Interview de Cassidy des X-Men (Une vraie de vraie, et ouais) suite et fin

Teo -Donc là, le prochain projet, c’est « Visionnaire » avec Atto ?

Cass -Si tout se passe bien. Et si c’est pas arrivé entre temps, moi, mon projet arrive vers rentrée 2011. Avec des morceaux à venir, parce que je compte faire une promo digne de ce nom. À savoir : des sons lancés bien avant, des clips, des visuels, tout ça.

Teo -À propos de clips, je pense que « Cass’story » ou « Face à face » c’était des sons qui s’y seraient bien prêtés. Très visuel, très cinématographique.

Cass -« Face à face » on a commencé à penser au scénario et au script et on a eu quelques contre-temps donc du coup on a pas pu aller au bout. Mais en effet, pour moi ça reste des morceaux à clipper. Ça fera sûrement partie de la logique, justement. D’amener à l’album avec ça, avec des visuels.

Spleenter -En plus, ces derniers temps t’as des ricains qui clippent des sons 10 ans après.

Cass -exact. On y a pensé à un moment donné, mais pareil. En fait y a des choses à faire en terme de visibilité. Là je parle des X-Men. Mais c’est comme tout, je pense que le moment venu on fera les bons choix, je l’espère en tout cas et balancer un petit clip de « Retour aux pyramides » ou « C’est justifiable » ce serait une bonne idée. On en a déjà parlé en plus.

Teo -C’est vrai qu’aujourd’hui c’est super important la visibilité. Pour lancer chaque projet, faut une vraie machine, un vrai plan, des bonnes idées…

Cass -Ça résume un peu ce qu’on disait tout à l’heure quand on parlait des projets qui sortaient sans trop de visibilité. Y a un moment donné où je me suis dit ouais c’est bien beau tout ça, mais l’album solo faut que ce soit un vrai projet qui soit vu, entendu, une promo carrée, les petits plats dans les grands, un truc où tu peux pas passer à côté. J’ai conscience de tout ça, c’est pour ça qu’on se structure. On prend le temps, on monte une équipe carrée par rapport à tout ça pour, le moment venu, tout balancer.

Spleenter -Tu penses quoi du parcours de tes ex collègues de Time Bomb ?

Cass -Ceux pour qui ça a marché, je suis super content. Pour les autres, j’espère que ça finira par avancer. Si on parle de Booba, il vit de sa musique donc tout va bien. Oxmo c’est pareil aussi. Pour ce qui est des Ghetto Diplomats, ils font leurs affaires. Pit, c’est pareil. Y a des choses où j’accroche moins au niveau musical, pour certains. Mais je suis satisfait de leur parcours, ça marche pour eux, en tout cas. Frais !

Teo -Et donc pour les prochains projets, qu’est-ce qui est prévu de faire ?

Cass -Y a beaucoup de choses de prévues mais après il faut passer à l’action. En terme de visu, de buzz comme on dit. De tout ça. Donc ouais, y a des trucs à faire. On est en plein dedans, on réfléchit à tout ça, là.

Spleenter -Jusqu’ici, c’est vrai que t’as pas été trop présent sur internet.

Cass -C’est aussi en fonction de l’implication qu’on y a mis, à chaque fois. C’est à dire qu’on savait que c’était des projets alternatifs, l’essentiel c’est d’exister. Moi j’ai défendu ces projets à chaque fois sur scène ou dans des showcases en bougeant à l’étranger ou même en France. Du coup ça m’a permis de voir un petit peu autre chose. Tout ça c’est un petit peu une préparation pour pouvoir arriver avec un truc carré. Parce que ça m’a permis d’apprendre. En fait c’était un apprentissage tout ça. voir les erreurs, les trucs qui marchaient, ce qui marchait moins. Et puis la musique évolue, le marché du disque aussi. Faut être dedans.

Teo -T’as pas de regret de pas avoir sorti plus de trucs entre 95 et 2000 ? Dans le sens où aujourd’hui, ça a l’air plus axé stratégie commerciale, plus bizness. Alors qu’à l’époque ça avait l’air plus centré sur la musique elle même.

Cass -Je pense que maintenant c’est un mix des 2. Faut non seulement avoir une musique archi-béton et après avoir tout ce qui va autour, c’est à dire avoir l’entourage, l’équipe qui va avec. Pendant un moment, ma musique était pas forcément là où je voulais qu’elle soit et au niveau de mon entourage aussi, j’avais pas tout ça. Mais là les paramètres sont tous dans le vert, en gros. Là c’est des bons signes, comme à l’époque où on est sortis en tant qu’X-Men en 95. Avec Ill on sort un peu les mêmes trucs, on sait que les gens commencent un peu à se faire chier dans la musique, donc on arrive frais. T’inquiètes. On a cogité le truc, honnêtement, on va voir mais c’est plutôt encourageant.

Teo -Y a des rappeurs qui t’ont scotché, ces dernières années ?

Cass -Y en a eu. Ça me revient pas comme ça. J’ai entendu des trucs vraiment intéressants. Je vais pas citer une personne en particulier parce qu’il y en a plein d’autres mais dans ceux qu’on entend en ce moment, un Seth Gueko, par exemple, moi il me fait rigoler dans le bon sens du terme. quand on parle de punchlines, voilà. le mec il sait y aller. C’est parmi les claques au niveau du délire artistique qu’il a amené. Moi j’ai trouvé ça intéressant. Y en a d’autres, mais lui c’était particulièrement intéressant.

Teo -On a quand même cette impression, qu’aujourd’hui encore, les X-Men sont grave respectés par les autres rappeurs, pour autant on vous retrouve rarement en feats.

Cass -C’est une discussion qu’on a souvent, je sais pas si les gens flippent ou quoi. Mais moi, si demain Booba me demande de faire un morceau je vais le faire. Rohff aussi, c’est pareil. Sinik aussi, toutes les têtes d’affiches du moment. Moi j’ai aucun souci avec ça, c’est juste que si on veut amener le truc plus haut, à un moment faut pas avoir peur de se fritter. De se frotter à des gens de sa « catégorie ». On sait tous d’où on vient, d’une même clique, d’une époque. Donc si un de ceux là est opé, moi y’a pas de souci. Et même, je ferai la démarche d’aller les chercher. On verra s’ils sont opé ou pas.

Teo -C’est un constat qui revient souvent ces derniers temps. T’as cette impression que les rappeurs français osent pas trop se mélanger.

Cass -Mais ils flippent. Je pense que c’est un manque d’assurance. Regarde aux États-Unis, un mec qui est très fort, il voit un jeune qui est super fort, au delà de flipper il va essayer de le signer, tu vois. Ou de faire un truc avec lui. Et moi je suis plutôt dans cette ambiance là. C’est comme avec Atto, c’est un mec que je trouve très talentueux. À un moment donné, il avait bossé avec Passi mais ça c’est pas super bien passé. Parce que je pense que le mec s’est dit « le mec est dalleux, il a faim, peut-être qu’il va me bouffer ». Moi j’ai pas cette peur là parce que je sais ce que je fais, je sais qui je suis et voilà. Mon écriture c’est mon écriture, j’ai mon histoire. Donc si je peux donner un coup de main et faire avancer quelqu’un, en même temps ça me donnera aussi un coup de main de toute façon. Faut pas se mentir. Moi je suis opé, y a pas de souci avec ça.

Teo -Est-ce que t’avais entendu la reprise de « Retour aux pyramides » par MOMS ?

Cass -Il me semble avoir entendu ça sur le net. Ouais. Ça fait plaisir, c’est une sorte d’hommage. C’est cool. Et c’était plutôt bien, en plus.

Teo -Sors tes meilleures questions, Spleenter. Vends moi du rêve.

Spleenter -Alors, « The wire » ? Quel personnage ?

Cass -Alors là je vais te mettre sur le cul diiiiiirect. En fait j’aime bien regarder les trucs en décalage. J’ai commencé à regarder 2, 3 épisodes pour me donner envie et je suis pas allé plus loin.

Teo -Mais là, la série elle est finie, tu peux y aller.

Cass -Non mais c’est clair que je vais y aller. Mais je veux pas forcément faire les mêmes références aux mêmes moments. Parce que j’ai bien senti, j’entendais les phases sur Barksdale et tout ça. Je vois à peu près les personnages et la série a l’air vraiment mortelle mais je préfère regarder un petit peu plus tard. Là j’étais dans « Entourage ». J’étais plus là dedans.

Spleenter -Avec Saigon.

Cass -Dans un épisode, ouais.

Spleenter -Qui sort son lp avec 10 ans de retard.

Cass -C’est ça. Coutume du ghetto…

Spleenter -Et sinon, tes inspirations, comment dire, au niveau de, enfin…

Teo -Pose ta question sur Batman, allez. On t’a vu.

Cass -Fais toi zizir.

Spleenter -Mais non, question plus généraliste. Inspiration niveau films ?

Cass -Je regarde beaucoup de trucs. Manec’ de temps en temps, mais je suis de l’ère du téléchargement donc beaucoup, beaucoup de films. le dernier qui m’ait marqué… je sais pas, il y en a pas mal. C’est pas les plus récents, mais t’as Rock’n’Rolla. Very bad trip aussi pour les plus connus. En terme de comique. Ah si. J’ai scotché sur Les Chèvres du Pentagone. Je m’attendais pas à tomber dessus en fait. C’est comme ce que je te disais tout à l’heure, ils te font dans le divertissement des sujets qui sont quand même super intéressants. C’est à l’époque du LSD, de ce genre de drogues. Pendant que les Russes faisaient la course à tout ce qui était un peu psychique, les ricains se sont dit « on peut pas rester à l’ouest, faut qu’on s’y mette » ils ont commencé à tester des substances, des trucs bizarres. Et les chèvres… bref vous verrez. Mais je conseille à tous les gens qui sont intéressés par tout ce qui est délire illuminatis, complots, etc… de regarder ce film. C’est plutôt pas mal foutu.

Spleenter -D’ailleurs, si vous sortiez « Retour aux pyramides » maintenant, probablement que des commentaires youtube vous insulteraient en vous traitant d’illuminatis. Vous le savez ça ?

Cass -Ouais, ouais.

Teo -On dirait qu’on peut plus dire les mêmes choses qu’avant. L’Enfer remonte à la surface d’Ärsenik, ça passerait peut-être pas aujourd’hui.

Spleenter -Ou Gynéco avec « J’insulte mon père, j’invoque Lucifer » c’est plus trop possible ça.

Cass -Peut-être que les gens s’autocensurent. Normalement chacun est libre de dire ce qu’il veut, si il pense invoquer Lucifer, bah qu’il l’invoque. C’est son souci, ça reste dans sa sphère et pas la mienne. Mais j’ai pas grand chose en particulier à dire à ça.

Teo -Sur la pochette de Menilcity, t’as un délire un peu macabre avec des têtes de morts, la Lune et le côté sombre.

Cass -C’est mon côté sombre, c’est un truc qui est plus ou moins de côté. C’était dans une période où, justement, tout ça devenait récurrent. Les histoires d’illuminatis, bones and skulls. Donc je l’ai fait, je l’ai posé histoire de passer à autre chose mais de toute façon, c’est pas une nouveauté. Nous on parle de ça depuis les années 90. Le truc s’est développé depuis. Aujourd’hui on est dans le nouvel ordre mondial. On y est. C’est plus un fantasme, on est dedans, donc on constate.

Teo -C’est vrai que vous en parliez déjà. Ce qui fait qu’à l’époque on a pu vous assimiler à du rap conscient ou engagé, ce qui vous a peut-être pas rendu service quand vous reveniez avec des sons plus légers ou plus freestyle.

Cass -Non, honnêtement. Dans un texte je disais déjà « Dans nos vies, tous les thèmes se mêlent » C’est parce que dans une même journée, tu peux parler d’une connerie à la télé, une télé réalité, et parler d’un truc super sérieux ou mystique. Tout ça, ça nous traverse un petit peu l’esprit, forcément. On est pas super politisés mais on a des yeux et on a des réflexions, donc forcément ça ressort par bribes, parfois concentrées en un seul texte. En tout cas on reste des gens ouverts sur l’info, donc ça transpire mais on est pas là à balancer des messages et dire « votez pour untel », « le racisme ça fait chier ». On le sait très bien tout ça, donc on le dit d’une autre manière. On invente rien mais on le dit à notre manière.

Spleenter -Au niveau de l’écriture, t’as quelles influences ?

Cass -À l’époque, les gens nous comparaient à Smiff’n’Wessun. C’est vrai qu’on était un peu dans le Bootcamp et compagnie. Aujourd’hui, y’a plus de trucs. J’écoute un peu de tout, aussi bien du rap que d’autres musiques. Y a quand même Jay-Z qui nous a forcément marqué parce qu’on l’écoutait comme des dingues, à un moment. Et d’autres. On prend un peu de tout, y a personne en particulier. On s’inspire un peu de tout ça, sans jamais se travestir, en restant toujours soi.

Teo -Je crois qu’on a fait un peu le tour. T’avais quelque chose à rajouter ? Des questions que t’aurais aimé qu’on te pose ? En gros, ça te dirait de faire notre taf à notre place ?

Cass -Pas vraiment.

Spleenter -Ah si, j’ai une question. Dans les comiques ? Pas les comics, les comiques.

Cass -Alors, hier on s’est tapé le DVD de Florence Foresti. Je me suis tapé des barres. Elle est franchement marrante. Une sorte de Charlie Chaplin. Une petite bonne femme bien nerveuse. Après y’a qui d’autres en comique qui me fait bien golri… Ah si oui, mais c’est le Belge là. François Damiens. Il a pas de spectacle, mais il fait des trucs de ouf. Lui ça a été des barres à l’estomac. Pour moi c’est le boss en ce moment. Et puis je vais voir des spectacles, des gens pas connus, mais il m’arrive d’aller au théâtre voir des pièces.

Spleenter -Et sinon, Dieudonné ? (Spleenter n’abandonnera jamais !)

Cass -Ouais, si. Moi, il me fait toujours rigoler. Il me fait golri comme au début, y’a pas de polémiques là dessus.

Teo -Sur une vidéo de ton myspace, tu disais que tu voyageais beaucoup. C’est par plaisir ou vraiment pour la musique ?

Cass -C’est un plaisir avant tout, et vu que je suis dans le son, je finis par arriver à la musique et voir ce qu’il est possible de faire à chaque fois que je bouge. Mais avant tout plaisir. Des découvertes, rencontrer les gens.

Teo -Ça t’amène un plus au niveau de l’écriture ?

Cass -C’est une évidence, en terme de son ou de références que je peux avoir. Récemment j’étais à Courchevel, je suis un Burkinabais qui fait du ski. Ça fait rigoler les gens, mais ce sont des phases qui vont arriver plus tard, à replacer d’une certaine manière.

Spleenter -Ça a déjà été fait dans Rastarocket.

Cass -Exact. Je vais peut-être me présenter au JO d’hiver en tant que représentant du Burkina Faso. Guettez.

Teo -Ça me rappelle une phase d’Escobar Macson sur le premier album d’Ali. Mais je sais plus laquelle.

Spleenter -Avec des si, on ferait du ski au Sénégal.

Cass -Ah oui…

Spleenter -J’avais retenu parce qu’y a Sénégal dans la phrase.

Cass -Non mais ouais… les voyages ça ouvre la vision. Pour moi ça reste essentiel. Tant que je peux le faire, je le fais et je suis content quand ça se passe.

Spleenter -De toute façon, ça on coupera au montage. Même si y a pas de montage puisque c’est une interview écrite. Sinon, t’as des featurings ou des idées déjà ?

Cass -C’est pas un secret, je pense inviter des proches : Hifi, Ill. Tanya Michelle aussi, qui est la choriste de Stevie Wonder, que j’ai rencontrée par l’intermédiaire du mec qui bosse en Hollande, justement.

Spleenter -Celle qui pose sur Famille Haussmann, c’est bien ça ?

Cass -Je savais pas ça.

Teo -On va vérifier. Ça devient sérieux là, je mets mes lunettes.

(Teobaldo lance « Night Zone » sur l’album de la Famille Haussmann)

Cass -Ouais c’est elle. La meuf elle démonte. Donc elle, Hifi, Ill, probablement un cainri mais on attend de voir, je veux pas m’avancer dessus ou même en parler. Et voilà pour l’instant.

Teo -Hifi qui était avec toi à Retour aux sources. Comment ça s’est fait ? Tu lui as proposé ?

Cass -Ouais c’est ça. Ça me paraissait évident. Vu que Ill, pour diverses raisons, n’était pas opé pour ce concert là.

Spleenter -On le sentait venir, il faisait pas la promo, on le voyait pas.

Cass -Il aurait dû être là, normalement. Mais on a fait en sorte que le truc se passe quand même. À partir du moment on avait dit d’accord, on fait le truc. Plutôt que de changer d’avis pour des raisons qui nous semblaient pas valables, on a assumé, on a fait le taf avec Hifi.

Teo -Et y avait aussi JP de Less Du 9 et Nasme avec vous.

Cass -Nasme il est toujours avec Hifi, donc pas de souci, viens avec nous sur scène. Et JP c’était une bonne surprise, il était dans le concert, il était pas loin. Je lui ai dit « Vas-y, monte sur scène » et il est monté direct. À l’ancienne école, on s’est pas pris la tête. C’était normal.

Teo -Sacré JP.

Cass -Grave. Jeap 12.

Teo -Dernièrement, t’as fait « En 16/9 » sur une compilation.

Cass -Ouais. Pour DJ Smoke. Un DJ de Rouen.

Teo -Le morceau est clipé, on le sent bien travaillé. C’était un son prévu pour ton album que tu leur as passé ou ça a vraiment été fait pour l’occasion ?

Cass -C’est un son pour l’occasion. Y’a juste le deuxième couplet que j’avais écrit y a un bon moment. que j’avais de côté et que j’avais posé nulle part. Quand il m’a sollicité, il m’a envoyé l’instru, j’ai écrit le premier couplet dessus. Et après, en arrivant là bas, j’ai commencé à faire mes petites recherches de trucs qui collaient par rapport à ça et ça a donné le morceau « 16/9 » qu’on a clipé direct l’après midi. Ça a pris une journée pour faire le tout, je crois.

Teo -Dans plusieurs sons, comme « G.O.D » par exemple, tu pars souvent dans des story telling où tu croises des jeunes femmes sublimes et armées. Ça t’arrive souvent ce genre de chose ? Tu te balades dans Paris et hop ?

Cass – (sourire) Ça peut arriver, ouais. Ça peut arriver. Aussi surprenant que ça puisse paraitre, mais c’est vrai. Mais d’un certain milieu, hein. C’est pas partout.

Teo -Même si c’est pas ton thème de prédilection, les femmes reviennent quand même souvent.

Spleenter -Comme dans ‘Biatch’ avec le groupe Bass Click, par exemple.

Teo -Bah attends j’y arrive. Y a le son « Biatch » mais y en a aussi d’autres, très différents. T’es l’un des seuls à dépeindre les meufs sous pas mal d’angles différents (comme des mecs comme Driver ou Dany Dan). Comment t’expliques ça ?

Cass -J’ai été élevé par une mère seule, j’ai des cousines. Enfin voilà, je sais pas, je vois plusieurs trucs qui me paraissent évident. Ça ressort dans ce que j’écris. J’ai été élevé par des femmes, j’aime en parler.

Teo -L’humour a toujours été une des facettes des X-Men, avec les interludes sur les albums, ou des jeux de mots comme « Steve tu couines », « j’ai du mal à être gai, Marvin ». Mais y a eu une période où y avait presque plus d’humour dans le rap et ça correspond au moment où on t’entendait plus. C’est directement lié ? Ça t’a saoulé ?

Cass -Quand je bouge dans ce genre d’ambiance, dans le milieu du rap, je vois qu’y a des trucs de base comme, ne serait-ce que la politesse, qui me choquent un peu. Là je vais te parler d’un truc sérieux mais après je vais partir sur autre chose. Pour moi, quand je rentre dans une pièce tu sais, je dois dire bonjour. On est des personnes éduquées, etc… Et du coup, comme tu dis, le rap c’est devenu quelque chose d’un peu guindé où c’est soit disant à l’aise mais ça manque un petit peu d’ironie, d’humour. Un petit peu comme vous pouvez le faire de temps en temps. Donc tout ça, je pense que ça fait du bien, des mecs comme Willaxxx aussi. Ça permet de prendre un peu de recul par rapport à tout ça, parce que c’est vrai qu’on se prend un petit peu trop au sérieux, les gars. Ça commence à faire un peu chier. On fait de la musique, quoi. On est pas à l’usine. C’est censé être bien de faire de la musique. Non ?

(Là on avait plus trop de questions, du coup on a sorti l’arme secrète. Hichem parle de la géographie du XXème pour détourner l’attention de Cassidy pendant que Spleenter sort sa plus belle question)

Spleenter -Et donc, par rapport à The Dark Knight ?

Teo -Je savais que t’en parlerais, connard.

Cass -Le dernier Batman, non ? C’est ça ?

Spleenter -C’est limite insultant que tu poses la question, mais ouais.

Cass -Ah non mais faut être bien sûr. On sait jamais.

Spleenter -Oui, oui, c’est ça. T’en as pensé quoi ?

Cass -Je retiens, comme beaucoup de monde, le Joker. Je suis parti voir ce film là, parce que j’ai entendu un peu la story du type, Heath Ledger. Et en effet, quand j’ai vu l’espèce de phénomène, comment il en est arrivé à là et qu’en plus il clamse, ça m’a laissé sans voix. Tu sens sa performance à chaque moment dans le film où en fait le mec ne joue pas. Je sais pas comment dire. Mais je pense que les autres acteurs devaient flipper. Juste pour ça, le film je l’ai trouvé grand. Après, en tant que spécialiste des comics que tu es, y a peut-être des choses à changer, je ne sais pas.

Spleenter -Ah non, non.

Cass -En tout cas, j’ai trouvé ça bon.

Spleenter -En plus, toi t’as dû connaitre, parce que t’es quand même un vieux…

Cass -Un mûr !

Spleenter -T’as dû connaitre l’impact du premier Joker, le Nicholson.

Cass -Le Joker de Nicholson, très bien. Mais j’avoue, l’autre il l’a surpassé. Mais ils étaient pas dans le même état, je crois.

Teo -Et tu vis de ta musique ?

Cass -Ça alterne, j’ai fait des ateliers d’écriture avec les petits, dans les centres. Et en ce moment, non. C’est musique, musique, musique. Et après, j’arrive à me débrouiller parce que je fais des trucs à droite à gauche. La musique n’est pas que ce qui remplit mon frigo. Ça fait parti des trucs qui le remplissent, mais pas seulement.

Teo -C’est important de prendre du recul…

Cass -C’est important dans tout truc que tu fais. sinon tu perds un peu en terme de clarté, t’as la tête dans le guidon, tu vois pas bien la route. Et ça fait du bien de regarder ça en tant que spectateur. T’oublies un petit peu le reste, tu te mets à écouter et tu recharges un peu. C’est indispensable.

Teo -Tu suis l’actualité du rap, ce que font les autres ?

Cass -Je suis pas à télécharger des sons comme un malade toutes les 2 minutes, mais en tout cas je m’informe. On me dit aussi ce qui se passe, je reste au courant. Pour pas être déconnecté.

(Cassidy demande une cigarette à Daphnée)

Spleenter -Là tu détruis des années de réputation…

Cass -Parce que ?

Spleenter -Tu taxes des clopes.

Cass -Toujours. À l’époque, on avait même fait un morceau sur le taxage de clope, qui est jamais sorti. C’était pour « Les lascars », la scène où le mec va taxer une clope, justement. On avait écrit un morceau entier avec Ill pour cette scène, qui est jamais sorti. Je l’ai retrouvé récemment.

Teo -T’as lâché beaucoup de sons à droite, à gauche, jamais sortis. Est-ce que tu penses à prendre un avocat pour avoir les droits ?

Cass -C’est exactement ça. Ma meilleure amie, bientôt, ça sera un avocat. Vu qu’on vient d’une époque où les trucs c’était pas forcément papiers. Faut rattraper, faut s’équiper. Une des formules de Booba qui fait qu’il en est là où il est, c’est qu’il est bien entouré. il a un avocat qui bosse pour lui. C’est un peu ce qui tue la musique, des trucs aléatoires, sans papier, sans rien. Finalement, y’a des gens qui se retrouvent un peu lésés.

Spleenter -Et quand tu dis lésé, c’est lésé avec un grand « B » ou bien…

Cass -Tu peux même dire baisé. Des bêtes de carottes. On a vu des trucs… Nous on est artiste avant tout, c’est arrivé un petit peu vite à l’époque, donc on a mis le temps à capter tout ce qui y avait. Personne ne te fera de cadeau dans cette musique. Si le mec peut t’entuber de quoi que ce soit, il va le faire, puisque les mecs ils font du biz et faut qu’on se mette dans ce mode là. quand tu fais du biz, après quand t’es artiste c’est autre chose. Chacun son taf, quoi.

Spleenter (là c’est magique, il enchaine avec une question sur Geraldo)-sur « Jeunes, coupables et libres », l’interlude avec la douane, c’est venu comment ?

Cass -C’était un délire avec les Ghetto Diplomats, on a pris une histoire avec une famille d’imigrés qui arrive en France, on a imaginé un peu les douanes et ça s’est fait de manière instinctive en parlant un soir. Geraldo il est parti direct à l’aéroport et il a demandé à ce qu’ils fassent une annonce. Le soir on avait plaqué le truc en studio et voilà.

Teo -Il s’est déplacé jusqu’à l’aéroport…

Cass -On était chez Universal, y avait des moyens.

Teo -Et il a rapporté l’album ?

Cass -Ça a rapporté, ouais. C’était un peu magique ce moment là, on avait été signés sans maquettes, juste sur la réputation. Technique de maisons de disque : grosse avance, ils te gavent un petit peu et le truc un peu pervers c’est qu’on savait pas que tout ça a un prix. Une avance ça se rembourse. On a croqué la pomme à souhait. Aujourd’hui je ne renégocierais pas le même truc, ce serait différent.

Teo -Pour cet album, « One, one, one » tournait sur skyrock, vous aviez même eu un planète rap, l’un des premiers. Ensuite vous êtes plus jamais repassés dessus. Et dernièrement, t’étais au planète rap d’Ali avec Fred qui sortait des trucs style « je suis super content de te voir, ça fait plus de 10ans » etc… T’avais pas envie de l’insulter sur le moment ?

Cass -Non. Tu sais, les mecs ils font keur taff. C’est pas le genre de choses que je balance à l’antenne, parce que la personne je l’avais déjà vu entre temps. C’est des trucs qui se disent hors micro. On a eu cette conversation. Ouais c’est bien beau tout ça. Ça fait longtemps qu’on s’est pas vus, mais entre temps j’ai eu des projets. Il me semble même que je lui ai envoyé certains trucs qu’il a pas calculé. Il le sait très bien. Il fait son job comme il le peut, le « pauvre »…

Alors comme ça Hifi fait des instrus aussi ? Première nouvelle !

Teo -Et maintenant que skyrock n’est plus le seul média, avec l’importance d’internet, tu penses que c’est plus jouable d’exploser ?

Cass -Comme tu dis, au niveau des médias et surtout du développement du net, c’est clair que ça permet d’éviter des délires comme skyrock. Même si t’es pas joué chez eux, maintenant avec le net, tu peux avoir une bonne promotion et t’en sortir sans eux. Tu peux faire sans. C’est toujours bien avec aussi, mais je suis pas en train de courir après.

Teo -Pour autant, t’es pas encore super présent sur les n-da-hood, les booska p et tout ça.

Cass -Si, N-da-hood au début. Pour ce qui est de booska p, quand y a eu des clips, ils en ont diffusé certains, il me semble. J’ai pas fait plus de forcing que ça. J’ai pas plus insisté dans le sens où, pour moi, le vrai arrive bientôt, dans ce que je suis en train de faire. En fait, tout ce qu’il y’avait avant, c’était une sorte de training, de préparation à ce futur projet. Parce que le temps passe, je vais pas faire mille albums ni rapper jusqu’à 60 piges. Mais je mets la gomme sur ça et je pense que ça entraînera le reste niveau média : télé, internet, etc…

Teo -Mais depuis le temps que t’es là, tu connais plein de monde dans ce milieu. on a l’impression que tu fais peut-être pas assez de forcing.

Cass -Non mais t’as raison, en même temps que tu disais ça, je me disais que j’étais pas non plus du style à aller demander. Mais je pense que c’est parce qu’à un moment donné, j’étais vraiment sur mon travail et maintenant que je commence à m’ouvrir, que mon album arrive plus ou moins à terme, là je commence à ressortir la tête de tout ça, de voir avec qui je pourrais faire des collaborations, des trucs pour pousser la musique un peu plus loin.

Teo -Sur la pochette de Menilcity, t’as une batte de base-ball. Est-ce que tu prépares un match contre l’équipe de Salif ?

Cass -Faudrait qu’on voit ça, y a des terrains intéressants dans le coin. Non, en gros c’était un délire en référence à tous les trucs violents ou chauds qui m’ont marqué. Là c’était une référence, même si elle est infime, à Warriors.

Spleenter -C’était pas les tortues ninjas ?

Cass -Je vois pas lequel des 4 à une batte…

Spleenter -Si, y a le mec là…

Teo -Casey Jones ? Mais c’est méchant de dire ça.

Cass -C’est vrai qu’y avait lui. Mais non, c’était pas dans ce délire.

Teo -Le mot de la fin ?

Cass -Le mot de la fin c’est : tous ceux qui supportent X-men depuis le départ, tous ceux qui connaissent notre came, notre musique, soyez à l’écoute. Projet solo à venir pour la rentrée 2011, ça va être du consistant. Ça sera carré, propre et efficace. Yeah !

À ce jour, le Blavog n’a toujours reçu aucune preuve que le personnage de Black Tom Cassidy eût été représenté noir un jour… mais on a vu ça :

alors plutôt que de dire que Cassidy aurait dû s’appeler Bishop et s’est juste planté de nom, on va dire qu’il a confondu homme noir et arbre, ce qui est après tout normal pour un Burkinabais. On pourrait objecter que Black Tom s’est transformé en homme-arbre bien après que Cass ait choisi son nom. Mais on ne le fera pas, il a des super pouvoirs.

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10 Commentaires

Classé dans Cassidy (X-Men), Interview (et ouais mon pote !), Uncategorized, X-Men bande d'enfoirés !

10 réponses à “Interview de Cassidy des X-Men (Une vraie de vraie, et ouais) suite et fin

  1. Bien, bien, bien les jeunes.

  2. leblavog

    Cimer.
    Même si après coup on s’est dit qu’on avait oublié de lui demander pourquoi il allait faire des clips au Quebec pour se faire séssu par des moches.
    J’avoue, pas pro là dessus.

  3. harnold

    bien vu le blavavog

  4. La Pillave

    C’est bavon tout ça

  5. Intéressant de A à Z
    On va attendre l’album pépèrement..

  6. leon kamer

    Lourd, c’est du bon merci à zikaload de m’avoir redirigé sur votre blavog 😉 d’ailleurs prk « blavog » ??? j’me pausais le question ?
    J’attend le bumal aussi avec impatience.

  7. Retrouvez Cassidy pour un track inédit sur la compil’ PMP VOL.2 -PARIS/MARSEILLE PROJECT- sortie en mai…
    déja en pré-vente sur http://www.dkprod.fr

  8. CASSIDY a retrouver pour un track inédit sur PMP VOL.2 -PARIS/MARSEILLE PROJECT-
    Sortie début, 55 titres inédits…
    http://www.dkprod.fr

  9. pedro

    a l’aise le blavog cimer pour l’interview et les sons qui vont avec. j’suis stagiaire et normalement j’ai pas accès a tout ce qui est youtube mais sur votre site ça marche donc je kiffe les longues matinées ou j’ai rien a faire comme ça je vais sur toutes les vidéos que vous foutez ! c’est pas beau le conseil régional d’aquitaine ? maaaaa qué c magnifique ! bonne continuation les branleurs

  10. leblavog

    Je suis content de savoir que des stagiaires peuvent regarder des videos débiles grâce à nous.

    Et « blavog » ça veut juste dire blog, tout simplement.
    Paske bon, on allait pas se faire chier à trouver un nom.

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