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Fête de la zizic

Je me suis dit que ce serait bien de partager avec vous ma fête de la musique du 21 juin dernier. Pour ceux que ça intéresse, c’est juste en-dessous.

20h : On arrive à la block party de Noir Fluo, au skate park à côté de Bercy.

(par la suite je n’ai pas spécialement fait gaffe à l’heure tout au long de cette trépidante soirée, les horaires précis seront donc remplacés systématiquement par ça :

.

Merci de votre compréhension.)

. Peu de trucs à dire, y’a à peu près tous les Noir Fluo au complet, du son, et bientôt arrive le moment que tout le monde attendait depuis le début : le barbeuk de merguez. Par une sorte d’enchaînement de circonstances, à un moment les mecs qui s’occupaient du grill se barrent et je me retrouve à m’en charger et à servir les gens en en bouffant au passage parce que c’est quand même pour ça que je suis là (« c’est toi qui as fait le barbecue ? – non, moi je suis là pour les merguez et je dépanne le temps que les autres reviennent – ah pardon. On t’a déjà dit que tu ressembles au fils de Yannick Noah ? », etc).

. Test dit rapidement quand je lui parle d’un feat avec Joe Lucazz (je fais souvent ça quand je m’emmerde) que « ça va se faire ». Express fait le morceau Express est back en live, des badauds s’agglutinent au dessus du skate park pour profiter du spectacle, d’autres plus jeunes balancent des pétards.

. Vexé de n’avoir eu aucune merguez, Teo décide de rentrer chez lui comme un prince pour se sustenter, probablement avec des princes de LU et du magret de canard.

. Ça se confirme, Waslo est déjà parti et le morceau « ma Volvo » sera donc joué en live mais sans lui, au grand désespoir de Kicket.

. Je rejoins Daphné croisée par hasard, elle est avec Hifi, Cassidy, et Ill (c’est un peu leur manageuse et je dis « un peu » uniquement pour qu’on m’emmerde pas avec les détails et les appellations). 1er choc : Ill a des cheveux blancs, et n’est donc pas immortel. Cass a des grosses lunettes de soleil (détail crucial pour la suite).

. « Ill n’imite pas Dieudonné, c’est Dieudonné qui lui a tout piqué » Hifi

. Daphné explique à Hifi le concept du blavog, il a du mal à imaginer ce que ça peut donner concrètement alors je lui parle du billet assez vieux sur Time Bomb et Pit Baccardi, ce qui lui fait dire avec un demi-sourire : « mais c’est dangereux les trucs comme ça ».

. on va au Rex où y’a « une soirée de Dabaaz ». Hasard total, on croise Melopheelo devant l’entrée, qui du coup vient aussi avec ses potes.

. Devant le Rex, moment de flottement où personne dit trop rien. Pris d’une impulsion de crétin, je dis à Cassidy que c’était très sympa de s’être prêté pour de vrai au jeu de l’interview parce que du coup c’était la 1ère qu’on avait publiée sur le blavog. Sa réponse est édifiante :

mais tu m’as pas interviewé.
– …
– …
ah pardon je t’ai confondu avec Cassidy
pas de problème.

Cet instant sera mon grand moment de solitude de la soirée et me traumatisera durablement. Je ne sais pas vraiment si Cassidy je l’ai perdu de vue, ou s’il n’a simplement jamais été présent ce soir là.

. Une bande de gars reconnaît Ill et il reste avec eux 10 bonnes minutes. En revenant il m’explique (non pas spécialement que c’est à moi qu’il voulait parler, seulement y’avait que moi) être complètement las de ce genre de choses. Et là c’est vraiment un truc sans doute difficile à intégrer quand t’es un gros fan mais Ill sort ce qu’on appellera désormais « le théorème Lino ». C’est à dire qu’évidemment c’est super flatteur d’avoir tous ces gens qui viennent le féliciter, mais qu’en gros ils lui parlent d’une période de sa vie qui est révolue et qui date de plus de dix ans maintenant, du coup c’est gentil mais sur la longueur c’est limite déprimant. Je lui cite la phase de Lino « bors refais nous quelques gouttes » et il dit c’est exactement ça. Si vous aussi vous êtes rappeur, ne claquez pas vos thunes chez un psy, appelez-moi.

. Ill et Clément d’Animalsons font connaissance, Clément lui rappelle qu’il a travaillé sur l’album de Booba période 45, ce que Ill semble ignorer totalement. #rapfrinçais

. On me présente ensuite à Clément, ce qui donnera lieu au dialogue suivant
T’as produit pour Guizmo récemment, et ce qui m’étonne c’est…
c’est que je produise pour lui.

je réalise subitement que je porte
a) un sac à dos
b) un bonnet
Clément a donc logiquement dû me prendre pour une sorte d’immonde chieur extrémiste le-rap-c’était-mieux-lavande probablement révolté à l’idée qu’il produise pour Guizmo. Je lui explique que je suis simplement surpris qu’il travaille avec un jeune rappeur émergent. Pragmatique, Clément détaille un peu le processus : il a produit des sons qui dans ce cas précis passent en rotation radio, donc les royalties sont au rdv, donc tout va bien. Je lui demande s’il connaît le blavog, mais non. Je lui explique le concept, il éclate de rire et parle d’un délire de lui et Jim Profit (autre producteur) à l’époque de la rime de Booba sur Makelele : « on avait imaginé un casting avec des types qui se font mesurer la queue pour pouvoir entrer dans le 92i ». Vraisemblablement il parle du texte le mâle aimé de Olivier Catin. Curieux de savoir ce que devient l’autre moitié d’Animalson (Marc) je lui demande de ses nouvelles.
il fait ses affaires
en Jamaïque ?
c’est possible.
Voilà. Tels les deux milf guys de la saga American Pie, le duo de producteurs semble avoir appris à ses dépens que « l’amitié est une route à deux trottoirs » (non, ça ne veut pas dire grand-chose mais dans le dernier film c’est rigolo).

. Un type arrive, remarque qu’il y a quand même beaucoup de rappeurs au mètre carré, et décide de, roulements de tambour, faire une photo. Je m’écarte illico, mais Clément, qui était définitivement très gentil, ou très fatigué, me rappelle en disant « ah bah si, le blavog, sur la photo ». Je commence à me dire que finalement, cette soirée pourrait s’avérer plus intéressante que regarder un film tout seul chez moi.

. Dans un moment où apparemment personne n’avait rien d’intéressant à dire, Daphné explique à Ill le concept du blavog (il faut se rendre à l’évidence, elle explique tout ça bien mieux que moi, probablement qu’on la prendra en manageuse quand on sera riches et célèbres). Ill dit qu’il voit à peu près le principe et que ça lui rappelle une fausse interview des X-men qu’on lui avait fait lire à une époque. Bah oui, c’est ça, c’était nous l’interview. La moitié des X me regarde, choqué et calmé, puis fait à peu près le meilleur compliment qu’on puisse entendre quand on tient un blog de merde avec des faux dialogues entre rappeurs français dedans :
« mais… c’est spécial, parce que d’un côté c’est complètement abusé et d’un côté c’est un peu moi quand même. Du coup je comprenais pas, ça m’a surpris, parce que comme tout le monde je me considère comme quelqu’un d’unique, et là je vois un double imaginaire qui me ressemble un peu. Mes potes disaient que c’était bien, ça nous mettait en valeur moi et Cass, mais moi j’étais surtout très surpris, ça me ressemble pas mal alors que vous aviez aucun moyen de me connaître »
L’anecdote sur la réaction de Joe et Cross qui ont d’abord pensé qu’un de leur pote voire leur ingé son avait écrit le billet So Parano lui fait taper une barre, et s’ensuit un échange où j’explique d’où vient sa caricature à lui, que c’était aussi par rapport à son rap mais aussi ses fans, le côté « jay-z frinçais » (là faut savoir que ça le choque absolument pas) et le paradoxe avec le fait qu’il n’ait concrètement toujours rien sorti. Bref un bon moment, qui se conclura par un exercice de style pas piqué des hannetons :
mais si là tout de suite tu devais écrire un truc sur moi tu ferais quoi ?
Tout de suite ?! Ouais mais non, faut…
ah si ! C’est comme moi, les gens ils sont là  »fais un freestyle, fais un freestyle », à ton tour
ok (petit moment de silence et effort de concentration, mon ki augmente sans doute ostensiblement.) alors tu vois je ferais…
putain, déjà ?! Mais tu blagues pas toi !
En fait je te mettrais dans un truc où t’es au milieu de nouveaux rappeurs, tous ceux qu’on appelle « la relève », ils seraient tous là à dire ouais t’es une inspiration, sauf que toi tu les traiterais plus ou moins comme des merdes, et ce serait ça le gag
– …
– …
pas mal.

. Quelques temps plus tard, vaguement désœuvré, je décide de m’activer, ce qui chez moi consiste à rester bloqué devant une fille debout sur un siège en train de donner toute sa vie dans un bootyshake de bonne facture. Je ne suis pas seul, un type encore plus déterminé que moi a sorti son portable ou son appareil photo et la filme carrément. Une fois qu’il estime avoir filmé suffisamment il se tourne vers moi et on se check en riant : c’était Ekoué.
ça va finir dans un clip, ça !
Hahaha. J’ai écouté le dernier lp…
Il tue !!
ensuite j’essaie de glaner des infos sur leur projet de film, mais soit je n’entends pas ses réponses soit je ne les retiens pas (toujours pro).

. Une semaine plus tard (oui, je fais aussi des bonds dans le temps dans cet article, sortez les lunettes 3d) je découvre qu’Ekoué ne rigolait pas du tout : on peut voir cette jeune demoiselle se déhancher dans le clip Un soir comme un autre.

. Ekoué tombe par hasard sur Ill, les deux font les pitres comme des gamins en se reconnaissant et se pincent la joue en éclatant de rire (NO HOMO).

. Moment wtf : à la sortie, une meuf bien belle semble un peu paumée, et un peu désireuse de se faire voir aussi, bref elle sait pas trop où elle va, elle fait deux pas en avant, trois en arrière, manque de se casser la gueule et du coup s’accroche vite fait aux épaules de Ill (en train de parler) avant de partir en disant oups pardon, sans que PERSONNE ne remarque rien
J’étais le seul témoin mais les faits sont là : Ill avait séduit une femme en étant de dos.

. Melopheelo lui aussi se barre de là, mais il a #unevoiture et confirmera sa réputation de mec extracool en nous raccompagnant. Je sais plus bien où on était censé aller parce qu’on a remarqué 2 minutes après qu’on avait faim et Melo nous a gentiment déposé à côté d’une crêperie.

. Dans la crêperie, où y’avait Trace tv sur un écran derrière moi (détail de la plus haute importance). Ill fait éclater de rire les deux cuistots en sortant des blagues d’entrée de jeu.

. le côté baby-sitter (ou manager, dans le rap c’est un peu la même chose) de Daphné se met en marche, attention ça va très vite :

ce serait bien que tu taffes avec Clément
ouais je lui ai bien parlé… par contre j’ai pas pris son numéro
je l’ai pris.
Cool.
Et demain c’est séance photo pour Snatch.
ok.

#managementfrinçais

. ill évoque booba période Time Bomb et parle d’un long trajet dans le métro, avec l’ourson qui le raccompagne jusqu’à chez lui. Problème : Gilles Boulanger ne comprend que très peu de choses quand Elie Yaffa lui parle, il n’est pas habitué à son style d’argot et reste assez sidéré par son vocabulaire. Fin de l’anecdote.

. En revenant sur ses collègues de Time Bomb, Ill reconnaît évidemment le sens de la punchline de Booba et admet avoir eu une petite pression la première fois qu’il a écouté les Lunatic. Idem pour Oxmo qu’il décrit comme ayant vraiment une intelligence dans l’écriture et un sens de la formule de dingue.

. Ill confirme qu’en plus d’avoir des vues sur Lunatic, Kenzy est venu proposer aux X, à l’époque, de signer chez Secteur Ä, sauf que les 2 rappeurs venaient de quitter Time Bomb « donc c’était pas pour signer derrière avec un mec de notre âge, il allait pas devenir notre daron tu vois« . Là tu déduis qu’entre ça et Booba qui prend un RTT carcéral imprévu, Kenzy a dû légèrement maudire les ex-Time Bomb. Et se contenter de Pit Baccardi, mais ça, cela ne nous regarde pas.

. Parce qu’un peu d’humour ne fait jamais de mal, je lui demande également s’il connaît pas par hasard un groupe nommé 1995.
« c’est un groupe ? ça me dit rien, pour moi c’est une date. » Merci à tous.

. Lors d’un moment de silence où tout le monde mange (parce qu’il est impoli de parler la bouche pleine bande de malpropres), Ill lève la tête, regarde la télé et lâche : « je le trouve vraiment bizarre le rebeu de leur groupe, là. Il a une tête étrange quand même. » Je me retourne : c’était un clip de la Sexion d’Assaut et il parlait de Maska.

. Ensuite arrive un clip de Pitbull : « mais vous avez vu la vidéo où il cogne le mec qui le faisait chier dans le public ? Moi je pense que ce gars là, il est pas latino du tout. Il est d’Europe de l’Est. Tu vois les mercenaires sans âmes qui viennent de ce genre de pays, bah c’est ça. »

. Quand j’explique ce que je fais pour gagner ma vie, Ill a une définition qui lui vient immédiatement à l’esprit : « en fait ton métier c’est de réfléchir à la prochaine quenelle que tu vas glisser, et comment tu vas la glisser aux gens ». Une bonne définition du journalisme ma foi. La preuve, tu viens de lire un truc à peine mieux rédigé qu’un journal intime d’adolescente américaine qui vient d’avoir ses 1ers ragnagnas mais t’es content quand même.

y’a aussi eu un moment où ça parlait d’un concert en Suisse ou je ne sais où et j’ai pas pu résister à la question qui tue :  mais pourquoi pas Paris ? « parce que je dois m’entraîner avant de me produire à la maison, pour être sûr que ce soit bon« . Et il a pas menti, puisque le 4 juillet dernier y’a eu ça :

mais nous on y était pas, on matait American Pie 4.

THAT’S ALL FOLKS.

11 Commentaires

Classé dans hors-sujet, sliphop

Bonnes résolutions

On a retrouvé les bonnes résolutions que tous les rappeurs frinçais ont prises pour la nouvelle année. Par contre on a paumé les noms. Du coup, à vous de retrouver qui a écrit quoi. Et pour les feignasses, bah y’a qu’à sélectionner le texte caché tout en bas, vous faites pas chier.

1) Faire prendre à Lefa des puissants somnifères pendant toute la période de promo
faire prendre la même chose à Maska, pour toute la période d’enregistrement

2) prendre exemple sur la Sexion avec Maska pour savoir comment écarter Eff Gee lentement mais sûrement

3) réussir, au moins une fois, à retenir un couplet de clash par cœur et, soyons fous, remporter un battle

4) yeaaaaaaaah ! toucher les étoiles : haute résolution !

5) Tourner un clip sans grosses cylindrées, et sans porter de lunettes de soleil alors que c’est la nuit. Ou alors, plus simplement, on mettra plein de putes, c’est sympa aussi.

6) Revenir en force, faire un feat avec nicki minaj, signer 6 coups MC, revenir en force, et… comment ça je l’ai déjà dit ? Mets un god à ton father, zoulou !

7) miser sur la nicki minaj frinçaise (mais sans la signer, pas que ça à foutre non plus), et continuer de pomper des instrus cainris sorties y’a moins d’un an, vu qu’apparemment tout le monde s’en fout

8) faire un clip avec Pierre Woodman en guest

9) bien rigoler en pensant aux cons qui tenaient le compte à rebours pour la sortie de Detox

10) ne plus me laisser violenter par des vilaines chroniqueuses télé (en plus j’étais pas consentant)

11) ne pas appeler un album « noir désir » alors que personne n’en veut, quelle que soit la couleur en plus

12) ranger ma chambre

13) faire mon grand retour. Et ça sert à rien de me dire « tu le dis chaque année », sinon Nubi t’braque

14) dormir

15) réveiller Ill

16) admettre publiquement mon lien de parenté évident avec Cutty de The Wire et Rick Ross

17) être un peu plus diplomate dans mes lyrics, éviter les phases trop polémiques et… ahaha non je déconne, ma folie fait ma prestance.

18) Devenir le Nas français. C’est à dire, dans un premier temps, signer sur le label du type qui insultait très salement ma mère y’a quelques années. Tchiki en route vers la gloire !

19) Essayer, juste une fois, de ne pas faire fuir un artiste de mon label. ca va être dur mais j’y arriverai

20) mettre de côté mes fans de la première heure qui apparemment préfèrent l’époque où ils étaient à peine 38 à m’écouter sur des k7 qui sautent, et me concentrer sur le principal : faire les sons qui me plaisent.

21) Multiplier les interviews afin que l’expression « ça pue l’anus de bonobo » se perpétue à travers les âges

22) inviter DSK dans un clip, lui aussi a l’air de kiffer se pavaner en peignoir

23) sortir mon album en physique, ça commence à bien faire maintenant. Il faut respecter le respect.

24) revenir avec un dernier projet histoire de rappeler à tous ces ptits cons qui sont les boss qui ont apporté le rap de caille avec succès. Planquez vos pitbulls !

25) Stopper les feats qui forcent mes fans à appuyer sur la touche avance rapide, haaaaoooooo (pardon, c’est un tic)

26) sortir un solo alors que personne ne m’a rien demandé

27) faire une nouvelle sextape, ce sera toujours mieux qu’un nouvel album

28) sortir un nouveau solo avant mon frère, sinon c’est la honte putain

29) faire un album suicide collectif

30) arrêter de prétendre être en période de réflexion artistique alors que je télécharge du hentai toute la journée

31) je ne prends pas de bonnes résolutions, ce sont elles qui me choisissent

32) je n’adopte aucune résolution, je suis pas l’ONU

33) j’adopte personne, je suis pas ta mère, fils de pute

1) la sexion  Welcome to the wa 2

2) l’entourage

3) alpha wann Alpha Wann & Nekfeu vs Jam & Pdox

4) La Fouine (qui n’a pas bien compris l’exercice apparemment) C’est ça l’thème

5) hype et sazamyzy Attaque soviétique

6) Rohff J’vais t’faire une bosse

7) Booba Cruella

8) Al K-pote Hurlez

9) Dr Dre, un sacré maître quenellier

10) Mister You une agression sans précédent

11) Youssoupha

12) Nekfeu

13) Nubi nubi’s back

14) Ill

15) Cassidy je plaisante pas

16) Kaaris Houdini

17) Despo Apocalypto

18) Kamelancien Vécu

19) Zoxea Boulogne tristesse

20) Nakk Mad max

21) Escobar Macson Ici c’est paris et sa merveilleuse métaphore

22) Ol Kainry Soyons fous

23) Lalcko My time

24) Expression Direkt Qui

25) Nessbeal drapeau blanc

26) Calbo

27) Sniper

28) Lino

29) Hocus Pocus et Grand corps malade

30) Orelsan Ils sont cools

31) Oxmo Puccino

32) Ekoué

33) Casey une tête à la traîne  1 micro 2 platines freestyle anfalsh

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Classé dans joyeux noël bande de putains

Rencontre avec un bonhomme de neige (interview Joe Lucazz) – 3

Et sinon, juste histoire de bien faire chier, pourquoi t’as jamais fait de son sur les meufs ou l’amour ? Mais on en a fait un avec Cross, sur rap de banlieusard 2 ! Si, le morceau « ce genre de filles ». Bah non, c’est un truc où vous parlez d’armes et les meufs servent de métaphore filée. Non, on parle vraiment de meufs aussi, en même temps, on dit qu’on aime les femmes. Cross a quand même une rime où il dit qu’il a un gun long comme sa bite… Ouais, bon, on en parle à notre façon, quoi.
Joe appellera ensuite Cross (« tu te souviens du Blavog ? Les mecs qui se foutaient de ta le-gueu ? Je suis avec eux là ») et d’autres potes dont son manager et le fondateur d’E.T.A & 357 (on a oublié le nom mais il me semble que c’est Nabil, ça doit être sur un des audios, démerdez-vous) n’oubliant pas de sortir des blagues dont lui seul a le secret (« en fait, là on attend des gens pour vous péter la gueule »). D’ailleurs le billet sur So parano, les concernés en avaient pensé quoi ? Alors en fait nous on était sciés, d’une part c’était marrant mais le pire c’est que ça ressemblait vraiment à la réalité. Au début on pensait que c’était l’ingé son qui avait écrit ça, ou un pote à nous. Donc là on repense à ce qu’on a écrit et on se dit deux choses : les sessions d’enregistrement ont dû être folklo, et Ill est vraiment perché. Dès son arrivée Cross demandera d’ailleurs direct « alors moi je veux savoir un truc : qui vous a renseigné », et un autre nous dira à peu près la même chose. Mais pourquoi vous m’avez fait parler comme une loque ? Bah parce que c’est tout ce qu’on a trouvé, le flow de Cross étant le plus posé de tous, alors que les autres sont déjà bien lents, et l’ovni Monsieur Cross 2 nous a marqué. Concernant ce son, et « l’instru de clown » (rires) en fait, sans me justifier hein, mais mon idée c’était de jouer sur le décalage entre mon flow, ma voix et l’instru qui est vraiment inhabituelle, on s’attend pas du tout à m’entendre dessus. Détail troublant, sans sa voix, difficile de reconnaître Cross, qui a non seulement une casquette, mais aussi beaucoup de cheveux. Spleenter sera profondément choqué par cette vision, ce qui donnera lieu à l’échange suivant :
Spleenter – et sinon t’as des projets ?
Cross – dans le rap, bah pas vraiment
Spleenter – non mais pour tes cheveux, tu comptes faire quelque chose ?
Cross – (rires) ah mais je vais te dire un truc : j’ai fait le ratio entre la longueur de cheveux et la quantité de meufs que tu serres, et je dois dire que j’y ai grave gagné.
Toujours au niveau capillaire, parce que c’est un sujet primordial dans le rap, Joe y va de son petit conseil technique. Au début ma mère était contre les locks, y’avait pas moyen que j’en ai. Alors le truc c’est que j’ai dit que ce serait juste pour les vacances, pendant l’été, tu vois. Sauf qu’à la rentrée j’ai dit bon ben on a qu’à dire jusqu’à la Toussaint, ce genre de conneries. Et forcément ça poussait, et au bout d’un moment bah elle a lâché l’affaire. Mais là j’ai coupé un peu, c’est plus aussi long qu’avant. Ça c’est de l’interview qu’a des couilles au cul, ou je m’y connais pas.
Son pote/manager/producteur, avec qui Joe nous explique qu’il veut monter une structure en totale indé, décrit le personnage à sa façon : Joe il a une plume, y’a vraiment quelque chose à faire avec lui. Bon le truc c’est que lui, c’est le genre… si y’a un concert et en même temps, une soirée, il va aller à la soirée (sourire).

The Wire vs Les Sopranos (bonus track)

Joe – C’est super dur, je sais pas franchement.  C’est une bonne question parce que je crois même qu’aux États-Unis y’a eu un genre d’étude des meilleures séries et c’était ces 2 qui ressortaient. The Wire j’adore, y’a plein de persos géniaux, mais de l’autre côté y’a Tony… The Wire c’est constant dans la qualité, mais Les Sopranos c’est autre chose, sans que tu saches pourquoi, des fois t’as un épisode de fou, comme quand Christopher et Paulie se paument dans la neige en voulant enterrer un Russe, et qu’ils perdent tous leurs moyens. C’est super comique parce que c’est des mafieux classiques mais là tu les vois dans une situation qu’ils maîtrisent pas, ils ont les cheveux en bataille, ils crèvent la dalle, ils sont gelés, ils s’embrouillent parce qu’un des deux a bouffé un supplément sauce du mac do alors que c’était le seul truc qui leur restait pour grailler…

Spleenter – ça faisait très Fargo, c’est un épisode réalisé par Buscemi je crois.

Joe – Sinon en ce moment y’a Boardwalk Empire, je sais pas si vous suivez.

Spleenter – Ouais, mais si je passe 50 minutes devant un épisode des fois je me fais chier. Alors que si je lis des pages wikipedias mal documentées sur certains persos de la série, je passe une bonne soirée. C’est quand même un gros problème. A part Capone, tous les persos de mafieux sont nuls.

Teo – Surtout Luciano et Lansky, l’un est un attardé impuissant et l’autre a une dégaine d’écolier. Au train où ça va, quand Siegel va débarquer, ce sera un autiste avec un yoyo en bois qui fait des clins d’œil aux meufs dans la rue (et effectivement, entre temps la saison 2 a été diffusée, et un personnage plutôt jeune appelé « Beanie » se distingue en faisant des grimaces d’enfant de 5 ans aux autres gangsters durant ses courtes apparitions)

Joe – ouais mais tu vois, déjà la série elle est pas vraiment sur ces mecs là. C’est sur le perso de Buscemi, et aussi le jeune là, Darmody. Lui il est très bon. Après ça me dérange pas qu’il affiche salement Luciano, avec le moment où il se fait avoir par la meuf qu’il baise. Parce que en vrai, à cet âge là, bah Luciano c’était un ptit con. Nous on a l’image finale du gros gangster mais ça s’est pas fait en un jour. Pareil pour Lansky. Tu vois c’est comme dans Malcolm X de Spike Lee. S’il le montre pas dans sa période de ptit con, en train de (il imite la démarche ridicule que Malcolm X tape à un moment au début du film), bah tu vois pas son évolution et ça a moins d’impact. C’est la réalité.

Il explique ensuite que c’est pareil chez les mafieux, en calant des références précises, notamment Genovese qu’il connait par cœur, avant que le tout débouche sur une interprétation très personnelle du rôle de la mafia dans le débarquement en Sicile : « faut quand même se dire un truc : sans Luciano, tu parlerais sans doute allemand. faut pas l’oublier ça ». Quand à son amour des bonnes séries, il n’en démordra pas « je vais te dire : c’est mieux que le sexe ».

Lucazz du siècle

Une anecdote sur Diomay, c’est cadeau, le rappeur préféré de Teobaldo.
Y’a tout un tas de trucs qui posent problème et qui font qu’on se prend la tête pour rien. A un moment je me suis dit pourquoi pas poser avec Diomay, je le contacte, et il répond via le net « ouais là c’est chaud je suis sur mon album », que son manager veut pas qu’il s’éparpille ou je ne sais quoi. C’est quoi ça. Moi ça m’avait plié de rire, parce que franchement si t’es un rappeur et que tu penses comme ça… La définition d’un rappeur, c’est de rapper. Les trucs « oui mais là c’est pas la bonne période », c’est n’importe quoi. Surtout que bon, je veux pas l’enfoncer, mais ça reste Diomay hein. C’est pas une tête d’affiche ou quoi. Le pire c’est que si ça s’trouve il a pensé que je lui en voulais vu que j’ai pas relancé. Non, j’en ai juste rien à foutre.
Sinon, pelle-mêle, on retiendra le patron de bar qui salue Joe et se fout de la gueule de Delarue : « faut être balaise pour passer de 20g à 0 par semaine. T’as vu sa vidéo d’excuses là ? il a pas seulement baissé son froc, il a tendu son cul en demandant si c’était assez bien ». Joe nous parlera aussi vite fait de Kenny Kenz, un rappeur belge ou suisse (ça date, faites pas chier) qu’il compte produire « il est tout frais et surtout, il est vrai, il fait que décrire son quotidien, il sait de quoi il parle, y’a pas de cinéma. C’est bien aussi de mettre des jeunes en avant, c’est comme ça que la musique se renouvelle. En France on a un peu du mal, mais aux states tu vois même des Lil Wayne, qui sont pas des anciens, ils pensent déjà à la relève, avec Young Money, Drake, Nicki Minaj. Drake c’est pas trop mon truc, mais je comprends la démarche, et Wayne a vu juste, il a ramassé le pactole avec lui, pareil pour Nicki Minaj, même si moi je suis un ancien donc je préfèrerai toujours Lil Kim, mais c’est cool. C’est comme Cory Gunz, il a vu qu’il était dangereux, il l’a signé» Et Rick Ross (ça c’est d’la transition) ? J’apprécie bien. Après le problème que j’ai c’est que c’est glacial, c’est une machine le mec, c’est presque… c’est trop parfait des fois. Tu sais que t’auras l’instru classieuse ici, le feat avec tel rappeur là, le refrain de John Legend là-bas… faudrait que ça respire plus, mais sinon chapeau. Concernant Kenny Kenz, on n’était déjà pas emballés à l’époque, et ça n’a malheureusement pas changé après écoute de leur mixtape commune. Et si on avait un doute sur tous ces gens qui arrêtaient Joe dans la rue alors que c’est même pas son quartier, l’intéressé clarifiera les choses avec une simplicité lucide « bah quand on était encore dans le biz on mettait bien beaucoup de monde, faut pas chercher plus loin hein ». Le même détachement qui lui fera dire en nous quittant « vous faites comme vous le sentez, vous êtes libres pour le texte, je veux pas avoir mon mot à dire dessus, tant mieux si ça pique des fois même ».

Par la suite j’ai revu Joe une fois, où au détour d’une conversation il lâchera tranquillement « moi si j’avais eu l’occasion de faire ça, j’aurais foncé direct. C’est vraiment génial d’être critique de film, ou sinon critique littéraire, c’est vraiment bien ». Bref, un rappeur qui gagne à être connu sans être enfermé dans une case, même si c’est évidemment peine perdue, parce que le public est un con. Cela rejoint d’ailleurs une réflexion qu’il avait eu quand on lui avait fait remarquer qu’il avait un côté très à l’ancienne, vieux Paris dans ses références, qui rejoignait le côté bien écrit de ses lyrics. Renaud, Gainsbourg, Coluche, ouais, si je les cite c’est parce que je me reconnais, je les ai découvert tout jeune et j’aime toujours bien. Desproges aussi, j’adore, Audiard, pareil. Et Dieudonné (ouais on lâche pas l’affaire) ? Ouais… (il hésite, comme s’il attendait qu’un agent du Mossad sorte des chiottes en hurlant putain on en tient un) Ouais. Ouais, j’aime bien également, c’est très bien, il est fort. Puis, après une hésitation, cette dernière phrase qui, à mon sens, résume bien le personnage : En fait, je déteste la bêtise.

Joe Lucazz et Kenny Kenz – Espèce Chaîne Gang

Joe Lucazz – Rencontre avec Joe

Joe Lucazz – Rap de banlieusard 2

Joe Lucazz – des sons à droite à gauche, de ci de là, cahin caha (avec Nakk, Alpha 5.20, Monseigneur Mike, Zekwe Ramos et d’autres gentils garnements, le tracklist est mal écrit, mal taggé, et chaotique, mais tu vas pas faire chier non plus)

Joe & Cross feat Despo & Escobar Macson – Crack music et bijoux de famille

ce morceau n’existe nulle part à la base, mais c’est pas ça qui va nous arrêter. Une production Blavog, unique et historique comme un god dans la chambre d’une bonne sœur (ça c’est bien, parce que god, godemiché, mais god, Dieu : un jeu de mot très classe qui conclut une année qui l’a été tout autant).

Et une bonne année bande d’enculés

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