Interview B-La (1/3)

Si vous vous souvenez bien, il y a quelques temps on a mis un petit article sur B-La.
Et si vous vous souvenez pas, c’est normal, vous êtes des lecteurs du Blavog (oui, je sous entends que vous vous droguez).
Au milieu de blagues grivoises et bien lourdes, on avait habilement dissimulé quelques compliments.
Mais ce qu’on oublie quand on écrit nos conneries, c’est que d’autres vont les lire.
Et la principale intéressée elle même à eu vent de ce petit article et est venue laisser un commentaire.
Seulement voilà, pour laisser un commentaire il faut donner son adresse mail.
Le piège se referme…
Car on vous interviewera tous et toutes !

Teo -Donc on est avec B La, cette fois ci.

Spleenter -Ça sert à rien de dire ça…

B La -« Cette fois ci elle pourra ouvrir sa gueule pendant que je dirai des conneries. »

Teo -Voilà, c’est ça. Justement, comment t’es arrivée là ?

B La -Comment je suis arrivée là ?

Spleenter -Pas sur le canapé, mais « là » dans cette situation.

B La -Dans ma situation ? Dans quelle situation ? Parce que les gens ne savent peut-être pas.

Teo -Comment tu t’es retrouvée sur le Blavog ? Pourquoi ? Est-ce que t’as pas peur ?

B La -Oh putain si. J’ai trop peur !!… Comment je me suis retrouvé sur le blavog, je sais pas en fait. Y a quelqu’un qui est venu me voir sur facebook pour que j’aille lire ce fameux article. Auquel d’ailleurs, j’ai répondu. Ensuite j’ai l’un des 2… mm…

Teo -Connards ?

B La -Peut-être pas. L’un des 2 qui avait écrit ce fabuleux article qui m’a contacté. Pour essayer de voir pour, peut-être, une vraie interview.

Teo -C’est ça, je te disais que si tu voulais revenir dans le peura, on pouvait faire une interview.

B La -Voilà.

Teo -Et t’as dit en gros que t’avais d’autres choses à dire. Même si tu revenais pas dans le rap.

B La – voilà. C’est pas parce que je suis plus dans le rap que j’ai plus rien à dire. Et effectivement, ça pourrait être intéressant aussi de pouvoir parler d’autres activités.

Teo -Parce que t’avais d’autres projets, pas très loin du rap non plus, d’ailleurs. (B La a fait partie d’une boîte de prod qui tourne des clips pour des rappeurs frinçais, entre autre)

B La -Ça touche toujours à la musique, c’est ça qui est bien. Parce que j’ai toujours été dans la musique, donc ça me permet de toujours avoir un pied dedans. Et puis avec l’expérience que j’ai pu acquérir avec le rap que j’ai fait et les clips que j’ai fait, ça m’a servi.

Spleenter -Tu peux citer des clips que vous avez fait ?

B La – Alors on en a fait pas mal. J’avais participé à quelques clips de Poison, de la Comera, Youssoupha, Kozi, Brasco.

Spleenter -Youssoupha c’est le dernier là ?

B La -On a fait le featuring avec Kozi. Comment ça s’appelle déjà ?

Spleenter -C’est pas grave.

Teo -Nous non plus on sait pas. On l’a su, on l’a lu mais on sait plus.

B La -Ah oui. En fait, c’est un morceau en lingala.

Spleenter -Bah c’est pour ça qu’on s’en souvient pas…

B La -Ok… Donc voilà, on en avait fait pas mal.

Spleenter -Tu peux citer des références ?

B La -En fait, admettons que pour un clip le mec va dire « Je voudrais trop faire un truc en club. » Je regardais plein de clips, que des clips faits en clubs. Bon, les clips faits en clubs en général c’est pas super original, mais il va y avoir des trucs. Des petites lumières là, ça ça va être bien. Franchement, t’en citer ? Je sais pas… Au niveau clips, franchement, j’ai pas de références particulières.

Spleenter -Ouais, tu regardais tout et tu piochais ce qui t’intéressais.

B La -Franchement, c’est ça.

Teo -Tu piochais aussi dans les films ?

B La -Bien sûr. Surtout les films. Je suis une grande cinéphile, donc c’est clair que ouais. Après j’ai des goûts particuliers, moi, personnellement, donc on s’en fout…

Spleenter -Bah si, vas-y ! Ça peut être rigolo, déjà.

B La -J’aurais bien aimé faire un clip d’horreur, tu vois ? Genre avec des zombies.

Spleenter -En plus ?

Teo -Lui, il s’en fout pas ! Ça lui ferait plaisir.

B La -Ou tu sais, tout ce qui est super héros, moi je kiffe ! Je suis très jeux vidéos et tout. J’aurais bien aimé faire un truc comme ça.

(ensuite ça tourne autour du résultat des clips et B La dira que la satisfaction du client c’est ce qui compte avant tout. Ce à quoi Spleenter trouvera immédiatement un double sens et Teobaldo rira comme une hyène)

B La -Le clients étaient satisfaits. Après, bien sûr, y en a qui disent vouloir changer des choses, c’est normal. Moi, quand je faisais mes clips, y avait des trucs qui étaient pas… Tu vois ? « Putain ! Vas-y ! Je suis moche là dessus, enlève ça ! » Non mais c’est normal !

Spleenter -T’as dû te dire ça pour La Colombienne, le clip.

B La -Ouais !!… Mais pas que pour La Colombienne, j’ai fait des clips où c’était pas moi l’artiste dedans, c’était de la figuration. Mais bon, en tant que figurantes, tu peux pas dire grand chose sur le truc, quoi.

Teo -Tu peux même rien dire quand t’es figurants. Tu dis rien, c’est le principe.

B La -Ouais, à moins que t’obtiennes un petit rôle sympa. Si tu t’entends bien avec le réa, tu peux quand même ouvrir ta gueule à un moment.

Spleenter -Et y avait un style particulier ou alors vous vous adaptiez à l’artiste ?

B La -Bah en fait, t’es obligé de t’adapter à chaque artiste. Vu que chaque artiste à une demande différente. Tu vois ?

Spleenter -Ouais… Non. Ce que j’allais dire c’est que tu prends un mec comme, on va dire, Chris Macari. Au début c’est vraiment le cliché où tu vas te dire dés les premières secondes : « Ça c’est du Chris Macari. »

B La -Oui, chacun à son style. Mais ce que je veux dire, c’est que les artistes venaient nous voir, ils avaient chacun leur demande. Certes. Donc nous on était obligé de se plier à leur demande, mais on essayer d’imposer notre « patte. » (une image passe sur l’économiseur d’écran de Spleenter) J’adore tes images qui défilent !

Spleenter -Ouais, je sais. À chaque interview les gens me disent ça.

Teo -Parfois, les gens s’arrêtent.

B La -Non mais c’est sympa un gosse qui sort des chiottes !

Spleenter -Celle là, j’aime bien.

B La -Elle est sympa aussi (mais plus personne ne se souviendra de l’autre image donc on dira juste que c’était Hitler ou un autre humoriste quelconque).

Spleenter -Comment t’en es venue à ça ? Même niveau cursus, t’avais fait des études dans cette branche là ?

B La -Franchement, non. Pas du tout. J’ai appris sur le tas et au niveau de tout ce qui était audiovisuel, je connaissais rien du tout avant que je fasse du rap. C’est le rap qui m’a ramené là dedans en fait, tout simplement. C’est grâce au rap que je me suis retrouvé devant une caméra, dans des tournages. Et moi sur des tournages, je suis une grosse reloue, c’est à dire : « Oh ! Ça sert à quoi, ça ? Et ça, ça sert à quoi ? Et lui c’est qui ? Et lui ? » Et les gens pétaient un plomb. Mais au final j’ai posé plein de questions, je me suis grave intéressée et j’ai noté tout ça dans un cahier chez moi. Non je rigole. Aujourd’hui, je sais à quoi ça sert àa, à quoi ça sert ça sur un tournage. Je sais qu’il faut faire un plan de tournage. Ça je l’aurais pas su si dans le rap j’avais pas fait des vidéos.

Spleenter -Est-ce que dans les clippeurs français, y en a qui t’ont mis des claques ?

B La -Dans les clips ?

Spleenter -T’as le droit de dire « pas du tout. »

B La -Non, mais je réfléchis. J’allais dire « non pas du tout » mais justement, je réfléchis parce qu’on sait jamais. Mais franchement, mes références c’est pas du tout rap français. Les clips , que je regarde en général c’est pas des clips français.

Spleenter -T’es jamais tombé sur un clip français en disant : « Le niveau est là. »

B La -Dernièrement, je suis tombé sur le clip de Corneille et de… (elle cherche le nom)

Spleeter -Ouais non, mais ça, ça intéresse personne…

Teo -Si ! (lui il a deviné qui est le deuxième avec Corneille et il ne veut pas qu’on parle d’autre chose)

B La -Non, ça intéresse pas le gens, mais je veux dire que visuellement…

Spleenter -Attends ?! le truc Corneille et TLF ?! (ça y est il a percuté)

Teo –T T T TLF !

B La -Moi je trouve que visuellement…

Spleenter -Non mais attends ?! On parle bien du truc avec Ikbal et Corneille dans un taxi, là ?

B La -Ouais ! Le clip, je trouve que, visuellement, il passe super bien. Le grain de l’image, les lumières sont graves travaillées, y a un scénario, y a des plans inserts qui sont super beaux, je trouve, la qualité de l’image elle est ouf ! J’ai trouvé que c’était pas un clip type rap français.

Spleenter -C’est normal, y a Corneille dedans… Ils allaient pas le tourner en taule ou en bas du bloc d’Ikbal.

B La -Ouais mais y a quand même TLF, quoi ?! « Qu’est-ce que tu fous là toi ? dégage en fait ! »

Teo -Un peu… Même totalement. (il n’avouera jamais qu’Ikbal est son rappeur préféré)

B La -Tu me dis rap français. Voilà. TLF c’est rap français malgré tout.

Teo -faudra que je matte ce clip, mais sans le son par contre.

B La -Moi je te parle vraiment du clip.

Spleenter -L’aspect technique.

B La -Voilà. Sinon, en rap français…

Spleenter -Est-ce que tu pourrais dire du mal de Chris Macari ?

B La -J’adore cette question ! je pourrais dire du mal de Chris Macari… ? Non. Mais de ce qu’il fait, oui. Je pense qu’y a beaucoup de gens qui font tout un plat de ses clips mais qu’il y a pas lieu d’être. Je trouve. Bon hé ! Je suis pas la seule à trouver ça.

Spleenter -Ah oui, je confirme.

B La -Au moins il a fait sa thune, il a fait son buzz. Il a réussi le mec. C’est bien !… Pour lui ! Mais voilà, ça prouve à quel point les gens sont cons, quoi… Ils ont tellement la dalle que tu leur donnes de la merde : ils bouffent. C’est pareil dans le rap français.

Teo -Justement, ça t’a dégouté le rap français ou c’est le milieu qui t’as dégouté ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

Spleenter -Là en fait, on va repartir dans la B-la rappeuse.

B La -Ah ouais, transition. Je vais beaucoup me répéter de ce que j’ai dit sur ton blog. Sur votre blog.

Spleenter -C’est bon, tu peux me tutoyer, tu sais.

B La -Votre blog, à tous les 2. Après c’est vrai, je vais me répéter, mais y a eu plein de choses qui sont arrivées en même temps qui ont fait que j’ai plus kiffé, en fait. Moi, je fais les choses avec le kiff. Le rap j’en ai toujours fait parce que je kiffais enregistrer, parce que je kiffais faire des scènes, partager, écrire. Et au fur et à mesure, y a eu plein de choses qui ont fait que ça m’a plus fait kiffer d’être sur scène, enregistrer des morceaux… En ce qui concerne l’écriture, je continue d’écrire mais pour moi c’est devenu chiant de devoir écrire un texte de rap pour m’exprimer. Donc j’ai trouvé autre chose, si tu veux. C’est pas méchant ce que je vais dire, je parle que pour moi, OK ? C’est ma propre expérience, pour moi, le rap m’a beaucoup aidé pendant la période de l’adolescence.

Spleenter – C’était un délire de jeunesse, un peu ?

B La -Oui. J’ai trouvé des choses dans ma vie qui, aujourd’hui, me permette de m’exprimer autrement, d’une autre façon. Et dans ma période d’adolescente, de « rebelle », rapper devant un micro et insulter tout le monde, ça me faisait kiffer. Maintenant, je pense que dans l’album que j’ai sorti on peut déjà ressentir que ça commençait un petit peu à bifurquer sur autre chose. Mais c’est vrai que, franchement, le rap c’est tout ce que j’ai su faire pendant une période. Je faisais que ça et je sais que si demain j’entends un beat qui me fait kiffer, je vais avoir envie de kicker dessus !

Teo -Donc y a toujours ça.

B La -Ouais ! Parce qu’y a toujours ce truc ! Ce truc qui fait que j’ai toujours un peu la rage !

Spleenter -Mais tu vas t’empêcher de le faire, du coup ?

B La -Non, c’est parce que jusqu’à maintenant, j’ai écouté plein de morceaux, plein d’instrus et y a pas eu encore le truc qui a fait que : « Oh putain, non ! Ça y est ! Ça me redonne l’inspi. » C’est une question d’inspiration. Si demain j’ai un putain de texte qui me vient tout de suite avec un putain de flow… Je me dis que si demain je reviens sur la scène du rap, c’est pour faire une tuerie, sinon ça sert à rien. J’écoute trop de rap us, des nouveaux artistes cainris et je me dis que si c’est pas pour faire mieux ou aussi bien qu’eux textuellement, au niveau du flow ou au niveau de la créativité, ça sert à rien !

Spleenter – si y a un déclic, ça peut redémarrer en gros ?

B La -Si y a un déclic, ouais… Mais je te dis, c’est vachement dur de retrouver l’inspiration quand tu l’as perdue. Franchement, c’est super chaud parce qu’il y a plein de trucs qui m’ont dégoutée du rap. Et en plus, à côté de ça, j’ai commencé à écouter d’autres musiques, je me suis ouverte à plein d’autres musiques. Je me suis dit « Est-ce que le rap ça me convient vraiment ? » Moi je suis pas une caillera… Je suis une rockeuse, moi, dans ma tête !

Spleenter -Ça se voit. (on saura jamais vraiment pourquoi il a dit ça)

B La – Donc j’ai commencé à me poser la question. J’ai toujours dit dans les interviews que j’ai faites : « J’aurais eu une voix, j’aurais pas fait du rap. » J’aurais fait du rock ou je sais pas, de la variet’, du R’n’B, autre chose. Mais j’ai pas de voix donc j’ai dit « Bon, je vais faire du rap. »

Spleenter – ça devait être pour myspace mais il y a très très longtemps, y avait la rubrique ‘influences’ et c’est là que j’ai commencé à accrocher parce que t’avais mis que des trucs que personne citait, ou très peu de gens. Comme les Three Six Mafia.

B La -Ça c’est parce que j’ai beaucoup trainé avec les mecs du 9.1, Grigny. Et eux ils écoutent grave du Three Six, leur influence c’est beaucoup Memphis. Moi j’ai kiffé ! Je connaissais pas. Même les trucs West Coast, c’est eux qui m’ont fait écouter. C’est venu comme ça. Quand ils m’ont fait écouter ça, c’était la révélation.

Teo -C’est la preuve qu’y a plus de gens qui devraient écouter le rap de Grigny, parce que ça ouvre des horizons.

B La -Pour en revenir au rap, pourquoi j’ai choisi le rap (vous noterez qu’on lui a jamais posé cette question). C’est parce que ça laissait beaucoup de place aux textes aussi. Et j’avais beaucoup de choses à dire. Bon maintenant… ras le cul de parler. Mais c’est vrai que le rap ça laisse beaucoup de place aux textes et c’est vrai que quand t’as des choses à dire, c’est mortel comme musique. Mais ça a perdu, c’est plus comme avant… Y a eu beaucoup de styles différents qui ont été créés.

Spleenter -T’es pas un peu jeune pour dire ça ?

B La -Comment ça ?

Spleenter -« C’est plus comme avant »…

B La -Non mais attends ; quand je te dis que j’écoute du rap, j’écoute pas que du rap de maintenant.
C’est pas parce que j’ai 23ans que j’écoute du rap de maintenant ou que j’écoute du rap qui date des années 2000. Franchement, quand tu t’intéresses à une musique, tu vas chercher plus profondément : « OK, ça d’où ça vient ? Ça été créé depuis quand ? »

Spleenter -Je voulais dire : t’es pas un peu jeune pour être déjà nostalgique d’un truc, en fait ?

B La -Franchement, quand t’as baigné dans le rap depuis un bon moment, parce que j’ai commencé le rap à 13ans quand même. C’était des textes de merde ! « Ouais ! Yo ! Hun ! Yo ! Ouais ! dédicace ! » Ça n’a aucun sens mais n’empêche que j’ai commencé à 13 piges. Et donc à 13/14 ans j’ai commencé à m’intéresser. Du coup,  je te dis juste, franchement, quand tu baignes dans le rap pendant un long moment, de 13 ans jusqu’à tes 22 ans, tu connais beaucoup le rap, t’en as beaucoup écouté et t’es entouré de gens qui écoutent du rap…
(Mais là, une énième photo apparait sur l’économiseur d’écran de Spleenter)
Putain ! Elle déchire cette photo ! Je la kiffe ! C’est qui elle ?

Spleenter -C’est Catwoman dans une version…

B La -Putain ! Non mais c’est le dessinateur, je le kiffe ce dessinateur.

Spleenter -Ouais, OK. D’accord. On parlera des super héros à un moment.

B La -Ouais, après ! Ce que je veux dire c’est que c’est normal que tu t’y intéresses et que tu te dises : « Putain ! À cette époque là, y avait du son que j’écoute encore alors que j’étais même pas née ou j’avais 2ans. » J’avais 2 piges, y avait des putains de sons, maintenant t’arrives plus à les retrouver. Y a des sons qui date de l’année 2000 que t’écoutes encore aujourd’hui. Est-ce que les sons d’aujourd’hui, tu vas les réécouter dans 10ans, franchement ?

Teo -Certains ouais.

B La -Rhoo, franchement ?

Spleenter -Certains, si. Y a encore des bons trucs quand même.

B La -(carrément elle soupire) Ouais… Y a des bons trucs, mais tu les vois vieillir ?

Teo -Ouais mais est-ce qu’on se posait la question y a 10 ans ? En 98, je me posais pas la question de savoir si je réécouterai le premier Ärsenik.

B La -Mais en 98, c’était encore une autre mentalité.

Teo -Ouais mais je me posais pas la question à l’époque de savoir « Est-ce que je vais kiffer dans 10ans, encore ? » je prenais le son, j’aimais bien. Je réécoute aujourd’hui, je kiffe toujours.

Spleenter -Je te dirais pareil avec le premier Gyneco.

B La -Y a des albums aujourd’hui, qui sortent et que tu kiffes comme ça ?

Spleenter -Ouais ! Le dernier Alpha 5.20, je pense que je me réécoute « Les rappeurs sont des chattes » dans 10ans. Avec mes enfants ! Y a pas de souci.

B La -C’est ce que tu dis maintenant, ça.

Teo -Non, non. Sérieux.

Spleenter -Ça veut dire que maintenant, en tant qu’auditrice, toi t’as plus de truc où ça te met d’accord ?

B La -Si, j’écoute. Je vais te donner les trucs que j’écoute à mort en ce moment et c’est des nouveaux trucs ! Attention ! En ce moment j’écoute à mort Tech N9ne. Je le surkiffe ce mec ! il est trop fort.

Spleenter -Le mec qui a sa peinture sur la gueule ? (on voit le pro)

B La -Même sur scène, c’est une bête de scène. Et y a la nouvelle signature d’Eminem aussi que j’aime beaucoup, c’est Yelawolf. Il déchire aussi ce mec, c’est pareil. J’ai téléchargé son premier album jusqu’à son dernier album…

Spleenter – Appelle la police, elle a téléchargé un album.

B La -Merde !

Teo -Et ouais, c’est comme ça ici.

B La -Donc voilà. Non mais aujourd’hui, t’écoutes des trucs, tu kiffes.

Spleenter -Et qu’est-ce que tu penses de Nicki Minaj ? Voilà. Ça c’était ma question de l’année, un peu.

B La -Je me pose la question : De quelle couleur sont ses cheveux ? Ça c’est une vraie question ! Ses vrais cheveux ! De quelle couleur ils sont ? Hein ? Qui pourrait répondre ?

Spleenter -Je pense qu’elle a pas de cheveux, en fait.

B La -Voilà. Est-ce qu’elle en a surtout ? C’est ça la question !

Teo -C’est pas des cheveux, c’est des franges.

B La -C’est juste une frange. Nicki Minaj, ça dépend… Musicalement parlant ? Ou physiquement ? Mentalement ?

Spleenter -Bah tu peux nous dire si tu l’aimes bien physiquement, mais ça te regarde. Moi, j’étais pas parti là dessus.

B La -Physiquement, elle est très très bonne. Hein ? Je serais un mec, hein ?! Voilà !!…

Spleenter -Non mais développe.

B La -Non. Ça va. Musicalement, elle se démerde bien, ça va. Par contre, ce qui me fait chier c’est qu’elle veuille clasher Lil Kim.

Spleenter -Non, c’est l’inverse.

Teo -C’est Lil Kim qui clashe.

B La -Ouais, mais les 2 se clashent un peu. Mais quand même, c’est Nicki Minaj qui lui a manqué de respect sur la radio je sais plus quoi.

Spleenter -Non, non, à la base…

B La -Si !! Elle a insulté et tout ! J’ai entendu ! Attends !!…

Spleenter -À la base, Nicki Minaj arrêtait pas de la dédicacer en disant : « C’est une influence. » Et l’autre répond : « C’est une merdeuse. » Au bout d’un moment, elle a répondu.

B La -Mais elle l’a insulté, Nicki Minaj. C’est ça qui a développé.

Spleenter -Elle a répondu, au bout d’un moment. Forcément.

Teo -C’est pas le point de départ du truc.

Spleenter -Au départ, elle était mega respectueuse.

B La -Ah bon ?! (un monde s’écroule)

Teo -Et oui…

B La -T’es sûr ?

Spleenter -Je te jure.

B La -Mais moi j’étais persuadée du contraire, sérieux ! Parce que Lil Kim lui a fait un son spécial pour elle.

Spleenter – Minaj avait même fait une couverture de mixtape où elle reprenait une couverture d’album de Lil Kim, justement. C’était un hommage, pour elle. Mais l’autre a dit : « Tu pompes » et voilà…

B La -Mais Nicki Minaj a pas dit que Lil Kim était dépassée ? (c’est un peu comme apprendre une seconde fois que le père Noël n’existe pas, apparemment)

Teo -Après…

Spleenter -… Du coup.

B La -Ah ouais ? (la petite s’accroche aux dernières ruines, mais tout son monde fout le camp) Mais comment t’es super respectueuse, tu te fais clasher et tu deviens la pire des connasses ?

Spleenter -Bah je sais pas, imagine une rappeuse française que tu kifferais ; tu la dédicaces tout le temps et au bout d’un moment elle te dit : « En fait tu pues la merde. »

B La -Mouais… Franchement, je pensais pas pour Lil Kim et truc. J’avais pris à partir du clash à la radio, de Nicki Minaj. Mais musicalement, ça va, j’aime bien. J’ai pas écouté son album mais de ce que j’ai écouté d’elle, ça passe.

Spleenter -Et est-ce que tu pense qu’au lieu d’Ol Kainry, si t’avais trouvé ton Lil Wayne dans le rap, tu serais toujours dedans ? Voilà… Ça c’était ma 2e question technique.

B La -Si j’avais trouvé mon « Lil Wayne » ?

Spleenter -Ouais. Toujours dans le parallèle avec Nicki Minaj, en fait.

Teo -En même temps, tu peux répondre n’importe quoi, parce qu’y a pas de Lil Wayne dans le rap français.

Spleenter -Y a pas non plus de Nicki Minaj. Mais t’aurais peut-être pu changer la donne !

B la -Non. Parce que je pense que c’est même pas un problème de personne avec qui j’ai bossé si j’ai arrêté le rap. Parce qu’Ol Kainry c’est quelqu’un, franchement, que je kiffe beaucoup. Il m’a beaucoup apporté et c’est un putain de rappeur ! Donc, pour moi, ça a rien à voir avec lui si j’ai arrêté le rap ou même si j’avais continué. Il m’a apporté ce qu’il a pu m’apporter et il m’a mis bien !

Teo -Y a pas de problème du tout entre vous ?

B La -Non.

Teo -Parce qu’à un moment, il parlait de monter sa structure et de te signer dessus. Ça c’est pas fait, on sait pas bien pourquoi.

B La -Non mais c’est dur de monter sa structure. En plus, Freddy bosse tout seul, c’est un rappeur solo. Monter sa structure, c’est du taff, un truc de ouf ! À partir du moment où tu montes une structure, faut que tu t’occupes de tes artistes super souvent. T’as plus beaucoup de temps pour toi, pour ton rap. Moi je sais que si un jour, je monte une structure, c’est qu’en rap je suis déjà super super bien et que je sais que j’ai du temps pour m’occuper de mes artistes.

Spleenter -Mais ton album, du coup ? Tu l’as sorti sur quoi, déjà ?

B La -Sur rien. J’ai bossé en collaboration avec le Roumain. C’est lui qui a produit, mixé, masterisé l’album

Spleenter -Au niveau juste biz, la structure c’était quoi pour ton album ?

B La -Y avait pas de label. J’étais autoprod et juste une collaboration avec le Roumain parce que j’ai enregistré dans son studio. Et en fait, il y a eu une signature avec Satellite pour le distribuer.

Spleenter -Bah on va parler de l’album du coup ?
(oui, mais la prochaine fois)

5 Commentaires

Classé dans B-La, Interview (et ouais mon pote !), soirée entre filles

5 réponses à “Interview B-La (1/3)

  1. C’est moi le mec de Facebook qu’à fait découvrir le truc à B-La ! (petit sentiment de fierté là)

  2. leblavog

    Et bien merci à toi Pietroch.
    j’espérais bien que quelqu’un lui montre, all about the plan

  3. superinfame

    moi j’aimerais bien comprendre pourquoi elle s’appelle B-la et pas E-la ( dedicasse a zidane )

  4. Pingback: Chronique : Moon’A – Young & Wild | Captcha Magazine

  5. Patrick

    Cool que maitre gims lui ait accordé une chanson

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