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Dossehlai Lama

Une fois n’est pas coutume, derrière ce titre de billet peu inspiré se cache un petit hors-série dans la rubrique la phrase débile de la semaine, ainsi qu’une excuse pour vous faire profiter des photos trafiquées par les soins de @Asura__   Si vous suivez un peu le blavog, vous devez savoir qu’on apprécie pas mal Dosseh. Et si vous suivez pas le blavog bah vous le savez quand même puisque je viens de vous le dire.

En l’an de grâce 2009, sortait la mixtape Autopsie 3 de Booba, avec sa palette d’invités au niveau hétéroclite. Parmi eux, Dosseh, avec le morceau Non-stop, qui ne sera jamais clippé, faudra donc se contenter de ce superbe montage bâclé et amateur :

Venons-en maintenant à ce qui nous intéresse. A la fin du titre (vers 2’47), on peut entendre dans la tirade de Dosseh qui sert d’outro au son (il fait souvent ça Dosseh, il aime bien, y’en a qui vont réécouter leur couplet après avoir posé, lui il reste en cabine et il parle à un public imaginaire, c’est son truc) :

« On se nique la santé pour essayer de trouver de l’argent, plus tard on niquera de l’argent pour retrouver la santé. On vit dans l’excès comme si on allait jamais crever, puis un beau jour on crève, comme si on avait jamais vécu. »

C’est joliment dit, et c’est sympa comme conclusion, tout ça. Le problème c’est qu’un homme a déjà tenu presque exactement ces propos. En effet, lorsqu’on lui a demandé « Qu’est ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ? », un certain Tenzin Gyatso a répondu :

« Les hommes… parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent, ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé… et  penser anxieusement au futur, ils oublient le présent de telle sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur… ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. »

Tenzin Gyatso, c’était anciennement Lhamo Dhondup (on ne se moque pas) mais il est désormais plus connu sous son blase de mc « le Dalai Lama » qui lui a permis de faire son buzz un peu partout dans le monde.

On entend déjà les plus malfaisants d’entre vous commenter « ah bah bravo, Pit Baccardi reprenait le slogan d’Adidas à son époque, au moins son petit frère il innove » ou « après Coluche, les punchlines des rappeurs cainris et les répliques de film, le rap français va toujours plus loin dans la reprise éhontée de lyrics », etc. D’autant plus que Dosseh La Famine a déjà utilisé des références assez folklo dans ses rimes.

Mais là je dis stop. C’est un peu facile quand même et ça repose sur des préjugés. Rien n’indique que c’est pas le Dalai Lama qui a lui-même pompé le rappeur d’Orléans en premier lieu. Quoi, parce que le mec est né en 1935, se fait appeler « sa sainteté » (un a.k.a pas super original je trouve) et a écrit des bouquins (rarement seul, il se fait ghostwriter à mort le gars), c’est impossible d’imaginer ça ? Réfléchissez deux secondes :

il se rase la tête depuis qu’il est en âge d’avoir des cheveux

il a pas de meuf mais vit avec un crew de mecs qui portent des sapes larges

il a des fans prêts à s’immoler pour lui

il a un discours de victime mais un public de bourges

il se plaint constamment du boycott de la Chine alors qu’il peut crécher dans n’importe quel autre pays, notamment les pays développés.

Ce mec a tout du rappeur hardcore en manque de buzz. On l’imagine très bien aux fourneaux, en train de cuisiner du crack, dispenser à ses bougs du Tibet quelques doctrines essentielles telles « soit t’es un homme soit t’es une pomme » ou encore « on va tous caner un jour, debout sur nos pattes ou à genoux comme des fiottes ». Sans parler de tous les égarés qui s’interrogent sur les conséquences de leurs actes et à qui il répond systématiquement, même à ceux en sandales « tant pis si les mains sont sales tant que les nike air sont propres ».  Alors qu’à la base c’est Dosseh qui a écrit tout ça. C’est vraiment dégueulasse.

Et on espère bien qu’un jour, Dosseh saura réclamer ce qui lui revient de droit.

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La Saint Valentin dans une seringue


à exactement 2’17, on peut entendre :
jeune homme recherche top model, pas pour faire un by de love / mais pour en faire sa los-bo comme dans Never die alone

vous avez été nombreux à ne pas vous être demandé ce que le jeune dosseh a bien voulu dire avec cette phrase. Le blavog vient donc vous éclairer.

Never die alone est un roman noir (mais vraiment très noir) de Donald Goines, qui date de 1974. Il raconte l’histoire de Paul Pawlowski, un écrivain qui galère. Jusqu’au jour où il sauve un gangster noir, King David, qui, avant de clamser à l’hosto (ouais parce que “sauver” ça existe pas vraiment chez Donald Goines), lui lègue tout ce qu’il possède. Notamment son journal intime, où il raconte une grande partie de sa vie de crapule. Et, pour faire court, King David est un dealer de came, de l’héroïne surtout, si mes souvenirs sont exacts. A un moment il arrive à serrer une mannequin ou quelque chose d’approchant, en tout cas une fille bien sous tout rapport. Et il a très peur de ce qui lui arrive. Parce qu’il le sent vite fait le mec, une chose horrible est en train de lui arriver, et cette chose s’appelle l’amour. Ce sentiment inconnu sera décrit à peu de choses près comme une immonde maladie incurable et il est clair que King David ne s’est pas fait chier à faire tout son biff pour le partager, à vie, avec une pute. Sans parler des risques de MST tel que avoir des gosses et faire du shopping à ikéa. Alors il fait ce que tout homme sain d’esprit ferait dans sa situation : il rend la meuf totalement accro à l’héro, et finit par s’en débarrasser en lui injectant une dose mortelle de came merdique. Mais avant il la nique une dernière fois, histoire de.

Nous avons donc là, avec Dosseh, le grand vainqueur du concours de la phase la plus trash, bien que discrète, en ce qui concerne les amourettes, et sommes dans l’obligation de lui décerner la couronne d’expert en séduction pour l’année en cours. Et pourtant, comme on le verra demain, la concurrence était particulièrement rude.
C’est bien la preuve que ce petit gars est à suivre.

Dosseh est d’ailleurs le seul mc français à faire référence à cet auteur de polar (si vous en connaissez d’autres, faites signe, moi non). Mais il fait suite à une chiée de rappeurs U.S, avec parmi eux E40, Rza, 2Pac, Ghostface Killah, Ludacris ou récemment Vado.

(Bon, ok. En vrai, il est également probable que Dosseh ait vu l’adaptation filmée de Never die alone, une bouse direct-dvd avec DMX dans le rôle principal et un jeu d’acteur proche de la fosse sceptique, sans lire le bouquin. Mais que voulez-vous, la Saint-Valentin c’est aussi ça, une touche d’optimisme dans un monde de cons.)

RIP Donald Goines

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