la vie à fait que chacun a fait son parcours. Des directions artistiques un peu différentes pour certains. Qui sait ? Peut-être un jour, mais franchement c’est pas dans les projets à venir.

Teo -Dommage. Je le trouve vraiment frais ce truc là.

Cass -Pareil.

Teo -Le truc sonne vraiment bien, y a un gros mix dessus.

Cass -C’est un projet qu’on a fait dans un esprit famille dans le sens où on était régulièrement ensemble. Donc ça a pu se faire à ce moment là et ça a donné cette ambiance là parce qu’on était tout le temps ensemble et je pense qu’aujourd’hui ça donnerait pas la même chose.

Teo -Il a reçu quel accueil ?

Cass -C’était un projet indépendant, donc en tant qu’indépendant c’était satisfaisant. Mais niveau médiation, c’était pas plus que ça. Ça tournait pas en radio mais dans la street ça tournait.

Teo -Donc pas de volume 2… ?

Cass -Et non, dommage.

Teo -Et pourtant y a des sons qui ont été enregistrés et qui ne sont pas sur le projet final. Y a un son qui s’est retrouvé sur une mixtape des Ghett Diip « Ce  monde ne tourne pas rond. »

Spleenter -Y a même déjà DJ Battle qui gueule, c’est marrant.

Teo -C’est pas DJ Battle…

Spleenter -Je sais mais il gueule.

Teo -Le couplet de Simsky ça doit être le même qu’il a sorti sur « Poing levé tête baissée. »

Cass -C’est des morceaux qu’ont pas forcément été retenus tout de suite. Mais en effet, je me souviens de cette maquette là.

Teo -Donc y en avait d’autres.

Cass -Ouais.

Teo -Je peux les avoir ?

Cass -Non. On avait un petit stock de morceaux de côté mais c’est comme tout. Moi en fait, je pense que ce qui serait bien c’est qu’avec tous ceux de cette époque là, on se réunisse et qu’on fasse un vrai truc plutôt que de tous les sortir les uns après les autres. Ce serait bien de faire un truc cohérent, je suis d’accord. Donc avis à la population, à ceux qui se sentent concernés et à ceux qui se reconnaissent. (hein ?!)

Spleenter -D’ailleurs y en a combien des morceaux enfouis comme ça ?

Cass -Y en a pas tant que ça. Mais je dirais une dizaine de morceaux. Je pense.

Teo -Avec toutes ces périodes, Time Bomb, Universal, Bing Bang, etc… on a l’impression que vous avez fait plus de morceaux pas sortis que de morceaux sortis.

Cass -Ouais mais c’est tout à fait possible, parce que tu sais, on est des serials maquetteurs. Enfin on était des serials maquetteurs, un peu moins maintenant parce qu’on sait où on veut aller quand on pose des morceaux mais c’est vrai qu’y a plein de trucs posés, des freestyles, des 16 mesures, des refrains, des idées de morceaux qui sont en chantier, qui sont de côté, qui sont pas sortis.

Teo -D’ailleurs à cet époque là, on vous a entendu sur le EP des Bass Click. Kuizto vous a refait un son pour « Ghettosuperesta » (sur Bing bang vol. 1) et y avait aussi l’outro « Pour mes gars autour » qui était très laid back, californien un peu.

Cass -Produit par Jimenez.

Teo -Et dernièrement, on t’a vu reprendre un sample de je sais plus qui.

Cass -Bobby caldwell.

Teo -Ça reste très typé West Coast tout ça.

Cass -À fond.

Teo -Est-ce que t’as pensé à bosser avec les mecs de la ‘scène westcoast en France’ (les westeux quoi) ?

Cass -En fait, mon futur projet qui est prévu pour cette année tourne un petit peu autour de ça. Je reviens à ce que j’aimais vraiment, à savoir la musique, les accords, les trucs un peu west coast. Même si j’ai une culture plus New York… enfin non, d’ailleurs, c’est aussi bien Est que Ouest. Donc je vais revenir à des trucs plus basiques, on va dire. À base de samples. Et vu que là j’ai eu la chance de m’associer avec des musiciens pour pouvoir jouer les morceaux live, sur scène ça va donner une autre dimension qui se rapprochera un peu plus de Bing Bang. Donc je suis tout à fait dans le sujet en ce moment. Je reviens à mes premières amours.

Teo -Le prochain projet c’est un solo ou il y a celui en commun avec Atto qui arrive ?

Cass -Oui, y a le projet avec Atto « Visionnaire » qui est censé arriver bientôt. Mais tu sais, la musique c’est pas toujours comme on l’espère. Y a des décalages de temps, mais en tout cas le projet est en cours de préparation. Y a déjà la quasi totalité des morceaux. En fait hier, Atto était en mix sur un son. Le projet sortira cette année. Je sais pas si il sortira avant ou après moi. Mais en ce moment, je suis concentré sur la phase studio, travail avec les musiciens, pour sortir un projet carré à la rentrée 2011. Si tout se passe bien.

Teo -Atto qui fait partie des 2 LUX avec qui tu poses souvent. Y a aussi Suspects (Youssou et Stephen) avec qui tu poses régulièrement. C’est ton équipe , c’est des gens que t’aimerais pousser en avant ?

Cass -En fait, c’est les affinités que j’ai dans le quartier. artistiquement ça passe bien, humainement aussi. Et c’est un peu le but de « Métronome Concept » à terme. C’est de produire des groupes. Si c’est pas Suspects ou Atto ce sera d’autres personnes, parce qu’ils auront sûrement fait leurs trucs entre temps. Mais en tout cas j’ai vocation et j’aime donner la chance à des gens qui, pour moi, le méritent. Les jeunes talents de quartier, aussi bien chanteur, chanteuse, graphiste. Peu importe.

Teo -À ce propos, y a un son avec une rappeuse, Clara Pops, sur Menilcity 2, qui a un flow et un débit assez vif. Et c’est la première fois que je t’entends faire des roulements.

Cass -C’est bien possible.

Teo -C’est un peu sadique pour elle. C’est de la compétition ?

Cass -Ouais, elle m’a fait aller dans son délire, donc j’y suis allé volontiers. Elle m’a dit que c’était un morceau un peu up tempo, roulements. bah vaz-y je te suis, c’est pas un souci. Et voilà ça a donné « Vroum Vroum » qui est un peu surprenant, parce qu’on m’attendait pas forcément là dessus. mais ça fait parti de mes skills comme on dit.

Spleenter -D’ailleurs, comment on peut définir le style X-Men ? Parce que les Sages Po, par exemple, on voit bien, ils ont donné une école (Beat 2 Boul) mais vous pas vraiment…

Cass -Le truc c’est qu’on est durs à imiter. C’est à dire qu’y a plein de trucs… Enfin, c’est pas le discours que j’ai d’habitude, mais c’est à force de l’entendre ; il paraît qu’on a été parmi les premiers à faire du name droping, de citer des trucs, de faire des métaphores, avec retour aux pyramides, etc… Les petits qu’on a fait ils sont métis, ils sont pas facilement identifiables. Apparemment y a eu un avant et un après X-Men dans la manière d’amener le rap et de balancer son parlé.

Teo -Après, pour certains, les Jedis c’étaient les petits des X-Men…

Cass -Ouais exact. Je pensais même pas à eux mais ouais, forcément, on les a un peu influencés.

Teo –Joe & Cross, si on veut…

Cass -Ouais aussi, ils sont un peu dans la même vibes.

Teo -Elle était à chier ta question, en fait, Spleenter…

Spleenter -C’est la magie du direct.

Cass -Non mais je suis d’accord. C’est pas des trucs flagrants. Mais pour les citer, justement, je sais qu’à l’époque le groupe qui m’avait le plus choqué en terme de ressemblance c’était… attends que je dise pas de bêtises… la clique avec le beatmaker Drixxxé…

Teo –Triptik.

Cass -Ouais, surtout par rapport à Ill où y avait quelques rimes qui ressemblaient je crois. Avec les banana, nanana… (ce passage rend pas super bien à l’écrit) une manière de dire les trucs. Mais c’est pareil, je me dis « Et si c’est le cas ? Bah tant mieux. On aura inspiré des gens… »

Spleenter -Et ta rencontre avec Joe et Cross ?

Cass -Joe et Cross, pareil. C’est une histoire de quartier, tu sais, proximité XXème. Je pense que Ill les a cotoyé un peu avant moi puisqu’ils se sont captés en soirée. À un moment on s’est retrouvé dans la même pièce. Les mecs avaient du talent et des plumes, on a commencé à écrire puis à délirer et ça a donné une amitié solide, on va dire.

Teo -Et t’as pas eu envie de faire partie de l’aventure « So Parano » ? (projet réunissant Ill des X-Men, Joe Lucazz, Cross et Work).

Cass -Bah justement, pendant toute cette période, moi j’étais dans mon côté Al Simmons. C’est à dire que Ill était chez 45 scientific, enfin il en sortait plutôt, c’était un peu après, mais je sais que Ill, Cross et Joe se voyaient régulièrement. Moi j’étais vraiment dans mes projets persos, concentré sur mon rap et ce qui fait que je ne suis pas intervenu dans ce projet, non.

Spleenter -Et ça t’a jamais saoulé d’être un peu… comment dire ? Le Calbo des X-Men ? Qu’à chaque fois on te parle de Ill tout le temps ?

Cass -Je vais t’expliquer, c’est marrant parce qu’on m’en parle souvent et je le comprends parce que je vois aussi la même chose chez les autres groupes. Comme tu dis, le Calbo, le Lino dans le groupe. Le Ali, le Booba. Mais le truc c’est que moi je viens d’une formation qui est le sport, ça veut dire que c’est le terrain. C’est à dire que ce sont des choses que je comprends tout à fait et c’est normal, parce que si Ill a ce statut, y a une raison. On est venu à l’écriture ensemble et il avait certaine facilité à l’époque, il avait une langue en plus, il avait l’anglais, ce qui ouvre les oreilles, pour ceux qui capteront. Et ça ne m’a poussé qu’à bosser pour qu’aujourd’hui, si on ressort un album X-Men, les gens se poseront la question et verront eux même. C’est une compétition qu’on a entre lui et moi qui est saine. On s’est encore vus y’a pas longtemps et on se dose à base de rap parce que je sais qu’il a un certain « standing » mais j’arrive méchant. Voilà. J’arrive énervé.

Spleenter -Donc t’as parlé d’un nouvel album des X-Men, là ?

Cass -Ouais parce qu’on se voit régulièrement, on discute de choses et d’autres et notamment de ce fameux album, mais ça passe par des projets solo bien aboutis. C’est à dire moi avec un solo carré, une bonne promotion avec une bonne exposition. Lui, pareil, parce que ça fait longtemps. Et après on pourra faire un album X-Men.

Teo -D’ailleurs comment ça se fait que ça prenne autant de temps ? Parce que le dernier projet X-Men c’était Bing Bang, y a près de 10 ans.

Cass -Le dernier truc c’était « Retiens mon nom » sur la compil Mesrine, mais ça c’était qu’un morceau. Mais parce qu’on sait tous les 2 que pour faire un bon album, on a besoin d’énergie et de temps. On veut pas faire un album à distance, à savoir : j’ai fait un couplet, je te l’envoie, wesh qu’est-ce qui se passe ? Non. Pour nous, la vie va avec la musique donc on a besoin de vivre des choses ensemble, de partager les mêmes délires. En ce moment c’est pas le cas parce qu’il est concentré sur ces trucs, moi sur les miens. Une fois qu’on va mettre la machine en route et qu’on va se dire qu’on fait l’album, là vous serez au courant et ce sera du lourd de toutes façons mais on y est pas encore.

Spleenter -Puisque tu parles de la BO de « Mesrine », ça me fait penser à celle de « Ma 6-T va crack-er ». Y avait eu un truc comme quoi, vous aviez déjà posé le morceau et vous avez vu le film en disant « En fait c’est pas vraiment pour nous. »

Cass -Ouais, ouais, exact. On a été un peu surpris, parce que, comme tu dis, on a d’abord fait le morceau et après vu le film. À l’époque, quand c’est sorti, c’était un peu dans le sillage de « La haine », si je dis pas de connerie, et forcément l’impact était moindre. On s’attendait à un truc hypra-patate, même si ça reste ter-ter. Un truc qui reste la photo d’une époque. Mais c’est clair qu’à l’époque, ça nous a pas bouleversés plus que ça. c’était un bon doc, on va dire, sur ce qui se passait à ce moment là mais ça reste pas comme le film marquant pour moi.

Spleenter -Et vous aviez pas dit en gros ‘on veut pas être dessus’ ?

Cass -Non, non, pas du tout. Parce que malgré tout ça restait un beau projet avec les personnes dessus et le fait d’apparaitre sur une BO pour nous, à l’époque, c’était une chance. Donc non, on a foncé direct et sans regrets. D’autant plus que la séquence musicale de notre instru, c’est la scène d’émeute dans le film qui est une scène forte où ça tire dans tous les sens, donc non, c’était plutôt bien.

Teo -Et ce son, vous aviez pas conscience à l’époque de faire quelque chose qui allait rester, apparemment.

Cass -Pas du tout. Au contraire, on est sortis du studio, on était peut-être même un peu déçus. On était pas super satisfaits du truc. Enfin, tu sais, t’as pas forcément un avis objectif. On avait la tête dedans.

Teo -Tu les réécoutes tes anciens sons, en te demandant ce que les gens ont pu aimer en particulier ?

Cass -Ouais et non, je réécoute ces sons parce qu’ils sont dans mon téléphone mais j’arrive pas à capter forcément pourquoi. Parce que c’est un truc qui est encore chaud. Quand on réécoute les lyrics, pour nous y’a rien d’exceptionnel en soi. C’est une succession d’images, je veux pas enlever la valeur du morceau mais juste pour dire que pour nous c’était l’instinct. C’était un truc instinctif et sur le moment on est pas rentrés en studio avec une idée précise avant. On a écouté la musique, on a écrit directement dessus et c’est une part de nous qui est restée et qui fait que les gens ont accroché, je pense.

Spleenter -Et c’était ce morceau là que vous avez posé assis, non ?

Cass -Exact.

Spleenter -Mais c’est parti de quoi ?

Cass -C’est parti de quoi ? Bah on voulait être à l’aise. Dans de bonnes conditions. On s’est dit « Viens on va sortir des trucs classiques où il faut être debout, je sais pas quoi. On va s’asseoir. » On a demandé aux ingés si au niveau du son c’était bien. Ils ont dit OK. Et voilà c’est parti, on a posé le morceau comme ça.

Spleenter -Après c’était la question de merde bateau sur Paris qui revient, mais c’était à l’époque où j’aimais bien la Sexion d’Assaut. (sacré Spleenter, toujours le mot pour rire, celui là)

Cass -Moi j’étais comme toi, ça m’a fait plaisir que le rap Parisien soit de nouveau devant. Chauvinisme 100% mais j’étais content.

Teo -En parlant de rap Parisien y avait l’album de la Famille Haussmann (Ghetto Diplomats) qu’avait pas mal de choses pour fonctionner. Des gros feats, de bons clips, etc… et ça a pas spécialement buzzé.

Cass -Perso, j’ai pas accroché plus que ça à ce projet. Après, chacun se fait son avis mais j’ai pas particulièrement accroché.

Teo -On revient sur tes débuts en solo. Pendant toute la période où Ill est chez 45, toi on te voit pas trop. Puis tu reviens vers 2005 (à peu près) avec « Cass’Story » sur « Le journal du 20 », t’es sur les « Niroshima » aussi. Comment ça se fait qu’à un moment t’aies disparu puis que tu reviennes très lentement pour finalement enchainer une net tape puis plusieurs projets ?

Cass -C’est la réalité du terrain. Parce qu’on a beau être en France, pendant tout ce moment là où j’étais un peu dans ma période Al Simmons, j’essaie un peu de voir comment marche l’industrie du disque, voir par moi même vu que les gens ne font pas de cadeaux. Dans le sens où si t’arrives pour demander quoi que ce soit, faut que tu sois en mesure de tes attentes* pour pouvoir livrer des lyrics frais, une musique patate. Et j’étais pas forcément impliqué au maximum, ce qui fait que j’ai pris mon temps pour, justement, partir sur de nouveaux projets, écrire de nouveaux morceaux, reprendre le truc à zéro. Ça demande du temps, forcément. Plutôt que de faire des morceaux par ci, par là, je me suis dis je vais me poser, savoir ce que je veux, et voilà je suis reparti dans l’écriture et sur de nouveaux projets et ça a donné ‘Métronome Concept.’

*(alors, sur le coup, personne n’a percuté, mais il semblerait que « être en mesure de ses attentes » ça veut pas dire grand chose. Mais on le laisse parce que c’est rigolo)

Teo -Le reproche qui est souvent fait à cette net-tape c’est qu’y avait pas de tracklist, ni rien, ça faisait très anarchique.

Cass -C’est ça. Je suis d’accord, mais c’était même un parti pris quand on est parti sur la mixtape. On veut faire une plage entière pour que les gens l’écoutent d’un trait, mais en fait c’était une connerie. Je pense que les gens veulent sélectionner leurs morceaux et c’est tout aussi bien comme ça. Mais c’était des erreurs de stratégie à l’époque, ça arrive. Le truc c’est de pas les reproduire aujourd’hui. Et ça n’enlève rien à la qualité du son. Mais quand je me suis mis en mode auditeur et écouté mon propre projet, ça m’a fait chier aussi. Le fait de chercher une plage comme à l’époque du walkman et faire avance rapide… ça a son charme mais c’est dépassé.

Teo -Après on arrive à Menilcity 1 où y avait une partie des sons de Métronome Concept qui se retrouvent dessus. Et une autre partie sur X-Story. X-Story qu’on sait pas trop bien ce que c’est, d’où ça sort ?

Cass -Je vais tout vous expliquer.

Spleenter -Vous étiez signés sur Menace Records en tant que X-Men ?

Cass -En fait,à l’époque on croise Bayes qui voulait nous signer pour un album X-Men. On lui avait expliqué à l’époque « Si tu nous signes pour un album X-Men, c’est sous certaines conditions ; à savoir qu’on a besoin d’être cadré. » C’est à dire qu’on lui demande. On a besoin d’être cadrés, d’avoir un planning organisé et en fait le temps à passé, tout ça ne s’est pas mis en place et finalement ça n’a mené nulle part. Un projet qui est tombé à l’eau. On a peut-être posé 1 ou 2 morceaux en tant que maquette mais c’est pas allé plus loin… Et vu qu’y avait un « contrat » avec Menace Records, pour partir de manière « classe », le projet X-story a servi de monnaie d’échange. Vu que Bayes fonctionne en manière street, on s’est adapté à ses méthodes.

Teo -Il est marrant ce projet. Par exemple, y a Poing levé tête baissée qui a été coupé avant la fin…

Cass -Ça, vous demanderez à Bayes. Voilà, vous l’appelez, vous lui demandez pourquoi tout ça. D’ailleurs j’aimerais bien le capter pour lui parler de ce projet, donc si vous avez son contact au cas où, je veux bien. On pourra discuter de tout ça, ce serait sympa. Mais je le croiserai bien à un moment, y a pas de souci.

                —Donc le blavog passe cet appel à témoin, Bayes, si tu nous lis—

Teo -Alors, Menilcity. On sait pas trop si c’est un album, un street album, un machin.

Cass -J’avoue, y a eu beaucoup de branlette dessus. En fait, moi ce qui m’a perdu à un moment, c’est les définitions que tu devais donner aux projets. C’est à dire qu’un projet, au début c’est une mixtape, un street album… Pour moi, ça reste un album, mais aussi une compilation dans le sens où y a des morceaux qui étaient déjà sortis et des morceaux que j’ai faits pour ce projet. Donc pour moi c’est une sorte de compilation ou d’album concept. mais parler de street album ou de mixtape, c’était à peu près la même chose. La seule différence qui est importante pour moi, c’est la différence avec un album. Et ce que j’amène, le prochain, ça ressemblera pas à ce que j’ai fait avant parce que ce sera un projet cohérent du début à la fin, que des inédits. Pour moi un album c’est ça, c’est un concept pensé de A à Z.

Teo -Durant cette période, t’as pas mal de sons avec des Hollandais.

Cass -Exact. C’était ma période Hollande. En fait c’est parti du beatmaker qui a fait « Des guns et des roses » (Raheem) sur Menilcity et qui est une personne qui intervenait aussi sur le projet en tant que producteur et il s’avère qu’on a fait 1 ou 2 mouv du côté de la Hollande, on a rencontré quelques MCs tels que les Pan Africans. À un moment donné on passait, disons, allez, 2 à 3 fois par mois pour développer le business.

Spleenter (il a entendu business et Hollande dans la même phrase) -Uniquement pour la musique ?

Cass -Ben ouais, par rapport à la musique, plans, connections, concerts, radios et content de l’avoir fait parce qu’aujourd’hui, je connais quelqu’un qui s’est installé là bas ce qui est pratique pour faire des concerts, avoir des dates. ce qui m’a surpris en fait, c’est que les Hollandais connaissaient le rap français. Enfin y a un DJ qui m’a sorti des skeuds de l’époque « c’est justifiable », « retour aux pyramides » etc… Et vu qu’en plus j’aime bien bédav, ça tombe bien, c’est en Hollande, tout tombait pile poile. Un bon 360.

Teo -Sur « des guns et des roses » c’est marqué ‘feat sundance’ mais il fait quoi dessus ?

Cass -Il fait des petites interventions dans le refrain. Il y tenait. C’est des choeurs, des backs au refrain, ils font partie du truc. C’est vrai qu’on les entend pas super bien, mais ils ont leur importance.

Teo -Dans ce projet t’avais pas mal d’instrus syncopées, « Je demande pas la Lune » avec Octobre Rouge, « Joue pas » avec Logan, « Le cash » avec Sundance. Des rythmes limite électro, je saurai pas trop définir en fait (et oui, Teobaldo il y connait rien en vrai)

Cass -Je te dirais que c’était ma vibe du moment. J’étais dans cet état d’esprit là et ça a donné ça.

Teo -Et tu calcules ou pas les tendances ? Tu prends ce qui arrive ?

Cass -En même temps, ça se fait dans une certaine époque, donc les sons qui m’arrivent sont faits par des mecs qui écoutent un peu ce qui se fait à ce moment là. Mais je te dirais que non, y’a pas de calculs par rapport à ça. Si la musique me plaît et que ça me botte tout de suite, c’est parti.

Teo -Et tu donnes des indications sur ce que tu veux aux beatmakers ou tu prends vraiment ce que les gens te ramènent ?

Cass -Non, c’est pas exactement ça. Disons qu’y a des trucs que j’aime pas, ça c’est essentiel de le savoir, donc ça fait que je vais pas dessus. Pour ce qui est des choix des instrus de Menilcity 1, je te dirais que c’est allé vraiment au kiff. J’ai eu quelques commandes en fait. Parce que je savais exactement ce que je voulais pour un son comme ‘des guns et des roses’ mais sinon, pour le reste, les gens me connaissent et ils me font des propositions par rapport à mes goûts.

Spleenter -Mais t’as pas une orientation style, pour faire cliché, plus NY, plus LA, plus south ?

Cass -On va dire que mon prochain album sera plus orienté soul, funk, jazz… Enfin non, pas jazz. Plus soul, funk. Ça c’est pour mon solo. Plus dans l’esprit Chaka Khan avec J’attaque du mike, des gros samples, des trucs rejoués. Ça je pense que c’est ce qui me définit le mieux en fait. Parce qu’après tout ce temps, on finit par savoir vraiment et là je pense que c’est la came qui me parle vraiment. Après ça peut évoluer mais pour l’instant c’est ça.

Spleenter -T’anticipes comment la réaction des gens ? Par exemple, Nakk a gardé un certain flow, un certain esprit et des fans de la première heure ont mal accueilli son album, dernièrement. De même, y a sûrement des mecs qui vont dire « ouais mais cassidy qui revient en solo en 2011, ce sera jamais aussi bien qu’avant. »

Cass -Comme je dis, je viens du terrain, donc la musique va parler et le projet que je suis en train de mettre en place, j’ai confiance à 1000%, en tout cas en ce que j’ai fait et ce qui se prépare. Les gens jugeront, je peux pas me mettre à leur place mais je sais que je vais livrer un truc de qualité.

Spleenter -Ça t’a jamais emmerdé, en gros ?

Cass -Tu sais, si je devais m’inquiéter de tout ce que j’entends à chaque fois, vu qu’on est là depuis un moment, je pense que j’aurais beaucoup de cheveux blancs. Je me rase le crâne, soit, mais quand même. Je me protège un peu de tout ça. J’avance. C’est important de se remettre en question, je le fais parce que j’ai mon entourage qui est là pour me dire quand ça déconne, mais au delà de ça j’écoute pas tout ce qui se dit sur mon rap et tout ça. Je suis moi même, tous les jours, à la recherche de progrès dans ce que je fais. Là je suis satisfait de ce qui se passe, donc on verra avec ça.

Teo -2 ans après, y a Menilcity 2 qui arrive sans trop de promo, y a pas mal de sons qu’on connaît déjà. Peu d’inédits. C’était voulu comme ça dés le départ ?

Cass -En fait, Menilcity 2 c’était une manière de boucler la boucle avec toutes ces histoires de mixtape et de street album, justement. Un condensé de ce qui, pour moi, ces dernières années, m’avait marqué. Y a « des guns et des roses » qui revient dedans, le morceau avec JP. Quelque exclus, le morceau avec Gak et toute la clique, Aketo, Veust Lyricist, etc… C’est une manière de boucler la boucle et de dire que pour ce qui est des mixtapes, je vais mettre un point à tout ça pour, justement, me retirer, préparer un album, prendre le temps et balancer que des fraicheurs. que des fraicheurs. Que des fraicheurs.

Teo -T’as une question con, toi ?

Spleenter -Non, c’est juste par rapport à l’avenir des X-Men. Même si y a pas de dates et d’échéances au truc… est-ce que tu pourrais malgré tout donner une date et une échéance ?

Cass – (rires) Ça arrivera un jour, ça c’est sûr. Ça arrivera un jour. Je peux pas te donner de date, parce que ça ce serait des conneries. Mais c’est un truc qui me trotte dans la tête.

Spleenter -C’est pas comme le prochain album d’Express D.

Cass -Pourquoi ?

Spleenter -Parce qu’y en aura pas. (Référence aux propos de Weeedy au concert Retour aux sources)

S’en suit une conversation où on apprend qu’une réédition de « Guet-apens » pourrait voir le jour, avec quelques inédits de l’époque.

Teo -J’ai une question qui me tient à coeur. Y a une rumeur qui a l’air assez vraie quand même comme quoi t’aurais fait un son avec Dany Dan qui n’est jamais sorti nulle part.

Cass -Ah oui, je vois, exact. Mais au moment où vous parliez de ça (référence au billet « Les X-Men : bande d’enfoirés ! ») ça n’avait jamais eu lieu. Je crois qu’on s’était croisés avec Dany Dan mais on avait pas fait de morceau ni studio ni rien du tout. Par contre, récemment, pour l’album d’Hifi on a maquetté un morceau, justement, avec Hifi, Dany Dan et moi mais ça, ça date de l’année dernière. Mais pas au moment où vous faisiez l’article.

Daphnée -La rumeur c’était Hifi et Dany Dan. Et ça c’était pour le projet de Dany Dan.

(Daphnée en fait c’est la manageuse de Cassidy. On l’a pas présentée dès le début parce qu’on pensait pas qu’elle parlerait. Professionnel)

Spleenter -C’est sur « À la régulière », ouais.

Daphnée -Et la rumeur a été déformée. les gens parlaient de Cass, mais c’était pas ça.

Cass -J’étais pas au courant. C’est pour ça que j’ai pas compris, en lisant ce passage. J’ai fait « non, non. »

Note : à ce jour, le blavog n’a toujours pas reçu de preuve que Black Tom Cassidy eut été représenté noir un jour…

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