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Escobar Macson : questions pour un Zaïrois

esco chainsawc’est une sorte de bonus de l’interview (qui est et ). Vous avez été nombreux à ne pas apprécier le très mauvais éclairage de l’interview de Hype, Sazamyzy et Zesau, sans parler du son à chier. C’est pourquoi on a fait un peu mieux ici, mais pas trop non plus, et encore ça dépend des fois.

Bref, vu qu’Escobar est Zaïrois aime particulièrement les films d’horreur et case souvent des références ciné dans ses textes, voici un quizz porté sur le sujet. Je veux pas trop vous vendre du rêve, mais à un moment dans la vidéo il se gratte la tête.

et on vous remet celle-là parce qu’à la fin Esco imite Marion Cotillard puis Christopher Nolan et au cas où tu te poserais la question, oui, t’es obligé de le respecter pour ça.

Escobar Macson - Introconneuse www.rap-francais.com

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Classé dans Escobar Macson, Interview (et ouais mon pote !)

Interview de Escobar Macson aka Tony Bamboula alias Gilles de la Machette (2)

la suite de ce truc.

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Teobaldo : T’as fait la reprise du « Crime Paie » pour Têtes Brulées … c’est toi qui as choisi de reprendre ce titre ?

Escobar : Je crois que je l’ai choisi, on me l’a pas imposé, on m’a même pas proposé plusieurs morceaux. J’ai choisi, j’ai appelé moi-même Francky, je crois que c’est moi-même qui ai cherché l’instru sur internet. Mais c’est vieux, c’était en 2006. L’époque où je commençais à m’échapper du donjon.

Teobaldo : Justement, reprendre ce titre juste après t’être « échappé du donjon », est-ce que ça te fait pas un peu tourner en rond, au niveau des étiquettes ?

Escobar : Non, j’avais juste un orteil dehors. Peut-être que je l’aurais pas fait si j’étais complètement sorti du label, j’aurais peut-être choisi autre chose.

Teobaldo : Si on te demandait de reprendre un grand classique aujourd’hui, tu reprendrais quoi ?

Mike : Ghetto Guet Apens !

Escobar : Excellent choix ! Tu commences à me plaire toi.

Teobaldo : Tu l’as un peu fait sur 2 Voix Suprêmes, c’était ton idée de reprendre un morceau de Lalcko ?

Escobar : Ouais, j’avais bien apprécié le truc, je lui ai proposé, il m’a dit oui tout de suite.

Mike : D’ailleurs sur la mixtape de Lalcko, il enchaine les deux versions. L’alchimie, c’est surtout Lalcko-Esco, quand on regarde bien. Vu le nombre de morceaux qu’ils ont ensemble, on peut presque sortir une mixtape !

Teobaldo : On peut faire un bootleg ouais.

Escobar : Faudrait rajouter 2-3 morceaux pour faire un truc complet.

Spleenter : L’album de Lalcko période 45 est apparu sur le net y’a quelques mois. C’était très obscur comme diffusion. Le tien, de cette période-là, c’est possible qu’il sorte un jour, de la même manière ?

Escobar : Jamais. Pas comme ça, en tout cas. Je sais pas ce qui lui a pris, je l’ai appelé, je lui ai dit « mais t’es malade, qu’est ce que tu fais ? » En plus, tout n’est pas arrivé en même temps ! T’es malade, c’est de l’argent, jette pas ça comme ça ! Il m’a dit « j’m’en bats les couilles, je jette mes morceaux, et on passe à autre chose ». Parce que lui, contrairement à moi, c’est un appareil sismographique. Il écrit, il écrit, il écrit. C’est trop. Il fait des feuilles doubles, il part en impro, il s’arrête jamais.

Teobaldo : A propos de Lalcko, on lui avait posé une question sur Frank Lucas, qu’on avait déjà posée à Joe Lucazz auparavant, et ils n’ont pas tout à fait le même point de vue. Alors, poucav ou pas poucav ?

Escobar : Faut appeler un chien un chien, et une chatte une chatte. Les chiens ne font pas de chats, et comme a dit mon pote Jozahaf, « les chiennes ont de grosses chattes ». Il a balancé, c’est une balance, c’est tout ! Tu pisses au lit, t’es un pisseur, tu bois à 6h, 12h, 20h, t’es un alcoolo… lui c’est une balance, c’est tout.

Mike : C’était quoi les avis de Lalcko et Joe ?

Teobaldo : Pour Joe, c’est une balance (il a même fait une grimace de dégoût pour l’occasion). Lalcko était plus nuancé, pour lui les mecs en face l’ont pas respecté, donc pourquoi lui aurait dû les respecter ?

Spleenter : Il était dans la logique du film en fait.

Escobar : Oui, Lalcko c’est quelqu’un de très logique. Mais Lucas, c’est une balance. Il a monté un business très fructueux, avec une stratégie intelligente, en important de la qualité. Tout le contraire de ce qui se fait actuellement, c’est-à-dire inonder le marché. Lui c’est la qualité, y aller mollo, pour casser la concurrence au niveau des prix. C’était une excellente tactique, parce qu’au final, tu t’y retrouves.

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Mais ensuite, c’est comme ce qu’il se passe dans le rap : dès qu’il y a un maillon faible, la chaîne pète. C’est ce qu’il est passé, et il s’est retrouvé là où il s’est retrouvé. Ça fait partie du jeu ! Et c’est pas parce que les autres tentent de t’enfoncer un manche à balai dans le fion, lubrifié ou pas, que tu vas faire la même chose. Tu les baises en mettant en place une stratégie, en occupant le terrain. Tu les baises, forcément, ils vont tout faire pour t’enculer. Tombe pas dans le panneau, reste propre ! Après on sait pas, peut-être que si un jour je me retrouve dans une situation où je dois passer à table, et qu’on me sort les couverts en argent … on sait pas ! Mais Frank Lucas, c’est une poucave. D’ailleurs on en reparlera dans un morceau, où j’ai fait une petite référence au truc.

Spleenter : Pour reprendre ton parallèle avec le rap, tu serais plus qualité que quantité ?

Escobar : Bien sûr, je préfère. A quoi bon polluer les ondes avec de la merde ? Ça devient du formatage ! Je vais faire une comparaison, chacun le prendra comme il veut. Je suis très loin d’être homophobe. Au départ, afficher son homosexualité à la télé, c’était quelque chose de choquant. T’as eu Loft Story, avec Steevy, qui a été le 1er à faire son coming-out ouvertement. Au début, les gens étaient choqués, puis on a fini par trouver ça normal. La comparaison est peut-être mauvaise, mais c’est ce qu’il se passe en ce moment : matraquage, matraquage, matraquage. Au début c’est « putain mais c’est quoi cette merde, coupe la radio » ensuite c’est « baisse le volume » puis tu dis rien. Et après, ça devient l’effet contraire : « monte un peu le son », puis t’as la tête qui bouge, puis tu télécharges, puis tu vas acheter, et tu finis par aller le voir en concert.

Spleenter : C’est aussi ta politique par rapport aux featurings, ou c’est plutôt qu’on t’invite pas trop ?

Mike : J’aimerais bien qu’on l’invite pas du tout !

Escobar : J’ai tellement été déçu. Des mecs qui t’invitent, ça part d’un bon sentiment, puisque si on t’invite, c’est qu’on t’apprécie. Mais ça n’aboutit pas, ou dans des conditions mauvaises. escobar-petit-rikiki-hihiTu vas poser en 2006, le truc va sortir en 2009. Ça te parle plus, c’est complètement décalé avec ce que tu fais. Ou alors, ça sort jamais, ou le mec le fait juste tourner dans sa cité. Je vois pas l’intérêt. Le but c’est de toucher le maximum de personnes, et, professionnellement parlant, que ce soit déclaré. D’où cette politique, dorénavant : si je te connais ni d’Adam, ni d’Eve, ni de Satan, tu passes à la caisse. Comme ça, si tu gaspilles mon morceau, au moins je serai dédommagé.

Spleenter : T’es amateur de Dieudonné, est-ce que t’as vu le dernier ? (une transition de journaliste)

Escobar : Pas encore. Mike me casse les couilles pour qu’on aille le voir, mais j’ai une vie compliquée en ce moment.

Teobaldo : Le spectacle ou le film ?

Spleenter : Je parle du spectacle, Foxtrot. Les films, en général, j’aime pas trop.

Mike : Les extraits du dernier sont marrants … comment il s’appelle déjà ?

Genono : Métastases ! Les critiques sont plutôt bonnes.

Spleenter : C’est toujours ses scènes à lui qui sont bien, mais c’est pas le niveau qu’il a quand il est sur scène.

Escobar : Il est trop loin, dans tous les sens du terme.

Mike : Le coup d’accueillir les huissiers en kimono … C’est un maître. Tu peux pas faire mieux ! Et le pire, c’est que l’huissier rigolait.

Genono : Qu’est ce que tu veux faire d’autre ? (rires)

Mike : Il est têtu, ça lui ferme des portes, et heureusement, parce qu’il y en a plein qui seraient pas dans le milieu, avec lui dans les parages. Quand tu te rends compte qu’il remplit autant de salles, des Zenith, sans aucune promo, rien. C’est hallucinant. Mais bref, c’était pas mon interview !

Taches du Manager

Escobar : Vous avez touché un point sensible ! Niveau humoristes, il est dans le top 3.

Teobaldo : Bah tu vois qu’on peut allier qualité et quantité, puisqu’il sort un spectacle tous les ans.

Escobar : Il est assidu, à chaque fois c’est différent, il remplit toujours les salles… après, qu’il aille un peu loin, c’est à l’appréciation de chacun, mais les faits sont là. Il remplit des Zenith sans passer sur TF1 ou d’autres chaines nationales.

Spleenter : Ça fait un petit moment que t’es plus dans les bacs. C’est une volonté, dans le sens où tu veux enregistrer beaucoup de trucs pour pouvoir arriver en force, ou c’est plutôt une suite d’événements qui font que tu n’as pas pu ?

Escobar : C’est un peu de tout. La vie c’est pas que le rap ! Mais ceux qui veulent forcer, ils en vivent pas, et ils produisent de la merde pralinée, de la bonne coulante, de la chiasse. Moi je force pas les choses. A un moment, c’est vrai, je me suis posé la question : tu fais quoi, t’arrêtes, ou pas … Heureusement qu’on a des gens autour qui nous donnent un peu de force, en nous mettant en face des faits : je n’ai jamais sorti d’album ! L’album peut être une finalité, c’est-à-dire qu’après l’album, c’est terminé, ou ça peut être le moteur de quelque chose. On verra. Mais si j’ai été absent dans le game, c’est parce qu’à un moment ça m’a cassé les couilles. J’ai eu aussi la pudeur de me retirer un peu, d’observer, d’essayer de ne pas reproduire les erreurs du passé. J’en ai fait pas mal, qui m’ont porté préjudice, qui font qu’aujourd’hui on reconstruit. Et ce qu’on est en train d’édifier, c’est, du moins je l’espère, aussi solide que le bordel dans lequel on se trouve (l’interview se déroule dans un studio d’enregistrement à Paris, en sous-sol, dans une pièce insonorisée et sans aucun réseau mobile, on vous l’a déjà précisé plus haut mais on le refait pour ceux du fond de la salle). Si ça pète dehors, là, on est bien ! États-Unis, Corée du Nord … l’autre taré là, comment il s’appelle …

Genono : Kim-Jong Un !

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Escobar : Ah il est chaud lui ! Il va tout faire péter.

Genono : Peut-être qu’on va ressortir, y’aura plus rien.

Escobar : Ça va vibrer un peu, on va ressentir des trucs … t’as des biscuits ici, nan ? (rires)

Teobaldo : Y’a une bouteille d’oasis … (c’est probablement le meilleur moment de l’interview, profitez-en à fond)

Mike : Je l’ai déjà vue là l’année dernière, attention ! (rires)

Escobar : Elle avait pas cette couleur là y’a un an.

Spleenter : On peut avoir une fourchette (boisson, fourchette, c’est thématique) pour la prochaine date de sortie ?

Escobar : Je vais même te donner une cuillère, on va dire fin d’année 2013.

Teobaldo : C’est que des morceaux solo, on peut attendre des featurings … ?

Escobar : Houuu, petit filou ! (rires) Peut-être un featuring, peut-être. Mais sinon, que du solo. EtQue des inédits. C’est terminé les best-of, le recyclage, le tetra-pak.

Genono : Dernier Hold-up devrait arriver assez vite derrière, si j’ai bien compris ?

Escobar : Si on a pris du temps, qu’on est pas sur la scène médiatique du rap de mes couilles, c’est parce qu’il y a beaucoup de choses qui se préparent. Presque trois projets de terminés.

Genono : Quel est le troisième projet ?

Escobar : Les deux premiers, c’est quoi pour toi ?

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Genono : Red Business et Dernier Hold-up.

Escobar : Le troisième il s’appelle L’Esprit du Clan. On change pas. Pourquoi changer ?

Teobaldo : Le barillet est chargé quoi.

Escobar : J’espère !

Spleenter : Niveau beats, à part le côté sombre (et encore, je pense à une qui était très rigolote : Allez vous faire baiser, le contraste était marrant) c’est dur de t’identifier. Tu te définirais comment à ce niveau-là ?

Escobar : J’ai pas de couleur, c’est l’arc en ciel ! (rires) Au niveau des instrus, je suis quelqu’un de très ouvert, contrairement à ce qu’on peut croire. C’est pas que des trucs sortis de l’Institut médico-légal. C’est pas que des instrus durs, hardcores … y’a de tout dans ce projet. On vous en a fait écouter deux (Makila et Enfer et Paradis), c’est peut-être pas les plus joyeux, mais je pense que déjà, il y a une évolution. Ça rebondit pas dans les oreilles comme ce que j’ai pu faire avant. Ne serait-ce qu’en terme de qualité.

Genono : Récemment t’as balancé un petit freestyle sur un son de Rick Ross. C’était pour dire « je suis encore là », en gros ?

Escobar : Ouais, c’était pour dire « je sais le faire ». esco-bretelles-de-vieuxOn était en studio, on enregistrait, je me suis dit « pourquoi pas ». Téléchargement de l’instru, écriture express en ¾ d’heure, on a balancé le truc derrière les micros… ça donne un truc sympa. C’était juste comme ça, y’avait pas vraiment de but. Juste dire, moi aussi je sais faire, si ça vous plait, consommez, si ça vous plait pas, passez à autre chose. C’est rien du tout, on s’en fout, c’est cadeau.

Teobaldo : Balancer une série de freestyles sur internet pour tâter le terrain, annoncer le retour, ça se fait beaucoup maintenant, c’est pas dans ton délire ?

Escobar : Pas vraiment, c’est quoi, qualité, quantité ?

Teobaldo : Y’a des trucs bien.

Escobar : Ouais mais si tu fais le ratio de tout ça. On en revient toujours à ce côté scatophile. C’est de la merdasse, c’est tout. Internet, c’est une mine d’or, mais c’est aussi une belle fosse sceptique.

Genono : Parlons un peu de Rap Contenders. Comment t’as débarqué là-dedans ?

Escobar : C’est Stunner, tout simplement, qui m’a contacté via facebook. Il m’a demandé de participer à la 2e édition, en tant que jury, et le côté un peu humoristique du clash, j’aime bien. J’aime bien le clash ! Le concept m’a plu, j’ai dit oui tout de suite.

Genono : Y’a des gens qui t’ont marqué là-bas ?

Escobar : Ouais, y’a un artiste que je connaissais déjà, c’est Lunik. Il est très fort, il a un style atypique, il maitrise bien son personnage, c’est bien ficelé, il se laisse pas déconcentrer. Après … Lawid vs Dinos ! Oh putain, je me suis pincé le pénis pour pas me pisser dessus. Les mecs sont forts, ils vont te chercher des trucs, tu te dis merde, c’est des cons ou quoi ? (rires)

Spleenter : Si t’étais au début de ta carrière, c’est un truc qui te tenterait ?

Escobar : Je sais pas improviser. C’est quand même 60-70% d’improvisation. En fait y’a un fil conducteur, et après les mecs se lâchent. Y’a aussi les mecs qui ont tout préparé à l’avance, qui ont écrit un pavé où ils attaquent l’adversaire parce qu’ils savent à l’avance contre qui ils vont tomber. T’as ceux qui se lâchent complètement en impro, et là je trouve que c’est encore plus fort. J’aurais pas pu faire ça. Je sais chambrer, j’ai de la répartie, du répondant. Puis j’aime pas tout ce qui touche aux mamans, tout ça … je peux te taper. (rires)

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Death Note

Spleenter : On va passer aux trucs que t’aimes pas, comme tu le dis dans Enfer et Paradis : les questions stupides et longues. Est-ce que tu parles toujours aussi mal à tes potes que dans les extraits de Rimes et Tragédies ?

Escobar : Ça dépend des contextes et des situations. On a parfois un peu de piment sur la bouche, comme une petite strip-teaseuse qui danse sur la langue (note de Big Paul : après de très fastidieuses vérifications, je confirme qu’il n’existe aucune strip-teaseuse qui arrive à « danser sur la langue », il est donc probable qu’Esco veuille dire qu’il parle comme s’il avait une mini strip-teaseuse qui danse sur sa langue à lui, et ça c’est une bien belle image). Nan, Rimes et Tragédies c’est un concept, c’était dans le contexte … mais nan, on parle bien aux gens.

Spleenter : C’est le moment de la question chiante autour d’un rappeur du moment. Ce serait possible un feat avec Kaaris ?

Escobar : T’es pas le premier à me poser la question. On me l’a posée hier.

Spleenter : Toujours dans les transports en commun ?

Escobar : (rires) Nan, j’étais chez moi.

Teobaldo : Ah ça te poursuit jusque chez toi ?

Escobar : Je jetais les poubelles, y’a un mec qui est rentré… (rires) Y’a un mec qui est sorti de nulle part, « ouais tu fais un feat avec Kaaris ? » Mais qui es tu ? Rentre chez toi !

Teobaldo : A ce propos (oui, Teo rebondit sur le mot « poubelle » en toute simplicité) le clip de Highway, avec Blaq Chef … c’était super bizarre. Il est sorti d’un peu nulle part.

Escobar : C’est sorti sans être vraiment sorti. Je suis pas vraiment d’accord avec ce qu’ils ont foutu. arton703C’est même pas un clip ! Y’a eu une mise en scène, des trucs, et au final … c’est n’importe quoi. J’ai été très déçu par les gens de son équipe. C’est dommage. Le morceau était cool, ça changeait un peu de ce que je faisais d’habitude. C’est toujours pareil : dès qu’on fait des concessions, les mecs de l’autre côté assurent moyennement, voire pas du tout. Comment ne pas fermer la porte ? Quand quelqu’un vient avec un projet sérieux, bien ficelé, et l’envie de bien faire, tu le sais pas, c’est pas écrit sur le front du mec. Bref, ils ont déconné, les mecs ont fait un clip, c’est même pas un clip, j’ai l’air d’un con tout droit sorti du cirque Pinder.

Spleenter : C’est ce genre d’expérience qui fait que tu te vois pas forcément inviter des gens de l’extérieur, que ce soit pour des feats, ou comme à l’époque de Drive-By Firme, une mixtape avec beaucoup d’invités ?

Escobar : C’était le projet qui voulait ça. C’était pas forcément un projet à nous, c’était une mixtape qu’on voulait faire, et puis par la suite, effectivement, sortir un album, ou une tape Drive-By Firme, avec quelques featurings. Mais dans le sens de l’invitation, si c’est moi qui invite, y’a pas trop de souci, y’a pas de blocage. C’est plutôt dans l’autre sens. Mais de toute façon, je reçois plus d’invitations que je n’en distribue.

Spleenter : Donc pour l’instant, au niveau du label, vous êtes concentrés sur tes sorties, y’aura pas de projet genre compil, mixtape … ?

Escobar : Y’en aura. On verra, on est pas fermés.

Teobaldo : Drive-By Firme, ça peut ré-émerger ? Un album Drive-By, ce serait possible ?

Escobar : Ça va être compliqué, y’en a un qui est expatrié, un qui est plus dans d’autres choses que dans le rap…

Teobaldo : Parce que si on compile tous vos morceaux qui sont sortis, ça vous fait même pas 10 sons. C’est dommage, parce qu’il y avait un truc.

Escobar : Y’avait un truc, et puis on voyait les choses de la même manière, ce qui est rare. Après, niveau business, y’a toujours des divergences.escobar-sepia-300x300

Mike : Puis ça voudrait dire réintégrer DJ Hamdi au projet, et Hamdi il fait plus de son.

Escobar : Ouais mais Drive-By Firme, contrairement à ce que tout le monde pouvait penser, c’était pas DJ Hamdi. Drive-By Firme, c’est moi, 3ème Degré (Jozahaf et R.A.N.I), Di extaz, Awanza Cocaïne, et à l’époque, L.O.V.A, qui rappait avec nous.

Genono : Et le titre « Mein Kainf », qui l’a trouvé ? Parce que juste le titre, c’est une punchline !

Escobar : (rires) C’est R.A.N.I qui l’a trouvé. Il est un peu comme moi, son cerveau tourne à l’envers, c’est des routes anglaises. Il a beaucoup d’idées, et il m’a beaucoup inspiré. A l’époque de Drive-By Firme, c’était la compétition entre moi et lui. « Mein Kainf », c’est son idée. Je lui ai dit « t’es baisé, mais pourquoi ? Qu’est ce que t’as regardé encore hier soir ? Mais merde, tu vois pas le contexte, le 11 septembre, tout ça ? Si au moins, t’étais de l’autre côté ! » (rires de l’assemblée) T’es pas du bon côté, et tu viens, tu balances ça ! Merde ! On va avoir des problèmes ! Là, si on nous tombe dessus, c’est du lourd ! C’est des maîtres Vergès qu’il faudra pour sortir de cette bouillabaisse. D’ailleurs ce morceau vient de leur projet « Interdit aux bâtards » c’était un CD maxi 4 titres.

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Spleenter : T’as dit, y a un petit moment maintenant, « Rapper torse nu je laisse ça aux travelos. »

Escobar : (petit rire) Ouais. Je suis pudique, ce genre de chose ça me dit rien.

Spleenter : Mais s’il fait très chaud ?

Escobar : S’il fait très chaud, j’aurais un débardeur. Même devant ma mère je me mets pas torse nu, donc bon.

Spleenter : Ensuite on a une question de Big Paul qui nous fait poser la même à tous les rappeurs : à quand un clip avec des meufs ?

Escobar : Quand ? Je sais pas. Mais je suis pas fermé aux meufs, moi. Pas forcément des meufs dénudées…

Spleenter : Toi tu pourrais faire une ambiance à la Hostel.

(Rires de l’assemblée)

Escobar : Pendue au crochet de boucher. Avec des chaînes.

Mike : Ce serait chanmé. Là tu m’as fait rêver.

Escobar : Plus sérieusement. Y’en aura. Je sais pas encore bien quand. Mais je suis pas misogyne. J’aime bien les meufs qui kickent !

Spleenter : Ah non, la question c’était pas pour des meufs rappeuses. Juste des meufs.

Escobar : Ah mais j’ai compris. Mais c’était une petite parenthèse. Les meufs qui kickent c’était en plus. Mais sinon, non, je ne vais pas me fermer au « sexe faible »

Mike : Mais je crois que la question c’était… Enfin…

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Spleenter : De voir des culs dans les clips.

Escobar : J’ai bien compris. Dénudées ou pas, je vous dis que je suis pas fermé. Quand j’ai dit « qui kickent » c’est venu après. Mais c’est juste pour dire que, de manière générale, je ne suis pas fermé à la gente féminine !

Teobaldo : Une meuf qui kicke, ça réduit quand même beaucoup les possibilités.

Escobar : Oh oui. C’est comme les meufs qui jouent au foot. C’est pas encore bien développé ici. Enfin je pense pas.

Spleenter : D’ailleurs en parlant de foot. Tu dis que t’es supporter de…

Escobar : Rhooo ça y est. Ça commence.

Teo : Dans un morceau, tu dis qu’on t’invente des problèmes avec Morsay, peut être parce que t’es un parigot qui soutient l’Olympique de Marseille. Mais je vois même pas de quelle embrouille il s’agit.

Escobar : Bah en fait y a des tocards, mais vraiment des trous du cul bien farcis, qui ont détourné cette vidéo que j’avais faite ou je dénonçais ce faux album que le 45 tentait de sortir. Donc il a fallu faire un petit nettoyage youtube. Ils avaient fait un montage avec Morsay et cette vidéo là. Qu’est-ce que ça à voir ?

Mike : le titre c’était « Un mec du 93 s’en prend à Morsay »

Escobar : Aucun rapport…

Mike : Il l’avait fait avec plein d’autre mecs aussi.

Spleenter : D’accord… On va quand même au revenir au foot. Qu’est-ce que tu penses des derniers résultats de ton équipe ?

Escobar : (il prend l’accent Marseillais) Comment dire j’aime bien l’Olympique de Marseille, putaing. J’aime bieing. J’aime bieing. Mais après, je suis pas à fond dans le foot. Si tu me demandes la composition de l’équipe, de sortir tous les blases, franchement c’est pas la peine. C’est 2/20, tout de suite. Je connais les frères Ayew parce que j’ai bien aimé leur père Abedi Pelé. Le reste, je te cite 2, 3 noms mais ça va s’arrêter là. Le foot c’était avant, dans la jeunesse. Maintenant j’ai d’autre chats à fouetter. J’ai pas le temps.

Spleenter : Y a des artistes en ce moment qui t’ont marqué en bien ?

Escobar : (Long silence, il cherche)escobar-tuer-207x300

Spleenter : Pas forcément des artistes émergents.

Escobar : Oui bien sûr… (Long silence à nouveau. Il soupire)

Mike : Il écoute pas de rap français.

Escobar : Pas que français. J’écoute pas de rap tout court. Enfin, j’en écoute peu. Je suis vraiment déconnecté. Volontairement ou involontairement. Je saurais même pas vous répondre. Mais quelqu’un qui m’a giflé dernièrement… Y a des mecs qui font plaisir, qu’ils soient connus ou un peu moins reconnus. 70CL (Atis & Sinto) ils ont une bonne prestance, ils sont forts, ils sont très cainris. J’attends la suite. Avec plaisir. Surtout que ça va toujours crescendo. Ils s’améliorent à chaque fois.

J’aime bien Rim’K. C’est mec que j’apprécie beaucoup humainement et musicalement. C’est pas un mec qui prend les gens de haut. C’est quelqu’un de très simple. Vu son parcours, comme on dit à l’école primaire : il a les moyens de se la péter. Et il le fait pas. Qu’est-ce qu’on peut dire d’autre ? j’aime bien Lalcko. J’aime bien Despo. J’aime bien Escobar Macson, c’est un mec qui est très fort.

Mike : Il est pas mauvais lui !

Escobar : Il est pas mauvais du tout. C’est fou. Je sais pas où il va chercher toutes ses conneries, là. Je crois qu’il vit sur une autre planète. Il descend seulement en semaine. Ensuite il remonte sur sa planète. Je sais pas comment elle s’appelle d’ailleurs ? Elle est à des milliards d’années du système solaire ! Il a une technologie tellement en avance sur nous, les Terriens.

Teobaldo : Est-ce que tu dirais que c’est quelqu’un qui vit dans le futur, quelque part ?

Escobar : Voil… Non, je sais pas. On va laisser aux gens le soin de juger. Qu’est-ce que le futur ? C’est quoi le futur ? Telle est la question.

Spleenter : T’as pas mal de clips un peu « ciné ». Tu conçois pas ton image autrement ? Tu te vois pas faire un clip plus « basique » où on te voit juste rapper ? Genre avec des gens de chez toi en bas d’un immeuble etc ? Comme tout le monde ? Filmé avec un téléphone portable ?

Mike : Tu veux dire entouré de meufs ? (rires) Tu veux dire clip de rap français basique quoi ?

Spleenter : Plus ou moins, oui. Dans les tiens, il se passe toujours quelque chose. D’ailleurs dans le clip Introçonneuse, pourquoi tabasser quelqu’un avant de le tronçonner ? C’est gratuit.

Escobar : Bof, non. esco chainsawC’était pour l’anesthésier, avant la découpe. J’ai appris ça dans mon CAP de boucher. Dans une cave du 93.  À cette période là j’étais un gros cinéphile. Je puisais une bonne partie de mon inspiration dans les films. Un mec qui dit une connerie ? Ah merde, ça me fait penser à une punchline. J’écris. Quand je regardais un film : feuilles, stylo. Et donc ce que je faisais ressortir dans les clips, c’était ce que j’avais dans la tête. J’ai un cerveau très compliqué et y’a beaucoup de choses qui s’entrechoquent, qui s’entremêlent. Je l’expose comme ça. Je vois pas les choses autrement. Je me vois pas faire un clip basique, comme tu disais, en train de me balader en chantant « lalala ». Ça va saouler aussi les gens. C’est comme les punchlines : parfois il faut des petits trucs subtils. Faut choquer, faut faire rire, faut un peu de tout quoi !

Tu rappes, tu te balades, tu marches… T’es sur un pont, après t’es contre un mur où y a des graffitis . Après t’es là bas … Bof … Ça pue l’anus de bonobo. C’est nul.

Spleenter : Est-ce que t’as un film de chevet ?

Escobar : Si j’ai un film de chevet ?! Hmmm … Ce putain de film de chevet. Je le regardais et je faisais des cauchemars. Quand j’étais sous ma couette. (il chuchote comme un méchant de film d’horreur)

On peut dire qu’à une époque je regardais beaucoup Menace recor… heu Menace II Society, pardon. Lapsus de merde.

Mike : Et tu l’as vu 45 Scientific ?

Teobaldo : C’est un film d’horreur ?

Escobar : Oh oui, ça fait super peur… Ah oui, t’es fou, Menace II Society quand j’étais au lycée je le regardais 2 ou 3 fois par semaine. C’était un truc de fou. Je le regardais tout le temps ! Je me suis dit « non ça va pas, je suis malade ». Ma mère est partie voir les cousins au bled, je lui ai passé le film « Tiens, donne leur ça. Moi je peux plus ». et après ça leur a pris. Quand elle est revenue, elle m’a dit « mais qu’est-ce que t’as fait, toi ? ils ont regardé le film tous les jours. » On passe le flambeau.

Sinon, y a un film que j’ai beaucoup regardé, c’était Aniki mon frère. De Takeshi Kitano. Il est fou ce mec. Il est cinglé ce japonais.

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Spleenter : Jusqu’ici tes références ciné c’est films d’horreur ou films de gangsters, non ? Que ce soit les interludes, le name-dropping ou les phases elles-mêmes.

Escobar : (pensif) Mm… Oui. On peut dire que j’aime beaucoup les films d’horreur. Et les films de gangsters, c’est la stratégie, la réflexion. D’ailleurs c’est pas que les films de gangsters. Je connais des gangsters dans la vraie vie qui palpent dans la vraie vie. Qui pèsent. Voilà, on s’inspire de tout ça. Mais y’a toujours une part de réalité, de vécu ou par rapport à mon entourage qui vit le truc.

Teobaldo : T‘es quelqu’un qui lit beaucoup ?

Escobar : Je lis moins. Je lisais beaucoup y a une dizaine d’années. Maintenant je commence et je m’endors. Je sais pas, c’est devenu soporifique. Je lis, je dors. J’y arrive pas. On passe des journées choc, aussi. On se couche à 2h du matin. Je vois pas ce que je vais lire à 2h du mat. Intéressant ou pas.

Spleenter : Une autre question de notre ami suisse, Big Paul : les rimes de ta folle jeunesse genre « ça commence à cercle fermé comme le trou d’une pucelle, puis la sodomie comme Marc Dutroux à Bruxelles » tu te vois encore en faire des comme ça ? Parce que c’était un peu … serré.

Escobar : Serré, pimenté, oui. Les phases comme ça, tu sais, je les balance, je me rends pas trop compte.

Mike : C’était le morceau avec Black Jack, c’était un concept très mafieux, ce morceau. Dans un contexte comme celui là, il peut tout faire, Esco. Après je veux pas parler à sa place.

Escobar : Je t’en prie.

Teobaldo : T’as aussi fait quelques story telling. Tu comptes en refaire ? C’est venu comme ça ou tu t’es dit « Je vais raconter une histoire » ?

Escobar : J’en referai. J’aime bien. J’avais tenté une fois, j’avais vu que ça tenait la route. C’est un challenge. Je veux maîtriser le truc. C’est quelque chose que j’aime bien faire même si je le fais pas tout le temps. J’en referai. C’est cool. C’est cool ce délire, comment dirais-je, théâtral.

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si toi aussi tu trouves que cette fin d’interview n’est pas à la hauteur, prépare toi pour (roulements de tambour et danses exotiques) : la super question bonus de la mort qui tue.

Spleenter : Un jour un pote m’a dit qu’il était dans le métro, en train d’écouter du son, puis un daron à côté lui a demandé ce qu’il écoutait, il a répondu « du rap » et là le gars lui a fait « tu devrais écouter Escobar, c’est mon fils et il rappe très bien ». Je suis parti du principe que mon pote se foutait de ma gueule, ou que le mec dans le métro se foutait de sa gueule, mais au cas où : c’est possible ?

Escobar : (rires) ah bah… je sais pas, mais ouais, mon père on va dire qu’il a écouté quelques trucs à moi. Ceci dit c’était plutôt malgré lui hein, le son trop fort dans la chambre, ce genre là. Il a été un des premiers auditeurs, par défaut. Mais ouais, c’est bien possible en théorie.

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Interview de Escobar Macson aka Tony Bamboula alias Gilles de la Machette (1)

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Genono : Commençons par le commencement. Tu découvres le rap à 11 ans, lors d’un séjour aux États-Unis.

Escobar Macson : Voila, c’était des petites vacances, je suis resté deux mois, en juillet-août. J’ai de la famille à New York, San Francisco, et Los Angeles. Premier voyage, j’avais 11 ou 12 ans, et c’était donc à San Francisco.

G : T’es tout de suite dedans ?

E : Tout de suite. J’ai découvert Cypress Hill, c’était leur moment. En plus j’étais à San Francisco, le quartier s’appelait Fresno, avec une population hispanique bien présente. Et puis juste après, c’était Death Row.

G : Tu reviens en France, tu te dis « je vais rapper », ou c’est venu plus tard ?

E : C’est venu longtemps après. Le rap, c’est un concours de circonstances, je dirais même un hasard. Alibi Montana, qui est un mec de La Courneuve, est venu habiter dans mon fief : Villetaneuse. Je traînais avec son petit frère, Alino. Et Alibi, en connexion avec la commune, décide de monter un projet. Et plus y’a de têtes, plus y’a de sous ! Donc un jour je suis avec lui, je le suis dans son idée, je l’accompagne à la mairie, je laisse ma pièce d’identité. Je fais donc partie, entre guillemets, de son organisation. Je me retrouve en studio, et là on me dit « il faut rapper ». Mais moi, je rappe pas ! A ce moment là, c’est pas mon délire. Mais petit à petit je rentre dans le jeu, les choses avancent. Le projet s’appelle Villeta Saga, on l’a enregistré, mais ça n’est jamais sorti.

Spleenter : En fait, c’est une arnaque à la mairie qui t’a fait entrer dans le rap.

E : (rires) On va dire ça comme ça !

Teobaldo : Et t’as décidé de rester, alors que t’as vu qu’il y avait pas de sous ?

E : Phénomène de mode ! Et puis y’avait des petits avantages, les filles aimaient bien. Quand t’étais rappeur, tu dégageais quelque chose, on nous déroulait le tapis rouge, je sais pas trop pourquoi. On s’est donc mis à écrire des trucs qui devenaient, au fur et à mesure, intéressants pour les autres.

T : C’était quoi tes inspirations à ce moment-là ?

E : A l’époque, ceux qui régnaient, c’était Time Bomb. L’écurie Time Bomb, c’est l’école du rap. D’ailleurs, tous les ex-membres te le diront : ça rigolait pas. Ceux qui n’étaient pas prêts, ils ne montaient pas sur scène, ils n’allaient pas en radio. Les mecs bossaient, rien à voir avec le rap d’aujourd’hui. Déjà, l’époque est différente, on avait pas d’ordinateurs, on était dans l’analogique. Tu rappais one shot ! Tu rates ton truc, tu passes ton tour.

Y’avait donc Time Bomb, La Cliqua … (il hésite) … je vais pas dire le Secteur Ä, mais, pour ma part, Ärsenik. J’ai beaucoup aimé Ministère A.M.E.R, pas forcément dans « l’art » du rap, mais surtout dans ce qu’ils racontaient. On se reconnaissait dedans. Ça puait la rue ! Chaque morceau avait un délire différent. Déjà, ils n’ont fait aucun morceau dansant. Je sais pas qui a fait les instrus à l’époque, mais ça fait peur !

G : A tes débuts, on te prêtait une comparaison avec Oxmo, au niveau de ton timbre de voix. C’est pas un truc qui t’a cassé les couilles ?

E : Au départ, c’est flatteur. Oxmo, c’était pas n’importe qui ! Il était très fort, et il l’est toujours. Pour moi il faisait partie du top 3 dans l’écurie Time Bomb … peut-être top 4. Les trois autres, c’est à vous de voir ! Ou je dirais peut-être top 5.

G : Ah, il était pas si bon que ça finalement ! (rires) Il va finir dans le top 10, top 15.

E : Je dis top 5, mais j’ai pas dit dans quelle position. Il est peut-être premier, ou deuxième ! Y’avait Lunatic qui sortait du lot, y’avait Hifi, et Ill. Après, ça a commencé à me casser les couilles dans une phase de recherche, ou tu veux définir un peu ton identité. Je me calquais pas sur lui, c’est juste que j’avais une grosse voix, et que je rappais presque en parlant.

S : La formation de Drive-By Firme, elle arrive comment ?

E : C’est arrivé bien après. J’ai commencé en 1998. Il faisait froid, ça devait être en automne ou hiver.

S : D’ailleurs sur Résurrection, t’as un morceau caché qui date de cette époque.

E : Ouais, il fait partie de ce qu’on préparait avec Alibi.

T : Au début du morceau, tu parles de Paul Kuhan, je rêve pas ?

E : Nan nan, tu rêves pas. On disait un peu tout et n’importe quoi (rires). Tout nous inspirait, les dessin-animés, les politiciens méchants …

T : Pas les gentils ?

E : Nan, les gentils ils faisaient pas partie de nos inspirations.

G : Politiciens gentils, en même temps, y’en a pas beaucoup.

E : Non, ils sont là, ils nous sourient … Bon, pour revenir à Drive-By Firme, à la base y’avait le projet Villeta Saga. 2237311985_1Un membre du projet, R.A.N.I, Rabza Armé Non Identifié, devait poser dans une compilation (Sarcelles Ligne de Front) produite par Menace Records, en coproduction avec Jean-Marie, un mec de Sarcelles, qui avait sa boite, Come-in Prod. R.A.N.I était de Pierrefitte, il avait eu le plan, et il n’a pas pu se rendre en studio. Donc il nous a appelé, et nous a proposé de prendre sa place. Donc Alibi, moi, et un membre d’un autre groupe de Villetaneuse, 7ème Kommando, on est partis, on a posé sur la compil.

Les rappeurs qui avaient posé sur la compil devaient laisser leurs coordonnées. Moi, rien à branler, j’ai rien laissé. Alibi a laissé son numéro de téléphone, et on l’a rappelé pour nous proposer une signature. Pour moi c’était nouveau, j’y connaissais absolument rien. Voilà comment on a atterrit tous les deux chez Menace Records.

Ensuite, j’ai posé dans des compils … Alibi, lui, a sorti son album, « T’as ma parole ». D’ailleurs, l’album, on le préparait tous les deux. C’était un album commun, au départ. Malheureusement j’ai été … indisposé. Disons que je suis parti en vacances aux frais de l’Etat. Et un mois plus tard, je reviens, Alibi avait terminé l’album. J’ai posé sur un freestyle, qui était le dernier titre enregistré pour ce projet-là … et c’est tout.

Après, c’était mon tour, logiquement, de sortir mon projet ! J’entre en studio, je fais ce que j’ai à faire … Tu t’appelles Menace Records, mais tu trouves que ce que je fais, c’est un tantinet hardcore ! Mais mec, ce que je raconte c’est là où je vis ! T’es venu me chercher en voiture, t’as vu comment ça se passait ! On fait pas dans la dentelle, Candy c’est un dessin-animé !

En plus de ça, je sentais pas la motivation en face … Je posais dans des compils, on me mettait pas en avant. A chaque fois fallait ramer, y’avait toujours des excuses, des explications, ça m’a cassé les couilles. J’enregistrais trois morceaux par jour, l’album était prêt, mais ça sortait pas, pour des raisons que lui seul connait. J’ai donc dit salam, shalom, salut, arrivederci, sayonara.

ce sont des choses qui arrivent

On se retrouve donc avec 3ème degré (R.A.N.I, Jozahef), Di-extaz, et on forme l’équipe Drive-By Firme, chaperonnés par un grand, Big fou. En gros, c’est lui qui gérait les studios, etc. Jeunesse, manque de maturité, de discipline, difficultés à combiner nos emplois du temps … le projet sur lequel on était a été avorté naturellement. Mais le nom est resté, et à chaque fois qu’on avait l’occasion de le faire retentir, on le faisait.

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T : On a même pas fait la moitié de ton parcours, et t’as déjà un cimetière de morceaux jamais sortis. T’en as combien en tout, des centaines ?

E : Honnêtement, je sais pas. J’en ai mis quelques-uns sur Résurrection … je sais pas. Je peux pas quantifier, mais effectivement, y’en a beaucoup.

G : Y’a une chance de les entendre un jour ? Y’aura pas de Résurrection 2 ?

E : Peut-être un jour, pour le fun, je sais pas.

Mike (manager de Escobar Macson, on l’avait pas vu mais il était là depuis le début, tapi dans l’ombre) : En tout cas, si ça se fait un jour, ce sera gratuit.

E : Dans un débarras, je dois avoir trois boites de baskets Foot Locker remplies de cassettes.

S : Comment s’est faite la rencontre avec DJ Hamdi ?

E : DJ Hamdi, c’est un mec de Sarcelles. Moi je suis de Villetaneuse, donc à 10 minutes en voiture. Je l’ai rencontré par le biais de R.A.N.I, puisqu’on allait enregistrer chez lui, dans son home-studio. Je collabore toujours avec lui. Il fait des clips aussi, en fait il a un don : il sait parler avec les machines. Tu lui donnes une machine avec plein de boutons, une machine qui a la varicelle, il arrivera toujours à en faire quelque chose. Il est technique, touche-à-tout.

S : A l’époque où il était le DJ de Casey, vous avez jamais fait de feat ?

E : Publiquement, non.

S : Donc ça s’est fait, mais c’est jamais sorti ?

E : Peut-être … (rires) Y’a beaucoup de surprises, y’a des choses qui arriveront et qui en étonneront plus d’un. Enfin, on peut espérer ! (rires)

T : Avec le reste d’Anfalsh aussi ?

E : On peut espérer ! (rires à nouveau –Escobar est un petit filou)

G : T’as sorti Bestial Chapitre 1. C’est prévu qu’il y ait d’autres chapitres ?

E : Oui, il y en aura d’autres. Quand, je sais pas, mais y’en aura d’autres.

T : Bestial c’était un peu bizarre la façon dont c’était annoncé, comme un best-of.

E : Ouais… c’était plus pour des raisons administratives. Résurrection, il est sorti dans les conditions que vous pouvez connaitre. Faut revenir sur mon drôle de parcours rapologique. Après Drive-By Firme, j’ai été contacté par un mec qui s’appelle K-libre, qui co-produisait avec Bayes chez Menace Records, et avec qui j’étais en bons termes.

Chez Menace, il rappait, et il était très très dangereux. Il voulait pas sortir de projets, il faisait juste ça en studio, et il me poussait, il contribuait à créer une ambiance de challenge au sein du label, il donnait envie de se surpasser. Bref, quand j’ai raccroché les gants chez eux, il m’a dit que lui aussi finirait pas laisser Bayes, et par monter sa propre structure, et qu’il m’appellerait à ce moment-là. Ça s’est donc fait en 2002. Son label s’appelait Calibre Records. Même ambiance qu’ici (l’interview se déroule dans le studio d’enregistrement d’Escobar Macson) : premier arrondissement, sous terre, pas de réseau, en claquettes, mon jus d’orange, mes biscuits … comme à la maison ! Il me manquait juste le peignoir pour me sentir dans mon élément.

Aucune fuite, pas de projet à droite, à gauche, aucun feat, rien. Tous les jours en studio. Jusqu’au jour où on s’est retrouvé à faire la pochette de l’album, qui s’appelait Negrociation –on avait gardé le même nom que celui qui devait sortir chez Menace Records-. On se retrouve au Père-Lachaise, chez le graphiste. Et là, coup de fil d’un mec de Générations 88.2 : « y’a des embrouilles, viens vite, amène le gars avec qui t’es, et puis appelle des potes à toi, surtout s’ils sont musclés, et s’ils peuvent venir avec de quoi faire un joli 14 juillet, qu’ils viennent, ça va chauffer ». Deux stations de métro plus loin, j’arrive. On me parle de problèmes, de Booba, Ali, du 45 … Attends, tu m’appelles pour ça, mais c’est pas mon oignon ! Je m’en contre-branle un peu ! Au final, les embrouilles n’ont pas eu lieu … c’était le beef, par rapport au départ de Booba.

Je rencontre Lalcko à ce moment là, et il me dit que Jean-Pierre Seck veut remettre les casseroles sur le feu, avec Sang d’Encre 2. J’avais bien aimé le premier opus, donc je suis intéressé. J’appelle K-libre, je lui dis que, même si j’avais prévu de participer à aucun projet, ce serait bien de déroger à la règle. Il me répond qu’il connait très bien Jean-Pierre Seck …

S : tu connaissais pas Lalcko avant ça ? C’est à ce moment là que tu le rencontres ?

E : Il connaissait ma musique, il l’appréciait. On évoluait plus ou moins dans le même monde, on avait des amis en commun … donc le feeling s’est fait assez naturellement. D’ailleurs je suis toujours en contact avec lui, en très bons termes, c’est comme un frelo pour moi.

Donc K-Libre s’occupe de la connexion, on se retrouve dans les locaux du 45, on leur fait écouter ce qu’on préparait dans notre cuisine, ils ont apprécié la sauce. Ils m’ont filé un CD avec deux instrus de Geraldo … au départ c’était pas top. J’ai écrit le morceau, entre-temps j’ai appelé Jean-Pierre, pour qu’il demande à Geraldo de retoucher l’instru. Il l’a fait, deux jours après on était en studio, à Saint-Ouen, dans le 93. En 1h30 c’était bouclé. Ils étaient satisfaits, le morceau était en rotation… Les retours ont fait qu’ils m’ont proposé d’intégrer le label. Ils se sont arrangés avec K-Libre, comment dire … comme quand un club achète un joueur de foot ! Je les ai laissés s’arranger, en récupérant ce que moi j’avais à récupérer au passage. J’arrive chez 45, j’enregistre. Je fais du sale, proprement.

T : Du coup, ce que t’avais enregistré sur K-Libre Records, t’as pas pu le récupérer ?

E : Non. Je lui ai dit : « sors-le ». Profite du fait que je sois là-bas, tu vas bénéficier de la promo qu’ils vont faire pour ce que je vais sortir chez eux, t’auras juste à balancer le truc. C’est un vélo, t’auras même pas besoin de pédaler : ça va rouler tout seul. Mais, poisse sur poisse … le disque dur avec tout ce que j’avais enregistré a sauté.

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T : Tu t’es jamais dit que t’étais maudit ?

E : Si. Je me suis dit que dans le rap, y’a des mecs qui ont dû consulter des marabouts, des sorciers, en leur disant : ce mec est dangereux, faut lui mettre des bâtons dans les jantes, faut pas qu’il avance, sinon t’es baisé. Donc à chaque fois, c’est des concours de circonstances incroyables, des poisses dignes de films fantastiques.

Pour revenir au 45 (l’air agacé), on est là, avec Lalcko, chacun enregistre son album, on fait des feats entre nous. Le 45 c’était une huître fermée, et comme le voulait la maison, on s’est nous aussi transformés en huîtres fermées. Y’a une vision des choses qui leur est propre, mais que je trouve en même temps archaïque. Quand les mixtapes commençaient à paraitre, eux parlaient encore de maxi. Arrêtez les mecs, un maxi-vinyle !? Les petits de mon ghetto, ceux dont les pères écoutent des vieilleries avec leurs platines-disques, ok, mais les autres ? Comment ils font ? Même en radio, ça commençait déjà à mixer avec des platines-CD. Faut vivre avec son temps.là ça commence à faire beaucoup

Plein de petites choses comme ça, comme la mise en valeur, l’exposition. Je leur ai posé la question, y’aura-t-il d’autres signatures ? On m’a répondu non. Alors faisons des couvertures, communiquons, présentons la nouvelle équipe ! Mais non, ils l’ont pas fait. Après, y’avait des problèmes en interne entre les gérants, à savoir Les 3 Mousquetaires : Geraldo, Ali, et Jean-Pierre. L’atmosphère était pas bonne, la façon de travailler non plus. J’avais ma vie à côté, mais je me retrouvais à faire le gérant. J’avais toutes les casquettes ! C’est moi qui vais voir le graphiste, c’est moi qui prends plus ou moins en charge les séances de studio … à un moment faut arrêter de déconner.

Le temps passe, je commence à mettre la pression, j’ai des réponses du type « c’est pas bon que ton maxi sorte en février, parce que moi mon album sort en avril ». On perd son temps, et puis on est comme tout le monde, de temps en temps on prend les transports, on tombe sur des gens qui apprécient le boulot, et qui cassent les couilles à chaque fois avec la même question dans les oreilles, à en devenir taré : « quand est-ce que tu sors ? ».

Donc DJ Hamdi me propose la chose suivante : « donne-moi tout ce que t’as fait, je fais un bidouillage, et puis on le balance ». C’est ce qui a donné naissance à Résurrection. J’ai juste fait un inédit, Rimes et Tragédies. Sinon tout le reste, c’est des vieilleries, mais au moins ça a permis aux gens de me découvrir. Mais même la façon dont est arrivé Résurrection, c’est du n’importe quoi. J’étais lié contractuellement par des clauses d’exclusivité. J’ai donc posé la question : est-ce que je peux faire ce projet-là, histoire de tenir le public en haleine ? On me répond oui, pas de problème, vas-y. Je donne tout à DJ Hamdi, il met tout dans la casserole, se met à tourner … et avant même que le plat soit prêt, les mecs reviennent, et me proposent un coup de pouce pour sortir le projet. J’étais très occupé, j’avais une vie un peu agitée, en même temps, le côté administratif du game, je le connaissais pas forcément, donc j’ai accepté. Et ce fut une belle erreur ! Parce que les mecs se sont retrouvés avec le master et la cover du CD… et ils sont allés voir Musikast pour presser la galette !

Mike : C’est bien, je vous avais demandé de pas parler du 45, mais il en parle tout seul !

T : Nous on en parle pas hein ! (rires)

E : Voila, en gros ils ont fait les cons, ça m’a pas plu, je leur ai dit salut, et donc rebelote, on reconstruit : on sort le projet Vendetta.

S : Du coup tu re-rentres dans une période où tout le monde te casse les couilles dans les transports pour savoir quand sortent tes projets ?

E : Si c’était juste les transports … on me presse tellement les couilles que je crois que je ne peux plus procréer.

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S : Dans tes premières interviews, on avait l’impression que ça t’emmerdait qu’on te parle de ton côté « gore ». C’est parce que tu trouvais ça trop réducteur ?

E : Oui, et puis c’est surtout venu avec Résurrection. Quand je fais un projet, je suis comme un acteur de cinéma qui intègre son personnage. Le thème je l’utilise à fond, je le presse comme un citron, j’en fais tous les jus possibles. Donc je suis resté dans le champ lexical de la résurrection. Si t’es quelqu’un d’un peu flippé, t’écoutes ça, t’éteins la lumière … c’est chaud, tu changes de slip.

Mais c’est vrai que ça m’a cassé les couilles, c’est quoi cette histoire de rap gore ? C’est quoi le rap gore ? Qui pratique le rap gore ? Qu’est ce qui est gore ? Moi, je fais du rap gore ? Passe-moi mon jus de fruits et ferme-la.

T : Ça te faisait une particularité intéressante. Même si l’étiquette est un peu à chier, parce que même si on rapproche ça de l’horrorcore, ça ressemble pas vraiment à du Evil Pimp dans la forme.

E : Voila, c’est pas du Korn version hip-hop ! A mon avis c’est juste à cause de Résurrection, son habillage sonore, avec les extraits de films, les tronçonneuses … Les étiquettes c’est relou, mais tu mets ça à 100 degrés à la machine à laver, y’a plus d’étiquette.

Mais ça a attiré des mecs un peu farfelus aussi. On m’a parlé via les réseaux sociaux, j’ai eu un peu peur. « Ouais du rap gore, j’adore, putain ça saigne, c’est trop bien, tiens, je t’envoie des instrus » … putain j’écoute le truc, Massacre à la tronçonneuse, plein de trucs de ce genre, tout combiné, il a mis ça dans la cocotte, et me l’a envoyé en mp3 … C’est cool mec, mais … c’est pas ça ! (rires) J’ai une dentition normale, je sors la journée, je suis pas un vampire !

Mike : D’ailleurs tous les beats qu’on recevait à cette époque, c’était tout dans ce délire, formaté pour l’image dégagée par Résurrection.

G : A propos d’image, tu publies pas mal de photos en costard-cravate pour Red Business. C’est pour donner une image un peu businessman autour de ce projet ?

E : Voila, tu l’as dit. Ça fait aussi partie de ma vie personnelle, mais c’est surtout parce que dans ce game qu’on appelle le rap, les gens sont très focalisés sur le paraitre et l’histoire du mec. Où est-ce qu’il crèche, qu’est ce qu’il a fait, est-ce que ceci, est-ce que cela … Je veux dire, on s’en bat les couilles ! Prends ton mp3, écoute ce qu’il fait, t’aimes bien, tant mieux, t’aimes pas, tu passes à autre chose.

Donc ouais, le costume c’est pour le Red Business, et puis j’aime bien les costumes. Ça change un peu, et puis ça permet de se démarquer. C’est pas pour intégrer un personnage de mafieux, d’Al Pacino ou je sais pas quoi … J’m’en bats les couilles. J’aime pas.

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T : T’aimes pas les films de mafieux ?

E : Si, j’aime bien. Plus ils sont paranoïaques, plus j’aime. On se rend compte que tant qu’ils sont paranos, tout va bien, et dès qu’ils se relâchent un peu, ils se font niquer. Les films de mafieux finissent tous comme ça. C’est une bonne philosophie !

S : Entre-temps, t’as eu pendant un petit laps de temps un look blaxploitation, avec une petite touffe afro.

E : Ça, c’est une longue histoire ! Ça vient d’un pari ! (rires) J’avais fait une petite allergie à un truc, et j’avais un petit trou dans les cheveux. Et les mecs pensaient que j’étais chauve, donc j’ai dit « attendez, vous allez voir ». (rires) J’peux faire c’que j’veux avec mes cheveux, moi aussi !

Mais c’est encore prématuré d‘en parler, c’est le projet qui arrivera après, je pourrai mieux vous justifier cette tenue vestimentaire et ce look.

S : D’ailleurs c’est pas dans Karma que t’as ce look ?

E : Oh … y’a une petite chevelure, mais c’est léger.

S : Tas des nouvelles de l’avancement du projet ?

E : Très bonne question ! Comme je suis pas aux manettes de ce truc là, en toute franchise, je ne sais pas. Ça devrait arriver pendant les grandes vacances, mais j’ai pas vraiment d’infos, c’est juste ce que j’ai ouï dire, comme on dit en bon français. Faudrait demander à Dosseh.

S : Pas mal de tes punchlines parlent d’amputation. C’est moins marqué maintenant, mais à une période, y’en avait quand même beaucoup : « tam tam avec le coude », « coupe le doigt aux balances entre le 1 et le 7 », « si le bruit court il faut que je l’ampute » « si tu danses du mauvais pied on te coupe l’autre » « si on comptait mes amis sur les doigts de la main faudrait m’amputer » …

T : Y’en a une sur le docteur Cohen aussi nan ?

E : Docteur Cohen, c’était sur les couilles. Je lui demandais de me retirer les testicules et de me mettre des boules de pétanque.

T : Ça reste de l’amputation, on est dans le domaine de l’ablation.

S : C’est ton côté zaïrois, ou c’est le côté films d’horreur ?

E : (rires) Les zaïrois c’est pas des culs-de-jatte, tu confonds avec les roumains là !

S : La machette est populaire quoi !

E : Oh, pas forcément, c’est plus la sapologie qui est populaire. La machette ce serait plutôt … bah la machette elle est africaine. Et encore, elle est même pas africaine, elle est noire ! Même aux Antilles, on utilise le coutelas ! Mais non, j’ai pas d’explication particulière à cette obsession de l’amputation ! (rires)

Mike : Gilles de la Machette ! (Mike intervient peu mais à chaque fois c’est pour recentrer le sujet)

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S : Toujours à propos de punchline, le terme est galvaudé aujourd’hui. Ce serait quoi ta définition ?

E : Très bonne question. Ma définition : la punchline c’est un package avec une pointe d’humour, de la violence, de la métaphore, de l’image, et une touche de complexité. Voilà ma définition à moi de la punchline. Si un mec balance une punchline et que je la capte tout de suite … c’est de la flunchline. C’est de la merde pralinée. Aujourd’hui, tout le monde parle de punchline, mais la plupart ne sait même pas ce que c’est. Déjà, dans punchline, y’a « punch ». A l’époque, quand on en entendait une, on se tenait la tête, on se disait « merde, il est fou ! A quoi il a pensé quand il a écrit ça ? Dans quelles conditions, il faisait quoi ? ».

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Aujourd’hui, y’a plus de culture du hip-hop. Tout le monde veut rapper. Y’en a qui ont la chance de pouvoir le faire, mais concrètement, c’est des « Monsieur vues ». Tu te retrouves en maison de disques, ou t’as des opportunités, parce que t’as fait tant de vues, ou parce que t’as une histoire un peu abracadabrantesque, et que tu joues de ça. C’est un personnage, mais tu racontes de la merde … les gens ont la bouche trop près du cul. Ca c’est un truc, franchement, trêve de plaisanteries, ça me casse les couilles. Balancer à tout va « punchline, ceci, cela » … ils savent même pas ce que c’est.

Ce que j’aime dans la punchline, c’est comme si j’essayais de trouver la combinaison d’un coffre. Quand ça vient tout de suite, je vois même pas l’intérêt. Y’a des punchlines de certains artistes que j’ai compris au bout d’un an ! Et le fait de comprendre la chose beaucoup plus tard, ça montre à quel point la personne est réellement dans le futur. Y’en a aussi qui te parlent de futur, ils se prennent pour des extra-terrestres, ils ont découvert la science … laissez les auditeurs s’exprimer, arrêtez de vous autoproclamer ceci ou cela.

Mike : Tu fais référence aux « professeurs punchline » et compagnie, qui ont poussé depuis quelques années ?

E : C’est comme les champignons au bois de Boulogne … Tonton Punchline, Professeur Punchline, Monsieur Punchline … J’ai sorti Monsieur Punchline parce qu’un autre mec me l’avait sorti juste avant. Même mon blaze de Escobar Macson, regarde, Mac c’est mon prénom, et Escobar c’est parce que j’avais sortit une connerie dans un texte genre « je vends mes rimes, je bicrave mes rimes », et on m’avait répondu « tu vends t’es rimes toi ? T’es Pablo Escobar ! ». Tout le monde était là « Escobar, Escobar » … et le mec qui n’avait pas suivi la vanne, la conversation le jour J, a fini par m’appeler Escobar lui aussi. C’est resté, et puis ça me fait un nom et un prénom, Macson Escobar, c’est très bien. Mais y’a jamais eu d’auto-proclamation. On laisse les gens s’exprimer, et si ça nous plait, on prend.

Escobar-MacsonS : Tu faisais référence à Seth Gueko avec « Professeur Punchline » ?

Mike : Ouais, après c’est pas lui personnellement, mais plutôt tout ce que ça a généré.

Teobaldo : C’est toujours pareil, c’est comme quand le mot « bling-bling » est arrivé … ou plutôt qu’ils l’ont compris, parce qu’il a toujours été là. Pareil pour le mot « buzz », maintenant c’est le mot « swag », même s’il existe depuis 5-6-7 piges.

Escobar : Je peux même me vanter de …

Mike : (il coupe) Pas d’auto-proclamation ! (rires)

Escobar : Là, franchement, je le fais ! J’ai été le premier à avoir parlé de tsunami. Le morceau dans lequel je parle de tsunami c’est Trois voyelles et quatre consonnes, que j’avais enregistré chez 45 en 2004. Personne ne savait ce que c’était ! Même quand je l’ai balancé, Jean-Pierre Seck m’a demandé : « mais qu’est ce que c’est ? ». En fait, à la base j’étais chez moi, je suis comme tout le monde, je zappe, je tombe sur Arte. Ça parle d’un raz-de-marée qui a balayé le Japon dans les années 40 ou 50. J’ai pris une feuille, un stylo, et j’ai noté « tsunami », avec entre parenthèses « raz-de-marée ».

Après y’a eu le tsunami en Thaïlande, tout le monde l’a repris, je me suis dit « ah les pédés, ils m’ont cramé » (rires)

Mike : D’ailleurs c’est pas Ali qui a fait un titre qui s’appelle Tsunami ?

Genono : Si si, y’a même un clip en Porsche.

Mike : Ah oui, genre ça se passe au Japon ?

Genono : C’est ça.

Escobar : Un tsunami, un tsunami … c’est juste un verre d’eau.

Spleenter : Beaucoup de rappeurs font référence à La Cité de Dieu, mais t’es le seul à prononcer Beignet et Zen Pequenõ. Pourquoi ?

Escobar : Oula, ça c’est une longue histoire. On va pas trop rentrer dans les détails. J’avais été heurté par certaines personnes, et ces deux personnes-là, au lieu de les appeler Bené et Ze Pequenõ, je les ai appelé Beignet et Zen Pequenõ, petit nez. C’était une flunchline. (rires)

Spleenter : Dans tes critères pour les punchlines, t’as intégré l’humour. Les gens retiennent surtout ton côté dur, hardcore, mais beaucoup de tes phrases donnent un sourire, tes images sont marrantes. Comme par exemple sur Esprits Crapuleux, quand tu dis « je suis avec ma planche j’attends la prochaine vague de violence ». C’est conscient, ce côté ludique ?

Escobar : Non, pas spécialement, ça me vient comme une envie de pisser.

Mike : Il parle comme ça toute la journée !

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Escobar : Voila, je sors des conneries à la seconde, donc c’est ce qui ressort aussi dans les textes. Comme je te le disais, une punchline combine humour, violence, etc, donc parfois y’a un peu plus d’humour que de violence, mais ça reste toujours la même formule.

Mike : Moi j’ai une question pour vous ! Les « punchlines » à base de comparaison, par exemple « j’ai les yeux bleus comme des gyrophares » … vous qui écoutez pas mal de son, et qui êtes extérieurs à ça, pour vous c’est une punchline ou pas ?

Teobaldo : Une punchline maintenant, c’est devenu une phase.

Genono : Dès qu’il y a une petite image, un petit truc, on va dire « punchline ! »

Escobar : Normalement, la punchline c’est au-dessus de la phase. On a banalisé le truc.

Spleenter : En fait ça dépend. Si la comparaison est vraiment inattendue, genre… ce qui me vient là, c’est Taïpan quand il fait « trouve moi sous ta tasse comme Kobayashi ». T’es obligé de réfléchir, d’avoir le double-sens de tasse et de penser à Usual Suspects, il grille Kobayashi grâce à la marque de la tasse… Ça, c’est bien trouvé. Mais un mec qui me dit « bleu comme gyrophare », non. C’est comme ce qu’ils appellent les punchlines-hashtag : « les jaloux vont maigrir #AnneauGastrique ». C’est exactement la même chose, sauf que t’enlèves le « comme ».

Genono : Question par rapport à Lalcko et Despo : qu’est ce qui se passe ?

Spleenter : Oui, ça a pas mal parlé de projet commun.

Escobar : Qui a parlé de projet commun ? Je m’en souviens pas moi ! Est-ce que j’ai fait une seule interview où j’ai annoncé ça ? Est-ce que je suis monté sur une table pour dire « on va faire un projet commun » ?

Teobaldo : C’est une question en tant qu’auditeur.

Spleenter : Voila, c’est un fantasme d’auditeur. Et puis y’a eu 2-3 interviews de Lalcko où il fermait pas la porte. (Dans la nôtre, par exemple)

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Teobaldo : Puis vous avez fait beaucoup de connexions ensemble, et il se passe toujours quelque chose. Et à chaque fois quelque chose de différent en plus.

Spleenter : Juste après La cage aux lions, y’a même des mecs qui disaient que Seth Gueko s’ajoutait au projet.

Mike : Je crois que ça a toujours été du domaine du fantasme. Si vous avez la source, on va aller le flinguer direct, parce qu’à chaque fois on nous pose la question.

Escobar : J’te laisse tirer, la prison ça va aller. La gamelle, mon pote … (rires)

Mike : Nan mais un projet comme ça, faut avoir les couilles de le produire.

Escobar : C’est même pas une question de couilles, un projet comme ça, ça peut aussi rouler tout seul. Mais pour répondre à ta question … bah faudrait leur poser la question, à eux.

Genono : Mais toi, ça t’est venu à l’idée ? Est-ce que ça peut se faire à l’avenir ?

Escobar : Tout ce qui peut donner de la force au game, et changer ce qui me déplait à travers ce que j’écoute et ce que je vois … avec plaisir ! Mais faut leur poser la question !

Genono : Despo, quand tu le vois avec Guizmo et Mokless, ça t’inspire quoi ?

Escobar : Bah… j’vais pas être gentil, et d’ailleurs je suis pas là pour être gentil, mais ça m’inspire pas trop. Ça m’inspire pas trop parce que, c’est vrai qu’on peut être différents, être issus d’univers différents, et s’entrechoquer pour créer de la matière, mais j’arrive pas à me retrouver dans ce trio. Pour moi, c’est vraiment le grand écart américain. Alors tu me dis Mokless, encore, bon, oui. Plus ou moins. Mais vraiment, Guizmo, ça n’a rien à voir.

Par comparaison, c’est comme si je prenais Booba, que je le mettais avec Youssoupha, et pour le 3e mousquetaire je vais prendre… Orelsan. J’ai vraiment pris au hasard, je dis pas que Booba c’est lui, Orelsan c’est l’autre …

Mike : A la limite, Orelsan et Youssoupha ensemble, moi j’y crois.

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Genono : Bah pareil, Mokless avec Guizmo, pourquoi pas, mais Despo …

Escobar : Mais attention, je dis pas qu’ils sont mauvais ! C’est que Despo, il a un univers très particulier. C’est comme si tu prenais un litre d’eau et un litre d’huile, et que t’essayais d’en faire quelque chose … ça n’existe pas ! On verra, des fois la chimie c’est bizarre, peut-être que tu vas trouver la formule qui permet de diluer l’eau avec l’huile, tu vas inventer un carburant qui va te permettre de rouler 3000 kilomètres avec un plein.

La vraie question qu’il faut se poser, c’est : à qui va bénéficier ce projet ? Au delà des points communs, qui va tirer son épingle du jeu ?

Spleenter : Y&W !

Escobar : Oui, mais je parle maintenant des artistes.

Teobaldo : Celui qui sera le meilleur sur l’album, tout simplement.

Spleenter : Celui qui a une actu derrière surtout !

Escobar : Celui qui a le plus d’actu aujourd’hui, c’est Guizmo. Mokless un peu moins, Despo, avec les soucis qu’il a eu, les rumeurs, etc, son album date de 2010. Comme moi, ça date. Je pense que c’était pas la meilleure façon de revenir, en ce qui le concerne lui, parce que les autres, je les connais pas.

Spleenter : Comme quoi, les fantasmes d’auditeurs ça va loin, parce que quand l’annonce de ce projet est tombée, y’a eu des commentaires de type « bravo, tu passes de Esco et Lalcko à ces deux types » …

La suite ici

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Le Clashico : mode multi-joueur

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On retrouve Rohff, TLF et leur nouveau super meilleur pote qui tiennent un conseil secret dans un lieu connu d’eux seuls…
Du moins c’est ce qu’ils pensent, mais une ombre rôde près de la cabane abandonnée dans le bois de Vincennes où se tient leur assemblée extraordinaire.

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La Fouine -Et donc là, Fouiny a tapé « Booba » sur youtube et…
Alain – tu parles de toi à la 3e personne ?
Ikbal – comme alain delon ?
Alain – mais j’ai jamais fait ça
Ikbal – non mais pas toi, alain DELON. L’acteur.
Alain – je connais pas, moi à la base c’est en hommage au sketch des inconnus
La Fouine – ça explique tellement de choses.
Rohff – mais attends, donc tu tapes Booba sur youtube ?
La Fouine -Bah j’allais pas le taper en vrai. Ho.
Rohff -Mais et ton histoire, là, où vous étiez dans le parking je sais pas quoi ? Et il a refusé le tête-tête, zoulette.
La Fouine -Il était en voiture.
Rohff -Et ?
La Fouine -Bah Fouiny allait pas taper dans une voiture, enfin voyons, quand même. Mais j’étais si-dé-ré.
Rohff -Je comprends pas.
La Fouine -J’ai tout fait pour le faire descendre. Je l’ai traité de bouffon, de minable et de moins que rien. J’avais même fait une vidéo de 20 minutes sur internet pour expliquer à quel point mon voisin du dessus avait pas les couilles de parler en face. N’importe quel mec de quartier serait descendu normalement.
Rohff -Ah ouais quand même…
La Fouine -À un moment, j’ai même dû lui dire qu’il avait le swagg à Flo Rida, on peut pas faire pire.
Rohff -Ferme ta mère, Flo Rida c’est mon ami inséparable, je te ferais dire. c’est grâce à lui que j’ai pu feater la célèbre chanteuse Wynter Gordon.
La Fouine – qui ça ?
Rohff – tout compte fait t’as raison, qu’il aille se faire foutre ce trou du cul.
La Fouine -Fouiny est désolé, il ne savait pas.
Rohff – Ce que je crois surtout, c’est qu’à ta place, n’importe quel mec de quartier aurait défoncé sa caisse pour le faire sortir.
La Fouine -Mais quelle violence, c’est affreux. En plus il avait un garde du corps aussi dans sa voiture. Il se balade pas sans…
Rohff -Et alors ? Vous étiez 3, non ?
Alain -C’est curieux de ramener 2 potes pour un tête-tête, non ?
Ikbal -Bah non, pourquoi ? Moi j’en ramène 10 quand je cherche la zoulette dans Paris.
Alain -J’ai rien dit.
La Fouine – de toute façon ils étaient là en tant que témoins. comme pour un mariage quoi. Hicham demoiselle d’honneur, Toumani qui apporte les alliances. Swagg ou pas ?
Ikbal – t’es pour le mariage gay enculé ?
La Fouine – non. enfin, si, mais ça n’a aucun rapport, c’est pour que ça glisse en promo ça. Hassoul.

C'est Rohff qui a inventé ce bonus stage

C’est Rohff qui a inventé ce bonus stage

Rohff -Moi même, dès que quelqu’un se gare trop longtemps devant ma fenêtre, je sors la pelle comme à Vitry.
La Fouine -Ah merd… Je veux dire « que diable » ?
Rohff -Pourquoi tu fais le mec à faire des phrases, enculé ?
La Fouine -Je repositionne mon image. J’ai des casseroles au cul quand même, Housni Baby.
Rohff -C’est vrai qu’y a rien de glorifiant à exhiber ton petit casier judiciaire à toi aussi.
La Fouine -Ouais, justement, donc, dans son canular bidon à la fin de son clash de R’n’B…
Ikbal -C’était un canular ?
La Fouine -Oui, c’était pas swaggué.
Rohff -En plus, lui il s’en fout, il le montrait déjà comme un gros gogol dans ses clips de gay de merde.
La Fouine -Exactement ! C’est sûrement lui qui s’est démerdé pour que nos casiers sortent, il était déjà immunisé.
Ikbal – apparemment c’est le site d’un juif qui a fait le coup, ça confirme que booba est juif
Alain – ils se connaissent pas tous tu sais
Ikbal – mon cul, on me la fait pas à moi ! c’est bien joué de les avoir infiltrés avec bruel, j’imagine qu’il t’a filé des tuyaux sur booba du coup ?
Rohff – Ta gueule, on dirait S’co bordel. Donc en plus, la zoulette continue de faire croire qu’elle est en avance dans la tendance. la fameuse ruse du galsen sournois !
Ikbal -C’était facile pour ce grand saucisson. Sa mère la proc !
La Fouine -Mais c’est vrai ça que sa daronne est procureur de la république ?
Alain -Bah en fait…
Rohff -SÛREMENT ! C’est un enculé ! Et d’ailleurs toi, je sais plus trop. C’est quoi cette histoire de pointe ? Hachek.
Ikbal -Es-tu bien aussi green que tu le prétends ?
Alain -Et c’est reparti… Mais lui il est avec nous, en théorie.
Ikbal -Ouais mais les explications qu’il cause à la fin de son morceau, moi j’ai pas compris.
Rohff -Et Gisèle est de cet avis aussi.
La Fouine -Gisèle ?
Rohff – ma pelle !
Ikbal -C’est pas une mineure, si c’est ce que tu veux savoir, enculé.
La Fouine -Non mais c’est comme je le dis à la fin d’Autopsie 5 : j’ai rien fait, à l’insu de mon plein gré et en petite quantité.
Rohff -Mouais… Je suis pas bien sûr de pas te péter la gueule, quand tout ça sera fini.
La Fouine -Nihao nem cum pai pai nuokman.
Rohff –Me parle pas chinois, putain !

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La Fouine -Là où je voulais en venir, c’est que lui il me parle de pointeur alors qu’y a des filles de 16ans dans ses clips. Prudence au casting.
Rohff -Comment t’arrives à voir qu’elles ont 16ans ?
La Fouine -Bah attends, ces petits seins en forme de pommes pas tout à fait formés, ces petits fessiers frais et moelleux, tant qu’on voudrait s’y plonger et…
Rohff –Hum ! Hum !
La Fouine – kaaris ? BORDEL DE MERDE, C’ÉTAIT UN PIÈGE
Alain – bah quoi ?
La Fouine – pardon j’ai cru entendre autre chose… mais pour la meuf, Hum ! Enfin ça se voit. Après hassoul à vous de suce… de JUGER ! De juger…
Ikbal -De toute façon, ça c’est sûrement vrai !
Rohff -Évidemment ! Cette zoulette, il n’a pas la grande claclaclasse. Pas comme moi ou ce vieux en djellaba qui entre… Hachek, qu’est-ce que tu fous là sale rageux ?
Alain -C’est qui ?
Rohff -Plus tard les détails ! Ikbal, apporte moi Gisèle !
Ikbal -Green Hous ! Super green !
Alain -Sans déconner, mec. Faut vite que tu dises t’es qui, sinon les 2 Comoriens avec leur tête de mannequins pour crash test ils vont pas te faire dans la poésie.
Le vieux -Ché zuis lé pape !
Alain -OK, tu le prends comme ça, bah va te faire enculer.

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La Fouine -Non mais c’est vraiment le pape, calmez vous.
Ikbal -Le grand Pope ? L’enculé dans les chevaliers du Zodiaque ?
La Fouine -Non, le VRAI Pape !
Ikbal – Dany Dan ?
Rohff – ferme la putain. L’enculé du vatican ?
Le Pape -Ach ja !
Rohff -Y a Ali qui a appelé, il veut que tu lui rendes l’or que tu portes au cou, fils de pute.
La Fouine -Qu’est-ce qui se passe Benny Babe ? Je t’ai dit que je finissais ma réunion super secrète avec mes coupains rappeurs et ensuite je t’emmène à l’aéroport pour Bogota.
Le Pape -Ach nein ! Nein ! Nein ! Nein !! On a pas ton temps, nekro ! Il faut y aller, ja ?
Rohff -Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Je comprends plus rien là… Mais hachek ! Bien bonhomme sera l’hatitude.
Alain – tu veux dire « l’attitude » ou c’est une sorte de néologisme pour dire l’attitude d’un hater ?
Rohff – mais t’es con ou quoi, t’es pas censé lire mon texte, c’est un dialogue, comment tu fais ça ?
Alain – pardon, c’est mes lunettes.
Rohff -IKBAL !
Ikbal -Green ?
Rohff -Où est Gisèle ? Elle vient cette pelle ?!
Ikbal -Super green !

Costume par Karl lagerfeld

Costume par Karl lagerfeld

La Fouine -Fouiny connaît cet homme, ne vous inquiétez pas.
Rohff -Tu connais le Pape, toi ?
Le Pape -Ach ja ! Fouiny et moi ça remonte à tout pétit. surtout lui. Gut !
La Fouine -Mais tu devais m’attendre dans la voiture, Benoît Baby.
Le Pape -Ils ont tiré sur la fature ! Ils sont à nos trousses ! Tu dois fite m’envoyer en Colombie, avec tous les anciens copains. Là pas che serai en zécurité, ja ?
La fouine – chez les nazis ? OK, OK on va y aller. Mais parle pas de ça devant les amis de Fouiny.
Ikbal -On est pas tes amis.
Alain -Moi j’ai aucun avis sur la question.
Rohff -Qui t’a tiré dessus ? c’est l’autre zoulette de Booba ? Parce que moi, Benoit 16, je t’aime pas, mais j’irai jamais faire des chansons sur toi et…

le téléphone sonne

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Rohff – allo ?
Jack Many – c’était juste pour dire que Benoît 16 mesures c’est pas un Doracel, c’est un beatmaker sur Certifié Vrai volume 1, il a notamment produit Green Peace.
Rohff – mais qu’est-ce que tu veux que ça me foute ?
Jack Many – d’ailleur le mogo rappe un peu aussi et…
Rohff – ça suffit les conneries, c’est déjà assez compliqué comme ça.
Le pape -Ach… Ja… OK… C’est très bien tout ça… Bon Fouiny, je n’ai pas le temps d’expliquer à tous tes amis déficients pourquoi c’est mieux pour l’église que les chens comme eux aillent en Enfer. On est pressés, khoya !
Rohff -Hachek ! Vous allez nulle part ! Je comprends plus ce qui se passe ici. Et tant que je comprends pas ce qui se passe PDRG sortira pas !
Alain – ça explique beaucoup de choses.
Le Pape -Was ?
Rohff -Je voulais dire VOUS sortirez pas !
Le Pape -Ecoute moi pien, depuis son succès le cheune Lahouni m’a toujours ramené des proies dé qualité, en compensation ch’ai du sauter pour téfentre La Fouine tans zon histoire te pétophilie. Ch’ai fait pouclier, maintenant Fouiny doit m’aiter à quitter l’Europe pour l’Amérique tu zut comme tous les nazis. Chai zacrifié ma papamobile pour lui !
Alain – c’était que des tirs de 22, fais pas le fou non plus.
Rohff -J’ai rien compris…
La Fouine -Tant mieux ! Mais il a honoré sa part du contrat, il t’a expliqué, tu dois nous laisser y aller.
Rohff -OK, cassez vous.
Le Pape -Wunderbar ! Che fais enfin poufoir tevenir réalizateur te films te poul’ ! Le rêfe Allemand !

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La Fouine et le Pape (Fouiny Papy) s’en vont vite vers l’aéroport.
Ikbal -Il a dit quoi le grand pope, Hous ?
Rohff -Je crois qu’il a dit que La Fouine était pétomane…
Ikbal -C’est green ou pas green ça, Hous ?
Rohff -Je ne sais pas, Ikbal… seul l’avenir nous le dira.

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Le Clashico : les intrus

pour ceux qui ne suivent rien à rien, c’est la suite de ce truc, là-bas.

Kaaris – donc ? Qui on doit enculer ?
Mala – IZI ?
Kaaris – OOOOOOOOOH CLICK
Booba – non mais c’est surtout un moyen de répondre aux attaques de rohff sans trop m’afficher que je cherche
Kaaris – ouais, ça aussi.
Booba – Ce que je veux dire c’est qu’on va enculer personne
Kaaris – bah va quand même falloir me payer mes frais de déplacements
Booba – va surtout falloir te calmer. Et demande à tes potes d’arrêter de vider leurs capotes dans cette catapulte, ça sert à rien non plus.
Kaaris – je te dis pas comment faire ton boulot, tu me dis pas comment faire le mien. Donc tu veux répondre à rohff ?
Booba – ouais, mais pas musicalement
Kaaris – donc tu veux l’enculer
Booba – non plus
Kaaris – excuse moi mais c’est pas clair du tout là.
Booba – en gros, j’ai joué la carte du mec au-dessus de ça, sauf que y’a quand même des gens -appelons les des cons- qui font chier en disant que j’ai peur de lui. Et maintenant c’est trop tard pour faire un son, donc…
Kaaris – donc il faut faire comprendre aux cons que tu t’en fous tout en chiant bien sur rohff d’une façon ou d’une autre.
Dje – tout à fait ça, c’est
Kaaris – c’est qui l’autiste ?
Booba – t’occupes.
Kaaris – bah c’est pas compliqué ton truc. Tu vas bien donner des interviews pour ta promo ?
Booba – ouais
Kaaris – bon ben tu vas insulter rohff comme pas possible dans absolument tous les médias où tu passes, tout le temps, non stop.
Booba – mais ce sera pas une contradiction totale avec le fait que je suis censé m’en fouzoutreze ?
Kaaris – objectivement oui, mais faut pas oublier que tes fans sont pas des flèches.
Booba – pas faux
Kaaris – maintenant excusez-moi, je dois promener Baxter
Mala – Baxter ?
Kaaris – oui c’est mon animal de compagnie


Booba – non, c’est un être humain. C’est juste qu’il est à poil et que tu le tiens en laisse comme un chien depuis tout à l’heure sans qu’on sache bien pourquoi.
Kaaris – décidément vous aimez jouer sur les mots ici. Et… attendez (il sort son iphone). Hmm Hmm ? Apparemment y’a deux personnes dans le XXe qui demandent si mon son tourne dans la rue.
Booba – comment tu le sais ?
Kaaris – c’est une application que j’ai. (il fait signe à deux hommes dans le fond de la pièce) envoyez une voiture avec « Houdini » dans la sono à fond les ballons
Booba – attends, t’envoies une caisse à chaque fois qu’un type pense que ton son tourne pas dans la rue ?!
Kaaris – j’aime être consciencieux. Et vous, installez ma table basse dans la salle d’à côté.
Mala – hé mais…
Booba – j’imagine qu’à ce stade c’est pas la peine de demander pourquoi les pieds de ta « table » sont des bazookas
Kaaris – tout à fait. Je reviendrai tout à l’heure
Dje – un sacré phénomène c’est, celui-là
Booba – je sais pas trop, je te le dirai quand je me réveillerai, tout ça est incompréhensible. Mais il a de bonnes idées pour ma communication, je vais le garder. Vous devriez prendre exemple sur lui
Mala – sozodozomizie ?
Booba – non, Mala, ça par contre ça reste très facultatif.
Dje – de nouveaux visiteurs tu as
Booba – putain encore…


Seth – salut, ça roulotte ?
Booba – t’es qui ?
Seth – mais c’est moi, seth guex. Alias nico, pico, zgeg de roumain, tête de poulain, ou l’inverse, j’ai tellement de blases tu sais, des fois je me dis…
Booba – Dje, qui est ce type ?
Dje – c’est le featuring numéro 31 bis, autopsie 3 et Gipsy King Kong,
Booba – Gipsy King Kong… faut vraiment que j’arrête d’accepter des feats quand je suis bourré
Zekwe – et y’a moi aussi cabron ! Monsieur futur ! C’est très gentil de m’avoir rendu hommage dans le titre de ton nouvel album d’ailleurs.
Booba – je comprends rien. C’est qui le brésilien ?
Zekwe – je suis pas brésilien, frerolito, je suis juste métisse cap…
Booba – et moi je suis pas intéressé. Vraiment pas du tout. Seth, pourquoi ton pote a un caddie ? On est pas au centre commercial, là
Zekwe – mais c’est ma DeLorean cabron !
Booba – non, c’est un caddie.
Seth – chut ma couillasse ! En fait Zekwe est persuadé que c’est une machine à voyager dans le temps. Des fois on monte dedans pour lui faire plaisir, on a jamais osé lui dire que ça roulait simplement, comme n’importe quel autre caddie. Zblex !
Booba – non mais c’est quoi cette histoire de con ?! Le mexicain pense que son caddie est comme la bagnole de Retour vers le futur ?
Zekwe – c’est un caddie DeLorean McFly !
Booba – pourquoi ce portoricain parle avec l’accent de la marionnette de Ronaldinho dans les guignols ? Et pourquoi il m’appelle McFly ?
Seth – il appelle tout le monde comme ça
Mala – mais c’est pas cet espagnol qui est censé s’appeler comme ça s’il se prend pour le type du film ?
Seth – c’est Zekwe tu sais, on a laissé tomber la logique depuis longtemps avec lui.


Booba – vous vous rendez bien compte que 1) vous êtes pas invités 2) j’en ai rien à foutre de vos histoires de merde 3) faut vous barrer de chez moi maintenant
Al K – moi je pars pas sans Shay, satanée crasseuse pourrie. J’essaie d’arrêter les femmes enceintes en ce moment, elle fera l’affaire.
Booba – ah. T’es là aussi. Forcément.
Dje – vu venir, je l’ai pas
Al K – c’est normal, j’arrive en douceur. Bon elle est où la suceuse ? J’ai des cadeaux pour elle, j’ai même ramené du moltonel.
Booba – du PQ ? Mais qu’est-ce que… bon de toute façon elle est plus là, je l’ai virée.
Al K – chiennasse ?
Booba – y’en a plus ici, c’est trop tard.
Zekwe – Buzz l’éclair !
Al K – catin !
Booba – non plus, non.
Seth – sinon au fait, faut pas t’en faire pour la phrase sur moi dans wesh zoulette, je me mêlerai pas de vos affaires, c’est entre vous que ça se passe.
Booba – mais j’en ai rien à foutre. Pourquoi vous arrivez pas à comprendre ça ? et… non mais ho ! Dites à votre pote d’arrêter de se branler sur du porno, c’est mon bureau ici
Al K – trop tard, et de toute façon je déteste me déplacer pour rien.
Zekwe – Olivia Del Rio !

Kaaris fait son retour

Kaaris – Talsa Doum !
Zekwe – Roberto Carlos !
Kaaris – c’est qui l’argentin ?
Zekwe – pour la dernière fois, je suis…
Seth – c’est Zekwe Ramos
Kaaris – ah mais y’a Al K aussi.
Booba – vous vous connaissez ?
Al K – ça pousse des rugissements sur l’divan.
Booba – c’était pas ma question bordel
Al K – ne cherche pas à savoir combien mes belles fringues coûtent.
Booba – personne n’a jamais demandé ça non plus
Kaaris – c’est Al K-pote. Un très gentil garçon, on se complète bien tous les 2.
Mala – c’est à dire ?
Kaaris – ils le sucent, je les encule.
Booba – forcément.
Kaaris – ça va sinon ?
Al K – pas top, j’ai mis un patch pour essayer d’arrêter les femmes enceintes
Kaaris – t’es con, ça t’aurait fait un plan à 3. Il marche bien le nouvel album de Seth ?
Seth – mais c’est pas un solo, c’est un lp commun Neochrome
Kaaris – et c’est pour ça que vous avez lancé le solo Patong city gang en premier, pour montrer que vous étiez 3 ?
Dje – pas très dégourdi c’était.
Booba – surtout que votre public c’est pas non plus des prix nobel, personne a dû rien piger à votre truc. izi maladresse.
Seth – zdédédédex ?
Booba – ne change pas de sujet, surtout que niveau titre, ça rappelle un peu trop Bakel city gang ta saleté.
Seth – mais c’est voulu, c’est un clin d’œil, une référence, les gens aiment ça.
Booba – j’espère au moins que le clip me fait honneur
Al K – il est très bien, ambiance Very Bad Trip 2
Booba – ah cool, y’a des passages comiques avec des guests classes et tout ?
Seth – non, mais y’a du travelo thaïlandais en veux-tu en voilà.
Booba – BORDEL DE MERDE
Zekwe – John Connor m’indique que notre mission s’achève mes petits cabron, en route pour l’aventure McFly, montez tous dans ma machine à remonter le temps !
Seth – le péruvien a raison, je dois rentrer en Thaïlande me faire masser
Al K – sucez !
Seth – aussi, oui.
Dje – mais Zekwe, si avec ta machine le temps tu remontes, dans le passé tu vas, pas dans le futur.
Zekwe – mais… c’est que… hum. ouais j’avais jamais pensé à ça en fait.
Al K – de toute façon moi je dis depuis le début qu’il faudrait plutôt une machine à baise, c’est plus utile.
Booba – en attendant explique à ton pote portugais qu’il faut dégager maintenant
Zekwe – je suis pas portugais, je… oh et puis merde. En tout cas bonne chance pour ton album, j’espère que tu vas être numéro 1…
Booba – enfin une parole sensée
Zekwe – …comme René la taupe !
Booba – je me disais aussi.

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Le Clashico (rattrapage)

Alors ça en fait c’est ce qu’on aurait dû sortir y’a à peu près un mois ou deux, vu que c’est la suite directe de ça,  sauf qu’on n’avait pas le temps. Du coup faut te dire dedans ta tête que ça se passe avant ce qui se passe maintenant. Je sais, c’est dur, mais tu y arriveras.

Au QG du 92i, Booba déprime, ce qui dans son cas précis veut dire qu’il fait des avions avec des billets de 500 tout en caressant un chat.

Dje – Bah alors ? Gros sur la patate tu as ?
Shay – c’est pas la grande forme on dirait
Booba – mais vous êtes qui à la fin ?
Shay – bah on…
Booba – oh et puis merde, je m’en fous. J’ai d’autres soucis.
Dje – comme quoi ?
Booba – hier j’ai dragué une dominicaine. Vous savez ce qu’elle a fait ? Elle a regardé mes jambes pendant tout le temps où je lui parlais. Et à la fin elle a dit « c’est vrai que ça me rappelle les combats de coq au pays ».
Shay – elle parlait pas espagnol ?
Booba – fous moi le camp.
Dje – si à ce point là c’est, peut-être répondre à Rohff tu devrais
Booba – c’est trop tard, j’ai essayé mais j’ai pas le temps. La technique du saladier a ses limites.
Dje – la technique du saladier ?
Booba – oui, c’est comme ça que j’écris. Je note plein de bouts de phrases sur des petits papiers, je les mets dans un saladier, et je jette le saladier en l’air. Celles qui retombent du bon côté, je les mets ensemble et ça fait un couplet.
Mala – IZI TECHNIQUE
Booba – voilà
Mala – MAIS IZI LIMITES
Booba – je te le fais pas dire. Et c’est pas tout, regardez ce que j’ai reçu comme courrier aujourd’hui
Dje – pas à ton nom c’est. « Mrs Zoulette » y’a marqué sur les enveloppes.
Booba – t’as tout compris. C’est comme ça que tout le monde m’appelle désormais, y compris le facteur. J’ai même surpris le concierge qui voulait changer le nom sur la sonnette ni vu ni connu, l’enzencuzulézé.
Dje – mais console-toi, caramel numéro 1 des ventes il est.
Booba – ventilé ? Mais qu’est-ce que ça veut dire bordel ? Tu sais que tu commences sérieusement à mes les briser à parler comme ça tout le temps ? Tu peux pas mettre des « z » partout comme tout le monde, non ?
Dje – des Zaïrois ?
Booba – oh putain.
Dje – c’est vrai que Grodash tu as invité sur Autopsie 4, mais sinon il n’y a pas eu beaucoup de…
Booba – LA FERME.
Shay – et je me demandais, t’es sûr que t’as vu Heat ? Parce qu’elle est chelou ta phrase.
Booba – pas du tout : Comme De Niro dans Heat sauf qu’à la fin je pars sans la fe-meu. Lui il tente de l’emmener avec lui.
Shay – mais au final il l’abandonne dans la voiture
Dje – du coup que t’as rien compris au film on dirait.
Mala – QUIZIPROZOQUOZO

(mais là, le téléphone sonne)

Booba – Allo ?
25g – salut c’est 25g mon copain
Booba – plaît-il ?
25g – c’était juste pour dire qu’à la base c’était quand même moi le premier à utiliser « morray ».
Booba – et ?
25g – et c’est tout, je tenais à le dire.
Booba – fascinant.
25g – sinon c’est vrai que « wesh morray » c’est pas contre rohff, je le vois bien.
Booba – enfin un qui comprend. T’es moins con que t’en as l’air
25g – ouais tout le monde sait que c’est un clash sur Morsay
Booba – ouais et… hein ?!
25g – c’est pas ça ?
Booba – cette conversation touche à sa fin.
Dje – d’ailleurs Morsay t’a répondu.
Booba – ahaha ! Bravo, tu m’as redonné le sourire.
Dje – c’est pas une blague
Booba – mais… mais… putain de bordel d’izi, c’est quoi tous ces cons qui répondent alors que je leur ai jamais parlé ? Quel est leur projet ? Est-ce que moi je fais ça ?
Mala – en même temps, toi tu réponds même pas quand ça t’est adressé directement.
Booba – c’était une façon de parler, tas de cons ! C’est l’autre salopard qui doit jubiler…
Dje – il est jube ?
Booba – DEHORS.
Shay – sinon j’ai pensé à autre chose
Booba – tu as pensé ?
Shay – hé ho ça va hein. J’ai quand même un mental de paysanne.
Booba – …
Shay – donc je me suis dit qu’on pourrait faire un montage vidéo, où on prend des images de l’ex à rohff qui le clash sauf qu’après on coupe le son et on fout le titre 5.9.1 à fond.
Booba – quel est l’intérêt ?
Shay – bah… sa situation avec la meuf… le gosse… tout ça… c’est ironique quoi, c’est ce qu’il dit dans 5.9.1
Booba – mais dis donc c’est un sacré truc de pute ce que tu nous proposes. Et pourtant t’es encore habillée.
Shay – mais…
Booba – non mais je disais ça comme un compliment. Ceci dit, c’est non.
Shay – mais pourquoi ?
Booba – j’ai dit que je m’attaquais pas aux mamans des gens, c’est pas pour faire chier leurs gosses après, Einstein. Par contre tu m’as fait voir la situation d’un autre œil, il est temps de me reprendre en main.
Shay – c’est à dire ?
Booba – t’es virée. Mala, va lui trouver un remplaçant.

Chez Foolek empire

Ikbal – bah alors ? Tu l’as terminée la zoulette là ! Street célébration, coup de pelle pour tout le monde.
Rohff – mouais.
Ikbal – bah quoi ? On dirait que t’as pas la patate.
Rohff – il me répond pas. A quoi ça sert d’avoir fait tout ça, j’ai repris son instru, je lui ai déclaré la guerre, je l’ai insulté salement, et il fait le mec au-dessus de tout ça.
Ikbal – mais ça c’est parce qu’il a peur. Il flippe dans son slip, hein Alain ?
Alain – si tu le dis.
Rohff – n’empêche que voilà, il vend pareil qu’avant, c’est comme si j’avais rien fait, ça sert à rien tout ça.
Ikbal – attends, mais ça on s’en fout, c’est des zoulous qui achètent ses cd. Un cheval, des chevaux, une zoulette, des zoulous, normal.
Rohff – …
Ikbal – regarde cette vidéo, même s’il est toujours à l’aise niveau ventes, dans la street il est fini ! La rue a parlé !
Rohff – les gens qui parlent ont été sélectionnés, même moi je suis assez lucide pour le voir. En plus vous avez repris les gitans de notre clip, et y’a même mon pote Sayd des Mureaux en plein milieu, comme si personne n’allait le reconnaître.
Ikbal – mais personne ne le reconnaît jamais, c’est un beatmaker et on est en frince.
Rohff – c’est pas la question. Plus rien n’a de sens maintenant. Si j’ai plus d’adversaire je vais faire quoi moi ? Qui c’est qui va remplir mon réservoir de rage ? C’est ça qui me permet d’aller au-delà de mes limites, de me dépasser.
Alain – juste une question comme ça, là. Tu parles au figuré où t’as réellement un réservoir dans lequel tu… hum, entreposes ta rage ?
Rohff – t’es con ou quoi ? C’est une image hein.
Alain – on sait jamais avec vous aussi.
Rohff – tant pis, je vais me réécouter mon feat avec Sofiane, ça me remontera le moral.
Ikbal – euh…
Rohff – quoi ?
Ikbal – concernant ce son, je crois qu’il y a un léger problème
Alain – ce qu’il veut dire c’est que ce feat n’a jamais eu lieu.
Rohff – mais si, ça s’appelle code 187 II, un pur son ghetto où on kicke tous les deux en mode vénèr et… même que le refrain ça fait, heu… non ?
Alain – c’est dans ta tête Housni. Tout ce que t’as fait pour l’instant c’est apparaître dans un clip avec lui. Le dernier mec que t’as featé c’est Sultan
Ikbal – non c’est Zaho
Alain – c’est une meuf.
Ikbal – autant pour moi.

Rohff – Sultan j’ai fait plus que le feater, j’ai lancé sa carrière, on a déjà parlé de ça
Alain – tu sais c’est dur de trouver un rappeur qui n’a pas lancé ce mec à un moment ou à un autre.
Ikbal – mais tais-toi à la fin, tu l’aides pas, là.
Rohff – qu’est-ce que je vais faire maintenant ? S’il répond pas du tout mais que tout le monde pense que j’ai gagné, je vais insulter qui ?
Ikbal – tu peux toujours insulter six coups mc, enfin moi je dis ça je dis rien
Rohff – 6 coups ? Passer de booba à 6 coups ? Non mais tu m’as pris pour qui ?! Il me faut un ennemi, un grand, un vrai, à ma taille. Sinon je vais me faire chier. Maintenant que l’autre est plus dans la course je suis au sommet. Je n’ai plus rien à accomplir. C’est la fin d’un beau rêve, l’aventure s’arrête ici les gars.
Alain – j’aime pas trop quand il se met à parler comme ça.
Rohff – laissez-moi seul. Je dois faire mes adieux à celle qui a guidé mes pas dans la tourmente.
Ikbal – ah ?
Rohff – oui. Il est temps d’enterrer Gisèle. Prends là, et offre lui un enterrement décent.
Alain – donc maintenant on va enterrer une pelle. Tout va bien.
Ikbal – t’inquiète Hous, je m’en charge

(il s’en va avec la pelle)

Rohff – ah, je ne pensais pas que ce serait si dur pour moi d’être le numéro 1 incontesté du rap game mon petit Alain. Tu as bien de la chance d’être un mc médiocre et inconnu tu sais.
Alain – ouais enfin faudrait peut-être aussi que tu sortes un nouvel album un jour.
Rohff – bof, quel intérêt ?
Alain – mais… je sais pas, enfin, c’est assez évident que si t’es le plus fort mais que tu fais rien, le public va se brancher sur d’autres au bout d’un moment. Quand y’a eu un petit creux dans le créneau egotrip, le public a un peu plus écouté La Fouine par exemple, c’est mécanique.
Rohff – attends. Mais t’as raison, Alain.
Alain – ah ?
Rohff – c’est dingue que je m’en sois pas aperçu plus tôt.
Alain – tu me fais peur là
Rohff – mais c’est évident ! Je dois affronter La Fouine désormais ! C’est lui ! C’est le prochain ! Comme dans Highlander !
Ikbal – bon ça y est, j’ai enterré Gisèle. Ça a pas été facile parce que…
Rohff – tu étais triste, oui, je comprends
Ikbal – ah non, c’est juste qu’une fois que j’ai eu fini de creuser je me suis rendu compte que j’avais pas prévu de seconde pelle pour lui remettre des pelletées de terre dessus, donc j’ai dû…
Rohff – peu importe. J’ai à nouveau besoin d’elle. Le devoir m’appelle. J’ai un nouveau rival, Alain me l’a dit
Ikbal – t’as fait ça ?
Alain – non, mais au point où on en est…
Rohff – on a pas de temps à perdre. Va me chercher Gisèle immédiatement.
Ikbal – ouais mais c’est chiant je viens de l’enterrer, on peut pas se contenter d’une bêche plutôt ?
Rohff – UNE BÊCHE ?! Tu te fous de ma gueule ?!
Ikbal – ou alors je sais pas, moi, un… hum… peut-être un râteau ? C’est thématique, en plus.
Rohff – ne sois pas insolent. Alain, accompagne le et assure toi qu’il traite ma pelle comme une princesse.
Alain – évidemment…

Retour chez le 92i

Booba – va aussi falloir lancer le son avec 2 Chainz, peut-être que ça calmera tous ces assistés.
Dje – pourquoi tu lancerais pas celui avec Rick Ross ?
Booba – pourquoi tu fermerais pas ta gueule ? Ah, voilà Mala, avec… mais qu’est-ce que ?
Mala – DE REZETOUZOUR
Booba – ça je vois, mais pourquoi t’as une centaine de mecs avec toi ? Et pourquoi ils ont une catapulte ?
Mala – c’est pas moi, c’est à lui, il dit que c’est sa « catapulte à foutre »
Booba – une catapulte à foutre… de mieux en mieux. quel nouveau genre de cinglé tu m’as ramené ?
C’est alors qu’un rugissement retentit depuis le fond de la salle, et un type se fraie un chemin jusqu’à Booba.
Kaaris – bon, alors on va se poser calmement et tu vas me dire qui doit se faire remplir le cul
Booba – …

on passe enfin aux choses sérieuses

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Le Clashico (ping pong)

Rohff – Si je clash Booba, faut que je sorte de bons dossiers. En même temps ce sera pas dur, ça fait 8 ans que je lui balance des piques. On a qu’à sortir nos listes des piques qu’on lui a envoyées au cours des années.
Alain -Alors on admet enfin qu’on a des listes.
Ikbal -La mienne est assez longue. Je l’insulte depuis le début de ma carrière une fois tous les 4 morceaux.
Alain – À part ça t’as pas de problème d’obsession dans la vie.
Rohff -La mienne est pas mal aussi et c’est même sûrement la meilleure liste qui soit. C’est la mienne. Et… ? pourquoi t’en as 2 toi ?
Alain -Hein ? Ha non, celle là c’est une autre liste. C’est les attaques subliminales que je vous ai envoyées ces dernières années. C’est pas important.
Rohff -Déjà je vais dire qu’il rappait par la fenêtre en zonzon. J’y étais pas mais tout le monde le dit alors ça compte. Parce que si tu crois aux ragots t’es un fils de pute, mais comment on peut savoir que c’est des ragots, hein ?
Ikbal -Bah oui, on peut pas.
Alain -Non mais c’est le principe de base d’une rumeur, c’est qu’on sait pas.
Rohff -Exactement ! Donc j’ai le droit.
Ikbal -Green !
Rohff -Je vais dire que moi, au moins, j’ai pas fait ma pute, j’ai lancé des carrières. Alors que lui il en a niqué. Kennedy, Mac Tyer ou Nessbeal.
Alain -C’est un peu ce que t’as fait à 6 Coups, Casus Belli et Bushy, non ?
Ikbal -Arrête maintenant. Stop being ungreen, bro.
Rohff -En plus j’en lance des carrières moi… Pas plus tard que le mois dernier là, j’ai fait un feat avec Sultan.
Alain -C’est beaucoup son grand frère qui lui a mis le pied à l’étrier.
Rohff – possible, mais juste après c’est moi
Alain – pas vraiment, juste après c’est les mecs qui l’ont fait poser sur leurs mixtapes, de dj skorp à alpha 5.20 en passant par
Rohff – non mais d’accord, mais le mec qui l’a fait émerger, voir la lumière, donné un sens à sa vie, là c’est moi.
Alain – en fait ça ce serait plutôt La Fouine qui l’a mis en avant y a un an, intégré dans sa tournée, et fait passer sur S-kal Records.
Rohff -Mais on s’en fout de ça ! De toute façon, moi c’est avec Sofiane que je voulais faire un gros featuring. D’ailleurs, je vais le dédicacer à la fin de mon morceau, avec Sefyu.
Alain -Où est le rapport ?
Rohff – Booba arrête pas de faire des clips à Aulnay et des trucs avec Kaaris, faut qu’il sache que moi aussi j’ai des copains par là-bas. Et toc ! Bien feinté l’ourson. Par contre, cet enfoiré de Booba a fait un single qui s’appelle Scarface, le fourbe, le salaud, le vil, la zoulette. Je vais donc parler d’American Gangster dans le morceau, à la place.


Ikbal -Il parle aussi de Thug Life. C’est nous ça ! Thug Life Forever TLF !
Alain – ah, ça veut dire ça ?
Rohff -Mais Kery a pas cité son nom dans Thug Life ! Ah ah ! Là je le baise.
Alain -Vous êtes sûrs de vous là ?
Ikbal -Super green, je te dis !
Rohff -De toute façon, je rime comme je veux ! Enculé de ses cheveux.
Alain -Vous êtes coiffés pareil. On est tous coiffés pareil…
Rohff -N’importe quoi, moi c’est un style, lui c’est maladif. Pour me faire la boulej’ai pas attendu la calvitie ! D’ailleurs je vais le dire ça, même ses cheveux chauves ils sont faux. En plus c’est ni un rebeu ni un negro et…
Alain – c’est une rime de Gab’1 dans J’t’emmerde, ça. Et ça fait 9 ans.
Rohff – personne s’en souvient.
Alain – mais même, toi t’es Comorien
Rohff – et alors ?
Alain – bah concrètement, toi non plus t’es ni rebeu ni negro, t’es un hybride noir/arabe/indien
Rohff – bah voilà. Lui c’est ni l’un ni l’autre, moi c’est les deux.
Alain – mais
Rohff – LES DEUX. Je suis noir ET arabe ! En même temps ! Un Noirabe !
Ikbal – et indien !
Rohff – la ferme bordel. Et je vais aussi citer plein de mecs qui ont traîné avec Booba, pour les forcer à choisir leur camp ! Et je vais dire que son feat sur Call of bitume c’était pas top, ça fera chier Rim’k et ça c’est toujours bon à prendre.
Alain – ça suffit pas, kennedy mactyer et nessbeal ?
Rohff – non. Je vais lancer une crotte de nez à seth gueko. Et après vous l’appellerez pour lui dire que c’était pas méchant.
Ikbal – pourquoi c’est à nous de faire ça ?
Rohff – c’est typiquement le genre de question que je ne me pose pas. Vous allez aussi appeler un grand écrivain du rap pour faire mon éloge.
Ikbal – olivier cachin ?
Rohff – non, c’est lui que j’avais pris pour présenter La Cuenta et on a vu le résultat. Cette fois on va prendre Richard Sentoncul, le Chester Himes du 93.
Alain – je vois pas trop qui c’est
Rohff – mais si voyons. T’as pas lu « Les Anges ont la chatte rasée »?
Ikbal – toi non plus tu l’as pas lu.
Rohff – c’est pas la question. En tout cas il est vachement hiphop ce mec, il a même écrit un livre pour illustrer un clip de Mactyer
Alain – c’est pas plutôt l’inverse ?
Rohff – vu la gueule du bouquin, j’espère pas. Maintenant laissez-moi seul, je dois préparer la cérémonie.
Alain – la cérémonie ?
Ikbal – laisse le, il a dit.

Tandis qu’Alain et Ikbal ferment la porte, Rohff sort un blu-ray de son coffre-fort et le met dans son lecteur dvd, qu’il jette ensuite dans un chaudron. Une fumée s’élève et prend peu à peu une forme humaine.

Tony – ma qu’est-ce qué yé fous encore là coño ?!
Rohff – ah te voilà enfin, tu sais pas comment tu m’as manqué
Tony – mais ?! c’est encore lé taré dé l’autré fois !
Rohff – oui, moi aussi ça me fait plaisir de te revoir mon pote.
Tony – mierda ! pourquoi vous mé laissez pas en paix vous les rappeurs français ? Vous avez yamais vou d’autré film dé voyou ou qué ?
Rohff – bah justement là j’ai innové, mon refrain c’est une référence à Denzel Washington
Tony – lé bamboula ?
Rohff – ça suffit avec ça. En plus c’est par rapport à son rôle de boss de Harlem, Frank Lucas.
Tony – la balance ? Ma c’est dé pire en pire, puta madre.
Rohff – c’était surtout pour le passage où il tue quelqu’un en pleine rue devant tout le monde
Tony – il l’a fait avec oune tronçonneuse ?
Rohff – non, un flingue
Tony – alors c’est oune tapette.
Rohff – bref, j’ai besoin de toi pour l’outro du morceau
Tony – ok mais après tou mé laisses tranquille. Y’ai pas qué ça à foutre non plus.
Rohff – faut juste que tu dises « yé té l’avais dit. Je peux pas me les encadrer. Tout ce que ye peux faire pour eux, c’est les encastrer ».
Tony – …
Rohff – bah quoi ?
Tony – c’est pour oune sketch ?
Rohff – non, c’est la fin de mon morceau clash.
Tony – tou sais, y’en ai dit des conneries dans votré vf dé mierda, mais alors jusqu’ici on m’avait épargné les yeux dé mots pourris.
Rohff – C’est toujours bien de finir sur une note un peu marrante, surtout qu’on me dit tout le temps que je devrais me détendre et rigoler un peu plus et
Tony – si tu veux, si tu veux. Coño.

Au QG du 92i

Dje – Une bonne et une mauvaise nouvelle j’ai. Wesh zoulette, écouté tu as ?
Booba – mais putain, tu vas continuer à taper l’incruste combien de temps, toi ?
Dje – Rohff clashé t’as
Booba – première nouvelle. Ça fait bientôt 10 ans, décidément t’es pas aidé.
Dje – non, non. De ça je parle.

il fait écouter le morceau.

Booba – …
Dje – …
Mala – …
Booba – je ne comprends pas. Il n’a pas respecté le protocole.
Mala – il a pas respecté ta mère surtout
Booba – mais c’est pas la question, ça. Ça fait des années qu’on joue au ping pong, il m’envoie une dizaine de pics, je lui en renvoie une ou deux, et tout le monde est content. Lui il reste teigneux et moi je reste au-dessus de ça. Là ça change tout.
Dje – au ping pong vous jouez ensemble ?
Booba – non mais c’était une métaphore. Tu sais, le truc que je faisais dans mes textes, avant.
Dje – parce que je crois que « tennis de table » est le nom officiel.
Booba – mais j’en ai rien à foutre, connard !
Dje – par exemple « ping pong » en tant que discipline olympique n’est pas reconnu.
Booba – C’EST PAS LE SUJET.
Mala – va falloir répondre là, t’as pas le choix izi
Booba – non.
Mala – voilà, on est d’accord
Booba – je veux dire : non, je vais pas répondre.
Mala et Dje – QUOI ?!
Booba – mon album est bouclé depuis 2 mois, toute l’équipe izi marketing a planifié la izi promo, je vais pas tout bousiller pour ça.
Dje – risqué c’est…
Mala – mais il me traite de shlazagueuzeu !
Booba – oui mais il faut aussi prendre en compte que…
Dje – double ou quitte…
Booba – avant tout y’a mon clip caramel et le single qui sort en même temps, faut penser à ça mon pote. Et pas à des détails insignifiants comme ma famille ou ta future overdose.
Mala – IZI SALOPERIE
Dje – ça casse ou ça passe.
Booba – de toute façon, s’il veut vraiment me clasher, qu’il appelle mon avocat. J’ai plus le temps pour ces conneries.
Mala – IZI DECEPTION


Dje – mais pour Sinik parce qu’il avait parlé de l’enlèvement de ta mère tu disais répondre. Là, bien pire c’est, ce qu’il dit, et…
Booba – comment ça, ce qu’il dit est percé ? Tu veux pas parler normalement, non ?
Dje – ok, en fait t’as dit à l’époque que tu répondais à sinik surtout parce qu’il avait parlé de l’enlèvement de ta mère, alors qu’à côté de ce que dit rohff, c’était franchement inoffensif. Les gens vont se poser des questions du coup et tu vas passer pour une sacrée tarlouze.
Mala – …
Booba -…
Dje – qu’est-ce qu’il y a ?
Booba – mais tu peux vraiment parler comme tout le monde en fait
Dje – bah oui
Mala – pourquoi tu nous fais chier tout le temps à parler chezeulouzou alors ?
Dje – pour le style
Booba – bah c’est un style de merde. Et en plus, tu connais mal mon public. Y’a que les fans de rohff qui vont penser comme ça, les miens ils vont expliquer à tout le monde que je suis trop haut pour répondre à l’autre. Et toc ! Bien feinté, Dent du bonheur. C’était quoi la bonne nouvelle au fait ?
Dje – Willy Denzey te remercie d’avoir cité son nom.
Booba – BORDEL DE MERDE
Shay – sinon je peux faire un remix « wesh marion » et au refrain je fais « tu vas mourir à la marion, à la, à la marion, à la marion, cotillard marion ! »
Booba – putain les mecs, on bosse, là ! Qui a appelé une strip-teaseuse ?
Dje – mais c’est Shay
Booba – si tu crois que j’ai le temps de retenir leurs noms, t’es encore plus con que ce que je pensais.
Shay – non mais je suis rappeuse.
Booba – bah on est content pour toi, c’est bien, on avance, 21e siècle, la parité, même les strippers se mettent à rapper, c’est le progrès. Mais faut nous laisser maintenant.
Shay – mais on a fait un titre ensemble : Cruella.
Booba – si tu crois que j’ai le temps de retenir mes feats, t’es encore plus conne que ce que je pensais… qui que tu sois.
Shay – n’empêche que ce serait bien comme réponse : à la marion, à la, à la…
Booba – mais pourquoi « à la marion » ?
Shay – bah c’est pire que « mort dans le film », c’est « mort comme marion cotillard dans le film ». T’as pas vu The Dark Knight Rises ?
Mala – t’es fan de batman pourtant
Dje – chauve souris sur le projo, tu arrives
Booba – cette conversation prend un tour déplaisant. Foutez le camp. Et éteignez la lumière en partant, je dois m’entraîner à prendre l’air pensif du méchant qui prépare une vengeance diabolique.

Que va manigancer Booba ?
Rohff va-t-il aller encore plus loin ?
La consternation d’Alain 2 l’ombre atteindra-t-elle ses limites ?
Bixente Lizarazu continuera-t-il à squatter youtube longtemps ?

Tant de questions, et si peu de réponses dans le prochain épisode.

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