Archives de Tag: beat 2 boul

Interview LIM (et ses potes à côté de lui)

limitw3

Donc en partenariat avec le site Black City, on a été interviewer LIM, qui est évidemment venu accompagné de JP, Samira, Capitaine Kwassi, Mida, BBM et Moha Le Vagabond.
Nostalgie, gros mots, lunettes noires et bonne humeur sont au rendez-vous, ou-hou.

La dédicace à la fin est probablement le plus grand moment de toute ta vie, surtout si tu connais ce mec.

jvpfffb

Poster un commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !)

Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 3

Et sinon, juste histoire de bien faire chier, pourquoi t’as jamais fait de son sur les meufs ou l’amour ? Mais on en a fait un avec Cross, sur rap de banlieusard 2 ! Si, le morceau « ce genre de filles ». Bah non, c’est un truc où vous parlez d’armes et les meufs servent de métaphore filée. Non, on parle vraiment de meufs aussi, en même temps, on dit qu’on aime les femmes. Cross a quand même une rime où il dit qu’il a un gun long comme sa bite… Ouais, bon, on en parle à notre façon, quoi.
Joe appellera ensuite Cross (« tu te souviens du Blavog ? Les mecs qui se foutaient de ta le-gueu ? Je suis avec eux là ») et d’autres potes dont son manager et le fondateur d’E.T.A & 357 (on a oublié le nom mais il me semble que c’est Nabil, ça doit être sur un des audios, démerdez-vous) n’oubliant pas de sortir des blagues dont lui seul a le secret (« en fait, là on attend des gens pour vous péter la gueule »). D’ailleurs le billet sur So parano, les concernés en avaient pensé quoi ? Alors en fait nous on était sciés, d’une part c’était marrant mais le pire c’est que ça ressemblait vraiment à la réalité. Au début on pensait que c’était l’ingé son qui avait écrit ça, ou un pote à nous. Donc là on repense à ce qu’on a écrit et on se dit deux choses : les sessions d’enregistrement ont dû être folklo, et Ill est vraiment perché. Dès son arrivée Cross demandera d’ailleurs direct « alors moi je veux savoir un truc : qui vous a renseigné », et un autre nous dira à peu près la même chose. Mais pourquoi vous m’avez fait parler comme une loque ? Bah parce que c’est tout ce qu’on a trouvé, le flow de Cross étant le plus posé de tous, alors que les autres sont déjà bien lents, et l’ovni Monsieur Cross 2 nous a marqué. Concernant ce son, et « l’instru de clown » (rires) en fait, sans me justifier hein, mais mon idée c’était de jouer sur le décalage entre mon flow, ma voix et l’instru qui est vraiment inhabituelle, on s’attend pas du tout à m’entendre dessus. Détail troublant, sans sa voix, difficile de reconnaître Cross, qui a non seulement une casquette, mais aussi beaucoup de cheveux. Spleenter sera profondément choqué par cette vision, ce qui donnera lieu à l’échange suivant :
Spleenter – et sinon t’as des projets ?
Cross – dans le rap, bah pas vraiment
Spleenter – non mais pour tes cheveux, tu comptes faire quelque chose ?
Cross – (rires) ah mais je vais te dire un truc : j’ai fait le ratio entre la longueur de cheveux et la quantité de meufs que tu serres, et je dois dire que j’y ai grave gagné.
Toujours au niveau capillaire, parce que c’est un sujet primordial dans le rap, Joe y va de son petit conseil technique. Au début ma mère était contre les locks, y’avait pas moyen que j’en ai. Alors le truc c’est que j’ai dit que ce serait juste pour les vacances, pendant l’été, tu vois. Sauf qu’à la rentrée j’ai dit bon ben on a qu’à dire jusqu’à la Toussaint, ce genre de conneries. Et forcément ça poussait, et au bout d’un moment bah elle a lâché l’affaire. Mais là j’ai coupé un peu, c’est plus aussi long qu’avant. Ça c’est de l’interview qu’a des couilles au cul, ou je m’y connais pas.
Son pote/manager/producteur, avec qui Joe nous explique qu’il veut monter une structure en totale indé, décrit le personnage à sa façon : Joe il a une plume, y’a vraiment quelque chose à faire avec lui. Bon le truc c’est que lui, c’est le genre… si y’a un concert et en même temps, une soirée, il va aller à la soirée (sourire).

The Wire vs Les Sopranos (bonus track)

Joe – C’est super dur, je sais pas franchement.  C’est une bonne question parce que je crois même qu’aux États-Unis y’a eu un genre d’étude des meilleures séries et c’était ces 2 qui ressortaient. The Wire j’adore, y’a plein de persos géniaux, mais de l’autre côté y’a Tony… The Wire c’est constant dans la qualité, mais Les Sopranos c’est autre chose, sans que tu saches pourquoi, des fois t’as un épisode de fou, comme quand Christopher et Paulie se paument dans la neige en voulant enterrer un Russe, et qu’ils perdent tous leurs moyens. C’est super comique parce que c’est des mafieux classiques mais là tu les vois dans une situation qu’ils maîtrisent pas, ils ont les cheveux en bataille, ils crèvent la dalle, ils sont gelés, ils s’embrouillent parce qu’un des deux a bouffé un supplément sauce du mac do alors que c’était le seul truc qui leur restait pour grailler…

Spleenter – ça faisait très Fargo, c’est un épisode réalisé par Buscemi je crois.

Joe – Sinon en ce moment y’a Boardwalk Empire, je sais pas si vous suivez.

Spleenter – Ouais, mais si je passe 50 minutes devant un épisode des fois je me fais chier. Alors que si je lis des pages wikipedias mal documentées sur certains persos de la série, je passe une bonne soirée. C’est quand même un gros problème. A part Capone, tous les persos de mafieux sont nuls.

Teo – Surtout Luciano et Lansky, l’un est un attardé impuissant et l’autre a une dégaine d’écolier. Au train où ça va, quand Siegel va débarquer, ce sera un autiste avec un yoyo en bois qui fait des clins d’œil aux meufs dans la rue (et effectivement, entre temps la saison 2 a été diffusée, et un personnage plutôt jeune appelé « Beanie » se distingue en faisant des grimaces d’enfant de 5 ans aux autres gangsters durant ses courtes apparitions)

Joe – ouais mais tu vois, déjà la série elle est pas vraiment sur ces mecs là. C’est sur le perso de Buscemi, et aussi le jeune là, Darmody. Lui il est très bon. Après ça me dérange pas qu’il affiche salement Luciano, avec le moment où il se fait avoir par la meuf qu’il baise. Parce que en vrai, à cet âge là, bah Luciano c’était un ptit con. Nous on a l’image finale du gros gangster mais ça s’est pas fait en un jour. Pareil pour Lansky. Tu vois c’est comme dans Malcolm X de Spike Lee. S’il le montre pas dans sa période de ptit con, en train de (il imite la démarche ridicule que Malcolm X tape à un moment au début du film), bah tu vois pas son évolution et ça a moins d’impact. C’est la réalité.

Il explique ensuite que c’est pareil chez les mafieux, en calant des références précises, notamment Genovese qu’il connait par cœur, avant que le tout débouche sur une interprétation très personnelle du rôle de la mafia dans le débarquement en Sicile : « faut quand même se dire un truc : sans Luciano, tu parlerais sans doute allemand. faut pas l’oublier ça ». Quand à son amour des bonnes séries, il n’en démordra pas « je vais te dire : c’est mieux que le sexe ».

Lucazz du siècle

Une anecdote sur Diomay, c’est cadeau, le rappeur préféré de Teobaldo.
Y’a tout un tas de trucs qui posent problème et qui font qu’on se prend la tête pour rien. A un moment je me suis dit pourquoi pas poser avec Diomay, je le contacte, et il répond via le net « ouais là c’est chaud je suis sur mon album », que son manager veut pas qu’il s’éparpille ou je ne sais quoi. C’est quoi ça. Moi ça m’avait plié de rire, parce que franchement si t’es un rappeur et que tu penses comme ça… La définition d’un rappeur, c’est de rapper. Les trucs « oui mais là c’est pas la bonne période », c’est n’importe quoi. Surtout que bon, je veux pas l’enfoncer, mais ça reste Diomay hein. C’est pas une tête d’affiche ou quoi. Le pire c’est que si ça s’trouve il a pensé que je lui en voulais vu que j’ai pas relancé. Non, j’en ai juste rien à foutre.
Sinon, pelle-mêle, on retiendra le patron de bar qui salue Joe et se fout de la gueule de Delarue : « faut être balaise pour passer de 20g à 0 par semaine. T’as vu sa vidéo d’excuses là ? il a pas seulement baissé son froc, il a tendu son cul en demandant si c’était assez bien ». Joe nous parlera aussi vite fait de Kenny Kenz, un rappeur belge ou suisse (ça date, faites pas chier) qu’il compte produire « il est tout frais et surtout, il est vrai, il fait que décrire son quotidien, il sait de quoi il parle, y’a pas de cinéma. C’est bien aussi de mettre des jeunes en avant, c’est comme ça que la musique se renouvelle. En France on a un peu du mal, mais aux states tu vois même des Lil Wayne, qui sont pas des anciens, ils pensent déjà à la relève, avec Young Money, Drake, Nicki Minaj. Drake c’est pas trop mon truc, mais je comprends la démarche, et Wayne a vu juste, il a ramassé le pactole avec lui, pareil pour Nicki Minaj, même si moi je suis un ancien donc je préfèrerai toujours Lil Kim, mais c’est cool. C’est comme Cory Gunz, il a vu qu’il était dangereux, il l’a signé» Et Rick Ross (ça c’est d’la transition) ? J’apprécie bien. Après le problème que j’ai c’est que c’est glacial, c’est une machine le mec, c’est presque… c’est trop parfait des fois. Tu sais que t’auras l’instru classieuse ici, le feat avec tel rappeur là, le refrain de John Legend là-bas… faudrait que ça respire plus, mais sinon chapeau. Concernant Kenny Kenz, on n’était déjà pas emballés à l’époque, et ça n’a malheureusement pas changé après écoute de leur mixtape commune. Et si on avait un doute sur tous ces gens qui arrêtaient Joe dans la rue alors que c’est même pas son quartier, l’intéressé clarifiera les choses avec une simplicité lucide « bah quand on était encore dans le biz on mettait bien beaucoup de monde, faut pas chercher plus loin hein ». Le même détachement qui lui fera dire en nous quittant « vous faites comme vous le sentez, vous êtes libres pour le texte, je veux pas avoir mon mot à dire dessus, tant mieux si ça pique des fois même ».

Par la suite j’ai revu Joe une fois, où au détour d’une conversation il lâchera tranquillement « moi si j’avais eu l’occasion de faire ça, j’aurais foncé direct. C’est vraiment génial d’être critique de film, ou sinon critique littéraire, c’est vraiment bien ». Bref, un rappeur qui gagne à être connu sans être enfermé dans une case, même si c’est évidemment peine perdue, parce que le public est un con. Cela rejoint d’ailleurs une réflexion qu’il avait eu quand on lui avait fait remarquer qu’il avait un côté très à l’ancienne, vieux Paris dans ses références, qui rejoignait le côté bien écrit de ses lyrics. Renaud, Gainsbourg, Coluche, ouais, si je les cite c’est parce que je me reconnais, je les ai découvert tout jeune et j’aime toujours bien. Desproges aussi, j’adore, Audiard, pareil. Et Dieudonné (ouais on lâche pas l’affaire) ? Ouais… (il hésite, comme s’il attendait qu’un agent du Mossad sorte des chiottes en hurlant putain on en tient un) Ouais. Ouais, j’aime bien également, c’est très bien, il est fort. Puis, après une hésitation, cette dernière phrase qui, à mon sens, résume bien le personnage : En fait, je déteste la bêtise.

Joe Lucazz et Kenny Kenz – Espèce Chaîne Gang

Joe Lucazz – Rencontre avec Joe

Joe Lucazz – Rap de banlieusard 2

Joe Lucazz – des sons à droite à gauche, de ci de là, cahin caha (avec Nakk, Alpha 5.20, Monseigneur Mike, Zekwe Ramos et d’autres gentils garnements, le tracklist est mal écrit, mal taggé, et chaotique, mais tu vas pas faire chier non plus)

Joe & Cross feat Despo & Escobar Macson – Crack music et bijoux de famille

ce morceau n’existe nulle part à la base, mais c’est pas ça qui va nous arrêter. Une production Blavog, unique et historique comme un god dans la chambre d’une bonne sœur (ça c’est bien, parce que god, godemiché, mais god, Dieu : un jeu de mot très classe qui conclut une année qui l’a été tout autant).

Et une bonne année bande d’enculés

8 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Joe Lucazz

Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 2

Sorti du microcosme parisien, une connexion dénote un peu : le lien entre Joe et Le Rat Luciano.
En fait à une époque, des potes voulaient faire une tape où ils reprendraient des classiques du rap français. Ouais mais ça c’est Retour vers le futur et c’est le K.Ommando Toxik. Voilà, ils nous ont pris de court, du coup ça c’est jamais fait. Mais par la force des choses, c’est grâce à ça que j’ai rencontré le Rat Luciano, puisque parmi les reprises, y’avait la FF. Et là franchement on a accroché direct. Et le mec, alors que je suis un parisien qu’il connaît ni d’Adam ni d’Eve, je l’ai au phonetel « ouais t’as qu’à descendre à Marseille au quartier » et c’était pas une façon de parler, après il me traite comme un pote, et réciproquement quand il venait ici. Même quand chez lui c’était pas possible, parfois je dormais chez Don Choa… Tant que c’était pas chez Menzo, ce n’est pas sale. En fait le truc avec le rat, qui fait que de Marseille à Paris il est respecté, c’est pas seulement qu’il est fort, c’est qu’en plus, y’a aucune différence entre celui que t’as sur disque et celui que t’as en face de toi. Il est quartier pour de vrai. Autant, nous tous, même quand on colle à la réalité, on enjolive un peu… autant lui c’est vrai à la virgule près. Et tout le monde te le dira. Même Booba, un jour à une soirée, il me sort « le rat c’est le seul que je respecte dans ce rap game ». Moi à l’époque j’ai juste pensé  « attends que j’arrive, ptit enfoiré » (rires). Mais là j’ai vu que Luciano a fait un feat avec La Fouine On remarque une note très prononcée d’inquiétude dans sa voix, c’est la fin du monde tel qu’il l’a connu, et on le rassurera en lui disant que Luciano ne change apparemment pas de style dans l’extrait du morceau qui a filtré. « Et y’a Rohff aussi, il paraît qu’il a sorti un son qui s’appelle « C’est comment », pareil, j’ai pas écouté, mais ça fait chier, c’est un truc que je voulais faire ça, parce que cette phrase je la dis tout le temps ! » Effectivement, une moitié du Blavog confirme, pour avoir passé une soirée en sa compagnie, le nombre incroyablement élevé de « c’est comment » l’ayant obligé à répondre « pépèrement » une bonne centaine de fois. Cependant chez Rohff la phrase est juste le titre de l’intro de La Cuenta. « Alors c’est cool, tant mieux ». Tout est bien qui finit bien.

INTERLUDE
Là tout de suite faut préciser un truc essentiel. Tout au long de la soirée, Joe s’arrêtera fréquemment pour saluer des gens, et inversement, qu’il soit posé à un bar où simplement en train de marcher en pleine rue. Sa moyenne étant d’un serrage de main et une bise sur la joue toutes les 9,27 minutes, on les passera sous silence la plupart du temps, mais pas là. Parce que Joe s’interrompt brusquement dès l’entrée d’un homme dans le bar, qui le salue chaleureusement.
Le type – salut ça va ? Tu deviens quoi ?
Joe – bah ça va Yann tranquille et toi
Yann – (à nous) enchanté, Yann, Yann Le Bras.
Après avoir échangé quelques amabilités, cette personne revient sur moi, puis sur Joe et fait « ah mais on se connaît, c’est avec lui que vous êtes venu la dernière fois » Hein ? Mais non, pas du tout. Faut aussi préciser qu’être pris pour quelqu’un d’autre est un super pouvoir de Spleenter, qui au cours de sa triste vie s’est vu attribuer une ressemblance avec Mohammed Ali, Yannick Noah, Joachim Noah, Michael Jackson période Jackson 5, Marcel Desailly et même Ronaldinho. « Ah, pardon. Bonne soirée ». Donc c’était le fameux Maître Le Bras, on l’applaudit bien fort, l’avocat le plus name-droppé dans le rap français depuis Perry Mason. Alors comme ça on a le même baveux que B2O, on se fait pas chier. « Ouais, mais ça veut pas dire grand-chose, d’ailleurs c’est même possible qu’il fasse certains trucs pour Booba gratos, vu comment l’autre le fait connaître à tout le monde. » On en apprend tous les jours.

So Parano
Moi à la base je suis plus New York qu’autre chose. C’est ça qui me parle. Mais pourtant sur So Parano notamment, la sélection d’instru allait de faces B de Lil Wayne à Young Buck en passant par Mike Jones et Terrace Martin. Ça en fait c’est dû à Work, c’est lui qui a fait la sélection de beats. De nous tous c’est lui qui se tient vraiment le plus au courant de ce qui se fait actuellement aux U.S. Moi, du moment que ça sonne bien, je suis pas fermé, je pose dessus, le changement c’est toujours sympa. Le délire So Parano en lui-même, bon déjà on est tous fans des Sopranos, et on parle de ce qu’on connaît, de notre vécu, avec le côté business de rue, tout ça. Entre lui qui donne son prénom et son nom, et Work qui dit « on kiffe tellement le rap qu’on se poucav nous-mêmes comme des golmons sur disque » où est la limite à pas franchir pour pas se griller bêtement ? Joe reste pragmatique. C’est une petite tape, personne l’écoutera, même nos proches qui vont l’écouter, avec les flows, les expressions, ils comprendront pas tout, donc ça va. Pas si parano que ça du coup… Tout le délire So Parano c’est surtout parce qu’à l’époque c’était à fond le biz de C. Chacun finissait de poser il checkait son portable, « bon je dois bouger voir un mec, je reviens ». C’était vraiment notre ambiance, et on enchaînait les couplets au milieu de tout ça. De toute façon, nous notre façon de penser c’est que tout ce qu’on fait on devra le payer tôt ou tard. Donc c’est aussi pour ça qu’on se permet d’aller un peu loin dans les paroles, on fait que raconter nos vies, pas la peine de nous faire la morale derrière parce qu’on vous a pas demandé de nous plaindre non plus. On fait que décrire notre quotidien.
Spleenter – Mais par exemple, ta mère écoute ta musique ?
Joe – Ouais
Spleenter – Et elle dit quoi ?
Joe – Elle dit « t’es un con », en général. Mais sinon elle sait que dans la vie je suis plus dans les bêtises, elle est contente pour moi maintenant. Mais sinon quand j’ai eu mes problèmes avec le 36, bah c’est ma sœur qui m’a présenté Le Bras par exemple, comme quoi.

Une famille de boss, on peut le dire.

Joe & Cross : Les Clipse frinçais ?
The Clipse avaient repoussé lors d’un entretien l’étiquette « cocaïne rap » en mettant en avant leurs talents de lyricistes, les métaphores, doubles sens, etc, la vente de drogues étant une thématique générale plus qu’un style. C’était aussi le cas de Joe sur disque (« Classe-moi parmi les lyricistes ») et aussi dans une interview pour rap mag où il citait Talib Kweli comme une de ses références.
« Ouais, je me rappelle. Kweli ça me plaît parce que c’est rue, mais l’écriture reste soignée. Sinon par rapport à nous, ça faisait dix ans qu’on parlait de coke et à l’époque on nous le reprochait beaucoup. Maintenant limite si t’en parles pas t’es hasbeen, alors moi j’ai décidé d’en parler moins qu’avant. Dans mon album y’aura quand même 2-3 sons dessus mais sinon je les  laisse, qu’ils s’amusent à jouer les Scarface entre eux… Nous on savait de quoi on parlait et pourquoi on le disait ». Le mec dit ça comme un plombier qui déplore la piètre qualité des pièces importées d’Europe de l’Est. L’amour du travail bien fait, ni plus ni moins. Pourtant, dans leurs premiers sons, Cross comme Joe décrivait l’univers du deal de manière plus vague, et surtout d’un point de vue extérieur, puis peu à peu il y a eu glissement vers un discours où ils s’assument vendeurs. « Bah justement c’est aussi parce que nous au début on avait une certaine retenue par rapport à ça, puis le temps passe, tu vois des gens qui n’ont jamais été dans ça qui se mettent à parler comme s’ils s’y connaissaient alors qu’on sait que non. Donc là on s’est dit autant y aller, les gens verront bien qu’on s’invente pas de vie. » D’où des phases comme « ils parlent tous de 0.9, 0.9, comme s’ils étaient des chimistes » ? C’est ça, c’est ridicule cette mode.  Pour en revenir aux Clipse, c’est sympa, j’aime bien leurs wordplays, mais dans le genre je préfère D-Block par exemple. » New-York jusqu’au bout décidément. Désolé les gars, on aura vraiment essayé, mais Malice et Pusha T n’auront pas les faveurs du bonhomme de neige.

1 commentaire

Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Joe Lucazz

Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 1

Teobaldo – et on a interviewé Joe Lucazz aussi dernièrement

Lalcko – il est très bon lui. C’est dommage qu’il rappe plus.

Teobaldo – mais il a pas arrêté…

Lalcko – ah bon ?

Cet échange hautement confidentiel entre ces deux individus, qui a eu lieu dans l’escalier de mon immeuble, est certes anecdotique mais résume assez bien la position particulière de Joe dans le rap français. Respecté, estimé de ses pairs, mais totalement à la ramasse niveau promo, et limite absent de l’inconscient collectif du public rap frinçais (ça si c’est pas d’la phase de branleur je sais pas ce que c’est).

2e anecdote, toujours plus haut, toujours plus fort : lors de l’enregistrement de GB Paris vol 1, il s’est passé un truc assez marrant à un moment. Joe pose son couplet, et là un petit silence se fait, les autres rappeurs présents l’écoutent réellement. Alors que l’ambiance du studio et le nombre de mc au mètre carré étaient pas du tout adaptés pour ça. Shone et Miko diront d’ailleurs « Joe on a son skeud à la maison », et au-delà du fait que ça sous-entende que ces deux personnes habitent ensemble, une telle unanimité est en général soit synonyme d’hypocrisie soit carrément exceptionnelle. On était ici dans le second cas, avec un consensus parfois flou mais sincère, qui revenait à mettre tout le monde d’accord sur un point : Joe, il écrit pas avec son derche.

Il y a maintenant une petite dizaine de mois, on a eu la chance de pouvoir échanger tout plein de mots avec ce rappeur qu’on aime beaucoup ici, mais dont personne ne parle. Jamais. Surtout toi là-bas. Parce qu’un papier difforme vaut tous les tops de merde du monde, voici le récit pas piqué des hannetons d’une sacrée soirée, en version audio pour ce qu’on a pu sauver et écrite pour tout le reste. Avec des propos rapportés mais aussi de l’itw directe, parce que c’est comme ça, c’est Noël, et comme disait cette meuf qui avait de l’herpès « y’en aura pour tout le monde ».

Lucazz Begins

« En fait à la base j’étais avec Cross dans un crew et à un moment on devait tous se choisir nos blases. Cross à l’époque s’appelait Lupino (?), inspiré de Arsène Lupin (!) et moi, Lucazzi c’était pour Luca Brazzi en fait. C’était un moment où je voulais rendre mon flow plus fluide alors j’essayais au maximum d’enlever certaines lettres qui te font buter sur la prononciation, c’est pour ça que Luca Brazzi est devenu Lucazzi. Dans Le Parrain, ce perso m’a choqué dès le début : tu vois un type répéter pendant une heure une simple phrase de félicitations pour Corleone, ensuite il disparaît et quand Corléone se fait shooter et qu’ils font la réunion de famille tout le monde dit « ah si Luca Brazzi était là, il règlerait tout ça en 2-2 ». Mais tu sais pas bien qui c’est à part que c’est le plus fidèle des capos de la famille. Après t’as la fin, où il réapparait et se fait caner salement. Bref j’étais intrigué. Donc j’ai lu tous les bouquins de Puzo et le perso y est beaucoup plus développé et il m’a bien plu. Donc aucun rapport avec Frank Lucas. « Ca va pas non ? Pas du tout, en plus c’est une balance lui ».

Cam’ron sur Marche avec nous

Alors cette connexion à la base on l’a eu par DJ Battle qui a mixé notre album et qui était beaucoup aux States à ce moment là. A un moment il nous contacte et nous fait voilà j’ai moyen de vous avoir Cam’ron, mais pour un petit truc, ce sera pas forcément un couplet ni rien. Nous on s’en foutait, tu nous passes Cam’ron sur notre skeud, bien sûr que c’est oui. Donc voilà l’histoire de cette intro.

Méthode de travail

Alors mes potes, j’écoute leur avis, mais en vrai, je m’en fous. C’est d’abord moi seul qui compte. Mais attention, je suis super exigeant avec moi-même. La plupart des sons que je fais, je me mets des notes en fait. La plupart du temps, si je me mets pas plus de 14, je sors pas le son. Et ça arrive souvent. Du coup c’est l’inverse, c’est mes potes qui me disent mais t’es fou, ça c’est bien. Mais faut que ça me plaise à moi d’abord. Niveau écriture, le truc que j’aime bien faire c’est instaurer une continuité dans mes couplets, au moins sur la forme, même si ça va parler de tout et de rien au final. Si je te fais une comparaison en début de couplet sur, on va dire, le poker, je vais me démerder pour que ça revienne par la suite, et si possible finir sur ça aussi, mais de manière variée à chaque fois. Que quand t’écoutes, ça semble un enchaînement logique, pas des phrases interchangeables à l’infini.

Joe et le rap français

Il évoque dans un premier temps ceux qui ont fait un bout de chemin avec lui, à commencer par Flynt. « si t’as une embrouille avec Flynt, t’as qu’à squatter les concerts de Mobb Deep, Infamous Mobb, tout ça, t’es sûr de le trouver. C’est vraiment son délire. C’est un mec en or, il est pas du tout comme moi. Flynt tu lui donnes rendez-vous à 15h, il est là à moins cinq, à 15h01 il t’envoie un texto et à 15h03 il t’appelle. » Évidemment, Joe aurait pu se contenter de dire « Flynt est blanc », mais il est comme ça, il a son sens de la formule bien à lui et il y tient. Quand il parle au naturel, il encule l’ensemble des slammeurs de ce pays. En parlant de ça, la seule fois où on a entendu un pic à des collègues, c’était pour Abd al Malik et Michael Youn nan ? « En fait j’aime pas les clash, je trouve ça bidon en France. Si j’ai un problème avec quelqu’un je vois franchement pas l’intérêt d’en faire un morceau. La phase sur Malik et Youn c’est pas un clash en vrai, c’est juste la vérité : l’un a vraiment zappé le rap pour du slam, et l’autre est un clown. C’est même pas une attaque. L’autre fois où je me suis retrouvé dans une histoire comme ça c’était avec Cen Safaraa, et alors là c’était n’importe quoi. Je pose sur un truc qui reprend la face B de Repose en paix au refrain. Avec Cross on se dit que c’est bien, je pensais même qu’on aurait pu appeler Booba pour qu’il dise quelques mots en intro. Je reviens au studio, et je vois les autres couplets. « Merde mais c’est un clash ça les mecs !? » (Joe dit vraiment ça comme le gars qui se réveille, qui voit la fille à côté de lui et qui fait « mais c’est une rousse, ça les mecs !? »), avec Kappacci qui s’est rajouté et tout. Et en plus ils voulaient le clipper. » Donc là ce qu’on retient c’est que si tu veux clasher quelqu’un mais qu’il te manque un couplet, t’appelles Kappacci, il insultera tout le monde sans rechigner. « Mais de toute façon, même les fois où les beefs ont dépassé le cadre de la musique, c’était déjà n’importe quoi. » Un exemple ? « Le truc de Gab’1 là. Avec Rohff et Kery qui le tapent ou je sais pas quoi. Et y’a sa vidéo le lendemain. Franchement si tu tombes sur un mec et que juste après il continue son délire en vidéo, c’est que déjà tu l’as pas assez tapé. En plus Gab’1 on le connaît c’est un mec du 19, on le voit rentrer en taxi de soirée, il est marrant. Mais sinon le délire c’est que maintenant même les têtes-têtes c’est fini. Normalement, si t’as un truc contre quelqu’un, et que tu le retrouves avec tes gars, c’est tes potes qui le règlent et qui sautent pour toi. C’est comme ça que les trucs se règlent, les histoires de duel de cour de récré, j’y crois pas. » En parlant du 19e, quid de ses petits camarades ? Les Ghett Dip, je les connais, on s’apprécie, leur délire Hausmann, c’est bien, c’est super classe mais le truc c’est que des fois ça va un peu loin. Quand Simsky fait sa rime « je suis juif, musulman, chrétien », bah non. T’es juste musulman. Ça sert à rien, tu vas pas rallier tout le monde juste parce que tu dis ça. C’est comme les délires Illuminatis. C’est la mode, les mecs foutent des signes et des trucs mystiques dans leurs sons et leurs clips, ils croient que ça va leur ramener un certain public. Mais ceux qui sont là-dedans, ça les intéresse pas un rappeur qui parle de ça. Y’a aussi des mecs qui se sont mis à parler de coke dans leurs morceaux parce que c’est devenu fashion. Les gens sont profondément stupides de croire que ça peut les booster. Joe n’est pas non plus très fan des théories du complot en tous genres. Non mais moi, les trucs sur le 11 septembre, les trucs secrets pour contrôler le monde… je suis réaliste. Pour moi c’est l’argent qui dirige absolument tout. Donc pas besoin de chercher très loin. Tu vois juste ceux qui profitent d’un truc et ceux qui y perdent et t’as tout compris. Pourquoi des gens se feraient chier à faire des manipulations de fou pour contrôler un truc alors qu’il suffit de l’acheter ? A part ça, il fréquentait pas mal Sinik et Kennedy durant une période non ? Bah Kennedy et Sinik c’était les petits de Diam’s. Bon Sinik je peux plus trop l’écouter mais Kennedy, lui son évolution est un gâchis. Il s’est racaillisé de fou, avec son accent et ses intonations qui lui vont pas du tout. Surtout qu’à la base c’est pas un ouf. En même temps Kennedy dès qu’il a posé sur Ouest Side il a cru qu’il faisait partie du 92i… C’est exactement ça. Tous ces mecs qui rappaient normal et qui se sont mis à prendre un flow caillera après Booba… (là, Joe imite l’accent caillera. C’est impossible à décrire, le mépris dégouline trop sur les syllabes déformées, on obtient le chaînon manquant entre le raclement de gorge et le gémissement) Mais c’est dommage c’est un petit qui aurait pu tout niquer… mais tous les petits qui peuvent tout niquer ils leur arrivent des trucs. Ce qui manque c’est un jeune qui a les dents longues et qui maque le game. J’ai cru que Sefyu pourrait le faire, mais il a pas les capacités. Certains morceaux je peux même pas les écouter. Son truc « s-s-s-s-s » là (molotov 4), c’est mort pour moi. Le truc des gimmicks c’est bien une fois, pas plus. Pourtant Joe lui aussi a fait un couplet comme ça, « Doom ». Ouais, un couplet sur un feat. Dans mon album solo aussi y’aura un morceau gimmick. Ça s’appellera Mimil. Parce que c’est vrai que je le dis tout le temps. D’ailleurs cette expression, ça vient d’où ? C’est un truc à l’ancienne ça. Moi je me rappelle que c’est à Rosny qu’on le dit beaucoup. Mimil’ c’est genre… tu vois les petits mecs des rues mais d’avant ? Les gavroches, les minots qu’ont même pas 15 piges mais qui ramassent les mégots des grands pour se les foutre dans la bouche, tu vois ce style là, très vieux Paris. Bah c’est ça Mimil’. Et chez nous c’est devenu une sorte de truc qu’on ajoute en fin de phrase, genre « allez arrête tes conneries, mimil… ». Retour au rap. « Ce qui est dommage aussi et qui explique que y’a pas de petits qui déclassent les grands, c’est que les grands quand ils montent ils ont des équipes de merde avec eux. Booba il est fort mais son équipe elle est dégueulasse. Et c’est loin d’être le seul. Du coup tu peux pas avoir de crew à l’américaine qui sont tous au top en même temps. Du côté du Blavog, on a un peu peur de l’évolution de Dosseh. « Je crois vraiment que Dosseh est moins con que les autres de son âge, et en plus il vient de province, il a pas été bousillé par le délire d’ici, il doit avoir plus de recul. »

Darys, Ill, Joe Lucazz – freestyle

La suite au prochain épisode, avec un invité surprise, du suspens et des effets spéciaux.

14 Commentaires

Classé dans Interview (et ouais mon pote !), Joe Lucazz

Salut l’artiste (3)

Apparemment Brams est mort.
Alors bon. C’est le cœur lourd et les couilles vides que nous sommes dans l’obligation de rédiger cet hommage.
Au début ça a fait comme les cons pour DSK : on y croit pas. Brams mort ? mais pourquoi faire ? dans quel but ? Les rappeurs morts ils sortent au minimum un solo juste avant, histoire de. Mais lui il avait pas le temps pour ça, il était déjà ailleurs. Une chose est sûre, il ne méritait pas ça. Pas lui. On évitera donc les vannes à chier du style « il a dû voir le dernier clip de Zoxea et il l’a pas supporté », c’est de mauvais goût. Je suis comme Crimson Bolt dans le film Super quand il dit « come on Boltie wake up » à sa coéquipière et qui la retourne et qui voit un bout de cervelle manquant. D’ailleurs vous allez écouter la musique de cette scène tout en lisant cet article, ça me semble approprié. Moi ça me fait penser à une montée au paradis, c’est un peu triste et beau en même temps. Donc voilà.

Brams c’était le 3e membre du 92i avec Mala et Booba, également le 3e membre de la Malekal Morte quand ça existait encore avec Mala et Issaka. Brams on l’a découvert dans le Beat 2 Boul, avec notamment le morceau catch à l’arrière.
Il se distinguait de ses autres compères en ayant une voix somme toute assez normale, voire très discrète. On était encore très proche du post-adolescent encore prépubère. Du coup c’était très complémentaire au milieu de l’ogre Mala et du boucher Issaka.
La première fois que je l’ai vu ça devait être dans le concert de Lunatic à L’Elysée Montmartre, y’a 10 piges maintenant, pour le morceau 92i. Il était là avec son sweat capuche et son éternel bonnet, à rapper son couplet sans grande conviction, encore très timide. Une sorte de Sir Doum’s mal réveillé, on savait pas trop qui c’était ni ce qu’il foutait là, lui-même semblait se le demander aussi. Suite à la non-réaction totale du public il s’est donc mis de profil et rappait face à Mala, voire limite dos à la foule par moments. Il est comme ça, Brams, il se prend pas la tête. Des années plus tard, c’est avec la même spontanéité salutaire qu’il hurlera au micro « sisi, bande de chiens » ou encore « bande de fils de pute » au stade de France après le bouteilledejackgate de Booba. C’était d’ailleurs limite le seul à continuer d’ambiancer au micro dans ces circonstances, sans doute qu’il trouvait déjà ça très drôle sur le moment, pendant que Fred suppliait au micro également mais en coulisses « calmez-vous s’il vous plaît ne donnez pas une mauvaise image du rap et du rnb ». Et ça c’est du lourd.
Entre temps ? pas grand-chose, et c’est d’ailleurs bien dommage, on avait fini par l’aimer ce ptit gars du 92100. Avec son style totalement je m’en foutiste et ses phases sorties de nulle part mais qui cognent quand tu t’y attends absolument pas (« ce que tu nous caches est rectal« , fallait quand même la sortir celle-là mon con). C’était un peu le pote avec qui tu traînes pas trop mais quand tu le fais tu te dis ah ouais en fait il est intéressant ce type, et après tu te remets à pas trop traîner avec lui. Et puis un jour il clamse et tu t’aperçois que t’as loupé pas mal de trucs. Bien sûr que y’avait meilleur que lui, plus technique, mieux écrit, etc. Mais comme ce fameux pote, il avait « son truc ». On s’est jamais penché dessus, et maintenant c’est trop tard et on se retrouve comme des cons. Avec un seul couplet, il faisait le tour de la terre. Et sûrement qu’il détournait des groupies de Booba avec passion aux 4 coins du monde en tournée. Ça mérite amplement le respect. Sans compter qu’il s’adaptait à tous les changements de Booba niveau flow et instru, alors qu’on sait très bien qu’il ne l’avait pas choisi lui-même. Pourtant dans 92 izi il pose comme s’il avait fait du son orienté south toute sa vie. Allez comprendre. L’album d’après, on lui impose l’autotune, et le miracle se reproduit. Couplet lunaire tout en nonchalance là où d’autres se cassent la gueule lamentablement.

Pour se faire une vraie idée de qui était vraiment ce garçon, le plus simple est sans doute de mater le dvd de Ouest Side, où il figurera dans le clip Boulbi, dans un polo unkut qui lui a valu le doux surnom de sexy chocolat par mala sur le tournage. Et cette merveilleuse blague pas piquée des hannetons pendant le second jour de shooting :
« – vous avez bien gardé les mêmes habits qu’hier ?
Brams – ouais, sauf le slip ! »

Adieu Brams, tu nous auras fait marrer, kiffer, et même supporter Djé, ce que Booba peine à faire la plupart du temps. Même en chien on ne le tenait pas en laisse. Un sacerdoce qui l’a guidé toute sa vie.
A la question de l’inénarrable tonton marcel « alors brams la famille un peu tu prépares un projet solo dans le hiphop« , le mc du Pont de Sèvres répondra simplement « moi comme je dis toujours, je prépare un album, mais c’est un album photo, toujours beau gosse tu vois« . avec le sourire. Fidèle à lui-même. Je pense que ça résume bien le personnage.

Pour citer les dédicaces du livret de Dany Dan :
« Je dédie cet album à (…) Brams (Le vrai roi de Boulogne) »
Brams à l’époque ou la scène boulonnaise était encore à peu près unie était donc le mec marrant du groupe qui sortait de la vanne punchlinesque à gogo. Inventeur selon Dany Dan de l’expression « je voyage en BMW » pour Bus Métro Walkman. Donc là tu sais qu’on a perdu un grand homme qui ne sera jamais remplacé.
On ne dira pas mais merde pourquoi il est mort, on attendait un solo, un son tout seul au moins un truc bordel de merde, même si on le pense. Car pour citer une ligne de Tyler The Creator de Odd Future
« See they’re missing the new album, I’m missing my only friend« .
parce que ouais. c’est quand même vrai.
Son couplet sur Izi life avec l’instru planante prend une toute autre ampleur à présent.
This ain’t a rap song, this is my life
RIP au roi.
Et balance ta maaaaaille, ton spliff ou ton verre de skyyyyyyyy au paradis. Là haut aussi, on lui souhaite de contrôler la zone.

Brams anthologie (tous les sons ou il était là quoi).
et ça c’est une autre bande-son de montée au paradis, vu que tu dois avoir fini d’écouter la première si tu lis lentement.

17 Commentaires

Classé dans hommage, sliphop

Le grand jeu de la Toussaint

C’est les vacances et vous ne partirez nulle part grâce à la pénurie d’essence (Merci Sarkozy).
Mais ne vous inquiétez pas, dans le but de vous divertir malgré tout, le Blavog lance un grand jeu concours.
Pour participer, c’est très simple, il te suffit de partir à la recherche de Sir Doums.
Toute personne susceptible d’avoir des informations sur l’actualité du rappeur Boulonnais peut jouer.
Mais ceux qui n’en ont pas peuvent jouer aussi en en inventant.
Un petit indice : la dernière fois qu’il a été aperçu c’était aux côtés d’obscurs mecs du 91
Alors si vous avez des nouvelles sur son futur projet annoncé depuis déjà de nombreuses Lunes et intitulé « O²Seine guerrier », envoyez les au Blavog en notant « Grand jeu concours : Où est Sir Doums ? » en objet de votre courrier.
Les réponses seront triées et celui qui aura envoyé la réponse jugée la plus intéressante recevra un flamby.

A noter que si tu t’emmerde vraiment, ce jeu marche avec Nubi également.

http://www.zshare.net/download/81938863fbd39d9f/

http://www.youtube.com/watch?v=O6RSXqSAud4

http://www.youtube.com/watch?v=yjp8BllU2kE

25 Commentaires

Classé dans petites annonces

Dead Buzz Walking 3

Mais que fait Doudou Masta de tout ce buzz ? Il ne le garde pas pour lui ça se saurait. Quelle est sa mission parmi nous ? Redistribuer ce buzz aux rappeurs méritants. C’est ainsi qu’il se retrouve dans le XXe à Paris, mais freine un peu trop vite devant le KFC.

Doudou – ah, fait chier, j’ai fait tomber du buzz dans la bouche d’égout… ba, tant pis, personne ira le chercher là…
Hill-G – Hep ! doudou ! Tu m’as pas refilé ma dose de buzz, ces derniers temps.
Doudou – Tu n’as rien fait pour dernièrement.
Hill-G – Je sais, je sais. mais t’inquiète, je vais bientôt ! Allez quoi ! Avant tu me faisais confiance…
Doudou – dans ta phrase, c’est le « avant » qui est important.
Hill-G – Laisse moi une toute dernière chance, s’te plait. je suis sur un bon coup en ce moment.
Doudou – Je peux pas te donner ce buzz, tu ne l’as pas mérité, et tu le sais très bien.
Hill G – Attends ! Je sais ! Si je fais un clip où je mets un t-shirt « le rap c’était mieux avant » ? et si je fais du tennis dedans ? Non ?
Doudou – je vais faire comme si j’avais pas entendu.
Cassidy – moi je suis actif par contre, je mérite mon buzz. j’ai des projets de prévu.
Doudou – oui mais si c’est des trucs comme l’album en commun avec Atto, c’est terrifiant.
Cassidy – On a réédité notre premier album « Jeunes, coupables et libres » en Décembre. C’est bien ça, non ?
Doudou – Mais pourquoi vous l’avez pas dit plus tôt ? Je vous aurais filé un minimum de buzz pour ça… Là personne n’est au courant…
Cassidy – Là c’est du Al Simmons, ma partie homme seul dans l’ombre. Je disparais.
Hill G – Moi c’est Jayce seul face à Discor. Pour mes conquérants de la lumière.
Doudou – Mais vous êtes tous les 2 complètement tarés…
Cassidy – Allez file du buzz.
Hill G – Du buzz ! Euj 2 Beuj ! Vide ton sac. Vite mec. Ou reste loin de nous.
Doudou – Ça marche pas comme ça…
Hill G – Allez quoi ! Je suis I L L pour ils et elles ! Je suis le boss de ce rap game, je veux mon buzz. J’ai quand même sorti un album commun avec Jay-Z en 99 « 1999 problems » et un avec Lil Wayne en 2009 « ILL WAYNE ».
Doudou – Quoi ?!
Cassidy – Non mais là il faut dire que Ill est atteint de la folie des grandeurs et…
Doudou – Ah, c’est pas fini, ça…

Hill G – ça veut dire que pour le buzz c’est mort ?
Doudou – Mais ?! Mais ?! Oh putain !! Mais vous êtes les X-Men ! Bande d’enfoirés !!! Vous avez pratiquement inventé le concept de buzz de rue en France ! Vous vous rendez pas compte que si vous revenez ensemble au meilleur niveau on ne parlera plus que de vous ?! Seulement pour ça faut vous sortir les doigts du cul un peu…
Cassidy – Tu veux dire un petit retour en ninety five, là où les psykos débarquèrent avec une attaque du mike large comme la cité Carter ?
Doudou – Oui ! Voilà !!!
Hill G – Mais ça fait longtemps comme Jésus. On sait plus comment faire nous…
Doudou – Mais je sais pas moi, ramenez Hifi par exemple. Comme à Retour aux sources.
Hill G – Mais il était pas sur « Retour aux pyramides » Hifi… Non ?
Cassidy – Il parle du concert Retour aux sources.
Hill G – ça ne me dit rien…
Doudou – Hifi, veux tu un peu de buzz ?
Hifi – Non merci.
Doudou – Comment ça, non merci ?
Hifi – Je m’en fous du rap game, je sais déjà que je suis le meilleur.
Doudou – Et ça te blase pas de savoir que tu seras à jamais le seul à le savoir ?
Hifi – Non parce que si les gens savent que je suis le meilleur, ils me compareront avec d’autres et ils trouveront des mecs plus fort que moi. Et ça je ne le veux pas. Je veux rester le meilleur.
Doudou – …

Le passeur de buzz timide et sans complexe resta interdit et estomaqué un long instant avant de comprendre qu’il n’y avait définitivement plus rien à attendre des X-Men même si, comme tous, il avait encore très envie d’y croire.

Doudou – Finalement l’actualité récente la plus bandante des X-Men c’est Moms qui reprend Retour aux pyramides
Et sur ces paroles pleines de sagesse, il s’en alla, ne prêtant guère attention à une voix étrange venue des profondeurs qui semblait hurler « ouga ouga » pasque Doudou Masta, c’est pas la SPA non plus.

Doudou – Yagaya yagaya yagayaya !! Doudou Mastaaaa !!!
Dany Dan – Hey yo D, quoi de neuf ? Gangsta ?
Doudou – Je suis désolé, Dany, je t’aime beaucoup mais là je vais bientôt devoir reprendre tout ton buzz si tu fais pas vite quelque chose d’événementiel.
Dany Dan – À la régulière. Mais t’inquiète, je veux pas me jeter de fleurs mais on sera bientôt en place. Trouve moi dans les Big Deal comme Vincent Lagaffe !
Doudou -Oh !!! Violent !!! Punchline !!! Et mais… Non attends… c’est de la merde…
Dany Dan – Oui, c’est nul, mais quand c’est moi qui le dit, tu kiffes ! Il ne s’agit que de ça, je suis vraiment frais comme Hollywood menthe !
Doudou – Chewing Gum !!! Ah merde !! Tu m’as encore eu, là… Bon t’as gagné, je te laisse ton buzz, mais s’il te plait fais en quelque chose.
Dany Dan – À la régulière, on est là. D’ailleurs, il te reste un peu de buzz à filer à mon negro Moda ?
Doudou – … En quel honneur ?
Dany Dan – C’est mon pote. Et je suis quand même l’auteur de « Tout le monde se lève pour Dany » le single interplanétaire ; avec mes choristes, les Danettes, au refrain. Tu sais, ce single qui a inspiré la pub pour le yaourt. Gangsta.
Doudou – Hein ??!!! (il sursaute) merde ! j’ai fait tomber du buzz par la fenêtre… enfin, il est éparpillé dans ce qui me semble être une benne à ordures… aucune chance qu’on vienne le récupérer.
Melo – (il arrive en courant) Houlà non ! Tu sais bien c’est à cause de sa maladie, la folie des grandeurs tout ça…
Doudou –Ah oui, c’est vrai… Lui aussi…
Melo – Et encore, là il t’a pas parlé de « Dany the Dogg » son album commun qu’il aurait fait avec Snoop…
Doudou – … Bon OK, je donne du buzz à Moda. Ses skeuds vieillissent bien dans l’ensemble. Rien qu’un peu alors. Mais c’est tout ! Je n’en donnerai pas à ton gros copain Saloon. Jamais !
Dany Dan – tu peux pas faire ça, Doudou !
Melo – c’est étrange, y’a un ptit mec qui crie « lady gaga » depuis tout à l’heure en bas de l’immeuble…
Doudou – Si saloon te réinvite sur son album, je serai forcé de te reprendre un peu de buzz. équilibre cosmique tout ça.
Dany dan – Pire encore yo ! Du coup il va me redemander de poser avec sa copine…
Doudou –Il a une copine ???
Dany Dan – Bah oui, c’est Agonie. À l’irrégulière yo !
Doudou – Nom d’un chien, j’ai bien fait de pas lui donner de buzz à elle…

Mais il arrive aussi que Doudou Masta se rate. Sans doute bourré ou maladroit, il donne du buzz à des gens, on sait pas pourquoi. Mais ils ont du buzz, et pis c’est tout.

Doudou – Yagaya yagaya yagayaya !!! Doudou Masta !!!!!
Mister You – Yougataga !!!
Doudou – Qu’est-ce que tu veux, toi ? Tu n’auras pas de buzz.
Mister You- ah mais non, mais ça va, j’en ai suffisamment là. Je venais te remercier d’ailleurs.
Doudou – Attends, mais t’es qui putain ?!
Mister You – C’est moi, c’est Mister You ! C’est moi, quand tu regardes les nouvelles vidéos rap, je suis là et je dis que je suis en cavale ! C’est moi, c’est Mister You !
Doudou – Je suis désolé, monsieur. Je ne vois pas qui vous êtes…
Mister You – Mais si ! C’est moi, c’est Mister You ! Quand Neochrome vire K-Tana de l’U2F en solo, ils me mettent en avant à la place ! C’est moi, c’est Mister You !!
Doudou – Ah quand même… mais t’es qui ?
Mister You – Mais c’est moi ! C’est Mister You !! Je fais rimer « 400 coups » avec « pâtes sans goût » ! C’est moi ! c’est Mister You !!!
Doudou – Oh putain !!! Et je t’ai filé du buzz, moi ?!
Mister You – Bah oui ! bon c’est vrai des fois tu t’amuses à le mettre dans des endroits bizarres, mais je le trouve toujours !
Doudou – Saloperie ! En plus, je peux pas te le reprendre vu que tu l’as déjà utilisé. Mais maintenant tu vas devoir mériter ton buzz.
Mister You – Comment ?
Doudou – T’as bien dit que t’étais en cavale tout à l’heure ?
Mister You – Euh oui, mais en fait non… je dis ça pour internet, quoi. En fait je me suis juste barré de chez moi avant que les keufs fassent une descente. Mais on peut pas vraiment dire que je sois recherché activement pour de vrai non plus, quoi…
Doudou – Ouais mais tu vas aller en taule quand même.
Mister You – Mais euh !
Doudou – C’est le moyen le plus logique de légitimer tout ce buzz que tu as.
Mister You – mais je peux pas attendre encore un an ou deux ?
Doudou – ah non, faut y aller là. mais t’inquiètes, ils t’allumeront pas tant que ça au jugement. et quand tu sortiras ton buzz aura encore grandi, tu verras, je m’en occuperai pour toi, je l’arroserai tous les matins
Mister You – sérieux ?
Doudou – mais oui. comment tu crois qu’il a fait, Shyne ? là maintenant il est plus attendu que jamais.
Mister You – mais il a fait 10 piges de taule Shyne…
Doudou – ça c’est ce que j’ai toujours dit, les states ont une longueur d’avance sur nous.

Mister You, Al K-pote, Still Fresh – suce nos boules
Mister You, Nessbeal – quand on était petits
Cassidy – GOD
Dany Dan – briquets et portables
je ne leur paye pas de verres, elles boivent la capote
Y’a pas à dire, y’a des choses que seul Dany peut faire.

6 Commentaires

Classé dans dead buzz